Mois : mai 2016

Le réchauffement climatique à l’épreuve du marché

Geneviève Férone-Creuzet l’avait déjà écrit en 2015*, l’avenir climatique se jouera sur les marchés financiers : « L’ONG 350.org met en garde les investisseurs contre un effet de bulle financière dans l’hypothèse où les États se décideraient à faire ce que les négociation climatiques attendent d’eux : contraindre le volume des émissions de GES (gaz à effet de serre). Au fil des ans, des sommes considérables sont investies pour découvrir et exploiter de nouveaux gisements. N’est-il pas absurde de poursuivre ces investissements dans une telle incertitude ? L’argent qui pourrait être injecté dans l’industrie des énergies fossiles, soit 6000 milliards de dollars, pourrait être ainsi purement et simplement perdu. Lors de l’assemblée générale des actionnaires de BP qui s’est tenu au printemps 2015, environ 98 % des actionnaires ont apporté leur soutien à une résolution en faveur d’une prise en compte du risque carbone dans les prévisions de rentabilité du groupe. »

Aujourd’hui ce sont les actionnaires d’ExxonMobil** qui s’inquiètent. L’assemblée générale du groupe s’est tenue le 25 mai. Dans une résolution, des banquiers, des assureurs et des gestionnaires de fonds de pension actionnaires ont demandé aux dirigeants d’ExxonMobil de publier chaque année une évaluation de l’impact financier des politiques de lutte contre le changement climatique. Pour faire simple : qu’avez-vous prévu pour tenir compte des conclusions de la Conférence mondiale sur le climat (COP21) réunie à Paris fin 2015 ? Mais la majorité de l’AG suit invariablement le double argumentaire sur lequel la compagnie s’arc-boute : le monde a besoin de plus d’énergie et le salut climatique viendra des percées technologiques. Avec 38 % d’avis favorables, les actionnaires « durables » et « responsables » ont quand même remporté une première victoire. Et les minoritaires ont obtenu la nomination d’un administrateur indépendant. Malheur ! Et si c’était un dangereux écologiste ?

L’agression la plus violente est venue de descendants de John D. Rockefeller, comme son arrière-petite fille Neva Rockefeller Goodwin. Exaspérée par le refus des dirigeants de reconnaître le péril climatique depuis quinze ans, elle vient de vendre ses actions. Elle est convaincue que ses titres se seraient démonétisés puisque, pour sauver la planète, il faudra laisser 80 % des énergies fossiles en terre. Et donc les actifs sur lesquels repose la valeur d’ExxonMobil.

* Le crépuscule fossile selon Geneviève Férone-Creuzet (Stock 2015, 250 pages pour 19 euros)

** LE MONDE du 29-30 mai 2016, C’est Rockefeller qu’on assassine !

Des jeunes luttent contre le réchauffement climatique

Un article de Corine Lesnes interpelle les jeunes et les moins jeunes, « Aux Etats-Unis, des jeunes poursuivent Barack Obama sur le climat »*. Vingt et un jeunes Américains de 9 ans à 19 ans intentent un procès contre le président Barack Obama et son gouvernement, pour manquement à leur devoir de les protéger du changement climatique. La plainte a été déposée en août 2015. Les jeunes y affirment que leur droit constitutionnel à « la vie, la liberté et la propriété » est bafoué par la lenteur du gouvernement à limiter la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Ils se disent victimes de discrimination, au profit des « intérêts économiques » d’un « autre groupe de citoyens » (l’industrie pétrolière). Ils invoquent enfin la doctrine dite de « public trust », selon laquelle le gouvernement est garant des ressources naturelles qui forment le bien commun de tous les Américains.

Le 8 avril 2016, le juge Thomas Coffin, du district fédéral de l’Oregon, a déclaré leur plainte recevable, ouvrant la voie à un procès, si sa décision est confirmée. Le magistrat a rejeté l’argument du gouvernement, qui plaidait que la question est du ressort du Congrès. Il a récusé les protestations des représentants de l’industrie du charbon et des hydrocarbures qui s’étaient joints à la procédure en janvier. Et il a considéré que les jeunes étaient en droit de se pourvoir en justice : ils risquent d’être plus affectés par le changement climatique que « les segments les plus âgés de la société ». Pour leur action en justice, ils ont dû montrer en quoi ils étaient directement affectés : « A l’été 2015, la sécheresse a tué nos noisetiers » « les cours d’eau où elle aimait se tremper sont envahis par les algues ». Outre cette plainte fédérale, l’association Our Children’s Trust facilite plusieurs autres procédures. C’est une tendance globale. Il y a une reconnaissance croissante des droits des jeunes à demander des actions de la part des gouvernements.  La juge Hollis Hill, de la cour supérieure de Seattle (Etat de Washington), évoquer « le droit inaliénable à une atmosphère agréable » et ordonne aux autorités de promulguer de nouveaux objectifs de réduction des émissions avant la fin 2016. Dans le Massachusetts, la Cour suprême a donné raison à quatre adolescents qui réclamaient une réglementation plus stricte des émissions.

On retrouve dans cet article ce qu’on peut appeler la « démocratie des affectés » ou « représentation des acteurs absents » dont nous avons déjà fait une synthèse à lire ici : « Acteur absent, pour une représentation démocratique »

* LE MONDE du 25 mai 2016

Extension du domaine de la lutte à Roland-Garros

Un article du MONDE à lire et relire pour savourer les contradictions du temps présent : en résumé, le tournoi de Roland-Garros ne se jouera pas encore cette année sur une partie du Jardin des serres d’Auteuil. D’un côté un court prévu de 4 950 places pour regarder 2 types courir après une balle jaune pendant deux semaines. De l’autre un jardin datant de 1897 voué à cette bétonnisation pour satisfaire les besoins d’extension du sport-spectacle. D’un côté la FFT (fédération française du tennis) qui veut gagner toujours plus d’argent. De l’autre France nature environnement (FNE), la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF), et les Vieilles maisons françaises (VMF)… opposées à un projet d’extension sur un site classé monument naturel et historique. D’un côté les politiques de tous bords qui disent tous, la mairie de Paris, le Premier ministre et le président de la République… « que le projet ira à son terme ». De l’autre une opposition irréductible des défenseurs de la nature et de leurs « petites » associations.

En fait un dialogue de sourds entre deux conceptions du bien commun et de l’intérêt général. Pour les uns, le Jardin des serres est un joyau du patrimoine français sur le point d’être abîmé. Pour les autres, c’est Roland-Garros qui devrait être magnifié. Pour les uns il faut arrêter les grands travaux inutiles, après Sivens et Notre-Dame-des-Landes, ça suffit la connerie. Pour les autres il s’agit de l’amélioration d’un tournoi d’envergure planétaire « qui participe au rayonnement de la France dans le monde ». Pour les uns c’est une volonté précieuse d’intransigeance quant au respect des protections environnementales et patrimoniales. Pour les autres c’est la soumission au diktat du sport-business : l’histoire du stade de Roland-Garros, depuis sa construction en 1928, est celle d’une extension continue. Jusqu’où ? Accorder un morceau du Jardin des serres d’Auteuil aujourd’hui, c’est la privatisation totale d’un domaine public demain : les appétits du sport-spectacle sont insatiables.

La finale de Roland Garros ne nous fait pas rêver. Une religion qui a des élus qu’on appelle Federer ou Nadal nous gonfle. Rappelons qu’en mars 2015, le mensuel La décroissance s’attaquait ainsi au court de tennis : « Ces dernières années une chose m’a frappé : le nombre de courts de tennis abandonnés… Engouement voici une trentaine d’années, désaffection actuelle… Un court de tennis fait 23,77 mètres par 8,23, soit plus de 260 m2, ce qui correspond à la surface d’un potager capable d’alimenter une famille de 4 personnes en légumes frais… Pour faire face à la crise écologique et pour assurer notre sécurité alimentaire, la priorité des priorités est de mettre fin à la destruction des terres agricoles. Cela semble une évidence : les courts de tennis sont parmi les premières des saloperies bétonnantes à arrêter… On y joue seul face à un adversaire, et plus rarement en double, entre gens du même monde. Voilà une cible de choix pour les objecteurs de croissance au couteau entre les dents… Alors que faire de ces courts de tennis qui pourrissent notre pays déjà si abîmé ? Les transformer en potager ? Hélas, leur revêtement en goudron et autres saloperies synthétiques suintent depuis des années dans la terre… »

* LE MONDE du 28 mai 2016, Roland-Garros : la lutte de l’extension du domaine

À lire, Essai sur le principe de population (1798)

L’essentiel de cet « Essai » de Robert Malthus réside dans l’avertissement que la Terre constitue un espace clos et saturé d’humains si on laisse faire les choses en matière démographique. Robert Malthus (1766-1834) est donc un écologiste avant la lettre, mettant en relation la croissance rapide (progression géométrique) de la population humaine qui se trouve en décalage croissant avec l’évolution linéaire (dite arithmétique) des ressources alimentaires. Il précède d’un siècle et demi le Club de Rome et ses courbes exponentielles et annonce la catastrophe. Jusqu’à présent le développement économique a pu suivre la croissance des besoins grâce à l’utilisation des énergies fossiles. Mais ces dernières années cette expansion butte sur la double limite de l’épuisement des ressources naturelles et des capacités de régénération du milieu. Et l’on découvre, maintenant que la sphère des activités économiques est dépendante de la reproduction de la biosphère. Au moment où l’homme met en péril les conditions de sa propre survie, le principe de population doit rappeler à tout homme politique la nécessité d’une pensée des limites.

« – Pour les plantes et les animaux, le défaut de place et de nourriture détruit ce qui naît au-delà des limites assignées à chaque espèce. Les effets de cet obstacle sont, pour l’homme, bien plus compliqué. Il se sent arrêté par la voix de la raison, qui lui inspire la crainte d’avoir des enfants aux besoins desquels il ne pourra point pourvoir. Si au contraire l’instinct l’emporte, la population croît plus que les moyens de subsistance.

– Les obstacles à la population qui maintiennent le nombre des individus au niveau de leurs moyens de subsistance, peuvent être rangés sous deux chefs. Les uns agissent en prévenant l’accroissement de la population, et les autres en la détruisant. Les obstacles destructifs renferment toutes les causes qui tendent de quelque manière à abréger la durée naturelle de la vie humaine par le vice ou par le malheur. Ainsi on peut ranger sous ce chef l’extrême pauvreté, la mauvaise nourriture des enfants, l’insalubrité des grandes villes, toutes les espèces de maladies et d’épidémies, la guerre, la peste, la famine.

– En Angleterre, les lois sur les pauvres tendent manifestement à accroître la population sans rien ajouter aux moyens de subsistance. Un homme peut se marier avec peu ou point de moyens de soutenir une famille, parce qu’il compte sur les secours de sa paroisse. Ce que je propose, c’est l’abolition graduelle des lois sur les pauvres, assez graduelle pour n’affecter aucun individu qui soit actuellement vivant, ou qui doivent naître dans les deux années prochaines. Ces raisonnements ne s’appliquent pas aux cas d’une urgente détresse, produite par quelques accidents que n’a point occasionné l’indolence ou l’imprudence de celui qui en est la victime. En aucun cas, nous ne devons perdre l’occasion de faire du bien. »(1ère édition 1798, Flammarion 1992)

pub : un livre à lire absolument pendant les grandes vacances (parution juillet)

« L’écologie à l’épreuve du pouvoir »(Michel Sourrouille aux éditions Sang de la Terre)

À lire, Essai sur le principe de population (1798)

L’essentiel de cet « Essai » de Robert Malthus réside dans l’avertissement que la Terre constitue un espace clos et saturé d’humains si on laisse faire les choses en matière démographique. Robert Malthus (1766-1834) est donc un écologiste avant la lettre, mettant en relation la croissance rapide (progression géométrique) de la population humaine qui se trouve en décalage croissant avec l’évolution linéaire (dite arithmétique) des ressources alimentaires. Il précède d’un siècle et demi le Club de Rome et ses courbes exponentielles et annonce la catastrophe. Jusqu’à présent le développement économique a pu suivre la croissance des besoins grâce à l’utilisation des énergies fossiles. Mais ces dernières années cette expansion butte sur la double limite de l’épuisement des ressources naturelles et des capacités de régénération du milieu. Et l’on découvre, maintenant que la sphère des activités économiques est dépendante de la reproduction de la biosphère. Au moment où l’homme met en péril les conditions de sa propre survie, le principe de population doit rappeler à tout homme politique la nécessité d’une pensée des limites.

« – Pour les plantes et les animaux, le défaut de place et de nourriture détruit ce qui naît au-delà des limites assignées à chaque espèce. Les effets de cet obstacle sont, pour l’homme, bien plus compliqué. Il se sent arrêté par la voix de la raison, qui lui inspire la crainte d’avoir des enfants aux besoins desquels il ne pourra point pourvoir. Si au contraire l’instinct l’emporte, la population croît plus que les moyens de subsistance.

– Les obstacles à la population qui maintiennent le nombre des individus au niveau de leurs moyens de subsistance, peuvent être rangés sous deux chefs. Les uns agissent en prévenant l’accroissement de la population, et les autres en la détruisant. Les obstacles destructifs renferment toutes les causes qui tendent de quelque manière à abréger la durée naturelle de la vie humaine par le vice ou par le malheur. Ainsi on peut ranger sous ce chef l’extrême pauvreté, la mauvaise nourriture des enfants, l’insalubrité des grandes villes, toutes les espèces de maladies et d’épidémies, la guerre, la peste, la famine.

– En Angleterre, les lois sur les pauvres tendent manifestement à accroître la population sans rien ajouter aux moyens de subsistance. Un homme peut se marier avec peu ou point de moyens de soutenir une famille, parce qu’il compte sur les secours de sa paroisse. Ce que je propose, c’est l’abolition graduelle des lois sur les pauvres, assez graduelle pour n’affecter aucun individu qui soit actuellement vivant, ou qui doivent naître dans les deux années prochaines. Ces raisonnements ne s’appliquent pas aux cas d’une urgente détresse, produite par quelques accidents que n’a point occasionné l’indolence ou l’imprudence de celui qui en est la victime. En aucun cas, nous ne devons perdre l’occasion de faire du bien. »(1ère édition 1798, Flammarion 1992)

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« L’écologie à l’épreuve du pouvoir »(Michel Sourrouille aux éditions Sang de la Terre)

À lire, Discours de la servitude volontaire (1576)

Les textes toujours d’actualité des centaines d’années plus tard sont rares. Le texte d’Etienne de La Boétie (1530-1563) est un joyau qui détaille les bases de notre esclavage. Précurseur, La Boétie est à la fois analyste du mécanisme de l’aliénation et de la nécessité de la désobéissance civile. Un bon gouvernement, plutôt que fabriquer des soldats, devrait apprendre à son peuple les dangers de la soumission volontaire. Un collectif « les désobéissants » s’est créé en novembre 2006 pour apprendre lors de stages à se battre pour la défense de la vie et de la justice sociale (www.desobeir.net/).

« Comment il peut se faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a de pouvoir de leur nuire sinon tant qu’ils ont vouloir de l’endurer, qui ne saurait leur faire mal aucun sinon lorsqu’ils aiment mieux le souffrir que le contredire (…) Plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur donne, plus on les sert, de tant plus ils se fortifient et deviennent toujours plus forts. Si on ne leur donne rien, si on ne leur obéit point, ils demeurent nus et défaits, et ne sont rien, sinon que, comme la racine n’ayant plus d’aliment, la branche devient sèche et morte (…) Celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, sinon qu’il a plus que vous tous : c’est l’avantage que vous lui faites pour vous détruire. D’où a-t-il pris tant d’yeux dont il vous épie si vous ne lui donniez ? Combien a-t-il tant de mains pour vous frapper s’il ne les prend de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, d’où les a-t-il s’ils ne sont les vôtres ? (…)

Qui voudra bien passer en revue les faits du temps passé, il s’en trouvera peu de ceux qui, voyant leur pays malmené et en mauvaises mains, aient entrepris, d’une intention bonne et entière, de le délivrer. Harmodios, Aristogiton, Thrasybule, Brutus le Vieux, Valérius et Dion, comme ils l’ont vertueusement pensé, l’exécutèrent heureusement (ndlr : tous ces personnages ont chassé ou tué le tyran qui oppressait la cité).  » (écrit vers 1548, publié à titre posthume en 1576, arléa 2007)

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« L’écologie à l’épreuve du pouvoir » (Michel Sourrouille aux éditions Sang de la Terre)

À lire, L’utopie de Thomas More (1516)

Thomas More (1478-1535) était devenu en 1529 Grand Chancelier d’Angleterre. Mais, ayant défié le roi Henri VIII, il périt décapité sur l’échafaud. Pourtant son livre, Utopia, devrait rester une référence. Car que cherche normalement le président d’un Etat si ce n’est l’utopie nécessaire. Ce lieu idéal qui n’est encore nulle part mais que le peuple aimerait tant voir enfin devenir réalité. Thomas More est un précurseur pour tous ceux qui veulent instaurer la convivialité entre les humains sur une Terre pacifiée.

« – Il est un art commun à tous les Utopiens, hommes et femmes, et dont personne n’a le droit de s’exempter, c’est l’agriculture. Les enfants l’apprennent en théorie dans les écoles, en pratique dans les campagnes voisines de la ville, où ils sont conduits en promenade récréative. Là, ils voient travailler, ils travaillent eux-mêmes, et cet exercice a de plus l’avantage de développer leurs forces physiques.

– Le seul moyen d’organiser le bonheur public, c’est l’application du principe de l’égalité. Or l’égalité est impossible dans un Etat où la possession est solitaire et absolue ; car chacun s’y autorise de divers titres et droits pour attirer à soi autant qu’il peut, et la richesse nationale, quelque grande qu’elle soit, finit par tomber en la possession d’un petit nombre d’individus que ne laissent aux autres qu’indigence et misère. Voilà ce qui me persuade invinciblement que l’unique moyen de distribuer les biens avec égalité, avec justice, c’est l’abolition de la propriété.

– Les religions, en Utopie, varient non seulement d’une province à l’autre, mais encore dans les murs de chaque ville ; ceux-ci adorent le soleil, ceux-là divinisent la lune ou toute autre planète. Utopus, en décrétant la liberté religieuse, avait en vue le maintien de la paix que troublaient naguère des combats continuels et des haines implacables… Mais quelle que soit la forme que chacun affecte à son Dieu, chacun adore la nature majestueuse et puissante, à qui seule appartient, du consentement général des peuples, le souverain empire de toutes choses. » (1ère édition 1516, la dispute 1997)

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« L’écologie à l’épreuve du pouvoir » (Michel Sourrouille aux éditions Sang de la Terre)

Relocaliser, une société démocratique antiproductiviste

Pour Jean-Luc Pasquinet, prendre au sérieux la relocalisation implique de sortir du capitalisme et du productivisme. Son livre* montre qu’il s’agit d’une forme de décroissance qui va s’accompagner d’un tout autre mode d’organisation que celui auquel est habitué notre société d’abondance factice. Voici quelques extraits de cet ouvrage :

« La relocalisation s’oppose autant à la mondialisation qu’aux « Trente Ravageuses », ces trois décennies d’après-guerre dénommées les « Trente Glorieuses », où s’est produit un changement d’échelle de la contribution française à l’empreinte humaine sur la planète et une entrée dans un modèle de développement non soutenable… A partir du moment où l’on se pose la question des limites physiques de la planète et celle de réduire l’intensité ressources ou déchets d’un produit, alors on peut évoquer la nécessité de mettre en place une sorte de rationnement ou répartition de la pénurie.

Durant la Première Guerre mondiale, dès décembre 1914, est institué le rationnement du pain, qui sera étendu à d’autres denrées alimentaires : farine, viande, lait, sucre et non alimentaire comme le pétrole. Ce rationnement durera jusqu’en 1921. Pendant la Seconde guerre mondiale, un ministère du Ravitaillement fut créé en mars 1940. Chaque personne devait remplie une déclaration afin d’être classée dans une des catégories prévues pour l’alimentation et le charbon. Des décrets imposent la fermeture des pâtisseries et l’interdiction de la vente d’alcool. Les premières cartes de rationnement sont distribuées dès octobre 1940 pour les produits de base. Ce rationnement durera jusqu’en 1949.

Nous assistons d’ores et déjà aujourd’hui à la mise en place de mesures prises sous la nécessité pour instaurer des quotas de capture de poissons. Même si le premier réflexe des gouvernements est de les réduire pour ne pas s’attirer les foudres des pêcheurs. Par exemple pour 2015 la Commission européenne préconisait de réduire de 64 % les prélèvements de cabillaud dans l’Atlantique, la baisse ne sera finalement que de 26 %. Mais c’est déjà un premier pas vers une réflexion concernant le monde entier, et relative à la gestion des ressources rares. Il en sera de même pour l’extraction des ressources rares et/ou polluantes, avec répartition de quotas. »

* Relocaliser (pour une société démocratique et antiproductiviste) de Jean-Luc Pasquinet

Editions Libre&Solidaire 2016, 194 pages pour 15 euros

Relocaliser, une société démocratique antiproductiviste

Pour Jean-Luc Pasquinet, prendre au sérieux la relocalisation implique de sortir du capitalisme et du productivisme. Son livre* montre qu’il s’agit d’une forme de décroissance qui va s’accompagner d’un tout autre mode d’organisation que celui auquel est habitué notre société d’abondance factice. Voici quelques extraits de cet ouvrage :

« La relocalisation s’oppose autant à la mondialisation qu’aux « Trente Ravageuses », ces trois décennies d’après-guerre dénommées les « Trente Glorieuses », où s’est produit un changement d’échelle de la contribution française à l’empreinte humaine sur la planète et une entrée dans un modèle de développement non soutenable… A partir du moment où l’on se pose la question des limites physiques de la planète et celle de réduire l’intensité ressources ou déchets d’un produit, alors on peut évoquer la nécessité de mettre en place une sorte de rationnement ou répartition de la pénurie.

Durant la Première Guerre mondiale, dès décembre 1914, est institué le rationnement du pain, qui sera étendu à d’autres denrées alimentaires : farine, viande, lait, sucre et non alimentaire comme le pétrole. Ce rationnement durera jusqu’en 1921. Pendant la Seconde guerre mondiale, un ministère du Ravitaillement fut créé en mars 1940. Chaque personne devait remplie une déclaration afin d’être classée dans une des catégories prévues pour l’alimentation et le charbon. Des décrets imposent la fermeture des pâtisseries et l’interdiction de la vente d’alcool. Les premières cartes de rationnement sont distribuées dès octobre 1940 pour les produits de base. Ce rationnement durera jusqu’en 1949.

Nous assistons d’ores et déjà aujourd’hui à la mise en place de mesures prises sous la nécessité pour instaurer des quotas de capture de poissons. Même si le premier réflexe des gouvernements est de les réduire pour ne pas s’attirer les foudres des pêcheurs. Par exemple pour 2015 la Commission européenne préconisait de réduire de 64 % les prélèvements de cabillaud dans l’Atlantique, la baisse ne sera finalement que de 26 %. Mais c’est déjà un premier pas vers une réflexion concernant le monde entier, et relative à la gestion des ressources rares. Il en sera de même pour l’extraction des ressources rares et/ou polluantes, avec répartition de quotas. »

* Relocaliser (pour une société démocratique et antiproductiviste) de Jean-Luc Pasquinet

Editions Libre&Solidaire 2016, 194 pages pour 15 euros

écologie contre extrême droite, nouvelle bipolarisation

Sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs chrétiens (ÖVP), qui ont façonné la vie politique depuis la fin de la seconde guerre mondiale en Autriche, sont contestés au profit d’une force alternative, enracinée dans le passé le plus trouble du pays. Le FPÖ, Parti d’extrême droite, pourrait s’emparer de la présidence avec Norbert Hofer. Aucun front républicain ne s’est mis en place jusqu’ici pour assurer la victoire de l’écologiste Alexander Van Der Bellen, un professeur d’université à la retraite de 72 ans, dépourvu de charisme et de relais importants hors de sa formation. Irmgard Griss, la candidate indépendante arrivée en troisième position le 24 avril, a fini par déclarer qu’elle voterait pour lui. Mais les partis politiques et leurs ténors, d’ordinaire omniprésents dans les médias, sont, eux, restés mutiques. La liste des personnalités de gauche appelant à un rapprochement avec les nationalistes ne cesse de s’allonger. C’est la fin de l’Etat à deux partis, gauche et droite. La tendance existe en Autriche, mais aussi en France, au Royaume-Uni, voire en Allemagne. La crise migratoire a accéléré le mouvement. Et le bal des « exclus » vient grossir les rangs de l’extrême droite.*

L’article du MONDE ne dit presque rien de l’écologie politique. Pourtant cette présidentielle en Autriche est la première marque d’une bipolarisation nouvelle au niveau politique : écologistes contre extrême droite. En France le centriste Bayrou croyait à un espace entre la droite et la gauche. Mais il n’y a pas de projet global de société au centre, il n’y a pas plus d’opposition réelle entre la droite et la gauche, il faut voir l’évolution partidaire autrement. En fait les thèmes de prédilection de l’extrême droite – le nationalisme, l’immigration, la sécurité – ont largement imprégné la droite comme la gauche. De plus ce trio droite/gauche/FN a adopté la même théologie croissanciste, glorifiant le règne du productivisme, l’élévation du niveau de vie et la destruction des ressources naturelles qui en découlent.

L’extrême droite invente des coupables désignés, les immigrés, l’Union européenne, l’UMPS… pour s’exonérer d’un projet politique. De l’autre l’écologie politique voudrait s’attaquer aux causes structurelles qui forment cette crise systémique que nous traversons en interrogeant le mode de production lui-même. Complexité contre idées simples, prise en compte de la nature contre naturalisation du social… L’écologie et le néo-populisme sont les deux candidats pour remplacer les systèmes partisans issus du XIXe siècle. La ligne directrice d’un classement politique correspond de plus en plus à un nouveau bipartisme. D’un côté les conservateurs, adeptes de la religion de la croissance, et d’autre part les progressistes, qui veulent réconcilier l’homme et la nature. Il y a ceux qui sont obsédés d’économisme techno-scientifique et ceux qui considèrent les contraintes de l’écologie. Il y a ceux qui soutiennent la démesure de l’homme (autant la droite et son extrême que la gauche et son extrême) et ceux qui ont le sens des limites (les écologistes radicaux, ceux qui veulent prendre les problèmes à leurs racines).

* LE MONDE du 22-23 mai 2016, En Autriche, gauche et droite au crépuscule

La science ne soutient pas l’agriculture productiviste

Il y a une distorsion temporelle entre le temps très long de l’expertise scientifique et la volonté d’occuper le plus vite possible une place profitable sur les marchés. L’écologie scientifique n’est pas au service des multinationales, elle cherche à éclairer les décisions politiques. Ainsi le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) n’a pas à émettre de recommandations, mais doit réaliser une expertise du savoir acquis et des questions sans réponses afin d’éclairer les décisions prises par les gouvernements.

Sylvestre Huet fait le point sur son blog*, les choses sont complexes. Au niveau du constat scientifique, il y a les bons OGM et les autres. L’usage de semences de coton transgéniques dites « Bt » (pour bactérie bacillus thurengiensis), résistants aux insectes ravageurs, a permis une diminution des épandages d’insecticides et une augmentation des populations d’insectes auxiliaires (coccinelles, araignées, chrysopes) prédateurs des ravageurs. A l’inverse, les semences rendues tolérantes aux herbicides à base de glyphosate ont conduit à l’augmentation de l’usage de ce produit, et à la captation de parts de marché et de profits importants pour Monsanto. Au niveau social, le succès de la lutte contre les plantes transgéniques en Europe de l’ouest n’a en rien atténué l’évolution du monde agricole vers la concentration des exploitations et la captation de la valeur crée par les agriculteurs par les géants de l’agroalimentaire et de la distribution. Sylvestre Huet pose alors la vraie question : quel modèle agraire pour quelles productions voulons-nous ? Une agriculture industrielle hyper-capitaliste ou une agriculture de petits paysans indépendants ?

Lors de la présidentielle 1974, le programme de René Dumont remettait déjà en question l’agriculture intensive : L’agriculture sur-industrielle stérilise le sol, déséquilibre les plantes cultivées et leur ôte toute résistance, face à leurs ennemis naturels, ce qui rend nécessaire l’emploi d’une quantité de pesticides, insecticides, fongicides. Les marchands d’insecticides et d’engrais, comme par hasard, sont les mêmes. La solution, c’est de régénérer les sols par des façons culturales qui stimulent l’activité bactérienne dans l’humus ; par une polyculture raisonnable ; par la protection de la flore et de la faune sauvages ; par le respect de l’équilibre écologique qui va du minéral à l’homme en passant par toutes les formes de vie microbienne, végétale et animale ; par la diversité des cultures avec priorité à la production vivrière pour le marché intérieur et non monoculture destinée à l’exportation. Nous avons tourné le dos à ce programme. Dès la signature du traité de Rome en 1957, la Communauté économique européenne (CEE) a mis en place une politique agricole commune (PAC), dont les objectifs étaient multiples : accroître la productivité de l’agriculture, garantir la sécurité des approvisionnements agroalimentaires, assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, stabiliser les marchés et assurer des prix raisonnables aux consommateurs. Mais les mécanismes de soutien différencié par des prix garantis ont surtout incité à produire et à exporter à bas prix les productions protégées et à ne plus produire assez de légumineuses et protéagineux. La recherche incessante de compétitivité est allée de pair avec une intensification et une spécialisation exagérée des systèmes de production agricole. Cette agriculture productiviste se révèle aujourd’hui destructrice pour l’environnement et génératrice d’exclusion pour les hommes. D’où le départ des paysans vers les villes et la désertification de régions entières.**

* http://huet.blog.lemonde.fr/2016/05/20/peril-sur-le-haut-conseil-des-biotechnologies/

** Cette thématique sera développée dans un livre de Michel Sourrouille à paraître en juillet, « L’écologie à l’épreuve du pouvoir » aux éditions Sang de la Terre.

La science ne soutient pas l’agriculture productiviste

Il y a une distorsion temporelle entre le temps très long de l’expertise scientifique et la volonté d’occuper le plus vite possible une place profitable sur les marchés. L’écologie scientifique n’est pas au service des multinationales, elle cherche à éclairer les décisions politiques. Ainsi le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) n’a pas à émettre de recommandations, mais doit réaliser une expertise du savoir acquis et des questions sans réponses afin d’éclairer les décisions prises par les gouvernements.

Sylvestre Huet fait le point sur son blog*, les choses sont complexes. Au niveau du constat scientifique, il y a les bons OGM et les autres. L’usage de semences de coton transgéniques dites « Bt » (pour bactérie bacillus thurengiensis), résistants aux insectes ravageurs, a permis une diminution des épandages d’insecticides et une augmentation des populations d’insectes auxiliaires (coccinelles, araignées, chrysopes) prédateurs des ravageurs. A l’inverse, les semences rendues tolérantes aux herbicides à base de glyphosate ont conduit à l’augmentation de l’usage de ce produit, et à la captation de parts de marché et de profits importants pour Monsanto. Au niveau social, le succès de la lutte contre les plantes transgéniques en Europe de l’ouest n’a en rien atténué l’évolution du monde agricole vers la concentration des exploitations et la captation de la valeur crée par les agriculteurs par les géants de l’agroalimentaire et de la distribution. Sylvestre Huet pose alors la vraie question : quel modèle agraire pour quelles productions voulons-nous ? Une agriculture industrielle hyper-capitaliste ou une agriculture de petits paysans indépendants ?

Lors de la présidentielle 1974, le programme de René Dumont remettait déjà en question l’agriculture intensive : L’agriculture sur-industrielle stérilise le sol, déséquilibre les plantes cultivées et leur ôte toute résistance, face à leurs ennemis naturels, ce qui rend nécessaire l’emploi d’une quantité de pesticides, insecticides, fongicides. Les marchands d’insecticides et d’engrais, comme par hasard, sont les mêmes. La solution, c’est de régénérer les sols par des façons culturales qui stimulent l’activité bactérienne dans l’humus ; par une polyculture raisonnable ; par la protection de la flore et de la faune sauvages ; par le respect de l’équilibre écologique qui va du minéral à l’homme en passant par toutes les formes de vie microbienne, végétale et animale ; par la diversité des cultures avec priorité à la production vivrière pour le marché intérieur et non monoculture destinée à l’exportation. Nous avons tourné le dos à ce programme. Dès la signature du traité de Rome en 1957, la Communauté économique européenne (CEE) a mis en place une politique agricole commune (PAC), dont les objectifs étaient multiples : accroître la productivité de l’agriculture, garantir la sécurité des approvisionnements agroalimentaires, assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, stabiliser les marchés et assurer des prix raisonnables aux consommateurs. Mais les mécanismes de soutien différencié par des prix garantis ont surtout incité à produire et à exporter à bas prix les productions protégées et à ne plus produire assez de légumineuses et protéagineux. La recherche incessante de compétitivité est allée de pair avec une intensification et une spécialisation exagérée des systèmes de production agricole. Cette agriculture productiviste se révèle aujourd’hui destructrice pour l’environnement et génératrice d’exclusion pour les hommes. D’où le départ des paysans vers les villes et la désertification de régions entières.**

* http://huet.blog.lemonde.fr/2016/05/20/peril-sur-le-haut-conseil-des-biotechnologies/

** Cette thématique sera développée dans un livre de Michel Sourrouille à paraître en juillet, « L’écologie à l’épreuve du pouvoir » aux éditions Sang de la Terre.

Perturbateurs endocriniens, une scandaleuse histoire

Les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés d’être à l’origine de nombreuses maladies graves (cancers hormonaux-dépendants, infertilité, troubles neuro-comportementaux…) mais ces substances se trouvent dans une multitude d’objets de consommation courante. Des secteurs entiers de l’industrie seront concernés à moyen terme par leur réglementation. Des milliards d’euros sont en jeu. Depuis 2009 la Commission européenne devait trouver le moyen de distinguer les perturbateurs endocriniens des autres produits chimiques. Or, sept ans plus tard, les critères n’existent toujours pas. Une récente « étude d’impact » évalue les conséquences « socio-économiques » d’une réglementation. Elle n’était pas prévue au départ, mais l’industrie l’a obtenue à l’issue d’un lobbying menée en tandem par les industriels des pesticides et de la chimie au début de l’été 2013. Les autorités suédoises rappellent à la Commission que la Cour de justice « interdit l’utilisation de considérations économiques pour définir les critères ». Mais de quelle nature sont les « considérations économiques » consignées dans les pages de l’étude d’impact ? En sus des conséquences sur l’industrie, prendront-elles en compte le coût des maladies liées à l’exposition aux perturbateurs endocriniens, estimé entre 157 milliards et 288 milliards d’euros par an en Europe ? Les conclusions en restent pour le moment confidentielles !* Les commentateurs sur lemonde.fr sont furieux ou complices :

FE : Mais pourquoi ce manque de transparence dans des institutions européennes, qu’on dit à NOTRE service ? Les représentants élus et la presse devraient avoir libre accès à tous ces dossiers. L’Europe, c’est 800 millions de personnes qui ont le DROIT de savoir, puisqu’elles financent.

Grabote : Le pb de ces molécules c’est surtout l’effet cocktail on commence à l’avoir suffisamment démontré, plus que toxicité unique. Maintenant tester tous les effets cocktails avant de prendre une décision ça s’appelle étouffer le changement dans l’œuf…

Joe Dalton : Un exemple parmi d’autres, l’utilisation du PVC chez vous, fenêtres, revêtement de sol, conduit d’évacuation, et plein d’objets du quotidien. Ils dégagent des phtalates, perturbateurs endocriniens en laboratoire sur des rats, personne ne sait leur impact sur la santé des habitants. Faut-il les interdire au nom d’un principe de précaution sachant qu’en France les centaines de milliers d’emploi sont en cause

JM Dorsen : Moins de revêtements de sol et de fenêtres en PVC = plus de parquets et de fenêtres en bois ou alu. Je ne vois pas où l’immense danger pour l’emploi ; un clou chasse l’autre.

Philippe Fritsch : le Land de Bavière a interdit le PVC sur le territoire.

Joe Dalton : Les journalistes ont tous envie de jouer au Marie-Monique Robin. Moment de gloire assuré. Puis-je leur rappeler que leur premier devoir est d’informer objectivement le lecteur et donc, en l’espèce, de présenter l’état des connaissances de la science avant de gloser sur un scandale supposé.

L’imprécateur @ Joe : Hé Joe, c’est qui ton Papa ? Bayer, Montesanto, BASF ? De toutes façons, il est temps que tu apprennes à ne plus croire tout ce qu’il dit !

Marius @ Joe : le scandale concerne le processus de décision et/ou de non-décision par la Commission qui utilise des procédés dilatoires et illégaux pour empêcher de prendre une décision. Cette façon de procéder serait tout aussi scandaleuse si elle concernait l’eau minérale ou le vin de messe.

Diel V : Que faire à notre niveau ? Eviter le plus possible d’acheter et d’utiliser les produits courants qui intègrent ces perturbateurs.

* LE MONDE du 21 mai 2016, Perturbateurs endocriniens : l’histoire secrète d’un scandale

Perturbateurs endocriniens, une scandaleuse histoire

Les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés d’être à l’origine de nombreuses maladies graves (cancers hormonaux-dépendants, infertilité, troubles neuro-comportementaux…) mais ces substances se trouvent dans une multitude d’objets de consommation courante. Des secteurs entiers de l’industrie seront concernés à moyen terme par leur réglementation. Des milliards d’euros sont en jeu. Depuis 2009 la Commission européenne devait trouver le moyen de distinguer les perturbateurs endocriniens des autres produits chimiques. Or, sept ans plus tard, les critères n’existent toujours pas. Une récente « étude d’impact » évalue les conséquences « socio-économiques » d’une réglementation. Elle n’était pas prévue au départ, mais l’industrie l’a obtenue à l’issue d’un lobbying menée en tandem par les industriels des pesticides et de la chimie au début de l’été 2013. Les autorités suédoises rappellent à la Commission que la Cour de justice « interdit l’utilisation de considérations économiques pour définir les critères ». Mais de quelle nature sont les « considérations économiques » consignées dans les pages de l’étude d’impact ? En sus des conséquences sur l’industrie, prendront-elles en compte le coût des maladies liées à l’exposition aux perturbateurs endocriniens, estimé entre 157 milliards et 288 milliards d’euros par an en Europe ? Les conclusions en restent pour le moment confidentielles !* Les commentateurs sur lemonde.fr sont furieux ou complices :

FE : Mais pourquoi ce manque de transparence dans des institutions européennes, qu’on dit à NOTRE service ? Les représentants élus et la presse devraient avoir libre accès à tous ces dossiers. L’Europe, c’est 800 millions de personnes qui ont le DROIT de savoir, puisqu’elles financent.

Grabote : Le pb de ces molécules c’est surtout l’effet cocktail on commence à l’avoir suffisamment démontré, plus que toxicité unique. Maintenant tester tous les effets cocktails avant de prendre une décision ça s’appelle étouffer le changement dans l’œuf…

Joe Dalton : Un exemple parmi d’autres, l’utilisation du PVC chez vous, fenêtres, revêtement de sol, conduit d’évacuation, et plein d’objets du quotidien. Ils dégagent des phtalates, perturbateurs endocriniens en laboratoire sur des rats, personne ne sait leur impact sur la santé des habitants. Faut-il les interdire au nom d’un principe de précaution sachant qu’en France les centaines de milliers d’emploi sont en cause

JM Dorsen : Moins de revêtements de sol et de fenêtres en PVC = plus de parquets et de fenêtres en bois ou alu. Je ne vois pas où l’immense danger pour l’emploi ; un clou chasse l’autre.

Philippe Fritsch : le Land de Bavière a interdit le PVC sur le territoire.

Joe Dalton : Les journalistes ont tous envie de jouer au Marie-Monique Robin. Moment de gloire assuré. Puis-je leur rappeler que leur premier devoir est d’informer objectivement le lecteur et donc, en l’espèce, de présenter l’état des connaissances de la science avant de gloser sur un scandale supposé.

L’imprécateur @ Joe : Hé Joe, c’est qui ton Papa ? Bayer, Montesanto, BASF ? De toutes façons, il est temps que tu apprennes à ne plus croire tout ce qu’il dit !

Marius @ Joe : le scandale concerne le processus de décision et/ou de non-décision par la Commission qui utilise des procédés dilatoires et illégaux pour empêcher de prendre une décision. Cette façon de procéder serait tout aussi scandaleuse si elle concernait l’eau minérale ou le vin de messe.

Diel V : Que faire à notre niveau ? Eviter le plus possible d’acheter et d’utiliser les produits courants qui intègrent ces perturbateurs.

* LE MONDE du 21 mai 2016, Perturbateurs endocriniens : l’histoire secrète d’un scandale

Les députés « réformistes » se barrent, bon débarras

Six députés écologistes, « réformistes », quittent le groupe créé en 2012 pour rejoindre les socialistes, ont annoncé, jeudi 19 mai, Bruno Le Roux, président du groupe PS, et François de Rugy, ex-Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Ils constitueront, au sein d’un groupe « socialiste, écologiste et républicain », une composante « libre de ses positions »*. Après ces départs, le groupe n’est plus composé que de neuf membres, et il faut 15 pour former un groupe. L’affaire n’est pas que symbolique. Disposer de son propre groupe à l’Assemblée garantit un minimum de temps de parole dans l’hémicycle, des places dans les commissions, la possibilité de déposer des propositions de loi et donc davantage d’exposition médiatique. Chaque groupe perçoit en outre des fonds non-négligeables de l’Assemblée nationale pour embaucher du personnel de secrétariat, de communication ou de préparation du travail législatif. Mais l’essentiel n’est pas là, il s’agit de déterminer quelle écologie nous voulons.

Ecologistes réformistes ? Les « réformistes » s’opposent depuis plusieurs mois aux « contestataires », qui jouent la stratégie de la rupture autour de Cécile Duflot. Laissons de côté les tactiques aléatoires de Cécile Duflot qui vont du plus à gauche à la main tendue à François Hollande dans un discours médiatiques où on ne perçoit jamais la dominante écolo. Les « contestataires » doivent être des écologistes en ruptures avec un système croissanciste soutenus aussi bien par le parti socialiste que la droite et son extrême. D’un côté il y a ceux qui parlent de Croissance verte, d’écologie industrielle dite aussi superficielle, de capture du carbone, de l’informatique qui sauve, etc. Ils sont technophiles, adeptes de la technoscience et pourquoi pas de la géo-ingénierie.

Les autres militent pour une écologie profonde et non superficielle. Ils sont traités de « fondamentalistes », mais ce sont eux qui sont les véritables réalistes dans une société qui se dirige vers 2°C d’augmentation des températures avec un épuisement des ressources fossiles et des Etats déficients, incapables d’envisager le long terme et le sort des générations futures. Ils sont adeptes d’une éthique de la Terre et d’une autolimitation des besoins, avec une tendance au végétarisme et au respect de la biodiversité. Ils cultivent les R (Réévaluer, Redistribuer, Relocaliser, Réduire, Réutiliser, Recycler) et vomissent les SUR (suractivité, surcommunication, surconsommation, suremballage, surendettement, suréquipement, surmédicalisation, surpêche…). Ils ont une stratégie qui se conjugue en (démondialisation, démilitarisation, dépollution, dépopulation, désurbanisation, dévoiturage). Ils ont une pensée complexe, loin des simplismes politiciens de la gauche et de la droite.

* LE MONDE du 20 mai 2016, Le groupe écologiste à l’Assemblée nationale disparaît

Les députés « réformistes » se barrent, bon débarras

Six députés écologistes, « réformistes », quittent le groupe créé en 2012 pour rejoindre les socialistes, ont annoncé, jeudi 19 mai, Bruno Le Roux, président du groupe PS, et François de Rugy, ex-Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Ils constitueront, au sein d’un groupe « socialiste, écologiste et républicain », une composante « libre de ses positions »*. Après ces départs, le groupe n’est plus composé que de neuf membres, et il faut 15 pour former un groupe. L’affaire n’est pas que symbolique. Disposer de son propre groupe à l’Assemblée garantit un minimum de temps de parole dans l’hémicycle, des places dans les commissions, la possibilité de déposer des propositions de loi et donc davantage d’exposition médiatique. Chaque groupe perçoit en outre des fonds non-négligeables de l’Assemblée nationale pour embaucher du personnel de secrétariat, de communication ou de préparation du travail législatif. Mais l’essentiel n’est pas là, il s’agit de déterminer quelle écologie nous voulons.

Ecologistes réformistes ? Les « réformistes » s’opposent depuis plusieurs mois aux « contestataires », qui jouent la stratégie de la rupture autour de Cécile Duflot. Laissons de côté les tactiques aléatoires de Cécile Duflot qui vont du plus à gauche à la main tendue à François Hollande dans un discours médiatiques où on ne perçoit jamais la dominante écolo. Les « contestataires » doivent être des écologistes en ruptures avec un système croissanciste soutenus aussi bien par le parti socialiste que la droite et son extrême. D’un côté il y a ceux qui parlent de Croissance verte, d’écologie industrielle dite aussi superficielle, de capture du carbone, de l’informatique qui sauve, etc. Ils sont technophiles, adeptes de la technoscience et pourquoi pas de la géo-ingénierie.

Les autres militent pour une écologie profonde et non superficielle. Ils sont traités de « fondamentalistes », mais ce sont eux qui sont les véritables réalistes dans une société qui se dirige vers 2°C d’augmentation des températures avec un épuisement des ressources fossiles et des Etats déficients, incapables d’envisager le long terme et le sort des générations futures. Ils sont adeptes d’une éthique de la Terre et d’une autolimitation des besoins, avec une tendance au végétarisme et au respect de la biodiversité. Ils cultivent les R (Réévaluer, Redistribuer, Relocaliser, Réduire, Réutiliser, Recycler) et vomissent les SUR (suractivité, surcommunication, surconsommation, suremballage, surendettement, suréquipement, surmédicalisation, surpêche…). Ils ont une stratégie qui se conjugue en (démondialisation, démilitarisation, dépollution, dépopulation, désurbanisation, dévoiturage). Ils ont une pensée complexe, loin des simplismes politiciens de la gauche et de la droite.

* LE MONDE du 20 mai 2016, Le groupe écologiste à l’Assemblée nationale disparaît

pour des patrons payés au mieux à 10 fois le SMIC

Les revenus élevés n’ont aucune justification. Quarante personnalités lancent un appel pour demander au gouvernement de légiférer afin de limiter les salaires des patrons. Les signataires estiment que l’on vit « une période inédite dans l’histoire du capitalisme contemporain » où l’écart entre les rémunérations a « explosé ». Voici les points principaux du texte du MONDE* et quelques commentaires perspicaces sur lemonde.fr :

– Les signataires de ce texte proposent qu’un dirigeant « ne puisse pas être rémunéré plus de 100 smic, soit 1,75 million d’euros par an ».

Pétafouaire : 100 fois le smic c’est aussi ridicule que pas de limite, si on doit établir une limite mettons-là à 10 fois le smic là ce serait utile.
Tignasse : Comment diable peut on dépenser 145 000 € par mois? En payant quoi ? Et un grand patron vaut-t-il vraiment 100 fois un salarié de base, est-il 100 fois plus utile, travaille-t-il 100 fois plus dans une journée, est-il réellement 100 fois plus intelligent ?

– Le gouvernement a fait en 2013 le pari de l’autorégulation et celui-ci a échoué . En 2015, la rémunération totale des patrons du CAC 40 a augmenté entre 5 % et 11 % selon les évaluations.

Jean-Michel Hardouin : Le premier pas serait déjà que les actionnaires, véritables propriétaires de l’entreprise, aient un pouvoir de décision dans ce domaine, plutôt que des conseils d’administration dont les membres cooptés sont des « copains » de l’équipe de direction.

– L’appel précise par ailleurs que le principal argument justifiant ces salaires parfois mirobolants – « celui d’un marché mondial des très hauts dirigeants qui nécessiterait un alignement des salaires par le haut » – n’est corroboré par aucune étude économique sérieuse.

Jeanbobby : j’imagine assez mal Carlos Ghosn rouler en Twingo ou en Micra, contrairement à ses salariés, qui eux, n’ont pas eu droit à 169 % d’augmentation. Il faut avouer qu’ils ne prennent pas de « décisions difficiles » telles que délocaliser la production dans les pays de l’Est : eux les subissent, les « décisions difficiles »…

– En se comportant de la sorte, notre élite économique entretient un sentiment de chacun pour soi délétère.

Jeffrey Gould : Pour être conséquent, ces 40 personnalités doivent exiger que l’état confisque la partie des patrimoine qui dépasse, disons, 100 fois le patrimoine moyen. Tant pis si quelques grandes fortunes ou entrepreneurs du web trinquent, l’égalité triomphera…
Anti-patron : Pourquoi seulement les patrons ? Sportifs, journalistes stars, gagnants du loto, artistes, s’ils gagnent plus que 2 millions d’€, eux ne sont pas concernés ?

* Le Monde.fr avec AFP | 19.05.2016, Appel de 40 personnalités pour légiférer sur le salaire des patrons

pour des patrons payés au mieux à 10 fois le SMIC

Les revenus élevés n’ont aucune justification. Quarante personnalités lancent un appel pour demander au gouvernement de légiférer afin de limiter les salaires des patrons. Les signataires estiment que l’on vit « une période inédite dans l’histoire du capitalisme contemporain » où l’écart entre les rémunérations a « explosé ». Voici les points principaux du texte du MONDE* et quelques commentaires perspicaces sur lemonde.fr :

– Les signataires de ce texte proposent qu’un dirigeant « ne puisse pas être rémunéré plus de 100 smic, soit 1,75 million d’euros par an ».

Pétafouaire : 100 fois le smic c’est aussi ridicule que pas de limite, si on doit établir une limite mettons-là à 10 fois le smic là ce serait utile.
Tignasse : Comment diable peut on dépenser 145 000 € par mois? En payant quoi ? Et un grand patron vaut-t-il vraiment 100 fois un salarié de base, est-il 100 fois plus utile, travaille-t-il 100 fois plus dans une journée, est-il réellement 100 fois plus intelligent ?

– Le gouvernement a fait en 2013 le pari de l’autorégulation et celui-ci a échoué . En 2015, la rémunération totale des patrons du CAC 40 a augmenté entre 5 % et 11 % selon les évaluations.

Jean-Michel Hardouin : Le premier pas serait déjà que les actionnaires, véritables propriétaires de l’entreprise, aient un pouvoir de décision dans ce domaine, plutôt que des conseils d’administration dont les membres cooptés sont des « copains » de l’équipe de direction.

– L’appel précise par ailleurs que le principal argument justifiant ces salaires parfois mirobolants – « celui d’un marché mondial des très hauts dirigeants qui nécessiterait un alignement des salaires par le haut » – n’est corroboré par aucune étude économique sérieuse.

Jeanbobby : j’imagine assez mal Carlos Ghosn rouler en Twingo ou en Micra, contrairement à ses salariés, qui eux, n’ont pas eu droit à 169 % d’augmentation. Il faut avouer qu’ils ne prennent pas de « décisions difficiles » telles que délocaliser la production dans les pays de l’Est : eux les subissent, les « décisions difficiles »…

– En se comportant de la sorte, notre élite économique entretient un sentiment de chacun pour soi délétère.

Jeffrey Gould : Pour être conséquent, ces 40 personnalités doivent exiger que l’état confisque la partie des patrimoine qui dépasse, disons, 100 fois le patrimoine moyen. Tant pis si quelques grandes fortunes ou entrepreneurs du web trinquent, l’égalité triomphera…
Anti-patron : Pourquoi seulement les patrons ? Sportifs, journalistes stars, gagnants du loto, artistes, s’ils gagnent plus que 2 millions d’€, eux ne sont pas concernés ?

* Le Monde.fr avec AFP | 19.05.2016, Appel de 40 personnalités pour légiférer sur le salaire des patrons

Le siècle des ghettos et de l’invisibilité des pauvres

Nous considérons l’effondrement moins comme un évènement que comme un processus qui a déjà débuté et qui mène à une situation d’apartheid permanent entre d’une part des populations privilégiées ayant les moyens de sauvegarder leur niveau de vie et d’autre part le reste du monde, victime d’un marasme économique, de calamités naturelles ou de guerres dévastatrices.

En fait, la séparation entre riches et pauvres est déjà une réalité dans de nombreux endroits, et clairement visible dans l’espace géographique. La comparaison de l’espérance de vie entre les quartiers d’une même ville est dans bien des cas révélatrice du fossé se creusant entre classe populaires et élites. Cette différence atteignait vingt-huit ans en 2008 entre un enfant né dans un quartier riche de Glasgow au sud et à l’ouest et un autre né dans un quartier à l’est. Un élément vicieux de cette situation de société à deux vitesse est le cloisonnement spatial. La prolifération de quartiers privés révèle cette tendance. Le terme de Gated community désigne ce genre d’enclave résidentielle fermée. Il y a une homogénéisation choisie, que Thierry Paquot appelle ghettos de riches. Cette façon de vivre volontairement entre quatre murs est de plus en plus présente aux quatre coins du monde : peu importe que le contexte se détériore, puisqu’il est invisible, derrière des murs. En permettant d’ignorer l’environnement, elle contribue à sa dégradation. Ajoutons à cela la stigmatisation qui s’amplifie, puisque la pauvreté est concentrée sur un espace délimité, renforçant l’isolement de la zone concernée et sa dangerosité. Cela induit une solidarité restreinte et accroît la méfiance vis-à-vis des «autres». Cela accentue le décalage entre les éloges faites à la mondialisation par une frange de la population intégrée à l’espace mondialisé et une autre partie «assignée à résidence», ne pouvant que contempler les effets négatifs de la globalisation sur son quotidien. Dans bien des destinations, le tourisme n’est organisé que par une séparation entre ceux qui ont les moyens et les autres. Ces bulles touristiques dépourvues de promiscuité avec les classes populaires, ont une armée d’employés mal payés à leur service faisant tourner la machine de l’irréalité.

Comme l’affirme le documentaire «Bunker Cities», le XXIe siècle sera le siècle des murs. D’Israël aux États-Unis en passant par le Bangladesh, le Zimbabwe et plus récemment la Hongrie, la fortification des murs a le vent en poupe. Cette tendance va s’accentuer sous l’effet des catastrophes à venir. Ainsi le mur érigé par l’Inde le long de sa frontière avec le Bangladesh risque fort de se consolider dans les années à venir avec la montée des océans, puisqu’une partie du territoire bengali se trouve au-dessous du niveau de la mer. La ghettoïsation est à la fois une cause et une conséquence du déclin des pouvoirs publics dans leur gestion du territoire. La démocratie est vidée de sa substance et les grands débats de société sont constitués de discussion technocratique dont est exclu toute voix dissidente : il suffit de voir l’érection de barrières et de dispositifs de sécurité pour séparer les grandes rencontres internationales des mobilisations populaires. Des murs partout ! Nous aurons ainsi un monde composé d’îlots de civilisation dans un monde en ruine, lesquels useront de la force militaire pour repousser les réfugiés climatiques. La tragédie de cette histoire est que les exclus sont tiraillés dans des luttes intestines identitaires ou séparatistes au lieu de faire cause commune.

(extraits du livre «De quoi l’effondrement est-il le nom ?» (Renaud Duterme)
éditions utopia 2016, 144 pages pour 8 euros

La montée des eaux menace 1,2 milliard de personnes

thèse : La montée des eaux menace 1,2 milliard de personnes d’ici à 2060.
Cette projection repose sur le scénario d’un réchauffement à 3 °C, correspondant aux « contributions nationales » remises par les Etats lors de la COP21. Des engagements qui devront être revus pour tenir l’objectif de l’accord de Paris de contenir le réchauffement « bien au-dessous de 2 °C ».*

antithèse : Actuellement les engagements nationaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre s’inscrivent dans une perspective de 3 °C de réchauffement, bien au-delà de l’engagement pris par la communauté internationale en décembre 2015 à Paris de rester « largement sous les 2 °C ».Comme chaque année, les délégués des 195 pays membres de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sont rassemblés à Bonn, en Allemagne, depuis lundi 16 mai, pour une session de négociations techniques.Le premier chantier est de constituer le groupe de travail chargé de concrétiser l’accord de Paris, baptisé « APA », pour Ad hoc Working Group on the Paris Agreement (« Groupe de travail ad hoc sur l’accord de Paris »)**. Bla bla bla… Nous avons besoin d’une ambition bien plus forte pour réduire radicalement les émissions, et d’un rythme bien plus rapide dans la mise en place des stratégies nationales affichées.

synthèse activiste : Les écologistes veulent faire pression sur les Etats pour qu’ils respectent leurs engagements de ne pas dépasser un réchauffement de 2 °C sur la planète, qui impliquent de laisser 80 % des énergies fossiles dans le sous-sol. En Allemagne, des activistes du climat bloquent une centrale à charbon. « Il faut vraiment voir cette mine pour comprendre l’obscénité de la destruction, ça donne littéralement envie de pleurer. Ce paysage, c’est ce que l’industrie des fossiles va faire de notre planète si nous ne les arrêtons pas », a confié Tadzio Mueller, militant écologiste allemand. Aux Etats-Unis, des centaines de manifestants se sont également rassemblés dans les Etats de New York et de Washington pour mener des actions contre des raffineries pétrolières.*** Mais le rapport de force est bien insuffisant. En conséquence il y aura 1,2 milliard de personnes menacées par la montée des eaux d’ici à 2060 !!!!!!!!!

* LE MONDE du 18 mai 2016, La montée des eaux menace 1,2 milliard de personnes d’ici à 2060
** LE MONDE du 18 mai 2016, Climat : difficile mise en œuvre de l’accord de Paris
*** LE MONDE du 16 mai 2016, En Allemagne, des activistes du climat bloquent une centrale à charbon