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SUV ou Climat, faut savoir choisir !

200 millions de SUV vendus en 2018, désastreux ! Le boom des Sport Utility vehicle menace de réduire à néant les tentatives du secteur automobile de réduire ses émissions de dioxyde de carbone (CO2) a prévenu l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Son directeur, Fatih Birol, tape aussi sur les véhicules électriques : « Est-ce synonyme de décarbonation ? Absolument pas, la moitié roulent en Chine, où les deux tiers de l’électricité sont produits par des centrales à charbon. » Nos errements se multiplient. Dans un rapport publié eni 2012, l’Agence internationale de l’énergie soulignait l’importance des impacts environnementaux du gaz de schiste : « Ce n’est pas un problème, c’est «LE» problème », indiquait Fatih Birol. Dans son rapport annuel 2010, l’AIE affirmait : « La production de pétrole conventionnel a atteint son pic historique en 2006, elle ne le redépassera jamais. Si aucun changement majeur n’intervient avant 2017, il sera impossible de tenir l’objectif d’une hausse maximale des températures de 2 °C d’ici à 2050. ». C’est en 2005 que l’AIE publiait la première édition du rapport « Economiser l’électricité en urgence ». Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Adrienne : Je suis stupéfaite par le manque de précision et le parti-pris de l’article. Je roule en SUV depuis 15 ans avec l’option 4X4, le premier consommait autour de 8l/100, le suivant était autour de 6,2, le dernier en attente de livraison est annoncé à 5l/100 (mais moins spacieux). Comment partir à la montagne pour le week-end à 4 avec 4 paires de ski et/ou snowboard et un chien de 35 kg avec une petite auto électrique (budget achat équivalent) ou prendre un autre moyen de transport quand on doit atteindre un hameau enneigé tard le soir ?

XXX : Je crois que votre problème va trouver sa solution d’ici peu: il y a de moins en moins de neige en Montagne et d’ailleurs avec la fonte du pergélisol il paraît qu’elles sont en train de s’effondrer. Et puis dans 10 ans votre chien sera mort et vos enfants ne partiront plus avec vous. Patience et courage !

Chriss : Si c’est pas l’exemple parfait de ce qu’on appelle « soucis de riches » ! Sans parler du côté égocentrique… Presque caricatural. Oulalah, et si on m’interdit de prendre l’avion, comment je vais faire pour mon weekend shopping à New York ! Vous ne vous rendez pas compte ! Dur la vie !

Edouard kidi : c’est en effet stupéfiant. Comment partir à la montagne en 4X4 pour skier sur de la neige artificielle produite par des canons à neige qui consomment moult énergie? Et faire une belle randonnée sur la moraine qui a remplacé le glacier disparu? Il faut assumer. Ou changer.

Michel SOURROUILLE : De toute façon les SUV ne sont qu’un des aspects du problème, on multiplie à l’heure actuelle tout ce qui consomme de l’énergie pour le simple plaisir, quads, jet ski, trottinettes électriques et autres gadgets motorisés. Notons pourtant que notre inconséquence a cela de bon que le choc pétrolier arrivera plus vite, soulageant par ce simple fait le climat, mais nous ne sommes pas du tout préparés à changer de mode de vie. Comment arriver à se priver d’un véhicule individuel quand le prix de l’essence sera multiplié par deux ou trois ?

Long spoon : Le vrai problème est le coût dérisoire de l’énergie qui permet de se déplacer sans effort assis sur 2 tonnes de ferraille. On peut ajouter que tout le pétrole extrait du sol finit dans l’atmosphère que l’on respire, SUV ou pas. Faudrait arrêter de se prendre pour Superman.

Oiseau sceptique : On ne peut pas accuser les constructeurs systématiquement, ils vendent ce que veulent leur clients ce qui est la base du commerce libre. Les vendeurs de voiture ne sont pas des saints: ils faut qu’ils bouffent, paient les traites de la maison rurbaine et les déplacements des enfants qui vont au sport. La seule chose qui peut arrêter la mode des SUV est une augmentation importante du prix du carburant, mais il parait qu’il ne faut pas martyriser les Gilets Jaunes !

Violette : Pourquoi n’interdit-on pas aux constructeurs automobiles de produire ce type de véhicule ?

Tsssssss : Juste sous l’article, au moment où je lis, deux pubs « outbrain » pour deux SUV, une pour une crossback E-tense, l’autre pour une autre Citroën (dont j’ai oublié le nom.)
Tout va bien, on va dans le bon sens…

Max bernard : Et les pub de toutes les voitures les plus luxueuses dans le supplément WE du Monde ! … Commerce ne rime pas avec raison et conviction !

Marius Albufera : Grâce aux primes gouvernementales, l’ industrie automobile et ses SUV se portent bien. On a aussi la prime au vélo électrique qui permet maintenant de s’ encombrer de batterie pour pédaler. On attend avec impatience le renouvellement de la prime énergie qui aidera les plus favorisés à installer le climatiseur de leur rêve. On arrête pas le progrès…

CM : Nous sommes individuellement pleinement responsables de la hausse du CO2. Inutile de s’en prendre aux constructeurs automobile, qui arrêteraient de produire des SUV si plus personne n’en voulait. Et merci d’éviter la bonne conscience du genre « j’ai un SUV mais je prends mon vélo », «  oui, mais c’est pour ma sécurité » etc…

François C.H. : Entendu ce matin sur France Culture l’émission de Philo sur David Hume: « Il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à l’égratignure de mon doigt« . Vous avez 2 heures.

Au fil de l’actualité écolo

Mobilité, mourir pour un ticket de métro : Sept personnes sont mortes ce week-end au Chili lors de manifestations contre la hausse du prix du ticket de métro. Cette explosion de colère sociale est avant tout liée à l’extrême privatisation de la vie quotidienne : la santé, l’éducation, les retraites, l’eau…Le prix du ticket de métro à Santiago, (environ 1,04 euro) aux heures de pointe, serait devenu impayable pour de nombreux usagers. Les chars parcourant les rues de la capitale, ravivant le traumatisme de la dictature militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990).

Les virus feront-ils office de régulateurdémographique? : L’épidémie d’Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC) reste une « urgence » sanitaire mondiale, a déclaré l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est une mesure exceptionnelle, décrétée précédemment que quatre fois par l’OMS : en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite, en 2014 pour l’épidémie d’Ebola et en 2016 pour le virus Zika. Déclarée le 1er août 2018 à Mangina, l’épidémie d’Ebola en cours en RDC a fait déjà plus de 2 150 morts.

Les bactéries attaquent les plantes : La bactérie Xylella fastidiosa ravage 200 espèces et tout particulièrement les oliviers, pour laquelle il n’existe aucun traitement curatif. Les végétaux contaminéssont arrachés dans un rayon de dix mètres, ainsi que le prévoit la réglementation européenne, et une « surveillance renforcée » est instaurée, avec des visites mensuelles sur le site contaminé et des prélèvements de végétaux. Une surveillance est aussi mise en place dans un rayon plus large de cinq kilomètres, appelé « zone tampon ».

Les écologistes au pouvoir ? En Suisse, les formations écologistes Verts (gauche) et Vert’libéraux (droite) arrivent aux portes du pouvoir lors des élections fédérales. Dans ce pays alpin durement touché par le dérèglement climatique, la jeunesse s’était activement mobilisée lors des manifestations à l’appel de la militante suédoise Greta Thunberg. Cette inquiétude semble s’être transposée dans les urnes. Les Verts obtiennent 13 % des voix (+ 6 points) et les Vert’libéraux 7,9 % (+ 3,3 points).

« Make notre ministère great again » : La colère monte en France dans les dix parcs nationaux face à la baisse continue des moyens humains. Après plusieurs années de coupes claires, 4 961 postes doivent encore être supprimés d’ici à 2022, soit 5 % de ses effectifs. Et ce malgré une hausse de son budget de plus de 830 millions d’euros. L’obsession de Bercy de laminer la variable humaine dans tous les services casse lexpertise de l’État en matière d’environnement ».

Dissuasion nucléaire, toujours condamnée, toujours présente : « La seule véritable façon d’éliminer la menace des armes nucléaires est d’éliminer les armes nucléaires elles-mêmes », a averti le secrétaire général de l’ONU, M. Guterres, lors de la «Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires ».

Rifkin, un New Deal vert mondial ?

Nous ne ferons pas la publicité pour le dernier ouvrage de Jeremy Rifkin. Il croit que la « destruction créatrice » décrite par l’économiste Joseph Schumpeter nous entraîne vers une société « énergie renouvelable à 100 % »… si les investissements suivent ! Il croit que l’épargne-retraite des Américains (22 300 milliards) financera les énergies du futur alors que les marchés s’accrocheront aux énergies fossiles jusqu’à la dernière goutte de pétrole. Il croit que l’imprimante 3D va transformer la production, que le big data et les objets connectés contribueront au bien commun, que chaque région sera en mesure de disposer de sa propre alimentation électrique en cas de catastrophe… Un seul point positif dans son discours, « Le mouvement des jeunes [Fridays for Future] né autour de Greta Thunberg me donne de l’espoir : nous assistons à la première révolte d’ampleur planétaire »*. Les commentateurs sur lemonde.fr descendent en flèche l’idée d’un New Deal vert mondial :

Toni W. : J »ai l’impression en lisant Rifkin d’assister au discours optimiste d un conférencier pour entreprises. Viser une collaboration mondiale, le remplacement rapide des énergies fossiles par du pseudo renouvelable etc. Le tout agrémenté de contrôle du Big Data, développement du numérique et de l intelligence artificielle, c est une grande bouillie, du messianisme technoptimiste pour le CAC40 et autres. Le numérique à tout va est extrêmement consommateur d’énergie, à titre d exemple le fonctionnement du Bitcoin consomme plus d energie que la Suisse. Rifkin, du grand n importe quoi…

Gilbert : Ajoutons que Rifkin, dans la troisième révolution industrielle, fait l’apologie de Monaco comme champion de la transition … Certains ne mordent jamais la main qui les nourrit …

pelayo decovadonga : « il est désormais possible de produire de l’électricité à l’échelle d’un immeuble ou d’un quartier. » Les maoïstes du grand bon en avant n’auraient pas renié cette affirmation. On connaît la suite de l’histoire. Tous les techniciens savent que le bilan énergétique des petits systèmes est en général assez mauvais.
Fouilla : Rifkin, ce génie qui prédisait il y a une quinzaine d’années que l’hydrogène allait nous sauver du changement climatique, puis il y a une dizaine d’année pareil avec internet et les réseaux… En fait, ses prédictions pourraient marcher, s’il n’y avait la physique et la géopolitique qui font rien qu’à nous embêter. J’en rigole, mais cet anti-Jancovici est extrêmement dangereux car il a l’oreille d’un grand nombre de décideurs.

Michel Lepesant : L’optimisme de Rifkin (tous ces espoirs mis dans une nouvelle révolution industrielle) dans les solutions qu’ils proposent semble encore pire que les problèmes dont ils prétend sortir. Que les marchés tenteront de récupérer toute tentative pour sortir de nos modes de vie sociocidaires, c’est une évidence ; mais de là à s’en réjouir, c’est désespérant.

Marius Albufera : La « destruction créatrice » n’est que l’autre nom du darwinisme et la soi-disant création ce qui reste après que l’ ancien a succombé. On a envie de dire à ce monsieur en costume cravate : vous feigniez par vos prophéties d’être l’organisateur de ce qui arrivera alors que vous n’ y êtes pour rien et n’ y serez pour rien. Notre avenir se présentera une fois encore sous le visage de la nécessité qu’on grime sous les traits de l’ histoire.

Articles antérieurs sur notre blog biosphere :

12 novembre 2014, Un intellectuel de l’illusionnisme, Jeremy Rifkin

La Troisième Révolution industrielle prônée par Jeremy Rifkin n’est qu’une illusion. Plus grave, grâce à ce rêve technologique , il n’est plus nécessaire de penser aux impasses de notre trajectoire, à nos vrais besoins, il suffit de s’en remettre aux grandes entreprises, aux experts et aux entrepreneurs high-tech de toutes sortes…

3 juillet 2013, Troisième révolution industrielle, débat Gadrey/Rifkin

Energies renouvelables quasiment gratuites, production par les particuliers d’énergie et de biens matériels, déplacement écologique dans des véhicules verts. Contre ces illusions, Jean Gadrey n’y va pas avec le dos de la cuillère. En résumé…

* LE MONDE du 17 octobre 2019, Jeremy Rifkin : « La survie de notre espèce dépend de la transformation de nos modes de production »

Qui mérite le prix Nobel de la paix ?

Qui connaît Denis Mukwege et Nadia Murad ? Ils ont pourtant obtenu le prix Nobel de la paix 2018 pour leurs efforts afin de mettre fin à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre. Qui se rappellera du premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ? Il a pourtant obtenu le prix Nobel de la paix au pour avoir tenté de « résoudre le conflit frontalier avec l’Erythrée voisine ». Mais chaque jour dans son pays égrène son lot d’assassinés. Les heurts dits ethniques, en général ancrés dans une course aux ressources, ont provoqué près de trois millions de déplacés internes et des milliers de morts. Ici et là émerge un pouvoir local informel, l’autorité se délite tant à Addis-Abeba qu’au-delà. Face à ces réalités, le comité Nobel couronne un lauréat dont il escompte que le futur justifiera son prix. Mieux vaudrait récompenser le passé de certaines personnes ou associations, pas un improbable futur.

Le mahatma Gandhi n’a jamais eu le Nobel de la paix, mais Barack Obama oui, en 2009, un pacifiste en guerre ! Il est vrai qu’en termes d’idéologie militariste, pour avoir la paix, il faut préparer la guerre. C’est d’ailleurs le seul discours qu’Obama était capable de tenir pour recevoir sa distinction le 10 décembre : « Je suis le commandant en chef d’une nation engagée dans deux guerres. J’ai juré de protéger et de défendre mon pays. Je ne peux rester passif face aux menaces qui pèsent sur le peuple américain. Je me réserve le droit d’agir unilatéralement si cela s’avère nécessaire pour défendre mon pays. Ce qui est dangereux, c’est ceux qui ont attaqué mon pays depuis l’Afghanistan. » Barack Obama en reste au mythe de l’Etat-nation du XIXe siècle : pour bâtir « leur » pays, les Anglo-saxons envahisseurs avaient mené une guerre d’extermination contre les autochtones de l’Amérique du Nord et acheté leurs esclaves en Afrique. De toute faoçn on ne peut pas dire que l’Afghanistan constituait une menace pour la plus forte puissance militaire du monde. 

En définitive, pour avoir la paix, il faut volontairement préparer cette paix et respecter pour cela les possibilités des écosystèmes. Nous devrions tous savoir à présent que le mode de vie américain actuel est celui qui perturbe le plus la planète, un président américain devrait être le premier à le savoir. Le prix Nobel « de la paix », c’était indigne de la part du jury d’Oslo. Rappelons que le prix Nobel de la paix récompense « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix » selon les dernières volontés d’Alfred Nobel. Par contre était mérité le prix Nobel de la paix décerné en 2007 au groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et à l’ex-futur président des USA, Al Gore. Le comité cherchait ainsi à « attirer l’attention sur les processus et les décisions qui paraissent nécessaires pour protéger le futur climat du monde, et ainsi réduire la menace qui pèse sur la sécurité de l’humanité ».

Les vrais activistes de l’apocalypse

« Une avalanche de boue médiatique a récemment déferlé sur l’activiste Greta Thunberg. Ces attaques sont l’occasion de revenir sur la nature des disqualifications portées contre l’écologie depuis le début des années 1990. Le type d’interventions de Greta dans les enceintes les plus officielles fait vaciller ces autorités traditionnelles : elle énonce la centralité d’un type de problème que beaucoup de philosophes n’ont pas exploré, elle renverse la façon dont l’éditorialiste décide que certains sujets sont majeurs et d’autres mineurs, et elle met en cause un ordre institutionnel qui a engendré et encouragé la catastrophe écologique et qui est manifestement incapable d’y répondre. C’est un mélange de paresse intellectuelle, de mimétisme, d’idéologie ou de manque de courage de la part de la tradition intellectuelle académique. La spécialité de ces polémistes est de couvrir une quantité innombrable de sujets en méconnaissance de cause, d’être insignifiant avec le plus grand sérieux. Le point commun entre tous ces accusateurs est qu’ils ont participé à un déni écologique de grande ampleur qui a pris deux formes depuis les années 1990. Une forme active par la disqualification et le discrédit qu’ils ont jeté sur les alertes et savoirs écologiques ; une forme passive par le silence dans lequel ils ont tenu ces enjeux, alors qu’ils avaient accès à la parole publique et discutaient d’un tas de sujets, trop souvent secondaires.

La parrèsia ou encore « courage de la vérité » de Greta Thunberg ne prédit pas l’avenir, mais dévoile l’aveuglement des contemporains. Elle souligne l’abîme entre ce à quoi nous tenons collectivement et ce que nous en faisons pratiquement. Le fait que son récit trouve un écho grandissant dans la population traduit le discrédit du récit de la modernisation capitaliste et de l’euphorie technologique qui la soutient. L’objectif central de tout gouvernant est de produire de la docilité : la jeunesse doit se conformer à l’institution scolaire jusqu’à ce qu’elle rejoigne la population active pour alimenter la croissance. La peur panique des gouvernements et des dominants est que l’activiste suédois inspire des trajectoires d’insubordination. L’écolo-scepticisme de Luc Ferry, Pascal Bruckner, Jean de Kervasdoué (les prêcheurs de l’apocalypse) ou Bruno Tertrais se trouve partagé par un champ politiquement très large, allant de l’extrême droite et de la droite conservatrice à la gauche productiviste. Le point commun est la croyance en la toute puissance d’une raison techno-scientitique, capable de trouver des solutions à tous les problèmes, y compris écologiques. La critique du principe de précaution est un sujet d’entente unanime dans cette littérature. Soit vous êtes progressistes et fidèles à l’idéal philosophique qu’est l’arrachement à la nature, soit vous êtes fondamentalistes, réactionnaires et le retour à la nature est irrationnel et politiquement dangereux. Par ailleurs, dans son livre Ferry rapproche explicitement le nazisme et l’écologisme, sans aucun fondement philosophique ou historique. C’est d’ailleurs une caractéristique des auteurs écolo-sceptiques : l’outrance du verbe ! Tous les moyens rhétoriques sont bons, renvoyer l’écologie à une religion, l’associer avec les totalitarismes du XXe siècle ou considérer que l’écologie serait liberticide. L’attaque des figures de l’écologie n’est pas nouvelle, le cas de Rachel Carson est emblématique : à l’époque elle a été décrite publiquement comme hystérique et incompétente. Aujourd’hui, pour Greta Thunberg, la disqualification par l’âge s’ajoute à celle du sexe, sans parler de la pathologisation de son profil psychologique.   

Climat, énergie, faunocide : voilà trois champs de réalité largement documentés et pourtant occultés par les intellectuels et les politiques, Si les vivants qui cohabitent avec nous à la surface de la terre étaient des valeurs boursières, l’effondrement des indices mettrait le monde entier en émoi, mobiliserait en continu l’ensemble des élites et électriserait les médias. L’écolo-quiétisme aboutit à une politique qui produit des effets similaires au climato-scepticisme. Qu’est-ce que cette inertie historique monumentale dit de la nature des sociétés industrielles ? Ce n’est pas que les dirigeants politiques et les chefs d’entreprises ne sont pas à la hauteur. C’est qu’ils sont des activistes de l’apocalypse. Leur tactique : « négocier avec les réalistes, dialoguer avec les idéalistes, isoler les radicaux, avaler les opportunistes. » Les structures institutionnelles, fragilisées par l’évidence du désastre écologique, sont motivées par la volonté de rester coûte que coûte en capacité de définir la manière dont les questions écologiques seront traitées. Autrement dit, il y a un gouvernement néolibéral de la catastrophe écologique et, à rebours d’un récit qui voudrait que l’effondrement nous libère de son emprise, il risque de s’approfondir si l’on se méprend sur sa nature. Il est de plus en plus évident qu’un libéralisme économique autoritaire se déploie au sein même du ravage écologique. Pour autant, cette logique mortifère peut être prise de vitesse par une dynamique populaire : la prise de conscience apparaît dans les mouvements actuels dont Greta Thunberg est l’une des porte-paroles. Dans les opinions publiques s’affirme de plus en plus nettement la conscience partagée que les discours gouvernementaux sur le « sauvetage de la planète » relèvent du bluff. »

Sébastien Billard

Pourquoi les populistes gagnent la bataille

Le slogan « Fin du monde, fin du mois, même combat » est un oxymore, l’alliance des contraires, une forme plus poétique que réaliste. Le réalisme, c’est considérer que nos conditions d’existence ne sont durables que si elles ignorent les énergies carbonées et évitent les politiques croissancistes. Or le gaspillage des ressources, c’est ce que demande le peuple, ce qui fera le jeu des populistes. Illustration cette semaine :

Pétrole : Le 1er octobre, le président équatorien, un social-libéral, avait annoncé qu’il cessait de subventionner les carburants, provoquant une hausse du prix du diesel à la pompe de plus de 100 %. Cette annonce a suscité la colère de la population. Au terme de douze jours d’une mobilisation qui a paralysé le pays et de quatre heures de négociations, les Indiens équatoriens ont obtenu gain de cause dimanche soir. Le président Lenin Moreno a accepté de retirer le décret 883 qui supprimait les subventions publiques. Quito a immédiatement explosé de joie. Les manifestants ont scandé le traditionnel slogan latino-américain : « Le peuple uni ne sera jamais vaincu ! »* Mais la raison et le bon sens n’ont pas gagné dans cette affaire. Que fera le peuple quand le choc pétrolier ultime, celui qui considérera que le pétrole arrive à son inéluctable terminus et que nous devrons brutalement nous en passer ? Le peuple apprendra alors que les populistes lui ont menti.

Pouvoir d’achat : Les Polonais ont une expression pour désigner les généreux transferts sociaux promis par le gouvernement ultraconservateur, « Kielbasa wyborcza », le « saucisson électoral » : relèvement du salaire brut minimum, instauration d’un 13e et 14e mois pour les retraités, allocation de 125 euros pour tous dès le 2e enfant, etc. « Le PiS a choisi la voie populiste et ça marche », constate l’économiste Witold Orlowski. En privilégiant la « Pologne B », version locale de la « France d’en-bas », les ultraconservateurs sont parvenus à s’inféoder des pans entiers de la population. Les promesses sociales du PiS s’accompagnent de discours à forts relents nationalistes et xénophobes.** Au pouvoir depuis 2015, les ultraconservateurs ont remporté une victoire historique avec 43,6 % des suffrages. Demain en France Marine Le Pen risque d’arriver au pouvoir avec des promesses aussi démagogiques qu’en Pologne… On fera plaisir aux Gilets jaunes, et tant pis pour le réchauffement climatique !

Les populistes gagnent des batailles dans plusieurs pays, ils ne gagneront pas la guerre qu’ils font à la planète.

* LEMONDE du 15 octobre 2019, En Equateur, le mouvement indigène rejette l’offre de dialogue du président Lenin Moreno

** LEMONDE du 15 octobre 2019, La stratégie payante du « saucisson électoral » des ultraconservateurs polonais

Un système structurellement mensonger

« Aujourd’hui, tout le monde prend la parole sur tout, des photos sont truquées, des faux communiqués sont diffusés sans contrôle. La parole de l’État, des scientifiques et des journalistes sérieux est dévalorisée car noyée dans un ensemble confus. J’ai vu les esprits se dissoudre dans un bain d’acide. (Emmanuel Macron) »

Nucléaire, le gouvernement travaille en catimini à la construction de six nouveaux EPR. La ministre de la transition écologique et le ministre de l’économie, Elisabeth Borne et Bruno Le Maire, donnent une feuille de route précise au président d’EDF, Jean-Bernard Lévy, pour « être en mesure de répondre à l’exécution d’un programme de construction de trois paires de réacteurs sur trois sites distincts ». Cela n’était jamais allé aussi loin. Aucune mise en doute n’existe dans la rédaction. Et le courrier de détailler que la construction de chaque paire sera « espacée de quatre ans et les tranches au sein d’une même paire de dix-huit mois ». Il n’y a pas d’alternatives, la filière nucléaire estime qu’une construction en série est le seul moyen de faire baisser les coûts et de donner de la visibilité aux sous-traitants.

Viande, les chercheurs de NutriRecs ont passé en revue une centaine d’études qui montrent une association entre une consommation importante de viande et plusieurs types de maladies. Ils relèvent qu’une diminution de la consommation de viande à trois portions par semaine diminue le risque de mortalité, toutes causes confondues, de 13 %. Malgré le niveau de preuve de ces résultats, les chercheurs recommandent « de continuer plutôt que de réduire la consommation » de viande. Cette conclusion a été clairement rédigée dans le but de créer de la confusion. On a appris que parmi ces chercheurs, des inconnus dans le domaine de la nutrition pour la plupart, au moins trois d’entre eux n’ont pas déclaré leurs relations avec le secteur agroalimentaire, contrairement aux exigences éthiques.

Politique : Facebook a accepté de diffuser une publicité mensongère de la campagne de Donald Trump accusant Joe Biden « d’avoir promis 1 milliard de dollars à l’Ukraine s’ils licenciaient le procureur qui enquêtait sur l’entreprise de son fils » alors que Donald Trump est visé par une procédure de destitution pour avoir demandé à son homologue ukrainien d’enquêter sur son possible rival démocrate. Joe Biden a demandé à Facebook de retirer cette vidéo mensongère, ce que le réseau social a refusé de faire. Facebook a mis en place des partenariats de lutte contre la désinformation, mais les publicités n’y sont pas soumises. La transparence numérique n’empêche pas le mensonge.

Médicament, le procès du Mediator : De ce désastre sanitaire – plusieurs centaines de morts, des milliers de personnes handicapées à des degrés divers –, l’instruction désigne deux responsables. D’une part, les laboratoires Servier, qui répondent de « tromperie aggravée » pour avoir « sciemment dissimulé » les propriétés pharmacologiques du Mediator, un médicament présenté comme antidiabétique mais trop souvent prescrit comme coupe-faim. D’autre part, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), devenue Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, poursuivie pour « blessures et homicides involontaires », à laquelle sont reprochées une série de défaillances et une grave impéritie dans l’exercice de sa mission de contrôle. Un médicament aux qualités thérapeutiques douteuses parvient à se maintenir pendant trente-quatre ans sur le marché alors qu’il présente des risques graves pour la santé en passant outre les multiples alertes. Entre 1998 et 2003, les autorités de santé en Suisse, en Italie et en Espagne s’inquiètent des effets secondaires du benfluorex – la substance chimique active du Mediator – et adressent des demandes d’explications complémentaires aux laboratoires Servier, qui ne leur répondent pas mais retirent dans la foulée leur médicament de ces trois marchés, en se gardant de le signaler aux autorités de la santé française et européenne. Le président du centre de pharmacovigilance va lui-même présenter sa demande à l’Agence du médicament pour que le médicament soit retiré. En vain. La conclusion est terrible : « Le doute profitait toujours au médicament. La vie du médicament est prioritaire sur la vie des malades. » Le salut est venu de l’extérieur, des lanceurs d’alerte Irène Frachon, Catherine Hill, Alain Weill, Gérard Bapt, parce qu’ils n’appartenaient pas à ce système. 

« L’émission pour la Terre » : dix geste écolos

96 % des votants sont prêts à ne manger ni viande ni poisson une fois par semaine. L’intention ne vaut pas l’action, mais« L’émission pour la Terre » de Nagui et Anne-Elisabeth Lemoine sur France 2 le 15 octobre avait au moins l’avantage de médiatiser un tout petit peu l’idée de sobriété dans nos comportements : « acheter des fruits et légumes de saison », « se chauffer à 19 degrés », « planter des fleurs pour les abeilles », « donner du temps à une association pour la nature », « remplacer gobelets et bouteilles en plastique par une gourde », « acheter moins de vêtements » , « ne pas prendre sa voiture pour des trajets inférieurs à 3 kilomètres… si c’est possible » ; « ne pas prendre l’avion pendant un an ». etc. Une manière de greenwashing pour récupérer à des fins marketing la préoccupation écolo du grand public Ce n’est pas à la hauteur de l’urgence.

Ce ne sont dix gestes pour la planète qu’il faudrait mettre en œuvre personnellement, ce sont des milliers de gestes, et cela de façon drastique : ne jamais prendre l’avion, marcher ou rouler en vélo, manger végétarien plusieurs fois par semaine, ne pas faire de tourisme, vendre sa maison secondaire, changer de boulot quand il est nuisible, diminuer ses revenus, etc. En 1979 la « chasse au gaspi » prônait de chauffer son domicile à 18 degrés et les Inuits passent l’hiver boréal dans un igloo, à zéro degré Celsius au ras du sol. Mais trêve de critiques, le végétarien Nagui Fam montre bien l’interdépendance entre notre comportement quotidien et notre responsabilité globale : « Si vous prenez les incendies en Amazonie, on peut dire : c’est Bolsonaro qui brûle le poumon de la planète. Mais si on va plus loin, il brûle la forêt pour cultiver du soja, qu’il revend pour nourrir le bétail dont il exporte la viande. Viande que nous sommes tous susceptibles de manger. Alors, ce n’est pas en ne mangeant qu’un steak par semaine que la forêt amazonienne va s’éteindre ? Et bien, pourquoi pas ! L’effet papillon existe. »

Rappel historique, sur le site www.defipourlaterre.org en mai 2005 : ECOCITOYENS, vous souhaitez passer à l’action ? En quelques clics de souris, engagez-vous, en direct, à fermer le robinet d’eau quand vous vous brossez les dents, à utiliser des ampoules basse consommation ou à aller chercher votre pain à pied plutôt qu’en voiture…

Quelle critique faire à Extinction Rebellion ?

La radicalité absolue d’Extinction Rebellion conduit-elle à l’impuissance ? C’est ce que pense Daniel Boy*, «émérite » chercheur au Cevipof. Voici ce qu’on peut lui répondre :

Daniel Boy : « Il est trop tôt pour quantifier sérieusement l’ampleur du mouvement. La posture de radicalité absolue, c’est-à-dire le refus assumé d’entrer dans une logique de négociation, et donc de compromis avec le politique, assure la bonne conscience du mouvement : pas de compromis, pas de compromission. Mais cette posture d’extraterritorialité conduit aussi le mouvement à l’absence de résultats concrets, et donc à l’impuissance. Peu coûteuse dans les débuts d’un mouvement, cette stratégie peut s’avérer lassante avec le temps, et pour les participants et pour la société qui les observe. Depuis le film d’Al Gore (Une vérité qui dérange), les Verts sont retournés à leurs querelles et le changement climatique a été éclipsé par la crise financière. Pour que l’histoire ne se répète pas, il faut un « effet cliquet », c’est-à-dire quelque chose qui empêche le retour en arrière. Sommes-nous sûrs que ce temps est venu ? »

– La tribune de Daniel Boy brille par sa naïveté et son inutilité. L’avalanche d’alertes scientifiques est pour beaucoup dans la montée en puissance de XR. Ce qui apparaissait hier comme les conjectures du GIEC est aujourd’hui vécu comme une menace certaine. L’humanité a entre 10 et 20 ans devant elle pour éviter le basculement climatique. Après il sera trop tard, même si les effets les plus redoutables ne se feront sentir qu’à la fin du siècle. Que propose Daniel Boy face à la réalité climatique ? Rien si ce n’est, implicitement, de faire confiance à Emmanuel Macron.

– Comme notre civilisation militaro-industrielle porte en elle la menace d’un effondrement, nous sommes contraints à la rébellion face à des politiques qui témoignent d’une incapacité et/ou d’un manque de courage pour prendre les mesures indispensables. Il ne s’agit pas d’entrer dans une négociation politique, mais de maintenir la pression sur les politiciens : la nature ne négocie pas. Fini le court-termisme du marché, l’heure est à la pensée du délai, et celui-ci est particulièrement court : l’émission de gaz à effet de serre aujourd’hui impactera le climat sur plusieurs siècles.

– La structuration de XR répond à la fois aux caractéristiques des nouveaux mouvements sociaux (spontanéisme et égalitarisme), mais aussi aux principes de la désobéissance civique : respecter la non-violence, agir à visage découvert et surtout défendre une cause d’intérêt général. Un tel mouvement, ancré à la fois dans les réseaux sociaux et ayant pour objectif le bien commun ne peut que durer. On ne peut enrayer un mouvement qui est déjà mondialisé et qui bénéficie de la diffusion virale que procure Internet. Et ce mouvement pour le climat ne peut qu’être soutenu par l’opinion publique. Les gouvernements témoignent déjà de leur impuissance face à un tel mouvement, même s’il est encore minoritaire en nombre d’activistes.

– Greta Thunberg a été comme le battement de l’aile du papillon qui provoque une tornade de l’autre côté de la planète. Seule, vraiment toute seule au début à faire la grève scolaire pour le climat, elle a impulsé un mouvement mondial. Extinction Rebellion n’est qu’une des actions, et elles seront nombreuses, parfois même violentes, de la génération climat. Le mouvement est lancé, il ne s’arrêtera plus. Il durera tant que nos émissions de gaz à effet de serre ne s’arrêteront pas.

*Le Monde du 11 octobre 2019, « La radicalité absolue d’Extinction Rebellion conduit le mouvement à l’impuissance »

Pour ou contre la désobéissance civique

« Chez les militants pour le climat, un verbe tend à s’imposer, “désobéir” » (LE MONDE du 11 octobre 2019). Les réactions sur lemonde.fr sont virulentes, pour ou contre. Les négationnistes du climat alignent n’importe quel prétexte pour essayer de nier l’évidence des perturbations climatiques en dénigrant les porteurs de ce message :

Alazon : Certains considèrent que rationner d’urgence les émissions carbone de la France est un choix impératif, d’autres qu’il faut lutter contre l’immigration galopante, d’autres que la priorité est de sortir les pauvres de la misère : chacun sa priorité vitale, il y a des élections pour les départager.

Jean Rouergue : Il y a certes le bulletin de vote, mais les lobbies sont tellement riches que ses effets dérapent souvent dans le fossé… Le monde ne change pas aussi vite que le climat…

Cartahu : Quoi de plus inefficace et anti -démocratique que ces appels à la « désobéissance » ! Belle leçon d’anti-civisme !

Sarah Py : L’obéissance sociale aux règles est étroitement liée à la légitimité du pouvoir d’Etat en démocratie. Résister en dictature est de ce fait un acte légitime. Désobéir face à un politique qui n’agit pas en rapport de ses devoirs est légitime surtout quand un problème est aussi identifié que la crise climatique. La légitimité du GIEC n’est, elle, pas discutée et vient s’opposer à celle des politiques. Et tout devoir de citoyen est de choisir.

Charly : Ces activistes ont vraiment tout faux. Beaucoup sont des jeunes manipulés par des idéologues violents et radicaux, de gauche comme toujours, qui cherchent à attiser la haine et la destruction de notre société qu’ils détestent, utilisant les imprécations d’idéologues dangereux tels que Servigne ou Cochet. Il est faux de dire qu’il est trop tard pour agir. Il est faux de dire que nos gouvernements en Europe ne font rien. Il est inacceptable de prôner la désobéissance civile. Ils feraient bien de se calmer, de respecter les autres et d’accepter le débat démocratique. Ces intolérants veulent imposer aux autres leur vision du monde. Dans ce cas, il faudra les réduire. Sans ménagement. La démocratie est faible et en danger si elle ne sait se défendre contre les factieux et les révolutionnaires

The Ad @ Charly : D’après ce que vous écrivez, je ne sais pas qui souffre d’intolérance et d’aigreur et d’idées pré-conçues.

François C.H. @ Charly : « Il faudra les réduire. Sans ménagement. La démocratie est en danger si elle ne sait se défendre contre les factieux. » Qu’entendez-vous par là? Vous proposez de tirer à bout portant sur des militants écologistes ou je rêve ?

Arnie : Non violents disent-ils…Les blocages de sites qui font vivre toute une région et où travaillent des centaines de salariés sont des actions violentes, une violence d’empêchement qui peut à tout moment dégénérer en violence physique sous l’impulsion des plus radicaux. Aucune empathie ni même sympathie pour ce type de mouvement.

François C.H. : Intéressante cette dénonciation en boucle de la prétendue violence de XR. Cela sonne comme un élément de langage. Attention aux mots : Si bloquer une route est violent, quel vocabulaire employer pour la destruction de notre éco-système? Peut-on ainsi appauvrir le langage façon novlangue orwelienne et utiliser le même mot pour une toute petite chose comme pour le pire des actes? On connaît cette tactique politique. La vraie violence c’est de réaliser que pour la majorité des êtres humains la planète sera à la fin de ce siècle invivable, que l’on est tous dans le même avion et que celui ci est tout proche du crash. Ce n’est ni une pensée, ni une croyance, ni une idéologie fanatique, juste un fait validé par la totalité des scientifiques. Que des gens soient en colère, rien de plus normal. Et cela ne risque pas de s’arranger.

Jean Sérien : J’attends de voir ce que cela va donner le jour où les usines Airbus de Toulouse et Saint Nazaire, entre autres, seront bloquées pendant des semaines. A ce sujet, LFI et EELV organisaient toutes les deux leurs « universités d’été » à Toulouse. Curieusement, ils ne se sont pas rassemblés à Blagnac et Colomiers devant les grilles des usines pour demander l’arrêt immédiat de la production d’avions pollueurs.

Bernard l. : Nos modes de vie sont contraints par les pouvoirs politiques et économiques qui dirigent notre monde, donc nos actions individuelles n’ont qu’un effet très limité à changer les choses. Que reste-t-il comme actions possibles ? La désobéissance civile non violente en est une, (elle n’exclut d’ailleurs pas les autres). Cela tournera peut-être à la violence, c’est le risque, mais qui en sera responsable ?

PJMC : Et cela amène quoi de désobéir? Mettre la pagaille n’est pas une action constructive. Je trouve insupportable que l’on accorde une tribune a ces gens-là plutôt qu’a d’autres qui cherchent des solutions concrètes.

Castelcerf : Quel solutions concrètes ? Excusez-moi mais cela fait 40 ans que le constat est fait, et que l’on attend que les solutions que l’on connaît soient mises en place. Mais rien. Rien en 40 ans. Et vous trouvez au bout de 40 ans, s’asseoir par-terre pour appeler à appliquer les solutions serait immature et contre productif ? Excusez moi du peu ! Feriez vous parti de ces gens qui parlent d’écologie avec désinvolture car il n’ont pas le bagage scientifique pour comprendre l’implication des études successive. Vous devez comprendre que la situation est réellement très grave, ce n’est pas un effet rhétorique ou une hypothèse. Face à cela des actions politique doivent être prise immédiatement, sans même avoir la certitude que cela sera suffisant. La désobéissance cesserait si on ne faisait qu’essayer quelque chose.

SergeK : Ce sont des méthodes totalitaires que l’on connaît trop bien .. Convaincus que nous avons (forcement ) raison, que nous sommes dans le Vrai, nous imposons nos idées par la force ( fut-elle non violente). On a déjà donne dans le passé .. L histoire du XXe siècle est remplie des compromissions de scientifique zélés avec des idéologies qui voulaient le bien de l’humanité. On sait ce qu’il en est advenu.

Bernard l. @SergeK : On ne parle pas de quelques scientifiques marginaux aux ordres d’un pouvoir totalitaire que sont les scientifiques zélés et compromis dont vous parlez (et qui, pour le coup, se rencontrent plutôt du côté des climatosceptiques ou négationnistes). Si répéter mot pour mot ce que disent 99 % des scientifiques depuis 20 ans n’est pas être dans le vrai, si ce camp là n’est pas celui de la Raison, alors je vous pose la question : existe-t-il une seule chose de factuellement vraie ? Quelle pourrait être alors la base minimale d’accord et de cohésion d’une société humaine? Si vous êtes climato-négationnistes c’est une tactique « intelligente » car c’est exactement ainsi, en fracturant les sociétés, que vous empêcherez tout changement.

BOLAND : Quand le Monde invite à réfléchir au sort de la planète , mais accepte de faire une publicité pour MSC Croisières, auquel de ces deux messages dois-je désobéir ?

Trois Nobel pour lutter contre la pauvreté !

Le 51e « prix Nobel » d’économie a été attribué, lundi 14 octobre, à la Franco-Américaine Esther Duflo et aux Américains Abhijit Banerjee et Michael Kremer pour leurs travaux sur la réduction de la pauvreté dans le monde. Ils se partageront le prix de 9 millions de couronnes (environ 830 000 euros), on se demande avec qui ils vont partager cette somme à leur tour…

Notons que ce n’est pas un « prix Nobel », mais le « prix de la Banque centrale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel ». Nobel doit se retourner dans sa tombe, et d’ailleurs ses descendants ne sont pas d’accord : Jamais, dans la correspondance d’Alfred Nobel, on ne trouve la moindre mention concernant un prix en économie. Comme un coucou, la Banque royale de Suède a déposé son œuf dans le nid d’un autre oiseau. Bref, la profession des économistes s’est frauduleusement appropriée le prestige de ce prix. Notons surtout qu’il faut remonter à 1990 avec le prix Nobel d’économie décernée à Elinor Ostrom pour avoir une vision réaliste de nos pratiques (gouvernance des biens communs). Le Nobel d’économie, c’est surtout pour le courant dominant, libéral-orthodoxe, business as usual.

L’an dernier, ce fut une imposture avec le prix décernée aux Américains William Nordhaus et Paul Romer. Les colauréats avaient « mis au point des méthodes pour conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète ». Comme chacun devrait savoir, une personne qui croit encore qu’une croissance à long terme est possible dans un système planétaire clos (dont on a déjà transgressé toutes les limites) est soit un fou, soit un économiste. Pour être un bon économiste est faut d’abord être un bon écologiste, sinon c’est de l’économie hors sol. Pour lutter contre la pauvreté, les nobélisés sous-estiment les données biophysiques, matérielles, de notre habitat et de ses ressources. On ne peut attribuer le salaire minimum, l’assurance santé et la gratuité de l’éducation qu’à une minorité des humains, la grande majorité étant au bord de la famine et les pays développés au bord de l’effondrement systémique. Un système de redistribution n’est possible que quand il y a un surplus à redistribuer.

Généalogie du négationnisme écologique

Ecolopop : Le négationnisme écologique se porte bien (lire aussi les aventures de M. Allègre, ancien ministre d’état). De quoi s’agit-il ? Tout simplement, de publier un maximum d’articles et de reportages visant à nier l’évidence du réchauffement climatique avec un objectif ultime : continuer à vendre le maximum de pétrole, pour ramasser un max de dollars. (2007)

environnement.blogs.liberation : « Du négationnisme écologique et autres considérations… Les opposants au principe de précaution prétendent que s’il avait été appliqué dans le passé, il n’y aurait ni aspirine, ni feu, ni progrès, … mais un ramassis d’Homo erectus tapis dans des cavernes. Utilisons le même raisonnement à l’envers : avec le principe de précaution, il n’y aurait eu ni poudre, ni arbalètes (d’ailleurs interdites par le pape Inoccent III pour les guerres entre Chrétiens !), ni bombe atomique… De l’aspirine ou des armes, qu’est-ce qui affiche le plus de victimes au compteur ? » (Laure Noualhat, 2007)

alerte-environnement : Dans une tribune publiée sur le site NouvelObs.com le 26 mai, intitulée « Allègre et l’oxymore gouvernementale », Corinne Lepage dénonce Claude Allègre « qui illustre en France le négationnisme écologique ». La formule choc n’est pas le fruit de la créativité lexicale de la présidente de CAP21, mais de celle d’Alain Lipietz. Chose amusante, ce dernier l’a utilisée le 15 juin 2004 contre un certain Yves Lenoir, accusé alors d’être « négationniste de l’effet de serre ». (2009)

blogs.mediapart : Le négationnisme écologique a été une stratégie pendant de nombreuses années. Il s’est écoulé pas moins de 30 ans entre la publication du Printemps silencieux de Rachel Louise Carson en 1962, et la conférence de Rio sur la biodiversité en 1992. Pendant de nombreuses années, les écologistes, qu’ils soient scientifiques, membres d’association ou de partis politiques étaient vus au mieux comme de sympathiques hippies au pire de dangereux terroristes.(2010)

Valeurs vertes : Le négationnisme est le fait de nier la réalité de l’ampleur du changement climatique et de la crise écologique telle qu’elle a été établie par les connaissances scientifiques. On qualifie traditionnellement de climato-sceptiques ceux qui nient le changement climatique. Il faut aujourd’hui requalifier ce terme par climato-négationnistes. Pourquoi utiliser ce terme de négationnisme à fort contenu politique ? De la même façon que nier le processus d’extermination alors que les faits sont établis et que les historiens les ont parfaitement décrits, est un délit, le négationnisme climatique devrait être lui aussi être dénoncé comme une idéologie anti-science dangereuse. La question du négationnisme touche aussi la biodiversité dont la dégradation est autant préoccupante que celle du climat. Il faudrait donc parler plus généralement de négationnisme écologique, d’éco-négationnisme, c’est-à-dire nier les connaissances scientifiques qui établissent l’ampleur de la crise écologique. (Christian Brodhag, mars 2019)

Reporterre : Question, Le problème n’est-il pas le « négationnisme écologique de l’économie » ? Réponse d’Antonin Pottier : « Je refuse de parler de négationnisme parce que le mot appartient à un contexte historique précis : il ne faut pas le galvauder. En revanche, oui, il y a un oubli — presque parfois par inadvertance — du soubassement écologique des économies développées. On représente souvent l’environnement comme ce qui est autour de l’économie, placée au centre, alors qu’en fait c’est un socle sur lequel les sociétés et l’économie se développent. » (septembre 2016)

Romain Perez : « On ne doit plus pouvoir nier ou minimiser impunément la réalité des changements climatiques, ou la nocivité des intrants chimiques dans l’agriculture. Le négationnisme écologique forme aujourd’hui l’argumentaire principal des intérêts économiques engagés dans les activités les plus hostiles à notre écosystème. Il y a le négationnisme explicite, qui pousse certains politiciens et autres experts, généralement en lien avec ces intérêts, à minimiser ou nier la réalité des dommages environnementaux qu’ils créent. Il y a surtout le négationnisme implicite – le fameux « greenwashing » – qui consiste à maquiller ces dommages à travers des représentations et des messages volontairement trompeurs. De cette manipulation, le consommateur ressort désorienté et les organisations qui œuvrent réellement en faveur de l’environnement en sont pénalisées. Proscrire le négationnisme écologique en le sanctionnant pénalement serait donc une œuvre utile. » (octobre 2019)

match Low Tech / Techno-croyances

Dérèglement climatique, épuisement des ressources, des espèces et de la biodiversité, mais aussi fragilité d’un système socio-économique trop complexe, les collapsologues prônent la décroissance pour éviter l’effondrement de la civilisation. Philippe Bihouix propose une série de mesures concrètes (réduction de la taille des voitures, instauration d’une politique fiscale environnementale, interdiction des emballages jetables), et une nouvelle utopie, composée de lenteur et de simplicité, de remise en question de nos notions de confort et de désir, mais aussi recherche de liens humains de proximité. Il prône également le développement et l’utilisation de solutions « low-tech ». Ces techniques simples visent à permettre de vivre mieux avec moins, d’encourager des modes de consommation et de production collaboratifs, et de changer notre relation aux technologies en nous incitant à en faire un usage plus sobre. Quelques réactions sur lemonde.fr à cette tribune de Claire Gerardin*, la religion de la techno-science fait rage :

-Alazon- : « Face à l’effondrement de la civilisation industrielle qui guette« . Euh, il guette surtout dans les esprits dérangés de quelques névropathes. Sauf à retourner au Moyen Age, la transition énergétique nécessite beaucoup d’industrie et beaucoup de technologie. Une application comme Blablacar pour le co-voiturage, une voiture électrique, un véhicule à hydrogène… ce n’est pas de l’artisanat ! Les névroses de fin du monde sont devenues la norme. On se croirait dans une secte essénienne avec concours de prophéties d’apocalypse. Entre allumés persuadés que les civilisations vont disparaître, c’est à qui aura la potion de survivalisme la plus amère, en attendant sans doute un messie écologiste que sainte Greta préfigure. Il faut juste reprendre son souffle et regarder le monde : les nations les moins développées aspirent à cette civilisation industrielle qui nous apporte tant de bienfaits.

Pm42 : « Face à l’effondrement de la civilisation industrielle qui guette » ? A la limite j’arrête là. Cela fait penser aux marxistes qui nous ont expliqué pendant un peu plus d’un siècle que l’effondrement du capitalisme était inéluctable. C’est de la pensée religieuse, rien d’autre et cela ne devrait rien avoir à faire dans un journal un peu sérieux.

Happy Failure : La lecture de la majorité des commentaires à cet article suscite une impression simplement effroyable. L’insulte, l’affichage d’un mépris sûr de soi et le dénigrement, que ce soit vis-à-vis des intentions de l’article ou des commentaires allant dans son sens, semble être la manière naturelle de réagir. Appartiennent-ils à cette race qui gâche les réunions de famille en gueulant des a priori péremptoires à chaque conversation ? Et au-delà de ce déficit affligeant de savoir-vivre, que penser de leurs arguments? La réduction à la caricature la plus stupide (la moindre hypothèse de régulation vous range dans le camp des bolcheviques, la réduction de l’emprise énergétique vous condamne à vous éclairer à la chandelle…). Et que craignent-ils ? Devoir renoncer à leur SUV, à leur montre connectée, à leur climatisation ? C’est ça leur bonheur ?

* LE MONDE du 21 septembre 2019, Le « low-tech », pour « vivre mieux avec moins »

Les illusions technologiques de Steven Chu

Steven Chu* : Nous avons toutes les raisons d’être inquiets. La transition énergétique ne va pas assez vite. Le monde consomme encore plus de 100 millions de barils (159 litres) de pétrole par jour (soit presque 16 milliards de litres, plus de deux tonnes par jour et par personne)**.

Biosphere : Le constat de démesure commence à être partagé par toutes les personnes conscientes de l’urgence écologique. On se retrouve toujours plus nombreux sur les fondements biophysiques de toute réflexion, on progresse mais pas assez vite !.

Steven Chu : Je ne pense pas qu’il soit possible d’atteindre 100 % d’énergies renouvelables dans un futur proche, nous n’avons pas assez de moyens de stockage d’électricité.Le réseau électrique continuera à avoir besoin de moyens mobilisables à la demande. Les populations ne seront pas d’accord pour renoncer à la lumière, fermer les usines et mettre à l’arrêt l’économie.

Biosphere : D’accord ou pas, sans ressources fossiles on sera bien obligé de se contenter d’une vie frugale, d’électricité intermittente et surtout de son énergie endosomatique (notre force musculaire). Quant à vouloir toujours ajouter une énergie à une autre énergie (bois, charbon, vent, pétrole, gaz, nucléaire…), on est arrivé au terme de cette fuite en avant : un effondrement probable de notre civilisation thermo-industrielle. Sans pétrole, t’es plus rien !

Steven Chu : Je pense que le nucléaire doit être partie prenante pour prendre le relais des renouvelables. Une option serait de produire à la chaîne des petits réacteurs nucléaires modulaires, s’ils sont suffisamment petits ils peuvent être plus sûrs.

Biosphere : Pour recenser toutes les informations de notre blog biosphere sur le nucléaire, lire notre Biosphere-Info. Nous n’avons trouvé aucun argument crédible pour assurer un avenir durable au nucléaire. Et puis toujours penser à rajouter de l’énergie à notre boulimie, c’est occulter la nécessaire redéfinition de nos besoins. Simplicité volontaire quand tu nous tiens !

Steven Chu : Le véhicule électrique constitue une bonne solution, c’est un objectif difficile, mais atteignable. J’espère qu’on verra des progrès dans le secteur des batteries

Biosphere : Phrase significative de l’illusion technologique qui repose sur un acte de foi, la probable mais incertaine découverte techno-scientifique qui va sauver l’humanité.

Steven Chu : L’industrie automobile américaine, contrairement à Trump, ne souhaite pas revoir à la baisse les normes instaurées pendant le mandat de Barack Obama. Elle veut pouvoir vendre ses véhicules à l’étranger.

Biosphere : Il faut donc rester compétitif, vendre à l’étranger sans se préoccuper s’il y aura encore des véhicules individuels en 2050 ! Business as usual, c’est faire l’impasse sur le futur. De la part d’un prix Nobel de physique, on n’en attendait pas moins, une méconnaissance totale de la déplétion énergétique en cours.

Steven Chu : Une chose est claire : à la fin de ce siècle, le monde doit être neutre en carbone. C’est un objectif très difficile à atteindre.

Biosphere : Nos dirigeants ont décidé une simple « neutralité carbone » en 2050 : on pourra toujours émettre davantage de gaz à effet de serre, il suffirait de compenser par ailleurs ces émissions.Mais un barrage hydroélectrique peut-il remplacer une centrale thermique à charbon ? La compensation carbone n’a jamais fait la preuve de son efficacité. Il est impossible de garantir l’additionnalité des projets, le fait qu’ils n’auraient pas pu voir le jour sans la compensation.

* Steven Chu, prix Nobel de physique en 1997, Secrétaire à l’énergie de Barack Obama entre 2009 et 2013

** LE MONDE du 6-7 octobre 2019, Steven Chu : « La transition énergétique ne va pas assez vite »

Technique démocratique… ou autoritaire ?

« Pour parler sans ménagement, la thèse que je défends est celle-ci : depuis la fin des temps néolithiques au Moyen-Orient, jusqu’à nos jours, deux techniques ont périodiquement existé côte à côte, l’une autoritaire et l’autre démocratique ; la première émanant du centre du système, extrêmement puissante mais par nature instable, la seconde dirigée par l’homme, relativement faible mais ingénieuse et durable. Si j’ai raison, à moins que nous ne changions radicalement de comportement, le moment est proche où ce qui nous reste de technique démocratique sera totalement supprimé ou remplacé, et ainsi toute autonomie résiduelle sera anéantie ou n’aura d’existence autorisée que dans des stratégies perverses de gouvernement, comme les scrutins nationaux pour élire des dirigeants… déjà choisis dans les pays totalitaires.

Ce que j’appellerais technique démocratique est la méthode de production à échelle réduite, reposant principalement sur la compétence humaine et l’énergie animale mais toujours activement dirigée par l’artisan ou l’agriculteur ; chaque groupe raffinant ses propres talents par le biais des arts et des cérémonies sociales qui lui conviennent, tout en faisant un usage modéré des dons de la nature. Cette technique a des ambitions limitées mais, précisément parce qu’elle exige relativement peu, elle est très facilement adaptable et récupérable. Alors que cette technique démocratique remonte aussi loin que l’usage primitif des outils, la technique autoritaire est une réalisation beaucoup plus récente: elle apparaît à peu près au quatrième millénaire avant notre ère, dans une nouvelle configuration d’invention technique et de contrôle politique centralisé qui a donné naissance au mode de vie que nous pouvons à présent identifier à la « civilisation », sans en faire l’éloge. Sous la nouvelle institution de la royauté, des activités auparavant disséminées, diversifiées, à la mesure de l’homme, furent rassemblées à une échelle monumentale dans une sorte de nouvelle organisation de masse à la fois théologique et technique. Cette technique totalitaire était tolérée, voire souhaitée, malgré sa continuelle propension à détruire, car elle organisait la première économie d’abondance réglementée : notamment d’immenses cultures vivrières qui n’assuraient pas seulement l’alimentation d’une population urbaine nombreuse, mais aussi libérait une importante minorité professionnelle pour des activités militaires, bureaucratiques ou purement religieuses. La technique autoritaire réapparaît aujourd’hui sous une forme habilement perfectionnée et extrêmement renforcée. Ne nous laissons pas abuser plus longtemps. Au moment même où les nations occidentales renversaient l’ancien régime absolutiste, gouverné par un roi autrefois d’essence divine, elles restauraient le même système sous une forme beaucoup plus efficace de leur technique, non moins draconiennes dans l’organisation de l’usine que dans la nouvelle organisation de l’armée. Les inventeurs des bombes atomiques, des fusées spatiales et des ordinateurs sont les bâtisseurs de pyramides de notre temps : leur psychisme est déformé par le même mythe de puissance illimitée, ils se vantent de l’omnipotence, sinon de l’omniscience, que leur garantit leur science, ils sont agités par des obsessions et des pulsions non moins irrationnelles que celles des systèmes absolutistes antérieurs, et en particulier cette notion que le système lui-même doit s’étendre, quel qu’en soit le coût ultime pour la vie.Tels les pharaons de l’âge des pyramides, ces serviteurs du système identifient ses bienfaits à leur propre bien-être ; comme le dieu-roi, leur apologie du système est un acte d’auto-adoration ; et comme le roi encore, ils sont en proie à un besoin irrépressible et irrationnel d’étendre leurs moyens de contrôle et de repousser les limites de leur autorité.

Dans ce Pentagone de la puissance, aucune présence visible ne donne des ordres : contrairement au Dieu de Job, on ne peut pas faire face aux nouvelles divinités, et encore moins s’opposer à elles. La technique actuelle se distingue de celle des systèmes du passé, ouvertement brutaux et absurdes, par un détail particulier qui lui est hautement favorable : elle a accepté le principe démocratique de base en vertu duquel chaque membre de la société est censé profiter de ses bienfaits. Le marché qui nous est proposé se présente comme un généreux pot-de-vin. Quand notre technique autoritaire aura consolidé son pouvoir, grâce à ses nouvelles formes de contrôle des masses, sa panoplie de tranquillisants, de sédatifs et d’aphrodisiaques, comment la démocratie pourrait-elle survivre? C’est une question idiote: la vie elle-même n’y résistera pas, excepté ce que nous en débitera la machine collective. La question que nous devons nous poser n’est pas de savoir ce qui est bon pour la science, et encore moins pour General Motors, Union Carbide, IBM ou le Pentagone, mais c’est de savoir ce qui est bon pour l’homme : non pas l’homme des masses, soumis à la machine et enrégimenté par le système, mais l’homme en tant que personne, libre de se mouvoir dans tous les domaines de la vie. Nous ne pourrons venir à bout de la surabondance des automobiles qui encombrent et détruisent nos villes qu’en redessinant ces villes de façon à favoriser un agent humain plus efficace : le marcheur. Et si l’on considère la naissance et l’accouchement, on voit heureusement régresser la procédure autoritaire, centrée sur la routine hospitalière, en faveur d’un procédé plus humain qui redonne l’initiative à la mère et aux rythmes naturels du corps… »

Lewis Mumford, discours prononcé à New York, le 21 janvier 1963 (extraits)

source : https://www.partage-le.com/2015/05/techniques-autoritaires-et-democratiques-lewis-mumford/

Les anti-PMA sont-ils décroissants ?

Sept ans après les grandes mobilisations contre le mariage pour tous, les opposants ont défilé le dimanche 6 octobre contre la procréation médicalement assistée (PMA). La motivation, résumées par le slogan « Contre la PMA sans père et la GPA [gestation pour autrui] », sont identiques à celles de La Manif pour tous : défendre la famille traditionnelle. Mais l’issue du débat parlementaire sur la loi « bioéthique » ne fait plus de doute, le mariage pour tous est entré dans les mœurs avec une rapidité fulgurante : le peuple est habitué à accepter l’inacceptable du moment que le matraquage médiatique va dans le sens de l’appareil techno-industriel. Le premier ministre [Edouard Philippe] disait encore en 2013 : “Jamais la PMA, car elle conduira à la GPA.” Il soutient aujourd’hui la PMA pour les femmes, lesbiennes ou seules. Rare sont les articles contre la PMA, le mensuel LA DÉCROISSANCE, « 1er journal d’écologie politique », fait exception. Ainsi cet appel pour l’abolition de toute reproduction artificielle de l’humain (par Pièces et main d’œuvre et resistenze al nanomondo)* :

« Le droit au désir d’enfants d’individus frappés de stérilité accidentelle (hétérosexuels) ou réfractaires à tout rapport sexuel avec des membres de l’autre sexe ne peut l’emporter sur le droit de l’immense majorité des humains, ni sur le droit de l’espèce elle-même, à se perpétuer comme ils le font depuis des millions d’années et comme l’ont fait les mammifères avant nous. Nous exigeons que soit qualifié de crimes contre l’espèce toute reproduction artificielle de l’humain, toute sélection et modification génétique de l’humain. Nous exigeons l’arrêt de toute prise en charge de production infantile par la sécurité sociale et la fermeture de toutes les banques de gamètes. L’argent de la sécurité sociale doit aider les vrais malades des milieux populaires, et non pas satisfaire les désirs narcissiques de stériles volontaires ou involontaires. » Dans un autre article du même journal, « la liberté c’est la dépendance »** :

« Le donné biologique peut être plié à notre volonté. Grâce à l’industrie, l’être humain sera le maître de lui-même, se construisant et se déconstruisant à volonté : procréation (PMA, utérus artificiel, changement de sexe), cyborg (organes mécanique ou électronique augmentant le corps), chimères génétiques. Comment les anciennes idées de liberté pourraient-elles perdurer lorsqu’elles sont confondes avec la dépendance à l’égard de l’appareil industriel ? » Pour en savoir plus sur la position du journal « LA DÉCROISSANCE » :

Décroissance, ne pas nier la différence des sexes (LA DÉCROISSANCE, décembre 2017)

La Décroissance, c’est simplement le sens des limites (LA DÉCROISSANCE, novembre 2014)

Quelles limites à la procréation médicalement assistée ? (LA DÉCROISSANCE, avril 2014)

Le « mariage pour tous », produit de la croissance libérale (Vincent Cheynet, rédacteur en chef de la LA DÉCROISSANCE )

* LA DECROISSANCE d’octobre 2019, « Contre l’eugénisme et l’anthropocide » p. 3 et 4 (extraits)

** LA DECROISSANCE d’octobre 2019, « Pourquoi tant de haine ? p. 11 (extrait)

Tout savoir sur Extinction Rebellion

Extinction Rebellion, un sablier à l’intérieur du cercle peint en noir de la Terre. « XR » comme on surnomme ce mouvement en marche accélérée. XR est né en avril 2018 autour de militants du collectif anglais Rising up ! qui défendent « un changement fondamental du système politique et économique afin de maximiser le bien-être et de minimiser la souffrance ». Les cofondateurs, Gail Bradbrook, Simon Bramwell et Roger Hallam s’inspirent de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains ou de Mahatma Gandhi en Inde. Le soutien de la jeune Suédoise Greta Thunberg a contribué à populariser XR, notamment auprès des plus jeunes. Les marches pour le climat n’ayant pas débouché sur des avancées conséquentes, les citoyens se tournent vers des mobilisations plus radicales. Le succès d’XR s’explique aussi par le fait qu’il se cristallise autour d’un temps d’action très court pour organiser la transition écologique. Résultat ?

Lundi 7 octobre, des drapeaux verts, bleus ou jaunes arborant cet emblème flottaient dans les rues de près de soixante grandes villes, de Sydney à New York en passant par Londres ou Paris. Les militants écologistes d’Extinction Rebellion ont entamé une « rébellion internationale » – une ou deux semaines d’actions coups de poing à travers le monde – pour dénoncer l’inaction « criminelle » des gouvernements face à la crise climatique. Blocage des ponts, des routes ou des lieux de pouvoir, ces « rebelles » cherchent à créer suffisamment de perturbations pour forcer les gouvernements à répondre à leurs trois revendications : déclarer un état d’urgence climatique, réduire immédiatement les émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2025, et créer des assemblées de citoyenspour surveiller démocratiquement cette transition. Il revendique déjà plus de 100 000 militants dans 70 pays. L’incapacité de la police à gérer ce type de manifestation inquiète en haut lieu. Les blocages de ronds-points par les Gilets jaune ont donné un exemple de l’impuissance de la répression en France. L’attrait de « XR » vient de son horizontalité (pas de porte-parole attitrés) et de sa décentralisation. N’importe qui peut se revendiquer du groupe et mener une action locale et spontanée, à partir du moment où il adhère aux revendications et à 10 principes fondateurs. Toute personne voulant adhérer à ces valeurs est la bienvenue.

  1. Nous partageons une vision du changement
    En créant un monde adapté aux générations à venir.
  2. Nous ajustons notre mission à la mesure de ce qui est nécessaire
    En mobilisant 3,5% de la population, seuil à atteindre pour déclencher un changement de système – en utilisant des idées comme celle de « Momentum-driven organizing » (organisation structurée mais décentralisée, comme celles des essaims).
  3. Nous avons besoin d’une culture régénératrice
    En créant une culture saine, résiliente et adaptable.
  4. Nous nous remettons nous-mêmes en question, autant que ce système toxique
    En sortant de nos zones de confort pour devenir les acteurs du changement.
  5. Nous valorisons la réflexion et l’apprentissage
    En suivant des cycles d’action, de réflexion, d’apprentissage, puis de planification pour de nouvelles actions. En apprenant des autres mouvements et contextes aussi bien que de nos propres expériences.
  6. Nous accueillons chaque personne, et chacune de ses facettes
    En travaillant activement pour créer des espaces sécurisants et inclusifs.
  7. Nous limitons délibérément les rapports de pouvoir
    En démantelant les hiérarchies de pouvoir pour une participation plus équitable.
  8. Nous ne tenons pas de discours moralisateurs ni culpabilisants
    Nous vivons dans un système toxique, mais nul ne doit être accusé en tant qu’individu.
  9. Nous sommes un réseau non-violent
    En utilisant une stratégie et des tactiques non-violentes comme moyen le plus efficace de provoquer le changement.
  10. Notre mouvement est fondé sur des principes d’autonomie et de décentralisation
    Nous créons collectivement les structures nécessaires pour défier le pouvoir. Toute personne qui suit ces principes et valeurs essentiels peut agir au nom d’Extinction Rebellion.

Pour ou contre Extinction Rebellion ?

Quelques centaines de militants et sympathisants du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR) continuaient mardi matin d’occuper la place du Châtelet et le pont au Change, qui mène à l’île de la Cité, au centre de Paris, pour réclamer davantage d’action contre le réchauffement. La ministre de la transition écologique a mis en garde mardi matin contre d’éventuelles violences et actions de blocage tout en reconnaissant qu’elle ne pouvait « pas être contre quand les gens se préoccupent du climat ». Quelques réactions sur lemonde.fr, la virulence des anti-écolos inquiète :

Alexandre Faulx-Briole : La réaction de Mme Borne n’est pas celle d’un ministre de la République. Les manifestants de XR doivent être évacués si besoin par la force. En 1934 les gardes à cheval ont chassé les émeutiers à Coups de plat de sabre.

Michel SOURROUILLE : Comparaison n’est pas raison, Mr Faulx-Briole. Le 6 février 1934 les ligues d’extrême droite ont organisé une grande manifestation. Les Champs-Elysées sont l’objet d’une dévastation systématique. Les gardes à cheval sont débordés, plusieurs coups de revolver partent de la foule à leur adresse. Les gardes mobiles tirent alors pour de bon. Une dizaine de manifestants s’écroulent. On ne peut pas comparer ces manifestants violents en 1934 suite à l’affaire Staviski et des militants s’exprimant pacifiquement pour le climat en 2019… Les temps ont changé, Mr Faulx-Briole.

No country for the young man : Allez, Casta ! Vire-moi ces gosses de riches qui s’habillent en Coperni et en Nasti Gal avec des pompes Queshua et qui jouent les Hippies conscientisés ! Et que ça saute !

Ricath : Bonjour. Venez place du Châtelet pour voir si nous sommes des « gosses de riches ». En ce qui me concerne, je suis une retraitée de 63 ans avec de petits revenus. Je me bats pour les futures générations. Merci de ne pas juger sans savoir.

SergeK : Nuit debout a fini en eau de boudin balayés par les GJ. Ils veulent quoi ces zozos?

Michel SOURROUILLE : Sergek, si vous ne savez pas encore que le réchauffement climatique risque de perturber grandement les conditions d’existence humaine sur Terre, c’est que vous ne suivez pas les infos et les études scientifiques. Si vous ne comprenez pas qu’il faut tout faire pour secouer les politiques si adeptes du greenwashing ou art de faire croire qu’on fait qqch, c’est à désespérer des capacités du cerveau humain.

Claude_06 : Ces manifestants son là pour réclamer davantage d’action contre le réchauffement nous dit-on. Il serait donc intéressant de savoir quelles sont les actions qu’ils préconisent,On-ils également décidé d’emporter la paille et les détritus qu’ils ont entreposés sur cette place ou comptent-ils sur l’action des services de nettoiement de la ville équipés de machines polluantes ??

J.mounier : A toutes celles et à tous ceux qui dénigrent ces actions: expliquez nous ce qu’il faut faire pour que nos dirigeants, premiers de cordée et autres multinationales aient comme priorité le sauvetage de notre futur, et agissent en conséquence, tout en arrêtant de tenir des discours hypocrites.

MD : Ils n’ont pas école? On n’est pas vendredi pourtant. C’est grève tout les jours?

Michel SOURROUILLE : MD, si vous étiez jeune aujourd’hui et que les temps qui s’annoncent risquent fort de pénaliser les générations futures dans tous les domaine, resteriez-vous les bras croisés sur votre chaise en classe sans faire grève alors que les adultes la font quand les conditions d’existence dans l’entreprise deviennent insupportables ?

Les émissions anthropiques de carbone

Depuis quinze ans, les émissions de gaz à effet de serre découlant des activités humaines ont dépassé le niveau d’injection massive de carbone lors de l’extinction des dinosaures :

Le Deep Carbon Observatory  (1) – forte de 504 chercheurs spécialistes du carbone : Les émissions naturelles annuelles (volcans, etc.) sont estimées entre 0,28 et 0,36 milliard de tonnes de CO2 par an. Or, en 2018, les émissions anthropiques, ont été de 33,1 milliards de tonnes pour le seul CO2 issu de la combustion du pétrole, du charbon et du gaz. L’industrie humaine surclasse la géologie et la réduit à une action marginale sur le système climatique terrestre pour ce facteur. Toutefois, notent les géologues, il est arrivé à la Terre de produire toute seule, sans l’intervention des humains qui n’existaient pas, des événements comparables en termes d’émissions de CO2. C’est arrivé cinq fois en 500 millions d’années. Ces injections massives de carbone ont provoqué des cataclysmes climatiques, l’acidification des océans et… des extinctions massives d’espèces vivantes. Les chercheurs prennent l’exemple de la collision d’un astéroïde géant, il y a 66 millions d’années, qui frappa la Terre dans la péninsule du Yucatan. Baptisé Chicxculub, ce bolide provoqua l’injection dans l’atmosphère d’entre 425 et 1400 milliards de tonnes de CO2. Il s’ensuivit un cataclysme climatique provoquant la disparition d’environ 75% des plantes et des animaux (dont les fameux dinosaures).

Or, ces quantités sont similaires à celles des émissions anthropiques, puisqu’en moins de 15 ans le bas de l’estimation des géologues est dépassé si on en croit les émissions de 2018. Et rien ne permet de penser que les émissions mondiales de CO2 vont chuter dans un avenir proche.

Écologie populaire et médiatisations

D’un côté 150 Français tirés au sort, rassemblés dans une convention citoyenne pour le climat, ont commencé à se pencher sur les mesures à prendre lutter contre le dérèglement climatique. Le premier ministre a assuré que cette convention a « vocation à inventer une écologie populaire dans tout ce que ce terme a de plus glorieux ». En fait il s’agit là d’une démagogie démocratique surréaliste, car la question qui est posée, nous savons déjà comment y répondre. Sous Macron la bavardage écolo tient lieu de politique, quand Emmanuel est devenu président il a su imposer une réforme du code du travail sans faire intervenir les citoyens. De l’autre côté les militants du mouvement Extinction Rebellion (XR) ont lancé quinze jours de désobéissance civile à travers la planète visant à dénoncer l’inaction « criminelle » des gouvernements face au changement climatique.

Bravo à eux, bravo aux blocages symboliques, bravo à nos étudiants qui font la grève scolaire pour le climat. Mais ces mouvements restent minoritaires, le blocage de carrefours routiers par les Gilets jaune a eu beaucoup plus d’influence en France. Nous sommes seulement dans les prémisses d’un mai 1968 mettant en scène la génération climat en 2019. Pour l’instant on préfère politiquement recevoir à Paris la Visite Officielle du LL.AA.RR le Prince Héritier et la Princesse Héritière du Danemark les 7 et 8 octobre, pour prétendre aborder la transition énergétique ! Alors, de l’écologie d’apparence ou des mouvements socio-écolos qui va gagner ?

Ce qui nous rassure un chouia, c’est la rapidité du tournant médiatique qui s’opère sur la question écologique. Toute la page 3 du quotidien « La Charente Libre » est consacrée aux adeptes de la collapsologie qui « préparent la fin de la civilisation ». Extinction Rebellion vit aussi à Angoulême et la page Facebook « Collapsologie Charente » compte déjà 286 membres ». On veut « redonner du sens à sa vie et décroître financièrement », on affirme que « plus on dépense, plus on pollue », et on prédit une lente agonie de l’humanité si rien n’est fait. Notons que l’autonomie alimentaire d’Angoulême est de seulement 1,33 % des produit agricoles qui composent les repas sont produits par la ville, on est loin d’une communauté de résilience adossée à son autonomie alimentaire… Qui des effets dévastateurs de l’épuisement de la planète par raréfaction des ressources et explosion des pollutions d’une part OU de la capacité de sobriété et des efforts de cohésion sociale d’autre part va gagner, les paris sont ouverts !