Mois : mai 2011

François Hollande est-il normal ?

François Hollande se dit un candidat « normal », c’est-à-dire qu’il dit « avoir des qualités exceptionnelles » et suivre un régime amaigrissant ! En résumé, il a tout misé sur son régime et rien sur son programme. Mais ce n’est pas normal qu’un présidentiable se contente de jouer avec les mots. Car pendant ce temps-là, la France vit le printemps le plus chaud « depuis au moins 1900 », selon Météo France : réchauffement climatique ? Au 30 mai, 54 départements font l’objet d’une décision publique limitant l’usage de l’eau et sept sont en vigilance. Plus globalement dans notre biosphère, les émissions de CO2 ont atteint en 2010 leur plus haut niveau historique. Il s’agit d’un « sérieux revers » pour la lutte contre le réchauffement climatique, annonce l’Agence internationale de l’énergie.

Ce record fait craindre une élévation de la température supérieure à 2 °C, seuil au-delà duquel pourrait advenir un « dangereux changement climatique » selon les scientifiques. Que ferait Hollande après 2012 ?

Gouverner « normalement », ce serait selon Hollande rechercher l’équilibre, faire preuve de modération et rompre avec l’image présidentielle donnée par Sarkozy. Mais dans un contexte écologique aux multiples menaces, il ne s’agit pas de préparer une gouvernance « normale », mais une candidature de rupture avec la société thermo-industrielle. Hollande n’est pas capable d’une action de cette envergure, lui qui a toujours cherché le compromis mou et les synthèses bancales du temps qu’il était Premier secrétaire. Récemment, nous avons échangé avec François sur la perspective d’une descente énergétique. Il disait partager nos inquiétudes face au déclin de la production pétrolière et savoir la nécessité d’un nouveau mode de développement face à la crise écologique, énergétique et climatique. Il pensait qu’un « plan de transition énergétique » était indispensable pour financer le développement des sources d’énergie renouvelable. Ce plan sur 10 ans viserait à modifier le mix énergétique de notre pays, il serait réalisé par un investissement à la fois de l’Etat et des collectivités locales complétés par des fonds structurels européens. Cet élan, disait-il, contribuerait à positionner la France sur les marchés des technologies propres, porteuses de croissance à long terme (énergies renouvelables, stockage de l’énergie, éolien, photovoltaïque, véhicules propres, voitures électriques). Il s’agirait donc autant, a-t-il conclu, d’écologie que d’économie.

François Hollande n’est donc pas en phase avec la profondeur des crises écologiques qui s’annoncent, en particulier le réchauffement climatique et la descente énergétique. Hollande se situe dans une perspective de production d’énergie, il n’a pas encore compris que l’énergie renouvelable est en quantité infime par rapport à nos besoins actuels, ce qui va poser un énorme problème socio-économique. Hollande n’a pas encore compris que la première des priorités doit aller aux économie d’énergie, c’est-à-dire agir sur la demande et non sur l’offre d’énergie. Hollande se polarise sur l’idée de « croissance à long terme » alors que l’idée de croissance infinie dans un monde finie devrait être politiquement invalidée depuis 1972 et le rapport du Club de Rome sur les limites de la croissance. Hollande n’a pas encore réalisé que « nouveau modèle de développement » ne veut pas dire, dans une perspective d’après-pétrole, croissance quantitative, mais au contraire décroissance conviviale. Enfin Hollande croit aux « technologies propres », aux véhicules propres… Or personne n’a réussi à démontrer la « propreté » des technologies actuelles (voiture électrique) ou imaginées (géo-ingénierie, ITER, Astrid…). Même le photovoltaïque, théoriquement renouvelable, pose problème.

François est à l’image d’un parti socialiste dont le discours singe encore celui de la droite et dont les dirigeants n’ont pas encore compris l’urgence écologique…

Nicolas Hulot et la primaire de l’écologie

Les inscriptions pour participer aux primaires de l’écologie sont ouvertes jusqu’au 10 juin prochain. Nicolas Hulot paraît objectivement le mieux placé pour remporter cette primaire face à Eva Joly. En effet, il se prépare depuis plus de vingt ans et il possède une vision stratégique : l’urgence écologique. L’empreinte des humains est démesurée, nous vivons l’anthropocène, les dérèglements des écosystèmes sont généralisés. Nicolas sait tout cela, il a déjà écrit deux livres sur le « syndrome du Titanic ». Très tôt, il ne s’est pas contenté de ses émissions télévisées. Il lance en 1990 une « Fondation pour la nature et l’homme », reconnue d’utilité publique : campagnes pour l’éco-citoyenneté, informations scientifiques sur l’environnement, sensibilisation aux enjeux de la biodiversité. Jacques Chirac, à l’époque maire de Paris, appréciait les émissions télévisées de Nicolas et souhaite de plus amples renseignements sur sa fondation. Sur son scooter, Nicolas franchissait les grilles de l’Élysée avec ses bouquins, apportant à Chirac une moisson de lectures écologistes. Des heures de conversation pour « déghettoïser » l’écologie en formant celui qui allait être appelé aux plus hautes fonctions en 1995.

Début 2000, Nicolas Hulot souhaite devenir un acteur du débat public, mais il éprouve le besoin d’étayer ses convictions. Dans le cadre de sa fondation, un comité de veille écologique lui apporte base scientifique et données rigoureuses. Ses membres sont tous des experts d’un sujet donné, et souvent chercheur dans les domaines sensibles comme la biodiversité, le climat, l’énergie… En pratique, tous les deux mois environ, ils se retrouvent à dix ou quinze autour de Nicolas. Divers ouvrages ont donc été rédigés, dont le plus visible a été combien de catastrophes avant d’agir. Lorsque la campagne présidentielle de 2002 a commencé, Nicolas n’a pas manqué cette chance historique d’infléchir les événements. La promesse de Chirac d’une charte de l’environnement « adossée à la Constitution », c’est un peu grâce à lui. Dès les premières phrases du discours de Chirac le 2 septembre 2002 au sommet de Johannesburg, le ton est donné : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre… » Ce texte était l’aboutissement d’années d’efforts pour faire partager par le Président les convictions auxquelles Nicolas était attaché.

« À partir de 2005, Nicolas Hulot élabore avec le Comité de veille écologique un « Pacte écologique ». L’enjeu est de le faire signer par tous les candidats à l’élection présidentielle de 2007. Devant l’inertie des candidats, Nicolas menace de se présenter. Alors ils signent presque tous ; le faire, c’était l’espoir de rallier sur son nom au second tour tous ceux qui auraient voté pour Hulot au premier. Ensuite les choses s’enlisent même si l’idée du Pacte écologique d’un ministre de l’écologie aux pouvoirs étendus est mise en place : demi-échec du Grenelle2, abandon de la taxe carbone. La Fondation pour la nature et l’homme écrit en 2010* : « L’opinion doit accepter des contraintes opposées à ses désirs (de déplacements sans limites, de puissance sans limites, de consommation sans limites)… Si l’humanité n’est pas capable d’un sursaut moral assez tôt, il faudra s’attendre à l’effondrement général de la civilisation matérialiste industrielle. » Contre une telle destinée, Nicolas avait tout essayé, les émissions télé, le statut de conseiller des princes, la réflexion collective, les livres, le film, la pression sur les élections présidentielles. Nicolas se pose dorénavant la question : comment forcer le cours des choses ? Comment choisir les tribunes efficaces, peser sur la société ? Il ne lui reste plus qu’une chose à tenter, la présidence de la République. Le 13 avril 2011, il a franchi le cap.

Nicolas Hulot se lance dans la course aux présidentielles et fait appel à « celles et ceux qui ne se résignent pas au déclin conjoint de l’humanité et de la nature ». Pour Nicolas, l’étymologie ne ment pas : l’écologie n’est ni plus ni moins que la science de notre maison à tous. Loin des appareils politiques, il est en train de faire aujourd’hui avec l’économie ce qu’il a fait hier avec l’écologie. Les experts en mouvements de capitaux ont rejoint les spécialistes de la flore subsaharienne. Nicolas n’est plus l’électron libre qui n’avait jamais suivi des hommes, mais seulement des idées. Nicolas n’a pas envie que son fils Nelson dise plus tard : les salauds, ils savaient. Il rentre en personne dans l’arène politique, il participera aux primaires d’Europe Ecologie-Les Verts. Aux électeurs maintenant de juger…

* Vers une société sobre et désirable, les vingt ans de la Fondation (Puf, 2010)

le culte de la mobilité, irrationnel

Les pouvoirs publics se heurtent de front aux réseaux d’automobilistes antiradars. Jean-Michel Normand* excuse ces réactions épidermiques : « S’exposer plus facilement à des sanctions au volant de sa voiture va à l’encontre de nos modes de vie, toujours plus fondés sur la mobilité. » Un commentateur sur lemonde.fr en rajoute : « Beaucoup de conducteurs lents, qui ont peur en voiture, sont des dangers publics… ». Toujours plus vite, beaucoup plus loin et bien plus souvent est en effet un discours généralisé. Des députés UMP partent donc en croisade pour obtenir un assouplissement des contrôles de vitesse. Ce populisme de bas étage rencontre le silence assourdissant des socialistes et des Verts.

Mais élus et chauffards se trompent d’époque. La source du pétrole qui fait avancer leurs merveilleuses machines va bientôt se tarir. Il faudra prochainement adopter le mot d’ordre « moins vite, moins loin, moins souvent »… et beaucoup plus cher ! Nous tremblons par avance de tous ces automobilistes en colère, rejoints par les pêcheurs, les chauffeurs routiers et autres roulants, qui agresseront leurs députés et tout ce qui ne va pas dans leur sens, toujours plus de mobilité.

¨Pourtant, le pic pétrolier a eu lieu en 2006 et la quantité de pétrole disponible par Terrien est même en diminution depuis 1979. Le baril du baril va augmenter, inexorablement, sans qu’aucun politicard ou routard ne puisse décider du contraire. Il n’y a rien à faire contre les limites bio-physiques… il faudra rouler plus lentement.

* LeMonde du 29-30 mai 2011, La sécurité routière face au populisme automobile

le culte de la mobilité, irrationnel

Les pouvoirs publics se heurtent de front aux réseaux d’automobilistes antiradars. Jean-Michel Normand* excuse ces réactions épidermiques : « S’exposer plus facilement à des sanctions au volant de sa voiture va à l’encontre de nos modes de vie, toujours plus fondés sur la mobilité. » Un commentateur sur lemonde.fr en rajoute : « Beaucoup de conducteurs lents, qui ont peur en voiture, sont des dangers publics… ». Toujours plus vite, beaucoup plus loin et bien plus souvent est en effet un discours généralisé. Des députés UMP partent donc en croisade pour obtenir un assouplissement des contrôles de vitesse. Ce populisme de bas étage rencontre le silence assourdissant des socialistes et des Verts.

Mais élus et chauffards se trompent d’époque. La source du pétrole qui fait avancer leurs merveilleuses machines va bientôt se tarir. Il faudra prochainement adopter le mot d’ordre « moins vite, moins loin, moins souvent »… et beaucoup plus cher ! Nous tremblons par avance de tous ces automobilistes en colère, rejoints par les pêcheurs, les chauffeurs routiers et autres roulants, qui agresseront leurs députés et tout ce qui ne va pas dans leur sens, toujours plus de mobilité.

¨Pourtant, le pic pétrolier a eu lieu en 2006 et la quantité de pétrole disponible par Terrien est même en diminution depuis 1979. Le baril du baril va augmenter, inexorablement, sans qu’aucun politicard ou routard ne puisse décider du contraire. Il n’y a rien à faire contre les limites bio-physiques… il faudra rouler plus lentement.

* LeMonde du 29-30 mai 2011, La sécurité routière face au populisme automobile

Dédiabolisation du Front national par l’écologie ?

La nature est neutre, la nature est apolitique, mais les humains sont politisés. Il y a donc des écologistes partout, même au Front National. Ainsi Laurent Ozon, nommé membre du bureau politique le 16 Janvier 2011, apporte à Marine le Pen le concept du « localisme », un des axes majeurs du nouveau discours du FN : produire local, consommer local pour résister à la mondialisation*. Ozon serait un identitaire qui met en avant les communautés organiques, l’enracinement, le principe « une terre, un peuple ». Il est vrai que LeMonde souligne la proximité des concepts : la formule, protectionnisme social est un autre mot pour dire préférence nationale ; relocalisation des populations désigne signifie aussi renvoi des immigrés dans leur pays d’origine. Dédiabolisation en apparence.

Mais le problème reste clairement posé. Ainsi Paul Ariès** : « Les objecteurs de croissance ne maîtrisent pas forcément les codes de l’extrême droite et peuvent donc se faire piéger. Parler de relocalisation, ce n’est pas prôner la relocalisation des populations, ce n’est pas combattre l’immigration, les immigrés, ou l’islam. Notre relocalisation, c’est le « local sans les murs », sans la xénophobie. La remise en cause des préceptes universalistes peut être salutaire lorsqu’elle conduit à accepter la pluralité des mondes face à la marchandisation capitaliste, mais elle est inacceptable si elle aboutit à une vision inégalitaire et séparée des peuples. Eux visent le retour à des sociétés fermées les unes aux autres, inégalitaires. »

Il n’aura échappé à personne qu’Ariès se situe lui aussi sur un terrain mouvant. Où commence la démondialisation ? Quand commence la régulation des flux migratoires si elle devient incompatible avec l’équilibre d’un écosystème ? Quels sont les produits pour lesquels il faut rester ouvert et ceux pour lesquels le protectionnisme sera effectif ? Jusqu’où peut aller la pluralité des mondes ? Qu’est-ce qui sépare inégalités et différences ? Le débat ne fait que commencer…

* LeMonde du 28 mai 2011, Les penseurs de Marine Le Pen

** mensuel La décroissance (mai 2011), Les identiverts ? Non merci !

Dédiabolisation du Front national par l’écologie ?

La nature est neutre, la nature est apolitique, mais les humains sont politisés. Il y a donc des écologistes partout, même au Front National. Ainsi Laurent Ozon, nommé membre du bureau politique le 16 Janvier 2011, apporte à Marine le Pen le concept du « localisme », un des axes majeurs du nouveau discours du FN : produire local, consommer local pour résister à la mondialisation*. Ozon serait un identitaire qui met en avant les communautés organiques, l’enracinement, le principe « une terre, un peuple ». Il est vrai que LeMonde souligne la proximité des concepts : la formule, protectionnisme social est un autre mot pour dire préférence nationale ; relocalisation des populations désigne signifie aussi renvoi des immigrés dans leur pays d’origine. Dédiabolisation en apparence.

Mais le problème reste clairement posé. Ainsi Paul Ariès** : « Les objecteurs de croissance ne maîtrisent pas forcément les codes de l’extrême droite et peuvent donc se faire piéger. Parler de relocalisation, ce n’est pas prôner la relocalisation des populations, ce n’est pas combattre l’immigration, les immigrés, ou l’islam. Notre relocalisation, c’est le « local sans les murs », sans la xénophobie. La remise en cause des préceptes universalistes peut être salutaire lorsqu’elle conduit à accepter la pluralité des mondes face à la marchandisation capitaliste, mais elle est inacceptable si elle aboutit à une vision inégalitaire et séparée des peuples. Eux visent le retour à des sociétés fermées les unes aux autres, inégalitaires. »

Il n’aura échappé à personne qu’Ariès se situe lui aussi sur un terrain mouvant. Où commence la démondialisation ? Quand commence la régulation des flux migratoires si elle devient incompatible avec l’équilibre d’un écosystème ? Quels sont les produits pour lesquels il faut rester ouvert et ceux pour lesquels le protectionnisme sera effectif ? Jusqu’où peut aller la pluralité des mondes ? Qu’est-ce qui sépare inégalités et différences ? Le débat ne fait que commencer…

* LeMonde du 28 mai 2011, Les penseurs de Marine Le Pen

** mensuel La décroissance (mai 2011), Les identiverts ? Non merci !

l’acharnement thérapeutique, conséquence de l’énergie fossile

« La croissance de la quantité d’énergie consommée par personne, qui permet en termes purement physiques d’augmenter la productivité des gens qui travaillent, a pour conséquence l’entretien des gens qui ne travaillent pas (…) Une journée d’hospitalisation en service de réanimation coûte de 500 à 5000 kWh d’énergie, l’essentiel étant contenu dans les biens et services utilisés par l’hôpital. Elle n’est en outre possible que grâce à l’utilisation en France de métaux et produits chimiques extraits dans de lointaines contrées, de gaz russe ou de pétrole norvégien pour chauffer les bâtiments, laver les draps ou faire le plastique des cathéters, etc. (…) Même si cela peut paraître sordide, dès lors que la quantité d’euros (d’énergie) est limitée, il faudra soigner avec moins de flux matériels à disposition. Cela soulèvera des débats difficiles sur notre rapport à la mort, et sur le fait qu’aujourd’hui nous jugeons que toute consommation de ressources non renouvelables est justifiée pour maintenir en vie des personnes en bout de course avec des dispositifs lourds. » (Jean-Marc Jancovici dans son livre Changer le monde, tout un programme).

Ce diagnostic objectivé sur la contrainte énergétique croissante se double de (res)sentiments à l’égard de l’acharnement thérapeutique. Ainsi ce témoignage d’une de nos correspondantes :

« Je travaille dans le médico-social depuis 11 ans, animatrice en maison de retraite pendant plusieurs mois, j’ai eu le sentiment d’être tantôt gardienne de prison pour vieillards, tantôt gaveuse d’oie sans foie gras. Que faire des personnes valides physiquement mais errantes ? Que faire des personnes invalides ne communiquant plus alors que vous êtes en sous-effectif et qu’il n’y a ni code d’accès, ni jardin clôturé ? Et bien, on vous invite à enfermer tel ou tel résident, à clé dans sa chambre. On passe des harnais avec sangle molletonnée pour ligoter une personne sur un siège ou une chaise. Plus de problème de fuite ni d’évasion !

Pour ce qui est des personnes dépendantes physiquement et « silencieuses », les difficultés sont autres. N’avez-vous jamais été interloqué par ces adultes dans les maisons de retraite qui ne regardent ou ne comprennent plus ? Sous prétexte de bienséance, on nourrit parfois des édentés à la petite cuillère et si cela devient difficile, reste la solution de la seringue XXL avec lesquelles on titille des bouches closes dans un visage tout recroquevillé sur des yeux fermés depuis une éternité… Parfois un simple réflexe fait entrouvrir cette bouche et parfois on insiste…faut bien nourrir pour faire vivre ! A la question « Mais comment savoir si on ne les force pas, s’ils n’arrêtent pas de manger pour partir ? » on peut s’entendre dire « Mais comment sais-tu toi, qu’ils ne sont pas bien comme ils sont et n’ont pas envie de vivre ? » CERTES ! Mais rappelez-vous les droits de l’Homme…Liberté ! Où est la liberté quand on est instrumentalisé, douché, changé, gavé ?

Autrefois, quand on gardait ses vieux parents à la ferme, il y avait toujours un enfant pour donner la soupe à l’aïeul mais croyez bien que si ce dernier refusait de prendre sa becquée, l’enfant s’en retournait à ses travaux agricoles ou devoirs d’école… et si le lendemain, le pépé ou la mémé refusait la bouchée, on repasserait plus tard… jusqu’à ce que le corps s’épuise et s’endorme ou que la volonté resurgisse. Chez nous que nenni ! On paye du personnel pour vous nourrir et comme la priorité reste aux besoins primaires, on annulera volontiers une animation pour s’attarder sur l’assiettée.

Où commence l’acharnement thérapeutique ? Je n’accuse pas, j’interroge… Je travaille dans l’accompagnement de l’individu car je mets l’être vivant au centre de mes préoccupations. Mais à trop vouloir subvenir aux besoins du plus faible, n’avons-nous pas fait défaut à la sélection naturelle et au droit de s’éteindre parce que c’est l’heure ? N’y a-t-il pas un moment où il est correct de laisser filer la vie, où il faut cesser de soutenir le plus faible, quand seuls les « accompagnés » ont une chance de vieillir sans qu’importe le temps ni le monde du vivant ? Ne fait-on pas plus de bien que de mal quand on se positionne dans l’assistance à outrance ? Vivre n’est pas une fin en soi ! Mais bien VIVRE, bien LE vivre, ETRE, oui ! Comment ne pas être une société d’assistés qui va s’effondrer mais une société de l’entraide parce que telle est l’humanité, qui veut comprendre et dépasser ?

Il ne s’agissait là que d’un témoignage, ce n’était ni un pamphlet ni une requête. Juste une réflexion sur le passage du temps sur nos têtes et sur le rôle de l’accompagnant. »

Nous pouvons conclure avec Jancovici : «  La contrainte sur l’approvisionnement énergétique futur aura pour conséquence que le niveau relatif des retraites baissera, et que l’on va probablement pour partie revenir à un système de gestion des personnes âgées économe en énergie, c’est-à-dire… les garder chez leurs enfants. La question n’est pas de savoir si cette organisation est désirable ou non. Les bons sentiments sans kilowattheures risquent d’être difficiles à mettre en œuvre ! »

l’acharnement thérapeutique, conséquence de l’énergie fossile

« La croissance de la quantité d’énergie consommée par personne, qui permet en termes purement physiques d’augmenter la productivité des gens qui travaillent, a pour conséquence l’entretien des gens qui ne travaillent pas (…) Une journée d’hospitalisation en service de réanimation coûte de 500 à 5000 kWh d’énergie, l’essentiel étant contenu dans les biens et services utilisés par l’hôpital. Elle n’est en outre possible que grâce à l’utilisation en France de métaux et produits chimiques extraits dans de lointaines contrées, de gaz russe ou de pétrole norvégien pour chauffer les bâtiments, laver les draps ou faire le plastique des cathéters, etc. (…) Même si cela peut paraître sordide, dès lors que la quantité d’euros (d’énergie) est limitée, il faudra soigner avec moins de flux matériels à disposition. Cela soulèvera des débats difficiles sur notre rapport à la mort, et sur le fait qu’aujourd’hui nous jugeons que toute consommation de ressources non renouvelables est justifiée pour maintenir en vie des personnes en bout de course avec des dispositifs lourds. » (Jean-Marc Jancovici dans son livre Changer le monde, tout un programme).

Ce diagnostic objectivé sur la contrainte énergétique croissante se double de (res)sentiments à l’égard de l’acharnement thérapeutique. Ainsi ce témoignage d’une de nos correspondantes :

« Je travaille dans le médico-social depuis 11 ans, animatrice en maison de retraite pendant plusieurs mois, j’ai eu le sentiment d’être tantôt gardienne de prison pour vieillards, tantôt gaveuse d’oie sans foie gras. Que faire des personnes valides physiquement mais errantes ? Que faire des personnes invalides ne communiquant plus alors que vous êtes en sous-effectif et qu’il n’y a ni code d’accès, ni jardin clôturé ? Et bien, on vous invite à enfermer tel ou tel résident, à clé dans sa chambre. On passe des harnais avec sangle molletonnée pour ligoter une personne sur un siège ou une chaise. Plus de problème de fuite ni d’évasion !

Pour ce qui est des personnes dépendantes physiquement et « silencieuses », les difficultés sont autres. N’avez-vous jamais été interloqué par ces adultes dans les maisons de retraite qui ne regardent ou ne comprennent plus ? Sous prétexte de bienséance, on nourrit parfois des édentés à la petite cuillère et si cela devient difficile, reste la solution de la seringue XXL avec lesquelles on titille des bouches closes dans un visage tout recroquevillé sur des yeux fermés depuis une éternité… Parfois un simple réflexe fait entrouvrir cette bouche et parfois on insiste…faut bien nourrir pour faire vivre ! A la question « Mais comment savoir si on ne les force pas, s’ils n’arrêtent pas de manger pour partir ? » on peut s’entendre dire « Mais comment sais-tu toi, qu’ils ne sont pas bien comme ils sont et n’ont pas envie de vivre ? » CERTES ! Mais rappelez-vous les droits de l’Homme…Liberté ! Où est la liberté quand on est instrumentalisé, douché, changé, gavé ?

Autrefois, quand on gardait ses vieux parents à la ferme, il y avait toujours un enfant pour donner la soupe à l’aïeul mais croyez bien que si ce dernier refusait de prendre sa becquée, l’enfant s’en retournait à ses travaux agricoles ou devoirs d’école… et si le lendemain, le pépé ou la mémé refusait la bouchée, on repasserait plus tard… jusqu’à ce que le corps s’épuise et s’endorme ou que la volonté resurgisse. Chez nous que nenni ! On paye du personnel pour vous nourrir et comme la priorité reste aux besoins primaires, on annulera volontiers une animation pour s’attarder sur l’assiettée.

Où commence l’acharnement thérapeutique ? Je n’accuse pas, j’interroge… Je travaille dans l’accompagnement de l’individu car je mets l’être vivant au centre de mes préoccupations. Mais à trop vouloir subvenir aux besoins du plus faible, n’avons-nous pas fait défaut à la sélection naturelle et au droit de s’éteindre parce que c’est l’heure ? N’y a-t-il pas un moment où il est correct de laisser filer la vie, où il faut cesser de soutenir le plus faible, quand seuls les « accompagnés » ont une chance de vieillir sans qu’importe le temps ni le monde du vivant ? Ne fait-on pas plus de bien que de mal quand on se positionne dans l’assistance à outrance ? Vivre n’est pas une fin en soi ! Mais bien VIVRE, bien LE vivre, ETRE, oui ! Comment ne pas être une société d’assistés qui va s’effondrer mais une société de l’entraide parce que telle est l’humanité, qui veut comprendre et dépasser ?

Il ne s’agissait là que d’un témoignage, ce n’était ni un pamphlet ni une requête. Juste une réflexion sur le passage du temps sur nos têtes et sur le rôle de l’accompagnant. »

Nous pouvons conclure avec Jancovici : «  La contrainte sur l’approvisionnement énergétique futur aura pour conséquence que le niveau relatif des retraites baissera, et que l’on va probablement pour partie revenir à un système de gestion des personnes âgées économe en énergie, c’est-à-dire… les garder chez leurs enfants. La question n’est pas de savoir si cette organisation est désirable ou non. Les bons sentiments sans kilowattheures risquent d’être difficiles à mettre en œuvre ! »

l’écologie au premier tour depuis 1974, au second en 2012

A mourir de rire, la déclaration de Jean-Paul Huchon* invitant « les écologistes à la primaire socialiste ». Il ne sait pas encore que n’importe qui peut voter pour les clones de DSK du moment qu’il est inscrit sur les listes électorales. Il a oublié que le PS a laissé passer sa chance en refusant une primaire socialiste ouverte aux candidatures de toute la gauche. Il veut ignorer que les inscriptions pour les primaires écolos sont ouvertes sur le site www.primairedelecologie.fr. Jean-Paul Huchon croit encore que « Martine Aubry est la mieux placée pour empêcher une candidature écologiste au premier tour de la présidentielle ». Comment va-t-elle s’y prendre, l’excommunication, la prison, les promesses de dernière minute ?

Les écologistes présentent des candidats aux présidentielles sans interruption depuis René Dumont en 1974. Ils ont raison, c’est le seul projet de société qui sonne le tocsin et appelle à une joie de vivre coexistant avec moins d’eau, moins de pétrole, moins de viande. La présidentielle est une élection où on vote dès le premier tour pour celui ou celle qu’on voudrait voir au deuxième. Ni Cohn-Bendit, ni un militant du Front national ne nous démentira ! Si la grâce touchait les électeurs en 2012, Nicolas Hulot deviendrait Président de la République française. Cela démontrerait que les électeurs ne sont plus dupes d’un système qui peut nous présenter des individus aussi semblables que Strauss-Kahn ou Sarkozy en disant qu’ils sont différents. Cela prouverait que les électeurs ont appris que ce sont les contraintes écologiques qui déterminent notre mode de vie, et certainement pas les vaines promesses de la croissance des riches, l’emploi pour des privilégiés et le pouvoir d’acheter des conneries. Si le PS était devenu un parti social-écologiste, cela se saurait, on voterait pour lui.

* LeMonde du 26 mai 2011, M.Huchon invite les écologistes à la primaire socialiste

un laboratoire sans idées, le parti socialiste

Le laboratoire des idées du PS veut recycler le mitterrandisme. Son président, le député Christian Paul, annonce pour 2012 un « projet de redressement* ». Mais les seules propositions sont de parler « aux classes populaires du chômage, de l’emploi et du pouvoir d’achat, comme en 1981 ». Il est vrai que Mitterrand affirmait : « L’emploi, c’est la première de nos obligations. J’y consacrerai toute ma volonté ». Pendant sa campagne électorale, il annonçait : « Je serai en mesure de créer un million d’emplois jeunes durant l’année 1982 ». Malgré la cinquième semaine de congés payés et la semaine de 39 heures, le chômage est passé de 1 600 000 chômeurs en 1981 à 3  300 000 à la fin de l’année 2004 ! Dès 1983, alors que le chômage reprenait brutalement sa hausse, la priorité s’était inversé : le gouvernement, pour éviter la faillite financière à cause du déficit commercial mettait l’accent sur le redressement des finances publiques et la lutte contre l’inflation. Christian Paul ne prend pas les bonnes références historiques, il n’y a pas grand chose à reprendre du bilan de Mitterrand.

Christian Paul précise aussi que le PS va « aborder sans tabou la question du pouvoir d’achat, par le salaire, mais aussi par le blocage des loyers, en réduisant la facture d’énergie et de transport ». D’abord le salaire ne se décrète pas, il dépend de la bonne santé des entreprises et on ne peut pas dire que les perspectives économiques soient joyeuses. Ensuite tout blocage des prix empêche les ajustements et cela fait longtemps que la France a abandonné le principe d’une telle politique. Enfin, prévoir de réduire la facture d’énergie et de transport constitue une méconnaissance de l’avenir puisque la raréfaction des ressources fossiles nécessite l’augmentation du prix de l’énergie. Ce manque de réalisme de Christian Paul n’est pas étonnant, il n’y a pas au PS véritablement de laboratoire des idées qui fonctionne, ni d’ailleurs de comité scientifique, ni à plus forte raison de projection dans le futur : on en reste à l’héritage impotent de Mitterrand.

Christian Paul ferait mieux de lire le dernier livre de Jancovici. Il apprendrait que le pouvoir politique ne peut agir d’aucune manière sur le pouvoir d’achat : « Sans énergie, impossible de déplacer un objet (ou notre propre corps), illuminer ou chauffer une pièce, transformer un poisson dans l’océan en poisson dans notre assiette. Cette énergie fossile à profusion, c’est la véritable cause de la hausse de notre pouvoir d’achat. En clair, le pouvoir d’achat augmente quand le prix de l’énergie baisse. »

Or la rareté croissante va faire obligatoirement augmenter le prix de l’énergie fossile, donc le pouvoir d’achat va baisser, inexorablement… Les classes populaires ne voteront plus socialiste, mais extrême droite. On leur aura appris à suivre un discours populiste, si ce n’est démagogique.

* LeMonde du 25 mai 2011, Le PS ne doit pas oublier le peuple

NB : pour écrire cet article vide de contenu, Christian Paul a du se faire aider du sociologue Camille Peugny

l’irresponsabilité des automobilistes

– A la radio ce matin : « Les histoires d’automobilistes, c’est pas forcément de droite ou de gauche. » Il s’agit de la controverse sur la suppression des panneaux de signalisation des radars. Le Premier ministre de droite en appelle à la responsabilité et à piéger les automobilistes, ses députés de droite se veulent « populaire » (populiste) et chouchoutent les automobilistes.

– Position du parti socialiste : il ne dit rien, il rigole, mais qu’auraient fait les députés socialises s’ils étaient au pouvoir. Sans doute la même fronde que l’UMP, et le refus de parler au nom de l’intérêt général.

– Quel est l’intérêt général : Ce n’est pas simplement 4 000 morts chaque année en France suite à un accident de la route. Rouler vite est un crime contre la planète. En effet notre goût de la vitesse est en décalage complet avec la contrainte énergétique qui émerge : nous avons passé le pic pétrolier et le réchauffement climatique fait déjà ses effets. Comment diminuer d’un facteur 4 nos émissions de gaz à effet de serre sans modification lourde de nos habitudes ?

– Un débat qui commence en 2005 : Nos responsabilités, nous les connaissons officiellement depuis six ans. Dans son rapport annuel 2005, le mot d’ordre de l’Agence Internationale de l’Energie devenait : « Economisez l’énergie, économisez le pétrole ! Et diversifiez-vous, s’il vous plaît. Sortez du pétrole ! » L’AIE invitait donc les gouvernements à préparer une série de mesure, par exemple réduction à 90 km/h de la vitesse sur autoroutes…

En août 2005, le Premier ministre français avait réuni les dirigeants du secteur de l’énergie. Le ministre de l’industrie insiste : « Il  faut donner quelques signaux forts pour que tout le monde comprenne qu’il est concerné et pour longtemps par la hausse des prix du pétrole. On peut imaginer par exemple une réduction de la vitesse sur les autoroutes à 115 km/h ». A l’époque, le premier secrétaire du PS, François Hollande, avait pris position contre la limitation de vitesse !

CONCLUSION : Pour une fois, nous sommes d’accord avec la conclusion de l’Editorial du Monde (25 mai 2011) : « Gouverner, c’est comme conduire : il faut choisir. En l’occurrence entre la responsabilité, quelle qu’en soit la rudesse, et un laxisme dont les motivations électoralistes ne sont pas glorieuses. »

Laure Belot et la transition énergétique

Laure Belot et une journaliste du Monde qui peut aussi bien parler de Facebook et du smartphone que des Recycling Party. Autant dire que sa fibre écolo est très superficielle. Si elle développe un article* sur les achats de proximité, c’est pour faire le tour des sites d’achat direct auprès des producteurs, ce n’est pas pour montrer que là est notre avenir. Elle nous met en ligne avec les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, avec les producteurs de ta région, avec l’achat groupé de la ruche. Il faut donc être locavore, manger les produits locaux et oublier le bio qui vient de trop loin. Très bien, mais quelle serait notre motivation pour changer notre mode de consommation ? Laure Belot n’en sait rien, donc elle ne le dira pas. Pas grave, nous allons lui expliquer.

Les jumeaux hydrocarbures (pic pétrolier et réchauffement climatique) nous imposent une descente énergétique. Il ne s’agit pas de catastrophisme, mais d’une réalité. Le meilleur moyen est de tendre localement à l’autonomie alimentaire et énergétique. Chaque territoire doit élaborer un plan d’action de descente énergétique (Pade), ce qui peut rejoindre des pratiques locales existantes (plan climat local, AMAP, SEL, MAB, Velocité, point info-énergie, jardins partagés…) et permet d’instaurer une dynamique collective. Il s’agit donc d’assurer concrètement la transition énergétique.

Nous comprenons alors cet engouement pour se mettre à l’heure locale, les citoyens se préparent (inconsciemment) au prochain choc pétrolier ! Pour en savoir plus, Laure Belot peut lire le Manuel de transition de Rob Hopkins…

* LeMonde du 24 mai 2011, Les consommateurs se mettent à l’heure « locale »

Martine Aubry en sidération footbalistique

Soyons clair, un politique n’a pas à soutenir le foot-spectacle. Pourtant tout le monde parle du LOSC (Lille olympique sporting club) avec Martine Aubry… qui s’en réjouit*. Il paraît selon cette présidentiable que la victoire du LOSC « donne une immense fierté à Lille, rejaillissant sur l’énergie de tous ». Illusion de la société-spectacle ! Son premier adjoint est dithyrambique : «  Un LOST qui gagne a la même importance que nos pôles de compétitivité. Une équipe de premier plan est un agent économique majeur. » Illusion de la société-spectacle !

Il est intéressant de noter que celui qui préside le LOSC depuis 2002 est aussi un producteur de cinéma, administrateur de Pathé et membre du conseil de surveillance de Gaumont. Un spécialiste de la société-spectacle préside le foot ! Une arène toute neuve de cinquante mille places paraît nécessaire… le stade sera payé par Lille Métropole Communauté urbaine par le biais d’une redevance annuelle de 24,7 millions d’euros sur 31 ans au partenaire privé ! Comme d’habitude, ce sera les contribuables qui paieront pour la mégalomanie de nos dirigeants. L’entraîneur est d’abord un metteur en scène, le jeu de toque permet le spectaculaire. Et les spectateurs deviennent accro devant des types qui se contentent de pousser la baballe. La sidération du public, dans le sens d’effondrement d’une fonction vitale, devient totale.

La socialiste Martine Aubry devrait savoir que divertir, c’est dominer , c’est se mettre au service de l’idéologie libérale: « Les philosophes de l’école de Francfort avaient montré que le capitalisme produit des modes de comportements compétitifs, dont le sport est le modèle paradigmatique. Dans le numéro spécial de la revue Partisans (Sport, culture et répression de septembre 1968), on expliquait déjà que le sport est une structure politique d’encadrement des masses, et notamment de la jeunesse, un moyen de contrôle social que le fascisme a porté à son comble. On s’est heurté à la fois au parti communiste, qui défendait le sport dit socialiste, et à la bourgeoise gaulliste, qui souhaitait produire des champions. Le sport est une superstructure idéologique, pour parler comme Marx, qui a pour fonction de reproduire les rapports de production, de conformer les gens à la compétition de tous contre tous, à la servilité, l’aliénation et l’acclamation des héros. Le sport a la vertu de dissimuler sous son côté anodin, bon enfant, populiste, ses fonctions politiques réactionnaires. Le sport est un phénomène de manipulation de masse utilisé par la télé, la publicité, le discours politique. »

Plutôt qu’au foot, la socialiste Martine Aubry ferait mieux de s’intéresser aux sables bitumineux**.

* LeMonde du 22-23 mai 2011, Tout le monde parle football à Martine Aubry.

** LeMonde du 22-23 mai 2011, L’essor des sables bitumineux inquiète l’Europe.

Martine Aubry en sidération footbalistique

Soyons clair, un politique n’a pas à soutenir le foot-spectacle. Pourtant tout le monde parle du LOSC (Lille olympique sporting club) avec Martine Aubry… qui s’en réjouit*. Il paraît selon cette présidentiable que la victoire du LOSC « donne une immense fierté à Lille, rejaillissant sur l’énergie de tous ». Illusion de la société-spectacle ! Son premier adjoint est dithyrambique : «  Un LOST qui gagne a la même importance que nos pôles de compétitivité. Une équipe de premier plan est un agent économique majeur. » Illusion de la société-spectacle !

Il est intéressant de noter que celui qui préside le LOSC depuis 2002 est aussi un producteur de cinéma, administrateur de Pathé et membre du conseil de surveillance de Gaumont. Un spécialiste de la société-spectacle préside le foot ! Une arène toute neuve de cinquante mille places paraît nécessaire… le stade sera payé par Lille Métropole Communauté urbaine par le biais d’une redevance annuelle de 24,7 millions d’euros sur 31 ans au partenaire privé ! Comme d’habitude, ce sera les contribuables qui paieront pour la mégalomanie de nos dirigeants. L’entraîneur est d’abord un metteur en scène, le jeu de toque permet le spectaculaire. Et les spectateurs deviennent accro devant des types qui se contentent de pousser la baballe. La sidération du public, dans le sens d’effondrement d’une fonction vitale, devient totale.

La socialiste Martine Aubry devrait savoir que divertir, c’est dominer , c’est se mettre au service de l’idéologie libérale: « Les philosophes de l’école de Francfort avaient montré que le capitalisme produit des modes de comportements compétitifs, dont le sport est le modèle paradigmatique. Dans le numéro spécial de la revue Partisans (Sport, culture et répression de septembre 1968), on expliquait déjà que le sport est une structure politique d’encadrement des masses, et notamment de la jeunesse, un moyen de contrôle social que le fascisme a porté à son comble. On s’est heurté à la fois au parti communiste, qui défendait le sport dit socialiste, et à la bourgeoise gaulliste, qui souhaitait produire des champions. Le sport est une superstructure idéologique, pour parler comme Marx, qui a pour fonction de reproduire les rapports de production, de conformer les gens à la compétition de tous contre tous, à la servilité, l’aliénation et l’acclamation des héros. Le sport a la vertu de dissimuler sous son côté anodin, bon enfant, populiste, ses fonctions politiques réactionnaires. Le sport est un phénomène de manipulation de masse utilisé par la télé, la publicité, le discours politique. »

Plutôt qu’au foot, la socialiste Martine Aubry ferait mieux de s’intéresser aux sables bitumineux**.

* LeMonde du 22-23 mai 2011, Tout le monde parle football à Martine Aubry.

** LeMonde du 22-23 mai 2011, L’essor des sables bitumineux inquiète l’Europe.

cachons les radars pour coincer les chauffards

LE sujet qui perturbe nos députés : la suppression des panneaux signalant la présence de radars fixes sur les routes. La démagogie de nos députés est sans égale, car rouler vite est criminel. Ce n’est pas simplement 4 000 morts chaque année en France suite à un accident de la route. Rouler vite est un crime contre la planète. En effet notre goût de la vitesse est en décalage complet avec la contrainte énergétique qui émerge : nous avons passé le pic pétrolier et le réchauffement climatique fait déjà ses effets. Comment diminuer d’un facteur 4 nos émissions de gaz à effet de serre sans modification lourde de nos habitudes ? Les députés ne représentent pas seulement des électeurs fous du volant, ils doivent agir au nom de l’intérêt général, celui des générations présentes comme celui des générations futures. « Se faire insulter » comme l’a été le député de Seine-et-Marne ou « en prendre plein la gueule » comme le député des Bouches-du-Rhône n’est pas une raison pour manquer à ses devoirs : ce ne sont pas les vociférations qui peuvent faire une politique. Le Premier ministre, de droite comme ses députés démagogues, leur rétorque à juste titre qu’il y a des « moments dans la vie politique où il faut assumer ses responsabilités ».

Nos responsabilités, nous les connaissons officiellement depuis 2005. L’Agence Internationale de l’Energie, cette officine chargée depuis 1974 de défendre les intérêts des pays consommateurs, avait changé de discours. Le mot d’ordre devenait dans son rapport annuel : « Economisez l’énergie, économisez le pétrole ! Et diversifiez-vous, s’il vous plaît. Sortez du pétrole ! » Le directeur des études économiques de l’AIE avait déclaré : « Le pétrole, c’est comme une petite amie, vous savez depuis le début de votre relation qu’elle vous quittera un jour. Pour qu’elle ne vous brise pas le cœur, mieux vaut la quitter avant qu’elle ne vous quitte. » L’AIE invitait donc les gouvernements à préparer une série de mesure, par exemple réduction à 90 km/h de la vitesse sur autoroutes…

En août 2005, le Premier ministre français avait réuni les dirigeants du secteur de l’énergie. Le ministre des transports avait fait valoir que si l’on réduisait la vitesse de 15 km/h sur autoroute, le prix du plein resterait le même qu’avant la hausse du pétrole ». Le ministre de l’industrie insiste : « Il  faut donner quelques signaux forts pour que tout le monde comprenne qu’il est concerné et pour longtemps par la hausse des prix du pétrole. On peut imaginer par exemple une réduction de la vitesse sur les autoroutes à 115 km/h ». Nous sommes en 2011, rien n’a été fait parce que les députés, de droite comme de gauche, écoutent les vociférations des automobilistes.

supprimons Facebook

– Cet hiver, une britannique a annoncé son projet de suicide aux 1048 « amis » de son « réseau social » Facebook. Au bout du compte, 148 commentaires sous son message, pas un coup de fil aux urgences, et une morte. Ce fait divers en dit long sur la vacuité des échanges en milieu virtuel.

– Dans la vraie vie, on compte au plus quatre amis, les 10 % des mieux pourvus en ont une quinzaine. Mais sur Facebook ou Myspace, les utilisateurs ont en moyenne entre 130 et 150 amis, certains en ont des milliers. L’amitié n’a alors plus aucun sens, elle relève d’une vision comptable du rapport humain. Jusqu’à l’apparition des réseaux sociaux », être ami signifiait partager pensées et émotions dans un rapport direct à l’autre, avec une autre personne ou un groupe réduit. Sur Facebook, être ami se réduit à envoyer des informations. Mais exposer sa vie privée ne suffit pas à créer de l’intimité et du lien. Ce grand déballage devant 500 personnes dont on attend une réaction pour se sentir exister favorise le repli sur sa sphère individuelle, sa bulle, et l’hypercommunication avec sa tribu.

– Sous son onglet inscription, Facebook annonce fièrement « C’est gratuit (et ça le restera toujours) ». Pourtant ce réseau est valorisé à 50 milliards de dollars ! Mark Zuckerberg est assis sur un tas d’or : les données personnelles de ses 630 millions de membres. En révélant beaucoup d’eux-mêmes, ils permettent à Facebook de vendre des espaces ciblés aux publicitaires. Un post à vos amis annonçant l’anniversaire de votre compagne et vous recevrez une pub pour des bijoux ! Face book propose aussi aux entreprises et aux « people » de créer leur page de fans qui leur sert de vitrine commerciale. Coca Cola rassemble 4 millions de fan, trois millions de pages de marques sont actives, l’utilisateur moyen aime 8,7 marques : chaque fan se transforme en « ambassadeur de la marque ». L’info circule, le publicitaire, lui, peut se reposer : le consommateur fait son boulot. Et le pire, c’est qu’il en redemande !

Source : mensuel la Décroissance, avril 2011

moins d’étudiants, une obligation

Près d’un jeune sur trois souhaite être fonctionnaire*, c’est-à-dire de continuer à être à charge du reste de la société : bébé choyé, scolarisé très tôt, études (supérieures) et ensuite pantouflage ! Autant dire que c’est un rêve qu’il sera de plus en plus difficile à réaliser. En effet l’énergie fossile à profusion, véritable cause de la hausse de notre pouvoir d’achat et donc de notre capacité à nourrir des enfants et payer des fonctionnaires, va se raréfier. Tout choc pétrolier est suivi par une crise économique, c’est un fait incontournable.

C’est la croissance de la quantité d’énergie consommée par personne qui permet, en termes purement physiques, d’augmenter la productivité des gens qui travaillent. C’est cette productivité qui a pour conséquence d’assurer la nourriture, le logement, l’habillement, les loisirs, etc. des gens qui ne travaillent pas, les étudiants, ou qui vivent des impôts, les fonctionnaires. Comme l’écrit Jean-Marc Jancovici, « les études sont assises sur des consommations d’énergie importantes, et c’est bien ainsi que se lit la géographie actuellement : il n’y a beaucoup d’étudiants que dans les pays qui consomment beaucoup d’énergie**. Dans les pays moins favorisés, les étudiants sont sûrs de se retrouver au chômage, aucune révolution ou changement de régime ne permettra de changer cette donne et de donner des emplois de fonctionnaires pour tous. Dans les temps prochains, même les Etats « riches », déjà endettés, devront dégraisser le mammouth, continuer à réduire le poids de l’éducation nationale comme le poids de tous les autres services publics. Cette évolution a déjà commencé en France.

Jancovici, dans Le changement climatique expliqué à ma fille, nous donne la clé de l’avenir : « Les gens ne comprennent pas qu’en détruisant la planète, on détruit également les conditions de la stabilité et de la prospérité de nos descendants, et que les générations futures, c’est toi, ta classe de collège, et toutes les classes d’enfants du monde. On peut encore éviter le pire. Cela implique d’accepter de ne pas faire des études longues à la fac, mais de devenir agriculteur ou menuisier. »

* LeMonde du 20 mai 2011, questions sociales par Claire Guélaud (le blog du jour)

** Changer le monde, tout un programme de Jean-Marc Jancovici (calmann-lévy, 2011)

Rio 1992-2012 : le procès de l’humanité

En 1992, l’appel d’Heidelberg, faisait pression sur le Sommet brésilien de Rio. Cette pétition, signée par plusieurs dizaines de Nobel, accusait « l’émergence d’une idéologie irrationnelle à l’aube du XXIe siècle qui s’oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social ». Les Nobel opposaient une « écologie scientifique » à une « argumentation pseudo-scientifique » ; ils se gardaient bien de définir précisément ce qui fait science ou non. Ils faisaient acte d’allégeance à la croissance économique ; ces « scientifiques » croyaient pouvoir intervenir dans le domaine économique dont ils étaient souvent dépendants. Ils attaquaient des « mouvements qui ont tendance à se référer au passé » ; cette imbécillité est véhiculée depuis avec le « retour à la bougie » ou « l’âge des cavernes » ! Savaient-ils d’ailleurs, ces Nobel, qu’ils rentraient dans le jeu d’une agence de communication française pour l’industrie pharmaceutique ?
Vingt ans ont passé. Le discours est aujourd’hui très différent. Les écolosceptiques ont perdu du terrain. On découvre même qu’il y a des crimes de l’humanité contre la planète Terre*. Le « procès de l’humanité » s’est ouvert le 19 mai, préparation à la Conférence de l’ONU sur le développement durable à Rio en 2012*. « Il s’agit d’un procès civil pour déterminer si nous avons manqué à notre relation avec la planète » et pour voir « comment nous pouvons restaurer cette relation » Cette réflexion a pris la forme d’un procès car « nous en sommes arrivés à un point où une simple énième réunion avec un énième dialogue n’aurait pas eu d’impact ». L’humanité va donc se juger elle-même en pensant aux générations futures. « Quoi qu’il arrive, l’Histoire nous jugera », a déclaré à la presse le ministre suédois de l’Environnement. Les 18 prix Nobel du jury sont confiants : « Les décideurs vont nous écouter ».
Mais les décideurs politiques sont attentifs à d’autres voix que celle de la raison écologique, celle des électeurs. En ce moment, les députés UMP** ne veulent pas des mesures supplémentaires contrôlant la vitesse des automobilistes. Il faudrait cesser d’emmerder les Français. Quand le Premier ministre en appelle à « assumer ses responsabilités », il essuie une véritable bronca. Que feront alors les députés s’il s’agissait de voter une taxe carbone conséquente ! Or agir contre la vitesse sur route n’est qu’une des décisions à prendre pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Beaucoup de concitoyens ne savent pas encore que la vitesse est un crime contre la planète Terre, ils ne savent pas que leur empreinte écologique est démesurée, insupportable, irrationnelle. Il n’y a pas de « présumé coupable » puisque les dégradations causées par l’activité humaine sont amplement démontrées à l’heure de l’anthropocène. Il nous faut donc plaider coupable, et changer de mode de vie, sobriété énergétique, simplicité volontaire, Nicolas Hulot au pouvoir, etc. Mais scientifiques et politiques renâclent !
* LeMonde du 19 mai, Le procès de l’humanité s’est ouvert à Stockholm.
** LeMonde du 19 mai, La colère des députés UMP contre les décisions du gouvernement sur la sécurité routière.

l’affaire Strauss-Kahn en jugement

L’un des rares écolos des médias, Hervé Kempf*, fait un parallèle entre la démesure consumériste et l’hubris lubrique de DSK. Mais rien n’est dit sur l’origine de cette avidité inextensible. Quelle est la racine psychologique de cette envie irrepressible d’objets, de pouvoir et de femmes ? Pourquoi ce déni des contraintes écologiques ou morales ? L’explication première est le mécanisme de l’interaction spéculaire, en miroir. Je me réalise en échangeant avec autrui des modèles du monde formés par ces échanges. Je me représente la manière dont les autres se représentent les choses et moi-même. L’hypothèse de l’interaction spéculaire nous permet d’enterrer le vieux débat épistémologique sur l’antériorité de l’individu et de la société. L’un et l’autre se forment mutuellement. L’individu soumis à la société de consommation ne se demande pas s’il veut pratiquer la simplicité volontaire, mais seulement s’il le ferait au cas où un certain nombre d’autres le feraient aussi. L’écologie sociale part de ce constat psychologique.

                Ce qui est frappant dans l’affaire Strauss-Kahn, c’est le discours en miroir des socialistes : un parti ressemble à une meute, à une famille soudée autour de sa complicité. Pierre Moscovici considère DSK comme son frère en politique et bien sûr il faut défendre son frère. Jean-Paul Huchon ne monte pas les marches du festival de Cannes « par solidarité avec Dominique Strauss-Kahn ». Jack Lang s’emporte contre le système judiciaire qui « a envie de se payer un français, un Français puissant ».Plusieurs autres leaders socialistes interviennent pour témoigner leur amitié à DSK… Stupéfiant, indécent ! Une tentative de viol n’est presque rien pour eux, l’amitié avant tout. L’hubris lubrique de l’ex-futur président de la République a bien été soutenu implicitement par les protections de sa famille de gauche. L’hubris, lubrique ou non, peut s’exacerber lorsqu’on acquiert un sentiment d’impunité sous le regard complice de son miroir. Le  chef de famille peut-il se limiter quand il est défendu en toutes circonstances par sa famille ? Comme le dit l’avocate féministe Gisèle Halimi « le respect des femmes » devrait « prévaloir sur l’amitié et l’esprit de clan ». Evoquant « la levée de boucliers des amis » de Dominique Strauss-Kahn, elle se dit « déçue par la gauche ».

                Le sens du devoir envers les autres et la biosphère n’advient que pour les esprits libérés de l’esprit de famille, pour des militants libérés du culte du chef, pour des consommateurs libérés de la publicité, pour des travailleurs libérés des objectifs patronaux, pour des chercheurs libérés de l’obligation de l’application technique, pour des professeurs libérés de leur discipline, pour des élèves libérés de leurs écrans, pour des médias libérés de la pression de l’argent, pour des individus libérés de l’interaction spéculaire. C’est seulement à cette condition que nous pouvons échapper à la démesure actuelle d’un système social artificiellement dopée par l’énergie facile, par l’énergie fossile…

 LeMonde du 18 mai 2011, rubrique Ecologie, « Hubris » lubrique

le viol de DSK et la société du spectacle

Tentative de viol ! Après l’immédiateté médiatique véhiculée par Internet vient l’amplification par les journaux papiers. Dans LeMonde du 17 mai 2011, l’affaire Dominique Strauss-Kahn  fait l’objet de l’éditorial, de 7 pages supplémentaires journalistiques, d’une page débat. Si on y ajoute la rubrique écran (DSK contre NYPD) et l’analyse de Gérard Courtois, que reste-il à lire du reliquat de l’actualité ? Trois pages pour le Festival de Cannes, des rogatons pour tout le reste. C’est ainsi, c’est la « société du spectacle ». Notre nouvelle organisation technicienne crée en abondance des images et des leurres comme  compensations mensongères à notre aliénation collective. Comme l’exprime Guy Debord  dans Commentaires sur la société du spectacle (1988) :

« La possession d’un « statut médiatique » a pris une importance infiniment plus grande que la valeur de ce que l’on est capable de faire réellement. Ne passent que rarement, et par brèves saccades, les nouvelles véritablement importantes sur ce qui change effectivement. Entre 1967 et 1988, le changement qui a le plus d’importance réside dans la continuité même du spectacle. Mac Luhan parlait de « village planétaire », si instamment accessible à tous sans fatigue. Mais les villages ont toujours été dominés par le  conformisme, l’isolement, les ragots toujours répétés. La pollution des océans et la destruction des forêts équatoriales menacent le renouvellement de l’oxygène de la Terre. Le spectacle conclut seulement que c’est sans importance. »      

                Dans LeMonde du 17 mai 2011, il y a quand même une page Planète qui insiste sur la sécheresse en France. Il  faudra s’adapter au réchauffement climatique, dit notre ministère, c’est-à-dire réduire notre consommation d’eau. Mais pour l’instant, les agriculteurs peuvent continuer à pomper. La sécheresse, c’est sans importance, parlons de DSK !