biosphere

permis de mourir

Il en va aujourd’hui pour le diesel comme il en a été  autrefois pour le tabac, des procès contre les pollueurs qui doivent devenir payeurs pour solder leurs méfaits. Les constructeurs automobiles ont en effet accepté le 8 août 2007 à Tokyo de verser 7,4 millions d’euros à 520 plaignants souffrant de troubles respiratoires. De son côté l’Etat de Californie a engagé en septembre 2006 des poursuites contre six constructeurs automobiles pour leur responsabilité dans le réchauffement climatique. Mais tout cela n’est qu’un minuscule aspect du problème général : deux morts sur cinq dans le monde sont liés à des facteurs environnementaux (Human Ecology, article à paraître en décembre 2007). Parmi les principales cause de décès, les déficiences en fer (9 millions de morts par an), la malnutrition (6 millions de morts de morts par an), le tabac (5 millions), les conditions sanitaires et un accès à l’eau insuffisant (5 millions), la pollution de l’air (3 millions) ou la tuberculose. Bien sûr cette analyse relève d’une conception très large de l’environnement, mais elle permet de replacer l’homme dans son contexte naturel. Les auteurs estiment que compter sur les maladies et la malnutrition pour limiter la population du monde serait une politique à hauts risques ; il vaudrait mieux un contrôle de l’augmentation de la population, combinée avec un programme de gestion de l’environnement. Il s’agit donc d’un malthusianisme réfléchi.

 

Conclusion ? Pour sauver les hommes, il faut sauver la Biosphère. Pour sauver la Biosphère, il faut limiter le nombre d’humains.

 

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Homo disparitus

Et si le pire arrivait ? Si par le miracle d’un virus mutant la population humaine était balayée de la surface de la Terre ? Alan Weisman envisage l’hypothèse qu’homo sapiens devienne ainsi « Homo disparitus » (éditions Flammarion) et s’interroge sur le devenir de la planète. Après les dinosaures, l’extinction de l’espèce humaine ! C’est alors que les réseaux péniblement entretenus par des myriades d’humains  se briseraient rapidement, les canalisations d’eau exploseraient avec le gel, les métros souterrains seraient envahis par les eaux, les barrages et canaux engorgés de vase déborderaient, la végétation recouvrirait le bitume et le béton, tout ce qui fait les routes et les villes, les maisons et les usines disparaîtrait du regard. Ce processus ne prendrait que quelques centaines d’années. Mais les métaux lourds comme le plomb, le mercure ou le cadmium mettraient des millénaires à être recyclés et la concentration en gaz carbonique dans l’atmosphère ne retrouverait des niveaux pré-humains que dans au moins 100 000 ans. Il faudra même attendre que les processus géologiques refaçonnent la surface de la Terre pour que soit anéanti le plastique de la poupée Barbie.

 

La lecture du livre d’Alan Weisman incite parfois à penser que le pire aurait, pour la Biosphère, la couleur du meilleur…

 

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Quelle est ton alvéole ?

L’analyse de François Terrasson (La civilisation anti-nature, éditions du Rocher), semble pertinente : «  Il existe en écologie une courbe bien connue qui, en relation avec les sources de nourriture disponibles, montre que l’expansion démographique précède de peu la dégringolade. La règle invisible s’imposera toujours : plus nous sommes nombreux, moins je suis libre. « La liberté d’étendre le bras s’arrête au nez du voisin » a-t-on pu dire. Donc pas trop de nez, et pas trop de voisins. Sinon gare à la bagarre ! Contre la bagarre, il y a le règlement, qui restreint la liberté. Rappelons-nous qu’au Japon on distribue des tickets donnant droit à une place et à quelques minutes sous les cerisiers en fleurs. Et que dans les parcs nationaux, on peut voir des visiteurs débarquer au sifflet. L’alvéole individuelle pour 25 milliards d’hommes fera regretter les veaux en batterie du XXe siècle qui étaient plus à l’aise que nous le serons. Comment douter que la nature trouvera une solution à nos inepties ? Mais le résultat sera peut-être un peu trop radical pour nous plaire. Pour être optimiste, il faut n’avoir aucune sympathie pour l’espèce humaine. Il y a d’ailleurs des jours où… » 

Pour François Terrasson, la solution consiste à s’éloigner de tout anthropocentrisme : « La logique scientifique montre la nécessité des autres espèces pour que la nôtre prospère. Plus on aura de nombreuses, longues rivières sauvages, moins la démographie et la concentration galoperont, plus le monde restera vivable. Mais ce raisonnement prêche dans le désert parce qu’aucune métaphysique, aucune relation sensible au monde ne le soutient. L’idée de fusion avec l’univers, de solidarité avec les autres animaux, d’intégration sensuelle aux ambiances forestières, l’élan d’identité avec les énergies intérieures et celles du vent et des montagnes, tant de multiples façons de toucher réellement les cordons ombilicaux qui nous lient aux forces d’où l’on a émergé, sont absents, ou ridiculisés par les gens sérieux. L’égoïsme humain, le maintien des ressources pour l’homme ne peut être satisfait que par une philosophie qui ne soit pas centrée sur l’homme. Pour sortir d’un problème insoluble, les thérapeutes expliquent qu’il faut commencer par voir le problème de l’extérieur, en sortant du système de pensée qui a provoqué la crise. Il est grand temps que la Nature divorce de l’Environnement, car au nom de l’environnement on trafique et détruit la nature. »

Que nous voilà proche de la Biosphère et de l’écologie profonde !

 

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crise démographique

La gouvernance écologique commence par la planification démographique. Pour l’écologie profonde, l’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. Et la Biosphère ajoute avec Arne Naess : « L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. »

 

Malthus à la fin du XVIIIe siècle liait croissance démographique et ressources alimentaires : il faudrait limiter l’accroissement naturel de la population humaine, sinon nous n’aurions pas assez de ressources pour bien vivre ensemble, d’où famine, épidémies, guerres. Aujourd’hui il existe une relation bien plus subtile, entre population humaine et  écologie, mais Malthus a toujours raison. Ainsi le Soudan a vu sa population s’accroître de 2,6 % chaque année, soit un doublement tous les 27 ans pour atteindre aujourd’hui près de 40 millions d’habitants. Cette explosion démographique se conjugue avec l’aggravation du climat régional, les précipitations ont régulièrement diminué. Les experts du PNUE (programme des Nations unies pour l’environnement) peuvent donc écrire sans se tromper : « Il y a un lien très fort entre la dégradation des sols, la désertification et le conflit du Darfour. Au Darfour nord, la croissance démographique exponentielle et le stress environnemental qui lui est lié ont créé les conditions des conflits qui ont été lancés puis entretenus par des différences politiques et tribales : il peut être considéré comme un exemple tragique de la rupture sociale qui peut résulter d’un effondrement écologique ». Pour le PNUE, la gouvernance écologique devrait donc être considérée comme un outil vital pour la prévention des conflits et pour la pacification.

 

Pour de plus amples renseignements, voir le réseau de documentation

lexique/démographie

H.D.Thoreau (1849)

Le texte La désobéissance civile de Henry David Thoreau (1849) vient d’être réédité par « Le passager clandestin ». Avec une pensée pour les faucheurs volontaires d’OGM, en voici quelques extraits :

 – Il n’est pas souhaitable de cultiver le même respect pour la loi et pour le bien. La seule obligation qui m’incombe est de faire bien.

– La loi n’a jamais rendu les hommes un brin plus justes.

– Il y a des milliers de gens qui par principe s’opposent à l’esclavage et à la guerre mais qui en pratique ne font rien pour y mettre un terme.

– Il existe des lois injustes : consentirons-nous à leur obéir ? Tenterons-nous  de mes amender en leur obéissant ou les transgressons-nous tout de suite ? Si le gouvernement veut faire de nous l’instrument de l’injustice, alors je vous le dis, enfreignez la loi.

– Tout homme qui a raison contre les autres constitue déjà une majorité d’une voix.

– Si un seul honnête homme cessait, dans notre Etat du Massachusetts, de garder des esclaves, quitte à se faire jeter dans la prison du Comté, cela signifierait l’abolition de l’esclavage en Amérique. Car peu importe qu’un début soit modeste : ce qui est bien fait au départ est fait pour toujours.

  Si un millier d’homme devaient s’abstenir de payer leurs impôts cette année, ce ne serait pas une initiative aussi brutale et sanglante que celle qui consisterait à les régler, et à permettre ainsi à l’Etat de commettre des violences et de verser le sang innocent. (Thoreau critique la guerre contre le Mexique, 1846-48, et l’Etat en général)

– Je n’ai payé aucune capitation depuis six ans ; cela me valut de passer une nuit en prison. Pas un instant je n’eus le sentiment d’être enfermé et les murs me semblaient un gâchis de pierre et de mortier.

– Je me trouvais en plein champ d’airelles sur l’une de nos plus hautes collines, et de là on ne voyait l’Etat nulle part. C’est là toute la chronique de « Mes prisons ».

– Homme d’Etat et législateurs, si bien enfermés dans leurs institutions, parlent de changer la société, mais ils n’ont point de refuge hors d’elle.

– La vérité du juriste n’est pas la Vérité : elle n’est qu’opportunisme cohérent.

– Ceux qui voient la Vérité ruisseler dans ce lac, dans cet étang, poursuivent leur pèlerinage vers la source originelle.

– L’autorité du gouvernement est toujours impure, en toute justice, elle doit recevoir l’assentiment des gouvernés.

Cassez les pub !

Le blanchiment écologique transforme le vert en merde. Une publicité pour un 4×4 de Mitsubishi le présente avec l’expression RESPECT ! accompagnée d’une petite fleur et dessinée sur la poussière recouvrant la carrosserie du bolide en pleine vitesse. Un spot télévisé pour la Range Rover vante « le moteur qui respire » alors que son taux d’émission de gaz à effet de serre est supérieur à la moyenne des 4×4 de cette catégorie. Iveco invente un nouveau geste pour l’environnement : rouler en camion !! Gaz de France qualifie son produit d’énergie durable, écologique et économique !!!

 

Cette dérive ne fait que commencer. Selon une étude présentée le 14 juin, le BVP (bureau de vérification de la publicité) constate que sur 15 000 visuels, 181 utilisent déjà l’argument écologique, dont 11 sont en non-respect flagrant des règles en vigueur et 54 peuvent faire l’objet de « réserves ». Le nombre de « cas à problème » n’est pas négligeable. Les règles que les publicitaires s’appliquent à eux-mêmes doivent donc être revues, mais ce sont les professionnels qui les rédigeront. Peut-on leur faire confiance ? Heureusement que l’Alliance pour la planète, un conglomérat d’association environnementalistes, va mettre en place un Observatoire indépendant de la publicité (OIP). Les publicités irresponsables en matière d’environnement seront dénoncées, pourchassées et pourquoi pas, éliminées.

 

Pour que la Biosphère respire, supprimez toutes les pub ; toute incitation à la consommation marchande est déjà une atteinte à l’intégrité de la planète…

 

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le cancer de la terre (3/3)

L’homme, cancer de la Terre ? Ce n’est qu’une métaphore, simple procédé littéraire par lequel on transporte la signification propre d’un mot à une autre signification qui ne lui convient qu’en vertu d’une analogie. Le nouveau testament ne se prive pas d’user de ce procédé, ainsi la métaphore du voleur dans la nuit est utilisée à sept reprises à propos du retour de Jésus-Christ . En matière d’écologie, l’image du cancer se retrouve aussi plusieurs fois :

« Lorsque des cellules vivantes prolifèrent sans contrôle, il y a cancer ; l’explosion démographique c’est la multiplication sans contrôle des êtres humains. Si nous ne soignons que les symptômes du cancer, le malade peut en être soulagé quelques temps : mais tôt ou tard il mourra, souvent après d’atroces souffrances. Tel sera le destin d’un monde atteint d’explosion démographique si les symptômes seuls sont traités. Nous devons reconvertir nos efforts et tenter l’ablation du cancer Cette opération demandera de nombreuses décisions qui sembleront brutales et sans pitié. La douleur pourra être intense. Mais la maladie a fait de tels progrès que seule la chirurgie la plus énergique pourra désormais  sauver le malade. » (Paul Ehrlich, la Bombe « P »,1971)

             « Exactement comme un cancer qui étend ses métastases et finit par détruire les systèmes vitaux sur lesquels il repose, une économie en expansion continue détruit de plus en plus rapidement l’hôte qui le nourrit, l’écosystème terrestre. La croissance pour la croissance, c’est l’idéologie de la cellule cancéreuse. » (L’état de la planète, rapport de l’Institut Worldwatch, 1999)

Cette métaphore du cancer n’implique nullement qu’on devrait rayer les hommes de la surface de la Terre, elle signifie simplement que les humains doivent prendre conscience qu’ils exagèrent, qu’ils doivent réfréner leur nombre et leurs désirs, qu’ils doivent devenir de bons objecteurs de croissance !

 

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le cancer de la Terre (2/3)

L’homme, cancer de la Terre ? Yves Paccalet développe son point de vue dans son livre L’humanité disparaîtra, bon débarras ! : « Lorsque, dans un végétal ou un animal, une population cellulaire augmente de façon aberrante, elle déstabilise l’édifice. Elle accapare l’oxygène, l’eau et la nourriture. Les cellules conquérantes ont besoin de celles qui les entourent pour vivre, mais elles les asphyxient, les assoiffent et les affament, tous en les intoxiquant avec leurs déchets. A terme, les envahisseuses ruinent l’édifice dont elles sont une pièce. Elles se suicident. Pour le médecin, une population excessive de cellules prend le nom de « tumeur ». Si le processus de multiplication s’emballe, la tumeur devient maligne : on a affaire à un cancer. Une seule bête colonise en masse la planète entière : l’homme bien sûr ! Nous ne sommes ni le fleuron, ni l’orgueil, ni l’âme pensante de la planète : nous en incarnons la tumeur maligne. L’homme est le cancer de la Terre. Le cancer est une métaphore. Il en existe bien d’autres… p.49 à 51 »  

 

Tout ceci n’est qu’une métaphore dont la Biosphère approuve pourtant la pertinence…

 

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le cancer de la Terre (1/3)

Dans son livre De l’inconvénient d’être né, Cioran se permet d’écrire que « L’homme est le cancer de la terre ». De son côté, le politologue et objecteur de croissance Paul Ariès1 estime, en faisant référence à des thèses comme celle de l’Eglise d’Euthanasia ou à l’ouvrage d’Yves Paccalet : « Comment lire sans réagir que l’humanité serait un cancer ? ». Dans son livre Urgence planète Terre, Al Gore pense aussi que les tenants de l’ « écologie en profondeur » (deep ecology) commettent l’erreur d’utiliser la métaphore de la maladie pour définir notre relation à la Terre : « A les en croire, nous les humains, exercerions une action pathogène, comme si nous étions une sorte de virus qui irriterait la planète, lui donnerait la fièvre, et menacerait ses fonctions vitales. Ils assigneraient à notre espèce le rôle d’un cancer généralisé, dont nos villes seraient les métastases et qui, pour nourrir sa propre expansion, priverait le globe des ressources qui lui sont nécessaires pour rester en bonne santé. Le problème de cette métaphore, c’est qu’elle n’indique qu’un seul traitement possible : l’élimination des hommes de la surface de la Terre. »

 

Pourtant, Yves Paccalet explicite clairement son point de vue dans son livre2 : «  L’homme est un organisme vivant. Comme tous ses homologues, il se reproduit et il consomme. Il a besoin de respirer, de manger… Ce faisant, parce qu’il engloutit beaucoup plus d’énergie et de biens matériels que les espèces sauvages, et parce qu’il prolifère, il détruit à grande vitesse la seule maison dont il dispose : la Terre. p.19 » Ce raisonnement n’est-il pas réaliste ? Voyons la réponse de Cioran : « Des arbres massacrés. Des maisons surgissent. Des gueules, des gueules, des gueules partout. L’homme s’étend. L’homme est le cancer de la terre ».

1. revue Entropia n° 1, automne 2006, page 165

2. L’humanité disparaîtra, bon débarras ! éditions Arthaud

 

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écoguerrier = terroriste ?

Certains soutiennent l’action des laboratoires britanniques qui pratiquent chaque année près de 3 millions de procédures expérimentales sur les animaux, une cinquantaine étant susceptible de leur infliger des souffrances. Mais l’animal peut-il être un cobaye ? La toute première association au monde dévouée à la cause animale a été fondée en 1824 au royaume des amis des bêtes, la Grande-Bretagne. Aujourd’hui le Front de libération animale (ALF), fondé en 1976 en Angleterre, libère des animaux de laboratoire et pratique le vandalisme. Le plus acharné des militants contre la vivisection est mort en prison en 2001, la police a même classé l’ALF sur la liste des groupes « terroristes ». Certains auteurs bien intentionnés envers le pouvoir en place pensent que ces apprentis terroristes sont inspirés du philosophe norvégien Arne Naess, donc de l’écologie profonde (deep ecology). Il est vrai que l’écologie profonde incite à réagir contre la violence de l’activisme humain qui détériore la planète.

 

Ne faudrait-il pas devenir des éco-guerriers en prenant comme cible tous les signes exacerbés du « progrès » technique ? Jean-Luc Marret (Techniques du terrorisme, Puf) relève que des militants écologistes, opposés à la gestion de la forêt de Fontainebleau, ont planté des tiges métalliques dans les troncs des arbres pour endommager les tronçonneuses. Mais où commence la violence, quand la FAO constate que le Cambodge a perdu 30 % de sa forêt primaire entre 2000 et 2005 ? Où commence la violence quand on se trouve en présence d’une sixième extinction massive des espèces, cette fois provoquée par l’espèce humaine ? Qui provoque le terrorisme ? Qui défendra la Biosphère, si ce n’est l’homme lui-même ?

vertu du négatif

L’ouverture d’esprit d’un tout petit commence véritablement quand il sait dire « non ». Celui qui dit toujours « oui » tombe dans le conformisme et le conservatisme. Ce n’est pas pour rien que le philosophe Alain (L’homme devant l’apparence, 19 janvier 1924) écrivait : « Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? La pensée combat contre elle-même. Il n’y a pas au monde d’autre combat. Ce qui fait que si le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je le respecte au lieu d’examiner. » L’apport du négatif est d’engendrer une tension avec le positif, de réfuter l’absolu et d’ouvrir sur le doute, de poser l’existence d’un contre-pouvoir.

 

Ce n’est donc pas anodin que le terme « décroissance » soit combattu par les religieux de la croissance et les fondamentalistes de tout bord : ils refusent la contradiction, ils refusent qu’on puisse dire NON au système existant, aux habitudes de pensée, aux fondamentalistes de l’économie libérale. Pourtant le négatif est chargé de positif puisqu’il s’agit de réduire l’impact de l’activisme humain sur la planète, il s’agit d’assurer s’il en est encore possible un avenir plus durable pour les générations futures. L’effet repoussoir du mot décroissance n’existe que par un bourrage de crâne imposé par les médias dominants aux mains des entreprises. Alors que la religion de la croissance occupe 99,99 % de l’espace médiatique, ses thuriféraires accusent les objecteurs de croissance de défendre une logique antidémocratique. Comme si cette idéologie croissanciste ne conduisait pas inéluctablement à l’effondrement de la démocratie !

 

De toute façon la Biosphère, qui ne connaît ni le positif ni le négatif, prendra les mesures nécessaires pour assurer la survie de la biodiversité, avec ou sans l’homme… 

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l’emprise des écrans

Travailler, consommer, se faire des amis, draguer, écouter de la musique, voir des films, lire, s’informer, voter, jouer, etc., tout cela sur un ordinateur. Désormais rares sont les activités humaines qui ne nécessitent pas la  présence d’un écran. Des individus connectés en permanence, surinformés, se croient omniscients et tout-puissants alors que leur impuissance politique et sociale n’a jamais été aussi grande. Ne pas posséder de télévision ne nous protège pas totalement de son emprise car une véritable culture s’est développée autour d’elle, avec sa presse, ses multiples objets dérivés,  ses codes langagiers et vestimentaires, ses références historiques, ses héros et ses mythes, sa manière d’appréhender le monde. Depuis une décennie, les écrans ont envahi les espaces publics, les supports se multiplient et nous subissons un véritable déferlement technologique : ordinateur, téléphone mobile, GPS, iPod, Palm Pilot, appareil photo numérique, caméscope, console de jeux, etc. Les moments de la journée que l’on ne passe pas devant un écran deviennent exceptionnels. Même les chômeurs doivent utiliser Internet.

 

Quand on regarde la télé ou un ordinateur, on constate une baisse de l’activité cérébrale. L’appareil nous met dans un état réceptif passif. La source lumineuse attire en effet l’œil et déclenche une adhésion immédiate, alors que la lecture nécessite une démarche, voire un effort,  relevant de la volonté. Comme le montrent les expériences, regarder un écran met en sommeil l’intellect, ramollit physiquement et – contrairement à ce que l’on pense communément -, ne repose pas du tout.  De plus l’échange direct, de visu, et la véritable rencontre se raréfient. Nous vivons de moins en moins dans le monde et de plus en plus dans ses représentations, nous vivons dans cette culture de l’illusion où règne la confusion entre le signe et ce qui est signifié. Cette réduction du réel à l’image abolit toute distance nécessaire à la compréhension des choses. D’ailleurs le neurophysiologiste Manfred Spitzer explique qu’un cerveau ne s’imprègne correctement des choses que s’il les découvre par le biais de plusieurs sens. Et, de ce point de vue, l’écran est bien pauvre en comparaison avec le monde réel. (Extraits de l’article « L’emprise des écrans » in bouquin La tyrannie technologique, éditions l’Echappée, 2007)

 

L’écran te lance une super-idée : « La chaîne météo qui donne le temps 24 heures sur 24 ! » Mais pour la Biosphère cela existe déjà, ça s’appelle une fenêtre…

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Web, évasion ou prison ?

L’informatique est un moyen efficace de classer une montagne de données. Le Britannique Tim Bernrs-Lee propose en 1989 de rendre accessible toute la documentation du Cern (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) en reliant deux éléments qui existaient déjà : le principe de l’hypertexte (qui permet de sauter d’une information contenue dans un document à une autre située ailleurs) et un réseau d’ordinateurs interconnectés, l’Internet.  Avec Robert Caillau, il rédige en 1990 les trois piliers du World Wide Web, cette toile virtuelle qui emmaillote la planète : les adresses Web (ou UERL), le langage hypertexte (htlm) et le protocole de transfert hypertexte (http). Dès sa mise à disposition du public au-delà du CERN, en 1992, le web connaît un essor prodigieux : les deux conditions d’une popularisation rapide du web, le libre accès de  tous et la gratuité, étaient en effet à l’origine du processus de standardisation. L’intention aussi était bonne. Robert était belge, un petit pays qui a souffert au cours de l’histoire. Il avait donc compris qu’il était ridicule et néfaste de réfléchir en termes de territoires plus petits que la planète. Mais il y a centralisation des données personnelles dans les serveurs de grands groupes, il y a des jeux de masse qui font se perdre les individus dans des mondes parallèles où on se coupe de la réalité. Si le web permet d’accéder à toutes les connaissances, il est aussi devenu une cyber-poubelle où chacun s’enferme dans son domaine de prédilection. Le désir d’une régulation mondiale qui transcende les égoïsmes nationaux s’effrite chaque jour davantage.

 

L’homme est de plus en plus esclave de la machine, il est dominé par une société du spectacle et de la vanité. N’utilise le web que pour promouvoir une société plus solidaire sur une planète respectée comme une mère.

 

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l’automobile, au garage !

Sous le titre « en route pour demain », l’édito des « cahiers de la compétitivité spécial-transports » (en annexe du journal Le Monde du 11 juillet 2007) n’y va pas par quatre chemins : « La route est ouverte pour nous inviter à voyager vite et loin ». Pour Ari Vatanen, ancien champion du monde de rallye reconverti en député européen, « La prospérité de l’Europe passe par la mobilité ». Il pense que l’objectif européen de défavoriser la route et l’aviation au profit du rail, du transport maritime et fluvial ne tient pas compte des usagers !! Son maître mot est « liberté » de se déplacer pour motifs professionnels ou de loisirs selon le mode qui convient à chacun. Mais les fumeurs ont-ils le droit de fumer à leur convenance ? La liberté de l’automobiliste ne heurte-t-elle pas les limites de la planète ? L’individu est-il réellement libre de gaspiller une énergie non renouvelable tout en accroissant les émissions de gaz à effet de serre ? L’accroissement de la mobilité contribue au progrès économique et social de façon artificielle quand chaque Français parcourt en moyenne 14 000 kilomètres par an, soit 40 km par jour ! Quand les wagons ne parcourent « que » 2 milliards de kilomètres, les poids lourds en font 33 milliards et les voitures 400 milliards !!

 

Heureusement que la rédaction du Monde n’a pas participé directement à la réalisation de ce supplément (réalisé par la Fédération française des automobiles-clubs), mais le mal est fait : un tel encart (de douze pages !!!) nous incite à rouler plus vite et plus loin alors qu’il faudrait tout au contraire aller moins vite et moins loin. La Biosphère ne peut retrouver son équilibre si on célèbre l’automobile….

 

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vivons sans électricité

Il n’y a pas de fumée sans feu, l’abondance actuelle de l’énergie est du au rapt des ressources de la Biosphère par les humains. Si les coupures d’électricité deviennent fréquentes, que va devenir une société qui se structure autour de l’informatique ?

 

Les lois de la physique ont commencé à rattraper un secteur économique qui prétendait les avoir aboli. Entre 2000 et 2005, la consommation électrique des centres informatiques a doublé, atteignant 45 milliards de kilowattheures. Aux Etats-Unis, cela ne représente encore que 1,2 % de la consommation électrique nationale, mais déjà les serveurs prennent leurs précautions et se rapprochent des sources d’électricité. Ainsi Google vient d’installer le précurseur des grands centres à venir près d’une centrale hydroélectrique dans l’Oregon. Il est vrai que la merveille technologique se paye toujours en débauche d’énergie. L’ordinateur fait même partie des appareils les plus inefficaces jamais inventés car le plus gros de l’électricité qui le nourrit est relâché sous forme de chaleur, de bruit et de lumière. Un PC gâche environ la moitié de l’énergie nécessaire, et un serveur en gaspille un tiers. Le doublement tous les ans de la puissance de calcul, dite loi de Moore, s’opère avec une miniaturisation qui se traduit par un échauffement intense. Les processeurs atteignent leurs limites physiques.

 

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Techno-nature !

Un « spécial high tech écologique » du  journal Le Monde du 15 juin nous propose des manières d’être : « Partir sans attendre, s’évader de la touffeur de la ville en s’émerveillant de la fraîcheur d’un arbre et de la couleur du ciel, partager un rêve de nature en choisissant l’objet du désir. » Voilà où le bât blesse, l’objet qui va s’interposer entre la nature et l’homme. On nous propose ainsi du high-tech version écologique ! « L’innovation technologique signée Dunhill  allie la technicité et le respect de l’environnement. Conçu pour les voyageurs, le Solar Bag se recharge naturellement. Avec des panneaux solaires, ce sac en nylon ultra-léger et résistant permet de charger une batterie dissimulée à l’intérieur. Au lithium-ion, elle garantit un débit régulier d’électricité. Ce bagage astucieux convient aux téléphones portables, assistants numériques, caméras vidéo numériques, lecteur MP3 et iPod. Seule objection, la charge n’est pas suffisante pour alimenter les ordinateurs portables. » La rédactrice en chef s’éclate : « Le travailleur impénitent ne pourra que recharger ses batteries corporelles au soleil et retrouver son stylo plume le temps d’une missive sentimentale. »

 

Mais la Biosphère est déconsidérée quand on voyage en son sein avec des préoccupations strictement humaines, utilisant des médiateurs qui font du bruit, de la photo ou du non-sens et s’interposent entre la fraîcheur d’un arbre et le regard humain. La Biosphère préfère le concept de sac à dos écologique, c’est-à-dire le poids nécessaire en termes de matière et d’énergie à la fabrication de chaque objet que nous utilisons : tu n’es pas assez costaud pour porter le  Solar Bag !

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

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non au portable

Economie/pollution : Le téléphone portable est un concentré de nuisances. D’abord à cause de sa puce. Pour fabriquer une puce de 2 grammes, cela nécessite 1,7 kilos d’énergie fossile, 1 mètre cube d’azote, 72 grammes de produits chimiques et 32 litres d’eau. Ce n’est pas tout, votre téléphone a aussi besoin de condensateurs en coltan (colombo-tantalite), un minerai malléable, résistant à la chaleur et à la corrosion. Celui-ci est extrait notamment en République démocratique du Congo, au centre d’une guerre pour le contrôle des ressources qui a tué plus de 3,5 millions de personnes depuis 1998. Bilan de l’activité des mines de Coltan : saccage des forêts et des cours d’eau, massacres d’animaux, en particulier les derniers gorilles des plaines. De plus, les champs électromagnétiques générés par les antennes des portables provoquent indirectement des ruptures dans les brins d’ADN des cellules humaines. Les ondes interfèrent aussi avec les ondes alpha et delta du cerveau. Enfin les téléphones jetés après usage concentrent un mélange complexe de composants particulièrement toxiques. Rentabilité oblige, les portables ont été mis sur le marché sans que des études préalables de nuisance aient été faites…

 

Sociologie/addiction : Derrière le jargon hystérique des amateurs de gadgets électroniques, on aura compris l’essentiel : il faut changer de portable aussi souvent que l’exigent la mode, le « progrès » et les fabricants. Plus que tous ces prédécesseurs, ce gadget pousse au mimétisme et au conformisme si chers aux marketerus. Faites le test, dites à vos collègues que vous n’avez pas de portable ; la majorité s’esclaffe : « T’es contre le progrès ? Tu t’éclaires à la bougie ? » ou s’inquiètent : « Mais comment tu fais ? » Le portable est typique du système d’innovation qui consiste à vendre les remèdes aux maux causés par les innovations précédentes. Vous ne parlez plus à vos voisins à cause de la télévision ? Téléphonez-leur ! Mais pourquoi aurions-nous besoin d’une médiation électronique pour communiquer si ce n’est pour nous adapter à un monde qui atomise chacun de nous et qui morcelle nos vies ? Comme la prothèse qui remplace un membre, le téléphone est supposé réparer artificiellement les dégâts de ce monde-là, qui fait de nous les rouages de la machine à produire et à consommer en masse. Finalement des téléphones portables, pour quoi faire ? « Allô, c’est moi. J’suis dans le bus. J’arrive. A tout de suite. » (Extraits de l’article « Le téléphone portable, gadget de destruction massive » in bouquin La tyrannie technologique, éditions l’Echappée, 2007)

 

Celui qui proclame encore son désir d’être absent, hors-champ, présent à lui-même, a tôt fait d’être classé dans les marginaux et les asociaux. Mais celui-là a aussi de fortes chances de rester en paix avec la Biosphère…

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

utopie numérique ?

L’utopie numérique laissait envisager un monde ouvert, sans nationalismes ni haine. Douce vision qui se fracasse contre les réalités humaines. Internet devait révéler la diversité. il ne véhicule que des stéréotypes. A la place du village planétaire, nous avons hérité d’un marché globalisé ; les sonneries de téléphone mobile représentent un marché mondial de 4 milliards de dollars. La communication interpersonnelle a été annihilée car il paraît plus important de satisfaire son interlocuteur lointain quand la sonnerie vous appelle que de s’excuser d’interrompre une conversation avec son prochain. Le téléphone portable contribue plus que tout autre gadget numérique à détruire la communauté. Les usagers de portable transforment les gens autour d’eux en objets inanimés, en choses. La technologie de l’écran isole les enfants dans leur chambre où trône la télévision et l’ordinateur, les parents vivent leur vie, à l’écart de leurs enfants.

 

A force de vouloir voir au loin, on en a oublié les liens de proximité ; autrefois on s’identifiait à son voisinage, aujourd’hui nous ne connaissons plus nos voisins. Nous sommes victimes de la tyrannie technologique, réveillons-nous, révoltons-nous, n’achetons pas (n’achetons plus) d’objets numériques, vivons au plus près de la Biosphère et de nos prochains…

  

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

Sven Lindqvist

La question de la supériorité ou de l’infériorité n’est pas un fait objectif, mais un simple jugement de valeur lourd de conséquences. Le Napoléon de la science française, Cuvier, estimait au moment de la révolution française que la croyance en une échelle des êtres vivants était l’une des plus grosses erreurs scientifiques : « Le fait que nous placions une espèce ou une famille devant une autre ne signifie pas que nous la considérions plus parfaite ou supérieure à d’autres dans le système de la nature. Plus j’ai avancé dans l’étude de la nature, plus j’ai été convaincu qu’il s’agit là du concept le plus mensonger jamais avancé dans les sciences naturelles… » Cela ne l’empêcha pas de diviser les êtres humains en trois races (in Le règne animal distribué selon son organisation) en estimant que la race négroïde se rapproche des primates et que certaines variétés d’êtres humains sont toujours demeurées dans un état de barbarie complète. » Le XIXe siècle fut la systématisation de cette pensée ségrégationniste que Sven Lindqvist décrit parfaitement dans son livre Exterminez toutes ses brutes ! Le processus passe autant par divers textes que par des pratiques coloniales barbares envers les autochtones. Il aboutit en fin de compte à la doctrine du Lebensraum et à la Shoah.

 

La hiérarchie des races, que Petty, Tyson et White avaient imaginée, est devenu un processus historique avec Darwin. Les formes « inférieures » de la hiérarchie précèdent dans le temps des formes « supérieures » et, suivant la logique darwinienne, nous serions forcés d’exterminer nos espèces-parents. Dans De la descendance de l’homme (1871), Darwin écrit d’ailleurs : « Dans une période future, les races d’hommes civilisées auront certainement exterminé et remplacé les races sauvages dans le monde entier. » Ce qui est fait entre hommes, pourquoi le refuser entre l’homme et la nature ? Charles Lyell, l’inspirateur de Darwin, estime dans ses Principles of Geology que nous n’avons aucune raison de nous sentir coupables parce que notre progrès extermine des animaux et des plantes puisque chaque espèce qui s’est répandue sur un territoire a, de la même manière, réduit ou anéanti totalement d’autres espèces.

 

Une telle haine de la biodiversité n’a pas d’avenir. Nous avons conquis péniblement l’idée de l’égalité entre l’homme et la femme, de l’égalité entre tous les êtres humains, il nous reste à comprendre que nous sommes partie prenante d’une Biosphère où il n’y a ni supérieur, ni inférieur, seulement des organismes différents et complémentaires.

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

sir Richard Layard

Sir Richard Layard dans son livre Le prix du bonheur a comme tant de ses semblables une vision déformée des relations normales entre l’homme et la Nature : « En utilisant notre cerveau,  nous avons largement conquis la nature. Nous avons vaincu la plupart des vertébrés, des insectes et des bactéries. En conséquence nous nous sommes accrus en nombre, passant ainsi de quelques milliers d’individus à plusieurs milliards, une performance remarquable. » Pourtant, soixante pages plus loin, il reconnaît qu’il existe un petit nombre de niches, que les ressources sont limitées, que nous sommes voués à des jeux à somme nulle (ce qui est gagné par les uns est perdu par les autres). Quoi que nous fassions, le total disponible ne saurait être modifié, c’est la guerre de tous contre tous. Cent pages plus loin,  il envisage enfin que la compassion puisse aller au-delà des êtres humains, que certains bouddhiste pensent que des paroles tendres aux objets qu’ils rencontrent peuvent avoir un effet positif sur leur propre existence. Le constat  de se sentir appartenir à un ensemble plus grand donnerait un sens à l’existence, c’est le concept même du « moi » qui doit être soumis à un questionnement. Notre objectif ne devrait pas être la réalisation de soi mais une relation harmonieuse entre le monde et moi. Il faut se regarder comme une vague à la surface de l’océan : l’océan est éternel, et la vague n’en est que la forme immédiate et instantanée.

 

Mais Sir Richard en reste au relationnel entre humains, il n’a pas réalisé qu’une humanité qui n’aime pas aussi la Biosphère révèle un humanisme restreint et incomplet. Il cite Epicure : « De tous les biens que la sagesse procure  pour le bonheur de notre vie, celui de l’amitié est de beaucoup le plus grand ». Mieux vaudrait penser, comme l’écologie profonde, que « le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur intrinsèque (en eux-mêmes). » Ainsi notre petit moi serait-il certainement plus heureux, simple composante du grand Tout, élément rattaché à la grande chaîne de la vie, l’amour de tous, l’amour de tout.

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2