Mois : janvier 2015

L’appel au sabotage relève de la liberté d’expression

L’action contre les grands travaux inutiles coûte cher. Le tribunal de Turin a condamné, mardi 27 janvier, 47 militants opposés aux travaux de construction de la ligne de TGV devant relier Turin à Lyon à l’horizon 2030 à des peines qui varient d’une amende de 250 euros à un maximum de 4 ans et demi de prison*. Un procès s’ouvre le 28 janvier devant le même tribunal contre Erri De Luca qui a pris fait et cause pour les militants du « No TAV ».
Voici ce qu’a dit ou écrit l’écrivain italien Erri De Luca :
« Le Lyon-Turin doit être saboté. C’est pour ça que les cisailles étaient nécessaires. Il ne s’agit pas de terrorisme. Elles sont nécessaires pour faire comprendre que la ligne à grande vitesse est un ouvrage nuisible et inutile. Le dialogue avec le gouvernement a échoué, les tentatives de médiation ont échoué : il ne reste donc que le sabotage ».
« Du moment que je suis poursuivi pour avoir incité à commettre des délits, j’aimerais bien savoir quels sont ces délits et qui sont les personnes incitées. Mais je serai déçu, car les témoins contre moi qui seront présents au tribunal, un fonctionnaire de la préfecture de police et des représentants de la LTF, ne seront pas capables de me donner une réponse ».
« On m’accuse d’un délit d’opinion. Il s’agit d’un procès issu d’une plainte déposée par une société privée qui n’aurait pas dû être prise en compte par les magistrats. Je crains donc qu’il y aura une volonté de condamnation et de censure contre la liberté d’expression ».
« être inculpé de résistance, c’est comme obtenir une médaille de la valeur civile ».
« Il y a certainement des limites à la liberté d’expression, qui sont imposées par la loi. Il s’agit de la calomnie et de la diffamation. Mais je ne suis coupable ni de calomnie, ni de diffamation. Je me suis exprimé librement contre le projet et j’ai exprimé mon soutien à la population du Val de Suse, qui est opprimée par cet ouvrage et par l’occupation militaire de la vallée ».
« Si mon opinion est un délit, je vais continuer à le commettre. Je subis un abus de la part de ceux qui veulent détruire ma liberté d’expression. Moi, au pire, je peux être coupable d’incitation à la lecture, et, en étant optimiste, d’incitation à la formation d’opinion. Je ne suis qu’un écrivain. L’alpiniste Reinhold Messner faisait de l’incitation à l’escalade, mais on ne peut pas le considérer responsable des morts en montagne ! Même la Marseillaise dit ‘Aux armes citoyens’, mais je ne crois pas que cela scandalise les Français ».
« Si je suis condamné, j’irai en taule, mais dans ma carrière et dans ma vie j’ai défendu à de nombreuses reprises les mots des autres. Je suis bien entraîné, et je vais défendre aussi les miens ».**
Lors du mouvement luddite de bris des machines au début du XIXe siècle, une loi avait permis la peine de mort contre de tels actes. A partir de ce moment, les machines et leurs infrastructures ont acquis la prépondérance sur la vie humaine et la liberté de résister à cette mégamachine. Cette situation est-elle tolérable ?
* LE MONDE du 29 janvier 2015, Italie : lourdes peines pour des opposants au TGV Lyon-Turin
** http://www.reporterre.net/Erri-De-Luca-On-m-accuse-de-delit

L’homme est aussi un monstre doté parfois d’empathie

Le Parlement a reconnu aux animaux la qualité symbolique d’« êtres vivants doués de sensibilité » dans un projet de loi de modernisation et de simplification du droit adopté définitivement mercredi 28 janvier. Le problème, c’est que cette très légère avancée du statut de animaux n’est pas reconnu comme tel par une bonne moitié des intervenants sur lemonde.fr*. L’anthropocentrisme domine encore les esprits. Voici un florilège des commentaires :
Philémon Frog : L’analyse de l’opposition : après la reconnaissance de l’animal comme être vivant doué de sensibilité, la prochaine étape sera la remise en cause de l’élevage, au moins dans ses conditions actuelles. Mais on croirait là entendre les esclavagistes du 18ème niant l’humanité des Africains pour en faire des bêtes de somme ! Il est vain de nier une réalité : nous bouffons des êtres sensibles et ça pose un problème éthique. Pour ma part, je l’ai réglé pour les mammifères (exclus de ma table).
Paix verte : Tout ça c’est n’importe quoi. Ici « animaux » ne veut rien dire. Nous sommes des animaux. Et par ailleurs comment comparer un chimpanzé, un dauphin ou un éléphant avec un moucheron par exemple ?
Philippe Fritsch : Les Amérindiens s’excusent auprès du bouleau dont ils prélèvent l’écorce pour construire leur canoë. Que feraient-ils sans le canoë ?
Annie C : Manifestement les Députés de gauche n’ont rien d’autre à faire! Et les chômeurs, ils sont dotés de sensibilité ? A quand le droit de vote pour ma chatte?
Taxalot : Annie, avez-vous conscience que l’on peut s’occuper à la fois du chômage, de la police, et du droit des animaux ? Avez-vous simplement en tête que le personnel s’occupant de l’un et de l’autre est généralement différent ? Peut-être faut-il effectivement le droit de vote à certaines bêtes, et le retirer à certains humains. Le résultat serait sensiblement équivalent, voire meilleur.
L’Ami Fritz : Par conséquent mes vaches et mes brebis deviennent des êtres vivants et sensibles, et bien entendu aussi le loup et l’ours, non moins sensibles car non domestiqués. Il reste cependant à nos parlementaires à se prononcer rapidement sur les géraniums, il y a urgence à les protéger des nombreux traitements « inhumains » qu’on leur inflige.
Philippe Fritsch : Les humains ne sont pas seuls au monde. Il fallait de toute évidence le rappeler.
Képhalos : J’adore l’expression “officiellement » doués de sensibilité. Cela dit bien à quel point cela relève d’une décision purement factice et conventionnelle, soumise aux exigences d’une société civile qui ne sait plus où donner de la sensiblerie. En tout cas je ne manquerai pas de notifier leur nouveau statut officiel à mes souris domestiques par voie d’affichettes placées à côté des pièges. Elles mourront en jouissant de leur nouvelle dignité.
Sergio : Les animaux sont assurément « doués de sensibilité ». Ce qui est surtout extraordinaire est plutôt qu’ils aient été considérés comme des « biens meubles » jusqu’à présent, et qu’il ait fallu attendre 2015 pour qu’un fait indéniable soit reconnu par l’Etat.
Lolodu76 : Ah c’est une bonne nouvelle, je vais enfin arrêter de ranger mon chat au placard quand je ne m’en sers pas. Quand leur reconnaîtra-t-on la capacité d’intelligence ? Elle est par exemple absolument criante chez certains oiseaux comme le corbeau.
Uchronik451 : Même le ver de terre est intelligent d’après un livre édifiant de Darwin. La seule certitude est que l’Homme est un monstre doué d’empathie…
Luky : Les animaux sont des choses. Point barre.
Raphaël C : Ah, le « point barre », par lequel les non-pensants tentent de clore un débat qu’ils sont incapables de tenir…
* Le Monde.fr | 28.01.2015, Les animaux sont désormais officiellement « doués de sensibilité »

L’homme est aussi un monstre doté parfois d’empathie

Le Parlement a reconnu aux animaux la qualité symbolique d’« êtres vivants doués de sensibilité » dans un projet de loi de modernisation et de simplification du droit adopté définitivement mercredi 28 janvier. Le problème, c’est que cette très légère avancée du statut de animaux n’est pas reconnu comme tel par une bonne moitié des intervenants sur lemonde.fr*. L’anthropocentrisme domine encore les esprits. Voici un florilège des commentaires :
Philémon Frog : L’analyse de l’opposition : après la reconnaissance de l’animal comme être vivant doué de sensibilité, la prochaine étape sera la remise en cause de l’élevage, au moins dans ses conditions actuelles. Mais on croirait là entendre les esclavagistes du 18ème niant l’humanité des Africains pour en faire des bêtes de somme ! Il est vain de nier une réalité : nous bouffons des êtres sensibles et ça pose un problème éthique. Pour ma part, je l’ai réglé pour les mammifères (exclus de ma table).
Paix verte : Tout ça c’est n’importe quoi. Ici « animaux » ne veut rien dire. Nous sommes des animaux. Et par ailleurs comment comparer un chimpanzé, un dauphin ou un éléphant avec un moucheron par exemple ?
Philippe Fritsch : Les Amérindiens s’excusent auprès du bouleau dont ils prélèvent l’écorce pour construire leur canoë. Que feraient-ils sans le canoë ?
Annie C : Manifestement les Députés de gauche n’ont rien d’autre à faire! Et les chômeurs, ils sont dotés de sensibilité ? A quand le droit de vote pour ma chatte?
Taxalot : Annie, avez-vous conscience que l’on peut s’occuper à la fois du chômage, de la police, et du droit des animaux ? Avez-vous simplement en tête que le personnel s’occupant de l’un et de l’autre est généralement différent ? Peut-être faut-il effectivement le droit de vote à certaines bêtes, et le retirer à certains humains. Le résultat serait sensiblement équivalent, voire meilleur.
L’Ami Fritz : Par conséquent mes vaches et mes brebis deviennent des êtres vivants et sensibles, et bien entendu aussi le loup et l’ours, non moins sensibles car non domestiqués. Il reste cependant à nos parlementaires à se prononcer rapidement sur les géraniums, il y a urgence à les protéger des nombreux traitements « inhumains » qu’on leur inflige.
Philippe Fritsch : Les humains ne sont pas seuls au monde. Il fallait de toute évidence le rappeler.
Képhalos : J’adore l’expression “officiellement » doués de sensibilité. Cela dit bien à quel point cela relève d’une décision purement factice et conventionnelle, soumise aux exigences d’une société civile qui ne sait plus où donner de la sensiblerie. En tout cas je ne manquerai pas de notifier leur nouveau statut officiel à mes souris domestiques par voie d’affichettes placées à côté des pièges. Elles mourront en jouissant de leur nouvelle dignité.
Sergio : Les animaux sont assurément « doués de sensibilité ». Ce qui est surtout extraordinaire est plutôt qu’ils aient été considérés comme des « biens meubles » jusqu’à présent, et qu’il ait fallu attendre 2015 pour qu’un fait indéniable soit reconnu par l’Etat.
Lolodu76 : Ah c’est une bonne nouvelle, je vais enfin arrêter de ranger mon chat au placard quand je ne m’en sers pas. Quand leur reconnaîtra-t-on la capacité d’intelligence ? Elle est par exemple absolument criante chez certains oiseaux comme le corbeau.
Uchronik451 : Même le ver de terre est intelligent d’après un livre édifiant de Darwin. La seule certitude est que l’Homme est un monstre doué d’empathie…
Luky : Les animaux sont des choses. Point barre.
Raphaël C : Ah, le « point barre », par lequel les non-pensants tentent de clore un débat qu’ils sont incapables de tenir…
* Le Monde.fr | 28.01.2015, Les animaux sont désormais officiellement « doués de sensibilité »

Faites connaissance avec les écologistes de rupture

La sensibilité « Avenir-Ecolo » veut rassembler les tenants de l’écologie radicale au sein de l’écologie politique. Il a toujours été présent chez les Verts sous des dénominations diverses lors des Congrès : « Ecolo ! » était à 22,47 % en 2002, « Ecolo, réaliser l’écologie » était à 19,87 % en 2004, « Urgence Ecolo » était à 16,36 % en 2006, « Urgence Ecolo ! Urgence sociale ! » était à 14,33 % en 2008. Et puis… disparition du pôle écologiste ! En août 2011, à la veille des JDE (Journées d’été) de Clermont-Ferrand, Alexandre Jurado avait appelé à relancer la sensibilité. En résumé :
« Nous voulons construire une écologie décomplexée et autonome. Avenir Ecolo s’incarne dans le refus sans concession des politiques consuméristes de droite comme de gauche. Nous refusons l’entente tacite de nos responsables avec la sociale-démocratie, pour minorer les conséquences de l’urgence signifiée par la crise de 2008 liée au pic pétrolier. Ce que nous voulons c’est l’articulation entre le peuple, tout le peuple, et l’écologie. Il n’est pas possible de considérer la nature comme « autre », comme fondamentalement « extérieure » à l’humanité. Nous sommes en état d’urgence, il faut donner priorité à la préservation des bases vitales et à l’équité, ce qui devrait permettre d’éviter des guerres. Nous portons politiquement l’idée d’une décroissance nécessaire de notre empreinte écologique. »
Depuis AE est devenu un mouvement structuré. Il y a un porte-parole, une coordination élue, un site Internet, plusieurs listes d’échange. Des membres d’AE militent dans les commission thématiques d’EELV, en particulier dans la commission « Nature et environnement ». Avenir Ecolo a déposé pour la première fois une motion d’orientation au congrès EELV de 2014 à Caen. L’éclatement de l’écologie radicale entre AE (6,3 %), La Motion Participative (20,6 %) et Objectif Terre (3,5 %) n’a pas permis de faire basculer le congrès. S’il y avait eu recherche d’unité sincère et véritable, l’écologie de rupture aurait sans doute pu faire l’arbitrage contre Cap (38,3 %), « le syndicat des élus » autour de Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé. Avenir Ecolo est désormais représenté au sein d’EELV par Alexandre Jurado au BE (bureau exécutif) et par de nombreux conseillers fédéraux. Le pôle écologique existe au sein d’EELV. C’est la seule voie possible entre Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé. Cécile et JVP se sont récemment éloignés l’un de l’autre avec des stratégies différentes pour conforter leurs ambitions respectives. Cécile voudrait une union des gauches radicales, JVP continue de soutenir le social-libéralisme de François Hollande. Avenir Ecolo veut une écologie politique qui soit vraiment écologiste, cette sensibilité voudrait l’unité d’EELV autour de cette thématique.

pour contacter Avenir Ecolo :

http://www.avenir-ecolo.fr/index.php/nous-contacter/
Pour consulter leur dernier bulletin d’information :
http://www.avenir-ecolo.fr/index.php/2015/01/bulletin-n11-janvier-2015/

D’une définition de l’écocide à une application pénale

En Inde, en Chine ou à Madagascar, LE MONDE* a traqué cinq écocides, des crimes contre la nature. Le premier volet est consacré au bolabola, l’arbre qui saigne, le bois de rose. Les termes sont forts, « écocide » à l’image du génocide, « crimes contre la nature ». Mais le droit pénal contre la criminalité environnementale est encore dans ses limbes. Un colloque dans l’auditorium du MONDE aura lieu le mercredi 11 février et devrait déboucher sur 35 propositions juridiques qui sera remis à la garde des sceaux, Christiane Taubira. Il s’agit de formaliser deux projets de conventions internationales destinées à faire bouger l’arsenal juridique mondial
En avril 2010, l’avocate Polly Higgins a déposé officiellement le concept d’écocide auprès de la commission des lois des Nations unies. Son idée : en faire le cinquième crime international contre la paix, qui comprend déjà le génocide, le crime contre l’humanité, le crime d’agression et le crime de guerre. La définition de l’écocide : « Des dommages extensifs ou la destruction d’un écosystème d’un territoire donné ». Depuis le professeur de droit Laurent Neyret a théorisé ce concept. Reste la mise en pratique, le plus difficile. Tant qu’une clientèle acceptera de payer le kilo de poudre de corne de rhinocéros 70 000 dollars (soit deux fois et demie plus cher qu’un kilo de cocaïne, 28 000 dollars), il y aura toujours des trafiquants pour abattre cet animal, même si c’était le dernier de son espèce. « High profit, low risk » ! Si vous êtes pris avec un kilo de cocaïne aux Etats-Unis, vous pouvez écoper de dix ans, avec un kilo de poudre de rhinocéros, vous risquez un an. Le Programme des Nations unies pour l’environnement vient d’annoncer que 100 000 éléphants avaient été tués en Afrique depuis trois ans pour leurs défenses. Le chiffre d’affaires du commerce illégal de bois est estimé entre 30 et 100 milliards de dollars. La pêche illégale rapporte aujourd’hui 23 milliards de dollars par an.
Pour en lire plus sur la destruction de la nature :
2012 Sommes-nous tous voués à disparaître ? d’Eric Buffetaut
2012 La grande amnésie écologique de Philippe J. Dubois
2011 Plus un poisson d’ici 30 ans ? (surpêche et désertification des océans) de Stephan Beaucher
2010 philosophie de la biodiversité (petite éthique pour une nature en péril) de Virginie Maris
2006 Un éléphant dans un jeu de quilles de Robert Barbault
2004 Vers l’ultime extinction de Philippe Dubois
1965 Avant que nature meure de Jean Dorst
1949 La planète au pillage de Fairfield Osborn
N’attendez pas de la lente évolution de la loi et de ses applications encore plus vacillantes une solution à la chute de la biodiversité. Engagez-vous personnellement dans une association de protection de la nature.
* LE MONDE du 25-26 janvier 2015, Sur la piste des mafias de l’environnement

L’écologie politique est-elle compatible avec Syriza ?

Victoire historique de la gauche radicale en Grèce. Les projections en siège donnent au parti d’Alexis Tsipras entre 149 et 151 sièges ce dimanche 25 janvier. Mais il ne suffit pas d’un slogan, « Le temps de la gauche est arrivé ! » pour gouverner un pays. La France avait aussi connu en 1981 l’euphorie d’une victoire de la gauche avec l’élection de Mitterrand. Deux à trois ans plus tard, Mitterrand mettait en place le tournant de la rigueur. Que disent les écologistes aujourd’hui ?
Cécile Duflot, députée EELV (Europe Ecologie-Les Verts) avait participé le lundi 19 janvier au meeting de soutien à Syriza aux côtés des deux chefs de file du Front de gauche et de socialistes « frondeurs »*. Les Grecs de Syriza ont fait de la lutte contre la rigueur budgétaire leur mantra. Cécile Duflot leur emboîte le pas ! Alexis Tsipras, qui dirige le nouveau parti Syriza, écrit dans LE MONDE : « Nous devons mettre un terme à l’austérité afin de ne pas laisser la peur venir à bout de la démocratie… nous ferons en sorte d’assurer une croissance durable dans le contexte d’une économie sociale de marché… Nous appelons à la tenue d’une conférence européenne sur la dette qui devra donner un coup d’accélérateur à la croissance… (24 janvier 2015, l’austérité ne sert qu’à faire progresser l’extrême droite) » En fait Alexis Tsipras n’est pas très éloigné du dirigeant social-démocrate français François Hollande. Tous les deux sont contre l’austérité et pour la croissance économique. Mais les écologistes sont-ils vraiment pour la croissance à crédit menée depuis trop longtemps par les gouvernements successifs de presque tous les pays de l’Union Européenne ? Les écologistes sont-ils partisan de la croissance économique sur une planète déjà dévastée par la croissance économique ? Comment faire confiance au programme de Syriza qui veut l’électricité gratuite pour 300 000 familles, la réduction des taxes sur le fioul domestiques, la boulimie énergétique ?
En définitive, le soutien affiché de Syriza par Cécile Duflot n’est que la devanture de son virage gauchisant pour essayer de relancer sa propre image médiatique. Mais les choses ne sont pas si simples à l’intérieur du mouvement écologiste. D’un côté une majorité du conseil fédéral d’EELV s’est prononcé le 17 janvier en faveur d’un soutien à Syriza. De l’autre une bonne partie des parlementaires écologistes autour de Jean-Vincent Placé souhaite continuer à travailler de concert avec le gouvernement socialiste, donc soutient son virage vers le social-libéralisme. D’un côté il y a un retour au gauchisme d’antan pour essayer de valider la future candidature de Duflot à la présidentielle, de l’autre des opportunistes qui veulent conserver leurs places d’élus ou gagner une place de ministre auprès des socialistes.
Plus à gauche de la gauche ou plus social-libéral ? Le culte médiatique des figures emblématiques d’un mouvement (Duflot et Placé) fait oublier qu’il reste toujours au sein d’EELV des écologistes radicaux qui ne veulent ni d’une alliance avec un parti productiviste (le PS), ni d’une posture de revendications populistes. Il est significatif que Marine Le Pen souhaitait la victoire de Syriza**. La dirigeante du Front national ajoutait d’ailleurs avec amusement, que dans les pays comme l’Espagne et la Grèce où « il n’y a pas d’équivalent au Front national, c’est l’extrême gauche qui prend notre place ». La véritable question qu’il faut se poser : où est l’écologie lors d’une élection quelconque, en Grèce ou ailleurs ? S’il n’y a pas un mot sur le respect de la nature, la diminution des gaz à effet de serre, la réduction des besoins énergétiques, le soutien à un agriculture de proximité, la critique du productivisme, la volonté d’une sobriété partagée … ce n’est que court-termisme et déni des réalités biophysiques.
* LE MONDE du 21 janvier 2015, la « gauche Syriza » s’ébauche en France
** Le Monde.fr | 20.01.2015, Marine Le Pen : « Oui, nous espérons la victoire de Syriza »

Pourquoi n’interdirait-on pas le portable à l’école ?

On a bien interdit de fumer à l’école, pourquoi n’interdirait-on pas le portable à l’école ? Ce débat se retrouve dans LE MONDE*, nous avons confronté les pour et les contre journalistiques pour en tirer ensuite quelques conclusions.
Contre le portable : Le maire de New York, Michael Bloomberg, a interdit en 2005 les téléphones mobiles dans les écoles publiques de New York.
Pour le portable : Le maire de New York, Bill de Blasio, a autorisé en 2015 les téléphones portables à l’école : « Nous avons actuellement une politique qui fait qu’il est impossible pour les parents de communiquer avec leurs enfants. Qui a mis ces enfants au monde ? Les parents. Qui est, en premier lieu, responsable de leur sécurité et de leur bien-être ? Les parents. »
Contre : « Et avant l’invention du portable, les parents étaient quoi ? Irresponsables ? »
Pour : « Ma fille utilise son smartphone pour télécharger des e-books, faire ses devoirs, envoyer des courriels à ses professeurs. »

Contre : « Pourquoi les professeurs devraient-ils entrer en compétition avec les smartphones pour obtenir l’attention de leurs élèves ? » ; « Les smartphones servent avant tout à utiliser Facebook ou à jouer à Candy Crush. »

Pour : « On perd son temps à se battre contre la technologie, plutôt que d’aider les élèves à l’utiliser de façon efficace et responsable. »
Contre : « Même si l’on met de côté les questions de harcèlement sur Internet, de tricherie et de source de distraction en général dont les téléphones portables sont complices, les enfants passent déjà la plupart de leur temps d’éveil à regarder des écrans. Ne devrions-nous pas essayer de préserver certains espaces à l’école pour développer d’autres compétences précieuses, telles que la communication avec les autres et la socialisation ? »

En fait le journaliste et technophile Stéphane Lauer se centre sur le business du gardiennage des portables qui impacte le budget des familles modestes. Comme si les élèves n’étaient pas capables de laisser leur portable chez eux. Il est vrai que la nomophobie (no mobile phobia), terme qui désigne la peur panique de ne pas avoir son téléphone portable à portée de main devient à la mode. Mais pourquoi aurions-nous besoin d’une médiation électronique pour communiquer entre parents et enfants ? Le portable est typique d’un système d’innovation qui consiste à vendre les remèdes aux maux causés par les innovations précédentes, un monde qui atomise chacun de nous et qui morcelle nos vies, y compris familiales. Vous ne parlez plus à vos parents à cause de la télévision et de l’ordinateur ? Téléphonez-leur ! Nous avons besoin de l’apparition d’une génération qui refuse le portable et tous les gadgets électroniques qui, sous une apparence ludique, pourrissent notre relation à l’autre.
Au delà des considérations psychologiques, c’est aussi l’écologie qui condamne le portable. Le téléphone portable est un concentré de nuisances. D’abord à cause de sa puce. Pour fabriquer une puce de 2 grammes, cela nécessite 1,7 kilos d’énergie fossile, 1 mètre cube d’azote, 72 grammes de produits chimiques et 32 litres d’eau. Ce n’est pas tout, votre téléphone a aussi besoin de condensateurs en coltan (colombo-tantalite), un minerai malléable, résistant à la chaleur et à la corrosion. Celui-ci est extrait notamment en République démocratique du Congo, au centre d’une guerre pour le contrôle des ressources qui a tué plus de 3,5 millions de personnes depuis 1998. Bilan de l’activité des mines de Coltan : saccage des forêts et des cours d’eau, massacres d’animaux, en particulier les derniers gorilles des plaines. De plus, les champs électromagnétiques générés par les antennes des portables provoquent indirectement des ruptures dans les brins d’ADN des cellules humaines. Les ondes interfèrent aussi avec les ondes alpha et delta du cerveau. Enfin les téléphones jetés après usage concentrent un mélange complexe de composants particulièrement toxiques. Rentabilité oblige, les portables ont été mis sur le marché sans que des études préalables de nuisance aient été faites… Lisez « La tyrannie technologique » !
* LE MONDE du 23 janvier 2015, Le téléphone portable fait son retour dans les écoles new-yorkaises

La fécondité des Françaises est sur le mauvais chemin

LE MONDE est nataliste. Ainsi le contenu de cet article* que nous résumons : « Hantés par le spectre de la dépopulation, des experts venus de Corée et du Japon sont à la recherche de la recette magique qui fait de la France la championne d’Europe de la fécondité en affichant un indicateur conjoncturel de fécondité de 2,01. En effet le taux de natalité des Vingt-Huit s’est effondré, il est tombé à 1,58 enfant par femme. Les gouvernements français se comportent en « bons pères de famille », selon l’expression de Laurent Toulemon, démographe à l’INED. Dans les pays qui sont en pleine santé démographique comme la France, les femmes participent pleinement au marché du travail. Dans l’Hexagone, les politiques familiales sont généreuses : elles représentent plus de 3,5 % du produit intérieur brut. Aux avantages financiers (allocations familiales, réductions fiscales pour les parents) se sont ajoutées des structures d’accueil pour la petite enfance et des écoles maternelles. Lorsque les services d’accueil des tout-petits sont nombreux et accueillants, la natalité se porte bien. Aujourd’hui en France, un enfant sur deux de moins de 3 ans bénéficie d’une place dans un système d’accueil. »
Mais quand peut-on dire vraiment que « la natalité se porte bien ». La journaliste Anne Chemin ne se pose jamais cette question, pour elle la France est « en pleine santé démographique ». Pourquoi privilégier encore les familles nombreuses au détriment des familles nullipares ou avec enfant unique ? La France est passé de 39 millions d’habitants en 1944 à 65 millions aujourd’hui. Il faudrait s’interroger sur la capacité de charge du territoire français. Sans exploitation de l’ensemble des ressources de la planète, la France est-elle encore capable de fournir suffisamment d’énergie, de métaux et de nourriture pour 65 millions de personnes ? Les autres indices de surpeuplement sont nombreux : taux de chômage officiel, chômage caché, empilement dans des immeubles, embouteillages monstres, consommation d’anxiolytiques, accaparement des terres agricoles pour les commodités humaines, une densité par superficie agricole utile qui explose, perte de biodiversité, etc. Notre niveau de vie moyen, s’il était généralisé au monde entier, nécessiterait l’usage de plusieurs planètes… que nous n’avons pas !
La population française s’accroît encore au rythme annuel d’environ 0,5 %. Une baisse de la fécondité en France nous semble préférable, ce sont les autres pays d’Europe qui nous montrent la bonne voie, malthusienne. Albert Jacquard faisait remarquer qu’avec ce taux d’accroissement de 0,5 %, la population humaine, qui était d’environ 250 millions il y a deux mille ans, serait de 5000 milliards aujourd’hui. Si vous ne voulez pas de cette perspective, vous pouvez adhérer à l’association « Démographie responsable ».
* LE MONDE CULTURE ET IDEES du 24 janvier 2015, La fécondité « made in France »

La fécondité des Françaises est sur le mauvais chemin

LE MONDE est nataliste. Ainsi le contenu de cet article* que nous résumons : « Hantés par le spectre de la dépopulation, des experts venus de Corée et du Japon sont à la recherche de la recette magique qui fait de la France la championne d’Europe de la fécondité en affichant un indicateur conjoncturel de fécondité de 2,01. En effet le taux de natalité des Vingt-Huit s’est effondré, il est tombé à 1,58 enfant par femme. Les gouvernements français se comportent en « bons pères de famille », selon l’expression de Laurent Toulemon, démographe à l’INED. Dans les pays qui sont en pleine santé démographique comme la France, les femmes participent pleinement au marché du travail. Dans l’Hexagone, les politiques familiales sont généreuses : elles représentent plus de 3,5 % du produit intérieur brut. Aux avantages financiers (allocations familiales, réductions fiscales pour les parents) se sont ajoutées des structures d’accueil pour la petite enfance et des écoles maternelles. Lorsque les services d’accueil des tout-petits sont nombreux et accueillants, la natalité se porte bien. Aujourd’hui en France, un enfant sur deux de moins de 3 ans bénéficie d’une place dans un système d’accueil. »
Mais quand peut-on dire vraiment que « la natalité se porte bien ». La journaliste Anne Chemin ne se pose jamais cette question, pour elle la France est « en pleine santé démographique ». Pourquoi privilégier encore les familles nombreuses au détriment des familles nullipares ou avec enfant unique ? La France est passé de 39 millions d’habitants en 1944 à 65 millions aujourd’hui. Il faudrait s’interroger sur la capacité de charge du territoire français. Sans exploitation de l’ensemble des ressources de la planète, la France est-elle encore capable de fournir suffisamment d’énergie, de métaux et de nourriture pour 65 millions de personnes ? Les autres indices de surpeuplement sont nombreux : taux de chômage officiel, chômage caché, empilement dans des immeubles, embouteillages monstres, consommation d’anxiolytiques, accaparement des terres agricoles pour les commodités humaines, une densité par superficie agricole utile qui explose, perte de biodiversité, etc. Notre niveau de vie moyen, s’il était généralisé au monde entier, nécessiterait l’usage de plusieurs planètes… que nous n’avons pas !
La population française s’accroît encore au rythme annuel d’environ 0,5 %. Une baisse de la fécondité en France nous semble préférable, ce sont les autres pays d’Europe qui nous montrent la bonne voie, malthusienne. Albert Jacquard faisait remarquer qu’avec ce taux d’accroissement de 0,5 %, la population humaine, qui était d’environ 250 millions il y a deux mille ans, serait de 5000 milliards aujourd’hui. Si vous ne voulez pas de cette perspective, vous pouvez adhérer à l’association « Démographie responsable ».
* LE MONDE CULTURE ET IDEES du 24 janvier 2015, La fécondité « made in France »

L’écologie trouve place dans le dernier CHARLIE HEBDO

Il est rare que Charlie Hebdo parle d’écologie, dommage. Dans le dernier numéro, après que l’équipe rédactionnelle ait été massacrée en grande partie par des « Fous de dieu », un article de Fabrice Nicolino, qui a été lui aussi criblé de balles et se trouve encore à l’hôpital, sous morphine, nous interpelle. En voici un résumé :

« Il n’y a plus d’ailleurs. Et voilà pourquoi mon site Internet s’appelle Planète sans visa. La planète est devenue une banlieue où s’entassent les peuples. L’homme, devenu un agent géologique de première puissance, a inventé l’anthropocène. Ce site parle donc de la crise écologique, à ma manière. Sans concessions, sans inutiles précautions, sans vain respect pour les hommes et les institutions qui ne le méritent pas. Car il se passe un événement si considérable, tellement inédit, à ce point stupéfiant que la pensée refuse de l’admettre : nous sommes les contemporains de l’anéantissement de la vie. De la destruction des conditions de vie de l’humanité. De l’asservissement des autres êtres vivants à notre bon plaisir imbécile. D’une crise d’extinction des espèces comme la planète n’en a pas connu depuis la fin des dinosaures, voici 65 millions d’années. Je pense qu’il faut marquer au plus vite une rupture complète avec notre manière de penser la société. Il nous reste peu de temps pour imaginer un avenir qui ne soit pas de guerre et d’affrontements majeurs. Le rêve des droits de l’homme, né en France autour de 1789, atteint sous nos yeux ses limites. L’individu n’a pas, ne peut plus, ne doit en aucune manière avoir tous les droits que lui reconnaissent, pour le plus grand profit des marchands, la publicité et la propagande. Nous devons travailler ensemble à une Déclaration universelle des devoirs de l’homme. Car l’homme a désormais la responsabilité de protéger et de sauvegarder ce qui peut l’être encore. Les plantes et les arbres. Les singes et les colibris. Les fleuves et les pierres. Le vent et les abysses. Sans nous oublier nous-mêmes… »*

Fabrice Nicolino a eu « Le président de la République au bout du fil » le 19 janvier vers 15h45 ! Voici en bref ce qu’il en  dit : « Comment a-t-il été ? Parfait, en vérité. Je n’ai pas de raison de douter de la sincérité de François Hollande, ni de l’empathie manifestée pour nous autres, les victimes. Mais comment dire ? J’avais la tête ailleurs, car vous savez mon obsession : la tragédie écologique planétaire, qui menace tant de formes de vie, dont la nôtre. Avais-je le droit de passer mon tour ? Bien sûr que non. Je lui ai dit : « Vous avez encore une minute ? ». Et j’ai ajouté : « Je crois que vous-même, votre gouvernement, les hauts responsables de l’État et des administrations centrales êtes dramatiquement sous-informés de l’état réel, planétaire, des écosystèmes. Avec tout le respect que je vous dois. » J’ai un petit peu développé, insistant sur les inévitables conséquences de cette crise multiforme sur cette France qu’il préside. Et comme il me fallait être « positif », j’ai indiqué qu’il fallait à mon sens créer un instrument adapté (…) François Hollande n’a pas hésité, et il m’a répondu : « Venez donc me voir quand vous serez sur pied » (…) »**

* Charlie Hebdo n° 1778, 14 janvier 2015, 3 euros

** http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1865

L’écologie trouve place dans le dernier CHARLIE HEBDO

Il est rare que Charlie Hebdo parle d’écologie, dommage. Dans le dernier numéro, après que l’équipe rédactionnelle ait été massacrée en grande partie par des « Fous de dieu », un article de Fabrice Nicolino, qui a été lui aussi criblé de balles et se trouve encore à l’hôpital, sous morphine, nous interpelle. En voici un résumé :

« Il n’y a plus d’ailleurs. Et voilà pourquoi mon site Internet s’appelle Planète sans visa. La planète est devenue une banlieue où s’entassent les peuples. L’homme, devenu un agent géologique de première puissance, a inventé l’anthropocène. Ce site parle donc de la crise écologique, à ma manière. Sans concessions, sans inutiles précautions, sans vain respect pour les hommes et les institutions qui ne le méritent pas. Car il se passe un événement si considérable, tellement inédit, à ce point stupéfiant que la pensée refuse de l’admettre : nous sommes les contemporains de l’anéantissement de la vie. De la destruction des conditions de vie de l’humanité. De l’asservissement des autres êtres vivants à notre bon plaisir imbécile. D’une crise d’extinction des espèces comme la planète n’en a pas connu depuis la fin des dinosaures, voici 65 millions d’années. Je pense qu’il faut marquer au plus vite une rupture complète avec notre manière de penser la société. Il nous reste peu de temps pour imaginer un avenir qui ne soit pas de guerre et d’affrontements majeurs. Le rêve des droits de l’homme, né en France autour de 1789, atteint sous nos yeux ses limites. L’individu n’a pas, ne peut plus, ne doit en aucune manière avoir tous les droits que lui reconnaissent, pour le plus grand profit des marchands, la publicité et la propagande. Nous devons travailler ensemble à une Déclaration universelle des devoirs de l’homme. Car l’homme a désormais la responsabilité de protéger et de sauvegarder ce qui peut l’être encore. Les plantes et les arbres. Les singes et les colibris. Les fleuves et les pierres. Le vent et les abysses. Sans nous oublier nous-mêmes… »*

Fabrice Nicolino a eu « Le président de la République au bout du fil » le 19 janvier vers 15h45 ! Voici en bref ce qu’il en  dit : « Comment a-t-il été ? Parfait, en vérité. Je n’ai pas de raison de douter de la sincérité de François Hollande, ni de l’empathie manifestée pour nous autres, les victimes. Mais comment dire ? J’avais la tête ailleurs, car vous savez mon obsession : la tragédie écologique planétaire, qui menace tant de formes de vie, dont la nôtre. Avais-je le droit de passer mon tour ? Bien sûr que non. Je lui ai dit : « Vous avez encore une minute ? ». Et j’ai ajouté : « Je crois que vous-même, votre gouvernement, les hauts responsables de l’État et des administrations centrales êtes dramatiquement sous-informés de l’état réel, planétaire, des écosystèmes. Avec tout le respect que je vous dois. » J’ai un petit peu développé, insistant sur les inévitables conséquences de cette crise multiforme sur cette France qu’il préside. Et comme il me fallait être « positif », j’ai indiqué qu’il fallait à mon sens créer un instrument adapté (…) François Hollande n’a pas hésité, et il m’a répondu : « Venez donc me voir quand vous serez sur pied » (…) »**

* Charlie Hebdo n° 1778, 14 janvier 2015, 3 euros

** http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1865

Le pape François est-il pour la régulation des naissance ?

« Certains croient, excusez-moi du terme, que pour être de bons catholiques, ils doivent être comme des lapins. » Ainsi s’exprimait le pape François devant des journalistes lors de son retour des Philippines le 19 janvier. Il ajoutait : « Il y a quelques mois en paroisse, j’ai reproché à une femme enceinte de son 8ème  après sept césariennes : ‘Vous voulez laisser orphelin sept enfants ? Cela est une irresponsabilité ». « (Cette femme) dit : ‘oui moi j’ai confiance en Dieu’. Mais Dieu te donne les moyens pour être responsable. » Mais le pape François ménage aussi la chèvre et le chou. Il s’est en effet inquiété de la dénatalité : « Je crois que le nombre de trois par famille est ce que disent les experts pour maintenir la population. (..) En Italie, j’ai entendu qu’en 2024 il n’y aura plus personne pour payer les retraités. On arrive dans l’autre extrême. » En définitive la doctrine de l’Eglise reste toujours omniprésente chez ce pape.

Le pape François dénonce le « néo-malthusianisme en cours », redit son opposition au contrôle « artificiel » des naissances (il maintient son opposition au préservatif et à l’avortement), recommande les méthodes naturelles de contrôle des naissances et la « parentalité responsable ». Nous ne reviendrons pas sur cet aspect des choses, nous l’avons déjà traité sur ce blog, le pape François a le même discours que Jean Paul II. Le livre de Marybeth Lorbiecki, « Dans les pas de Saint François d’Assise (l’appel de Jean-Paul II en faveur de l’écologie) » est explicite sur cette question de la parentalité responsable.

                Nous pensons que les discours du pape François témoignent globalement d’une orientation positive en faveur de l’écologie et de l’égalisation des conditions. Mais ce pape n’a aucune formation en matière de planning familial. Reprenons ces phrases dites au retour de Manille. Dieu ne donne pas les moyens d’être responsable en matière de fécondité, il n’y a rien dans la Bible et les Evangiles sur la question si ce n’est l’injonction de « croître et se multiplier ». Il ne faut pas trois enfants par famille pour maintenir la population, mais 2,1 enfants par femme dans les pays où la mortalité à la naissance n’est pas très importante. Son discours sur le paiement des retraites en 2024 sous-entend qu’il s’appuie sur le système de répartition (les actifs occupés payent pour les retraités). Mais faire des enfants pour payer les retraites plus tard constitue une fuite en avant qui ne dit rien du taux de chômage dans l’avenir, les chômeurs constituant aussi une population à charge. En fait toute régulation des naissances est artificielle, que ce soit le coïtus interruptus, le retard de l’âge au mariage, la chasteté prénuptiale, le stérilet, la pilule ou l’avortement. La débat sur l’artificialité est beaucoup plus complexe que ce qu’en dit le pape. Voir en annexe ci-dessous…

Sources d’information :

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-Francois-La-liberte-d-expression-doit-tenir-compte-de-la-realite-humaine-elle-doit-etre-prudente-eduquee-2015-01-19-1270061

– Le Monde.fr avec Reuters | 20 janvier 2015

annexe, pour en savoir plus sur ce blog :

8 octobre 2014, contradictions de la politique démographique de l’Eglise

30 septembre 2041, les méthodes dites naturelle de contraception

16 mai 2014, un stérilet pour toutes les femmes en âge de procréer

16 mai 2010, Liberté contraceptive ou planification

Le pape François est-il pour la régulation des naissance ?

« Certains croient, excusez-moi du terme, que pour être de bons catholiques, ils doivent être comme des lapins. » Ainsi s’exprimait le pape François devant des journalistes lors de son retour des Philippines le 19 janvier. Il ajoutait : « Il y a quelques mois en paroisse, j’ai reproché à une femme enceinte de son 8ème  après sept césariennes : ‘Vous voulez laisser orphelin sept enfants ? Cela est une irresponsabilité ». « (Cette femme) dit : ‘oui moi j’ai confiance en Dieu’. Mais Dieu te donne les moyens pour être responsable. » Mais le pape François ménage aussi la chèvre et le chou. Il s’est en effet inquiété de la dénatalité : « Je crois que le nombre de trois par famille est ce que disent les experts pour maintenir la population. (..) En Italie, j’ai entendu qu’en 2024 il n’y aura plus personne pour payer les retraités. On arrive dans l’autre extrême. » En définitive la doctrine de l’Eglise reste toujours omniprésente chez ce pape.

Le pape François dénonce le « néo-malthusianisme en cours », redit son opposition au contrôle « artificiel » des naissances (il maintient son opposition au préservatif et à l’avortement), recommande les méthodes naturelles de contrôle des naissances et la « parentalité responsable ». Nous ne reviendrons pas sur cet aspect des choses, nous l’avons déjà traité sur ce blog, le pape François a le même discours que Jean Paul II. Le livre de Marybeth Lorbiecki, « Dans les pas de Saint François d’Assise (l’appel de Jean-Paul II en faveur de l’écologie) » est explicite sur cette question de la parentalité responsable.

                Nous pensons que les discours du pape François témoignent globalement d’une orientation positive en faveur de l’écologie et de l’égalisation des conditions. Mais ce pape n’a aucune formation en matière de planning familial. Reprenons ces phrases dites au retour de Manille. Dieu ne donne pas les moyens d’être responsable en matière de fécondité, il n’y a rien dans la Bible et les Evangiles sur la question si ce n’est l’injonction de « croître et se multiplier ». Il ne faut pas trois enfants par famille pour maintenir la population, mais 2,1 enfants par femme dans les pays où la mortalité à la naissance n’est pas très importante. Son discours sur le paiement des retraites en 2024 sous-entend qu’il s’appuie sur le système de répartition (les actifs occupés payent pour les retraités). Mais faire des enfants pour payer les retraites plus tard constitue une fuite en avant qui ne dit rien du taux de chômage dans l’avenir, les chômeurs constituant aussi une population à charge. En fait toute régulation des naissances est artificielle, que ce soit le coïtus interruptus, le retard de l’âge au mariage, la chasteté prénuptiale, le stérilet, la pilule ou l’avortement. La débat sur l’artificialité est beaucoup plus complexe que ce qu’en dit le pape. Voir en annexe ci-dessous…

Sources d’information :

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-Francois-La-liberte-d-expression-doit-tenir-compte-de-la-realite-humaine-elle-doit-etre-prudente-eduquee-2015-01-19-1270061

– Le Monde.fr avec Reuters | 20 janvier 2015

annexe, pour en savoir plus sur ce blog :

8 octobre 2014, contradictions de la politique démographique de l’Eglise

30 septembre 2041, les méthodes dites naturelle de contraception

16 mai 2014, un stérilet pour toutes les femmes en âge de procréer

16 mai 2010, Liberté contraceptive ou planification

La COP 21, un débat globalisé qui nous empêche d’agir

Il est vain d’attendre des conférences sur le climat une réponse collective au changement climatique. La conférence des parties (COP), qu’elle se réunisse à Copenhague, Lima ou Paris, ne peut pas avoir de conséquences concrètes. La raison principale, c’est que les politiques ne s’y expriment pas au nom de l’équilibre général de la planète, ils représentent les intérêts à court terme de populations particulières. Le GIEC a produit son premier rapport sur les changements climatiques en 1988 et depuis aucun pays n’a jamais adopté de mesures significatives pour limiter les émissions de GES. Les Etats-Unis n’ont pas signé le protocole de Kyoto en 2001, ils ont nié l’origine anthropique du réchauffement climatique, ils ont toujours privilégié le niveau de vie des Américains. Les Américains ne peuvent se passer de leurs bagnoles et de leurs grandes maisons, les Canadiens veulent exploiter leurs sables bitumineux du Canada, le pouvoir d’achat des Français n’est pas négociable, ni l’enrichissement des Chinois, ni le développement des pays émergents. Les sociétés qui vivent à l’occidentale poursuivent un rêve contradictoire et suicidaire : jouir sans entraves des applications impressionnantes des ressources fossiles, et être aveugles aux conséquences fâcheuses de la perturbation climatique qui en découle.

L’autre raison, c’est qu’un changement de comportement ne se décrète pas d’en haut. Des scientifiques estiment que la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2) ne doit pas dépasser une valeur située quelque part entre 350 parties par million (ppm) et 450 ppm. La teneur moyenne actuelle est d’environ 400 ppm, soit au beau milieu de la ligne rouge. Qui s’en soucie ? Il faut, jusqu’à 2050, s’abstenir d’extraire et de brûler la plus grande partie des réserves fossiles si l’on veut éviter la surchauffe de la planète. Qui s’en soucie ? Pour éviter la catastrophe climatique, nous savons quand nous sommes bien informés qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 les émissions de gaz à effet de serre, ce qui voulait dire diviser par deux notre consommation d’énergie. Mais cela restait abstrait. Qui comprend que cela remet complètement en question son mode de vie personnel ?

Le 8 janvier dernier, Laurent Fabius prônait devant un comité inter-ministériel l’adoption d’un objectif « zéro carbone – zéro pauvreté » et le rapprochement des agendas internationaux pour le climat et des Objectifs mondiaux pour le développement, qui doivent désormais être « durables ». Ces déclarations d’intention ne servent absolument à rien si le citoyen de base ne se sent pas concerné. Nous ne pouvons réussir internationalement une COP que si nous commençons à nous impliquer personnellement (par exemple participation généralisée aux « familles à énergie positive ») et à réussir localement (par exemple mise en œuvre d’un plan climat territorial). Les solutions existent, individuelles et collectives. Elles s’appellent sobriété partagée, rationnement bien expliqué, taxe carbone aujourd’hui, carte carbone demain, soutien par l’Etat central des communautés locales cherchant leur autonomie alimentaire et énergétique, adoption de techniques douces aux humains et à la nature, généralisation d’une agriculture biologique, conversion des intellectuels du tertiaire à l’artisanat, entraînement à la réponse non violente en toutes circonstances, rejet des actions militaires, considération des acteurs absents (générations futures et non-humains), maîtrise de la fécondité, etc. Le pire n’est jamais certain, mais il est probable.

(résumé d’une analyse de Michel Sourrouille parue initialement sur le site JNE des journalistes pour la nature et l’écologie)

La COP 21, un débat global qui nous empêche d’agir

Bisphénol A et autres perturbateurs endocriniens

Exposés in utero à une concentration minuscule de bisphénol A (BPA), les souris de laboratoire mâles présentaient une fois adultes un appareil reproducteur frappé de malformations et de dysfonctionnements. C’est en 1996 que le biologiste américain Frederick vom Saal faisait cette découverte inquiétante. Le paradigme selon lequel « c’est la dose qui fait le poison » était remis en question. Entre 1996 et la fin 2014, plusieurs milliers d’articles de recherche montrent un lien entre le BPA et une étourdissante variété de pathologies émergentes : troubles du métabolisme (diabète de type 2, obésité, etc.) et de la fertilité, susceptibilité accrue à certains cancers hormonodépendants (sein, prostate, testicule), troubles neuro-comportementaux et cardio-vasculaires, etc.

La loi du 24 décembre 2012 suspend « la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux de tout conditionnement, contenant ou ustensile comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec toutes les denrées alimentaires, à partir du 1er janvier 2015 ». Mais la France elle est le seul pays du monde à en avoir décidé ainsi. L’interdiction française entre en collision avec le principe de libre circulation des marchandises au sein de l’Union européenne. Et la commission de Bruxelles reste muette sur le dossier des perturbateurs endocriniens – ces substances qui, comme le BPA, interfèrent avec le système hormonal et sont susceptibles d’agir à faibles doses. La Commission européenne a lancé une consultation en ligne pour « faciliter la définition de critères applicables aux perturbateurs endocriniens »… seulement en septembre 2014 !

Le journaliste du MONDE, Stéphane Foucart, s’interroge : « Pourquoi les milieux de la science académique n’ont-ils cessé d’alerter sur les dangers du BPA et des perturbateurs endocriniens, alors que les grandes agences d’expertise comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine ou l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), sur lesquelles les politiques fondent leurs décisions, en relativisent-elles systématiquement les risques ? »* Les tenants du libre-échange et de la concurrence généralisée agissent même au détriment de la santé sanitaires des populations. Le « business as usual » n’a pas de limites !

* LE MONDE du 6 janvier 2015, Bye bye BPA ? (autre titre, Bisphénol A : la France à l’avant-garde)

NB : pour avoir une vision plus globale du problème, lire sur notre blog

Theo Colborn, qui mérite d’être connue de tout

Bisphénol A et autres perturbateurs endocriniens

Exposés in utero à une concentration minuscule de bisphénol A (BPA), les souris de laboratoire mâles présentaient une fois adultes un appareil reproducteur frappé de malformations et de dysfonctionnements. C’est en 1996 que le biologiste américain Frederick vom Saal faisait cette découverte inquiétante. Le paradigme selon lequel « c’est la dose qui fait le poison » était remis en question. Entre 1996 et la fin 2014, plusieurs milliers d’articles de recherche montrent un lien entre le BPA et une étourdissante variété de pathologies émergentes : troubles du métabolisme (diabète de type 2, obésité, etc.) et de la fertilité, susceptibilité accrue à certains cancers hormonodépendants (sein, prostate, testicule), troubles neuro-comportementaux et cardio-vasculaires, etc.

La loi du 24 décembre 2012 suspend « la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux de tout conditionnement, contenant ou ustensile comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec toutes les denrées alimentaires, à partir du 1er janvier 2015 ». Mais la France elle est le seul pays du monde à en avoir décidé ainsi. L’interdiction française entre en collision avec le principe de libre circulation des marchandises au sein de l’Union européenne. Et la commission de Bruxelles reste muette sur le dossier des perturbateurs endocriniens – ces substances qui, comme le BPA, interfèrent avec le système hormonal et sont susceptibles d’agir à faibles doses. La Commission européenne a lancé une consultation en ligne pour « faciliter la définition de critères applicables aux perturbateurs endocriniens »… seulement en septembre 2014 !

Le journaliste du MONDE, Stéphane Foucart, s’interroge : « Pourquoi les milieux de la science académique n’ont-ils cessé d’alerter sur les dangers du BPA et des perturbateurs endocriniens, alors que les grandes agences d’expertise comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine ou l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), sur lesquelles les politiques fondent leurs décisions, en relativisent-elles systématiquement les risques ? »* Les tenants du libre-échange et de la concurrence généralisée agissent même au détriment de la santé sanitaires des populations. Le « business as usual » n’a pas de limites !

* LE MONDE du 6 janvier 2015, Bye bye BPA ? (autre titre, Bisphénol A : la France à l’avant-garde)

NB : pour avoir une vision plus globale du problème, lire sur notre blog

Theo Colborn, qui mérite d’être connue de tout

Manifestons massivement sur les « limites planétaires »

Une équipe de chercheurs internationaux a forgé dans Nature en 2009 la notion de « limite planétaire ». Leurs travaux identifiaient les seuils-limite à ne pas franchir pour éviter que « le système-Terre ne bascule dans un état très différent [de l’actuel], probablement bien moins favorable au développement des sociétés humaines ». Vendredi 16 janvier 2015 la même équipe identifie quatre limites déjà franchies ou en cours de dépassement*.

– Sur le front du climat, les auteurs estiment que la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2) ne doit pas dépasser une valeur située quelque part entre 350 parties par million (ppm) et 450 ppm. La teneur moyenne actuelle est d’environ 400 ppm, soit au beau milieu de la ligne rouge. L’objectif des deux degrés de réchauffement, fixé par la communauté internationale comme limite à ne pas dépasser, représenterait déjà des risques significatifs pour les sociétés humaines partout sur Terre.

– Les auteurs estiment que la diversité du vivant peut s’éroder à un rythme de 10 espèces par an sur un capital d’un million, sans impacts majeurs pour les société humaines. Cette limite est largement dépassée par le taux d’érosion actuel, 10 à 100 fois supérieur.

– Le changement rapide d’usage des sols est, lui aussi, globalement hors limite. Les chercheurs estiment ainsi qu’il faudrait conserver 75 % de couvert forestier dans les zones auparavant forestières ; au niveau mondial, le taux moyen actuel est estimé à tout juste un peu plus de 60 %.

– La quatrième limite franchie est la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore qui assurent la fertilité des sols agricoles. Ces perturbations sont principalement causées par l’utilisation excessive d’engrais et la mauvaise gestion des effluents des exploitations animales. Les phosphates naturels, qui servent à produire les engrais phosphatés, ont été recensés en 2014 par la Commission européenne comme faisant partie des 20 matières premières critiques, et c’est la seule qui concerne directement les questions de sécurité alimentaire. 

Voici ci-dessous un graphique** qui explicite l’obligation pour l’humanité de se situer entre en plancher social et un plafond environnemental. L’économie ne peut qu’être écologique sauf à nous conduire au désastre… Soyons plusieurs millions dans les rues pour l’exiger.

* LE MONDE du 17 janvier 2015, La planète a dépassé certaines de ses limites

** Vivement 2050 ! (Programme pour une économie soutenable et désirable)

éditions les Petits matins, 232 pages, 14 euros

Biosphere-Info, je suis Charlie-Nature : abonnez-vous !

Difficile d’échapper en ce début d’année au mouvement international « Je suis Charlie »… ou « Je ne suis pas ! » Encore plus difficile de faire un lien entre massacres sous prétexte religieux et écologie. C’est pourtant ce que nous avons essayé de faire dans un Biosphere-info qui reprend trois articles de notre blog :

8 janvier 2015, Charlie c’est nous, pour la liberté de réfléchir partout

9 janvier 2015, Charlie : la religion assassine la liberté de réflexion

10 janvier 2015, Pour Charlie, la responsabilité de l’abstraction religieuse

En résumé : Quand nous adorons Dieu, là-haut dans les cieux, nous faisons le malheur des humains. Une abstraction divinisée, source de toutes les interprétations même les plus malveillantes, est en effet néfaste pour la réflexion humaine. Nous ferions  mieux de sacraliser la nature, une réalité fort mal en point par notre faute. La définition que donne Spinoza d’un dieu se manifestant au travers du monde naturel revient très largement à exclure l’existence d’un dieu religieux. Et s’il y a une divinité omniprésente et préexistante, il n’y a plus de place pour un dieu qui intervient dans les affaires humaines, et encore moins pour un dieu qui prend parti dans de haineuses violences.

Pour s’abonner au bimensuel Biosphere-Info, il suffit d’envoyer un mail à biosphere@ouvaton.org. C’est gratuit.

Emmanuelle Cosse oublie de parler d’écologie !!!

Emmanuelle Cosse, Secrétaire Nationale du Parti Europe Ecologie Les verts (EELV), a centré la presque totalité de son discours devant la presse* sur les événements tragiques survenus ces derniers jours. Rien ou presque sur l’écologie si ce n’est une lamentable tentative de récupération : « En tant qu’écologistes, nous devons beaucoup à ceux qui sont tombés dans les locaux de Charlie Hebdo. Je pense notamment à Cabu, qui nous avait fait l’honneur de dessiner pour nous, à plusieurs reprises, notamment pour aider des campagnes électorales sans le sou. Je pense également à Bernard Maris, qui s’était présenté sous la bannière des Verts, aux législatives de 2002 à Paris. Maris était un économiste engagé et humain, dont les travaux sur la croissance, qu’il qualifiait de « quête morbide », continueront de marquer la pensée anti-productiviste. » Mais elle ne peut occulter totalement l’essentiel : « Les dessinateurs à Charlie Hebdo ne se sont pas privés, non plus, de caricaturer les défauts des Verts, les multiples leaders et chefs autoproclamés, nous mettant devant nos contradictions. »

Emmanuelle Cosse a préféré parler longuement des problèmes de société et des réformes institutionnelles. En résumé : « Nous devons engager de grandes réformes institutionnelles : la proportionnelle, le non-cumul des mandats, le statut de l’élu, le droit de vote des étrangers aux élections locales. Nous devons également nous attaquer au terrorisme. Ce que nous devons combattre c’est l’ignorance, le décrochage scolaire, l’illettrisme, le chômage et l’absence de perspectives d’avenir. Nous devons mettre en œuvre de nouvelles politiques d’égalité, d’intégration et d’éducation. A la fermeture des frontières, nous, écologistes, préférons le droit d’asile et la régularisation des sans-papiers et une véritable politique d’intégration, un véritable accès aux formations et au travail. »

Au niveau spécifiquement écologique, Emmanuelle Cosse n’a abordé, en fin extrême de son discours et de façon très vague, que la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris fin 2015 : « Nous serons extrêmement mobilisés pour la COP21.  » Ses vœux au 1er janvier 2015** étaient un peu plus précis sur la question : « On ne réussira pas la COP21 si on ne montre pas qu’elle peut apporter des réponses à l’urgence sociale en s’attaquant prioritairement à la pauvreté. »

Notre conclusion : EELV dans l’état actuel de ses discours n’est plus un parti écologiste, mais un parti qui ne s’intéresse qu’à la politique politicienne en prenant prétexte de phénomènes sociétaux.

* http://eelv.fr/2015/01/14/eelv-fait-ses-voeux-a-la-presse/

** http://eelv.fr/2015/01/01/voeux-demmanuelle-cosse-pour-lannee-2015/

Emmanuelle Cosse oublie de parler d’écologie !!!

Emmanuelle Cosse, Secrétaire Nationale du Parti Europe Ecologie Les verts (EELV), a centré la presque totalité de son discours devant la presse* sur les événements tragiques survenus ces derniers jours. Rien ou presque sur l’écologie si ce n’est une lamentable tentative de récupération : « En tant qu’écologistes, nous devons beaucoup à ceux qui sont tombés dans les locaux de Charlie Hebdo. Je pense notamment à Cabu, qui nous avait fait l’honneur de dessiner pour nous, à plusieurs reprises, notamment pour aider des campagnes électorales sans le sou. Je pense également à Bernard Maris, qui s’était présenté sous la bannière des Verts, aux législatives de 2002 à Paris. Maris était un économiste engagé et humain, dont les travaux sur la croissance, qu’il qualifiait de « quête morbide », continueront de marquer la pensée anti-productiviste. » Mais elle ne peut occulter totalement l’essentiel : « Les dessinateurs à Charlie Hebdo ne se sont pas privés, non plus, de caricaturer les défauts des Verts, les multiples leaders et chefs autoproclamés, nous mettant devant nos contradictions. »

Emmanuelle Cosse a préféré parler longuement des problèmes de société et des réformes institutionnelles. En résumé : « Nous devons engager de grandes réformes institutionnelles : la proportionnelle, le non-cumul des mandats, le statut de l’élu, le droit de vote des étrangers aux élections locales. Nous devons également nous attaquer au terrorisme. Ce que nous devons combattre c’est l’ignorance, le décrochage scolaire, l’illettrisme, le chômage et l’absence de perspectives d’avenir. Nous devons mettre en œuvre de nouvelles politiques d’égalité, d’intégration et d’éducation. A la fermeture des frontières, nous, écologistes, préférons le droit d’asile et la régularisation des sans-papiers et une véritable politique d’intégration, un véritable accès aux formations et au travail. »

Au niveau spécifiquement écologique, Emmanuelle Cosse n’a abordé, en fin extrême de son discours et de façon très vague, que la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris fin 2015 : « Nous serons extrêmement mobilisés pour la COP21.  » Ses vœux au 1er janvier 2015** étaient un peu plus précis sur la question : « On ne réussira pas la COP21 si on ne montre pas qu’elle peut apporter des réponses à l’urgence sociale en s’attaquant prioritairement à la pauvreté. »

Notre conclusion : EELV dans l’état actuel de ses discours n’est plus un parti écologiste, mais un parti qui ne s’intéresse qu’à la politique politicienne en prenant prétexte de phénomènes sociétaux.

* http://eelv.fr/2015/01/14/eelv-fait-ses-voeux-a-la-presse/

** http://eelv.fr/2015/01/01/voeux-demmanuelle-cosse-pour-lannee-2015/