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Covid-19, le droit de vivre ou de mourir

Bien sûr nous ne souhaitons à personne de mourir un jour, mais c’est ainsi, notre destin est scellé, il nous faudra tous obligatoirement en passer par là. Mais autant que ce soit en bonne santé ! Les événements actuels reposent la question fondamentale, qui a le droit de vivre et qui a le droit de mourir. Cela se pose dès l’origine de la vie quand on se pose la question d’une interruption volontaire de grossesses Cela se pose à la fin de sa vie quand on refuse l’acharnement thérapeutique. La société se refusait à donner des règles collectives en la matière, elle donnant un cadre général et à chacun d’user de son autonomie décisionnelle. Avec le Covid-19, la société a décidé d’intervenir directement, cela s’appelle le « score de fragilité ». Nous avions sur ce blog traité cette option le 11 mars dernier sous le nom de « triage médical ». Le document actuel vise à aider les médecins à opérer des choix dans l’éventualité d’une saturation des lits de réanimation pour les patients Covid-19. Il s’intitule « Priorisation de l’accès aux soins critiques dans un contexte de pandémie ». On classe les patients selon leur état de santé préalable à la maladie, en clair on fait une sélection. L’objectif est que le patient survive dans de bonnes conditions et ressorte avec une autonomie et une qualité de vie raisonnables. Si au terme d’un séjour en réanimation, le patient ne récupère pas et reste grabataire, c’est un échec. Or la période d’hospitalisation en réanimation pour les patients Covid-19 peut aller jusqu’à trois semaines. Les patients seront donc priorisés selon leur capacité à récupérer. « Il est hors de question que, en France, on refuse de réanimer des patients qui en ont besoin. On trouvera des moyens. Je ne sais pas comment, mais on trouvera… », veut pour sa part croire Jean-Michel Constantin, secrétaire général adjoint de la société française de réanimation. Voici quelques commentaires sur lemonde.fr* :

Pelayo Decovadonga : « Il est hors de question que, en France, on refuse de réanimer des patients qui en ont besoin. On trouvera des moyens. Je ne sais pas comment, mais on trouvera…  » . Le yaka fokon de la part de ce médecin n’est pas rassurant.

Mc : Vouloir sauver tout le monde n’a aucun sens. Il faut évidement calculer le bénéfice/risque dans ce type de situation. Si c’est pour s’acharner sur un patient dont la qualité de vie est compromise par une grabatisation ou des troubles cognitifs, autant donner une chance à un autre patient. Les réanimateurs ne sont pas des surhommes et ne doivent pas contrer la sélection naturelle et se prendre pour des dieux. Il faut faire preuve d’empathie: qu’est ce qui est le mieux pour le patient ? Dans quelle condition poursuivre notre vie ? Pas d’acharnement inconsidéré comme le stipule la loi Clays Leonetti.

Jean Rouergue : Pourquoi nier l’évidence : le cap est en franchi, certains hôpitaux ne peuvent plus déjà répondre à la demande… Voyons les plus de 80 ans atteints par le virus. Bénéficieront-ils du midazolan pour terminer leur vie en douceur, éloignés de toute famille pour cause de pandémie ?

Ana : Au moins les choses sont claires: dans 8 ou 15j , quand les services de réa seront saturés, si vous avez plus de 80 piges, pas la peine d’aller à l’hosto, autant crever chez soi.

Chanski @ Ana : Pourrait-on leur administrer,si ça ne revient pas trop cher bien sûr,une injection létale afin de leur éviter de mourir étouffés?

César Bistruk : Quand on en arrivera là, j’espère qu’ils seront suffisamment bien pourvus en morphine. Plutôt cela qu’une mort par étouffement.

Jb.d : L’établissement du pronostic fait partie du quotidien du métier de réanimateur. même avant le COVID19. On n’admet en réanimation que les patients qui ont suffisamment de chances de supporter l’épreuve et de s’en sortir. Le COVID actualise des questions qui existent déjà au quotidien. Cet épisode pourrait être l’occasion d’éclairer le public sur ces difficiles décisions qui sont prises tous les jours de l’année : malheureusement c’est raté !

* Lemonde.fr du 18 mars 2020, Coronavirus : les hôpitaux se préparent à la « priorisation » de l’accès aux soins en cas de saturation des services

Pire que le Covid-19, notre système prédateur

Cette crise sanitaire est un coup de semonce. Elle met en évidence l’extrême fragilité des arrangements humains mais aussi l’ampleur de l’impréparation dans laquelle se trouvent nos sociétés. Nous devons, nous suggère le Président, changer de modèle de développement. Mais depuis des décennies, des centaines de chercheurs le réclament. Nous devons rompre avec le productivisme et le consumérisme, mettre en œuvre une politique de sobriété sans laquelle nous ne parviendrons pas à stopper l’emballement climatique. Nous devons adopter d’urgence d’autres indicateurs de référence que le PIB, l’empreinte carbone encore les neuf limites planétaires de Rockström . Nous devons inventer et construire une société postcroissance.

Le coronavirus n’est rien à côté des événements qui s’abattront sur nous à mesure que la crise écologique déroulera implacablement ses conséquences. Tempêtes, cyclones, assèchement, montée des eaux, sols improductifs, famines et évidemment guerres et affaissement de la démocratie. Si nous ne savons pas résister au coronavirus, comment y résisterons-nous ? Comment lutterons-nous contre les virus que le permafrost risque de libérer ? Comment ferons-nous face à des événements que nous ne sommes même pas parvenus à imaginer et à des effets de seuil qui rendront brutalement présents et irréversibles des phénomènes que nul n’imaginait ? Comment comprendre que nos sociétés ne se préparent en rien à des événements qui pourraient advenir dans un laps de temps très court. Nous devons impérativement dès aujourd’hui faire entrer nos sociétés dans un véritable processus de reconversion.

Pour cela, nous devons en effet engager des ruptures majeures. Rupture avec un capitalisme débridé qui est à l’origine de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Rupture avec une liberté de circulation des capitaux dont même le FMI reconnaît la toxicité. Rupture aussi avec la désindustrialisation de notre pays et la délocalisation de nos productions.Comme au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il nous faut trouver l’énergie de la reconstruction. Une reconstruction non plus portée par l’idéologie prométhéenne de la mise en forme du monde à l’image de l’homme, mais par une éthique de la modération, de la limite, de la mesure, que l’Antiquité avait su inventer mais que nous avions oubliée. Nous avons perdu un temps précieux lors de ce dernier quinquennat.

Dominique Méda (extraits)

NB : sur ce blog biosphere nous disons depuis longtemps la même chose, par exemple :

17 mars 2020, Virus et état de guerre, allons à l’essentiel

16 mars 2020, Virus et Climat, il faudrait agir de même

13 mars 2020, Le virus Covid-19, vecteur de décroissance

22 septembre 2018, Quelle transition pour le mouvement de la décroissance ?

1er septembre 2017, BIOSPHERE-INFO, Gouverner la décroissance ?

27 août 2012, mécanismes d’un effondrement économique rapide

7 novembre 2007, fragilité de la puissance

Quand le Covid-19 s’attaquera à l’Inde

Sur une population de 1,35 milliard d’habitants, le nombre de cas de COVID-19 en Inde est passé à 137 le mardi 17 mars. Le Taj Mahal, monument emblématique de l’amour en Inde, a été fermé en raison de l’angoisse provoquée par le coronavirus. La faiblesse des chiffres officiels s’explique par le nombre encore très réduit de dépistages : 6 000 à ce stade en Inde, contre 200 000 en Corée du Sud. Les médias locaux persiflent, « absence de preuve n’est pas preuve d’absence ». Le gouvernement dirigé par le nationaliste hindou Narendra Modi montre du doigt les étrangers ; à compter du 18 mars, l’ensemble des ressortissants européens sont persona non grata. On ne compte que 1,3 lit d’hôpital pour mille habitants, en France il y en a 6. Le premier ministre indien a lancé un concours d’idées sur Twitter faisant miroiter une récompense de 100 000 roupies (1 210 euros) à celui qui trouvera une « solution technologique » pour éviter le Covid-19. Boire de l’urine de vache va-t-il protéger les Hindous du coronavirus ? Quelques commentaires à savourer sur le monde.fr* :

iphigenie : J’ai fait une balade en bateau sur le Gange, les gens se baignaient, se lavaient et faisaient leurs besoins… au même endroit. A 5 mètres il y avait une chèvre crevée qui flottait. La notion d’hygiène n’est pas la même que la nôtre. A Bombay, il y avait 1 humain tous les mètres sur 15 kilomètres entre le centre et l’aéroport. A Delhi, c’est pareil. La densité humaine est incroyable et la fatalité fait partie de la culture. Je vois mal comment le sous-continent peut échapper à l’hécatombe.

Bg83lrem : Les conditions d’hygiène sont telles, que ces gens sont vaccinés contre toutes mes menaces. On peut imaginer qu’ils pourraient même servir de vaccin au reste de l’humanité.

Fer : Normalement, les Indiens ont des anticorps à toute épreuve. Espérons qu’ils soient à la hauteur du coronavirus. Parce que sinon, c’est une bombe potentielle, ce pays, avec l’Afrique.

Pff… : Très très inquiet pour ce pays et ses habitants, si aucun traitement n’est trouvé dans les semaines qui viennent les morts se compteront en 6 voire 7 chiffres.

VincentB : Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Inde vont pouvoir mesurer l’efficacité de leurs gouvernements populistes respectifs qui semblent, comme la Chine, apprécier le déni.

* lemonde.fr du 17 mars 2020, L’Inde, une « bombe à retardement », cherche à gagner du temps face au coronavirus

Bilan trés écolo des municipales

Parmi les quelque 47,7 millions d’électeurs appelés à élire leur maire, moins de la moitié aura au final glissé un bulletin dans l’urne (avec une abstention entre 53,3 et 56 %), validant une importante poussée écologiste dans une ambiance générale surréaliste après que le gouvernement a décrété samedi soir la fermeture de tous les « lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays ».« L’épidémie écrase tout commentaire politique », a estimé,sur France 2, le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou. Pourtant, au regard des premiers résultats, les Verts enregistrent de bons scores lors de ce scrutin ; à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Tours ou encore Besançon, où les candidats estampillés EELV sont en tête. L’écologie politique est passée d’une offre de témoignage à une force politique majeure.

Une chose a en effet changé en vingt ans, l’état de l’opinion publique. Personne ne peut plus se dire en désaccord avec l’objectif de préserver la planète ou celui de lutter contre le réchauffement climatique. Il y a eu un basculement particulièrement ressenti il y a deux ans avec les marches internationales des jeunes pour le climat. A ce moment-là, les parents, les grands-parents et les enseignants ont commencé à se sentir concernés. Un autre moment-clé a eu lieu en 2019 avec les épisodes caniculaires de l’été. En septembre 2019, l’enquête Fractures françaises montrait que la protection de l’environnement était devenue la première préoccupation des Français interrogés (52 %), devant l’avenir du système social (48 %) et le pouvoir d’achat (43 %). Une première. D’où un nouveau positionnement politique de l’opinion publique. Une étude de « Destin commun »s’est appuyé sur une enquête de l’institut Kantar : 86 % des sondés veulent « agir (…) pour les jeunes générations », 78 % estiment « penser souvent aux enjeux liés à l’environnement », 77 % y perçoivent une « opportunité pour créer de nouveaux emplois », 68 % considèrent que « la protection de l’environnement pourrait nous unir par-delà nos divisions », 66 % affirmant que « la plupart des gens ne prennent pas assez au sérieux le changement climatique ». Il y a désormais trois forces politiques en présence. Celle qui monte est la tentation populiste (de droite ou de gauche) avec personnification par un leader et désignation de boucs émissaires à nos difficultés (les immigrés, les « élites », l’Europe…). Face à cela, un magma qui se dit « progressiste » et rassemble des forces de droite comme de gauche au nom de la démocratie et de la libre entreprise. La troisième voie, celle de l’avenir, s’articule autour de l’écologie politique.

Cette irruption massive de l’écologie dans l’imaginaire des gens est prise dorénavant très au sérieux par les partis politiques. En France, les candidats aux élections municipales tombent tous d’accord sur la végétalisation dans les villes mais s’affrontent encore sur la place à donner aux éoliennes. Que dire alors de spécifique quand tous les candidats de tous bords se veulent écolos ? Quelle est la place d’un parti écologiste ? Elle se trouve dans la radicalité, il faut montrer que les mesures à prendre ne vont pas faire plaisir aux Gilets jaunes, aux membres des services publics, aux retraités, aux travailleurs dans les secteurs anti-écologiques, à ceux qui gagnent beaucoup trop… mais qu’elles sont incontournables. On sait dorénavant qu’on ne peut pas avoir à la fois croissance économique et décroissance des émissions de gaz à effet de serre. Nous allons être forcés de réduire les échanges internationaux de biens et même de personnes. Tout bascule. La sobriété sera partagée, sinon nous courrons collectivement au désastre. Les commentateurs sur lemonde.fr sont d’ailleurs très dubitatifs vis-à-vis non seulement du verdissement des partis politiques, mais aussi sur celui des citoyens.

Thierry Piot : Les électeurs de Dati/Ciotti/Fillon/Sarkozy/lepen se sentent vraiment concernés par l’état de l’air/eau/bouffe que nous ingurgitons ? et les gens qui se complaisent devant BFM, Figaro, Le Point, Valeurs Actuelles, aussi ? Wa… en effet, ce serait un véritable tournant.

Bobby Videau : « L’écologie, première préoccupation des Français ». Cela signifie que les Français vont demander une décroissance économique et la baisse de leur pouvoir d’achat, histoire de ne plus détruire l’environnement ? J’ai quand-même un doute là…

L Éveillée : Cela me rappelle un ancien sondage pour connaître la chaîne de TV préférée des français qui plaçait Arte en tête, bien devant la Une.

MaxLombard :Tout le monde il est écolo tout le monde il est gentil mais personne y veut payer !

daniel.G : Tout le monde est écolo, mais quand on a voulu mettre une taxe sur le diesel, plus personne n’était écolo. A prévoir : la pensée écologique va buter inévitablement sur les exigences matérielles et économiques, donc ne se fera pas sauf si l’humanité y est acculée.

ca_alors : Il y a l’écologie sympa: respect de l’environnement. Il y a l’écologie punitive. Et là, à proférer des menaces incantatoires en permanence, et complaisamment relayé par les média, c’est le mauvais versant de la religion .

Thierry Piot : @ca alors. Hum, vous devriez réaliser que le côté sympathique du respect de l’environnement (c’est vrai qu’en ce moment, l’agridustrie par exemple, la respecte beaucoup, la nature) va très vite être remplacée par la punition maximum, infligée non pas par des écolos directifs, mais par la planète elle-même : ressources insuffisantes et polluées, populations déplacées par les aléas climatiques, maladies liées à la toxicité de l’air/mer/terre/bouffe, assurances dans l’incapacité de rembourser les dégâts liés au réchauffement climatique, économie handicapée (le coronavirus illustre la fragilité de notre système)… bref, vous devriez vous accommoder des écolos intransigeants, car ce sont des bisounours comparé à ce qui nous attend.

PHILEMON FROG : J’éprouve ce sentiment : « enfin ! après 30 ans désespérants ! » La prise de conscience est acquise et elle est forte. Mais la réaction réelle reste timide et tâtonnante. Nos gouvernants et une grande partie de la classe politique y restent indifférents, ils feront le minimum avant 2022 et ce seront 5 années perdues, ce qui est énorme et rédhibitoire. Quant aux particuliers, ils se disent encore : pourquoi agirais-je si les autres ne font rien ? Mais c’est désormais avec un sentiment de honte et de culpabilité. Il faut transformer cette honte en réaction. Je suis convaincu que ça peut se faire rapidement désormais. Ça s’est déjà amorcé.

Gilles SPAIER : Le problème est que beaucoup de nos « décideurs » ont eu le logiciel de leur cerveau implanté il y a quelques dizaines d’années. Ils disent « oui l’écologie c’est important » mais en restent avec le es. La santé de Bayer d’abord, celle des populations, surtout rurales, n’a pas d’importance. Dans les faits, l’écologie, ils s’en fichent.

Electron : Le véritable défi, c’est que notre développement économique et notre société sont fondés sur 80% d’énergies fossiles, à la fois dispensatrice de gaz à effet de serre mais aussi non renouvelable, donc appeler à se raréfier puis disparaître, notamment le pétrole. Les conséquences de leur fin ne sont pas connues, mais risquent d’être délétères pour l’humanité.

VincentB : L’ étude « Destin comun » met en relief l’immense écart entre la volonté et les actes. Toujours plus d’avions (cf les projets d’agrandissements des aéroports de Roissy et Nice), toujours autant de bagnoles sur les routes et de pub pour les SUV, de viande, de lait, de fraises en hiver (vendues en magasin bio, s’il-vous-plaît), de terrasses chauffées … Pendant ce temps-là, E. Borne prenant son courage à deux mains, freine sur les éoliennes, parce que certains ne trouvent pas ça très beau dans le paysage. On a connu ministre plus téméraire. Qui osera mettre les français devant leurs contradictions ? Et leur dire qu’ils doivent INDIVIDUELLEMENT changer de comportement.

17 août 2019, L’écologie politique comme force dominante ?

23 février 2020, Des municipales à l’heure du verdissement

17 novembre 2019, Municipales, tous écolos ou presque !

Virus et état de guerre, allons à l’essentiel

« Nous sommes en guerre, allons à l’essentiel. » Ainsi pourrait se résumer l’intervention télévisée du président de la république française lundi 16 mars (lire en fin de cet article). Mais il ne s’agit que de lutter contre le coronavirus pour une période que Macron estime temporaire. Notre réalité structurelle est tout autre. Nous avons fait la guerre à la planète, épuisé ses richesses et ses potentialités, il est urgent de faire la paix. Mais cela veut dire aller à l’essentiel, pratiquer le rationnement pour une sobriété partagée et ce sur une période très très longue. Voici quelques références sur notre blog biosphere :

23 décembre 2019, Après les fêtes de Noël, l’économie de guerre

« Mon discours ne fera jamais recette. Je (Yves Cochet) ne suis pas entendu, et c’est précisément pour cela que l’effondrement va arriver. Pour s’en sortir, il faudrait une économie de guerre comme à Londres, en 1941. Je suis pour le rationnement de l’essence, des vivres, des vêtements, et pour le contrôle des naissances. Mais il n’y a pas d’exemples dans l’Histoire où une économie de guerre a été adoptée avant la guerre. Les gens ne l’acceptent pas. Aujourd’hui, la préoccupation première des Français, c’est le pouvoir d’achat…

3 décembre 2019, état de guerre, la planète ne négocie pas

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres affirme, à la veille de l’ouverture de la conférence sur les changements climatiques (COP25) : « L’espèce humaine est en guerre contre la planète et la planète rend coup pour coup. » Il a présenté la liste effrayante des effets dévastateurs de plus en plus « meurtriers » du réchauffement : hausse du niveau des océans, fonte des calottes polaires, sécheresses… « Le point de non-retour n’est plus loin à l’horizon, il est en vue et se rapproche de nous à toute vitesse »…

4 octobre 2011, Avec Lancia, abandonnez le superflu, ne gardez que l’essentiel

Abandonnez le superflu, ne gardez que l’essentiel. » Message admirable qui passait à la télé. Mais il s’agit d’une pub pour la nouvelle Lancia Ypsilon qui poursuit : « redécouvrez l’élégance et laissez-la s’exprimer » … Abandonner le superflu pour ne garder que l’essentiel se trouve du côté de la simplicité volontaire et bientôt de l’austérité obligée quand on s’apercevra que les réserves de pétrole ont une fin et que les publicitaires nous ont trompé et fait vivre un rêve sans lendemain…

7 juin 2010, Blood, Toil, Tears and Sweat

« I have nothing to offer but Blood, Toil, Tears and Sweat » s’exclamait Churchill le 13 mai 1940 : « Je n’ai rien d’autre à offrir que du  sang, de la peine, des larmes et de la sueur ». Nous sommes en état de guerre, de guerre contre la planète ; la question monétaire est secondaire par rapport à la question des ressources physiques. Bien plus, tout ce que nous avons imaginé antérieurement pour sortir de la crise financière (remettre en route la machine à créer de la monnaie dans les banques) ne servira qu’à mieux préparer la prochaine crise. Les politiques doivent faire leur le diagnostic de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean : « Osons le dire : celui ou celle qui arriverait, aujourd’hui, avec les idées claires sur la contrainte des ressources naturelles, et qui aurait un programme bien bâti pour y répondre, avec un mélange de souffle nouveau et d’efforts pour chacun, celui-là ou celle-là pourrait être audible. »…

Discours de Macron : « Samedi soir, les restaurants, les bars, tous les commerces non essentiels à la vie de la nation ont également clos leurs portes… Jamais la France n’avait dû prendre de telles décisions, évidemment exceptionnelles, évidemment temporaires en temps de paix. Elles ont été prises avec ordre, préparation, sur la base de recommandations scientifiques avec un seul objectif : nous protéger face à la propagation du virus…Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire certes. Nous ne luttons ni contre une armée ni contre une autre nation, mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, et qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. Nous sommes en guerre. Toute l’action du gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l’épidémie, de jour comme de nuit. Rien ne doit nous en divertir… Nous sommes en guerre. J’appelle tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale.. Nous sommes en guerre et la Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne… »

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/03/16/nous-sommes-en-guerre-retrouvez-le-discours-de-macron-pour-lutter-contre-le-coronavirus_6033314_823448.html

Virus et Climat, il faudrait agir de même

Stéphane Foucart : « Pour la première fois de l’histoire récente, la croissance économique a momentanément cessé d’être la seule et unique métrique du succès des politiques publiques. Il y a, en face, le nombre de morts qui pourra y être opposé… Dans son allocution du 12 mars, Emmanuel Macron l’a martelé : les conséquences sanitaires de la pandémie de Covid-19 doivent être jugulées, « quoi qu’il en coûte ». Répété à plusieurs reprises, le mot n’a rien d’anodin. Il marque la volonté présidentielle de faire passer le message que la santé des populations prime sur celle des entreprises… Si les États œuvrent traditionnellement à favoriser, quoi qu’il en coûte, l’activité de leurs industries, ils peuvent aussi renverser ce paradigme. Si les États veulent éviter la part la plus catastrophique du réchauffement en cours et ralentir l’effondrement de la vie, ils devront sans doute – une fois consommé l’échec des politiques actuelles – user de la potion amère qu’ils s’administrent face au Covid-19. Non en entravant momentanément, comme c’est le cas aujourd’hui, les activités qui impliquent des rassemblements de populations et qui favorisent la circulation du coronavirus, mais en contraignant durablement celles qui impliquent la combustion de ressources fossiles, l’industrialisation du secteur primaire, la surexploitation des ressources et la destruction du vivant… Soyons lucides : ce n’est sans doute pas demain que le climat et la biodiversité seront préservés « quoi qu’il en coûte »… »*

Mister Z sur lemonde.fr : Stéphane Foucart a malheureusement raison de parler d’aimable fiction ! Souvenons – nous de l’après krach en 2008 : on en a fini avec les paradis fiscaux, avec la spéculation effrénée, avec la cupidité (« greed »), l’ère des véhicules voraces se terminait, finis les 4/4 etc On a vu ce qu’il en était.

HEGEL : Comment pourra-t-il en être autrement, tant sont illimités l’avidité et l’aveuglement hubristique des néolibéraux – et parmi eux les capitalistes des industries fossiles. Ils sont tellement orgueilleux qu’ils ne se rendent pas compte que demain une crise sanitaire encore plus violente que celle du Covid19 pourra être couplée à une crise climatique majeure.

Jean Rouergue : C’est d’autant scandaleux que le réchauffement climatique fera plus de victimes que le virus n’en fera… Seulement le virus est là, maintenant. Le réchauffement on le voit, on le vit, mais il ne crée pas encore de victimes. Dans nos démocraties toute décision politique devrait recevoir l’aval d’un super ministre responsable de la lutte contre le réchauffement.

Obéron : Entre la pandémie et le réchauffement climatique, ce sont les échelles de temps qui diffèrent. L’incubation avec des symptômes limités (sauf pour les scientifiques et les plus attentifs d’entre nous) est bien plus grande pour le réchauffement climatique. Mais une fois que la maladie sera installée, elle sera bien plus longue et plus difficile à guérir, s’il y a encore des remèdes.

Didi : Effectivement, toute la différence est dans la lenteur du réchauffement climatique qui nous laisse penser qu’on aura le temps de trouver des solutions. Si à cause du réchauffement climatique la terre devait exploser dans 20 ans, je pense qu’on trouverait des solutions rapides et efficaces pour réduire la température terrestre.

ED_ 1 : On aurait envie d’être optimiste et de croire qu’à la faveur d’événements exceptionnels il y ait une prise de conscience et l’amorce de solutions positives. Mais le modèle économique n’a pas changé parce qu’un virus a fait son apparition. Cette crise fera des gagnants et des perdants, comme à chaque fois. Tu as investi dans les masques ou les pharma, tu vas faire de la tune, dans le pétrole ou le tourisme, tu vas boire la tasse. Les partisans du laisser faire devraient défendre la solution darwinienne, laisser faire le virus, il va épargner les plus forts…

* LE MONDE du 14-15 rs 2020, « Soyons lucides : ce n’est pas demain que le climat et la biodiversité seront préservés “quoi qu’il en coûte” »

Trop d’humains pour la planète ? OUI

Le meilleur moyen de protéger la planète n’est-il pas d’être moins nombreux ? En 2017, 15 300 scientifiques de plus de 180 pays alertaient sur l’état de la planète. La question démographique figurait en bonne place dans leur manifeste. Parmi les signataires en effet, beaucoup sont des écologues découragés par l’ampleur des destructions et les montagnes de déchets générées par l’humanité : « En échouant à limiter adéquatement la croissance de la population, à réévaluer le rôle d’une économie fondée sur la croissance, à restaurer les écosystèmes, à enrayer la pollution, à stopper la défaunation et à limiter la propagation des espèces exotiques envahissantes, l’humanité omet de prendre les mesures urgentes indispensables pour préserver notre biosphère en danger. » Yves Cochet aime à répéter qu’il est temps d’inverser le principe de la politique familiale à la française : les allocations devraient venir en aide lors de la première naissance, diminuer à la deuxième et être supprimée à la troisième : « Les jeunes générations pleurent quand je leur donne mon point de vue, mais c’est ainsi : avoir un enfant n’est plus une affaire privée, c’est un choix politique. » Après les pays anglo-saxons, apparaissent des associations comme Démographie responsable, qui plaide pour que le nombre d’habitants n’y dépasse pas en France 70 millions, puis tende à diminuer*. Les commentaires sur lemonde.fr sont plutôt malthusiens :

Hilare : Dans une équation à plusieurs variables il est vain de chercher la solution en ne prenant en compte qu’une seule variable, la démographie !

Eljulio @ Hilare : Cette équation a été posée (équation de Kaya). Afin d’être en adéquation avec les limites physiques de notre planète, il est possible d’influer sur la population,sur les gains d’efficacité (technologie) ou sur la production de richesse (sobriété). Etre en adéquation avec les limites physiques signifie diviser par 3 notre impact. Or les gains d’efficacité déclinent et nous cherchons constamment à accroître la production de richesse. La population sera donc la variable d’ajustement de gré ou de force.

Chris : Rappelons qu’avant l’Homme, jamais dans l’histoire de la planète une espèce de grand vertébré terrestre n’a atteint un tel niveau de population et de densité. Rien que cela devrait alerter. Et quand il nous faut plusieurs planètes pour subvenir à l’ensemble de nos besoins, ne venez pas me raconter qu’il n’y a pas surpopulation.

Julien B : La haine des riches va jusqu’à vouloir empêcher les pauvres d’exister.
Et si on changeait de paradigme dans la vision utilitariste que les riches revendiquent eux mêmes, mais pour les autres : supprimer seulement les 1 % les plus riches, avec leur gabegie, leur haine et leur arrogance, suffirait à sauver la planète.

Planether : Les 1% …ils sont pratiques ceux-là. Le problème c’est surtout les 15 % qui suivent et dont vous faites partie. Eux organisent la production et vous la justifiez. Cessez de manger de la viande, déséquipez vous, renoncez à la voiture et vous pourrez parler des pauvres.

Noodlefr : Prenez un pauvre et transformez le en riche et vous retrouverez vite la même voracité. Ce n’est pas un problème de riche ou de pauvre, c’est un problème lié à l’espèce humaine dans son écrasante majorité : nous sommes une espèce ultra vorace et immature qui nuit à tout ce qu’elle touche ou presque. Les quelques peuplades humaines qui avaient appris à vivre en harmonie avec leur environnement ont en général été balayées ou exterminées par celles qui ont appris à accumuler et à surexploiter.

Alloc : Il existe de nombreux processus naturels de régulation des populations : épidémies, famines, guerres… n’oublions pas ces possibilités

LeBret @ Alloc : À l’échelle d’un pays ou d’un continent, oui. Mais pas à l’échelle d’une planète. Regardez les courbes démographiques mondiales du XXème siècle : malgré 2 guerres mondiales, des dizaines de millions de morts dus aux famines, des génocides par douzaines… la population mondiale n’a JAMAIS diminuée.

Lotus : Le Sida et Monseigneur Ebola n’ont pas répondu aux espoirs mis en eux.

Gaia ? Une épidémie mondiale serait dramatique pour les humains mais la planète s’en porterait mieux… Gaia va-t-elle faire muter les virus dans un geste désespéré d’auto défense ?

* LE MONDE du 16 février 2019, Trop d’humains pour la planète ? (article de Martine Valo)

Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

Les Anglais ont choisi de laisser faire la sélection naturelle plutôt que de lisser l’épidémie par la distanciation sociale. Patrick Vallance est le conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, l’autorité scientifique sur laquelle Boris Johnson s’appuie pour prendre ses décisions. Il a détaillé son approche jeudi soir à Downing Street, l’« immunité collective » (herd immunity) : « Il n’est pas possible d’éviter que tout le monde attrape le virus. Et ce n’est pas non plus souhaitable car il faut que la population acquière une certaine immunité. » Toujours selon M. Vallance, il faudrait qu’environ 60 % de la population britannique contracte le virus pour qu’elle développe cette immunité collective permettant d’éviter de futures épidémies. Sachant que le pays compte un peu plus de 66 millions d’habitants, il s’agirait que 40 millions de Britanniques soient infectés par le virus. Avec un taux de mortalité du Covid-19 estimé à 1 %, et si on suit le raisonnement de M. Vallance, ce sont quelque 400 000 décès qui pourraient advenir dans le pays. Autant dire que le National Health Service (NHS), le système de santé publique britannique, avec ses 5 000 lits en réanimation disponibles, serait très vite débordé. Depuis deux jours, la controverse enfle dans les médias et sur les réseaux sociaux, surtout après que M. Johnson a alerté les Britanniques sur le fait qu’ils devaient se préparer « à perdre bien davantage d’êtres aimés ». Les réactions sur lemonde.fr* vont bon train, notre choix parmi plus de 120 commentaires :

Guillaume de Saluste du Bartas : En fait Boris fait un pari (ultralibéral ) . Pourquoi pas ? 😉

Cavizza : Le nombre de morts officiellement déclarés en Italie ce soir (source : bulletin officiel de la Protezione Civile italienne de ce soir) est de 1441, sur un total de 21157 cas recensés (sur plus de 100.000 tests effectués). Le taux de mortalité est donc de 6,8%. Appliqué à 40 millions de britanniques, comme suggéré dans l’article, cela ferait plus de deux millions et demi de morts. Je trouve ça épouvantable…

BGA : Si une telle décision était prise en France, je devrais me préparer tout de suite au décès de mes parents très âgés. C’est la démonstration d’un cynisme qui est assez logique de la part du pays qui a théorisé le libéralisme avant qu’il ne tourne à l’ultra… Boris Johnson avec 2 millions de morts sur la conscience serait-il encore capable de dormir?… Mais oui bien sûr!

JFG : Je ne comprends absolument pas l’idée, essayer d’atteindre « l’immunité de groupe ». Le terme est mal utilisé. En épidémiologie, on utilise le terme « immunité grégaire ». Chaque pathogène a un seuil d’immunité grégaire, mais on ne connaît *bsolument pas celui du SARS-2. Il est calculable dans une certaine mesure (avec des pincettes) en fonction du Ro, qu’on ne connaît pas non plus précisément. Plus grave : c’est un concept surtout utilisé pour l’évaluation des campagnes de vaccination. OK, on prend aussi en compte l’immunité acquise naturellement (infection/guérison). Mais c’est bien la première fois, à ma connaissance, qu’on ose exposer toute une population pour atteindre la HI uniquement par immunité naturelle… Pire : on commence à voir que l’immunité naturelle est très courte/limitée. C’est du meurtre de masse…

Pierre G @ JFG : Mais que proposez vous? A l’évidence on ne trouvera pas de vaccin cet hiver. Sur la base de chiffres actuels en France : Part des + 60 ans décédés du virus: 93,7% (source science et avenir) Part des – de 60 ans: 6,3% 1,8×6,3/100= 0,11% soit 4500 morts sur 40 M d’habitants. C’est moins que le nombre de morts sur les route. Quand interdira-t-on aux gens de conduire (sans jamais acquérir une quelconque immunité pour le coup) Il est probable que la maladie fasse un retour l’hiver prochain (pour autant qu’elle ait un cycle saisonnier, e.g. grippe). Doit on mettre le monde en quarantaine chaque hiver?

Alain PANNETIER : Oui. Les ssRNA virus sont ceux qui mutent le plus facilement (x100/locus comparé aux virus DNA). Sinon, on n’attraperait la grippe qu’une seule fois. S’il y a rebond l’année prochaine, ce qui est loin d’être certain, rien ne garantit que l’immunité acquise sera efficace.

du nord : En gros, laissons faire la nature, intervenons aussi peu que possible. C’est une stratégie qui sacrifie clairement et cyniquement les plus faibles, les plus âgés, les plus malades et les plus pauvres dont la chance de s’en sortir une fois qu’ils ont attrapé le virus est infiniment plus faible que celle des autres catégories sociales, plus jeunes, plus robustes, plus aisées. Entendre Boris Johnson dire que 80 % des personnes vont avoir le virus et que beaucoup de familles vont perdre leurs « loved ones » avant leur temps était en quelque sorte une façon de préparer l’opinion publique mais c’était aussi surréaliste qu’effrayant. Résultat : Plus de pensions de retraite à payer, moins de prestations sociales, des NHS hôpitaux surchargés qui respirent.

pierre guillemot : Le raisonnement de Boris Johnson n’est pas idiot. La Chine a stabilisé l’épidémie au prix de la dévastation de la vie sociale et économique du pays et le chiffre brillant du résultat ( 3000 morts) cache les morts de ceux qui étaient malades d’autre chose et n’ont pas pu continuer leur traitement. Les morts seront principalement des gens âgés et/ou fragiles dont la disparition n’aura pas beaucoup d’effet, à part le chagrin de leurs proches. Rappel de mauvais goût : je suis né avant les vaccins modernes (rougeole, varicelle, oreillons, scarlatine …) et les petits enfants s’immunisaient en échangeant leurs virus à l’école primaire. J’ai tout eu et je ne suis pas mort. Il y avait des morts et on trouvait ça triste mais pas épouvantable. J’ai souvenir du médecin disant « il faut qu’il l’attrape maintenant ; quand il sera grand, ce serait grave ». Seule crainte: la rubéole; interdit de s’approcher d’une femme enceinte.

* LE MONDE du 15-16 mars 2020, L’« immunité collective », stratégie risquée du Royaume-Uni pour lutter contre le coronavirus

Covid-19, la « distanciation sociale » en France

Le gouvernement a décrété ce samedi 14 mars le passage au « stade 3 » du plan de lutte contre le Covid, car le virus est transmissible sur l’ensemble du territoire. Edouard Philippe a annoncé samedi 14 mars au soir la fermeture dès minuit de tous les « lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays ». Restaurants, bars, discothèques, cinémas sont appelés à fermer leurs portes. Les commerces sont aussi touchés, à l’exception des magasins alimentaires, pharmacies, banques, bureau de tabac ou encore stations-essence. Dans une allocution solennelle, le premier ministre a dressé le constat que les « premières mesures prises de limitation des rassemblements [étaient] imparfaitement appliquées » et que « la meilleure façon de freiner l’épidémie était la distanciation sociale ».

Parmi les mesures “barrière” énoncées pour lutter contre le coronavirus, la distanciation sociale est assez contraignante, notamment pour se saluer. Elle est cependant très efficace pour ralentir la propagation du virus. Nous qui avions jusqu’ici l’habitude de se faire la bise ou de se serrer la main à tout va, nous voilà réduits à un simple coucou “de loin”, coronavirus oblige. La distanciation sociale, autrement dit le fait de demeurer à au moins un mètre d’autrui, et d’éviter les rassemblements, fait partie des gestes “barrière” recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Plusieurs experts estiment qu’à terme, jusqu’à 70% de la population pourrait être infectée par le coronavirus, à quoi bon essayer de contenir l’épidémie ? Il s’agit simplement de s’assurer que nos systèmes de santé pourront faire face à tous les cas nécessitant une hospitalisation, et seront ainsi en mesure de limiter le nombre de décès. Lidée est d’aplatir la courbe représentant le nombre de cas en fonction du temps. Plutôt que de laisser le virus se répandre rapidement dans la population, saturant les systèmes de santé, l’idée est de faire en sorte qu’il se propage sur une plus longue période. Globalement, les mesures de confinement mises en place permettent bien de freiner la propagation du coronavirus, comme en témoigne la situation en Chine, où le nombre de nouveaux cas par jour est passé de plus de 15 000 à moins de 50 par jour entre le 9 et le 12 mars. Le dernier bilan du coronavirus SARS-CoV-2 en France est de quatre-vingt-onze morts et 4 500 contaminations à travers le pays.

Commentaire de biosphere : la « distanciation sociale » serait facilité si nous étions beaucoup moins nombreux, avec une population non concentré dans des villes tentaculaires et des lieux de rassemblement démesuré, dans une civilisation thermo-industrielle qui voue un culte à la mobilité mondialisée, y compris touristique. Du point de vue des écologistes, il nous faudrait devenir malthusien (maîtrisant sa fécondité), recentré sur les campagnes et heureux de faire à pied le tour de son environnement habituel. En clair, faire l’inverse de ce que nous faisons actuellement !

Pour sortir des pièges de la technologie

Les technologies ont envahi notre quotidien, et grignotent à grande vitesse nos modes de vie et libertés. Elles font de nous leurs complices à travers ces objets-pièges, ces objets-espions, ces objets-doudous que nous utilisons chaque jour : téléphones mobiles, ordinateurs, gadgets électroniques… Mais le climat change, les espèces disparaissent, les emplois sûrs et de longue durée sont remplacés par de petits boulots stressants et mal payés : sur Internet, dans les centres d’appel, les Uber, Deliveroo… Le piège se referme, mais nous pouvons lui échapper. Voici une dizaine d’actions légales et sans risque faciles à mettre en œuvre pour affirmer notre singularité face aux GAFA-Microsoft-BATX, qui commandent aujourd’hui aux États, et même au marché :

  • continuer à lire des livres et des journaux papier
  • continuer à envoyer lettres et cartes par la poste
  • continuer à payer par chèque ou en espèces, fuir le sans-contact
  • boycotter les caisses électroniques pour régler nos achats en magasin (et expliquer que passer par elles, c’est justifier le licenciement de personnel)
  • limiter notre utilisation du smartphone, de l’ordinateur, et le temps passé sur Internet (réseaux-sociaux…)
  • réduire nos achats (surtout lointains par Internet) et conserver nos matériels dans la durée (voiture, électro-ménager, high-tech)
  • ne pas donner son avis après un achat ou évaluer une prestation de service
  • refuser la 5 G
  • privilégier les transports en commun (bus, car, train), le vélo ou la marche pour se déplacer
  • restreindre notre consommation de viande et compenser par celle des légumineuses (riz, lentilles, pois chiches, haricots…)
  • en règle générale, fuir puces électroniques, RFID, implants, interconnexion des données ; éviter robots et assistants

Il n’est pas interdit, enfin, d’aller un peu plus loin en se regroupant, pétitionnant ou écrivant aux élus, pour réclamer un véritable « droit à la non-connexion » des personnes qui ne souhaitent pas utiliser Internet pour effectuer les démarches administratives ou payer les impôts.

Olivier Gabriel (association TECHNOlogos)… pour en savoir plus sur ce blog biosphere :

14 septembre 2017, Technologos contre la numérisation de l’éducation

1er octobre 2017, BIOSPHERE-INFO présente l’association TECHNOlogos

1er octobre 2016, BIOSPHERE-INFO, sur la « science sans conscience »

27 juin 2015, Technologos : résistons à la démesure technicienne

10 octobre 2014, Résilience, un passage nécessaire par les low tech

3 septembre 2014, Colloque TECHNOlogos, discours critique sur la technique

25 novembre 2012, Esclaves de la technique, nous glorifions notre maître

Covid-19, les mécanismes boursiers mis à nu

Les principales places boursières européennes se sont effondrées jeudi, peu convaincues par les annonces de la Banque centrale européenne. Wall Street a également connu sa pire séance depuis 1987. Rappelons notre article, Avertissement aux boursicoteurs du 7 juillet 2019 :

Avertissement aux boursicoteurs, la fin de leur monde approche. Ces dernières années, le PIB mondial progresse de près de 3 % l’an, un doublement tous les 23 ans environ, une impossibilité majeure alors qu’on puise déjà dans notre capital naturel (cf. calcul de l’empreinte écologique). Rappelons que la bourse n’a presque plus rien à voir avec la valeur réelle des entreprises, c’est un jeu d’argent comme cela se pratique dans un casino. Rappelons-nous l’amoncellement des dettes avant le krach boursier de 1929 dont on n’est sorti que « grâce » à une guerre mondiale. Le boursicoteur pense à très court terme, la planète nous attend au tournant, elle a le temps ! Voici quelques précisons.

Aujourd’hui (juillet 2019) c’est l’euphorie, Wall Street vit le plus long cycle de hausse de son histoire, les banques centrales ont réduit artificiellement les charges d’intérêt de la dette avec les taux bas, on est en plein « paradoxe de la tranquillité ». Ce moment théorisé par Hyman Minsky, où il suffirait d’un choc sur la croissance ou sur les taux pour que tous les problèmes se révèlent. Depuis la crise des subprimes de 2008, les entreprises et des Etats ont largement profité des très bas leurs taux directeurs et multiplié les liquidités comme les petits pains.Les bulles spéculatives gonflent, l’écart entre l’économie réelle et la valorisation des actifs s’approfondit. Le succès des prêts à effet de levier (accordés à des entreprises très endettées) depuis cinq ans aux Etats-Unis illustre l’évolution vers les actifs plus risqués. Résultat : l’endettement mondial a augmenté d’environ 50 % depuis dix ans. La dette totale (publique et privée) mondiale représente aujourd’hui 234 % du PIB, contre 208 % en 2008. Qui pourra rembourser cette dette, personne. La mathématisation extrême de la finance, bardée d’instruments informatiques de trading à haute fréquence (des centaines d’ordres passés par un unique opérateur en l’espace d’une fraction de seconde), a rendu les marchés fondamentalement instables et volatils. Ils ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel. Le battement des ailes d’un papillon à l’autre bout du monde peut alors entraîner un affolement général. Ce sera le krach boursier qui remettra les pendules à l’heure, mais l’activité des entreprises s’en ressentira durement, le chômage explosera…

Après le choc boursier provoqué aujourd’hui par le Covid-19, les réactions sur lemonde.fr* confirment notre analyse passée :

Mister Z : Pire journée de l’histoire ? Peut être simplement parce que ce krach a été précédé de la pire période de spéculation effrénée, et la plus longue, non ?

Jacofee : Les mouvements de la bourse ne font pas peur aux traders. Ces derniers ne détiennent aucun titre ni aucun produit financier plus d’une journée. Ils démarrent à zéro le matin et finissent de même le soir. Les opérations réalisées en journée se soldent en bénéfice ou perte indépendamment du sens de l’évolution des prix. Plus il y a de mouvement à la hausse ou la baisse et plus ils font d’affaires. Une bonne journée est donc une journée mouvementée, dans un sens ou dans l’autre. Quant aux fonds spéculatifs, ils ont tous les outils pour tirer parti de la situation et ne s’en privent pas. La baisse des cours est un marché aux bonnes affaires. Par contre, les entreprises qui voient leurs réserves fondre comme neige au soleil risquent de ne pas terminer le mois. Cette situation peut être très rapidement source d’un chômage massif. Les travailleurs craignent pour leur emploi.

J.Dupont69 : Les subprimes par ici, le coronavirus par là. Je suis étonné que le dernier prout de Trump n’est pas provoqué un « séisme » économique. Le système (délocalisation à outrance, économie virtuelle) dans lequel nous vivons est à bout de souffle, c’est un cadavre que l’on maintient en vie. Il a permis à quelques roublards bien placés de s’enrichir grassement sur le dos de populations exploitées (Chine, Inde, Bangladesh etc…), mais il faut revenir à la réalité : les ressources ne sont pas infinies et on ne peut tout déplacer d’un point à l’autre du globe sans prise de risque. Il faut revenir à une consommation locale (idéalement régionale), rapatrier les industries délocalisées pour les réinstaller en région, recalculer les prix quant à la valeurs réelles (non, on ne peut pas avoir deux bagnoles, trois smartphones, deux tablettes et trois ordi dans un même foyer).
Il faut changer dès maintenant. Ou la prochaine tarte à la crème en 2030 sera violente.

Une flâneuse : Quand je pense qu’il y quelques semaines on s’efforçait de convaincre les Français de placer leurs économies en bourse pour capitaliser pour leur retraite… Plouf, la tasse.

Sapiens : C’est stupéfiant la perception qu’on les gens de ce qui est en train de se passer sur les marchés financiers dont les conséquences seront infiniment plus regrettables que celle du coronavirus. En voulant lutter contre un virus qui ne fait que peu de morts, on va sacrifier l’économie avec des conséquences incalculables .
Peu importe que vous ayez des actions ou non…quand les taux remonteront et ils vont remonter, quand l’économie va se figer…que pensez-vous qu’il va arriver aux recettes de l’état et sur le coût budgétaire d’un endettement qui représente plus de 100% du PIB.

JFA : Un virus vient semer la panique dans le monde des affaires. C’est triste, mais ça m’amuse. Je vois la situation climatique se dégrader à une vitesse folle, et rien ne se passe, même les gens qui ont voté écolo continuent à prendre leur voiture pour aller acheter leur pain à 100 m de chez eux. J’imagine la panique quand, dans une décennie tout au plus, il deviendra indispensable de tout arrêter dans l’urgence parce que notre incurie aura atteint la catastrophe et qu’il n’y aura plus aucun moyen d’y échapper.

As1 : Je me fais la même réflexion. Mais le problème semble insoluble. On voit bien que la moindre baisse d’activité a des conséquences économiques désastreuses et immédiatement bien trop douloureuse pour les populations, alors même que quand tout va bien, on fonce vers le désastre écologique. Je crois que tout le monde le sait, mais que le déni est le seul moyen de continuer à vivre, sans avoir à se reprocher chaque jour de ne pas se contenter d’élever des chèvres et de se laver à l’eau froide.

* LE MONDE du 13 mars 2020, Coronavirus : krach boursier en Europe et à Wall Street, pire journée de l’histoire pour la Bourse de Paris

Le virus Covid-19, vecteur de décroissance

Les militants de la décroissance l’ont rêvé, le coronavirus l’a fait : l’activité productive est à l’arrêt, le krach boursier est arrivé, les perspectives de croissance sont en berne, les déplacements sont réduits au strict minimum, les voyages par avion sont supprimés, les enfants restent en famille chez eux, le foot spectacle se joue à huis clos, et même les gouvernements sont en danger.

La Bourse de Paris a vécu, jeudi 12 mars, la pire journée de son histoire en subissant une chute de − 12,28 %, à l’image des principales places européennes, qui se sont toutes effondrées, provoquant un krach boursier historique. Wall Street s’est également effondrée de 7,3 % (Dow Jones) à l’ouverture, ce qui a provoqué une interruption automatique des échanges. La BCE constate une « considérable aggravation des perspectives de croissance ». Lors de la crise financière de 2008, la panique avait finalement été enrayée quand les leaders du G20, les principales économies de la planète, avaient réussi à se coordonner. Leur front commun s’était avéré décisif. Pour l’instant, les réactions en ordre dispersé face à la pandémie de Covid-19 accentuent la panique et rendent inaudibles les plans de secours. L’Autriche et la Hongrie ont interdit les rassemblements fermés de plus de 100 personnes et ceux dépassant 500 personnes en extérieur. Les Pays-Bas ont interdit les rassemblements de plus de 100 personnes, la République tchèque de plus de 30. En Italie, comme à Chypre, tout rassemblement est prohibé. L’Italie a ordonné à ses habitants de rester chez eux jusqu’au 3 avril ; on ne peut sortir que pour aller travailler, se faire soigner ou acheter à manger ; 12 462 cas de coronavirus sont confirmés, les rues sont désormais quasiment désertes. Toutes les écoles et universités sont fermées jusqu’au 3 avril en Italie et jusqu’au 25 mars en Pologne et en Grèce. En France tous les établissements scolaires sont fermés à partir du lundi 16 mars. Des aéroports ferment déjà ici et là. Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé, mercredi, la suspension pour trente jours à partir de vendredi de tous les voyages d’étrangers de l’Europe vers les États-Unis. Certains matchs de foot se sont tenus à huis clos, les championnats italien et espagnol, avaient choisi une suspension provisoire. Désormais, la menace d’un arrêt total des compétitions de football gagne du terrain. L’ensemble du gouvernement espagnol s’est soumis jeudi au test de dépistage du Covid-19 après qu’une ministre s’est révélée être l’une des quelque 3 000 personnes contaminées dans le pays…

Le coronavirus mauvais pour l’homme et très bon pour la planète. Certains spécialistes soulignent les bénéfices majeurs de cette crise du Coronavirus. Pour nombre d’écologistes la santé de la planète doit passer par une décroissance économique (contrainte plutôt que forcée). Une carte, publiée par la Nasa, montre lla différence entre les émissions de dioxyde d’azote   du 1er au 20 janvier et celles du 10 au 25 février 2020…

LEVI’S sur mediapart : Avec la mise en quarantaine, chacun se met en mode “pause” et se réapproprie du temps. Mais le temps, ce n’est pas de l’argent, c’est de l’énergie disponible. Pour une fois, nous pouvons mettre le nez à la fenêtre et observer le décor charmant d’une Nature qui se réveille après un hiver qui n’en a plus que le nom. Nous avons atteint, et même dépassé, nos limites pour créer un Système qui nous plonge dans la peur et l’individualisme à outrance. Les frontières se referment, les ponts-levis se relèvent pour rétablir les forteresses et on pille les greniers pour anticiper sa propre faim. La guerre civile nous guette pour engendrer le pire…

Tout savoir sur le coronavirus

Communication gouvernementale : Les Coronavirus sont une grande famille de virus, qui provoquent des maladies allant d’un simple rhume (certains virus saisonniers sont des Coronavirus) à des pathologies plus sévères comme le MERS-COV ou le SRAS. Le virus identifié en janvier 2020 en Chine est un nouveau Coronavirus. La maladie provoquée par ce Coronavirus a été nommée COVID-19 par l’Organisation mondiale de la Santé – OMS. Depuis le 11 mars 2020, l’OMS qualifie la situation mondiale du COVID-19 de pandémie ; c’est-à-dire que l’épidémie touche désormais 110 pays sur une zone étendue. Les symptômes principaux sont la fièvre ou la sensation de fièvre et des signes de difficultés respiratoires de type toux ou essoufflement. La maladie se transmet par les postillons (éternuements, toux). On considère donc qu’un contact étroit avec une personne malade est nécessaire pour transmettre la maladie : même lieu de vie, contact direct à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou une discussion en l’absence de mesures de protection. Un des vecteurs privilégiés de la transmission du virus est le contact des mains non lavées.

Mieux connaître les virus avec wikipedia : Tout être vivant peut être infecté par un virus. Il existe des virus de bactéries, des virus d’archées, des virus d’algues, des virus de plantes, des virus fongiques, des virus d’animaux et même des virus de virus. Les maladies virales comme la rage, la fièvre jaune ou la variole affectent l’Homme depuis des siècles. À la fin du XIXe siècle, la conception d’agents infectieux que l’on ne pût déceler au microscope optique était encore difficile. Le virus de la fièvre jaune est le premier virus pathogène de l’Homme identifié entre 1900 et 1902. Louis Pasteur les nomma « infrabactéries », d’autres les qualifièrent de « virus filtrants ». Vers 1925, un virus était défini comme un « agent responsable d’une maladie infectieuse, parasite et de taille comprise entre 0,01 et 0,3 micromètre ». L’apparition de la microscopie électronique dans les années 1930 permit l’observation des virus, mais on ne savait toujours pas à cette époque ce qu’ils étaient réellement. On caractérise un virus par son incapacité à se reproduire par mitose, par scissiparité ou par méiose. Placés en suspension dans un milieu de culture, ils ne peuvent ni métaboliser, ni produire ou utiliser de l’énergie, ni croître, ni se multiplier, toutes fonctions communes aux êtres vivants. Pour répliquer son acide nucléique, il dépend d’une cellule hôte qu’il doit infecter pour détourner et utiliser son métabolisme : un virus est nécessairement un parasite intracellulaire. Le débat sur le caractère vivant ou inerte des virus reste encore aujourd’hui ouvert. Les génomes des virus ne comportent que de quelques gènes à 1 200 gènes. Les concentrations en virus dans l’eau de mer sont de l’ordre de dix mille virus par millimètre cube. Environ 20% des organismes constituant la biomasse microbienne océanique totale est tuée par des virus. La recherche actuelle estime que dans le corps humain il y a 100 fois plus de virus que de cellules humaines

En 2018, on recense 129 espèces de virus impliqués dans des maladies humaines. Le rhume, la grippe, la varicelle, la rougeole, la mononucléose infectieuse sont des exemples de pathologies humaines relativement courantes d’origine virale. On connaît d’autres exemples plus nocifs comme le SIDA, le SRAS, la grippe aviaire, la variole, ou la fièvre hémorragique causées par le virus Ebola. Caractéristiques d’un virus dangereux :

  • transmission respiratoire ;
  • taux de reproduction de base supérieure à 2 ;
  • taux de mortalité supérieur à 1/1000 ;
  • temps de génération inférieure à trois jours ;
  • contagion avant l’apparition des symptômes.

Étant donné que les virus utilisent la machinerie cellulaire de l’hôte pour se reproduire à l’intérieur même de la cellule, il est difficile de les éliminer sans tuer la cellule hôte. Des médicaments antiviraux permettent cependant de perturber la réplication du virus. Une autre approche est la vaccination qui permet de résister à l’infection. Les antibiotiques sont sans effet sur les virus. Les antibiotiques interfèrent seulement avec le métabolisme des bactéries et ne permettent pas de traiter les maladies d’origine virale.

Écologue ET écologiste en même temps !

« Suis-je écologue ou écologiste, scientifique dans sa bulle ou politiquement engagé ? » Comme d’autres scientifiques, Franck Courchamp est en pleine crise existentielle : « Pendant des années, j’observais la destruction de la biodiversité de manière neutre, comme un chercheur en médecine verrait une maladie : pour étudier les dysfonctionnements du corps humain Aujourd’hui, je vis très mal cet effondrement du vivant et j’ai décidé de m’engager… Je ne sais pas si c’est notre rôle de résoudre les problèmes environnementaux, mais c’est peut-être notre devoir…  Cela me mettrait mal à l’aise en tant que citoyen de ne pas agir, mais cela me met mal à l’aise en tant que scientifique d’agir, car je risque de perdre de la crédibilité indispensables à mon travail. » Cette ambivalence, que Franck Courchamp désigne comme « la bipolarité de l’écologue », s’applique à d’autres disciplines académiques. Pour un nombre croissant de climatologues, de biologistes, d’agronomes ou d’astronomes, la production de connaissances pour leur seul intérêt scientifique ne suffit plus, alors que les glaciers fondent, la mer monte, les espèces s’éteignent et les événements extrêmes se multiplient. Et que la société, toujours plus inquiète, leur demande des réponses à la crise. La tentation est alors forte de sortir des laboratoires pour investir l’agora.* Quelques controverses sur lemonde.fr :

MrFred : Quand la moitié des Sciences de la Terre sont financés par Total et consort, on s’étonne de décrire les scientifiques comme neutres. Ils sont au contraire une partie prenante du changement climatique.

C H Dontenwille : Pour qu’une science reste rationnelle, vérifiable, elle doit rester descriptive et non prescriptive, et ne peut pas faire de prospective sérieuse, par exemple. Selon Bourdieu, le scientifique doit effacer ses opinions dans ses travaux, puis laisser son autorité scientifique derrière lui lorsqu’il s’engage … sous peine d’être entraîné dans la perte de crédibilité qui entache les polémistes.

Frog : La neutralité de la science est bien aussi illusoire que la neutralité de la presse. Toute parole, toute recherche nécessite un angle avec un regard humain. Ce qui ne change rien aux faits objectifs. Mais quand on constate que la terre est au bord de la destruction, il est normal en tant qu’être humain qu’on s’en inquiète. Et si je puis me permettre, ceux qui détruisent l’environnement, eux, ne se posent pas tant de questions morales ! Se disent-il « ah mais ce n’est pas mon rôle de pomper le pétrole jusqu’au dernier litre » ? « Ai-je bien le droit de vendre des produits dont personne n’a besoin et qui rendent malades les êtres vivants » ? Evidemment non. Alors la pureté face à ça, ça nous fait une belle jambe. Le propre de l’humain est d’avoir des convictions.

Untel : Triste mélange, mais favorisé par le laxisme des pairs qui admettent ou ferment les yeux sur une telle dérive. Normalement il faudrait virer les militants de la science, d’un coup de botte bien placé.

JDL : Je suis scientifique en écologie et ce ne sont ni des coups ni des bruits de bottes qui feront faiblir mon engagement citoyen, sauf a considérer qu’être payé par vos et nos impôts ne donne aucune éthique ni aucun devoir…

-Alazon- : Escroquerie à la science : voilà le bon terme pour désigner cette tendance récente qui consiste à se parer de ses titres académiques pour défendre une position militante. L’exemple le plus caricatural est Aurélien Barrau, astrophysicien qui utilise son titre pour promouvoir ses idées sur un sujet (la régulation du CO2) sans lien sérieux avec sa discipline. C’est un travestissement des opinions en savoir. Les scientifiques sont là pour expliquer les résultats scientifiques (par exemple il y a un réchauffement climatique), ils ne prescrivent pas ce qu’il faut faire face au réchauffement climatique. Cela, c’est du strict ressort du politique.

Aurélien Barrau, astrophysicien: « La vie périclite sur Terre et l’on se demande s’il est bien raisonnable que les scientifiques interviennent dans le débat public. C’est scandaleux de se poser cette question »

CFranck : En tant que scientifique et militant, je suis complètement d’accord sur le biais que le militantisme peut finir par créer sur la démarche et la recherche scientifique. Il faut que les scientifiques ne parlent en expert que dans les domaines où ils le sont. Sinon il finiront par décrédibiliser d’avantage l’ensemble des scientifiques. Un scientifique ne peut pas être un militant social au nom de la science sauf pour la défendre…

Vincent Devictor, directeur de recherche (CNRS) : Neutralité scientifique et devoir de réserve, il y voit des principes qui favorisent l’« autocensure » et un « manque de courage » de la communauté des écologues.

Christophe Cassou, climatologue : « Il s’agit de présenter les faits et leur niveau de certitude, d’expliquer qu’ils sont obtenus dans la rigueur de la démarche scientifique, puis de dresser l’ensemble du panel des solutions à la crise climatique. Dès qu’on communique, on devient impliqué. » Cet engagement se traduit d’abord dans la vulgarisation, l’une des missions dévolues aux scientifiques. Dans leurs prises de parole, certains scientifiques choisissent de s’en tenir à leur domaine d’expertise, tandis que d’autres considèrent qu’il faut s’aventurer au-delà, l’ampleur de la crise environnementale nécessitant une vision d’ensemble et une réponse globale. »

Christophe Bonneuil, historien des sciences : « Les scientifiques ont toujours été engagés dans la société, qu’il s’agisse, depuis la seconde guerre mondiale, de défendre la paix, l’avortement ou de dénoncer le nucléaire. Ce qui est nouveau, depuis un an, c’est que les chercheurs, dans leurs pétitions, n’appellent plus seulement les autorités à agir face à la crise, mais soutiennent également les grèves climatiques et l’action directe. » A ses yeux, tous sont engagés même s’ils ne le reconnaissent pas : « Les scientifiques, via les financements publics, sont encouragés à travailler avec l’industrie, les militaires, mais jamais avec le monde associatif. Or la première position n’est pas neutre. » Il émet l’hypothèse que « la perte de légitimité d’un Etat, qui ne remplit plus ses fonctions régaliennes de sécurisation des personnes, par défaut d’action à la hauteur de l’urgence climatique, conduit des chercheurs fonctionnaires à se désolidariser, à faire un pas de côté ».

Atécopol va plus loin que celui du GIEC, qui s’interdit d’être prescriptif : « On assume de dire que la poursuite d’une croissance économique à tout prix est incompatible avec la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C et la préservation de la biodiversité. Les recherches menées pour développer les techniques, accroître la croissance ou le progrès ne sont pas neutres, c’est juste qu’elles bousculent moins la société. Et qu’elles questionnent moins les scientifiques. » A l’illusion de la neutralité, il faut opposer d’autres vertus comme l’impartialité et l’objectivité.

* LE MONDE du 11 mars 2020, Savants ou militants ? Le dilemme des chercheurs face à la crise écologique

Covid-19, nécessité d’un triage médical

Urgence, pas toujours la même tous. Lors d’un accident « standard », il y a une équipe de deux ou trois personnes pour s’occuper de la victime. Dans une situation à multiples victimes, il y a a plus de victimes que d’intervenants. Un triage médical* devient alors nécessaire, notamment en cas de guerre ou de catastrophe de grande ampleur. Les degrés de priorité déterminent l’ordre dans lequel les patients vont être traités et évacués. La pandémie au coronavirus en Italie pose le problème de qui doit vivre et qui doit mourir.

Avec plus de 1 800 cas supplémentaires diagnostiqués en vingt-quatre heures et 97 morts, ce qui porte le nombre de décès à 463, c’est tout le système sanitaire italien qui menace de s’effondrer. Le nombre de nouveaux cas croît de 25 % à 30 % par jour, à un rythme très supérieur aux nouveaux moyens mobilisables. « L’un des meilleurs systèmes de santé au monde, celui de la Lombardie, est à deux pas de l’effondrement », explique le docteur Antonio Pesenti dans une interview au quotidien milanais Il Corriere della Sera. « Nous faisons de notre mieux, mais sommes dans une situation de pénurie », reconnaît le docteur Matteo Bassetti, qui dirige le service des maladies infectieuses à Gênes. « Nous les réserverons aux patients qui ont le plus de chance d’en bénéficier », poursuit le médecin. Pour accompagner les médecins réanimateurs dans leurs décisions, des recommandations éthiques ont été publiées ce week-end. L’objectif est « d’assurer un traitement intensif aux patients ayant les plus grandes chances de succès thérapeutique : il s’agit donc de donner la priorité à l’espérance de vie », estime la Société italienne des réanimateurs. Il n’est plus possible, dans un tel contexte, d’appliquer la règle du « premier arrivé, premier servi ». La situation est d’autant plus tendue que le nombre de respirateurs artificiels est limité. « C’est un cauchemar, lâche le docteur Matteo Bassetti. Nous avons beaucoup de patients âgés avec des comorbidités, mais nous avons aussi beaucoup de patients plus jeunes, qui souffrent de pneumonies avec une insuffisance respiratoire », ce qui requiert « une ventilation pendant une semaine ou deux ». A Bergame, tout près de l’épicentre de l’infection, les médecins se retrouvent « à devoir décider du sort d’êtres humains, à grande échelle », témoigne le docteur Christian Salaroli, réanimateur. « Pour l’instant, je dors la nuit. Parce que je sais que le choix est basé sur l’hypothèse que quelqu’un, presque toujours plus jeune, est plus susceptible de survivre que l’autre. C’est au moins une consolation. » Ce médecin décrit « une médecine de guerre », dont l’objectif est de « sauver la peau » du plus grand nombre.**

Une recherche « urgence tri hôpital » sur google donne 4 570 000 personnes ; c’est dire son importance. Les malades qui se précipitent aux urgence d’un hôpital trouvent le temps d’attente bien long, mais ils ont rarement conscience qu’ils font l’objet d’un tri, le premier arrivé n’est pas automatiquement le premier servi. Pour la première fois aujourd’hui, grâce au Covid-19, notre société d’abondance se retrouve dans un état de tri généralisé, mais au lieu de réfugiés sur les routes, il y a obligation de confinement. La situation actuelle est à l’image du monde de demain, une société de pénurie sur une planète souillée et exsangue. Yves Cochet a même exprimé l’idée que la tâche principale des politiciens serait de réduire au maximum le nombre de morts. Puisse la sobriété être partagée équitablement et qu’il n’y ait plus de tri entre puissants et misérables….

* https://fr.wikipedia.org/wiki/Triage_m%C3%A9dical

** AFP 10 mars 2020, Face au coronavirus, l’Italie étend les mesures d’isolement à tout son territoire

Contre les exportations française d’armement

Cocorico, la France est sur le podium, troisième place du marché mondial des ventes d’armement : 7,9 % des exportations de missiles, avions de chasse et navires de guerre sur la période allant de 2015 à 2019 : un record depuis 1990 selon l’Institut international de recherche pour la paix. L’article du MONDE* est dithyrambique : « La France n’en finit pas de grignoter année après année une part croissante du marché mondial de l’armement… Les ventes d’armement tricolore ont grimpé de 72 % par rapport à la période comprise entre 2010 et 2014. Ce bond spectaculaire reflète les succès commerciaux en Egypte, en Inde, au Brésil, en Malaisie, aux Emirats arabes unis. Ces contrats exports sont importants pour la balance commerciale de la France et indispensables pour sa sécurité. Sans les ventes à l’Egypte ou au Qatar, la France n’aurait pas les moyens de mettre à la disposition de ses forces armées les équipements les plus performants et innovants. Sauf à les acheter aux Etats-Unis, ce qui limiterait sa souveraineté… » LE MONDE reste le quotidien du business as usual. Nos articles antérieurs font la critique de ce que vante tant le MONDE, le bellicisme.

23 février 2017, exportation d’armements, inconscience humaine

Sur ce blog biosphere, nous sommes très clair. Toute vente d’armes à des pays tiers est une erreur stratégique, toute intervention militaire à l’extérieur des frontières est une erreur tactique, toute résolution des conflits par la force armée ne résout d’aucune manière les problèmes de fond : surpopulation, absence d’autonomie alimentaire, inégalités sociales croissantes, extrême dépendance aux ressources fossiles, multiplication des conflits armés sur une planète exsangue… Une des revendications de l’écologie politique devrait être l’arrêt des exportations d’armement, de façon unilatérale pour la France puisqu’il ne faut pas s’attendre à ce que les autres commencent. Mais nous n’avons pas connaissance d’un seul des programmes des présidentiables 2017 qui aborde de près ou de loin le domaine militaro-commercial.

31 janvier 2014, Exportation d’armes, signe de notre bêtise suprême

extraits : Il faut vraiment être tordu pour se réjouir des exportations françaises d’armement. C’est pourtant ce que fait un article du MONDE* : « 6,3 milliards d’euros d’exportation d’armements en 2013…

5 juillet 2012, la France arrête d’exporter des armes, un projet écolo

extraits : Il existe aujourd’hui des dispositions mondiales régissant le commerce des os de dinosaures, mais pas celui des chars !…

6 juin 2008, armes contre pétrole

extraits : La France pense à son approvisionnement en pétrole, ses principaux acheteurs d’explosifs en tous genres sont les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite (LeMonde du 6.06.2008)…

nihaho sur lemonde.fr : si on vend des armes, il ne faut pas s’émouvoir que nos clients se foutent sur la tronche et que tel partie du monde est instable. Et j’ai du mal avec les commentaires qui au nom de l’économie et de la prospérité du pays gnagnagna n’ont que faire des gosses qui se prennent les bombes dessus.

Urge : Plus de 100 000 bébés meurent chaque année des suites d’un conflit armé, conclut un rapport de l’ONG Save the Children (le Monde) … Hors-sujet !

Citoyen P : Expliquez-nous pourquoi nos Rafales ne sont achetés que par des régimes autoritaires ? Je vais vous le dire, les dirigeants de ses pays sont corruptibles et il faut arroser les dirigeants ou leurs entourages pour décrocher des contrats

enowie : Nous sommes dans un pays dont l’économie est valorisante : 1er dans le luxe, 3ème en armement. Pourquoi nous imposaient une austérité budgétaire.

Schweik @ enowie : On pourrait faire bien mieux : avec nos magnifiques terres agricoles je vois une superproduction de pavots et de cannabis. On pourrait subvenir aux  »besoins » de drogue de toute la planète; les cartels sud américains de coca seraient ridicules.

yeux ouverts : À quoi bon ? On en restera au niveau de l’ironie. Aucun gouvernement, je dis bien aucun gouvernement, ne renoncerait à la manne financière et aux emplois de cette industrie, ni à l’accès aux technologies de pointe qu’elle autorise pour notre défense…

MICHEL SOURROUILLE : « Si tu veux la paix prépare la guerre ! » C’est le mot d’ordre de cet article du MONDE. Détestable. Il n’y a qu’un seul mot d’ordre à médiatiser, « si tu veux la paix, prépare la paix » : arrêt des exportations d’armes, désarmement nucléaire unilatéral de la France, remplacement du service militaire par un service civil d’objecteurs de conscience opposés en toute circonstances à l’usage collectif des armes…. Ce n’est pas parce que ce projet est à l’heure actuelle utopique qu’il est irréaliste, l’utopie est faite pour qu’elle devienne une réalité…

* LE MONDE du 10 mars 2020, La France s’affirme comme le troisième exportateur mondial d’armement

acte 6, sauver le climat avec 150 citoyens ?

150 Français tirés au sort ont débattu du 6 au 8 mars 2020 de cent cinquante propositions destinées à « changer en profondeur la société ». Ces lycéens, médecins, sapeurs-pompiers ou agriculteurs, âgés de 16 à 81 ans et originaires de toutes les régions françaises, ont auditionné plus d’un centaine d’experts, lu des dizaines de rapports, et poursuivi leurs travaux entre les sessions, en participant à des webinaires (« séminaires par Internet »). Les antagonismes ont été particulièrement vifs sur la question de la réduction de la vitesse sur les autoroutes, de l’évolution des régimes alimentaires, de la taxation des entreprises… Mais aussi sur la question de la réduction du temps de travail. A l’inverse, l’idée d’inscrire l’écocide et les limites planétaires dans la loi a suscité une ovation. De toute façon le financement est le grand absent des débats. L’avis de la majorité silencieuse, qui n’est pas intervenue lors des débats, s’exprimera lors du vote final à bulletin secret ; seule une quinzaine de personnes (soit 10 % seulement) ont pris très fréquemment la parole en plénière. Certains citoyens craignent que leurs mesures « deviennent impopulaires, car portées par un gouvernement impopulaire ». Pour préserver leur héritage, certains membres ont créé une association qui a déjà recueilli une centaine d’adhésions au sein de la convention. « Quand nous remettrons nos mesures à l’exécutif, nous montrerons que nous restons vigilants par rapport à ce qui en est fait », explique Grégoire Fraty, et de se féliciter : « Dans un mois, ce sera la fin de la convention, mais pas des cent cinquante. »*

Pour en savoir plus, Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5

* LE MONDE du 10 mars 2020, Les citoyens de la convention pour le climat engagés dans un sprint final

Pandémie Covid-19, la faute à la surpopulation

On dit aujourd’hui que la pauvreté est la première cause de mort des victimes des pandémies. Oui la pauvreté aggrave une pandémie. Et l’eau mouille. Et le feu brûle. Mais les causes premières sont ailleurs ; la pauvreté elle-même est due principalement à la surpopulation. C’est une conséquence : trop d’enfants, d’où pauvreté, ce qui veut dire encore plus d’enfants, donc toujours plus de miséreux. C’est ce que l’on appelle une causalité circulaire. Selon qu’on s’intéresse à un moment ou un autre de la boucle, on privilégiera telle ou telle cause en vain. Autre enchaînement de circonstances, la fin des épidémies explique pour une part l’explosion démographique, mais la surpopulation implique des risques croissants d’épidémie. En effet la concentration humaine accentue les risques de contamination. L’épicentre du coronavirus actuel, la ville de Wuhan, a été obligé à mettre en quarantaine 11 millions d’habitants. Comment croire qu’avec une telle masse de gens, le syndrome respiratoire aigu (SRAS) n’allait pas se répandre sur toute la planète et toucher d’autres concentrations humaines. Quelques précisions :

Le Covid-19, dont on dénombre déjà plus de 100 000 cas confirmés et plus de 3 200 décès dans le monde, se présente comme un syndrome grippal. La grippe saisonnière fait globalement plus de morts (jusqu’à 650 000 décès par an) car elle touche bien plus d’individus. Mais le virus n’a pas dit son dernier mot. L’épidémie de grippe espagnole, en 1918-1919, tua de 30 à 100 millions de personnes dans le monde. Les plus grandes pertes ont touché les pays par ordre de surpopulation décroissante : l’Inde (18,5 millions de morts, soit 6 % de la population), la Chine (4 à 9,5 millions de morts selon les estimations, soit 0,8 à 2 % de la population) et l’Europe (2,3 millions de morts, soit 0,5 % de la population). Sa morbidité (la proportion de la population infectée) était exceptionnelle, dépassant couramment 20 % de la population, avec des records à 80 %. Cependant le taux de reproduction de base ou « R0 », n’est pas une valeur constante et les mesures de distanciation sociale et de quarantaine ont un impact sur la chaîne de transmission. Ce sont les armées en campagne qui ont propagé le virus de la grippe espagnole, ce sont les facilités de déplacement par les trains et avions qui facilitent la propagation actuelle du Covid-19. La létalité en 1918-1919 (la proportion de décès parmi les malades) dépassait souvent 3 % dans les groupes les plus touchés. Dans le cas du Covid-19, les variations sont comprises entre 2 % et 4 %, selon les régions. Le Covid-19, comme la grippe, est une infection respiratoire transmise par le biais de gouttelettes émises par une personne infectée, inhalées, et en portant à son visage sa main après contact avec le virus. Nous échappons à une transmission aérienne sous forme d’aérosol comme cela existe pour la rougeole, ce qui entraînerait une véritable hécatombe.

Nous évitons aujourd’hui une mortalité importante grâce à tous nos moyens de communication et d’organisation complétés parle savoir-faire de nos services de santé et d’hygiène. Pourtant chaque jour, 30 000 enfants de moins de cinq ans meurent de maladies et près de la moitié des habitants de la planète (soit 3,4 milliards d’individus)sont confrontée à de grandes difficultés pour satisfaire leurs besoins élémentaires. Pour l’avenir, les perspectives sont encore plus sombres car la surpopulation a pour corollaire une surexploitation des ressources, ce qui va entraîner la pénurie, d’où une décroissance forcée de nos sociétés thermo-industrielles. La sobriété imposée sera associée à des situations de limitations de soins et d’augmentations des risques. Nous avons refusé pendant plus de deux siècles d’écouter le message de Malthus appelant à une maîtrise de notre fécondité. Épidémies, guerres et famine se chargent de nous rappeler aux réalités bio-physiques de la planète : toute espèce même humaine ne peut dépasser impunément par son nombre les capacités de son milieu de vie.

Pour en savoir plus, https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/05/quelles-differences-entre-le-coronavirus-et-la-grippe_6031939_3244.html

Écoféminisme et question démographique

8 mars, Journée internationale des femmes depuis 1977… Ont-elles un rôle particulier à jouer en matière de maîtrise de la fécondité ? C’est ce que pense Gwennyn Tanguy, conférencière spécialisée sur les questions de transition énergétique, d’effondrement, de régulation démographique et d’écoféminisme. Son discours :

« Admettons que pour certains.es lecteur.lectrices, le calvaire de l’épilation, la torture de la chirurgie esthétique et l’astreinte quotidienne du maquillage/coiffage/habillement soient des épiphénomènes sans importance, et traitons à présent d’un sujet fondamental pour l’ensemble des êtres vivants : la reproduction.

Face aux catastrophes écologiques en cours, nombre de scientifiques ont récemment invité à réguler la démographie mondiale. Afin qu’il n’y ait aucun malentendu, rappelons que la dégradation catastrophique de la biosphère est essentiellement due à la surconsommation des pays développés. L’urgence et la gravité de la situation sont telles qu’il faut agir, à l’échelle mondiale, sur deux tableaux en parallèle : la réduction démographique et le plafonnement du niveau de consommation par personne à un niveau inférieur à la moyenne de celui, par exemple, des Français. La régulation de la population humaine mondiale est un des principaux leviers pour préserver la biosphère. Deux moyens d’atteindre cet objectif sont mis en avant : donner accès à tout.tes aux études et à la contraception. Je rajouterai volontiers un troisième moyen, applicables dans les pays où les deux précédentes mesures sont déjà en place : sortir de la culture nataliste. C’est-à-dire cesser de mettre la pression sur les femmes pour qu’elles fassent un premier enfant, puis un deuxième, puis un troisième. Comme tant d’autres, je peux témoigner du harcèlement subi lorsqu’une personne (a fortiori la femme) envisage de s’épanouir sans devenir parent. Et, alors que la loi est de leur côté, la pose d’un stérilet pour une nullipare, la ligature des trompes ou la vasectomie sont vécues comme des parcours du combattant.e (parfois non couronné de succès) pour celles et ceux qui souhaitent en bénéficier.

Il est grand temps d’oser affronter la question démographique en faisant preuve de tout l’humanisme requis. Permettre à chacun.e d’étudier, d’accéder à la contraception et à l’avortement, ainsi que respecter pleinement le choix individuel d’avoir peu ou pas d’enfants, sont de toute évidence des actions hautement salutaires, tant pour la biosphère que pour les femmes. »

source : Collapsus, ouvrage collectif, chapitre 32 (Femmes, démographie, écoféminisme… Quelles responsabilité des rapports de domination dans l’effondrement?) p.265-266, Femmes (Albin Michel, mars 2020)

l’écoféminisme sur notre blog biosphere :

11 févier 2019, Françoise d’Eaubonne, une icône de l’écoféminisme

8 mars 2019, 8 mars, Journée internationale des droits des femmes

17 juillet 2018, Le combat démographique analysé par une écoféministe

1er novembre 2017, Biosphere-info, féminisme et écologie (synthèse)

29 décembre 2016, Féminisme, sensibilité écologique et refus de maternité

18 décembre 2016, Féminisme et maîtrise de la fécondité sont inséparables (Paul Robin)

Planète surpeuplée, monde invivable

La procréation, par nature, peut être exponentielle, alors que les ressources terrestres ne le sont pas. C’est ce que disait déjà Malthus, dont certains pensent qu’il n’a jamais eu que le tort d’avoir raison trop tôt. Aujourd’hui, y a-t-il péril en la demeure ?

Alain de Benoist : Vers 1700, on comptait moins de 700 millions d’habitants sur Terre. En 1900, on en était à 1,6 milliard. Aujourd’hui, avec plus de 250.000 naissances par jour, on a dépassé les 7,7 milliards. Pour la fin du siècle, les estimations moyennes tournent autour de douze milliards, les estimations hautes autour de seize milliards. Bien entendu, on peut discuter à perte de vue sur le nombre de bipèdes qui peuvent vivre sur cette planète. La seule chose qui est sûre, c’est qu’il y a une limite. Malheureusement, nous sommes à une époque qui ne supporte pas les limites. La surpopulation aggrave mécaniquement tous les problèmes en les rendant insolubles. Elle est belligène, elle accélère l’épuisement des réserves naturelles, elle favorise les migrations de masse, elle aggrave les effets de la surconsommation, de l’épuisement des sols… Plus de 90 % de toute la biomasse produite annuellement dans le monde sont d’ores et déjà exploités. À quoi bon parler de sauvegarde de la diversité si l’espace laissé aux espèces sauvages est appelé à disparaître ? À quoi bon vouloir limiter les émissions de gaz à effet de serre si on ne limite pas aussi la population ? Avec des bidonvilles de plus de vingt millions d’habitants et des mégapoles de plus de cent millions d’habitants, c’est un monde proprement invivable qui se dessine.*

« Croissez et multipliez », lit-on dans la Genèse, adresse qui vaut tout autant pour les chrétiens que pour les musulmans et les juifs. Cet axiome religieux vous paraît-il toujours d’actualité ?

Alain de Benoist : À une époque où la plus grande partie du monde était inhabitée, le « croissez et multipliez » était parfaitement justifié. Le problème commence lorsqu’on soutient qu’un principe valable dans telles ou telles circonstances est à considérer comme un dogme valable en tous temps et en tous lieux. Au nom de l’« accueil de la vie » et de la critique du « malthusianisme », on préfère se mettre un bandeau sur les yeux. Or, le laisser-faire nataliste est aujourd’hui irresponsable. Quelle est, alors, la solution ? L’émigration de masse vers d’autres planètes relève de la science-fiction. Que reste-t-il, alors ? Les épidémies, peut-être !*

Remarque biosphèrique : Alain de Benoist sent le souffre, il est classé d’extrême droite ! Mais si l’on ne relaie pas les propos de tel ou tel parce qu’ils ont une image particulière, on s’intéresse au messager, pas au message. Nous n’avons pas à juger ce journaliste et philosophe sur son appartenance idéologique. En 1961, à 18 ans, il apportait son soutien à l’Algérie française. A la présidentielle de 2017, il a appelé à soutenir Mélenchon. Ça le regarde, il a même le droit de changer d’avis. Que dit aujourd’hui Alain de Benoist ? Ce que dit aussi l’association Démographie responsable, exemple : « Il y a une limite : pas plus qu’il ne peut y avoir de croissance matérielle infinie dans un espace fini, la population ne peut s’accroître indéfiniment sur une étendue limitée… Il est révélateur que la plupart des écologistes autoproclamés se comportent comme si la démographie et l’environnement étaient des sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés… » Bravo. Une critique cependant, sa dernière phrase est un raccourci inopportun : «  Que reste-t-il comme solution au surpeuplement  ? Les épidémies, peut-être ! » Comme si la maîtrise de la fécondité ne passait pas par des tas d’autres choses !! Méprisons ceux qui critiquent le messager sans vouloir prendre connaissance du message…Il s’agit là de personnes terriblement anti-démocratiques, contre la liberté d’expression.

Pour aller plus loin, un ouvrage d’Alain de Benoist en 2007« Demain la décroissance (penser l’écologie jusqu’au bout) ». Il ne sépare pas comme le font aujourd’hui certains décroissants bornés la décroissance économique et la décroissance démographique.

* Alain de Benoist, extraits de « Avec la surpopulation, c’est un monde invivable qui se dessine… »