Mois : novembre 2017

Nous sommes ce que nous sommes, on n’y changera RIEN

Nous le savons. La famine s’installera, des migrants climatiques ne sauront plus où aller, des guerres éclateront pour les dernières gouttes de pétrolela planète nous sera devenu invivable. Nous le savons. Mes élèves sont aujourd’hui excédés par Descartes écrivant que la technique doit « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ». Foutaises. L’appel des quinze mille scientifiques, « Demain, il sera trop tard », ne nous a pas choqués. On le savait déjà. Ça fait plus de trente ans que demain il sera trop tard. Et rien ne change. Ainsi s’exprimait Thomas Schauder dans LE MONDE*.

« Nous sommes ce que nous sommes, on n’y changera RIEN. » C’est un commentaire trouvé sur lemonde.fr, désespérant, glaçant. Nous répondons qu’il faut admettre nos imperfections personnelles et celles de la communauté humaine tout en essayant de faire quelque chose. C’est un peu ce qu’écrit Michel Sourrouille dans un livre qui vient de sortir en librairie, « On ne naît pas écolo, on le devient ». Voici quelques extraits de son introduction :

Toi et moi, nous sommes tous écolos… par définition. Je suis, tu es, nous sommes des êtres vivants concernés par la sauvegarde du milieu en dehors duquel aucune poursuite de la vie, y compris la nôtre, n’est envisageable. Tu peux être chrétien ou musulman, français ou étranger, urbain ou paysan, sociologue ou artisan. Tu ne peux pas ne pas être écologiste, parce que tu es comme moi usagers de la maison Terre, notre maison commune. Nous sommes complètement dépendants de cette planète, en interdépendance avec toutes les autres espèces, les abeilles comme les vers de terre, avec tout ce qui nous entoure, les océans et les nuages, tout ce qui fait que nous sommes ce que nous sommes. Le sang de la Terre coule dans nos veines. Nous devons tous respirer et manger, nous pouvons agir et rêver, nous retournons tous à la terre un jour ou l’autre. Il n’y a pas de reproche à faire à une personne qui ne se croit pas écolo. Moi-même je me considère comme un écologiste imparfait, incomplet, en devenir. Nous sommes tous à des étapes différentes sur le chemin qui mène vers un comportement à 100 % écologique. D’ailleurs, la perfection est-elle possible à atteindre ? A chacun son chemin, sachant que la situation dramatique d’une planète que nous laisserons exsangue pour les générations à venir exigerait un réel effort de nous tous sans exception.

* LE MONDE du 30 novembre 2017, Climat : « Ça fait plus de trente ans que “demain, il sera trop tard”, et rien ne change »

Le Gange bientôt en capacité de juger ses pollueurs

A l’égal du fleuve Whanganui, un tribunal dans le nord de l’Inde a ordonné que le Gange et la Yamuna, un de ses affluents, soient reconnus comme des « entités vivantes ayant le statut de personne morale » avec les droits correspondants. Ces deux cours d’eau sacrés de l’hindouisme sont asphyxiés par les rejets des industries textiles et des égouts. L’espoir est que des groupes de citoyens saisissent la justice et bataillent pour obliger le gouvernement à protéger ces nouveaux « sujets de droit » contre les atteintes humaines. Un écosystème possède, comme les fleuves et les humains, « le droit d’exister et de maintenir ses cycles vitaux ». Il nous faudrait désormais respecter la « loi sauvage », c’est-à-dire que la loi humaine doit s’accorder avec la « jurisprudence terrestre », plus vaste, qui exige la survie de tous les êtres vivants sur le long terme, au cœur d’écosystèmes résilients. Voici quelques commentaires sur lemonde.fr :

le sceptique : Je suis toujours amusé de ces démarches qui prétendent échapper à « l’anthropocentrisme » alors qu’elles en sont une expression. La rivière ne pense pas, ne juge pas, ne ressent pas, elle est. Des humains autour d’elle peuvent lui attribuer ou non des statuts, en accepter ou non des usages, mais cela reste toujours des choix humains. Et puis creusons un peu, les indigènes ne négocient aucun bénéfice monétaire ni aucun usage particulier dans ces démarches ? Allons donc.

MICHEL SOURROUILLE @ le sceptique : Il y a déjà les « droits » des riverains à un cours d’eau non pollué. Ce qui ne pèse pas dans la balance, c’est le dommage subi par le cours d’eau, ses poissons et toutes ses formes de vie. Tant que l’environnement lui-même est dépourvu de droits, ces questions ne relèvent pas de la compétence d’un tribunal. S’il revient moins cher au pollueur de verser une amende plutôt que d’opérer les changements techniques nécessaires, il pourra préférer payer les dommages-intérêts et continuer à polluer.

Nous prenons chaque jour des décisions pour le compte d’autrui et dans ce qui est censé être son intérêt ; or autrui est bien souvent une créature dont les souhaits sont bien moins vérifiables que ceux des rivières ou des arbres. »

Ulysse : C’est marrant parce que l’on revient aux concept des vieux peuples, esquimaux, aborigènes…qui leur ont permis de vivre en harmonie avec leur environnement pendant des siècles.

Sergio : Marrant je sais pas; plutôt navrant d’en être arrivés à un tel point, qu’il nous faille envisager désormais de reconnaître des droits à des écosystèmes pour nous contraindre nous-même à respecter ceux-ci. Notre civilisation est à ce point marquée du sceau de l’écrit et de l’anthropocentrisme, que nous avons besoin de textes pour nous contraindre à respecter notre environnement comme s’il était un être humain. Comme s’il nous fallait des lois pour nous contraindre à respirer et à nous nourrir.

le sceptique : On peut aussi voir l’histoire humaine comme une compétition de systèmes socio-techniques. Vivre en harmonie avec l’environnement n’est pas une garantie suffisante pour préserver une société, il faut que le modèle ne soit pas bousculé ou marginalisé par un autre qui procure davantage de bénéfices aux sociétaires.

Jean-Claude TIREX : Il faut préserver certains écosystèmes utiles à l’homme, bien sûr. Mais la nature, « dépourvue de bonté comme de malice » (d’Holbach) n’a ni volonté ni intention, et n’est en rien une personne, et il en est de même des écosystèmes. Ces approches ne sont que des impasses.

MICHEL SOURROUILLE @ JC TIREX : Bien sûr, pour convaincre un tribunal de considérer une rivière menacée comme une « personne », il sera besoin d’avocats aussi imaginatifs que ceux qui ont convaincu la Cour suprême qu’une société ferroviaire était une « personne » au sens du quatorzième amendement (qui garantit la citoyenneté à toute personne née aux Etats-Unis).

* LE MONDE idées du 27 novembre 2017, Le Gange juge ses pollueurs

Catastrophe, le marchand de sable est passé

« Les technocrates, si on leur donnait le Sahara, dans cinq ans il faudrait qu’ils achètent du sable ailleurs » (Coluche). Heureusement pour ce sable là, les grains de sable du désert, trop fins, trop ronds, ne conviennent pas à la fabrication du béton, alors on va le chercher ailleurs. Le long du littoral marocain, les « marchands de sable », maîtres-d’œuvre d’un business semi-mafieux, recrutent des centaines d’enfants. LE MONDE* insiste beaucoup sur le Maroc. Partout dans le pays, des poids lourds sillonnent les routes, transportant des tonnes de ce matériau pour satisfaire les besoins sans fin des promoteurs immobiliers. Dans ce pays, le boom du BTP a fait oublier les préoccupations environnementales. Grands ouvrages d’aménagement, édification de villes nouvelles et de complexes hôteliers… Le royaume s’est lancé dans des projets titanesques. Sans oublier l’auto-construction, qui représente à elle seule 60 % du secteur dans ce pays. Ce qui est impressionnant, c’est que cette bétonisation touche tous les pays. Comme il faut deux tiers de sable et de graviers et un tiers de ciment pour produire du béton, ce granulat est devenu la deuxième ressource naturelle la plus consommée sur la planète, après l’eau et devant le pétrole. Chaque année, au moins 15 milliards de tonnes seraient ainsi récoltées dans le monde – ramassées à la pelle, aspirées dans la mer par des bateaux-dragueurs ou extraites de carrières –, au point de menacer certaines plages de disparition. La situation devient catastrophique.

Dans le port de pêche de Larache, le problème est connu de tous. « Des gros promoteurs venaient nous promettre de bâtir des immeubles modernes, se souvient Lahcen. Que reste-t-il aujourd’hui ? » Des paysages lunaires, où de larges cavités se dessinent le long du rivage dévasté. Au Maroc comme ailleurs, ces dérives préparent une bombe écologique. Une plage met des milliers d’années à se constituer. On est en train d’enlever ce que la planète a mis des millénaires à faire. L’érosion s’accélère sur les franges côtières, le sable constituait un rempart contre l’augmentation du niveau de la mer et les tempêtes. On supprime ainsi une barrière naturelle !

Mais le plus inquiétant, c’est que nous bâtissons, que ce soit au sens propre ou figuré, sur du sable. Le béton a une durabilité limitée, un siècle, New York a reconstruire tous les 100 ans, mais avec quel sable ? Sans vouloir être trop alarmiste, on sait qu’après la fin du sable, ce sera pareil pareil pour le pétrole, la construction de camion, l’entretien des grues… De plus, le béton, c’est typiquement le truc qui ne se recycle pas. Une bien belle invention, la construction de tours et de HLM, mais bâtie sur du non renouvelable. Si nous devions revenir aux techniques constructives en vigueur à l’époque romaine (pas de béton, pierres extraites à la pelle et à la pioche, transportés par barges, montées par poulies à la force des bras), les logements demanderaient 30 à 1000 fois plus de temps pour être construits, et surtout coûteraient tellement cher qu’il s’en construirait 50 à 100 fois moins dans l’année. Mais au moins ce serait plus durable. Un tel avenir nous est promis, mais que faire de la population surnuméraire au Maroc ou ailleurs, on les logera où et comment ?

* LE MONDE du 25 novembre 2017, La mafia des sables

Dissocier natalité et niveau de vie est vraiment débile

Dissocier natalité et niveau de vie pour combattre le réchauffement climatique est complètement débile. C’est pourtant ce que fait Gaël Giraud, de l’Agence française de développement. Voici un débat reconstitué à partir des commentateurs du monde.fr*

Gaël Giraud : A juste titre, les signataires de l’appel des 15 000 scientifiques évoquent la nécessité d’étudier avec sérieux les bornes que la capacité de charge limitée de la planète impose à la croissance démographique. Il est tentant d’en déduire que la limitation de la démographie humaine devrait être un facteur essentiel, sinon prioritaire, de la lutte contre les effets du dérèglement climatique. La réalité, c’est que la moitié des émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine n’est le fait que de 10 % de la population mondiale, les plus fortunés. La réduction du train de vie des plus riches, voilà la véritable priorité !
SIAP : La priorité est de faire les deux, et sans approche idéologique.

et en même temps : « La priorité est de réduire le train de vie des plus riches, pas la natalité des plus pauvres » : NON la priorité est de réduire le train de vie des plus riches ET EN MÊME TEMPS la natalité des plus pauvres.

Gaël Giraud : Rien ne doit pas servir d’alibi pour dissimuler une partie des responsabilités des ménages les plus riches de la planète.

Fouilla : Il faudrait donc « découpler le niveau d’émissions et le revenu des ménages », super ! Mais a-t-on le début d’une idée sur le « comment » ? à part bien sûr demander au ménage d’enterrer son pognon dans son jardin…

Gaël Giraud : L’Afrique compte aujourd’hui 1,2 milliard d’habitants et en abritera peut-être comptera-t-elle 4,2 milliards d’habitants d’ici à la fin du siècle. Lutter contre le réchauffement passe-t-il d’abord par l’infléchissement de la courbe démographique africaine ?

PATRICK VOLUT : Bravo Monsieur le directeur de recherches ! Vivement que les petits Africains soient aussi nombreux que les etoiles du ciel,.. et ce sera comme au Paradis, Bien vu !

Gaël Giraud : Les coupables tout désignés sont les mères qui vivent aujourd’hui dans la bande sahélienne, dont les taux de fécondité n’ont baissé que très faiblement depuis trente ans.

JEAN CLAUDE MEYER : Certes ce ne sont pas les plus pauvres qui carbonise notre planète, mais ce sont eux qui menacent les équilibres régionaux par une production d’enfants qu’ils ne peuvent éduquer et même nourrir. La croissance exponentielle de la race humaine est et va continuer d’être la plus grave menace pour nos sociétés. Alors faisons TOUT pour la freiner ou au moins confiner cette prolifération là où elle existe.

Gaël Giraud : Le centile le plus riche de la planète émet en moyenne 71 tonnes de CO2 et bénéficie d’un revenu annuel moyen de 135 000 dollars (en parité de pouvoir d’achat 2014). En revanche, les 50 % des humains les plus pauvres du globe n’émettent qu’un dixième des gaz responsables du réchauffement d’origine anthropique.

JD :Vision simpliste d’un chercheur bien-pensant. Supposons que ces riches acceptent enfin de consommer moins d’énergie. Les 4 milliards d’africains qui seront fiers de leurs nouvelles voitures se chargeront de produire tout le CO2 nécessaire pour continuer à réchauffer la planète.

Gaël Giraud : Où se situe la priorité ? Dans la réforme des habitudes de consommation des plus privilégiés, ou dans le contrôle des naissances de 3,5 milliards de personnes. La réduction du train de vie des plus riches, voilà la véritable priorité !

MICHEL LORGEOU : Curieux comme raisonnement ! vous croyez que les pauvres, une fois riches ne voudront pas le même niveau de vie que nous ? Le plus bel exemple est la Chine .

Gaël Giraud : Quant aux politiques antinatalistes auxquelles pensent certains pour limiter la pression démographique subsaharienne, il faut rappeler que l’Inde a tenté de mettre en œuvre une politique de contrôle des naissances extrêmement brutale. Résultat : le taux de fécondité a continué d’augmenter.

MICHEL SOURROUILLE : Citer la politique brutale de stérilisation faite en Inde dans les années 1950 pour essayer de déconsidérer les politiques antinatalistes est immonde. On ne peut prêter à autrui des intentions non exprimées. Les adhérents de « Démographie responsable » veulent seulement un planning familial plus généralisé et une aide au développement qui finance largement cette politique, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Gaël Giraud : En Chine, les analyses les plus récentes suggèrent que la contribution de la politique de l’enfant unique à la chute de la fécondité des femmes chinoises serait faible.

Marabbeh : Allez dire aux chinois que la politique de l’enfant unique n’a eu aucun effet sur la démographie !

Gaël Giraud : Infléchir la courbe démographique sahélienne est un objectif de développement légitime. Mais au fond, c’est le développement durable qui garantira la reprise ou l’accélération de la transition démographique en Afrique.

observateur : En Afrique, la baisse de la croissance démographique était une condition du « développement économique, social et culturel » de l’Afrique (terminologie des années 60). Il semble que ce « développement » ne s’est pas produit, et la démographie reprend de plus belle ! Que faire ?

Gaël Giraud : L’alternative à notre portée consiste donc bien à réduire les émissions des plus riches d’entre nous.

Hmmmm :C’est une erreur assez grossière de considérer le CO2 comme le seul problème « écologique » de l’humanité ! Les particules fines, la production alimentaire, entre autres, sont aussi des problèmes im portants. Quand bien même on se limite au réchauffement, le méthane réchauffe aussi… Il faudra dans tous les cas limiter la population mondiale, que ce soit à 8, 10, 20 ou 50 milliards. Pourquoi ne pas commencer tout de suite ?

Gaël Giraud : Il serait ridicule de croire que nos écosystèmes sont capables de supporter la pression anthropique d’une quantité infinie d’humains. Ne fût-ce que parce que le corps humain a besoin d’une surface minimale pour se déployer dans l’espace !

MICHEL SOURROUILLE : Reconnaître que « nos écosystèmes sont incapables de supporter la pression anthropique d’une quantité infinie d’humains » devrait nécessairement entraîner comme conclusion qu’il faut agir sur notre nombre, qui tend vers l’infini, ce que ne fait pas Gaël Giraud ! De plus envisager que « le corps humain a besoin de se déployer dans l’espace », c’est oublier que toutes les autres espèces ont aussi besoin d’espace pour exister, ce qui devrait aussi nous inciter à être moins nombreux…

* LE MONDE du 25 novembre 2017, Climat : « La priorité est de réduire le train de vie des plus riches, pas la natalité des plus pauvres »

Dissocier natalité et niveau de vie est vraiment débile

Dissocier natalité et niveau de vie pour combattre le réchauffement climatique est complètement débile. C’est pourtant ce que fait Gaël Giraud, de l’Agence française de développement. Voici un débat reconstitué à partir des commentateurs du monde.fr*

Gaël Giraud : A juste titre, les signataires de l’appel des 15 000 scientifiques évoquent la nécessité d’étudier avec sérieux les bornes que la capacité de charge limitée de la planète impose à la croissance démographique. Il est tentant d’en déduire que la limitation de la démographie humaine devrait être un facteur essentiel, sinon prioritaire, de la lutte contre les effets du dérèglement climatique. La réalité, c’est que la moitié des émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine n’est le fait que de 10 % de la population mondiale, les plus fortunés. La réduction du train de vie des plus riches, voilà la véritable priorité !
SIAP : La priorité est de faire les deux, et sans approche idéologique.

et en même temps : « La priorité est de réduire le train de vie des plus riches, pas la natalité des plus pauvres » : NON la priorité est de réduire le train de vie des plus riches ET EN MÊME TEMPS la natalité des plus pauvres.

Gaël Giraud : Rien ne doit pas servir d’alibi pour dissimuler une partie des responsabilités des ménages les plus riches de la planète.

Fouilla : Il faudrait donc « découpler le niveau d’émissions et le revenu des ménages », super ! Mais a-t-on le début d’une idée sur le « comment » ? à part bien sûr demander au ménage d’enterrer son pognon dans son jardin…

Gaël Giraud : L’Afrique compte aujourd’hui 1,2 milliard d’habitants et en abritera peut-être comptera-t-elle 4,2 milliards d’habitants d’ici à la fin du siècle. Lutter contre le réchauffement passe-t-il d’abord par l’infléchissement de la courbe démographique africaine ?

PATRICK VOLUT : Bravo Monsieur le directeur de recherches ! Vivement que les petits Africains soient aussi nombreux que les etoiles du ciel,.. et ce sera comme au Paradis, Bien vu !

Gaël Giraud : Les coupables tout désignés sont les mères qui vivent aujourd’hui dans la bande sahélienne, dont les taux de fécondité n’ont baissé que très faiblement depuis trente ans.

JEAN CLAUDE MEYER : Certes ce ne sont pas les plus pauvres qui carbonise notre planète, mais ce sont eux qui menacent les équilibres régionaux par une production d’enfants qu’ils ne peuvent éduquer et même nourrir. La croissance exponentielle de la race humaine est et va continuer d’être la plus grave menace pour nos sociétés. Alors faisons TOUT pour la freiner ou au moins confiner cette prolifération là où elle existe.

Gaël Giraud : Le centile le plus riche de la planète émet en moyenne 71 tonnes de CO2 et bénéficie d’un revenu annuel moyen de 135 000 dollars (en parité de pouvoir d’achat 2014). En revanche, les 50 % des humains les plus pauvres du globe n’émettent qu’un dixième des gaz responsables du réchauffement d’origine anthropique.

JD :Vision simpliste d’un chercheur bien-pensant. Supposons que ces riches acceptent enfin de consommer moins d’énergie. Les 4 milliards d’africains qui seront fiers de leurs nouvelles voitures se chargeront de produire tout le CO2 nécessaire pour continuer à réchauffer la planète.

Gaël Giraud : Où se situe la priorité ? Dans la réforme des habitudes de consommation des plus privilégiés, ou dans le contrôle des naissances de 3,5 milliards de personnes. La réduction du train de vie des plus riches, voilà la véritable priorité !

MICHEL LORGEOU : Curieux comme raisonnement ! vous croyez que les pauvres, une fois riches ne voudront pas le même niveau de vie que nous ? Le plus bel exemple est la Chine .

Gaël Giraud : Quant aux politiques antinatalistes auxquelles pensent certains pour limiter la pression démographique subsaharienne, il faut rappeler que l’Inde a tenté de mettre en œuvre une politique de contrôle des naissances extrêmement brutale. Résultat : le taux de fécondité a continué d’augmenter.

MICHEL SOURROUILLE : Citer la politique brutale de stérilisation faite en Inde dans les années 1950 pour essayer de déconsidérer les politiques antinatalistes est immonde. On ne peut prêter à autrui des intentions non exprimées. Les adhérents de « Démographie responsable » veulent seulement un planning familial plus généralisé et une aide au développement qui finance largement cette politique, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Gaël Giraud : En Chine, les analyses les plus récentes suggèrent que la contribution de la politique de l’enfant unique à la chute de la fécondité des femmes chinoises serait faible.

Marabbeh : Allez dire aux chinois que la politique de l’enfant unique n’a eu aucun effet sur la démographie !

Gaël Giraud : Infléchir la courbe démographique sahélienne est un objectif de développement légitime. Mais au fond, c’est le développement durable qui garantira la reprise ou l’accélération de la transition démographique en Afrique.

observateur : En Afrique, la baisse de la croissance démographique était une condition du « développement économique, social et culturel » de l’Afrique (terminologie des années 60). Il semble que ce « développement » ne s’est pas produit, et la démographie reprend de plus belle ! Que faire ?

Gaël Giraud : L’alternative à notre portée consiste donc bien à réduire les émissions des plus riches d’entre nous.

Hmmmm :C’est une erreur assez grossière de considérer le CO2 comme le seul problème « écologique » de l’humanité ! Les particules fines, la production alimentaire, entre autres, sont aussi des problèmes im portants. Quand bien même on se limite au réchauffement, le méthane réchauffe aussi… Il faudra dans tous les cas limiter la population mondiale, que ce soit à 8, 10, 20 ou 50 milliards. Pourquoi ne pas commencer tout de suite ?

Gaël Giraud : Il serait ridicule de croire que nos écosystèmes sont capables de supporter la pression anthropique d’une quantité infinie d’humains. Ne fût-ce que parce que le corps humain a besoin d’une surface minimale pour se déployer dans l’espace !

MICHEL SOURROUILLE : Reconnaître que « nos écosystèmes sont incapables de supporter la pression anthropique d’une quantité infinie d’humains » devrait nécessairement entraîner comme conclusion qu’il faut agir sur notre nombre, qui tend vers l’infini, ce que ne fait pas Gaël Giraud ! De plus envisager que « le corps humain a besoin de se déployer dans l’espace », c’est oublier que toutes les autres espèces ont aussi besoin d’espace pour exister, ce qui devrait aussi nous inciter à être moins nombreux…

* LE MONDE du 25 novembre 2017, Climat : « La priorité est de réduire le train de vie des plus riches, pas la natalité des plus pauvres »

L’Europe autorise le glyphosate pour 5 ans… et plus

Niko : Bonjour, que va-t-il se passer dans 5 ans ? Nous reviendrons au même point, personne ne va chercher d’alternative ?
Stéphane Horel (journaliste du MONDE) : Dans cinq ans se reposera à nouveau… la question d’un renouvellement de la licence du glyphosate. La recherche d’alternatives dépend tout à la fois de la volonté des agriculteurs, des gouvernements mais aussi des firmes. Le tout sous l’œil sans doute très attentif, voire méfiant, des consommateurs.  

Emmanuel Macron, dans un tweet : « J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans. »

Stéphane Travert, le ministre de l’agriculture s’est dit « heureux » qu’un accord ait été trouvé : « Nous sommes partis de loin, nous étions sur une réautorisation à 10 ans. Nous avons réussi à force de dialogue, à force de discussion avec nos partenaires, à réduire de moitié la durée qui était prévue. Donc il faut utiliser ces cinq ans de manière positive. Il faut que ces cinq ans soient utiles à l’agriculture, et à notre environnement. »

Répartition du vote des Etats membres renouvelant le glyphosate pour cinq ans. POUR, 18 Etats membres, représentant 65,7 % de la population ; CONTRE, 9 Etats membres, représentant 32, 3 % de la population ; ABSTENTION, le Portugal, représentant 2 % de la population :

Le vote décisif de l’Allemagne : Si la proposition de la Commission européenne a été validée par une majorité qualifiée d’Etats membres ( 55 % des pays, représentant 65 % de la population), c’est notamment dû au revirement surprise de l’Allemagne, qui a voté pour le renouvellement de cinq ans, alors qu’elle s’était abstenue au début de novembre. Mais cette décision provoque des remous au sein du gouvernement allemand. La ministre de l’environnement allemande,  Barbara Henricks, membre du Parti social-démocrate (SPD), a regretté le vote de son homologue de l’agriculture, qui appartient, lui, aux conservateurs de la CSU.

La FNSEA déplore que la France ait fait « bande à part » : « Nous actons ce compromis de cinq ans qui n’a été possible que grâce au pragmatisme d’un grand nombre d’Etats membres européens et nous déplorons que la France ne s’y soit pas ralliée et ait choisi de faire bande à part. »

L’Europe autorise le glyphosate pour 5 ans… et plus

Niko : Bonjour, que va-t-il se passer dans 5 ans ? Nous reviendrons au même point, personne ne va chercher d’alternative ?
Stéphane Horel (journaliste du MONDE) : Dans cinq ans se reposera à nouveau… la question d’un renouvellement de la licence du glyphosate. La recherche d’alternatives dépend tout à la fois de la volonté des agriculteurs, des gouvernements mais aussi des firmes. Le tout sous l’œil sans doute très attentif, voire méfiant, des consommateurs.  

Emmanuel Macron, dans un tweet : « J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans. »

Stéphane Travert, le ministre de l’agriculture s’est dit « heureux » qu’un accord ait été trouvé : « Nous sommes partis de loin, nous étions sur une réautorisation à 10 ans. Nous avons réussi à force de dialogue, à force de discussion avec nos partenaires, à réduire de moitié la durée qui était prévue. Donc il faut utiliser ces cinq ans de manière positive. Il faut que ces cinq ans soient utiles à l’agriculture, et à notre environnement. »

Répartition du vote des Etats membres renouvelant le glyphosate pour cinq ans. POUR, 18 Etats membres, représentant 65,7 % de la population ; CONTRE, 9 Etats membres, représentant 32, 3 % de la population ; ABSTENTION, le Portugal, représentant 2 % de la population :

Le vote décisif de l’Allemagne : Si la proposition de la Commission européenne a été validée par une majorité qualifiée d’Etats membres ( 55 % des pays, représentant 65 % de la population), c’est notamment dû au revirement surprise de l’Allemagne, qui a voté pour le renouvellement de cinq ans, alors qu’elle s’était abstenue au début de novembre. Mais cette décision provoque des remous au sein du gouvernement allemand. La ministre de l’environnement allemande,  Barbara Henricks, membre du Parti social-démocrate (SPD), a regretté le vote de son homologue de l’agriculture, qui appartient, lui, aux conservateurs de la CSU.

La FNSEA déplore que la France ait fait « bande à part » : « Nous actons ce compromis de cinq ans qui n’a été possible que grâce au pragmatisme d’un grand nombre d’Etats membres européens et nous déplorons que la France ne s’y soit pas ralliée et ait choisi de faire bande à part. »

EELV oublie complètement ses fondamentaux écolos

Notre association biosphere reçoit les communiqués de presse d’EELV, mais ils nous semblent décalés, inappropriés, pour tout dire inutiles !

– Celui du 23 novembre 2017, Violences contre les femmes : le 25 novembre, soyons toutes et tous à la hauteur des enjeux

« violation grave des droits humains, formidable mobilisation mondiale qui partie de l’affaire Harry Weinstein a, telle un ras de marée, mobilisé toutes les opinions publiques dans le monde, les politiques publiques sont bien loin d’être suffisantes pour éradiquer les violences contre les femmes, parole des victimes dénigrée… Pour une véritable action publique, Europe Écologie – Les Verts demande un plan d’action d’urgence contre les violences faites aux femmes, qui mettra la réponse à la hauteur de l’enjeu, prévention, accompagnement et écoute des victimes, fin de l’impunité… Europe Écologie – les Verts sera présent aux rassemblements qui interviendront le samedi 25 novembre dans toute la France et appelle toutes et tous à y participer. » Nous n’avons trouvé aucune trace du moindre signe de la plus petite préoccupation écologique dans ce communiqué.

– Celui du 27 novembre 2017, Esclavage en Libye : La France et l’Europe doivent mettre fin aux renvois de migrants en Libye

«  des êtres humains vendus aux enchères et réduits en esclavage, des images profondément choquantes qui ont fait le tour de la planète, enfer des centres de détention gérés par des trafiquants, 19.900 personnes se trouvant dans ces centres de détention début novembre, contre 7000 mi-septembre, La France et l’Europe portent une lourde responsabilité dans la situation chaotique libyenne. Europe Ecologie Les Verts demande à la France et l’Union Européenne d’assumer leurs responsabilités… encore faut-il  prévenir ce trafic en ayant une politique humaniste d’accueil des réfugiés dignes d’un pays des droits de l’homme et surtout cesser de renvoyer des réfugié-e-s chez eux quand ils et elles finissent par retomber dans les mains des trafiquants. » Nous n’avons trouvé aucune trace du moindre signe de la plus petite préoccupation écologique dans ce communiqué.

EELV oublie complètement ses fondamentaux écolos

Notre association biosphere reçoit les communiqués de presse d’EELV, mais ils nous semblent décalés, inappropriés, pour tout dire inutiles !

– Celui du 23 novembre 2017, Violences contre les femmes : le 25 novembre, soyons toutes et tous à la hauteur des enjeux

« violation grave des droits humains, formidable mobilisation mondiale qui partie de l’affaire Harry Weinstein a, telle un ras de marée, mobilisé toutes les opinions publiques dans le monde, les politiques publiques sont bien loin d’être suffisantes pour éradiquer les violences contre les femmes, parole des victimes dénigrée… Pour une véritable action publique, Europe Écologie – Les Verts demande un plan d’action d’urgence contre les violences faites aux femmes, qui mettra la réponse à la hauteur de l’enjeu, prévention, accompagnement et écoute des victimes, fin de l’impunité… Europe Écologie – les Verts sera présent aux rassemblements qui interviendront le samedi 25 novembre dans toute la France et appelle toutes et tous à y participer. » Nous n’avons trouvé aucune trace du moindre signe de la plus petite préoccupation écologique dans ce communiqué.

– Celui du 27 novembre 2017, Esclavage en Libye : La France et l’Europe doivent mettre fin aux renvois de migrants en Libye

«  des êtres humains vendus aux enchères et réduits en esclavage, des images profondément choquantes qui ont fait le tour de la planète, enfer des centres de détention gérés par des trafiquants, 19.900 personnes se trouvant dans ces centres de détention début novembre, contre 7000 mi-septembre, La France et l’Europe portent une lourde responsabilité dans la situation chaotique libyenne. Europe Ecologie Les Verts demande à la France et l’Union Européenne d’assumer leurs responsabilités… encore faut-il  prévenir ce trafic en ayant une politique humaniste d’accueil des réfugiés dignes d’un pays des droits de l’homme et surtout cesser de renvoyer des réfugié-e-s chez eux quand ils et elles finissent par retomber dans les mains des trafiquants. » Nous n’avons trouvé aucune trace du moindre signe de la plus petite préoccupation écologique dans ce communiqué.

La difficile empathie/compassion pour les insectes

« Compassion pour le charançon ! » Vers une nouvelle philosophie de l’insecte »… Thierry Hoquet ne répond en rien au titre de sa tribune dans LE MONDE*. Il commence de façon intéressante par écrire «  L’empathie pour les insectes est un art difficile ».  Il enfile ensuite les références comme des perles, Rachel Carson, les insectes en danger, criminaliser les néonicotinoïdes, l’abeille en voie de raréfaction, l’histoire du scarabée pique-pruneIl se contente enfin de réciter : « Du fond des bois, j’entends de nouveaux Stones entonner un hymne nouveau : Empathy for the Weevil !  (Compassion pour le charançon) ». Un commentateur perspicace, Le Sceptique, résume sur lemonde.fr ce qu’on peut en penser :

« L’empathie pour les insectes est un art difficile », commence l’auteur. Mais sa tribune est vide de cette empathie. Ses arguments survolent quelques débats de société. Rien ne nous parle de son expérience auprès des insectes, de la manière dont il aurait lui-même vécu, éprouvé cette empathie qu’il s’agirait de nous faire partager (ou de nous imposer). Il fait un jeu de mot sur « charançon » pour référer à la culture pop de son milieu social, mais a-t-il échangé un peu de la vie des charançons ? Un philosophe est censé nous aider à mieux articuler les concepts, mais cette tribune désordonnée et littéraire n’y aide guère. On saute d’un cliché ou d’une généralité à l’autre, sans précision factuelle dans le diagnostic et avec moult effets de rhétorique (« éternel frimaire… » ?), sans exposer par quoi l’humain pourrait justifier une décision en fonction de l’insecte (ou d’un état du vivant). Toute cause est défendable, mais mieux sa défense est argumentée et meilleur sera le débat. Par exemple : devons-nous défendre l’existence de toute espèce et de tout habitat même aux dépens des représentants de la nôtre? Si non, quels critères de choix pour nos actions, quelles implications de ces critères? La biodiversité (laquelle au juste) est-elle défendable car bonne en soi ? Utile ? Nécessaire ? Jolie ? Qui est fondé à répondre à ces questions et d’où parle celui qui répond ? En cas de vision divergente, qui décide en dernier ressort et par quelle légitimité ? Etc.

Sur ce blog biosphere, nous avons déjà plusieurs fois de la compassion pour les animaux, le journal intime de l’ornithorynque, l’expérience (ratée) de Charles Foster… et Thierry Hoquet aurait pu s’intéresser à nos relations philosophiques avec les moustiques !

* LE MONDE du 25 novembre 2017, « Compassion pour le charançon ! » Vers une nouvelle philosophie de l’insecte

La difficile empathie/compassion pour les insectes

« Compassion pour le charançon ! » Vers une nouvelle philosophie de l’insecte »… Thierry Hoquet ne répond en rien au titre de sa tribune dans LE MONDE*. Il commence de façon intéressante par écrire «  L’empathie pour les insectes est un art difficile ».  Il enfile ensuite les références comme des perles, Rachel Carson, les insectes en danger, criminaliser les néonicotinoïdes, l’abeille en voie de raréfaction, l’histoire du scarabée pique-pruneIl se contente enfin de réciter : « Du fond des bois, j’entends de nouveaux Stones entonner un hymne nouveau : Empathy for the Weevil !  (Compassion pour le charançon) ». Un commentateur perspicace, Le Sceptique, résume sur lemonde.fr ce qu’on peut en penser :

« L’empathie pour les insectes est un art difficile », commence l’auteur. Mais sa tribune est vide de cette empathie. Ses arguments survolent quelques débats de société. Rien ne nous parle de son expérience auprès des insectes, de la manière dont il aurait lui-même vécu, éprouvé cette empathie qu’il s’agirait de nous faire partager (ou de nous imposer). Il fait un jeu de mot sur « charançon » pour référer à la culture pop de son milieu social, mais a-t-il échangé un peu de la vie des charançons ? Un philosophe est censé nous aider à mieux articuler les concepts, mais cette tribune désordonnée et littéraire n’y aide guère. On saute d’un cliché ou d’une généralité à l’autre, sans précision factuelle dans le diagnostic et avec moult effets de rhétorique (« éternel frimaire… » ?), sans exposer par quoi l’humain pourrait justifier une décision en fonction de l’insecte (ou d’un état du vivant). Toute cause est défendable, mais mieux sa défense est argumentée et meilleur sera le débat. Par exemple : devons-nous défendre l’existence de toute espèce et de tout habitat même aux dépens des représentants de la nôtre? Si non, quels critères de choix pour nos actions, quelles implications de ces critères? La biodiversité (laquelle au juste) est-elle défendable car bonne en soi ? Utile ? Nécessaire ? Jolie ? Qui est fondé à répondre à ces questions et d’où parle celui qui répond ? En cas de vision divergente, qui décide en dernier ressort et par quelle légitimité ? Etc.

Sur ce blog biosphere, nous avons déjà plusieurs fois de la compassion pour les animaux, le journal intime de l’ornithorynque, l’expérience (ratée) de Charles Foster… et Thierry Hoquet aurait pu s’intéresser à nos relations philosophiques avec les moustiques !

* LE MONDE du 25 novembre 2017, « Compassion pour le charançon ! » Vers une nouvelle philosophie de l’insecte

Pour résister au Black Friday, il fallait être bien armé

Le Black Friday (24 novembre 2017) est le summum marketing pour le secteur de la high-tech. En France, en 2016, près d’un consommateur sur deux avait profité des remises mises en place à cette occasion. Moi Vianney Vaute*, cofondateur de l’entreprise de vente de produits d’occasions reconditionnés Back Market, m’insurge contre tout ce qui dope le e.commerce. Entre la fascination collective qu’ils entretiennent face au phénomène et leur propre discours promotionnel, les acteurs de la technologie monopolisent ainsi la conversation autour du Black Friday, ne laissant pratiquement aucune place à un quelconque questionnement. Les sujets ne manqueraient pas. Quid des minerais originaires de zones de conflits, comme le coltan d’Afrique centrale, que l’on retrouve dans nos smartphones ? Quid des conditions de travail des ouvriers du secteur, mises en lumière par les suicides survenus chez Foxconn ? Quid du piège de l’obsolescence programmée et la non-réparabilité des appareils ? Quid, enfin, de la croissance incontrôlée des déchets électroniques (DEEE), qui devraient atteindre 50 millions de tonnes dans le monde en 2018 ? Cette célébration consumériste constitue pourtant l’occasion idéale d’ouvrir le débat sur les lourds impacts sociétaux et environnementaux de notre boulimie numérique. Nous nous contentons d’une promesse de performance, d’évasion et de symbole de réussite sociale. Ces objets ont sur nous une telle autorité que nous n’osons les mettre en question. Et comme aux temps glorieux de la voiture pour tous, leurs inconvénients sont beaucoup trop lointains et (en apparence) minimes pour résister à la satisfaction de « vivre avec son temps » et à la certitude rassurante de ne rien rater. Si l’on n’ouvre pas d’espace critique, aucun modèle alternatif, plus sobre et vertueux, ne pourra voir le jour pour le numérique.

Commentaire : sur le fond, il y n’a rien à ajouter au constat de Vianney Vaute. Sauf que son idée « Le changement n’intervient jamais que sous la pression des foules de consommateurs ou d’électeurs » est une parole en l’air. Qui n’a ni portable, ni carte bancaire, ni GPS ? Le consommateur est pris dans un étau social qui l’oblige à céder aux sirènes du numérique et l’empêche de réagir. C’est le mécanisme de la filière inversée, les entreprises modèlent les désirs des gens, l’idée du consommateur roi est un mythe. Si tu veux agir à la marge, adhère au R.A.P., résistance à l’agression publicitaire.

* LE MONDE du 23 novembre 2017, Black Friday : « Un impact sociétal et environnemental dramatique »

Quand la clim’ réchauffe le monde entier

François Jarrige : De nombreux rapports mettent en garde contre les risques du réchauffement climatique. Ils décrivent pour la plupart un scénario apocalyptique. Pour les solutions, c’est encore et toujours l’appel à l’adaptation qui l’emporte, s’adapter à un futur annoncé comme irrespirable et contaminé. Pour s’adapter à cette chaleur croissante et étouffante, la réponse préconisée est d’abord technologique : elle consiste à équiper son logement, sa voiture, son bureau d’un appareil climatiseur. Si officiellement les pouvoirs publics recherchent des solutions collectives, ce sont les réponses individuelle et à courte vue qui s’imposent. Dès 1960 aux USA, 12 % des foyers sont équipés, 55 % en 1980, 82 % en l’an 2000 et autour de 90 % aujourd’hui. L’industrie automobile s’y convertit rapidement, dès 1969 54 % des véhicules neufs sont équipés. Dès 1945, Henry Miller dénonçait un « cauchemar climatisé ». En France aujourd’hui, la climatisation semble devenu un droit fondamental, au même titre que l’accès à l’eau potable !

Parmi les problèmes soulevés par cette infrastructure de refroidissement, l’inconvénient majeur est sans doute l’utilisation de fluide frigorigène (hydrofluorocarbures) dont le pouvoir de réchauffement est bien plus important que celui du CO2. Ces appareils sont également très énergivores. Si la moitié des habitations s’équipaient d’une petite climatisation de 3 kWh, une vingtaine de réacteurs serait nécessaire en France. La climatisation symbolise aussi le fossé croissant entre les riches climatisés et les milliards d’habitants démunis contraints à subir des épisodes de chaleur de plus en plus éprouvants. Incroyable paradoxe de notre société qui sait combien la climatisation est néfaste mais qui semble de plus en plus incapable de s’en passer. (extraits d’un article dans La Décroissance de novembre 2017)

Biosphere : C’est la clé du problème climatique, les besoins exprimés par nos concitoyens. S’ils allaient à pied ou en vélo à leur travail, s’ils faisaient uniquement du tourisme de proximité, s’ils ne chauffaient pas les chambres à coucher, alors nous pourrions passer en douceur à une société post-carbone. Mais ils veulent 4×4 et quads, tourisme dépaysant et climatisation généralisée. C’est pourquoi l’effondrement de la société thermo-industrielle ne se fera pas en douceur… (post du 24 mai 2015)

Nicolas Hulot : Nous ne pouvons qu’être effarés de notre propre aveuglement. Les hommes peuvent exprimer leurs inquiétudes sur la dégradation du climat d’un ton fort grave pour aussitôt les oublier, acheter une nouvelle voiture, mettre la climatisation ou prendre l’avion pour partir en vacances. (Le syndrome du Titanic – 2, 2009)

Bill Bryson : La journée était superbe. Pourtant toutes les voitures roulaient vitres fermées. Dans leur habitacle hermétiquement clos, tous les automobilistes avaient réglé la température pour reproduire un microclimat identique à celui du monde extérieur… Promenez-vous dans n’importe quelle banlieue américaine en été, et vous aurez peu de chances d’y voir des enfants jouer au ballon ou faire du vélo : ils sont tous à l’intérieur. Et le seul bruit qu’on entend, c’est le bourdonnement des climatiseurs à l’unisson. (American rigolosPayot, 2003)

Quand la clim’ réchauffe le monde entier

François Jarrige : De nombreux rapports mettent en garde contre les risques du réchauffement climatique. Ils décrivent pour la plupart un scénario apocalyptique. Pour les solutions, c’est encore et toujours l’appel à l’adaptation qui l’emporte, s’adapter à un futur annoncé comme irrespirable et contaminé. Pour s’adapter à cette chaleur croissante et étouffante, la réponse préconisée est d’abord technologique : elle consiste à équiper son logement, sa voiture, son bureau d’un appareil climatiseur. Si officiellement les pouvoirs publics recherchent des solutions collectives, ce sont les réponses individuelle et à courte vue qui s’imposent. Dès 1960 aux USA, 12 % des foyers sont équipés, 55 % en 1980, 82 % en l’an 2000 et autour de 90 % aujourd’hui. L’industrie automobile s’y convertit rapidement, dès 1969 54 % des véhicules neufs sont équipés. Dès 1945, Henry Miller dénonçait un « cauchemar climatisé ». En France aujourd’hui, la climatisation semble devenu un droit fondamental, au même titre que l’accès à l’eau potable !

Parmi les problèmes soulevés par cette infrastructure de refroidissement, l’inconvénient majeur est sans doute l’utilisation de fluide frigorigène (hydrofluorocarbures) dont le pouvoir de réchauffement est bien plus important que celui du CO2. Ces appareils sont également très énergivores. Si la moitié des habitations s’équipaient d’une petite climatisation de 3 kWh, une vingtaine de réacteurs serait nécessaire en France. La climatisation symbolise aussi le fossé croissant entre les riches climatisés et les milliards d’habitants démunis contraints à subir des épisodes de chaleur de plus en plus éprouvants. Incroyable paradoxe de notre société qui sait combien la climatisation est néfaste mais qui semble de plus en plus incapable de s’en passer. (extraits d’un article dans La Décroissance de novembre 2017)

Biosphere : C’est la clé du problème climatique, les besoins exprimés par nos concitoyens. S’ils allaient à pied ou en vélo à leur travail, s’ils faisaient uniquement du tourisme de proximité, s’ils ne chauffaient pas les chambres à coucher, alors nous pourrions passer en douceur à une société post-carbone. Mais ils veulent 4×4 et quads, tourisme dépaysant et climatisation généralisée. C’est pourquoi l’effondrement de la société thermo-industrielle ne se fera pas en douceur… (post du 24 mai 2015)

Nicolas Hulot : Nous ne pouvons qu’être effarés de notre propre aveuglement. Les hommes peuvent exprimer leurs inquiétudes sur la dégradation du climat d’un ton fort grave pour aussitôt les oublier, acheter une nouvelle voiture, mettre la climatisation ou prendre l’avion pour partir en vacances. (Le syndrome du Titanic – 2, 2009)

Bill Bryson : La journée était superbe. Pourtant toutes les voitures roulaient vitres fermées. Dans leur habitacle hermétiquement clos, tous les automobilistes avaient réglé la température pour reproduire un microclimat identique à celui du monde extérieur… Promenez-vous dans n’importe quelle banlieue américaine en été, et vous aurez peu de chances d’y voir des enfants jouer au ballon ou faire du vélo : ils sont tous à l’intérieur. Et le seul bruit qu’on entend, c’est le bourdonnement des climatiseurs à l’unisson. (American rigolosPayot, 2003)

Moins de viande, moins de tout, est-ce acceptable ?

Le think tank Terra Nova appelle les Français à diviser par deux leur consommation de chair animale d’ici à vingt ans. Ils ne sont pas les premiers de le dire, mais venant de personnes qui sont dans un laboratoire d’idées «orienté à gauche », cela signifie que l’idée se diffuse de plus en plus largement. Il s’agirait d’atteindre en France, dans les vingt années qui viennent, un régime alimentaire qui soit composé de deux tiers de protéines végétales et d’un tiers d’animales – contre l’inverse aujourd’hui –, en divisant par deux nos consommations de viande et de poisson*. On propose la généralisation d’un repas végétarien dans les cantines des collèges et des lycées. Mais pourquoi pas le lundi végétarien sur toutes les tables de France ? On propose l’étiquetage pour indiquer le mode d’élevage et d’abattage des bêtes, pourquoi ne pas imposer des normes strictes d’élevage et d’abattage ? Ah ah ! Terra Nova ne veut pas d’une écologie punitive, son directeur clame que « L’essentiel est de montrer que ce changement n’est pas une punition mais un futur désirable et nécessaire ».

Nous n’insistons pas sur le constat, qui est alarmant. Les Français ingéraient 20 kg équivalent carcasse par an au début du XIXe siècle, 40 kg vers 1900 et 94 kg en 1998, 185 grammes de viande par jour et par adulte aujourd’hui. Au niveau mondial plus de 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards de poissons sont abattus chaque année pour satisfaire nos besoins toujours croissants. L’élevage mobilise un tiers de terres cultivables de la planète, génère 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre, contribue à la déforestation et consomme beaucoup d’eau ainsi que d’engrais azotés, qui entraînent des pollutions aux nitrates. Et la situation ne peut qu’empirer : la production mondiale de viande devrait augmenter de 75 % d’ici à 2050 pour satisfaire l’appétit de presque 10 milliards d’humains. Consommer plus de 500 g de viande rouge ou 150 g de charcuterie par semaine augmente le risque de cancer colorectal, et ce n’est qu’un exemple qu’on a dépassé les limites même au niveau de notre santé. Un mouvement de « déconsommation » est certes à l’œuvre, lent, trop lent. Et la modération des populations repues est plus que compensée par la boulimie des pays émergents.

Nous insistons maintenant sur le cœur du débat politique, que faire ? Selon Terra Nova, il s’agit de « toucher le plus grand nombre » tout en « évitant la culpabilisation » ? Encore un oxymore, un rapprochement des contraires. Le plus grand nombre ne fait bien que quand il est culpabilisé s’il fait mal. Le changement de comportement ne peut se faire qu’en modifiant la psychologie et les règles morales qui vont avec. Instaurer le lundi végétarien dans les cantines ne vaut rien si les familles s’en foutent et ne mangent pas autrement. Il faut aussi agir sur le prix, et taxer la viande comme on taxe les cigarettes, donner un prix au danger pour que l’addiction diminue. Il n’est pas non plus interdit d’interdire, par exemple supprimer l’élevage en batterie, revenir à une production plus artisanale, moins industrielle. Pourquoi trouver encore dans les magasins des œufs de poule élevé en batterie alors qu’il serait si utile de favoriser l’adoption chez soi de poules pondeuses ? Mais ce n’est pas tout, la viande n’est qu’une partie du péril écologique. Comme l’écrit (sur lemonde.fr) Vincent, « J‘appelle moi aussi les autres à manger moins de viande. S’ils pouvaient aussi arrêter de rouler en voiture ça m’arrangerait. Merci. » Et d’une manière plus fondamentale MkBe : « Pour préserver le monde de notre surpopulation il faut manger moins de viande, consommer moins de ceci, faire moins de cela. Mais in fine la cause initiale reste la surpopulation. Peut-être un contrôle de la natalité serait préférable non ? De mémoire c’était même, dans un précédent article du monde, la solution qui aurait le plus d’impacts positifs sur l’environnement. Ok ça va pas être simple à accepter, mais à un moment faut savoir ce qu’on veut. Ou du moins faut ce qu’il faut. »

* LE MONDE du 24 novembre 2017, Pour Terra Nova, le règne de la viande est révolu

Moins de viande, moins de tout, est-ce acceptable ?

Le think tank Terra Nova appelle les Français à diviser par deux leur consommation de chair animale d’ici à vingt ans. Ils ne sont pas les premiers de le dire, mais venant de personnes qui sont dans un laboratoire d’idées «orienté à gauche », cela signifie que l’idée se diffuse de plus en plus largement. Il s’agirait d’atteindre en France, dans les vingt années qui viennent, un régime alimentaire qui soit composé de deux tiers de protéines végétales et d’un tiers d’animales – contre l’inverse aujourd’hui –, en divisant par deux nos consommations de viande et de poisson*. On propose la généralisation d’un repas végétarien dans les cantines des collèges et des lycées. Mais pourquoi pas le lundi végétarien sur toutes les tables de France ? On propose l’étiquetage pour indiquer le mode d’élevage et d’abattage des bêtes, pourquoi ne pas imposer des normes strictes d’élevage et d’abattage ? Ah ah ! Terra Nova ne veut pas d’une écologie punitive, son directeur clame que « L’essentiel est de montrer que ce changement n’est pas une punition mais un futur désirable et nécessaire ».

Nous n’insistons pas sur le constat, qui est alarmant. Les Français ingéraient 20 kg équivalent carcasse par an au début du XIXe siècle, 40 kg vers 1900 et 94 kg en 1998, 185 grammes de viande par jour et par adulte aujourd’hui. Au niveau mondial plus de 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards de poissons sont abattus chaque année pour satisfaire nos besoins toujours croissants. L’élevage mobilise un tiers de terres cultivables de la planète, génère 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre, contribue à la déforestation et consomme beaucoup d’eau ainsi que d’engrais azotés, qui entraînent des pollutions aux nitrates. Et la situation ne peut qu’empirer : la production mondiale de viande devrait augmenter de 75 % d’ici à 2050 pour satisfaire l’appétit de presque 10 milliards d’humains. Consommer plus de 500 g de viande rouge ou 150 g de charcuterie par semaine augmente le risque de cancer colorectal, et ce n’est qu’un exemple qu’on a dépassé les limites même au niveau de notre santé. Un mouvement de « déconsommation » est certes à l’œuvre, lent, trop lent. Et la modération des populations repues est plus que compensée par la boulimie des pays émergents.

Nous insistons maintenant sur le cœur du débat politique, que faire ? Selon Terra Nova, il s’agit de « toucher le plus grand nombre » tout en « évitant la culpabilisation » ? Encore un oxymore, un rapprochement des contraires. Le plus grand nombre ne fait bien que quand il est culpabilisé s’il fait mal. Le changement de comportement ne peut se faire qu’en modifiant la psychologie et les règles morales qui vont avec. Instaurer le lundi végétarien dans les cantines ne vaut rien si les familles s’en foutent et ne mangent pas autrement. Il faut aussi agir sur le prix, et taxer la viande comme on taxe les cigarettes, donner un prix au danger pour que l’addiction diminue. Il n’est pas non plus interdit d’interdire, par exemple supprimer l’élevage en batterie, revenir à une production plus artisanale, moins industrielle. Pourquoi trouver encore dans les magasins des œufs de poule élevé en batterie alors qu’il serait si utile de favoriser l’adoption chez soi de poules pondeuses ? Mais ce n’est pas tout, la viande n’est qu’une partie du péril écologique. Comme l’écrit (sur lemonde.fr) Vincent, « J‘appelle moi aussi les autres à manger moins de viande. S’ils pouvaient aussi arrêter de rouler en voiture ça m’arrangerait. Merci. » Et d’une manière plus fondamentale MkBe : « Pour préserver le monde de notre surpopulation il faut manger moins de viande, consommer moins de ceci, faire moins de cela. Mais in fine la cause initiale reste la surpopulation. Peut-être un contrôle de la natalité serait préférable non ? De mémoire c’était même, dans un précédent article du monde, la solution qui aurait le plus d’impacts positifs sur l’environnement. Ok ça va pas être simple à accepter, mais à un moment faut savoir ce qu’on veut. Ou du moins faut ce qu’il faut. »

* LE MONDE du 24 novembre 2017, Pour Terra Nova, le règne de la viande est révolu

Poissons et crustacés condamnés à la chaise électrique

Mardi 21 novembre, la Commission des pêches du Parlement européen a donné un feu vert à la pêche électrique. La pêche électrique est une méthode de pêche qui utilise l’électricité pour déloger les poissons du fond des mers et océans, et les faire remonter à la surface. Les filets des chaluts de fond sont équipés d’électrodes qui envoient des décharges électriques dans les sédiments, les poissons se convulsent sous l’effet de la décharge et le courant électrique les ramène vers le filet. Ce sont des décharges égales à celle d’un Taser. Ceux qui sont remontés dans les chaluts sont souvent couverts de brûlures, d’ecchymoses, ou ont subi des déformations du squelette du fait de l’électrocution. Pratique jugée destructrice des ressources marines en Asie au terme d’une dizaine d’années d’utilisation, la pêche électrique a été interdite à Hong Kong en 1999 et en Chine en 2000. Cette méthode de pêche avait été interdite en Europe en 1998, mais en 2007, les Néerlandais avaient obtenu des dérogations au prix d’un lobbying efficace. La réglementation permettait d’équiper en électrodes jusqu’à 5 % de sa flotte de chalutiers à perche (sur lesquels des filets sont fixés à une perche déployée sur le côté).

La pratique de la pêche électrique néerlandaise est très contestée par les pêcheurs français du Nord pour ses conséquences néfastes sur les écosystèmes marins : « Cette pêche tue tous les juvéniles. Les témoignages des bateaux français qui pêchent dans les mêmes eaux que les bateaux néerlandais entre 3 et 20 nautiques nous disent tous la même chose : il n’y a plus de petits poissons dans les eaux de la mer de Nord ». En envoyant des décharges électriques dans les fonds marins, on électrocute forcément des larves ou des femelles pleines, et ça ne peut pas ne pas avoir d’incidences sur la reproduction. C’est un cercle vicieux. Pour maintenir leurs marges, les industriels n’ont pas d’autre choix que de limiter les coûts de production, en réduisant la consommation de carburant, et d’inventer des méthodes de pêche de plus en plus efficaces. Le recours à cette technique électrique est symptomatique d’une ressource halieutique mal gérée au niveau mondial. Et c’est un aveu total de faillite : on est prêt à fermer les yeux sur les risques de destruction des ressources pour conserver un profit à court terme… Grâce à ses capacités de manipulation sémantique, la direction de l’Union Européenne qualifie aujourd’hui la pêche par impulsion électrique de « technique innovante » !

Outre cet épuisement des ressources, la pêche électrique a aussi des conséquences néfastes sur l’artisanat de la pêche, qu’elle concurrence déloyalement, avec des moyens techniques hors de sa portée. Pourtant favoriser l’artisanat, c’est-à-dire des méthodes de pêche plus douces, ce serait mieux pour tout le monde, pour les ressources marines, pour les pêcheurs, pour les citoyens. Selon une tribune dans LE MONDE*, « encore une fois, l’innovation technologique induirait le sacrifice de très nombreux pêcheurs afin de compenser les gains d’efficacité des navires électriques. Les petits pêcheurs sont déjà durement touchés, puisque les chaluts électriques se sont déjà déployés vers les habitats côtiers fragiles, impactant leurs zones de pêche ou de reproduction de nombreuses espèces-clés ».

pour en savoir plus, https://reporterre.net/Le-Parlement-europeen-donne-un-premier-feu-vert-a-la-nefaste-peche-electrique

Il est encore temps de signer cette pétition : https://www.bloomassociation.org/stop-peche-electrique/

* LE MONDE du 16 novembre 2017, « L’Europe doit interdire la pêche électrique »

Poissons et crustacés condamnés à la chaise électrique

Mardi 21 novembre, la Commission des pêches du Parlement européen a donné un feu vert à la pêche électrique. La pêche électrique est une méthode de pêche qui utilise l’électricité pour déloger les poissons du fond des mers et océans, et les faire remonter à la surface. Les filets des chaluts de fond sont équipés d’électrodes qui envoient des décharges électriques dans les sédiments, les poissons se convulsent sous l’effet de la décharge et le courant électrique les ramène vers le filet. Ce sont des décharges égales à celle d’un Taser. Ceux qui sont remontés dans les chaluts sont souvent couverts de brûlures, d’ecchymoses, ou ont subi des déformations du squelette du fait de l’électrocution. Pratique jugée destructrice des ressources marines en Asie au terme d’une dizaine d’années d’utilisation, la pêche électrique a été interdite à Hong Kong en 1999 et en Chine en 2000. Cette méthode de pêche avait été interdite en Europe en 1998, mais en 2007, les Néerlandais avaient obtenu des dérogations au prix d’un lobbying efficace. La réglementation permettait d’équiper en électrodes jusqu’à 5 % de sa flotte de chalutiers à perche (sur lesquels des filets sont fixés à une perche déployée sur le côté).

La pratique de la pêche électrique néerlandaise est très contestée par les pêcheurs français du Nord pour ses conséquences néfastes sur les écosystèmes marins : « Cette pêche tue tous les juvéniles. Les témoignages des bateaux français qui pêchent dans les mêmes eaux que les bateaux néerlandais entre 3 et 20 nautiques nous disent tous la même chose : il n’y a plus de petits poissons dans les eaux de la mer de Nord ». En envoyant des décharges électriques dans les fonds marins, on électrocute forcément des larves ou des femelles pleines, et ça ne peut pas ne pas avoir d’incidences sur la reproduction. C’est un cercle vicieux. Pour maintenir leurs marges, les industriels n’ont pas d’autre choix que de limiter les coûts de production, en réduisant la consommation de carburant, et d’inventer des méthodes de pêche de plus en plus efficaces. Le recours à cette technique électrique est symptomatique d’une ressource halieutique mal gérée au niveau mondial. Et c’est un aveu total de faillite : on est prêt à fermer les yeux sur les risques de destruction des ressources pour conserver un profit à court terme… Grâce à ses capacités de manipulation sémantique, la direction de l’Union Européenne qualifie aujourd’hui la pêche par impulsion électrique de « technique innovante » !

Outre cet épuisement des ressources, la pêche électrique a aussi des conséquences néfastes sur l’artisanat de la pêche, qu’elle concurrence déloyalement, avec des moyens techniques hors de sa portée. Pourtant favoriser l’artisanat, c’est-à-dire des méthodes de pêche plus douces, ce serait mieux pour tout le monde, pour les ressources marines, pour les pêcheurs, pour les citoyens. Selon une tribune dans LE MONDE*, « encore une fois, l’innovation technologique induirait le sacrifice de très nombreux pêcheurs afin de compenser les gains d’efficacité des navires électriques. Les petits pêcheurs sont déjà durement touchés, puisque les chaluts électriques se sont déjà déployés vers les habitats côtiers fragiles, impactant leurs zones de pêche ou de reproduction de nombreuses espèces-clés ».

pour en savoir plus, https://reporterre.net/Le-Parlement-europeen-donne-un-premier-feu-vert-a-la-nefaste-peche-electrique

Il est encore temps de signer cette pétition : https://www.bloomassociation.org/stop-peche-electrique/

* LE MONDE du 16 novembre 2017, « L’Europe doit interdire la pêche électrique »

Pourquoi les Verts allemands ne sont pas crédibles

Les Verts allemands, comme leurs homologues français, sont restés un repaire de pseudo-révolutionnaires qui recyclent les thèmes de l’ultra-gauche, le revenu pour tous sans travailler, la GPA (gestation pour autrui) pour tous et la PMA (procréation médicalement assisté) pour toutes, un féminisme outrancier et un amour immodéré des immigrés. Leur tâche principale qui devrait être de porter haut et fort l’urgence écologique disparaît alors complètement aux yeux de l’électeur. Des fondamentaux comme le réchauffement climatique, ils le laissent à Merkel et Macron qui n’en font pas grand-chose non plus.

Dans leurs négociations actuelles pour former un gouvernement, les Verts allemands exigent de renoncer au plafonnement à 200 000 par an du nombre de réfugiés susceptibles d’être accueillis en Allemagne, ainsi qu’à l’interdiction du regroupement familial pour ceux bénéficiant de la « protection subsidiaire ». Une loi de 2016 empêche en effet les réfugiés qui n’ont obtenu qu’un titre de séjour d’un an renouvelable de faire venir leur famille. Ils souhaitent cependant un allongement de la liste des « pays d’origine sûrs » et la multiplication des centres d’accueil pour demandeurs d’asile afin de mieux contrôler leur présence sur le territoire*. Sans vouloir remonter plus loin, on en est resté à l’époque des camps de Harkis en France, l’isolement par incapacité d’intégrer les nouveaux arrivants. Sans rentrer plus loin dans ce débat, notons que l’immigration est d’abord un problème écologique, lié à la capacité de charge des différents territoires. Vouloir un libre accès total dans un pays est un non-sens écologique, la libre circulation des personnes un mythe.

Nous rappelons aux Verts franco-allemands la campagne « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles ». L’association Ecologie et population (Ecopop) avait le 30 novembre 2014 soumis à référendum en Suisse une initiative voulant limiter la croissance annuelle de la population due à l’immigration à 0,2 % sur une moyenne de trois ans. Il pourrait donc immigrer  environ 16 000 personnes/an de plus que celle qui émigrent. Actuellement, chaque année 95 000 personnes quittent la Suisse. Par conséquent, il pourrait encore immigrer 110 000 personnes. Ecopop demandait aussi que 10% des fonds de l’aide au développement de la Confédération soient consacrés à la planification familiale VOLONTAIRE dans les pays bénéficiaires. L’accès à la planification familiale volontaire est considéré depuis 1968 comme faisant partie des droits de l’homme des Nations Unies. Chaque année, il y a dans les pays en développement env. 80 millions de grossesses non désirées à l’origine d’un tiers de la croissance de la population mondiale. La pression démographique (pas seulement migratoire), en Suisse ou ailleurs, fragilise le tissu social : logements trop chers, allongement des distances entre domicile et travail, engorgement des infrastructures, déséquilibres divers entre les humains et leur milieu naturel. Pourtant il faut noter qu’aucun parti, y compris à l’extrême droite, ne fait un lien entre démographie et dégradation de l’environnement. Démographie et écologie reste un sujet extrêmement tabou, même pour les écologistes institutionnels.

* LE MONDE du 21 novembre 2017, Ce qui a fait obstacle à la formation d’une coalition en Allemagne

Pourquoi les Verts allemands ne sont pas crédibles

Les Verts allemands, comme leurs homologues français, sont restés un repaire de pseudo-révolutionnaires qui recyclent les thèmes de l’ultra-gauche, le revenu pour tous sans travailler, la GPA (gestation pour autrui) pour tous et la PMA (procréation médicalement assisté) pour toutes, un féminisme outrancier et un amour immodéré des immigrés. Leur tâche principale qui devrait être de porter haut et fort l’urgence écologique disparaît alors complètement aux yeux de l’électeur. Des fondamentaux comme le réchauffement climatique, ils le laissent à Merkel et Macron qui n’en font pas grand-chose non plus.

Dans leurs négociations actuelles pour former un gouvernement, les Verts allemands exigent de renoncer au plafonnement à 200 000 par an du nombre de réfugiés susceptibles d’être accueillis en Allemagne, ainsi qu’à l’interdiction du regroupement familial pour ceux bénéficiant de la « protection subsidiaire ». Une loi de 2016 empêche en effet les réfugiés qui n’ont obtenu qu’un titre de séjour d’un an renouvelable de faire venir leur famille. Ils souhaitent cependant un allongement de la liste des « pays d’origine sûrs » et la multiplication des centres d’accueil pour demandeurs d’asile afin de mieux contrôler leur présence sur le territoire*. Sans vouloir remonter plus loin, on en est resté à l’époque des camps de Harkis en France, l’isolement par incapacité d’intégrer les nouveaux arrivants. Sans rentrer plus loin dans ce débat, notons que l’immigration est d’abord un problème écologique, lié à la capacité de charge des différents territoires. Vouloir un libre accès total dans un pays est un non-sens écologique, la libre circulation des personnes un mythe.

Nous rappelons aux Verts franco-allemands la campagne « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles ». L’association Ecologie et population (Ecopop) avait le 30 novembre 2014 soumis à référendum en Suisse une initiative voulant limiter la croissance annuelle de la population due à l’immigration à 0,2 % sur une moyenne de trois ans. Il pourrait donc immigrer  environ 16 000 personnes/an de plus que celle qui émigrent. Actuellement, chaque année 95 000 personnes quittent la Suisse. Par conséquent, il pourrait encore immigrer 110 000 personnes. Ecopop demandait aussi que 10% des fonds de l’aide au développement de la Confédération soient consacrés à la planification familiale VOLONTAIRE dans les pays bénéficiaires. L’accès à la planification familiale volontaire est considéré depuis 1968 comme faisant partie des droits de l’homme des Nations Unies. Chaque année, il y a dans les pays en développement env. 80 millions de grossesses non désirées à l’origine d’un tiers de la croissance de la population mondiale. La pression démographique (pas seulement migratoire), en Suisse ou ailleurs, fragilise le tissu social : logements trop chers, allongement des distances entre domicile et travail, engorgement des infrastructures, déséquilibres divers entre les humains et leur milieu naturel. Pourtant il faut noter qu’aucun parti, y compris à l’extrême droite, ne fait un lien entre démographie et dégradation de l’environnement. Démographie et écologie reste un sujet extrêmement tabou, même pour les écologistes institutionnels.

* LE MONDE du 21 novembre 2017, Ce qui a fait obstacle à la formation d’une coalition en Allemagne