biosphere

chimère hydrogène

Les humains préfèrent se consacrer à la glorification du progrès technique alors que la sauvegarde de la Biosphère passe par les économies d’énergie, une priorité de premier rang.

 

La poursuite des chimères technologiques est en effet une manière de ne pas changer la civilisation automobile. Comme le succès n’est toujours pas au rendez-vous, une mode succède à une autre. Hier on parlait du miracle de l’hydrogène, aujourd’hui on mise sur les agrocarburants, demain ce seront les lendemains qui déchantent. Il est vrai que l’hydrogène pourrait être une énergie d’un emploi souple, comme l’électricité, qui présente en outre l’avantage d’être stockable contrairement aux flux d’électrons. Mais l’hydrogène n’existe pas librement dans la nature, il doit être produit. La méthode du reformage, qui consiste à craquer des molécules contenant l’hydrogène, génère de 7 à 15 tonnes de CO2 par tonne d’hydrogène ; bonjour l’effet de serre ! La fabrication par électrolyse nécessite une source d’électricité. Si on utilise des centrales nucléaires, on obtient des déchets très toxiques. Alors il reste la possibilité de stocker grâce à l’hydrogène des énergies renouvelables qui ne fourniront jamais autant d’énergie que celle qui est gaspillée aujourd’hui grâce aux énergies fossiles. De plus les piles à combustible qui transforment l’hydrogène en électricité sont d’un coût élevé et la distribution de l’hydrogène impose des réservoirs sous haute pression, d’un maniement difficile. 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

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soyons négawatts

Dans un univers, qui sera toujours plus marqué par de nouvelles contraintes énergétiques et climatiques, nous (www.energie-cites.eu) pensons que les hypothèses suivantes risquent de façonner de façon significative notre univers à l’horizon d’une génération :

 

– L’approche traditionnelle (et quasi-exclusive) des questions énergétiques par l’offre va se déplacer progressivement vers une approche davantage guidée par la demande, laquelle va gagner en pertinence et en force. Les consommateurs n’ont en fait pas besoin d’énergie, mais seulement de services qui contiennent de l’énergie. Leur intérêt bien compris est de satisfaire leurs besoins finaux avec la moindre dépense énergétique.

 

– La logique voudrait que ce déplacement de l’offre vers la demande s’accompagne d’un déplacement des financements consacrés à l’accroissement de l’offre (MégaWatts) vers ceux destinés à réduire la demande (Négawatts). D’autant que chaque Euro investi pour consommer moins est plus rentable qu’un Euro investi pour produire davantage. Par ailleurs, un investissement de réduction de consommation produit une économie nette pour le consommateur alors qu’un investissement dans l’offre se retrouvera sur la facture du consommateur.

 

– L’approche (quasi-exclusive) d’une offre centralisée pour l’électricité va céder un peu de place à une offre décentralisée, répartie, plus proche des lieux de consommation, selon un modèle ou demande et offre seront intégrés. Ce modèle devrait se développer à mesure que les besoins énergétiques finaux vont diminuer. Par exemple dans la construction, il deviendra davantage possible de couvrir la majeure partie de ses (faibles) besoins thermiques et électriques par des ressources renouvelables. Nous allons vers des schémas où consommateurs et producteurs seront en partie les mêmes.

 

– L’approche par secteurs de consommation énergétique (industrie, habitat-tertiaire, transport, agriculture) sera complétée d’une approche par type d’acteurs. Pertinente pour réaliser des statistiques et, le cas échéant, pour conduire des politiques industrielles sectorielles ou encore pour coller à des départements ministériels, l’approche par secteurs reste anonyme et ne responsabilise personne. Vous sentez-vous concernés quand j’écris « habitat-tertiaire » ? Et si je vous dis « chauffage de VOTRE appartement », cela ne vous parle-t-il pas mieux ? Nous entrons dans une période ou l‘action consciente de chacun, sa responsabilité, est indispensable. D’où l’importance des acteurs.

 

– Nous irons vers des ruptures. Pour résumer, il ne s’agira pas de consommer un peu moins (être « un peu moins mauvais »), mais de consommer presque rien, voire rien du tout, ou même de produire plus que ce que l’on consomme (être « franchement bons »). C’est la différence entre l’actuel plan de réduction progressive de l’évolution de la réglementation thermique du bâtiment en France (un palier chaque cinq ans) et la démarche danoise (zéro énergie en 2015). Nul doute que le processus français apparaîtra vite obsolète car seule la rupture permet l’innovation, le changement d’habitudes et l’enthousiasme indispensables. 

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non à la voiture

Mieux vaut forêts que bagnoles et autoroutes. Pas d’hésitation à avoir, pour protéger la Biosphère, il faudra supprimer la voiture individuelle.

 

Dans la revue Science du 17 août 2007, une étude originale sur les agrocarburants dépasse la simple comparaison entre l’énergie dépensée pour les produire et l’énergie obtenue : on compare les émissions de gaz carbonique économisées par les cultures d’agrocarburants et celles évitées par d’autres usages du sol. Par exemple, la culture du blé aux USA pour faire de l’éthanol permet d’éviter, par la substitution au pétrole, entre 0,2 et 0,6 tonnes de CO2 par hectare et par an. Mais la conversion de cultures en forêts de pins permettrait d’économiser 3,2 tonnes. Mieux vaudrait donc faire pousser des arbres que cultiver des céréales destinées à faire rouler des automobiles. Autre exemple, la canne à sucre qui possède le meilleur  rendement, près de 2 t/ha d’émissions de CO2 évitées. Mais c’est beaucoup moins que ce que permettrait d’économiser la transformation de ces cultures en forêt tropicale, entre 4 et 8 t/ha. Si la canne à sucre se développe par déforestation, cela coûterait même près de 200 t/ha ! Un bon  bilan écologique repose donc sur la conservation des forêts et de  savanes, cette démarche présentant en outre des avantages en matière de biodiversité et de santé des écosystèmes.

 

N’oublions pas aussi d’arrêter de construire en France routes et autoroutes, en attendant leur  déconstruction !!! 

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le choix du feu

Un petit résumé de la pensée actuelle d’Alain Gras :

 

« L’humanité avait vécu jusqu’au XIXe siècle dans un usage relativement équilibré des sources naturelles d’énergie. A un moment donné, l’Occident est sorti de cet équilibre, certes un équilibre instable, mais qui jusque là avait fonctionné comme principe de précaution, un principe implicite dans toutes les civilisations. Nous avons ainsi rompu un pacte avec la nature, un pacte qui n’était pas du tout synonyme de technophobie, comme aiment à le dire les « ennemis » de la critique écologique, mais qui au contraire laissait ouverte de multiples voies au devenir mécanique. Le choix « vapeur-chaleur » qui a été fait il y a un siècle et demi à peine allait fermer toutes les ouvertures qu’offrait l’usage des énergies renouvelables. Pourquoi l’électricité n’aurait-elle pu être produite dès le début par le vent ou le soleil ? La réaction photovoltaïque n’a-t-elle pas été découverte dès 1839 par Antoine Becquerel ? Loin d’être la conséquence d’une évolution technique, la machine à vapeur, puis à explosion, n’est qu’un hasard du devenir. Mais c’est un évènement qui crée une trajectoire technologique, celle du feu mis à la planète. L’éventualité d’affrontements cataclysmiques justifie largement la recherche, même utopique, d’une localisation des sources d’énergie et l’abandon, dans la mesure du possible, de la puissance motrice du feu.

 

Après la chute de Rome, au Ve siècle après Jésus-Christ, les paysans du nord de la France firent naître des petites communautés à la place des villas des nobles gallo-romains. Ils connurent un changement de mode de vie, sans doute pas désagréable. Ce n’était pas un retour en arrière mais simplement un aller ailleurs, et cela dura jusqu’aux Carolingiens et l’invention du vassal et du suzerain. Aujourd’hui un autre monde auparavant impossible se crée ; la décroissance est un des ces impossibles nécessaires. »

 Son livre « Le Choix du feu » est à lire de toute urgence. 

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loi nucléocrate

Les générations futures n’auront jamais profité des bienfaits de l’électricité nucléaire produite aujourd’hui alors qu’on leur confie la gestion d’un confinement pendant des centaines et des centaines d’années, temps nécessaire pour éviter que l’inévitable retour vers la Biosphère des déchets radioactifs ait le moindre impact sanitaire et environnemental. L’espèce humaine vit au jour le jour, et la génération actuelle sera considérée dans l’avenir comme la plus méchante à l’égard de ses propres enfants.

 

En 2020, le volume de déchets nucléaires en France devrait atteindre 2 millions de mètres cubes, soit près du double qu’en 2007. Certes la production de ces déchets radioactifs ne représente en France que 1 kilogramme par habitant et par an, contre 100  kilos pour les déchets chimiques toxiques (arsenic, mercure…) dont la dangerosité ne baisse pas avec le temps. Certes presque 100 % de la radioactivité concentrée est contenue dans seulement 5 % de ce volume global. Mais les émissions de radioactivité dureront des millénaires. Alors la loi du 28 juin 2006 « relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs » considère que le stockage réversible en couche géologique profonde est la panacée, les autres solutions reposant sur des prouesses technologiques incertaines. Mais les études devront encore se poursuivre pour caractériser les capacités de confinement de la roche (à 500 mètres sous terre dans la région de Bure). L’autorisation de création interviendrait en 2015 pour une mise en service en 2025. Dire que la loi Bataille de 1990 prévoyait qu’en 2006 tout serait résolu par la loi !!! 

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basculement idéologique

Chroniqueur bousculé, bascule en vue.

J’aime quand un journaliste commence à réfléchir. Ainsi Eric Le Boucher, plus enclin habituellement à chanter les louanges de la croissance économique et du progrès technique plutôt qu’à s’interroger sur l’avenir de la planète nous livre enfin une chronique sidérante (Drôle de moment de bascule, Lemonde 16-17 décembre 2007).

 En effet, il avoue en dernière phrase que « Les économistes sont paumés ». Il constate que trois économistes auront au moins quatre avis, contradictoires si possible. Il reconnaît surtout que « La planète se reconfigure en profondeur sans que personne ne sache ce qui se dessine vraiment. » Eric nous explique que cette grande bascule porte sur le libéralisme, mais il se contente encore de voir vaciller trois piliers de l’économie dominante, la mondialisation, l’Etat en recul et le développement de la finance.

Eric ne voit pas encore que cette idéologie qui nous dit que l’intérêt personnel devrait entraîner le  bonheur collectif n’est qu’une religion de la poudre aux yeux. La croissance libérale a occulté les coûts externes, propagé les inégalités et transformé la planète en poubelle. Cette croissance n’est pas durable, ni d’ailleurs aucune croissance dans un monde fini…

plaisanterie nucléaire

La sinistre plaisanterie nucléaire commence en 1957.

 

Le journal Le Monde du 3 juillet 1957 rapportait le discours de Louis Armand (1905-1971), ingénieur des mines et l’un des trois « sages » de l’Euratom : « Un kilo d’uranium vaut effectivement, sur le plan énergétique, autant que 2500 tonnes de charbon ; il y a plus d’énergie dans l’uranium et le thorium d’une tonne de granit que dans une tonne de charbon, et il sera un jour possible de tirer plus de calories d’un litre d’eau de mer que d’un litre de pétrole. » Il en déduisait qu’il n’était plus nécessaire de ménager les réserves de charbon et de pétrole vu les perspectivismes de l’énergie nucléaire. Pour lui, il suffisait de posséder beaucoup de techniciens et de capitaux pour tirer parti de ce potentiel énergétique.

 

Ce genre de discours est à l’heure actuelle généralisée : « Pourquoi économiser l’énergie puisque nous allons trouver une source d’énergie illimitée ? » Il est vrai que les réserves d’uranium dans l’eau de mer se chiffrent en milliards de tonnes, mais tellement diluées ! Les quantités d’eau à traiter seraient impraticlables : quelque 100 000 m3 par seconde pour alimenter les réacteurs d’un pays comme la France (alternatives n°14, la revue d’Areva). Par ailleurs, la demande « extraire de l’uranium du granit » n’entraîne aucune réponse sur Google. Mais il est vrai qu’un individu de 70 kg émet autant de radioactivité que 8 kg de granit, donc nos réserves seraient durables, il suffirait de sonder les corps humains.

 Trêve de plaisanteries technologiques, il faudra bien un jour se contenter des ressources renouvelables. Le débat techno-politique ne devrait plus porter sur l’investissement qui va reculer l’échéance de quelques années, mais sur notre manière de penser et de vivre qui pèse beaucoup trop sur la Biosphère et pénalise le sort des générations futures. 

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coupons des têtes

En résumant Lemonde2 du 15 décembre 2007 : « Ils sont 94 970 ces ultra-riches dont la fortune est supérieure à 30 millions de dollars. Ils ne savent pas comment dépenser leur argent. » Ils ne savent pas comment dépenser leur argent ? Qu’on leur coupe la tête, ils verront si la richesse permet de faire repousser les cheveux ! Parce que dépenser  plus de 15 000 euros pour une paire de chaussures Roger Vivier, c’est obscène. Parce qu’acheter une minaudière de Vuitton pour 230 000 euros, cette boite  en or 18 carats qui ne contient que du maquillage, c’est obscène. Parce que commander un yacht de 50 mètres à 20 millions d’euros, c’est obscène. Parce que cette classe hyper-nomade qui passe un jour à Londres et arrive le lendemain à Tahiti est obscène. Que les fournisseurs attitrés des stars et des grands-ducs, Cartier, Clicquot ou Baccarat, se reconvertissent auprès des ultra-riches, cela restera toujours aussi obscène.

Il faut d’ores et déjà condamner le Comité Colbert qui se charge du rayonnement du luxe français à l’étranger. La Terre n’est plus assez vaste pour cette nouvelle  hyper-classe. Le jour où ça va péter, le jour où une crise plus aiguë qu’une autre va faire descendre dans la rue des millions de salariés écœurés, exaspérés, aigris, désespérés, les hedge funder finiront avec les têtes au bout d’une pique. Mais les problèmes de la Biosphère n’en seront pas réglés pour autant.

 Car c’est l’ensemble de la classe globale, tous ces ménages qui ont la possiblité financière de se payer une automobile personnelle, qui est déjà trop riche pour les capacités de la planète… Merci Hervé Kempf d’avoir écrit un livre sur la question : « Comment les riches détruisent la planète ».

en panne d’énergie

A une époque pas si lointaine, les spécialistes avaient prévu que le prix du baril ne dépasserait jamais 30 dollars. Nous savons maintenant ce qu’il en ait. Il ne s’agit plus de penser à une politique d’offre d’énergie, mais à une politique de premier rang qui consiste à économiser drastiquement l’énergie accumulée généreusement par la Biosphère. En fait, ce n’est pas le  carbone qu’il faut séquestrer, ce sont les énergies fossiles qui devraient rester sous terre…

 

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) est un organisme créé en 1974 pour défendre les intérêts des grands pays consommateurs de pétrole. Autatn dire que ses analyses sont complètement biaisées. Dans son rapport World Energy Outlook 2007, l’AIE commence enfin à s’affoler : « Une crise de l’offre, avant 2015, s’accompagnerait d’une envolée des cours pétroliers » et «  Il sera extrêmement difficile d’assurer des approvisionnements fiables à des prix abordables ». En effet la croissance économique de la Chine et de l’Inde est en train de bouleverser le système énergétique mondial Ainsi l’Inde deviendrait avant 2025 le troisième importateur net de brut, derrière les Etats-Unis et la Chine, et le troisième émetteur de CO2. Pourtant ce pessimisme se double d’un optimisme effréné puisque, selon l’AIE, le pétrole ne manquera pas avant vingt-cinq ans !!! L’AIE conclut sur l’urgence d’agir pour sauver la planète des retombées désastreuses du réchauffement climatique. Il faudrait s’engager dans une « transition » visant à « décarboniser «  l’énergie pour émettre moins de gaz à effet de serre tout en admettant qu’il n’existe pas de substitut au pétrole pour le transport. Il est vrai que l’AIE est aussi un fervent adepte de la progression du nucléaire et des avancées technologiques.

 

Depuis l’an dernier, le message de l’AIE n’a pas beaucoup changé. Dans l’édition 2006 des « Perspectives énergétiques mondiales », l’AIE estimait déjà que « l’avenir énergétique que nous préparons n’est pas durable », que la consommation d’énergie fossile progressera de 53 % et les gaz à effet de serre de 55 % d’ici à 2050, imputables pour les trois quarts aux pays en voie de développement. Le monde risquerait fort d’aller de crise en crise, il s’exposerait à une brutale rupture d’approvisionnement en hydrocarbures et subirait une catastrophe environnementale. Construisez donc des centrales nucléaires et le monde sera sauvé !!! 

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information objective !

Comment évaluer l’objectivité d’un journal d’information ? Prenons le quotidien Lemonde du 15 décembre 2007. Sur 1/6ème de page 35, on nous parle du sang dans les téléphones portable (pour l’extraction de coltan au Congo, nécessaire pour confectionner les  circuits électroniques). Sur une page entière (p.26), on nous informe en long et en large que le téléphone mobile devient bon à tout faire, Internet, vidéos, photos, visio, lecteurs MP3…

Que va lire le lecteur, la grande page ! Que vont retenir les lecteurs, ce qui est jouissif, le plaisir personnel de posséder le monde avec son portable !! Face à cet ego cajolé par le progrès technique, que vaut les enfants massacrés au Congo, les viols, les femmes enceintes éventrés par les guerres autour du coltan ? Rien !!!

 Si un journal d’information était objectif, il mettrait les deux informations au même endroit en privilégiant ce que coûte à l’humanité la possession d’un portable. Il mettrait les deux informations avec une page entière pour l’enquête sur le Coltan diffusée  à la télévision et 1/6ème de page seulement pour les dernières innovations dont les publicités pour le portable nous parlent déjà trop amplement.Puisque l’information n’est pas objective, nous ne pouvons pas avoir des citoyens conscients, des éco-consommateurs responsables et un avenir durable. Car de toute façon le coltan est en quantité limitée et les portables au rebut sont loin d’être recyclés…

viol de la Terre

L’un des problèmes fondamentaux posés par toutes les traditions culturelles concerne la relation entre les hommes et la nature. Les hommes font-ils partie intégrante de la nature ou bien constitue-t-ils une espèce à part et d’une certaine façon supérieure ? La réponse à cette question est cruciale pour déterminer comment les différentes religions ou éthiques décident de la légitimité des actions humaines dans la Biosphère. Nos connaissances sur l’attitude des groupes de chasseurs-cueilleurs montrent une variété de croyances tournant autour de l’interdépendance des hommes, des plantes et des animaux ; ce qui n’a rien d’étonnant étant donné leur étroite relation avec la nature dans leur quête de nourriture. Contrairement aux sociétés modernes, ils ne font pas de distinction entre la nature et la société.

 

On trouve déjà dans la Politique d’Aristote une expression précoce d’une conception profondément anthropocentriste du monde. Partant du principe que les plantes sont faites pour les animaux, il en conclut que, « si la nature ne fait rien d’incomplet et rien en vain, il faut en déduire qu’elle a créé tous les animaux dans l’intérêt de l’homme ». On accorde aussi à l’homme la suprématie sur le reste de la création avec cette bénédiction divine contenue dans la bible : « Croissez et multipliez-vous, remplissez la Terre et vous l’assujettissez, dominez sur le poisson de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui se meuvent sur la Terre… » (Genèse, chap. I). Ces opinions dominatrices réapparaissent sous un aspect à peine différent chez nombre de penseurs modernes. Ainsi John Stuart Mill, dans Trois Essais sur la religion, écrivait de la nature : « Ses pouvoirs s’en prennent souvent de façon hostile à l’homme qui doit lui arracher par la force et par l’ingéniosité le peu qu’il parvient à lui soutirer pour son propre usage. » Parallèlement à cette continuité de la pensée européenne sur la relation homme/nature est né un concept nouveau et puissant : l’idée de progrès. Le monde antique ne connaissait guère ce concept. Il fallut attendre la fin du XVIIe siècle pour que le développement constant des connaissances scientifiques et les progrès réguliers de la technologie commencent à convaincre les penseurs que l’Histoire pourrait bien être la chronique d’un progrès plutôt que celle d’une décadence. Cette conception du monde a contribué à fournir aux Européens une autojustification intellectuelle aux dégâts qu’ils ont causés à l’environnement, à la façon dont ils ont remodelé à leur gré d’autres sociétés et dont ils ont exploité les ressources naturelles du monde.

 

La notion de l’homme responsable de la préservation de la nature est donc depuis longtemps minoritaire. La Biosphère te demande de tout faire pour qu’une nouvelle éthique de la Terre progresse dans les consciences. 

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le frigo GCDT !

Demain me  fait peur, le bouleversement climatique menace, les glaces du Groenland fondent, la menace nucléaire plane encore, le pétrole va disparaître, la biodiversité fout le camp. Seul espoir dans ces ténèbres, une arche de Noé végétale dans l’archipel du Spitzberg, un réfrigérateur géant construit par l’homme et destiné à accueillir toutes les semences du monde. Un projet d’il y a vingt ans concrétisé par la ratification en 2004 par 55 pays d’un traité international sur les ressources génétiques des plantes dans le cadre de la FAO. Par moins 18°C, trois salles pourront héberger pour l’éternité quelque trois millions de variétés parmi lesquelles 4000 sortes de pommes, plus de 10 000 sortes de riz, 14 000 de légumes et 20 000 de froment…

 

Le GCDT (Global Crop Diversity Trust) ouvrira ses portes en février 2008. La Biosphère sourit d’une telle schizophrénie de l’espèce humaine, anéantir le plus possible de biodiversité d’un côté et mettre ce qui reste au frigidaire. 

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Intégriste ! Qui ?

Où sont les intégristes ?

 De plus en plus de gens sérieux traitent les écolos d’ayatollahs verts. Dans Lemonde du 13.12.2007, le professeur Michel Godet qui officie au CNAM va encore plus loin en utilisant l’expression « Khmers verts pour qui la disparition de l’homme blanc occidental serait une bonne nouvelle pour la nature : place aux loups, eux au moins ne polluent pas ! ».  Un écolo qui veut préserver une espèce en voie de disparition en France ou ailleurs ne peut certainement pas être qualifié de Khmer qui a anéanti une bonne partie  de la population de son pays. On observe malheureusement de plus en plus fréquemment ce recours à un type d’amalgame polémique que Leo Strauss a baptisé une reducio ad hitlerum : Que Hitler, Khomeyni ou Pol Pot ait partagé une opinion ne suffit pas à réfuter cette opinion ! Michel Godet est docteur en statistique et en économie, il ne montre aucune compétence quant au nécessaire respect de la biodiversité, aucune ouverture d’esprit. 

Dans le même article, il assène d’autres énormités du style « Si on appliquait le principe de précaution, on ne ferait pas d’enfants ! ». Il est vrai que Michel Godet est aussi membre du haut conseil de la population auprès du Président de la République. Pas étonnant qu’il se lance dans des diatribes sur le développement  durable qui s’accompagne nécessairement d’enfants et de berceaux pour éviter le « suicide démographique ». Est-ce cela les scientifiques qui nous conseillent ? 

Pourtant Michel Godet est aussi membre de l’Académie des technologies, cette jeunette créée en l’an 2000 dans le but « d’éclairer la Société sur le meilleur usage des technologies ». Quand je vois le niveau de raisonnement de Michel Godet, sa croyance à la pléthore de pétrole cher, sa confiance aveugle en Claude Allègre qui à lui tout seul raisonne mieux que tous les experts du GIEC, je sais déjà que les lumières pour éclairer notre avenir sont bien éteintes.

 L’avenir est aux mains des nouveaux intégristes de la croissance pour qui tout principe de précaution  est un frein à l’innovation et à la concurrence internationale. J’ai peur…

divine DIVA

Il ne faut pas rechercher un seul mode d ’agriculture pour gérer la biodiversité en général. Des dispositifs construits sur le mode de la normalisation des pratiques par respect d’un cahier des charges ne suffisent pas, il faudrait que l’homme apprenne à vivre à nouveau en symbiose avec les possibilités de la Biosphère. Ce n’est pas parce qu’une tâche parait impossible qu’il ne faille pas s’y engager corps et âme ! 

 Les paysages agricoles européens abritent une flore et une faune diversifiées par 3 000 ans d’agriculture,  ce qui a produit une diversité de paysages ayant chacun leur spécificité. Le programme DIVA [www.ecologie.gouv.fr/­DIVA] vise à apporter des références scientifiques quant aux enjeux de préservation et de prise en compte de la biodiversité dans l ’évolution de l’agriculture. Alors que le souhait des agriculteurs est de faire comme les autres, diminuer leur temps de travail, ils utilisent des techniques défavorables à la biodiversité, par exemple en utilisant des herbicides plutôt que la fauche pour entretenir les bordures de champ. Il faudrait sans doute sortir de l’opposition « défense des petites fleurs » contre « productivisme à tout prix » qui a souvent inspiré les actions en faveur de la biodiversité. Il faudrait engager le dialogue entre agriculteurs et associations de protection de la nature, prendre en compte les connaissances et les valeurs des uns comme des autres. Par exemple la combinaison de recherches en écologie, écotoxicologie et ethnologie a permis de mettre en évidence le rôle positif des espèces nécrophages, comme le Vautour Fauve, dans la gestion de l’équarrissage. 

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IMoSEB

L’UICN (Union mondiale pour la conservation de la nature) estime que 15 000 espèces sont déjà menacées d’extinction et, parmi elles, un amphibien sur trois, un mammifère sur quatre et un oiseau sur huit. Pourtant le maintien de la biodiversité est une véritable assurance vie pour les pays pauvres. De plus l’agriculture intensive est aussi un gros tueur de diversité. En 1903, on comptait aux Etats-Unis 46 variétés d’asperge, aujourd’hui une seule ! C’est pourquoi la conférence « Biodiversité, science et gouvernance » tenue à paris en 2005 avait prévu la mise en place d’un organisme international du type GIEC (groupe d’experts qui s’occupe du réchauffement climatique). La conférence de Montpellier (15 au 17 novembre 2007) pense avoir finalisé cette initiative en décidant les modalités d’un Mécanisme mondial d’expertise scientifique sur la biodiversité dit IMoSEB.

 

En fait il ne s’agit que de 80 spécialistes qui « appellent » les gouvernements à se magner le cul.  Ils « proposent » donc une nouvelle conférence pour 2008. Le comité de pilotage d’IMoSEB ose même aller beaucoup plus loin : il « souhaite » que le nouvel organisme tienne compte des avis de l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire. Ce programme, qui a déjà fait plancher 1360 experts, avait conclu que 60 % des services fournis par les écosystèmes pour maintenir la vie sur Terre sont déjà dégradés ou surexploités. Au moins les humains auront fait beaucoup de réunions pour se rendre compte qu’ils sont des cons. 

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écologie et éthique

« Il existe plusieurs types d’approche à la question de la perte de biodiversité. Une approche éthique estime que les autres espèces ont un droit à l’existence, une valeur intrinsèque, et qu’elles devraient être respectées en tant que telles (ndlr, l’écologie profonde). De son côté une approche culturelle (ou esthétique) considère la biodiversité comme un patrimoine naturel, équivalent au patrimoine artistique de l’humanité ; puisqu’on dépense beaucoup d’argent pour préserver notre patrimoine artistique, pourquoi ne pas préserver également le patrimoine naturel dont nous avons hérité ? Une approche plus utilitaire, voire économique, met l’accent sur le fait que la biodiversité nous fournit tout un éventail de biens ayant des valeurs directes d’usage. Enfin il existe une approche plus écologique, que je vais développer ici, selon laquelle la biodiversité soutient des processus écologiques dont les sociétés humaines dépendent indirectement. (…)

 

Je ne veux pas opposer ces différentes perspectives, qui sont en réalité complémentaires. Toutefois, je voudrais mentionner qu’au départ mon point de vue ne s’inspire nullement de l’approche éthique, bien que ma perspective écologique aboutisse, en fin de compte, à des conclusions très proches. J’entends souligner par là qu’il n’est pas nécessaire d’adopter une position dogmatique sur le fait que les autres espèces ont une valeur intrinsèque ou qu’elles ont le droit d’exister. La perspective écologique aboutit au même genre de recommandations sur une base rationnelle, sans avoir besoin d’invoquer des arguments de ce type. L’éthique a certainement sa place, mais je pense qu’on peut la fonder sur des données scientifiques solides (…)

 

            La perspective écologique que j’ai développée sur une base scientifique aboutit finalement à une position philosophique assez proche de la perspective éthique, mais à partir de prémisses très différentes. Tout mon propos mène à la conclusion suivante : plutôt que de prétendre contrôler et maîtriser la nature à tout prix, les humains devraient apprendre à se reconnaître comme une partie consciente de la nature et à vivre avec la vie qui les entoure. Par conséquent, l’écologie scientifique appelle à une nouvelle relation entre l’humanité et la nature, qui accepte et même célèbre la diversité de la vie. C’est là que l’écologie rencontre l’éthique : une nouvelle éthique est nécessaire pour prendre en compte ces données de l’écologie scientifique. »

 

Loreau Michel,  Entretiens  du XXIe siècle, Signons la paix avec la Terre (éditions Unesco, Albin Michel, 2007) 

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chronique du beurre

Bonjour Monsieur Le Boucher

Ce n’est pas parce que je suis un ayatollah vert en herbe, et donc très critique envers vous, que je ne sais pas reconnaître de vrais arguments. Dans votre chronique du 2-3 décembre, vous dites qu’ « il n’y a pas de problème de pouvoir d’achat, car en fait il y a trop de pouvoir d’achat ». Vous justifiez en citant le déficit commercial et le déficit public. Vous avez parfaitement raison. Je vous prie seulement de considérer qu’il y a aussi un poids trop important de la consommation de la classe globale (tous les ménages qui possèdent le luxe d’utiliser un véhicule personnel) sur les ressources de la planète. Il suffit de rappeler comme justification les deux phénomènes liés, combustion de ressources fossiles et réchauffement climatique.

 Par contre  l’autre aspect de votre raisonnement, qui repose sur une hausse de la production, me paraît infondé. Vous restez un fervent adepte de la croissance économique dans un monde fini, relancée par une politique libérale plutôt que par une pratique keynésienne. Il ne me semble pas que le résultat va différer, cela entraînera de la même façon une détérioration accentuée de notre planète. La situation est d’autant plus critique que, comme vous le soulignez, beaucoup de travailleurs souffrent. J’ajoute que ce n’est pas seulement en France que des personnes souffrent, et que ceux qui vont le plus souffrir sont ceux dont on est en train de détériorer le milieu environnant avec notre croissance quantitative.

Cordialement

 Réponse d’Eric Le Boucher : je ne partage pas votre avis. La croissance est la seule façon de résoudre le problème social et elle peut être propre.

mais merci de me lire

 La seule réponse possible en retour : Monsieur Le Boucher, vous avez tout à fait raison. D’ailleurs la Terre est plate comme vous l’avez déjà remarqué. Merci de m’avoir répondu, amicalement

syndrome d’effondrement

Tout allait pour le mieux depuis des millions d’années, rien n’était venu déranger le tête-à-tête entre les plantes à fleurs et les abeilles qui puisaient le nectar entre leurs pétales. La survie de 80 % des plantes à fleurs et la production de 35 % de la nourriture des hommes dépendent de cette pollinisation. Mais le désastre s’annonce.

 

Autrefois les colonies d’abeilles, élevées dans des troncs d’arbres étaient asphyxiées par les hommes en fin de saison. Vers 1870, l’adoption de la ruche à cadre mobile permet de récolter sans anéantir la colonie. Jusqu’aux années 1960, tout était simple, on ne bougeait pas les ruches, il y avait des fleurs partout. Puis les cultures spécialisées ont commencé, la transhumance des ruchers a suivi, ainsi que le cache-cache avec les pesticides. Aux Etats-Unis, on parle de syndrome d’effondrement des colonies, quelque 25 % des abeilles aurait disparu au cours de l’hiver 2006-2007. La plupart des pays européens sont aussi touchés par cette surmortalité. En effet, les abeilles peuvent supporter virus et parasites, mauvaise alimentation, empoisonnement aux pesticides, changement climatique, mais quand tous les facteurs de perturbation sont réunis, il arrive un moment où l’abeille ne peut plus résister. Les abeilles sont aussi aux prises avec un parasite de l’abeille asiatique, le Varroa destructor, qui suce l’hémolymphe (le sang) des abeilles ; l’abeille asiatique s’en était accommodé, mais l’acarien s’est répandu dans le monde entier avec les activités humaines ; alors on traite avec des anti-acariens. Or l’exposition à de faibles doses répétées de poison peut avoir des effets encore plus importants que de fortes doses. Pesticides encore et toujours !  L’homme est en train de tuer l’industrieux insecte qu’il avait tant bien que mal domestiqué depuis l’Antiquité.

 

Aucun pays n’a réussi à mettre sur pied un réseau de suivi des pertes, aucune recherche véritable n’a été faite sur les produits phytosanitaires. Les humains se comportent dans la Biosphère comme ils se comportent entre eux, de manière sauvage et irresponsable. 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

concept de biodiversité

Le terme biological diversity est récent, il n’est employé par Thomas Lovejoy qu’en 1980. Peu après le père de la sociobiologie, Edward Osborn Wilson, publie à l’automne 1985 un article qui connaît un retentissement mondial : The Crisis of Biological Diversity. Il souligne les enjeux et les implications d’un appauvrissement de la diversité biologique dans le domaine animal, végétal et microbien. Dans la lignée de ce texte fondateur, le National Research Council (organisme dépendant de l’Académie des sciences américaine) organise à Washington, en 1986, le premier forum américain sur la diversité biologique. À l’issue du colloque, les responsables du NRC suggèrent, pour l’édition des actes, d’utiliser la contraction « biodiversité », qu’ils jugent plus efficace médiatiquement que « diversité biologique » ; E.O. Wilson accepte. Sa conception devrait rester gravée dans nos mémoires : « L’humanité ne se définit pas par ce qu’elle crée, mais par ce qu’elle choisit de ne pas détruire. »

 

            Mais le désastre est en marche. Dans Regards sur la Terre 2008 (sous la direction de Pierre Jacquet et Laurence Tubiana), on parle de la destruction de la biodiversité comme d’une crise silencieuse : « Des gènes aux écosystèmes en passant par les espèces, tous les éléments de la biodiversité se détériorent. Bien que brutale et rapide, cette détérioration sans précédent de notre environnement échappe pourtant largement à l’attention de l’humanité ». Les travaux scientifiques suggèrent pourtant que les dégâts engendrés seraient comparables à ceux liés au réchauffement climatique. Nous n’avons pas beaucoup de temps pour que la préoccupation des experts devienne enfin la préoccupation de tous. La biodiversité est un bien public global ; dans les pays les plus pauvres, le capital naturel représente en moyenne 25 % de la richesse d’un individu, moins de 1 % dans nos sociétés riches et urbanisées ; les pauvres sont menacés. L’ensemble de l’humanité devra faire beaucoup d’efforts en vue de la préservation de la nature, sinon les riches subiront la vengeance des pauvres

 

L’équilibre des écosystèmes est donc menacé. Quelle sera la résistance des écosystèmes aux interférences humaines ? Quelle sera la réaction de la biodiversité face aux changements climatiques ? Il faudra bientôt choisir entre le rapport à la nature d’un écologiste néo-zélandais ou américain, marqué par l’idée que l’homme est avant tout un prédateur indigne, ou celui d’un Européen, pour lequel l’homme à travers l’agriculture peut aussi façonner les paysages. Les Européens, les occidentaux, devront faire beaucoup d’efforts en vue de la préservation de la nature, sinon ils subiront la vengeance de la Biosphère.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

avions et climat

Pour la période 2002-2050, le poids des transports aériens dans le réchauffement climatique devrait passer de 3,5 % à environ 10 %. Les climatologues rappellent aussi qu’à consommation égale un avion a un impact climatique qui vaut plusieurs fois celle d’un transport routier, en raison des émissions de gaz à haute altitude. Avec un transport aérien qui connaît une croissance annuelle de 10 % et qui représente une source majeure de pollution au CO2, certains veulent donc limiter les déplacements en avion. L’Association Flight Pledge prône une telle mesure, notamment pour les vols de loisirs de courtes distances et les courts séjours, rendus récurrents depuis l’avènement du low cost et qui sont aujourd’hui une tendance forte. Il semblerait que la seule régulation effective possible à grande échelle soit d’ordre économique, par le biais de taxes, d’augmentation de tarifs, de primes compensatoires pour l’environnement… Mais cela revient à poser la question de savoir s’il est réellement possible et souhaitable de limiter le nombre de voyageurs aériens. Cette régulation économique progressivement mise en place aurait pour effet de limiter l’accès au voyage pour une partie de la population sans revenus conséquents, mais elle ne laisse pas envisager véritablement de fléchissement des flux touristiques car les perspectives ne tiennent pas compte de l’explosion de la classe globale. Le concept de « classe globale » concerne l’émergence de nouveaux groupes sociaux qui, bien qu’évoluant dans des contextes sociétaux différents, – un pays anciennement développé comme la France, ou des nations-continents émergentes comme l’Inde ou la Chine – présentent les mêmes aspirations. Ces aspirations sont hélas calquées sur le modèle économique occidental actuel au moment même ou ce dernier accuse ses limites et où il convient de le redéfinir.

 

La difficulté réside dans le fait que cette classe globale émergente aspire à une mobilité sans restriction, dans la mesure ou elle y accède enfin, mais dans le même temps, il faudrait qu’elle prenne conscience des conséquences de son comportement avant même d’avoir pu l’expérimenter. Le climat de la Biosphère n’est pas près de s’améliorer ! 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2