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Post-covid, le tourisme de masse à la peine

Rares sont les intellectuels qui pensent du mal du tourisme, Bernard Duterme, coordinateur du livre « La Domination touristique » est l’un d’entre eux :

« Fort d’un taux de croissance annuel moyen de 4 % à 5 % depuis plus de sept décennies et de 1 700 milliards de dollars de recettes en 2019, le tourisme devrait enregistrer en 2020 une chute abyssale. C’est pourtant un secteur central de l’économie globale, 10 % du produit mondial brut et de l’emploi, premier poste du commerce international. Qui pouvait croire l’espace d’un instant que les choses allaient changer ? Qui a pu penser sérieusement que la sortie de l’abstinence touristique post-pandémie allait jeter les bases d’un grand marché du dépaysement « juste et durable » ? L’homo turisticus, assigné à résidence depuis le mois de mars, peut enfin replonger dans les délices de la mobilité de plaisance. En cela, il demeure un « privilégié » – 7 % seulement de l’humanité ont accès au tourisme international –, mais il n’en a cure. On aurait aimé que l’OMT (organisation mondiale du tourisme) saisisse l’occasion pour donner corps à ses propres intentions de « transformer le tourisme mondial et la manière dont il est pratiqué pour le rendre socialement, économiquement et écologiquement durable ». Hélas le business as usual ne souffre aucune inflexion régulatrice. L’OMT le répète aujourd’hui à l’envie : pour récupérer aussi vite que possible son rôle de « moteur de croissance », de « vecteur de développement », de « pourvoyeur d’emplois » et de « trait d’union entre les peuples », le tourisme a besoin du « soutien des gouvernements », mais certainement pas de nouvelles « entraves » qui porteraient « atteinte à sa compétitivité ». Tant pis si sa généralisation, dans ses formes actuelles, est écologiquement impossible… »*

Bernard Duterme nous donne ainsi le point de vue des écologistes. Tapez « tourisme » sur le moteur de recherche de notre blog biosphere, et vous saurez tout le mal qu’on doit penser de cette activité dévoyée du voyageur. Les commentateurs sur lemonde.fr confirment :

Bv34 : Malheureusement, tout ça n’est que trop vrai. J’ajouterais une dernière tare à ce tourisme de masse. Le remplacement de la culture par le divertissement. Les espaces touristiques sont de plus en plus sommés d’être des parcs d’attractions (et de consommation, of course).

Frog : Et il y a beaucoup de gens âgés parmi ceux qui ont recours au tourisme le plus polluant. J’ai pour ma part quelques petits motifs d’espoirs, car même avec tout l’argent du monde (que les Etats n’ont pas), le secteur le plus international devrait tout de même être sinistré pour longtemps après la pandémie.

Michel SOURROUILLE : Le touriste qui se hâte de rentrer chez lui est toujours resté étranger à ses lieux de séjour successifs et aux populations rencontrées : il se contente de remplir un album de souvenirs personnels après avoir parasité une vie sociale ou un lieu de rêve. Pour économiser la Biosphère et épargner ses communautés,  vous devez au  contraire rester des voyageurs immobiles, il y a suffisamment de moyens de communication pour faire le tour du monde dans son fauteuil, il y a suffisamment de richesses relationnelles et naturelles près de chez vous pour ne pas avoir besoin d’autre chose. Touristes de tous les pays, unissez-vous, restez chez vous.

* LE MONDE du juillet 2020: Tourisme : Le redémarrage dans “le monde d’après” s’opère selon la même logique que celle qui prévalait dans “le monde d’avant”

Le Canard enchaîné, tout contre le tourisme

Quelques titres pour vous donner l’eau à la bouche :

Le surtourisme (le voyage en solitaire ou à deux dans des contrées lointaines et peu fréquentées appartient à une époque révolue)

Trafic aérien, ça décolle à plein tube (On peut parler de réduire notre empreinte carbone, le transport aérien carbure)

La tonsure du patrimoine (le tourisme esquinte sérieusement les trésors historiques)

Protection reprochée (pour résister aux flots de touristes, certains sites ont fait le choix d’interdire leur accès)

A la recherche de l’aventure perdue (Les bonnes adresses, quand elles sont connues, n’en sont évidemment plus)

Croisières, tout le monde sur le pont (rien n’est plus polluant qu’un paquebot)

Coup de chaud sur le grand froid (les croisières au pôle infligent des dommages à l’environnement)

Tourisme humanitaire à terre (rendre service à l’étranger coûte cher)

Menu touristique (les attractions liées au vin et à la gastronomie se multiplient jusqu’à l’indigestion)

Au cul du monde (beaucoup de voyagistes annoncent le couleur, sexuelle)

Magical Bistouri Tour ( la Tunisie devenue le Paradis de la chirurgie esthétique)

Game of trop (Les Vikings envahis par les touristes, c’est la rançon du succès de l’Islande)

La lutte des places (entre Airnb et les municipalités, c’est : pas de quartier!)

Voyages de jeûne (moins on mange, plus c’est cher)

Chamanique amer (le tourisme néo-chamanique, à consommer avec modération)

War du pays (les zones à risque sont en plein boum !)

Les règles de l’exception (les super-riches ne carburent pas à l’ordinaire, il leur faut de l’étonnant)

Le vrai tourisme étoilé (le marché de l’exorbitant voyage dans l’espace)

Les dessins sont délicieux, comme d’habitude, exemples :

Le papa à ses enfants : « Il faut une alternative à l’avion, nous allons en vacances en rampant cette année. C’est long, mais tu profites du paysage.

Un couple arrive au guichet de l’aéroport : «  Ben, on vient faire du tourisme, quoi… » Le préposé : «  Terrourismo !! En Barcelona, la pronunciacion es Terrourismo »

Une touriste en Amazonie apostrophe les autochtones devant leurs huttes: «  C’est quoi, ici, le code Wifi ? »)

source : Canard enchaîné, numéro spécial, juillet 2019 : 1,4 milliard de touristes : Et moi, et moi, et moi…

Faire « tourisme et découvertes » sans prendre l’avion

No Fly Climate Sci, Hypocrites in the Air ou Labos1.5 en France, des collectifs de chercheurs visent à limiter les déplacements aériens académiques*. Il en est des savants comme des touristes aux antipodes et tant de commerciaux, l’avion est à la mode. Tout ce beau monde devrait savoir que les climatologues remettent en question cette addiction au kérosène. Le pire, c’est quand des climatologues prennent eux-mêmes l’avion. L’Anglais Kevin Anderson, ancien directeur du Tyndall Centre**, sort du lot par sa réticence à prendre l’avion quel qu’en soit le motif. Son public lors d’une récente conférence en Chine fut stupéfait d’apprendre qu’il était venu (et repartirait) en train. Il est persuadé que cette information a renforcé la légitimé de ce qu’il avance. Anderson juge « extrêmement perturbant » le fait que les personnes qui façonnent les lois contre le changement climatique prennent autant l’avion. D’après Anderson, les experts semblent penser que la sagesse qu’ils répandent sur la Terre depuis leur siège en première classe à 10 000 mètres d’altitude est si importante qu’elle pèse plus lourd dans la balance que leurs propres émissions de gaz à effet de serre. Ils ne comprennent pas que le problème est causé par des gens comme eux. (extrait du livre de George Marshall, « Le syndrome de l’autruche »)**.
Mais ce journaliste avoue aussi ses manques : « Moi aussi je prends souvent l’avion. J’essaie de voyager le moins possible et de justifier chacun de ces vols. Mais comme le révèle le verbe justifier, je suis aussi enclin à bâtir une histoire susceptible de résoudre le conflit intérieur qui sourd en moi chaque fois que je prends place dans un avion. Les justifications de nos voyages personnels sont aussi semblables à celles que les toxicomanes inventent au sujet de leur dépendance : j’en ai besoin, je ne fais de mal à personne, tous les autres le font, je peux m’arrêter à tout moment, d’autres font bien pire. Mais les experts du changement climatique ne sont pas des êtres humains comme les autres en ce qui concerne un aspect essentiel : ils sont les principaux communicants sur cette question, et leurs actions seront toujours passées à la loupe comme preuve de leur fiabilité. » Le raisonnement est parfait, puisse tous ces toxicomanes de l’avion en prendre conscience et culpabiliser chaque fois qu’ils s’élèvent dans les airs. Voici comme complément d’analyse les réactions sur le monde.fr à l’article* sur les scientifiques qui s’envoient en l’air :
Alp25 : Ce grand chercheur à l’EHESS (ndlr : Jean-Baptiste Fressoz, auteur de l’article) ne doit certainement pas être chercheur en statistiques, car pour UN voyage de chercheur français en avion, combien y a-t-il de voyages vers la France pour des touristes chinois, américains, russes, etc…
relations publiques : Très grand nombre de « colloques » et « séminaires » qui pourraient être remplacés par des échanges par Skype ou par des mails. Mais cela donne le sentiment d’être très occupé et important.
Marik : Et de faire un peu de tourisme, visite, dégustations, rencontres…. Pour être savant, on n’en est pas moins humain !
HADI RIZK : Rabelais, Montaigne, Descartes, Montesquieu, et bien d’autres, mettaient en relation le voyage et la vie de l’esprit. Il serait regrettable qu’à force de parler de la planète, on en vienne à oublier que c’est le monde qui est l’horizon de l’existence humaine, celle-ci ne pouvant être enfermée dans le local parce qu’elle se nourrit de cosmopolitisme. Et la grandeur de l’esprit est de n’être point enraciné comme une plante, ni confiné à un territoire, comme l’animal.
Michel SOURROUILLE : Hadi Rizk, la grosse différence entre les « tours d’Europe » de Montaigne ou Montesquieu, c’est qu’ils se passaient à l’époque à pied ou à cheval, très faibles émissions de gaz à effet de serre… complètement recyclées. Ce n’est pas le cas des voyages en avion aujourd’hui, avec impact climatique… Et Malthus en 1803 a fait le tour du monde plusieurs fois uniquement en lisant les récits des quelques explorateurs de l’époque !
Jean-Baptiste Fressoz : Buffon, le plus grand naturaliste de son temps, qui décrit tous les animaux du monde, reste claquemuré dans le Muséum d’histoire naturelle. Bien sûr, si ces savants peuvent rester aussi statiques, c’est parce qu’autour d’eux, tout bouge. De la Compagnie des Indes orientales aux missionnaires jésuites, ce sont ces grands réseaux de la première mondialisation, transportant les marchandises, les spécimens et les informations, qui révolutionnent la botanique, la zoologie, la géographie, l’hydrographie, la météorologie et jusqu’à la physique mathématique ; qui rendent, en somme, possible l’avènement de la science moderne.
* LE MONDE du 4 avril 2019, « Faut-il prendre l’avion pour être savant ? »
** Tyndall Centre, laboratoire britannique en pointe sur les questions de climat
** http://biosphere.blog.lemonde.fr/2018/01/01/biosphere-info-le-syndrome-de-lautruche/
George Marshall, « Le syndrome de l’autruche (Pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique) » aux éditions Actes sud/colibris (2017), traduit de Don’t Even Think About It (2014)

Surtourisme : 1,3 milliard de déplacements inutiles

Notre société va s’effondrer sous son propre poids. On parle trop des migrants en Méditerranée alors que c’est un problème secondaire pour l’Europe, bordée de mers et de pays tampons. Par contre trop peu de monde s’interrogent sur le flux de migrants venant en Europe (ou dans d’autres pays), une vraie plaie. Un éditorial du MONDE* le constate : « 90 millions de visites en France, 1,3 milliard de touristes sur cette petite planète dont la moitié à destination de l’Europe… Comme la plupart des destinations les plus courues, la France est désormais confrontée à un phénomène que les professionnels désignent sous le néologisme de « surtourisme »… Des foules de voyageurs se concentrent sur un nombre limité de destinations, au point de saturer les infrastructures de transport et d’accueil et de créer d’importants déséquilibres au niveau local… Un peu partout, les autochtones expriment leur ras-le-bol face à cette invasion incontrôlée… »

Sur ce blog biosphere, cela fait longtemps que nous critiquons le tourisme, une vraie imbécillité écologique, un tourisme qui tue le tourisme, la nécessité de se déplacer moins vite, moins loin, moins souvent, etc. Nous sommes satisfaits de lire que de plus en plus de personnes sur lemonde.fr partagent notre point de vue d’écologiste :

andy : Le tourisme intérieur a saccagé notre pays. Où j’habite, c’était dans les années 50 et auparavant une communauté rurale vivante durant les quatre saisons. Depuis 1960 c’est devenu une station de villégiature envahie de touristes l’été, et morte l’hiver. Le pays ne travaille moins de six mois par an.. Et les locaux détestent ces envahisseurs qui cependant les font vivre. C’est le tourisme façon Exposition coloniale.

Greenpower : Il n’y a pas que Paris et Saint Tropez. Il y a beaucoup de monde partout en France. Cet été à Gerardmer dans les Vosges, embouteillages en centre ville, sites naturels saturés, lacs bondés, sentiers de randonnée congestionnés. Les poubelles débordaient de partout. Quelle est la place du Grand Tétras, du lynx ou du faucon pèlerin dans tout cas ? Les animaux n’ont plus d’espace vital. Entre le canyoning, le delta plane, les raquettes ou le quad, les activités humaines sont partout.

MAX VELLUT : Cet éditorial est frustrant, car il s’en tient au constat que le tourisme est un bien mais aussi un mal, source de revenus et source de pollutions de toutes sortes, mais il se garde bien de s’aventurer plus loin. Poser des questions sociologiques comme : le tourisme est il une activité humaine incontournable ? qu’elle est sa finalité ? comment s’en débarrasser s’il ne sert à rien ? pourquoi pas un tourisme virtuel ? comment sanctionner la capacité à voyager intelligemment ? etc

Gédé : Toujours plus, toujours plus nombreux pour faire rentrer toujours plus de sous dans les caisses… et la planète ?

Pierre Wolf : Comment cet édito peut-il omettre la question climatique (avion, GES)? Quelle planète habite son auteur ?

SARAH PY : Le touriste, que c’est triste, déambulant, de plus en plus souvent vieux et gros, cachant mal son ennui d’être là, à admirer tout et n’importe quoi et l’envie que l’on pressent de retrouver enfin son chez lui. Son chez lui et sa mélancolie, le touriste est la caricature de ce temps, manipulé à imaginer que peut exister un ailleurs dans le bruit et la foule, à ne faire que passer et photographier. Le tourisme, c’est la soumission à ce temps de pacotille.

Oim : Tourisme organisé… La masse ne veut pas découvrir le monde mais plutôt pouvoir dire « j’y suis allé » (pardon: « j’ai fait tel pays/ville ») parce que c’est socialement valorisant. Le touriste ne veut pas vivre comme les autochtones, mais veut consommer, consommer, et consommer (et poster sur instagram, surtout).

Marius : La planète ressemble de plus en plus au champ de betterave décrit par Levi-Strauss, les lieux se ressemblant tous sous l ‘effet des coups de boutoirs des grandes enseignes qui imposent partout les mêmes décors et les mêmes produits mondialisés. Idem de la culture. Par défaut de dépaysement, voyager perdra son sens.

masse critique : Le tourisme de masse est le droit donné à tous d’accéder à un bien qui n’existe plus !

* LE MONDE du 5 octobre 2018, La France championne du monde du tourisme, au bord de l’overdose

L’imbécillité écologique du tourisme mondial

L’empreinte carbone du tourisme mondial est considérable. Cette activité est responsable d’environ 8 % du total des émissions de gaz à effet de serre de l’humanité. A titre de comparaison, le transport maritime représente 3 % des émissions mondiales de CO2. Le transport aérien est en première ligne. Certes, en octobre 2016, les cent quatre-vingt-douze pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale se sont engagés à plafonner les émissions de cette activité – non couverte par l’accord de Paris sur le climat – à leur niveau de 2020, jusqu’en 2035*. Mais engagement volontaire ne veut pas dire application concrète. Voici quelques commentaires sur lemonde.fr :

sirio : restez chez vous !

@Rico : Faut oublier les Seychelles: maintenant ce sera la Bretagne ou le Berry …

MICHEL SOURROUILLE : N’oublions pas que le kérosène est détaxé, les négociations internationales sur la question sont restées sans suite. Les décideurs manquent de courage, une taxation du kérosène rendraient les voyages avec les plus lourds que l’air plus coûteux, les touristes moins gourmands en distance et les pilotes d’avion beaucoup plus modérés dans leurs revendications…

Raymond : En France, ce sont surtout les retraités qui vont faire du tourisme plus ou moins lointain plusieurs fois dans l’année. La solution: augmenter encore la CSG.

F Cortox : Mélanger tourisme et déplacements professionnels, ce n’est quand même pas très sérieux : quelle est la part de chacun ?

Blabla @ cortox : Effectivement, les déplacements professionnels sont encore plus nuisible car inutiles dans une grande partie des cas.

Obéron : Oui, il va falloir que nous apprenions à voyager autrement, à privilégier chaque fois que possible les transports collectifs terrestres ou maritimes, à utiliser davantage la visio pour nos échanges professionnels, à voyager moins souvent mais pour de plus longues périodes.

CYNIQUE DU BON SENS ET RAISON : Il y en a que ça fait « bander » de transporter des dizaines de milliers de crétins à l’autre bout de la planète pour leur soutirer quelque fric…

Ledzep : Je suis extrêmement sensible à la cause écologique mais il m’apparaît de plus en plus compliqué d’y voir le moindre espoir de sortie par le haut. La véritable cause de notre perte n’est ni le tourisme, ni la gestion des déchets ni même les énergies fossiles. Ce qui va nous tuer à plus ou moins long terme, c’est nous même, l’humanité, la surpopulation. Le seul geste que l’on puisse faire serait-il de ne pas se reproduire

Franzrycou : Ti voyages, ti bouffes, ti b…, ti crèves, comme aurait dit Pierre Péchin. Ti voyages pas, ti bouffes pas, ti b… pas, ti crèves quand même. Alors…

Laurent Jacques @ Franzrycou : Il y a une différence entre crever en faisant l’amour ou crever seul avec sa bouteille d’oxygène dans un monde sans beauté.

Sur notre blog, lire la synthèse Compagnies aériennes, un jour le kérosène les tuera

* LE MONDE du 8 mai 2018, Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire

L’imbécillité écologique du tourisme mondial

L’empreinte carbone du tourisme mondial est considérable. Cette activité est responsable d’environ 8 % du total des émissions de gaz à effet de serre de l’humanité. A titre de comparaison, le transport maritime représente 3 % des émissions mondiales de CO2. Le transport aérien est en première ligne. Certes, en octobre 2016, les cent quatre-vingt-douze pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale se sont engagés à plafonner les émissions de cette activité – non couverte par l’accord de Paris sur le climat – à leur niveau de 2020, jusqu’en 2035*. Mais engagement volontaire ne veut pas dire application concrète. Voici quelques commentaires sur lemonde.fr :

sirio : restez chez vous !

@Rico : Faut oublier les Seychelles: maintenant ce sera la Bretagne ou le Berry …

MICHEL SOURROUILLE : N’oublions pas que le kérosène est détaxé, les négociations internationales sur la question sont restées sans suite. Les décideurs manquent de courage, une taxation du kérosène rendraient les voyages avec les plus lourds que l’air plus coûteux, les touristes moins gourmands en distance et les pilotes d’avion beaucoup plus modérés dans leurs revendications…

Raymond : En France, ce sont surtout les retraités qui vont faire du tourisme plus ou moins lointain plusieurs fois dans l’année. La solution: augmenter encore la CSG.

F Cortox : Mélanger tourisme et déplacements professionnels, ce n’est quand même pas très sérieux : quelle est la part de chacun ?

Blabla @ cortox : Effectivement, les déplacements professionnels sont encore plus nuisible car inutiles dans une grande partie des cas.

Obéron : Oui, il va falloir que nous apprenions à voyager autrement, à privilégier chaque fois que possible les transports collectifs terrestres ou maritimes, à utiliser davantage la visio pour nos échanges professionnels, à voyager moins souvent mais pour de plus longues périodes.

CYNIQUE DU BON SENS ET RAISON : Il y en a que ça fait « bander » de transporter des dizaines de milliers de crétins à l’autre bout de la planète pour leur soutirer quelque fric…

Ledzep : Je suis extrêmement sensible à la cause écologique mais il m’apparaît de plus en plus compliqué d’y voir le moindre espoir de sortie par le haut. La véritable cause de notre perte n’est ni le tourisme, ni la gestion des déchets ni même les énergies fossiles. Ce qui va nous tuer à plus ou moins long terme, c’est nous même, l’humanité, la surpopulation. Le seul geste que l’on puisse faire serait-il de ne pas se reproduire

Franzrycou : Ti voyages, ti bouffes, ti b…, ti crèves, comme aurait dit Pierre Péchin. Ti voyages pas, ti bouffes pas, ti b… pas, ti crèves quand même. Alors…

Laurent Jacques @ Franzrycou : Il y a une différence entre crever en faisant l’amour ou crever seul avec sa bouteille d’oxygène dans un monde sans beauté.

Sur notre blog, lire la synthèse Compagnies aériennes, un jour le kérosène les tuera

* LE MONDE du 8 mai 2018, Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire

Le summum du tourisme débile… en 21 jours

Normalement un article du MONDE* retrace le positif ou le négatif d’un événement quelconque. Mais quand on offre à un journaliste un tour du monde en avion, on a droit à un éloge exclusivement dithyrambique d’une excursion touristique : « Les lions sont bien là, mais aussi les gazelles, les hippopotames et les zèbres, les grues royales et une immense colonie de flamants roses. Les animaux offrent leurs déambulations aux photographes amateurs. L’après-midi, quand un éléphant solitaire passe à deux mètres de la voiture, ses défenses immaculées et son allure souveraine imposent le silence. Un safari en Tanzanie ? Pas seulement. Cette journée africaine n’est qu’une des neuf escales d’un voyage autour du monde. De quel tour s’agit-il exactement ? De Phileas Fogg au skippeur François Gabart, le tour du monde est une passion française. Ici, c’est un voyage « cartes postales », Grand Canyon et Las Vegas, puis les plages paradisiaques d’Hawaï, des Fidji et de Melbourne, Angkor au Cambodge, puis Colombo, la Tanzanie, Addis Abeba et enfin Jérusalem avant le retour à Paris. Les chiffres donnent le vertige : 21 jours, 46 555 kilomètres parcourus, 66 heures de vol, soit plus de deux jours et demi dans les airs. Tarif de base de la version « première classe », 48 900 euros. Deuxième catégorie, 30 900 euros pour des hôtels 4 étoiles. Ont-ils vécu leur rêve, ces passagers du tour du monde qui reçoivent le dernier jour un passeport d’opérette qui résume leur périple ? « Cent fois oui », disent-ils en cœur. » Un écologiste n’a qu’une envie, dégueuler à la lecture d’un tel exploit. Les commentateurs sur le monde.fr confirment (presque tous) :

Philippe : Pour être un peu moins nul, cet article devrait indiquer le nombre de tonnes de CO2 pour ce voyage bien tristounet.

Eric Richard : Notre maison brûle et nous regardons ailleurs… La raison prendra-t-elle enfin le dessus !!!

Taraxacum : C’est vraiment de l’argent gâché, et ils ne méritent pas leurs cartes postales. C’est la négation du voyage. Aucun contact avec la population, c’est méprisant pour les habitants et leur mode de vie.

BJ : Quel triste gâchis. Quel intérêt y-a-t-il à dépenser autant dans un séjour qui ne procure rien de plus, à part un jetlag monumental, que la sensation vaine et superficielle d’avoir visité une carte postale, d’avoir « fait » un pays? Quel rapport y-a-t-il avec une authentique aventure qui vous plonge dans une autre culture, qui vous dépayse vraiment et vous fait véritablement changer de regard? Ce tour du monde ridicule n’offre que ce l’argent peut offrir.

G.A. : Cela montre à quel point on s’emm… quand on a des ronds à ne plus savoir qu’en faire. L’inanité du vide. Petit ghetto volant.

ROGER WENDLING : le réchauffement climatique n’est pas vraiment leur tasse de thé, pour eux l’extase, pour nous les exilés climatiques !

Pinpon : Cette « consommation » est au voyage ce que la prostitution est à l’amour.

tokolosh : Bon, ce type de voyage n’est certainement pas ma tasse de thé, mais, ouh la la, quel déferlement de haine, de bile et d’auto-satisfaction de la part des prêchi-prêcha du « bon » tourisme. Du moment que vous prenez l’avion, c’est mauvais pour la planète ; les AirBnB, ça fout en l’air le marché de l’immobilier et l’industrie hôtelière ; les autochtones ne sont pas dans un zoo pour que des touristes puissent leur parler…

* LE MONDE du 24-25-26 décembre 2017, Le tour du monde en… 21 jours

Barcelone ou ailleurs, trop de tourisme tue le tourisme

Pour les activistes d’Arran à Barcelone, le temps est venu de passer à « l’autodéfense » contre le tourisme de masse qui « détruit le territoire et condamne les travailleurs à la misère ». Jeudi 27 juillet, quatre de ses membres encapuchonnés ont attaqué un bus touristique… (LE MONDE du 4 août 2017, A Barcelone, un groupe anarchiste prend le tourisme de masse pour cible). Quelques réactions sur lemonde.fr :

Brad : Ces jeunes sont nés dans une des plus belles villes du monde et l’ont vue s’aseptiser tandis que les prix doublaient voire triplaient sous l’effet du tourisme. Comme la plupart des révoltés politisés modernes, ils font partie de la classe moyenne, celle qui n’a pas énormément d’argent mais lit des livres. J’ai vécu dans cette ville. Le tourisme lui fait tant de mal… je comprends leur haine.

JosieLaRelou : “Le tourisme est le moyen qui consiste à amener des gens qui seraient mieux chez eux dans des endroits qui seraient mieux sans eux.”

JEAN PIERRE MENARD :Viva la quinta Brigada! Cette réac aussi exagéré qu’elle soit est une saine réaction. Il est temps que tous les citoyens et les responsables à tous les niveaux des pays prennent conscience, dans le domaine du tourisme comme ailleurs des dégâts collatéraux de ce capitalisme ivre qui mène notre civilisation a la décadence et à la mort de la planète. Venise menacée par les bateaux géants et j ‘en passe…..Enfin un sursaut de bonne raison!!!!

CLAUDE STENGER : Mais, sur le fond, si ces mouvements antitouristes (qu’on peut tout à fait comprendre, quand on sait qu’une minorité seule en profite au détriment de la population lambda) se voulaient aussi directs (cf. Action Directe) qu’ils le prétendent, ils attendraient les touristes envahisseurs (sinon barbares) à la sortie de leur bus avec des panneaux du genre « touristes go home !’

Philippe L :Ces gauchistes veulent « animer un mouvement révolutionnaire des pays catalans », au moins jusqu’au référendum d’autodétermination que la Catalogne va organiser le 1er octobre » en s’opposant à la venue de touristes. Attitude suicidaire car l’Espagne comme d’autres pays méditerranéens (Grèce, Italie, Portugal,…) ont une économie très largement basée sur le tourisme.

Nawak : Quand on parle d’indépendantiste, il faut en fait comprendre nationaliste. Ceux qui souhaite l’indépendance de la Catalogne ne sont que des nationalistes qui pensent qu’ils vivraient mieux sans les espagnols… Quand au tourisme de masse, il produit effectivement des nuisances, c’est indéniable. J’espère au moins que ces nationalistes violents n’ont jamais osé visiter un autre lieu que celui où ils ont eu la chance de naître…sinon où serait la logique de leur mouvement?

BERNARD BONNIN : Des gens non-violents et jacobins ont soutenu en Corse les plasticages des maisons qui bétonnaient la côte, construites sans permis de construire, condamnées en justice à une destruction jamais réalisée. Maintenant que le tourisme de masse arrive en Corse, avec une sécheresse jamais vue, et des ressources en eau précaires, on se retrouve avec des cultures en péril à cause des restrictions d’eau, alors que les touristes prennent des douches à gogo.

Robertpointu : Trop c’est trop. Trop de tourisme tue le tourisme.

Le tourisme spatial en deuil, juste retour des choses

« Richard Branson est le champion autoproclamé du tourisme spatial… Plusieurs ingénieurs de Virgin Galactic avaient quitté la société de Branson ces dernières années en raison de leurs inquiétudes sur la sécurité… C’est l’approche Fly-Fix-Fly [vole, répare, vole], par essais et erreurs… L’accident du vaisseau suborbital SpaceShipTwo au-dessus du désert de Mojave sonne-t-il le glas du tourisme spatial ? Nul doute que la mort d’un pilote ne donne à penser à une partie des 700 candidats qui se sont acquittés d’un ticket à 250 000 dollars (200 000 euros) pour la frontière de l’espace… L’histoire spatiale est parsemée de projets prometteurs qui n’ont jamais abouti… ». L’article du MONDE* ne traite pas la monstruosité environnementale de ce caprice de stars.

D’un point de vue écologique, le tourisme spatial est en effet une aberration de l’esprit humain. Pourquoi tant de recherche, tant de prise de risque, tant de ressources naturelles dilapidées pour envoyer en l’air un huluberlu ? Ce sont les riches qui propagent un style de vie destructeur pour la planète : palais, yachts, avions privés, saut spatial, etc. Richard Branson n’a donc rien compris. S’il mettait son argent au sujet d’une vraie cause… Sur ce blog, nous dénonçons depuis longtemps le tourisme spatial:

30 juillet 2008, le temps d’aller lentement :

« Dans la page Environnement & Sciences, LeMonde du 30.07.2008 nous présente le WhiteKnightTwo à deux fuselages qui est censé amener la future navette spatiale de Richard Branson pour touristes fortunés : 200 000 dollars pour un quart d’heure en apesanteur à 120 km au-dessus de la Terre. Il paraît que 200 personnes se sont déjà inscrites pour un vol suborbital. Je peux ajouter que même l’astrophysicien Stephen Hawking, 65 ans et cloué dans un fauteuil roulant,  était candidat. Pour la NASA cependant, l’espace n’est pas fait pour les touristes. Pour la Biosphère, qui conteste déjà le tourisme en véhicule personnel et à plus forte raison en avion (effet de serre oblige), l’utilisation de la fusée paraît démesuré, même et surtout s’il ne s’agit que de quelques « privilégiés »  !

 Le problème essentiel, c’est qu’une telle information, simple publicité pour le milliardaire Branson, se retrouve dans la page Environnement & Sciences de mon quotidien préféré. C’est mal. Et c’est un signe de l’ambiguïté de notre époque, bercée par les miracles d’une technoscience qui fait rêver certaines personnes et qui assidûment détériore notre environnement.Il faut prendre le temps d’aller lentement, 120 km à pied sur des chemins de randonnée devrait apporter infiniment plus de plaisir qu’un saut spatial quasi instantané. »

* LE MONDE Science&médecine du 6 novembre 2014, Le tourisme spatial cloué à Terre

 

tourisme et goût du risque

On recherche en Égypte l’escapade sous escorte militaire qui s’écarte un peu du rail à touristes ; les voyageurs désœuvrés cherchent les destinations à risques. Fêtes de Pâques en Irak ou traversée du désert en Mauritanie, ils veulent filtrer avec l’enlèvement ou l’assassinat. On postule que le touriste aide une région à se développer, on veut surtout se faire plaisir et émettre du carbone. Mais les risques vont se multiplier au cours du XXIe siècle. Philippe Chalmain prédit une population de 10 milliards d’humains d’ici à 2070, dont les deux tiers vivront dans d’immenses (bidon)villes, comment survivre ? L’enlèvement pour obtenir une rançon, payé ou non par le quai d’Orsay, deviendra une généralité. Et comme il sera de plus en plus difficile de nourrir convenablement les foules dans un contexte de rareté des sols et des eaux, le voyageur ne sera plus le bienvenu. La tribu des Dongria Kondh semble aujourd’hui plus proche de l’extinction que du happy end du film Avatar, la richissime Vedanta Resources expropriant ses terres pour s’emparer d’un gisement de bauxite. Les survivants rejoindront les indiens Navajo qui se contentent pour l’instant de dénoncer en musique la colonisation et le génocide de leur peuple par le gouvernement des États-Unis et la cupidité généralisée.

Les militants de la Terre-mère ne seront pas tous non violents au XXIe siècle. Quand il n’y aura plus rien à piller et que la pauvreté aura été transformé en misère, la foule des exclus pourchassera ceux qui se risqueront encore dans leurs contrées lointaines. Les pays riches font déjà aujourd’hui la chasse aux immigrés, on ne voit pas pourquoi demain les habitants des régions déstabilisées par l’occidentalisation ne feraient pas la chasse aux touristes. Ils reprocheront aux ressortissants du Nord le pillage irrémédiable de leurs ressources, la destruction de leurs particularismes par le voyeurisme touristique et l’étalage ostentatoire des inégalités.

Cela n’empêchera sans doute pas les occidentaux de risquer encore leur vie à l’étranger, les jeunes du début de ce siècle jouaient déjà avec délectation au « Jetueunami.com » ; risquer la mort en vrai donnera du piment au voyage… Ainsi va la Biosphère en folie !

NB : toutes les informations de ce post sont issues du Monde du 11 février)

tourisme lent

Les vacances pour tous, le tourisme au long cours, tout cela s’éloigne définitivement de nos projets d’avenir. La crise financière a entraîné un changement de perception des ménages, le prochain blocage énergétique fera le reste. Bien sûr ceux qui partent déjà  en voyage à l’étranger ne pensent pas encore aux limites de la planète : 65 % des touristes qui ont été client d’une agence de voyage en 2008 veulent encore s’évader à l’étranger (sondage TNS Sofres). Mais plus d’un Français sur deux interrogés par Ipsos (Le Monde du 1er avril) déclare qu’il ne partira pas en vacances cet été. Pour ceux qui partiront, l’heure sera aux économies, basées sur des déplacements en France qui se recentrent sur le noyau familial, très loin donc d’un tourisme transfrontières.

Nous allons rapidement vers un tourisme lent, de proximité, qui rejettera l’avion et les fantasmes de vacances paradisiaques. Tout le système publicitaire nous  dit encore le contraire et cultive la psychologie du « plus vite, plus loin, plus souvent et toujours moins cher ».

Mais nos concitoyens sont inquiets de l’état de la planète et savent déjà qu’il faudra aller moins vite, moins loin, moins souvent (et que ça coûtera beaucoup plus cher).

tourisme vert ?

LeMonde du 3 janvier consacre une pleine page au Costa Rica. On nous incite à plonger dans le royaume de la biodiversité. Ce merveilleux pays de 4,5 millions d’habitants attire déjà avec ses forêts vierges et sa faune exceptionnelle près de 2 millions de touristes. L’or vert l’emporte sur l’or noir, la Nature devient un argument de vente. Le Costa Rica, pays d’objecteurs de conscience puisque l’armée a été supprimée dès 1948, mise sur le tourisme écologique. Mais il n’a pas atteint encore le niveau de conscience des objecteurs de croissance. Car il ne peut pas y avoir d’écotourisme ou tourisme vert. Pour un individu, le vol Paris-San José épuise déjà le crédit carbone de toute une vie. On transforme les dernières sociétés premières comme les Indiens Boruca en attraction pour touristes. Le label « tourisme durable » des hôtels est un leurre, avec son personnel le plus souvent issu du Nicaragua et ses cinq degrés de « perfection ». A quoi sert-il d’aller au bout du monde pour savourer un Jacuzzi dans sa chambre. D’ailleurs, à quoi sert donc un Jacuzzi quand on peut s’asperger soi-même !

             On chiffre les déplacement annuels internationaux à un milliard dont 70 % sont consacrés au tourisme. Ces déplacements constituent une pratique dégradante intimement liée à l’hyperconsommation et à la marchandisation de notre planète. Pour accueillir les touristes, il faut construire des aéroports, des routes, des équipements, des parkings. Il faut  donc stériliser des territoires tout en dévorant une énergie considérable nécessaire pour voler dans les airs et traverser la jungle. Le touriste est aussi une agression insupportable contre une culture particulière, que ce soit le tourisme « solidaire » dans les ghettos de Soweto ou les folklores reconstitués dans la forêt tropicale. La liberté de se déplacer semble devenu un droit de l’Homme alors que c’est un acte terriblement destructeur non seulement pour les sociétés humaines, mais aussi pour la Biosphère : supprimons le tourisme, restons à proximité de notre lieu de vie…

non au tourisme

LeMonde du 26.07.2008 nous présente une vision apocalyptique du tourisme, mais malheureusement le quotidien n’envisage pas la seule solution qui vaille. Sur le littoral méditerranéen, la population passe actuellement de 150 millions de personnes à 400 millions au mois de juillet et août. Une première conséquence, 42 % du littoral sont bétonnés. Les embouteillages prolifèrent, les ressources halieutiques dégénèrent, l’eau douce vient à manquer. Il faut dire que la population locale consomme environ 150 litres d’eau, chaque touriste le double en moyenne, jusqu’à 880 litres par jour pour le tourisme de luxe. Les perspectives sont délirantes, la fréquentation touristique pourrait atteindre 637 millions de personnes en 2025. Autant dire que cela n’arrivera jamais.

 

Il ne suffit pas de sensibiliser les touristes au respect de l’environnement. Si on avait vraiment une pratique écolo, on commencerait par fermer les golfs, gros consommateurs d’eau pour verdir l’herbe. On rationnerait l’eau pour les touristes au niveau inférieur à la population locale, les déplacements seraient limités, des taxes instituées. Bien sûr une telle politique volontariste, impliquant des pays différents et une gente politique aveugle, n’adviendra pas. Mais la hausse des prix va faire sont travail de rationnement habituel : hausse du prix des séjours étant donné l’afflux de la demande, hausse du prix du carburant à cause du pic pétrolier, baisse des revenus à cause des crises qui ont déjà commencées. La lutte contre le réchauffement climatique introduira prochainement d’autres limitations comme la carte carbone individuelle. Les mentalités vont évoluer jusqu’à faire du tourisme lointain un péché.

 LeMonde estime que l’afflux des revenus du tourisme est « indispensable pour les pays concernés ». Mais la relocalisation des activités sera le prochain mot d’ordre qui condamnera les migrations touristiques. La santé de la Biosphère dépend d’une telle évolution, on ne peut pas faire autrement.

tourisme durable ?

Le tourisme, cousin germain de la croissance-développement, ne sera jamais durable. Pour accueillir le tourisme de masse, on bétonne, on dénature, on paupérise, c’est le grand saccage des communautés autochtones qu’on transforme en folklores et l’utilisation des individus qu’on transforme en serviteurs.

 

Pourtant le sociologue J.Viard s’exprime ainsi : « Le tourisme durable ne doit pas rechercher la muséification des sociétés du Sud, reflet de l’imaginaire fondamentaliste autour du thème : ce qui est ancien est le plus beau. Si les entrepreneurs du tourisme ne veulent pas avoir le choix entre des régimes dictatoriaux assurant la sécurité et la fuite devant la violence fondamentaliste, ils doivent créer les conditions de l’après-tourisme, être un vecteur de l’avenir des sociétés d’accueil. »

 

J.Viard recycle ainsi les concepts de développement durable (rapport Brundtland), d’après-développement et d’imaginaire (concepts de Serge Latouche). Mais il va à l’encontre de la position de S.Latouche pour qui « Les mots toxiques sont des obstacles pour faire avancer les choses. La décolonisation de l’imaginaire passe donc par la critique des concepts. Le développement de l’économie est le problème, ce n’est pas la solution. » (in Décoloniser l’imaginaire)

 Le tourisme durable n’est-il pas un mot toxique, un autre oxymore comme l’expression « développement durable » ?

tourisme papal

La célébration de la Journée mondiale du tourisme en septembre 2002 avait provoqué chez Jean-Paul II un amour immodéré du voyage dans son message pour la 23e Journée mondiale du tourisme : « Parmi les innombrables touristes qui chaque année font le tour du monde, nombreux sont ceux qui se mettent en voyage dans le but explicite d’aller à la découverte de la nature en l’explorant jusque dans ses lieux les plus reculés. » La seule condition serait d’y mettre les formes : « Il faudra valoriser des formes de tourisme qui respectent davantage l’environnement, plus modérées dans l’utilisation des ressources naturelles et plus solidaires envers les cultures locales ». Pour Jean-Paul, « Le tourisme permet de consacrer une partie du temps libre à contempler la bonté et la beauté de Dieu dans sa création, et, grâce au contact avec les autres, il aide à approfondir le dialogue et la connaissance réciproque. La pratique du tourisme peut combler le manque d’humanité qui se manifeste souvent dans l’existence quotidienne. » En termes clairs, cela veut dire que le boulot dans les usines est tuant, il faut donc aller se régénérer en allant dans une excursion lointaine emmerder d’autres peuples.

 

Pourtant le touriste qui se hâte de rentrer chez lui est toujours resté étranger à ses lieux de séjour successifs et aux populations rencontrées : il se contente de remplir un album de souvenirs personnels après avoir parasité une vie sociale ou un lieu de rêve. Pour économiser la Biosphère et épargner ses communautés,  vous devez au  contraire rester des voyageurs immobiles, il y a suffisamment de moyens de communication pour faire le tour du monde dans son fauteuil, il y a suffisamment de richesses relationnelles et naturelles près de chez vous pour ne pas avoir besoin d’autre chose.

 

 « Tous les articles pour l’écologie profonde sont archivés et classés sur le site : http://biosphere.ouvaton.org/

Gilles Lacan définit l’écologie résiliente

 Ce texte s’inscrit dans la conjecture d’une incapacité de la société industrielle mondialisée à poursuivre sa course technologique sans détruire de manière irréversible, à l’horizon d’une génération, les équilibres systémiques planétaires qui ont permis et accompagné depuis quelque dix mille ans l’avènement de l’humanité. Il porte un projet, limité à la France, de décroissance économique et démographique, dans le contexte, sans doute subi, d’une contraction du commerce international et d’une relocalisation de la production. Dans ce contexte, l’Etat et les autorités décentralisées, aux ressources amoindries, auront pour première mission d’assurer la protection physique et la sécurité alimentaire de la population, ainsi que de veiller aux conditions générales de la santé publique. 

I : Protectionnisme / Economie de marché / Dette : L’un des enjeux majeurs d’un projet écologiste doit être de relocaliser la production des biens agricoles et industriels, de manière à les rapprocher de leurs lieux de consommation, tout en assurant la résilience du pays et de ses territoires en cas de rupture des approvisionnements ou de pénurie énergétique (1). Le mode de production qui s’est avéré le plus efficace dans l’allocation des ressources est celui de la libre entreprise, en ce qu’il est fondé sur la responsabilisation des agents économiques sur des critères économiques. C’est aussi historiquement le seul qui se soit montré compatible avec une société de liberté, la liberté politique étant logiquement tributaire de la liberté économique. Cependant, la puissance publique doit garder la capacité de réguler l’activité des entreprises de manière à protéger les écosystèmes ; d’assurer les missions régaliennes de l’Etat : défense, sécurité intérieure, état de droit, recherche ; de fournir des services, en matière de santé et d’éducation, financés par l’impôt. La dette, publique et privée, entretient artificiellement la croissance et l’emploi dans une économie qui n’est plus en mesure de répondre, sans importations massives, aux besoins élémentaires de la population. Elle rend la France dépendante de ses prêteurs, limitant sa souveraineté (2). La doctrine officielle est que la dette ne peut être résorbée que par la croissance économique, censée générer les ressources nécessaires à son propre remboursement, mais la réalité est qu’elle n’a cessé d’augmenter depuis 40 ans malgré une croissance économique à peu près constante. Elle devra désormais être remboursée dans une trajectoire de décroissance, ce qui rendra cette résorption plus difficile.

  1. Rétablir des droits de douane, aux frontières extérieures et intérieures de l’Europe, pour protéger la production nationale dans l’agriculture et l’industrie.
  2. Réduire le volume des importations en pourcentage de celui du Pib.
  3. Garantir la liberté d’entreprendre, mais dans un cadre régulé par des normes contraignantes et des prélèvements obligatoires, destinés à protéger les écosystèmes, à assurer le fonctionnement des services publics et à maintenir les équilibres sociaux.
  4. Réduire la dépense publique, par la baisse des transferts sociaux (3), des effectifs de la fonction publique et des subventions aux entreprises ou aux associations, de manière à réduire la dette publique à moins de 60 % du Pib.
  5. Réduire l’endettement privé, en limitant l’offre de crédit et en augmentant le niveau obligatoire des fonds propres des banques commerciales.
  6. Orienter l’économie vers une déflation limitée.

II : Démographie / Immigration (déjà paru sur notre blog biosphere )

III : Transports / Tourisme : Le droit d’aller et de venir est fondamental dans une société de liberté. Mais il ne doit pas être assimilé à un droit à la mobilité qui consisterait à mettre à la disposition de chaque humain les moyens matériels et financiers de parcourir le monde selon ses envies. L’extension des déplacements aériens, générateurs d’émission de gaz à effet de serre (GES), aggrave les conditions de vie sur la planète. Leur restriction risque de pénaliser la France, première destination touristique mondiale (7), mais elle est indispensable.

De la même manière, les transports routiers de marchandises sur de longues distances comme les déplacements quotidiens en véhicules individuels motorisés contribuent au réchauffement climatique et à la pollution de l’air. Il est donc souhaitable de favoriser des alternatives fondées, pour le transport des marchandises, sur le raccourcissement des circuits de distribution et le ferroutage, et pour les déplacements de personnes, sur la promotion des transports collectifs et des mobilités douces.

  1. Instaurer une taxe aéroportuaire significative (8) sur l’ensemble des vols à l’arrivée et au départ des aéroports français.
  2. Supprimer les vols intérieurs, si les villes desservies sont reliées par train en moins de 3 heures.
  3. Instaurer une écotaxe intérieure sur les transports routiers de marchandises.
  4. Augmenter le prix des carburants et des péages routiers, et décréter un moratoire immédiat sur la construction d’autoroutes.
  5. Ne plus conditionner à l’achat d’un nouveau véhicule l’allocation de la prime à la casse.
  6. Brider la vitesse des automobiles immatriculées en France à 160 km/h dès 2023.
  7. Interdire l’accès des navires de croisière aux ports et eaux territoriales français.
  8. Renoncer à l’organisation à Paris des Jeux Olympiques de 2024, quel que soit le montant des pénalités de forfait.

IV : Energie / Logements et bâtiments publics / Exode urbain : La résilience énergétique consiste principalement en la réduction de la consommation d’énergie. Elle devrait conduire à l’abandon des énergies fossiles : pétrole, charbon, gaz. A terme, l’énergie utilisée ne devra pas dépasser les capacités offertes par la force humaine et la traction animale, par l’usage du vent et des courants marins et fluviaux, par l’énergie solaire et, de cet abandon des énergies fossiles ne peut être que progressif et ne sera rendu possible qu’à la suite de modifications importantes de nos comportements en matière de transports et de chauffage urbain, comme de nos méthodes de production dans l’agriculture et dans l’industrie. Au contraire, l’énergie nucléaire, largement décarbonée (9), devrait demeurer pour plusieurs décennies l’une des composantes importantes de notre production d’électricité, de manière à accompagner la transition et la rendre socialement plus supportable. Un tel choix implique toutefois que les normes de sécurité soient renforcées et strictement appliquées. Malgré cette contrainte, le nucléaire est en mesure de produire de l’électricité à un coût moins élevé que celui de l’éolien ou du photovoltaïque, avec surtout une souplesse d’utilisation bien supérieure. Enfin, l’abandon du nucléaire civil pourrait préjudicier à la nécessaire modernisation de notre force de dissuasion. Une autre cause majeure du réchauffement climatique est l’émission de GES générée par le chauffage des bâtiments une grande partie de l’année et par leur rafraîchissement durant l’été. La part importante du nucléaire dans le mix énergétique contribue à la limitation de ces émissions mais ne peut tenir lieu de panacée. Il est nécessaire de faire baisser la consommation d’énergie, en isolant les locaux de bureaux et d’habitation et en réduisant les dépenses de confort : l’Etat et les collectivités locales doivent donner l’exemple en imposant des économies d’énergie aux services placés sous leur autorité. Enfin la métropolisation, forme urbaine de la mondialisation, corrélée à l’installation d’un lourd réseau d’infrastructures de transports, accroît l’empreinte écologique globale et participe à la destruction de l’environnement. Dès à présent, les pouvoirs publics doivent inscrire la gestion spatiale du territoire dans la perspective d’un inéluctable exode urbain.

  1. Augmenter le prix de l’énergie (fuel, carburants, gaz, électricité) payés par les particuliers et les entreprises.
  2. Sécuriser et moderniser la filière nucléaire.
  3. Baser la réduction des émissions de GES sur la baisse de la consommation d’énergie plutôt que sur le recours massif aux ENR.
  4. Geler la construction nette de logements dans les aires métropolitaines de plus de 500 000 habitants (10).
  5. Isoler progressivement l’ensemble des bâtiments publics existants et interdire la construction de nouveaux bâtiments par l’Etat ou les collectivités locales qui ne soient pas à énergie positive.
  6. Interdire progressivement aux bailleurs sociaux et privés de donner à bail des locaux non isolés.
  7. Interdire le chauffage des bâtiments publics comme des établissements et commerces ouverts au public, hors hôpitaux et maisons de retraite, au-dessus de 18°C ainsi que leur climatisation en dessous de 30°C.

V : Biodiversité / Condition animale / Santé publique : Chaque année, 60 000 ha de terres agricoles sont transformés en logements, bureaux, routes, parkings, carrières, aires commerciales et de loisirs, jardins individuels. Cela représente plus d’un millième du territoire national et plus de deux millièmes de la surface agricole du pays. Au bout de dix années, c’est la superficie moyenne d’un département français qui est ainsi perdue, en réalité de deux départements si l’on rapporte cette perte à la surface agricole utile (SAU). Une telle hémorragie, en augmentation depuis les années 2000, compromet notre souveraineté alimentaire et, réduisant les espaces naturels, contribue à l’effondrement de la biodiversité. Elle se double de ce que l’on a nommé la déforestation importée, qui consiste en la consommation de produits importés – soja transgénique pour l’alimentation du bétail, huile de palme utilisée comme agrocarburant ou pour l’alimentation humaine – issus de la déforestation massive au Brésil, en Indonésie et en Malaisie (11). Les vidéos des établissements dans lesquels sont élevés et abattus les animaux destinés à la consommation humaine : bovins, porcs, volailles, en contradiction avec les prescriptions du code rural (12), ont sensibilisé l’opinion à la maltraitance animale. Celle-ci résulte moins d’actes individuels de cruauté que de l’organisation méthodique d’un système qui traite les animaux comme des marchandises, sans considération de leur souffrance : l’élevage intensif. L’interdiction de cette forme d’élevage ne peut être immédiate car elle ruinerait un grand nombre d’exploitations de la filière agro-industrielle, mais elle doit être progressive et engagée sans délai. Pour cela, il faut obliger les éleveurs à se conformer aux impératifs biologiques des espèces dont ils ont la garde, tout en protégeant leurs exploitations de la concurrence des pays qui pratiquent les méthodes de l’élevage intensif. La pollution de l’air et des sols n’est pas due à l’incivisme ou à la négligence de telle ou telle catégorie d’agents, elle est la conséquence mécanique des modes de production, de distribution et de consommation des sociétés dans lesquelles nous vivons. La santé publique est devenue la variable d’ajustement d’un système économique, tourné prioritairement vers la productivité et la compétitivité. Il appartient aux responsables politiques d’inverser ces priorités et d’imposer des choix principalement dictés par la santé de la population, l’économie devant être mise au service des hommes et non l’inverse.

  1. Etablir des plans départementaux d’arrêt progressif et chiffré de l’artificialisation des sols, avec l’objectif d’aboutir à une artificialisation nulle dans l’ensemble du territoire en 2030.
  2. Décréter un moratoire immédiat de toute aide publique à la création de parcs de loisir.
  3. Interdire l’importation de produits issus de la déforestation : soja transgénique et huile de palme.
  4. Adopter des normes en matière d’élevage conformes aux impératifs biologiques des différentes espèces, conduisant à l’abandon progressif et accompagné de l’élevage intensif.
  5. Imposer l’obligation d’étourdissement dans les abattoirs.
  6. Interdire l’importation d’animaux et d’aliments d’origine animale provenant de pays ne respectant pas ces règles d’élevage ou d’abattage.
  7. Interdire immédiatement l’épandage des pesticides au-delà d’une zone tampon de 50 mètres en bordure des habitations ; interdire totalement les pesticides en 2025.
  8. Interdire la commercialisation des voitures et fourgons à moteur diesel (neufs et d’occasion) dès 2025.
  9. Protéger les eaux souterraines et de surface contre la pollution d’origine agricole, par l’application effective de la directive « nitrates » du 12 décembre 1991, notamment en Bretagne et en Picardie-Nord-Pas-de-Calais.

VI : Institutions : A l’heure de la décroissance et de l’exode urbain, il est souhaitable que les lieux de la décision politique soient les plus proches possible des citoyens afin d’accompagner, au niveau des institutions, le mouvement de relocalisation de l’économie. Il convient donc de transformer les relations entre l’Etat et les collectivités territoriales en renforçant les compétences de celles-ci, et en particulier des régions, de préférence dans leurs limites d’avant la réforme de 2015.

  1. Doter les régions de compétences propres, exclusives de celles de l’Etat.
  2. Leur conférer une partie du pouvoir législatif dans leur sphère de compétence, incluant le droit de lever l’impôt, ainsi que la tutelle des collectivités locales sises sur leur territoire.
  3. Leur attribuer la gestion des principaux services publics – santé, éducation, police, justice – par application du principe de subsidiarité.
  4. Maintenir à l’Etat, par application du même principe, la défense du territoire et la diplomatie, la monnaie continuant à relever de la BCE.

VII : Défense / Europe / International : Avec 551 000 km², la France métropolitaine représente 0,37 % des terres émergées de la planète (13). Les 67 millions d’habitants qui vivent sur son territoire, y compris les dom-tom, ne représentent plus que 0,86 % de la population mondiale. Sans profondeur géographique, avec une population de taille modeste et devant néanmoins assurer la protection de la deuxième plus grande zone maritime du monde, la France est devenue plus vulnérable dans un contexte de montée des tensions géopolitiques et des migrations, marqué par un réarmement généralisé des grandes puissances (14). Le traité de Rome (1957) puis l’Acte unique (1986) prévoient la création d’un marché intérieur européen fondé sur les « quatre libertés » : liberté de circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes. Depuis l’instauration effective de ce marché, au début des années 1990, la Commission européenne a fait le choix d’une politique libre-échangiste à l’égard des pays tiers, par une sorte d’osmose entre les relations commerciales intérieures et celles extérieures de l’Union. Sous couvert de supprimer les obstacles « non tarifaires » aux échanges internationaux, les traités négociés par la Commission ont remis en cause différentes normes protectrices, européennes ou nationales, en matière de santé publique et d’environnement.

Par ailleurs, le système institutionnel issu des traités et du droit dérivé tend à s’affranchir de l’imperium traditionnellement attaché au vote populaire. Les règles de droit et les lois du marché non seulement priment sur la souveraineté des Etats, mais encore sont hors d’atteinte du vote démocratique des peuples (15). Enfin, la politique de commerce international de Commission, fondée sur la théorie ricardienne de l’avantage comparatif, accentue la division internationale du travail et l’intégration des pays européens dans l’économie globalisée, sans que soient pris en compte les graves dommages environnementaux générés par la mondialisation. Les alliances entre les nations sont moins déterminées par des considérations idéologiques que par la géographie et par l’histoire. L’Europe ne peut construire son avenir contre la Russie, ni même sans la Russie, héritière de l’empire byzantin et d’une civilisation chrétienne remontant au IXe siècle, dotée d’un immense territoire et de la deuxième armée du monde. Sans rien céder sur la philosophie des Lumières et le respect des droits de l’homme, qui sont une part constitutive de la culture européenne, il est temps de mettre fin à l’affrontement avec la Russie, préjudiciable pour tous, et de construire ensemble le partenariat stratégique de la Grande Europe de Lisbonne à Vladivostok.

  1. Maintenir la capacité opérationnelle actualisée des forces armées française, y compris dans leur composante de dissuasion nucléaire, et porter le budget de la défense à 3 % du Pib d’ici à 2030.
  2. Orienter la construction européenne vers une confédération, régie par le principe de subsidiarité, dans laquelle les Etats recouvrent la majeure partie de leur souveraineté.
  3. Promouvoir une conférence réunissant la Russie, le Royaume-Uni, l’Union Européenne et les autres Etats du continent pour jeter les bases d’un avenir commun et d’une défense commune de la Grande Europe.

Conclusion : La décroissance ne sera possible qu’avec une baisse substantielle du niveau de consommation et des services publics (16). Elle s’accompagnera d’un exode urbain qu’il faudra réguler. Toutes les classes sociales seront atteintes, sans que par un effet de magie les inégalités, qui ne se sont pas réduites durant des siècles de « progrès », disparaissent d’un seul coup. La décroissance créera des emplois dans une agriculture respectueuse de la nature et dans une industrie relocalisée, mais en fera disparaître d’autres, en plus grand nombre au début, dans les services et dans l’administration, faute de demande solvable de la société civile et de ressources suffisantes de l’Etat et des autorités publiques. La sobriété heureuse, comme la croissance verte, est un paradigme illusoire, inspiré des solutions « gagnant-gagnant » de la pensée néo-libérale. Pour sauver l’essentiel, notre survie en tant que peuple, nous devons entrer, avec les restrictions que cela implique, dans une économie de guerre.

(Ce texte a été proposé comme base de réflexion programmatique aux journées d’été de 2019 du Mouvement Écologiste Indépendant. Il ne fait naturellement pas référence à l’épidémie de Covid-19. Il n’engage que son auteur, Gilles Lacan (10/08/2019))

Notes

1. Le volume des importations rapporté à celui du Pib est passé de 12 % en 1962 à 32,1 % en 2018. Source : Banque Mondiale.

2. La dette publique française était de 2 359 milliards d’euros au premier trimestre 2019, soit 99,6 % du Pib. Elle était de 58,6 % du Pib au premier trimestre 2002. Source : JDN.

3. Les dépenses de protection sociale s’élevaient à 775 Mds € en 2017, soit 34 % du Pib, ce qui classe la France au premier rang en Europe. 46 % de ces sommes sont consacrées à la vieillesse, 35 % à la santé. Source : ministère des solidarités et de la santé.

4. En pouvoir d’achat mensuel, l’équivalent du smic en 1973 (avec la semaine de 40 heures).

5. Soit 35 millions d’habitants en métropole, correspondant à la population française en 1842.

6. La grande majorité des personnes entrées irrégulièrement forment une demande d’asile, ce qui permet d’en connaître approximativement le nombre.

7. La France a accueilli 90 millions de touristes étrangers en 2018. Le secteur du tourisme (450 millions de nuitées par an) représente plus de 7 % du Pib. Source : ministère de l’économie.

8. Comme ordre de grandeur, cette taxe pourrait être de 60 € pour les vols nationaux, de 100 € pour les vols européens et de 150 € pour les vols internationaux.

9. La production d’énergie électrique par les centrales nucléaires est consommatrice de pétrole, ne serait-ce que pour l’extraction et le transport de l’uranium ou la construction de la centrale elle-même. Mais l’émission globale de GES nécessaire à la production d’1 MW d’électricité par une centrale nucléaire est bien plus faible que celle nécessaire à la même production par une centrale thermique. En 2016, les émissions de GES étaient de 11,4 tonnes d’équivalent CO2 par habitant en Allemagne et de 7,1 tonnes en France. Source : Eurostat.

10. Paris, Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice.

11. Les forêts constituant le deuxième puits de carbone après les océans, la déforestation accélère le réchauffement climatique.

12. « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. » Art. L. 214-1 du code rural et de la pêche maritime.

13. La Russie représente 11,48 %, les Etats-Unis 6,60 % et la Chine 6,44 % des terres émergées.

14. Entre 2000 et 2016, le budget militaire de la France a augmenté de 13 %, celui des Etats-Unis de 43 %, celui de la Russie de 239 % et celui de la Chine de 423 %. En termes de dépenses militaires, la France est passée durant la même période de la 2e à la 5e place mondiale. Source : SIPRI.

15. « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, dans une interview au Figaro, le 28 janvier 2015.

16. Les seuls pays ayant significativement diminué leur empreinte écologique sont l’URSS et les pays du Comecon, après l’effondrement de leur appareil industriel et de leur bureaucratie au début des années 1990, ainsi que Cuba à la même période, après l’arrêt de l’aide soviétique. Il faut y ajouter la Grèce, lors du plan d’austérité mis en œuvre entre 2008 et 2013. Source : Global Footprint Network.

http://economiedurable.over-blog.com/2020/06/pour-une-ecologie-de-la-resilience-6.html

L’aviation au banc des accusés, coupable !

L’avion a commis des crimes sans nombre, émissions de gaz à effet de serre, complicité de permettre d’aller plus loin, plus vite, plus souvent, épuisement des ressources fossiles par gaspillage du kérosène, destruction des communautés locales en permettant le tourisme de masse. Aucunes circonstances atténuantes ! Coupable, condamné à la peine capitale, les avions cloués au sol, définitivement. C’est le verdict d’une écologie de rupture avec le système thermo-industriel. Ce n’est pas l’avis prédominant. Malheureusement nous continuerons à faire fausse route par la voie des airs. Le monde d’après sera similaire au monde d’avant… en pire. Un plan « historique » pour « sauver notre compagnie nationale ». Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire n’a pas hésité sur les mots ni sur les moyens pour soutenir Air France qui va recevoir une enveloppe de 7 milliards d’euros. Alors que les Verts sont au gouvernement en Suède, la SAS (Scandinavian Airlines) recevra des aides de l’État sans aucune condition. Les écologistes font partie de la coalition en Autriche et n’ont toujours rien imposé sur le sujet aérien. Nulle part les écologistes au pouvoir n’ont encore su concilier exigences sociales et environnementales. Même pas quand ils sont dans l’opposition.

Dimanche 26 avril sur BFMTV, le député européen EELV, Yannick Jadot, s’est dit favorable au « sauvetage d’Air France ». Le gouvernement impose à Air France une condition environnementale pour être refinancé : réduire les vols intérieurs. Une condition, en réalité, pas très impressionnante mais qui a le mérite de montrer ce que doit être le transport de demain. Yannick Jadot, au micro de France Inter, n’a pas su être précis quand on lui a demandé ce qu’il aurait fait, lui, pour sauver Air France. Il a même défendu François Bayrou qui proteste contre la réduction des liaisons aériennes Paris/Pau. Par pragmatisme de compromission, les écologistes se retrouveraient alignés sur le gouvernement. Allez comprendre ! La CGT réclame un « plan Marshall de 10 milliards d’euros pour l’aéronautique ». Le PDG de Dassault Aviation réclame une « prime à la casse » pour l’achat d’avions « moins polluants ». Air France va écarter ses vieux A340, A319 et A318, pour recevoir, à la place, des Airbus A320neo et des A350. Patronat, syndicats, même combat, la protection de l’emploi rejoint la dynamique des profits. Tous les notables soutiennent la ligne Paris-Bordeaux, le maire de Mérignac où se trouve l’aéroport, le maire de Bordeaux, le président de la métropole et le président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Les collectivités rappellent que « l’aéroport s’est doté d’un plan d’orientation stratégique volontariste en termes de lutte contre les nuisances sonores et visant à la neutralité carbone, devenant ainsi un équipement éco-responsable ». Le Conseil Régional de la Nouvelle-Aquitaine « est engagé dans la mise en oeuvre d’une feuille de route stratégique aéronautique prévoyant le recours accru aux carburants alternatifs et le soutien à la filière hybride électrique ». Mais les spécialistes pointent que ni les biocarburants comme alternative au kérosène, ni les batteries électriques ne seront capables de faire face au défi climatique posé par l’envol du trafic. L’écoblanchiment sévit, les offres de « vols Paris-Bordeaux » pas cher se multiplient aujourd’hui !!  Avez-vous oublié que l’aéronautique a été à l’origine même de la propagation de la pandémie ? » interroge la Sepanso qui milite « pour le rétablissement des trains de nuits, alternative à l’avion, qui satisfaisait tant de passagers, par exemple ceux de Tarbes, Pau, Irun… »

La position de l’écologie politique est incompréhensible sans message et messagers assez affirmés pour tracer un chemin pas forcément populaire au premier abord. C’est pourtant le moment d’être limpide et d’avoir un propos qui tranche. Le Haut Conseil pour le climat (HCC) recommande de conditionner l’octroi d’aides publiques à « l’adoption explicite de plans d’investissement, avec mesures de vérification, et de perspectives compatibles avec la trajectoire bas carbone ». Par exemple, toute aide au secteur aérien doit être conditionnée à la mise en place d’un plan précis pour atteindre la neutralité carbone. « Ce n’est pas le moment de soutenir l’aviation coûte que coûte, mais d’ouvrir le débat sur le fait de réduire les déplacements en avion, prévient la climatologue Corinne Le Quéré, présidente du HCC. Des aides (formation, reconversion) aux travailleurs des secteurs très émetteurs peuvent parfois être préférées à une aide sectorielle. » Les ministres de l’économie, Bruno Le Maire, et de l’écologie Elisabeth Borne, ont confirmé que le plan d’aide de 7 milliards d’euros accordé à Air France serait conditionné à des critères écologiques, dont « la fermeture de lignes aériennes intérieures », SAUF pour les liaisons vers des hub, et A CONDITION qu’existe une « alternative en train durant moins de 2h30 ». Condition contre condition, autant dire qu’on ne va rien faire politiquement contre l’aviation. Seule source de satisfaction, venant des spéculateurs. Warren Buffett, patron du groupe Berkshire Hathaway, a annoncé le 2 mai 2020, lors de son assemblée générale des actionnaires, qu’il avait vendu toutes ses actions dans les compagnies aériennes américaines, pour un total de 6 milliards de dollars. « L’aérien, je pense que cela a changé fondamentalement », a-t-il expliqué : « Même si le trafic revenait à 70 % de sa capacité dans les prochaines années, il y aurait quand même une énorme surcapacité d’avions. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

30 janvier 2020, CLIMAT, l’illusoire compensation carbone

Air France annonce que, dès janvier 2020, elle compenserait les émissions de CO2 de ses quelque « 450 vols intérieurs » quotidiens en finançant des projets de « plantations d’arbres, de protection des forêts, de transition énergétique »… La forêt devient un alibi qui fait passer au second plan la priorité numéro un, c’est-à-dire la décarbonation de pans entiers de l’économie…

27 juin 2019, Pour l’avion tous bords confondus

Tribune signée par plusieurs sénateurs et députés de gauche, du Centre, de droite et macronistes, « Arrêtez de taper sur l’avion » . L’alliance de l’ancien monde économico-politique contre l’urgence écologique !…

21 juin 2019, Mettre à terre le lobby aérien

Nous avons reçu une déclaration écœurante du GIFAS. Créé en 1908, le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales ose dire que « Le secteur aérien français est mobilisé en faveur de la lutte contre le changement climatique »…

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques)…

7 avril 2019, Faire « tourisme et découvertes » sans prendre l’avion

Les experts semblent penser que la sagesse qu’ils répandent sur la Terre depuis leur siège en première classe à 10 000 mètres d’altitude est si importante qu’elle pèse plus lourd dans la balance que leurs propres émissions de gaz à effet de serre…

7 avril 2019 / 4 commentaires / effet de serre / Par biosphere

Il en est des savants comme des touristes aux antipodes et tant de commerciaux, l’avion est à la mode. No Fly Climate Sci, Hypocrites in the Air ou Labos1.5 en France, des collectifs de chercheurs visent à limiter les déplacements aériens académiques.

26 février 2019, Prenez l’avion, c’est bon pour nos générations futures

Celui qui se prive de voyages au long cours vers des destinations paradisiaques pour montrer l’exemple d’un comportement écologique sans faille ne fait que retarder l’échéance fatale. Son sacrifice offre aux avionneurs invétérés un répit avant d’arriver aux limites biophysiques de la planète : le kérosène qu’il économise, c’est autant de plus à la disposition des destructeurs.

8 octobre 2016, Compensation carbone, l’hypocrisie de l’aviation civile

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) instaure un mécanisme mondial de compensation des émissions de gaz à effet de serre*. Victoire ? Que nenni ! C’est un leurre, du greenwashing (écoblanchiment). Il s’agit d’achat de crédits carbone par les compagnies aériennes auprès d’autres secteurs via une Bourse d’échanges…

13 mai 2016, Compagnies aériennes, un jour le kérosène les tuera

Le transport aérien bénéficie d’un régime d’exception en étant le seul secteur dont le carburant est exonéré de toute taxe au niveau international. Pourtant, il pèse 3 % des émissions carbone mondiales. Ce chiffre n’est pas à négliger : si le secteur aérien était un pays, il serait le 7e pays le plus pollueur en termes d’émissions. Quand le kérosène sera taxé, les compagnies aériennes feront faillite…

23 juillet 2015, Pour ne pas changer le climat, ne pas prendre l’avion

la seule énergie utilisable pour les déplacements humains doit résulter des énergies renouvelables. On ne peut recouvrir la terre toute entière d’arbres. Le système de compensation d’un voyage en avion (détruire à un endroit, acheter une indulgence par ailleurs) a ses limites…

21 octobre 2014, Christophe de Margerie est mort, le kérosène l’a tué

Tombé dans le baril en 1974, au moment du premier choc pétrolier, Margerie pense que le brut est « la plus belle des sources d’énergie ». La maison brûle ? s’exclamait Chirac à un sommet de la Terre. Haussement d’épaules de Margerie : « Je suis foncièrement optimiste et je ne suis pas inquiet pour l’avenir. »…

25 novembre 2013, tout accord fait grâce à l’avion n’est pas un bon accord

Congressistes, restez chez vous ! Vous ne servez à rien. L’accord 2013 sur le climat est adopté à Varsovie… pour rien. On se reverra l’an prochain pour une autre « conférence d’étape, on prendra l’avion et on étudiera les modalités de la prochaine conférence. Le chef de la délégation sriklankaise à Varsovie met le doigt où ça fait mal : « Nous continuerons à essayer de nous mettre d’accord chaque année en contribuant toujours plus aux émissions de CO2 par nos voyages en avion. »…

8 octobre 2010, trop de touristes prennent l’avion

Aujourd’hui nous ne parlerons pas du tourisme par avion qui profite d’un kérosène détaxé pour abîmer des contrées lointaines et détériorer le climat. Aujourd’hui nous ne parlerons pas du tourisme du troisième âge qui multiplie les « long-séjouristes » puisqu’ils ont tout le temps…

19 avril 2010, des avions cloués au sol, la bonne affaire !

Un petit volcan qui se réveille et c’est une grande partie de l’espace aérien européen qui reste fermé plusieurs jours (LeMonde du 18-19 avril 2010). Pour nous, cela serait une bonne nouvelle si c’était volontaire et durable : l’avion est l’ennemi de la planète et des humains. Nous trouvons ridicule de la part des ressortissants européens de prendre l’avion pour aller dans un autre pays européen que le sien. A plus forte raison si on utilise les lignes aériennes internes à son pays. Les avions doivent rester définitivement cloués au sol…

19 septembre 2009, la fin de l’avion plus lourd que l’air

Les compagnies européennes continuent d’étendre leur flotte ! Ce paradoxe marque l’irréalisme des transporteurs aériens qui se croient encore exonérés de la lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant, pour la période 2002-2050, le poids des transports aériens dans le réchauffement climatique devrait passer de 3,5 % à environ 10 %…

12 août 2009, les avions, au sol !

Le projet de grand aéroport à Notre-Dame-des-Landes est contesté. Hervé Kempf conclut comme il se doit avec un militant anti-avion: « Ce projet cristallise tout ce qu’on rejette dans cette société : le réchauffement climatique, l’abus de pétrole, la surconsommation, la délocalisation et le gâchis de terres agricoles. »…

8 décembre 2007, avions et climat

Pour la période 2002-2050, le poids des transports aériens dans le réchauffement climatique devrait passer de 3,5 % à environ 10 %. Les climatologues rappellent aussi qu’à consommation égale un avion a un impact climatique qui vaut plusieurs fois celle d’un transport routier, en raison des émissions de gaz à haute altitude…

post-Covid, l’espoir ténu de l’autosuffisance

Nous sommes déjà avertis de l’effondrement civilisationnel prévisible depuis le rapport au club de Rome en 1972 sur Les limites de la croissance. Aujourd’hui popularisée en France par Pablo Servigne, la collapsologie explore à à nouveau la vulnérabilité de notre société thermo-industrielle face à divers risques systémiques. La crise du coronavirus fait donc écho à des scénarios connus : un monde d’autant plus fragile qu’il est complexe, un monde rendu invivable par la surpopulation humaine, un monde non durable qui va rencontrer pénuries, crise pétrolière et financière, sans oublier le réchauffement climatique, la chute de la biodiversité, la guerre, la famine et les épidémies. Les commentateurs sur lemonde.fr se partagent entre effondristes et anti-écolos :

Ursus speleus : Le monde se divise en deux: le collapsologue qu’a une pelle et le gonze qu’a un revolver, et donc le collapsologue creuse.

Du Joli : Et quand il n’a plus de balles, le gonze prend un coup de pelle.

MaxBoltz1954 : La collapsologie : variante moderne du « Repentez-vous, pauvres pêcheurs » avec quelques scientifiques perdus ou en mal de reconnaissance.

As1 : La collapsologie, c’est un terme à la mode. Le réchauffement climatique et l’extinction rapide du vivant, ce sont des réalités. Les anti-ecolos croient qu’il s’agit d’un positionnement politique. Non, c’est juste un constat. Ne pas voir, c’est simplement du déni.

Alazon : L’exposition donnée par LE MONDE à ces illuminés collaspsos est indécente. Heureusement que face à cette crise on a des TGV médicalisés, Tesla, PSA ou Renault qui font des respirateurs, des produits chimiques pour les anesthésies, LVMH pour faire du gel, Facebook pour nous aider à pister le virus… Cela sauve des vies. Tout cela c’est l’avenir. Le boboécolo, lui, ne comprend rien à son époque. Il est terré au fond de son appartement à manger des graines bio, confit dans la peur et dans la nostalgie d’un passé fantasmé, amoureux transi de la nature qui vient de nous envoyer une belle saloperie. Les collapsologues sont les derniers soubresauts de ce monde qui meurt : celui de la France moisie et recroquevillée, celui du poujadisme, celui de Zemmour et Hulot.

Fep : On vous laisse manger votre TGV et boire votre gel hydroalcoolique alors… bon app’ !

ca_alors : Oui Alazon. Vos termes sont un peu violents, mais je les partage, car sérieux, il y en a marre. La rédaction du MONDE n’est pas folle cependant, car elle sait que certains sujets déchaînent des passions. Depuis peu, j’entends des amis se plaindre franchement d’avoir des enfants qui les accusent d’avoir détruit la Terre. Des enfants à qui on aimerait leur proposer un stage d’un mois (n’exagérons pas) de chasseur cueilleur (espérance de vie de 30 ans), sans téléphone (les ondes), sans médecine (la technologie), et bien sur sans électricité. Un peu comme les 800 millions de personnes qui attendent eux, avec une immense impatience, d’avoir de l’eau potable dans leur maison.

As1 @ca_alors : Vous êtes superbe de déni. Entre deux romans, lisez le dernier rapport du Giec.

GERONIMO : Les collapso sont des curés. Ils ont troqué la Peur de Dieu par la Colère de Gaïa. Ils sermonnent, nous devons faire pénitence, nous blasphémons quand nous achetons une simple tranche de steak et nous ne serons jamais assez digne de la nouvelle divinité.

Transition_necessaire : Je m’inquiète de la non soutenabilité de notre monde depuis 15 ans. J’ai eu une phase de peur/sidération il y a 1 an. Et je vis la crise COVID comme un soulagement (et pardon pour ceux touchés par la surmortalité ou une crise éco sociale violente). Le virus nous a permis de ralentir globalement. Et jusqu’ici les services vitaux restent disponibles, même s’il y a des exceptions tragiques. Surtout j’ai espoir que des changements voient le jour. Mais nos moyens d’action seront beaucoup plus limités si on attend des chocs (inertie climatique sur 30 ans, s’il fait 50° c’est trop tard), ou de subir des pénuries de pétroles incontrôlables. Construisons une résilience hors croissance.

Clovis : Je pense le contraire de tous ces rêveurs : les petits groupes rousseauistes n’ont aucune chance de survie. Les sociétés complexes, avec une forte industrie, un gros budget de recherche, une armée et une police bien payées, des hôpitaux bien équipés, des greffes d’organe, et donc une industrie chimique pour fabriquer les médicaments antirejet sont les seules à pouvoir résister. On peut faire remarquer qu’actuellement il existe une société qui vit en petits groupes, et plus ou moins en parasite des grandes sociétés : c’est les Rom. Perspective peu encourageante pour nos collapsologues, mais c’est pourtant ce qui les menace : la clochardisation, comme à ND des Landes.
Vetruvio : Je ne crois pas à un effondrement proche. Mais je crois que d’ici 20 ou 30 ans nous allons être confronté à des problèmes de ressource gigantesque. Et on a beau traiter les collapsologues de bobo naif…Il suffit de lire un rapport du giec , un rapport sur les réserves de pétroles et de gaz, un rapport sur les terres rares et métaux pour s’apercevoir que l’on va vers un gros problème. Et pour tous ceux qui parle d’un switch vers les renouvelables , je vous laisse faire comparer les ressources nécessaires pour faire avancer un camion d’un kilomètre avec du pétrole, et de l’autre avec de l’électricité issue de moyen de production renouvelable. Oui la technologie progresse, mais les lois de la physique et de la thermodynamique ne changeront pas.

ChP : Je ne pense pas que nous serons victime d’un effondrement quelconque, je pense plutôt que nos sociétés partiront en déliquescence. En effet nous avons largement les moyens de retarder la fin au lieu de préparer un monde d’après, durable, acceptable et accepté par tous. Cette impréparation conduira a des luttes interminables entre les différentes zones d’influence du monde et entre les différents pays de ces zones. Cela prendra peut-être un siècle. L’attitude de l’UE, des pays membres, de leurs dirigeants à l’ego surdimensionné, que l’on observe en cette période de crise du Covid-19, en est un triste présage. Les nationalismes conduiront à porter au pouvoir des fous illuminés tel que Trump qui ne pense que rapports de forces et non pas coopération. Le voila le monde de demain.

Thierry Oiseau : Gaïa tient le chronomètre. Ainsi, à mon avis, elle nous laisse 10 ans, 20 tout au plus, pour créer le monde de demain : écologique et paisible. Oui le défi est colossal.

Vince : Se nourrir et s’approvisionner en énergie, eau… au plus proche est très bien. Réduire ses consommations aussi. La croissance actuelle est mortifère, car elle consomme trop de ressources et détruit notre maison commune. Ceci dit, l’autonomie est un leurre complet. La vie EST inter-dépendance, depuis les bactéries jusqu’aux êtres les plus évolués. La solidarité et l’entraide sont les seules solutions. Le repli sur soi n’a aucun sens car nous ne savons quasiment RIEN faire par nous-mêmes. Faites la liste des chose que vous pouvez faire ENTIEREMENT par vous-même et vous comprendrez.

Charly : Ces gens planent totalement. Comment peut-on être à ce point en dehors des réalités ? Ils n’ont aucune autonomie, c’est une illusion, ils restent dépendants pour tout (santé, éducation, matériels, logistique…). Le repli sur soi ou sa tribu serait l’avenir de l’humanité ? C’est plutôt le passé… Et puis surtout, si nos sociétés devaient s’effondrer comme l’écrit de manière aberrante Yves Cochet, tout serait balayé : tout. Rien n’y résisterait. Ces gens se croient en sécurité dans leurs rêves et leur éco-hameau ? Ils seraient pillés, massacrés avant les autres. Vous croyez au scénario Cochet ? Apprenez le maniement des armes, cela vous sera d’un meilleur secours que la permaculture…

Guillaume Landes : Ne pas confondre collapsologie et survivalisme, parfois c’est compliqué… La résilience des territoires avec autonomie alimentaire et autonomie politique locale parce que small is beautifull, ça existe depuis longtemps. Du phalanstère en passant par la coopérative agricole, du municipalisme libertaire à la commune, du monastère cistercien à la recherche du Siddharta d’Herman Hesse, on connaît toutes ces belles utopies. Ce qui change avec les collapsologues, c’est juste qu’il nous disent qu’ils ont besoin d’une mega-crise pour se justifier… mais pas la peine ! Pas besoin d’être dos au mur pour faire la révolution.

François C.H. : Je ne sais pas si nos civilisations finiront par s’effondrer d’un coup, par morceau ou pas du tout, mais il faudrait être sacrément sourd pour ne pas voir que la probabilité d’un grand crash est relativement élevée. Dans ces conditions on comprend que certains prennent les devants. C’est une vie difficile, mais sûrement mieux remplie et plus satisfaisante qu’une vie de fourmi boulot/Netflix/dodo/shopping/etc.

zorglub : « partager les ressources et les compétences à l’échelle d’un petit territoire, afin de satisfaire l’essentiel des besoins fondamentaux « . Ça a été tenté avec la communauté anarchiste de Longo Maï. Echec, ils sont obligés de mendier en Suisse pour subsister. En fait les collapsos ne mesurent pas à quel point ils sont dépendants de l’industrie. C’est dramatique parce que ça crée une forme d’écologie totalement esthétisante, romantique, peuplée de totems et de tabous, et pour le coup hors sol. Il faut faire des calculs ; par exemple un vélo à vitesse, c’est en réalité une réalisation hautement moderne et industrielle.

Alain PANNETIER @ zorglub : Vous avez tout à fait raison. Avant de venir taper mon commentaire, je quitte mes chaussures en écorce de bouleau (histoire de ne pas salir le sol de la caverne), j’enlève mon gilet en peau de chèvre et je colle mammouth (« mammouth » c’est mon chien) dans la cage tournante pour générer un peu de courant avec quelques cristaux de galène sur l’axe rotatif (la science !!!). Bon allez, faut que je vous quitte. C’est pas tout ça mais j’ai encore 5 chèvres à traire 3 mouflets à torcher, quelques silex à finir, et un lapin à dépecer. Ce soir c’est la fête : soirée macdo. J’ai déterré des tubercules dans la clairière à côté de la cascade et on va se faire des frittes dans de la graisse de sanglier, par Toutatis.

TO : Les collapsologues que je fréquente ne craignent pas l’effondrement de notre civilisation : Ils en rêvent! Ils fantasment d’un retour à la terre, d’une vie plus simple, plus communale, … bref une autre manière de vie. Sans croire à leurs théories, je me dis parfois la même chose…

Shakti : Votre problème, TO, c’est de croire à l’idée même de civilisation ! Car celle que vous nommez, c’est un fantasme de conquérants illusionnés par un croissancisme hypocrite qui n’aboutit qu’à la hausse des inégalités sur une planète aux ressources saccagées.

Stéphane : Le plus grand problème dans l’effondrement assuré de notre Civilisation tiendra dans ses nombreux soubresauts et la violence croissante que cela engendrera. La gestion de cette violence par l’Etat n’est pas garantie.

DDom : Ils mettent la barre très bas, au niveau du sol qu’ils devront gratter et disputer aux ravageurs. Ils mourront à 40/50 ans, épuisés par une vie de labeur et de pénuries. Ils auront oublié que leur pays avait produit Pasteur. Moliére…, construit Versailles , Vézelay…. Et s’habilleront de haillons, sentiront la crasse et la misére. Tandis qu’ailleurs dans le monde des ingénieurs, des scientifiques, des artistes et d’autres continueront à toujours élargir les frontières de l’ignorance.

Pffff : C’est oublier un peu vite, Ddom, que ce sont ces gueux qui vous nourrissent… La nourriture ne se produisant pas seule sauf dans vos rêves d’un futur qui n’existera jamais.

Pessicart : Pour ce qui est des légumes, à Nice, donc dans une région privilégiée, un potager à l’air libre ne produit quasiment rien entre début novembre et fin mai. Pour les fruits, c’est à peu près pareil hormis les agrumes. Celui qui veut se nourrir de sa production doit donc produire beaucoup pendant peu de temps puis stocker ou faire des conserves et il faut accepter ensuite pendant 6 mois de manger toujours la même chose et du pas frais. Ensuite, les fruits et légumes contiennent très peu de calories, la plus grosse part de l’énergie que nous engloutissons vient des sucres lents, principalement des céréales, de la viande et de l’huile (ça on a chez nous). Dans les Alpes maritimes, plus d’un million d’habitants, la production de céréales comme de viande est quasiment nulle, même la production de poissons est très faible. Pour vivre en autosuffisance, sur le plan de l’alimentation, bonjour l’angoisse.

Constanze @pessicart : Renseignez-vous un peu avant de dire des bêtises, il y des productions hors des périodes que vous citez : poireaux, carottes, pomme de terre, noix, noisettes, kiwis, kaki … Ce ne sont pas les mêmes et il y en a moins mais de là à dire qu’il n’y a rien. Quand à stocker et faire des conserves pour manger de bons produits, je ne vois pas ce qui vous pose problème par rapport à acheter de la bouffe industrielle dans une surabondance d’emballages plastiques. Certains aliments aussi se font sécher, se conservent avec le sel et sans doute d’autres moyens.

Pessicart : @constanze, j’ai écrit « quasiment rien ». Pour votre info à Nice les pommes de terre se sèment fin janvier et se ramassent en juin, les garder jusqu’au mois de janvier suivant c’est pas facile vu les chaleurs. Les carottes ne passent pas l’été, les poireaux il faut en planter au 15 août et bien s’en occuper, pour ce qui est des noix et noisettes ça ne pousse pas ! Il y a effectivement des kakis, on les cueille en octobre et on les garde au garage un mois ou deux. Vous pouvez chipoter, le principe c’est que quand il y a peu d’ensoleillement et pas de chaleur rien ne pousse. Mon grand père stockait des melons dans de l’orge en septembre, il en mangeait jusqu’à Noël. On peut trouver des combines mais c’est du travail et il faut beaucoup de technique. Mon propos était seulement de moquer les gens qui prétendent se nourrir avec leur jardin, ils ne savent pas ce qui est mis en œuvre aujourd’hui pour, par exemple, qu’ils aient des carottes toute l’année.

Esclave moderne : Pour ce qui est de la viande, nos aïeux avaient des lapins, cochons, poules etc. mais il faut accepter de se salir les mains et d’autres moyens de conservation que le congélateur existent.

Marcus78 : Mes grand parents étaient paysans (pas agriculteurs, paysans) et franchement je n’envie pas leur vie. Que les collapsologues collapsent en paix. Personnellement je pense que le monde d’après sera encore plus globalisé, les grands gagnants seront (sont déjà) les GAFA et consort qui nous permettent de survivre pendant cette période grâce aux nouvelles technologies. Les perdants : les vieilles technologies et industries, le tourisme, les transports collectifs.

VeritasOrigine : Le système actuel pourrait très bien se perpétuer si l’on avait une politique volontariste de diminution de la population mondiale. Cependant cette politique se heurterait à de multiples religions ( croissez et multipliez, tabou de la contraception…) et aux extrêmes, donc elle ne se fera pas.

Une femme : Ne vous inquiétez pas ! Après les quelques famines et guerres que vont entraîner l’effondrement des ressources, vous l’aurez votre diminution de la population mondiale.

Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

La marchandisation des pratiques de loisir  transforme le plaisir de vibrer par soi-même en un spectacle de masse assuré par des professionnels. Cette dénaturation du sport-amateur accompagné par du bénévolat se retrouve dans la pratique du football, du vélo, de la voile, etc. La pandémie actuelle a cela de bien qu’elle arrête tous ces jeux de cirque et, même si c’est temporaire, on peut espérer que les graines d’un avenir sans abrutissement des masses ont été semées.

Fin de partie pour le football français : « La saison 2019-2020 de sports professionnels, notamment celle de football, ne pourra pas reprendre »(Edouard Philippe le 28 avril). Le football est devenu un secteur sinistré, comme l’aérien ou le tourisme. Canal+ et BeIN Sports ne verseront pas à la Ligue de football professionnel (LFP) les quelque 244 millions d’euros qui étaient encore attendus. Désormais certains que la dernière tranche des droits télévisuels ne sera pas versée, les dirigeants devraient demander à leurs vedettes de renoncer définitivement à une partie de leurs revenus. Que du bonheur quand on est écolo et adepte du fait maison.

Incertitude des des Jeux olympiques de Tokyo : « Nous devons organiser les JO pour témoigner de la victoire de l’humanité sur le coronavirus. Mais ils ne pourront pas avoir lieu si la pandémie n’est pas contenue », a déclaré le premier ministre M. Abe devant le Parlement japonais le 29 avril. La veille, le président du comité d’organisation des JO, Yoshiro Mori, avait affirmé que les Jeux devraient être annulés si la pandémie n’était pas maîtrisée d’ici à l’année prochaine.

Voile : la Transat anglaise annulée : The Transat, course transatlantique quadriennale à la voile qui devait partir de Brest le 10 mai pour son 60e anniversaire, a finalement été annulée purement et simplement par les organisateurs. Les spécialistes de la course au large voient ainsi tomber le deuxième de leurs grands rendez-vous cette année. Reportée dans un premier temps (le 17 mars), la Transat AG2R – La Mondiale, qui devait débuter initialement le 19 avril, a finalement été annulée le 10 avril.

Le départ du Tour de France contrarié: Les premiers tours de roue du Tour de France, déjà reporté au 29 août, restent dans le flou. Dans son plan de déconfinement, le premier ministre Edouard Philippe a précisé que les événements pouvant rassembler plus de 5 000 personnes, et nécessitant d’être organisés en lien avec les préfectures, ne pourraient « se tenir avant le mois de septembre ». Le maire de Nice, Christian Estrosi, souhaite toujours accueillir le départ du Tour. Il a versé 3,55 millions d’euros à l’ASO pour accueillir le « grand départ ». De là à penser que la grande boucle est une affaire d’argent il n’y a qu’un grand coup de pédalier. Pourquoi pédaler contre les autres plutôt que de réfléchir à la façon dont le vélo peut résoudre la crise environnementale ? 

La F1 à huis clos : La saison de formule 1 aurait dû démarrer le 15 mars, en Australie. Mais les dix premières courses de la saison ont été annulées ou reportées, Covid-9 oblige. Chase Carey, président-directeur général de Formula One Group précise : « Nous nous attendons à ce que les premières courses se déroulent sans spectateurs ». Un peu avant la communication des dirigeants de la F1, la manche française, qui aurait dû avoir lieu le 28 juin sur le circuit Paul-Ricard du Castellet (Var) a été annulée.

Pour militer, NON aux JO de Paris : L’épidémie de coronavirus, a mis en avant la nécessité de changer de modèle de société. Or, dans 4 ans, Paris se propose d’organiser les Jeux Olympiques. Par leur gigantisme ils supposent la construction de lourdes infrastructures artificialisant toujours plus les territoires. Par leur caractère mondial ils généreront de nombreux déplacements énergétiquement coûteux et susceptibles de favoriser la propagation de nouvelles épidémies. Ils entretiendront l’esprit de compétition et le nationalisme quand la coopération devrait être le mot d’ordre. Enfin, ils seront financièrement très lourds au moment où les budgets publics sont déficitaires et où les dépenses devraient être prioritairement consacrées à l’adaptation de nos sociétés à un monde plus résilient et plus respectueux de l’environnement. N’organisons pas les Jeux Olympiques. Il existe déjà beaucoup de compétitions sportives et un tel renoncement constituerait un excellent symbole d’une réelle volonté de changer les choses et d’aller vers un monde plus durable…

Climat, gare à la relance économique « grise »

« Tenter de remettre l’économie sur pied sans tenir compte de la trajectoire climatique serait faire preuve d’une myopie dangereuse. La baisse spectaculaire des prix du pétrole, qui se sont effondrés en même temps que l’activité mondiale, pourrait rendre tentante l’idée d’une relance « grise », qui s’appuierait fortement sur des énergies fossiles temporairement bon marché. La France doit se servir de cette crise pour renforcer ses ambitions climatiques… si nous ne le faisons pas dans ces circonstances, il y a peu de chances d’y arriver une fois que les vieux réflexes auront repris le dessus. » Ce n’est pas un dangereux écologiste qui a écrit cela, c’est l’éditorial du MONDE.

Il est en effet très probable qu’on va s’évertuer à rejouer le même air. Comme le pays va se prendre une énorme claque économique, Pôle emploi sera submergé d’inscriptions, le chômage partiel va se transformer en chômage total dans les secteurs du tourisme-restauration, sport, culture, bagnole, aérien… Ça va être le sauve qui peut général, la course au boulot, au client, au chiffre d’affaires. La crise sanitaire vient de repousser de 10 ou 20 ans la transition écologique. Le marché dit : ne raisonnez pas, produisez ! La publicité dit : ne raisonnez pas, consommez ! Le prêtre dit : ne raisonnez pas, croyez ! L’officier dit : ne raisonnez pas, exécutez ! Macron dit : ne raisonnez pas, retournez travailler ! Pourtant un confinement durable et généralisé serait le moment idéal pour mettre en œuvre le processus de destruction créatrice cher à Schumpeter. On doit accepter de perdre des emplois dans des secteurs polluants et non rentables compte tenu de leurs externalités, pour les transférer vers les secteurs réellement utiles à l’échelle de la société. Seul l’État ou la responsabilité cumulée de tous les consommateurs conscientisés ont les moyens de le faire puisque les externalités ne se mesurent qu’à l’échelle de la société entière. A l’échelle des entreprises, tant que les externalités ne leur seront pas taxées, il y a peu d’espoir de réorientation significative des investissements.

Nicolas Hulot affirme à juste titre que la nature exprime avec ce virus « une sorte d’ultimatum ».On verra quel sera le degré d’adaptation de l’espèce homo sapiens-demens face à un danger cette fois-ci irréversible, le réchauffement climatique pour lequel il n’y aura plus d’espoir de traitement ni de vaccin. Un seuil a été dépassé, le seuil de liaison entre le capitalisme fondé sur le crédit et les ressources naturelles qui sont la base de toute richesse réelle. L’espoir d’une nouvelle phase A (le moment de la reprise économique analysé par Schumpeter) du cycle Kondratieff, cet espoir est vain. Nous ne sommes pas à l’aube d’une nouvelle croissance matérielle, nous sommes dans la phase terminale du capitalisme. De l’argent public va être massivement emprunté aux générations futures pour remettre la machine en route, le moins que nous leur devons c’est de penser à eux dans notre façon de l’investir pour leur éviter la double peine. On doit supprimer des millions d’emplois dans les secteurs qui reposent sur les énergies fossiles pour les remplacer par des emplois de maçons spécialisés dans l’isolation des immeubles, dans le retour de la paysannerie et la systématisation de l’artisanat. Il n’y aura de sobriété énergétique et de rupture écologique que sur un champ de ruines. Les années qui arrivent s’annoncent passionnantes.