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CLIMAT, Joe Biden nous grise de promesses

Joe Biden a promis le 22 avril 2021 de réduire les émissions de gaz à effet de serre de son pays de 50 % à 52 % d’ici à 2030 par rapport à 2005 au nom d’un « impératif moral et économique ». La diplomatie chinoise a raillé « un mauvais élève qui revient sur les bancs de l’école après avoir séché les cours ».

Ricardo Uztarroz  sur lemonde.fr : 2030, c’est dans 9 ans seulement. Ce genre de promesse n’engage que ceux qui y croient mais pas ceux qui les profèrent. On doute que Biden décidément de plus en plus bidonnant soit encore en fonction cette année-là pour reconnaître qu’il avait dit n’importe quoi. Comment va-t-il s’y prendre ? Interdire les vols, les voitures à essence, etc… Imposer la voiture électrique. Comment va-t-il produire l’électricité ? Avec le gaz de schiste, le nucléaire? Bref un engagement qui ne l’engage pas. Quand les bornes de la démagogie sont franchies; il n’y a plus de limite, a dit un certain sapeur.

Sarah Py : Puisque cela semble si simple, sans baisse des niveaux de vie, sans sacrifice aucun, que ne nous l’avez vous pas proposé plus tôt. Une révolution énergétique, une révolution des modes de production sans larmes, ni sueur, et sans précision quant à sa mise en œuvre, ça a un côté prestidigitateur, le lapin qui sort du chapeau. Comment un esprit lucide d’un peu de conscience peut-il croire en ces promesses ? Il est où ce plan précis, travaillé, réfléchi, qui autorise de telles affirmations? Qui le connaît ?

Johan : J’aimerais beaucoup que Le Monde pose les questions suivantes : Comment tenir un tel objectif ? Quelles conséquences sur le modèle économique et social ? Par exemple, si je me donne l’objectif de perdre 20 kg en dix jours, quelle est la conséquence sur mon métabolisme ? A priori, il faut que je me coupe une jambe. Vais-je le faire ? La crédibilité de ce genre d’annonces devrait faire sursauter votre rédaction.

Michel SOURROUILLE  En avril 1977, le président Carter s’adresse par télévision à la nation : « Ce que je vous demande est l’équivalent d’une guerre. Il s’agit bel et bien de préparer un monde différent pour nos enfants et nos petits-enfants. » La revue Newsweek chiffre le gaspillage moyen d’énergie qu’il veut supprimer à plus de la moitié de la consommation totale. Sans largeur de vue, tous ceux qui sentent leur intérêt et même leur simple confort menacé se mettent à hurler. Le royaume automobile de Détroit déclare la guerre au président Carter. Le peuple suit, bien entendu. Carter ne perd pas quinze points de popularité, mais trente-cinq ; sa cote passe de 70 à 35 au début de 1978. Le peuple américain n’est pas mobilisable pour des sacrifices dont il ne voit pas la nécessité. On retrouve là les illusions des penseurs du XIXe siècle. Les réserves de matières premières inépuisables : erreur. La crise va se terminer : erreur. La crise va devenir l’état normal de l’humanité et imposera l’austérité. (in« Vivre sans pétrole  de Jean Albert Grégoire)

Transition_necessaire : Le nouveau discours dominant c’est: financer largement les projets verts, de la voiture électrique, des ENR qui vont exploser (les coûts baissent super !), du nucléaire mais tout le monde pas d’accord) plein de progrès technologique, de la croissance avec les nouveaux emplois verts (isolation bât & co), de la capture CO2 massive (comment ? on finance la recherche et on verra). Donc tout va bien juste en faisant encore un peu tourner la planche à billet (dette qui ne coûte rien), et le problème énergie / climat va être résolu sans renoncer à notre pouvoir d’achat qui va augmenter par nécessité. Si hélas j’y crois pas et vois des limites physiques partout, ça veut dire que je n’ai pas la bonne idéologie ? Sinon quelqu’un réfléchit à des récessions organisées ?

Du créationnisme au Big Crunch, notre destin

Du point de vue des écologistes, c’est simple ! Tu voyages pendant 514 années-lumière tout droit pour trouver notre planète terre. Puis au feu, là où il y a un Mac-do intersidéral, tu prends à droite et tu parcours encore 23 années lumières. Arrivé au rond point de la galaxie d’Andromède, t’es presque arrivé. Tu prends en face et au bout de 800 millions d’années, tu verras la planète bleue à droite où il y a de la lumière la nuit et beaucoup de bruit pour pas grand chose. Voilà t’es arrivé ! Tout ça pour dire que le scénario divin des monothéismes est débile. Il veut nous faire croire à la création ex nihilo d’une planète formée par un type qu’on n’a jamais vu et qu’on ne verra jamais Il nous présente un paradis perdu réservé à une espèce animale qui se dit homo sapiens et qui n’a pourtant d’existence que depuis 200 000 ans environ. Au créationnisme, nous préférons l’évolutionnisme, reposant sur des preuves multiples et concordantes. Quant à la destinée de l’univers, nous préférons de loin les explications de l’astrophysique à l’Armageddon prévu par le bible. Sans entrer dans les théories sur les multivers, il y a plusieurs scénarios* du destin de l’univers dont nous privilégions le premier.

Le scénario Big Crunch prévoit qu’à une phase d’expansion succède une phase de contraction. Celle-ci commence quand l’Univers a environ 60 milliards d’années (il en a un peu moins de 14 aujourd’hui), à un moment où toutes les étoiles de type solaire se sont transformées en naines blanches et toutes les étoiles massives en étoiles à neutrons ou en trous noirs. Au fur et à mesure que la matière se rapproche sous l’effet de la contraction, les trous noirs grossissent de plus en plus. La température moyenne du cosmos se réchauffe. Cent millions d’années avant la fin, l’Univers est mille fois plus petit qu’aujourd’hui et les galaxies fusionnent. Un mois avant la fin, c’est au tour des trous noirs de fusionner entre eux. A la fin, il ne reste plus que des quarks, des particules fondamentales, puis tout devient quantique. Ce modèle où l’Univers commence par un Big Bang et se termine par un Big Crunch a beaucoup plu il y a un siècle car certains imaginaient un « Univers phénix », cyclique, qui renaissait éventuellement de ses cendres… Mais c’est le seul scénario qui évite de se poser la question du début ultime d’un monde constitué d’énergie/matière.

Tout cela est fascinant, non seulement sur le plan scientifique mais aussi philosophique. On sait qu’on va vers la disparation totale et irrémédiable de l’humanité, cela devrait nous permettre de relativiser notre condition humaine. Notons surtout que c’est du très très long terme, envisager une époque où toute la vie sur Terre aura disparue depuis très très longtemps. À court terme, il va falloir déterminer comment les homo-sapiens qui peuplent cette minuscule planète terre vont arriver à (sur)vivre dans les 100 prochaines années sans s’entre-tuer pour accéder à l’eau, aux terres arables et aux matières premières qui vont se raréfier. Des milliards d’années pour les astrophysiciens, la faim de l’humanité d’ici la fin de siècle, les élections l’année prochaine pour les politiques, la fin de mois pour beaucoup, l’horizon n’est pas le même pour tous ! Le principal, c’est ce que chacun de nous fait de son instant présent, boursouflé d’égoïsme ou œuvrant pour le bien-être collectif…

* Selon Jean-Pierre Luminet, Directeur de recherche du CNRS au Laboratoire d’astrophysique de Marseille, il y a actuellement trois scénarios d’évolution de l’Univers. Le premier, c’est celui de l’« Univers fermé » (Big Crunch), le deuxième, celui de l’« Univers ouvert décéléré » (Big Chill) et le troisième, celui de l’« Univers ouvert accéléré » (Big Rip). Chaque scénario dépend des paramètres fondamentaux de l’Univers, à savoir, essentiellement, la répartition de la matière et de l’énergie.

Menu sans viande chaque semaine, scandale !

La délibération dite démocratique, c’est beaucoup discutailler pour en conclure qu’il ne faut rien faire, surtout en matière d’écologie. Démonstration :

Convention citoyenne pour le climat (proposition) : généraliser l’option évgétarienne dans l’ensemble des cantines proposant un choix,

Assemblée nationale : l’expérimentation prévue en 2018 d’un menu végétarien par semaine dans les cantines scolaires, restera expérimentale.

Samantha Cazebonne , députée LRM: « Si l’option végétarienne dans l’ensemble de la restauration collective est prise par 30 % des convives, elle permettrait d’économiser jusqu’à 1,3 million de tonnes de CO2 par an, presque autant que les émissions de tous les transports à Paris pendant un an »,

Jean-Baptiste Moreau, député LRM : « Le repas végétarien me pose problème car il va avec le fait de dire que la viande n’est pas bonne pour la santé et que la consommation de viande est mauvaise pour l’environnement. »

Davemoz : Si je comprends bien, l’idée de pouvoir proposer un menu végétarien EN PLUS (en alternative) d’un produit avec viande en scandalise certains, qui y voient une odieuse immixtion dans leurs libertés. On propose un droit, ils y voient une injonction. Que ceux qui ne souhaitent pas avoir de viande ne puissent pas avoir le choix, en revanche, ne les dérange manifestement pas plus que ça. Et après ça on nous dit ce sont les écolos qui sont dogmatiques et tyranniques…

Julien Denormandie, ministre de l’agriculture : « Le principal combat doit être celui de la qualité, aucunement d’imposer un régime alimentaire à quiconque. »

Jean.Ri : Un, UN seul menu végétarien par semaine (le reste du temps c’est viande obligée) et voilà les passions déchaînées ! Pour arriver à une loi qui n’est pas contraignante, autant dire qui ne sera pas appliquée !

Amendement cosigné par 60 députés : prévoit d’exclure de la liste des produits « durables » les volailles issues d’élevages en bâtiments fermés ou les œufs de poules en cage.

Assemblée nationale : amendement rejeté…

G. Delaurens : Donc il faut continuer à consommer de la viande, à rouler en SUV, à épandre de l’engrais azoté et des pesticides à profusion pour l’agriculture, et déclarer un logement comme climato-rénové avec un indice C ou D …

NKN : Vivement le SUV végétarien !

Mon testament de militant écolo

25 ans de présence active au sein de l’écologie politique, cela use. Voici mon bilan, globalement négatif.

J’ai voté en 1974 pour le premier candidat à la présidentielle, René Dumont. Son programme, s’il avait été respecté, aurait fait de notre planète une société complètement différente de l’actuelle qui nous impose une civilisation thermo-industrielle et croissanciste. Mais je restais allergique aux jeux politiciens, « élection piège à cons » restait mon mantra. Je me contentais de voter écolo, j’ai vécu une vie engagée au niveau associatif. Après vingt ans au service du jeu d’échecs, je suis même devenu vice-président de la FFE. Mais au milieu des années 1990, j’ai trouvé que la situation de la planète était suffisamment grave pour que je m’engage à plein temps dans ce collectif mouvant qui constituait l’écologie politique.

J’ai adhéré aux Verts, suivi passionnément les journées d’été, pris différents rôles au niveau du groupe local. Mais l’acoquinement avec le PS à partir de 1994 l’empêchait de présenter électoralement une écologie de rupture. J’ai alors choisi en 2002 l’entrisme au PS, autant ne pas rester l’élève du maître. Je croyais sincèrement que l’urgence écologique devenait devenue telle qu’un parti dit « de gouvernement » allait se saisir de cette thématique. J’étais pendant 10 ans membre de la commission nationale environnement du PS, en charge officiellement d’un suivi de la politique de la droite en matière d’écologie, périodique envoyé à tous les députés et sénateurs socialistes. J’ai aussi participé activement à la motion d’orientation du congrès de Reims en 2008, « Pour un parti socialiste résolument écologique ». Échec total, 1,58 % des voix seulement. Au PS il n’y avait pas débat d’idées, c’était la lutte à couteaux tirés pour savoir à l’époque qui allait être premier secrétaire du parti, Ségolène ou Bertrand, Martine ou Benoît. Un parti politique quel qu’il soit ne réfléchit pas, il s’épuise dans les affrontements de pouvoir (le bal des ego), J’ai organisé en janvier 2011 un colloque dans les locaux de l’Assemblée nationale « Pic pétrolier, quelles propositions politiques pour 2012 ? ». Plusieurs spécialistes à la tribune, la salle de réunion du PS pleine à craquer, des députés dans la salle et à la tribune. On n’en a retenu aucune leçon. De toute façon le vieux PS de François Hollande n’était pas mûr pour parler « écologie », on l’a bien vu par la suite. Une fois arrivé au pouvoir en 2012, leur optique croissanciste traditionnelle a constitué leur mantra.

J’ai donc rejoint EELV en 2011 avec le statut (nouvellement créé) de coopérateur qui me permettait la double appartenance partisane, socialiste ET écologiste. J’ai co-animé en 2011 aux JDE de Clermont-Ferrand un atelier qui a permis la création d’une commission accueil-formation, structure sans résultats malgré plusieurs WE de rencontres à Paris. Cette commission s’est enlisée dans les méandres de GIRAF (groupe interrégional accueil/formation)… Je me suis alors encarté à EELV pour participer activement aux décisions de congrès. Je voulais une écologie de rupture, j’ai soutenu la motion Avenir Ecolo au congrès de Caen en 2013. Échec à nouveau. Pour le congrès suivant, on est devenu « Pôle Ecolo » après l’union avec Objectif Terre  ; j’ai été co-administrateur de la liste de diffusion. Mais nous avons été écarté du congrès suivant par les partisans de la firme résultant des initiatives politiciennes du couple Cécile Duflot et Jean Vincent Placé.

J’ai continué d’essayer l’impossible, y compris par des livres en libraire. J’ai coordonné un livre paru début 2014 avec comme co-auteurs Yves Cochet, Pablo Servigne, Alain Hervé… et intitulé « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ». Sur cette thématique démographie/écologie, j’ai la même année organisé un atelier aux JDE,qui a débouché sur un groupe de travail « démographie » officialisé avec réticences par le BE, mais sans aucun écho chez nos dirigeants. Le malthusianisme de René Dumont était devenu un tabou pour le parti. Je suis aussi cofondateur du groupe de travail « imaginer une économie écologique », une instance adoubée par le CF en 2014 qi deviendra par la suite la commission post-croissance. Pour préparer la présidentielle de 2017, j’ai rédigé un livre synthèse de 370 pages, « L’écologie à l’épreuve du pouvoir », présentant tous les programmes politiques possibles, et publié juste avant les JDE de 2016. Mais nos instances dirigeantes ont refusé un atelier autour de mes thématiques, on ne m’a même pas donné la parole lors d’un atelier pourtant consacré à l’avenir de l’écologie. On a préféré encenser aux JDE le livre de Cécile Duflot, « Le grand virage », un livre qui ne parle pas d’écologie !

Entre les deux tours de la présidentielle de 2017, j’ai donc pris contact étroit avec le (futur) député « en marche » de ma circonscription, très ouvert apparemment à l’écologie. Mais dans le groupe local macroniste, autant la plupart des adhérents de base avaient la fibre écolo, autant les orientations nationales allaient à l’inverse. Au bout de deux ou trois mois, j’ai compris (comme bien plus tard Nicolas Hulot) que Macron n’était pas compatible avec l’écologie. Mon livre anti-Macron « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir » est sorti en libraire en octobre 2018. Je suis (re)devenu coopérateur EELV à plein temps. J’ai mis en place officiellement en 2019 lors des JDE de Toulouse un collectif « Formation de formateurs à l’écologie ». J’ai rassemblé tout un groupe, mais il n’y avait que moi qui était actif pour rédiger fiches de formation et rapports de conférences. Qui savait que le Bureau Exécutif actuel comptait un membre dédié à la formation ? Personne ! Mais il ne faut pas se décourager, il faut toujours chercher le chemin le plus propice à promouvoir l’écologie en politique.

J’ai presque tout essayé. J’ai testé sans beaucoup d’illusions plusieurs tentatives d’ouverture du mouvement, à une époque j’étais au Conseil d’orientation politique, et plus récemment avec le groupe de travail sur la « réinvention du Mouvement »… Aucune de ces structures, groupes de travail ou commissions, n’est arrivé à donner un résultat durable, les militants préfèrent se contester entre eux plutôt que de rechercher la symbiose. On peut d’ailleurs généraliser à toutes les commissions thématiques du parti EELV, elles existent théoriquement pour réfléchir et éclairer le parti sur les orientations à prendre, elle ne servent à rien. La seule commission qui arrive à se faire connaître, c’est la commission féminisme, mais on n’y parle pas d’écologisme !

En résumé EELV ne peut pas devenir un parti de gouvernement sous sa forme actuelle, groupusculaire et traversée de tensions internes. Les succès récents aux élections ne s’expliquent pas par un programme homogène ou une figure charismatique, EELV bénéfice seulement aux yeux de l’électeur moyen de l’étiquette « écologie ». En ignorant le rôle qu’aurait pu jouer la coopérative qui existe pourtant depuis dix années à ses côtés, EELV aurait pu élargir sa base militante. Le parti nous a au contraire marginalisé, refusant de devenir un mouvement. La coopérative devrait rassembler 120 000 membres au lieu des 120 que nous sommes actuellement. Échec donc sur toute la ligne. Ce sont les craquements de notre Terre-mère et ses dysfonctionnements provoqués par notre espèce qui nous obligeront à penser autrement. Homo « sapiens » n’est pas assez sage pour préparer politiquement des lendemains qui vont être très difficile pour une civilisation qui pille la planète. Et ce n’est pas parce que tous les partis sans exception vont se dire écolo pour la présidentielle de 2022 que cela va changer la donne. Ce sera écologie superficielle et business as usual malgré les secousses virales. Mais je reste coopérateur de cœur, plus spectateur qu’acteurje préfère me consacrer à mon association biosphere et à l’association Démographie Responsable.

Michel Sourrouille

Loi climat, caricaturée par le gouvernement

Une pléiade de ministres concernés par la loi climat : « Sortons du temps des caricatures, c’est cela dont l’urgence environnementale a besoin… Oui, il y a un chemin pour s’attaquer à tout ce qui n’est plus soutenable tout en améliorant la vie des Français… Oui, il faut savoir avancer par étapes… Oui grâce la loi « climat et résilience », demain nous respirerons un air plus pur… Nous vivrons dans des logements plus confortables… Nous mettrons un coup d’arrêt à la bétonisation infinie de la nature… Le dérèglement du climat nous impose de refuser toute brutalité dans la méthode… »

Les commentateurs sur lemonde.fr sont unanimes pour condamner un tel étalage de dissonances cognitives :

A. H. : Donc, si je comprends bien cette tribune, « tout va très bien madame la marquise » ? Seulement le réchauffement est déjà là, et tôt ou tard, il ne fera plaisir à personne. Et ce satisfecit auto-décerné pitoyable ne suffira certainement pas à inverser la tendance …

Or : Votre loi climat est un scandale de minimalisme et de renoncements et vous osez la défendre en vous présentant comme ceux ayant de l’ambition ?? J’espère que peu de monde sera dupe.

minorité : Quelle puanteur dans ces délires politiciens (et je sais de quoi je parle)… Au bout de trois paragraphes j’enrage de ces discours de promesses idylliques jamais tenues. Dès la première ligne, on se dit que nos ministres n’ont vraiment rien compris : « il y a un chemin pour s’attaquer sérieusement à tout ce qui n’est plus soutenable dans notre modèle de développement, tout en améliorant la vie des Français ». NON, le développement durable, la préservation de l’environnement et du climat n’amélioreront pas la vie des français. NON prendre son vélo ou marcher à pied et pas prendre sa voiture, manger moins de sucres et de gras et pas s’empiffrer de sodas et de hamburger, s’amuser avec ce qu’on a et pas avec le dernier gadget techno qui nous procure encore plus de désir, se promener et pas regarder les réseaux sociaux, NON madame la ministre, cela n’améliorera pas la vie des français. Il faut 15 ans de confinements successifs pour préserver ce qui aurait pu l’être il y a 25 ans.

JCM : Revoilà des caricatures gouvernementales. Il faut leur passer la tête à la moulinette ? Cela fait cinquante ans que des gens tirent la sonnette d’alarme sur la folie de la croissance infinie. Un demi siècle! Et on vient nous dire qu’on n’a pas eu le temps de se préparer ? Si « le peuple » n’est pas prêt à changer rapidement le changement, lui, est déjà là et de plus en plus violent: pas seulement le changement climatique, mais aussi l’empoisonnement de l’air et de l’eau, l’inflation des phytosanitaires toxiques, les bactéries résistantes aux antibiotiques et beaucoup d’autres choses. Tout ça c’est l’environnement, donc notre santé et tout notre mode de vie qui sont en question.

iphigenie : En 15 mois nous avons eu – 1 canicule européenne et une sécheresse – la forêt australienne et californienne dévastée – La vallée de la Roya détruite – 40 à 50% de la production de fruits française détruite et une pandémie ! La société regarde ses leaders. Et ses leaders disent : on a le temps, on avance doucement. Quelle catastrophe faudra-t-il pour qu’on change d’avis ?

Marc C : Montrer qu’on a descendu la poubelle alors qu’on avait promis les 12 travaux d’Hercule ne va pas améliorer la crédibilité de LREM et du gouvernement. Quant à l’écologie punitive, personne ne peut les accuser de la pratiquer, c’est même plutôt de l’écologie bienveillante à l’égard des bétonneurs, de l’industrie et agro-industrie en général, de la FNSEA…s

Tomko : Donc les membres de la majorité sont d’accord avec eux même. C’est rassurant.

MD : La majorité des commentaires montre bien que quoiqu’on fasse ce ne sera jamais assez pour les Amish. L’écologisme fait des ravages dans ce pays. Une bonne mesure serait de supprimer ce ministre de l’écologie.

BorderlineyeDisruptive @ MD : Eh oui, le président Macron est le premier à caricaturer l’écologie en Amish, puis ses copains signent une tribune contre les caricatures idiotes, ha ha ha… Très drôle ce gouv. Tourne au LSD probably. Et toi MD tu fumes quoi, de l’éther ?

Bernard l. : Notre chère planète Terre a-t-elle lu cette tribune gouvernementale? Est-elle prête à modifier le fonctionnement de notre biosphère ? Si oui, nous sommes sauvés, sinon…

Le point de vue des écologistes sur ce blog

Notre tâche quotidienne est de donner sur ce blog biosphere le point de vue des écologistes. Il ne s’agit pas d’imposer un point de vue, mais de fournir des éléments de réflexion. Un désaccord ponctuel peut s’exprimer par un commentaire ; soyez svp respectueux des avis des autres intervenants sur ce blog. Vous pouvez aussi poster une contribution personnelle afin d’approfondir notre intelligence collective, pas plus de 4000 caractères à envoyer à biosphere@ouvaton.org

Notre audience reste pour le moment marginale, mais nous ne sommes qu’une esquisse dans la prolifération des initiatives qui nous amènent progressivement à penser collectivement que l’écologie est l’avenir de l’humanité si elle veut rester en bons termes avec notre Terre-mère. Nous connaissons tous les obstacles qui nous empêchent d’arriver à un consensus d’écologistes : la société du spectacle qui nous détourne des réalité biophysiques et de la pensée du long terme, la société de consommation qui nous rend complices du pillage de la planète, la société croissanciste qui ne jure que par le PIB et certainement pas par le bonheur des peuples, la société du profit qui fait passer la liberté des entreprises bien avant l’intérêt général, la société de compétition qui annihile nos tendances à la coopération et à la synergie, la société marchande qui défigure par un prix à payer le vrai sens des êtres et des choses. A tous ces obstacles à la formation d’une société écologisée, il faut ajouter la « société du commentaire » telle que définie par le texte suivant :

L’analyse de Nicolas Truong : « Des réseaux sociaux aux chaînes d’information en continu, la société du commentaire étend son influence dans l’espace public à coups de polémiques. Ce n’est pas nouveau, l’être humain est bavard. Platon dénonçait déjà l’isegoria, le droit de parole égal pour tous les citoyens d’Athènes : « Elle noie la parole du sage ». Les nouveaux moyens de communication marquent-il une avancée de la démocratie ou une régression ? Le pouvoir de « n’importe qui » de dire « n’importe quoi » peut-il déboucher sur un consensus ? Le président Macron constate : « Le problème-clé pour moi, c’est l’écrasement des hiérarchies induit par la société du commentaire permanent : le sentiment que tout se vaut, que toutes les paroles sont égales, celle de quelqu’un qui n’est pas spécialiste mais a un avis sur le virus vaut la voix d’un scientifique… On finit par ne plus croire en rien. » Le médiatique a colonisé et vidé de sa substance l’espace public, le commentaire est devenu un spectacle et l’information un divertissement. On refuse le point de vue mesuré, on valorise le clivant et le polémique, l’espace de la disputatio, qui oblige à argumenter face à un adversaire, est trop souvent aboli. Dans la société du commentaire, la délibération raisonnée laisse place à la transgression. Les opinions sont souvent réduites à l’exposition de simples pulsions. L’intellectuel spécifique qui intervient dans l’espace public à partir d’un savoir déterminé devient inaudible. L’horizontalité apparente des réseaux sociaux masque d’importantes hiérarchies, celle des réputations et des followers. La société du commentaire devient une menace pour la démocratie.   » (résumé amélioré)

Faites-nous connaître dans vos réseaux, l’intelligence collective résulte de la contamination de tous par les idées d’avenir.

Sécurité ou liberté, que faut-il préférer ?

On prône au niveau économique la liberté des entreprises et le principe d’innovation contre l’intérêt des générations futures et le principe de précaution. Mais dans le domaine social, on penche pour le zéro risque au détriment de nos libertés. Voici quelques indications sur ce débat crucial, sécurité ou liberté ?

Mireille Delmas-Marty : « Le rêve du risque zéro, qu’il s’agisse de terrorisme ou de pandémie, entraîne inévitablement une surenchère, voire une sorte d’hystérie législative. Rappelons-nous le tournant sécuritaire post-11 septembre 2001. Après les discours musclés annonçant l’éradication du terrorisme, voici les discours savants sur le « Zéro Covid ». Et toujours la même obsession sécuritaire, le même rêve d’un monde sans risque, sans crime et sans maladie. Mais le rêve d’un monde parfait peut rapidement tourner au cauchemar des sociétés de la peur. D’autant plus que de nouvelles technologies ne cessent d’arriver sur le marché, offrant aux décideurs des moyens de surveillance hier inimaginables : reconnaissance faciale, géolocalisation, drones, algorithmes de reconnaissance des émotions et bientôt puçage généralisé. Je suggère d’expliciter politiquement les critères d’acceptabilité sociale des différents risques. »

F.Marin sur le monde.fr : Merci Madame Delmas-Marty !  » Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux  » – Benjamin Franklin

Michel SOURROUILLE : Pour la pandémie, on aurait pu choisir politiquement l’immunité collective par acceptation d’une mortalité élevée avec périodes de quarantaines ponctuelles comme cela se faisait autrefois aux temps des épidémies. On respectait (sans en connaître le terme) le critère darwinien de sélection naturelle. On a choisi l’immunité collective par confinement généralisé et vaccination pour ainsi dire obligatoire. Mais au lieu de renforcer la résilience des populations, on provoque l’apparition de virus mutants qui veulent contourner (grâce d’ailleurs au mécanisme de sélection naturelle propre aux virus) l’obstacle vaccinal et qui se révèlent parfois plus dangereux et/ou contaminant. La question de l’acceptabilité sociale, comme l’indique Delmas-Marty, est donc essentielle. Mais l’opinion publique se formate, on aurait pu lui faire accepter un taux de létalité de 1 % si on n’était pas rentré dans une société qui veut le risque zéro à tous les niveaux, y compris les guerres zéro-morts (chez nous)

San-San : N’oublions pas que cette pandémie serait passée complètement inaperçue il y a un siècle (la grippe espagnole n’a pas fait beaucoup de bruit alors qu’elle était bien plus grave). N’oublions pas que cette pandémie ou encore les attentats divers ne sont rien à côté des ennuis qui nous attendent du fait du réchauffement climatique et de la raréfaction des ressources. Il y a de quoi s’inquiéter pour nos libertés comme pour notre sécurité.

Alioca : Je crains qu’il ne soit déjà trop tard, tant les volontés sont anéanties et les âmes anesthésiées. Je trouve qu’on ne met pas assez en avant la responsabilité historique des députés et sénateurs, représentants du peuple, qui ont abdiqué sans cesse leur/notre pouvoir en votant et revotant l’état d’urgence. Sommes-nous conscients qu’à l’heure actuelle la France est gouvernée par un « Conseil de défense » dont les délibérations sont couvertes par le Secret défense ? C’est hallucinant.

Nok nok : Tocqueville avait vu juste quand, imaginant le despotisme en démocratie, il avait prophétisé un « despotisme doux » qui couvrirait la surface de la Terre « d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour ».

Novi : Quand j’étais gosse, il y avait des gardiens de square à Paris, à qui il suffisait d’un geste pour que les malotrus se tiennent bien. Aujourd’hui, les gardiens sortent à plusieurs et ils osent à peine traverser un square.

LE MONDE, désinformation sur le nucléaire

Le nucléaire est un sujet de non-débat, il faut être pour ou contre, on n’a même pas besoin de développer une quelconque argumentation. La preuve, cet article du MONDE « 2022, le nucléaire s‘invite dans la campagne » : ce média dit « de référence » ne permet pas au lecteur de discerner le vrai du faux, il se contente de relater les éléments de langage des politiciens,

Emmanuel Macron : « Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire », avait-il expliqué sans pour autant annoncer de décision sur la construction de nouveaux réacteurs.

François Bayrou : « Il faut construire d’autres réacteurs, il n’y a pas d’autre solution »,

Xavier Bertrand : « Je le dis sans ambages : je suis pro nucléaire ».

Marine Le Pen a fait de la défense du nucléaire l’un des principaux piliers de sa politique en matière d’écologie.

Arnaud Montebourg : « L’urgence, c’est l’extinction du charbon et du pétrole pour diminuer les émissions européennes de CO2. Et nous avons besoin du nucléaire pour cela »,

Eric Piolle : « le nucléaire ne devait plus faire partie de la photo en 2050 ».

Olivier Faure : « Le nucléaire peut être une énergie de transition »

Pour autant, depuis le début du quinquennat, trois des quatre ministres qui se sont succédé à la transition écologique, dont dépend le domaine de l’énergie, étaient critiques envers le nucléaire : Nicolas Hulot, François de Rugy et l’actuelle ministre Barbara Pompili. Celle-ci s’est appuyée sur une éude du Réseau de transport d’électricité (RTE) et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), rendue publique en janvier 2021 qui posent les bases techniques d’un scénario reposant sur 100 % d’énergies renouvelables. Enfin un début d’argumentation !

Pour en savoir plus, mieux vous consulter ce blog biosphere :

BIOSPHERE-INFO, tout savoir sur le nucléaire

BIOSPHERE-INFO, le débat sur les déchets nucléaires

Brice Lalonde, un vendu au lobby nucléaire

Une tribune de Brice Lalonde dans LE MONDE est en fait un panégyrique de l’énergie nucléaire sous prétexte des émissions de gaz à effet de serre économisées par les centrales françaises. Rappelons qu’en France nous n’arrivons pas à construire une seule centrale EPR, rappelons que l’uranium n’est pas une source d’énergie renouvelable, rappelons que dans le monde l’énergie nucléaire est marginale et le restera. Du point de vue des écologistes, l’énergie la plus durable est celle qu’on ne consomme pas. Les Inuits passent l’hiver boréal dans un igloo, à zéro degré Celsius au ras du sol. Dans la France des années 1960 et dans la plupart des foyers, on ne chauffait pas le logement, on vivait couvert en hiver, dehors et au dedans, la nuit on se blottissait sous les duvets en plume d’oie. Demain avec la descente énergétique il faudra principalement compter sur l’énergie endosomatique, celle de notre propre corps ; c’est tellement plus écolo d’isoler des corps qui fonctionnent naturellement à 37 degrés plutôt que de se chauffer au bois, au gaz ou au nucléaire. La maison passive, c’est la maison qu’on ne chauffe pas.

Voici un résumé de l’argumentation de cet ancien ministre de l’environnement (1988-1992), adepte d’une écologie superficielle : « La performance énergétique (DPE) d’un bâtiment est déterminée par deux seuils : l’un pour l’émission de CO2, l’autre pour la consommation d’énergie. La contrainte CO2 n’existe pas, le DPE nouveau la « desserre » de 30 % par rapport à l’échelle précédente, qui était déjà bien clémente. Calée sur les émissions des logements chauffés au gaz, elle fait du gaz la référence comme si l’État considérait cette énergie fossile comme le compagnon de route préféré du climat. C’est donc la performance énergétique qui continuera à déterminer le classement, et non la performance climatique. Or les deux ne se recouvrent pas. L’économie d’énergie est bien entendu un moyen au service de la réduction des émissions quand il s’agit des énergies fossiles responsables du dérèglement climatique. Mais lorsque l’énergie est décarbonée, elle n’affecte pas le climat. Centrer l’action climatique sur l’économie d’énergie au lieu de la réduction des émissions de CO2, c’est taper sur le mauvais clou. C’est bien l’électricité décarbonée et qu’il faut favoriser. Dès lors, paradoxe ultime, nos propriétaires de logements mal classés dans le DPE parce que chauffés à l’électricité ont un moyen simple d’améliorer leur classement : c’est de passer au gaz ! Voilà comment les émissions de CO2 augmenteront, en dépit des engagements solennels, en dépit de la volonté du Parlement. L’aversion pour le nucléaire est demeurée le dogme fondateur du parti Vert, entraînant sa volonté absurde d’interdire le chauffage électrique…. »

Pour en savoir plus sur Brice Lalonde grâce à notre blog biosphere :

13 août 2018, L’écologie superficielle et irréaliste de Brice Lalonde

6 novembre 2015, Le ciel nous tombe sur la tête, Brice Lalonde aussi !

Les écologistes disent non au cannabis (2/2)

Beaucoup plus fort en THC (tétrahydrocannabinol), le nouveau cannabis accroît le risque de dépendance et les drogues de synthèse se développent. Plusieurs agences régionales de santé s’inquiètent. Ces produits entraînent un risque de dépendance accru et leurs effets peuvent entraîner une hospitalisation. Des dizaines de lycéens ont développé des effets indésirables après avoir vapoté un e-liquide appelé « Pète ton crâne »… Du point de vue des écologistes réalistes, les drogues ne devraient pas être autorisés. Pourquoi des paradis artificiels alors que préserver la beauté de la nature et profiter de ses bienfaits devrait suffire à notre bonheur. Voici quelques réactions sur lemonde.fr quant à l’usage du cannabis qui montrent la difficulté d’arriver à un consensus sur l’usage des drogues :

Olivier BCD : Et dire qu’on entendait encore des personnes comme le sociologue Jean Viard ce week-end demander la légalisation du haschich (sic)… Ce n’est pas parce que la fumette se développe qu’il faut s’aplatir devant la doxa ambiante. Les effets indésirables sont connus, ils sont désormais renforcés. Le passage vers d’autres drogues dures et/ou de substitution est avéré… Le trafic ne disparaîtra pas avec la légalisation, il se renforcera au contraire avec des produits toujours plus actifs et dangereux. Alors merci aux « abolitionnistes » de ranger leurs arguments dans leur poche., et aux États mais aussi à tous les citoyens de continuer à prévenir, empêcher, lutter contre les drogues. Ce n’est pas parce que l’alcool et le tabac existent et sont légalisés, qu’il faut ajouter d’autres tueurs à la panoplie.

Michel SOURROUILLE : Nous, militants écologistes, nous mangeons de préférence bio et de proximité. Nous sommes allergiques au tabac et au cannabis, abstinent quant aux vins et autres alcools. Nous pratiquons au minimum le lundi végétarien et évitons les nourritures industriellement transformées. Nous refusons les mécanismes publicitaires et ceux de la mode, nous proscrivons l’achat inutile et le besoin artificiel. Nous faisons preuve de sobriété énergétique, ce qui implique de limiter au maximum nos déplacements dans des engins motorisés. Pour les plus avancés d’entre nous, nous n’avons ni télévision, ni carte bancaire, ni voiture, encore moins de smartphone. On peut vivre sans, il suffit de s’organiser autrement. Quand nous allons au bout de notre prise de conscience, nous cultivons aussi un lopin de terre et/ou plantons des arbres fruitiers.
Cessons d’attendre que le système change, il ne changera pas sans nous.

Untel @ Sourrouille : Pas besoin de dix lignes. Vous pouviez simplement écrire : « Nous les Amish ».

Mohamed – dylanologue freudo-lacanien : Même pas besoin qu’il soit Amish. Michel SOURROUILLE me fait penser à ce que j’ai vu sur Arte l’autre soir, un documentaire sur les néo-hippies de l’île de La Gomera. Pour la curiosité, allez-y voir, ça vaut vraiment le coup d’œil. Ils vivent à poils, se nourrissent d’une carotte et de qqs amandes. Ils n’ont ni smartphone ni carte bleue ni rien, ils vivent à la bougie en regardant le couché du soleil qu’ils trouvent beaux. En visionnant ce documentaire vous aurez une idée complète de ce que vous recommande de faire Michel, avoir une vie entre celle des Amish et des néo-hippies de l’Île de la Gomera.

Edoardo : La plupart des contributeurs n’ont aucune idée des dégâts que TOUTES les drogues causent dans les classes populaires. Une forme de défonce ne se substitue pas à l’autre, bien souvent elle s’ajoute. Comment un gosse dépourvu de milieu favorable peut-il espérer réussir quoique ce soit à l’école en étant stone dès le matin. Pour quelle raison croyez-vous que les filles de banlieue soient les seules à terminer un parcours scolaire correct. Parce qu’elles sont clean. Pourquoi les mosquées et les temples évangéliques sont si nombreux dans les quartiers, parce que les familles n’ont guère d’autres endroits safe pour éloigner leur fils de la rue et ses tentations. Les plus forts ont le devoir de protéger les faibles. Vous êtes forts, alors montrez l’exemple.

Paul Sernine : Amusant de voir que certains proposent encore la légalisation comme solution universelle. Petit rappel des faits : au Canada, avec la légalisation – La consommation de cannabis chez les jeunes de 15 a 24 ans est passée de 17,5 % à 27,6 % (source: « Qu’est-ce qui a changé depuis la légalisation du cannabis?  » – statistique Canada). De 60% a 82% des transactions (selon statistique Canada et la SQDC, respectivement) se font encore au marché noir (causes: prix, *taux de THC*). Mêmes constatations aux États-Unis (Névada, le Colorado, le Maine, l’Oregon et l’état de Washington) et en Uruguay (augmentation de la consommation de 9.3% a 15.5% chez les adultes). Par ailleurs 30% des usagers de marijuana ont des problèmes d’abus ou de dépendance (DS Hasin et al., Prevalence of Marijuana Use Disorders in the US Between 2001-2002 and 2012-2013. JAMA Psychiatry).

Gaël COSTE-MEUNIER : Les conséquences de la prohibition : Aucun contrôle des produits, des mélanges très dangereux avec toutes sortes de choses, un accaparement des forces de l’ordre sur des contrôles de simples consommateurs, une impossibilité de faire de la prévention (paquets neutres comme les cigarettes, numéro d’aide pour la lutte contre la dépendance, indication médicales, information sur le contenu réel du produit,…), une absence de contrôle sanitaire (pas de labo qui contrôlent les produits vendus), une exposition des consommateurs à des drogues plus dures (un vendeur légal ne vendrait que du cannabis, le dealer du coin de la rue peut vendre des extasies, du crack, de l’héroïne, …), un financement pour le banditisme et les mafias (milieu qui peut avoir des liens avec d’autres réseaux illégaux comme les réseaux terroristes), un coût médical non diminué par les taxes sur les produits et, pour finir, un pays qui compte le plus grand nombre de consommateurs malgré la prohibition. Temps de changer ?

L Éveillée : Et ça veut dire quoi, que les gens ne sont pas assez matures pour se protéger eux même ? Et pourquoi aller contre leur volonté après tout.

Jacote : J’ai personnellement rencontré un certain nombre de jeunes (18 à 30 ans) au cours de leur hospitalisation « sans consentement » qui souffraient de schizophrenie, pour certains alors qu’ils suivaient de belles études (sc po Paris, Essec, médecine etc). 100% de ceux à qui j’ai posé la question consommaient régulièrement du cannabis depuis plusieurs années. Il ne m’en semble pas utile de faire cesser l’interdit qui s’attache à la consommation de cannabis en le légalisant, je crains que cela ne fasse augmenter le nombre de ces jeunes. Cela dit, il appartient aux parents de les éduquer pour tenter d’éviter cela …

Hasdrubal : Pour avoir connu des cas dans ma famille je peux attester que l usage du cannabis très jeune pendant plusieurs années a conduit à des bouffées délirantes dont on n a pu savoir si c est le début de la schizophrénie ou pas.pas le temps de le savoir car suicide rapide.etait ce le cannabis qui a potentialise une fragilité préalable existante ou l inverse ?il s agissait de cannabis acheté en Hollande à fort taux de Thc.des vies foutues,une famille effondrée. Qu on ne me parle pas d éducation qui aurait pu éviter ça.il aurait fallu isoler déscolariser pour éviter les copains pour aller où ? Il y a un vrai lobby qui monte au créneau pour défendre cette substance. On le voit dans les commentaires

Athanagore Porphyrogenete : Je n’ai toujours pas compris cette évolution récente – un siècle – qui demande à l’état de protéger le citoyen contre lui même. Ce rôle était en générale dévoué à la religion, et par extension à la morale. Quand l’état protège des citoyens d’un autre citoyen, ou d’un groupe, il joue le rôle d’un mur. c’est nécessaire. Mais quand il nous protège de nous même, il est intériorisé. C’est inacceptable. Le contrôle des stupéfiants est l’exemple typique d’un rôle abusif de l’état.

@ Athanagoire : A moins d’être Robinson Crusoé, vos toxicomanies ont un impact sur l’entourage familial et un coût social (déscolarisation, dépenses de santé). Vous faites comme si le citoyen « qu’on protège contre lui-même » n’était pas sous l’influence de processus physiologiques d’addiction qui abolissent son libre arbitre, et soumis à des pressions sociales qui le poussent à consommer. Difficile de refuser un verre, un joint ou autre dans certains contextes, tous ceux qui tentent de contrôler des consommations abusives vous le diront.

Apiculture, l’hypocrisie des agro-industriels

tribune du MONDE : « Les cultures et les aménagements mellifères (jachères, haies) des champs agricoles permettent à l’apiculteur de garantir à ses abeilles une alimentation variée toute l’année.L’agriculteur est lui dépendant de la bonne pollinisation de ses cultures pour assurer sa production, tant en quantité qu’en qualité, de colza, d’arbres fruitiers, de melon, de semences… Pour qu’elle soit fructueuse, cette complémentarité doit reposer sur une cohabitation en bonne intelligence… Rappelons que la France importe actuellement près de la moitié du miel consommé par les citoyens chaque année en France. Ne perdons pas de vue l’objectif de développement de la production de miel sur notre territoire. En nous focalisant sur l’interdiction de certains produits de traitement, que nos voisins européens continueront à utiliser, nous n’en prenons pas le chemin. » (Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et Eric Lelong président de l’interprofession apicole Interapi)

Ce qu’il faut en penser du point de vue des écologistes ? Il suffit de lire les commentateurs sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : Il y a confit d’intérêt flagrant dans cette tribune. Interapi, a été promu comme interlocuteur privilégié de l’Etat, mais à sa tête il y avait le représentant du leader européen du miel, la famille Michaud. Les petits producteurs locaux passeront après la vente de miel par les grossistes importateurs. Notons que président d’Interapi n’est plus Vincent Michaud (passé vice président quand même), mais Eric LELONG, apiculteur pro-FNSEA. Notons que la FNSEA (Christiane Lambert) est le bras armé de l’agriculture industrielle friande de pesticides et autres joyeusetés. Notons que Christiane Lambert rassemble plus de 1000 truies dans sa porcherie, elle est bien entendu en faveur des porcheries industrielles. Terminer une tribune en demandant qu’il n’y ait pas d’interdiction de produits de traitement est significatif, « Macron, faites-nous confiance ! ». Hulot, ministre de écologie, s’était déjà heurté frontalement au ministre de l’agriculture de l’époque, un émissaire de la FNSEA…

Dance Fly :Tribune bien pauvre, écrite par des agriculteurs pour des agriculteurs. La vérité c’est que le plan pollinisateur, piloté par le ministère de l’écologie, annonce un nouveau bras de fer avec le ministère de l’agriculture. Beaucoup, comme certains députés (qui « représentent » la profession agricole) et les lobbies (dont les deux auteurs de cette tribune), s’excitent depuis des semaines en exerçant des pressions auprès de M. Denormandie (qui de toute façon ne sera pas difficile à convaincre) pour éviter à tout prix toute remise en cause de l’agrobusiness, principal responsable de la diminution de la diversité des pollinisateurs. Ecrire une tribune sur le thème « pollinisateurs et agriculture » sans faire mention des pesticides et des pollinisateurs sauvages montrent à quel point les auteurs se soucient avant tout de leur business et très peu de biodiversité.

Réaliste. : À la FNSEA, les discussions entre apiculteurs et agriculteurs relèvent de la lutte du pot de terre contre le pot de fer. Cette organisation contrôle 99 % des chambres d’agriculture, des caisses locales de la banque ou de la mutuelle des agriculteurs et l’écrasante majorité des coopératives. Pour elle, l’essentiel est de pouvoir continuer à polluer pour ne pas désorganiser les filières de vente de ces produits qui lui permettent de mieux contrôler la masse des paysans.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

28 février 2019, L’exaspération des apiculteurs et apicultrices

Les écologistes disent non au cannabis (1/2)

Du point de vue des écologistes réalistes, les drogues en général ne devraient pas être autorisés, y compris le THC du cannabis. Pourquoi des paradis artificiels alors que préserver la beauté de la nature et profiter de ses bienfaits devrait suffire à notre bonheur. Malheureusement ce n’est pas l’avis des écologistes institutionnels qui se croient être à la pointe de la modernité transgressive. Voici quelques extraits de notre blog biosphere pour en savoir plus sur la légalisation du cannabis en débat.

7 juin 2012, Dépénalisation du cannabis, Duflot pour, l’écologie contre

La dépénalisation du cannabis, c’est « la position » d’Europe Ecologie-Les Verts, depuis « très longtemps ». En tant que chef de parti Cécile Duflot a déclaré sur RMC et BFM TV : « Il faut considérer que le cannabis, c’est comme l’alcool et le tabac, même régime ; une politique de santé publique et de prévention, notamment vis-à-vis des plus jeunes. »

Ce positionnement résulte de l’amalgame qu’il y a eu au moment de la formation des Verts entre un gauchisme issu de mai 1968 bercé par les illusions du slogan « il est interdit d’interdire » et l’écologie scientifique qui s’intéressait réellement au devenir des écosystèmes. Il faut que l’écologie politique abandonne son aspect permissif pour atteindre sa maturité. Il faut que Cécile Duflot sache dire « Non, cela ne doit pas se faire »…

6 janvier 2014, fumer du cannabis est-il écolo ? Certainement pas !

… Rappelons que le principe actif du cannabis, le THC tétrahydrocannabinol, est inscrit sur la liste des stupéfiants. Des doses fortes entraînent rapidement des difficultés à accomplir une tâche, perturbant la perception du temps, la perception visuelle et la mémoire immédiate, et provoquent une léthargie. Est-ce cela qu’on attend d’un écolo, l’inconscience citoyenne ? L’appareil respiratoire est exposé aux risques du tabac qui accompagne le joint. Il y a des difficultés de concentration, donc des difficultés sociales, une dépendance psychique possible, des dédoublements de la personnalité… Ces effets peuvent se traduire par une forte anxiété et favoriser la survenue de troubles psychiques. Est-ce cela que les écologistes défendent, des citoyens en difficulté ?….

4 octobre 2016, légalisation du cannabis, une erreur des écolos

Le tout premier débat de l’élection présidentielle a eu lieu le 27 septembre entre les quatre candidats à la primaire écologiste, Yannick Jadot, Michèle Rivasi, Cécile Duflot et Karima Delli. Sur la légalisation du cannabis, c’est probablement le sujet sur lequel les quatre candidats se rejoignent le plus. Tous sont favorables à la légalisation du cannabis, à condition que celle-ci soit « encadrée ». Les écologistes sont donc le seul parti dont tous les candidats à l’élection présidentielle sont favorables à la légalisation et non à la seule dépénalisation du cannabis…

15 août 2020, exemplarité des membres d’un parti écolo

Un parti écolo a une grande supériorité sur les autres partis, ses membres peuvent montrer l’exemple de ce qu’il faut personnellement pratiquer, la sobriété personnelle. En effet l’expression de Gandhi, « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » s’applique parfaitement à l’objectif de militants écolos qui veulent que changent les comportements dans un contexte d’urgence écologique. Nous, militants écologistes, nous mangeons de préférence bio et de proximité. Nous sommes allergiques au tabac et au cannabis, abstinent quant aux vins et autres alcools. Nous pratiquons au minimum le lundi végétarien et évitons les nourritures industriellement transformées. Nous refusons les mécanismes publicitaires et ceux de la mode, nous proscrivons l’achat inutile et le besoin artificiel. Nous faisons preuve de sobriété énergétique, ce qui implique de limiter au maximum nos déplacements dans des engins motorisés. Pour les plus avancés d’entre nous, nous n’avons ni télévision, ni carte bancaire, ni voiture, encore moins de smartphone. On peut vivre sans, il suffit de s’organiser autrement. Quand nous allons au bout de notre prise de conscience, nous cultivons aussi un lopin de terre et/ou plantons des arbres fruitiers. Cessons d’attendre que le système change, il ne changera pas sans nous…

La prostitution est un boulot comme un autre

« l’écologie face aux abolitionnistes de la prostitution » écrivions-nous sur ce blog en 2013. Le seul élément du discours des Verts français qui relève de l’écologie est celui-ci : « La prostitution n’est pas un élément naturellement constitutif de la vie en société. » C’est vrai, la sexualité tarifée relève du culturel. Mais la sexualité ordinaire aussi. Il n’y a donc aucune règle définitive qui puisse nous permettre de privilégier a priori la répression totale de la prostitution ou la légalisation intégrale des travailleurs du sexe. Mais relevons le fait essentiel, l’exercice de la sexualité procure naturellement du plaisir quand on se laisse aller. Il y a prostitution parce qu’il y a frustration. Si les humains passaient plus de temps à faire l’amour comme les Bonobos, sans esprit de conquête et chaque fois qu’il faut réduire les tensions sociales, sans doute n’y aurait-il plus de prostitution (ni même de guerres). L’amour libre, le sexe libéré, implique aussi de lutter contre les rapports de domination. Comme on disait en d’autres temps, « peace and love », l’amour et la paix. Réconcilier nature et culture, n’est-ce pas là l’objectif premier des écologistes ? Cinq ans après son vote, la loi du 13 avril 2016 qui voulait abolir la prostitution continue de faire débat. Voici l’avis d’un spécialiste :

Daniel Borrillo : « L’appréhension du phénomène prostitutionnel par l’Etat appelle une régulation et non une pénalisation. En décembre 2019, après une évaluation de l’application de la loi de 2016, un rapport interministériel a mis en lumière à la fois une aggravation de la précarité des personnes qui se prostituent dans la rue et un transfert du sexe tarifé vers le Web. Les violences à l’encontre des travailleuses du sexe de rue ont augmenté en quantité et en intensité… La loi de 2016 a réussi à imposer aux prostituées et à leurs clients une conception paternaliste selon laquelle la prostituée est une victime à protéger des clients, mais aussi d’elle-même puisqu’on ne peut consentir à la prostitution sous peine de compromettre sa propre dignité humaine. Or, comme tout travail, la prostitution peut être libre ou subie ; le seul moyen efficace de mettre fin à la contrainte d’un supposé « système prostitutionnel » est de rendre les prostitués, hommes et femmes, libres de leur force de travail… La reconnaissance légale du service sexuel constitue la consécration du principe de la liberté de disposer de son corps et permet de mieux combattre la prostitution forcée et surtout celle des mineurs, d’éliminer les situations d’abus et d’assurer des conditions dignes de travail aux prostituées en matière de sécurité et de santé… L’Etat devrait réajuster sa politique pénale en substituant à la criminalisation désuète du client une coopération policière et judiciaire renforcée de lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains.

Daniel Borrillo est chercheur au Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques (CERSA)/CNRS, il est auteur de plusieurs ouvrages sur la régulation juridique des sexualités, l’égalité des genres et la bioéthique.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

16 mars 2021, Faire l’amour en public, est-ce écologique ?

13 janvier 2018, Sexualité et harcèlement, l’homme, un animal dénaturé

9 novembre 2013, l’écologie face aux abolitionnistes de la prostitution

Le président Macron vendu à l’agro-industrie

Faut-il abattre les écologistes activistes ? Les actes d’intimidation pleuvent sur les défenseurs de l’environnement et le gouvernement Macron défend l’agro-industrie.

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur : « Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. Des individus s’introduisent dans leurs exploitations agricoles et les bloquent. Ils font des films aux commentaires orduriers, avant de jeter les exploitants en pâture sur les réseaux sociaux. Parfois même, les intrus dégradent, cassent et volent… » Depuis octobre 2019, la cellule de gendarmerie Demeter est notamment chargée, selon la convention signée entre le ministère de l’intérieur et la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), « de la prévention et du suivi (…) des actions de nature idéologique » visant des exploitants, y compris lorsqu’il ne s’agit que « de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ».

Stéphane Foucart, journaliste au MONDE : « Morgan Large est connue pour son travail sur les dégâts de l’agro-industrie. Régulièrement stigmatisée par les collectivités locales ou des industriels, la journaliste est ciblée avec une agressivité décuplée depuis qu’elle a témoigné dans un remarquable documentaire, Bretagne, une terre sacrifiée. Appels téléphoniques nocturnes, menaces sur les réseaux sociaux où sa photo est diffusée, intrusion nocturne dans les locaux de RKB ou chez elle, où les prés ont été ouverts pour laisser ses animaux divaguer… En janvier, son chien a été empoisonné. Depuis plusieurs années, les journalistes installés en Bretagne alertent sur la « loi du silence » qui leur est imposée par l’industrie agroalimentaire. »

Le gouvernement a choisi son camp, il conforte les adversaires les plus radicaux de la liberté de la presse sur les questions d’agriculture et d’environnement. En reprenant à son compte les éléments de langage des propagandistes de l’agriculture intensive – le désormais célèbre « agribashing » – et en privatisant l’action de la gendarmerie nationale par la création de la cellule Demeter, le gouvernement a contribué à criminaliser ceux qui s’inquiètent publiquement des dégâts de l’agro-industrie. Dans la mythologie grecque, Déméter enseigna aux humains les semis et le labour. Dans la société agro-industrielle, on a oublié les rites de la paysannerie pour faire de la terre un objet d’exploitation forcenée.

Voiture autonome et démesure technologique

Du point de vue des écologistes, l‘innovation technologique nous amène à une impasse. Même le journal LE MONDE doute maintenant : La voiture autonome de la folie à l’âge de la raison (10 avril 2021). Extraits : « En 2015, on rêvait que des « robots-taxis » remplaceraient bientôt les chauffeurs d’Uber. Ou que la voiture des particuliers deviendrait autonome. En 2015, Elon Musk, estimait que cette perspective « est un problème réglé, nous savons exactement quoi faire et y arriverons dans quelques années ». En 2016 l’institut McKinsey disait que 15 % des véhicules vendus en 2030 seront « totalement autonomes ». En décembre 2020, McKinsey écrit que les voitures autonomes de niveau 5  «  ne seront disponibles ni techniquement ni commercialement dans l’avenir prévisible ». Faire rouler une voiture sans chauffeur se révèle plus difficile que lancer une fusée… »

commentaires sur le monde.fr

Credo Quia Absurdum : Une telle débauche d’intelligence humaine et de moyens financiers pour un gadget inutile qui renforcera encore la fragilité de nos sociétés, où tout s’arrête à la moindre coupure de courant ou cyberattaque. Lamentable et obscène quand on pense à l’utilisation qui pourrait être faite de ces ressources.

Laurent : L’autonomie de la voiture, cela risque de coûter tellement cher que les personnes qui pourront se payer pourront aussi bien se payer une voiture normale et le chauffeur qui va avec.

Tarnais : Et l’environnement dans tout ça ? La voiture autonome généralisée dans le monde nécessiterait la fabrication de centaines de millions de capteurs et calculateurs supplémentaires, impliquant minerais, usines, déchets, etc. Elle augmenterait la consommation d’énergie, aussi bien au stade de la fabrication qu’à celui de l’exploitation.
Elle générerait partout des transmissions par ondes qui ne seraient sans doute pas sans effet sur la biodiversité. Elle accélérerait l’obsolescence des véhicules. Enfin, et c’est peut-être le pire, elle signerait quasiment l’arrêt de mort des transports ferroviaires, puisque ceux-ci perdraient leur atout essentiel par rapport à la voiture, celui de pouvoir se déplacer tout en faisant autre chose. Pour les industriels et les financiers qui se moquent complètement de l’environnement, la voiture autonome n’est qu’un relais de croissance.

Hugues : Une vraie flotte de véhicules autonomes permettraient de régler le problème des « derniers kilomètres » des transports en commun. Le TGV va beaucoup plus vite qu’une voiture et coûte moins cher (quand on compte bien tout), en revanche, il faut allez de chez soi à la gare.

Zahnstocher @Hugues : e que vous conseillez s’appelle un taxi. Ça fait moins rêver, mais ça consomme moins de ressources naturelles qui s’épuisent et utilise ce que nous avons en trop grand nombre : des humains.

Trismus : « Une alternative est le convoi de camions autonomes mené par un chef de file avec chauffeur ». Çà existe déjà et ça roule sur des roues et des rails en acier. Çà s’appelle un train !

Michel SOURROUILLE : Du point de vue des écologistes, la voiture autonome et les robots-taxis sont un des signes que notre démesure technologique arrive enfin au bout de ses fantasmes. On a voulu nous faire croire qu’après avoir artificialisé complètement la nature, les humains n’attendaient qu’une chose, remplacer les humains par des machines. Cela n’a été rendu possible que par l’abondance énergétique (charbon, pétrole, gaz…) qui nous a donné profusion d’esclaves mécaniques, à commencer par le lave-linge. Avec la descente énergétique inéluctable qui s’annonce puisque nous allons connaître une descente énergétique par disparition des ressources fossiles, une énergie non renouvelable dont nous extrayons les derniers lambeaux du ventre de notre Terre-mère. Sans compter que la lutte contre le réchauffement climatique implique qu’il faudrait laisser beaucoup de ces donc du diable sous terre afin de ne pas accentuer les émissions de gaz à effet de serre. Trop de monde croit encore au « progrès technique » !

Ulugh Beg :Soyons fou, faisons de l’anticipation : – les super-constellations de satellites type Starlink ne seront pas rentables, la voiture autonome pour tous et partout ne sera jamais une réalité, la filière hydrogène sera durablement limitée à des marchés de niche (flottes, camions, trains..), un humain ne mettra pas le pied sur Mars avant 3160, – il y aura des black-outs en Europe dès la 2e moitié de la décennie, l’Europe sera loin de l’objectif 2050 pour ses émissions de GES.

Commentaire de biosphere : Le véhicule autonome est une « opportunité » pour des mobilités « plus propres et plus solidaires », croit fermement le gouvernement. Dans un rapport, le think tank La Fabrique écologique arrive à la conclusion contraire : les « discours prometteurs » cachent « des conséquences écologiques potentiellement catastrophiques ». L’étude relève ainsi un « contraste important » entre le « fantasme » d’un véhicule au service de la mobilité durable et la perspective probable d’« une entreprise énergivore, polluante, consommatrice de ressources et d’espaces, coûteuse et risquée pour les libertés publiques ».  La voiture autonome sert d’alibi pour renforcer la présence de la voiture tout court . Du point de vue des écologistes, nous pensons que faute de carburants fossiles on va vers un dévoiturage inéluctable, que la voiture individuelle soit thermique, électrique, autonome ou à vapeur.

Bientôt des centaines de millions de chômeurs

Avec l’arrêt du tourisme pour cause de pandémie, les pays qui en vivent risquent de voir disparaître des dizaines de millions d’emplois. La plupart des commentateurs s’en réjouissent sur lemonde.fr, pourtant cela ne présage rien de bon.

Boulama : Pour de vrai j’ai hâte. Hâte de voir tous ces gens arrêter d’aller massacrer des pays où ils croient leur présence indispensable parce qu’ils ont le mythe du voyage. Qu’ils commencent par aller voir la colline à côté de chez eux, puis celle d’après.

Jamaiscontent : L’article du MONDE éclaire sur un problème qui semble insoluble : le tourisme de masse est devenu indispensable à des millions de personnes pour (sur)vivre, il est légitime de se préoccuper du sort de ces personnes, en particulier dans les pays qui n’ont pas de filet social. Mais on sait que ce type de tourisme est aussi destructeur de sites entiers, naturels en particulier, de ressources (constructions…) et qu’il est un contributeur au réchauffement climatique (avions, clim, surconsommation et gaspillage). Sans pour autant assurer de façon durable un niveau de vie décent à toutes les petites mains de cette massification. C’est mal barré pour ces gens, et pour la planète…

Tinos : Vivement que le tourisme redevienne ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être : un passe temps pour riches Anglo saxons désœuvrés. Et moi. Il me reste une place dans mon Falcon 9 demain pour Nicosie : prix à débattre entre gens biens. Ironie.

Gaston : chacun dans son pays c’est l’avenir, la France est grande il y a beaucoup de lieux à visiter, pas besoin de faire des milliers de kms pour se faire servir par des salariés peux rémunérés car c est cela l attrait pour les touriste de masse pas cher et beaucoup de serviteurs..

Ours : Dans les structures hors sol du tourisme de masse, l’indigène n’a un intérêt que s’il permet de réduire le coût de la main d’œuvre, sinon celle ci est importé, comme le reste.
Le tourisme n’est qu’une exploitation du territoire, comme dans l’industrie minière par exemple et l’occasion de formidables profits à court terme.

Bibifoc : quant la pandémie sera terminée, la main d’œuvre retournera très rapidement dans le secteur du tourisme car dans nombre pays, c’est le secteur où les conditions de travail et de salaire sont, et de loin les meilleurs.

Michel SOURROUILLE : Cet article pose clairement le problème lié à la nécessaire rupture écologique. Le nombre d’emplois nuisibles à la bonne santé de la biosphère est énorme, le tourisme de masse n’en est qu’une des facettes particulières. N’oublions pas que seul le travail des paysans et de quelques artisans est nécessaire à la bonne marche d’une société, tout le reste n’est qu’emploi parasitaire : la quasi totalité des employés, au service ou non de l’État, la plupart des ouvriers, sans compter tous les intermédiaires et autres cadres supérieurs qui vivent au crochet de ceux qu’ils font travailler. Il n’y aura plus de destruction créatrice au sens de Schumpeter, les emplois perdus dans un secteur étaient compensés pendant les Trente Glorieuses par les emplois créés ailleurs. Déjà le chômage de masse est une réalité dans la plupart des pays, il ne peut que s’amplifier dans la société post-Covid, sauf à vouloir retourner à la croissance, au pillage de la planète et à la guerre de tous contre tous au final

A connaître, «âge de pierre, âge d’abondance»

Le point de vue des écologistes ne pourra s’affirme que si une connaissance de base se diffuse dans la population. Il y a des expressions essentielles, à retenir et à diffuser, entre autres l’analyse de Marshal Sahlins qui déconstruit l’idée de société d’abondance.

Michel Sourrouille : « j’ai lu « âge de pierre, âge d’abondance », LE livre de Marshall Sahlins. La virgule peut prêter à interprétations. En fait cette étude démontrait que l’âge de pierre (les sociétés premières), c’était vraiment l’âge d’abondance : sans désir de superflu, il n’y avait pas sentiment de manque. Autrefois, aux temps de la chasse et de la cueillette, on vivait un sentiment de plénitude car on limitait les besoins… et donc le travail… pour avoir plus de temps libre… et être heureux. Aujourd’hui l’intérêt du moment change, de plus en plus vite. Il y a toujours un nouveau match à la télé. II y a toujours un machin de la dernière génération qu’il faut posséder et bientôt jeter à la poubelle avec l’apparition d’une nouvelle « fonctionnalité ». La période contemporaine fait courir la plupart d’entre nous derrière l’illusion de l’abondance… à crédit. »

Thierry Sallantin : « En octobre 1968, je découvre l’ethnologie en tombant dans « Les Temps Modernes » sur une communication de Marshall Sahlins en 1966 : « La première société d’abondance ». Cet ethnologue y parle de la vie agréable, en travaillant presque pas, au sein des peuples actuels vivant de pêche, chasse et cueillette. J’adhère en 1969 à l’association « Atipaya » de soutien aux indiens Wayana créée par Christian Delorme, future figure de la non-violence et de l’écologie. L’article de Sahlins ne sera republié qu’en 1976 dans « Age de pierre, âge d’abondance » (Gallimard). Je pense que l’ethnologie, en revalorisant les modes de vie « primitifs » de peuples estimés « en retard » par rapport aux « races supérieures » ou estimés « sous-développés », apporte la solution à l’impasse de la modernité. A 15 ans, je sais déjà que le mode de vie occidental est insoutenable et qu’il se répand hélas partout par ce moyen criminel de « persuasion clandestine » (Vance Packard et Stuart Ewen). »

Hervé Kempf : Guillaume Sarkozy, ex vice-président du Medef, m’avait dit un jour publiquement d’un ton vif : « Je ne crois pas une seconde qu’on puisse mobiliser les gens en disant « vous allez vivre moins bien qu’aujourd’hui ». Et demain, vous allez retourner à la bougie sans votre téléphone portable ? ». Je répliquai : « Si ceux qui ont le plus de capacité et de richesse ne reprennent pas notre destin par rapport à la crise écologique, nous irons précisément à un état de chaos social qui ne sera peut-être pas celui de l’âge de pierre, mais qui serra extrêmement négatif. Donc, s’il vous plaît, monsieur Sarkozy, employons des arguments sérieux, et ne nous envoyons pas des bougies et des blocs de pierre à la figure. » Cette anecdote illustre la propension de l’oligarchie à répondre aux questions qui dérangent par des images éculées. Jacques Attali recourut au même procédé. On l’interrogeait sur les conséquences écologiques qu’aurait la croissance forte qu’il préconisait : « La meilleure façon de ne pas polluer, répondit-il, est de revenir à l’âge de pierre ». Je ne sais si cette réponse est stupide ou méprisante.

PS : Marshall Sahlins est mort le 5 avril 2021, à l’âge de 90 ans. Il était sans conteste le plus grand anthropologue contemporain de l’Océanie. Savant inclassable, homme de terrain et infatigable pourvoyeur d’idées, il a lancé certains des plus grands débats de la discipline. En 1974, il devient professeur à l’université de Chicago, où il fera le reste de sa carrière. C’est aussi l’année où il publie Stone Age Economics (Age de pierre, âge d’abondance, Gallimard, 1976), dans lequel il déconstruit l’image fantasmée du « sauvage ». A partir de l’analyse de sociétés paléolithiques et de chasseurs-cueilleurs, il démontre que plus une société est marquée par des progrès technologiques, moins ses membres disposent de temps à accorder aux loisirs ou à la culture. Avec cet ouvrage majeur, il relègue définitivement au rayon des théories surannées l’évolutionnisme linéaire qui assimilait avancée technique et progrès social.

Le point de vue des écologistes sur ce blog

Notre tâche quotidienne est de donner sur ce blog biosphere le point de vue des écologistes. Il ne s’agit pas d’imposer un point de vue, mais de fournir des éléments de réflexion. Un désaccord ponctuel peut s’exprimer par un commentaire ; soyez svp respectueux des avis des autres intervenants sur ce blog. Vous pouvez aussi poster une contribution personnelle afin d’approfondir notre intelligence collective, pas plus de 4000 caractères à envoyer à biosphere@ouvaton.org

Notre audience reste pour le moment marginale, mais nous ne sommes qu’une esquisse dans la prolifération des initiatives qui nous amènent progressivement à penser collectivement que l’écologie est l’avenir de l’humanité si elle veut rester en bons termes avec notre Terre-mère. Nous connaissons tous les obstacles qui nous empêchent d’arriver à un consensus d’écologistes : la société du spectacle qui nous détourne des réalité biophysiques et de la pensée du long terme, la société de consommation qui nous rend complices du pillage de la planète, la société croissanciste qui ne jure que par le PIB et certainement pas par le bonheur des peuples, la société du profit qui fait passer la liberté des entreprises bien avant l’intérêt général, la société de compétition qui annihile nos tendances à la coopération et à la synergie, la société marchande qui défigure par un prix à payer le vrai sens des êtres et des choses. A tous ces obstacles à la formation d’une société écologisée, il faut ajouter la « société du commentaire » telle que définie par le texte suivant :

L’analyse de Nicolas Truong : « Des réseaux sociaux aux chaînes d’information en continu, la société du commentaire étend son influence dans l’espace public à coups de polémiques. Ce n’est pas nouveau, l’être humain est bavard. Platon dénonçait déjà l’isegoria, le droit de parole égal pour tous les citoyens d’Athènes : « Elle noie la parole du sage ». Les nouveaux moyens de communication marquent-il une avancée de la démocratie ou une régression ? Le pouvoir de « n’importe qui » de dire « n’importe quoi » peut-il déboucher sur un consensus ? Le président Macron constate : « Le problème-clé pour moi, c’est l’écrasement des hiérarchies induit par la société du commentaire permanent : le sentiment que tout se vaut, que toutes les paroles sont égales, celle de quelqu’un qui n’est pas spécialiste mais a un avis sur le virus vaut la voix d’un scientifique… On finit par ne plus croire en rien. » Le médiatique a colonisé et vidé de sa substance l’espace public, le commentaire est devenu un spectacle et l’information un divertissement. On refuse le point de vue mesuré, on valorise le clivant et le polémique, l’espace de la disputatio, qui oblige à argumenter face à un adversaire, est trop souvent aboli. Dans la société du commentaire, la délibération raisonnée laisse place à la transgression. Les opinions sont souvent réduites à l’exposition de simples pulsions. L’intellectuel spécifique qui intervient dans l’espace public à partir d’un savoir déterminé devient inaudible. L’horizontalité apparente des réseaux sociaux masque d’importantes hiérarchies, celle des réputations et des followers. La société du commentaire devient une menace pour la démocratie.   » (résumé amélioré)

Faites-nous connaître dans vos réseaux, l’intelligence collective résulte de la contamination de tous par les idées d’avenir.

Publicité et lutte pour le climat, le fiasco

Il devrait être évident pour tous les citoyens que n’importe quelle publicité est faite pour provoquer la surconsommation, donc l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Du point de vue des écologistes, la publicité, qui n’est qu’une forme sournoise de propagande, devrait être interdite. Comment continuer à accepter qu’il soit autorisé de faire le vide dans les cerveaux pour inciter à boire du Coca Cola ou à rouler en SUV ? Pourtant ce déni de l’urgence écologique trône à l’Assemblée nationale. Les députés viennent d’achever l’examen du titre 1, « consommer » du projet de loi « climat et résilience ». La prise de bec sur la publicité est significative d’un débat « démocratique » soumis aux diktats des entreprises. La liberté d’entreprendre et la santé immédiate des secteurs économiques passe avant la détérioration des conditions de vie sur notre planète. La fracture au sein même des Macronistes est palpable, démonstration :

– amendement proposé par une députée LRM : « lorsqu’on constate un manquement grave aux codes de bonne conduite en matière d’environnement, le CSA adresse des observations publiques aux sociétés concernées ».

La rapporteuse LRM du titre 1 rejette cet amendement. « Si, chaque fois que le CSA constate un manquement, il doit formuler publiquement une observation, nous manquerons notre objectif, car le rôle de cette instance est de permettre aux entreprises d’ajuster leur comportement, d’aller dans la bonne direction et de réduire la publicité ayant un impact négatif en matière environnementale ».

– La ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, émet un avis favorable à l’amendement : « Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas d’accord avec madame la rapporteuse. L’amendement vise à permettre au CSA de formuler des observations publiques aux sociétés qui auraient commis un manquement grave au code de conduite qu’elles ont adopté en matière de publicité. C’est la logique du “name and shame” (nommer et faire honte). que nous avons retenue en matière de responsabilité de l’annonceur. »

– Une députée LRM contredit la ministre : « Alors que nous cherchons à accompagner les entreprises engagées dans une démarche d’amélioration, nous devons éviter qu’elles puissent voir leur image de marque détruite en très peu de temps »

Au final le « name and shame » a été rejeté, la droite se joint bien sûr aux anti-écolos macronistes dans leurs votes. Contre la convention citoyenne pour le climat, tous les amendements visant l’interdiction de la publicité pour les plus polluants ont été rejetés. La CCC demandait que l’interdiction du dépôt de publicité dans les boîtes aux lettres, sauf autorisation « Oui pub », soit mise en vigueur : rejeté ! L’interdiction de la publicité lumineuse et celle dans les vitrines des magasins… rejeté ! Un autre amendement proposant l’obligation d’un bilan annuel pour les annonceurs sur les investissements publicitaires « faisant apparaître la répartition des investissements entre les produits vertueux et les autres, pour les produits soumis à l’affichage environnemental », a aussi été rejeté. Le rapporteur général du projet de loi (LRM) se permet d’en rajouter : « Nous demandons déjà beaucoup aux entreprises dans ce projet de loi , il ne faut pas en rajouter ». C’est le ditkat du business as usual, c’est un désastre pour l’écologie et les générations futures…

Du point de vue des écologistes, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

Aussi sur notre blog biosphere, Tout savoir sur la publicité qui nous dévore

La voie hydrogène, une nouvelle impasse

Décarbonation de l’économie, on cherche en vain la solution miracle. Le pétrole voit sa fin prochaine, le charbon produit trop de gaz à effet de serre, passons à l’hydrogène. La région Bourgogne-Franche-Comté est décrétée « territoire hydrogène » par sa présidente socialiste. Dans la communication gouvernementale, H2 est aussi présenté comme la solution pour la mobilité de demain. Toujours et encore les mêmes réflexes de nos sociétés techno-capitalistes : trouver de nouveaux vecteurs de croissance. Et l’écologie est un merveilleux prétexte. L’hydrogène, c’est en effet vendu comme vert de vert. Combiné à une pile à combustible, l’hydrogène permet de produire de l’électricité et rejette de l’eau. Le conducteur fait le plein en quelques minutes d’H2 comme à une pompe à essence. Et puis la ressource est inépuisable. On peut extraire de l’hydrogène partout, par électrolyse, en faisant passer dans de l’eau du courant produit par une éolienne, des panneaux solaires. Tout cela, c’est de la propagande.

Retour au réel. Aujourd’hui, la quasi-totalité de l’hydrogène est considérée comme « gris » : il est produit à partir d’énergies fossiles dans des raffineries. Il s’agit donc d’abord de le remplacer par de l’hydrogène décarboné car produit grâce à de l’électricité d’origine renouvelable. Mais la production d’hydrogène demande énormément d’énergie, et son utilisation n’est pas toujours la plus efficace. Ainsi, un litre d’essence contient autant d’énergie que quatre litres d’hydrogène liquéfié – et rendre le H2 liquide est un processus coûteux. Les piles à combustible ont également un rendement deux à trois fois plus faible que les batteries. Gaz ultra-léger sous la pression atmosphérique, il faut le stocker à plus de 350 bar pour limiter le volume. Les réservoirs actuels d’hydrogène des camions ou des bus sont difficile à étanchéifier tant la molécule est petite. Ils contiennent un gaz hyper-explosif, comprimé à 700 bars .Or une simple bouteille de butane fait peur, et la pression est limitée à 7 bar en usage domestique. Que peuvent penser les pompiers des véhicules H2 ? L’hydrogène est un gaz qui se transporte difficilement, il faut le comprimer, le liquéfier ou le transformer en ammoniac, ce qui est coûteux en énergie et demande des infrastructures spécifiques. En résumé l’hydrogène n‘est qu’une énergie de troisième niveau, produit avec la source d’énergie secondaire qu’est l’électricité. Un rendement final dérisoire, à peine utile pour stocker de l’énergie. Hydrogène et mobilité généralisée sont donc incompatibles. La voiture à hydrogène pour tous est une leurre, mais le député (LRM) Michel Delpon y croit : «  Emmanuel Macron a une carte à jouer, comme quand le général de Gaulle a lancé le nucléaire. »

Rappelons que notre croissance économique, notre confort, notre alimentation, notre médecine, nos transports doivent TOUT à l’énergie surabondante procurée par les ressources fossiles. La puissance développée par un homme oscille entre 100 et 400W. Celle d’une simple bouilloire est de 1000W. Le moteur d’une citadine de 40 0000 à 70 000 W. Un Boeing 747 nécessite environ 65 000 000 W. L’énergie nécessaire à nos besoins actuels est colossale. Ce n’est pas un amoureux de la calèche qui dit ça, c’est la science. Et la science nous dit aussi que l’hydrogène à foison, c’est du pipeau. Notre réveil va être difficile…