Mois : mars 2017

Les présidentiables à la recherche de la croissance

« La croissance, j’irai la chercher avec les dents », s’exclamait Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle en 2007. Son successeur François Hollande a psalmodié pendant tout son mandat « croissance, croissance » en espérant inverser la courbe du chômage. Nous sommes en 2017 et les présidentiables courent encore après la croissance. Pour la frontiste Marine Le Pen, « la priorité pour 2017-2022 sera de retrouver la croissance ». Elle prévoit 2,5 % de croissance à la fin du quinquennat mais reste elliptique sur les moyens d’y parvenir. François Fillon veut essayer ce qui marche pour éviter la « croissance molle ». Pour ce candidat de la droite catholique, « libérer la croissance » est un impératif afin d’atteindre le plein-emploi. Emmanuel Macron veut « accélérer l’émergence d’un modèle de croissance réconciliant transition écologique, industrie du futur et agriculture de demain. » Vaste programme, bien flou, bâti sur un plan d’investissement de 50 milliards d’euros. Jean-Luc Mélenchon attribue la situation de croissance « atone » à la politique d’austérité menée depuis 2007. Son plan de relance comprend 100 milliards d’investissement financés par l’emprunt. Quand on aime, on ne compte pas. Seul Benoît Hamon se démarque légèrement : « Je ne crois plus au mythe de la croissance ». Son diagnostic s’appuie sur le constat d’une raréfaction du travail allant de pair avec la robotisation de l’industrie. Mais il veut relancer l’économie par un « revenu universel » et un plan d’investissement de 1000 milliards. Il n’y a pas de limites dans les promesses verbales.

Aucun des présidentiables n’a de conscience des dégâts que fait l’augmentation du PIB ni des limites biophysiques qui vont entraver l’ensemble des secteurs d’activité : raréfaction des ressources, gestion impossible des déchets. N’oublions pas les conséquences des chocs pétrolier de 1973 et 1979 sur le PIB, n’oublions pas que la crise des surprimes de 2008 a été causée par la hausse constante du baril qui a douché les promesses de l’endettement immobilier à risque. Le contre-choc pétrolier actuel est une véritable menace d’un nouveau choc dans les prochaines années. Il peut surgir à tout moment, les marchés et le contexte géopolitique étant connus pour leur instabilité. Et il faut ajouter aux périls le réchauffement climatique et ses conséquences agro-industrielles, la surpopulation humaine, un monde de bidonvilles et d’Etats en faillite, etc. La France ne peut pas être une sphère autonome quand les migrants pour causes socio-politiques s’entassent à ses portes et que la quasi-totalité de sa consommation d’énergie fossile est importée.

LE MONDE* titre dans ses pages éco « Candidats cherchent croissance désespérément » mais veut ignorer que la future croissance économique est obligatoirement sous contrainte écologique. L’informatisation de nos activités a beaucoup moins d’effets réels que la croissance qui brûle du charbon, du pétrole ou du gaz. Le journal s’interroge cependant sur une « stagnation séculaire », mais avec des raisonnements bateaux : le vieillissement la population, la moindre productivité, les emplois de services à bas prix. Alors il s’agirait de viser directement l’emploi plutôt que de chercher à réanimer la croissance. « Post-croissance ne veut pas dire décroissance », s’exclame Dominique Méda, conseillère de Benoît Hamon. L’effondrement de la civilisation thermo-industrielle n’est pas au programme, l’écologie ne doit pas être punitive mais adapté au système consumériste tel qu’il existe actuellement. Il faut donc attendre le prochain choc pétrolier pour que les analyses des spécialistes du présent deviennent enfin plus réalistes…

* LE MONDE du 26-27 mars 2017

Les présidentiables face au feu nucléaire

Plus d’une centaine de pays tentent de négocier « un instrument juridiquement contraignant d’interdiction des armes nucléaires conduisant à leur interdiction totale » à partir du 27 mars, au siège de l’ONU. C’est ce que stipulait déjà la résolution L.41 votée, le 23 décembre 2016, par l’Assemblée générale par 113 Etats membres contre 35 (les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie…). La Corée du Nord a même voté pour ! La France s’apparente dans ce domaine à une dictature où on décide l’inacceptable sans en référer à personne. Or on sait que les armes nucléaires ne servent à rien face aux nouvelles menaces, et leur emploi aurait des conséquences inhumaines. QUI au nom de la France a donné un avis négatif à un projet d’élimination des armes nucléaires ?

Tous nos présidentiables ou presque entendent conserver la force de frappe française. Benoît Hamon ne se contente pas de vouloir conserver tous nos SNLE. Il veut pouvoir protéger l’Europe grâce à sa force de dissuasion nucléaire, il veut défendre « le rang de la France » . Pour Jean-Luc Mélenchon, la dissuasion nucléaire « demeure l’élément essentiel de notre stratégie de protection« . Pour François Fillon : il faut « maintenir la Force de dissuasion nucléaire et préparer sa modernisation« . Pour Marine Le Pen, « notre concept de dissuasion nucléaire sera réaffirmé et précisé. Il doit demeurer le fondement de notre stratégie de défense et la garantie ultime de la sécurité et de l’indépendance nationale. » Quant à Emmanuel Macron, on aimerait savoir ce qu’il en pense, mais il serait surprenant que cet admirateur enthousiaste du nucléaire civil (« un choix résolument moderne ») n’en soit pas aussi un du nucléaire militaire. Un seul candidat avait fait connaître son intention de « remplacer la stratégie de dissuasion nucléaire par un sanctuaire européen « dénucléarisé », et d’œuvrer à une diplomatie active en faveur du désarmement nucléaire » : Yannick Jadot (75e proposition de « la France vive »). Il s’est sans doute aligné sur la position de Hamon, rien dans leur plate-forme commune actuelle n’a trait aux armes nucléaires.

Selon le Président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)*, le chef de l’Etat chinois, prenant la relève d’Obama, avait proposé à Davos de construire un monde sans armes nucléaires. D’après un sondage effectué par l’IFOP en octobre 2015, 3 Français sur 4 voulaient déjà, avant même que l’opportunité n’en soit offerte par l’ONU, « que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des Etats concernés un traité d‘interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ». Plus de cent parlementaires (111 depuis le 20 janvier 2017) désavouent la politique de la chaise vide pratiquée par le gouvernement actuel comme par tous ses prédécesseurs, de gauche ou de droite. Ils ont non seulement signé un Appel à référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires, mais encore une Proposition parlementaire de loi (PPL) organisant ledit référendum selon la procédure dite d’initiative partagée (parlementaire et citoyenne). Il n’y a donc pas de consensus national en faveur de notre « dissuasion » nucléaire. QUI au nom de la France a donné un avis négatif à un projet d’élimination des armes nucléaires ? 

Selon LE MONDE**, la stratégie des abolitionnistes consiste à mobiliser les opinions publiques et à réunir le maximum de pays afin d’isoler les Etats détenteurs de l’arme nucléaire. Elle est semblable à celle qui mena à la convention interdisant les mines antipersonnel, en 1997, et celle sur les armes à sous-munitions, de 2008. A défaut d’être hors la loi, leur emploi devient toujours plus honteux. Rappelons que le Traité intercantonal de non-prolifération signé en 1968 prévoit en son article 6 que ses signataires s’engagent à poursuivre des négociations de « bonne foi » pour arrêter la course aux armements et arriver à terme « à un traité de désarmement général et complet ». La France n’a adhéré à ce traité qu’en 1992, qui s’en rappelle ?

Selon la commission paix et désarmement d’EELV, la « prévention et la résolution non violente des conflits représente une valeur fondamentale de l’écologie politique. Elle s’avère indispensable pour analyser et répondre à la montée des crises sur la sécurité internationale : raréfaction des matières premières et des énergies non renouvelables, crises alimentaires, diminution des ressources en eau potable, dérèglement climatique entraînant l’élévation du niveau des mers. » A quoi sert dans ce contexte délétère la bombe atomique, si ce n’est à favoriser son usage ?

* https://blogs.mediapart.fr/jean-marie-matagne/blog/270117/danse-sur-un-volcan-de-marine-le-pen-benoit-hamon-linconsceience-francaise

** LE MONDE du 28 mars 2017, L’interdiction des armes nucléaires fait débat à l’ONU

Pour l’arme nucléaire selon François Hollande, notre article du 21 février 2015, François Hollande fait joujou avec la bombe nucléaire

Pour une approche globale des problèmes de défense nationale, le livre de Michel Sourrouille, « L’écologie à l’épreuve du pouvoir »

Les présidentiables face au feu nucléaire

Plus d’une centaine de pays tentent de négocier « un instrument juridiquement contraignant d’interdiction des armes nucléaires conduisant à leur interdiction totale » à partir du 27 mars, au siège de l’ONU. C’est ce que stipulait déjà la résolution L.41 votée, le 23 décembre 2016, par l’Assemblée générale par 113 Etats membres contre 35 (les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie…). La Corée du Nord a même voté pour ! La France s’apparente dans ce domaine à une dictature où on décide l’inacceptable sans en référer à personne. Or on sait que les armes nucléaires ne servent à rien face aux nouvelles menaces, et leur emploi aurait des conséquences inhumaines. QUI au nom de la France a donné un avis négatif à un projet d’élimination des armes nucléaires ?

Tous nos présidentiables ou presque entendent conserver la force de frappe française. Benoît Hamon ne se contente pas de vouloir conserver tous nos SNLE. Il veut pouvoir protéger l’Europe grâce à sa force de dissuasion nucléaire, il veut défendre « le rang de la France » . Pour Jean-Luc Mélenchon, la dissuasion nucléaire « demeure l’élément essentiel de notre stratégie de protection« . Pour François Fillon : il faut « maintenir la Force de dissuasion nucléaire et préparer sa modernisation« . Pour Marine Le Pen, « notre concept de dissuasion nucléaire sera réaffirmé et précisé. Il doit demeurer le fondement de notre stratégie de défense et la garantie ultime de la sécurité et de l’indépendance nationale. » Quant à Emmanuel Macron, on aimerait savoir ce qu’il en pense, mais il serait surprenant que cet admirateur enthousiaste du nucléaire civil (« un choix résolument moderne ») n’en soit pas aussi un du nucléaire militaire. Un seul candidat avait fait connaître son intention de « remplacer la stratégie de dissuasion nucléaire par un sanctuaire européen « dénucléarisé », et d’œuvrer à une diplomatie active en faveur du désarmement nucléaire » : Yannick Jadot (75e proposition de « la France vive »). Il s’est sans doute aligné sur la position de Hamon, rien dans leur plate-forme commune actuelle n’a trait aux armes nucléaires.

Selon le Président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)*, le chef de l’Etat chinois, prenant la relève d’Obama, avait proposé à Davos de construire un monde sans armes nucléaires. D’après un sondage effectué par l’IFOP en octobre 2015, 3 Français sur 4 voulaient déjà, avant même que l’opportunité n’en soit offerte par l’ONU, « que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des Etats concernés un traité d‘interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ». Plus de cent parlementaires (111 depuis le 20 janvier 2017) désavouent la politique de la chaise vide pratiquée par le gouvernement actuel comme par tous ses prédécesseurs, de gauche ou de droite. Ils ont non seulement signé un Appel à référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires, mais encore une Proposition parlementaire de loi (PPL) organisant ledit référendum selon la procédure dite d’initiative partagée (parlementaire et citoyenne). Il n’y a donc pas de consensus national en faveur de notre « dissuasion » nucléaire. QUI au nom de la France a donné un avis négatif à un projet d’élimination des armes nucléaires ? 

Selon LE MONDE**, la stratégie des abolitionnistes consiste à mobiliser les opinions publiques et à réunir le maximum de pays afin d’isoler les Etats détenteurs de l’arme nucléaire. Elle est semblable à celle qui mena à la convention interdisant les mines antipersonnel, en 1997, et celle sur les armes à sous-munitions, de 2008. A défaut d’être hors la loi, leur emploi devient toujours plus honteux. Rappelons que le Traité intercantonal de non-prolifération signé en 1968 prévoit en son article 6 que ses signataires s’engagent à poursuivre des négociations de « bonne foi » pour arrêter la course aux armements et arriver à terme « à un traité de désarmement général et complet ». La France n’a adhéré à ce traité qu’en 1992, qui s’en rappelle ?

Selon la commission paix et désarmement d’EELV, la « prévention et la résolution non violente des conflits représente une valeur fondamentale de l’écologie politique. Elle s’avère indispensable pour analyser et répondre à la montée des crises sur la sécurité internationale : raréfaction des matières premières et des énergies non renouvelables, crises alimentaires, diminution des ressources en eau potable, dérèglement climatique entraînant l’élévation du niveau des mers. » A quoi sert dans ce contexte délétère la bombe atomique, si ce n’est à favoriser son usage ?

* https://blogs.mediapart.fr/jean-marie-matagne/blog/270117/danse-sur-un-volcan-de-marine-le-pen-benoit-hamon-linconsceience-francaise

** LE MONDE du 28 mars 2017, L’interdiction des armes nucléaires fait débat à l’ONU

Pour l’arme nucléaire selon François Hollande, notre article du 21 février 2015, François Hollande fait joujou avec la bombe nucléaire

Pour une approche globale des problèmes de défense nationale, le livre de Michel Sourrouille, « L’écologie à l’épreuve du pouvoir »

EELV, un parti politique sans légitimité institutionnelle

La Ve République s’est fondée à l’origine contre les partis, présentés comme des machines de conquête du pouvoir, par opposition à l’homme providentiel qu’incarnait le général de Gaulle. Et leur image n’a cessé de se dégrader, particulièrement lorsqu’il s’agit de qualifier le comportement des personnes qui y font carrière, leurs relations à l’argent et aux privilèges de leur fonction. Créer un parti écologique à partir de mouvements qui s’étaient majoritairement placés du côté de l’interpellation et de l’anti-système était donc un pari extraordinairement difficile.

Il n’y a pas vraiment de direction politique d’EELV. Le bureau exécutif composé aujourd’hui de 15 personnes n’a qu’un rôle en théorie assez administratif : l’expédition des affaires courantes et l’application des orientations décidées par le conseil fédéral. Le paradoxe est que les Verts sont un parti où on coupe les têtes mais où on laisse quelques personnes ayant accès aux médias parler pour tous et en désordre. Chez ses dirigeants, au mépris des valeurs affichées, l’individualisme est souvent forcené. Le comportement de leurs leaders politiques s’est tristement banalisé et leur force d’attraction programmatique a disparu. Il est de bon ton de claquer la porte du parti à intervalles réguliers devant les caméras. L’atomisation a repris de plus belle ces derniers mois, les divisions ont conduit à la création de plusieurs micro-partis politiques, sans véritablement d’assise électorale. Les Verts n’ont par ailleurs jamais réussi à être pleinement légitimes dans la représentation politique de l’écologie. Et le constat vaut pour les idées comme pour les personnes. Génération Ecologie les a concurrencés dès 1991, Cap21 de Corinne Lepage est devenu mouvement politique en 2000. Au sein des partis traditionnels, des personnalités ont développé une expertise sur les questions écologiques, ou lancé des courants comme le Pôle écologique au parti socialiste. Il y a un éloignement croissant entre la société et les Verts. Une société qui devient plus écologiste, des Verts taraudés par la question de l’accès au pouvoir. On survalorise l’importance des élections au détriment d’une stratégie d’influence et de conquête de la majorité culturelle. On ne peut compter sur les résultats électoraux pour asseoir l’influence de l’écologie politique. L’électorat écologiste est un cocktail inédit : deux électeurs sur cinq ne serait pas de gauche, la plupart seraient distants à l’égard d’un parti écologiste et marqués par une culture anti-étatique. Cet électorat refuserait le cumul des mandats et la professionnalisation.

C’est l’absence de choix entre deux scénarios qui explique la dégradation de l’écologie politique. Le premier aurait été de construire un vrai parti politique avec une ligne et une hiérarchie, en assumant deux ou trois orientations fortes justifiant l’accès aux responsabilités. Les propositions écologistes nécessitent une transformation profonde des modes de fonctionnement de la société. Or ce parti des Verts de culture libertaire a surinvesti de manière paradoxale les questions juridiques internes et développé une pratique de scribe sur la gestion des conflits. La vie interne des Verts ressemble ainsi trop souvent à une sorte de minuscule IVe République. Un deuxième scénario était possible, plus logique et plus réaliste. Celui de privilégier un mouvement politique ouvert sur la société, une organisation souple sur le modèle d’Europe Ecologie en 2009. C’est à travers une organisation préservant la diversité d’expression que l’écologie politique pourrait le mieux faire fructifier sa richesse. Accepter d’être un réseau, faire remonter les initiatives de terrain, arrêter de singer les grands partis politiques à bout de souffle et de projet, telle aurait du être la destinée des Verts. Pas un mini-PS, mais un grand mouvement sans frontières, fédérateur d’autres mouvement territoriaux ou engagés sur des sujets particuliers (énergie, biodiversité…). Lorsque les partis politiques ressemblent de plus en plus à autant d’astres morts, la construction d’un pouvoir d’influence de l’écologie politique devrait associer contenu programmatique et nouvelles formes démocratiques. Et cesser de se concentrer sur les figures obligées de la vie interne de partis désertés par leurs militants et leurs électeurs.

Texte (et titre) de Lucile Schmid, vice-présidente de la Fondation de l’écologie politique, dans son livre « La France résiste-t-elle à l’écologie ? », aux éditions Le Bord de l’eau 2016, 148 pages pour 14 euros

Association L214, les croisés de la cause animale

Sébastien Arsac a souvent raconté comment, petit-fils d’éleveur et de boucher, un viandard impénitent qui cachait des saucissons sous son oreiller, il a renoncé un jour de 1993 à la viande. Le Lama blanc, bande dessinée d’Alejandro Jodorowsky qu’il lisait en mâchant un morceau de lard, lui fit prendre conscience que des peuples ne mangent pas de chair animale. Sébastien Arsac et Brigitte Gothière ont étoffé leur réflexion théorique en fréquentant à Lyon les fondateurs des Cahiers antispécistes, pionniers de la cause végane en France. L’antispécisme est aux animaux ce que l’antiracisme est aux hommes ; cette conception affirme que l’espèce humaine ne saurait discriminer, exploiter voire tuer un autre être vivant qui éprouve douleurs, plaisirs et émotions. Le couple dirige l’association L214, célèbre pour ses vidéos sur les violences infligées aux bêtes d’élevage. Ils ont imposé le débat sur la condition animale à des politiques qui avaient jusque-là d’autres chats à fouetter.

En 2008, Arsac et Gothière ont baptisé leur association en s’inspirant du film de Bertrand Tavernier L627, « un titre qui claquait bien ». Le cinéaste faisait référence à l’article du code de la santé publique qui prohibe les stupéfiants. Le nom L214 renvoit à celui du code rural  : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. » Ce qui n’est pas vraiment le cas dans les batteries industrielles ou les abattoirs. Avec deux millions d’euros de dons reçus cette année et plus de 24 000 adhérents, l’organisation compte désormais vingt-trois salariés, qui touchent tous le même salaire, patrons compris.Outre le site de L214, l’association anime les sites Politique & animaux, qui propose des dossiers et note le personnel politique ; Viande. info, qui dit tout le mal que causent l’élevage et la pêche sur l’environnement et la santé ; Vegan Pratique, qui donne conseils et recettes afin de se passer de tout produit d’origine animale ; VegOresto, qui recense les tables françaises réservées aux légumes. L214 organise aussi des « Vegan places » dans les villes pour sensibiliser les passants et mène des campagnes d’affichage dans le métro parisien, quand la RATP ne les censure pas. Les militants pratiquent ce que les Anglo-Saxons appellent Name and Shame (« nommer et faire honte ») : ils donnent le nom des entreprises accusées de maltraitance, mais aussi celui de leurs clients, grandes surfaces comme chefs étoilés. Le succès de L214 s’explique en partie par ce message qui désigne les coupables. Les vidéos de L214 sont un catalogue de l’horreur. Ainsi, Palme d’or du sordide, celle tournée à Limoges, dans le plus grand abattoir public de l’Hexagone.

Brigitte Gothière et Sébastien Arsac constituent un étrange mélange de convictions véganes radicales (refus de la consommation de tout produit animal), de méthodes militantes très directes (images volées souvent gore, dénonciations, manifestations), mais aussi de modestie et de tolérance pour ceux qui ne partagent pas leur vision du monde. Mais pour ce couple, la question est tranchée : « Toute forme d’élevage engendre de la souffrance chez l’animal » et L214 lutte pour une abolition pure et simple.

source : LE MONDE du 24 février 2017, Les coulisses de l’association L214

un parti social-écologiste ou bien ni droite ni gauche ?

Le premier ministre Bernard Cazeneuve attaque Emmanuel Macron : « Faire son miel sur la fin du clivage gauche-droite qui structure la vie politique dans les démocraties depuis deux siècles est juste une hérésie. »* Bernard Cazeneuve se trompe. C’est un politique à l’ancienne qui croit encore que la séparation en deux de l’hémicycle depuis la révolution française a encore une validité : à droite les conservateurs, à gauche réformiste et révolutionnaires ! Aujourd’hui ce dualisme a du plomb dans l’aile. D’abord à cause de l’ambiguïté de ce qu’est la gauche, qui est un terme fourre-tout ; trotskysme, communisme, social-démocratie, social-libéralisme, autogestion, planification impérative, relance par l’offre ou relance par la demande, tout cela se dit à gauche. Et le productivisme comme le consumérisme sont à la fois de droite et de gauche. La deuxième raison, essentielle, c’est que l’écologie politique veut rassembler tous les citoyens sans exception puisque par exemple le consumérisme ou la question nucléaire concerne l’ensemble des citoyens. La fin du clivage gauche-droite est bien en question dans ses élections de 2017, mais c’est Macron qui a piqué l’idée sans mettre l’impératif écologique en avant. Il se positionne en fait au centre droit ou au centre gauche selon ses propositions.

Dans un contexte de déroute de l’écologie politique qui ne présente pas de candidat à la présidentielle pour la première fois depuis 1974, le prochain congrès d’Europe Écologie Les Verts devra trancher entre deux orientations. Soit une alliance institutionnalisée avec Benoît Hamon et ce qui restera du parti socialiste autour de lui. Cela donnerait lieu à la création d’un « parti social-écologiste » et à la dissolution d’EELV en tant que tel. C’est d’ailleurs l’ambition du PS, arrêter de sous-traiter la question écologique à un autre parti que lui-même. La nomination de ministres de l’écologie spécifiquement socialiste tout au cours du quinquennat Hollande en est la preuve. Le débauchage des adhérents EELV en est une autre, que ce soit directement avec le départ d’Emmanuelle Cosse qui quitté son poste de secrétaire national pour un plat de lentilles, ministre du logement comme l’était auparavant Cécile Duflot : un placard. Ou indirectement avec l’alliance de l’ex-présidentiable Yannick Jadot qui tombe dans les bras de Benoît Hamon, un frondeur impénitent qui se considère depuis explicitement comme LE seul représentant de l’écologie politique à la présidentielle, Jadot servant uniquement de faire-valoir.

L’autre possibilité est une refondation de l’écologie politique en tant qu’instance autonome par rapport à la gauche, une refondation dont EELV serait cheville ouvrière. Ce serait le constat que l’alliance exclusivement à gauche des Verts (EELV) depuis 1994 a abouti aujourd’hui à un échec total. Ce serait un certain retour au « ni droite ni gauche » des origines des Verts en 1984. Ce serait surtout l’idée que le long terme et la cohésion de la famille humaine avec son écosystème n’est pas un problème de droite ou de gauche puisque cette problématique concerne tous les citoyens. L’écologie s’intéresse aux limites biophysiques de la planète et au long terme ce que fait ni le PS, ni Les Républicains. L’écologie politique est devenue inaudible aux yeux des électeurs et ses militants partent en ordre dispersé pour cette présidentielle, choisissant qui Hamon, qui Macron, qui Mélenchon, qui le jardinage. Vivement le prochain congrès pour qu’on sache où se situe fondamentalement l’écologie sur l’échiquier politique !

* lemonde.fr du 25 mars 2017, Le Parti socialiste en marche vers une scission ?

un parti social-écologiste ou bien ni droite ni gauche ?

Le premier ministre Bernard Cazeneuve attaque Emmanuel Macron : « Faire son miel sur la fin du clivage gauche-droite qui structure la vie politique dans les démocraties depuis deux siècles est juste une hérésie. »* Bernard Cazeneuve se trompe. C’est un politique à l’ancienne qui croit encore que la séparation en deux de l’hémicycle depuis la révolution française a encore une validité : à droite les conservateurs, à gauche réformiste et révolutionnaires ! Aujourd’hui ce dualisme a du plomb dans l’aile. D’abord à cause de l’ambiguïté de ce qu’est la gauche, qui est un terme fourre-tout ; trotskysme, communisme, social-démocratie, social-libéralisme, autogestion, planification impérative, relance par l’offre ou relance par la demande, tout cela se dit à gauche. Et le productivisme comme le consumérisme sont à la fois de droite et de gauche. La deuxième raison, essentielle, c’est que l’écologie politique veut rassembler tous les citoyens sans exception puisque par exemple le consumérisme ou la question nucléaire concerne l’ensemble des citoyens. La fin du clivage gauche-droite est bien en question dans ses élections de 2017, mais c’est Macron qui a piqué l’idée sans mettre l’impératif écologique en avant. Il se positionne en fait au centre droit ou au centre gauche selon ses propositions.

Dans un contexte de déroute de l’écologie politique qui ne présente pas de candidat à la présidentielle pour la première fois depuis 1974, le prochain congrès d’Europe Écologie Les Verts devra trancher entre deux orientations. Soit une alliance institutionnalisée avec Benoît Hamon et ce qui restera du parti socialiste autour de lui. Cela donnerait lieu à la création d’un « parti social-écologiste » et à la dissolution d’EELV en tant que tel. C’est d’ailleurs l’ambition du PS, arrêter de sous-traiter la question écologique à un autre parti que lui-même. La nomination de ministres de l’écologie spécifiquement socialiste tout au cours du quinquennat Hollande en est la preuve. Le débauchage des adhérents EELV en est une autre, que ce soit directement avec le départ d’Emmanuelle Cosse qui quitté son poste de secrétaire national pour un plat de lentilles, ministre du logement comme l’était auparavant Cécile Duflot : un placard. Ou indirectement avec l’alliance de l’ex-présidentiable Yannick Jadot qui tombe dans les bras de Benoît Hamon, un frondeur impénitent qui se considère depuis explicitement comme LE seul représentant de l’écologie politique à la présidentielle, Jadot servant uniquement de faire-valoir.

L’autre possibilité est une refondation de l’écologie politique en tant qu’instance autonome par rapport à la gauche, une refondation dont EELV serait cheville ouvrière. Ce serait le constat que l’alliance exclusivement à gauche des Verts (EELV) depuis 1994 a abouti aujourd’hui à un échec total. Ce serait un certain retour au « ni droite ni gauche » des origines des Verts en 1984. Ce serait surtout l’idée que le long terme et la cohésion de la famille humaine avec son écosystème n’est pas un problème de droite ou de gauche puisque cette problématique concerne tous les citoyens. L’écologie s’intéresse aux limites biophysiques de la planète et au long terme ce que fait ni le PS, ni Les Républicains. L’écologie politique est devenue inaudible aux yeux des électeurs et ses militants partent en ordre dispersé pour cette présidentielle, choisissant qui Hamon, qui Macron, qui Mélenchon, qui le jardinage. Vivement le prochain congrès pour qu’on sache où se situe fondamentalement l’écologie sur l’échiquier politique !

* lemonde.fr du 25 mars 2017, Le Parti socialiste en marche vers une scission ?

L’écologie n’a pas besoin d’un ministère des sports

En septembre 2017 aura lieu l’élection de la ville hôte des Jeux olympiques (JO) 2024, qui se jouera entre Paris et Los Angeles*. La maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, et le premier ministre, Bernard Cazeneuve, ne comptent plus leur discours de soutien. Les ministres des sports, avec 0,14 % du budget 2017, se contente d’aller voir les matchs. On a bien l’impression que l’activité politique est consacrée uniquement au « sport qui se regarde”». Le sport n’est qu’un affichage politique, pas un réel besoin. Le livre de Michel Sourrouille,  « L’écologie à l’épreuve du pouvoir », est clair sur la question, il faut sortir du sport-spectacle :

« Dans un gouvernement écologiste, il n’y aura pas de ministre dédié aux sports en tant que tels. L’espérance de vie en bonne santé ne dépend pas du sport-spectacle. L’ancien sprinter Roger Bambuck, médaillé aux JO de Mexico en 196 et secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports de 1988 à 1992, s’exprimait ainsi en 2016 : « L’activité physique est 100 % positive pour la santé, l’équilibre mental et social. Alors que le sport de haut niveau, je n’hésite pas à le dire, est une activité dangereuse à tout point de vue. (LE MONDE du 2 avril 2016) » il est vrai qu’il a été obligé de mettre en place la première loi de prévention et de lutte contre le dopage. Plus grave, le sport de masse détourne l’attention de l’essentiel. Si les médias, les politiques et les Terriens avaient prêté autant d’attention au réchauffement climatique qu’au Mondial de foot, les conférences internationales auraient été un franc succès. Mais le capitalisme libéral préfère que les humains s’intéressent au foot-spectacle plutôt qu’à leurs conditions de vie présentes et futures. La politique n’a pas à se mêler de l’organisation d’un show planétaire, même quand il s’agit des Jeux Olympiques. Les JO ont été privés de ressources financières jusqu’en 1972 parce que le Président du CIO de l’époque était un farouche défenseur de l’amateurisme ; le CIO d’aujourd’hui est devenu richissime grâce à la vente des droits de retransmission et au sponsoring d’épreuves désormais ouvertement professionnelles. Sous le prétexte du sport comme expression des peuples, les Jeux Olympiques sont aujourd’hui le cache-sexe du système marchand : sur le stade comme ailleurs, la lutte entre États se transforme en lutte entre firmes. Quand François Hollande se déclare « favorable à ce que la Ville de Paris, si elle en décide », se porte candidate aux Jeux Olympiques de 2024, c’est sur la base de faux arguments : « C’est très important parce que ce sera un moment de ferveur, et surtout ça fera plein d’équipements avant, plein d’emplois, plein d’industries qui pourront se montrer. » Ce sera plutôt de grands travaux inutiles et imposés. « Plus vite, plus loin, plus fort », telle est la devise des jeux olympiques modernes alors que les principes d’une société équilibrée sont à l’inverse « Aller moins vite, aller moins loin, plus de douceur ». Loin du sport-spectacle, l’activité physique se moque des records. L’activité physique est de la responsabilité de la personne, d’un club ou d’une organisation territoriale, le national n’a rien à gérer. »

Sans l’État, il n’y a pas de JO à Paris : on n’a pas la sécurité, les subventions, l’engagement des politiques auprès du CIO. Sans ministère des sports, cela n’empêche pas les amateurs d’aller pousser le ballon. « La responsabilité de la réussite de la politique sportive incombe en grande partie aux fédérations sportives, écrivaient les auteurs du rapport de la Cour des comptes, en 2013. Sur lemonde.fr, Pierre Dumont s’exclame : « Je me suis toujours demandé pourquoi nous n’avions pas aussi un ministère spécifique du cinéma encourageant son aspect industriel… Un bon gouvernement en fait devrait bien avoir 50 ministères, sans compter celui des ministères ! » René B renchérit : « Il faut supprimer le ministère des sports. Nous avons déjà le ministère de la santé pour le dopage, le ministère des finances pour les fraudes fiscales des joueurs de haut niveau, le ministère de la justice pour diverses affaires (viols, chantage …) et le ministère des affaires étrangères pour les rapports avec le Qatar. »

* LE MONDE du 25 mars 2017, Faut-il encore un ministère des sports ?

L’écologie n’a pas besoin d’un ministère des sports

En septembre 2017 aura lieu l’élection de la ville hôte des Jeux olympiques (JO) 2024, qui se jouera entre Paris et Los Angeles*. La maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, et le premier ministre, Bernard Cazeneuve, ne comptent plus leur discours de soutien. Les ministres des sports, avec 0,14 % du budget 2017, se contente d’aller voir les matchs. On a bien l’impression que l’activité politique est consacrée uniquement au « sport qui se regarde”». Le sport n’est qu’un affichage politique, pas un réel besoin. Le livre de Michel Sourrouille,  « L’écologie à l’épreuve du pouvoir », est clair sur la question, il faut sortir du sport-spectacle :

« Dans un gouvernement écologiste, il n’y aura pas de ministre dédié aux sports en tant que tels. L’espérance de vie en bonne santé ne dépend pas du sport-spectacle. L’ancien sprinter Roger Bambuck, médaillé aux JO de Mexico en 196 et secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports de 1988 à 1992, s’exprimait ainsi en 2016 : « L’activité physique est 100 % positive pour la santé, l’équilibre mental et social. Alors que le sport de haut niveau, je n’hésite pas à le dire, est une activité dangereuse à tout point de vue. (LE MONDE du 2 avril 2016) » il est vrai qu’il a été obligé de mettre en place la première loi de prévention et de lutte contre le dopage. Plus grave, le sport de masse détourne l’attention de l’essentiel. Si les médias, les politiques et les Terriens avaient prêté autant d’attention au réchauffement climatique qu’au Mondial de foot, les conférences internationales auraient été un franc succès. Mais le capitalisme libéral préfère que les humains s’intéressent au foot-spectacle plutôt qu’à leurs conditions de vie présentes et futures. La politique n’a pas à se mêler de l’organisation d’un show planétaire, même quand il s’agit des Jeux Olympiques. Les JO ont été privés de ressources financières jusqu’en 1972 parce que le Président du CIO de l’époque était un farouche défenseur de l’amateurisme ; le CIO d’aujourd’hui est devenu richissime grâce à la vente des droits de retransmission et au sponsoring d’épreuves désormais ouvertement professionnelles. Sous le prétexte du sport comme expression des peuples, les Jeux Olympiques sont aujourd’hui le cache-sexe du système marchand : sur le stade comme ailleurs, la lutte entre États se transforme en lutte entre firmes. Quand François Hollande se déclare « favorable à ce que la Ville de Paris, si elle en décide », se porte candidate aux Jeux Olympiques de 2024, c’est sur la base de faux arguments : « C’est très important parce que ce sera un moment de ferveur, et surtout ça fera plein d’équipements avant, plein d’emplois, plein d’industries qui pourront se montrer. » Ce sera plutôt de grands travaux inutiles et imposés. « Plus vite, plus loin, plus fort », telle est la devise des jeux olympiques modernes alors que les principes d’une société équilibrée sont à l’inverse « Aller moins vite, aller moins loin, plus de douceur ». Loin du sport-spectacle, l’activité physique se moque des records. L’activité physique est de la responsabilité de la personne, d’un club ou d’une organisation territoriale, le national n’a rien à gérer. »

Sans l’État, il n’y a pas de JO à Paris : on n’a pas la sécurité, les subventions, l’engagement des politiques auprès du CIO. Sans ministère des sports, cela n’empêche pas les amateurs d’aller pousser le ballon. « La responsabilité de la réussite de la politique sportive incombe en grande partie aux fédérations sportives, écrivaient les auteurs du rapport de la Cour des comptes, en 2013. Sur lemonde.fr, Pierre Dumont s’exclame : « Je me suis toujours demandé pourquoi nous n’avions pas aussi un ministère spécifique du cinéma encourageant son aspect industriel… Un bon gouvernement en fait devrait bien avoir 50 ministères, sans compter celui des ministères ! » René B renchérit : « Il faut supprimer le ministère des sports. Nous avons déjà le ministère de la santé pour le dopage, le ministère des finances pour les fraudes fiscales des joueurs de haut niveau, le ministère de la justice pour diverses affaires (viols, chantage …) et le ministère des affaires étrangères pour les rapports avec le Qatar. »

* LE MONDE du 25 mars 2017, Faut-il encore un ministère des sports ?

Pour une jurisprudence de la Terre

Le terme d’Earth Jurisprudence a été d’abord utilisé par Thomas Berry (1914-2009), un érudit adepte de l’écologie profonde. Les partisans de cette jurisprudence soutiennent que l’anthropocentrisme est la cause principale de la crise écologique. Cet anthropocentrisme entretient la perception du monde naturel comme d’un simple ensemble d’objets à disposition des humains. Pour Berry, la Terre n’est pas une collection d’objets, mais une communion de sujets. Malgré le droit traditionnel de l’environnement pour en protéger de multiples aspects, la plupart de nos lois sont fondamentalement pro-développement et pro-croissance. Elles ne remettent pas en question la culture systémique de l’épuisement complet de la Terre par les humains ; de fait elles leur sont généralement favorables. Voici quelques propositions de Berry qui devraient être reconnues dans les constitutions nationales et dans les tribunaux de droit. En résumé :

Chaque composante de la communauté de la Terre dispose de trois droits : le droit à l’existence, le droit à l’habitat, et le droit de remplir son rôle dans les processus sans cesse renouvelés de la communauté de la Terre. Tous les droits sont limités, les rivières ont des droits de rivière, les insectes ont des droits d’insectes, les êtres humains ont des droit humains. La différence de l’humain est qualitative et non quantitative. Les droits d’un insecte ne seraient d’aucune valeur pour un arbre ou un poisson. Aucun être vivant ne se nourrit seul. La survie de chaque membre de la communauté de la Terre est immédiatement ou par médiation dépendante de tous les autres membres de la communauté. Cette réciprocité inclut les relations prédateur-proie.

Cormac Cullinan a précisé le point de vue de Berry en 2003  : « Aucun des composants de la biosphère terrestre ne peut survivre ailleurs qu’au sein de l’écosystème terrestre. Cela signifie que le bien-être de chaque membre de la Communauté de la Terre dérive du bien-être de la Terre dans son ensemble et que nul ne peut prendre le pas sur celui-ci. En conséquence le premier principe de la jurisprudence de la Terre doit être de faire passer la survie, la santé et la prospérité de l’ensemble de la communauté devant les intérêts de toute personne ou communauté humaine. L’application de ce principe s’avère également être le meilleur moyen de garantir les intérêts des humains à long terme. L’allégeance que nous, humains, devons à la Terre est donc de l’ordre de l’obligation qu’une cellule a envers le corps. Le devoir de la cellule est de remplir les fonctions pour lesquels elle a évolué et de continuer à agir dans le but de contribuer à la santé du corps. Si elle cesse de le faire, elle meurt ou devient une celle cancéreuse. »

Des droits pour la nature, collectif, éditions Utopia 2016, 2010 pages pour 10 euros

Pour une jurisprudence de la Terre

Le terme d’Earth Jurisprudence a été d’abord utilisé par Thomas Berry (1914-2009), un érudit adepte de l’écologie profonde. Les partisans de cette jurisprudence soutiennent que l’anthropocentrisme est la cause principale de la crise écologique. Cet anthropocentrisme entretient la perception du monde naturel comme d’un simple ensemble d’objets à disposition des humains. Pour Berry, la Terre n’est pas une collection d’objets, mais une communion de sujets. Malgré le droit traditionnel de l’environnement pour en protéger de multiples aspects, la plupart de nos lois sont fondamentalement pro-développement et pro-croissance. Elles ne remettent pas en question la culture systémique de l’épuisement complet de la Terre par les humains ; de fait elles leur sont généralement favorables. Voici quelques propositions de Berry qui devraient être reconnues dans les constitutions nationales et dans les tribunaux de droit. En résumé :

Chaque composante de la communauté de la Terre dispose de trois droits : le droit à l’existence, le droit à l’habitat, et le droit de remplir son rôle dans les processus sans cesse renouvelés de la communauté de la Terre. Tous les droits sont limités, les rivières ont des droits de rivière, les insectes ont des droits d’insectes, les êtres humains ont des droit humains. La différence de l’humain est qualitative et non quantitative. Les droits d’un insecte ne seraient d’aucune valeur pour un arbre ou un poisson. Aucun être vivant ne se nourrit seul. La survie de chaque membre de la communauté de la Terre est immédiatement ou par médiation dépendante de tous les autres membres de la communauté. Cette réciprocité inclut les relations prédateur-proie.

Cormac Cullinan a précisé le point de vue de Berry en 2003  : « Aucun des composants de la biosphère terrestre ne peut survivre ailleurs qu’au sein de l’écosystème terrestre. Cela signifie que le bien-être de chaque membre de la Communauté de la Terre dérive du bien-être de la Terre dans son ensemble et que nul ne peut prendre le pas sur celui-ci. En conséquence le premier principe de la jurisprudence de la Terre doit être de faire passer la survie, la santé et la prospérité de l’ensemble de la communauté devant les intérêts de toute personne ou communauté humaine. L’application de ce principe s’avère également être le meilleur moyen de garantir les intérêts des humains à long terme. L’allégeance que nous, humains, devons à la Terre est donc de l’ordre de l’obligation qu’une cellule a envers le corps. Le devoir de la cellule est de remplir les fonctions pour lesquels elle a évolué et de continuer à agir dans le but de contribuer à la santé du corps. Si elle cesse de le faire, elle meurt ou devient une celle cancéreuse. »

Des droits pour la nature, collectif, éditions Utopia 2016, 2010 pages pour 10 euros

Les présidentiables face aux perturbateurs endocriniens

Il était une époque où l’Union européenne protégeait les citoyens sur le plan écologique bien mieux que les législations nationales. Les Etats membres faisaient en effet porter par Bruxelles le fardeau politique de décisions qu’ils ne voulaient pas assumer. Ce temps est malheureusement révolu. Stéphane Foucart conclut : «  La Commission européenne offre une image désastreuse de son action et de ses organisations d’expertise satellites, suspectés de faire sciemment passer le chiffre d’affaires des champions industriels européens devant la santé et l’environnement des Européens eux-mêmes. L’évaluation et la gestion des risques sanitaires et environnementaux induits par l’activité industrielle sont souvent le fruit d’une coproduction le même objectif : maintenir le plus longtemps possible des produits sur le marché, y compris lorsqu’ils sont problématiques. Pesticides, perturbateurs endocriniens, normes d’émission des moteurs diesel, nanomatériaux, prévention des cancers professionnels : les exemples ne manquent pas. Certains rapports scientifiques sont rédigés sous l’influence des industriels… (Mais) la fin de l’Union signifierait simplement l’alignement de ses anciens Etats membres sur d’autres normes, américaines ou chinoises. Est-ce une si bonne idée ? »*

Sur notre blog nous disons qu’il ne faut pas se contenter de généralités. Nous écrivions déjà le 19 décembre 2015 : « le Tribunal de l’Union européenne a condamné la Commission européenne, mercredi 16 décembre, pour « avoir manqué à [ses] obligations » sur le dossier des perturbateurs endocriniens . » Voici une comparaison des avis des présidentiables 2017 sur les perturbateurs endocriniens, cette peste chimique qui peut entraîner des malformations congénitales et des anomalies du neurodéveloppement.

Dans un rapport sénatorial conjoint (PS etLR), les élus proposaient d’ interdire non seulement les PE «avérés» mais aussi ceux «présumés», au nom de «l’application du principe de précaution». Mais François Fillon a annoncé sa volonté de supprimer ce principe «dévoyé et arbitraire» de la Constitution. De son côté, Marine Le Pen fait de cette question une nouvelle preuve que «la protection du vivant et des consommateurs ne peut se faire dans le cadre de l’Union». C’est ce qu’écrit le parti dans un communiqué intitulé «Seul le Frexit nous protégera des perturbateurs endocriniens !» Jean-Luc Mélenchon botte en touche : « Par son retard dans l’adoption de la définition des perturbateurs endocriniens, la Commission met en danger la santé publique européenne. » Emmanuel Macron ménage la chèvre et le chou : tout en préconisant une «interdiction progressive de certains PE», il estime que leur «éradication complète n’est pas possible». Benoît Hamon est le plus incisif. Il présente un « plan pour une alimentation de qualité » en dix mesures, qui prévoit notamment d’interdire « les perturbateurs endocriniens, les nanoparticules et les pesticides dangereux » dans l’alimentation.

* LE MONDE du 21 mars 2017, Bruxelles face à la défiance

Les présidentiables face aux perturbateurs endocriniens

Il était une époque où l’Union européenne protégeait les citoyens sur le plan écologique bien mieux que les législations nationales. Les Etats membres faisaient en effet porter par Bruxelles le fardeau politique de décisions qu’ils ne voulaient pas assumer. Ce temps est malheureusement révolu. Stéphane Foucart conclut : «  La Commission européenne offre une image désastreuse de son action et de ses organisations d’expertise satellites, suspectés de faire sciemment passer le chiffre d’affaires des champions industriels européens devant la santé et l’environnement des Européens eux-mêmes. L’évaluation et la gestion des risques sanitaires et environnementaux induits par l’activité industrielle sont souvent le fruit d’une coproduction le même objectif : maintenir le plus longtemps possible des produits sur le marché, y compris lorsqu’ils sont problématiques. Pesticides, perturbateurs endocriniens, normes d’émission des moteurs diesel, nanomatériaux, prévention des cancers professionnels : les exemples ne manquent pas. Certains rapports scientifiques sont rédigés sous l’influence des industriels… (Mais) la fin de l’Union signifierait simplement l’alignement de ses anciens Etats membres sur d’autres normes, américaines ou chinoises. Est-ce une si bonne idée ? »*

Sur notre blog nous disons qu’il ne faut pas se contenter de généralités. Nous écrivions déjà le 19 décembre 2015 : « le Tribunal de l’Union européenne a condamné la Commission européenne, mercredi 16 décembre, pour « avoir manqué à [ses] obligations » sur le dossier des perturbateurs endocriniens . » Voici une comparaison des avis des présidentiables 2017 sur les perturbateurs endocriniens, cette peste chimique qui peut entraîner des malformations congénitales et des anomalies du neurodéveloppement.

Dans un rapport sénatorial conjoint (PS etLR), les élus proposaient d’ interdire non seulement les PE «avérés» mais aussi ceux «présumés», au nom de «l’application du principe de précaution». Mais François Fillon a annoncé sa volonté de supprimer ce principe «dévoyé et arbitraire» de la Constitution. De son côté, Marine Le Pen fait de cette question une nouvelle preuve que «la protection du vivant et des consommateurs ne peut se faire dans le cadre de l’Union». C’est ce qu’écrit le parti dans un communiqué intitulé «Seul le Frexit nous protégera des perturbateurs endocriniens !» Jean-Luc Mélenchon botte en touche : « Par son retard dans l’adoption de la définition des perturbateurs endocriniens, la Commission met en danger la santé publique européenne. » Emmanuel Macron ménage la chèvre et le chou : tout en préconisant une «interdiction progressive de certains PE», il estime que leur «éradication complète n’est pas possible». Benoît Hamon est le plus incisif. Il présente un « plan pour une alimentation de qualité » en dix mesures, qui prévoit notamment d’interdire « les perturbateurs endocriniens, les nanoparticules et les pesticides dangereux » dans l’alimentation.

* LE MONDE du 21 mars 2017, Bruxelles face à la défiance

Les réchauffistes vont gagner contre Trump par KO

Remarquable article* de Stéphane Foucart qui fait le point sur le réchauffement climatique. Le seul problème, c’est que ce journaliste scientifique se contente de constats sans jamais envisager comment agir : « L’Organisation météorologique mondiale (OMM) le confirme, l’année 2016 a bien été celle de tous les records. La température moyenne de la planète a été supérieure de 1,1 °C à la moyenne de l’époque préindustrielle. Dans certaines régions de l’Arctique, la température moyenne annuelle a excédé de plus de 3 °C la moyenne 1961-1990. La perspective de stabiliser le réchauffement en dessous de 1,5 °C s’éloigne. Laisser dériver le réchauffement au-delà aura probablement des conséquences catastrophiques et potentiellement irréversibles. Le niveau marin a continué à s’élever et l’étendue de la banquise arctique a été très en deçà de la moyenne pendant la plus grande partie de l’année. Des canicules extrêmes ont frappé l’Afrique australe, l’Afrique du Nord et l’Asie. Le record absolu a été atteint en juillet à Mitribat (Koweit), avec 54 °C. En Afrique de l’Est, des précipitations faibles ont coïncidé avec des températures élevées, précipitant dans l’insécurité alimentaire près de 20 millions de personnes. Nous sommes désormais en territoire inconnu. »

Que faire ? La solution est simple, mais impossible à envisager pour la structure sociale actuelle. L’ONG 350.org a lancé la campagne « Keep it in the Ground » (« Laissez les ressources fossiles sous terre »). Le climatologue Jean Jouzel avertissait fin 2016 : « Il faut réduire drastiquement les émissions de GES, en commençant par laisser sous terre plus de 80 % des ressources fossiles connues ». Mais le texte suivant a été écrit par Alain Hervé en décembre 1973, au moment du premier choc pétrolier : « Il faut dire que sans pétrole, adieu l’agriculture industrielle, adieu les loisirs, adieu la garantie de l’emploi, adieu la vie en ville… toute l’organisation économique, sociale et politique est remise en cause. Le château de cartes vacille. Et si ce n’est pas pour cette fois-ci, ce sera dans deux ans, dans cinq ans. Restriction, pénurie, disette, les machines ralentissent, s’arrêtent. La dernière explosion dans le dernier cylindre nous laisse apeurés, paralysés… libérés. » Nous sommes en 2017, la catastrophe est à notre porte et la « libération » se fait attendre. Actuellement la pression du confort est la plus forte, la voiture à notre porte, le chauffage central, les consoles électriques à notre disposition.

L’évolution sociale est ainsi faite : les précurseurs lancent les premiers signaux d’alarme, les scientifiques analysent, confirment et alertent à leur tour, une partie de la population se sensibilise aux évidences, se mobilise, puis quelques entreprises se mettent à envisager de nouvelles possibilités de profit tandis que la plupart freine des deux pieds. Et enfin les politiciens prennent conscience de la gravité du problème. Sauf les climato-sceptiques, de vrais criminels contre la planète et l’humanité, ceux-là ! Les négationnistes du climat sont parfois des politiciens comme Trump. Ou pour se donner bonne conscience ils se contentent comme François Hollande d’organiser une COP21 (21ème année de négociations internationales sur le climat) à Paris fin 2015 sans se donner les moyens d’agir. Et quand tout le monde sera prêt à faire quelque chose, le climat se sera déjà emballé et ce sera le sauve-qui-peut. Où les plus riches trouveront-ils à se cacher quand la planète sera à feu et à sang ?

* LE MONDE du 22 mars 2017, Climat : 2016 bat un record de chaleur, la planète entre en « territoire inconnu »

Les réchauffistes vont gagner contre Trump par KO

Remarquable article* de Stéphane Foucart qui fait le point sur le réchauffement climatique. Le seul problème, c’est que ce journaliste scientifique se contente de constats sans jamais envisager comment agir : « L’Organisation météorologique mondiale (OMM) le confirme, l’année 2016 a bien été celle de tous les records. La température moyenne de la planète a été supérieure de 1,1 °C à la moyenne de l’époque préindustrielle. Dans certaines régions de l’Arctique, la température moyenne annuelle a excédé de plus de 3 °C la moyenne 1961-1990. La perspective de stabiliser le réchauffement en dessous de 1,5 °C s’éloigne. Laisser dériver le réchauffement au-delà aura probablement des conséquences catastrophiques et potentiellement irréversibles. Le niveau marin a continué à s’élever et l’étendue de la banquise arctique a été très en deçà de la moyenne pendant la plus grande partie de l’année. Des canicules extrêmes ont frappé l’Afrique australe, l’Afrique du Nord et l’Asie. Le record absolu a été atteint en juillet à Mitribat (Koweit), avec 54 °C. En Afrique de l’Est, des précipitations faibles ont coïncidé avec des températures élevées, précipitant dans l’insécurité alimentaire près de 20 millions de personnes. Nous sommes désormais en territoire inconnu. »

Que faire ? La solution est simple, mais impossible à envisager pour la structure sociale actuelle. L’ONG 350.org a lancé la campagne « Keep it in the Ground » (« Laissez les ressources fossiles sous terre »). Le climatologue Jean Jouzel avertissait fin 2016 : « Il faut réduire drastiquement les émissions de GES, en commençant par laisser sous terre plus de 80 % des ressources fossiles connues ». Mais le texte suivant a été écrit par Alain Hervé en décembre 1973, au moment du premier choc pétrolier : « Il faut dire que sans pétrole, adieu l’agriculture industrielle, adieu les loisirs, adieu la garantie de l’emploi, adieu la vie en ville… toute l’organisation économique, sociale et politique est remise en cause. Le château de cartes vacille. Et si ce n’est pas pour cette fois-ci, ce sera dans deux ans, dans cinq ans. Restriction, pénurie, disette, les machines ralentissent, s’arrêtent. La dernière explosion dans le dernier cylindre nous laisse apeurés, paralysés… libérés. » Nous sommes en 2017, la catastrophe est à notre porte et la « libération » se fait attendre. Actuellement la pression du confort est la plus forte, la voiture à notre porte, le chauffage central, les consoles électriques à notre disposition.

L’évolution sociale est ainsi faite : les précurseurs lancent les premiers signaux d’alarme, les scientifiques analysent, confirment et alertent à leur tour, une partie de la population se sensibilise aux évidences, se mobilise, puis quelques entreprises se mettent à envisager de nouvelles possibilités de profit tandis que la plupart freine des deux pieds. Et enfin les politiciens prennent conscience de la gravité du problème. Sauf les climato-sceptiques, de vrais criminels contre la planète et l’humanité, ceux-là ! Les négationnistes du climat sont parfois des politiciens comme Trump. Ou pour se donner bonne conscience ils se contentent comme François Hollande d’organiser une COP21 (21ème année de négociations internationales sur le climat) à Paris fin 2015 sans se donner les moyens d’agir. Et quand tout le monde sera prêt à faire quelque chose, le climat se sera déjà emballé et ce sera le sauve-qui-peut. Où les plus riches trouveront-ils à se cacher quand la planète sera à feu et à sang ?

* LE MONDE du 22 mars 2017, Climat : 2016 bat un record de chaleur, la planète entre en « territoire inconnu »

Quelques citations pour accélérer la réflexion (1/3)

Apprenez à évaluer vos besoins réels.

Essayez le vélo.

Voyager en pensée économise du pétrole.

N’oubliez pas : une heure de marche par jour.

Prévoyez un logement plus petit, c’est moins difficile à chauffer.

Faites moins d’heures supplémentaires et apprenez à faire la cuisine.

C’est votre semaine végétarienne, votre foie et vos reins vous diront merci.

Arrêtez de manger avant d’être rassasié. Vous serez plus vite en forme.

Les clops, c’est 6 à 8 € par jour, soit 2190 à 2920€ par an.

La technologie est à utiliser avec modération, comme l’alcool.

Cette semaine, ne prenez ni ascenseur, ni escalator.

Qui sème le béton aura bientôt la dalle.

Allez les vers ! Optez pour la crémation si le slogan ne vous plaît pas.

Vous êtes « Travail, Famille, Patrie » ? Consultez un horoscope de 1943.

« Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien intégré dans une société profondément malade. » (Krishnamurti)

Schopenhauer :« Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. » Il en est de même du comportement écologique.

Si vous ne changez pas en vous-même, ne demandez pas que le monde change.

Allons bien au-delà de la démocratie représentative

David Van Reybrouck, auteur de « Contre les élections » (Actes Sud, 2014) : « Notre démocratie électorale est basée sur le principe de la délégation. En votant, je donne mon pouvoir le jour des élections. En français et dans beaucoup d’autres langues, les mots « élection » et « élite » ont la même racine. L’élection est une procédure qui installe une élite, on a souvent oublié cela. L’aristocratie héréditaire a été remplacée par aristocratie élective. En théorie tout le monde peut se présenter aux élections. Mais quand on regarde la pratique, c’est bien différent. On constate en France que moins de 2 % des électeurs sont membres d’un parti politique. Moins de la moité des encartés sont actifs. Et au cœur de ce tout petit pourcentage, un nombre infinitésimal va se présenter aux élections. Finalement dans ce groupuscule, quelques-uns seront élus. Et nous appelons ça la démocratie représentative ! C’est un peu exagéré, non ? Pour moi, le futur de la démocratie se situe dans de nouvelles formes de représentation de la population. Depuis une dizaine d’années, l’information circule à une vitesse considérable et est accessible à tous. Pour la première fois nous avons la possibilité de faire s’exprimer la population dans un contexte radicalement nouveau.

Avec un référendum ou un sondage, on peut répondre à une question par oui ou par non. C’est tout de même un peu limité. Dans un sondage, on demande aux gens ce qu’ils pensent quand ils ne pensent pas, il serait plus intéressant d’écouter ce qu’ils pensent quand ils ont la chance de penser. C’est ce qu’on appelle la démocratie délibérative : on contacte mille personnes comme avec un sondage, mais on les invite à venir se parler, à rencontrer des experts, à se nourrir d’information sur un sujet, puis, après les débats et les échanges, on leur demande leur opinion à nouveau. Et inévitablement les réponses seront plus avisées. Cette nouvelle forme de démocratie est extrêmement prometteuse.

Il y a une deuxième formule pour créer une représentation du peuple : le tirage au sort. Nos sociétés connaissent ce système dans un domaine limité, les jurys d’assises. Même si ce système n’est pas parfait, on voit que les jurés prennent très au sérieux leur devoir. Ils investissement énormément pour prendre une décision qui sert la justice. C’est un exemple qui montre que des citoyens lambda sont capables de devenir des citoyens alpha, qui se prennent en main et s’occupent du bien être de la société. Des personnes tirées au sort sont capables d’aller au-delà de leur propre intérêt. Elles ont peut-être moins de compétences que les élus politiques, mais elles ont une liberté bien plus grande qu’un parlementaire. Elles ne sont pas pieds et poings liés à toute une série d’intérêts commerciaux ou à leur parti politique. Si on couple le tirage au sort avec la démocratie délibérative, alors on peut arriver à des décisions nettement meilleures que ce que les partis politiques sont capables de faire aujourd’hui. »

Extraits de Demain, un nouveau monde en marche (partout dans le monde des solutions existent)

Domaine du possible 2015, 360 pages pour 22 euros (d’après le film de Cyril Dion et Mélanie Laurent)

Allons bien au-delà de la démocratie représentative

David Van Reybrouck, auteur de « Contre les élections » (Actes Sud, 2014) : « Notre démocratie électorale est basée sur le principe de la délégation. En votant, je donne mon pouvoir le jour des élections. En français et dans beaucoup d’autres langues, les mots « élection » et « élite » ont la même racine. L’élection est une procédure qui installe une élite, on a souvent oublié cela. L’aristocratie héréditaire a été remplacée par aristocratie élective. En théorie tout le monde peut se présenter aux élections. Mais quand on regarde la pratique, c’est bien différent. On constate en France que moins de 2 % des électeurs sont membres d’un parti politique. Moins de la moité des encartés sont actifs. Et au cœur de ce tout petit pourcentage, un nombre infinitésimal va se présenter aux élections. Finalement dans ce groupuscule, quelques-uns seront élus. Et nous appelons ça la démocratie représentative ! C’est un peu exagéré, non ? Pour moi, le futur de la démocratie se situe dans de nouvelles formes de représentation de la population. Depuis une dizaine d’années, l’information circule à une vitesse considérable et est accessible à tous. Pour la première fois nous avons la possibilité de faire s’exprimer la population dans un contexte radicalement nouveau.

Avec un référendum ou un sondage, on peut répondre à une question par oui ou par non. C’est tout de même un peu limité. Dans un sondage, on demande aux gens ce qu’ils pensent quand ils ne pensent pas, il serait plus intéressant d’écouter ce qu’ils pensent quand ils ont la chance de penser. C’est ce qu’on appelle la démocratie délibérative : on contacte mille personnes comme avec un sondage, mais on les invite à venir se parler, à rencontrer des experts, à se nourrir d’information sur un sujet, puis, après les débats et les échanges, on leur demande leur opinion à nouveau. Et inévitablement les réponses seront plus avisées. Cette nouvelle forme de démocratie est extrêmement prometteuse.

Il y a une deuxième formule pour créer une représentation du peuple : le tirage au sort. Nos sociétés connaissent ce système dans un domaine limité, les jurys d’assises. Même si ce système n’est pas parfait, on voit que les jurés prennent très au sérieux leur devoir. Ils investissement énormément pour prendre une décision qui sert la justice. C’est un exemple qui montre que des citoyens lambda sont capables de devenir des citoyens alpha, qui se prennent en main et s’occupent du bien être de la société. Des personnes tirées au sort sont capables d’aller au-delà de leur propre intérêt. Elles ont peut-être moins de compétences que les élus politiques, mais elles ont une liberté bien plus grande qu’un parlementaire. Elles ne sont pas pieds et poings liés à toute une série d’intérêts commerciaux ou à leur parti politique. Si on couple le tirage au sort avec la démocratie délibérative, alors on peut arriver à des décisions nettement meilleures que ce que les partis politiques sont capables de faire aujourd’hui. »

Extraits de Demain, un nouveau monde en marche (partout dans le monde des solutions existent)

Domaine du possible 2015, 360 pages pour 22 euros (d’après le film de Cyril Dion et Mélanie Laurent)

Présidence, Nicolas Hulot aurait fait mieux que Macron

En créant son propre mouvement, Emmanuel Macron est parti de zéro sans aucun programme préalable. Beaucoup de monde était prêt à soutenir Nicolas Hulot dont le programme (le Pacte écologique) était déjà présenté lors de la présidentielle 2007. Macron n’avait pas d’élus, pas de subventions publiques, pas de relais locaux, pas de notoriété antérieure dans les médias si ce n’est son CDD de ministre. Hulot aurait fédéré plusieurs partis à tendance écolo, se serait appuyé sur les associations environnementales, et avait une notoriété médiatique telle que les sondages lui donnaient par avance plus de 10 % des voix. Mais Nicolas a eu peur d’arriver au second tour de la présidentielle, il n’en dormait plus la nuit ; être candidat à la présidence, il faut en rêver devant sa glace, cela exige un ego démesuré. Cependant la stratégie mise en place par E.Macron pour la présidentielle 2017 pourrait servir de modèle pour l’écologie politique en 2022.

1/6) Positionnement droite, gauche ou ailleurs : Macron joue explicitement le « ni droite, ni gauche » depuis le début. Voici ses dernières formulations  : « Depuis 30 ans, on assiste à l’alternance de la droite et la gauche qui balaye tout de manière automatique. Là ce sera la véritable alternance, celle d’une nouvelle méthode de gouvernement, parce que je vais réunir pour être efficace des femmes et des hommes de bon sens.  ». Il promet un gouvernement avec des personnes de la société civile et des personnes du monde politique venant « de la gauche, du centre, de la droite ». Le blocage d’EELV vers le « plus à gauche » de Hamon semble une erreur, mieux vaut la formule de Nicolas Hulot : « Osons dire que l’écologie ne doit plus être un vulgaire enjeu partisan. Ce n’est un sujet ni de gauche, ni de droite, ni du centre, c’est un sujet supérieur. C’est simplement l’avenir et la sauvegarde de la famille humaine et de son écosystème, la planète. » L’avenir de l’agriculture et des centrales nucléaires n’est pas un problème de droite ou de gauche, la question concerne tous les citoyens.

2/6) Structuration du mouvement. En un an, depuis avril  2016, le parti En marche ! s’est structuré avec 214 000 adhérents – non payants – et 3 755 comités locaux. Le statut de coopérateur (adhésion à 20 euros) est une chance pour l’élargissement d’EELV, encore faudra-t-il donner à ce mouvement ouvert sur l’extérieur une place prépondérante par rapport aux mécanismes d’un parti classique. Les groupes locaux d’EELV seraient plus nombreux si l’écologie politique montrait vraiment aux associations environnementales et aux adeptes de la simplicité volontaire qu’ils sont naturellement le relais politique des actions sur le terrain. Le gouvernement de Macron serait « de 15 membres maximum ». Quand on voit l’hypertrophie du nombre de personnes dans les instances délibératives d’EELV et leur auto-blocage, un gouvernement national « à 15 personnes » seulement (autant que le Bureau exécutif d’EELV) donne à réfléchir. EELV a un problème de leadership, ce parti était d’ailleurs tout prêt à adouber Hulot pour 2017. Qui deviendra le Jaurès de l’écologie en 2022 ?

3/6) Responsabilisation individualisée des élus. A l’origine, Macron voulait exiger de ses candidats la promesse de voter une douzaine de réformes essentielles. Mais c’est impossible, le mandat impératif étant interdit par la Constitution (ARTICLE 27. Tout mandat impératif est nul. ). Il n’y a pas d’engagements préalables possibles sur un programme. Le même article 27 ajoute : « Le droit de vote des membres du Parlement est personnel. » Le vote clanique est normalement impossible. Les votes doivent reposer sur la conscience personnelle des différents élus, ce qui fait alors qu’il n’y a plus de votes partisans, blocs contre blocs. Cela relativise la polarisation française sur l’antagonisme droite/gauche au parlement. La liberté de vote des élus rend nécessaire la recherche du consensus et les alliances diverses. Macron ne demande désormais qu’un engagement  » moral «  à soutenir  » six chantiers «  aux contours relativement généraux, comme  » renforcer la sécurité de la nation «  ou  » moderniser notre économie « . Le futur successeur d’Hulot en 2022 pourra décliner tous les impératifs écologiques qui devraient unir nos pensées individuelles et nos actions collectives.

4/6) Refus de la professionnalisation des politiques. Macron :  » Ce qu’on veut, c’est la -majorité absolue à l’Assemblée … Cette majorité (aux législatives) aura un profil simple. Elle sera d’abord fondée sur un principe de renouvellement. La moitié des parlementaires seront des nouveaux venus ». Nous pourrions être plus incisif encore en interdisant le fait de se représenter à nouveau quand on a déjà été député (ou sénateur). C’est le non cumul dans le temps. C’est le refus de la professionnalisation des élus.  » Quand la politique n’est plus une mission mais une profession, les responsables politiques ne sont plus des engagés mais des intéressés « , explique Macron. Le cas de Cécile Duflot qui s’accroche à sa circonscription « imperdable » du 6e arrondissement à Paris est symptomatique de cet état de fait. La volonté en 2017 d’une reconduction des députés sortants EELV est en ce sens une erreur fondamentale. Il faut espérer que d’ici à 2022 les dérives du type Duflot seront devenues impossibles.

5/6) Choix des candidats. Pour 577 postes de députés, Macron a déjà reçu  » plus de 13 000 candidatures « . Une « commission d’investiture » à la Macron, qui va arbitrer entre nouveaux venus et vieux routards de la politique, est toujours propice à magouillage. Avec des candidats tous motivés par l’impératif écologique, il faudrait instituer les conditions d’un tirage au sort. N’oublions pas que tout individu est normalement à la fois électeur et éligible. L’engagement financier des candidats pour une élection est cependant une contrainte. Faute de moyens, En marche ! n’a pas prévu de payer la campagne de ses candidats. La sélection par l’argent n’est pas très démocratique, mais l’écologie peut toujours faire plus avec moins ! Le problème essentiel est ailleurs. Les néophytes dans une circonscription sont confrontés à des députés déjà bien implantés, qui ont « labouré leur fief » souvent depuis des décennies. Les électeurs oublient qu’un député représente l’intérêt national et non les intérêts locaux. Un candidat aux législatives dans une circonscription peut venir géographiquement de n’importe où. Normalement un élu national n’a pas à faire vivre une antenne locale, son boulot est à Paris. D’ici à 2022, les électeurs seront-ils plus conscients de ce qu’il faudrait faire ?

6/6) Choix des alliances. Emmanuel Macron a réfuté par avance tout  » accord d’appareil « . C’est normalement ce qu’avait prévu le congrès EELV de Pantin… remis en question par le reniement de Jadot, pourtant désigné démocratiquement par une primaire ouverte comme seul représentant de l’écologie à la présidentielle 2017. Comme indiqué déjà par le premier point, l’écologie politique ne peut plus faire le choix d’une alliance toujours à gauche. L’écologie est trans-partisane, Hulot l’avait bien compris lui qui conseillait les gouvernants de droite comme de gauche. Mais comme les partis traditionnels restent croissancistes et anti-écolo, un candidat spécifique de l’écologie politique sera absolument nécessaire en 2022… à moins d’un choc pétrolier intense qui mobilisera la société entière pour construire une société post-carbone.

Présidence, Nicolas Hulot aurait fait mieux que Macron

En créant son propre mouvement, Emmanuel Macron est parti de zéro sans aucun programme préalable. Beaucoup de monde était prêt à soutenir Nicolas Hulot dont le programme (le Pacte écologique) était déjà présenté lors de la présidentielle 2007. Macron n’avait pas d’élus, pas de subventions publiques, pas de relais locaux, pas de notoriété antérieure dans les médias si ce n’est son CDD de ministre. Hulot aurait fédéré plusieurs partis à tendance écolo, se serait appuyé sur les associations environnementales, et avait une notoriété médiatique telle que les sondages lui donnaient par avance plus de 10 % des voix. Mais Nicolas a eu peur d’arriver au second tour de la présidentielle, il n’en dormait plus la nuit ; être candidat à la présidence, il faut en rêver devant sa glace, cela exige un ego démesuré. Cependant la stratégie mise en place par E.Macron pour la présidentielle 2017 pourrait servir de modèle pour l’écologie politique en 2022.

1/6) Positionnement droite, gauche ou ailleurs : Macron joue explicitement le « ni droite, ni gauche » depuis le début. Voici ses dernières formulations  : « Depuis 30 ans, on assiste à l’alternance de la droite et la gauche qui balaye tout de manière automatique. Là ce sera la véritable alternance, celle d’une nouvelle méthode de gouvernement, parce que je vais réunir pour être efficace des femmes et des hommes de bon sens.  ». Il promet un gouvernement avec des personnes de la société civile et des personnes du monde politique venant « de la gauche, du centre, de la droite ». Le blocage d’EELV vers le « plus à gauche » de Hamon semble une erreur, mieux vaut la formule de Nicolas Hulot : « Osons dire que l’écologie ne doit plus être un vulgaire enjeu partisan. Ce n’est un sujet ni de gauche, ni de droite, ni du centre, c’est un sujet supérieur. C’est simplement l’avenir et la sauvegarde de la famille humaine et de son écosystème, la planète. » L’avenir de l’agriculture et des centrales nucléaires n’est pas un problème de droite ou de gauche, la question concerne tous les citoyens.

2/6) Structuration du mouvement. En un an, depuis avril  2016, le parti En marche ! s’est structuré avec 214 000 adhérents – non payants – et 3 755 comités locaux. Le statut de coopérateur (adhésion à 20 euros) est une chance pour l’élargissement d’EELV, encore faudra-t-il donner à ce mouvement ouvert sur l’extérieur une place prépondérante par rapport aux mécanismes d’un parti classique. Les groupes locaux d’EELV seraient plus nombreux si l’écologie politique montrait vraiment aux associations environnementales et aux adeptes de la simplicité volontaire qu’ils sont naturellement le relais politique des actions sur le terrain. Le gouvernement de Macron serait « de 15 membres maximum ». Quand on voit l’hypertrophie du nombre de personnes dans les instances délibératives d’EELV et leur auto-blocage, un gouvernement national « à 15 personnes » seulement (autant que le Bureau exécutif d’EELV) donne à réfléchir. EELV a un problème de leadership, ce parti était d’ailleurs tout prêt à adouber Hulot pour 2017. Qui deviendra le Jaurès de l’écologie en 2022 ?

3/6) Responsabilisation individualisée des élus. A l’origine, Macron voulait exiger de ses candidats la promesse de voter une douzaine de réformes essentielles. Mais c’est impossible, le mandat impératif étant interdit par la Constitution (ARTICLE 27. Tout mandat impératif est nul. ). Il n’y a pas d’engagements préalables possibles sur un programme. Le même article 27 ajoute : « Le droit de vote des membres du Parlement est personnel. » Le vote clanique est normalement impossible. Les votes doivent reposer sur la conscience personnelle des différents élus, ce qui fait alors qu’il n’y a plus de votes partisans, blocs contre blocs. Cela relativise la polarisation française sur l’antagonisme droite/gauche au parlement. La liberté de vote des élus rend nécessaire la recherche du consensus et les alliances diverses. Macron ne demande désormais qu’un engagement  » moral «  à soutenir  » six chantiers «  aux contours relativement généraux, comme  » renforcer la sécurité de la nation «  ou  » moderniser notre économie « . Le futur successeur d’Hulot en 2022 pourra décliner tous les impératifs écologiques qui devraient unir nos pensées individuelles et nos actions collectives.

4/6) Refus de la professionnalisation des politiques. Macron :  » Ce qu’on veut, c’est la -majorité absolue à l’Assemblée … Cette majorité (aux législatives) aura un profil simple. Elle sera d’abord fondée sur un principe de renouvellement. La moitié des parlementaires seront des nouveaux venus ». Nous pourrions être plus incisif encore en interdisant le fait de se représenter à nouveau quand on a déjà été député (ou sénateur). C’est le non cumul dans le temps. C’est le refus de la professionnalisation des élus.  » Quand la politique n’est plus une mission mais une profession, les responsables politiques ne sont plus des engagés mais des intéressés « , explique Macron. Le cas de Cécile Duflot qui s’accroche à sa circonscription « imperdable » du 6e arrondissement à Paris est symptomatique de cet état de fait. La volonté en 2017 d’une reconduction des députés sortants EELV est en ce sens une erreur fondamentale. Il faut espérer que d’ici à 2022 les dérives du type Duflot seront devenues impossibles.

5/6) Choix des candidats. Pour 577 postes de députés, Macron a déjà reçu  » plus de 13 000 candidatures « . Une « commission d’investiture » à la Macron, qui va arbitrer entre nouveaux venus et vieux routards de la politique, est toujours propice à magouillage. Avec des candidats tous motivés par l’impératif écologique, il faudrait instituer les conditions d’un tirage au sort. N’oublions pas que tout individu est normalement à la fois électeur et éligible. L’engagement financier des candidats pour une élection est cependant une contrainte. Faute de moyens, En marche ! n’a pas prévu de payer la campagne de ses candidats. La sélection par l’argent n’est pas très démocratique, mais l’écologie peut toujours faire plus avec moins ! Le problème essentiel est ailleurs. Les néophytes dans une circonscription sont confrontés à des députés déjà bien implantés, qui ont « labouré leur fief » souvent depuis des décennies. Les électeurs oublient qu’un député représente l’intérêt national et non les intérêts locaux. Un candidat aux législatives dans une circonscription peut venir géographiquement de n’importe où. Normalement un élu national n’a pas à faire vivre une antenne locale, son boulot est à Paris. D’ici à 2022, les électeurs seront-ils plus conscients de ce qu’il faudrait faire ?

6/6) Choix des alliances. Emmanuel Macron a réfuté par avance tout  » accord d’appareil « . C’est normalement ce qu’avait prévu le congrès EELV de Pantin… remis en question par le reniement de Jadot, pourtant désigné démocratiquement par une primaire ouverte comme seul représentant de l’écologie à la présidentielle 2017. Comme indiqué déjà par le premier point, l’écologie politique ne peut plus faire le choix d’une alliance toujours à gauche. L’écologie est trans-partisane, Hulot l’avait bien compris lui qui conseillait les gouvernants de droite comme de gauche. Mais comme les partis traditionnels restent croissancistes et anti-écolo, un candidat spécifique de l’écologie politique sera absolument nécessaire en 2022… à moins d’un choc pétrolier intense qui mobilisera la société entière pour construire une société post-carbone.