post-covid, pour une écologie de rupture

2020 devait être une année cruciale pour le climat et la biodiversité… la crise sanitaire actuelle risque de saper les engagements de long terme en faveur de l’environnement. Le congrès mondial de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) était programmé en juin 2020 et constituer un temps fort de mobilisation de tous les acteurs avant la COP15 (Convention des Nations unies sur la diversité biologique). Son secrétariat exécutif a demandé le report de cet événement. La 15e Conférence des parties (COP15) était prévue fin octobre 2020 en Chine, elle a été officiellement reportée à 2021. A Glasgow devait se tenir en novembre prochain la 26e conférence mondiale des Nations unies sur le climat, considérée comme LE moment de vérité : les États devaient venir avec de nouveaux plans climatiques plus ambitieux. La France, pays hôte de ce rassemblement, doit maintenant se prononcer sur son maintien ou non. A quelle échéance ces grands événements, qui rassemblent jusqu’à des dizaines de milliers de délégués et d’observateurs de très nombreux pays, pourront-ils de nouveau se tenir ? Au-delà des enjeux techniques et de calendrier, la crise sanitaire peut peser sur la volonté des pays à relever leurs ambitions en faveur du climat. Et comment parler au grand public de biodiversité alors que les populations seront occupées par des questions de logistique et de vie quotidienne ? 

Il est difficile d’être optimiste, mais comment faire autrement quand on est écolo, poussé par les gémissements de la planète ? On annonce officiellement des milliards et des milliards pour sauver les entreprises, « quoi qu’il en coûte » . Autant dire sauver le système : celui qui détruit les écosystèmes, bousille notre climat, détruit la vie sur terre, fait exploser les maladies chroniques, et mène l’humanité au désastre. A moins qu’après la pandémie, une rupture écologique s’amorce ! On ne peut que constater : les militants de la décroissance l’ont rêvé, le coronavirus l’a fait. L’activité productive est à l’arrêt, le krach boursier est arrivé, les perspectives de croissance sont en berne, les déplacements sont réduits au strict minimum, les voyages par avion sont supprimés, les enfants restent en famille chez eux, le foot-spectacle se joue à huis clos et la plupart des gouvernances sont remises en question. Les politiques commencent alors à réfléchir aux fondamentaux.

Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie, s’interroge : « L’épidémie de coronavirus change la donne de la mondialisation et montre que dans certaines filières, les difficultés d’approvisionnement peuvent poser un problème stratégique. Il devient dès lors impératif de relocaliser un certain nombre d’activités. » Il ne pense pas encore à la démondialisation, mais il est sur la voie. Le protectionnisme devient presque une évidence à l’heure d’un libre-échange généralisé qui a mis la planète au pillage et les humains victimes en retour d’un virus. De même contre la bidonvilisation démentielle ne doit-on pas penser à la désurbanisation. La civilisation thermo-industrielle qui se réchauffe n’est-elle pas vouée à la taxe carbone, à la contestation des plus lourds que l’air cloués actuellement au sol ainsi qu’au dévoiturage ? La surconsommation n’a-t-elle pas comme vaccin suprême la suppression de la publicité ? La surpopulation d’une humanité élevée hors sol pourrait faire place à une certaine dépopulation. La mise en sommeil de la plupart de nos activés productives par le confinement généralisé de l’humanité pourrait nous permettre de réfléchir sur la course absurde au toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus souvent. Le Covid-19 va-t-il permettre de remettre en question notre vanité humaine pour en revenir à la satisfaction de nos besoins essentiels ? Le retour au « business as usual » ne paraîtra plausible que pour les fous et les économistes. Dans un système ouvert, il est possible de concevoir n’importe quelle activité humaine. Dans un système fermé, l’homme ne peut plus agir comme bon lui semble s’il ne veut pas disparaître, dans le cas extrême, de la surface de la Terre.

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3 réflexions sur “post-covid, pour une écologie de rupture”

  1. Je ne dirais pas cruciale, je dirais tout simplement spéciale. Comme il y a des éditions spéciales, des cuvées spéciales, 2020 sera donc une année spéciale. Maintenant je ne crois absolument pas que 2020 changera quoi que ce soit pour le climat et la biodiversité. Comme pour tout le reste d’ailleurs. Ou alors pas grand chose, mis à part notre amour pour les chaînes et la servitude volontaire. La 15e Conférence des parties (COP15) reportée à 2021… ouai et alors ? La 26e conférence mondiale des Nations unies sur le climat reportée… et alors ? Oui mais, ce devait être là « LE moment de vérité, les États devaient venir avec de nouveaux plans climatiques plus ambitieux.» Ahahah la bonne blague !

    Bien sûr, là encore je rigole. Et bien sûr, après on viendra me dire que ce n’est pas bien de rigoler, que ce n’est pas constructif, que ce ne sont là que des jérémiades et patati et patata. Ce qui ne fera bien sûr qu’en rajouter à mon «optimisme», à mon besoin de me foutre de tous ces pauvres gens qui croient encore à la poupée qui tousse, et/ou qui se prennent un peu trop au sérieux. Ben oui et bien sûr, si vous voulez, j’ai déjà dit qu’il y avait des tas de façons de rire et de rigoler, alors j’imagine qu’il y en autant de geindre, de gémir, de se plaindre, de pleurnicher etc.
    Et puis et puis, bien sûr on me dira, la Positive-Attitude bordel ! il faut po-si-ti-ver, il faut y croire ! Tiens regarde, «une rupture écologique s’amorce ! On ne peut que constater : les militants de la décroissance l’ont rêvé, le coronavirus l’a fait. L’activité productive est à l’arrêt, le krach boursier est arrivé, les perspectives de croissance sont en berne, les déplacements sont réduits au strict minimum, les voyages par avion sont supprimés, les enfants restent en famille chez eux, le foot-spectacle se joue à huis clos et la plupart des gouvernances sont remises en question.»
    Ahahahah ! Je t’en prie camarade éco-citoyen, arrête tu vas me faire mourir de rire. Ne vois-tu pas camarade que l’Essentiel aujourd’hui c’est de reprendre le travail plein pot ? Manière de rigoler encore plus (au diable la juste mesure), tu peux même rajouter un zeste de «quoi qu’il en coûte».
    Bref ! Puisque cette période se prête à la réflexion, réfléchissons. Au stade où nous en sommes, en attendant … les yaca-faucon valent-ils mieux que les jérémiades, ou pas ? That’s THE Question !

    1. Michel C, si vous pouviez être plus concis dans vos commentaires,
      la force de votre argumentation y gagnerait beaucoup…
      merci

      1. Oui, je peux aussi. Justement je réfléchis actuellement à une certaine écologie de rupture.

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