2/5) Ségolène Royal, une transfuge de l’écologie

Ségolène Royal se présente aux primaires socialistes du 9 octobre prochain. Il y avait en Ségolène une réelle fibre écolo, elle a disparu. Dans sa  contribution thématique personnelle début 2003, elle écrivait pourtant de sa propre main à l’occasion d’un Congrès du PS :

–          Urgence à agir contre l’insécurité écologique : Chacun sait que la situation actuelle relève de l’état d’urgence, qu’il y a péril pour l’humanité, que chaque heure de perdue c’est une heure de plus pendant laquelle se déroule sous nos yeux un crime collectif contre la Terre, donc contre l’humanité. Personne ne pourra prétendre que l’on ne savait pas.

–          Ecologie et double langage : ça suffit ! : Que dire des belles âmes qui appellent à un programme de lutte contre l’effet de serre, et qui dans le même temps défendent le maintien d’une fiscalité subventionnant massivement le transport routier ? Au mieux il s’agit de lâcheté, au pire d’un cynisme électoraliste révoltant. Les pleurnicheries médiatisées, cela suffit. L’action contre l’insécurité écologique ne peut plus s’accommoder d’un double langage : l’écologie n’est pas négociable.

–          Morale de l’action, exiger l’efficacité : L’écart entre une posture déclamatoire radicale et une action inexistante n’est plus tolérable. La réalité de l’action, c’est que les comportements ne changent que s’ils y sont contraints. L’efficacité de l’action, c’est d’avoir le courage politique de l’imposer par la loi, par la fiscalité. Une politique effective de protection de l’environnement ne peut être que contraignante ou dissuasive. »

Sa fibre écolo devait beaucoup à son expérience ministérielle. En octobre 2006, une étude comparative des professions de foi des candidats à la primaire pour la présidentielle 2007 mettait Ségolène Royal aux avant-postes de l’écologie, bien loin devant Fabius et encore plus loin de Strauss-Kahn : « Ministre de l’environnement en 1992-1993, j’ai agi avec fermeté contre les lobbies (loi sur l’eau et sur les déchets), mené des négociations âpres, notamment au Sommet de la Terre de Rio, et  déjà soutenu les énergies renouvelables. Je retiendrai des perspectives exigeantes : Pour l’emploi, en choisissant résolument l’excellence environnementale, riche d’activité et de métiers nouveaux ; Pour l’excellence environnementale : je veux faire de la France un pays exemplaire en Europe et dans le monde dans la lutte contre le réchauffement de la planète, la gestion de l’eau, la priorité aux énergies renouvelables, le développement des transports propres, le traitement des déchets et la mise en place d’une véritable fiscalité écologique. »

Au Congrès de Reims (14 au 16 novembre 2008), Ségolène Royal estimait encore que pour « bien vivre dans l’après-pétrole », il nous fallait de toute urgence produire et consommer autrement pour garantir le développement soutenable de notre pays. Ségolène proposait de calculer autrement la croissance pour mieux évaluer les dommages ou les bénéfices de certaines activités et agir juste. Mais lors de sa confrontation avec Nicolas Sarkozy pour le second tour, Ségolène proposait aux électeurs le même objectif que la droite : intensifier la croissance des productions, des consommations et des déplacements sans s’interroger sur leur contenu. L’électoralisme de Ségolène, qui n’avait en fait qu’une envie « succéder à François Mitterrand », devient depuis lors évident. Barack Obama faisait répéter en boucle « Yes, we can », Ségolène se contente de « Fra-ter-ni-té ». Exit dorénavant l’écologie.

La suite est même de plus en plus anti-écolo. En 2009, Ségolène Royal a jeté médiatiquement le trouble sur la position du PS favorable à une contribution climat-énergie universelle, en d’autres termes une taxe carbone. Elle devient une militante pro-carbone. Son programme de lutte contre l’effet de serre se résume à un soutien à la voiture électrique ; Ségolène succombe au slogan publicitaire de la « voiture propre ». La sortie du nucléaire ne se fera pas tout de suite : « On peut sortir du nucléaire en 40 ans, c’est-à-dire fixer un objectif ferme pour que l’ensemble de la mutation énergétique et industrielle puisse se faire dans de bonnes conditions. » Après l’accident survenu à Fukushima, suite au séisme et au tsunami du 11 mars 2011, irritée par la résurgence de la polémique autour d’une technologie de toute évidence guère maîtrisable en cas d’emballement et potentiellement à très haut risque, Ségolène avait même reproché aux écologistes de ne pas respecter un « délai de décence ».

Depuis, l’écologie est aux abonnés absents chez Ségolène Royal, il ne faut pas parler des choses qui fâchent. Mais quand on est en perte de vitesse, autant ne pas renier ses fondamentaux… J’aurais bien aimé lui expliquer cela, mais Ségolène est devenue inaccessible, royale vraiment.

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2 réflexions sur “2/5) Ségolène Royal, une transfuge de l’écologie”

  1. Votre analyse est intéressante mais incomplète- Pour compléter sur le nucléaire, Ségolène Royal s’est engagée à arreter l’EPR de Flammanville et concernant 40 ans, c’est le laps de temps nécessaire au démantelement total: vous savez certainement qu’aujourd’hui nous n’avons pas les techniques pour démateler les centrales nucléaires et que compte tenu du nombre de centrales et de la pression des crises, il faudra 40 ans. Concernant le Pétrole, vous savez également que Ségolène Royal a pris des engagements concernant l’après pétrole et que aujourd’hui pour 2011/2012 compte tenu de la crise sociale, tout en favorisant les moyens de transports alternatifs à la voiture, il est urgent de maitriser les prix à la pompe. Comme vous vous en douter, les personnes les plus touchés par la crise sociale te le chomage auront du mal à être sensibilisé à l’effort ecologique qui a actuellement un cout (temps, argent, facilité/praticité). Soyons constructifs, et je coirs bien que suite aux réunions sur l’Après Pétrole, Ségolène Royal a pris des engagements fermes sur le développement du secteur vert et des emplois liés. jmr

  2. Votre analyse est intéressante mais incomplète- Pour compléter sur le nucléaire, Ségolène Royal s’est engagée à arreter l’EPR de Flammanville et concernant 40 ans, c’est le laps de temps nécessaire au démantelement total: vous savez certainement qu’aujourd’hui nous n’avons pas les techniques pour démateler les centrales nucléaires et que compte tenu du nombre de centrales et de la pression des crises, il faudra 40 ans. Concernant le Pétrole, vous savez également que Ségolène Royal a pris des engagements concernant l’après pétrole et que aujourd’hui pour 2011/2012 compte tenu de la crise sociale, tout en favorisant les moyens de transports alternatifs à la voiture, il est urgent de maitriser les prix à la pompe. Comme vous vous en douter, les personnes les plus touchés par la crise sociale te le chomage auront du mal à être sensibilisé à l’effort ecologique qui a actuellement un cout (temps, argent, facilité/praticité). Soyons constructifs, et je coirs bien que suite aux réunions sur l’Après Pétrole, Ségolène Royal a pris des engagements fermes sur le développement du secteur vert et des emplois liés. jmr

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