biosphere

Urgence écologique, rébellion nécessaire

Faisant le constat de l’inaction des gouvernements face à l’urgence écologique et climatique, près de 1 000 scientifiques appellent les citoyens à la désobéissance civile. Leurs propos formulent l’évidence : «  Hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur…Une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est une impasse… L’habitabilité de la France sera remise en question… Le futur de notre espèce est sombre… En conséquence, nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes historiques (Amis de la Terre, Greenpeace…) ou formés plus récemment (Extinction Rebellion, Youth for Climate…)… »* Mais le message a du mal à passer, comme tous les autres messages anxiogènes qui sont médiatisés depuis les années 1970. La preuve, les commentateurs s’écharpent sur lemonde.fr :

Philippe C : Pas très intelligent ni responsable d’appeler à la désobéissance civique alors que l’on croule (voire crève) sous les incivilités qui pourrissent la vie de tous le monde. On a presque une élection par an pour s’exprimer efficacement, n’est ce pas suffisant ? La désobéissance civique est un refus de la loi…..

CH Kenny @ Philippe : Quand les lois – de l’argent en l’occurrence – sont stupides, que faire ?

Andreas : Au lieu de crier à la désobéissance, ces 1000 cerveaux feraient mieux d’atteler leurs efforts pour trouver une solution au CO2 par exemple. Il doit bien y avoir des moyens pour capturer à grande échelle les gaz à effet de serre. J’ai vu un reportage il y 6 mois environ d’une entreprises dans les Grisons qui avec d’énormes ventilateurs qui aspiraient l’air, captait le CO2 et en faisait des galettes. Pourquoi on en parle pas plus?

C3po @ Andreas : Et après la marmotte, elle prend la galette, elle l’emballe dans de l’aluminium, et hop ! il n’y a plus de CO2. Elle est pas belle, la vie ?

Pat Cartier : Étonnant tous ces commentateurs qui se comportent comme si cette tribune était faite pour convaincre. Alors que sa véritable fonction est de faire connaître la liste des signataires. Notez bien les noms, lecteurs du Monde : ce sont ceux de vos futurs commissaires politiques si les décroissants arrivent au pouvoir.

Eric L. : La tendance générale des réactions est plus inquiétante que la tribune elle-même. L’inconscience de la situation et des risques d’emballement climatique est largement partagée, et toute idée de remise en cause de notre système économique directement à l’origine du réchauffement, de la pollution et de la chute de la biodiversité, rejetée. On attend des scientifiques… des solutions ! Des solutions qui ne remettraient pas en cause le moins du monde notre mode de vie, bien entendu. Quand le vent forcit, on réduit la voilure. Nous, on s’accroche à elle! L’issue ne fait guère de doute dans ces conditions : nous serons emporté avec elle…

Gladys Destin : Le catastrophisme me fatigue. Je trouve cette tribune puérile et scooperesque. L’écologie attend le plus grand sérieux, une transition réfléchie et concertée. De grâce, n’en soyons pas victimes, mais grands gagnants, alimentation, confort, santé, mobilité… il suffit d’intelligence et de pragmatisme, pour arrêter une grande partie du carnage, pas de contrition ou de punition

Gilles SPAIER : Je suis atterré de voir la résistance de nombreux lecteurs du Monde. Il est exact que l’action du gouvernement est totalement entravée par les pressions des lobbys industriels et agro-industriels. Exemple concret, Macron fait sa Com à Chamonix et en même temps ladite vallée a été phagocytée par le tourisme et l’autoroute du Mont Blanc. Cherchez l’erreur.

Piérick @ GillesSpaier : Tout est dit dans votre propos : l’absurdité (ubuesque) des décisions politiques pour lutter contre ce réchauffement climatique (200 € par an si un fonctionnaire prend son vélo pour aller travailler… (sic)), etc. Nous sommes cuits, bien évidemment, à tous points de vue : +7°C en 2100, l’eau et les sols contaminés, la majorité des espèces vivantes sous terre… Le bon côté des choses, c’est que la Terre et le reste des espèces vivantes iront infiniment mieux lorsqu’elles seront débarrassées de la plus nuisible des espèces, à savoir « sapiens sapiens »…

Notre soutien aux mouvements de rébellion sur ce blog biosphere :

9 octobre 2019, Tout savoir sur Extinction Rebellion

9 octobre 2019, Pour ou contre Extinction Rebellion ?

1er octobre 2019, Biosphere-Info, la désobéissance civique

3 juillet 2019, Extinction Rebellion avec Ingrid Verleye

20 mai 2019, Greta Thunberg, l’icône dont nous avons besoin

20 avril 2019, CLIMAT : la semaine internationale de rébellion

20 février 2019, Nous, adultes, ferons la grève scolaire du 15 mars

* LE MONDE du 21 février 2020, L’appel de 1 000 scientifiques : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »

La croissance étouffée par ses déchets

Nos déchets forment désormais de véritables couches géologiques. Il est certain qu’aucune créature autre que l’homme n’a jamais réussi à souiller son nid en un temps aussi court.

Dans son livre, Homo detritus, critique de la société du déchet, Baptiste Monsaingeon constate que jusqu’à la fin du XIXe siècle, le déchet n’existe pas. Les excreta urbains servent de matières premières, les chiffons sont récupérés, les boues organiques (épluchures et boues noires) servent de compost pour les paysans. L’apparition des poubelles marque l’abandon de ces vertueuses pratiques de synergie entre villes et campagnes. Le 24 novembre 1883, Eugène-René Poubelle, préfet du département de la Seine, impose aux Parisiens l’usage de réceptacles pour l’enlèvement des ordures ménagères. Sous l’impulsion de l’hygiénisme, on banalise l’idée d’abandonner de la matière sans usage ultérieur. Cette idée est aussi un héritage du « progrès » techno-industriel. On délaisse la vidange des boues urbaines quand Justus von Liebig met au point les engrais chimiques dans les années 1860. Avec la découverte d’un procédé d’extraction de la cellulose, on n’a plus besoin des chiffonniers pour fabriquer du papier. Avant leur interdiction, en 1946, la France en comptait 500 000. On invente donc le déchet, qui désigne toute quantité de matière ou produit destiné à l’abandon, ce qui est toujours sa définition juridique actuelle, sanctionnée seulement en 1975 par la loi française (article L. 541-1-1 du code de l’environnement)*.

Plutôt que de réduire les déchets à la source, compostage privé, abandon total des emballages, chacun son cabas et ses pots en verre, nous faisons la chasse aux rejets intempestifs et aux dépôt sauvages. La civilisation du contrôle tout azimut étend son emprise sur nos comportements quotidiens, sur nos déchets. Il faut ramasser les crottes de son chien, ne pas cracher son chewing-gum, bien trier, ne pas se tromper de sac de poubelle, sinon gare. La brigade verte de la ville veille, des agents assermentés sévissent, procès-verbal et amende, on ne plaisante pas avec les ordures, la propreté administrative doit régner. Demeure un problème majeur, neuf fois sur dix les contrevenants ne sont pas identifiés**. Ce n’est pas à l’âge de pierre qu’on doit revenir, c’est à l’époque pré-urbaine du recyclage intégral sur place. Contraints par le manque d’énergie fossile il faudra bien s’y mettre. Prenez l’exemple des déchets organiques. Sur le plan technique, le lombricompostage domestique est très efficace. Et l’épicerie en vrac*** s’installe. Le changement d’imaginaire s’opère. Ecolo des années 1970 : le déchet est ingérable, la pollution et l’entropie nous submergeront. Ecolo des années 2000 : le déchet est immoral, la planète se vengera. Ecolo des années 2050, victoire, une société sans déchets. Le vert brigadier du futur qui trouvera un déchet pourra dire : « Bizarre, ce déchet-là, je croyais qu’il ne fallait plus le produire ». Nos articles antérieurs sur la question des ordures :

13 janvier 2020, La chasse aux cotons-tiges est ouverte

30 septembre 2018, Un univers sans déchets, possible pour zero waste

21 septembre 2018, Stocamine, le problème insoluble des déchets ultimes

7 octobre 2011, une civilisation étouffée par ses déchets

7 mars 2010, des déchets en héritage

* LE MONDE, 22 décembre 2019, L’abandon des déchets « est un héritage de la modernité industrielle (entretien avec Anne Guillard)

** LE MONDE du 20 février 2020, Déchets : les « brigades vertes », nouvel outil anti-incivilités des communes (Enora Ollivier)

*** Créée au printemps 2013 par Didier Onraita et David Sutrat, day by day, mon épicerie en vrac est née de l’envie de ces deux entrepreneurs de proposer un nouveau concept de magasin de proximité dans lequel le consommateur pourrait trouver les produits du quotidien vendus en vrac. En moins de 4 ans, day by day a déjà ouvert 40 magasins et ambitionne d’avoir plus de 100 magasins en France et à l’Etranger d’ici deux ans.

Liste des magasins day by day en France disponible ici : http://daybyday-shop.com/magasin

L’euthanasie en Belgique, facile ?

En Belgique, 2 357 demandes officielles d’euthanasie – dont 2,4 % pour troubles mentaux ou du comportement – ont été introduites en 2018. La loi sur la fin de vie adoptée par la Belgique en 2002 prévoit qu’une souffrance psychologique jugée incurable et irréversible peut être admise comme une raison valable pour une euthanasie, si une série de conditions et de procédures sont respectées. L’ordre des médecins prône, quant à lui, le maintien du droit des personnes à « l’autodétermination ». Une cour d’assises a acquitté, le 31 janvier 2020, deux médecins et une psychiatre qui étaient poursuivis pour l’euthanasie, en 2010, d’une femme de 38 ans ; elle souffrait de graves troubles psychiatriques.* L’euthanasie pourrait-elle devenir « une industrie » en Belgique ? Les sollicitations venues de France ont fortement augmenté. On exige une première consultation en Belgique, l’avis du médecin traitant en France et, même si la loi belge ne le prévoit pas, l’information des proches. Pour être pris en charge, un patient français doit obligatoirement faire état de souffrances physiques ou psychiques inapaisables causées par une affection grave et incurable. Obtenir une euthanasie en Belgique relève souvent du « parcours du combattant », prévient-on à l’ADMD. Les médecins belges acceptant de répondre à des demandes d’euthanasie de patients étrangers ne sont pas nombreux. N’est-ce pas déresponsabiliser la France que de prendre en charge ce problème ?**

La France est un pays très arriéré en matière de fin de vie. La maladie ignore les frontières et les inégalités, tout le monde n’a pas forcément les moyens d’aller ailleurs chercher ailleurs ce dont le prive en France une coalition des médecins, des religieux et des politiciens. Le suicide assisté est aussi accordé en Suisse. Mais cela coûte encore plus cher qu’en Belgique. La mort est déjà une industrie via les pompes funèbres, il y a « industrie » partout où l’investissement est rentable, y compris dans les maisons de retraite, la production de médicaments, etc. Rien de choquant donc à bénéficier d’un service médicamenteux pour sa fin de vie. L’euthanasie est une décision personnelle qui ne concerne que celles et ceux qui désirent mettre un terme apaisé à leur vie, afin que leurs proches gardent d’eux une image sereine et non pas douloureuse, rongée par la dépendance. Chacun devrait pouvoir, dans un cadre de son choix, se donner personnellement la mort afin de pas donner à ses proches l’image de sa propre déchéance. Il s’agit d’actes volontaires, une personne est censée être libre de disposer de son corps. Pourtant, en France, même la loi sur la sédation profonde n’est pas appliquée par les services de soins palliatifs. Un chien peut être euthanasié mais pas un être humain ! Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

18 janvier 2020, Fin de vie à domicile, la galère

8 janvier 2020, Fin de vie, prendre du midazolam ?

12 juillet 2019, le cas Vincent Lambert, suite et fin

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

26 avril 2019, L’affaire Vincent Lambert, l’euthanasie en suspens

6 juillet 2018, ADMD, pour le droit de mourir dans la dignité

13 mars 2018, Le suicide assisté, atteinte à la liberté individuelle ?

3 mars 2018, Quelle liberté pour une mort dans la dignité ?

8 septembre 2017, Anne Bert décide dignement de son dernier voyage

9 avril 2017, Les présidentiables et le droit de mourir dans la dignité

7 mars 2017, Sédation profonde ou droit de mourir dans la dignité ?

25 septembre 2016, Euthanasie, un mot en vogue pour la mort douce

29 janvier 2016, Ni euthanasie, ni suicide assisté, une molle décision !

13 mars 2015, Mourir dans la dignité, un débat qui n’en finit pas

9 mars 2015, Une mort digne d’être vécue n’est pas chose impossible

14 décembre 2014, Fin de vie, encore une mesurette de François Hollande

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

10 mars 2009, euthanasie, le droit ultime

6 juin 2007, croisade obscurantiste des religions sur l’euthanasie

* LE MONDE du 19 février 2020, En Belgique, un procès a ravivé les fractures entre défenseurs et opposants de la loi sur l’euthanasie

** LE MONDE du 19 février 2020, De plus en plus de Français demandent l’euthanasie en Belgique

De la neige hélitreuillée pour skier

Même la ministre de l’écologie réagit : « Enneiger des stations de ski par hélicoptère n’est pas une voie possible. »* Le directeur du syndicat mixte à Luchon-Superbagnères, conscient que ce n’est pas hyper écologique, se défend : « C’est vraiment exceptionnel, on n’a pas eu le choix cette fois-ci. » C’est en fait la faute du conseil départemental de Haute-Garonne qui sait calculer le bon rapport coût/bénéfice : « En termes de retour sur investissement, il faut multiplier au moins par 10 ». Les skieurs sont contents et 50 à 80 personnes vont pouvoir travailler grâce à cette opération aérienne. Voici quelques réactions sur lemonde.fr :

Hotdog : Ah, ils n’avaient pas le choix. Alors si tous ceux qui n’ont pas le choix continuent de déverser des gaz à effet de serre pour des activités de loisir, on n’est pas près de s’en sortir.

mille sabords : Rappelons qu’il y a peu, des ourses aussi sont arrivées en hélico dans les mêmes coins, pour contourner des « amis de la nature-sans-les ours » très agressifs. Gageons que si on lâche de la neige par hélico pour garder ses touristes, c’est qu’on peut également chasser l’ours par la voie des airs pour garder ses brebis. Quelle époque !

Raphou : Le problème ce n’est pas que les responsables d’une station de ski aient utilisé l’hélico. Le vrai problème, c’est qu’ils aient pu le faire pour une somme d’argent si faible. La seule manière de réguler efficacement la pollution, c’est par l’argent. Il n’y a pas d’utilisation plus ou moins justifiée de l’énergie : que ce soit pour transporter de la neige, chauffer des terrasses, faire rouler une voiture pour aller au boulot, faire tourner un serveur informatique, engraisser du bétail, faire voler un avion ou chauffer une maison mal isolée, chacune utilise l’énergie en fonction du budget dont il dispose et du retour sur investissement qu’il espère. Si on décide que c’est anormal de transporter de la neige par hélico, alors on surtaxe le kérosène (donc le pétrole) d’un facteur 10, mais alors l’impact sera le même pour l’avion, la voiture, les tracteurs ….

Jean Puplu : Une belle illustration de comment le vieux monde n’en fini plus de finir. Ça fait 20 ans que les stations de moyenne montagne voient leur enneigement baisser inexorablement. C’est une constatation, et même les climato-sceptiques ne peuvent nier ce fait. Personne n’a jamais voulu changer d’approche. Personne. La on est au paroxysme de cette inadaptation. « C’est pour sauver des emplois », oui mais pour combien de temps ? Vous croyez que la neige va revenir et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Des millions de petits Titanic prennent l’eau tout autour de nous et on s’inquiète de payer les membres de l’orchestre ? Si on s’était réveillé avant, ils auraient appris à faire autre chose et on en serait pas là. Je ne sais pas si on a encore le temps maintenant…

Mister Z : Il est étonnant de voir comment on se préoccupe de l’emploi dans les stations alors que la destruction des charbonnages, du textile, de la sidérurgie, des chantiers navals, d’une bonne partie de l’automobile et de la chimie était passée sans autre chose que le sursaut de ces dizaines de millions de victimes en partance pour la casse sociale…

Doute : Bien sûr cela nous scandalise. Mais pour changer ces pratiques il faut changer de paradigme. Les acteurs économiques prennent des décisions en fonction des paramètres de coûts qu’ils ont : en l’occurrence c’était rentable. Équiper les stations de canons à neige c’est scandaleux mais c’est rentable. Tant que cette équation ne changera pas, rien ne changera. Il faut rendre ces pratiques non rentables et pour cela augmenter de façon considérable le coût de l’énergie, voire moduler les taxes sur l’énergie en fonction de leur utilisation finale. C’est incontournable.

Sur ce blog biosphere, nous voulons que la ministre de l’écologie Elisabeth Borne interdise totalement le tourisme à ski et que Macron impose la taxe carbone. On peut toujours rêver…

24 juin 2019, Stations de ski et réchauffement climatique

7 février 2018, Ne skiez pas, ni au Pla d’Adet ni ailleurs

27 décembre 2016, Des vacances de Noël sans chausser les skis

13 mars 2008, Non aux skieurs chinois

* LE MONDE du 18.02.2020 Livraison de neige par hélicoptère dans les Pyrénées : « Ce n’est pas une voie possible », critique Elisabeth Borne

L’écologisme concurrence les religions

« Il y a environ trois cents ans, une Société de la terre plate a été fondée par ceux qui ne croyaient pas à la rotondité de la planète. Cette société existe toujours, elle doit compter une dizaine de membres »*. Mais il y a encore mieux dans l’invention humaine de croyances folkloriques, le culte du Monstre en spaghettis volant ou« pastafarisme » : le créateur de l’Univers est un amas de pâtes truffé de deux boulettes de viande. Canular inventé en 2005 aux Etats-Unis, la religion du dieu-spaghettis est officiellement reconnue, aujourd’hui, par plusieurs pays du monde, notamment les Pays-Bas et Taïwan**.

Dans Deus Casino, François De Smet prend cette aventure loufoque comme point de départ de ses réflexions sur les religions. Au nom de quoi refuser à cette croyance, même si elle constitue une extravagance revendiquée, le nom de religion ? Le débat ne peut porter sur l’invraisemblance du dogme, puisque les religions établies sont dans la même situation. Difficile d’opposer au pastafarisme des arguments scientifiques, dans la mesure où les religions en place soulignent toutes, pour justifier leur légitimité, qu’elles échappent à la réfutation par les faits. Quand la croyance se prend au sérieux, elle transforme ses rêveries en réalités supposées. C’est en jouant à se raconter des histoires extraordinaires sur le monde, sur eux-mêmes et sur le destin que les humains forgent des moyens de survivre à leurs angoisses. Puis ils oublient qu’il s’agit d’un jeu. Au bout du compte, ils croient savoir, au lieu de savoir qu’ils croient. Mais concevoir une société sans croyance, un groupe humain sans foi commune, ne semble pas possible.

La religion a une double signification, elle relie (religare) et elle rassemble. Elle permet une pratique institutionnalisée qui apporte une cohérence au monde et le maintien de cet ordre. Aucune société ne peut vivre sans une certaine forme de religion.Toute organisation humaine renvoie en effet à un ensemble de prémisses fondamentales sur ce que sont le monde, le réel, la vie, donc à une ontologie, une métaphysique considérée comme référence à notre éthique. Le problème de fond c’est de déterminer à quoi se relier : une divinité ? le collectif humain ? la Nature ? L’écologisme porte en lui un changement profond par rapport aux religions du livre (bible, nouveau testament, coran), un retour à une vision plus en phase avec les possibilités d’une vie viable, vivable et conviviale sur cette planète. L’écologisme signifie que nous voulons nous relier à notre maisons commune, qui est à la fois notre maisonnée, la société et de façon globale la Terre. Cela n’éliminera pas les controverses ; le mélange des connaissances scientifiques, des contraintes socio-économiques et des interprétations philosophiques laisse un large manœuvre de débat sans fin. Mais l’important c’est de reconnaître que nous sommes dépendants de réalités biophysiques, c’est la Terre-mère qui importe, pas Dieu-le-père caché dans la stratosphère. Sur ce blog biosphere, voici nos articles antérieurs sur la question religieuse :

22 août 2019, Spiritualité, religion et écologie

16 juillet 2019, Alain Hervé, la religion, le terrorisme…

3 août 2018, Religion et écologie commencent à faire bon ménage

4 juillet 2018, La religion écologique n’est pas une religion

15 août 2016, En finir avec la religion du progrès

28 février 2015, Une religion pour la terre-mère est-elle dangereuse ?

21 septembre 2014, Religion catholique et écologie : comparaison papale

16 septembre 2009, bien-être et religion

22 décembre 2008, quelle religion pour le XXIe siècle ?

* réponse de l’ancien président du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat), l’Indien Rajendra Pachauri, à ceux qui lui demandaient ce qu’il pensait des détracteurs du réchauffement climatique.

** LE MONDE des livres du 14 février 2020, « Deus Casino », de François De Smet : la chronique « philosophie » de Roger-Pol Droit

Grève des retraites ou grève du climat ?

Tout le monde se veut écolo, simple mode ou évolution de fond ? Le secrétaire général de la CGT se rapproche d’organisation comme Greenpeace, pourquoi ne pas créer un syndicat « vert » ?* Le nouveau patron de British Petroleum a promis la « neutralité carbone » d’ici 2050, ce sera « Beyond Petroleum » ! Avec Greta Thunberg, des étudiants font grève pour le climat. Maintenant un collectif d’étudiants et de lycéens presse « désespérément » les enseignants, mobilisés contre la réforme des retraites, de s’engager avec la même force contre la crise climatique. Tous ensemble, tous ensemble. Bientôt nous serons tous écolos, de gré ou de force, quand on arrivera aux dernières gouttes de pétole et que la température du globe dépassera en moyenne de 5 °C la période pré-industrielle. Autant agir avant. C’est ce qu’explique quelques étudiants à leurs enseignants :

« Chers professeurs, votre mobilisation contre la réforme des retraites contraste avec l’absence presque indécente de mobilisation pour le problème infiniment plus grave qu’est pour notre génération la crise climatique. Tout semble se passer comme si celle-ci n’existait pas vraiment pour vous, comme si nous allions vivre une vie similaire à la vôtre, comme si vous croyiez qu’en vous battant pour les retraites, c’est aussi notre avenir que vous garantissez. Qui d’entre nous est assez naïf pour s’attendre à prendre sa retraite vers 2070 dans un monde à + 5 degrés ? Vers 2045, dans une Terre « étuve », il sera de plus en plus difficile de vivre.Nous avons désespérément besoin de votre aide. Désespérément besoin que vous pesiez de tout votre poids pour forcer une action politique comme vous le faites pour les retraites. Désespérément besoin que vous vous engagiez massivement contre la crise climatique, comme si nos vies étaient en jeu, parce qu’elles le sont. Vous qui nous côtoyez tous les jours, pourquoi n’agissez-vous pas tant qu’il est encore temps ? Pourquoi ne faites-vous pas massivement grève pour le climat ? Pourquoi nous laissez-vous pratiquement seuls quand nous nous mobilisons ? Vous ne pouvez pas faire comme si la crise climatique était un problème qu’il nous appartiendra de régler, parce que ce « problème » doit être réglé bien avant d’advenir. Si nous dépassons un point de bascule climatique, aucune politique de réduction des émissions ne permettra d’inverser la tendance… Vos élèves, qui auront à peine plus de 40 ans au milieu du siècle. » Voici quelques commentaires sur lemonde.fr :

Zhkarojr : Bravo à ce collectif pour cette belle et urgente tribune. Les jeunes sont malheureusement en train de prendre la mesure de l’égoïsme absolument monstrueux de l’espèce humaine. Les générations actuellement en charge de responsabilités (et ne parlons pas des retraités!) ont délibérément choisi de s’aveugler sur la catastrophe climatique et de sacrifier leurs propres enfants.

Mille : Un prof, à la base, est un animal sûr de ses savoirs, donc sûrement la bestiole la moins apte à se remettre en question … Pensez-vous qu’il y en ait beaucoup qui puissent se dire « voilà 30 ans que je vis comme un débile, il faut que je change de mode de vie » … imaginez-vous un prof se dire  » il faut que j’arrête d’aller de mon pavillon-piscine-pelouse à tondeuse au lycée avec mon SUV et que je prenne le même bus que mes élèves » … « il faut que j’arrête de partir en avion où-que-ce-soit » Déjà, cherchez les prof HG qui aient enseigné le développement durable … et demandez-vous pourquoi l’idée de DD a totalement disparu des nouveaux programmes Blanquer du lycée …
ma@ : Les luttes pour les retraites et celle du climat sont liés. Les fonds de pension, qui seront favorisé par le changement de système , n’investissent pas vers des solutions éthiques et responsables mais favorisent les investissements rentables pour garantir des retraites confortables aux plus aisés.

Sarah Py : Remarquable de rigueur et d’intelligence cette tribune. Le phénomène d’emballement climatique, de réactions en chaînes comme multiplication des conséquences, et qui donnent son seul sens à celui d’urgence climatique est au centre de la réflexion de ces adolescents alors qu’il est si absent des discours de leurs aînés. C’est la totalité de nos élites qui devrait être en cause : depuis trente ans, ils n’ont rien prévu, rien analysé et ils osent même critiquer à travers Greta Thunberg cette jeunesse qui manifeste. Ce rejet collectif quasi unanime de nos intellectuels de plus de 50 ans des grèves du climat par les étudiants pose problème. Il faut remettre en cause leur intégrité intellectuelle et leur capacité de réflexion digne des enjeux à venir.

* LE MONDE du 13 février 2020, Faut-il créer des syndicats « verts » ?

** LE MONDE du 14 février 2020, « L’ambition écologique de BP est considérable, démesurée »

*** LE MONDE du 13 février 2020, « Chers professeurs, pourquoi ne faites-vous pas massivement grève pour le climat ? »

Le pire et le meilleur de « La Décroissance »

Un mensuel comme La Décroissance (né en 2004) consacre une partie de ses colonnes à faire le tri entre les « vrais » et les « faux » écologistes,ces derniers étant jugés « écotartuffes ». On bascule d’une posture politique à une posture moralisatrice. La récupération des questions écologiques est un problème crucial car cet opportunisme qui prétend agir « au nom de l’écologie » (écoblanchiment, greenwashing) va à l’encontre de ce qu’il faut faire vraiment. Une des difficultés pour les écologistes décroissants est de ne pas tomber pour autant dans une chasse aux sorcières, comme les rédacteurs en donnent parfois l’impression en prenant le risque d’avoir raison tout seuls. Ceci dit, il y a bien d’autres choses qui importent dans cette revue ; nous lisons leurs publications depuis leur origine et nous leur faisons de la publicité depuis des années, ainsi nos articles en 2005 :

– La décroissance, le journal de la joie de vivre. Ce bimestriel est aussi le journal de Casseurs de pub, il résume tout ce que la Biosphère voudrait que les humains pensent. Dans son numéro de juin-juillet 2005, le grand titre nous engage à « Vivre après le pétrole », avec dessin de la bagnole transformée en poulailler. Il nous indique tout ce qu’il faut savoir sur la marche des décroissants pour supprimer le Grand prix de France de F1. Il fait une biographie du père de la décroissance, le mahatma Gandhi et indique qu’il faut aussi décroître l’armée. Une page entière sur le pic du pétrole (nous y sommes presque), c’est-à-dire le commencement de la fin, et un encadré sur la saloperie que nous n’achèterons pas, ce mois-ci la tondeuse à gazon. A chaque fois un petit reportage sur les éco-citoyens qui pratiquent la simplicité volontaire : on y voit Elke et Pascal vivre sans voiture et sans télé, ce qui donne le temps de s’occuper d’un jardin, mais qui vivent aussi dans le péché parce qu’ils ont un ordinateur et pratiquent la sexualité libre. Ils pensent que faire l’amour avec sa voisine ou son voisin ou les deux à la fois n’a pas de sens moral (ndlr, sauf si on fait trop d’enfants !), mais que prendre la voiture pour aller au boulot, ça, oui ! (14 juillet 2005)

– Casseurs de pub. A la fin de chaque année, on a droit à un numéro spécial du journal « La décroissance » (11 place Croix-Pâquet, 69001 Lyon)* pour galvaniser la résistance contre tous ceux qui tendent à détruire la nature, à conditionner nos idées et à réduire nos vies à celles de simples consommateurs. On trouve en particulier un article « Comment Libération (le journal) se convertit à la publicité » (en février 1982). Fondé en 1973 par le philosophe JP .Sartre pour lutter contre le journalisme couché, ce quotidien se voulait pourtant libre de tous pouvoirs économiques afin de porter un regard critique sur la société. Son manifeste initial avait promis : « Il n’y aura pas de publicité car les annonceurs, en finançant la presse, la dirigent et la censurent. » Moi vivant, disait S.July en 1973, il n’y aura jamais de pub dans Libé. Le même assénait en 1982 que sans publicité Libération eût été incomplet, en retard car de nouvelles valeurs sociales se sont imposées qui croisent celles pour lesquelles la publicité est un moyen prédisposé !!! Ce qui devait arriver arriva, en 2005 ce journal aux idées révolutionnaires est détenu à hauteur de presque 40 % par Edouard de Rothschild, « Libération » est restructuré et des licenciement effectués car la publicité ne couvre pas suffisamment les frais ! (4 janvier 2006)

*NB : la rédaction est aujourd’hui à l’adresse 32 rue Crillon(BP36003) – 694111 Lyon cedex 06

EELV. Julien Bayou est-il un écotartuffe ?

Le mensuel « La Décroissance » consacre une partie de ses colonnes à faire le tri entre les « vrais » et les « faux » écologistes. Si la récupération des questions écologiques est un problème crucial quand des entreprises s’expriment « au nom de l’écologie » (écoblanchiment, greenwashing), une des difficultés est de ne pas tomber pour autant dans une chasse aux sorcières quand il s’agit de personnes. A vous de juger si Julien Bayou est un écotartuffe… ou pas. Extraits du dernier numéro du « 1er journal d’écologie politique » :

1) « Précisons ce qu’est un écotartuffe à tous nos lecteurs parfois indisposés par les personnalités choisies par nous. En souvenir de Molière, l’écotartuffe renvoie à l’hypocrisie de tous ceux qui prétendent « faire le bien » pour ne servir que leurs propres intérêts. Alors qu’il y a cinquante ans les mêmes se seraient mis « au service de la classe ouvrière », l’engagement écologiste est aujourd’hui le terrain privilégié des tartuffes modernes. Julien Bayou, nouveau secrétaire national d’EELV depuis fin novembre, 2019, constitue un cas d’école si parfait qu’on a peine à le croire. Ses premiers faits d’armes ont lieu dans les association Générations précaires et Jeudi noir qui combattent notamment la crise du logement à Paris. Puis c’est Sauvons les riches avec l’organisation de mobilisations parodiques qui plaisent tant aux médias. Mais le happening nourrit difficilement son homme. Le plus efficace pour s’approcher au plus près de la galette reste la voie politicienne. Bayou adhère aux Verts en 2009 pour y faire une carrière météorite. Elu conseiller régional d’Île de France en 2010, il devient président du Centre francilien pour l’innovation (soutien aux PME innovantes). Pas vraiment de l’écologie radicale, mais de bons et utiles contacts. Il trouve le temps de participer à Nuit debout, de lancer le site aiderlesrefugies.fr ou encore de créerMon revenu de base. Cette frénésie militante n’a aucun rapport avec la critique écologiste de nos institutions de croissance. Elle sert à occuper le créneau médiatique du rebelle écolodegôche. Presque toutes les associations dans lesquelles il s’est engagé ont disparu depuis longtemps. Car il ne s’agit jamais de s’inscrire dans un temps long, mais de multiplier les coups médiatiques pour servir une carrière. Le fond, visiblement, il s’en moque. Il a raison. Il n’y a plus de fond, mais des bouffons. Sa carrière d’écotartuffe, s’il sait continuer à sortir du rang au cœur d’une concurrence féroce, promet d’être grandiose. » (La Décroissance, février 2020, « Bayou ira loin »)

2) Julien Bayou est aussi l’auteur d’une brochure Désobéissons pour sauver l’Europe (2018). « Très original, il y raconte que l’Union européenne est menacée par la montée des divisions. Et il invoque l’éternel vœu pieux d’une Europe « sociale ». Il appelle à désobéir à la règle des 3 % pour laisser davantage filer les déficits pour investir massivement dans les infrastructures de la troisième révolution industrielle, un plan Marshall pour la transition écologique extrêmement rentable… Voilà à quoi sert aujourd’hui le parti EELV, à relayer les banalités du capitalisme vert. » (La Décroissance, février 2020, « Obéissant »)

Aux mains des « labo de la mort »

Animaux humains et non humains aux mains des laboratoires de la mort ! Deux informations s’entrechoquent et nous choquent. L’agrochimiste américain Corteva* a annoncé, le 6 février 2020 qu’il cesserait la production du chlorpyrifos d’ici la fin de l’année en cours. Des données sur ses effets délétères s’accumulent depuis plus de vingt ans : érosion des capacités intellectuelles des enfants exposés pendant la grossesse, risque accru de troubles autistiques, faible poids à la naissance, etc. Mais on a attendu un demi-siècle pour ne plus le fabriquer, et encore par manque de débouchés ! Laboratoire agréé par les autorités, LPT (Laboratory of Pharmacology and Toxicology)** avait jugé le glyphosate non cancérogène et « peu susceptible d’être génotoxique » en novembre 2015. le Centre de recherche sur le cancer (CIRC), une agence des Nations unies, avait classifié le glyphosate « cancérogène probable ». Non seulement on y torture des animaux, mais on y falsifie les résultats d’expérience pour permettre aux entreprises agrochimiques de vendre leurs poisons. « Si les résultats ne répondaient pas aux attentes, on me demandait de les améliorer », relate une employée. Quelques réactions sur lemonde.fr :

– La démarche filoutée est toujours la même, qu’il s’agisse d’industrie des pesticides, des produits à risque ou d’industrie pharmaceutique : rapports biaisés, études bidon, mensonges… et qui trouvent face à eux des organismes d’Etat qui semblent au mieux naïfs, au pire complices.

– Quand la filouterie ne rapporte plus assez ou se voit un peu trop, on arrête le produit, ou on continue à nier même au procès, pensez aux laboratoires Servier.

– Je note que ce produit ne sera plus fabriqué surtout parce qu’il ne rapporte plus rien et qu’il devient invendable. Que voulez vous, « les affaires sont les affaires », cela ne semble scandaliser personne en haut lieu.

– Tant que le LOBBYING ne sera pas inscrit comme un lourd délit passible de la juridiction appropriée à la gravité de cet acte assimilable à une incitation à nuire à l’intégrité de la personne humaine par soucis d’enrichissement criminel, notre extinction à petit feu nous sera imposée … Et une pléthore d’irresponsables se lèveront comme à Nuremberg !

– Le QI n’est qu’une des multiples façons de mesurer l’impact du CPF (chlorpyrifos) sur le développement, les résultats les plus impressionnants étant obtenus par IRM cérébrale (rétrécissement frontal et pariétal, réduction de l’épaisseur corticale) chez les enfants avec les taux de CPF les plus élevés (parents non fumeurs).
– Concernant les polluants atmosphérique, le CPF est l’un des 2 ou 3 pesticides qui est les plus fréquemment retrouvé dans les études de qualité de l’air … jusque dans les centres des métropoles, à des km des champs traités, CQFD.

– 54 études indépendantes établissent la génotoxicité du glyphosate, classé cancérogène probable par une agence de l’ONU. Les résultats du laboratoire privé  »garantie label top excellence » sont eux, falsifiés, pour répondre à la commande de l’industriel. Ils ne sont pas fiables, voire délibérément mensongers.
– J’attendrais des autorités européennes une transparence totale des décisions d’autorisation de mise sur le marché. Je trouve scandaleux que les études soient confidentielles.

– Surprenant tous ces commentateurs qui affirment que le glyphosate n’est pas dangereux. 1) les oncologues parlent bien de « cancer des agriculteurs » 2) Compte tenu de la puissance du lobby agro-industriel en général et de Bayer en particulier, l’information qui nous parvient est forcément biaisée. Les lymphomes en zone rurale progresse, la prévalence du cancer de la prostate aussi. A part cela, tout va bien Mme la baronne.

– Je pense que le principe de précaution devrait être la norme. Mais il s’applique… sauf quand celui nuit à des grands groupes capitalistiques. Les scandales du médiator, des opiacés, du tabac, des pressions du lobby de l’alcool n’ont en rien fait changer les pratiques.

– Il est évident que ce genre de laboratoire, rémunéré par les entreprises qui font tester leur produit, peut être tenté de rendre des résultats allant dans le sens de ce qui est attendu par l’entreprise. Il ne s’agit pas d’un laboratoire indépendant dès lors qu’il est mandaté et rémunéré par ceux qui en profitent.

– Durant le XXème siècle les allemands ont testé force produits chimiques toxiques à grande échelle sur des êtres humains. On peut reconnaître le progrès consistant à réserver ces coutumes pittoresques, quoiqu’un peu répugnantes, à des animaux dans l’enceinte confinée d’un laboratoire. Encore un petit effort à fournir pour faire reculer la barbarie.

– L’indignité des hommes jusqu’à la nausée.

* LE MONDE du 9 février 2020, Le chimiste américain Corteva va cesser de produire du chlorpyrifos d’ici à fin 2020

** LE MONDE du 12 février 2020, Le « labo de la mort » en Allemagne testait aussi le glyphosate

Le pouvoir est donné à des enfants fous

Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend absolument fou. L’exercice du pouvoir inonde le cerveau de dopamine, un neurotransmetteur qui témoigne du plaisir à dominer, mais qui crée aussi une addiction. L’excès de confiance en soi met alors en place une mécanique mentale qui empêche de s’évaluer à sa juste valeur. Comment peut-on résister au syndrome d’hubris, l’excès, la démesure, l’inacceptable orgueil d’un individu ? En lui opposant un environnement hostile, en facilitant les contre-pouvoirs, en éliminant ce type de personnalité par le vote ou l’opposition constante. Jamais Donald Trump ou Mohammed Ben Salman n’auraient du arriver au pouvoir, ils témoignent trop souvent de leur folie. Autant dire que l’écologie n’a rien à gagner de dirigeants qui ignorent ce que veut dire simplicité volontaire, sobriété dans tous les domaines, respect de toutes les formes de vie… Ne nous TRUMPons pas, nous l’avons bien cherché.

Donald Trump*. Galvanisé par des religieux en quête « d’homme fort », et par ses proches qui le considèrent comme « l’envoyé de Dieu », Trump ne déteste pas laisser planer le doute. A plusieurs reprises il a suggéré être « l’élu ». Son ancienne porte-parole (de 2017 à 2019), Sarah Sanders, pense sincèrement que « Dieu voulait que Trump devienne président ». Les évangéliques, électeurs assidus, représentent un tiers de la base trumpiste. Ces fous de dieu voient dans la solidité de l’État juif le préalable au retour de Jésus en « Judée Samarie » ; Trump décrète donc Jérusalem comme capitale du pays et incite à annexer les colonies en Cisjordanie. Le 24 janvier 2020, Trump est même devenu le premier président en exercice à s’exprimer devant les militants anti-avortement de la Marche pour la vie : « Chaque enfant est un don précieux de Dieu, fait à l’image de notre Seigneur ; vous n’avez jamais eu un défenseur aussi convaincu à la Maison Blanche. » Pourtant ce n’est que faux-semblant. En août 2019, interrogé sur sa foi par l’agence de presse Bloomberg, et incité à citer ses passages préférés de la Bible, son « livre favori, un livre très spécial », Trump avait esquivé : « Je ne veux pas entrer dans les détails, c’est personnel. » Le 6 février 2020, devant des dizaines de religieux de toutes confessions, le président américain a carrément rejeté l’un des commandements chrétiens. « Aimer ses ennemis ? Je ne suis pas sûr d’être d’accord avec vous », avant de s’en prendre une nouvelle fois avec hargne à ses adversaires politiques. Son succès auprès des évangéliques blancs tient surtout au fait qu’il les a attirés sur leurs intérêts et leurs peurs – la nostalgie d’une Amérique blanche et chrétienne –, plus que sur leurs valeurs. Pour préserver leur univers, certains sont prêts à fouler aux pieds leur éthique, quelles qu’en soient les conséquences.

Mohammed Ben Salman** s’apprête à faire ériger une mégalopole au nord-ouest du pays. Son nom, Neom, pas moins de 26 500 km², cinq cents milliards de dollars.  Au cours d’un trajet en avion, “MBS” est tombé en pâmoison devant un film de super-héros, Les Gardiens de la galaxie. Il a demandé à l’un de ses conseillers d’en recruter le chef décorateur et d’assembler une équipe de spécialistes des effets spéciaux. Ce sont majoritairement eux qui conçoivent Neom. L’objectif est d’affranchir le pays de la rente pétrolière en pariant sur le tourisme. Neom se tourne vers les nouvelles technologies : ce sera un vaste parc d’attraction voué à l’intelligence artificielle et au divertissement. Un réseau de capsules supersoniques assurera la célérité et la propreté des transports. Ensemencement de nuages, aérogénérateurs et autres technologies vertes viseront à garantir l’intégrité de la faune et de la flore – à commencer par la barrière de corail qui borde le littoral. Des dinosaures et des gladiateurs robotisés, des taxis volants et une lune artificielle compléteront le décor, tout droit échappé d’un songe hollywoodien. Mais toute ville est comme sous une cloche de verre ; le désert peut-il nourrir une ville s’il n’y a pas en dessous du pétrole, cette merde du diable ? Heureusement c’est une violente tempête qu’ont dû affronter en octobre 2018 les promoteurs du projet. L’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, sur ordre de Riyad, transforme la ville d’anticipation en film catastrophe.

* LE MONDE du 12 février 2020, L’évangile selon Trump

** LE MONDE du 11 février 2020, Neom, le rêve hollywoodien de Mohammed Ben Salman pour l’Arabie saoudite

Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5

Cinquième week-end de travail des 150 membres de la Convention citoyenne pour la transition écologique*. Voici quelques les propositions des groupes de travail thématiques (30 personnes) : 1) se loger, lutter contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain, rénover énergétiquement tout le parc immobilier, inciter à ne pas dépasser une température de 19 °C dans les bâtiments… 2) se déplacer, limiter les émissions polluantes du secteur aérien et l’impact carbone du numérique, encourager l’usage du vélo et des transports en commun, covoiturage pour les trajets domicile-travail… 3) se nourrir, ne pas ratifier le CETA en l’état… 4) consommer, éviter le suremballage, interdire les terrasses chauffées et l’éclairage des magasins la nuit après leur fermeture… 5) produire-travailler, limiter la consommation d’énergie dans les lieux publics.

Si c’est pour ressasser les mêmes rengaines sur le vélo, les suremballages, la température à 19°, l’isolation des logements, était-ce bien la peine ? NON ! Tout le monde connaissait déjà les solutions. Le problème n’est plus à les énoncer, c’est de passer à l’acte, le reste c’est du blabla. On ne s’est même pas interrogés sur pourquoi tout cela n’a pas été mis en place précédemment. La préservation de l’environnement était déjà un objet de valeur constitutionnelle à travers la Charte de 2005, cela n’a servi à rien. Et la relance de la taxe carbone, qui entraînerait des effet globaux, n’a pas été envisagée par les groupes thématiques. D’autant plus que le cirque n’est pas fini. Lors du sixième week-end, 6 au 8 mars, 2020, les propositions seront soumises au vote des 150 citoyens. On va s’écharper ! Celles qui recueilleront plus de 50 % des voix seront transmises à un comité « légistique » pour être transcrites en texte de loi. Les propositions seront également évaluées par un groupe d’experts du point de vue de leur coût. Enfin, le 3 avril, les citoyens voteront sur un paquet final, constitué de simples recommandations. Emmanuel Macron fera ensuite ce qu’il voudra, comme après le Grand Débat suite aux manifs des Gilets jaunes. Voici sur ce blog biosphere nos articles antérieurs :

synthèse, Biosphere-Info, les conférences de consensus

19 janvier 2020, CLIMAT, convention citoyenne et décisions

15 janvier 2020, Emmanuel Macron devant 150 citoyens

24 novembre 2019, 150 citoyens tirés au sort, et moi et moi émoi

8 octobre 2019, Écologie populaire et médiatisations

3 septembre 2019, Convention citoyenne sur le climat, mascarade ?

14 août 2019, La volonté du peuple exprimée grâce au tirage au sort

* LE MONDE du 12 février 2019, Les 150 citoyens de la convention pour le climat esquissent leur vision de la France en 2030

Municipalisme, tout le pouvoir au local ?

Le municipalisme, c’est un mode d’organisation politique qui vise la réappropriation collective des institutions locales par les habitants, notamment le recours à des pratiques de démocratie radicale. Son objectif est de transformer la société par le bas. De la Grèce antique à la Commune de Paris en passant par les cités médiévales italiennes, le municipalisme s’inscrit dans l’histoire même de la démocratie. L’expression théorique la plus aboutie en est proposée par le philosophe et militant américain Murray Bookchin (1921-2006), qui introduit l’idée de « municipalisme libertaire », associée étroitement à celle d’« écologie sociale ». Le mouvement oscille entre deux grandes tendances : d’un côté, un courant réformiste qui relève d’un projet social démocrate sans remettre en question le fait que la municipalité détienne sa légitimité politique en vertu de cet Etat ». De l’autre, une option plus radicale qui s’oppose à l’idée même d’État, alors remplacé par une confédération des communes libres et auto-gérées.

La position d’Yves Cochet rejoindrait cette deuxième option : « Je n’ai plus l’espoir que des protocoles internationaux, des règlements européens, ou des lois nationales puissent réguler suffisamment à temps le déferlement des dégradations anthropocéniques. Donc : tout le pouvoir au local ! Il n’y a que localement que les communautés humaines pourront devenir plus résilientes, notamment en matière d’énergie et d’alimentation. Mais aussi en matière de sécurité, de liberté, d’égalité et de fraternité. Il s’agit donc de construire localement, de petits états-providence, des États simples locaux. Parmi les multiples expériences de pensée ou d’action actuelles en matière de résilience locale, je retiendrai trois d’entre elles : l’écomunicipalisme, les villes en transition et les biorégions. L’écomunicipalisme de Murray Bookchin est le plus directement politique. D’une part en visant la délibération et l’adhésion de tous les habitants d’un territoire vers un projet de vivre-ensemble, d’autre part en construisant une économie locale hors-marché, caractérisée par les principes de réciprocité, d’indépendance et d’égalité. » Voici ce qu’il en est des application du municipalisme :

A Saillans, ville pionnière de 1 300 habitants et laboratoire de la participation citoyenne, les habitants ont élu en 2014 leurs représentants sur l’engagement de mettre en place une gouvernance collégiale et participative, après avoir fait échouer l’implantation d’un supermarché. Les élus ont déployé une impressionnante panoplie d’outils de participation afin de faire monter les gens en compétences, donner des outils, apporter tous les éléments du débat avant de prendre une décision. Ce qui n’a pas empêché le rejet ou la lassitude d’une partie des habitants, après deux premières années euphoriques. La question de la représentation est centrale. Comment déterminer que les habitants présents aux assemblées sont bien représentatifs de la population et empêcher que le pouvoir soit capté par ceux qui ont le temps ou ceux qui sont militants ? On peut y voir un risque d’accentuer la dépossession démocratique. A Saillans, le conseil municipal est toujours resté décisionnaire. Sur les grands choix, les projets d’avenir, c’est important de demander l’avis, de consolider la transparence. Mais une commune ne peut pas marcher qu’en participatif. A un moment donné, il faut une délégation, l’efficacité du processus de prise de décision, notamment au regard de l’urgence écologique : l’élaboration du plan local d’urbanisme, pilotée pendant deux ans par un comité composé d’habitants tirés au sort et d’élus, a conduit à des compromis qui soulèvent des frustrations. Des décisions que l’équipe municipale aurait pu prendre dans le cadre d’un dispositif classique n’ont pas abouti du fait d’avoir consulté la population. S’il faut « redonner du pouvoir aux communes », abonde Dominique Bourg, celles-ci « ne pourront malheureusement faire qu’une partie du chemin. Les biens communs que sont l’atmosphère ou la diversité du vivant nécessitent une gouvernance globale, qui doit s’appuyer sur une synergie entre les différentes échelles : locale, nationale, supranationale. Et on en est encore loin »*.

Pour en savoir plus, Relocalisations pour une décroissance

* LE MONDE du 8 février 2020, Municipalisme, ou la commune au pouvoir

Dissuasion nucléaire à l’échelle européenne ?

Discours de Macron sur la dissuasion nucléaire prononcé à l’École de guerre : « Je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ». Le chef de l’Etat propose à ses partenaires européens d’être « associés aux exercices des forces françaises de dissuasion »*. Sur la force de frappe française, le président s’inscrit dans la continuité doctrinale de ses prédécesseurs. Mais désormais seule puissance nucléaire de l’UE après le départ du Royaume-Uni, quel rôle peut jouer la force de dissuasion française dans la sécurité collective européenne ? Les forces nucléaires françaises, a insisté M. Macron, « renforcent la sécurité de l’Europe par leur existence même et ont à cet égard une dimension authentiquement européenne ».**

La proposition d’une stratégie nucléaire à l’échelle de l’Europe est osée, qui va décider d’appuyer sur le bouton ? Quand l’Europe n’arrive pas à s’entendre sur des sujets moins… belliqueux, comment espérer un unanimisme sur un sujet aussi délicat ? La décision du feu nucléaire est liée à la nation, en proposer un partage est léger, léger. Sur lemonde.fr, il est regrettable que presque tous les commentateurs prennent pour un fait acquis la position pro dissuasion nucléaire de Macron et ne dénoncent pas une erreur militaire tragique, accepter des bombes nucléaires qui doivent tuer indifféremment civils et militaires, souvenons-nous d’Hiroshima et Nagasaki. Les partisans du désarmement nucléaire ne peuvent qu’être en accord avec la position du pape François , « on ne construit pas la paix sur la peur que l’on crée en montrant sa force. Or, avoir des armes nucléaires, c’est menacer de s’en servir. On ne peut donc se contenter de mettre en cause la dissuasion. Il faut aussi mettre en cause leur possession ». (symposium sur le désarmement nucléaire le 10 novembre 2017). Sur ce blog biosphere, nous sommes depuis toujours pour l’abolition des armes nucléaires :

25 septembre 2019, Pour un désarmement nucléaire

24 mars 2019, Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

23 janvier 2018, NI dissuasion nucléaire, NI service national universel

10 octobre 2017, La folie du feu nucléaire entretenue par un journaliste

30 mars 2017, Les présidentiables face au feu nucléaire

21 février 2015, François Hollande fait joujou avec la bombe nucléaire

16 juillet 2014, L’art de ne pas répondre… sur le nucléaire militaire

21 mars 2014, Un gouvernement français de tout temps pro-nucléaire

27 juin 2012, supprimer la dissuasion nucléaire, alléger le budget !

23 juillet 2011, les socialistes sont pro-nucléaires

19 juillet 2011, la dissuasion nucléaire, un débat pour 2012

* LE MONDE du 9-10 février 2020, En Allemagne, le discours de Macron sur la dissuasion nucléaire est accueilli par un prudent silence

** LE MONDE 9-10 février 2020, éditorial : La dissuasion française à l’heure européenne

Sport spectacle, pieds nus et tout nus

C’est la fin programmée des records mondiaux : le sportif utilisait 65 % de ses capacités physiques en 1896 (début des JO), contre 99 % actuellement et 99,95 % en 2025 si on prolonge les tendances. Les sportifs de haut niveau s’entraînent dorénavant plusieurs heures par jour contre presque rien  en 1896 ; ils ont des préparateurs physiques, une gestion rationnelle de l’alimentation, on atteint les limites, on échappe normalement au délire olympique du « citius, altius, fortius » (plus vite, plus haut, plus fort). Alors reste les prothèses technologiques et cela pose débat. La pharmacopée dopante est prohibée, fin officielle du dopage. La combinaison de natation grâce à laquelle la peau des nageurs s’apparentait à la peau des dauphins (en polyuréthane) est désormais interdite : elle augmentait la vitesse des nageurs de 3 %. Aujourd’hui se pose le problème des chaussures.

Les nouvelles Vaporfly de l’équipementier Nike relèvent du dopage technologique : des sandales qui allient« légèreté de la chaussure », « amorti, stockage et renvoi de l’énergie [grâce à la semelle en mousse zoomX] » et « rigidité en flexion [permise par la plaque en fibre de carbone] »*. Des innovations qui conduisent à une amélioration des performance jusqu’à 4 % en moyenne à une vitesse de 18 km/h . Le 12 octobre 2019, le Kényan Eliud Kipchoge, chaussé du dernier prototype de Nike, avait abaissé pour la première fois la barrière des deux heures sur marathon. En 2 h 14 min 4 secondes, sa compatriote Birgid Kosgei avait éclipsé des annales le record du monde féminin de la Britannique Paula Radcliffe. World Athletics, la fédération internationale, n’est pas allée jusqu’à l’interdiction des chaussures déjà sur le marché. Elle a en revanche annoncé, le 31 janvier 2020 geler l’introduction de toute nouvelle technologie dans les chaussures jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo (24 juillet-9 août 2020). Les équipementiers devront désormais faire valider chaque nouvelle innovation par un groupe d’experts, mais World Athletics, se dit « ouvert à un dialogue contenu avec les fabricants de chaussures ».

A la différence du maillot de bain qui paraît pour les pudibonds indispensable dans les compétitions de natation, il n’y a aucune obligation aujourd’hui à mettre des chaussures pour courir en compétition. Tour le monde devrait connaître l’Éthiopien Abebe Bikila, vainqueur pieds nus du marathon olympique de Rome en 1960. En 1996 aux JO d’Atlanta, les athlètes comoriens, dont la Fédération n’avait pas les moyens de leur offrir les dernières chaussures de sprint qui équipaient leurs adversaires, ont couru pieds nus pour protester contre la « course à l’armement ». Imaginons un athlète prometteur et ambitieux. Il se fait amputer au dessous des genoux pour se faire poser une prothèse en lames de carbone : il y aura restitution de 30 % d ‘énergie en plus que le pied quand il était intact. La course à pied peut-être, mais pieds nus puisque le sport n’est en soi ni une performance nationaliste, ni le spectacle de sa marchandisation. Les sportifs doivent rester des amateurs et pratiquer les Jeux Olympiques comme dans l’antiquité, entièrement nus de la tête aux pieds, et sans sponsors. Pour bâtir un alter-JO écolo, nous suggérons aussi la fin de l’hyperspécialisation : chaque athlète devrait concourir dans quinze disciplines différentes. Enfin l’écologie devrait être aux avant-postes : pas de déplacement des sportifs et des spectateurs, chacun concourt près de son lieu de résidence pour éviter le coût énergétique des déplacements…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphère :

29 août 2011, artificialisation du sport et fin de la compétition

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

* LE MONDE du 1er février 2020, Les « chaussures miracles » Vaporfly de Nike autorisées aux Jeux olympiques, mais…

Bill Gates veut réduire la population mondiale

Bill Gates a participé à une conférence TED en 2010, dans laquelle il évoque les défis climatiques et son travail à la fondation. Voici ce qu’il a dit : « Le monde compte aujourd’hui 6,8 milliards de personnes. On devrait atteindre 9 milliards. Avec de très bons résultats sur les nouveaux vaccins, les soins de santé, le contrôle des naissances, on pourrait le réduire de peut-être, 10 ou 15 %, mais on gardera un facteur d’augmentation d’environ 1,3. » Attention, ce n’est pas la population que Bill Gates espère réduire de 10 à 15 %, mais son accroissement, qui est actuellement très rapide (le facteur de 1,3 correspond à une hausse de 30 % annuellement qu’il espère voir ralentir). Lors d’un entretien à CNN en 2011, Bill Gates avait déclaré que « les vaccins étaient la meilleure solution pour faire baisser la population ». Il ne s’agit pas d’utiliser les vaccins pour « tuer » ou « stériliser » la population, bien au contraire. M. Gates estime que la réduction de la mortalité infantile par le développement de la vaccination peut freiner la croissance démographique dans le monde. Il considère que ce progrès conduira, à terme, les parents à concevoir moins d’enfants, s’ils savent qu’ils vivront longtemps et en pleine santé. A terme, cela réduirait donc l’accroissement de la population mondiale. Il a développé ce raisonnement à plusieurs reprises. Aujourd’hui avec le coronavirus, Bill Gates est la cible de rumeurs et infox. Voici l’analyse des décodeurs du MONDE :

« Le centre Johns Hopkins « travaille à protéger la santé des populations face aux épidémies ». Elle mène des études financées des mécènes privés, comme la fondation de Bill et Melinda Gates. Face aux infox, le centre a publié un communiqué de presse le 25 janvier. Il confirme qu’un exercice de simulation de pandémie appelé « Event 201 », a été mené en octobre 2019 en partenariat avec la Fondation. Le scénario, tel qu’il avait été imaginé, prévoyait une épidémie dont l’épicentre se trouvait dans une porcherie au Brésil et qui allait causer beaucoup de morts. Il s’agissait d’une simulation et non d’une anticipation. L’ONG ajoute que « les données utilisées pour modéliser l’impact potentiel de ce virus fictif ne sont pas similaires au nCoV-2019 » ». (LE MONDE du 6 février 2019)

Commentaire biosphèrique : Vaccination ou pas, simulation ou anticipation, la problématique des épidémies dans un monde surpeuplé se pose. Un coronavirus qui met en quarantaine toute une ville (Wuhan, 14 millions d’habitants, devrait inciter nos dirigeants à (re)lire Malthus ! Si nous ne diminuons pas la concentration humaine, il y aura des guerres, des famines et des épidémies écrivait-il en 1798. Aujourd’hui en 2020 c’est une réalité. Mardi 4 février, trois autres villes, Taizhou (6 millions d’habitants), une partie de Hangzhou (10 millions d’habitants), et Ningbo (8 millions d’habitants) ont à leur tour pris des dispositions drastiques. Et apparemment ce n’est qu’un début, bientôt toute la Chine en quarantaine ? Pour en savoir plus, lire sur notre blog biosphere :

27 janvier 2020, Tout savoir sur le coronavirus 2019-nCoV

21 janvier 2020, Pandémies mortelles, SRAS, H5N1, H7N9

16 août 2017, Si les humains préfèrent famine, guerre et épidémies !

Cités surpeuplées ne peuvent être fertiles

Les gouvernements qui se disent écolos, ils ne sont pas nombreux, nous bourrent le mou. Le ministre français chargé de la ville, Julien Denormandie, veut développer l’agriculture urbaine, reverdir la ville, la rendre durable et désirable… tout un programme qui n’est encore que parole. Extrapoler pour la planète n’est que pur fantasme. Il suffit de reprendre ce que dit Denormandie : « D’ici à 2050, 70 % de la population mondiale vivra en ville. Si les villes occupent 2 % de la surface du globe, elles représentent deux tiers de la consommation mondiale d’énergie et émettent 80 % des émissions de CO2. »* Rappelons les faits qui empêchent toute politique cohérente :

Au lieu d’être progressive, l’explosion urbaine est devenue « violente », particulièrement en Afrique : les villes y passeront de 350 millions d’habitants en 2005 à 1,2 milliards en 2050. Quand les habitants des bidonvilles constituent déjà en moyenne 36 % des citadins dans les pays dits « en développement », cela veut dire que ce n’est pas une urbanisation gérable, ce n’est donc pas une évolution durable. Jamais on ne pourra mettre de l’électricité, de l’eau courante et des routes goudronnées partout. Jamais on ne pourra mettre en place des services urbains à la portée de tous. Jamais on ne pourra trouver un emploi à cet afflux de main d’œuvre. Jamais il n’y aura assez de policiers (étymologiquement « créatures de la cité ») pour contrôler une société non policée. Au niveau de la France, on essaye désespérément depuis quelques années de trouver des solutions agricoles en milieu urbain. Il y a les tentatives de villes en transition (Rob Hopkins), la bonne idée des AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), la vogue des locavores, les incroyables comestibles, etc. Mais les villes étendent toujours leurs tentacules dans toutes les directions et stérilisent toujours plus loin les sols. Elles ne se prêtent pas aux plantations en pleine terre, et de toute façon comment gérer un potager au bas d’un HLM ou dans un bidonville ?

Pourtant, parce que l’urbanisation arrive au sommet de son inefficacité, nous restons optimistes. Historiquement la vie biologique comme la vie sociale suivent des cycles. L’essor d’une civilisation s’accompagne d’une croissance des villes, son effondrement provoquera une désurbanisation. Comme il y a le pic pétrolier, le pic du phosphore, le peak fish… il y  aura bientôt le pic de l’urbanisation. Nous retournerons bientôt au rythme ancestral qui privilégie les campagnes, l’agriculture vivrière et l’artisanat de proximité ; en termes contemporains, il nous faut retrouver des communautés de transition qui soient à l’échelle humaine. Il faudra pour cela que nous soyons beaucoup beaucoup moins nombreux !

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

24 janvier 2019, Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

16 mai 2012, Pic de l’urbanisation, effondrement d’une civilisation

22 septembre 2009, désurbanisation

* LE MONDE du 6 février 2020, « Cités fertiles », matériaux biosourcés… Le plan du gouvernement pour reverdir la ville

Nicolas Hulot, amertume et impuissance

Nicolas Hulot : « J’étais censé être ministre d’État et numéro trois du gouvernement mais c’était juste pour la façade ! Quand j’ai pris cette décision difficile de partir du gouvernement, j’avais demandé douze points de clarification au premier ministre et au président, dont ma volonté de copiloter la révision de la politique agricole commune, parce que pour moi il n’était pas pensable qu’on loupe cette fenêtre. Évidemment, ça ne m’a pas été accordé. Le fait d’être en conflit permanent avec Stéphane Travert, mon collègue à l’agriculture, au bout d’un moment, à part alimenter les couacs médiatiques, ça ne sert à rien et c’est absolument épuisant. J’ai parfois trouvé plus de conservatisme au ministère de l’agriculture qu’à la FNSEA. »*

Les anti-écolos de service se déchaînent sur le monde.fr : «  Typique de l’écolo : il ne veut pas faire quelque chose, il veut se sentir moralement supérieur… Hulot, l’erreur de casting exemplaire… il a une attitude de gamin qui refuse de prendre en compte la réalité et préfère continuer à militer dans l’imaginaire…. Ecoeurant de voir cet écologiste hypocrite, qui a trois maisons et possède une demi-douzaine de voitures électriques, coloporter des rumeurs diffamatoires sur Bayer-Monsanto… N. Hulot, depuis sa naissance, a le bilan carbone d’une ville entière et la moralité d’un curé libidineux… Saint Hulot se comporte comme un enfant gâté. Il se plaint, geint, découvre que la politique n’est pas un chemin verdoyant bordé de fleurs et de jolis ruisseaux… Il aime le pouvoir, le buzz et la lumière et s´est brûlé les ailes…Et puis quand on a un grand talent pour se faire l’avocat médiatique de l’environnement, on n’a pas forcément du talent pour assurer la fonction de ministre… Hulot, lobbyiste en chef des écolos, ayant traîné dans les couloirs du pouvoir depuis 20 ans, ayant conseillé les élites voire rédigé leurs discours, ayant été à la tête d’un ministère (écologie) qui est la caisse de résonance des attentes des lobbies écolos (en symétrie de celui de l’agriculture ou des finances), Hulot donc se plaint que l’État fonctionne comme il fonctionne… »

Heureusement d’autres ont l’avis inverse : « Tout cela est édifiant, l’état des lieux est bien décrit. Macron s’est foutu de lui, il n’a rien à faire de l’exigence écologique, ses priorités sont ailleurs : alors pourquoi Macron a-t-il choisi Hulot ? Caution électoraliste juste avant les législatives… Le souci, c’est qu’être ministre est un véritable métier de chien (les intéressés le confirment à peu près tous) où il faut se battre continuellement pour remporter les arbitrages auprès du Premier ministre et du Président… Quand Macron et Philippe refusent que Hulot copilote la révision de la politique agricole commune alors que son ministère est directement concerné, on se pose des questions sur les méthodes de gouvernance de la France… Le livre que Michel SOURROUILLE avait écrit dès que Hulot a été nommé ministre de l’écologie en prévoyant sa démission, « Nicolas Hulot, le brûlure du pouvoir », est paru en librairie le 1er octobre 2018. Faire de l’écologie avec un gouvernement dont ce n’est pas du tout la préoccupation principale, est tâche impossible. « Business as usual » était le mot d’ordre du gouvernement Macron et ça le reste encore aujourd’hui… Eh oui, c’est comme ça, un Premier ministre et un ministre N° 3 au gouvernement s’écrasent devant les menaces des entreprises. Les affaires des grosses entreprises mondiales, c’est la domination de clans mafieux. La machine capitaliste tourne, aveugle, réclamant les chiffres de rentrées d’argent prévues chaque mois, chaque trimestre, chaque année, il faut réaliser les objectifs, en dollars, en euros, en xxx, il faut que ça rentre..!! Nicolas Hulot le dit « Tous les coups sont permis ». Il va falloir lutter, citoyens… En conclusion, Hulot a eu raison de démissionner. On ne fait changer un Premier Ministre qui se ravit des belles commandes de bateaux qui vont promener les imbéciles s’esbaudir devant les derniers ours polaires. On ne fait pas changer une société qui se ravit devant le dernier SUV à la mode, que les conducteurs viennent montrer qu’ils sont beaux, qu’ils sont grands. Une société qui se ravit devant les derniers véhicules électriques pour lesquels on ne saura pas produire les batteries et l’électricité pour tous sur terre. Une société qui critique les avions mais se ravit du doublement futur du trafic aérien et de la construction d’une nouvelle aérogare à Roissy. Que cela va faire des emplois pour tous. Conclusion, attendons que les faits s’imposent, touts seuls, mais cela sera dur puisque nous ne le voulons pas… Merci à toi Nicolas d’avoir quand même tenté l’impossible… »

* LE MONDE du 6 février 2020, Amertume et impuissance : Nicolas Hulot revient sur sa démission dans un documentaire

Paroles d’évangile des temps présents

Faites attention à vos pensées, vos pensées deviennent des paroles. Faites attention à vos paroles, car vos paroles deviennent des actes. Faites attention à vos actes, car vos actes deviennent des habitudes. Faites attention à vos habitudes , car vos habitudes façonnent qui vous êtes. Faites attention à qui vous êtes, car celui que vous êtes façonne notre destin collectif.

Pierre Richard : Je suis très pessimiste sur le monde. La déforestation massive, la fonte des glaces, la pollution des océans, les animaux qui disparaissent… c’est atterrant. Le communisme a raté son coup et le capitalisme est en train de nous foutre en l’air. Nicolas Hulot raison de dire que le capitalisme et écologie sont fondamentalement antinomique. Tant qu’on voudra gagner un maximum d’argent dans un minimum de temps, on bousillera la planète. Et je ne vois pas le capitalisme disparaître… (LM, 15-16 décembre 2019

Isabelle Adjani : L’époque est propice au découragement, entre promesses politiques non tenues, retour des régimes autorirtaires et lutte contre le réchauffement climatique sans cesse repoussée. Ce qui est décourageant dans nos vies, c’est d’enchaîner des déceptions. (LM, 17 décembre 2019)

Le loup créé des emplois : Depuis la réapparition du loup dans le Mercantour au début des années 1990, les bergers sont très demandés. Les « débouchés professionnels sont nombreux », assure M. Laurent. Les éleveurs, trop occupés, recherchent de plus en plus des salariés pour accompagner les brebis en estive. Le berger, alors accompagné de chiens, surveille et prend soin de centaines de bêtes.

« économie de la promesse » : Les nouvelles technologies – 5G, voiture autonome, thérapie génique… ne sont qu’avatar contemporain des paradis religieux. Cette promesse contient un tiers de prouesse scientifique, un tiers de rêve de progrès humain for good ( « pour le bien »), et un plus grand tiers de profitabilité exponentielle. Ce discours enchanté de la technique s’écarte de plus en plus d’une réalité faite d’effets indésirables, de complexités ingérables, d’accidents, de limites… Mais tout problème posé par la technique est réglé par la promesse… d’une nouvelle technique.

Procès en destitution de Trump : Se protéger entre “copains et coquins” est une tendance naturelle qui n’épargne pas les cercles des pouvoirs qu’ils soient politiques, financiers ou religieux. Ce n’est docn pas vraiment étonnant, ce scénario incroyable où Trump ne va pas être condamné par un Sénat à sa botte, et où les Démocrates vont élire un candidat inéligible et où Donald Trump sera réélu. Qui aurait pu imaginer ça à part… ben, tous les gens un peu sérieux, en fait. Churchill disait que « La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres », encore faut-il accepter de faire évoluer ce système.

Davi Kopenawa, chaman et leader du peuple indigène yanomami du Brésil : «  Le peuple de la marchandise est en train de gagner cette guerre qui a commencé il y a cinq siècle aux Etats-Unis. Si les Blancs pouvaient comme nous entendre d’autres paroles que celles de la marchandise, ils sauraient se montrer moins hostiles envers les peuples autochtones. Vous, les peuples des villes, vous n’êtes pas des chamans qui entrez en contact avec les esprits. Les capitalistes, les politiciens et les grands hommes d’affaires veulent arracher toutes les racines de la terre. Ils ne peuvent pas s’imaginer qu’à force d’extraire tous les minerais ils vont faire tomber le ciel. Nous, nous rêvons et alertons les Blancs pour les prévenir qu’il ne faut pas continuer ainsi. Dans le futur, le ciel ne va pas vous prévenir. Bolsonaro, lui, fait beaucoup de bruit, il aboie comme un chien. Mais quand le ciel tombera, on n’entendra plus rien. » En décembre 2019, à Stockholm, il a reçu le Right Livelihood Award, connu comme le « prix Nobel alternatif ».

Un réfugié climatique, ça n’existe pas

La Banque mondiale estime que les réfugiés environnementaux pourraient représenter jusqu’à 143 millions de personnes en 2050. Mais les déplacés climatiques n’ont jusqu’à présent aucun statut. Ioane Teitiota habitait dans les îles Kiribati – dont les plus hauts reliefs affleurent à trois mètres. Son pays connaît la salinisation des eaux, les pollutions, les destructions des récoltes,des inondations fréquentes, l’érosion des terres, des conflits entre communautés. Pourtant Teitiota n’a pas obtenu le statut de premier réfugié climatique de la planète !

Jugement en première instance en 2013 :
Ioane Teitiota, un père de famille originaire d’un archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux, devrait être expulsé vers son pays après avoir été débouté par la justice néo-zélandaise de sa demande d’asile climatique. S’en tenant à la convention de Genève de 1951, la Nouvelle Zélande a fait valoir que personne ne menaçait sa vie s’il retournait chez lui. (LE MONDE géopolitique du 24 octobre 2013).

– Décision de la Cour suprême néo-zélandaise en 2015 : Ioane Teitiota n’a toujours pas obtenu le statut de premier réfugié climatique de la planète.Si la plus haute juridiction du pays a reconnu que les Kiribati étaient « incontestablement confrontées à des défis » climatiques, elle a également estimé que « M. Teitiota ne courait pas de “grave danger” » dans son pays natal. « Aucun élément matériel n’indique que le gouvernement des Kiribati manque à son devoir de protéger sa population des effets de la dégradation environnementale, dans la limite de ses moyens. »(Le Monde.fr avec AFP | 21.07.2015)

Avis du comité des droits de l’homme, rendu public le 21 janvier 2020 à Genève : Le comité de 18 experts a mis près de quatre ans à statuer sur le cas de M. Teitiota. Il a rejeté la demande du plaignant, en faisant valoir que les îles Kiribati avaient pris des mesures pour lutter contre la montée des eaux avec la construction d’une soixantaine de digues,

Mais pour la toute première fois, le comité des droits de l’homme – organe des Nations unies composé d’experts indépendants en charge de vérifier l’application du pacte relatif aux droits civils et politiques – a estimé que les personnes qui fuient les effets du réchauffement climatique ne devraient pas être renvoyées dans leur pays si leurs droits fondamentaux sont menacés. : « Etant donné la gravité de la question et de la détérioration continue des conditions dans certains Etats insulaires, il était important que le Comité identifie les critères pour statuer sur les futurs cas et la possibilité de reconnaître les demandes d’asile pour les “réfugiés climatiques ». L’avis, non contraignant juridiquement, « reconnaît qu’il peut y avoir une violation du droit à la vie du fait du non-accès aux ressources naturelles induites par le changement climatique, il reconnaît aussi que le changement climatique est une vraie menace pour les droits de l’homme. Enfin, il recommande de ne pas appliquer la mention de “l’imminence du dangerlorsque le droit à la vie est menacé dans des dossiers relatifs au changement climatique. » (LE MONDE du 29 janvier 2020, L’ONU ouvre une brèche pour la reconnaissance des réfugiés climatiques)

Les perturbations climatiques, les difficultés agricoles et les migrations sont liées. Nous pouvons même faire un parallèle avec le diagnostic malthusien. Puisque nous ne sommes pas capables de réduire volontairement notre fécondité et de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, alors famine, guerres et épidémies résoudront tous les problèmes. Notons la duplicité du droit, même dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » Le philosophe Etienne Balibar a souligné le caractère ambigu de ce texte, il manque l’obligation pour tout Etat d’accepter l’entrée des étrangers ! Sur notre blog biosphere :

19 octobre 2015, Réfugiés climatiques, un accueil qui reste inabouti

2 septembre 2015, Il n’y a pas de réfugiés climatiques sur cette planète

Un contexte néfaste à l’intelligence humaine

Il y a l’intelligence des plantes, la sensibilité des animaux… et la débilité humaine. Cette dernière est une constante depuis longtemps, mais les perspectives sont encore plus sombres aujourd’hui. L’effet « dysgénique » indique que les familles les moins intelligentes procréent davantage et font baisser le niveau moyen de l’intelligence. D’autres chercheurs pointent les ­migrants et leurs enfants, en moyenne moins éduqués, ce qui ferait diminuer la moyenne des performances. Une étude norvégienne qui compare les performances ­au sein de fratries va marginaliser ces explications. A partir de la génération 1975, il y a une baisse de 0,34 point par an à l’intérieur des familles. On peut donc minimiser penser que les causes de la régression sont plutôt environnementales. Certains perturbateurs endocriniens altèrent la construction cérébrale, et l’exposition massive aux écrans feraient des crétins. Dans une interview à L’Est républicain, Michel Desmurget s’inquiétait ainsi pour « la première génération dont le QI sera inférieur à la précédente ». Sur RMC, il expliquait que « plus les enfants regardent d’écrans, plus le QI diminue ». Michel Desmurget tient à préciser que ce ne sont pas les écrans eux-mêmes qui sont en cause, mais leur usage : « Force est de constater que l’usage récréatif qui en est fait aujourd’hui par les jeunes est débilitant. La question n’est pas de les supprimer – professionnellement je les utilise moi-même largement – mais de limiter drastiquement ces consommations débilitantes ». Quelques réactions sur lemonde.fr :

Boucle d’Or : Je ne sais pas si les fameuses études scientifiques faites du QI peuvent donner des résultats interprétables, mais ce que je constate au quotidien en tant que psychologue de l’EN dans le 1er degré, avec les gens de terrain (enseignants), c’est un effondrement du langage sans précédent, des troubles de l’attention et de la concentration ingérables dans une classe, des crises quotidiennes d’élèves dans toutes les classes… qui affectent de manière catastrophiques la qualité des apprentissages… Bizarrement, ça correspond à l’augmentation démente du temps d’exposition devant écran par les enfants de plus en plus jeunes et de plus en plus longtemps… Bien sûr, ce n’est que de l’empirisme…

Sarah Py : A chacun sa théorie. La mienne reste qu’apprendre s’apprend… Voyez la facilité du « croire » qui s’étend face à l’exigence du savoir. La paresse contre le travail. Le papillonner contre la concentration. L’immédiateté contre la durée. La communication contre l’approfondissement.

Untel : Mon intime conviction est qu’il existe bien une baisse du niveau d’attention et de la capacité d’apprentissage chez les enfants exposés à des images saccadées épileptogènes dans leur petite enfance, au moment même où les connexions synaptiques se mettent en place.

Julius Puech : Décérébration généralisée, omniprésence de la pensée économique libérale, surveillance de masse, amplification des théories extrémistes et complotistes : tout est prêt pour le capitalisme autoritaire, un joyeux mélange de Big Brother et de Soleil Vert.

Sur notre blog biosphere :

10 mars 2014, Perturbateurs endocrines et perturbateurs de l’intelligence

4 janvier 2017, longévité, intelligence…. tout commence à décroître

25 octobre 2019, Écrans, décérébration à grande échelle