Mois : juillet 2010

AlterTour de France

Marre. A peine le Mondial commence-t-il à nous lâcher la grappe que le Tour de France tente de nous agripper. Marre de tous ces gens qui gueulaient « on veut gagner » alors qu’ils n’ont rien fait pour çà. Marre maintenant de Lance Armstrong, son jet privé à ses initiales, son érythtopïetine, ses transfusions sanguines et ses patchs de testostérone (LeMonde du 4-5 juillet). Nous préférons, et de loin, l’AlterTour, pour une Planète sans dopages, qui a lieu sans publicité mais dans la bonne humeur du  2 juillet au 14 août 2010. Cette manifestation itinérante est préparée par des bénévoles. En opposition avec l’esprit de compétition, les altercyclistes voyagent ensemble, partagent leurs bicyclettes et se relaient dans un esprit de solidarité. C’est un tour « à la carte », pour tout ceux qui souhaitent partager une belle tranche de vie collective, découvrir des terroirs préservés, avoir une activité physique source de santé, et dire ensemble : « Nous voulons un monde sans dopages ».

En 2010, les participants à l’Altertour partagent le rêve de l’escargot, symbole de biodiversité (plus de 200 espèces), de lenteur et de sensibilité à son environnement (il accumule dans sa coquille certains polluants ou toxiques présents dans son milieu).

http://www.altertour.net/

Le Monde belliciste ! (suite)

Un de nos commentateurs de notre post « LeMonde belliciste ! » s’interroge : « J’espère que vous ne souhaitez pas arrêter toute armée défensive. » Notre réponse est claire : défense oui, armée non. Il serait dangereux de se laisser aller à un antimilitarisme sommaire : un peuple a le droit et le devoir de se défendre contre une agression extérieure. Autrement dit, la remise en question de la défense armée ne peut aller sans la recherche d’une autre forme de défense : la défense civile non violente.

A la différence de la défense nationale armée, qui a pour seul but la défense du territoire national, la défense civile non violente est la prolongation particulière d’une attitude permanente à l’égard de l’injustice sociale et du pouvoir. L’action non-violente dépasse le problème de la guerre et de la paix. Il y a continuité entre la lutte intérieure pour une plus grande justice, et l’action contre un envahisseur ; ce sont les mêmes techniques qui sont utilisées dans les deux  cas, dans le même esprit. La défense non-violente porte non pas simplement sur des frontières territoriales, mais sur des frontières morales et politiques ; il s’agit non seulement de défendre la vie de la population, mais aussi ses droits fondamentaux : droit à la liberté de parole et de réunion, droit de presse, de vote, de grève, mode de vie, respect des croyances. Une population habituée à ne pas tolérer les atteintes aux droits des personnes et à réagir immédiatement devient, pour un envahisseur ou un pouvoir dictatorial, un mur  sur lequel sa violence se brise.

Le stratège britannique Sir Basil Liddle Hart rapportait le témoignage de généraux allemands qu’il avait interrogé après la seconde guerre mondiale : « Les formes de résistance violente n’avaient été efficaces que dans les régions désertiques ou montagneuses, comme en Russie ou dans les Balkans. Il avaient été incapables de faire face à la résistance non-violente. Ils étaient des experts entraînés à affronter des adversaires qui utilisaient la violence. Devant d’autres formes de résistance, ils s’étaient trouvés décontenancés, d’autant plus que les méthodes employées gardaient un caractère subtil. Ils étaient soulagés en voyant la résistance devenir violente. »

Le Monde belliciste, une erreur stratégique !

LeMonde, militariste, résolument belliqueux. Le titre de l’éditorial du 3 juillet est sans ambiguïté : « Aux armes, citoyens européens ! » Mais il ne suffit pas de chialer sur l’Europe qui désarme car « C’est dangereux. » Nous ne connaissons aucun raisonnement capable de défendre l’idée de défense nationale armée. Il faudrait selon LeMonde être apte à « projeter sa puissance sur des théâtres éloignés où se joue une partie de son avenir économique et pouvoir s’interposer sur un autre continent. » S’il s’agit de forces légitimes d’interposition, alors les casques bleus suffisent à la tâche. La Charte des Nations Unies adoptée le 26 juin 1945 prévoyait déjà des mesures pratiques pour  imposer la paix dans le monde ; il suffit que l’Europe donne enfin à l’ONU les moyens nécessaires. S’il s’agit de « projeter sa puissance », alors nous ne pouvons accepter un tel slogan qui ressemble aux impérialismes d’autrefois. Nous sommes aujourd’hui confrontés à des problèmes planétaires (tsunamis financiers, pics énergétiques, réchauffement climatique, etc.) qui demandent une concertation internationale et non une volonté de puissance. L’échec de Copenhague a montré que l’Union européenne n’a pas besoin de s’armer davantage, mais de faire enfin preuve de consistance politique sur le plan international !

                Quant à la France ! Depuis le début du XIXe siècle, l’histoire de la France offre une impressionnante série d’échecs de sa défense militaire. Cinq agressions contre le pays (1814, 1815, 1870, 1914, 1940) se sont soldés par quatre échecs indiscutables et par une guerre de 1914-18 qui a nécessité l’intervention étrangère, tout le Nord-Est du pays ravagé et près de 1,4 millions de morts et 740 000 mutilés. Si l’on ajoute les deux revers subis en Indochine et en Algérie, il est légitime de se demander si la confiance dans l’option militaire ne relève pas de l’illusion collective. Dans l’article complémentaire p.9, LeMonde nous indique que les économies budgétaires ne touchent pas la dissuasion, « l’assurance-vie de la nation ». Rappelons que la bombe atomique, force de frappe dite « dissuasive », est uniquement un moyen d’agression, et, fait nouveau par rapport aux guerres traditionnelles, elle est destinée aux populations civiles ; ce qui devrait poser un problème de conscience aux militaires eux-mêmes. Exterminer l’ennemi de façon massive, de loin et sans même l’avoir vu, adultes et enfants indistinctement, c’est le contraire de toute guerre juste, de tout honneur et de toute gloire. La possession de l’arme nucléaire par la France et autres « grandes puissances » devrait entraîner une réprobation unanime.

                Il est évident que tant que les humains penseront à se faire la guerre, ils ne penseront pas assez aux moyens de rendre notre planète plus vivable, et donc plus pacifique…

l’impuissance doctrinale de Benoît XVI

L’Eglise est foutue, mais le pape ne le sait pas encore. Benoît XVI lance un conseil pontifical à l’offensive pour une nouvelle évangélisation. Mais ce nouveau ministère n’a pas encore de feuille de route (LeMonde du 2 juillet). Pas étonnant ! Car de quoi peut encore témoigner le catholicisme ? Si les chrétiens, aux trois premiers siècles de l’Eglise, ont en conséquence de leur non-violence refusé le service des armes, leur ralliement à l’Etat constantinien, à partir du IVe siècle, les a conduit à considérer la guerre comme « un moindre mal . Depuis, l’Eglise s’est toujours rangée aux côtés du pouvoir, quel que soit le pouvoir. Surtout le catholicisme, comme les autres religions du Livre, repose sur une analyse fausse de la place des humains dans la biosphère.

John Muir au XIXe siècle analysait ainsi les interprétations de la Bible : « Beaucoup de gens se font une idée tranchée des intentions du Créateur : il est considéré comme un homme à la fois civilisé et respectueux de la loi, adepte soit d’une monarchie limitée soit d’un gouvernement républicain ; c’est un chaud partisan des sociétés missionnaires ; c’est enfin purement et simplement un article manufacturé comme n’importe quel pantin d’un théâtre à deux sous. Le monde, nous dit-on, aurait été formé spécialement pour l’homme – présomption que les faits ne corroborent pas toujours. Avec de pareilles idées du Créateur, il n’est pas surprenant qu’on ait une conception erronée de la création. Pour les gens « comme il faut », les moutons sont faits pour nous nourrir et pour nous vêtir. Les baleines sont des dépôts d’huile, instaurés à notre intention pour aider les étoiles à éclairer nos voies obscures en attendant la découverte des puits de pétrole de Pennsylvanie. Le chanvre est un exemple évident de destination dans le domaine de l’emballage, du gréement des navires et de la pendaison des scélérats. »

Aldo Leopold dans son « Ethique (non religieuse) de la terre », proposait en 1949 d’échanger le rôle de conquérant, tenu par homo sapiens vis-à-vis de la communauté biotique, non contre le rôle de vice-roi ou d’intendant, mais contre celui de « membre et citoyen à part entière ». Il écrivait : « L’écologie n’arrive à rien parce qu’elle est incompatible avec notre idée abrahamique de la terre, Nous abusons de la terre parce que nous la considérons comme une marchandise qui nous appartient. Si nous la considérons au contraire comme une communauté à laquelle nous appartenons, nous pouvons commencer à l’utiliser avec amour et respect. » Lynn White imputait en 1967 les racines historiques de notre crise écologique à la vision du monde judéo-chrétienne. Selon la Genèse les êtres humains, seuls de toutes les créatures, furent créés à l’image de Dieu. Il leur fut donc donné d’exercer leur supériorité sur la nature et de l’assujettir. Deux mille ans de mise en œuvre toujours plus efficace de cette vision de la relation homme/nature ont abouti aux merveilles technologiques et à la crise environnementale du XXe siècle.

Benoît XVI pourra créer autant de conseils pontificaux qu’il voudra, il n’est pas en mesure de nous aider à faire face aux gémissements de la « Création » tant qu’il continuera à donner une place centrale à l’Homme, comme s’il était semblable à un Dieu.

qui connaît Janez Potocnik ?

La télévision française parle d’abord de la France, ce qui intéresse  surtout, c’est l’équipe des Bleus, éliminée. La télévision espagnole parle de son équipe, en quart de finale au Mondial, beaucoup moins des autres équipes. Tant que l’Europe n’aura pas de visibilité aux yeux des citoyens européens, les Européens resteront ethnocentrés et ça ira mal. D’ailleurs les Européens savent-ils qu’ils possèdent la citoyenneté européenne ? Qui peut décrire le fonctionnement de l’UE ? Qui se rappelle que sans les institutions européennes, la situation écologique dans les pays européens serait lamentable ? Qui est au courant que les pays qui tardent à transposer les directives européennes en matière d’écologie peuvent être traînés en justice ? Qui peut citer le nom du commissaire européen à l’environnement ? Que nous apprend mon quotidien préféré sur cette question ?

– Le 29 novembre 2009, LeMonde donne la composition de la commission européenne, dont Janez Potocnik.

– LeMonde du 22 février 2010 : La Commission européenne a proposé aux gouvernements de l’UE de soutenir le classement du thon rouge parmi les espèces menacées d’extinction, et donc d’interdire le commerce international de ce poisson. Les commissaires européens à la pêche, Maria Damanaki, et à l’environnement, Janez Potocnik, ont suggéré que cette mesure soit différée de 12 mois pour permettre de préparer la restructuration du secteur.

– LeMonde du 17 mars : L’UE s’est fixé l’objectif « d’enrayer la perte de biodiversité en Europe d’ici 2020 », repoussant ainsi de dix ans l’échéance qu’elle avait adoptée en 2002. Après cet échec, « nous allons concentrer nos efforts pour ne pas renouveler les erreurs », a assuré le commissaire à l’environnement Janez Potocnik.

– LeMonde du18 mars : Une douzaine de pays de l’UE menacé de poursuites en justice et de sanctions pour manquements à leurs obligations environnementales. « La nature n’est pas une poubelle », a lancé le commissaire à l’environnement Janez Potocnik à l’adresse des autorités…

– LeMonde du 20 mars : La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) a rejeté à une large majorité de pays la proposition de l’Union européenne d’interdiction du commerce international de thon rouge. La décision a douché les espoirs des écologistes, qui ont dénoncé un vote « scandaleux ». Les commissaires européens à l’environnement, Janez Potocnik, et à la pêche, Maria Damanaki, se sont déclarés « déçus ». « L’UE reste déterminée à préserver le thon rouge et attend de l’Iccat qu’elle prenne ses responsabilités », ont-ils ajouté.

– LeMonde du 30 mars : L’Union européenne envisage d’ajouter, d’ici à 2012, de nouveaux produits à la liste des substances chimiques très dangereuses, qui en compte actuellement 29. « Nous allons commencer notre travail sur 106 substances identifiées par les Etats membres comme étant de la plus haute priorité », indique le commissaire européen à l’environnement, Janez Potocnik.

– LeMonde du 1er juillet 2010 : Janez Potocnik appelle à adopter une taxe carbone au sein de l’Union.

agir en banlieue pour l’écologie

Notre blog est critique par rapport au fonctionnement de la société thermo-industrielle. Cela ne suffit pas. Nous sommes donc heureux chaque fois qu’une action en faveur de la biosphère est en cours. Ainsi ce  témoignage : « Je suis administrateur de l’association Unis-cité Ile-de-France qui fait depuis 15 ans du service civique ; je suis en charge plus spécifiquement de suivre le programme Médiaterre ; ce programme consiste pour des volontaires du service civique, à apprendre des éco-gestes aux familles défavorisées de grandes barres de la région parisienne ; plus prosaïquement à apprendre à  consommer moins d’énergie, moins d’eau et à produire moins de déchets et de les trier (de la vraie décroissance). Les réactions des bénéficiaires du programme (des familles pauvres) sont extrêmement positives. Elles témoignent et avancent trois arguments concrets :

– on consomme moins d’électricité soit une économie de 15 €/mois sur la facture d’électricité,

– un lien social nouveau s’est établi entre les jeunes volontaires qui se sentent utiles et les familles isolées en difficulté matérielle,

– on protège l’environnement ; la conscience est là mais le passage à l’acte est difficile. »

Vous avez entre 18 et 25 ans et vous avez envie d’être utile? Unis-Cité vous propose de vous engager à temps plein dans ces actions d’utilité collective : http://www.uniscite.fr/ Vous pouvez en savoir plus avec la lecture du Monde du 30 juin : les Médiaterre, passeurs d’écologie dans les quartiers populaires.