Aux mains des « labo de la mort »

Animaux humains et non humains aux mains des laboratoires de la mort ! Deux informations s’entrechoquent et nous choquent. L’agrochimiste américain Corteva* a annoncé, le 6 février 2020 qu’il cesserait la production du chlorpyrifos d’ici la fin de l’année en cours. Des données sur ses effets délétères s’accumulent depuis plus de vingt ans : érosion des capacités intellectuelles des enfants exposés pendant la grossesse, risque accru de troubles autistiques, faible poids à la naissance, etc. Mais on a attendu un demi-siècle pour ne plus le fabriquer, et encore par manque de débouchés ! Laboratoire agréé par les autorités, LPT (Laboratory of Pharmacology and Toxicology)** avait jugé le glyphosate non cancérogène et « peu susceptible d’être génotoxique » en novembre 2015. le Centre de recherche sur le cancer (CIRC), une agence des Nations unies, avait classifié le glyphosate « cancérogène probable ». Non seulement on y torture des animaux, mais on y falsifie les résultats d’expérience pour permettre aux entreprises agrochimiques de vendre leurs poisons. « Si les résultats ne répondaient pas aux attentes, on me demandait de les améliorer », relate une employée. Quelques réactions sur lemonde.fr :

– La démarche filoutée est toujours la même, qu’il s’agisse d’industrie des pesticides, des produits à risque ou d’industrie pharmaceutique : rapports biaisés, études bidon, mensonges… et qui trouvent face à eux des organismes d’Etat qui semblent au mieux naïfs, au pire complices.

– Quand la filouterie ne rapporte plus assez ou se voit un peu trop, on arrête le produit, ou on continue à nier même au procès, pensez aux laboratoires Servier.

– Je note que ce produit ne sera plus fabriqué surtout parce qu’il ne rapporte plus rien et qu’il devient invendable. Que voulez vous, « les affaires sont les affaires », cela ne semble scandaliser personne en haut lieu.

– Tant que le LOBBYING ne sera pas inscrit comme un lourd délit passible de la juridiction appropriée à la gravité de cet acte assimilable à une incitation à nuire à l’intégrité de la personne humaine par soucis d’enrichissement criminel, notre extinction à petit feu nous sera imposée … Et une pléthore d’irresponsables se lèveront comme à Nuremberg !

– Le QI n’est qu’une des multiples façons de mesurer l’impact du CPF (chlorpyrifos) sur le développement, les résultats les plus impressionnants étant obtenus par IRM cérébrale (rétrécissement frontal et pariétal, réduction de l’épaisseur corticale) chez les enfants avec les taux de CPF les plus élevés (parents non fumeurs).
– Concernant les polluants atmosphérique, le CPF est l’un des 2 ou 3 pesticides qui est les plus fréquemment retrouvé dans les études de qualité de l’air … jusque dans les centres des métropoles, à des km des champs traités, CQFD.

– 54 études indépendantes établissent la génotoxicité du glyphosate, classé cancérogène probable par une agence de l’ONU. Les résultats du laboratoire privé  »garantie label top excellence » sont eux, falsifiés, pour répondre à la commande de l’industriel. Ils ne sont pas fiables, voire délibérément mensongers.
– J’attendrais des autorités européennes une transparence totale des décisions d’autorisation de mise sur le marché. Je trouve scandaleux que les études soient confidentielles.

– Surprenant tous ces commentateurs qui affirment que le glyphosate n’est pas dangereux. 1) les oncologues parlent bien de « cancer des agriculteurs » 2) Compte tenu de la puissance du lobby agro-industriel en général et de Bayer en particulier, l’information qui nous parvient est forcément biaisée. Les lymphomes en zone rurale progresse, la prévalence du cancer de la prostate aussi. A part cela, tout va bien Mme la baronne.

– Je pense que le principe de précaution devrait être la norme. Mais il s’applique… sauf quand celui nuit à des grands groupes capitalistiques. Les scandales du médiator, des opiacés, du tabac, des pressions du lobby de l’alcool n’ont en rien fait changer les pratiques.

– Il est évident que ce genre de laboratoire, rémunéré par les entreprises qui font tester leur produit, peut être tenté de rendre des résultats allant dans le sens de ce qui est attendu par l’entreprise. Il ne s’agit pas d’un laboratoire indépendant dès lors qu’il est mandaté et rémunéré par ceux qui en profitent.

– Durant le XXème siècle les allemands ont testé force produits chimiques toxiques à grande échelle sur des êtres humains. On peut reconnaître le progrès consistant à réserver ces coutumes pittoresques, quoiqu’un peu répugnantes, à des animaux dans l’enceinte confinée d’un laboratoire. Encore un petit effort à fournir pour faire reculer la barbarie.

– L’indignité des hommes jusqu’à la nausée.

* LE MONDE du 9 février 2020, Le chimiste américain Corteva va cesser de produire du chlorpyrifos d’ici à fin 2020

** LE MONDE du 12 février 2020, Le « labo de la mort » en Allemagne testait aussi le glyphosate

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1 réflexion sur “Aux mains des « labo de la mort »”

  1. Je me demande là encore, jusqu’où on va pousser l’hypocrisie.
    Tout le monde sait ce qu’est le lobbying, à quoi il sert etc. Tout le monde sait au service de qui sont les labos pharmaceutiques, etc. Business as usual ! Comme d’habitude, le Pognon et le Pouvoir !
    Et quand le «grand machin», dont l’objectif initial est « d’amener tous les peuples du monde au niveau de santé le plus élevé possible », se retrouve financé à 80% par des «contributions volontaires» … alors toute personne un tant soit peu honnête est obligée de penser que l’OMS pourrait très bien être, elle aussi, aux mains des labos. Autrement dit aux mains du Business et du Pognon. Eh, qui sait ?
    Et quand cette personne un tant soit peu honnête voit, par exemple au sujet du glyphosate, les contorsions, ou disons les «précautions» prises par l’OMS qui, après nous avoir dit que le glyphosate ne présentait pas de risques cancérogènes pour l’homme, finit par le reconnaître comme «cancérigène probable»… alors cette personne un tant soit peu honnête sait ce qu’elle doit en penser.

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