biosphere

ITER, symbole de la croyance technologique

Un article dithyrambique, « Au cœur du chantier ITER, qui va tenter de maîtriser la fusion nucléaire à l’œuvre dans les étoiles ». LE MONDE du 2 juillet verse dans la technolâtrie : « L’aimant supraconducteur circulaire dit « de champ poloïdal », en provenance de Chine, de 10 m de diamètre et d’une masse de 400 tonne, arrive à Cadarache… Le coût total de ce projet international est estimé à 18 milliards d’euros… L’enjeu d’ITER (acronyme anglais de Réacteur thermonucléaire expérimental international et qui signifie « le chemin » en latin) : « Démontrer, dans la machine expérimentale que nous fabriquons, notre capacité scientifique et technologique à maîtriser la fusion des noyaux d’hydrogène, la même qui est à l’œuvre dans le Soleil et les étoiles. »… Température du plasma : 150 millions de °C, soit dix fois plus qu’au centre du Soleil… Les aimants supraconducteurs devront être refroidis à la température proche du vide interstellaire, soit – 269 °C… Un gramme d’hydrogène libère autant d’énergie que huit tonnes de pétrole… Pas de risque d’accident majeur, pas de déchets de haute activité à vie longue.. Ce serait une source d’énergie non carbonée et respectueuse de l’environnement… Dans le contexte de réchauffement climatique, de demande énergétique croissante et de recours de moins en moins viable aux ressources fossiles, la maîtrise de l’énergie des étoiles serait une très bonne nouvelle pour le devenir de la planète et de ses habitants. »

Les commentaires sur lemonde.fr ne font pas dans la dentelle :

VincentB : Très beau publi-reportage. Mais j’ai lu des articles bien moins élogieux sur ITER. Désengagements financiers qui conduisent à un allongement des délais de construction, choix d’autres pistes technologiques aux Etats-Unis… Cela fait des décennies que les promesses de la fusion sont reportées à la prochaine génération. La question est de savoir si la terre aura pris feu avant la production du premier kwh « fusionné ».

Archisauvage : Il est dommage que cet article du MONDE ne donne la parole aux nombreux scientifiques qui considèrent que cette voie est une impasse. Contrairement à ce qui est avancé, cette technologie n’est pas dans danger quand on sait que 2 kg de tritium vont être utilisés. Les dizaines de milliards injectés dans ce laboratoire (ITER ne produira jamais d’électricité) pourraient être mis à profit pour d’autres types de recherche, notamment en vue du stockage de l’électricité renouvelable.

Toto le Rigolo : C’est formidable, le génie humain n’a pas de limites ! Merci à tous ces scientifiques qui travaillent pour le bien de l’humanité

Piérick : Euh… On fait comment pour neutraliser les flux de… neutrons ?! Et, aussi, on fait comment avec la fameuse instabilité MHD de Velikov… ?! Pour info, aucun prototype en amont n’a été en mesure de résoudre ces deux « problèmes » cruciaux…

Invisio : Toujours plus gros, toujours plus cher, toujours plus compliqués, toujours plus longs à construirs. Générations après générations, les takomaks ont vu leur coût décupler, aujourd’hui il faut 35 pays très riches pour en financer un seul, et 25 ans pour le construire. Sachant qu’il ne seront opérationnels que dans minimum 2 générations, comment pourra t’on en construire un peu partout dans le monde pour répondre à la demande énergétique? C’est une très belle machine pour la recherche, mais l’équation de rentabilité semble impossible à résoudre.

Corentin : Sinon il y a un truc qui fait la même chose mais avec de quoi fournir en une heure de temps la puissance nécessaire à alimenter toute la planète pour une année, le tout sans aucun risque ni matériaux contaminés et pour un prix bien moins élevé : le soleil 🙂

Petit Pierre : La maîtrise de la fusion nucléaire de l’hydrogène pose des problèmes techniques considérables, résistance des matériaux, extraction de l’énergie etc.. L’ancien directeur d’ITER montrait l’évolution du projet jusqu’en 2100.. où peut-être on pourra avoir une production d’énergie supérieure à l’énergie que l’on met dans le tokamak pour qu’il fonctionne. Entre temps le réchauffement climatique aura fait son chemin, et ITER sera toujours un projet d’avenir, alors que l’énergie solaire qui vient de la fusion nucléaire du soleil est déjà là, disponible.

Tartifliste : Peut être est-ce séduisant pour la planète de générer de l’énergie en quantité, sans risque et sans pollution… Sauf que si la technologie tient ses promesses et est économiquement viable et concurrentielle, alors on produira plus d’énergie, donc on consommera plus d’énergie… pour faire des tas de choses qui n’iront probablement pas améliorer le triste sort de la planète !

Michel SOURROUILLE : On oublie trop souvent de dire que la vocation d’ITER n’est pas de produire de l’électricité, mais d’établir la faisabilité scientifique et technique de la fusion thermonucléaire. C’est un message biblique, demain le paradis sera notre destin. La technoscience et ses technophiles veulent nous faire croire qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir, après-demain l’innovation trouvera la pierre philosophale : la preuve, elle cherche ! Entre 2025 et 2035 pourrait être construit un prototype électrogène. Et ce n’est pas avant 2050, avec la première génération de réacteurs industriels qui n’est encore qu’une promesse, que l’on saura si le rêve n’était pas un cauchemar !! La Biosphère n’a pas besoin qu’on tripatouille ses atomes. L’espèce homo sapiens (homo demens) ferait mieux de lancer une grande campagne de méditation sur la vanité de la société thermo-industrielle.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

2 mai 2007, la technique est le problème, pas la solution

4 mai 2016, ITER, Sarkozy ne sait même pas ce que c’est

17 mars 2019, Nucléaire, des risques sans alternative nucléaire

Biosphere-Info, un consensus sur le climat

Notre synthèse « Biosphere-Info » paraît le premier de chaque mois. Pour la recevoir gratuitement par mail, il suffit de contacter biosphere@ouvaton.org

Bilan de la CONVENTION CITOYENNE

Durant neuf mois, 150 citoyen.e.s ont réfléchi dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Nous avons suivi attentivement leurs travaux. Voici d’abord la synthèse de leur rapport de 600 pages présentées par les citoyens et citoyennes réunis dans cet exerce salutaire de démocratie participative. En résumé : « Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique… La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. » Suivent des extraits de nos articles antérieurs sur le blog biosphere. Merci de votre attention, bonne lecture.

Validité de la convention (en introduction) : « Citoyennes et citoyens de toutes origines et professions, nous sommes représentatifs de la société ; nous avons été sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans nous être portés volontaires préalablement. Nous ne sommes pas des experts, la convention citoyenne reconnaît la capacité des citoyens moyens de s’exprimer sur un sujet d’avenir majeur. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre [(GES)] d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Si nous ne rattrapons pas le retard pris, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables, du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides. C’est une question de vie ou de mort ! »

Rupture civilisationnelle (en conclusion) : « Nous ne sommes pas en compétition avec les élus ou les autres acteurs de la société française : nous devons tous changer nos comportements en profondeur pour laisser à nos enfants et petits-enfants une planète viable. L’urgence climatique nous impose des décisions difficiles mais indispensables . Il apparaît inévitable de revoir nos modes de vie, nos manières de consommer, de produire et de travailler, de nous déplacer, de nous loger et de nous nourrir. Nous, les 150 citoyennes et citoyens, sommes conscients que les mesures que nous préconisons peuvent être difficiles à comprendre et parfois à accepter pour tous ceux qui verront leur métier disparaître et devront se réorienter, et qu’elles impliquent de nouvelles contraintes pour tous les Français. La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. Pour autant, il est vraisemblable qu’elles soient encore insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduction de 40 % des émissions de GES et maintenir l’augmentation de la température de la terre en deçà de 2 degrés. Nous pensons donc important que nos concitoyennes et concitoyens se saisissent de tous les sujets que nous avons travaillés pendant neuf mois avec le souci constant de l’intérêt commun..

Nous considérons que la réussite de cette convention dépendra en grande partie du respect par l’exécutif de son engagement à transmettre nos propositions « sans filtre », c’est-à-dire dire sans être reformulées ni adaptées, mais également de leur prise en compte par le pouvoir législatif. Nous attendons des pouvoirs publics une prise en compte immédiate de nos propositions permettant une accélération de la transition écologique, notamment en faisant du climat la priorité des politiques publiques, en évaluant les résultats et en sanctionnant les écarts. Nous invitons les acteurs économiques à mener une action plus volontariste en faveur de la transition écologique, repensant en profondeur nos modes de production et de consommation, et favoriser une meilleure distribution des richesses. Les référendums sur la Constitution et la reconnaissance du crime d’écocide que nous demandons permettront à tous les Français de prendre conscience, comme nous l’avons fait, des enjeux et des dangers du réchauffement climatique, et d’une sixième extinction de masse, de débattre et de s’approprier la transformation de la société qu’impliquent nos mesures. »

Articles antérieurs

30 juin 2020, Macron répond à la Convention pour le Climat

Macron : « Vous (la convention citoyenne) proposez un projet humaniste et tout ce que nous (le gouvernement) sommes en train de faire pour l’environnement, c’est non pas parce que nous mettons la nature au-dessus de nous, mais parce que nous considérons que défendre les droits de la nature est un de nos devoirs en tant qu’homme au sens générique du terme. C’est pourquoi il est essentiel de le mettre au bon niveau, mais de ne pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains parce que je crois que ce n’est pas cohérent avec le projet et la philosophie des Lumières qui portent notre République…« 

29 juin 2020, Le colibri inspire la convention citoyenne

La convention citoyenne pour le climat vient de rendre publiques ses propositions. Aucune ne prône le maintien du statu quo thermo-industriel, voici quelques propositions iconoclastes qu’ils ont votées : « réduire la vitesse sur les autoroutes de 130 à 110 km/h, limiter les déplacements des salariés et des fonctionnaires. renforcer l’écocontribution kilométrique du transport aérien, interdire les terrasses chauffées,et l’éclairage des magasins la nuit,interdire la construction de nouveaux aéroports et l’extension de ceux existants, obliger le changement des chaudières au fioul et à charbon d’ici à 2030, renoncer à la climatisation en deçà de 30 °C, tous les produits manufacturés vendus en France devront pouvoir être réparés, plastiques à usage unique supprimés dès 2023, deux repas végétariens par semaine dans la restauration collective à partir de 2025, légiférer sur le crime d’écocide. »…

22 juin 2020, Climat, pour ou contre la Convention des 150

Editorial du MONDE, en bref : « La conclusion des travaux de la convention citoyenne sur le climat apparaît prometteuse. Il n’était pas écrit d’avance que 150 citoyens tirés au sort parviennent à formuler des propositions précises visant à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 « dans un esprit de justice sociale ». La démocratie participative peut être l’une des réponses convaincantes à la crise de la représentativité, à condition que la réponse du président de la République soit, maintenant, à la hauteur. En 2007, le Grenelle de l’environnement avait soulevé un grand espoir avant d’accoucher d’une souris après la crise de 2008. Cette fois, il n’y a plus le choix : l’urgence climatique est telle qu’il faut agir vite et fort. Mais deux sujets essentiels ont été éludés, le sort de la taxe carbone et la part du nucléaire dans le mix énergétique... »

15 juin 2020, Une démocratie véritable par tirage au sort

Il est possible d’impliquer des citoyens ordinaires sur des enjeux politiques complexes à un niveau national, c’est ce que démontre la convention citoyenne pour le climat. Le recours à des panels de citoyens désignés par le hasard fait un retour significatif dans les démocraties libérales. Cette démarche rompt avec une théorie politique fondée sur l’élection comme mode de désignation légitime des représentants. Elle s’inscrit dans une ancienne tradition. Au IVe siècle avant J.-C.  était selon la formule d’Aristote « considéré comme démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort et comme oligarchique qu’elles soient électives »…

2 juin 2020 Convention citoyenne CLIMAT, pschittt…

Les 150 tirés au sort de la convention citoyenne pour le climat ont longuement débattu en visioconférence les 30 mai et 31 mai 2020 : près de 150 propositions visant à « changer en profondeur la société ». Il n’était pas facile de se mettre d’accord ! Alors on vote, on élague, et on oublie toute virulence. Les 19, 20 et 21 juin, cette convention présentera à l’exécutif un document final dont on connaît déjà le résultat final : tout ce qu’ils diront a déjà été dit et presque jamais mis en application…

9 mars 2020, acte 6, sauver le climat avec 150 citoyens ?

150 Français tirés au sort ont débattu du 6 au 8 mars 2020 de cent cinquante propositions destinées à « changer en profondeur la société ». Ces lycéens, médecins, sapeurs-pompiers ou agriculteurs, âgés de 16 à 81 ans et originaires de toutes les régions françaises, ont auditionné plus d’un centaine d’experts, lu des dizaines de rapports, et poursuivi leurs travaux entre les sessions, en participant à des webinaires (« séminaires par Internet »). Les antagonismes ont été particulièrement vifs sur la question de la réduction de la vitesse sur les autoroutes, de l’évolution des régimes alimentaires, de la taxation des entreprises…

12 février 2020, Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5

Cinquième week-end de travail des 150 membres de la Convention citoyenne pour la transition écologique*. Voici quelques les propositions des groupes de travail thématiques (30 personnes) : 1) se loger, lutter contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain, rénover énergétiquement tout le parc immobilier, inciter à ne pas dépasser une température de 19 °C dans les bâtiments… 2) se déplacer, limiter les émissions polluantes du secteur aérien et l’impact carbone du numérique, encourager l’usage du vélo et des transports en commun, covoiturage pour les trajets domicile-travail… 3) se nourrir, ne pas ratifier le CETA en l’état… 4) consommer, éviter le suremballage, interdire les terrasses chauffées et l’éclairage des magasins la nuit après leur fermeture… 5) produire-travailler, limiter la consommation d’énergie dans les lieux publics…

1er février 2020, Biosphere-Info, les conférences de consensus

Députés et sénateurs, rentrez chez vous, on n’a plus besoin de vous. Les conférences de citoyen vont vous remplacer à meilleur résultat et moindre frais. C’est ce que pourrait démontrer les conférences de citoyens tirés au sort. Voici quelques éléments pour mieux comprendre cette procédure démocratique à la recherche d’un consensus…

19 janvier 2020, CLIMAT, convention citoyenne et décisions

Le site de la convention citoyenne pour le climat vaut le détour. Pratiquer les recommandations qui en émergent mériteraient d’entrer en application tout de suite. Exemples : Faire une commission de citoyens tirés au sort qui déciderait de la commercialisation ou non des produits que les entreprises souhaitent vendre, selon leur impact pour la société ; Faire calculer à tous les élèves de primaire le bilan carbone de leurs parents et le comparer aux objectifs de 2030 afin de les sensibiliser ; Inverser la politique actuelle d’allocations familiales en n’ouvrant des allocations qu’au premier enfant ; Interdire de vendre les produits qui nécessitent de brûler de la forêt (exemple cité : soja) ; Obliger la vente à emporter de ne vendre que des boissons à verser dans des gourdes ; Apprendre aux élèves de l’école primaire à bricoler et réparer les objets ; Faire un quota d’achat d’1kg de vêtements neufs par an ; Produire soi-même sa nourriture…

15 janvier 2020, Emmanuel Macron devant 150 citoyens

Devant les 150 citoyens qui bossent pour lui, Emmanuel Macron a présenté trois scénarios suite à leurs propositions sur le climat. Dans le premier cas de figure, le chef de l’Etat n’est pas d’accord : « Je n’ai pas fait cet exercice pour en arriver là. » Deuxième possibilité, « le texte que vous avez se tient, et on y va sans filtre … Les propositions trouveront leur cheminement par voie réglementaire, par voie législative ou par référendum ».Troisième option, la proposition n’est pas assez précise et le chef de l’État s’engage à la « finaliser » avec les citoyens…

24 novembre 2019, 150 citoyens tirés au sort, et moi et moi émoi

Emmanuel Macron annonçait le 25 avril 2019, sur les décombres de la taxe carbone, la création d’une convention citoyenne pour le climat. 150 citoyens tentent de résoudre ce que les élus de la nation ne sont pas parvenus à faire. L’objectif est fondamental : définir une série de mesures permettant de réduire d’« au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, dans un esprit de justice sociale »…

8 octobre 2019, Écologie populaire et médiatisations

D’un côté 150 Français tirés au sort, rassemblés dans une convention citoyenne pour le climat, ont commencé à se pencher sur les mesures à prendre lutter contre le dérèglement climatique. Le premier ministre a assuré que cette convention a « vocation à inventer une écologie populaire dans tout ce que ce terme a de plus glorieux ». En fait il s’agit là d’une démagogie démocratique surréaliste, car la question qui est posée, nous savons déjà comment y répondre. Sous Macron la bavardage écolo tient lieu de politique, quand Emmanuel est devenu président il a su imposer une réforme du code du travail sans faire intervenir les citoyens. De l’autre côté les militants du mouvement Extinction Rebellion (XR) ont lancé quinze jours de désobéissance civile à travers la planète visant à dénoncer l’inaction « criminelle » des gouvernements face au changement climatique…

3 septembre 2019, Convention citoyenne sur le climat, mascarade ?

Les conférences de consensus (ou de citoyens) sont un mécanisme qui devrait être mis en avant par les écologistes car c’est une nouvelle forme d’exercice démocratique alliant citoyen de base, tirage au sort et réflexion collective sur nos problèmes contemporains. Voici quelques éléments de présentation de ce système mis en place… par Macron ! Voici aussi nos critiques…

14 août 2019, La volonté du peuple exprimée grâce au tirage au sort

Le nombre de personnes pour représenter le peuple en réflexion est trop grand ; plus il y a de personnes, plus le nombre d’interrelations se multiplie et bloque l’expression d’une intelligence collective. Une Conférence de consensus avec une vingtaine de participants suffit. Notons d’ailleurs que nos députés n’ont pas de compétence particulière, si ce n’est l’art et la manière de se faire élire, ce qui ne prédispose en rien à être représentatif d’autrui…

30 avril 2019, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

Le 25 avril, il aura fallu attendre près de quarante minutes de discours avant qu’Emmanuel Macron n’aborde la question de l’urgence écologique. Et le Grand Débat National se traduit par… une nouvelle consultation. Une convention citoyenne, avec 150 membres tirés au sort, aurait l’impossible tâche de définir les mesures permettant de traiter de l’urgence climatique ! Macron a également annoncé la création d’un Conseil de défense écologique… alors qu’il a lui-même créé, il y a quelques mois, un Haut-Conseil pour le Climat, dont il n’y a rien à attendre. Au-delà de l’aspect climatique, on ne peut que regretter l’impasse faite sur la transition énergétique, la biodiversité, la pollution, la transition agro-alimentaire… autant de sujets éminemment liés, qui restent sans réponse. L’augmentation de la taxe carbone qui avait mis le feu aux poudres en novembre 2018 n’a même pas été évoquée. De toute façon il y a absence totale d’annonces concrètes…

Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Le passage au 80 km/h sur les routes voulu par le 1er ministre Édouard Philippe était une limitation de notre démesure, le président Emmanuel Macron n’en veut pas pour les autoroutes : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Ce serait profondément injuste que tout votre travail (celui de la convention citoyenne) soit résumé à cette proposition. Je vous le dis très sincèrement : pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens. Il ne faut pas les diviser. Il faut réussir à les embarquer tous ensemble. Si on fait ça, je vous l’écris, nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés, qui parfois mettent tous les jours 45 minutes, une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, qui ont besoin pour retrouver leur famille de les utiliser, dont la vie s’organise par ces transports, ils vont dire : « OK, leur projet est un projet où il n’y a pas de place pour moi, c’est un projet d’urbains, il n’existe pas. » Ce n’est pas la réponse que vous voulez apporter. Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas la caricature. Je pense qu’il faut faire maturer ce débat dans la société, celui de la vitesse. Ne donnons jamais le sentiment à certains de nos concitoyens qu’on les culpabilise. Et donc je propose de repousser ce débat. Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi, c’est à dire avoir des mois de travail qui s’abîment dans une polémique. »

Noun : Pour le 110 il a évidemment raison, ça nous promettait une deuxième saison du feuilleton gilets jaunes, et c’est pas le moment !

Hil92 : La plupart des mesures proposées ont un coût économique plus ou moins important. Mais il y en a UNE qui ne coûte quasiment rien, c’est le passage de 130 à 110km/h max sur les autoroutes. Et on sait que c’est très efficace. Et, qui sera étonné ?, c’est la première qui est abandonnée… Courage, fuyons !

StephaneB : Humm…il n’est pas interdit de chercher à comprendre la fin de non-recevoir soulevée par Emmanuel Macron avec un peu de bonne foi…parce qu’on peut raisonnablement admettre que notre President n’ignore rien des effets positifs d’une réduction de vitesse sur toute… Il se trouve juste qu’à l’hiver 2019, une grosse majorité de Français a eu la glorieuse et lumineuse idée de soutenir la jacquerie des Gilets Jaunes, qui, sous couvert d’un prétentieux projet de réforme sociale, n’avait en réalité pour autre dessein que d’être à nouveau autorisé à rouler à 160 km sur départementale, et d’obtenir un coup d’pouce financier pour rembourser l’emprunt sur l »ecran plat acheté à la rentrée… Bien…en tant que politique, il a donc bien le droit de se prémunir contre la bêtise des français !

-Alazon- : Cela coûte du temps, qui est un bien précieux. On passe deux ans par an dans une voiture en moyenne, 10% de réduction des vitesses c’est deux mois de plus. La mesure touche principalement les gens en zone rurale, déjà pénalisés par le 80 km/h. Ces mesures sans effet sérieux sur le climat sont défendues par des urbains nantis qui veulent les imposer aux autres.

Démocrate @ Alazon : au collège, on a dû vous apprendre que l’énergie cinétique est égale à 1/2 x masse x vitesse AU CARRE. Donc rouler à 110 km/h c’est 8% plus lent, mais environ 16% plus économe en énergie (donc aussi moins cher et moins dangereux en cas d’accident). Sans compter le temps gagné en réduisant les effets d’accordéons, générateurs de bouchons. En revanche là où vous avez raison, c’est qu’en allant très très très vite, le temps s’écoulera plus lentement pour vous que pour les autres, mais je ne suis pas certain que votre véhicule puisse s’approcher assez de la vitesse de la lumière pour que ce soit notable. Si c’est le cas cependant, vous ne risquez pas l’amende : les flashs des radars ne pourrons pas vous rattraper, inutile donc de les vandaliser. Et toc pour les urbains nantis!

Teknofan : Notre hyperprésident refuse le 110 km/h ! Dommage car rouler à 110 plutôt qu’à 130 permet de diminuer la consommation de 25 % (c’est pas moi qui le dit, mais un site de fana de l’automobile qui a fait l’essai). Que tout ceux qui croient encore notre président soucieux de l’écologie se rassurent ; il s’en fout. Il veut se faire réélire, point !

ChP 2 : Pour faire simple, dans ce domaine de vitesse, la principale force de résistance à l’avancement d’un véhicule est la traînée aérodynamique, Fx,q ui est proportionnelle au carré de la vitesse. L’énergie dépensée, la consommation donc, est proportionnelle à Fx et à la distance parcourue (C’est pour cela qu’elle s’exprime en l/100 km). Si l’on passe de 130 km/h à 110 km/h, on va donc économiser dans le rapport (110/130) au carré soit 72 %. C’est bien sûr un résultat du 1er ordre. La vérité n’est pas très loin.

Don Lope : Malheureusement ce quinquennat comme celui qui l’ont précédé, montre que si on veut de décisions écologiste, il faut… un pouvoir écologiste. Pour tous jusqu’à aujourd’hui, gauche, droite, ou LREM, l’écologie a toujours été un faire-valoir et aucune décision difficile en faveur de la préservation de l’environnement n’a été prise au détriment des intérêts économiques. Si les industries et in fine le consommateur devait payer le vrai coût environnemental évidemment ça changerait beaucoup de choses. <l’environnement appartient à tous et pourtant personne ne s’en soucie.

Michel SOURROUILLE : Passer aux 110 km/h va donc dans le bon sens, comme cela s’est fait pour le 80 km/h sur routes. Les automobilistes conscients des limites de la biosphère devraient se rendre compte que ce n’est là qu’une étape vers le dévoiturage, c’est-à-dire l’abandon à moyen terme de la voiture individuelle comme moyen de déplacement. Nous devons nous préparer à cet événement géo-physique inéluctable, quand il n’y aura presque plus de pétrole, essence ou gas-oil seront à des tarifs dissuasifs. Des évolutions favorables qui limitent notre usage de la voiture sont déjà en cours, le covoiturage, les ralentisseurs qui se multiplient, le recours aux transports collectif. Le bridage des moteurs à 110 km/h serait le nec plus ultra.

Macron répond à la Convention pour le Climat

Sans commentaire de notre part et en attendant les vôtres, voici les principaux extraits du discours du président Macron : « Vous proposez de réécrire le préambule de la Constitution en plaçant l’environnement au-dessus de nos valeurs, de nos autres valeurs fondamentales. Tel que proposé, la rédaction pour le préambule menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques, au-dessus même de nos règles démocratiques. Et c’est pourquoi je ne souhaite pas reprendre cette proposition parce que je considère qu’elle serait contraire à l’esprit de nos valeurs. Vous proposez un projet humaniste et tout ce que nous sommes en train de faire pour l’environnement, c’est non pas parce que nous mettons la nature au-dessus de nous, mais parce que nous considérons que défendre les droits de la nature est un de nos devoirs en tant qu’homme au sens générique du terme. C’est pourquoi il est essentiel de le mettre au bon niveau, mais de ne pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains parce que je crois que ce n’est pas cohérent avec le projet et la philosophie des Lumières qui portent notre République… La planète pourrait être sur une trajectoire de plus 7 degrés d’ici 2100, la biodiversité continue de se dégrader. Ce que vous (les 150citoyens) proposez c’est un projet cohérent pour mieux vivre, un projet humaniste auquel j’adhère. Notre société a besoin d’une transformation profonde qui nous permette de faire notre part, nous Français, pour lutter contre le réchauffement climatique et pour lutter pour la biodiversité. Il y a quatre principes que je partage avec vous.

Le premier, c’est de placer l’écologie au cœur du modèle économique en faisant le pari de l’investissement dans les transports, les énergies, les technologies de demain. Il y a un autre choix possible qui est de continuer à dire le cœur de notre modèle économique, c’est de produire sans se soucier de l’écologie. . Ce n’est plus possible ! Nous sommes aux limites du système. Le deuxième choix auquel vous tournez le dos aussi, c’est celui qu’on appelle le modèle de la décroissance. Si nous disions que, pour réussir ce défi écologique, il faut moins travailler, moins produire, je vous dirais : si nous produisons moins nous travaillons, moins nous ne pourrons plus financer le modèle social qui est le nôtre. Vous voulez comme moi qu’on produise pour servir un modèle humaniste. Un modèle de décroissance, c’est un modèle de décroissance aussi de notre modèle social. Une économie quasiment à l’arrêt n’a réduit que de 8 % les émissions de gaz à effet de serre, on voit bien que le choix de décroissance n’est pas une réponse au défi climatique. Je crois à la croissance de notre économie, je crois à un modèle qui innove. Nos entreprises ont besoin d’innover. Elles ont donc besoin d’attirer des capitaux, français et étrangers, sur notre sol.

Le second principe de cette transformation, c’est un principe de justice sociale. Faire en sorte que cette transition écologique ne laisse personne au bord du chemin. Et sur ce sujet, vous avez beaucoup de propositions fortes que je souhaite toutes voir reprises : proposer des chèques alimentaires pour permettre aux plus modestes d’acheter des produits de qualité de cette agriculture que vous voulez transformer, de cette agroécologie dont vous voulez accélérer la promotion, et vous avez raison ; proposer des aides renforcées pour que les plus modestes puissent acquérir des véhicules propres.

Le troisième principe d’une écologisation de notre société est de réussir l’aménagement de notre territoire. Il faut pouvoir articuler un aménagement harmonieux et réduire les trajectoires par avion qui ne sont plus utiles quand on peut se déplacer en TGV à moins de deux heures et demies. Jamais, me semble-t-il, la transition écologique ne doit se faire au détriment des communes, des régions qui sont les plus enclavées. Et c’est pour cela que je crois qu’il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés mettent parfois tous les jours 45 minutes, une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, ils ont besoin de retrouver rapidement leur famille. Par contre la division par 2 des surfaces urbanisables, la sanctuarisation des espaces agricoles naturels, forestiers, toutes les mesures que vous préconisez entrent en échos pour moi. Vous préconisez d’instaurer un moratoire sur les nouvelles zones commerciales en périphérie des villes, allons-y ! Allons-y, agissons !

Et puis, le quatrième et dernier principe, c’est celui de la responsabilité de chacun. Ce changement de modèle, ce n’est pas l’affaire du Gouvernement, du Parlement, ce n’est pas l’affaire de textes, c’est l’engagement de toute une nation dans toutes ses composantes. L’État, les collectivités locales, bien sûr, doivent agir avec le courage de bousculer le système. Mais seul, ils ne peuvent rien, car la réussite passe par la conversion des regards, le changement des comportements de chacun. »

28 juin, la vague verte submerge la Macronie

Municipales 2020, c’est une bascule historique. Les écologistes deviennent la force principale, non par le poids de leur appareil, mais en imposant leurs thèmes. Petite structure de quatre salariés, sans députés à l’Assemblée nationale, EELV a ravi plusieurs grandes villes, devenant ainsi une force majeure de l’opposition au président de la République Emmanuel Macron. Les écologistes gagnent – seuls ou à la tête de coalitions – des communes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Besançon, Annecy ou encore Colombes (Hauts-de-Seine). Ils gardent Grenoble et participent à la victoire à Paris, Montpellier… La Macronie en déroute (et ronchonneuse), le RN à la peine (et ringardisé), le courant écolo-gaucho-citoyen en forme (et relayé par des collectifs issus des luttes, implantés localement et très actifs), que des bonnes nouvelles ! Voici quelques réactions significatives sur lemonde.fr :

Charlus-sixty-six : De la même manière que les hussards noirs d’hier avaient conditionné une génération à voter rad-soc et à mourir dans les tranchées, les hussards verts façonnent les cerveaux d’aujourd’hui à voter écolo et à faire des potagers bio…

Ulysse : Faudra t-il un président écologiste pour que cela avance vraiment ? Oui, sauvegarder une terre vivable, cela restreint certaines libertés.

Julien Bayou, secrétaire national d’EELV : Cela ressemble aux municipales de 1977, gagnées par la gauche et qui préfiguraient la victoire de François Mitterrand en 1981. Malgré les coalitions anti-climat, malgré les insultes dans la campagne, les maires écologistes sont réélus et de nouvelles victoires permettent à l’écologie de s’ancrer durablement dans les territoires, dans de nombreuses villes et grandes métropoles. Mais aussi dans de nombreux villages et quartiers populaires, sur lesquels l’attention se porte moins : Schiltigheim, Bègles, Arcueil…

S. Mouchot : Le parallèle avec 1981 est juste. L’écologie sociale suscite de grands espoirs notamment chez les jeunes. Espérons que leur pratique du pouvoir ne déçoive pas. Pour notre planète et notre démocratie…

Bobby Videau : C’est un « tournant politique » qui conduira Les Verts à faire 10% des voix à la présidentielle 2022. Cela leur laissera la possibilité de déterminer s’ils appellent à voter Le Pen ou Macron au second tour.

David Cormand, ex-secrétaire national d’EELV : On devient une valeur refuge pour les électeurs En marche ! [ancien nom de LRM] qui ont rompu avec Macron, mais aussi pour un électorat de gauche qui voit que le récit social-démocrate classique est obsolète, intenable. Notre récit prend le pas sur la gauche productiviste.

Piérick : Partout dans le monde, les élus Verts incarnent le dernier espoir de sauver aussi bien notre planète que nos civilisations ! Face au système capitalisme, oligarchique, qui tente désespérément de sauver ses intérêts en sacrifiant ses représentants (Macron, Colomb, Trump, Johnson, Bolsonaro, etc), face aux idéologies socialistes qui persistent à oublier l’écologie dans leurs équations, il faut espérer que cette vague verte sera bientôt planétaire : il en va de notre avenir !

Philistin @ Piérick : L’avenir, l’avenir Vous n’avez que ce mot là à la bouche. Or l’avenir est une chose du passé. La vraie modernité c’est d’assumer le no future intégral. Il n’y a pas d’avenir. Vivons maintenant comme des lions au lieu de bouffer des graines marcrobiotique. Faisons des orgies d’huile de palme. Homo sapiens a 300 000 ans, c’est un beau score mais c’est fini. Pour quoi mendier un supplément d’existence ? Homère, Beethoven et Rembrandt sont derrière nous et ne reviendrons pas. Assumons d’être les derniers et éteignons la lumière en mourant. Et faisons-le joyeusement au lieu de nous angoisser. Un orgasme de pétrole et de surconsommation c’est mieux que des décennies de soins palliatifs.

Jérôme Fourquet de l’IFOP : La grille de lecture de l’épidémie s’est faite autour de l’écologie, avec les questionnements autour de nos modes de vie et de consommation qui mettent à trop rudes épreuves nos écosystèmes. Le confinement a été un accélérateur. Les gens demandent du localisme, une baisse de la consommation frénétique. Cette période a renforcé les thèmes d’EELV. 

Kosim : Preuve s’il en fallait qu’il est devenu indispensable de tenir compte des questions écologiques. Il serait temps que les gouvernements aussi bien de gauche que de droite s’en rendent compte, et pas seulement en France, car on va droit dans le mur en repartant sur des logiques de croissance effrénée et de consommation à outrance. Espérons que la consultation citoyenne sur le sujet portera ses fruits !!

Yannick Jadot : L’alternance se fait autour de l’écologie. Là où l’on gagne, c’est avec des rassemblements larges, avec des projets qui ont trois pieds, l’écologie, la solidarité et la démocratie.

NC : Pas sûr que le tabouret vert a 3 pieds soit bien stable… Un 4eme pied nomme économie me semble nécessaire pour plus de stabilité.

Le colibri, emblème de l’écologie en marche

« « Faire sa part » : c’est le mot d’ordre du mouvement Colibris, l’organisation créée en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi, chantre de l’agroécologie et de la sobriété heureuse. Or le changement climatique tient pour beaucoup au fonctionnement des grandes structures qui forment le socle de l’économie mondiale ; les productions énergétique et alimentaire sont fortement émettrices de gaz à effet de serre, ce qu’une modification des comportements individuels n’est pas en mesure de changer rapidement. Ainsi, « faire sa part » est incontestablement une belle idée, mais c’est aussi une idée dangereuse. Si le colibri se contente de chercher à éteindre seul l’incendie, la fin de la fable ne fait guère de doute : la forêt a brûlé et les animaux sont morts, et le colibri avec eux. Les tenants du marché libre trouvent aussi leur intérêt dans la diffusion de cette vulgate ; les idées des Colibris peuvent aussi être cuisinées à la sauce néolibérale. Puisque les prises de consciences individuelles feront évoluer la demande des consommateurs, les modes de production finiront par devenir eux aussi plus vertueux. De contraintes réglementaires, il n’est nul besoin : la loi du marché se charge de tout…  » (Stéphane Foucart)

Cette analyse ne dit rien de l’effet de masse recherché par l’exemplarité individuelle. La fable du colibri présente un minuscule oiseau qui essaie à lui seul d’éteindre un incendie pendant que les autres animaux fuient. Cela pose le principe de la responsabilité individuelle, « faire sa part » induit normalement que la modification du comportement individuel produise un changement collectif. Ne rien faire à titre individuel, c’est trop facile ; c’est toujours la faute des autres, des multinationales, des politiques, de l’Europe… Dans son livre No impact man, Colin Beavan pose clairement le problème. Les pratiquants de la simplicité volontaire espèrent une « réaction en chaîne » : plus nous serions nombreux à les imiter et à diminuer son empreinte écologique, plus la nécessité de limiter ses besoins se répandrait dans la société, plus les politiques se mettraient au diapason du comportement de leurs électeurs. Les multinationales du système thermo-industriel commencent à penser à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre parce que nous sommes de plus en plus nombreux à le vouloir et à l’exprimer. Nous agissons par mimétisme ou interaction spéculaire, en miroir : tu fais parce que je fais parce que nous faisons tous de même. Un seul individu « fait sa part », là où 7 milliards aujourd’hui sont appelés à faire la leur. Qui aurait parié un kopek sur Gandhi ou Mandela au démarrage de leur action, ou sur un général parlant aux Français à la radio depuis l’Angleterre…

Le mouvement Colibri, tout marginal qu’il soit encore, est plus proche d’une avant-garde éclairée que les armées de réacs ricanants, surconsommateurs décomplexés et autres imbéciles jemefoutistes qui éructent sur les Khmers verts et fantasment sur le retour à la bougie…

Climat, l’Affaire du siècle, inertie politique

Article

Selon une requête déposée devant le tribunal administratif en mars 2019, dite« L’Affaire du siècle », l’Etat méconnaîtrait « ses obligations générales de lutte contre le changement climatique et ses obligations spécifiques en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique résultant de l’accord de Paris, de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, du droit de l’Union européenne et du droit national ». Cette action demande aux juges d’enjoindre au gouvernement de « prendre toutes les mesures » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le ministère de l’écologie a pris son temps, seize mois, pour rédiger sa réponse aux quatre ONG. Le ministère réplique que l’Etat a respecté l’accord de Paris dans la mesure où celui-ci ne crée « pas de droit dont les particuliers pourraient directement se prévaloir »… Il précise que le préjudice écologique n’a jamais été appliqué devant la juridiction administrative… Il botte en touche : « La France représente environ 1 % de la population mondiale et émet chaque année environ 1 % des gaz à effet de serre de la planète ». Le mémoire martèle que l’Etat n’est pas en capacité d’empêcher l’intégralité des émissions de gaz à effet de serre sur son territoire car « une part substantielle de cette pollution procède d’activités industrielles et agricoles », mais aussi de « choix et décisions individuelles sur lesquels il n’est pas toujours possible d’influer ». La décision du tribunal administratif pourrait intervenir courant 2021 et devrait faire l’objet d’un appel devant le Conseil d’Etat.

« Le gouvernement ne semble pas enclin à saisir les opportunités qui se présentent à lui pour rectifier la trajectoire de son inaction », ont déploré les quatre associations dans un communiqué, le 25 juin. En mettant en avant les « choix individuels », le gouvernement omet de mentionner son rôle de régulateur et d’investisseur. Il conteste l’existence d’une obligation générale de lutte contre le changement climatique. Il liste des mesures politiques récentes, dont il ne démontre pas les effets sur la réduction d’émissions de gaz à effet de serre dans la période applicable au recours. Certaines ont d’ailleurs été adoptées après le dépôt du recours. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 janvier 2019, Deux millions de signatures pour l’Affaire du Siècle

extraits : Nous attendons désormais du Premier ministre une réponse à la hauteur de l’urgence climatique. La même semaine que le lancement de l’Affaire du Siècle, Météo France annonçait que 2018 avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée en France depuis le début des relevés météorologiques en 1900, avec une séquence de 9 mois consécutifs au-dessus des normales. Pourtant le ministre de l’écologie François de Rugy a esquivé le cœur du sujet…

29 décembre 2018, Signez la pétition pour le climat s’il vous plaît

Aujourd’hui 29 décembre à midi, nous sommes déjà 1 903 700 à soutenir l’action en justice contre l’État pour le climat. Voici le texte intégral de « L’AFFAIRE DU SIÈCLE » :

extraits : Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’État français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits.

Constitutionnaliser l’écocide par référendum

« Ce serait la meilleure façon pour que n’importe quelle association ou citoyen ait la possibilité de saisir le juge pour faire arrêter une activité humaine, une entreprise, une association ou même son voisin » s’exclame le premier ministre Edouard Philippe. Marie Toussaint, Eurodéputée écologiste, donne un point de vue contraire dans  « Référendum sur l’écocide: “Il faut faire confiance aux Français”:

« L’écocide implique une atteinte grave à un ou plusieurs écosystèmes: les océans, les forêts, les rivières etc. Deux versions en ont été formulées, qui font débat : pour que soit répréhensible, on peut en effet exiger que l’atteinte grave soit intentionnelle ou,comme c’est le cas pour les crimes contre l’humanité, on peut se contenter que l’auteur de l’infraction ait eu connaissance du risque. Cette notione est née de la prise de conscience des crimes conjoints contre la nature et l’humain.  C’est dans les années 70, après l’utilisation massive par l’armée américaine de l’agent orange dans la guerre du Vietnam, qu’on a commencé à y faire recours d’une manière plus concrète. Onze pays répriment déjà depuis 1990 l’écocide. Le premier a été le Vietnam. En décembre 2019, les Maldives ont formellement demandé que l’écocide figure parmi les infractions jugées par la CPI, alors que quasiment en même temps, lors de la COP 25, l’Etat des Tuvalu dénonçait l’inaction des Etats-Unis en matière climatique comme crime contre l’humanité.

L’adoption de l’écocide en France serait un véritable basculement philosophique et juridique. Elle permettrait de punir les atteintes graves aux écosystèmes perpétrées non seulement sur le territoire national, mais aussi à l’étranger si les auteurs ou les victimes sont  français. La France pourrait même s’octroyer une juridiction universelle, c’est-à-dire la capacité de juger de cette infraction quels que soient le lieu où le crime est commis et la nationalité des auteurs ou des victimes. Intégrer l’écocide en droit français renforcerait en outre les démarches de la France pour qu’il soit reconnu au niveau international, par exemple devant la CPI. Le droit de l’environnement déjà en vigueur en France reste encore largement en deçà des besoins. Le préjudice écologique, que la jurisprudence a reconnu en droit civil dès 2012, et que la loi a adopté en 2016, vient tout juste de connaître ses premières applications. Les infractions pénales existantes se limitent à punir des violations de normes très précises, comme par exemple celles réglementant les déversements dans les cours d’eau. Ces infractions ne reconnaissent pas le droit de la nature à être protégée. Qui protège la terre protège l’humanité ; il ne faut pas oublier que l’écocide implique une atteinte à la capacité de l’humanité à vivre sur la planète.

Je suis ravie que la CCC (Convention citoyenne sur el climat) ait proposé de pénaliser en France l’écocide, et ce à 99,3% des voix, ce qui en fait l’une des propositions les mieux votées par ses 150 membres. Je trouve en outre qu’elle a mené un travail extraordinaire, en élaborant une fiche légistique très convaincante. J’apprécie notamment l’idée soutenir l’écocide par la création d’une Haute autorité des limites planétaires : elle permettra aux juges de se baser sur une évaluation transparente des atteintes à l’environnement susceptibles d’être réprimées ou d’être prévenues via des mesures conservatoires. Soumettre la création de l’écocide à un référendum est ue bonne chose puisque le Parlement français a déjà rejeté deux fois la notion d’écocide et que le gouvernement actuel s’est déjà exprimé contre l’adoption de la notion en droit français. »

Référendum climat, que va en faire Macron ?

Trouver une place dans la Constitution pour la lutte contre le réchauffement climatique, vaste débat. Dès septembre 2017, Nicolas Hulot avait échangé avec l’association WWF de cette possibilité. En mars 2018, Nicolas Hulot avouait en discuter depuis plusieurs mois avec Emmanuel Macron. Fin juin 2018, Nicolas Hulot obtient de l’exécutif que les mots « environnement, climat et biodiversité » figurent dans l’article premier de la Constitution ; c’est une avancée car cet article consacre le fait que « le peuple affirme le caractère fondamental de… ». Et puis plus rien, Macron a d’autres chats à fouetter. Aujourd’hui les 150 citoyens reprennent le flambeau hulotiste et souhaitent que le préambule de la Constitution précise que « la conciliation des droits, libertés et principes ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité ». Ils veulent également ajouter à l’article premier que « la République garantit la préservation de la biodiversité, de l’environnement et lutte contre le dérèglement climatique ».

L’hypothèse du référendum prend chaque jour plus de consistance à l’Elysée, mais depuis le « non » au traité constitutionnel européen de 2005 aucun président de la République ne s’y est risqué. En 1969 de Gaulle avait proposé d’accroître le pouvoir des régions et d’élargir la représentativité du Sénat par voie référendaire. La campagne référendaire devint un vote pour ou contre le Général, qui, désavoué par les électeurs, quitta aussitôt le pouvoir. Les Français ont pris l’habitude de ne pas répondre à une question qui leur est posée pour faire du simple « dégagisme ». Rappelons que l’article 89 de la Constitution permet au président de la République de soumettre au peuple français un projet de révision de la Constitution, mais il faudrait qu’un vote identique de l’Assemblée nationale et du Sénat valide le projet de référendum… et les deux assemblées ne sont pas de la même couleur politique ! Aussi Emmanuel Macron envisage-t-il sans rire un référendum simplement consultatif : « Ça ne s’est jamais fait, mais je suis prêt à aller dans cette direction, on peut innover démocratiquement. » 265 parlementaires de la majorité envisagent récemment« l’organisation possible d’un référendum à choix multiples pour garantir que la majorité des Français soutient l’ambition climatique du président ».

Disons clairement qu’un QCM (questionnaire à choix multiples) ne représentera rien de ce qu’il faudrait mettre en œuvre, une écologie de rupture. La disparition totale de la taxe carbone à cause de quelques Gilets jaunes à des ronds-points est un exemple de l’incapacité du « peuple » à vouloir lutter contre le réchauffement climatique. La proposition des 150 citoyens d’une « limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute » aurait toutes les chances d’être rejetée par une majorité des hommautos : « On croit fabriquer des automobiles, on fabrique une société. » Emmanuel Macron a prévu de recevoir le 29 juin les 150 pour leur apporter de « premières réponses ». Cette réception confirmera sans doute qu’il faut prendre Macron pour ce qu’il est, un « progressiste » qui nous mène en bateau. Il s’est assis avec le plus parfait mépris sur les milliers de cahiers de doléances du Grand Monologue, pardon du « Grand Débat ». Il fera de même avec les 150 propositions citoyennes.

Notons pour conclure que l’écologie est déjà présente dans la Constitution. Le 28 février 2005, la Charte de l’environnement était approuvée par les parlementaires français réunis en Congrès pour lui donner une valeur constitutionnelle : « Aux côtés des droits de l’homme de 1789 et des droits sociaux de 1946, et au même niveau, nous allons reconnaître les principes fondamentaux d’une écologie soucieuse du devenir de l’homme.» … ». Mais ce n’est pas parce que c’est dans un texte, même jugé « fondamental », que les humains l’appliquent. La preuve, il suffit de regarder l’état de la planète et sa constante dégradation.

Les thuriféraires de « l’écologiste » Macron

« Le monde d’après sera résolument écologique. » Cela fait penser à une motion de congrès en 2008, « Pour un parti socialiste résolument écologique », 1,58 % des voix, aucune avancée. Cette fois c’est une tribune de 265 parlementaires sous la coupe de Macron qui reprend l’antienne. Un peu de communication et beaucoup de vent, c’est vide et ennuyeux, cela se nomme greenwashing. La première partie est un hymne au passé immédiat et au futur proche. Ils affirment vouloir défendre une écologie progressiste, pertinente sur le plan économique et créatrice d’emplois. La triangulaire infernale, croissance et emploi, sans oublier l’écologie. L’autosatisfaction est permanente, « Nous avons pris des mesures sans précédent… Nous avons fait des choix courageux et concrets… Nous avons changé en profondeur… nous, parlementaires de la majorité présidentielle, sommes fiers de tout ce qui a déjà été entrepris… Nous voulons aller encore plus loin et encore plus vite afin d’agir face à l’urgence écologique… Nous avons fait de l’écologie un élément clé de l’influence française en Europe… Nous réinventons les règles de la mondialisation sans tomber dans le repli sur soi nationaliste Nous construirons en France et en Europe les voitures électriques et leurs batteries… Nous voulons être les premiers à inventer et produire à l’échelle industrielle l’avion décarboné… »

Ces parlementaires obséquieux envers leur maître font preuve de l’optimisme techniciste en vogue actuellement. Voiture électrique et avion décarboné, laissez-moi rire ! Ils se réfèrent à la loi Hulot d’arrêt des permis d’hydrocarbures sur le territoire, ils oublient de dire que Hulot a démissionné avec fracas le 28 août 2018* d’un gouvernement qui faisait de l’écologie à reculons. Ils font croire que « Les ONG environnementales européennes classent la France dans le top 3 pour son action climatique ». Nous avons trouvé sur le net cela : « Les trois premières places de ce classement ont été laissées vides. Ce n’est pas une erreur. GermanWatch a volontairement laissé ces places vides afin de symboliser l’incapacité des Etats à mettre en place des politiques efficaces pour réduire leurs émissions de CO2. Aucun pays n’est pour l’instant dans la bonne dynamique pour respecter les efforts de réduction de CO2 nécessaires pour lutter contre le changement climatique. Voilà pourquoi aucun n’est sur le podium. »** La France arrivait en 15ème position ! Si Macron était écolo, ça se saurait sans le dire dans une tribune médiatisée.

Ces parlementaires se réfèrent à la convention citoyenne pour le climat qui vient de sortir ses propositions. Ils se gardent bien d’en commenter le contenu, il restent dans le vague le plus absolu : « Ces propositions devront être écoutées et largement mises en œuvre, à travers les lois votées au Parlement, à travers notre mobilisation en Europe lorsque la compétence se situe à cet échelon, et avec l’organisation possible d’un référendum à choix multiples pour garantir que la majorité des Français soutienne cette ambition. » Sachant ce que Macron a fait du grand débat concédé aux Gilets jaunes, beaucoup de vent, on sait d’avance le résultat. Le climat sera enterré, comme l’a été le Grenelle de l’environnement sous Sarkozy. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

16 juin 2019, Pascal Canfin, l’amoureux de Macron l’écolo

30 avril 2019, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

27 mars 2019, Européennes : Pascal Canfin verdit la liste de Macron

16 janvier 2019, Macron : le débat écolo a avorté avant de commencer

13 janvier 2019, Macron, un bilan écologique globalement négatif

5 mai 2017, L’écologie n’était pas à la fête avec Macron et Le Pen

2 février 2015, Loi Macron, l’écologie tenue pour quantité négligeable

* Michel Sourrouille en a tiré tout un livre, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir », octobre 2018

** https://youmatter.world/fr/top-classement-pays-lutte-rechauffement-climatique-2017/

les leçons à tirer de la Convention Climat

« Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique… La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. ». Durant neuf mois, 150 citoyen.e.s ont réfléchi dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Voici quelques extraits de leur rapport de 600 pages  :

Validité de la convention en introduction : « Citoyennes et citoyens de toutes origines et professions, nous sommes représentatifs de la société ; nous avons été sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans nous être portés volontaires préalablement. Nous ne sommes pas des experts, la convention citoyenne reconnaît la capacité des citoyens moyens de s’exprimer sur un sujet d’avenir majeur. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre [(GES)] d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Si nous ne rattrapons pas le retard pris, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables, du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides. C’est une question de vie ou de mort ! »

Rupture civilisationnelle en conclusion : « Nous ne sommes pas en compétition avec les élus ou les autres acteurs de la société française : nous devons tous changer nos comportements en profondeur pour laisser à nos enfants et petits-enfants une planète viable. L’urgence climatique nous impose des décisions difficiles mais indispensables . Il apparaît inévitable de revoir nos modes de vie, nos manières de consommer, de produire et de travailler, de nous déplacer, de nous loger et de nous nourrir. Nous, les 150 citoyennes et citoyens, sommes conscients que les mesures que nous préconisons peuvent être difficiles à comprendre et parfois à accepter pour tous ceux qui verront leur métier disparaître et devront se réorienter, et qu’elles impliquent de nouvelles contraintes pour tous les Français. La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. Pour autant, il est vraisemblable qu’elles soient encore insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduction de 40 % des émissions de GES et maintenir l’augmentation de la température de la terre en deçà de 2 degrés. Nous pensons donc important que nos concitoyennes et concitoyens se saisissent de tous les sujets que nous avons travaillés pendant neuf mois avec le souci constant de l’intérêt commun..

Nous considérons que la réussite de cette convention dépendra en grande partie du respect par l’exécutif de son engagement à transmettre nos propositions « sans filtre », c’est-à-dire dire sans être reformulées ni adaptées, mais également de leur prise en compte par le pouvoir législatif. Nous attendons des pouvoirs publics une prise en compte immédiate de nos propositions permettant une accélération de la transition écologique, notamment en faisant du climat la priorité des politiques publiques, en évaluant les résultats et en sanctionnant les écarts. Nous invitons les acteurs économiques à mener une action plus volontariste en faveur de la transition écologique, repensant en profondeur nos modes de production et de consommation, et favoriser une meilleure distribution des richesses. Les référendums sur la Constitution et la reconnaissance du crime d’écocide que nous demandons permettront à tous les Français de prendre conscience, comme nous l’avons fait, des enjeux et des dangers du réchauffement climatique, et d’une sixième extinction de masse, de débattre et de s’approprier la transformation de la société qu’impliquent nos mesures. »

l’infernal triangle emploi/climat/croissance

L’infernale triangulaire des politiques, « stimuler la croissance tout en créant des emplois tout en éviter un rebond des émissions de CO2 ! » L’Agence internationale de l’énergie (AIE) résout le problème par « trente propositions pour une relance favorable au climat » ! L’éternel directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, l’affirme : « L’économie mondiale risque de s’effondrer mais la calotte polaire est aussi en train de fondre. Il faut faire face à ces deux défis en même temps. » On voudrait stimuler la croissance mondiale avec1 000 milliards de dollars d’investissements pour créer chaque année seulement 9 millions d’emplois. Rappelons que la population mondiale s’accroît de 80 millions de personnes chaque année, il faudrait donc structurellement créer au moins autant d’emplois. De toute façon rien de nouveau, l’AIE enfile les perles : efficacité énergétique (pour éviter de parle d’économiser l’énergie), rénovation des bâtiments (dans les bidonvilles?), moteurs électriques (sans s’interroger sur comment produire l’électricité), énergies renouvelables (qui ne seront jamais à la hauteur des énergies fossiles), développer les réseaux de trains à grande vitesse (et supprimer les lignes secondaires de chemins de fer), investir dans l’hydrogène (qu’il faudrait produire avec des énergies renouvelables!), etc. Précisons que l’AIE est une émanation du club des pays riches (l’OCDE) chargé de garantir l’approvisionnement en combustibles du monde développé. Les problèmes du tiers-monde, on s’en moque.

Faisons le point sur l’AIE grâce à notre blog biosphere :

13 novembre 2019, World Energy Outlook, l’avenir énergétique !

World Energy Outlook, rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE – 13 novembre 2019), rien de nouveau sous le soleil ! On croit encore que les panneaux solaires et les éoliennes permettront de produire des énergies « propres »…

11 mars 2017, Le quadruplement du prix du baril, une bonne nouvelle

Pour les investisseurs, le scénario de la production de pétrole jusqu’à la dernière goutte reste le plus attractif. Pourtant l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans son rapport World Energy Outlook 2011, révélait que la combustion de l’énergie fossile produite actuellement et dans les années à venir par les équipements existants en 2010 provoquerait à l’horizon 2050 un réchauffement du climat de 6° C. L’AIE précisait que « notre économie planétaire ne pourrait absorber sans catastrophe majeure qu’une élévation de température de 2°C. » Aujourd’hui l’AIE croit nécessaire une hausse des investissements (capex) dans l’exploration-production de brut : « L’offre mondiale de brut pourrait avoir du mal à répondre à la demande peu après 2020. »* Notre société cultive les oxymores, l’illusoire union des contraires.

14 novembre 2013, Fatih Birol, prévisionniste déjanté d’un infini pétrole

Fatih Birol : «  Je crois que grâce aux gaz de schiste, le secrétaire d’Etat américain doit se sentir dans une situation plus confortable lorsqu’il est en tournée à l’étranger ». Ils ont certes réduit la dépendance des Etats-Unis aux hydrocarbures du Moyen-Orient, mais ce n’est que temporaire. Nulle mention dans l’article du MONDE de l’opposition internationale aux gaz de schiste, nulle référence à une quelconque avancée technologique pour limiter les effets environnementaux désastreux de la fracturation de la roche mère. Si on vous dit que Fatih Birol est aussi en faveur du nucléaire, vous ne serez donc pas étonné. Un avenir sans pétrole ni nucléaire n’est pas abordé…

16 mai 2013, L’AIE, une officine des basses œuvres pétrolières

Créée à la suite du choc pétrolier de 1973 par les pays riches de l’OCDE, l’Agence internationale de l’énergie est surtout destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays membres afin de soutenir la croissance économique. L’AIE a toujours minimisé le danger d’une pénurie de pétrole afin de ne pas générer un mouvement de panique. Car si on annonçait que le pic pétrolier menaçait notre économie, Wall Streeet s’effondrerait…

14 novembre 2012, Fatih Birol et l’AIE contre la démarche Négawatt

Fatih Birol fait la promotion d’une stratégie de l’offre : « La future autonomie énergétique américaine est due au développement des technologies de pointe qui lui permettent notamment d’exploiter les hydrocarbures non conventionnels comme le pétrole et le gaz de schiste. » Fatih Birol croit que la demande d’énergie va croître de plus d’un tiers d’ici à 2035, nulle mention dans son discours de la nécessaire sobriété énergétique. ..

16 décembre 2007, en panne d’énergie

Dans son rapport World Energy Outlook 2007, l’AIE commence enfin à s’affoler : « Une crise de l’offre, avant 2015, s’accompagnerait d’une envolée des cours pétroliers » et «  Il sera extrêmement difficile d’assurer des approvisionnements fiables à des prix abordables ». Pourtant ce pessimisme se double d’un optimisme effréné puisque, selon l’AIE, le pétrole ne manquera pas avant vingt-cinq ans !!! L’AIE conclut sur l’urgence d’agir pour sauver la planète des retombées désastreuses du réchauffement climatique. Il faudrait s’engager dans une « transition » visant à « décarboniser «  l’énergie pour émettre moins de gaz à effet de serre tout en admettant qu’il n’existe pas de substitut au pétrole pour le transport…

Le colibri inspire la convention citoyenne

« Faire sa part » comme un colibri n’empêche nullement de délibérer collectivement, de voter. L’écrivain et réalisateur Cyril Dion, cofondateur du mouvement Colibris, est d’ailleurs l’un des garants de la convention citoyenne pour le climat, qui vient de rendre publiques ses propositions. Aucune ne prône le maintien du statu quo thermo-industriel, voici quelques propositions iconoclastes qu’ils ont votées : « réduire la vitesse sur les autoroutes de 130 à 110 km/h, limiter les déplacements des salariés et des fonctionnaires. renforcer l’écocontribution kilométrique du transport aérien, interdire les terrasses chauffées,et l’éclairage des magasins la nuit,interdire la construction de nouveaux aéroports et l’extension de ceux existants, obliger le changement des chaudières au fioul et à charbon d’ici à 2030, renoncer à la climatisation en deçà de 30 °C, tous les produits manufacturés vendus en France devront pouvoir être réparés, plastiques à usage unique supprimés dès 2023, deux repas végétariens par semaine dans la restauration collective à partir de 2025, légiférer sur le crime d’écocide. » Tout cela constitue-t-il une atteinte à nos libertés ? C’est ce que pense des commentateurs sur lemonde.fr, mais heureusement le bon sens est souvent présent :

NicoLoco : Est ce qu’il y a une contribution bienveillante dans le lot ? Tout est interdiction, culpabilisation et obligations …

aztechk : Bienvenue en Urss.

Cathy Penflam : Bienvenue dans un monde sinistre de curés hygiénistes et trouillard. Les Sagan d’aujourd’hui vivent leur fureur de vivre en vélib et James dîne d’un steak de soja aux légumes oubliés.

Prm : Interdire les nouveaux aéroports alors qu’on sait que la demande aérienne explose ? Mais sérieusement qu’est ce que c’est que cette bande de bolcheviques ? On peut pas remplacer le train par la course à pieds aussi ? Et encore pieds nus parce que fabriquer des chaussures c’est polluant.

Judilat : Quelle légitimité ces 150 personnes ? Une nouvelle monarchie ?

Carol Langloy : Le ridicule et la bêtise crasse de ces propositions montrent une fois de plus que le gouvernement par le peuple est une horreur. Seule la démocratie, le gouvernement par les élus, peut fonctionner…

Jean.ne Monde : C’est un excellent travail d’un point d’écologie politique et scientifique. C’est aussi un bel exemple de renouveau démocratique. Et un pied de nez à certains discours à base de « on n’y peut rien les gens sont idiots » ou « c’est trop complexe » qu’on entend parfois dans les milieux CSP+. On peut soumettre des questions importantes et techniques au débat démocratique, en prenant le temps et les moyens d’en expliquer les enjeux à des citoyens. C’est une belle voie pour l’avenir, faisons en sorte de la prendre

tokolosh : Eh oui : tous les habituels flingueurs anti-écolos du forum, ceux qui nous balancent à longueur d’année leurs sempiternels « bobos », « khmers verts », « écologie punitive », etc. , se rendent compte de ce qu’on savait déjà, à savoir que ce sont eux les ringards, eux les minoritaires. Regardez l’origine sociale et géographique des 150 : pas un ramassis d’intermittents du spectacle de Paris 10e arrondissement. Autrement dit, des citoyens lambda, qui réfléchissent, écoutent, discutent, au lieu d’éructer, et sortent avec des propositions qui font ressembler le programme d’EELV à un communiqué tiédasse d’Elisabeth Borne.

Q Brique : Ça ne sert à rien de vous écharper sur les propositions bonnes ou pas bonnes selon chacun. Tout est bien mais c’est trop tard. Cela fait au moins 45 ans que les écologistes nous alertent sur notre impact sur notre environnement et tout le monde s’en moque. Maintenant c’est fini la rigolade et il nous reste nos yeux pour pleurer. Et nous allons beaucoup beaucoup pleurer.

Climat, pour ou contre la Convention des 150

Editorial du MONDE, en bref : « La conclusion des travaux de la convention citoyenne sur le climat apparaît prometteuse. Il n’était pas écrit d’avance que 150 citoyens tirés au sort parviennent à formuler des propositions précises visant à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 « dans un esprit de justice sociale ». Il aura fallu développer toute une ingénierie participative. Près de 140 experts ont été auditionnés, des animateurs ont encadré les travaux de chaque groupe de travail, un comité de pilotage a veillé à la bonne marche de la convention. Le message est clair : la démocratie participative peut être l’une des réponses convaincantes à la crise de la représentativité, à condition que la réponse du président de la République soit, maintenant, à la hauteur. En 2007, le Grenelle de l’environnement avait soulevé un grand espoir avant d’accoucher d’une souris après la crise de 2008. Cette fois, il n’y a plus le choix : l’urgence climatique est telle qu’il faut agir vite et fort. Mais deux sujets essentiels ont été éludés, le sort de la taxe carbone et la part du nucléaire dans le mix énergétique... »

Les commentateurs sur lemonde.fr nous permettent d’y voir un peu plus clair.

le sceptique : Si l’on avait un doute sur le caractère vicié du processus de la convention citoyenne, la satisfaction d’un édito du Monde le lève définitivement ! L’outil fiscal efficace – taxe carbone – a été évacué au profit de 150 mesurettes bureaucratiques qui sont autant de petites usines à gaz pour fonctionnaires et/ou vexation collective des Français. L’enjeu industriel – comment on produit à bonne échelle de l’énergie et des machines énergétiques bas carbone sans planter le PIB, la balance commerciale, le déficit – a été évacué au profit de chouineries écolo-socialistes à la sauce Dion-Tubiana. L’enjeu (géo-)politique – la capacité de la France et de l’Europe à influencer les émetteurs mondiaux – est absent alors qu’essentiel.

Sarah Py  : En quoi l’urgence climatique est-elle à lier à ce qui serait une urgence sociale ? Nous avons une décennie pour changer de modèle économique. Et l’impérieuse nécessité de l’équité sociale, oui, mais alors pensons au paysan du Bangladesh, et à l’habitant des faubourgs de Lagos. Aïe, ça se complique. Déjà, accélérons dans la réduction de notre empreinte carbone, cessons ces idéologisations des débats ; il va bien l’antiracisme mais que faisons nous pour ceux qui subissent déjà les effets de cette crise climatique au lointain du golfe du Bengale. Il est des situations qui exigent hauteur du regard et pas la banalité du convenu. Urgence climatique oui, mais dans l’équité d’un monde global.

Zahnstocher : Le problème est bêtement pratique. Sans un minimum d’acceptation sociale, les belles mesures souhaitées pour répondre à l’urgence climatique seront rejetées. Tant que nous sommes en démocratie. Et nous sommes encore quelques uns à apprécier être en démocratie. On a bien vu qu’une fois informés, ces 150 citoyens ont pris conscience des efforts nécessaires. Mais ils ne sont que 150 et on voit bien aussi en lisant les commentaires de ces derniers jours que de très nombreux concitoyens vivent encore dans un rêve de toujours plus de confort.

Gramoune : Les écolos n’ont toujours pas compris que le premier pollueur au niveau mondial, c’est LA SURPOPULATION, d’où vient tout le reste CO2, manque d’eau, d’électricité, de production alimentaire… Proposez plutôt des programmes de « limitations » de naissances, voire même des « offres » de stérilisations de femmes ayant déjà 4/5 enfants… et dans 30 ans, on en reparlera.

Schindma37 : Macron s’est piégé lui-même : avec le Covid-19 et la crise économique, comment financer les solutions proposées, qui coûteraient des milliards, et organiser un référendum sur une réforme constitutionnelle qui serait certainement rejetée ?

Obéron : Shindma, nous sommes bien plus « piégés » que vous ne le pensez. Agir contre le réchauffement climatique aura forcément un coût (et ceux qui reprocheront aux membres de la convention citoyenne de ne pas l’avoir suffisamment évalué sont des hypocrites : on définit d’abord ce qu’on souhaite, puis on chiffre plus précisément, les moyens nécessaires ne sont pas les mêmes). Si ce coût est social, alors la solution n’est pas la bonne, il faut revoir sa copie. Mais le coût de ne rien faire, vous intéresse-t-il ? Combien de milliards ? Beaucoup plus, sans aucun doute ! (même si vos enfants le paieront plus que vous) Et le coût social de ne rien faire ? Qui le paiera selon vous ?

limitation des naissances à une par femme

« Le président des États-Unis, le Secrétaire général du parti communiste chinois, le Président russe… ont annoncé ce jour la création d’une Organisation mondiale qui aura vocation à réguler tout phénomène économique, social ou environnemental qui, de par ses causes ou ses conséquences, dépasse le cadre des frontières étatiques et ne peut qu’être abordé au niveau mondial dans l’intérêt général de l’Humanité. Ses principaux objectifs seront la maîtrise démographique et la réduction des inégalités, la construction d’une économie mondiale saine, l’entretien de systèmes soutenables en termes de ressources naturelles, de terres, d’énergie, de biodiversité, et enfin la régulation du climat. Face à l’urgence , des mesures s’imposent à tous dès le 1er septembre de cette année, notamment la limitation stricte des naissances à une par femme dans le monde entier, une taxation mondiale sur les gaz à effet de serre, tant pour les entreprises que pour les particuliers, une interdiction de la production et de la consommation de viande rouge, une interdiction de l’abattage des arbres sauf dans les zones strictement délimitées, un couvre-feu mondial à 22h30 pour économiser l’énergie dans les zones non équipées en énergies renouvelables .» (Dans Un monde pour Stella de Gilles Boyer… qui a été directeur de campagne du présidentiable Alain Juppé et conseiller politique d’Édouard Philippe, premier ministre de Macron)

Gilles Boyer poursuivait : « Ces mesures peuvent sembler autoritaires et brutales. Elles nous sont imposées par notre laisser-aller collectif depuis des décennies. Toutes ont en commun la recherche de l’intérêt général du genre humain. Leur application sera assurée par une force de police, reconnaissables par leurs casques verts, et qui auront tout pouvoir pour signaler et réprimer les manquements constatés. La Déclaration universelle des droits de l’Homme sera refondée pour y inclure des devoirs… »

Sur ce blog biosphere, nous pensons dorénavant de même ; une réponse aux crises écologiques ne peut advenir qu’au plus haut niveau et de façon imposée. Si les dysfonctionnements de la nature impactent la pensée collective, si les idées précèdent toujours les incarnations, aucune instance actuelle ne peut à elle seule assumer une rupture avec la société thermo-industrielle. La simplicité volontaire ne peut agréger qu’une infime partie d’une population aliénée par la société de consommation. Il existe certes des leaders temporaires, José Bové par exemple, ou les défenseurs des causes indigènes, ou les associations qui luttent pour défendre tel ou tel morceau de la planète… mais il n’y a pas de cohérence globale dans ces luttes. De plus nous avons toujours été déçu par ceux qui on voulu incarner médiatiquement l’urgence écologique. Avec nos faibles moyens, nous avons soutenu régulièrement diverses personnalités politiques. Ainsi nous avons relayé périodiquement les faits et gestes de Nicolas Hulot, actif aussi bien dans les médias que dans le milieu politique ; mais il a été obligé de démissionner de son poste de ministre de l’écologie. Nous avons salué l’avancée médiatique de Yannick Jadot qui a remplacé avantageusement Cécile Duflot en termes de notoriété ; mais il a abandonné son statut de présidentiable pour se jeter dans les bras de Benoît Hamon. Nous avouons avoir eu à une époque déjà lointaine un faible pour Arnaud Montebourg, qui nous paraissait pouvoir devenir le Jaurès de l’écologie ; mais il s’agit d’un velléitaire. Yves Cochet reste à notre avis le seul politique qui compte quant à l’incarnation de la cause écologique au niveau politique et livresque : mais il est complètement marginalisé dans son propre parti et maintenant reclus dans sa maison de campagne. Nous nous souvenons encore avec émotion de René Dumont, l’initiateur de l’écologie politique au moment de la présidentielle 1974 ; mais qui se souvient encore aujourd’hui de son nom ? Faute de candidat écolo consensuel, on en est encore réduit à encenser des figures symboliques comme Greta Thunberg.

Alors il faut attendre que la planète flambe un peu plus, que des catastrophes fassent des millions de victimes, que la famine gronde ici et là, que la guerre de tous contre tous se généralise et que des peuples se révoltent en ordre dispersé. Alors on fera à ce moment-là ce que Gilles Boyer envisageait dans son livre.

Pour une France de 30 millions d’habitants

La France ne peut nourrir que 30 millions de personnes « sobres » alors que ce pays compte déjà actuellement 67 millions d’habitants et qu’on arrive à 7,8 milliards d’humains sur la planète qui aimeraient bien vivre en France. ll faudrait en arriver à quelques conclusions déplaisantes… si on est logique ! Voici ce que dit l’article de Jean-Marc Tagliaferri qui justifie ce chiffre de 30 millions :

Quelle est la population maximum que peut théoriquement accepter la France, avec ses propres ressources et au niveau de vie que l’on estime comme minimum décent (manger, se loger, se chauffer, s’éduquer, se soigner)… tout en préservant les écosystèmes qui nous fournissent tout cela ? Cette question fondamentale n’est jamais posée. Voici quelques éléments de réponse. Aux deux dernières périodes « sans pétrole »  c’est à dire  avant 1900 et entre 1941 et 1944, le sol français abritait entre 39 et 40 millions de personnes, qui se nourrissaient dans le premier cas et qui survivaient à peine dans le second (on estime que l’Allemagne pompait en France de quoi nourrir 10 à 15 millions de personnes) SAUF :

1°) qu’à la première période la France possédait plusieurs millions de chevaux de trait (on les a encore utilisés en 1914 voire en 1940), des boeufs de labour,  des ânes et des mulets. Tout cela a disparu. Donc sans énergie fossile, la productivité des champs sera moindre, à la fois parce qu’ils ne seront pas désherbés et qu’ils ne seront pas fumés ! Quand à la permaculture, certes ça peut très bien marcher, mais ça ne s’improvise pas du jour au lendemain (et mon copain permaculteur passe 10 heures par jour dans ses 1000m2, rien à voir avec le jardin d’Eden où on tend la main de son hamac quand on a faim!

 2°) qu’à l’époque les sols français étaient vivants, épais, riches en humus, les entreprises chimiques n’ayant pas encore eu à écouler leurs surplus d’explosifs comme engrais et la majorité des exploitations fumant les sols avec les déjections animales et humaines !

 3°) qu’en outre la plupart des français ne mangeait pas de la viande ou du poisson à tous les repas comme une bonne partie le fait maintenant, ce qui diminuait la demande globale.

 4°) qu’un certain nombre d’infrastructures ne sont plus disponibles, par exemple les petits canaux d’irrigation qu’on a laissé se dégrader et qui pour la plupart ne sont plus alimentés par des rivières qui s’assèchent grâce aux « aménagements » dont elles ont bénéficié. Certes il y a de grands ouvrages qui survivront au post-pétrole (barrages, grands canaux) mais pour la plupart ils nécessitent des systèmes de pompage , des tuyaux et des arroseurs et l’énergie pour les faire fonctionner. Ajoutons que le 1/3 des terres agricoles de l’époque sont parties en forêt ou en urbanisation, autoroutes, TGV, etc. Donc mon pronostic est que le territoire français actuel pourrait nourrir durablement peut-être 30 millions de personnes « sobres » s’il venait à être privé d’engrais et de pétrole pour les machines agricoles, si on trouvait une dizaine de millions de bras pour aller remplacer les machines et si on adoptait des pratiques culturales aptes à sauver les sols.

 En réalité ceux qui veulent des immigrants supplémentaires se trompent quand ils croient que nous allons économiquement bénéficier de la présence des dentistes et écrivains du Moyen-Orient.  Pour être très cynique, les seuls immigrants « utiles » désormais sont ceux qui savent survivre en grattouillant une terre hostile, mais j’ai l’impression que c’est en train de devenir une denrée rare, car il n’y a pas qu’en France que l’éducation des jeunes est catastrophique du point de vue pratique : combien de jeunes africains qui survivent dans les bidonvilles de cités millionnaires  sauraient-ils cultiver un jardin ? Je ne pose même pas la question pour les jeunes français, j’ai déjà eu la réponse avec mon neveu et mes nièces:-

(Article de Jean-Marc Tagliaferri, envoyé pour notre blog biosphere le 24 septembre 2017 et qui méritait rediffusion)

Migrant·e·s, pour un accueil inconditionnel

La position de la commission « immigration » d’EELV peut être caractérisée par cette phrase ,« Pro-migrant·e·s : la rationalité de l’accueil inconditionnel ». Selon cette commission, la solidarité voudrait l’accueil inconditionnel, celui qui fait qu’une dynamique de concertation entre les présents et arrivants peut advenir… et des cultures nouvelles naître pour le bénéfice collectif. Voici quelques éléments sur la position officielle du parti EELV pour « le devoir d’accueil et la solidarité active aux réfugié·e·s politiques, économiques et environnementaux » telle que posée par la charte des valeurs et principes fondamentaux du mouvement, d’une part, en faveur d’une « politique d’accueil efficiente » pour répondre à la « crise de l’accueil » telle que votée par le conseil fédéral. On va s’efforcer de « quitter le terrain de la morale et de l’émotivité » pour « déplacer le débat sur le terrain des faits » : elles ne sont pas toujours là où la rhétorique de l’appel d’air, du grand remplacement et autres fantasmes malheureusement plus répandus qu’on croit dans le spectre politique.

1. Flux migratoires et empreinte écologique : D’abord, de combien de personnes parle-t-on ? Le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) estime à 740 millions le nombre de migrant·e·s internes dans le monde, contre 200 millions de déplacés pour les migrations internationales. On parle de 3 % de la population mondiale, un pourcentage resté stable ces cinquante dernières années. 37 % des migrations ont lieu d’un pays en développement vers un pays développé, seulement, 60 % se déplaçant entre pays développés ou entre pays en développement. 7 % des migrant·e·s (15 millions de personnes) sont des réfugié·e·s dont la plupart vit à proximité du pays qu’ils ont fui : j’ai coutume de citer le chiffre de 1 réfugié·e pour 6 libanais·e·s contre 1/300 français·e·s. Enfin, on estimait à 50 millions le nombre de réfugié·e·s environnementaux·ales en 2010 et 200 millions d’ici 2050. Dans ces conditions, j’avoue m’interroger sur l’analyse qui consiste à acter qu’un·e Français·e a une empreinte écologique respectivement 9 fois supérieure à celle d’un·e Érythréen·ne et presque trois fois supérieure à celle d’un·e Malien·ne pour arriver à la conclusion que « ce type d’immigration est donc néfaste sur un plan écologique ». En revanche, il y a une corrélation claire entre empreinte écologique française et déplacements forcés de populations pour raisons environnementales. Quant à ceux qui imputeraient malthusiennement à « une plus grande fertilité des femmes immigrées » l’empreinte écologique supplémentaire, les chiffres les plus récents montrent que, si la fécondité des immigrées est plus élevée que celle du reste des femmes : le surcroît de fécondité des immigrées ne pèse guère dans la moyenne nationale (il la fait passer seulement de 1,65 à 1,72, soit 0,07 enfant) ce qui est peu. En outre, il·elle·s « évacuent le problème général » de l’accès aux soins et – plus spécifiquement féministe – de l’accès aux soins, à la santé sexuelle et à la contraception dans une situation de cumul de vulnérabilités (femme, racisée, en situation de précarité administrative, etc.).

2. Accueil inconditionnel et domination néocolonialiste : Là encore, je m’interroge sur une approche qui consiste à imputer exclusivement au états du continent africain et, par extension, aux ressortissant·e·s de ces états, la responsabilité d’inégalités mondiales héritées justement d’une situation de domination coloniale, puis néocolonialiste qui perdure. L’exploitation par la France de l’uranium nigérien en est un triste exemple : même en simplifiant les causes des conflits à la seule question des ressources, leur exploitation étant globalisée, on ne peut éluder les responsabilités occidentales dans les conflits (pas seulement africains, d’ailleurs). L’accueil inconditionnel ne résout pas les causes de départ des pays d’origine, certes, mais il n’en est pas responsable et, surtout, il n’est pas incompatible avec le changement de comportements économiques prédateurs qui les favorisent. Si l’émigration sert de soupape à quelque chose, c’est bien plutôt à ces causes dont la « pression démographique » est la résultante. Je ne reviens pas sur l’accès à la santé qui illustre les inégalités sanitaires à un niveau mondial, cette fois : « investir dans l’éducation et améliorer le statut des femmes pourrait provoquer une « révolution contraceptive » dont les bénéfices couvriraient d’ailleurs de larges domaines de la santé, bien au-delà de la limitation des naissances, » disait Henri Léridon de l’INED. Toute la question est de savoir si cela est possible dans un contexte de dette pour grande partie coloniale et de réduction austéritaire de l’aide publique au développement. À titre de comparaison, elle représentait 135,2 Md$ en 2014, contre 554 Md$ en 2019 pour les transferts de fonds privés : difficile d’affirmer dans ces conditions que « ces pays ont besoin de ces émigré·e·s sur place et non de l’argent qu’il·elle·s envoient au pays, » d’autant plus au vu de l’impact très négatif de la crise sanitaire sur ces transferts de fonds vitaux pour les pays d’origine.

3. Éthique, humanisme et rationalité… parlons-en : Il est du devoir de l’État de faire droit à l’hébergement inconditionnel, c’est-à-dire quelle que soit la situation administrative des personnes en situation de rue. Cette situation de crise de l’accueil est la résultante d’une défaillance organisée de l’accueil par la puissance publique au prétexte de maîtrise de la dépense publique (mettons de côté la rhétorique de l’appel d’air qui consiste à considérer comme tellement attractif d’ouvrir un point d’eau potable au milieu d’un campement de rue, sic.). Or, le coût d’une politique de non accueil, voire de répression systématique de l’immigration, interroge lui aussi sur le bon emploi des fonds publics : dès 2009, la cour des comptes (institution pas tout à fait no border, guidée par la morale et l’émotivité) estimait en 2008 à environ 190,5 millions d’euros le coût de la rétention administrative en France, soit 5 550 euros par retenu·e (je ne sais pas combien vous payez de loyer mais ça paraît tout de même un brin exorbitant pour enfermer quelqu’un·e). Ceci sans compter qu’à 58,3 % des retenu·e·s ne seront finalement pas expulsé·e·s, la question de l’efficacité d’une telle politique au regard de ses objectifs mérite d’être posée. Je vous laisse imaginer le coût budgétaire et écologique d’une politique d’expulsion par avion, au profit de compagnies privées. Enfin, le coût de l’externalisation de la gestion des frontières de l’UE à la Turquie et à la Libye (avec au passage des marchés d’esclaves à ciel ouvert) se compte en milliards d’euros d’argent public. Je ne sais pas vous mais encore une fois à titre personnel, j’apprécierais que l’argent de mes impôts serve à accueillir et inclure, plutôt qu’à une maltraitance absurde de personnes à raison de leur origine, disons-le xénophobe d’État.

Pour ce qui est de considérer que la majorité des Français·e·s « subissent l’immigration plutôt qu’il·elle·s ne l’approuvent, » c’est aller un peu vite. Déjà, d’après une enquête Elabe d’octobre 2019, seul·e·s 10 % des Français·e·s estiment correctement la proportion de la population immigrée dans la société (en partant sur les estimations du ministère de l’Intérieur, pas particulièrement connu pour être gauchiste, on parle de 0,57 % maximum de la population française en réalité). Par ailleurs 2/3 Français·e·s se disent favorables à l’accueil des réfugié·e·s, selon la même étude. Il y a quelque chose de l’ordre du serpent qui se mord la queue entre une grosse partie de la classe politique persuadée que la population attend d’elle un rejet xénophobe et une opinion publique qui reçoit à longueur de journée des discours de cette partie de la classe politique à base d' »appel d’air », de « vagues ou crises migratoires » : le « grand remplacement » brandi comme un chiffon rouge par certain prendrait quelque siècles, sans doute l’argent dépensé à réprimer le serait mieux à accueillir.

Toutefois et si vous n’êtes toujours pas convaincu·e·s à ce stade, la seule Méditerranée a fait d’après le Missing Migrants Project depuis le 1e janvier 2020, environ un·e mort·e toutes les 11 heures et 37 minutes. J’ai coutume de parler d’une « horloge macabre, » on peut aussi s’interroger sur le coût de ces pertes humaines. Je l’écrivais déjà aux côtés d’Éva Sas et de Claire Grover, « refusons le populisme migratoire » : il tord la réalité, est aussi coûteux qu’inefficace et, enfin, tue. Je laisse le soin de compléter en tant que de besoin. Avec humanisme et réalisme, j’espère vous avoir convaincu·e·s que les deux n’étaient pas incompatibles…

Problème, anti-migrants ou anti-immigration ?

Problématique : J’ai plusieurs amis qui accueillent chez eux des migrants et j’ai beaucoup de sympathie pour leur engagement. Dois-je renoncer à convaincre mes amis d’adhérer à l’association  « Démographie Responsable » si elle est en désaccord ?

Analyse : La question n’est pas si l’on est « anti-migrants »car qui pourrait être insensible à la misère des migrants venus du tiers monde ? La question est plutôt de savoir si l’on est  » anti-immigration « . La réponse à cette question est difficile et doit être nuancée. Malheureusement, les interlocuteurs  » pro-migrants » ne veulent pas quitter le terrain de la morale et de l’émotivité et évacuent le problème général des flux migratoires avec des slogans de type « l’accueil d’abord « . Comme ils reprochent , souvent implicitement, à leur contradicteurs d’être des égoïstes qui ne veulent pas partager leur confort, il faut déplacer le débat sur le terrain des faits :

1. L’empreinte écologique. Celle d’un habitant d’Érythrée est de 0,5 gha, celle d’un Malien de 1,6 gha, et celle d’un Français métropolitain de 4,5 gha ( en 2016). En s’installant en France un immigré venu du tiers monde multiplie son empreinte écologique personnelle et augmente l’empreinte générale de la France et de la terre . Cet effet est encore renforcé, à terme, par la plus grande fertilité des femmes immigrées. Ce type d’immigration est donc néfaste sur un plan écologique. Les accueillants qui sont souvent des écologistes devraient être sensibles à cet aspect. Mais cela ne semble pas être le cas.

2. pression démographique et colonialisme. Même l’accueil le plus vaste ne change rien au problème démographique qui est à la base des flux migratoires, même si la cause immédiate sont souvent des conflits armés pour les ressources que doivent se partager une population toujours plus grande : même si l’Europe accueillait 100 millions Africains, cela ne baisserait que marginalement la pression démographique en Afrique dont la population de 1 350 000 000 habitants en 2019 est prévue de passer à 2 450 000 000 en 2050 ! Je rappelle que , contrairement à une idée reçue, l’Afrique est déjà en déficit écologique lequel augmente d’année en année. Pire, l’accueil sans discernement aggrave les problèmes des pays d’origine. D’une part, l’émigration sert de soupape de sûreté à la pression démographique et retarde par cela la prise de conscience que la solution ne peut venir que des pays concernés eux-mêmes. C’est un principe bien connu en psychiatrie : pour guérir, le malade doit être conscient qu’il est malade et cette prise de conscience passe souvent par la souffrance. Le malade ne peut pas guérir par des anti-douleurs. Pourtant, la soit-disant aide au développement des occidentaux consiste à donner des anti-douleurs. De l’autre, ce sont souvent les forces vives qui émigrent, les plus pauvres n’en ont pas les moyens. Or, ces pays ont besoin de ces émigrés sur place et non de l’argent qu’ils envoient au pays, rendant ainsi ces pays encore plus dépendant de l’extérieur. On estime à 1000 le nombre des médecins syriens qui soignent les seniors allemands au lieu de la population restée sur place. C’est une forme de colonialisme !

3. Ethique et humanisme. En dernier lieu je voudrais mentionner un aspect qui n’est pas en rapport direct avec la démographie mais qui me paraît important pour la clarté du débat. En général, les « pro-migrants » hébergent les immigrés le temps de régulariser leur situation administrative, souvent à force de pression médiatique. Ensuite ils les remettent aux bons soins de l’État français,c’est-à-dire l’ensemble des Français qui, au demeurant, dans leur majorité subissent cette immigration plutôt qu’ils ne l’approuvent. Sur un plan éthique, les accueillants exercent donc une sorte charité au frais d’autrui. Ce type de miséricorde, à bon prix, n’est prévue ni par la bible ni par la pensée humaniste. La conviction, et parfois la fierté, des accueillants d’être « bon », et les autres « mauvais », n’est pas justifiée. Ils agissent, pour reprendre la fameuse distinction de Max Weber, selon une éthique de conviction et non selon une éthique de responsabilité laquelle prend en compte tous les effets d’une action et pas seulement les effets immédiats qui dans le cas présent, donnent la bonne conscience à certains mais s’avèrent, à plus long terme, négatifs pour tous.

Martin Rott

Démographie Responsable et immigrations

L’association Démographie Responsable mérite d’être connue, c’est une des rares instances officielles qui aborde de front la question démographique. Cela n’empêche pas les débats internes, voici un échange significatif sur la question migratoire :

IY : J’ai plusieurs couples d’amis qui accueillent chez eux des migrants et j’ai beaucoup de sympathie pour leur engagement. Démographie Responsable défend-elle une position anti-migrants ? Dois-je renoncer à convaincre mes amis d’adhérer à notre association ?

GD, responsable de l’association DR : Démographie Responsable est une association et non un parti politique. Elle n’a donc pas vocation à s’exprimer sur tous les sujets de société qui peuvent régulièrement apparaître (PMA, GPA, Gilets Jaunes, retraites, racisme et j’en passe). Il n’empêche, lorsqu’un de ces sujets a une influence évidente sur la démographie, nous nous sommes inévitablement amenés à nous exprimer.Concernant l’immigration et en dehors de tout aspect moral ou humain du sujet, il me semble que la position de DR est assez bien contenue dans la pétition intitulée « La population française ne doit pas dépasser 70 millions d’habitants » où il est écrit ceci : « Chaque habitant supplémentaire ajoute en effet à la pression sur la nature et sur les écosystèmes aggravant ainsi notre empreinte écologique. Il ne faut plus inciter les couples à avoir plus de deux enfants, via les allocations et le quotient familial, et faire en sorte que le solde migratoire tende vers zéro.» Pour être plus précis, cela signifie que puisqu’un nombre assez significatif de français partent s’installer à l’étranger nous ne sommes pas opposés à ce qu’un nombre équivalent d’étrangers puissent venir s’installer en France. Au-delà, heureusement, chacun est libre individuellement d’avoir un avis sur la question des migrations et de l’exprimer. Un exemple assez marqué vient d’un de nos plus éminents membres d’honneur, à savoir Yves Cochet, qui se prononce ouvertement dans les médias sur ce sujet en déclarant ceci « la limitation des naissances nous permettrait de mieux accueillir les migrants qui frappent à nos portes ». La question démographique est suffisamment difficile à porter pour éviter de se cliver sur chaque sujet de société. Il faut donc se rassembler autour de ce qui nous unit.

MS : À ma connaissance, Démographie Responsable n’a pas de position de groupe par rapport aux migrations, il suffit de taper le mot « migrant » sur le moteur de recherche de notre site DR pour s’en rendre compte. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas réfléchir collectivement sur ces questions migratoires, l’évolution démographique inclut nécessairement les faits de natalité, mais aussi la mortalité et les mouvements migratoires. Si la France ne peut nourrir que 30 millions de personnes « sobres » alors qu’elle compte pourtant actuellement 67 millions d’habitants et qu’on arrive à 7,8 milliards d’humains sur la planète qui voudraient bien vivre en France, il faut en arriver à quelques conclusions déplaisantes… si on est logique ! Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas secourir les migrants à titre personnel, ma femme s’occupe de l’apprentissage du Français par des migrants et j’ai beaucoup d’amis issus de l’immigration, mais il faut comme en toutes choses savoir instaurer politiquement une régulation globale.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

2 mars 2018, Organisation mondiale pour une démographie responsable

13 décembre 2016, Le point de vue de « Démographie Responsable »

3 octobre 2016, Pour que la démographie soit évoquée à la COP 22

31 mai 2014, Démographie et Ecologie, un sujet extrêmement tabou

17 septembre 2012, Agir avec l’association « Démographie responsable »

3 septembre 2010, démographie responsable

Un spécialiste prévoit la fin du pétrole

La crise liée à la pandémie de Covid-19 va-t-elle accélérer la transition énergétique, et donc la fin rapide du pétrole ? Le journaliste Jean-Michel Bezat estime que oui, la planète pétrole n’est plus dans la situation des contre-chocs précédents de 1986, 2008 et 2014. Il n’y a pas si longtemps, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoyait une production à 120 millions de barils par jour en 2030. Mais au plus fort de la récession d’avril-mai, la demande quotidienne est tombée de 100 millions à 70 millions de barils. Elle reculera de l’ordre de 8 % sur l’année. Et après ? Des tendances réduisent sa consommation, la limitation des voyages en avion, la percée des véhicules électriques, le développement de l’hydrogène comme à la SNCF, la réduction du transport maritime sous l’effet de relocalisations industrielles. Le directeur général de Shell admet qu’il est « très difficile » de dire si la consommation retrouvera rapidement son niveau d’avant-crise. Au sein des compagnies pétrolières, l’ambiance n’est plus à l’euphorie des heures fastes. Depuis cinq ans, elles ont réduit leurs dépenses d’exploration et n’ont jamais découvert aussi peu de brut : 10 milliards de barils en 2019, deux fois moins qu’en 2015. Dissipés les mirages des sables bitumineux du Canada, la multiplication exubérante des forages par 7 000 mètres de fonds marins, les projets fous dans l’Arctique, région déclarée « no-go zone » par Goldman Sachs fin 2019. La Bourse est un juge de paix implacable, les valeurs pétrolières reculent depuis des années. Les investisseurs institutionnels tiennent de plus en plus compte du risque systémique du réchauffement climatique : une partie importante des réserves, qui constituent l’actif de ces « zinzins », devra rester sous terre si l’on veut réduire les émissions de CO2.

Jean-Michel Bezat, le spécialiste énergie du MONDE, peaufine sa conversion aux réalités biophysiques. Adepte autrefois du tout-pétrole, militant du court-termisme du prix du baril fixé par le jeu de l’offre et de la demande, il se penche maintenant sur les problèmes structurels de la merde du diable, c’est-à-dire la raréfaction des ressources en énergie fossile, la contrainte climatique, la chute des cours en bourse. Bienvenue Jean-Michel au pays des militants de la descente énergétique liée au fait qu’on a déjà dépassé le pic du pétrole conventionnel depuis 2006. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 avril 2020, post-Covid, une société sans pétrole ?

extraits : L’éditorial du MONDE titre : « Après la crise, sortir de notre addiction au pétrole. » Il s’intéresse au conjoncturel, le contre-choc pétrolier, une baisse du prix du baril manigancé politiquement par la Russie et l’Arabie saoudite. Il s’intéresse à la baisse de la demande qui risque d’être durable confinement oblige, et qui accentuera un cours à la baisse de l’or noir. Pourtant l’éditorial constate que le climat exige une diminution de la consommation de pétrole… mais il ne dit pas que le prix du baril doit augmenter !…

21 février 2019, Beyond Petroleum, des mouvements vers cet objectif

extraits : Jean-Michel Bezat, journaliste au MONDE, était un « spécialiste » du pétrole qui se contentait de commenter l’état du marché, c’est-à-dire le jeu de l’offre et de la demande. Aucune perspective à long terme, aucune mention des dangereux rapports entre pétrole et réchauffement climatique. Il était un adepte du court-termisme. Dans une chronique récente, il donne au slogan de BP, « Beyond Petroleum », une toute autre dimension. Sa prise de conscience des enjeux écologiques est réelle…

17 janvier 2016, Le juste prix du pétrole, le même en 2009 et en 2016 !!!

extraits : Le journaliste Jean-Michel Bezat* se contente de ce qu’il connaît, le jeu marchand de l’offre et de la demande : « juste prix du baril, prix qui assure la rentabilité des investissements de production sans tuer la demande de pétrole ». Donc pour faire plaisir à tout le monde, « un cours oscillant autour de 70 dollars ». Rien de nouveau sous le soleil, Bezat avait écrit exactement la même chose… en 2009 : Sous la rubrique matières premières (29-30 mars 2009), il s’interrogeait doctement sur le juste prix du pétrole ou optimum économique. Avait-il la réponse ? Oui, il avait la réponse : « Le prix équitable se situe autour de 70 dollars ». Pour l’affirmer, il suffisait au journaliste de recopier ce que réclame les pétromonarchies du Golfe. Mais n’occultons pas la conclusion que faisait Jean-Michel : « Le sursis que les pétroliers s’accordent ne fera que rendre plus difficile la résolution de l’équation climatique. »…

25 septembre 2011, Jean-Michel Bezat occulte la fin du pétrole

extraits : Jean-Michel Bezat occulte la fin du pétrole en laissant trop de place à un écolo-sceptique, Daniel Yergin. Son article du MONDE* est d’autant plus biaisé qu’il dévalorise les analystes du pic pétrolier, traités d’adeptes du peak oil alors que ce sont des géologues confirmés…