Mois : août 2015

La déforestations est exclue des négociations climatiques

Parmi les nombreux sujets traités à la Conférence de Montréal en novembre 2005, la prise en compte de la déforestation pour lutter contre le changement climatique a été mis sur le devant de la scène. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a proposé un document de réflexion sur ce sujet. La déforestation, après la combustion des énergies fossiles, est la 2ème source d’émission anthropique de gaz à effet de serre. Elle représente près de 25 % des émissions, mais n’a pas été prise en compte par le Protocole de Kyoto. La proposition de la PNG vise donc à inclure les actions menées pour réduire la déforestation dans le cadre de la Convention et du Protocole. Un processus de réflexion a donc été lancé : les différents acteurs feront part de leur point de vue au secrétariat d’ici mars 2006, un rapport sera présenté en 2007. Il faudra en outre s’intéresser à une méthodologie fiable pour comptabiliser les émissions évitées et prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux des projets.

De conférences en rapports les humains papotent, ils croient qu’ils ont tout le temps devant eux alors que la Biosphère en a déjà marre d’attendre : les glaciers fondent, les inondations et les sécheresses sévissent. L’adaptation ne sera bientôt plus possible.
(écrit le 24.02.2006 par Michel Sourrouille)

Climat, on discute pour savoir quand on va se revoir

La première conférence des signataires du protocole de Kyoto avait débuté le 28 novembre 2005 pour se terminer le 10 décembre. L’accord de Montréal qui en résulte ne paraît acceptable qu’aux yeux des 2000 négociateurs. En effet la communauté internationale devrait discuter un jour de la prolongation du protocole de Kyoto au-delà de son échéance de 2012. De plus les pays du Sud entreront peut-être dans cette discussion pour s’engager à terme à limiter leurs propres émissions de gaz à effet de serre. Enfin les Etats-Unis reviennent à la table des négociations… mais sous l’égide moins contraignante de la convention de 1992 sur le changement climatique. Il n’y a plus qu’à espérer en 2008 un nouveau président américain moins hostile à la diplomatie climatique. On désespère.

Le ministre canadien de l’environnement qui présidait la conférence de Montréal conclue : « Oui, nous allons réconcilier l’humanité avec sa planète. » Ce n’est que langue de bois. Quand la Biosphère, un partenaire intraitable, s’apercevra que le seul résultat final de ces débats est de dire qu’il faudrait continuer à débattre, elle remerciera les humains par la multiplication de brutales variations climatique.
(écrit le 19.02.2006 par Michel Sourrouille)

13 août 2015, le jour du dépassement des limites

Nous sommes à l’image de l’homme à la cervelle d’or, nous puisons dans les tréfonds de notre planète pour en arracher les derniers morceaux et nourrir notre mode de vie actuel : « Du train dont il menait sa vie, royalement, et semant l’or sans compter, on aurait dit que sa cervelle était inépuisable… Elle s’épuisait cependant, et à mesure on pouvait voir les yeux s’éteindre, la joue devenir plus creuse. Un jour enfin, au matin d’une débauche folle, le malheureux, resté seul parmi les débris du festin et les lustres qui pâlissaient s’épouvanta de l’énorme brèche qu’il avait déjà faite à son lingot. Il était temps de s’arrêter… Trop tard ! »*

Cette légende a malheureusement une réalité mesurée par l’organisation non gouvernementale Global Footprint Network. On compare l’empreinte écologique (l’exploitation des ressources naturelles de la Terre par les humains) avec la biocapacité de la planète (sa capacité à régénérer ses ressources et absorber les déchets, comme les émissions de gaz à effet de serre). Ce jeudi 13 août 2015** est le « jour de dépassement » : en moins de huit mois, l’humanité a déjà utilisé toutes les ressources naturelles renouvelables que la planète peut produire en un an. Cette date tombait en 1975 fin novembre et en 2005, début septembre. Notre planète contient de moins en moins d’or, de pétrole, de minerais, de poissons, d’espèces sauvages… Nous puisons dans le capital naturel au lieu de vivre des intérêts du capital que nous avait offert si généreusement la biosphère. Combien de millions d’années pour fabriquer le pétrole que nous allons consommer en deux siècles seulement ! Il faudrait 1,6 planète pour répondre aux besoins de l’humanité actuelle, or nous n’avons qu’une seule Terre à notre disposition. Si la tendance se poursuit, il faudra 2 planètes pour répondre à nos besoins en 2030.

Quand une génération a dilapidé son héritage familial, il ne reste plus rien pour les générations futures. On ne peut utiliser des ressources que l’on ne possède plus … Un jour enfin, au matin d’une débauche folle, le malheureux, resté seul parmi les débris du festin et les lustres qui pâlissaient s’épouvanta de l’énorme brèche qu’il avait déjà faite à son lingot. Il était temps de s’arrêter… Trop tard !

* La Légende de l’homme à la cervelle d’or d’Alphonse Daudet in Lettres de mon moulin (1866)]
** Le Monde.fr | 13.08.2015, Depuis cette nuit, la Terre vit sur ses réserves

Diviser par quatre nos émissions de gaz, faut pas rêver

Le thème central de la conférence des Nations unies sur le climat fin novembre 2005 à Montréal était centrée sur cette question cruciale : comment associer les pays du Sud au contrôle des émissions de gaz à effet de serre alors que leur contribution n’a pas été abordée lors du protocole de Kyoto de 1997 ? Il est vrai que la Chine en 2030 émettrait presque autant de gaz carbonique que les Etats-Unis alors que les catastrophes climatiques commencent déjà. Si le gouvernement japonais a décidé de limiter à 19°C la température dans tous les bureaux de l’administration, si des droits à polluer s’échangent sur le marché carbone, cela ne suffira pas: il faut que les pays du Nord montrent vraiment l’exemple, il faut que des pays comme la France divisent par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 pour que le monde puisse les diviser par deux, il faut aussi éliminer les passagers clandestins, ceux qui se disent. « Je ne fais rien et je compte sur les ajustements des autres pour régler le problème. » C’est le problème classique de la coopération, si tous les pays n’agissent pas dans des proportions équitables, les vertueux seront économiquement désavantagés et tous souffriront des conséquences de l’inaction des fautifs. Lors de son discours de 2700 mots (sur la loi sur l’énergie), le président Bush a été incapable de simplement mentionner le changement climatique, le réchauffement ou les gaz à effet de serre.

La Biosphère fonctionne selon un système d’autorégulation très complexe, les humains ont cru qu’il suffisait de s’appuyer sur les mécanismes autorégulateurs du marché et la variation des prix. Maintenant les Etats doivent intervenir pour augmenter structurellement les prix des énergies fossiles, et cela ne pourra se faire que par une gouvernance mondiale, une OME (organisation mondiale de l’environnement) qui sera créée lorsqu’il sera trop tard… Les raffineries de pétrole mériteraient donc qu’on les fasse sauter.
(écrit le 5.02.2006 par Michel Sourrouille)

Permafrost, la bombe à retardement climatique

Le permafrost, ce sol perpétuellement gelé des régions arctiques, recouvre une surface de plus de 10 millions de km2 : ce territoire grand comme l’Europe est aujourd’hui menacé par le réchauffement climatique. Constitué en Alaska de terres, de déchets végétaux et de glace, il a fondu en vingt ans sur une épaisseur de 2 mètres. Dans le pire des cas, le permafrost pourrait ne plus occuper que 1 million de km2 en 2100, une division par 10. Comme le permafrost contiendrait, selon les estimations, au moins 30 % de tout le carbone stocké dans le sol de la planète, la fonte pourrait à son tour accélérer le réchauffement climatique. Si le permafrost se décompose moins vite qu’on ne le pense, il y aurait quand même émission de méthane qui est un gaz à effet de serre encore plus puissant que le CO2.

Pendant que la Biosphère se réchauffe, certains humains en discutent… alors que la majorité se contente de regarder les match de foot !
(écrit le 26.07.2006 par Michel Sourrouille)

66 années de gaz de ville devant nous, tout baigne

Le journal LE MONDE titre en 2006 : « Gaz, la nouvelle ruée vers l’or bleu ». L’article sur deux pages est dithyrambique. Braves gens, pourquoi vous inquiéter, le gaz est bien plus abondant que l’or noir, des experts affirment même que les réserves prouvées (au rythme actuel de production) peuvent satisfaire nos besoins pendant 66 années encore (contre 40 pour le pétrole). Le gaz est donc promis à un bel avenir, sa consommation devrait progresser à un rythme annuel de 2,3 % d’ici à 2030 pour atteindre 4900 milliards de m3 (contre 2800 milliards en 2002). Cette source d’énergie, idéale pour le chauffage des particuliers et pour la fabrication de l’électricité, va aussi satisfaire l’appétit croissant des pays émergents. Bien sûr il y aura d’inextricables conflits d’appropriation, mais, entre 1980 et 2005, il n’y a pourtant jamais eu d’interruption d’approvisionnement entre la Russie et l’Europe. La confiance règne à moitié ! Le journaliste peut alors terminer par cette phrase sublime : « Si la calotte glaciaire fond sous l’effet du réchauffement climatique, de nouvelles zones d’exploration d’hydrocarbures et de nouvelles routes pour le transport maritime s’ouvriront ». Comme chacun se doute, avec 66 années devant nous, tout baigne, pas besoin de s’inquiéter pour aujourd’hui et les générations futures n’auront qu’à se démerder avec ce qui n’existera plus.

Mais si on demandait aux générations futures leur point de vue, c’est immédiatement qu’il faudrait se passer de pétrole ; c’est eux qui souffriront du réchauffement climatique et sans aucune réserves de ressources fossiles à disposition pour s’adapter. Tout journaliste qui ne parle pas dans son article d’économies d’énergie doit être immédiatement accusé de crime contre la Biosphère…
(écrit le 8.05.2006 par Michel Sourrouille)

gaz à effet de serre de l’aéronautique, ça flambe

Selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, la contribution du secteur des transports maritimes et celles du transport aérien représentent 3,2 % des émissions totales de CO2, contre 5 % selon la Convention des Nations unies sur le changement climatique. Peu importe cette divergence de mesure quand on sait que chaque passager d’un vol transatlantique aller-retour génère l’émission de plus d’une tonne de CO2 et que les vols des moyens-courriers ont une consommation de kérosène encore plus importante. Dans les prévisions actuelles, les émissions de gaz à effet de serre de l’aéronautique devraient effectuer une multiplication par quatre d’ici 2012 alors que c’est une division par quatre qui serait nécessaire. Mais les transports aériens et maritimes échappent à toute comptabilisation dans le cadre du protocole de Kyoto alors que les améliorations techniques ne peuvent apporter que des économies de GES négligeables : c’est donc le niveau de vie de la classe globale qu’il faut remettre en cause.

La croissance du transport aérien est due pour l’essentiel au développement du tourisme, pour la Biosphère la solution est alors évidente : supprimez les touristes au long cours, il suffit de taxer le kérosène en instaurant une forte redevance sur les émissions carbone. Car seul le tourisme de proximité est supportable, celui qui te fait faire un petit tour chez tes voisins !
(écrit le 22.01.2006 par Michel Sourrouille)

Un océan acide, la seule chose qui inquiétait Allègre

Inexorablement les océans deviennent corrosifs. Quand nous émettons 70 molécules de CO2, une vingtaine est absorbée par la biosphère terrestre, une trentaine demeure dans l’atmosphère et une vingtaine se dissout dans les océans. Ce contact avec l’eau modifie les équilibres chimiques en augmentant la concentration en ions hydrogènes. Depuis le début de la révolution industrielle, cette acidification a augmenté de 25 %, ce qui fait chuter la concentration océanique en carbonates. Or les carbonates (avec le calcium) sont nécessaires à la formation du calcaire qui constitue l’exosquelette des ptéropodes, coccolithophoridés et autres foraminifères, ces microorganismes marins à coquille qui participent à la chaîne alimentaire. Comme les ptéropodes constituent les ressources de certaines espèces comme le merlu, le saumon, la morue, bonjour les étalages à moitié vide des futurs marchands de poissons. Comme l’activisme humain demeure productrice de gaz à effet de serre, tous les organismes calcaires, planctons, coquillage, coraux, sous toutes les latitudes, sont menacés. On avait longtemps pensé que le pouvoir tampon de l’océan était tel que son pH ne changerait pas de manière importante, les premiers travaux scientifiques sur ce sujet n’ont débuté qu’en 1998. L’Europe va inscrire l’acidification des océans comme thème de recherche à part entière dans son 7e programme cadre de recherche et développement.

Mais la Biosphère remarque que c’est déjà trop tard pour se contenter de constater, les gaz d’origine anthropique auront largement le temps de faire leurs dégâts en attendant les commissions qui devront se former un jour pour éclairer des décisions politiques toujours reportées.
(écrit le 3.11.2006 par Michel Sourrouille)

Et si c’était pire ? LE MONDE devient catastrophiste !

« Et si c’était pire ? » Tel était le titre d’un supplément « Le Monde2 » au mois d’août. On croirait lire, dans ce journal de haute tenue, des écologistes fondamentalistes : « Sécheresses, vagues de chaleurs meurtrières, catastrophes naturelles, progression des déserts, inondations, coulées de boue, montée du niveau de la mer, fonte des glaciers, incendies gigantesques, disparition des forêts, famines, prolifération des maladies tropicales, exodes… A en juger par les catastrophes à répétition de ces dernières années, la machine du réchauffement climatique est en route ».

Selon J.L.Dufesne, responsable de l’équipe « Modélisation du climat » à Paris : « Pour le rapport du GIEC qui va sortir en 2007, beaucoup de choses se confirment…. Nous en savons suffisamment pour dire « stop ! » aux émissions de gaz à effet de serre. Mais cette décision ne relève pas des scientifiques. » Comble de malchance, cela ne relève pas des politiques non plus ! Lors des conférences des parties, la plus haute autorité de la Convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques, le représentant saoudien bloque tout à chaque fois. Son seul argument : « Qui me prouve qu’il y a un réchauffement global d’origine anthropique ? » Pour le convaincre, les scientifiques passent donc de plus en plus de temps à faire des simulations de plus en plus complexes, alors que cela devient de plus en plus inutile… Le journal rajoute que ni le militantisme, ni les efforts des médias pour sensibiliser l’opinion publique n’ont d’effet.

Il faudra donc attendre que l’humanité ait épuisé toutes les réserves fossiles de la Biosphère, il faudra affronter le pire.
(écrit le 1.11.2006 par Michel Sourrouille)

Al GORE, le climat devant quelques députés français

On peut avoir été ex-futur président des Etats-Unis, presque élu contre W.Bush, et militer ensuite activement pour l’environnement. Une (petite) partie des députés français a donc assisté le 11 octobre à la projection du film d’Al Gore consacré au réchauffement climatique. Le titre de son documentaire est bien choisi, « Une vérité qui dérange » : c’est parce que ça dérange qu’on ne fait pas grand chose. Al Gore reste quand même optimiste, il estime qu’en démocratie, la volonté politique est une ressource renouvelable. Mais il ajoute que le problème pour les Américains consiste dans le fait qu’ils regardent la télévision en moyenne quatre heures et demi chaque jour. Or la télé est manipulée par les annonceurs pour vendre des choses, y compris des résultats électoraux. Le dialogue politique est restreint pour l’essentiel à des annonces télévisées de trente secondes, et le principal souci pour un candidat à élection est de rassembler suffisamment d’argent pour acheter ces spots. Pourtant, selon Al Gore, la crise climatique menace l’avenir de la civilisation humaine. Comment, dans ce contexte, diminuer les habitudes de pillage de la planète ? Et la Chine et l’Inde n’agiront sur leurs émissions de gaz à effet de serre que si les pays riches bougent d’abord. Al Gore fait pourtant des compliments sur le président J.Chirac qui a été, à son avis, un des héros de la question du changement climatique (qui agit pourtant de manière très discrète !). . Au sortir de la séance, une sénatrice des Verts rappelle que « le Parlement français a voté à l’unanimité en faveur de l’application du protocole de Kyoto, mais nous n’avons concrètement changé aucune de nos politiques ». Le centriste F.Bayrou appelle les politiques à renoncer à leur approche habituelle par étiquette droite/gauche car, avec l’affrontement politique, il ne peut plus y avoir d’action continue contre le changement climatique.

La Biosphère a d’ailleurs bien du mal à distinguer la droite et la gauche : la gauche pense plutôt au social, la droite plutôt à l’économique, les deux veulent être populaire, mais aucune de ces deux tendances politiques ne pense vraiment à l’environnement !
(écrit le 30.10.2006)

Climat : l’Europe méditerranéenne en première ligne

Dans le cadre d’un programme de recherche lancé par la Commission européenne, on a évalué l’impact du réchauffement climatique pour le Vieux continent. L’Europe pourrait « gagner » de 2,1 à 4,4°C de température moyenne d’ici à 2080, ce qui provoquerait une baisse de 6,4 à 10,7 % de la superficie des terres cultivables, mais une croissance potentielle des forêts. La perte de biodiversité serait importante sur l’ensemble du continent, le noisetier aurait ainsi de fortes chances de disparaître complètement en France. Certaines régions en Europe du Nord pourraient même connaître des hausses de près de 6° C. Le pire est cependant possible car 5,8 à 44,3 millions d’Européens pourraient en 2080 vivre en situation de stress hydrique avec un effondrement de certaines activités agricoles, la grande majorité de ces futures zones semi-arides se situant sur le pourtour de la Méditerranée. Enfin l’assèchement de certains bassins rendra délicate, voire impossible, la production d’énergie hydroélectrique ou même nucléaire puisque les réacteurs ont besoins de fleuves à fort débit pour leur refroidissement.

Cette situation est la conséquence de trois défauts importants du raisonnement humain : se contenter de constater au lieu d’agir tout de suite contre les gaz à effet de serre d’origine anthropique, croire que les inconvénients seront sans doute contre-balancé par un gain en bois de chauffe, estimer que le pire sera toujours pour les autres. Il est vrai que cela fait si longtemps que certains attendent les lendemains qui chantent ou le paradis sur terre !
(écrit le 7.06.2006 par Michel Sourrouille)

La revanche de Gaia, un réchauffement irréversible

Il n’en doute pas, un seuil a été franchi, une machine irréversible est en marche, le réchauffement climatique va s’emballer et la crise va survenir avant 2050. Pour lui, « la plus grand partie de la surface du globe va se transformer en désert avec le réchauffement climatique. Les survivants se grouperont autour de l’Arctique, mais la place manquera pour tout le monde. Alors il y aura des guerres et des populaces déchaînées ». James Lovelock s’exprime ainsi dans son dernier livre, « La revanche de Gaia ». C’est un scientifique qui a étudié des dispositifs permettant de chercher des traces de vie sur Mars, d’où l’idée qui le rendra célèbre : il lui est apparu que l’atmosphère de Mars était complètement équilibrée, et qu’il n’y avait pas de vie. Or sur la Terre il y a un gaz très réactif, l’oxygène. Pourtant l’atmosphère y est favorable à la vie, avec un mécanisme qui permet de garder le même type d’atmosphère. L’hypothèse de la Terre-mère (Gaia dans la mythologie grecque) est naît en tant qu’ensemble vivant auto-régulé dont l’espèce humaine a d’abord été le système nerveux pour se transformer maintenant en empoisonneur.

La situation actuelle rappelle à James cette année 1938, où les gens, les politiciens, tout le monde savait que la grande guerre arrivait, mais personne n’agissait de manière sensée. De la même façon aujourd’hui le désastre peut survenir soudainement, la catastrophe est à la porte, mais l’espèce humaine ne fait rien. La Biosphère peut ajouter qu’on préfère se battre pour une caricature de Mahomet et pour épuiser les dernières gouttes de pétrole. Il n’y a pas de rationalité à long terme de l’action humaine.
(écrit le 5.06.2006 par Michel Sourrouille)

La revanche de Gaia, un réchauffement irréversible

Il n’en doute pas, un seuil a été franchi, une machine irréversible est en marche, le réchauffement climatique va s’emballer et la crise va survenir avant 2050. Pour lui, « la plus grand partie de la surface du globe va se transformer en désert avec le réchauffement climatique. Les survivants se grouperont autour de l’Arctique, mais la place manquera pour tout le monde. Alors il y aura des guerres et des populaces déchaînées ». James Lovelock s’exprime ainsi dans son dernier livre, « La revanche de Gaia ». C’est un scientifique qui a étudié des dispositifs permettant de chercher des traces de vie sur Mars, d’où l’idée qui le rendra célèbre : il lui est apparu que l’atmosphère de Mars était complètement équilibrée, et qu’il n’y avait pas de vie. Or sur la Terre il y a un gaz très réactif, l’oxygène. Pourtant l’atmosphère y est favorable à la vie, avec un mécanisme qui permet de garder le même type d’atmosphère. L’hypothèse de la Terre-mère (Gaia dans la mythologie grecque) est naît en tant qu’ensemble vivant auto-régulé dont l’espèce humaine a d’abord été le système nerveux pour se transformer maintenant en empoisonneur.

La situation actuelle rappelle à James cette année 1938, où les gens, les politiciens, tout le monde savait que la grande guerre arrivait, mais personne n’agissait de manière sensée. De la même façon aujourd’hui le désastre peut survenir soudainement, la catastrophe est à la porte, mais l’espèce humaine ne fait rien. La Biosphère peut ajouter qu’on préfère se battre pour une caricature de Mahomet et pour épuiser les dernières gouttes de pétrole. Il n’y a pas de rationalité à long terme de l’action humaine.
(écrit le 5.06.2006 par Michel Sourrouille)

Fonte des glaciers, on constate, on s’en fout

La banquise de la mer arctique flotte sur l’eau et en conséquence la fonte ne modifie pas le niveau global des mers. Tel n’est pas le cas des calottes glaciaires du Groenland et de l’antarctique qui reposent sur des terres continentales : la fonte du Groenland provoquerait une augmentation moyenne du niveau de l’ensemble des mers d’environ 7 mètres et, si on y ajoute la calotte antarctique, il monterait de 70 mètres. Cependant le réchauffement climatique a des effets paradoxaux. Le taux d’humidité moyen va augmenter dans l’atmosphère, d’où des précipitations neigeuses plus importantes. L’épaisseur de glace au centre du Groenland va donc croître, mais la calotte ne peut pas indéfiniment se réduire en superficie et augmenter en hauteur. En fait il y a un quasi-consensus parmi les scientifiques pour estimer que les glaces du Groenland sont condamnées à terme. L’eau de fonte, en s’écoulant rapidement jusqu’au socle rocheux, a même un rôle de lubrifiant qui favorise l’écoulement du glacier. A l’est du Groenland, un glacier dérape désormais à la vitesse de 14 km par an, trois fois plus vite qu’il y a 10 ans. Mais l’Agence spatiale européenne se contente d’envoyer un satellite, « Cryosat », pour mesurer pendant trois années les variations de l’épaisseur des calottes, une durée d’observation d’ailleurs insuffisante et, de toute façon, la mise en orbite a échoué en 2005…

Les humains sont devenus des champions pour mesure les dégâts qu’ils entraînent dans la Biosphère, mais de véritables impuissants pour maîtriser la source du problème, leurs propres émissions de gaz à effet de serre !
(écrit le 6.06.2006 par Michel Sourrouille)

Eco-réfugiés, les océans vont monter de un mètre

A cause du réchauffement climatique et de la dilatation de la masse d’eau qui s’ensuit, le niveau des océans va grimper. Ce phénomène va s’amplifier avec la fonte des glaciers et d’une partie de la calotte glaciaire du Groenland, des terres seront immergées. Le terme d’éco-réfugiés est apparu dès 1985 dans un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement, dorénavant la définition sera restreinte aux conséquences du changement climatique mais cela fera quand même de plus en plus de monde. En août 2005, les habitants de Vanuatu en Océanie ont été déplacés à cause de la montée structurelle des eaux, demain les Iles de Tuvalu disparaîtront, l’archipel ne dépassant pas l’attitude moyenne de 2 mètres. Si les océans montent de 1 mètre, ce qui arrivera au siècle prochain selon le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), 20 % du territoire du Bangladesh devra être évacué, soit 15 millions de personnes. Sur les 21 villes qui, en 2015, compteront plus de 10 millions d’habitants, on constate que 16 d’entre elles se situent en zone côtière. Certains avancent le chiffre de 150 millions de migrants en 2050, les tensions inter-humaines ne pourront que s’exacerber.

Il n’y a plus de nouvelle frontières comme au temps de l’expansion humaine en Amérique du Nord, il n’y a qu’une planète qui se rétrécit à vue d’œil à cause de l’anthropisation, d’où l’artificialisation des sols, l’extension des déserts, le réchauffement climatique. Il aurait fallu rester à l’écoute de la Biosphère !
(écrit le 6.05.2006 par Michel Sourrouille)

Moins de glaciers, paradoxalement moins d’eau

Selon un article de la revue Nature, le réchauffement climatique pourrait modifier de façon sévère la disponibilité en eau. Dans un monde plus chaud, il y a moins de chutes de neige en hiver et la fonte survient plus tôt au printemps. Chacun de ces effets se traduirait par l’avancée du pic du niveau des rivières dans le courant de l’hiver et le début du printemps, là où la demande d’eau est la moins importante. Réciproquement les disponibilités seront au plus bas en été et en automne. Même dans l’Himalaya, on peut mesurer la diminution de l’épaisseur des glaciers, jusqu’à un mètre chaque année depuis cinquante ans. Pourtant un sixième de la population mondiale dépend des glaciers et de la couverture neigeuse pour son alimentation en eau. A travers ce simple exemple, on constate que le réchauffement climatique induit des effet en chaîne qui vont tous dans le même sens, une détérioration des ressources disponibles pour les humains… sans oublier les non-humains.

La Biosphère note que non seulement la ressource vitale en eau dépérit, mais qu’on peut aussi faire un lien entre température en hausse et risques sanitaires, surmortalité entraînées par les vagues de chaleur, maladies infectieuses comme le paludisme, prévalence de la dengue hémorragique… Qu’attendent les humains pour diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre ?
(écrit le 8.03.2006 par Michel Sourrouille)

BIOSPHERE-INFO des vacances, spécial effet de serre

Voici quelques articles écrits il y a dix ans qui montrent que la « situation climatique » était déjà bien analysée à l’époque. Ils ont été édités en 2005 sur notre réseau de documentation des écologistes http://biosphere.ouvaton.org/
Depuis lors nous n’avons rien fait ou presque pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Les préparatifs laborieux de la COP21 (conférence des parties) à Paris en décembre 2015 ne sont pas faits pour nous rassurer.

L’abonnement au bimensuel BIOSPHERE-INFO est gratuit, il suffit d’envoyer un courriel à biosphere@ouvaton.org
Bonne lecture

spécial « effet de serre »

BIOSPHERE-INFO n° 354 (juillet-août 2015)

1/3) réchauffement climatique, le constat
26.09.2005 Schizophrénie humaine !
Entre l’an 2000 et 2003 (avant la canicule), quatre enquêtes ont été réalisées pour le compte de l’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) sur le thème des représentations sociales de l’effet de serre. En l’an 2003, à peine plus de 10 % des personnes interrogées fait confiance au progrès technique pour trouver des solutions au réchauffement climatique et une proportion à peu près équivalente (13 %) estime qu’il n’y a rien à faire face à un phénomène « inévitable ». Mais la plus grande partie des personnes interrogées préconise une modification importante de nos modes de vie : de 68 % dans l’enquête de 2000, le pourcentage est passé à 75 %. A contrario, si l’opinion publique approuve en théorie des mesures politiques « impopulaires » comme le bridage des moteurs ou la diminution des crédits consacrés aux autoroutes, il refuse la perte de confort que supposerait l’interdiction de la climatisation des voitures.
La classe globale, celle qui possède un véhicule personne, est schizophrène, elle veut une chose et son contraire. La Biosphère a le temps d ’attendre, sans doute. Mais pour l’équilibre des sociétés humaines, ce n’est pas le cas !
10.08.2005 ça va chauffer !
La combustion massive de charbon, de pétrole et de gaz depuis la révolution industrielle a réchauffé l’atmosphère en émettant du CO2, mais elle a aussi contribué à limiter ce réchauffement en émettant de grandes quantités de particules et surtout de dioxyde de soufre. Ce dernier, une fois transformé dans l’atmosphère en aérosols sulfatés, réfléchit les rayons du soleil comme un parasol et influence la formation des nuages, qui agissent aussi sur la température de la Terre. Ce phénomène bien connu a masqué une partie du
réchauffement jusqu’à présent, mais il s’estompera probablement au fur et à mesure que les politiques de lutte contre la pollution locale réduiront les émissions de SO2 un peu partout dans le monde. Or, les aérosols sulfatés ne restent que quelques jours dans l’atmosphère tandis que le CO2 y reste plus de cent ans ! Il se peut que cet effet des aérosols ait largement masqué le réchauffement dû aux gaz à effet de serre, d’où une sous-estimation du réchauffement à venir qui, dans le pire des cas, pourrait atteindre 7,8 °C !
13.06.2005 whistleblowers, lanceurs d’alerte
Le chef du conseil de la Maison Blanche a modifié substantiellement, pour en amoindrir la portée, des rapports officiels décrivant les recherches scientifiques sur le changement climatique. Il faut dire que ce manipulateur travaillait précédemment pour l’American Petroleum Institute, un lobby pétrolier qui a entraîné Bush à sortir du protocole de Kyoto sous le fallacieux prétexte que les sciences du climat étaient si incertaines que l’impact de l’activité humaine sur l’effet de serre serait contestable. Depuis quatre ans la politisation du pouvoir américain (il faudrait plutôt dire « l’action des vendus aux marchands de pétrole ») a eu des conséquences terribles sur les programmes scientifiques, jusqu’à entraîner de l’autocensure. Tout cela aboutit à tromper des Américains qui ont déjà tendances à se tromper eux-mêmes sur la pérennité de leur niveau de vie. Le libéral-capitalisme va donc piller les ressources non renouvelables jusqu’au point de non retour.
La Biosphère félicite tous les citoyens lanceurs d’alerte qui dénoncent cette société construite pour empêcher les gens de s’apercevoir que la planète va de plus en plus mal.
6.06.2005 ça chauffe !
Sous l’impulsion de la MIES (mission interministérielle à l’effet de serre) et dans le cadre du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), la communauté scientifique française converge pour annoncer un réchauffement moyen de la planète compris entre 1,5 et 4° d’ici 2100. Plus grave, il restera encore 20 % de CO2 dans l’atmosphère en l’an 3000 par rapport à ce qui a été émis en 2000, et ce même si on s’était arrêté immédiatement à ce niveau.
La Biosphère condamne solennellement la satisfaction de soi et l’aveuglement de la société thermo-industrielle actuelle et demande à tous les humains de prendre conscience afin d’essayer par tous les moyens de transformer le cours des choses.
15.05.2005 désinformation climatique
Le problème de l’écologie, c’est la tendance humaine à se valoriser en prenant le contre-pieds de la réalité, surtout si on y trouve un avantage financier. Ainsi le botaniste D.B. (pas besoin de lui faire encore de la publicité) ne cachait pas son scepticisme sur l’origine humaine du réchauffement climatique, soutenant dans l’hebdomadaire New Scientist : « Les kyotoistes mentionnent rarement que 555 des 625 glaciers observés par le service mondial d’observation des glaciers ont grossi depuis les années 1980. » Une contre-enquête a montré qu’il s’agissait de quelques glaciers seulement, le changement climatique n’ayant pas des effets uniformes sur la planète, et qu’on a fait aussi une faute de frappe, 555 au lieu de 55 %. De plus les sources de D.B. sont toutes idéologiquement orientées et mal interprétées. En réalité tous les indicateurs restent pessimistes, par exemple en une seule année (2003) les glaciers des Alpes ont perdu de 5 à 10 % de leur volume.
A force de se construire des mensonges, les humains s’empêchent de réagir et demain il sera trop tard.
2/3) les causes de l’effet de serre

26.09.2005 Cercles vicieux
Les activités humaines engendrent au Royaume-Uni l’émission d’environ 150 millions de tonnes équivalent-carbone. En outre, le réchauffement climatique entraîne dans certains écosystèmes des réponses qui conduisent directement à son aggravation : des mécanismes de minéralisation transforment en effet le carbone organique stocké dans les sols en CO2, particulièrement quand ils sont tourbeux et sous des conditions climatiques de froid et d’humidité. Ainsi le dioxyde de carbone relâché par les sols d’Angleterre et du Pays de Galles entre 1978 et 2003 s’est libéré dans l’atmosphère à concurrence de 13 millions de tonnes. Ces pertes correspondent à la totalité des réductions d’émission de CO2 réalisées par le Royaume-Uni entre 1990 et 2002 et n’ont pas été envisagées par le protocole de Kyoto. De même la couverture végétale des régions arctiques (toundra) augmente avec la synthèse de nouvelle biomasse entraîné par le réchauffement. Cette croissance des arbustes modifie l’enneigement hivernal et ces régions réfléchissent moins la lumière du soleil et absorbent plus d’énergie. Cet excès est susceptible de libérer une part du carbone stocké dans les sols !
Une politique climatique efficace devrait donc dans un avenir très proche tenir compte de toutes les sources de carbone : ce n’est pas demain que la Biosphère évitera le réchauffement et l’exacerbation des phénomènes météorologiques…
7.07.2005 Bush touché par l’état de grâce !
Avant le sommet du G8, George Bush, cet hérétique à la tête des Etats-Unis, vient d’avoir enfin une Révélation : « Je reconnais que la surface de la Terre est plus chaude et que l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre provoquée par l’activité humaine contribue au problème ».
Encore quelques conversations avec l’ange Gabriel, et Bush signera le protocole de Kyoto.
11.04.2005 une voiture propre ?
Petit exercice de mathématique : Sachant d’une part que les constructeurs européens d’automobiles risquent des sanctions financières s’ils n’atteignent pas en 2008 une moyenne pondérée de 140 grammes de CO2 par véhicule, et d’autre part que la moyenne des émissions des voitures neuves est passé entre 2001 et 2004 de 154 à 152 grammes, calculez le nombre d’années de délai supplémentaire que l’UE va donner aux industriels pour s’acquitter de leurs obligations.
La Biosphère connaît déjà la réponse, cela s’appelle « réchauffement climatique ».
11.03.2005 brève climatique
Un institut de recherche américain nous révèle qu’au rythme de 8 % de croissance annuel du PIB, le parc automobile chinois devrait s’établir à 1,1 milliard d’unités en 2031… encore aux Etats-Unis et le même jour, G.Bush réitère ses appels en faveur d’une réforme du secteur de l’énergie face à la hausse des prix mondiaux du pétrole et de l’essence : c’est ça les contradictions du monde moderne!
24.02.2005, Renault détraque le climat
Pour l’instant produite en Roumanie (capacité de 150 000 véhicules) et commercialisée dans huit pays d’Europe de l’Est, la Logan de Renault à 5000 euros est un succès avec 40 000 commandes en trois mois, le double des prévisions. Mais il est aussi prévu de produire la Logan en Inde près de Bombay pour un volume de 50 000 véhicules par an, c’est un marché si prometteur. Il y a aussi des usines prévus dans tous les pays émergents, la Russie, le Maroc, la Colombie et on espère même pour bientôt la Chine et l’Afrique du Sud. Le constructeur d’origine française espère ainsi vendre un million de ces berlines familiales en 2010, bonjour l’effet de serre. D’un coté les humains veulent bien mettre en œuvre lentement le protocole de Kyoto (le 16 de ce mois), de l’autre ils accélèrent tout ce qui peut nuire au climat.
Devant tant d’inconséquence, la Biosphère ne peut malheureusement que secouer quelques plaques tectoniques !

3/3) Les solutions, elles reposent sur chacun de nous
2.10.2005 L’effet de serre dope l’effet de serre !
Dans la rubrique « l’avenir de la planète », le journal Le Monde nous apprend ceci : « Face aux fortes chaleurs et surtout au stress hydrique, les plantes adoptent un mécanisme de défense qui leur permet de limiter leur évapotranspiration : elle ferment les stomates de leurs feuilles, ce qui ralentit la photosynthèse et absorbe moins de CO2. A l’échelle de l’Europe, la production végétale a donc chuté de 30 % en 2003 dans les peuplements forestiers comme sur les surfaces cultivées ; une baisse sans précédent au cours du siècle écoulé. Dans le même temps, avec la respiration des végétaux, les écosystèmes ont relâché dans l’air quelque 500 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent de quatre années de séquestration du même gaz par la végétation. Alors que les experts estiment qu’au niveau de la planète entière le manteau végétal permet de capturer entre 10 % et 20 % des émissions humaines de CO2, le bouclier vert risque donc de se transformer en menace. »
En vis-à-vis de cette information, le journal Le Monde présente sur toute une page la nouvelle Clio (117 à 179 g de CO2 pour des moteurs de 75 à 105 ch.) ainsi que l’Alfa Roméo 159 de 260 ch. Pour 1,9 tonnes ; mais le niveau d’émission de gaz à effet de serre de ce modèle n’est pas indiqué ! Ce n’est pas sur un journal d’information aussi schizophrène que la Biosphère peut compter. Alors, où est l’espoir ? Seulement dans ces militants de l’action directe qui commencent prudemment à dégonfler les pneus de 4×4 en attendant de devenir plus virulents…
2.10.2005 La décroissance (disponible en kiosque)
Dans ce bimestriel sous-titré « Le journal de la joie de vivre », cette intéressante conclusion sur l’impuissance humaine à contourner l’effet de serre d’origine anthropique : « Une étude publiée dans Nature estime qu’il n’y a aucun bénéfice énergétique à utiliser la biomasse des plantes pour fabriquer du carburant. Selon les chercheurs de l’université de Cornell et de Berkeley, la fabrication du carburant éthanol à parti de maïs nécessite un tiers de plus d’énergie que celle qui sera restituée comme carburant. Utiliser de la biomasse n’est donc pas une stratégie soutenable. Une autre étude parue dans Bioscience montre quant à elle que l’éthanol à usage de biocarburant réduit la biodiversité, augmente l’érosion des sols et consomme de grandes quantités d’eau ».
La Biosphère savait déjà que les humains n’auraient jamais du se déplacer autrement qu’à pied, ils sont déjà suffisamment doués naturellement pour être des coureurs rapides et endurants ou des marcheurs infatigables …
1.10.2005 Vive le pétrole cher !
Le baril de pétrole a récemment dépassé 70 $, il faudrait qu’il augmente encore continûment. En effet certains politiciens et chefs d’entreprises commencent enfin à penser aux économies d’énergie et à la relance des énergies renouvelables car des perspectives s’ouvrent grâce à la hausse des prix. Selon la présidente de l’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le kWh éolien coûte aujourd’hui à peu près autant que le kWh fourni par une turbine à gaz ; pour le thermique, si vous prenez le chauffage au bois, avec un baril durablement à 60 $, il devient compétitif par rapport à un chauffage au fioul ; à 65 $ le baril, certains biocarburants deviennent compétitifs, mais pour d’autres il faudra attendre que l’on se rapproche de 80 ou 100 $. De toute façon, pour que l’investissement dans les énergies renouvelables progresse, le prix du pétrole doit monter toujours plus haut : le kWh photovoltaïque revient encore sept fois plus cher que l’éolien.
La Biosphère aime les énergies renouvelables qui brassent la vie sur Terre comme l’a fait le cyclone Katrina au Sud des USA. Elle préfère sans aucun doute une humanité moins nombreuse qui limite ses besoins en énergie.
30.09.2005 Consomm-acteur ?
Le prix de l’essence affole facilement les boussoles politiques. La gauche réclame le rétablissement de la TIPP flottante (mécanisme inventé par L.Fabius à Bercy en 2001-2002), c’est-à-dire une baisse de taxe. Le gouvernement supposé libéral de D. De Villepin a choisi de montrer du doigt les profits des compagnies pétrolière. Reste à savoir ce qui est citoyen en matière d’énergie en général et de pétrole en particulier. S’il s’agit de baisser les taxes ou de taxer les majors pour financer une baisse du carburant, et donc relancer la consommation de pétrole, il n’est pas sûr que ce soit dans l’intérêt à long terme de la France et de la planète l’attitude la plus « citoyenne ».
La Biosphère ne peut qu’être en accord avec la Cour des comptes qui, dans son rapport « fiscalité et environnement » indique : « La TIPP contribue à limiter la consommation d’énergie fossile ; elles constitue à ce titre un outil efficace pour respecter les objectifs de réduction des gaz à effet de serre ». Comme la TIPP est moins appropriée pour limiter la pollution locale, la Cour envisage aussi des péages urbains pour limiter l’accès des automobiles aux centres-villes. Préparez-vous à ouvrir votre porte-feuille !
29.09.2005 Discours foireux
Lee Raymond, PDG d’Exxon Mobil : « Les énergies renouvelables sont un gâchis total d’investissement » et le réchauffement climatique « une notion non scientifique propagée par des chercheurs en mal de budgets ». Dick Cheney, vice-président des USA : « Economiser l’énergie peut être une vertu individuelle, mais pas une base pour construire une politique énergétique solide ». Mais heureusement la dépendance des USA vis à vis de l’étranger, pour 65 % du pétrole et 15 % du gaz consommés, implique nécessairement un changement de registre. Ainsi selon James Woolsey, ancien directeur de la CIA : « La coalition des défenseurs de la nature, d’hommes politiques de bonne volonté et de faucons de la sécurité nationale peut mettre fin à la toute puissance du pétrole ».
Les humains commencent à penser juste bien trop tard et trop souvent pour de mauvaises raisons. Les gaz à effet de serre d’origine anthropique n’auraient jamais du se multiplier au détriment des ressources fossiles : laissez à la Nature ce qui appartient à la Nature.

28.09.2005 Limiter le trafic aérien
Si les émissions totales de gaz à effet de serre ont diminué en Europe de 3 % entre 1990 et 2002, celles générées par le trafic aérien ont augmenté de près de 70 %. Au niveau international, le trafic aérien a engendré en 2002 des émission qui représentent 12 % du total des émissions produites par les transports. Mais l’impact est nettement plus grand si tous les facteurs sont pris en considération. Les oxydes d’azote qui sont rejetées par les avions à leur attitude de croisière forment de l’ozone. Ils engendrent la formation de traînées de condensation qui contribuent également au réchauffement climatique. Pour donner une idée de l’ampleur du problème, sachez que chaque vol aller-retour entre Londres et New York produit, pour deux passagers, presque autant de CO2 qu’une voiture particulière européenne moyenne en un an. La commission européenne pense que si les prix reflètent ces coûts externes, les consommateurs seront plus conscients du coût global de leur vol et les compagnies seront plus enclines à investir dans des technologies respectueuses de l’environnement.
Mais la Biosphère pense de son côté que les riches n’ont pas à monopoliser les voyages en avion ; de plus faire confiance au progrès technique est une illusion car rien ne peut faire voler des plus lourds que l’air sans conséquences sur l’entropie. A chacun d’en tirer les conclusions !
27.09.2005 Emprisonner le CO2 ?
La capture du CO2 n’est praticable que là où sa production est la plus concentrée, les centrales thermiques (40 % des émissions mondiales de CO2), mais aussi les cimenteries, les raffineries ou les unités sidérurgiques. Les procédés envisagés ont un coût estimé de 50 à 70 euros la tonne, soit deux ou trois fois plus élevé que le prix auquel s’échange le carbone sue la bourse des « droits à polluer ». En effet la capture dans les fumées de combustion est fortement énergivorace. De plus il faut des pipelines pour envoyer au loin ce CO2 dans des réservoirs géologiques, des aquifères salins profonds ou des gisements de gaz ou de pétrole en fin d’exploitation. Or l’étanchéité » des sites pour une durée de 50 à 100 ans est loin d’être assurée et nécessite des travaux de vérification considérables. (Le Monde, 16.09.2005)
Il est fort dommageable pour la Biosphère qu’on envisage plutôt tous les moyens de continuer à exploiter les énergies fossiles au lieu de décider de les exploiter le plus rapidement possible en modifiant complètement les modes de vie !
7.09.2005 SUV, sports utility vehicles
Les ventes de 4×4 ont quintuplé depuis 10 ans pour atteindre 5,1 % du marché en France. Ces voitures n’ont pourtant rien à faire en ville et pas plus sur les petites sentiers de campagne puisque l’Ademe pense que cet achat n’est pas un acte rationnel : le 4×4 pollue proportionnellement davantage à cause de son poids, du manque d’aérodynamisme de ses lignes, sans compter la transmission intégrale permanente aux quatre roues qui absorbe un surplus d’énergie ; rouler en 4×4 (229 g/km de CO2) contribue au réchauffement climatique beaucoup plus qu’une berline (142 g/km de CO2). Son usage incarne une américanisation rampante du mode de vie occidental alors que le slogan « toujours plus » est désormais dépassé, c’est une forme d’arrogance, si ce n’est de provocation.
Des SUV sont déjà incendiés en Pennsylvanie, des vitres brisées dans l’Etat de Washington et des slogans « no blood for oil » tagués sur leurs carrosseries dans le Massachusetts. La Biosphère saute de joie devant ces actes, car que faire d’autre contre la bêtise humaine : deux tiers des américains préfèrent embrasser leur voiture plutôt que leur mère !
29.08.2005 Neutre pour le climat
Pour réaliser leur livre, « 80 hommes pour changer le monde », Sylvain Darnil et Mathieu le Roux ont interrogé des entrepreneurs dans différents pays. Pour rester neutre par rapport au climat, les auteurs ont alors calculé l’empreinte climatique de leur voyage autour du monde grâce au site Internet futureforests.com. Ils ont en conséquence financé un projet de plantation, au pied du Kilimandjaro, de 1300 pousses de M’pingo, une espèce rare d’ébène africain. La croissance de ces arbres devrait absorber, tout au long de leur vie, l’équivalent des 11 tonnes de CO2 émises par l’ensemble de leurs trajets.
L’initiative est louable, mais si la croissance d’une forêt fixe le carbone, un incendie détruira tous les efforts accomplis. La seule énergie utilisable pour les déplacements humains doit résulter des énergies renouvelables, on ne peut recouvrir la terre toute entière d’arbres.
16.08.2005 Une seule solution, la décroissance
Les deux principaux pays pollueurs au monde, les Etats-Unis et la Chine, ainsi que l’Australie, l’Inde, le Japon et la Corée du sud ont signé un partenariat sur le développement propre et le climat. L’objectif est de mettre des moyens en commun pour développer des énergies plus propres (gazéification du charbon, géothermie)) et promouvoir le transfert de technologies nouvelles centrales nucléaires, éoliennes plus performantes. Alors que ces six pays représentent la moitié des émissions mondiales de CO2 , il ne s’agit nullement de réduire les émissions comme le faisait le protocole de Kyoto, mais de promouvoir une croissance économique moins intense en gaz à effet de serre.
Encore une fois, la Biosphère constate que les humains veulent toujours remettre à plus tard la nécessaire décroissance productive en utilisant des alibis dérisoires.
9.07.2005 Kyoto à petits pas
Malgré ou à cause des attentats terroristes à Londres, le G8 réuni en Ecosse publie un texte commun sur le changement climatique : « Ceux d’entre nous qui ont signé le protocole de Kyoto (c’est-à-dire tout le monde sauf les Etats-Unis) se félicitent de son entrée en vigueur et oeuvreront pour en assurer le succès (….) La convention-cadre des nations –Unies constitue l’enceinte appropriée pour négocier l’avenir du régime multilatéral sur le changement climatique ».
G.Bush accepte donc que cet « accord pourri » (comme il l’avait qualifié avant l’ouverture du sommet) soit reconnu à sa juste valeur, c’est-à-dire le strict minimum des obligations de la communauté internationale envers la Biosphère.
5.07.2005 Après Kyoto, sans illusions
Les Américains ont refusé de ratifié le protocole de Kyoto parce qu’ils ont d’abord nié la réalité du changement climatique, puis ils ont mis en cause le lien entre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre, tout cela à l’encontre de l’évidence scientifique. Ils ont aussi prétexté de l’absence de contraintes sur les grands pays du Sud, exclu en effet des efforts recommandés par le protocole d’ici 2012, mais il fallait bien que le pays le plus pollueur de la planète montre l’exemple : les USA génèrent 21 à 25 % des GES pour seulement 5 % de la population mondiale. Enfin les Américains ne veulent pas voir leur croissance amputée, les emplois détruits et la modification d’un mode de vie si agréable que les prisons américaines sont les plus pleines de la planète.
La Biosphère se dit alors : vivement la pétro-apocalypse pour que les Américains se souviennent de 1929.
1.07.2005 le climat, c’est compliqué
L’irruption du Pinatubo en 1991 projeta de telles quantités de poussière volcaniques dans l’atmosphère que la température moyenne à la surface de la Terre diminua de 0,5°C. J’entends tout de suite cogiter nos scientifiques : « Si on utilisait encore plus d’aérosols, ces particules vont réfléchir les rayons de soleil et le réchauffement climatique sera enrayé ». Biosphere signale d’abord que les aérosols d’origine humains représentent seulement 10 % de ceux générés par la Nature, ensuite ils sont de trop petites tailles. Comme ils servent alors de noyaux de condensation, ils diminuent la quantité des précipitations et réduiront ainsi les productions agricoles. Alors d’autres scientifiques : « On pourrait essayer de stimuler un gros volcan avec une petite bombe atomique ! ». Mais dans ce cas, comment doser la quantité de matière émises ?
Il n’y a pas d’autres solutions contre l’effet de serre que limiter la consommation , mais la cécité humaine va de pair avec leur imagination débordante. La Biosphère rigole.
22.06.2005 cherche carbone, votre prix est le mien
Alors qu’on avait démarré les cours à 7 euros en janvier 2005, l’envolée brutale (à plus de 21 euros la tonne) des droits d’émission de dioxyde de carbone a surpris tous les industriels. Il faut dire que les échanges sont limités, les différentes places boursières non connectées et l’offre rare. Pourtant les cours du CO2 deviennent un déterminant important de la société thermo-industrielle, tant pour le calcul du prix du mégawatt de l’électricité que pour la localisation de l’activité : l’ industries lourde menace déjà les politiques, papeteries et cimenteries vont être obligé d’aller produire ailleurs qu’en Europe. Comme on s’y attendait, le droit de polluer est devenu un droit à polluer ailleurs, de toute façon l’augmentation de l’effet de serre pourra se poursuivre dans le sauve-qui-peut général.
Avec ou sans marché boursier, il ne faut pas en effet trop attendre des industriels qu’ils investissent dans des techniques moins polluantes qui n’existent pas vraiment. De toute façon l’essentiel de la progression de l’effet de serre résulte des transports et de l’habitat, donc des décisions des consommateurs individuels. Mais chut, ça il ne faut pas le dire puisqu’on ne fait rien en la matière !