Actualité climatique, et vitrines brisées

Samedi 21 septembre, vitrines cassées, banque dégradée, barricades de fortune incendiées à Paris… « Ne prenez aucun risque et quittez la Marche pour le climat. Les conditions d’une marche non-violente ne sont pas réunies », a tweeté Greenpeace. Les émeutiers masqués et en noir devraient être cloués au sol par les autres manifestants et livrés à la police.

Vendredi 20septembre, « Friday for future ». De New York à Sao Paulo dans plus de 150 pays, plusieurs millions d’écoliers et d’étudiants sont descendus dans les rues pour une « grève globale » en faveur du climat. « Nous sommes l’avenir et nous méritons mieux », a déclaré à Bangkok Lilly Satidtanasarn, 12 ans, surnommée la « Greta Thunberg de Thaïlande ». Aucune manifestation n’a été autorisée en Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, mais Zheng Xiaowen, du Réseau d’action de la jeunesse pour le climat, a promis d’autres formes de mobilisation. « Les jeunes Chinois ont leurs propres méthodes », a-t-elle déclaré. Un sommet spécial sur le climat est prévu lundi prochain à l’ONU, avec une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont Emmanuel Macron et Angela Merkel. Cette dernière a animé un conseil des ministres extraordinaire, le premier du genre, entièrement consacré à la lutte contre le réchauffement climatique. Mais les annonces ont tout l’air d’expédients. Elles constituent un catalogue de mesures techniques dont on comprend qu’elles visent à être aussi incitatives et aussi peu douloureuses que possible. Le vieux monde est aux abois. Qu’écrivent les commentateurs éclairés sur lemonde.fr ?

VincentB : Le seul indicateur qui permet de mesurer l’efficacité du combat contre le réchauffement climatique, c’est la production de pétrole. La voyez-vous baisser ?

Lomcha : Quand Airbus se réjouit hier que la flotte aérienne double dans les 20 ans, on se dit que c’est mal barré.

The Ad : L’économie de la planète est basée sur la consommation de matière et d’énergie ! Aucune solution soft ne peut exister compte tenu de l’exigence de l’objectif (la neutralité carbone en 2050). Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de solution : c’est juste pour ne pas se bercer d’illusions sur les « jeunes » arrivant à convaincre les « vieux » qu’il faut changer de modèle économique mondial !

Iphigénie : Ce gouvernement, les précédents et les suivants, voit une manif pour les retraites. Il demande une note de synthèse à Bercy, qui réponds : « pour assurer les retraites, il faut tout faire pour augmenter la croissance et baisser le chômage, mais ça augmentera le CO2.  » Ensuite il voit une manif pour le climat, il demande au ministère de l’écologie quoi faire et on lui dit « pour faire baisser le CO2, il faut faire de la décroissance, ce qui créera du chômage et demandera de réduire les redistributions sociales. » Donc il se réunit et se dit « on va faire du green-washing en espérant que ça passe jusqu’aux prochaines élections. »

Electron : Il est clair, comme le dit si bien JM Jancovici, qu’entre PIB et climat il faut choisir. Vouloir réduire son empreinte carbone, c’est aujourd’hui moins d’électricité, de transport, de chauffage, de nourriture, de béton, d’acier, de smartphone, d’internet.… Les solutions technologiques sans carbone (hydrogène, renouvelables, tout électrique) sont très coûteuses et complexes à mettre en œuvre, et ne remplaceront pas ce que peuvent apporter les énergies carbonées, et notamment le pétrole. Mais ce dernier n’en a plus probablement pour longtemps…

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4 réflexions sur “Actualité climatique, et vitrines brisées”

  1. Samedi, le programme des Nations unies pour l’environnement a décerné au mouvement Fridays for Future le prix de champion de la Terre pour avoir « souligné les effets dévastateurs du changement climatique ». Dimanche, l’ONU a voulu donner une tribune aux « jeunes champions pour le climat ». Malheureusement les low tech et les communautés de résilience ne sont pas à l’honneur, on vise le tout numérique.
    Un Mexicain propose de donner à chaque foyer une imprimante 3D pour fabriquer des biens de consommation quotidiens. Une Canadienne souhaite développer une plate-forme permettant d’évaluer les marques de la mode en fonction de leur durabilité. L’Indien Anurag Saha Roy lance une application permettant de mettre à disposition des fermiers les plus vulnérables des données météorologiques et agricoles compréhensibles par tous. Une Japonaise a développé un projet photographique visant à montrer comment le changement climatique affecte au plus près les humains.
    « C’est très enthousiasmant d’assister à ces partages d’innovations, plutôt que de se contenter de tirer la sonnette d’alarme », se félicite le jeune Français Côme Girschig.

    1. Champion de la Terre ou du Climat… de foot, de F1 ou de Fortnite … ça fait rêver, non ? Pas moi.
      Avec des jeunes comme ce Côme Girschig, ou ces « Jeunes Ambassadeurs pour le Climat » qui prêchent dans les collèges et les lycées, bref avec des jeunes « bien comme il faut », triés sur le volet, plein d’idées (à la con), surtout pas des casseurs de vitrines … faut-il s’étonner alors que les low tech et les communautés de résilience ne soient pas à l’honneur, et qu’au contraire on vise le tout numérique ?
      Le Grand Machin nous amuse, bien évidemment. Comme Macron nous amuse etc.

  2. « Le dérèglement climatique est plus rapide que nous. » ne cesse de répéter Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. Il a convié les Etats du monde entier à New York, du samedi 21 au lundi 23 septembre, pour un sommet exceptionnel sur le climat. Avec une condition : que les dirigeants arrivent avec des « plans concrets et réalistes et non pas des discours » ! Antonio Guterres a même appelé les gouvernements à stopper tout nouveau projet de centrale à charbon après 2020 et à mettre fin aux subventions aux énergies fossiles. Du jamais-vu pour un secrétaire général de l’ONU.
    Les jeunes sont dans la rue, les instances internationales se mobilisent, on peut se mettre à rêver que prendre l’avion ou manger de la viande posera demain un cas de conscience à chacun d’entre nous, qu’on soit Français, Chinois ou Africain. Ce qui est réconfortant, c’est la rapidité du changement global d’état d’esprit dans tous les pays. Bientôt tout le monde écolo, même Trump ou Bolsonaro ?

    1. – « Les jeunes sont dans la rue, les instances internationales se mobilisent » (Biosphère)

      Déjà, il est faux de dire « les jeunes ». Disons plutôt « quelques jeunes », ou « certains jeunes ».
      Ceci dit on peut toujours les compter, ces jeunes, « nos » jeunes , dans les rues ou ailleurs. Certes il y aura toujours des écarts entre « les chiffres officiels de la préfecture » et ceux des « organisateurs », mais de ça on s’en fout, à la rigueur on fait une moyenne. Quoi qu’il en soit on peut leur attribuer des chiffres et même une valeur, à ces jeunes … qui votent… quand ils votent, ce qu’ils votent … à ces jeunes qui consomment, ce qu’ils consomment… on peut même dire combien ils pèsent dans le « jeu », ces jeunes qui bossent et/ou qui s’amusent et qui déconnent etc.
      Ainsi on sait par exemple combien de jeunes travaillent l’été, il suffit de demander à Google. On sait aussi combien ils étaient fin juillet à New-York, pour ce championnat du monde débile de Fortnite, combien il y avait de joueurs, de spectateurs, de millions de dollars à « se faire », combien ont suivi ce grand n’importe quoi sur leur écran, etc. etc.

      Et pendant que cette jeunesse marche… bosse, s’amuse ou déconne… la planète brûle. Mais heureusement, pendant se temps … « les instances internationales se mobilisent ». La bonne blague !

      – « Les chefs parlèrent, et parlèrent… Et parlèrent encore. Mais rien ne pouvait endiguer le désastre. Leur monde s’écroula. » ( Le narrateur, au tout début de Mad Max 2 )

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