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Violer la Terre-mère, un simple délit

La convention citoyenne pour le climat avait voté pour la création d’un crime d’écocide, le gouvernement a décidé de n’en faire qu’un délit : « Nous allons créer un délit général de pollution. Les pénalités seront modulées en fonction de l’intentionnalité de l’auteur. Les peines encourues vont de trois ans d’emprisonnement à dix ans d’emprisonnement selon qu’on est en présence d’une infraction d’imprudence, d’une violation manifestement délibérée d’une obligation et la plus lourde, d’une infraction intentionnelle. » Les amendes, qui se veulent dissuasives, iront de 375 000 à 4,5 millions d’euros. « Autrefois vous polluiez, vous gagniez, demain vous polluerez, vous paierez jusqu’à dix fois le bénéfice que vous auriez fait  », assure le garde des sceaux. Un deuxième délit de « mise en danger de l’environnement » devrait aussi voir le jour. Voici quelques réactions :

Marie Toussaint : Les ministres se saisissent enfin de l’enjeu crucial de la répression pénale des atteintes à l’environnement. Parmi les propositions formulées nous ne trouvons toutefois trace ni d’une approche écocentrée, ni de la condamnation des atteintes autonomes à l’environnement, c’est-à-dire sans qu’elles ne soient rattachées à la violation d’une règle en vigueur.
Marine Yzquierdo (Notre Affaire à Tous) : Ce délit général de pollution est sans rapport avec le crime d’écocide, censé punir les atteintes les plus graves à l’environnement en intégrant une approche écosystémique en référence aux limites planétaires. Ce délit devrait s’ajouter au crime d’écocide et non le remplacer. Reste une avancée intéressante avec la création d’un délit de mise en danger de l’environnement, mais le critère de “violation délibérée” est à discuter car s’il faut en plus que cela soit “manifeste”, cela posera une condition supplémentaire et donc limitera le champ de la répression. »
Victor M : Et en même temps, le gouvernement a supprimé progressivement les effectifs des inspecteurs de l’environnement qui constatent les pollutions et mène des enquêtes, en outre, il a créé une cellule spéciale (demeter) pour intimider et poursuivre les lanceurs d’alerte qui dénoncent les pollutions !
Gérard Pinard : Un petite loi qui fait semblant de et qui ne changera rien. Pendant ce temps, le pôle nord est 12 degrés au dessus des moyennes historiques. Quand on se décidera d’agir pour Les différences entre un délit et un crime sont au niveau des tribunaux compétents pour les traiter et des peines encourues. Considérer l’atteinte à l’environnement comme un crime impliquerait une peine minimale de 15 ans de prison,
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crime écologique, crimes verts, écocide

D’une définition de l’écocide à une application pénale

Crime d’écocide, bientôt la reconnaissance officielle

Féminisme radical et écologie politique

SCUM Manifesto, pamphlet autoédité en 1967 par Valerie Solanas, n’y va pas de main morte : « Rien dans cette société ne concerne les femmes. Alors, à toutes celles qui ont un brin de civisme, le sens des responsabilités et celui de la rigolade, il ne reste qu’à renverser le gouvernement, en finir avec l’argent, instaurer l’automation à tous les niveaux et supprimer le sexe masculin. » SCUM, acronyme de Society for Cutting Up Men (l’association pour châtrer les hommes) appelle à constituer des banques de sperme pour assurer la reproduction et tient l’homme pour « un accident biologique ; le gène Y (mâle) n’est qu’un gène X (femelle) incomplet, une série incomplète de chromosomes (…) une femme manquée, une fausse couche ambulante, un avorton congénital ». Si Solanas elle-même ne se considérait pas comme féministe et traitait les associations féministes avec mépris, son manifeste est considérés par certaines comme un acte fondateur du féminisme radical. Aux Etats-Unis, SCUM a divisé profondément les féministes au cours des années 1970 et provoqué une fracture au sein de la National Organization for Women (NOW), la principale organisation féministe. L’emblématique fondatrice, Betty Friedan, estimait que les idées de Solanas faisaient du tort à la cause, tandis que d’autres militantes la défendaient. Cinquante ans après, deux essais reprennent l’idée de se passer des hommes : Moi les hommes, je les déteste, de Pauline Harmange et Le Génie lesbien de l’élue Ecologie-Les Verts (EELV) au Conseil de Paris Alice Coffin.

Les pamphlets sont des pamphlets à l’égal des caricatures de Mahomet, des témoignages que la liberté d’expression existe aux États-Unis et en France. SCUM n’est qu’une caricature, un simple prurit. Le sexicide devrait faire rire et ne pas être pris au pied de la lettre. Libres à certaines de ne vivre qu’entre femmes comme des hommes préfèrent l’entre-soi. Mais toutes ces manifestations ne font pas projet de gouvernement. Que Coffin ne lise plus Matzneff, soit, qu’elle fasse virer Girard, c’est un changement de registre. Ce qui inquiète chez ces féministes radicales, c’est de ne plus faire la distinction entre la pensée symbolique et l’action réelle. Ce qui inquiète chez EELV, c’est qu’on donne la parole et des places d’élues à un féminisme extrémiste alors que l’écologie politique prône le sens des limites. Le féminisme politique, c’est-à-dire la volonté de mettre en œuvre l’égalité réelle entre l’homme et la femme est l’exact contraire du séparatisme des sexes. Le terme misoandre n’existait pas avant les années 1970, c’était injuste puisque le terme misogyne existait. Mais l’existence d’un mot désignant certaines attitudes ne devrait pas occulter le fait que nous sommes tous fondamentalement androgynes. Voici quelques compléments d’analyse sur lemonde.fr :

Extrêmecentre : L’argumentation de cet « SCUM » comporte la même structure que les « écrits » antisémites et racistes. En particulier l’animalisation, donc la déshumanisation, d’une partie de l’espèce humaine afin de justifier son élimination. A bien des égards on est en présence d’un Mein Kampf féministe. Je ne comprends même pas qu’on réserve une seule ligne à ce type de machin dont on apprend avec consternation qu’il a inspiré nombre de féministes actuelles (cela étant on s’en doutait).
Hervé Corvellec : Je mettrais le SCUM au rayon littérature et non pas sciences humaines, ce qui n’empêche pas les études de genre d’y faire référence. Il s’agit selon moi d’un écrit de révolte à mettre dans la tradition du Marquis de Sade (sans les détails) ou d’Alfred Jarry (sans l’humour) . Solana y vomit la sociétés des hommes comme d’autres vomissent leur haine de tel ou tel groupe de personnes – ce qui bien sûr pose problème.
Jibé : SCUM montre bien comment le féminisme n’est qu’une des expressions de l’extrême-droite exclusive, qui a réussi par je ne sais que tour de magie à recevoir un label « de gauche » tout en prônant des exclusions et interdictions de mélange dans tous les sens.
Alta : Ce que ces » féministes » ne comprennent pas, c’est que tous leurs excès provoquent ce qu’elles haïssent le plus. Chaque fois qu’une femme dit vouloir exterminer les hommes, elle raidit un peu plus ceux qui auraient pu tendre une main vers elle.
Vermont1 : Solanas était une grande admiratrice de William Burroughs. Selon maints témoignages elle le suivait partout dans New York. Bien sûr, Burroughs (qui avait tué sa femme d’une balle dans la tête) avait écrit, bien avant Solanas, un petit texte intitulé ‘A New Frog’ où, découvrant cette nouveauté scientifique qu’était le clonage, imaginait un monde où les mâles pourraient se reproduire sans les femelles, ce qui rendait la présence du genre féminin sur terre tout à fait dispensable. Burroughs représentait non seulement l’icône gay des années 50, 60, mais aussi le seul grand écrivain de son époque qui assumait une misogynie radicale.

Pour en savoir plus sur l’écoféminisme :

Écoféminisme et question démographique

CLIMAT, les politiques jugées par des juges

Le Haut Conseil pour le climat (HCC) avait estimé en juillet 2020 que la France n’est pas sur la bonne trajectoire pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. En novembre c’est le Conseil d’État qui donne trois mois à l’exécutif pour « justifier que la trajectoire de réduction à horizon 2030 pourra être respectée ». A l’issue des trois mois, le CE demandera au gouvernement de se justifier à la barre sur l’efficacité de ses politiques publiques. Si la haute juridiction administrative n’est pas satisfaite des réponses, « elle pourra enjoindre à l’Etat de prendre des mesures relevant du champ réglementaire pour rectifier la trajectoire. » Le CE considère que l’article 2 de l’accord de Paris, qui limite notamment le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C et si possible 1,5 °C, n’a pas d’effet direct sur le droit français, mais qu’il doit être pris en considération dans l’interprétation de ce dernier. Cette décision est qualifiée d’« historique » par les associations de défense de l’environnement : on passe à une obligation de résultats en matière de lutte contre le changement climatique. Des commentateurs sur lemonde.fr montrent que si on veut vraiment lutter contre les émissions de gaz à effet de serre tout le monde est concerné :

Paco : Et après avoir enjoint le gouvernement ,s’il ne s’est rien passé, celui-ci aura un mauvais point. Au bout de 10 mauvais points, le CE fera un rappel à l’ordre et au bout de 10 rappels à l’ordre….zut, on sera en 2062.
G. Delaurens : Que pourrait faire l’Etat francais, de plus que de nous condamner à vivre dans un air pollué ?
Cartesien @delaurens. Vous mettre une contravention si votre véhicule pollue trop, si vous êtes seul et avez un gros véhicule inutilement, si vous prenez plus d’une fois tous les 5 ans l’avion pour les vacances, si vous achetez des produits fabriqués à l’autre bout du monde, si vous êtes connecté à internet plus d’une heure par jour pour les loisirs, si vous prenez une douche par jour, si vous chauffez à plus de 19 degré, etc. Il y a beaucoup de mesures concrètes à prendre pour la planète. Le seul problème est l’acceptation sociale et on l’a vu avec l’augmentation de 10ct (10cts !) des carburants pour faire évoluer les comportements. Ça a rendu les ronds points populaires 😉
Max Moritz : Beaucoup se réjouissent de ce que le gouvernement ait maintenant « une obligation de résultats »! Fort bien, mais ce n’est pas le gouvernement qui produit du CO2, c’est nous tous. Donc nous tous avons maintenant une obligation de résultats. On commence demain matin? Tous à pied? Puis extinction des tv, smartphones, pc etc… Puis…..
Un passant bien paisible : Il y a quelques mesures de bon sens qui permettraient sinon d’y arriver, du moins de se rapprocher des objectifs : 1/ interdire sauf impérieuse nécessité toute circulation automobile entre 21h et 6h du matin (en plus ce serait bénéfique pour la lutte anti-covid) 2/ arrêter immédiatement toutes les centrales utilisant de l’énergie fossile. Procéder à des délestages si nécessaire. 3/ fermer tous les parkings des grandes surfaces et des zones commerciales, et obliger les gens à aller faire leurs courses à pied. 4/ taxer lourdement toute personne utilisant une énergie fossile pour son chauffage 5/ interdire avec effet immédiat tout chauffage au bois. 6/ limiter le chauffage dans les logements à 17° et permettre à la maréchaussée d’intervenir dans les logements pour verbaliser lourdement tout contrevenant. Valable également pour les 2 points précédents.
NG : Les gilets jaunes sont le produit de telles mesures… Alors que ce sont les riches qui contribuent en majeure partie aux émissions, c’est là qu’il faut attaquer.
Un passant bien paisible @NG, votre idée selon laquelle ce sont les riches qui contribuent en majeure partie aux émissions est très intéressante. Pouvez vous nous préciser quelles sont ces émissions majoritairement effectuées par les riches, et quelles solutions vous préconisez pour y remédier !
Alex Viroth : Le modèle de la grande surface occasionne moins de déplacements au total (fournisseur + clients) que le petit commerce. Taxer les personnages utilisant une énergie fossile pour se chauffer revient à augmenter le coût du chauffage. Quant à limiter le chauffage dans les logements, c’est comique…
Un passant bien paisible @Alex, indépendamment de la difficulté à mettre en place, le problème du chauffage devra être traité de toute manière. Et il faudra bien trouver d’une façon ou d’une autre un moyen de « pénaliser » jusqu’à le réduire à néant le sur-chauffage actuel.
Adrien H : Le bon sens en 2020 : obliger, taxer, interdire, verbaliser, et ceci jusque dans vos logements bien entendu. Assurément, un parti politique avec ce programme susciterait une telle adhésion qu’il remporterait sans difficulté toutes les élections pour les 50 prochaines années.
Un passant bien paisible @ AdrienH : j’avais encore d’autres mesures phares en stock comme notamment l’instauration d’une écotaxe pour les poids-lourd avec mise en place de portiques sur les réseaux routiers et autoroutiers…

Accouchement à domicile, un interdit ?

Accouchement à domicile, les poursuites en radiation et les difficultés de s’assurer ont éclairci les rangs de la profession. Il n’est pas recommandé de donner la vie de manière naturelle, sans péridurale ni ocytocine, cette hormone de synthèse qu’on injecte pour accélérer et renforcer les contractions. Les femmes sont minoritaires à aller à rebours des accouchements médicalisés, entre 1 000 et 3 000 actes par an pour 800 000 naissances annuelles en France. L’accouchement accompagné à domicile (AAD) ne s’est jamais vraiment remis de l’avènement de l’hôpital public, dans les années 1950 et 1960. Une nouvelle proposition périnatale s’offrait alors aux femmes : donner la vie dans des conditions sanitaires optimales, avec l’aide de personnels diplômés et sans débourser un centime. Des jours de repos étaient même payés par la Sécurité sociale : les parturientes auraient été stupides de ne pas plébisciter ce modèle. C’est ainsi que s’impose le « progrés technologique », en faisant miroiter des avancées et en pourchassant ceux qui veulent en rester aux méthodes traditionnelles. Place au  système fordiste, où les femmes sont standardisées, surveillées à distance depuis une salle de contrôle,soumises à des gestes médicaux, eux aussi standardisés.

Pourtant aucun texte n’interdit l’AAD en France, l’acte est remboursé au même tarif qu’un accouchement classique : 313,60 euros). Nous sommes des mammifères. Partout dans la nature, les femelles savent se comporter quand leur bébé arrive. La pratique est le plus souvent le « hands-off », une technique consistant à utiliser le moins possible les mains, afin de laisser la femme accoucher sans intervention extérieure – et renouer ainsi avec cette « fierté noble d’enfanter seule ». On attend au moins vingt minutes avant de clamper le cordon ombilical, afin de maintenir la circulation du sang entre le placenta et le nouveau-né, et non immédiatement comme le font généralement les maternités. Il y a toujours une part de risque dans tout accouchement, on ne peut pas en faire abstraction. Le transfert vers l’établissement de santé le plus proche froisse les gynécologues obstétriciens : « Un accouchement n’est pas un événement anodin. Si une femme commence à faire une hémorragie post-partum [HPP, l’une des principales causes de mortalité maternelle dans les pays industrialisés], je ne vois pas comment la sage-femme qui l’assiste va pouvoir contenir le saignement, le temps qu’arrive le SAMU ». Or l’ocytocine augmente le risque d’hémorragie grave, la technologisation alliée à la chimie comportent aussi leurs risques. Publiée en 2019 par la revue scientifique The Lancet, une enquête internationale conclut, sans ambiguïté : « Le risque de mortalité périnatale ou néonatale n’était pas différent quand l’accouchement était prévu à la maison ou à l’hôpital. »

Tous ces éléments de réflexion et bien d’autres sont proposées par l’article du MONDE, « Nous déplaisons à l’ordre établi » : ces sages-femmes qui pratiquent l’accouchement à domicile. Commentaires sur lemonde.fr
Batman98 : Nous avons accouché à la maison, un bonheur simple, tout a été parfait, pour tout le monde. ça n’a rien coûté à la société, empreinte carbone nulle, une arrivée dans la vie en douceur. Que les obstétriciens se désolent de perdre des parts de marché au détriment des familles est lamentable. Ce sont des spécialistes qui devraient jouer un rôle seulement en cas d’urgence. Si on veut traiter les femmes comme du bétail anonyme, c’est sûr que c’est plus facile et ça rapporte plus à l’hôpital et aux médecins. Du business.
Gédéon76 : Ceux qui parlent de « violence obstétricale » et de patriarcat devraient s’interroger sur le fait que la mortalité périnatale est 40 fois plus élevée en République Centrafricaine ou au Pakistan qu’en Finlande par exemple. Allez expliquer à une africaine ou une pakistanaise qui a perdu son enfant dans des conditions dramatiques que certaines femmes en occident ne jurent que par un accouchement comme au XVIII ème siècle ou comme les autres mammifères. A quand un papier glorifiant les parents qui refusent de vacciner leurs enfants ?
LaPalice : Gédéon a une opinion sur comment les femmes devraient vouloir accoucher car lui sait ce que c’est que la maltraitance obstétricale, l’intrusivité, l’accouchement à la chaîne et l’infantilisation des femmes. Aux pays bas, quasiment un tiers des femmes accouchent chez elles. Ça va, c’est assez blanc et riche comme pays pour que vous respectiez ces pratiques ?
Compléments d’analyse sur notre blog biosphere :

Violences obstétricales, médicalisation de l’accouchement

L’accouchement à domicile, c’est un choix de l’écologie

accouchement, désert médical ou société surmédicalisée ?

donner la vie n’est pas une maladie

bien naître, bien-être

Danger pour les uns, risque pour d’autres

Notre protection contre l’industrie chimique repose sur des termes inaccessibles au commun des mortels : phtalate, bisphénol A, parabens, éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés, composés perfluorés (PFC), Chrome VI, HAP (hydrocarbure aromatique polycyclique) aux effets cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques et perturbateurs endocriniens. Les polluants sont présents dans tous les objets du quotidien. Même les institutions censées prendre en charge notre protection se révèlent dépassées par la complexité des problèmes. A Bruxelles, la nouvelle stratégie du Green Deal vise un « environnement sans substances toxiques » à l’horizon 2030. A l’échelle de l’Union européenne (UE), environ 300 millions de tonnes de substances chimiques sont produites chaque année et la grande majorité (74 %) est considérée comme « dangereuse pour la santé ou l’environnement » par l’Agence européenne pour l’environnement. La direction générale chargée du marché intérieur et de l’industrie a pesé de tout son poids pour freiner cet élan réformateur. La chimie, quatrième secteur industriel en Europe (28 000 sociétés, dont les géants Bayer et BASF, un million d’emplois), est aussi un enjeu dans la bataille économique mondiale. Plus surprenant, la direction générale de la santé et de la sécurité sanitaire (DG Santé) s’oppose également au projet porté par la DG Environnement.

La DG Santé se dit « préoccupée » de « l’extension de l’approche fondée sur le danger dans la gestion des produits chimiques », proposée par la DG Environnement. Derrière ce jargon technique se cache une question fondamentale : l’approche fondée sur le danger (hazard based) consiste à réglementer un produit selon ses propriétés intrinsèques (par exemple cancérogène, reprotoxique, perturbateur endocrinien, etc.). La DG Santé, elle, dit préférer une approche fondée sur le risque (risk based) : dans ce cas, une molécule peut être utilisée, indépendamment de ses propriétés, si les évaluateurs du risque estiment que l’exposition de la population y sera très faible. Les commentateurs sur lemonde.fr nous éclairent :

Jean Jouet : Lla présentation du débat ‘approche DANGER , versus RISQUE’ interpelle. En sécurité, on identifie les dangers et on analyse les risques : si on se fie seulement au danger, alors on arrête tout travaux en industrie, mais on arrête aussi le ski de piste, l’alpinisme, la moto , etc… Pour la chimie : quid des médicaments ? à ce que je sache, la plupart si pas tous ont des dangers , parfois très graves. C’est pourquoi on analyse les risques et définit une posologie. Et pour les plus dangereux, on ne peut les acheter sans avis médical. Distinguer DANGER et RISQUE, c’est aussi faire une balance coût / bénéfice , et on doit être capable de prononcer ces deux mots sans y voir de suite la main du libéralisme débridé, mais simplement la traduction de ce que nous faisons tous les jours en tant qu’humain avant de décider.

Izy : Traduisons la novlangue orwellienne. La DG Santé est en fait la DG Maladie, la maladie étant son filon d’exploitation. Cela est conforme au fait que n’importe quel citoyen peut constater : l’industrie de la maladie a remplacé la politique de la santé.

Le sceptique : Aujourd’hui, on parle d’un environnement sans substances toxiques à l’horizon 2030. Hier, on parlait de mettre fin à l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2030. Avant hier, quelques avait sûrement dû lancer qu’on pouvait stopper le réchauffement climatique à l’horizon 2030. Pourquoi l’environnement est-il un thème où l’on trouve normal d’énoncer des objectifs absurdes? En santé, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de maladies en 2030. En économie, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de chômage ou de crise en 2030. En diplomatie, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de guerre en 2030. Je trouve que cela indique une certaine immaturité démocratique du thème de l’environnement. Soit c’est resté le truc superficiel où le technocrate se dit : « tiens, je dois combler un vide, pourquoi pas une grande promesse en l’air? ». Soit c’est un thème qui bloque une partie de la raison et conduit à des pensées sans recul.

Camille Pol @ le sceptique : Il demeure néanmoins plus réaliste de mettre en place une réglementation européenne interdisant les produits toxiques (et y parvenant) que de mettre en place une politique publique visant à supprimer le chômage ou la guerre (et y parvenant). Votre commentaire est effectivement révélateur d’une certaine immaturité démocratique du thème de l’environnement. Vous nous avez au moins épargné un argument de tendance néolibérale du type “Ces activités créent des emplois” (en se focalisant sur ceux qui permettent à des capitalistes de s’enrichir) sans prendre en compte les coûts supportés par la collectivité en terme de santé, bien évidemment !

Izy : À la décharge du sceptique, il faut noter que, pour paraître prévoyant et rationnel sans avoir la moindre volonté de l’être, le baratin technocratique ambiant fixe d’autant plus d’objectifs qu’il reste incapable de mettre en œuvre quelque moyen que ce soit pour les atteindre.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Chimiquement contaminé… et il n’y a pas de solution

4 mars 2018, Néocotinoïdes, le gourdin d’une agriculture chimique

15 décembre 2016, La pollution chimique imprègne nos corps et nos esprits

10 mars 2016, Collusion éhontée des pouvoirs avec l’industrie chimique

14 juin 2013, le point de non-retour grâce aux produits chimiques !

8 novembre 2011, Nanotechnologies, l’industrie passe avant la santé

CLIMAT, l’Etat condamné à agir vraiment !

Le Conseil d’Etat avait été saisi en janvier 2019 par la commune de Grande-Synthe, dont le maire écolo Damien Carême estimait que sa ville, située sur le littoral du Nord, était menacée de submersion par « l’inaction climatique » du gouvernement.

Le 19 novembre 2020, la justice française a donné trois mois à l’État pour justifier de ses actions en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, une décision « historique » pour les défenseurs de l’environnement. Il s’agit du premier contentieux climatique à arriver devant la plus haute juridiction administrative française. Les juges n’ont pas tranché sur le fond, mais estimé que l’Etat – qui avait argumenté par écrit pour un rejet pur et simple de la demande – devait justifier que ses actions étaient bien compatibles avec les objectifs qu’il a lui-même fixés à la France en matière de limitation des émissions responsables du réchauffement climatique. Ils ont notamment relevé que l’Etat s’était fixé une baisse de 40% des émissions en 2030 par rapport à leur niveau de 1990, dans ses « stratégies nationales bas carbone » (SNBC, dont la dernière remonte à avril 2020).

Des objectifs pour mettre en œuvre l’accord de Paris de 2015 visant à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l’ère pré-industriellle, conclu sous l’égide de la France. Or les « budgets carbone » d’émissions des SNBC successives ont toujours été dépassés, comme l’ont notamment montré les rapports du Haut Conseil pour le Climat, dont les juges rappellent qu’il a « souligné les insuffisances des politiques menées pour atteindre les objectifs fixés ». L’Etat a d’ailleurs en conséquence revu ses objectifs à la baisse, rappellent les juges. Fort de ces constats, le Conseil d’Etat demande au gouvernement de justifier la « compatibilité avec la trajectoire de réduction des gaz à effet de serre » de son objectif pour 2030. Les juges ont ainsi suivi les recommandations du rapporteur public, qui estimait lors de l’audience du 9 novembre qu’au vu de « l’urgence climatique », les législations ne pouvaient avoir « un objectif uniquement programmatique, mais bien contraignant ».
« Renvoyer les requérants à 2030 ou 2050 pour voir si les objectifs sont atteints vous conduirait à participer à cette tragédie » climatique, car « le risque existe que tout retard soit irréversible », avait-il argumenté. L’Etat va devoir rendre des comptes, les lois de programmation ne sont pas seulement pour la galerie.

Le gouvernement « prend acte », a réagi le ministère de la Transition écologique, « qui répondra évidemment à cette demande, qui n’est pas un jugement sur le fond mais une demande de preuves d’action ». Et de défendre sa « politique offensive » contre le réchauffement, citant notamment les « 30 milliards » du plan de relance affectés à la « relance verte », ou la future loi traduisant la Convention citoyenne pour le climat, qui « doivent permettre à la France d’atteindre les objectifs climatiques fixés ».

19 novembre, la journée mondiale des WC

Chaque jour il nous faut uriner et déféquer, bref c’est un besoin vital. Souvent le lieu importe peu, c’est n’importe où, mais quand on est des milliards à se soulager, ça craint.

C’est pourquoi l’Organisation des Nations unies (ONU) a choisi le 19 novembre pour marquer la Journée mondiale des toilettes. Faire pipi-caca, c’est en effet le moyen d’aborder de nombreuses problématiques : comment économiser l’eau en tirant la chasse ? Comment récupérer l’urine qui peut faire un bon engrais ? Comment construire des toilettes pas cher et performantes ? Passant du PC au PQ, Bill Gates finance depuis longtemps un concours pour réinventer les toilettes, capables de fonctionner sans électricité ni système de tout-à-l’égout. Certains vont déjà dans le tout-techno, sièges chauffants, biocapteurs installés dans la cuvette permettant de mesurer le taux de sucre dans le sang, cuvette rotative qui retient les odeurs. D’autres pratiquent la simplicité éclairée, cela s’appelle les toilette sèches.

Les toilettes sèches, aussi appelées toilettes à compost ou TLB (toilettes à litière biomaîtrisée), permettent le contrôle de la réaction chimique de dégradation des urines et des fèces grâce à l’ajout de matière ligneuse (sciure de bois). Elle n’utilisent pas d’eau et peuvent être installées très facilement, pour un coût minimal. L’urine contient la majeure partie du phosphore excrété. Elle est récupérable par l’usage de toilettes séparées pour la miction et la défécation. Une fois compostés, les excréments fournissent un engrais gratuit et riche en phosphore et azote. Pas besoin de milliards, pas besoin d’assainissement. Nous n’avons pas à frémir ni fantasmer sur nos matières fécales : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… Même dans nos comportements les plus triviaux, nous devons nous considérer comme un élément des écosystèmes auto-organisés qui nous entourent. Si le phosphore manque, la production agricole chutera. Pisser dans des toilettes « hygiéniques » avec le « tout-à-l’égout » n’est pas le meilleur service à rendre à l’humanité… A lire sur notre blog biosphere, pisser dans la nature ou dans des toilettes (22 novembre 2012)

pisser dans la nature ou dans des toilettes ?

NB : Pour le plaisir des yeux et sans les odeurs, « Toilettes sans tabou » de Thierry Berrod (Fr., 2019, 52 min). A la demande sur Arte.tv jusqu’au 12 janvier 2021.

Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Être ingénieur et écologiste est une nécessité, une nouvelle génération de jeunes s’engage dans les grandes écoles. Mais que peut-elle faire ?

Benoît, 22 ans, aux Mines de Paris et à Polytechnique : « A raison de dix à vingt heures par semaine, avec l’équipe du Manifeste pour une transition écologique, je m’engage à faire pression sur les dirigeants d’entreprise avec l’objectif de révolutionner leur modèle économique.  Loin d’être antinomique, je suis convaincu qu’être ingénieur et écologiste est devenu une nécessité.»
Hugo, 22 ans, étudiant à l’école d’ingénieurs de Mines ParisTech: « Ce qui a déclenché mon sursaut écologique, c’est un cours sur l’énergie de Jean-Marc Jancovici ; il nous a enseigné que l’économie est très dépendante des énergies fossiles et qu’on ne peut pas les substituer en ayant la même énergétique. Il faut donc faire preuve de sobriété. J’ai donc rejoint le collectif Pour un réveil écologique, qui a pour but d’encourager les écoles et les universités à intégrer les enjeux environnementaux dans les programmes scolaires, mais aussi de mettre au défi les entreprises en analysant leurs politiques environnementales. »
Alexandrine, 20 ans, étudiante à CentraleSupélec : « J’ai adhéré à une association étudiante Forum Ingénieurs responsables. Le Forum aura lieu le 18 février 2021, réunira des entreprises engagées dans la transition écologique qui proposeront des stages ou des emplois aux étudiants. Pour moi, être ingénieure et engagée dans la cause écologique, c’est l’avenir. Ce que j’aimerais faire plus tard : utiliser ma technique pour contribuer à résoudre des problèmes mondiaux. »
Caroline, 23 ans, ingénierie du développement durable à l’INP de Toulouse : « Mes recherches étaient axées sur le côté environnemental pur, l’étude des phytosanitaires, les problèmes de nappes phréatiques… mais il n’y a personne qui me donne la possibilité d’agir efficacement face aux enjeux environnementaux. Dans notre cursus, on nous répète que 90 % des emplois qu’on occupera n’existent pas encore, que c’est à nous d’agir. En réalité, ce n’est pas nous, avec nos petits bras, qui allons tout changer. »

Commentaire de biosphere : Ce ne sont pas 4 clairvoyants qui peuvent s’opposer à leurs condisciples qui préfèrent le commerce et la finance. Mais les temps changent. Autrefois leurs aînés ayant fait les mêmes cursus montraient une même foi à réformer la société et à guider le peuple vers le bonheur, sauf que cette foi était techno-productiviste alors que la leur est écologiste. On ne connaissait pas à l’époque le mot sobriété et l’écologisme était considéré comme obscène. Le problème, c’est que la presque totalité des emplois offerts aux ingénieurs sont issus de cet ancien temps croissanciste, ils sont plutôt nocifs pour la planète et/ou la vie humaine. L’idéal, c’est que le tout nouveau diplômé ingénieur retourne à la terre ou à l’artisanat local. Certains super-diplômés font déjà cette démarche.. .Pour compléter cette analyse, lire sur notre blog biosphere :
22 avril 2019, Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

21 avril 2019, Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

9 novembre 2017, Les Écoles d’ingénieurs au service des entreprises

Les Écoles d’ingénieurs au service des entreprises

18 octobre 2018, Appel à démissionner de tous les métiers inutiles

Caricatures et tolérance partagée

La provocation n’est ressentie comme provocation que par ceux et celles qui s’estiment provoqués. Avant de parler de liberté d’expression et de caricatures blessantes, prenons l’exemple de la nudité sur les plages. Que faut-il préférer comme système social ? Le modèle traditionnel est de ne pas dénuder le corps. Dans un esprit de tolérance réciproque, les textiles devraient accepter le nudisme des uns comme les naturistes accepteraient la différence vestimentaire sur une plage partagée par tous et toutes. Le respect de pratiques différentes doit être un critère permettant la coexistence pacifique. Transposons cet exemple dans le cas de la liberté d’expression en matière de religions… Le concept de laïcité est inconnu dans un pays islamique. C’est un fait qui empêche un pays d’être véritablement démocratique. Face à l’expansion des intransigeances intégristes, il ne faut rien céder quand on est démocrate. La démocratie repose sur le libre-échange d’opinions contradictoires pour arriver à une synthèse, et le changement d’avis est un corollaire de cette pratique. Chacun a le droit de dire ce qu’il pense même si cela choque, puisque les religions ont le droit de dire ce qu’elles pensent. Avec une tolérance réciproque, il n’y a plus de provocation possible, mais seulement une invitation au dialogue. Sinon, on forme une société bloquée et réactionnaire, aux mains de personnes qui n’ont pour seule justification que des arguments d’autorité allergiques à l’esprit de la libre pensée. Une caricature mettant en scène une religion ne provoque pas, elle ne fait qu’inciter à réfléchir par rapport à ses propres présupposés.
Pour lire la totalité de cette analyse,
article initialement paru sur le monde.fr

Extrême droite et refus de la climatologie

Peu de gens auraient imaginé que le dérèglement du climat visible à l’œil nu coïnciderait avec l’importante progression d’une force politique qui nie catégoriquement ce phénomène. Aucun des scénarios du GIEC n’avait compté sur la possibilité que les dispositifs gouvernementaux en Europe et dans les Amériques seraient aux mains de partis et de présidents n’ayant qu’une hâte : expédier aux oubliettes l’urgence de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Nous soutenons dans ce livre* que la politique climatique de l’extrême droite s’est développée conjointement à certains intérêts matériels des classes dominantes.

Les changements progressistes ont tendance à provoquer de violentes réactions à leur encontre, et le climat ne fait pas exception. Le catéchisme du capitalisme fossile peut se résumer simplement : les combustibles fossiles sont bons pour les gens. Au fondement de cette doctrine se trouve un mode spécifique d’accumulation du capital qui domine depuis le début du XIXe siècle : la création de profits à travers l’extraction et la combustion des énergies fossiles. A mesure que l’extrême droite progresse, la thématique du changement climatique recule. La fragmentation de la politique climatique internationale sur des lignes nationales (cf accord de Paris de 2015) et les pressions nationalistes pour le retrait de l’accord ont formé deux maillons d’une même chaîne, le second poussant l’argument à son extrême : notre nation n’a pas à lever le petit doigt. Le fait que le capital fossile et l’extrême droite aient fusionné aux USA dans la personne de Donald Trump est significative. Dès sa première semaine à la Maison Blanche, à la fin du mois de janvier 2017, une cascade de décret approuvait le Dakota Access pipelines, le pipeline Keystone XL et décidait la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique. C’est devenu une règle, chaque fois qu’un parti européen d’extrême droite dément ou minimise l’importance du changement climatique, il fait par la même occasion une déclaration sur l’immigration. Quelques semaines avant l’élection présidentielle de 2007, Jean-Marie Le Pen proposait concernant l’immigration de couper « les pompes aspirantes, c’est-à-dire les services que nous assurons à tous les gens qui se trouvent sur notre territoire même si nous n’avons pas souhaité leur venir. » Il qualifia ensuite le changement climatique de « dogme » destiné à « terroriser les populations », affirmant qu’un éventuel réchauffement était dû au soleil. L’extrême droite agit dans le but d’anéantir toute barrière à l’accumulation du capital fossile, pour « libérer » les énergies bloquées sous terre.

Mais pour exister en tant que force historique réelle, la première des conditions est une crise. L’Italie et l’Allemagne sont entrées dans une crise d’après-guerre si profonde que les fonctions étatique de base – maintenir la cohésion sociale et garantir l’accumulation du capital – ne pouvaient plus être assurées ordinairement. Cependant aucune crise n’a engendré directement le fascisme. Mussolini comme Hitler ont été installés aux commandes par les détenteurs traditionnels du pouvoir qui misaient sur les forces fascistes pour sortir de l’impasse socio-économique due à la crise. Il faut reconnaître aussi à l’extrême droite un véritable mouvement de masse, avec une ferveur nationaliste et des partisans parmi les ouvriers. Le fascisme n’est pas pour les temps ordinaires ; aucune foule ne se rue vers lui si le sol ne menace pas de se dérober sous ses pieds. Mais quand une apocalypse se profile à l’horizon, les démagogues du sang et du sol tiennent le haut du pavé.

* Fascisme fossile (l’extrême droite, l’énergie, le climat) aux éditions La fabrique 2020

Voici venu le temps de l’immobilité…

En 1968, 2 % seulement de l’humanité franchissait une frontière, 60 millions de personnes. Aujourd’hui 20 %, soit un milliard et demi. Face à ce bougisme pendulaire (on part d’un endroit pour revenir au même endroit), la période de confinement est propice à la réflexion sur place. Ainsi Jean Viard divague sur les chemins de traverse, de cette pandémie doit naître un code mondial du voyage. A son avis voyager, c’est l’internationalisme qui triomphe, une humanité en cours de construction, au-delà de ses différentes cultures et nationalités. Il n’attend qu’une chose du post-Covid, la remise en route des activités touristiques : «  On devrait retrouver la passion de découvrir cette terre dont les hommes ont fait un monument… » Mais avec un minuscule bémol,  « des voyages qui respectent un code mondial du voyage, avec des séjours moins intrusif et moins polluant. Viard ajoute le fond de sa pensée : « Ne laissons pas les ennemis des mobilités régir le monde. L’humain est une espèce migrante. » Encore un anti-écolo qui croit que les migrations de masse sont encore de saison sur une planète close et saturée d’humains. Rétablissons les faits.

Le réchauffement climatique et la déplétion pétrolière impliquent inéluctablement de refuser les voyages en avions et le tourisme d’éloignement. Les périodes de confinement ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend, attestations de sortie, contrôles aux frontières, limitations des déplacements. « Voyager local », cette expression de Viard ne veut rien dire. La relocalisation des activités va faire disparaître au niveau socio-culturel toute idée de « voyage ». Comme l’exprime Michel Sourrouille dans un livre collectif « >Moins nombreux, plus heureux, l’urgence écologique de repenser la démographie : « Contrairement à la conception commune selon laquelle la mobilité est une constante de la société humaine, nous constatons historiquement qu’il n’y a jamais eu libre circulation des personnes. Partout dans le monde ancien, les peuples donnaient un caractère sacré aux portes de leur territoire, village ou ville : aller au-delà impliquait toutes sortes de précaution. Même le roi de Sparte s’arrêtait à la frontière de la Cité pour y effectuer des sacrifices ; à l’extérieur était le domaine de l’étranger et du combat. Jusqu’au XVIIIe siècle, seule une minorité de personnes se déplaçait : les soldats, les marchands, les aventuriers et les brigands. La masse de la population était peu mobile et le vagabondage proscrit ; on naissait, vivait et mourait dans le même village. Les frontières nationales érigées au XIXe siècle n’ont fait qu’actualiser cette constante humaine, la délimitation d’une appartenance territoriale. »*

Notre blog biosphere a pris position de multiples fois contre le tourisme, par exemple :

Pourra-t-on voyager après l’apocalypse ?

Tourisme de masse et écologie, incompatibles

genou à terre lors d’un match de foot

La footballeuse Megan Rapinoe, championne du monde en 2015 et 2019, n’en fait qu’à sa tête : « Après avoir posé le genou à terre pour la première fois avant le match de la ligue à Chicago, je me suis à nouveau agenouillée dans le Maryland. Le tollé a été énorme et instantané. Les Blancs étaient furax. Pfiou, ce qu’ils étaient furax ! Quand j’ai dit aux journalistes que je m’agenouillais pour dénoncer la suprématie blanche et les violences policières, beaucoup de Blancs l’ont pris de façon incroyablement personnelle. J’ai trouvé ça bizarre. Ce n’était pas leur faute en tant qu’individus s’il y avait eu l’esclavage ; mais c’était notre responsabilité à tous d’affronter le problème en rejoignant la campagne de protestation de Colin. Je croyais que le fait d’être blanche m’offrait une certaine immunité. J’étais également une femme – grande gueule, certes, mais aux yeux de beaucoup d’hommes blancs en colère, assez peu menaçante. Je ne m’attendais pas du tout à une indignation de cette ampleur. Les critiques ne cessaient d’affluer. Les courriers haineux déferlaient au bureau de mon agent. Les gens demandaient que je sois virée de l’équipe. Les fils d’actualité de mes réseaux sociaux débordaient d’insultes. La Fédération a sorti un communiqué : « Représenter son pays est un privilège et un honneur. Devant un public souvent mondial, c’est un privilège de représenter son pays. Aussi attendons-nous des joueurs qu’ils se lèvent en hommage à notre drapeau, au moment où est joué l’hymne national. » Ma sœur Jenny a appelé. Elle aussi jugeait que j’avais été trop provocatrice. »*

Megan Rapinoe confirme notre pensée allergique à la superficialité, celui ou celle qui est jugé(e) comme provocateur-trice ne veut pas provoquer, seulement inciter à réfléchir. Par contre ceux qui se sentent provoqués ont des réactions démesurées, comme s’ils n’avaient pas d’argument pour essayer de chercher ensemble le consensus entre opinions contradictoires. La tolérance réciproque est à la base d’un système démocratique ; en venir aux insultes et menaces est une grave atteinte à l’intelligence collective.

Ceci posé, rentrons dans le détail. S’agenouiller lors de l’hymne national pourrait être interprété comme un hommage à la nation, et rester debout comme une agression ; toute signification peut se retourner quand il s’agit de symboles sociaux, tous plus artificiels les uns que les autres. Respecter un drapeau national, c’est d’ailleurs faire preuve de chauvinisme ; le passage est facilité entre se déclarer la guerre sur un terrain de foot et déclarer la guerre les armes à la main. L’état d’esprit est le même, la confrontation à l’Autre, l’idée d’écraser l’Adversaire au nom de son pays. Donnez à un idiot un drapeau à agiter, apprenez-lui un hymne à chanter et quelques âneries patriotiques à répéter frénétiquement, et il marchera vers la bataille pour tuer d’autres idiots marchant en chantant sous un drapeau adverse. La question de fond mérite d’être posée en France : est-ce que le drapeau bleu-blanc-rouge ou la Marseillaise font partie des valeurs de la République ? Si les seules valeurs à reconnaître sont les principes de liberté, d’égalité et de fraternité ainsi que la déclaration universelle des droits de l’homme, les symboles qui ont alimenté tant de guerres n’en font pas partie.

Approfondissons l’analyse. Est-ce qu’un match de foot entre joueurs professionnels complice de la société du spectacle et du fric mérite d’être organisé ? Du point de vue des écologistes, la réponse est NON et détaillée sur notre blog biosphere :

Covid-19, les footballeurs en complet désarroi

Un intellectuel ne devrait pas faire l’éloge du football

Total football. Mondial, une arme de diversion massive

Le football est coupable de notre décervelage

* extraits de son livre « One life », Stock, 278 pages, 20,50 euros.
https://www.lemonde.fr/sport/article/2020/11/07/megan-rapinoe-je-m-agenouillais-pour-denoncer-la-suprematie-blanche-et-les-violences-policieres_6058848_3242.html

Covid, vacciner beaucoup ou pas du tout ?

L’écolo Yannick JADOT a dit de façon elliptique que le vaccin devra être obligatoire. Face à cette position, l’écolo Antoine Waechter rétorque qu’il ne soutiendra pas la candidature Jadot à la présidentielle. Mon voisin a été plus précis, il estime qu’il n’y a pas besoin d’obligation, les gens sont assez concernés pour se vacciner si le vaccin est bon, efficace et sans effets contraires. Le député LFI Alexis Corbière plaide pour un vaccin « universel et gratuit », mais sans dimension obligatoire. Dans l’électorat du Rassemblement national, 56 % ne se feraient pas vacciner, contre 22 % dans l’électorat macroniste. Alors un vaccin obligatoire seulement pour un nombre limité de cas ? La question du consentement au vaccin est fondamentale et attire plus de 100 commentaires sur le monde.fr, extraits  :

Pelayo Decovadonga : « Le consentement au vaccin contre le Covid-19, un sujet inflammable » ? C’est le drame de la démocratie libérale, où les ânes ont voix au chapitre. En Chine, personne ne demande l’avis des antivaccins. Résultat, le pays à récupéré son rythme d’avant l’épidémie.
P.coryn : Même si certaines personnes le refusent, il me semble probable que l’acceptation du vaccin sera large et au-dessus des 60 %, permettant une immunité collective. Par contre il serait souhaitable que le vaccin soit exigé pour travailler usuellement avec un public, ainsi que pour le personnel soignant.
Super-dupont93 : débat ridicule. Les enfants doivent obligatoirement être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite pour être inscrits dans une école française. Conditionnez le consentement au vaccin à la garde des enfants et aux allocations et vous verrez que le taux de vaccination va être proche de 100%.
Letaxa : Contrairement au refus de respecter les mesures sanitaires (dont distanciation, masque, pas de rassemblement), le refus du vaccin ne mettra en danger que la vie de ceux qui le pratiqueront. C’est leur problème, c’est seulement leurs propres vie et santé qu’ils mettront en danger.
Gilab63 : D’accord avec ceux qui sont contre les vaccins ! A une condition : signer un document de refus officiel, de sorte que s’ils sont infectés par le covid 19, que tous les frais de la sécurité sociale leurs soient facturés………..!
Eloha : n’importe quoi Gilab !! Ou alors on fait preuve de cohérence : les fumeurs signent un papier acceptant de ne pas être soignés en cas de cancer du poumon ! On pourrait parler aussi de ceux qui mangent très riche… on nous l’a pourtant dit : manger équilibré et du sport, du coup les obèses signeront un papier aussi en cas de maladie liée à l’hygiène de vie par exemple… idée de génie non !
AMARI : Naguère, on ne demandait pas l’opinion des gens pour les mobiliser en cas de conflits. Là, on est en conflit avec un virus, donc, quand on sait qu’on a une arme efficace sur le virus, on fait tous ce qui doit être fait. Marre qu’on donne une mégaphone aux gens non qualifiés qui n’ont rien à apporter au débat.
Georges-Henri : Si une loi venait décider pour moi ce que je dois faire de mon corps, ce serait l’équivalent d’une mobilisation générale et je serais alors objecteur de conscience. Je sais qu’actuellement le bétail a à son oreille une étiquette jaune obligatoire, mais justement, je ne suis pas du bétail. Avec tout le respect que j’ai pour le bétail en question.
Stéphane : Il faut aussi comprendre les craintes d’effets secondaires potentiels, pour un vaccin dont on a pas de recul, contre un virus sur lequel on ne sait pas tout, loin de là. Il me semble légitime de se questionner. Et je dis ça en tant que médecin profondément pro-vaccination, et qui se fera vacciner contre le COVID quand il le pourra. Réduire ce questionnement aux anti-vax pro-gaïa, c’est plus que caricatural…
In varietate concordia : un côté obligatoire va vachement donner envie. Il suffit de voir comment les Français réagissent à ce qui est obligatoire depuis le début de la pandémie (voire depuis les gilets jaunes, mais on ne va pas revenir sur les sujets qui fâchent, hein). Souvent, laisser le choix est plus productif, ça laisse l’illusion au citoyen qu’il a encore quelques libertés. On fait plus facilement avancer un âne avec une carotte qu’en tirant sur son licou.
Adrien : La balance risque bénéfice ne justifie absolument pas d’imposer ce vaxin. C’est d’ailleurs pour ca que le vaxin de la grippe n’est recommandé que pour les personnes fragiles.
Ne rien lâcher : Il faut laisser les antivax libres de mourir du Covid 19,faut toujours laisser sa chance à la sélection naturelle… C’est écologique.
pour conclure, une référence sur notre blog biosphere :

La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

Des décroissants en faveur des SUV !

Le conducteur d’un SUV est un provocateur très méchant, il agresse violemment le climat et insulte par son véhicule tous les militants luttant contre le réchauffement climatique. Pourtant le mensuel de Vincent Cheynet* s’insurge contre la meilleure méthode de s’organiser contre la destruction systématique des conditions de vie sur Terre, par exemple « en dégonflant les pneus des SUV ». Ce journal de la décroissance condamne en effet les réflexions de « La Ronce **» : « Nous ne porterons jamais atteinte à l’intégrité physique des personnes, mais les biens matériels, eux, n’ont pas de sentiment. » Vincent Cheyet réagit ainsi : « La bonne blague ; cette entourloupe a déjà été démontée mille fois et l’accident potentiellement créé par des pneus endommagés atteindra bien les personnes. » C’est prendre les motivations de l’action directe par le petit bout de la lorgnette. Ce genre de « décroissant » est pour une définition très réductrice de l’action non-violente au nom d’une présentation tendancieuse et bornée de La Ronce : « Est-ce responsable que de lancer des jeunes au risque de la confrontation physique face à un propriétaire d’un SUV ? ». Comme si la violence physique d’un possesseur de SUV contre une personne se comprenait mieux que la défense du climat !

Approfondissons l’analyse. La Ronce** se définit comme « un nouveau collectif qui vise à démultiplier des actions directes, anonymes et décentralisées pour le vivant, pour empêcher de fonctionner ceux qui détruisent le vivant, ou a minima leur faire perdre des plumes via des gestes simples et peu risqués, des actions décentralisées, simultanées, pertinentes, faciles. » Ils constatent : « J’ai trop peu de pouvoir et ceux qui en ont ne font pas face. Ils fuient. Ils festoient sur les ruines, jusqu’à la dernière goutte de pétrole, le dernier arbre debout, la mort de la dernière abeille… Voilà. Je tiens une idée : inventer des gestes simples et peu risqués qui empêcheraient leurs 4×4 de rouler, leurs pubs de s’afficher, des gestes qui dégraderaient suffisamment l’emballage de leurs produits pour qu’ils ne puissent plus les vendre… Nous allons mettre un joyeux bordel, car nous savons que c’est dans l’ordre et la discipline qu’ils organisent la destruction systématique des conditions de la vie sur Terre… Dispersé⸱e⸱s, nous serons des milliers d’épines dans leur pied. Ensemble, nous sommes la Ronce… » Cela rejoint parfaitement la conception de notre blog biosphere. Nous avons lu avec intérêt le livre d’Andreas Malm et montré que la violence contre les biens appartient au registre de la non-violence, à la contre-violence. Ne pas vouloir comprendre ce message, c’est se mettre du côté des multinationales qui ne veulent qu’une chose, la croissance aveugle dans un monde fin, le suicide collectif.

Le rédacteur en chef Vincent Cheynet consacre nombre des colonnes de son journal à dénoncer les écotartufes, mais il ne s’attaque jamais au greenwashing, à l’écoblanchiment, aux entreprises. Pire, on devrait s’interdire même des gestes simples contre les SUV ?
Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Urgence écologique et destructions de biens

8 octobre 2020, Les SUV agressent violemment le climat
16 septembre 2020, Contre-violence par destruction de biens
5 août 2020, CLIMAT, faut-il saboter les pipelines ?
22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !
14 juillet 2015, SUV, sports utility vehicles, l’objet à embras(s)er
* La décroissance, novembre 2020 page 8
** La Ronce, article de Reporterre

Jean-Luc Mélenchon, président en 2022 ?

Jean-Luc Mélenchon président ! Après 2012 et 2017, il se présente à la présidentielle 2022 : « Oui je suis prêt. Je propose ma candidature.  J’ai un programme, une équipe prête à gouverner. 2022, c’est le moment de changer. La société est en impasse. Nous avons les moyens d’innover, de faire différemment, d’abolir la monarchie présidentielle… Je suis un pôle de stabilité ». Jean-Luc nous sort tellement par les trous de nez que nous préférons laisser la parole aux commentaires sur le monde.fr de l’article « Victime de son tempérament et de ses impasses stratégiques, Jean-Luc Mélenchon est devenu son pire ennemi » :

Gérard B-19 : L’annonce de la candidature est un signe de faiblesse de la part du candidat LFI. Lancée en pleine pandémie cette déclaration ne fait que confirmer le déclin d’un homme politique qui comme Trump s’est toujours regardé dans la glace avant de regarder en direction des citoyens, de tous les citoyens. Inquiétant au début il est devenu grinçant sur tous les sujets. Bon tribun oui, mais pourquoi faire si ce n’est pour attiser le doute et la colère. La possibilité de la Maire de Paris Anne Hidalgo de porter les espérances de toute une gauche, écologistes, progressistes et démocrates confondus, a certainement été aussi un marqueur de cet empressement.

Bullocrate : Mélenchon, Jean Luc. Politicien poussiéreux fruit des amours impossibles de Tonton François, Cousin Léon, Oncle Fidel et tante Rosa.Tout çà dans un emballage de sénateur et de notable tendance troisième république. Fâché mais pas facho, petit boutiquier marseillais, a son avis sur tout mais jamais le même. Sa dernière lecture est à la Créolisation de Glissant mais s’est récemment mis au tchetchène donc on attend qu’il nous parle de Zelimkhan Iandarbiev.

a.ferrier : Simple rappel des faits : Mélenchon a été élu conseiller général PS à trente-quatre ans. Il a aussi été adjoint au maire, ministre et il est député. Il a choisi de se faire élire sénateur PS à trente-cinq ans. Il l’est resté jusqu’en avril 2000 (plus de treize ans) et a rempilé plus de cinq ans encore entre 2004 et 2010. Plus de dix-huit ans sénateur PS. Quelqu’un aurait-il la gentillesse de nous rappeler le bilan de ces plus de dix-huit ans au Sénat ? Par ailleurs, un beau jour, en 2010 précisément, il publie ce pamphlet désopilant « Qu’ils s’en aillent tous ! ». Lui seul peut rester pour diriger la France et la sortir des ténèbres ? Est-il permis de sourire ?

Nihaho : Anticapitaliste, antilibéral : pourquoi pas. Sortir des traités européens: bof, il semble que l’Europe devienne moins naïve, protège ses intérêts et arrête avec ce dogme absurde de l’ultra libéralisme. Complaisance vis à vis de l’islamisme radical: Certainement pas.

Quiquengrogne : Antilibéral et anticapitaliste, mais pro quoi ? C’est bien facile d’être contre, et on peut être séduit par sa férocité et sur le fond de beaucoup de choses qu’il dénonce, mais un homme politique doit proposer une vision du monde et une stratégie pour le pays qui soit réaliste.

Constat : Je pense que le programme de 2017 de LFI était un bon programme, sérieux équilibré et progressiste. Porté par un bon leader. On peut le relire et en discuter. Perso je l’ai voté, et on a perdu. Il reste un bon projet. Mais depuis mai 2017, le leader a perdu beaucoup de sa crédibilité. Ego démesuré ? Nerfs fragiles? Prise de positions maladroites, déconnectées de la réalité? Bref, une notoriété en miettes pour beaucoup de ses e- électeurs. JLM n’a pas voulu faire un parti politique. Juste des adhérents internet. Lui décide de tout, et sa bande d’élus redevable suit, en se fermant les yeux, et en s’agitant sur le net, croyant faire de la politique et exister, sans militants en faisant l’impasse sur les campagnes électorales locales et régionales. (peur d’une autre défaite après les Européennes). JLM devrait méditer sur sa 4ème place, et sur les 7212000 voix obtenues par Fillon arrivé troisième, mis en examen, sans programme, et sans campagne. Rien ne changera en 2022. Et la gauche désunie perdra.

Dominique Deux : Que JLM soit son pire ennemi, c’est son problème. Mais c’est surtout, depuis des années, le pire ennemi de la gauche, qu’il écarte systématiquement de tout progrès dans les urnes. Aujourd’hui, mettre le feu à la savane pour cramer le dernier carré des éléphants résume toute son ambition.

Ecce homo : JLM va perdre. Il va faire perdre la Gauche et l’Écologie. Il va faire gagner Macron … Son « mouvement » ne tournant qu’autour de sa personne, il n’a pas su faire émerger de nouvelles options de personnalités ? Pas de tentative d’union large contre Macron ? Le mur approche.

John Gadret : Dois-je rappeler qu’en 2017, tous les médias appelaient Mélenchon à se rallier à Hamon, qui était censé être le seul leader de la gauche. On connaît le résultat, et curieusement, personne n’a appelé Hamon à retirer sa candidature. Si Hamon s’était retiré Mélenchon était au 2ème tour donc qui a réellement fait perdre la gauche ?

Bénévole : N’oublions par de préciser l’ambiguïté de Méluche lors du second tour 2017. Pour certaines personnes de gauche dont je fais partie, ne pas prendre position par rapport au RN ne signifiait pas adouber Emmanuel Macron. C’était incompréhensible.

T-FOUQUE : Melenchon, c’est le Jean-Marie Le Pen de la gauche. Le mec qui empêche tout rassemblement de la gauche et donc toute victoire aux élections. Mais il récupère le financement au passage. Le + triste ce sont les jeunes qui l’aide en pensant faire avancer la cause.

Hedgehog : Le mépris que m’inspire JLM est à la mesure de trois séquences de sa vie. Vers 1980, dans un débat avec un cacique ultralibéral du RPR, un jeune homme plein de déférence et d’amabilité pour un adversaire qui sanctifiait Reagan et Thatcher. Dans les années 2000, un comportement extrêmement agressif aux Matins de France Culture contre entre autres Agnès Benassi-Quéré et Brice Couturier (de mémoire). JLM faisait du Trump avant Trump. Méprisable, pas d’autre mot. La séquence filmée lors de la perquisition : grotesque, antirépublicain. Encore une fois, pas tellement loin en nature du fou de la Maison-Blanche.

jea.vie : A tout cela il faut ajouter une garde rapprochée en dessous de tout, a l’exception notable d’Adrien Quatennens. Les interventions, le positionnement, l’agressivité permanente et le dogmatisme méprisant de Corbière, Obono , Chikirou ou Coquerel desservent fortement la cause qu’ils défendent.

Pour conclure, la position de JLM sur l’écologie telle que nous l’avons perçue :

BIOSPHERE-INFO, Jean-Luc Mélenchon et l’écologie

Joe Biden, un anti-Trump climatique ?

Depuis le 4 novembre 2020, les États-Unis ont quitté l’accord de Paris sur le climat. Le négationniste du climat Donald Trump avait réussi son pari ! Cet accord étant entré en vigueur le 4 novembre 2016, Washington devait attendre trois ans avant de pouvoir notifier un retrait, avec un préavis supplémentaire d’un an. Joe Biden a réagi sur Twitter puisqu’on gouverne maintenant en messages de moins de 280 caractères : « Aujourd’hui, l’administration Trump a officiellement quitté l’accord de Paris sur le climat. Et dans exactement soixante-dix-sept jours, l’administration Biden le rejoindra ». Biden promet d’atteindre zéro émission carbone d’ici à 2035 dans la production d’électricité. « Plus de subventions à l’industrie des énergies fossiles ; plus de forages sur les terres fédérales ; plus de forages, y compris offshore », a-t-il répété pendant la primaire. MAIS il a précisé qu’il n’interdirait pas l’exploration par fracturation hydraulique. Il promet une taxe carbone aux frontières « sur les produits à forte intensité de carbone provenant de pays qui ne respectent pas leurs obligations », afin que « les travailleurs américains… ne soient pas désavantagés par rapport à la concurrence ». MAIS l’entourage de Biden a laissé entendre qu’en cas de crise économique grave, l’instauration de la taxe carbone – pénalisant le pouvoir d’achat des Américains modestes – ne serait pas mise en place. Joe Biden a qualifié le changement climatique de « menace existentielle », il s’est engagé à faire adopter un objectif de neutralité carbone des Etats-Unis d’ici à 2050. Sur la scène internationale, les États-Unis pourraient jouer un rôle-clé dans la diplomatie climatique … les États-Unis pourraient faire entendre dès 2021, au cours du G7 et du G20Les Américains pourraient également aider les pays en développement à augmenter leurs efforts. Avec Joe Biden, nous aurions une chance, si nous travaillons ensemble, d’éviter les pires impacts du changement climatique. C’est ce qu’on trouve dans les médias aujourd’hui.

Tout cela est bien restrictif, soumis à condition, écrit au conditionnel. Pire, on sait que l’accord de Paris de 2015 était déjà un faux semblant. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient et les politiques ne croient en rien de stable et de fiable. Pourtant les faits sont avérés, les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique bouleversent le climat. Rappelons quelques dates-clés.

1985 : La conférence internationale sur le climat tenue à Villach conclut que les émissions de CO2 conduiraient dans la première moitié du XXIe siècle à une température que les hommes n’ont jamais connue. Des courbes sur 160 000 ans sont publiées le 1er octobre 1987 dans Nature.
1988 : James Hansen, directeur du laboratoire d’étude du climat de la NASA annonce devant le Sénat que l’ampleur des événements climatiques aux USA excède la variabilité naturelle du climat et que la Terre est entrée dans une phase de réchauffement dû aux activités humaines.
1990 : Premier rapport scientifique du GIEC (groupe Intergouvernemental d’experts sur le climat)
1992 : Le sommet de la Terre à Rio marque la prise de conscience politique de la nécessité d’instaurer un cadre international pour répondre à la crise climatique.
1995, première COP (conférence des parties) à Berlin. Elle prépare l’adoption, deux ans plus tard, du protocole de Kyoto,
1997, protocole de Kyoto : premier traité juridiquement contraignant destiné à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce texte ne fixe des objectifs contraignants qu’à 55 pays industrialisés, représentant 55 % des émissions globales de CO2 en 1990.

Quand la COP21 a eu lieu à Paris en décembre 2015, il y avait vingt et une années de parlottes ininterrompues pour un résultat négatif : les émissions de gaz à effet de serre n’ont cessé d’augmenter. La COP20 s’était achevé le 12 décembre 2014 à Lima sur ce constat : « La COP est entrée dans l’épais brouillard qui est devenu sa marque de fabrique. » Le texte préparatoire à la conférence mondiale sur le climat de Paris (COP21) avait été adopté à Bonn le 23 octobre 2015 : « Manque de lisibilité, version amputée de propositions clés, mise à l’écart de certains pays, peu d’avancées sur le financement des pays du sud par les pays du nord… » En fait il s’agit politiquement de faire semblant de régler les problèmes, cela démobilise les citoyens qui ne se sentent pas concernés. L’élection de Biden ne changera rien à la donne, nos générations futures vont souffrir d’une planète transformée en étuve, et ils n’auront plus de ressources naturelles suffisantes pour faire face aux besoins de base de 9 à 10 milliards d’humains. Bienvenüe dans le monde réel qui n’est pas celui des fake news, informations mensongères dont Trump était l’un des thuriféraires.

Post-Trump, mondialisation des Gilets jaunes

Après l’élection de Joe Biden aux USA, le déni prévaut encore chez les supporteurs de Donald Trump, aveuglé par le comportement de l’(ex)président américain. Celui-ci a toujours assuré qu’il ne pourrait être battu que dans le cadre d’une « élection truquée ». La frange la plus raciste et haineuse est bien présente à ses côtés, les appels à la violence se multiplient sur les réseaux sociaux : « C’est l’heure du soulèvement. Battez-vous contre ce vol. Le président Trump a montré l’existence du marais, maintenant il est temps d’ouvrir la bonde. Aidons-le à supprimer les rats qui bouchent les tuyaux ! » L’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Steve Bannon, a appelé il y a deux jours à mettre les têtes du directeur du FBI et du responsable de la lutte contre la pandémie de Covid-19 sur des piques devant la Maison Blanche. Ces appels à l’insurrection ne peuvent être accueillis que par la dérision : « Mec, 70 % des Américains sont en surpoids et 40 % sont obèses. Les gars pro-Trump qui se masturbent en rêvant d’une guerre civile sont trop occupés à essayer de respirer sur leur fauteuil roulant électrique pour réussir à former une armée ». Tu bouffes n’importe quoi, tu picoles comme un trou, tu consommes des médicaments à la folie, tu ne veux pas financer un semblant de sécu digne de ce nom mais tu t’armes comme un porte-avion, tu roules sur des routes très souvent défoncées par des chars d’assaut ( les SUV), tu méprises les équilibres et la préservation de la nature… Qui peut-être surpris de la popularité de Trump ? Il a réuni aujourd’hui plus de suffrages qu’en 2016.

On en peut pas prendre cela à la légère, le problème de fond subsiste. L’impuissance et le déclassement sont les carburants de l’audience de Donald Trump. Son arrivée à la Maison Blanche concrétisait une tendance lourde, à l’œuvre dans la société américaine. La croissance américaine des dernières décennies a été confisquée par les 10% les plus riches, et singulièrement par le 1%. Et ce au détriment des 50% les plus pauvres qui ont vu leurs revenus décliner dans le PIB. La condition sociale de tout individu est une des résultantes de sa condition économique. Ce sont les classes moyennes blanches des anciennes régions industrielles qui ont le plus souffert. L’incompréhensible, c’est qu’au lieu de se tourner vers des socialistes, elles préfèrent se laisser séduire massivement par les sirènes populistes et néo-fascistes. C’est dans les franges de l’Amérique blanche déclassée que se recrute une bonne part de l’électorat de M. Trump. Une société qui produit de plus en plus de désespoir, rien de bon ne peut en sortir.

Les électeurs trumpistes ressemblent aux gilets jaunes français sous une forme à peine différente.. Même sentiment d’être délaissé, travail incertain dans des secteurs industriels sans avenir, absence de porte-parole par rapport à l’intelligentsia urbaine, aucune écoute des politiques,Trump excepté ! La mondialisation sauvage, des flux d’immigrations médiatiquement survalorisés et une vague écolo rejetée car elle remet en cause le mode de vie, tout cela explique le rejet des élites et l’attrait des politiciens d’extrême droite, catégorie dans laquelle on peut mettre Trump sans hésiter. Donald Trump a le même carburant que Marine Le Pen. Et c’est pour cette raison qu’elle l’aime tant. La diversité de l’électorat trumpiste est incontestable, mais il trouve son unité dernière le culte de la force, le rejet de l’autre, l »individualisme forcené et le rejet de l’intérêt général, la méconnaissance des données sociologiques et scientifiques, et dans plusieurs pays dont les États-Unis, la certitude que la loi de Dieu est supérieure à celle des hommes.

Trump et l’extrême droite sont des révélateurs de la part la plus sombre de l’être humain. Que ces personnalités dictatoriales aient une audience électorale au niveau mondial, que Trump, Bolsonaro ou Erdogan accèdent aux pouvoir, tout cela est inquiétant et durable. Ce sont des clowns à la tête de nations, mais des clowns dangereux. Trump n’est plus là, mais les germes du chaos social sont toujours là.

Les végans, soutien de l’agroalimentaire

Nous voyons débarquer dans les gondoles des « viandes végétales » et bientôt des « viandes cultivées » (in vitro). Des prouesses techniques mêlant génie génétique, biologie de synthèse, nanotechnologies, intelligence artificielle, gestion de données qui réjouissent les gourous du numérique. À la tête de ces entreprises, majoritairement des véganes militants, financés par des milliardaires du numérique (Gates, Thiel, …) rejoints par les grands industriels de la viande (Cargill,…), ceux-là même qui ont industrialisé l’élevage. En France, un patron du numérique, Xavier Niel participe via son fonds d’investissement Kima Ventures aux trois millions d’euros levés par l’entreprise Les Nouveaux fermiers (fausses viandes) et mise aussi sur 77 Foods (faux bacon). Aux véganes la dénonciation, aux industriels la solution, à la poubelle les paysans et les métiers de bouche ; cela participe de l’altération du réel. L’offensive vise à couper les liens entre nourriture et agriculture, à terme quelques grandes usines enverront des données pour imprimer de la nourriture en 3D. On flirte avec le transhumanisme et son humain augmenté : séparer les êtres humains de la nature… pour la sauver. (Gilles Luneau)

Pour en savoir plus sur le véganisme grâce à notre blog biosphere

13 octobre 2020 Le choix végan, discutable ou fiable ?

8 janvier 2019, Paul Ariès accuse les végans de mentir sciemment

02 juillet 2018, Les végans occultent notre rapport complexe à la mort

31 octobre 2017, Entrée du véganisme dans la collection « Que sais-je ? »

14 octobre 2017, Pour ou contre… la viande de substitution

12 octobre 2017, Le véganisme est-il contre les animaux domestiques ?

28 septembre 2017, Demain tous vegans ? Ce serait une catastrophe

28 août 2017, Végan, l’art de l’ersatz et de la confusion des valeurs

Tuer des animaux pour se sauver du Covid

Pour mieux lutter contre le Covid-19, sommes-nous prêt à sacrifier des animaux quand on est écolo ? Les modèles animaux, qui permettent de tester « in vivo » les traitements avant de les dispenser aux humains, sont paraît-il cruciaux dans la phase préclinique de la lutte contre le SARS-CoV-2. Dès le mois de mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rassemblé chaque semaine, en vidéo, un groupe international d’experts afin qu’ils sélectionnent les cobayes les plus pertinents. Des visons aux chiens, des chats aux cochons, des poulets aux canards, tous les animaux qui pouvaient avoir un intérêt ont ainsi été utilisés dans le cadre d’expériences. L’équipement d’imagerie exceptionnel rassemblé à Fontenay-aux-Roses permet par exemple de suivre les lésions mais aussi la réponse inflammatoire des animaux malades, « et bientôt l’évolution du pathogène lui-même ». Autant d’observations pratiquement impossibles chez l’humain mais essentielles pour comprendre les vicissitudes du virus. Quelques commentaires sur lemonde.fr, qui l’emporte entre les POUR et les CONTRE l’expérimentation animale ?

Ouuuups : Lectrice assidue du Monde, je me permets pour la première fois d’exprimer mon étonnement quant au traitement journalistique d’un article. Les termes qui sont ici employés s’agissant du sujet délicat de l’expérimentation animale mettent en avant une réification des animaux, les ramenant à de simples « boîtes à outils » et le recours à différents jeux de mots dans les titres voire à une sorte d’humour (« trois espèces se partagent le soin d’accomplir le dernier tour de piste »…) pour désigner les résultats d’expériences sur quatre espèces animales, qui ont nécessairement enduré stress et souffrances dans ce cadre, me laisse perplexe… Si je peux entendre que l’épidémie rend nécessaire ce type de recherches et ne remets pas en cause l’intérêt de l’article, un traitement plus respectueux des animaux (et des lecteurs soucieux de la condition animale) aurait été apprécié…

Alazon : Je suggère que les gens qui sont contre les expérimentations animales se placent dans un grand fichier de refus des médicaments validés grâce à elles. Les médecins consultant celle liste sauront alors qu’il faut les laisser crever plutôt que de leur donner les dits médicaments.

Marioniet : Où sont les vegans, végétariens, végétaliens, pro animaux, défenseurs des animaux, « brigittebardotistes « et autres » aimant-les-animaux »…dont je suis ? Incapable d’écraser un insecte, même méchant, je déplore que l’on exploite la race animale pour connaître ce virus 19 qui s’éteindra de lui-même, comme celui de la grippe espagnole qui, ELLE, a fait des millions de morts.

pierre marie : C’est votre choix, Marioniet. Vous pouvez refuser tous les traitements. Il est toutefois plus complexe d’en priver les autres… La grippe espagnole a surtout fait des morts car nous ne disposions pas à l’époque des médicaments qui permettait de soigner ces effets secondaires. Aujourd’hui, cette grippe n’aurait pas été un problème majeur.

Anti-démago : Il est honteux de faire souffrir des animaux innocents pour sauver des humains. Ça ne montre que le complexe de supériorité de l’humain, qui de plus en plus se retourne contre lui.

Pelayo Decovadonga @ Anti-démago : Le lion qui a mangé le petit Mamadou avait le même complexe de supériorité. Pourquoi l’Homme serait-il la seule espèce à ne pas avoir le droit de mettre le reste de la nature à son service ? Vous croyez à sa singularité dans le monde animal ? A sa supériorité ?

avec le temps @anti-démago : je te rappelle que la TOTALITE des médicaments, aliments, boissons, vêtements, produits de première ou seconde nécessité, sont testés sur des animaux, avant d’être commercialisés. si tu refuses ces tests, il te faut refuser la TOTALITE des produits commercialisés. il te faut donc t’habiller de feuilles et aller chercher des racines ou fruits « naturels » pour te nourrir…

GuillaumeS : Pourquoi ne pas tester sur des primates humains moins évolués que le hamster : les électeurs de trump ?

Danielito Cevenas
 : Mais qu’en disent les anti-specistes? Les Bardot et autres écolos animalistes?

Kryssy @Cevenas : L’humain sauve sa peau. C’est logique. Il a supériorité pour lui aujourd’hui (pour combien de temps ?). L’expérimentation animale nous est malheureusement ( et je l’écris au sens littéral) indispensable pour sauver notre peau. Nous le faisons au détriment d’êtres vivants à qui on nie l’empathie, les émotions et la souffrance.

Article complémentaire sur notre blog biosphere :
25 mai 2015, L’expérimentation animale dans la recherche médicale

Trump favorise la montée du fascisme

Mieux vaut en rire qu’en pleurer, Trump est à l’image du pouvoir politique tel qu’il devient, une dictature qui se fout complètement du système démocratique. On le comprend dans des pays à tradition totalitaire comme la Chine ou la Russie, c’est absolument inquiétant quand cela se passe aux Etats-Unis, l’une des plus vieilles démocraties du monde. Pour la présidentielle du 3 novembre 2020, Donald Trump s’est déclaré vainqueur du scrutin présidentiel américain avant même la fin du décompte des voix ! C’est inquiétant. Mais ce qui est encore plus inquiétant, c’est qu’après 4 ans de chaos national et international organisé sciemment par Trump, autant d’Américains puissent encore voter pour ce guignol. Les circonstances actuelles font qu’une grande partie des personnes, aux USA et ailleurs, ne considèrent pas la démocratie comme essentielle. L’autoritarisme aveugle séduit un électorat bousculé par des crises à répétition. Voici ce qu’écrivait Michel Sourrouille dans son livre* de 2016 :

« En agrégeant toutes les crises à un niveau inouï, en combinant inégalités des richesses et pénurie des ressources, le drame écologique a une capacité de nuisance sans précédent : celle de nous ramener au pire de l’homme et de la barbarie. D’ici à 2050, la synergie des crises alimentaire, énergétique, climatique et démographique va en effet entraîner une dégradation rapide et brutale du niveau de vie à l’occidentale. Il y aurait toutes les raisons d’être pessimiste. Face au désordre socio-économique croissant, la tentation du fascisme va donc devenir omniprésente, préparée par la montée généralisée de l’extrême droite en France et ailleurs. Les différentes sortes de terrorisme amplifient d’ailleurs la militarisation de nos sociétés. On peut espérer qu’il en soit autrement car toute dictature, même exercée au nom du peuple ou de l’écologie, mène irrémédiablement au désastre : la manipulation des foules n’est jamais porteuse de bonnes nouvelles. Il reste donc à mettre en œuvre ce que Hans Jonas envisageait incidemment : « Naturellement il serait préférable qu’on puisse confier la cause de l’humanité à une conscience authentique qui se propagerait. »

Sur ce blog biosphere, nous analysons depuis longtemps cette tendance au totalitarisme :

30 septembre 2019, Léviathan climatique, dictature supranationale

28 septembre 2019, Nations « unies » ou retour des dictatures ?

7 décembre 2018, Gilets jaunes, vecteurs d’un totalitarisme en marche

24 mai 2016, écologie contre extrême droite, nouvelle bipolarisation

1er avril 2016, BIOSPHERE-INFO, L’écologie sans dictature

17 mai 2013, l’écologie ou l’extrême droite, à toi de choisir !

5 décembre 2011, USA, l’extrême droite en marche… c’est terrifiant… de bêtise

26 juin 2011, en 2012, écologisme contre extrême droite

20 février 2011, démocratie et risque d’écofascisme

10 octobre 2010, l’écologie est un anti-totalitarisme

18 mai 2010, l’extrême droite progresse. Inéluctablement ?

16 août 2009, écolofascisme ?

28 mai 2009, écolofascisme

24 août 2008, dictature verte ?

28 avril 2008, écolo-liberté ou écolo-fascisme ?

* L’ÉCOLOGIE À L’ÉPREUVE DU POUVOIR (Un avenir peint en vert pour la France ?) de Michel Sourrouille (aux éditions Sang de la Terre, 370 pages pour 19 euros)