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NON aux Jeux Olympiques à Paris en 2024

Nous écologistes, nous sommes contre les Jeux Olympiques, le Tour de France, le Mondial de foot, etc. Nous sommes contre tous les sports massifiés, spectularisés, symboles du culte de la performance et de la marchandisation des humains. Le sport professionnel est avec la publicité un des meilleurs moyens d’anesthésier le peuple en occultant la hiérarchie des vraies valeurs. Les JO, c’est aussi un pognon dingue, avec systématiquement dépassement des coûts. Londres, en 2012, avait dû débourser 6 milliards d’euros supplémentaires (total de 11 milliards), Rio en 2016 23 milliards (total de 33 milliards) et Pékin, en 2008, 29 milliards (total de 32 milliards). Les JO, c’est la synthèse de tout ce qu’on déteste, l’affairisme, la corruption, le dopage, la publicité de « grandes » marques, l’oubli des limites. L’idéal olympique ? Il s’agit surtout de piller les ressources publiques et de plumer les contribuables.

Étonnant, des personnalités aussi anti-écolos que Luc Ferry et Pascal Bruckner signent une tribune anti-Jeux Olympiques à Paris dans LE MONDE : « Il est irresponsable de dilapider l’argent public dans une opération de prestige pharaonique… Les centaines de milliers de touristes qui viendront par avion provoqueront d’énormes pics de pollution… Les prétendus « Jeux verts » établiront un bilan carbone record… Des ressources budgétaires limitées ne peuvent aller à des fastes médiatiques où s’exhibent des athlètes en service commandé au profit du CIO, de ses sponsors et annonceurs… Aussi nous appelons les forces politiques et syndicales, lles organes de presse et leurs journalistes, les autorités morales à dénoncer le projet de Jeux olympiques en France en 2024. Il est temps de proposer pour le « monde d’après » d’autres projets que le dogme olympique de la compétition de tous contre tous, par exemple la lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité. »

Pour en savoir plus sur les JO grâce à notre blog biosphere :

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

9 févier 2020, Sport spectacle, pieds nus et tout nus

27 janvier 2018, Bizarre, une loi d’exception pour les Jeux Olympiques

4 juillet 2017, Tokyo2020, Paris2024, des jeux olympiques dispendieux

2 septembre 2016, Que retenir des JO 2016 au Brésil : la fin de records

7 juin 2017, La politisation macroniste des jeux olympiques

9 août 2012, marre des JO, faut s’abonner à BIOSPHERE-INFO !

7 août 2012, Quelques suggestions pour des jeux Olympiques alternatifs

3 août 2012, Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques

1er août 2012, le sens des limites, contraire à l’esprit olympique

31 juillet 2012, Le CIO (Comité international Olympique), une caste détestable

31 juillet 2012, les Jeux Olympiques nous font oublier l’essentiel

30 juillet 2012, l’abominable histoire des Jeux Olympiques

29 juillet 2012, Les Jeux Olympiques, une simple histoire de fric

28 juillet 2012, bilan des Jeux Olympiques, écologiquement décevant

17 février 2012, 2020, en finir avec les Jeux Olympiques

5 octobre 2009, à quoi servent les JO ?

17 novembre 2008, supprimons les JO

9 août 2009, le sens des limites (aux JO)

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

31 mai 2008, un CIO totalitaire

9 avril 2008, esprit olympique ???

Anne Hidalgo, présidente en 2022 ?

A un an et demi de la prochaine élection présidentielle, Anne Hidalgo ne paraît désormais plus écarter la possibilité de se présenter à l’Elysée… Elle ouvre le jeu avec précaution : « Il ne faut pas brûler les étapes. Définissons d’abord le projet que les sociaux-démocrates et les écologistes doivent bâtir… Devant l’émiettement à gauche, je ne crois pas que les échéances de 2021 et 2022 se feront à partir des partis. Cela se jouera dans quelque chose de plus large, comme nous l’avons construit avec Paris en commun.. .»

Les partisans d’une telle candidature peuvent s’appuyer sur trois arguments majeurs. L’expérience acquise à la tête d’une très grande ville, d’abord, c’est un bon tremplin. La crédibilité, ensuite. A 61 ans, la maire de Paris fait partie des personnalités de gauche qui ont gardé la meilleure cote dans l’opinion. Elle arrive même en tête des figures jugées les plus à même de faire gagner la gauche en 2022. Sa force enfin : elle bénéficie d’un soutien aussi net chez les sympathisants écologistes que chez ceux de La France insoumise ou du Parti socialiste. Elle pourrait ainsi rassembler plus facilement que d’autres. (LE MONDE du 18/09/2020)

Commentaire de tokolosh sur lemonde.fr : L’hypothèse peut paraître farfelue… mais qui aurait parié sur un Macron président de la République en septembre 2015 ? L’article met bien en avant les forces et faiblesses d’AH – la principale de ces dernières étant son statut de « Parisienne ». Cela dit, n’oublions pas que le ticket d’entrée au second tour sera assez bas, dans les 19 à 22 % sans doute. Les 24 % de Macron en 2017, seront amputés d’une bonne moitié, celle venue de la gauche à l’époque et dont les yeux se sont décillés depuis, et qui ne sera pas compensée par un électorat de droite accro à la sécurité, au terroir et à l’anti-européanisme pour certains. AH est la seule à gauche à pouvoir partiellement assécher Mélenchon, principal obstacle à l’accès d’un.e candidat.e de gauche au second tour. « Et en même temps » elle gère une métropole mondiale, a affronté le terrorisme en première ligne, a un réseau national et international, un parti, une équipe solide et expérimentée (comme elle). Entre Jadot et Hidalgo, y’a pas photo.

Alors, Anne Hidlago, symbole de l’émergence en 2022 d’un parti social-écologique digne de gouverner la France ?

Endettement perpétuel, impasse totale

L’endettement de l’État est de la même nature que l’endettement d’un ménage, on ne peut dépenser plus que ce qu’on peut rembourser dans la durée. Une dette publique arrivant à son terme qui ne peut être remboursée qu’en contractant un nouvelle dette ne peut que mal se terminer, par la faillite de l’État. Or l’endettement perpétuel est une constante depuis le premier choc pétrolier de 1974. Cet endettement est théoriquement soutenu par les thèses keynésiennes qui recommandent de s’endetter pour relancer l’économie et faire face à une crise conjoncturelle. Mais ce remède ne peut être que temporaire, il ne peut rien contre un chômage structurel comme nous le vivons depuis des décennies. La politique de déficit budgétaire en France s’est accompagnée par des périodes de « stop and go », politique de relance à un moment suivie par une politique d’austérité pour freiner l’inflation. Cette politique budgétaire s’est terminée par une période de stagflation, concomitance de la stagnation de l’activité économique et de l’inflation.

Croire aussi qu’avec l’endettement perpétuel l’État ne paye que les intérêts de la dette publique est un deuxième non sens. Non seulement la masse des créanciers peut revendiquer son droit au remboursement du capital prêté (ce qui entraînera un effondrement financier pour éviter la faillite de l’État), mais le taux d’intérêt est fondamentalement pernicieux car, par logique comptable incontournable, on ne peut rembourser plus que ce qui a été prêté… sauf à croire au mythe de la croissance économique perpétuelle dans un monde fini. Un tel acte de foi nous mène inéluctablement à l’effondrement des ressources de la planète et au non remboursement de la dette écologique ce qui est déjà une réalité aujourd’hui. L’échec des politiques de relance par déficit budgétaire et laxisme monétaire a créé un nouveau mythe, faire du libéralisme économique pour faire face aux crises récurrentes du capitalisme thermo-industriel par moins d’État. Nouvelle impasse. L’histoire humaine est une impasse tragique qui ne fait que repasser les mêmes plats pour aboutir à un krach financier et/ou une guerre globale. Les commentateurs sur lemonde.fr d’une analyse débile de trois étudiants de Sciences Po Lille, « L’idée reçue courante selon laquelle les générations futures paieront pour les précédentes est fausse » ne peuvent que confirmer notre analyse !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

5 avril 2020, post-covid, dette économique/dette écologique

18 mars 2012, Définitions de la dette écologique

17 juin 2009, endettés jusqu’au cou

5 décembre 2008, dette écologique

Pour en savoir encore plus, dématérialisation, histoire de la catastrophe monétaire

Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

«  La sortie d’Emmanuel Macron sur la 5G et les Amish ». La demande d’un moratoire faisait partie des 149 mesures proposées par les citoyens de la convention climat que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Pourtant Macron montre son incompétence écologique. « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a lancé Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préféreraient « le modèle amish » et le « retour à la lampe à huile ». Les enchères pour l’attribution des fréquences débutent fin septembre 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ne rendra ses travaux sur les effets sanitaires qu’en mars 2021.

« Emmanuel Macron a fermé le débat avec arrogance et mépris » : le déploiement de la 5G électrise l’Assemblée nationale qui s’inquiète de l’absence de débat politique

Pour en savoir plus sur les Amish à mille lieux de la 5G :

Totalement autonomes, les Amish vivent en micro-autarcie. Pas un moteur dans ces fermes. Pas un tracteur, pas une automobile. Ni radio, ni télévision, ni téléphone, ni réfrigérateur, ni aspirateur, ni d’ailleurs d’électricité, de gaz ou d’eau courante. Seule source d’énergie en vue, un occasionnel moulin à vent. Samuel Beiler, un Amish : « Nous ne sommes pas contre l’instruction. Nous sommes contre celle qu’on donne dans vos écoles… Jamais de mémoire d’homme un Amish ne comparut devant un tribunal pour un délit autre que le refus d’envoyer ses enfants à l’école. » La Cour suprême américaine vient de donner officiellement le droit au Amish, en plein âge nucléaire, de continuer à vivre en un temps révolu et de le perpétuer à travers leurs enfants. Pour la Cour suprême, l’Etat du Wisconsin n’a pas prouvé que l’éducation d’une high school était indispensable pour faire un bon citoyen. Les attendus : « Une façon de vivre qui nous paraît étrange mais qui n’interfère pas avec les droits ou intérêts d’autrui ne saurait être condamnée parce qu’elle est différente, et rien ne nous permet de présumer que la majorité actuelle a raisons de vivre comme elle vit et que les Amish ont tort de mener leur vie comme ils la mènent… (article daté du 15 juin 1972)». L’Amish était en 1972 un objecteur de croissance, il le reste aujourd’hui en 2020.

Pour en savoir plus sur la 5G grâce à notre blog biosphere :

21 août 2020, 5G, les humains aiment trop la bagarre

4 juillet 2020, 5G, technolâtres contre techno-réalistes

3 juillet 2020, L’obsolescence programmée par la 5G

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

Contre-violence par destruction de biens

Je suis personnellement depuis le début des années 1970 fidèle adepte de la non-violence, engagé à l’époque dans un groupe de soutien aux objecteurs de conscience et objecteur moi-même. Gandhi est évidemment une de mes figures de référence. Pourtant je m’interroge aujourd’hui face aux déréglementations écologiques qui frappent presque tous les domaines de la vie sur Terre. Ce n’est plus seulement nos guerres imbéciles qui m’interpellent, mais l’extinction des espèces, les chocs pétroliers, les émissions de gaz à effet de serre, la raréfaction halieutique, etc. Comment lutter sur une planète qui brûle ? Comment lutter contre un système techno-industriel qui soutient le capital fossile ? Comment faire réfléchir une population cernée par des moteurs thermiques ? Les manifestations pour le climat se sont essoufflées aussi vite que commencées, Greta Thunberg se contente de dire aux politiques qu’ils feraient bien d’agir, les Conférences internationales sur le climat depuis plus de 25 ans n’ont absolument rien changé aux émissions de gaz à effet de serre ! Pire, des irresponsables au pouvoir dans plusieurs pays font l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Je me demande maintenant si une action contre les biens qui causent notre perte ne serait pas une obligation pour qui le sort des générations futures importe. L’arrêt brutal de nombre d’activités à cause de la Covid-19 a parfaitement montré qu’il fallait beaucoup déconstruire pour rendre l’air respirable et que c’était possible. Mais on ne parle maintenant que de relance économique et de soutien aux activités même les plus polluantes comme l’automobile ou l’aviation. Il est beaucoup trop rare de rencontrer des personnes qui prônent une action radicale contre la violence anti-écologique des biens consommés et des infrastructures actuelles, une contre-violence qui irait au-delà d’une non-violence jugée trop paisible. Ce genre d’analyse est restée ultra-minoritaires chez les activistes écologistes ; Greenpeace Sea Shepherd ou Extinction Rebellion par exemple ne détruisent aucun biens.

Il faut donc se rappeler les propos de Françoise d’Eaubonne au début des années 1970, le jour où elle fut scandalisée d’entendre un ami lui dire : « Le problème de la révolution passe au second plan devant l’urgence écologique. Le prochain acte réellement révolutionnaire sera l’attentat contre une centrale nucléaire en construction. Le Capital en est au stade du suicide, mais il tuera tout le monde avec lui ». Il lui aura fallu plus d’un an pour assimiler la profondeur de cette vérité. Au nom de la « contre-violence », Françoise d’Eaubonne participera à la lutte contre l’énergie nucléaire en commettant avec d’autres un attentat à l’explosif le 3 mai 1975 contre la centrale de Fessenheim, retardant de quelques mois son lancement. Elle a assumé cette position radicale jusqu’au bout puisque dans ses derniers tomes de mémoires elle écrit  : « La contre-violence semble très indiquée comme retournement de l’arme de l’ennemi contre lui-même ; il va de soi que les attentats ne visent que des points de rupture précis du front ennemi, économisant au maximum les vies humaines, utilisant les moyens destructifs pour instruire le plus grand nombre possible d’abusés du sens de cette guérilla urbaine. »*

De même un livre** récent d’ Andreas Malm se pose la question de la nécessité de dégonfler les pneus des SUV et détruire pipelines et autres éléments de l’infrastructure basée sur l’énergie fossile. A son avis le mouvement pour le climat devrait s’attaquer directement aux biens les plus néfastes en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Il veut forcer le mouvement écologiste à se poser des questions radicales : « Le problème, bien sûr, c’est que faire sauter un pipeline dans un monde à six degrés de plus, ce serait agir un peu tard. Doit-on attendre un assentiment quasi général ? Celui de la majorité ? D’une importante minorité ? » L’usage de la violence contre les biens est certes mal accepté socialement, imaginez la réaction du propriétaire d’un SUV qui retrouve au petit matin sa chère voiture avec les pneus crevés ! Pourtant maintenir le statu quo et le business as usual nous condamne à aller vers une planète invivable. Détruire du matériel qui condamne notre avenir sur une planète surchauffée et à bout de souffle n’est qu’un acte d’autodéfense, un acte de dénonciation d’une société ultra-violente qui en arrive même à dérégler les mécanismes de régulation automatique de la biosphère. Détruire des biens néfastes n’est pas du terrorisme, c’est aimer le présent, c’est sauver bien des vies humaines dans l’avenir, c’est le contraire de la violence. Le plus étonnant, c’est de constater que l’usage de la contre-violence est aujourd’hui rarissime alors que les périls se révèlent apocalyptiques…

Michel Sourrouille

* Françoise d’Eaubonne, « Écologie et féminisme (révolution ou mutation ?) », première édition en 1978, réédition 2018 aux éditions Libre & Solidaire

** Andreas Malm, « Comment saboter un pipeline », La Fabrique éditions, 2020

Saboter les pipelines, un impératif ?

La question des différentes formes de non-violence face à la violence de la société thermo-industrielle doit être discuté par tous les militants de l’écologie. Sur ce blog biosphere, nous pensons que la destruction de biens nuisibles à la santé des humains et de la Terre n’est pas une violence, c’est une contre-violence, elle appartient au domaine de la non-violence. La démonstration qu’en fait Andreas Malm* paraît convaincante. Ainsi par cet exemple :

Deux membres des Catholic Workers, Jessica Reznicek et Ruby Montoya, tout au long du printemps 2017, ont perforé à plusieurs reprises un pipeline en construction. Elles justifient : « Après avoir épuisé toutes les formes d’action possibles, dont la participation à des réunions publiques, la collecte de signatures pour réclamer des études d’impact environnemental, la désobéissance civile, les grèves de la faim, les manifestions, boycotts et campements, nous avons constaté l’incapacité évidente de notre gouvernement (américain) à entendre les revendications populaires. » 

Elles savent dorénavant qu’elles doivent obtenir plus de résultats. N’ayant aucune expérience du sabotage, elles optent d’abord pour l’incendie. Elles brûlent alors six pièces de machinerie lourde en enflammant des chiffons imbibés d’un mélange à base d’essence et d’huile de moteur, le tout placé dans des thermos de café. Elles décident ensuite de cibler les tuyaux. Elles étudient comment percer l’acier, et choisissent d’utiliser un chalumeau à oxygène-acétylène pour trouer l’oléoduc au niveau des vannes d’arrêt (qui en sont la portion émergente du tuyau). Après avoir rassemblé les ressources nécessaires, elles perforent les vannes tout le long de l’oléoduc de mars à mai 2017. Voici leur analyse : « Le pétrole qui est sorti de terre et les machines qui le font sortir et l’infrastructure qui permet cela, voilà la violence. Nous n’avons jamais menacé de vie humaine, nous agissons pour tenter de sauver la vie humaine. Tout ce que nous avons fait, nous l’avons fait avec des mains pacifiques, résolues et toujours aimantes. » Elles ont fini par sortir de la clandestinité en revendiquant publiquement leurs actions : « Nous prenons la parole pour encourager d’autres à entrer dans l’action, le cœur pur, pour démanteler l’infrastructure qui nie notre droit à l’eau, à la terre et à la liberté. »

Kelcy Warren, PDG d’Energy Tranger, s’en est pris directement à ces deux femmes selon son expression « abominables » : « Il s’agit de personnes qui devraient être sorti du patrimoine héréditaire de l’espèce ». Des lois prévoyant de lourdes peines pour toute action de protestation contre les pipelines ont été promulguées dans une douzaine d’Etats américains pendant l’ère Trump. En octobre 2019, Jessica et Ruby ont été mises en examen pour des chefs d’accusation passibles de 110 ans emprisonnement… Pourtant Kelcy Warren et Donald Trump passeront un jour au tribunal de l’histoire pour crime écologique. Jessica Reznicek et Ruby Montoya deviendront des héroïnes !

* Comment saboter un pipeline, de Andréas Malm. La Fabrique éditions 2020.

Sea Shepherd et la tentation de la violence

Lamya Essemlali : « Pour ma part, à la mélancolie qui découle immanquablement de la conscience d’un monde qui agonise et de l’apathie ambiante qui l’accompagne vers une fin tragique tel un cortège funéraire, je n’ai pas trouvé de meilleur remède que l’action. Couler des bateaux à quai, s’interposer physiquement pour empêcher la mise à mort d’une baleine, confisquer de filets de pêche illégaux, harceler des braconniers pour les forcer à lâcher leur proie… tel est le modus operandi de Sea Shepherd ; et forcément la question de la violence revient régulièrement. Jusqu’où peut-on aller pour sauver une baleine ? Couler à quai un bateau qui tue en toute impunité des milliers d’animaux serait-il un acte de violence ? La réponse est sans doute oui si l’on considère que la valeur matérielle de l’objet excède celle des vies qu’il détruit. En revanche la question deviendrait grotesque si on l’appliquait à une équivalence humaine. Des activistes qui détruisent le matériel de braconniers, tout en prenant soin de ne blesser personne, se voient reprocher par certains, y compris dans le camp des écologistes, d’être de violents extrémistes, voire des écoterroristes. Et pourtant, parfois l’attentisme peut en soi devenir une forme de complicité de la violence. Einstein n’a-t-il pas dit que le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui laissent faire !

La vraie question qui se pose, derrière celle de la violence, est celle de la hiérarchie des valeurs. A quel point la vision anthropocentrique et les intérêts cupides de certains humains peuvent-ils passer décemment devant les intérêts vitaux d’autres êtres vivants ? A cette question, Sea Shepherd a répondu dès sa création : dépasser la protestation et intervenir de façon « agressive mais non violente » pour empêcher les atteintes illégales à la vie marine, là où les autorités publiques qui devraient le faire se révèlent incompétentes par manque de moyens ou de volonté. Dans la vision de Sea Shepherd, en tant qu’ONG combative, c’est là que se situe la force : s’interdire la violence envers les êtres vivants, comme une cohérence morale qui consiste à ne pas détruire des vies quand on lutte pour sauver le vivant. La réflexion inverse existe aussi ; pourquoi se contenter de neutraliser le matériel et ne pas s’en prendre directement aux auteurs des crimes contre la nature ? C’est à mon avis une réflexion stratégique face à des gouvernements qui détiennent l’exclusivité de la violence dite légitime : ceux-ci feraient de toute action entraînant des morts ou des blessés une justification pour une riposte encore plus forte et la situation risque de dégénérer rapidement. Il nous faut sauver des vies tout en restant cohérent avec les valeur que l’on défend. Il nous faut redéfinir la notion de violence sur les bases d’une hiérarchie nouvelle qui place l’intégrité du monde naturel au-dessus des profits. Voilà sans doute des sujets qui deviendront incontournables pour les activistes de demain au regard du combat qui se profile à l’horizon. » (encadré page 302-303, Faut-il céder à la tentation de la violence ? in Collapsus, livre collectif (Ed. Albin Michel)

Sea Shepherd Conservation society, fondée par Paul Watson, existe depuis 1977 pour sauver des vies et pour soutenir les lois de conservation internationale que les nations n’ont pas la volonté politique de soutenir elles-mêmes. Pour en savoir plus avec notre blog biosphere :

15 avril 2015, Paul Watson : Earthforce (manuel de l’écoguerrier)

15 novembre 2013, Un terroriste comme nous les aimons, pirate Paul Watson

19 septembre 2012, Ecoterrorisme et écoguerriers, le cas Paul Watson

26 mai 2012, Paul Watson de Sea Shepherd contre le Costa Rica

9 avril 2010, l’écoterroriste Paul Watson

Urgence écolo, faut-il faire brûler les SUV ?

Pour vivre comme un écologiste devrait vivre, il faut avoir une conscience morale, celle d’une responsabilité vis-à-vis de ce qui nous dépasse : la planète, les autres espèces vivantes, les générations à venir, ce qu’on appelle les acteurs absents. Mais face aux crises écologiques subsistent plusieurs freins à un basculement de notre comportement.

– Les menaces restent très abstraites pour une grande partie de la population. La fonte des glaces, c’est ailleurs, l’extinction de la biodiversité aussi ;

­- Le syndrome de la goutte d’eau, mécanisme de déresponsabilisation, consiste à considérer que ses efforts sont dérisoires et inutiles par rapport aux véritables pollueurs. Ce serait à l’État d’intervenir, pas à nous ;

– ­l’hyper-individualisme, qui concerne 17 % environ de la population, « ce qui compte, c’est moi d’abord, les autres viennent toujours après . L’égoïsme du présent l’emporte largement dans les mentalités sur l’héroïsme de l’altruisme ;

Le coût – psychologique, organisationnel, économique –, de changer ses habitudes quand il s’agit de s’imposer des contraintes supplémentaires alors qu’on vit le confort et la facilité. Dans un système d’injonctions contradictoires, on suit la voie de la facilité même si on sait qu’il faudrait faire autrement. C’est le mécanisme de la dissonance cognitive.

Conclusion. Face à l’inertie politique et à la passivité globale de la population, on ne peut donc rien attendre des autres, il nous faut tracer notre propre chemin vers la simplicité volontaire, devenir un colibri. « Le pessimisme est une prophétie qui s’auto-alimente. Il s’engendre de lui-même et mine notre volonté d’agir… Les changements révolutionnaires ne s’abattent pas sur nous à la manière d’un cataclysme soudain, mais ils sont le produit d’une succession infinie qui, en un processus erratique, nous conduit vers une société plus digne. Il n’est pas nécessaire d’entreprendre des actions héroïques pour participer à ce processus de changement ; les actes les plus infimes, quand ils sont le fait de millions de personnes, peuvent transformer le monde. Et si nous agissons même très modestement, nous n’aurons pas à nous en remettre à un future utopique. Le futur est une succession infinie de moment présents, et vivre dès aujourd’hui comme nous pensons que les hommes devraient vivre, malgré tous les malheurs qui nous cernent, représente déjà une merveilleuse victoire… Même le plus infime des actes vient s’ajouter aux tas de brindilles auxquelles une circonstance imprévue pourrait bien mettre le feu jusqu’à entraîner de brutaux changements… » (Howard Zinn (1922-2010), qui a accompagné de façon militante et non-violente la reconnaissance des droits civiques pour les Noirs d’Amérique et a lutté contre toutes les guerres, particulièrement celle du Vietnam.

Mais l’urgence écologique relève d’une autre temporalité, nous n’avons pas le temps attendre que les gens arrêtent par eux-mêmes de rouler en voiture, nous sommes confrontés à des déséquilibres planétaires qui rentrent dans le domaine de l’irréversible. C’est pourquoi l’atteinte contre les biens qui causent notre perte nous paraît compréhensible. Ainsi pour les gros SUV, on a toute une palette d’actions possibles. Nous écrivions en 2005 « Son usage incarne une américanisation du mode de vie occidental, c’est devenu une forme d’arrogance, si ce n’est de provocation. Des SUV ont été incendiés en Pennsylvanie, des vitres brisées dans l’Etat de Washington et des slogans « no blood for oil » tagués sur leurs carrosseries dans le Massachusetts. La Biosphère saute de joie devant ces actes, car que faire d’autre contre la bêtise humaine : deux tiers des américains préfèrent embrasser leur voiture plutôt que leur mère ! »

Incendier des SUV ? Notre société est tellement formatée par le croissancisme que de telles actions seraient aujourd’hui assimilées à du terrorisme !

Pour en savoir plus sur notre blog biosphere :
22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !

14 juillet 2015, SUV, sports utility vehicles, l’objet à embraser

François Bayrou, grand planificateur en chef

La décision d’Emmanuel Macron de créer un nouveau Commissariat général au Plan et d’en confier la direction à François Bayrou est un spectaculaire non sens. Pas très glorieux cette nomination d’un dinosaure de la politique à un strapontin contemplant le futur. Rappelons que Bayrou est mis en examen, viré du gouvernement français pour cela, et pourtant rattaché directement à l’Elysée pour « réfélchir ». Cette nomination n’est qu’un prétexte pour se mettre Bayrou dans la poche, Macron a besoin des centristes pour finir cahin-caha son septennat. De toute façon le gouvernement a déjà fait ses annonces de relance plus ou moins verte, alloué des financements et définit les objectifs..Que va donc faire l’ineffable Bayrou, qui dans une interview récente n’a même pas évoqué la crise climatique : son horizon est resté à Pau. Quand on regarde le décret créant sa fonction, le titulaire n’a d’autorité sur aucune administration, même pas celle censée s’occuper plus ou moins de plan et de prospective (France-Stratégie). Bref, Bayrou n’est chef de rien et donc ne fera pas grand chose sur le fond. Qui en doutait ? Cette situation est fort dommageable puisqu’on a absolument besoin d’une planification écologiquement compatible

La résurrection du Commissariat au plan acte l’échec des tentatives d’instaurer une situation économique dominée par la finance. Le retour du plan, c’est en effet l’aveu que les marchés ne peuvent pas grand chose lorsqu’il faut affronter l’urgence. Avec le Covid-19, la libre confrontation des intérêts économiques n’est d’aucun secours. A l’inverse, des Bourses globalisées sont un surcroît de fragilité qui a contraint les autorités à ouvrir grand les vannes de la création monétaire pour empêcher qu’un remake de la panique financière de l’automne 2008 se joue sur fond de pandémie. La finance étant incapable de projeter notre devenir économique collectif, cette fonction incombe au politique. Planifier implique de favoriser certaines activités d’en réduire d’autres, croissance et décroissance simultanément, destruction créatrice. Il s’agit d’ouvrir un espace décisionnel sur la définition de nos besoins réels et de créer ainsi du sens commun. Un tel dispositif est rigoureusement l’inverse d’une concurrence « libre et non faussée » qui régit depuis trop longtemps l’insertion européenne et internationale de nos économies.

La pandémie, la descente énergétique et le réchauffement climatique fournissent des exemples de défis mondiaux qui requièrent une vision à long terme. Lorsque le Commissariat général du Plan est créé en 1946, il fallait faire face à des pénuries omniprésentes (nourriture, moyens de transport, matières premières…), il fallait mettre en œuvre un lieu de répartition des rares ressources. Comment ne pas repenser à planifier une sobriété partagée dans l’état actuel de détérioration brutale des conditions de vie sur Terre ? Les crises écologiques nous amènent à une économie de guerre synonyme de démondialisation, de désurbanisation, de dévoiturage et autres joyeusetés qui vont faire frémir de peur Gilets jaunes et managers. Notre blog biosphere soutient tout ce qui s’apparente à une régulation du présent pour préserver un avenir durable, exemples :

20 juillet 2020, Croissance verte ou décroissance écologique ?

7 juin 2020, Une planification écologique est nécessaire

12 mai 2020, post-covid, pour une planification écologique

2 mai 2020, Climat, gare à la relance économique « grise »

27 mars 2012, la planification écologique selon Jean-Luc Mélenchon

ADMD, Facebook censure la liberté d’expression

Alain Cocq, 57 ans et atteint d’une maladie incurable, souhaitait faire de sa mort un événement avec la diffusion en direct sur Facebook de ses derniers instants. Emmanuel Macron, sollicité, rappelle qu’il ne peut « demander à quiconque d’outrepasser notre cadre légal actuel ». La loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, en effet, n’autorise la sédation profonde et continue que si le pronostic vital du patient est engagé à très court terme. Alité et affaibli, Alain Cocq ne relève cependant pas de ce cas de figure.Facebook France se dit « profondément touché par la situation difficile que traverse Alain Cocq » et assure respecter « sa décision de vouloir attirer l’attention sur cette question complexe », mais confirme avoir bloqué cette diffusion « car nos règles ne permettent pas la représentation de tentatives de suicide ». Réactions sur lemonde.fr :

pierre guillemot : Facebook se présente de plus en plus comme un organe de presse en ligne, qui choisit et promeut ce qui est dans sa ligne, supprime ce qui ne l’est pas. L’argument d’indécence etc. ne tient pas si Facebook se prétend hébergeur de contenus que personne n’est obligé de regarder.

B@s : FB qui peut retransmettre en live des tueries de masse ou n’importe quelle ignonimie refuse le droit de parole d’un homme qui essaye de faire avancer les discussions sur le droit à être assisté pour mourir dignement… Ces réseaux et leur responsables sont à vomir…

Jérôme : Une association française, l’ADMD, Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité milite pour que la loi Leonetti aille jusqu’au suicide assisté pour les personnes souhaitant mourir avant de devenir des légumes. Notre mort nous appartient, l’État n’a pas à intervenir dans le choix individuel, sinon reste plus que l’aller simple en Belgique où le législateur autorise le suicide assisté.

Claustaire : En effet, il n’existe pas de mort indigne. Au lieu de l’ADMD, où je milite depuis des années, j’ai souvent proposé l’ADULT : Association pour le Droit à l’Ultime Liberté (d’en Terminer).

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

7 avril 2020, Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

3 avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

20 février 2020, L’euthanasie en Belgique, facile ?

6 juillet 2018, ADMD, pour le droit de mourir dans la dignité

26 novembre 2008, ADMD versus Axel Kahn

Trop d’humains, extinction des vertébrés

Entre 1970 et 2016, les populations mondiales de vertébrés – oiseaux, poissons, mammifères, amphibiens et reptiles – ont décliné en moyenne de 68 %, révèle le Fonds mondial pour la nature (WWF). L’organisation a publié le 10 septembre 2020 la mise à jour de son « indice planète vivante » (IPV). Les vertébrés représentent moins de 5 % des espèces animales connues, mais sont les mieux étudiés. L’article du MONDE en liste les causes, destruction de près de 90 % des zones humides mondiales depuis 1700, surexploitation des rivières, pollution, changement climatique, système de production alimentaire. La pression démographique humaine sur les milieux n’est pas prise en compte, les commentaires sur lemonde.fr compensent cet oubli fâcheux :

René B. : Il y a une population de vertébrés qui a hélas augmenté : les êtres humains. Et parmi les grands singes ce sont les plus dangereux…

Kiamb : La proportion d’humains a dû croître dans des proportions similaires voire supérieures au déclin des vertébrés. Je suis toujours étonné que ce lien fort entre ces deux phénomènes soit si peu mis au premier plan des causes (et comment y «remédier », ce qui est encore une autre question).

Frog @Kiamb : Votre constat n’a aucune visée d’efficacité : il n’y a pas grand-chose à faire à part attendre que la courbe de population ne redescende. C’était il y a 50 ans, quand on se moquait de la politique de contrôle de natalité des chinois, qu’il fallait faire quelque chose.

Boltzmann : Sur la période 1976-2020, on a donc doublement de la pression humaine sur le monde sauvage. Et comme le niveau de vie a entre temps augmenté (plus de nourriture, part plus importante de viande, existence du gaspillage…), on ne s’en sort pas. Il est écrit dans LE MONDE « Notre système de production alimentaire est l’un des premiers facteurs de changement d’affectation des terres », mais il me semble que ce n’est pas notre système qui pose problème mais notre nombre. Ou plutôt, un système qui allait bien avec deux fois moins d’humains ne convient plus a notre population actuelle.

Rodgeur : Mais puisqu’on vous dit que c’est la Covid la priorité dans le monde. Le reste on s’en fiche. C’est tout. Et puis, est-ce que ça crée du PIB un vertébré autre que l’être humain ? Tout est dans le modèle proie- prédateur. Si le nombre de prédateurs augmente, le nombre de proies diminue. Et comme le nombre d’hommes augmente… Mais à un moment donné, il peut manquer de proies…

démographie dans un dictionnaire (im)pertinent

Rares sont les livres qui abordent la question démographique du côté malthusien. Ainsi ces quelques extraits du « Petit dictionnaire impertinent de la planète  » de Jacques-Rémy Girerd.

Arithmétique : Le nombre d’individus décédés depuis l’aube de l’humanité vient d’atteindre le chiffre record de 100 milliards. Le volume global de cette masse équivaut à 7 milliards de mètres cubes. Comment expliquer alors que la cascade ininterrompue des générations d’Homo sapiens, qui totalise un volume consolidé de 152 millions de mètres cubes, n’a pas été fichu de trouver le moyen de réguler son propre impact démographique sur cette si petite planète autrement que de façon belliqueuse. (p.21)

Décroissance : la décroissance prône la réduction de l’empreinte écologique de chacun. Pour ceux qui veulent pousser le bouchon plus loin, ils peuvent s’appliquer la règle des trois « J », j’évite de prendre ma voiture, j’évite de gaspiller l’eau, j’évite de faire des gosses. (p.37)

Démographie : Nous sommes près de 8 milliards d’êtres humains : trop de bouches à nourrir ! Trop de pots de cheminée ! Trop d’effluents pollués ! Comment aller vers une décroissance démographique soutenable ? Certains pensent que les mesures politiques à adopter sont de nature coercitive. Les détracteurs du malthusianisme crient au totalitarisme. Que faire ? A la manière des gouvernements qui, pour réduire leurs effectifs de la fonction publique, n’ont remplacé qu’un retraité sur deux, on pourrait ne remplacer qu’un décès sur deux. Une diminution par deux à chaque génération. En 900 ans, on arrive générations après générations à réduire significativement la population mondiale. Le dernier stade étant un resserrement à un couple d’individus, un nouvel Adam et une nouvelle Eve. L’humanité pourra alors reparti de zéro et essayer de mieux faire. Providentiel, non ? (p.40)

Planète : La planète Terre est saturée de bipèdes reproducteurs : 10 milliards en 2050, d’après un rapport de l’ONU. Et la croissance démographique n’est pas prête à s’inverser. Cette situation insoutenable va bousculer de façon monumentale l’écosystème planétaire. Alors que faire ? Une réponse salvatrice serait d’expédier une partie de nos congénères sur une autre planète. Dans un premier temps on pourrait y envoyer les plus riches, ceux qui pourront se payer le voyage ! Quant aux sale petits cons infortunés, une formule de charter intergalactique financée grâce à une plate-forme de crowdfunding trouverait sûrement une foule de généreux donateurs. Cosmi-comique, non ? (p.108)

La question démographique au sein d’EELV

Michel S .: La question démographique, abordée frontalement par René Dumont, le premier présidentiable écolo en 1974, semble aujourd’hui largement ignorée par le mouvement écologiste. Voici une synthèse sur Thomas Robert MALTHUS (1766-1834) à la disposition de tous et toutes nos candidat(e)s aux élections… Le terme « malthusien » est entré dans le dictionnaire pour qualifier ceux qui veulent limiter la fécondité humaine pour l’adapter à l’état des ressources naturelles. Cette relation entre population et ressources est à la base du raisonnement des écologistes. Pour en savoir plus, ce lien :

Tout savoir sur le malthusianisme

Jean-Michel G. : Encore une fois, il n’y a de « question démographique » que dans la tête de ceux qui estiment qu’il y en a une. Encore une fois, nous sommes entrés partout, dans tous les pays, dans la transition démographique. Et même un peu trop dans certains d’entre eux, même en Chine ou pour la première fois la population diminue, et il y aurait plutôt un problème de financement des retraites.

Michael L : Pas de question démographique ? Sauf que plus de la moitié des pays recensés ont encore des taux de fécondité supérieurs au taux de renouvellement de la population. Par ailleurs de nombreuses régions sont loin de l’autosuffisance alimentaire et n’ont d’ailleurs aucune chance d’y parvenir. Sans parler d’autres facteurs de bien-être qui nécessitent base industrielle, ressources minières et émissions de CO2.  Il n’y a pas une « question démographique », mais d’ennuyeux paramètres démographiques que l’on doit forcément prendre en compte pour traiter la question plus large de la soutenabilité à l’échelle mondiale. Selon Karl Marx l’histoire de l’humanité se confondait avec celle de la lutte des classes. Mais en fait l’histoire de l’humanité c’est aussi, l’histoire des crises démographiques, de ces moments où la capacité de charge d’un système territorial ne correspond plus à l’essor démographique… Qui osera affirmer que si la population avait cessé de croître à partir des années soixante, nous ne serions pas mieux en mesure d’envisager un futur heureux pour l’humanité ?

Michel W : Autant selon moi les écologistes sont d’accord sur le risque que fait poser l’expansion démographique de l’humanité sur sa survie, autant nous ne savons pas trop quel remède y apporter. Certainement un fort investissement dans la formation des femmes et leur autonomisation devrait avoir des résultats dans ce sens. Mais qui va décider cela ? Et surtout payer pour que cela se mette en place le plus tôt possible ?

Thierry S. : Il existe des pratiques et cultures sexuelles non reproductives très efficaces pour empêcher la croissance démographique si cela vous intéresse. Comme disait le FHAR dans les années 1970, « avec nous, l’héritage c’est foutu ». Mais en réalité, la transition démographique de l’occident est déjà terminée depuis longtemps tandis que les régions du monde les plus pauvres qui continuent à faire plus d’enfants sont les moins polluantes et les moins productrices d’empreinte carbone. Autant je suis pour qu’on promeuve l’homosexualité, l’éducation des filles, la contraception, etc, partout où on peut, autant il faut être conscientEs que ce n’est pas ce qui réglera nos problèmes climatiques et environnementaux. Tuer les plus riches qui vivent dans nos pays me paraîtrait plus efficace car c’est cette minorité de profiteurs et d’exploiteurs qui est la plus grande responsable, et coupable, surtout si on compare avec les pauvres qui font des enfants et à qui on fait la morale.

Françoise A. :Comme dit par Jean Michel G, la transition démographique est, selon le modèle proposé par les géographes et démographes, en passe de se réaliser partout. Pour faire baisser la natalité, bien sûr, l’autonomie des femmes, donc leur éducation, mais aussi une sécurité sociale, une retraite. Mais pour la question climatique, ce sont les plus riches qui émettent le plus de co2, donc la question démographique concerne nos continents, dont les plus riches, et les plus fortunés des autres continents. Le malthusianisme s’il était nécessaire devrait donc les concerner en premier lieu… Compliqué, non ? On a largement de quoi nourrir les milliards d’humains ( même en bio), et permettre des conditions de vie correctes si les ressources n’étaient pas concentrées entre quelques un-es ; et peu de  territoires sont  surpeuplés.

Michel S. : Pour nous écologistes, on peut résumer la situation ainsi : beaucoup trop de paramètres actuels nous indiquent que le niveau de population mondiale a largement dépassé la capacité de la Terre à combler nos besoins actuels. D’ailleurs les migrations internes et internationales (à commencer par l’époque de la colonisation… et elles vont s’amplifier avec le réchauffement climatique) montrent que la planète terre, espace fermé, est saturée d’humains. Cela pose à l’écologie politique un dilemme, soit accompagner une décroissance démographique, soit vouloir maîtriser la décroissance économique, soit agir sur les deux paramètres à la fois. C’est un choix politique à assumer quand on se veut « écologie politique ». Et c’est un acte de foi de croire que l’agriculture biologique peut nourrir des milliards de personnes ; on ne peut échapper à la loi des rendements décroissants en agriculture. Puisqu’on ne peut agir qu’à la marge sur les ressources alimentaires, Malthus en 1798 préférait qu’on agisse de manière volontaire sur la fécondité et non par suite d’épidémies, de guerres ou de famines… Il n’a pas été écouté sauf par de rares politiques comme le présidentiable René Dumont ou l’ex-ministre de l’écologie Yves Cochet. Et notre population connaît structurellement non seulement les inégalités, mais aussi les épidémies, les guerres et les famines. Quant à la transition démographique, elle ne s’opère que si un pays peut se développer. Or la croissance économique est bloquée dans beaucoup trop de pays du tiers monde et la population mondiale connaît encore un doublement tous les 70 ans environ. Quant au financement des retraites, tout dépendra du nombre d’actifs dans l’avenir, et nous sommes partis vers un avenir où le chômage va exploser, même en France. N’oublions pas que ce sont les ressources fossiles qui sont à la base des taux de croissance du PIB et nous allons connaître une inéluctable descente énergétique. La question malthusienne est en lien avec tous les autres paramètres, c’est ce qu’indique par exemple l’équation de Kaya qu’en tant qu’écologistes nous devrions connaître. La situation démographique est toujours plus complexe que ce qu’on peut en dire par échange Internet. Mais il n’y a pas un seul problème qui puisse commencer à se résoudre si la population humaine diminuait.

Que vive La Décroissance en septembre 2020

– Qu’est-ce que la vie à travers un écran qui fait écran ? Pare-brise de bagnole, téléviseur, smartphone, masque chirurgical, même combat pour fuir l’Autre ! Il est des morts vivants et des vivants morts. (Vincent Cheynet, rédacteur en chef de La Décroissance, page 3)

– Dans son essai intitulé « On achève bien les enfants », Fabien Lebrun n’y va pas par quatre chemins : il constate la destruction totale de l’enfant par les écrans. Non seulement ils laminent le psychisme, mais ils ramollissent les corps, de plus en plus passifs. Les écrans éloignent du réel et enferment les esprits dans une bulle virtuelle. (rubrique « lectures » page 9)

– La 5G fait partie de ce phénomène d’accélération qui nous entraîne dans le cauchemar du totalitarisme numérique à la chinoise (rubrique « la saloperie que nous n’achèterons pas)

– Quand on voit le débat et le combat des élus Verts contre le développement de la 5G, on voit bien les dégâts d’une idéologie du déclin et du refus du progrès. Je suis un défenseur de la croissance verte – les deux mot sont importants. (Yves Jego, secrétaire d’État chargé de l’Outre-mer, Le Point du 22 août 2020)

– Le système s’effondre sous les conséquences du fanatisme des croissancistes et ils insultent les décroissants. C’est vraiment la double peine. Ainsi le premier ministre Jean Castex : « L’écologie est-elle une priorité ? La réponse est clairement oui. La netteté de cette réponse a été retardée par les tenants d’une écologie décroissante et moralisatrice, voire sectaire qui continue de desservir la cause. (Ouest-France, 27 juillet 2020)« 

– L’ambition écologique du premier ministre est affichée, mais comme un levier de réindustrialisation, pas comme un marteau de la décroissance. (éditorial du Figaro, 16 juillet 2020)

– N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un mari ou un patron -, sa justification est toujours la même : cette domination est faite pour le bien du dominé. (citation de Chomski)

– La promotion régulière de la maternité de substitution s’inscrit dans cette tendance, hélas trop durable, qui veut faire croire que les femmes choisissent librement, par « plaisir », des activités qui ont représenté pendant des siècles la raison de leur domination. (Ana-Luana Stoicea-Deram)

– La vérité n’intéresse plus personne. A savoir que les États ne sont pas maîtres de la valeur de l’argent. Pour que celle-ci ne se détériore pas, toute dette doit financer une production de richesses marchandes pour une valeur équivalente… Tôt ou tard, la faillite universelle est le bel avenir de la dette perpétuelle. Ses experts se passeront sans problème de mes félicitations. (Denis Baba page 11)

– Je pense qu’une fois que vous couchez avec ces gens dont l’objectif est le profit, ce ne sont pas eux qui changent, mais vous. Nous n’avons pas d’autre choix que d’affronter l’effondrement en préparant un atterrissage en douceur. (Jeff Gibbs, réalisateur du documentaire Planet of the Humans)

– Quand j’étais adolescente, je me lavais avec une bassine, en utilisant l’eau que je faisais chauffer sur le poêle. Il n’y avait pas de salle de bain. On vivait du jardin et des produits de la ferme… Si on a une carte bleue assez alimentée et qu’on peut acheter ce qu’on veut immédiatement, on n’a plus en tête la valeurs des choses. (Danielle, rubrique « Simplicité volontaire »)

– « La science trouve, l’industrie applique, l’homme se conforme » : telle était la devise de l’Exposition universelle de Chicago en 1933. Ainsi les lois de la bioéthique sont régulièrement révisées pour adapter l’homme et la société aux évolutions techno-scientifiques ? (introduction de l’interview de Jacques Testart page 8)

(extraits du mensuel La Décroissance de septembre 2020)

Homo sapiens prolifique, anomalie biologique

Notre espèce est génétiquement très proche des chimpanzés mais son écologie est aberrante pour un primate. Raymond Dart, découvreur en 1924 des australopithèques, considérait la prédation comme le moteur de l’évolution humaine. Sa thèse paraissait iconoclaste à l’époque, elle n’était que trop vraie. Les paléoanthropologues viennent de se rendre compte qu’à la différence des autres membres de leur famille généralement arboricoles et frugivores, l’écologie de nos ancêtres les rapprochaient des chasseurs coopératifs de gros gibier comme les canidés sociaux ! Au début de cette aventure qui dure depuis 7,5 millions d’années, les australopithèques ont vécu de végétaux, insectes, petits vertébrés ainsi que des restes de proies des grands carnivores. Les divers types d’humains qui leur ont succédé sont parvenus à abattre des proies bien plus grandes qu’eux et à s’adapter à presque tous les milieux, sortant d’Afrique pour coloniser toute la planète. Ils vivaient en bandes coordonnées comme leurs rivaux (lions, hyènes, lycaons) dont ils n’étaient plus les proies, mais ils s’en distinguaient par leur absence de griffes et de crocs qu’ils ont remplacés par des armes qu’ils tenaient entre leurs mains libérées des branches. Cette capacité d’innovation est devenue la clef de la survie de ce groupe. Par une sélection darwinienne classique, cette inventivité s’est développée parallèlement avec la taille du cerveau dont le volume a triplé au cours des derniers 2,5 millions d’années d’évolution de notre famille. De tous nos ancêtres, il ne reste qu’Homo sapiens, apparu il y a 300 000 ans, alors qu’il existait sur Terre 4 ou 5 hommes différents il y a encore 40 000 ans.

Les fouilles et les derniers chasseurs-cueilleurs encore vivants ont montré que les groupes familiaux étaient constitués de quelques dizaines d’individus qui habitaient dans des abris temporaires qu’ils devaient quitter au bout de quelques semaines quand les ressources naturelles se faisaient rares. Ces clans étaient nomades et parcouraient un immense domaine vital revenant au bout de plusieurs mois dans les mêmes lieux qu’ils connaissaient bien et où flore et faune s’étaient entre-temps renouvelées. Ce mode d’exploitation des ressources naturelles était donc – à l’identique avec les autres espèces animales – nécessairement en équilibre avec l’environnement. Mais vers -10 000 ans, la révolution néolithique bouleverse cet équilibre. Des animaux sont élevés autour des habitats devenus permanents et l’agriculture, avec trois fois plus de travail, permet d’obtenir du sol beaucoup de nourriture. Plus d’enfants peuvent être élevés avec une fréquence rapprochée puisqu’ils sont moins dépendants de leur mère pouvant être facilement nourris par le lait des ovins et les bouillies de céréales. Au mieux, la stratégie démographique bascule d’un enfant tous les quatre ans (comme chez les grands singes) à un enfant par an… Les populations se multiplient et passent de milliers d’hommes à des millions puis des milliards, entraînant des migrations et la colonisation de l’ensemble de la planète. Nous parvenons au terme de ce processus qui s’apparente à une fuite en avant puisque l’espace se rétrécit pour les hommes (et encore plus pour les animaux sauvages) : 1 habitant pour 3 300 ha au paléolithique, 1 pour 1 000 ha au mésolithique, 1 pour 100 ha au Néolithique, 1 pour 10 ha à l’âge du fer et 1 pour 2 ha à l’époque actuelle.

Peut-on interpréter les guerres civiles, les attentats et les obscurantismes comme des comportements pathologiques, ainsi qu’on les observe dans les élevages de souris en surdensité ? Jusqu’à quelle limite notre capacité d’adaptation supportera-t-elle l’entassement urbain, le réchauffement et les catastrophes climatiques, les famines, le remplacement des faunes sauvages par les animaux domestiques, la sixième extinction de la biodiversité, les pollutions croissantes ?

Jean-Baptiste Lamarck, le précurseur de Darwin, est un des rares biologistes à avoir ainsi posé le problème de l’homme : « L’homme, par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant à jouir de tout ce qui est à sa disposition, en un mot, par son insouciance pour l’avenir et pour ses semblables, semble travailler à l’anéantissement de ses moyens de conservation et à la destruction même de sa propre espèce… En négligeant toujours les conseils de l’expérience, pour s’abandonner à ses passions, il est perpétuellement en guerre avec ses semblables, les détruit de toutes parts et sous tous prétextes ; en sorte qu’on voit des populations, autrefois fort grandes, s’appauvrir de plus en plus. On dirait qu’il est destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable ».

Pierre Jouventin

CLIMAT, arrêtons de faire trop de gosses

Diminuer sa consommation de viande, éviter l’avion, renoncer à une voiture… autant de mesures individuelles pour réduire son empreinte carbone. Mais le changement de comportement le plus efficace reste encore de faire moins d’enfants. Un bébé pèserait en effet 58 tonnes de CO2 par an, tandis que le cumul d’un régime végétarien (en moyenne 0,8 tonne par an), de l’arrêt des voyages en avion (1,6 tonne) et de l’usage d’une voiture (2,4 tonnes) permettrait d’économiser au total 4,8 tonnes par an. Les commentaires vont bon train sur lemonde.fr, nous donnons en prime référencement de nos articles sur la nulliparité.

Eymeric L : Cette réflexion de ne pas avoir d’enfant pour des raisons écologiques, nous l’avons eu avec ma compagne il y a 10 ans. Au final, nous décidons d’en avoir un, et un seul, malgré mes convictions collapsologues car l’existence mérité d’être vécue, que celle-ci dure 10 ans ou 90 ans et sa vie sera riche malgré le côté funeste du monde qui vient. A 37° l’homme est en bonne santé, à 39° il est malade, à 41° il est mort. Appliqué cela aux autres formes de vie, pour la température de la planète, et vous aurez compris qu’elle est malade en beaucoup d’endroit, et que le scénario “business as usual” nous tuera.

Adrienne : Il faut que l’État encourage ce mouvement malthusien en supprimant les allocations familiales natalistes résultant encore du contexte de 1945 où on avait besoin de « bras » pour reconstruire le pays. Une allocation serait versée dès le 1er enfant sans augmentation au 2ème et supprimée en cas de 3ème naissance ; bénéfice collatéral, on réduirait drastiquement l’attrait du pays pour l’immigration illégale.On espère que les ressortissants des pays où la natalité est plutôt de 3 enfants par femme s’en inspirent. L’argument du financement des retraites ne tient plus : il n’y aura plus de travail pour toute la population en âge d’être active !

Margotdubreuil : Ne pas avoir d’enfant par souci écologique ??? Alors demandez aux Indiens, Africains, etc. de faire de même !

XXX @ Margot : Vu la différence de poids écologique entre un français et un indien, il vaut largement mieux qu’une française décide d’avoir un enfant de moins plutôt qu’une indienne.

Dujour : 30 millions de chats et chiens en France, cheptel en croissance, ce qui ne gêne personne, mais les bébés eux ne sont pas écolo. Ne pas vouloir d’enfant est tout à fait respectable mais pas sous ce motif bidon…

Yves-Jean @ Dujour : J’ai bien peur que votre commentaire ne soit pas une blague. Vous n’êtes pas le seul à pointer la responsabilité des chats et chiens. Mais si on compare le bilan carbone des animaux et de leurs maîtres, il n’a pas photo. Ce n’est pas le chien qui s’achète une ou deux bagnoles, voyage régulièrement en avion, consomme du bœuf à gogo et pollue la planète avec les plastiques. Tout au plus peut on pointer l’industrie des pet food, mais qui recycle les bas morceaux dont les humains ne veulent pas. Quant aux chats et leur pression de prédation extrême sur les oiseaux, il y a une vraie prise de conscience de leur surnombre : beaucoup en parlent au contraire.

Zvilevy : ben oui faut diminuer la population! mais alors pourquoi accueillir les migrants. est-ce qu’ils sont moins nombreux que ces enfants qu’on ne fait pas?

Foruminator : Le raisonnement écologique qui pousse certains à ne pas vouloir d’enfant semble d’une logique implacable. Pourtant non, il recèle une contradiction : pourquoi ces gens ne se suicident-ils pas ? vivre, c’est polluer, n’est-ce pas ?

Nicoleta @ Foruminator : Ils ne disent pas qu’on devrait mourir le plus tôt possible, mais contrôler les naissances. Si l’on est vivant, le mal a été déjà fait, alors essayons de vivre. D’ailleurs, le suicide affecterait les proches, ça ne serait pas juste de leur infliger une telle souffrance. Mais donner naissance à quelqu’un (qui n’a rien demandé!) c’est autre chose et le refus de la parentalité n’affecte personne, à part ceux qui prennent cette décision.

Philippe26 : Et l’adoption dans tout ca ne serait-elle pas le meilleur des mondes entre préservation de la planète, réponse a un besoin de parenté, et acte social? J’aurai aimé que l’article l’évoque.

rem theo : La planète est foutue, quel intérêt de faire vivre à un gosse l’enfer d’un monde non vivable avec des guerres qui vont apparaître pour avoir de l’eau et survivre.

Pour en savoir plus, Nullipares, childfree, les personnes sans enfants

17 août 2020, Gisèle Halimi, maternité n’est pas obligée

8 mars 2020, Écoféminisme et question démographique

23 octobre 2019, Faut pas rêver de devenir maman !

2 juin 2019, Conférence-débat sur la Décroissance démographique

29 décembre 2018, Faire moins d’enfants, c’est le geste écolo primordial

28 décembre 2018, pas de PMA, pas de GPA, pas d’enfant !

29 décembre 2016, Féminisme, sensibilité écologique et refus de maternité

29 octobre 2014, Une forte natalité française qu’il nous faut enrayer

21 juillet 2014, No kid, ces femmes qui ne veulent pas avoir d’enfant

4 juillet 2014, Permis de procréer, à égalité avec permis de conduire ?

24 avril 2008, oui à la nulliparité

Newsletter de Démographie Responsable

Nous serons présents à la prochaine Foire Echobio de Monbéliard, les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2020. N’hésitez pas à venir visiter ce salon. Un peu plus tard, nous devrions tenir un stand au Salon Marjolaine à Paris – Vincennes du 7 au 15 novembre 2020. Les évolutions de la législation sanitaire laissent encore planer quelques incertitudes. Nous vous confirmerons aussi vite que possible la tenue de cette manifestation qui constitue le principal salon écologique de France en terme de fréquentation. Notre président, Denis Garnier, y donnera une conférence sur le thème : « Épidémies et démographie ».

 Nous avons le plaisir d’accueillir Monsieur François Ramade parmi nos membres d’honneur. François Ramade est un scientifique très réputé, spécialiste de l’éco-toxicologie et auteur d’un grand nombre d’ouvrages qui font référence. Il a également traité dans plusieurs livres scientifiques l’état de la démographie mondiale et l’incontournable urgence  de stopper au plus vite la prolifération humaine pour amorcer un déclin qui permettrait de mettre en adéquation les effectifs humains et la pérennité de la biosphère. C’est notamment le cas de la première édition de son ouvrage « Ecologie appliquée » ( Décembre 1973). Il a récemment développé cette question dans son dernier ouvrage « Introduction à l’ Écologie de la conservation; la protection de la nature pour une Humanité durable » ( 725 p. , 330 figures), publié en fin janvier 2020 par Lavoisier Tec&Doc. François Ramade est aussi membre depuis 1973 du Population Référence Bureau de Washington qui est une ONG consacrée à l’étude de l’état de la démographie mondiale et des mesures mises en œuvre pour la stabiliser. Cette ONG publie un remarquable ensemble de statistiques démographiques (la World population Data Sheet) que notre association utilise fréquemment).

 Les initiatives et réalisations de nos adhérents

Jean-Michel Favrot a réalisé le site Co-locaterre, l’impasse évolutive, Très clair et bien conçu, ce site évoque les différents défis auxquels la biosphère est confrontée et accorde évidemment une très large place à la question démographique. Il est possible d’écrire à l’auteur et d’échanger avec lui sur tous ces sujets via une page contact. Jean-Michel Favrot termine actuellement la rédaction d’un ouvrage sur ce thème, nous vous tiendrons au courant de sa parution.

Michel Sourrouille anime le blog Biosphère Info et le site de documentation des écologistes Biosphère Ouvaton. Il vient de publier sur son blog un ensemble très complet d’articles consacrés à l’œuvre de Thomas Malthus où il rappelle en quoi cet économiste a été précurseur et combien nombre des reproches qui lui sont encore aujourd’hui adressés sont infondés. Il présente ainsi ces articles : « Il faut bien connaître MALTHUS avant d’oser le critiquer. En effet Thomas Robert MALTHUS (1766-1834) peut être considéré non seulement comme l’analyste le plus perspicace de la problématique démographique, mais aussi comme un précurseur de l’écologie. Le terme « malthusien » est entré dans le dictionnaire pour qualifier ceux qui veulent limiter la fécondité humaine pour l’adapter à l’état des ressources naturelles. Cette relation entre population et ressources est à la base du raisonnement des écologistes… » Il est à noter que cette série d’articles provient d’un livre sur Malthus qu’une société d’édition, se revendiquant pourtant des mouvements décroissants, a refusé de publier. Cela illustre le caractère toujours très sensible de la question (voir à ce sujet: Malthus, considérations de Serge Latouche).

Vous trouverez via ce lien la liste de l’ensemble des articles de cette série . Le même site propose également plusieurs extraits de l’œuvre de Malthus (voir sur ce lien). Par ailleurs, Michel Sourrouille fera paraître en novembre prochain, aux éditions Kiwi, un nouvel ouvrage : « Arrêtons de faire des gosses, la surpopulation nous mène à notre perte ».  Il est possible de pré-commander l’ouvrage ici (couverture en PJ).

Martin Rott prépare une série de conférences sur le thème « Ecologie et Démographie ».

 Sondage et amélioration du site

Nous avons récemment amélioré notre site internet en présentant de façon plus évidente les grandes lignes de nos motivations et de nos engagements. Nous avons également rendu plus clair l’accès aux différents chapitres. Par ailleurs nous avons lancé un sondage pour que chacun puisse donner son avis et nous suggérer d’autres améliorations, n’hésitez pas à y répondre.

CLIMAT : « Comment saboter un pipeline »

Le titre du livre d’ Andreas Malm interpelle, parler de sabotage à une époque où le terrorisme est omniprésent dans les médias fait peur. Mais l’auteur, un Suédois à la fois maître de conférences en géographie humaine et activiste écologiste, se réfère aux luttes de libération en montrant que la non-violence absolue n’a jamais abouti à renverser un système bien installé. Même les suffragettes à partir de 1903, après des décennies sans obtenir le droit de vote, ont cassé des vitres, mis le feu à diverses cibles dans le pays, etc. Andreas Malm récuse l’usage de la violence contre les personnes, mais tout son livre tend à montrer que le sabotage devient parfois une nécessité. Il pense que le mouvement pour le climat s’est largement appuyé sur un pacifisme « pieux ». Mais quand le monde est en feu, l’assentiment de l’opinion publique à la destruction des biens qui causent l’incendie augmentera. Dans un contexte où la collapsologie montre que nous courons au désastre, il faudrait d’urgence neutraliser ce qui nous y conduit ou, un jour ou l’autre, nous finirons carbonisés. Il ose : « La dégradation de clôtures (d’une centrale à charbon) pourrait bien apparaître un jour comme un délit très mineur (page 185). »

Bien documenté sur les luttes passées et présentes, ce livre s’interroge sur les différentes conceptions de la « non-violence ». Aujourd’hui les machines de l’économie fossile constituent le problème, les tactiques les plus douces n’ont mené à rien, et rien ne semble justifier l’intégrité physique des dispositifs émetteurs de CO2. A six degré d’augmentation de la température moyenne, l’envie de faire sauter des pipelines pourrait bien être à peu près universelle dans ce qu’il restera d’humanité. Sauf que ce sera trop tard. Agir radicalement contre les biens nuisibles aujourd’hui, c’est donc faire preuve de contre-violence face à la violence de la société thermo-industrielle. Est-ce encore de la non-violence ? Andreas Malm le pense, tout en écrivant qu’il faut faire très attention : « L’extrémisme peut parfois rendre un mouvement si déplaisant qu’il le prive de toute influence (page 152) ».

La Fabrique édition, 2020 (titre original : How to blow up a pipeline (2020)

recension de Michel Sourrouille initialement parue sur le site des JNE

CLIMAT, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ?

Pablo Servigne, collapsologue : Je répondrais comme Théodore Monod lorsqu’on lui demandait pourquoi il manifestait et à quoi ça servait. « Oui, je sais, disait-il, cela ne sert à rien, mais je ne peux pas ne pas être là. » Manifester, cela montre que l’on n’est pas seul, que la question pour laquelle on marche est importante, c’est le début de quelque chose.

Arthur Keller, expert des stratégies de résilience : Faire des marches pour le climat ce n’est pas inutile, mais ça ne suffit pas. L’approche n’est pas suffisamment systémique. Admettons que 2,4 millions de personnes se mobilisent, que feraient-ils ? Elles réclameraient un changement. Lequel ! N’entretenons pas d’idées naïves sur les conditions de faisabilité d’une bascule sociétale. Il faut se mobiliser pour de bon, s’impliquer physiquement. Je pense à une Résistance en référence ouverte aux mouvements clandestins qui se sont opposés à l’occupation allemande durant la seconde guerre mondiale. Ce n’était pas des démarches violentes, mais au contraire des réactions face à un système d’une violence physique, idéologique et socio-économique inouïe.

Yves Cochet, politicien et effondriste : Je suis prêt à aller jusqu’à la désobéissance civile tant qu’elle n’augmente pas la souffrance des personnes et des êtres vivants. J’ai fait Mai 68, alors user du matériel inanimé sur lequel je peux, par exemple, avoir une action négative, pourquoi pas. Les barricades, je connais.

Nicolas Hulot, lanceur d’alerte : Je ne sais pas jusqu’où je suis prêt à aller, j’ai l’impression d’avoir déjà tout essayé. J’ai souvent cette tentation de me dire que j’ai fait ma part et que maintenant je peux m’occuper de ma famille. Avec ma fondation j’aide les gens sur des projets locaux. Mais je n’ai plus l’énergie nécessaire pour prendre la tête d’un grand projet. Et peut-être que je n’ai pas la force parce que je me dis que c’est trop tard.

Jean Jouzel, climatologue et membre du GIEC : Mon engagement personnel de scientifique reste un engagement de chercheur. La judiciarisation est une voie à suivre, une manière de maintenir la pression. Je ne suis pas pour l’action violente.

Isabelle Attard, anarchiste et écolo : Pour combattre les responsable du désastre, je suis prête à aller jusqu’au sabotage, bloquer une usine… mais en faisant en sorte de n’atteindre ni les hommes ni les animaux. Il faut nommer, dénoncer les responsables et combattre. Je veux édifier un collectif tel que le conçoit l’idéologie du municipalisme libertaire de Murray Bookchin.

Derrick Jensen, activiste écologiste : J’ai voué ma vie à sauver ce qui peut l’être encore. J’y pense constamment, j’y travaille, j’agis. Jusqu’où je suis prêt à aller ? Apparemment, je suis prêt à détruire ma carrière, qui aurait pu être bien différente. A chacun de mes nouveaux livres, je détruis ma réputation. Je m’en moque, ma loyauté est avec la vérité, la planète. J’ai aidé à créer une organisation, Deep Green Resistance, dont l’objectif est le démantèlement de la civilisation.

Source : « L’effondrement de l’empire humain », édition rue de l’échiquier, août 2020

L’effondrement actuel de l’empire humain

Pablo Servigne : dans l’univers d’un élevage de dindes, tout va pour le mieux dans le meilleur des monde, l’éleveur vient tous les jours donner des graines et il fait toujours chaud. Les dindes vivent dans un monde de croissance et d’abondance… jusqu’à la veille de Noël ! S’il y avait une dinde statisticienne spécialiste de la gestion des risques, le 23 décembre elle dirait à ses congénères qu’il n’y avait aucun souci à se faire pour l’avenir…

Jean Jouzel : pas besoin de faire du catastrophisme, la situation est catastrophique. Je le répète, on n’est plus dans le futur : ce sont les enfants d’aujourd’hui, ceux des cours d’école, qui pourraient subir ces étés à 50°C.

Nicolas Hulot : on est en train de perdre la guerre sur le climat, on va le payer plein pot et nos démocraties vont s’e-ffon-drer.

Yves Cochet : par effondrement, j’entends un phénomène démographique qui verrait environ la moitié de la population mondiale disparaître en moins de dix ans… et dans les autres domaines de la vie, l’ampleur du bouleversement serait du même ordre.

Vincent Mignerot : l’acceptation que nous ne sommes pas tout-puissants me semble prioritaire. Nous devons déconstruire cette illusion en tenant compte des limites physiques de notre planète. Cela me paraît essentiel afin de réduire la souffrance et les crispations dans un monde qui va devenir de plus en plus contraint, quoi qu’il arrive.

Derrick Jensen : Que feriez-vous si des extraterrestres avaient envahi la planète, vidaient les océans, rasaient les forêt naturelles, modifiaient le climat, contaminaient le lait maternel et la chair de tous ainsi que la vôtre ? A que point la situation devrait-elle empirer avant que vous ne vous décidiez à arrêter ceux qui détruisent la planète, qui tuent ceux que vous aimez, et qui vous tuent, vous ?

Nicolas Casaux : contrairement à ce que prétend la doxa, l’effondrement de la civilisation serait une bonne chose.

Carolyn Baker : ce qui me fascine, ce n’est pas tant l’engloutissement de l’humanité dans les ténèbres, mais le type de culture que nous allons construire à partir des décombres de celle-ci.

Source : citations en exergue de chaque interview dans le livre « L’effondrement de l’empire humain », édition rue de l’échiquier, août 2020