Mois : décembre 2015

Regard sur le futur, un jour de réveillon en 2050

En ce jour de réveillon de 2050, Léa confectionne un repas 100 % local, ce qui réduit considérablement la variété des mets possibles. Elle se souvient comme d’un rêve des papayes que ses parents lui achetaient à la fin du XXe siècle, sans se soucier du fait qu’il avait fallu dépenser pour cela plusieurs litres de pétrole. De toute façon elle est bien seule, il ne lui reste plus qu’un dernier descendant. Ses deux autres petits-enfants sont décédés il y a trois ans, ils ont succombé à l’une de ces nouvelles maladies à côté desquelles l’épidémie de grippe aviaire, qui avait frappé la France en 2010, n’avait été qu’une discrète entrée en matière. Ils avaient été victimes d’un virus apparu en Sibérie du Nord, là où le permafrost a cédé la place à des marais à partir de l’année 2025. Maintenant des millions de personnes sont au chômage. Le gouvernement français vient d’interdire toute manifestation et même les rassemblements de protestation. Le ministre de l’Intérieur vient de prendre un de ces décrets maudits, c’est l’armée qui réprimera d’éventuels troubles de l’ordre public.

Léa a renoncé depuis longtemps à l’idée d’acheter une automobile ; en 2035, l’Union européenne avait réservé l’usage des biocarburants aux véhicules utilitaires. Même l’utilisation du charbon liquéfié a été proscrite car les sols et surtout les océans qui séquestraient le carbone depuis toujours, ne jouaient plus leur rôle, renforçant ainsi très brutalement l’effet de serre anthropique et les dérèglements du climat. Cet été, Léa avait appris par une amie que le thermomètre était monté jusqu’à 45°C à Caen.

La Biosphère vous souhaite un bon réveillon 2015, coloré de sobriété joyeuse.

NB : pour en savoir plus sur l’histoire de Léa, lire « Le développement durable, maintenant ou jamais » de D.Bourg et G.Rayssac

Ascèse ou désir, l’emprise de la publicité sur nos vies

« Ascèse ou désir ? Votre question me fait bien rigoler. On l’a tranchée depuis belle lurette, nous les publicitaires. Oui, l’économie ne peut s’étendre que par le culte de l’envie. Le désir insatiable est son moteur. Nous ne pouvons nous développer qu’en société de surconsommation. Ce superflu est le nécessaire du système. Notre maître à tous, Jacques Séguéla n’est pas un peine-à-jouir qui en appelle à l’ascèse ! Pour mettre en appétit, pour donner envie, il fallait un grand lessivage de la conscience collective, pénétrer les têtes. C’est pourquoi les publicitaires, ces marchands de bonheur, s’efforcent d’infantiliser les foules. Alors bien sûr, on accuse la publicité de créer des besoins. Mais heureusement qu’elle les crée ! Stopper la tentation, c’est stopper l’économie. Pour poursuivre l’expansion, nous devons produire d’insatiables gloutons qui pleurnichent dès que l’essence vient à manquer dans les pompes. Vous voulez lutter sur notre terrain en revendiquant la libération du désir ? Haha, vous n’avez aucune chance !

Non, celui qui nous dérange vraiment, c’est celui qui maîtrise ses besoins, qui se contente de ce qu’il a, qui ose dire « ça me suffit ». Lui, c’est notre cauchemar. Il est là, satisfait, à lire des bouquins de philosophie antique et à se référer à d’obscures sagesses ancestrales qui appelaient à la sobriété, à l’autolimitation. Regardez-le, ce contemplatif, qui préfère cultiver son jardin, rire avec ses amis et faire l’amour sans passer par notre magasin de sex-toys… J’en connais même qui appelaient à détruire la publicité et qui osent raconter que les modèles de bonheur que nous offrons sur papier glacé, ce n’est que de l’illusion, du factice, de la pacotille. Que la vie est ailleurs que dans les travées du supermarché ! En dehors de la marchandise ! Et puis, quoi encore ? »

Nous ne savons pas si c’est de l’humour ou du second degré, mais les extraits ci-dessus sont issus d’un texte qui serait écrit par Anne O’neem, une psychosociologue qui travaillerait dans une multinationale de la communication. Tout ce qu’on sait de certain, c’est que ce point de vue parait dans la revue « La décroissance » n°125 (décembre 2015 – janvier 2016), un journal qui défrise pour la bonne cause…

L’art de bien vivre de peu, comportement à contre-courant

La manière dont personnellement tu vis et consommes a des répercussions tant sur la vie des autres personnes que sur celle des non-humains et des générations futures. Quelles sont donc les caractéristiques de la simplicité volontaire ?

La simplicité volontaire se heurte d’abord au problème de la définition d’un mode de vie acceptable.  Il n’y a presque aucune norme de consommation a minima : par exemple tous les moyens de subsistance d’un ascète indien peuvent provenir uniquement de l’univers mortuaire. S’il porte une tunique, c’est celle d’un défunt. Son unique bien, signe distinctif des vrais aghoris, c’est un crâne humain ; soigneusement nettoyé et taillé jusqu’au niveau des orbites oculaires, ce récipient osseux lui sert aussi bien à mendier qu’à se nourrir. Sa nourriture, à part les déchets récupérés ici ou là, provient des aumônes qu’apportent les familles du disparu. Mais il n’y a pas de véritable ascète s’il s’agit de compter uniquement sur la générosité de ses semblables. Il faut donc envisager une autre définition.

Vauban décrivait en 1707 ce qui lui paraissait le minimum vital pour une famille ouvrière française, le seuil au-dessous duquel la survie n’était plus possible. La ration correspondait à quelques 1500 calories, mélange de blé et d’autres céréales appelé méteil dont la part dans le budget total était presque de 70 %. Mais dans les pays développés actuels, la part de l’alimentation pour les ménages ouvriers s’établit à moins de 20 % et la place du pain est tombée en dessous de 3 %. Pour les pays riches, le seuil de pauvreté devient donc complètement relatif et s’exprime par rapport au niveau de revenu médian de la population ; puisque la base de calcul est variable, le minimum vital devient alors indéfinissable, un pauvre des pays riches est très riche du point de vue d’un habitant en pays pauvre. Pourtant, dans ce contexte d’enrichissement sans frein, aucun dirigeant d’un pays, quel que soit le niveau de vie obtenu, n’a annoncé un projet de stabilisation de la demande de ses nationaux ; à l’économie de subsistance a succédé la tyrannie de l’excédent.

La simplicité volontaire se heurte aussi à l’idéologie économique ambiante. Selon la doctrine keynésienne (dans son livre de 1936), il fallait consommer toujours plus pour échapper à une grande crise comme celle de 1929 : ainsi on lutterait contre l’équilibre de sous-emploi et le chômage. Aujourd’hui les entreprises et les gouvernements ont tellement bien compris la leçon que la croissance de la consommation est devenue une fin en soi, sans souci de la survie des futures générations ni de la préservation de la biodiversité. La simplicité volontaire est une tentative d’enrayer ce mécanisme keynésien (et fordiste). Cela consiste à choisir un autre mode de vie que celui de la société de consommation et du spectacle. Contre le gaspillage des ressources fossiles, il s’agit de cultiver la sobriété énergétique, contre la dictature des objets, il s’agit de privilégier les relations directes avec les autres humains tout autant qu’avec la Nature. Les humains ne devraient jamais penser en termes de maximum ou de minimum, mais en termes d’optimum, ce qui est le mieux pour la planète, donc pour soi personnellement : il faut respecter les cycles vitaux de la Biosphère.

Limiter l’expansion indéfinie de nos désirs, c’est la seule voie réaliste vers une société d’abondance. Il faut en revenir aux schémas mentaux des sociétés premières dont rien dans le fonctionnement social ne permettait la différence entre le plus riche et le plus pauvre car personne n’y éprouvait le désir baroque de faire, posséder ou paraître plus que le voisin. A chacun de tracer son propre chemin sur la voie de la simplicité volontaire…

L’issue fatale du développement, c’est la décroissance

Dès 1980, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) proposait comme définition du développement durable « un développement qui tient compte de l’environnement, de l’économie et du social ». Le rapport Brundtland, document préalable au sommet de la Terre de Rio (1992) énonçait que « le développement durable est un développement qui permet de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Mais ces définitions pêchent grandement car elles s’appuient sur un concept de développement qui lui-même n’est pas défini ! S’il s’agit de garder l’équilibre entre la nature et le progrès économique, faire en sorte de ne pas épuiser les richesses au point où les générations à venir n’auront plus de bois, plus de pétrole, plus d’eau potable, s’il s’agit d’équilibrer la production agricole et la démographie humaine tout en conservant une nature sauvage pour respecter la biodiversité, c’est gravement compromis par quelque développement que ce soit.

Il n’y a qu’une seule acception possible sous le terme développement, c’est celui de décroissance humaine, qu’elle soit démographique ou productive. C’est seulement à cette condition que les humains pourront s’adapter à des ressources alimentaires qui rencontrent un jour ou l’autre la loi des rendements décroissants, et cette décroissance devra être d’autant plus abrupte si on ne veut pas que les humains s’entretuent pour accaparer l’espace de plus en plus réduit dont ils croient qu’ils sont les seuls maîtres.

(écrit le 31 octobre 2005 par Michel Sourrouille)

Noël, que va dire le pape François ?

Benoît XVI n’était pas un pape « vert ». Benoît 16 dénonçait en décembre 2007 dans son message de Noël l’exploitation de la planète : « paix et écologie dans le message de Noël du pape ». En fait, juste une petite phrase du pape peut appuyer cette assertion : « Dans le monde, le nombre des migrants, des réfugiés, des déplacés, va toujours croissant, à cause aussi des catastrophes naturelles, qui sont souvent la conséquence de préoccupants désastres écologiques. » Pas de quoi changer la face du monde et dénoncer les innombrables dommages environnementaux causés par l’homme. Il est vrai que la religion catholique, comme d’ailleurs bien d’autres religions, ne voit dans la planète qu’une propriété que les humains « à l’image de Dieu » peuvent exploiter et saccager.

Dans son message Urbi et Orbi du 25 décembre 2009, le Pape n’était toujours pas écolo : « Autour de la crèche de Bethléem, tout se passe dans la simplicité et dans la discrétion, selon le style par lequel Dieu opère. » Mais le pape n’en dit pas plus, à chacun de choisir sans le pape la simplicité volontaire dans sa vie quotidienne. Benoît 16 fait le tour des problèmes de l’humanité : « Le « nous » des croyants opère au Sri Lanka comme levain de réconciliation et de paix… Le « nous » de l’Église incite à dépasser la mentalité égoïste et techniciste… » Y’a pas beaucoup plus d’écologie dans le message du pape que dans le Noël des marchands.

Avec Benoît 16 la papauté est sur le déclin, encore imprégnée d’une théologie d’un autre âge, pape dont rien ne laisse supposer une capacité d’ouverture aux problèmes contemporains, à commencer par ceux de la Biosphère. D’ailleurs pour lui, nul besoin d’électricité et de pétrole, la parole est toujours éthérée : « La lumière qui émane de la grotte de Bethléem resplendit sur nous. Toutefois la Bible et la Liturgie ne nous parlent pas de la lumière naturelle, mais d’une autre lumière, spéciale… » Les servants du nucléaire et les marchands du Temple peuvent continuer à sévir le jour de Noël et tout le reste du temps, ce n’est pas le problème du pape. Il nous faut chercher une spiritualité ailleurs, par exemple dans la contemplation de la nature.

Aujourd’hui le pape François vient d’écrire une encyclique sur l’écologie, une grande première dans l’Eglise : Laudato Si. Que va dire le pape dans son message de Noël ? Nous espérons un peu plus d’écologie…

Noël, que va dire le pape François ?

Benoît XVI n’était pas un pape « vert ». Benoît 16 dénonçait en décembre 2007 dans son message de Noël l’exploitation de la planète : « paix et écologie dans le message de Noël du pape ». En fait, juste une petite phrase du pape peut appuyer cette assertion : « Dans le monde, le nombre des migrants, des réfugiés, des déplacés, va toujours croissant, à cause aussi des catastrophes naturelles, qui sont souvent la conséquence de préoccupants désastres écologiques. » Pas de quoi changer la face du monde et dénoncer les innombrables dommages environnementaux causés par l’homme. Il est vrai que la religion catholique, comme d’ailleurs bien d’autres religions, ne voit dans la planète qu’une propriété que les humains « à l’image de Dieu » peuvent exploiter et saccager.

Dans son message Urbi et Orbi du 25 décembre 2009, le Pape n’était toujours pas écolo : « Autour de la crèche de Bethléem, tout se passe dans la simplicité et dans la discrétion, selon le style par lequel Dieu opère. » Mais le pape n’en dit pas plus, à chacun de choisir sans le pape la simplicité volontaire dans sa vie quotidienne. Benoît 16 fait le tour des problèmes de l’humanité : « Le « nous » des croyants opère au Sri Lanka comme levain de réconciliation et de paix… Le « nous » de l’Église incite à dépasser la mentalité égoïste et techniciste… » Y’a pas beaucoup plus d’écologie dans le message du pape que dans le Noël des marchands.

Avec Benoît 16 la papauté est sur le déclin, encore imprégnée d’une théologie d’un autre âge, pape dont rien ne laisse supposer une capacité d’ouverture aux problèmes contemporains, à commencer par ceux de la Biosphère. D’ailleurs pour lui, nul besoin d’électricité et de pétrole, la parole est toujours éthérée : « La lumière qui émane de la grotte de Bethléem resplendit sur nous. Toutefois la Bible et la Liturgie ne nous parlent pas de la lumière naturelle, mais d’une autre lumière, spéciale… » Les servants du nucléaire et les marchands du Temple peuvent continuer à sévir le jour de Noël et tout le reste du temps, ce n’est pas le problème du pape. Il nous faut chercher une spiritualité ailleurs, par exemple dans la contemplation de la nature.

Aujourd’hui le pape François vient d’écrire une encyclique sur l’écologie, une grande première dans l’Eglise : Laudato Si. Que va dire le pape dans son message de Noël ? Nous espérons un peu plus d’écologie…

Apprendre à réinventer la simplicité en famille

« Comment apprendre à nos enfants à se réjouir de ce qu’ils ont, à ne pas demander toujours plus ? Un sujet d’actualité en cette période de surenchère pré-festiv e. Cultiver l’esprit de pauvreté en famille, c’est…

… enseigner très tôt que l’argent ne tombe pas du ciel, qu’il est le fruit d’un travail, qu’il faut économiser pour dépenser. Dans ce domaine, une tirelire s’avère pédagogique, dès le plus jeune âge, pour apprendre à gérer ses dépenses et ses recettes, même minimes.

… expliquer pourquoi on n’achète pas tout ce dont on a envie, même si on le peut, parce que le bonheur ne vient pas d’un bien matériel.
… apprendre à différer son désir à l’âge du « tout, tout de suite » : garder la crème dessert pour le repas dominical, inviter à choisir entre plusieurs souhaits celui qu’il préfère comme cadeau de Noël, inviter le jeune à contribuer à un achat s’il veut impérativement de la marque, etc.

… réparer plutôt que racheter, prendre soin de ses livres, de ses jouets, ranger pour éviter de marcher sur un playmobil ou de racheter la paire de gants introuvable, oubliée au fond d’un sac…

… partager -pas toujours facile à l’âge du « c’est à moi ! » -, qui implique de prendre en compte l’autre dans ses propres envies et désirs.

… les inviter à se débrouiller avec peu, sans acheter le dernier jouet ou gadget à la mode. Ils le savent d’ailleurs, eux qui préfèrent au jouet sophistiqué son carton d’emballage qu’ils transforment en barque ou en cabane ! »

http://www.lavie.fr/blog/stephanie-combe/a-noel-reinventer-la-simplicite-en-famille,2245

Des vacances de Noël sans chausser les skis

La Biosphère espère que vous allez passer un bon Noël sans skis. On ne peut en effet maintenir la montagne « propre » quand on y multiplie les immeubles et les remonte-pentes. Ce n’est pas un loisir qui préserve la Biosphère que de déplacer des citadins en mal d’air pur vers de lointaines destinations où on va recréer la ville et poursuivre des activités sans intérêt.

Mais le greenwashing règne dans tous les  domaines. On veut dorénavant vendre la destination neige en l’inscrivant sur le registre du développement durable ! L’office de tourisme d’Avoriaz avait installé un « corner environnemental » qui invite à calculer son empreinte écologique ; Sainte-Foy en Tarentaise mettait en évidence l’habillage bois de ses bâtisses ; Val-d’Isère mettait en 2009l’environnement au cœur de l’organisation des championnats du monde de ski alpin. Poudre de neige et de perlimpinpin ! Infinitésimales sont les sociétés de remontées mécaniques qui obtiennent la certification Iso 14001 avec la mise en place de tri sélectif, l’utilisation de produits biodégradables et une recherche d’économie d’énergie. Une seule station en France détient la certification QSE (qualité, sécurité, environnement).

L’association Moutain Wilderness rappelle que la consommation d’eau pour produire de la neige atteint 15 millions de mètres cubes pour 188 stations, un chiffre presque comparable aux 25 milliards de m3 qui servent au remplissage des piscines privées. Il faut aussi 108 millions de kWh pour les canons à neige, soit 0,023 % de la consommation française d’électricité, mais presque autant de proportion dans les déchets nucléaires. Signalons en passant qu’on peut agréablement passer un Noël sans ses skis, même si c’est sous la neige.

Le père Noël a fait mourir la symbolique de Noël

NOËL C’EST QUOI ? Des échanges de cadeaux, généralement superflus. Une fête pour les enfants, avec un arbre et des lumières qui n’ont plus aucun sens. Bien entendu, des bons repas, aussi luxueux que possible, et donc, pour les commerçants, une occasion exceptionnelle de vente et d’affaires. Et puis, la tradition veut maintenant que les autorités politiques s’en mêlent, et dans chaque commune, on tient à dresser le plus beau sapin, et de mettre dans toutes les rues importantes des guirlandes de lumière.

Finalement, je crois que, dans l’opinion commune, Noël ce n’est rien d’autre qu’une occasion pour faire la fête Autrement dit, il ne reste rien de la signification. Qui donc se demande le sens de ce qu’il est en train de faire ?

Il faudrait se rappeler que Noël est en réalité deux fêtes confondues et superposées. La fête païenne était celle du solstice d’hiver : la fin de la progression de la nuit, et le début de la reprise de l’allongement des jours. D’où les lumières allumées partout. Fête païenne, celle de l’arbre toujours vert, du sapin, qui a traversé le froid, la neige, attestant la permanence de la vie contre cet hiver qui symbolise la mort. Mais Noël se fonde aussi dans la plus ancienne tradition religieuse : la naissance de Jésus. Bien entendu, le 25 décembre n’est nullement la date réelle de la naissance de Jésus. On a choisi le moment de la fête païenne.

Ainsi chaque détail de ce Noël se rattachait à une croyance qui donnait à chacun une signification de ce qu’il faisait. Tout ce qui constituait Noël était « symbolique », destiné à nous rappeler quelque chose de plus important, à nous faire revivre un événement qui avait une valeur essentielle. Mais voici que tout cela est parfaitement oublié, on fait la fête parce que c’est la fête et on donne des cadeaux parce que c’est l’habitude. Par conséquent, cette « fête » n’en est pas une.

Elle est un moment absurde où on est bien content de gaspiller pour gaspiller, la publicité nous y aidant. Et ces jours n’ont plus aucun sens, par conséquent aucune profondeur, et je dirai aucune vie. C’est ce qui me frappe souvent pendant ces journées, cette activité fiévreuse me parait extraordinairement morte. Dépouillée de ses significations, la fête de Noël, devenue simple coutume, est en réalité une fête morte et dévoile notre superficialité. Nous, hommes modernes, nous nous agitons sans que cela ait le moindre sens, nous agissons sans savoir ni le pourquoi ni le but et il en est ainsi non seulement un jour de Noël, mais hélas ! pour tous les jours de notre vaine vie.

Résumé d’un article de Jacques Ellul (Sud-Ouest du 23 décembre 1984)

Le père Noël a fait mourir la symbolique de Noël

NOËL C’EST QUOI ? Des échanges de cadeaux, généralement superflus. Une fête pour les enfants, avec un arbre et des lumières qui n’ont plus aucun sens. Bien entendu, des bons repas, aussi luxueux que possible, et donc, pour les commerçants, une occasion exceptionnelle de vente et d’affaires. Et puis, la tradition veut maintenant que les autorités politiques s’en mêlent, et dans chaque commune, on tient à dresser le plus beau sapin, et de mettre dans toutes les rues importantes des guirlandes de lumière.

Finalement, je crois que, dans l’opinion commune, Noël ce n’est rien d’autre qu’une occasion pour faire la fête Autrement dit, il ne reste rien de la signification. Qui donc se demande le sens de ce qu’il est en train de faire ?

Il faudrait se rappeler que Noël est en réalité deux fêtes confondues et superposées. La fête païenne était celle du solstice d’hiver : la fin de la progression de la nuit, et le début de la reprise de l’allongement des jours. D’où les lumières allumées partout. Fête païenne, celle de l’arbre toujours vert, du sapin, qui a traversé le froid, la neige, attestant la permanence de la vie contre cet hiver qui symbolise la mort. Mais Noël se fonde aussi dans la plus ancienne tradition religieuse : la naissance de Jésus. Bien entendu, le 25 décembre n’est nullement la date réelle de la naissance de Jésus. On a choisi le moment de la fête païenne.

Ainsi chaque détail de ce Noël se rattachait à une croyance qui donnait à chacun une signification de ce qu’il faisait. Tout ce qui constituait Noël était « symbolique », destiné à nous rappeler quelque chose de plus important, à nous faire revivre un événement qui avait une valeur essentielle. Mais voici que tout cela est parfaitement oublié, on fait la fête parce que c’est la fête et on donne des cadeaux parce que c’est l’habitude. Par conséquent, cette « fête » n’en est pas une.

Elle est un moment absurde où on est bien content de gaspiller pour gaspiller, la publicité nous y aidant. Et ces jours n’ont plus aucun sens, par conséquent aucune profondeur, et je dirai aucune vie. C’est ce qui me frappe souvent pendant ces journées, cette activité fiévreuse me parait extraordinairement morte. Dépouillée de ses significations, la fête de Noël, devenue simple coutume, est en réalité une fête morte et dévoile notre superficialité. Nous, hommes modernes, nous nous agitons sans que cela ait le moindre sens, nous agissons sans savoir ni le pourquoi ni le but et il en est ainsi non seulement un jour de Noël, mais hélas ! pour tous les jours de notre vaine vie.

Résumé d’un article de Jacques Ellul (Sud-Ouest du 23 décembre 1984)

Sapin naturel ou sapin artificiel, le faux débat

En 1900, il suffisait d’une orange donnée à un enfant pour avoir l’impression d’un immense cadeau. En l’an 2010 les consoles de jeux vidéos du père Noël finissent par intoxiquer les jeunes esprits autour d’un arbre à cadeaux. Car le père Noël a besoin d’un sapin à l’arrivée de son traîneau. Alors quel sapin « vert » pour Noël, artificiel ou naturel ?

C’est en Alsace-Lorraine qu’est né au XIIe siècle le sapin de Noël, ce sont les protestants qui développent la tradition à partir de l’an 1560 et cela totalise maintenant en France 5 millions d’arbres de 6 à 8 ans d’âge pour moins d’un million de reproductions en plastique. En 2009, le sapin artificiel représentait 16 % en France des sapins, 58 % aux Etats-Unis et 67 % en Grande-Bretagne. L’association du sapin de Noël naturel, qui regroupe 70 professionnels, ironise : « Contrairement aux sapins artificiels, les sapins naturels ne sont pas dérivés du pétrole et sont parfaitement biodégradables ». Il n’empêche que les sapins naturels issus d’une monoculture mobilisent des terres qu’on devrait laisser à la biodiversité. On les coupe pour les jeter dans des semi-remorques qui contribuent à l’effet de serre. On les habillera de boules et de guirlandes qui ne représentent rien si ce n’est le culte du toc et de la superficialité qui caractérise la société marchande. En prenant en compte toutes les données, l’arbre artificiel contribue trois fois plus que l’arbre naturel au réchauffement climatique et à l’épuisement des ressources naturelles, ce qui ne fait pas du sapin naturel un innocent ! L’année 2010, Michelle Obama avait demandé qu’on réutilise les ornements des années précédentes. Pour la Green Room, elle a choisi des sapins recyclés : ils sont faits de papier journal passé à la peinture dorée.

Profitez plutôt de cette fête de Noël pour marcher au milieu d’une forêt vivante et réfléchir au système qui nous aliène. Considérez que dans un monde fini nous devons apprendre à limiter nos envies matérialistes. Il nous faut retrouver cet objectif qui devrait nous mobiliser à toutes les époques : moins de biens, plus de liens. Il ne reste plus qu’à refuser d’offrir des cadeaux à Noël pour vivre la simplicité volontaire.

Sapin naturel ou sapin artificiel, le faux débat

En 1900, il suffisait d’une orange donnée à un enfant pour avoir l’impression d’un immense cadeau. En l’an 2010 les consoles de jeux vidéos du père Noël finissent par intoxiquer les jeunes esprits autour d’un arbre à cadeaux. Car le père Noël a besoin d’un sapin à l’arrivée de son traîneau. Alors quel sapin « vert » pour Noël, artificiel ou naturel ?

C’est en Alsace-Lorraine qu’est né au XIIe siècle le sapin de Noël, ce sont les protestants qui développent la tradition à partir de l’an 1560 et cela totalise maintenant en France 5 millions d’arbres de 6 à 8 ans d’âge pour moins d’un million de reproductions en plastique. En 2009, le sapin artificiel représentait 16 % en France des sapins, 58 % aux Etats-Unis et 67 % en Grande-Bretagne. L’association du sapin de Noël naturel, qui regroupe 70 professionnels, ironise : « Contrairement aux sapins artificiels, les sapins naturels ne sont pas dérivés du pétrole et sont parfaitement biodégradables ». Il n’empêche que les sapins naturels issus d’une monoculture mobilisent des terres qu’on devrait laisser à la biodiversité. On les coupe pour les jeter dans des semi-remorques qui contribuent à l’effet de serre. On les habillera de boules et de guirlandes qui ne représentent rien si ce n’est le culte du toc et de la superficialité qui caractérise la société marchande. En prenant en compte toutes les données, l’arbre artificiel contribue trois fois plus que l’arbre naturel au réchauffement climatique et à l’épuisement des ressources naturelles, ce qui ne fait pas du sapin naturel un innocent ! L’année 2010, Michelle Obama avait demandé qu’on réutilise les ornements des années précédentes. Pour la Green Room, elle a choisi des sapins recyclés : ils sont faits de papier journal passé à la peinture dorée.

Profitez plutôt de cette fête de Noël pour marcher au milieu d’une forêt vivante et réfléchir au système qui nous aliène. Considérez que dans un monde fini nous devons apprendre à limiter nos envies matérialistes. Il nous faut retrouver cet objectif qui devrait nous mobiliser à toutes les époques : moins de biens, plus de liens. Il ne reste plus qu’à refuser d’offrir des cadeaux à Noël pour vivre la simplicité volontaire.

La Surpopulation, absente des résultats de la COP21

FIGAROVOX/TRIBUNE – Pour Alain Destexhe, le thème de la surpopulation mondial est la question centrale des années à venir. Pourtant, elle n’est pas posée lors du sommet international sur le climat à Paris. En résumé :

« Nous sommes déjà trop nombreux sur terre. Ce facteur majeur du réchauffement climatique ne sera pourtant pas abordé lors de la COP21… Au niveau mondial, sur une courte période historique de 250 ans, nous aurons assisté à une multiplication par dix de la population.Malgré ces chiffres alarmants, aucune politique de limitation des naissances ne figure à l’agenda de la COP21. Il s’agit d’un sujet trop sensible pour les gouvernements…pour la Banque mondiale ou l’ONU, l’augmentation de la population ne peut être qu’un «potentiel de croissance», une «opportunité à saisir» et même un «dividende démographique»! Le scénario d’une terre peuplée d’un peu moins de dix milliards d’habitants en 2050 ressemble pourtant davantage à celui d’une catastrophe annoncée…

Dans le débat climatique, il est régulièrement rappelé que l’augmentation historique du CO2 dans l’air provient en premier lieu des pays industrialisés… Par ailleurs, dans la mesure où il est souhaitable et inévitable qu’un toujours plus grand nombre de personnes participe à la société de consommation, ce sont les pays les plus peuplés de la planète qui pourraient rapidement avoir une dette climatique à l’égard de ceux qui le sont moins….

Un problème qui n’est pas abordé ne peut pas avoir de solution. La limitation des naissances devrait pourtant être une priorité absolue pour les pays d’Afrique et d’Asie du sud. Non seulement pour prévenir le réchauffement climatique dont ils seront les premières victimes, mais également pour assurer le bien-être de leurs populations. Etant donné l’importance de la question, les pays industrialisés pourraient en faire une condition dans l’octroi de l’aide au développement. Mais ce point ne figure dans aucun des 169 «objectifs de développement durable», adoptés récemment par l’ONU et qui serviront de boussole aux politiques de développement internationales au cours des 15 prochaines années… »

Malthus n’a qu’un seul tort, avoir eu raison trop tôt.

Source : http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/12/09/31001-20151209ARTFIG00309-cop21-la-surpopulation-mondiale-grande-absente-des-debats.php

Noël : la Terre est un don, un don n’est pas à vendre

De la part d’un correspondant : « Noël est un don, la Terre est un don. Dieu nous la confie, afin que nous la cultivions, en prenions soin et qu’elle permette à tous les hommes d’y vivre de manière digne. Un don n’est pas à vendre ! Quel est notre rapport au don et notre rapport à la Terre qui nous est confiée ? N’avons-nous pas perdu le sens et la valeur d’un certain nombre de biens, à commencer par les produits de la Terre ? Donnons-nous du prix à ce qui est gratuit ?

On assiste à une marchandisation de ce qui est offert, c’est la loi du toujours plus. Certains revendent leurs cadeaux, sur Internet ou ailleurs. Et il en va de même pour la Création : des terres agricoles sont accaparées, des brevets sur les plantes sont déposés… Des millions d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable ou vivent dans un environnement pollué. Les dons de la Terre sont dilapidés, gaspillés, abîmés. Comme l’amour, l’amitié, le vivre ensemble, le respect de l’autre, les dons de la Terre sont des dons de Dieu dont nous avons à prendre soin et que nous sommes appelés à partager. »

Sur ce blog, notre seule divinité est constituée par les merveilles de la nature. Mais si spiritualité chrétienne et sensibilité écologique font cause commune, pourquoi pas ?

Noël : la Terre est un don, un don n’est pas à vendre

De la part d’un correspondant : « Noël est un don, la Terre est un don. Dieu nous la confie, afin que nous la cultivions, en prenions soin et qu’elle permette à tous les hommes d’y vivre de manière digne. Un don n’est pas à vendre ! Quel est notre rapport au don et notre rapport à la Terre qui nous est confiée ? N’avons-nous pas perdu le sens et la valeur d’un certain nombre de biens, à commencer par les produits de la Terre ? Donnons-nous du prix à ce qui est gratuit ?

On assiste à une marchandisation de ce qui est offert, c’est la loi du toujours plus. Certains revendent leurs cadeaux, sur Internet ou ailleurs. Et il en va de même pour la Création : des terres agricoles sont accaparées, des brevets sur les plantes sont déposés… Des millions d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable ou vivent dans un environnement pollué. Les dons de la Terre sont dilapidés, gaspillés, abîmés. Comme l’amour, l’amitié, le vivre ensemble, le respect de l’autre, les dons de la Terre sont des dons de Dieu dont nous avons à prendre soin et que nous sommes appelés à partager. »

Sur ce blog, notre seule divinité est constituée par les merveilles de la nature. Mais si spiritualité chrétienne et sensibilité écologique font cause commune, pourquoi pas ?

L’immonde père Noël vu au travers des yeux d’enfants

– Il s’agit d’enfants de CE1 mais cela peut se passer partout en France. Un garçon dit ne pas croire au père Noël. Les autres lui rétorquent : « Attention, si tu n’y crois pas, tu n’auras pas de cadeaux ! » Ce mécanisme d’intimidation est fréquent : « Attention, si tu ne crois pas en Dieu, tu iras rôtir en enfer… »

– Une fillette de cinq ans a fait une liste pour le père Noël longue comme un jour sans pain. Un membre de sa famille lui pose la question : « Si tu n’avais qu’un seul choix à faire, lequel ferais-tu ? » Et la petite fille de répondre sans sourciller, « Premièrement celui-ci, deuxièmement celui-là, et aussi… » Comme chacun sait, la société de consommation ne connaît pas de limites dès le plus jeune âge.

– Ce petit garçon ne croit plus trop au père Noël. Son oncle veut lui faire sentir les limites de toute chose : « Et si ta maman n’a pas assez d’argent pour t’offrir des cadeaux à Noël. » Sans se démonter, l’enfant envisage immédiatement de changer de mode de garde et d’aller vivre chez son père. L’affectif dans une famille n’est plus ce qu’il était.

– Dans cette famille, c’est terrible. Dès que les cadeaux sont achetés et cachés, les enfants ont un sixième sens pour le deviner ; ils exigent d’avoir ces cadeaux immédiatement tout de suite sans attendre le jour de Noël. Pourtant il y a de fortes chances que ces cadeaux soient oubliés aussitôt qu’ouverts.

Ainsi va le conditionnement dans la société des marchands. Cela commence très tôt, dès le jour de Noël et chaque fois qu’un enfant passe devant la caisse d’un supermarché où s’amoncelle (à sa hauteur !) les friandises. Mais on peut toujours rencontrer pire, par exemple l’objet en caoutchouc que machouille le bébé  et qui a la forme d’un portable.

Si vous avez d’autres histoires d’enfants intoxiqués par la société de consommation, prière d’en mettre en commentaire sur ce post, merci.

L’immonde père Noël vu au travers des yeux d’enfants

– Il s’agit d’enfants de CE1 mais cela peut se passer partout en France. Un garçon dit ne pas croire au père Noël. Les autres lui rétorquent : « Attention, si tu n’y crois pas, tu n’auras pas de cadeaux ! » Ce mécanisme d’intimidation est fréquent : « Attention, si tu ne crois pas en Dieu, tu iras rôtir en enfer… »

– Une fillette de cinq ans a fait une liste pour le père Noël longue comme un jour sans pain. Un membre de sa famille lui pose la question : « Si tu n’avais qu’un seul choix à faire, lequel ferais-tu ? » Et la petite fille de répondre sans sourciller, « Premièrement celui-ci, deuxièmement celui-là, et aussi… » Comme chacun sait, la société de consommation ne connaît pas de limites dès le plus jeune âge.

– Ce petit garçon ne croit plus trop au père Noël. Son oncle veut lui faire sentir les limites de toute chose : « Et si ta maman n’a pas assez d’argent pour t’offrir des cadeaux à Noël. » Sans se démonter, l’enfant envisage immédiatement de changer de mode de garde et d’aller vivre chez son père. L’affectif dans une famille n’est plus ce qu’il était.

– Dans cette famille, c’est terrible. Dès que les cadeaux sont achetés et cachés, les enfants ont un sixième sens pour le deviner ; ils exigent d’avoir ces cadeaux immédiatement tout de suite sans attendre le jour de Noël. Pourtant il y a de fortes chances que ces cadeaux soient oubliés aussitôt qu’ouverts.

Ainsi va le conditionnement dans la société des marchands. Cela commence très tôt, dès le jour de Noël et chaque fois qu’un enfant passe devant la caisse d’un supermarché où s’amoncelle (à sa hauteur !) les friandises. Mais on peut toujours rencontrer pire, par exemple l’objet en caoutchouc que machouille le bébé  et qui a la forme d’un portable.

Si vous avez d’autres histoires d’enfants intoxiqués par la société de consommation, prière d’en mettre en commentaire sur ce post, merci.

Est-ce la fin du pétrole ? Oui pour nous, non pour…

Manoelle Lepoutre : « Si on regarde en tant que géologue les ressources, bien sûr elles sont finies. La planète a une dimension finie et personne ne peut le contredire. Par contre, les volumes en place sont gigantesques. Donc, toute la question c’est de savoir à quel rythme on sera capable, ou on pourra mettre ces hydrocarbures en production ou pas »

Philippe Manière : « Ce qu’on ne sait pas, c’est quelle part des ressources on a trouvé. Premier point. Il est possible qu’on en trouve d’autres. Je me souviens qu’on parlait déjà d’un peak oil imminent, dans les 10, 15, 20 ans et puis on a retrouvé des tas de ressources pétrolières car tout simplement la technique a évolué : qui aurait imaginé dans les années 80 qu’on irait chercher du pétrole à des dizaines de milliers de mètres sous les mers ?… Ensuite il y a la question du prix. Pour aller chercher du pétrole dans ces conditions là… c’est du pétrole (je ne suis pas un spécialiste) qui est à 80, 150, 200 $. Mais si la planète veut du pétrole, à ce prix là, elle peut probablement en avoir pendant assez longtemps »

Matthieu Auzanneau leur répond : « On aura probablement une limite des capacités mondiales d’extraction du pétrole à un horizon situé autour de 2020. 2030 étant l’hypothèse la plus optimiste… Nous autres Européens on devrait être délibérément pessimistes par rapport à cette question là, puisque on a sous les yeux le cas d’école d’un déclin irréversible… (les réserves pétrolières de) la mer du Nord »*

Nous, sur ce blog, nous ajoutons que le débat sur les réserves potentielles ou prouvées est devenu un vieux truc dépassé. En effet nous savons que pour enrayer le réchauffement climatique, il faudrait laisser sous terre 80 % des réserves prouvées de combustibles fossiles. Les politiques auraient donc du programmer la fin du pétrole lors de la COP21… ils n’ont jamais abordé le problème. L’économie et la politique se foutent complètement des limites biophysiques de la planète. C’est notre aveuglement qui devrait être le principal objet du débat actuel !

* http://www.politiques-energetiques.com/petrole-peut-vivre-sans

Est-ce la fin du pétrole ? Oui pour nous, non pour…

Manoelle Lepoutre : « Si on regarde en tant que géologue les ressources, bien sûr elles sont finies. La planète a une dimension finie et personne ne peut le contredire. Par contre, les volumes en place sont gigantesques. Donc, toute la question c’est de savoir à quel rythme on sera capable, ou on pourra mettre ces hydrocarbures en production ou pas »

Philippe Manière : « Ce qu’on ne sait pas, c’est quelle part des ressources on a trouvé. Premier point. Il est possible qu’on en trouve d’autres. Je me souviens qu’on parlait déjà d’un peak oil imminent, dans les 10, 15, 20 ans et puis on a retrouvé des tas de ressources pétrolières car tout simplement la technique a évolué : qui aurait imaginé dans les années 80 qu’on irait chercher du pétrole à des dizaines de milliers de mètres sous les mers ?… Ensuite il y a la question du prix. Pour aller chercher du pétrole dans ces conditions là… c’est du pétrole (je ne suis pas un spécialiste) qui est à 80, 150, 200 $. Mais si la planète veut du pétrole, à ce prix là, elle peut probablement en avoir pendant assez longtemps »

Matthieu Auzanneau leur répond : « On aura probablement une limite des capacités mondiales d’extraction du pétrole à un horizon situé autour de 2020. 2030 étant l’hypothèse la plus optimiste… Nous autres Européens on devrait être délibérément pessimistes par rapport à cette question là, puisque on a sous les yeux le cas d’école d’un déclin irréversible… (les réserves pétrolières de) la mer du Nord »*

Nous, sur ce blog, nous ajoutons que le débat sur les réserves potentielles ou prouvées est devenu un vieux truc dépassé. En effet nous savons que pour enrayer le réchauffement climatique, il faudrait laisser sous terre 80 % des réserves prouvées de combustibles fossiles. Les politiques auraient donc du programmer la fin du pétrole lors de la COP21… ils n’ont jamais abordé le problème. L’économie et la politique se foutent complètement des limites biophysiques de la planète. C’est notre aveuglement qui devrait être le principal objet du débat actuel !

* http://www.politiques-energetiques.com/petrole-peut-vivre-sans

Vivre Noël autrement pour vraiment vivre autrement

Fin 2005, dix mouvements catholiques avaient lancé un appel « vivre Noël autrement ». L’association Pax Christi avait été rejointe par le Secours catholique et le Comité catholique contre la faim. Ils avaient diffusé une affichette avec le slogan : « Noël, bonne nouvelle pour la Terre » puisque « Jésus nous offre un monde nouveau, sans caddies pleins de cadeaux qui comblent les armoires et les décharges. » Les tracts invitaient à consommer moins et à se rapprocher de ses voisins avec lesquels la fête sera plus belle encore sans faire des kilomètres inutiles avec sa voiture, en offrant un peu de temps, un sourire, une oreille attentive, en inventant des gestes qui contribuent à sauver l’air, la terre, la mer, les forêts. Les associations mentionnent un texte de Jean Paul II publié en 1990 et consacré à la protection de l’environnement : « La société actuelle ne trouvera pas de solution au problème écologique si elle ne révise pas sérieusement son style de vie. » Quelques rares familles ont donc essayé de montrer l’exemple.

En 2010, c’était la sixième campagne du collectif chrétien Vivre Autrement : « Terre eau, air, paix, santé, éducation, justice, autant de biens communs indispensables à tous et pourtant menacés : pollution, gaspillage, réformes des services publics, brevetage du vivant, conflits… En ce temps de Noël, le collectif propose de réfléchir aux conditions de la préservation de ces biens communs et de leur partage entre tous. Car préserver ces biens communs passe par des gestes relevant de la responsabilité individuelle, mais aussi par une régulation qui est du ressort de tous, responsables politiques et citoyens. » L’idée de fond est parfaite : « Arrêtons l’hyper-Noël, faisons la paix avec la terre. » Mais ce mouvement est resté marginal, sans le soutien officiel de son Eglise qui préfère lutter contre les préservatifs. A partir de Noël 2014, les campagnes « Vivre autrement » continuent avec les campagnes « C koi déjà ? » et abandonnent leur virulence.

Le dieu de la Bible est trop anthropocentrique pour que les fidèles échappent aux gaspillages des fêtes de Noël. En général leurs enfants attendent eux-aussi avec impatience d’ouvrir le suremballage de leurs cadeaux. Pour un Noël écolo, il nous faut supprimer le père Noël et rechercher une spiritualité plus proche de la Nature.