Blood, Toil, Tears and Sweat

I have nothing to offer but Blood, Toil, Tears and Sweat s’exclamait Churchill le 13 mai 1940 : « Je n’ai rien d’autre à offrir que du  sang, de la peine, des larmes et de la sueur ». Soixante dix ans plus tard, son successeur David Cameron vient de prévenir que son pays allait connaître des années de « souffrance » (LeMonde.fr du 6 juin). Le Premier ministre britannique veut réduire le déficit public et le poids « énorme » de la dette. Il a tenu un discours que les hommes politiques en Grèce, en Espagne ou même en France commencent à adopter : « La qualité d’un véritable homme d’Etat est de prendre la bonne décision en expliquant aux gens l’objectif derrière la souffrance ». Très bien ! Mais il n’y a pas que les dettes publiques dans la vie, nous sommes en état de guerre, de guerre contre la planète ; la question monétaire est secondaire par rapport à la question des ressources physiques. Bien plus, tout ce que nous avons imaginé antérieurement pour sortir de la crise financière (remettre en route la machine à créer de la monnaie dans les banques) ne servira qu’à mieux préparer la prochaine crise.

Les politiques doivent faire leur le diagnostic de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean : « Osons le dire : celui ou celle qui arriverait, aujourd’hui, avec les idées claires sur la contrainte des ressources naturelles, et qui aurait un programme bien bâti pour y répondre, avec un mélange de souffle nouveau et d’efforts pour chacun, celui-là ou celle-là pourrait être audible. » (in C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde). Nous allons devoir nous faire à l’idée d’être plus heureux avec moins, et le pouvoir politique doit avoir le courage de le faire comprendre. Osons le dire : il nous faut un nouveau Churchill, et il nous le faut avant 2012 en France. Ce n’est pas gagné, le PS ne possède actuellement aucun Jaurès de l’écologie et les Verts se disputent avec Europe Ecologie pour savoir comment s’organiser ! Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, assure : « Sur la forme, on va s’en sortir, on est obligé ». Le numéro deux des Verts, Jean-Vincent Placé, vient d’assurer que la structuration du mouvement était un « bide total ». L’EE Daniel Cohn-Bendit reconnaît : « je n’ai pas la solution ».

Tant que les petits conflits inter-humains passeront avant le salut commun, tant que nous n’accepterons pas la souffrance et les larmes, l’avenir de nos enfants passera par les guerres du climat et non par la coordination des efforts de tous.

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2 réflexions sur “Blood, Toil, Tears and Sweat”

  1. Tchao pantin

    « Trois ans pour sauver le monde » ? Vraiment ? Ben, les mecs vous êtes mal barré ! A tchao !

  2. L’Angleterre, ce paradis ou le privé œuvrait pour le bonheur de tous, ce pays de Cocagne et de kroissance qu’on nous donnait en modèle ? Diantre ! On nous aurait menti ?
    L’ennui, c’est que les sacrifices ne viendront pas d’une quelconque décroissance civique, mais comme partout ailleurs, par un démantèlement du service public qui fera payer le poids aux plus faibles qui n’ont pas provoqué la crise et diminuera probablement les contrôles sur les entreprises vertueuses forcément vertueuses, permettant de nouvelles marées noires. Et on va rire lorsqu’on donnera le parc nucléaire à Bouygues… Pendant que ceux qui ont capté dix années de richesse accapareront le peu qui restera.
    Mais c’est bien : l’étranger est beau, l’étranger est grand, l’étranger est vertueux.Ça plaît tant au franchouillard…

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Blood, Toil, Tears and Sweat

I have nothing to offer but Blood, Toil, Tears and Sweat s’exclamait Churchill le 13 mai 1940 : « Je n’ai rien d’autre à offrir que du  sang, de la peine, des larmes et de la sueur ». Soixante dix ans plus tard, son successeur David Cameron vient de prévenir que son pays allait connaître des années de « souffrance » (LeMonde.fr du 6 juin). Le Premier ministre britannique veut réduire le déficit public et le poids « énorme » de la dette. Il a tenu un discours que les hommes politiques en Grèce, en Espagne ou même en France commencent à adopter : « La qualité d’un véritable homme d’Etat est de prendre la bonne décision en expliquant aux gens l’objectif derrière la souffrance ». Très bien ! Mais il n’y a pas que les dettes publiques dans la vie, nous sommes en état de guerre, de guerre contre la planète ; la question monétaire est secondaire par rapport à la question des ressources physiques. Bien plus, tout ce que nous avons imaginé antérieurement pour sortir de la crise financière (remettre en route la machine à créer de la monnaie dans les banques) ne servira qu’à mieux préparer la prochaine crise.

Les politiques doivent faire leur le diagnostic de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean : « Osons le dire : celui ou celle qui arriverait, aujourd’hui, avec les idées claires sur la contrainte des ressources naturelles, et qui aurait un programme bien bâti pour y répondre, avec un mélange de souffle nouveau et d’efforts pour chacun, celui-là ou celle-là pourrait être audible. » (in C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde). Nous allons devoir nous faire à l’idée d’être plus heureux avec moins, et le pouvoir politique doit avoir le courage de le faire comprendre. Osons le dire : il nous faut un nouveau Churchill, et il nous le faut avant 2012 en France. Ce n’est pas gagné, le PS ne possède actuellement aucun Jaurès de l’écologie et les Verts se disputent avec Europe Ecologie pour savoir comment s’organiser ! Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, assure : « Sur la forme, on va s’en sortir, on est obligé ». Le numéro deux des Verts, Jean-Vincent Placé, vient d’assurer que la structuration du mouvement était un « bide total ». L’EE Daniel Cohn-Bendit reconnaît : « je n’ai pas la solution ».

Tant que les petits conflits inter-humains passeront avant le salut commun, tant que nous n’accepterons pas la souffrance et les larmes, l’avenir de nos enfants passera par les guerres du climat et non par la coordination des efforts de tous.

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  1. Tchao pantin

    « Trois ans pour sauver le monde » ? Vraiment ? Ben, les mecs vous êtes mal barré ! A tchao !

  2. L’Angleterre, ce paradis ou le privé œuvrait pour le bonheur de tous, ce pays de Cocagne et de kroissance qu’on nous donnait en modèle ? Diantre ! On nous aurait menti ?
    L’ennui, c’est que les sacrifices ne viendront pas d’une quelconque décroissance civique, mais comme partout ailleurs, par un démantèlement du service public qui fera payer le poids aux plus faibles qui n’ont pas provoqué la crise et diminuera probablement les contrôles sur les entreprises vertueuses forcément vertueuses, permettant de nouvelles marées noires. Et on va rire lorsqu’on donnera le parc nucléaire à Bouygues… Pendant que ceux qui ont capté dix années de richesse accapareront le peu qui restera.
    Mais c’est bien : l’étranger est beau, l’étranger est grand, l’étranger est vertueux.Ça plaît tant au franchouillard…

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