année 2013

RÉSEAU de DOCUMENTATION

des ECOLOGISTES

Les Petits matins, 64 pages, 2 euros

Auteurs : Catherine Larrère, Lucile Schmid, Olivier Fressard

La Fondation de l’écologie politique a été créée en 2013. Son indépendance à l’égard d’EELV garantit les conditions d’un dialogue avec d’autres familles politiques. La Fondation a également vocation à dialoguer avec les ONG et autres associations dont l’action et les travaux portent sur des sujets relatifs à l’écologie. Elle donne à la recherche, tant celles des sciences dites « dures » que les sciences humaines, une place centrale dans l’élaboration de ses travaux. Ce petit livre est un survol rapide qui demande souvent des connaissances préalables pour apprécier la portée de ce qui est écrit. Voici quelques extraits recomposés :

1/4) Ecologie scientifique et écologie politique

                Le premier objectif de la Fondation de l’écologie politique est d’expliciter pourquoi et comment l’écologie est politique. Cette culture émergente n’est pas l’application d’une doctrine préexistante. Il existe certes une discipline scientifique, l’écologie. Mais les écologues font de la science, les écologistes font de la politique. Certes on peut considérer que les humains peuvent être étudiés comme tous les autres êtres vivants dans leurs relations avec leurs milieux. Mais l’écologie de l’espèce humaine a ceci de particulier que les relations des hommes à leur environnement social et naturel font l’objet d’une organisation et de projets de transformation conscients, ce qui la rend politique.

L’écologie scientifique calcule les seuils à ne pas franchir sous peine de dégrader la biosphère. L’écologie politique a pour objectif un nouveau modèle de civilisation capable de transformer les rapports des hommes entre eux, à leur environnement et à la nature.

2/4) Economie politique et écologie économique

L’économie verte a pour ambition de réconcilier l’économie et l’écologie. Il s’agit d’un passage de l’économie politique à l’écologie politique. Le temps de l’économie écologique est celui de la prise en considération des rendements décroissants et de l’entropie. Ce qui est en cause, c’est bien la capacité de notre économie à se reproduire.

                L’écologie politique est au fondement d’une nouvelle vision économique : prise en compte de la nature dans sa spécificité et relation des hommes à l’écosystème, remise en cause du marché et relativisation du profit, interrogations autour du concept de progrès (humain/technique).

3/4) Ecologie superficielle et écologie profonde

                Quelle place allons-nous donner dans notre vie aux questions écologiques : marginale ou centrale ? Arne Naess fait une opposition entre shallow ecology et deep ecology. L’une se préoccupe de remédier, par des moyens techniques, aux pollutions et à l’épuisement des ressources, tout en maintenant le bien-être des pays nantis. L’autre cherche à modifier l’ensemble des relations des hommes à leur environnement. Arne Naess insistait non seulement sur le rapport des hommes à la nature, mais aussi sur les droits des êtres de nature. Il distingue des remèdes superficiels aux problèmes écologiques et une transformation de fond de notre mode de vie.

                D’un côté des politiques sectorielles de protection de la nature et de prévention des risques, confiées à un ministère en position de faiblesse vis-à-vis d’autres ministères. De l’autre, l’apparition de partis verts porteurs d’un projet global de transformation de la société. Entre politiques écologiques et écologie politique, la dissymétrie semble évidente : c’est celle du superficiel et du profond, du sectoriel et du global. On peut considérer que le développement durable tel qu’il est défini dans le rapport Brundtland relève de l’écologie superficielle ; il ne vise qu’à limiter les excès du capitalisme en cherchant avant tout à le perpétuer.

4/4) Les principes d’une écologie politique

1) Souci de la nature

La nature qu’il s’agit de protéger est une nature dont les hommes font partie. Ce souci de la nature vise à combiner le respect pour la diversité des formes de vie, biologiques et culturelles, et la responsabilité vis-à-vis des conséquences des actions techniques sur la nature. Cela suppose d’inventer de nouvelles façons de produire, de se loger, de se déplacer, bref, d’habiter la Terre.

2) Démocratie

Les solutions envisagées peuvent entraver des libertés et porter préjudice à des intérêts légitimes. La démocratie est d’autant plus requise que la question écologique se caractérise par des dominations croisées, des hommes sur la nature, des hommes sur les femmes, du Nord sur le Sud, des plus riches sur les plus pauvres.

3) Non-violence et désobéissance civile

Arne Naess a insisté sur l’intégration « des normes gandhiennes de la non-violence » dans l’action contre les politiques anti-écologiques. La désobéissance civile fait appel à la distinction entre le légitime et le légal pour s’opposer à des décisions jugées injustes.

4) lier le global et le local

5) lier rôle de l’Etat et décentralisation

6) Complexité

Dans les médias et dans le jeu politique, il est trop souvent admis de faire croire qu’il y a des solutions simples aux problèmes socio-économiques et aux problèmes environnementaux. Or les perturbations locales ou planétaires résultent d’un enchevêtrement de causes d’origine naturelle et d’origine humaine. Elles appellent des réflexions et des politiques systémiques et transversales.

7) Ecologie citoyenne

L’écologie politique ne s’appuie pas seulement sur les lois, mais aussi sur les mœurs et les vertus. Elle a besoin d’une écologie citoyenne, d’une implication personnelle et globale de chacun. L’adoption de modes de vie sobres et frugaux doit être encouragée. C’est aussi affaire d’éducation. Mais qui éduquera les éducateurs ?