Bonne année 2020, ça va chauffer

L’argument collapsologue : L’Australie flambe, la COP 25 de décembre 2019 a été un échec… Il est plus que temps de transformer nos incantations outrées sur le dérèglement climatique en actes. Or ce réveillon est une catastrophe écologique programmée : pensons à ces centrales à charbon qu’il va falloir remettre en marche pour fournir toute cette électricité afin de vous permettre de danser jusqu’au petit matin à Berlin dans une boîte de nuit ­surchauffée, à cette débauche de viande issue d’élevages qui épuisent la planète, et aux mangues venues en avion du Pérou pour agrémenter la salade de fruits ­censée vous aider à digérer… Trop, c’est vraiment trop. (M le magazine du MONDE)

Le contre-argument de bon sens : Si 2019 a été triste à mourir, 2020 s’annonce excitante. Vous êtes mordu de politique ? Les municipales seront une merveilleuse saga qui promet moult trahisons. Vous êtes footeux ? Chouette, 2020, c’est l’Euro. Pour les théâtreux, c’est le retour de Joël Pommerat, quatre ans après son génial Ça ira (1) Fin de Louis. Pour les fanas de cinéma, c’est le premier film de Wes Anderson tourné en France avec un casting insensé et la première série musicale de Damien Chazelle, The Eddy, elle aussi tournée dans l’Hexagone. Et cerise sur la bûche de Noël : Christo a prévu cette année d’emballer l’Arc de triomphe. Alors ? Champagne ! (M le magazine du MONDE)

Le malthusien Nicolas Sarkozy : Je veux souligner l’ampleur pharaonique du défi démographique qui est devant nous. La population mondiale passera dans les 30 prochaines années de 7,5 à 9,5 milliards d’habitants et atteindra 11 milliards à la fin du siècle. Jamais la planète n’a connu une explosion aussi violente, aussi rapide, autant à même de mettre en cause l’avenir de l’humanité. Tous les autres défis globaux, qu’il s’agisse du réchauffement climatique ou des migrations, y sont directement liés. Il en va de même du décollage du continent africain, qui dépendra de sa capacité à faire face au doublement de sa population dans les 3 prochaines décennies, le plus puissant choc démographique de toute l’histoire humaine. Cette angoissante question est quasiment absente de nos débats. Pour preuve, il n’est pas un seul organisme international qui soit chargé du suivi de cette évolution. Cela ne peut plus attendre. (Paris-Match décembre 2019)

Mister Z : Finalement, et si le meilleur argument pour fêter l’An nouveau était celui de la continuité ? Rien de plus angoissant qu’un monde qui change, non ? Alors, soyons sereins : ils seront encore là, nous les retrouverons en pleine forme ! Trump, Poutine, Xi Jinping, Kim Jong un, Duterte, Modi, Bolsonaro, Le Pen, Salvini, Boris Johnson, Abdel Fattah al-Sissi, Bashar al-Assad, Al Khamenei et les Gardiens de la révolution, Maduro, Ortega, Orban et j’en oublie… De quoi envisager avec sérénité 2020 et fêter dignement son avènement ! Alleluia ! J’oubliais : Benyamin Netanyahou, sorry. (commentateur sur lemonde.fr)

2 réflexions sur “Bonne année 2020, ça va chauffer”

  1. L’actualité chaque semaine confirme notre analyse renouvelée sur ce blog, nous allons au désastre en toute conscience ! C’est à désespérer de l’intelligence humaine. Exemple :
    Des feux sans précédent ravagent l’Australie depuis septembre mais depuis le 23 décembre, une hausse des températures et des vents forts les ont attisés. En Australie-Méridionale, le 19, le thermomètre a flirté avec les 50 °C à Nullarbor et dépassé les 48 °C à Port Augusta. Sur l’ensemble du pays, plus de 5 millions d’hectares ont brûlé. De plus en plus de voix s’élèvent pour appeler l’Etat à adopter une politique climatique afin que l’Australie – l’un des pires pollueurs au monde per capita – puisse, au minimum, honorer le modeste engagement pris lors de la COP21 : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26 % à 28 % en 2030 par rapport à 2005.
    Mais le premier ministre Scott Morrison, qui offre régulièrement ses « pensées et prières » aux victimes, se pose avant tout en défenseur de l’industrie minière. En avril, il a même approuvé un projet de mine géante de charbon à proximité de la Grande Barrière de corail. Malgré les incendies, il a réaffirmé qu’« il serait irresponsable » de tourner le dos à l’industrie du charbon.
    Nous n’avons pas la même conception de l’irresponsabilité, mais peut-on raisonner avec un climato-sceptique qui a le pouvoir qu’on lui a donné ?

    1. Scott Morrison défend l’industrie minière et compte bien profiter un max de son charbon ; Bolsonaro défend l’agro-industrie et son droit d’user et d’abuser de la forêt amazonienne ; Trump défend «la grandeur de l’Amérique» ; Macron celle de la France (avec pour 2020 «davantage d’innovations» et les J.O en 2024) ; etc. etc. etc. Rien de nouveau sous le soleil, Business as usual !
      Maintenant, climato-sceptiques ou pas, nous voyons comment les «dirigeants» s’accommodent de l’écologie. Parmi ceux qui en parlent, généralement à tort et à travers, deux seuls exemples : Justin Trudeau, le premier ministre canadien, et notre Macron national. Ces deux jeunes coqs sont des néo-libéraux convaincus, ils sont beaux, décontractés, leur ramage se rapporte à leur plumage, ils incarnent à merveille le triomphe de la politique-spectacle. Là encore rien de nouveau sous le soleil, The Show must go on !

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