5G, technolâtres contre techno-réalistes

Les décodeurs du MONDE sont des dévots de la 5G : « Des voix de quelques scientifiques et de certains militants se font entendre. Comme la 4G avant elle et les ondes téléphoniques en général, la 5G comporterait des risques pour la santé. Sauf que ces accusations reposent sur des argumentaires bien fragiles, voire fallacieux, et illustrent le phénomène du cherry picking. » Pour compléter notre propre analyse sur L’obsolescence programmée par la 5G, voici quelques commentaires sur lemonde.fr qui montrent la virulence du débat entre les écologistes qui estiment que la société doit définir des limites à la techno-science (les techno-réalistes) et les dévots du progrès technique (les imbéciles) qui disent « amen » à toute nouveauté.

Untel : Merci au MONDE pour un vrai décodage. On n’avait pas l’habitude d’en rencontrer, sauf de nom. Les adversaires de la 5G vivront ce qu’avant eux ont vécu les adversaires de la 4G et avant eux encore les adversaires des chemins de fer.

Le Renard Masqué : Mais avant tout: avons nous besoin de la 5G? Au moins posons nous la question comme nos amis helvètes… Pour que Facebook aille plus vite sur nos telephone ? Youtube ? Des milliards de truc connectés pour faire de la pub ?

Zoee : Mauvaise question. La 5G est inévitable puisqu’ elle est internationale, la France est piégée.

The Ad : Il y a à peine 25 ans, on vivait très bien sans 1G. Et on n’avait pas perpétuellement le stress du maximum d’infos et de data au plus vite.

Chemin : Il fallait, s’en douter, après la 4G et les compteurs Linky et bien d’autres choses les casse-pieds sont encore à l’action. Quand, la presse va-t-elle arrêter de relayer ces âneries qui ne font peur qu’à ceux qui n’ont pas la chance de faire la part des choses?

XX : Je n’ai pas de compétence particulière concernant la 5 G mais ma confiance dans ces agences officielles qui sont plus au service des industriels que du public est assez limitée. Elles ont toujours 3 temps de retard sur les lanceurs d’alerte. La question par ailleurs n’est pas seulement sanitaire ou industrielle. Je ne veux pas de frigo, de lave-linge, de porte de garage connectés, autant de portes d’entrées à des intrusions dans ma vie privée, des piratages et à un asservissement croissant à des oligopoles sur lesquels nous n’avons aucun contrôle. Quant aux arguments du type tiers-monde, le jour où ces technologies seront dysfonctionnelles, c’est carrément à la préhistoire que nous retournerons si nous mettons tous nos œufs dans le même panier. Où est le débat démocratique sur ces questions ?

RLap : Les militants anti-rayonnement et quelques scientifiques militant s’opposent à tout ce qui est nouveau en mettant en avant le principe de précaution, merci Chirac. Quelques personnes, souvent âgées,sont contre toute connexion mais elles vont bientôt se retrouver bien démunis car le travail mais aussi les loisirs, les services , la consommation, etc. passeront par internet et tous les autres modes de e-connexion. Il n’y a aucun complot derrière cela, simplement un progrès extraordinaire avec quelques inconvénients qui seront éliminés lorsqu’ils apparaîtront et d’immenses avantages qui d’ailleurs ridiculisent ceux qui croient encore que la terre ne peut donner que ce qu’elle a ! Alors que l’homme et la femme! peuvent créer, produire, sans terre et s’adapter en fonction des réalités qu’ils rencontreront.

Réponse à RLap : Avec la 5G bienvenue au piratage en temps réel. La ville intelligente sans électricité et où brutalement plus rien ne fonctionne, on a eu un petit aperçu en Ukraine mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend. Et toujours les messages caricaturaux: entre « être contre toute connexion » et être un béat de la connexion tous azimuts sous la houlette des GAFA. Il y a une autre voie. J’aime beaucoup le « nul ne pourra s’y soustraire ». Pas besoin de critiquer la Chine. La surveillance et la notation généralisées se font là-bas de façon autoritaire sous le houlette du PC, et ici sous la houlette d’industriels avec une com plus élaborée et sous couvert de modernité obligatoire.

Giloup : Le Monde nous sert une information très orientée dans le sens « circulez y’a rien à voir »…  Comme si les experts à conflit d’intérêt qui peuplent les agences d’évaluation n’étaient pas militants de leurs financeurs. On pourra affirmer quelque chose de tangible quand des études sérieuses et indépendantes auront été réalisées ce qui n’est pas le cas. La meilleure façon de ne rien trouver est de ne pas chercher jusqu’à ce qu’une catastrophe sanitaire nous explose à la figure et dans ce cas les industriels se défilent et c’est la collectivité qui prend en charge les dégâts. 171 scientifiques, issus de 37 pays ont réclamé un moratoire sur le déploiement de la 5G, en attendant que les risques potentiels sur la santé humaine et l’environnement aient été pleinement étudiés par des scientifiques indépendants du secteur. Vu les enjeux cela paraît raisonnable. Dans l’immédiat il y a des hypothèques à lever. Ex Simon Green, « Hundreds of bees drop dead around ‘5G towers’ in California »Dailystar.co.uk, 2 août 2019

Pour en savoir plus sur la question technologique grâce à notre blog biosphere :

1er novembre 2019, Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

Références bibliographiques

1954, Jacques Ellul, démesure de la société technicienne

1956, Mumford, l’embrigadement technologique

1973, Ivan Illich et l’outil convivial

1988, Ellul et le bluff technologique

2008, Kaczynski contre la technologie cloisonnée

2014, Bihouix, Low tech contre High tech

2015, Mumford contre les techniques autoritaires

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7 réflexions sur “5G, technolâtres contre techno-réalistes”

  1. L’éditorialiste Stéphane Lauer célèbre dans LE MONDE la 5G, le TGV, les villes « intelligentes », le véhicule autonome et surtout le nucléaire. A son avis, « l’innovation et la technologie ne sont pas les ennemies de l’écologie. Sans elles, surmonter les défis de la préservation de la planète revient à proposer un projet de décroissance qui mènera à une impasse ». Lauer n’a aucune idée sur l’inéluctable décroissance imposée par des crises économique à répétition.
    La décroissance ne sera pas un choix. Nous y serons contraints, d’ici une, deux ou trois décennies, par le pic pétrolier et par la baisse de disponibilité de plusieurs ressources non renouvelables (métaux par exemple). Ce dont il est question n’est rien de moins que la division par au moins 4 de notre niveau de vie d’ici 30 ans). C’est ce qu’on peut appeler sobriété partagée, expression moins anxiogène que le mot obus « décroissance ».

  2. Didier BARTHES

    Tous les technophiles occultent la formidable fragilité vers laquelle nous entraînent toutes ces dépendances à des technologies sophistiquées. En cas de panne électrique (ou même d’internet) on ne pourrait même plus faire la moindre transaction, tout s’arrêterait. Déjà certains pharmaciens ne peuvent plus vendre de médicaments si leur liaison internet est hors service ! Nos sociétés sont des colosses aux pieds d’argile et certains ne voient comme solution que de les faire grandir encore.

    1. Ah ils auront belle mine tous nos technophiles et autres technolâtres le jour où il n’y a aura plus de jus ! Imaginons-les, incapables déjà de sortir de chez eux. Portes, fenêtres et volets verrouillés ! Et dans le noir. Avec même pas une bougie et une boite d’allumettes au fond d’un tiroir, les pauvres. Et là, avec le Smartphone HS, comment appeler au secours ? Mon dieu qu’elle fin atroce !
      Mais bien sûr, il n’y a que les techno-pessimistes pour imaginer ça. Et les techno-passéistes, bien sûr. 🙂

      1. Didier BARTHES

        Le plus terrible ce sera la fin de l’arrivée de l’eau au robinet (et aux toilettes !) En quelques heures ça peut donner le chaos et l’angoisse dans les mégapoles (et ailleurs).

        1. Eh oui, je suis certain que les technolâtres n’y ont pensé à ça. Tout est lié, plus d’électricité… donc les pompes HS. Donc plus d’eau au robinet. Et le pire aux toilettes ! Finir dans la merde, oh mon dieu quelle horreur ! 🙂

  3. Ce ne sont pas les sortes ou les espèces d’écologistes qui manquent.
    La 5G permet donc de distinguer et d’opposer 2 familles d’écolos : les techno-réalistes et les imbéciles.
    Les premiers croient aux limites et se posent des questions qui dépassent les imbéciles.
    Ce ne sont pas les imbéciles qui manquent, il n’y en a pas que chez les écolos, bien sûr.
    Ceux-là sont donc écolos, en tous cas ils s’en disent, quand ils ne sont pas occupés à dire «amen» à toute nouveauté. Chez eux «nouveau = mieux».
    Ceux-là trient leurs déchets grâce à l’Appli Kivabien qu’ils ont téléchargée sur leur Smartphone Dernier-Cri. La super Appli qui en 2 clics permet également de calculer l’empreinte carbone du gadget qu’on vient d’acheter et en même temps d’optimiser la consommation du SUV (hybride s’il vous plait !), les cycles menstruels de Madame (afin de ne pas en rajouter au désastre démographique) et j’en passe.

    1. Alors bien sûr, pour faire marcher toutes ces «formidables» innovations (à la con) et pour pouvoir en rajouter (toujours plus), il faut s’en donner les moyens. Avec la 5G peut-être pas, mais je suis sûr qu’avec la 6G le Smartphone Dernier-Cri Version 10 fera et en même temps le café. Café «équitable», ça va de soi ! 🙂

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