démographie

Covid-19, choisir la sélection naturelle ?

Il y avait deux stratégies en présence pour enrayer les contaminations, l’immunité collective ou la distanciation sociale. Aux dernières nouvelles, le virus SARS-CoV-2 entraîne bien une immunité protectrice. L’infection suscite la production d’anticorps et ceux-ci possèdent une action neutralisante contre ce coronavirus encore présente six semaines après l’apparition des symptômes. Maintenant on s’interroge sur l’efficacité du confinement généralisé en France et ailleurs. Le choix de l’immunité commence à être analysé ; la Suède est-elle un modèle à suivre ?

L’immunité avait été choisie dans un premier temps par la Grande Bretagne. Patrick Vallance, conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, l’avait exprimé clairement : « Il n’est pas possible d’éviter que tout le monde attrape le virus. Et ce n’est pas non plus souhaitable car il faut que la population acquière une certaine immunité. » Toujours selon M. Vallance, il faudrait qu’environ 60 % de la population britannique contracte le virus pour qu’elle développe cette immunité collective permettant d’éviter de futures épidémies. M. Johnson a donc alerté les Britanniques sur le fait qu’ils devaient « se préparer à perdre bien davantage d’êtres aimés« . De même en Suède, seuls les rassemblements de plus de 500 personnes avaient été interdits, ainsi que les visites dans les maisons de retraite. Le reste n’était que recommandation : se laver les mains, ne pas sortir de chez soi en cas de symptômes grippaux, renoncer aux interactions sociales pour les plus de 70 ans et les personnes à risque. Un confinement sélectif pour personnes à risque. Cafés et restaurants restent ouverts. L’argument ? Les conséquences du remède (le confinement) ne doivent pas être pires que celles de l’épidémie. Dimanche 22 mars 2020, le discours du premier ministre, Stefan Löfven n’avait duré que cinq minutes : « Beaucoup allaient devoir dire adieu à un être cher » ; il n’avait annoncé aucune nouvelle mesure, se contentant d’appeler au civisme et à la responsabilité individuelle. Un discours accueilli positivement, tant par les commentateurs que par ses adversaires politiques, jouant la carte de l’unité nationale.

L’autre méthode, le confinement, est la voie choisie par la France et la plupart du pays,. On met en œuvre la distanciation sociale, entre autres le fait de demeurer à au moins un mètre d’autrui ; cela fait partie des gestes “barrière” recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des mesures policières empêchent le déplacement des personnes et les rassemblements. Lidée est d’aplatir la courbe représentant le nombre de contaminés en fonction du temps. Plutôt que de laisser le virus se répandre rapidement dans la population, saturant les systèmes de santé, l’idée est de faire en sorte qu’il se propage sur une plus longue période. Il s’agit donc en arrêtant une grande partie de l’activité économique, de s’assurer que les systèmes de santé pourront faire face à tous les cas nécessitant une hospitalisation, et seront ainsi en mesure de limiter le nombre de décès. En termes philosophiques, il s’agit de choisir entre se soumettre presque totalement aux mécanismes de la sélection naturelle, ou bien d’essayer d’enrayer par contraintes multiples la propagation du virus.

Un des fondateurs de l’écologie politique, Alain Hervé, avait un discours très loin de la voie choisie par Macron : « Nous échappons aux régulations naturelles comme les épidémies. Pasteur a conjuré la mortalité infantile naturelle. Il ne savait pas qu’il contribuait ainsi à rompre l’équilibre démographique. Maintenant le milliard d’hommes qui naissent et meurent affamés n’accède plus vraiment à l’état humain, il en reste à un état infra-animal. On peut me traiter d’antihumaniste ; le politiquement correct est devenu une peste intellectuelle… » Nous acceptons toujours actuellement que la famine, les guerres et les automobiles entraînent la mort d’une partie de la population mondiale, pourquoi les épidémies devraient-elle être nécessairement éradiquées ? Il y avait cependant une méthode intermédiaire qui pouvait faire la synthèse, minimiser le nombre de morts tout en acceptant nos faiblesses. Avec une mise en quarantaine ciblée, on aurait imposé un confinement strict de toutes les populations à risques (grand âge et personnes ayant une pathologie) ; ce serait l’équivalent de la protection des « enfants bulle ». Le reste de la population serait soumise au processus d’immunité collective. C’est la voie choisie par le déconfinement !

Surpopulation, la télé en parle… très mal

Trop de monde sur Terre ? (Magazine « Terra Terre » sur Public Senat le 26 mai 2020 à 23h). Nous avons regardé l’émission malgré son heure très tardive, c’était super-nul. Dans une ambiance bistro où les gens n’écoutaient pas ce qui se disait de la démographie, on passait à toute vitesse d’un thème à l’autre sans s’arrêter sur aucun, capacité de charge, migration, transition démographique, statut des réfugiés climatiques, Nicolas Sarkozy a dit, on n’est plus dans une croissance exponentielle, ah mais il y a aussi le vieillissement de la population, et que pense donc les décroissants qui de toutes façon ne s’intéressent pas à la question démographique, etc. Malthus est envoyé en un mot aux oubliettes, qui ne sait pas que « malthusien » est dans le dictionnaire n’en saura pas plus, mais il y aura eu un reportage sur la spiruline : demain pas de problème alimentaire, on mangera des algues « si riches en protéines »… Mieux vaut adhérer à l’association Démographique Responsable que perdre son temps devant la télé. Mieux vaut lire ce blog pour en savoir plus, ainsi des discours de Sarko :

– Nicolas Sarkozy en 2016 : « Nous sommes 7 milliards d’habitants. En 2100, nous serons 11,5 milliards. La question des conséquences de cette démographie est donc centrale pour les grands équilibres de la planète ». Il souhaite que « la communauté internationale prenne en main le premier problème de la planète, qui est celui de la démographie mondiale ». Il préconisait « une conférence mondiale sur la démographie ». À son avis, le sujet doit « faire l’objet, chaque année, d’une conférence comparable à celle sur le climat».*

– Nicolas Sarkozy en septembre 2019 devant le MEDE :« Quand je suis né en 1955, il n’y avait pas si longtemps, il y avait 2,5 milliards d’habitants. Sur moins de la durée de vie d’un homme, la population mondiale été multipliée par trois. C’est incroyable ! Dans 30 ans nous serons 9 milliards, à la fin du siècle 11 milliards. C’est fait, quoi que nous décidions. Les dérèglements climatiques, le monde en a connu, mais le plus grand choc est démographique. Un choc comme celui-là, le monde ne l’a jamais connu. Dans 30 ans le Nigeria aura plus d’habitants que les USA. On va passer de 1,2 milliards d’Africains à 2,5 milliards. La crise démographique n’a pas encore commencé, elle est à venir. On peut refuser cela, mais promouvoir le développement durable sans se poser la question de l’explosion démographique, cela n’a pas de sens. Le sujet démographique est un sujet monumental, tectonique et il n’y a pas un seul organisme international qui aide à réfléchir sur l’évolution démographique mondiale alors qu’en agriculture il y en a une dizaine. La question, c’est combien d’êtres humains peuvent vivre en même temps sur cette planète. J’entends bien la difficulté, le désir d’avoir des enfants, ce que cela représente. Mais est-ce qu’on ne voit pas que toutes les espèces ont vocation à disparaître par surpopulation ou par appauvrissement des ressources. Et on pense que cela ne se passera pas pour nous les humains ? Je suis assez fasciné de voir les multiples discussions sur le climat et la gêne quand on discute d’évolution de la démographiemondiale. » **

* http://www.lejdd.fr/Politique/Sarkozy-preconise-une-conference-mondiale-sur-la-demographie-783501

** https://www.youtube.com/watch?v=VuwncVRV4Iw&feature=youtu.be

Le coût de l’espérance de vie « augmentée »

Certains organismes vivants se reproduisent par simple duplication (bactéries, amibes…) et sont de ce fait immortels. Pour les autres le corps, une fois fourni l’effort nécessaire à la reproduction, va lentement décliner jusqu’à la mort : la mouche va vivre 17 jours en moyenne, le rat 6 années et le séquoia géant 6 000 ans. Ces différences sont inscrites dans les gènes qui donnent à une espèce une durée de vie maximale. Comme les autres espèces, les humains sont programmés pour mourir, mais ils modifient leur environnement pour mieux résister au processus de vieillissement. Ainsi la réduction de la mortalité infantile, les progrès de l’hygiène publique et privée et la lutte contre les infections ont fait passer l’espérance de vie moyenne à la naissance en France de 25 ans en 1750 à 45 ans en 1900 et 83 ans en 2017. On a même pu calculer que sept années de vie supplémentaire découlaient de traitements médicaux ou chirurgicaux très coûteux. Les dépenses de santé sont en constante augmentation et représentent actuellement près de 11 % du PIB, soit environ 271 milliards d’euros annuels. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Certains technophiles veulent agir contre les processus de vieillissement, faire de la télomérase, lutter contre les radicaux libres, encombrer les centres de soins palliatifs. Le transhumaniste Laurent Alexandre vise même à « euthanasier la mort » pour vivre mille ans. Il suffirait selon lui de modifier notre nature humaine par des interventions technologiques en utilisant la puissance des NBIC (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives) : « La demande de vivre plus longtemps est insatiable… La fixation des limites dans la modification de l’espèce humaine conduira très certainement à des oppositions violentes entre bioconservateurs et transhumanistes. » Quel est le point de vue possible des écologistes face à l’hubris transhumaniste et trop coûteux de l’homme « augmenté » ? Soulignons d’abord que si les inconvénients du système technico-médical commencent à prendre le pas sur les bénéfices qu’ils nous ont apporté, c’est pour des raisons globales. Les gains en termes d’espérance de vie n’augmentent plus en proportion des dépenses par la faute des maladies de civilisation ! L’inactivité physique et la malnutrition jouent un rôle majeur, ainsi que l’exposition à la pollution, aux stress de la vie socioprofessionnelle, aux pesticides, à la consommation de sodas, aux produits ultra-transformés, etc. La prévalence croissante de l’obésité, de la stéatose hépatique, du diabète, de l’hypertension artérielle, des maladies chroniques cardio-vasculaires, respiratoires, rénales… et les cancers deviennent des maladies chroniques largement liée à notre mode de vie. Les maladies de civilisation pèsent désormais plus lourd dans la mortalité que les maladies naturelles. L’espérance de vie en bonne santé commence à régresser dans bon nombre de pays. La mortalité par Covid-19 ne fait donc que se rajouter à un tableau clinique peu encourageant.

Il est donc utile de se demander si cela est durable de perfectionner sans cesse nos moyens d’assistance sanitaire au prix d’un épuisement de nos ressources fossiles (non renouvelables), si c’est respecter les cycles vitaux que de s’attarder sur la planète et prendre un peu de l’espace vital à toutes les autres espèces, si c’est écologique de lutter indéfiniment contre notre mort inéluctable, si c’est bien vivre que de vivre centenaire. Enfin noublions pas qu’une part importante de l’accroissement de la population mondiale vient de l’allongement de l’espérance de vie : si nous en étions restés au niveau de l’espérance de vie en 1900, nous serions quelques milliards de moins. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 mai 2020, espérance de vie et équivalent pétrole

11 spetembre 2017, Sans pétrole, nous nous baladerons dehors et tout nu (Jean- Marc Jancovici)

4 janvier 2017, longévité, intelligence…. tout commence à décroître

14 mars 2015, Mainmise de l’industrie sur nos repas : trop de sucre

6 juin 2013, Le fantasme de l’immortalité, une perte de sens

Le confinement généralisé, une grave erreur

Plutôt qu’un confinement généralisé, nos gouvernants auraient mieux fait de dire : « les jeunes restent à l’école et les travailleurs au boulot, l’immunité collective est un passage obligé ». Par contre toutes les personnes à risque (comorbidité, âge avancé) restent confinées chez elles si elle ne veulent pas attraper le virus au vol. A chacun de prendre ses responsabilités. Le risque de mourir est peu élevé. Parmi les individus infectés, 3,6 % seulement ont été hospitalisés et 0,7 % sont morts. Le taux de létalité varie de 0,001 % chez les moins de 20 ans, à 10,1 % chez les plus de 80 ans.

De toute façon il suffit d’attendre, le virus perdra de sa virulence. La grippe espagnole de 1918 ou la grippe de Hongkong de 1968 se sont éloignées au bout de deux années sans qu’on fasse quoi que ce soit de spécial. C’est dû à la recombinaison génétique qui préside à l’évolution des espèces. Les changements du génome du virus (ARN) sont issues des erreurs d’association des bases dans la chaîne de la molécule au sein de la cellule hôte. Ces erreurs sont faites au hasard, il n’y a pas de déterminisme préétabli. La virulence des virus change pendant sa réplication dans chaque personne et continue en sautant d’une personne à l’autre. Au bout d’un certain temps de contagion, il existe des souches différentes avec des virulences différentes. Les souches virulentes vont continuer à provoquer des malades jusqu’à ce que la virulence cesse. Le temps pour la perte de la virulence n’est pas un facteur en lui même mais il est relié à la réplication et à la transmission. Il suffit donc d’attendre passivement le temps nécessaire à la modification du génome et à la perte de sa virulence du virus. Pour le Sars-cov-2, personne ne connaît encore la période nécessaire puisqu’il est nouveau mais il semble qu’il s’affaiblisse au bout de 3 mois. La seule motivation du confinement généralisé reposait sur le fait de ne pas encombrer les services hospitaliers. Mais là il suffit de faire du triage médical, sélection de qui doit vivre et qui doit mourir, méthode absolument nécessaire en période de crise sanitaires aiguës et qui a été effectivement utilisée par les soignants avec le SARS-CoV-2. Beaucoup de commentateurs sur lemonde.fr préfèrent l’immunité collective plutôt que le confinement :

Joan Alcover : Tout cela suggère que la « contagiosité » de la maladie est faible ; et elle l’est aussi dans les pays qui n’ont pas confiné ou ont confiné de façon moins exigeante que la France. Par ailleurs, il est maintenant acquis que la « létalité » de l’infection est très faible, sauf pour les personnes âgées. Alors, pourquoi a-t-on confiné tout le monde y compris les « actifs » (non « âgés ») qui ne courraient aucun risque et pas seulement ceux qui courraient un risque réel : les personnes âgées, qui ne font plus partie de la population active ? On aurait pu éviter ou fortement mitiger le désastre économique qui nous attend.

GERONIMO : Faudrait savoir : C’est le confinement ou l’immunité collective que l’on recherchait ? Parce que l’un EMPÊCHE l’autre. Donc si vous voulez prouver qu’en plus de toutes les omissions et de tous les mensonges, on nous a AUSSI mené en barque au sujet du confinement, vous marquez sûrement des points.

Le Renard Masqué : Avez-vous regardé la forme de la courbe au moment où le confinement a été mis en place? Sans confinement, la dynamique de l’épidémie aurait été exponentielle. Le nombre de morts (y compris chez les plus jeunes) aurait lui aussi atteint des hauteurs stratosphériques. Et les personnes âgées confinées auraient été plus contaminées car le reste de la population ne l’aurait pas été, à suivre vos préconisations qui font frémir…

Joan Alcover @ Le Renard Masqué : j’ai bien regardé « la forme de la courbe » en France et aussi dans les pays qui n’ont pas pratiqué le confinement « à la française » ; je vous invite à en faire autant. Vous observerez qu’il n’y a pas de différences significatives dans les formes de ces différentes courbes. La notion d’exponentielle qui monte jusqu’au ciel est un concept mathématique rarement observé dans les phénomènes naturels (la fission nucléaire n’étant pas, pour moi, un phénomène « naturel »).

Athanagore porphryrogenete : Le chiffre qui manque c’est la fraction de la population infectable. On n’en sait rien mais ce qui est sûr c’est que c’est pas 100%. Par exemple on sait que les femmes ont moins de récepteurs du virus que les hommes et ont donc moins de chance de le contracter, pareil pour les jeunes. Si 60% de la population a, pour une raison ou une autre, une protection significative, alors l’immunité collective est la.

PL : J’ai du mal à comprendre qu’on parle d’un « objectif » d’immunité collective à 65 % comme s’il était atteignable et marquerait la fin de l’épidémie. Si on compte une létalité de 0,7 %, et qu’on veut que 65 % d’un pays de 60 millions d’habitants soient contaminés, cela amène à 273 000 morts. C’est beaucoup. Il est donc vraisemblable, ou en tout cas souhaitable, qu’on n’atteigne jamais ce chiffre, c’est d’ailleurs le but de la stratégie du confinement.

Syfre @ PL : la létalité n’est pas la même sur toutes les tranches d’age, si vous laissez le virus se propager par exemple sur la tranche < 45 ans, vous aurez une létalité bien plus faible et vous couvrirez un % important de la population (autour de 50% je crois). Maintenant si dans cette tranche vous excluez les personnes avec des risques aggravants, en les surprotégeant par exemple, la létalité sera encore bien plus faible. Le problème c’est de raisonner sur des moyennes, idem pour le taux de couverture.

Fouilla : Syfre, on peut effectivement rechercher une immunité collective « partielle » en confinant les personnes à risque (mettons 30% de la population) en attendant que les autres soient immunisées à 70%. Le problème c’est que si à ce moment vous « lâchez » les personnes à risque, vous sortez de l’immunité collective, puisqu’au total seules environ 50% des personnes seront immunisées. Ce serait donc perpète pour les personnes à risque? Inacceptable.

Michel SOURROUILLE @ Fouilla il faut bien mourir un jour, mais autant que ce soit en bonne santé. Alors, que ce soit quelques semaines ou quelques mois de plus ou de moins en sursis pour une personne en fin de vie, cela ne semble pas très grave…S’accrocher à quelques lambeaux de vie au détriment de beaucoup de choses vitales, c’est cela qui est inacceptable !

Fep : « Le nouveau coronavirus pourrait « ne jamais disparaître » et devenir une maladie avec laquelle l’humanité devra apprendre à vivre, a averti l’Organisation mondiale de la santé » (OMS) dans un article de ce jour. Caramba, encore raté!

Çaosetout : Fondamentalement le sujet est surtout idéologique : surtout ne pas penser à l’immunité collective, horresco referens. Ceserait un concept barbare digne d’un suédois, ennemi de la Vie à Tout Prix. On a confiné, on reconfinera au besoin (enfin, peut-être pas, cela pourrait mal se passer…), en tout cas vous allez rester socialement distancés, masqués, hydroalcooliqués, fliqués, surveillés, limités, bien gentils, bien sages, jusqu’au Vaccin et au Traitement. On Sauve Des Vies. Sauf que le virus il finira par circuler partout, il ressurgit en Corée, en Chine, etc. Les médecins ont voulu jouer aux plus fins, mais ils vont vite comprendre qui est le plus fort. Et franchement ce sera une bonne leçon. Et oui il y aura des caisses en bois. Et alors, c’est la vie… 95 % de plus de 60 ans… et en mauvaise santé

tiède : 0,001 % de létalité pour les moins de 20 ans ? À comparer au 0,0016% à 0,002 % de mortalité en termes d’accidents domestiques (en temps normal càd hors confinement qui fait plus que double le temps passé à la maison !) pour les moins de 18 ans. Conclusion : les enfants sont plus en sécurité à l’école à jouer entre eux qu’à la maison. Et pourtant on empêche une partie de ces enfants de retourner à l’école à cause de normes sanitaires à la limite de l’absurde. On peut aussi comparer ces chiffres avec la mortalité infantile : 0,38% des enfants meurent avant leur premier anniversaire.

le sceptique : On se retrouve donc après 2 mois de confinement, 27 000 morts, 6 points de PIB envolés et 12 millions de chômeurs partiels à dire : on n’est pas pour autant immunisé et on aura une vague 2. A quand un débat de fond sur le principe de précaution ?

Albane Delipovać : Moins de 0,001% de létalité chez les moins de 20 ans… Ouvrez les universités, les plages, les jardins, les bars, puis libérez ces jeunes ! Puis les moins jeunes, puis les trentenaires, etc. Jusqu’à ce que les 65% soient atteints (60% de la population à moins de 50 ans).

Jean Claude Grange : Oui, mais pour cela il faut du courage politique…

EFG, Epidémie, Famines, Guerres… normal

Malthus avait tout prévu dès 1798, l’épidémie, la famine, les guerres. Dans son « Essai sur le principe de population », il ramenait les causes multiples de ces dysfonctionnements à une cause principale, la non maîtrise de sa fécondité par l’espèce humaine. Dans une note, Malthus précisera son idée de fond : « A ce qu’il me semble personnellement, celui qui indique le moyen d’atteindre un mieux relatif est un bien plus grand bienfaiteur de l’humanité que celui qui se contente de discourir sur les tares de la société actuelle et la beauté d’une société différente, sans indiquer une méthode concrète pour accélérer notre progression de l’une vers l’autre. » A son avis, il était donc nécessaire de réguler l’évolution de la population à un niveau compatible avec les ressources alimentaires. Qu’en penser aujourd’hui alors que la révolution agricole depuis 200 ans a multiplié les ressources et accompagné l’explosion démographique ? Avant la crise sanitaire actuelle, les indicateurs de la malnutrition étaient déjà au rouge, 820 millions de personnes souffrent déjà de la faim, un Terrien sur neuf. Selon la FAO*, la pandémie de Covid-19 pourrait ajouter avec la récession économique 15 à 80 millions de personnes. L’objectif « faim zéro  d’ici à 2030 » que s’est fixé la communauté internationale semble de moins en moins atteignable. Il est vrai que les médias, les experts et les politiques insistent toujours sur l’alimentation, les gaspillages des riches, les inégalités de distribution de nourriture… mais n’abordent quasiment jamais la nécessaire régulation des naissances. Erreur funeste.

Nous connaissons aujourd’hui avec la contamination virale le vertige des exponentielles. Si tu es porteur du virus et que tu contamines deux personnes, ces deux personnes vont transmettre à leur tour le Covid-19 à quatre personnes, puis à 8, etc. Cela apparaît au début peu inquiétant, mais au bout de dix transmissions, une seule personne en a rendu malade 1 027 ; au bout de 20 transmissions il y a plus d’un million de personnes infectées. Ce schéma théorique est proche de la vitesse de diffusion du coronavirus. La courbe épidémique chinoise semble montrer un « R0 » de 2,2. Le R0 correspond au nombre moyen de personnes qu’un individu infecté peut contaminer en six jours. La multiplication humaine suit le même schéma d’une génération à l’autre. Même avec un taux réduit d’accroissement naturel actuellement à un peu plus de 1 %, les humains doublent leur nombre tous les 70 ans, et cela se compte dorénavant en milliards ! La deuxième leçon à tirer de l’épisode SARS-CoV-2, c’est qu’arrêter la diffusion exponentielle du virus est extrêmement difficile, même après un confinement généralisé de deux mois. Les comportement sociaux ne suivent pas forcément les directives médicales de distanciation sociale. Il en serait de même de la démographie humaine, il suffit de voir les bagarres homériques à propos de l’avortement ou même de la contraception. De toute façon presque aucun gouvernement, sauf le repoussoir que constitue la Chine pour certains, n’a programmé de politique malthusienne. Ajoutons le lien direct entre pandémie et densité humaine. Wuhan était peuplée de 11 millions d’habitants, les grandes villes concentrées sont les plus touchées par le virus, et métros et stades de foot sont vecteurs privilégié de la contamination. Combattre la surpopulation devrait aller de pair avec les objectifs de sobriété partagée.

Un article du MONDE estime que « le confinement imposé à une partie de la planète laisse présager une aggravation de la famine ». Il n’y est jamais question de démographie, seuls quelque commentateurs sur lemonde.fr mettent les pieds dans le préservatif :

Agnès: Attention aux fausses évidences. La famine a toujours existé quelle que soit la population. De nos jours, la production alimentaire est très supérieure aux besoins. C’est un problème de répartition et de gaspillage auquel s’ajoute maintenant le blocage par la pandémie des circuits économiques qui l’aggrave. L’explosion démographique est cependant réelle, avec toutes sortes de problèmes, mais pas celui de l’insuffisance alimentaire globale pour l’instant.

Démographie Responsable : Bon, d’un autre côté, nous ne sommes que 7,8 milliards d’humains aujourd’hui et les ONG et autres FAO affirment depuis des lustres que la planète peut nourrir plus de 12 millards d’individus. Il ne s’agit donc que d’une mauvaise organisation et ça n’est pas comme si nous étions en surpopulation..

gaston : PLUS ONT EST NOMBREUX PLUS LA PART DU GÂTEAU EST PETITE..

Gabuzo : Je n’ai jamais compris pourquoi les thèses de Malthus faisaient l’objet d’un tel dédain, à part du fait d’un aveuglement propre à l’homme, persuadé qu’il y a aura toujours des ressources à l’infini ou une innovation technologique miraculeuse pour le sauver. La politique de l’enfant unique en Chine était d’une grande violence, mais sans elle il y aurait 300 à 400 millions de Chinois en plus à éduquer, loger, nourrir. La population de l’Afrique devrait doubler en 2050 (scoop : ce n’est pas le cas des ressources agricoles). Est-ce que l’humanité va attendre d’être au pied du mur et regarder les gens crever de faim, de pollution et de tous les autres maux de la surpopulation ou est-ce qu’on est capable, pour une fois, d’anticiper ?

LEONCE : Allez donc vous même essayer d’expliquer aux Africains et autres de ne plus faire d’enfants. L’ONU a mis en place partout des bureaux de « planning familial » qui sont aussi inefficaces que coûteux.

Régis : Les thèses démographiques de Malthus sont plutôt bien considérées, certains de ses remèdes, comme cesser l’aide économique aux pauvres, beaucoup moins.

Pascalou : Avec une population mondiale hors de contrôle mais des ressources alimentaires forcément limitées car nous vivons dans un monde fini, il fallait bien que cela arrive un jour. Regardez par exemple la courbe de la l’évolution de cette population depuis 2000 ans. Elle est tout simplement effrayante quand on voit son emballement récent. Cela posera tôt où tard la question de l’autorisation de procréer, que cela plaise ou non.

* http://www.fao.org/3/ca8800en/ca8800en.pdf

espérance de vie et équivalent pétrole

Denis Cheynet : « Alors qu’elle était de moins de 30 ans en 1800, l’espérance de vie mondiale moyenne est aujourd’hui de plus de 72 ans. Mais ce « progrès » ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur l’énergie que nous sommes prêts à mobiliser pour améliorer une espérance de vie que nulle autre civilisation sur Terre n’avait jamais ne serait-ce qu’approché. La corrélation entre la quantité d’énergie mobilisée par chaque être humain et l’espérance de vie est frappante. Malgré de très fortes inégalités, ce chiffre global n’a cessé d’augmenter. Aurait-ce était possible si notre consommation d’énergie primaire moyenne par habitant n’avait pas été multipliée par trois en 200 ans. On pourrait même mettre un chiffre sur l’année d’espérance de vie : environ 25 litres de pétrole et par an. Notre espérance de vie moyenne se puise sous terre sous forme de charbon et de pétrole. Parce que cette énergie abondante et bon marché est une anomalie de l’histoire humaine, on peut en déduire que notre espérance de vie l’est aussi. La France dépense un peu plus de 11 % de son PIB dans le domaine de la santé, c’est-à-dire plus de 200 milliards d’euros. Nous aimerions faire perdurer cette opulence coûte que coûte, mais en oubliant que la vie se nourrit de la mort, comme les plantes se nourrissent de l’humus. Certains comme Jean-Luc Mélenchon aimeraient pourtant vaincre la mort, ce qui signifierait purement et simplement refuser de laisser de la place pour les générations suivantes. Accepter le finitude de nos existences, savoir tirer notre révérence et laisser quelques ressources énergétiques aux suivants, cela fait aussi partie du mouvement de la décroissance. »*

Serge Latouche : « La montée en puissance du refus de la mort qui s’est manifestée dans le fantasme de guerres zéro morts et se révèle aussi dans les recherches chimériques des transhumanistes transparaît dans la complicité implicite entre le pouvoir médical, la puissance gouvernementale et l’opinion publique. Je crains que certains en soient encore à la position infantile d’une illimitation de leurs désirs et de leur egos qui me semble le principal fondement de la foi dans la Croissance. Faire envisager une absence de maladie dans le monde idyllique qu’on nous promettait est une forme de messianisme qui me fait peur. Les dépenses de santé sont rentrées dans une logique exponentielle immaîtrisable de médecine de pointe. Il est tout à fait remarquable qu’on ait régressé de « l’économie coûte que coûte » à « la santé coûte que coûte ». Le curseur s’est déplacé, il faut échapper à la mort quel que soit le prix à payer en terme de renoncement aux libertés, et même s’il faut quelque peu sacrifier l’économie et à plus forte raison l’écologie. Il y a quelque chose de pathétique dans la course mondiale de masques de protection dont la fabrication ne nécessite ni terres rares, ni haute technologie… »**

sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

18 avril 2020, Covid, regardons sans ciller la mort en face

15 avril 2020, Covid-19, le droit à la vie et à la mort

24 février 2020, Covid-19, bientôt 5 millions de morts ?

14 février 2020, Aux mains des « labo de la mort »

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

* La décroissance, mai 2020, L’espérance de vie ? C’est du pétrole ! (extraits)

** La décroissance, mai 2020, coronavirus et décroissance (extraits)

Covid, la trouille politique devant la mort

Malade d’un cancer, François Mitterrand contre toute transparence démocratique a caché la réalité de sa mort à venir pendant ses deux septennats. François Hollande, confronté à la mort part terrorisme, a déclenché en 2013 une funeste intervention militaire au Mali. Pendant la pandémie, Emmanuel Macron a regretté l’énumération quotidienne médiatique du nombre de décès : « Il faut sortir du décompte des morts qui n’est qu’un tic-tac mortifère. » Il a choisi le confinement généralisé. Face à la mort, un politique politique donne toujours sa propre version. En Suède, le premier ministre Stefan Löfven a déclaré pendant la crise due au coronavirus : « Beaucoup de gens encore vont mourir ». Il a choisi l’immunité collective. Si les lycées et universités ont fermé, les crèches, écoles primaires et collèges sont restés ouverts. Même chose pour les cafés et les restaurants. Seuls sont interdits les rassemblements de plus de 50 personnes et les visites en maison de retraite. Il ne faut pas refuser de regarder la mort en face, c’est pourtant trop souvent ce qu’on évite de faire.

Début mai 2020, le bilan suédois du Covid donne 256 morts pour 1 million d’habitants, c’est loin d’être catastrophique, et nettement inférieur au bilan français 370 morts pour 1 million d’habitants ! Il est vrai que les températures polaires confinent déjà les gens en Suède, que la densité est peu propice à la contamination, 24 hbt/km2 (Espagne 93, France 119, Italie 201) et qu’elle bénéficie d’une barrière naturelle interne, qui s’ajoute à son isolement dans le nord de l’Europe. Mais l’essentiel est ailleurs. Pourquoi avoir peur de la mort quand on est dirigeant ? Le virus n’a aucun désir de tuer, il veut juste se multiplier. La mort de l’hôte est même un échec pour lui. Le nouveau coronavirus est opportuniste, il tue les plus proches de la mort. En France, le 29 avril par exemple, le bilan cumulé de l’épidémie s’élève à 12 155 résidents d’Ehpad sont morts de cette épidémie, plus de la moitié de la totalité des décès. Les EHPAD forment un cluster, lieu idéal de contamination, communauté très resserrée, allé et venue de nombreux intervenants. Au premier janvier 2020, il y avait plus de 2 200 000 personnes âgées de plus de 84 ans en France selon l’Insee. La mortalité dans cette tranche d’âge, du 1er mars au 29 avril, comparée à la moyenne des décès de 2018 et 2019, est certes en augmentation ; mais le surcroît de mortalité 2020 correspond à moins de 0,5% de la population des plus de 84 ans. Notons aussi que la durée de séjour jusqu’au décès d’un résident d’EHPAD est de l’ordre de trois ans, ce qui correspond à un taux de mortalité d’environ 30% par an. Le virus ne fait qu’accélérer un peu la tendance générale. Convenons que la caractéristique du Covid 19, c’est surtout le signe d’une société si effrayée par la mort qu’elle en hypothèque toute autre considération. On aurait pu éviter le confinement, les personnes dans les EHPAD ou atteintes de comorbidité sont plus sujettes à décéder, c’est dans l’ordre des choses. Pourquoi refuser à tout prix la sélection naturelle ? Cette situation est d’autant plus ridicule que l’on devrait plutôt aider les gens à mourir dignement en les accompagnant plutôt que de s’escrimer en réanimation sur des cas désespérés où on ne récupère que quelques survivants en mauvais état. Nous sommes comme un troupeau de mouton qui se jette de la falaise parce qu’on a cru voir un loup.

L’espèce humaine est versatile, on fait tout pour éviter quelques morts de la grippe et on ne fait rien pour empêcher la mort en 14-18 de millions d’hommes jeunes et en bonne santé. Au mercredi 29 avril, la Covid-19 a fait approximativement 224 402 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine. Mais chaque année rien qu’en Europe, il faut compter plus de 400 000 morts prématurées par pollution de l’air selon l’Agence européenne de l’environnement. A ce chiffre, il faut ajouter les morts par les maladies dites de civilisation (cancer, obésité diabète, etc.). Il faudrait aussi compter les morts par guerres ou famine. Relevons uniquement les guerres qui ont fait à chaque fois plus de 500 000 morts après 1945 : guerre civile chinoise, Indochine, partition des Indes, Algérie, Viêt Nam, Indonésie, guerres civiles soudanaises, guerre d’indépendance camerounaise, massacre de 1965 en Indonésie, guerre civile cambodgienne, Biafra, troisième guerre indo-pakistanaise, guerres civiles en Éthiopie, guerre civile angolaise et celle du Mozambique, Afghanistan, Iran-Irak, génocides des Tutsis au Rwanda (830 000 morts), guerres du Congo, guerres qui sont oubliées aussi vite que commencées. En 2018 un peu plus de 820 millions de personnes, soit près de 11 % de la population, étaient sous-alimentées. La dysenterie et le choléra dus au manque d’eau et d’assainissement causent 780 000 décès par an. Il y a cinquante ans, la grippe de Hongkong – qui a fait le tour du monde entre 1968 et 1970 – avait fait plus de 31 000 morts en France dans une indifférence quasi générale. La sécheresse en France a fait 15 000 morts en 2003. La mort, si présente autrefois tant elle était familière, devient honteuse. L’irruption brutale de la mort dans nos sociétés de l’image, et donc de l’émotion, n’est plus tolérée. Quelques morts par terrorisme fait la Une des médias pendant des jours et des jours. Est-ce un signe de société civilisée ? Quel est le combat le plus urgent, lutter contre le terrorisme en interenant militairement dans des pays tiers, lutter par un confinement contre un virus qui met en péril toute la vie économique mondiale ou lutter contre la surpopulation et la société thermo-industrielle qui nous mènent de toute façon au désastre  ?

Covid-19, le droit à la vie et à la mort

Le droit à la vie est relatif, c’est ce que nous avions écrit dans un post précédent. En fait nous vivons une médecine de guerre en temps de paix qui nous oblige à un triage médical entre ceux qui doivent être sauvés et ceux qui ont le droit de mourir ; on établit un « score de fragilité » pour en décider et les spécialistes ne diront pas le contraire. Exemple :

Mathias Wargon, chef des urgences à l’hôpital Delafontaine : « Aux urgences en temps habituel, on décide très fréquemment de ne pas envoyer tel ou tel patient en réanimation selon un critère principal : l’autonomie de la personne. Ce n’est pas une décision que l’on prend seul, c’est une décision collégiale. Si la personne est grabataire ou avec une démence très évoluée, on ne va pas la placer en réanimation car on sait qu’elle n’en sortira pas mieux. C’est pour ça que les personnes en Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes], sans autonomie, on ne les réanime pas. Avec le coronavirus s’est ajoutée la médecine de catastrophe où on ne peut pas dilapider des ressources de plus en plus rares. On n’essaie pas de réanimer un patient qui nécessite trop de moyens. Et tous ces gens qui ne vont pas en réanimation, notre objectif n’est pas de les tuer plus vite, mais qu’ils ne meurent pas en souffrant. C’est bien la moindre des choses. On ne va pas les étouffer avec un coussin ! Comme il commence à y avoir une pénurie de morphine et de midazolam (un sédatif), on utilise le Rivotril pour soulager la souffrance et l’anxiété de patients en train d’étouffer. »*

Frédérique Leichter-Flack, spécialiste de l’éthique : « Faudra-t-il choisir qui tenter de soigner et qui laisser mourir ? Cette question du tri et du rationnement va nous accompagner durablement. L’accès à la ventilation mécanique n’est que la pointe émergée d’un continuum du rationnement des chances face à l’épidémie : en amont, des hôpitaux chroniquement sous-dotés ; une pénurie des moyens de protection face au risque (masques) ; un premier tri téléphonique opéré par la régulation du 15, qui envoie ou n’envoie pas à l’hôpital ; et, en aval, pour la suite, une réflexion à mener sur l’ordre de priorité de la distribution des médicaments et vaccins au fur et à mesure de leur production, quand ils seront trouvés… Le tri a  été inventé, en médecine d’urgence comme en médecine de guerre, pour remettre de la justice, de l’efficacité et du sens là où ne régnait que l’aléa du fléau – pour reprendre le contrôle du destin de la collectivité menacée de destruction. Le médecin trieur n’est pas là pour jouer à Dieu et dire qui aura ou non droit à la vie, mais pour sauver le plus de vies possibles. Le tri, en pénurie, opère le basculement d’une médecine individuelle à une médecine collective, qui oblige le sauveteur à prendre en compte, à côté de la victime en face de lui, les besoins de tous les autres au regard du stock de ressources disponibles. Plus le décalage entre ressources et besoins est grand, plus on aura tendance à basculer dans des pratiques de tri dégradées. Un afflux non maîtrisé de patients jeunes soulèverait d’autres dilemmes plus graves encore si les critères médicaux de pronostic et d’espérance de vie se révélaient insuffisamment pertinents pour opérer le tri. »**

Sennepy sur lemonde.fr : Dans les Ephad, on occupe des lits avec des gens en état végétatif qui lorsqu’ils étaient en bonne santé souhaitaient mourir dans la dignité, mais que l’accident ou la maladie ne leur ont pas laissé le temps de spécifier qu’ils voudraient être « débranchés ». Où est l’éthique ?

Thibaut  : J’hallucine qu’on en soit rendu à débattre de ça ! Trions qui survivra puisque l’impéritie de nos premiers de cordée nous y contraint désormais. Mais trions aussi les dirigeants en débranchant ceux qui soignent les prochains résultats trimestriels du CAC40. Et trions aussi les organisations sociales qui envisagent une sobriété conviviale, soutenable à long terme, en débranchant celles qui exaltent la concurrence de chacun contre les autres.

charles condamines : Même en temps « normal », les besoins dépassant les capacités disponibles, il y a du tri… sur le marché du travail, des logements sociaux, des places en crèche… Dans tous les cas, la question décisive est celle des critères réellement en œuvre dans le processus de sélection; chacun peut en effet se rendre compte que les critères affichés et les critères appliqués ne coïncident pas et que le processus de tri est faussé. Aux USA, c’est souvent l’argent qui fait le tri entre ceux qui ont le droit d’être soignés et ceux qui n’ ont pas ce droit.

* https://www.lemonde.fr/journal-blouses-blanches/article/2020/04/04/journal-de-crise-des-blouses-blanches-la-reanimation-c-est-un-choc-violent-a-l-issue-incertaine_6035589_6033712.html

** https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/16/coronavirus-la-question-du-tri-des-malades-est-un-enjeu-ethique-et-democratique-majeur_6033323_3232.html

L’Inde sera submergée par la Covid-19

Que faire dans un pays surpeuplé ? Claude Lévi-Strauss pouvait déjà écrire en 1955 : « Les grandes villes de l’Inde sont une lèpre, l’agglomération d’individus dont la raison d’être est de s’agglomérer par millions, quelles que puissent être les conditions de vie : ordure, désordre, ruines, boue, immondices, urine. Ils forment le milieu naturel dont la ville a besoin pour prospérer. » Le 18 mars, nous écrivons sur notre blog : Quand le Covid-19 s’attaquera à l’Inde. Sur une population de 1,35 milliard d’habitants, le nombre de cas de COVID-19 en Inde était estimé à seulement 137 le mardi 17 mars ; mais la faiblesse des chiffres officiels s’expliquait par le nombre encore très réduit de dépistages : 6 000 à ce stade en Inde. Les médias locaux persiflaient, « absence de preuve n’est pas preuve d’absence ». Le gouvernement dirigé par le nationaliste hindou Narendra Modi montre du doigt les étrangers ; à compter du 18 mars, l’ensemble des ressortissants européens sont persona non grata. Le premier ministre indien a lancé un concours d’idées sur Twitter faisant miroiter une récompense de 100 000 roupies (1 210 euros) à celui qui trouvera une « solution technologique » pour éviter le Covid-19… C’est un aveu d’impuissance.

L’indienne Arundhati Roy ne mâche pas ses mots : « Que dire de l’Inde, mon pays, mon pays pauvre et riche, suspendu quelque part entre féodalisme et fondamentalisme religieux, castes et capitalisme, gouverné par des nationalistes hindous d’extrême droite ?Le premier cas de Covid-19 détecté en Inde a été annoncé le 30 janvier 2020, quelques jours après que l’invité d’honneur de la parade du Jour de la République, Jair Bolsonaro, dévorateur de la forêt amazonienne, négateur du Covid-19, a quitté Delhi. Le 11 mars, l’OMS a haussé le développement du Covid-19 du niveau d’épidémie à celui de pandémie. Le 13, le ministère indien de la santé déclarait que le coronavirus ne représentait pas une « urgence sanitaire ». Enfin, le 19 mars, le premier ministre, Narendra Modi, s’est adressé à la nation. Il n’avait pas beaucoup planché sur ses dossiers, calquant ses stratégies sur celles de la France et de l’Italie. Il a parlé de la nécessaire « distanciation sociale ». Au lieu d’informer les gens des mesures qu’allait prendre son gouvernement pour faire face à la crise, il leur a demandé de sortir sur leurs balcons, de sonner des clochettes et de taper sur des ustensiles de Lcuisine pour rendre hommage aux soignants. La requête de Narendra Modi a soulevé l’enthousiasme. On a assisté à des marches de percussions domestiques, à des danses traditionnelles, à des processions. Peu de distanciation sociale ! Le 24 mars à 20 heures, Modi est passé à la télévision pour annoncer qu’à partir de minuit, l’Inde tout entière entrait en confinement. Les marchés seraient fermés. Tous les moyens de transport publics et privés étaient interdits. Le confinement destiné à assurer la distanciation sociale a eu le résultat inverse : la contiguïté physique à une échelle inconcevable. Le même phénomène se produit dans les villes grandes et petites de l’Inde. Les voies principales peuvent bien être vides, les pauvres sont enfermés dans des espaces exigus à l’intérieur de bidonvilles et de baraquements. Les hôpitaux et les dispensaires sont déjà incapables de faire face au million, ou presque, d’enfants qui meurent chaque année de diarrhée et de dénutrition, aux centaines de milliers de tuberculeux (un quart des cas mondiaux), à la vaste population de mal-nourris et d’anémiques, vulnérables à toutes sortes d’affections mineures qui, dans leurs cas, se révèlent mortelles. Il leur sera impossible d’affronter le coronavirus. » Monsieur Modi porte bien son nom.

Moralité : Des cercle vicieux sont en place. L’Inde subit une surpopulation manifeste, ce qui entraîne la misère qui à son tour provoque la sur-fécondité, l’exode rural, une urbanisation non maîtrisée et des conditions de densité qui ne peuvent que favoriser la diffusion d’un virus. Au niveau politique, le gouvernement gère la multitude humaine de façon autocratique ; pour chercher une impossible issue, il attise les tensions ethniques et désigne comme ennemi les musulmans, ce qui ne peut qu’accroître les tensions et empêche tout développement partagé. De toute façon le virus pourrait faire 17 millions de victimes que la population de l’Inde n’en serait pas affectée. En effet que pèsent quelques millions de morts de plus en Inde quand dans une année ordinaire il y a déjà 10 millions de morts (pour 27 millions de naissances).

Nous avions écrit sur ce blog en 2016, des Rafale en Inde, tout le monde se réjouit. Pas moi !

Démographie et pandémie, relation étroite

La question démographique reste la grande absente des réflexions sur la crise du coronavirus. Pourtant, trois éléments au moins peuvent lier nos effectifs à l’épidémie présente.

– L’émergence de l’épidémie est susceptible d’être liée aux contacts obligés avec la faune sauvage que provoque notre expansion permanente sur les territoires du vivant.

– L’épidémie est de façon certaine favorisée par la promiscuité, et la promiscuité est largement fonction de la densité de peuplement, elle-même liée à l’importance de nos effectifs.  Dans un habitat dispersé, elle resterait un problème mineur, mais elle se répand comme une traînée de poudre  dans les grandes agglomérations ou dans les régions peuplées comme la métropole de Wuhan ou la Lombardie. D’ailleurs, la première des mesures que prennent tous les gouvernements est d’éviter les rassemblements, or, dans une grande agglomération, on est rassemblés par nature. Toute la politique actuelle valide cette corrélation entre densité et épidémie (sinon, aucune des mesures prises n’aurait de sens).

– La lutte contre l’épidémie dans une société urbaine et densément peuplée passe par des mesures très autoritaires, restreignant fortement les libertés. Ces mesures sont parfois efficaces (on le voit par exemple en Chine où l’épidémie semble sur la voie descendante, mais aussi à Hong Kong ou à Taiwan qui, malgré leur forte densité, ont peu ou prou réussi jusqu’à présent à contenir le phénomène au prix… de la fin des libertés: contrôle par caméra, confinement, suivi des personnes, peines très sévères…un monde digne de la science-fiction. En ce sens, la démocratie risque d’être la principale victime de l’explosion démographique. Nous rejoignons là une conclusion proche de celle que tire Jean-Marc Jancovici des crises à venir de l’énergie. Plus généralement, face à toute contrainte, les États sont tentés de réagir ainsi, et, plus l’habitude se prend de restreindre les libertés face à un problème, plus cette possibilité s’ancrera et plus la démocratie sera mise à mal dans l’acceptation plus ou moins passive des populations. 

A ce facteur démographique on peut ajouter la question de la mondialisation qui favorise les échanges de personnes et de biens. Remarquons cependant que la démographie peut, là aussi, être considérée comme à l’origine du problème, car avec des effectifs de 8 milliards – presque 10 au milieu de ce siècle –  il n’existe guère de moyen de nourrir et approvisionner en biens divers l’ensemble de la population sans recourir à la spécialisation internationale et donc à la mondialisation de l’économie avec tous les échanges de biens et de personnes que cela suppose. Chacun pourra sourire à l’extraordinaire retournement de nombre de personnages politiques, adeptes forcenés de la mondialisation et de la croissance, économique comme démographique, qui, sous l’urgence tournent casaque, et  prennent des mesures à terrasser l’économie et à interrompre les échanges. Urgence oblige dira-t-on ! Certes, mais l’urgence n’excuse pas les erreurs passées et si Paris vaut bien une messe, il ne faudra pas oublier.(Didier Barthès sur son blog)

NOTA BENE : Démographie responsable lance une pétition,

Pandémies et surpopulation : appel pour la décroissance démographique

En résumé : Afin de minimiser autant que faire se peut l’apparition et la diffusion de futures pandémies, nous demandons aux autorités françaises de favoriser la stabilisation de la population de notre pays en prenant des mesures incitatives comme le plafonnement des allocations familiales…

objectif du confinement, l’immunité collective

Le déconfinement, une équation complexe. Une population sera IMMUNISEE lorsqu’elle aura été SUFFISAMMENT CONTAMINEE. Comme d’autres pandémies l’ont montré dans l’histoire, notamment celle de la grippe espagnole de 1918-1919, une immunité collective insuffisante expose à une ou plusieurs vagues successives qui font des ravages. En freinant la vague épidémique par le confinement, les autorités ont donc retardé le moment où suffisamment de Français seront immunisés pour stopper définitivement la propagation du coronavirus. Faute de disposer d’un vaccin, cette « immunité de groupe » ne peut être acquise que par un contact avec le SARS-CoV-2, le virus responsable du Covid-19. Pour l’atteindre, les épidémiologistes estiment qu’environ 60 % de la population devrait avoir été infectée. Quelques analyses pertinentes sur lemonde.fr :

J.olive : La stratégie du stop and go (confinement/déconfinement) consiste à laisser mourir toutes les personnes vulnérables sur la durée plutôt que d’un seul coup. Le gain est minime sur le nombre de victimes au final. L’inquiétude vient de la durée de l’immunisation obtenue après ce contact ; durable et on ne fait la rougeole qu’une fois dans sa vie ou transitoire comme avec d’autres virus ( grippe saisonnière) . Le vaccin aura-t-il une efficacité maintenue dans le temps malgré les mutations virales ?
IP 88.185.49.110 : L’immunité collective (60% de la population contaminée) ne marche…que si l’immunité face au virus est permanente, ou, au moins très longue. Or l’immunité face aux coronavirus des rhumes est tout sauf permanente et longue. Pis, en Corée ils ont publié le cas de 50 malades qui avaient des résurgences virales bien après guérison… La route pour un vaccin…..efficace semple bien longue. Imaginons le pire: le virus, non saisonnier, provoque une immunité efficace pour 3 à 6 mois….Tous les 3 à 6 mois vous jouez donc au dés pour savoir qui va mourir du coronavirus, celui ci circulant sans restriction au sein de la population !
Starqman : Pour atteindre l’immunité collective en minimisant le nombre de mort, Il serait intéressant de modéliser le déconfinement en 2 catégories en incluant les obèses avec les vieux. Le résultat devrait être encore meilleur.

Jackpot : Bref, se dépêcher d’attraper le virus quand on est jeune et en bonne santé, c’est l’acte le plus citoyen qui soit. Et pas de rester vautré sur son canapé comme certains adorent le raconter pour se donner bonne conscience. Ce confinement généralisé et strict est une hérésie depuis le départ, qui ne résout rien sur le moyen terme, il décale simplement le pic.

SuperChomeur @ J&ckpot : Le confinement décale le pic, l’atténue et sauve donc des vies qui ne pourraient pas l’être sans confinement. Si vous souhaitez rejoindre Boris Johnson, allez y seul.

Totoro : Finalement je me demande si je ne serais pas content de l’avoir déjà eu (forme bénigne bien sûr ??) pour pouvoir sortir plus tôt…

sur notre blog biosphere, nos articles sur la fausse opposition immunité collective / distanciation sociale

3 avril 2020, Le confinement recule en vain l’échéance ?

23 mars 2020, Covid-19, le vertige des exponentielles

20 mars 2020, Covid-19, droit de vivre ou de mourir (suite)

14 mars 2020, Covid-19, la « distanciation sociale » en France

14 mars 2020, Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

11 mars 2020, Covid-19, nécessité d’un triage médical

Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

Un décret du 28 mars 2020 autorise l’utilisation temporaire (aujourd’hui, jusqu’au 15 avril), dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire lié à l’épidémie de COVID-19, du Rivotril injectable (clonazepam) pour prendre en charge la dyspnée ou la détresse respiratoire chez les patients COVID-19 dont l’état clinique le justifie. Cette molécule est un sédatif (et non un produit létal) utilisé quand les malades souffrent d’une atteinte pulmonaire telle qu’il y a un risque de suffocation ; elle pourra être délivrée comme traitement de confort, pour l’apaisement. Habituellement, le midazolam (Hypnovel) est utilisé pour cela, mais des tensions sur les stocks de médicaments existent actuellement et font redouter un risque de pénurie. Dans ce cas, le décret permet d’utiliser le Rivotril pour assurer l’accompagnement des patients en soins palliatifs, confrontés à un état d’asphyxie, y compris en Ehpad. Pour les patients dont le pronostic vital est engagé à très court terme, cette molécule peut permettre une sédation profonde et continue.

« Administrer du Rivotril à un patient ne veut pas dire arrêter les soins. Il s’agit, au contraire, lorsque la situation se dégrade et dans certaines circonstances d’un accompagnement pour soulager sa souffrance en le plaçant dans une sédation lorsque la détresse respiratoire devient insupportable, mais il ne s’agit certainement pas, encore une fois d’un médicament destiné à pratiquer une euthanasie. L’asphyxie en fin de vie est inacceptable », indique le président de la Société française de gériatrie et gérontologie. Ce décret est une application de la loi du 2 février 2016, dite loi Claeys-Leonetti, qui, dans son article 3, permet « la sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès, associée à une analgésie ». Pour aller plus loin, voici la fiche-conseil publiée par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs à propos de la prise en charge des détresses respiratoires asphyxiques à domicile ou en Ehpad.

L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité rappelle son combat en faveur du droit de chacun à décider de sa propre fin de vie, y compris en bénéficiant d’une aide active à mourir avec administration d’un produit létal. Dans tous les cas, c’est le patient qui doit décider et il convient qu’il ait préalablement rédigé ses directives anticipées et désigné des personnes de confiance.

Communiqué de l’ADMD du 6 avril, COVID-19 : à propos de l’apaisement des souffrances par les équipes soignantes

https://www.admd.net/articles/decryptages/covid-19-propos-de-lapaisement-des-souffrances-par-les-equipes-soignantes.html?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=avril

Covid-19, comment gérer la fin de vie

communiqué de l’ADMD sur les directives anticipées : Ceux qui s’inquiètent de la nature et des conditions des soins prodigués en milieu hospitalier peuvent rédiger, sur papier libre, un document spécifique intitulé Directives anticipées COVID-19, et y exprimer de façon exhaustive leurs volontés pour le cas où elles seraient atteintes (par exemple refus de la réanimation et souhait, dans cette hypothèse, d’une aide à mourir afin d’éviter les souffrances liées aux détresses respiratoires…). Il n’y a aucun formalisme particulier à respecter pour la rédaction de ce document (commencez par « Dans le cas où…, voici quels sont mes souhaits médicaux :… »). S’agissant d’un document personnel, il ne nous appartient pas de proposer un modèle.Ce document sera annexé aux directives anticipées existantes. Il est conseillé de le porter sur soi en cas de symptômes de la maladie.

https://www.admd.net/articles/decryptages/covid-19-faire-respecter-ses-souhaits-pour-sa-fin-de-vie.html?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=[Copie%201]%20mars

Coronavirus : le difficile accompagnement des malades en fin de vie : Afin d’« aider les équipes à “inventer” une réponse à l’urgence imposée par l’épidémie de Covid-19 », un document a été diffusé le 19 mars aux établissements de l’AP-HP. Plusieurs options sont détaillées pour organiser la prise en charge des patients incurables et leur permettre « de finir leur vie le plus sereinement possible, ou tout au moins le moins mal possible, dans ce contexte exceptionnel ». Il suggère notamment que des unités de soins palliatifs temporaires soient créées « lorsque les capacités de services de soins qui accueillent les patients atteints du Covid-19 sont mises en difficulté ». Afin d’aider les soignants des services de réanimation dans leur décision de récuser un patient, des « cellules éthiques de soutien » pourront être mises en place.

https://www.admd.net/articles/medias/coronavirus-le-difficile-accompagnement-des-malades-en-fin-de-vie-le-monde.html?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=[Copie%201]%20mars

Fin de vie : coronavirus et réveil des consciences… Il est de plus en plus souvent nécessaire, à cause du manque de moyens matériels, de faire un tri entre les patients qui « mériteront » une réanimation et les autres. Je n’ai pourtant jamais vu apparaître la question qui en découle logiquement et qui, vu mon âge, me préoccupe personnellement : que fait-on de ces autres ? Les abandonne-t-on à leur triste sort en les laissant agoniser jusqu’à leur mort « naturelle » ? Quand on sait que cette agonie par asphyxie est parmi les plus atroces, ne pourrait-on demander à ces patients (sans jamais les y forcer, bien sûr) s’ils ne préfèrent pas qu’on leur procure une fin de vie douce et rapide ? Ne pourrait-on autoriser officiellement alors les médecins à pratiquer cette assistance au suicide (à ne pas confondre avec une euthanasie dont ils porteraient seuls la responsabilité) qui leur est aujourd’hui encore formellement interdite par les lois françaises ?

https://www.admd.net/articles/temoignages/fin-de-vie-coronavirus-et-reveil-des-consciences.html?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=[Copie%201]%20mars

Le confinement recule en vain l’échéance ?

Il n’est pas certain que la période de confinement réussisse. Notre refus de la sélection naturelle n’est-elle qu’une vaine tentative ? L’idée s’est installée à tort que les progrès scientifiques font reculer toutes les maladies. Or la réalité montre qu’au contraire de nouveaux virus et des bactéries plus résistantes continuent d’apparaître. La stratégie la plus efficace, pour réduire de 99 % le nombre d’infections semble être la panoplie complète utilisée en France : fermeture des écoles, quarantaine des malades et éloignement du travail. Mais les spécialistes se risquent à une prévision ; la fin d’un confinement sévère causera un rebond de la courbe épidémique car il n’y aura pas eu assez de « contaminés », donc « d’immunisés ». Comme le bon vieux modèle de 1927* le laisse entendre…

A l’époque trois études publiés par la Royal Society décrivait un épisode de peste en Inde en 1906. L’idée est de mettre les individus en trois compartiments : les « sains », S, susceptibles d’être contaminés, les « infectés », I, et les « retirés », R, ceux qui ne sont plus malades, car soit morts, soit immunisés après une infection. En conclusion de leur premier article, les deux mathématiciens notaient qu’« une épidémie, en général, prend fin avant que la population sensible n’ait été éradiquée ». Autrement dit, les lois mathématiques protègent une partie de la population : tout le monde n’a pas besoin d’être touché pour observer un reflux. La force de cette approche est qu’un seul paramètre donne une intuition simple de la dynamique épidémique. Il s’agit du taux de reproduction, c’est-à-dire le nombre de personnes qu’un infecté peut contaminer. S’il vaut 2, cela signifie qu’un malade contaminera deux personnes, qui ensuite, au total, en contamineront 2×2 = 4, puis 2×2×2 = 8… Le moteur infernal est enclenché, et le nombre de cas suit une loi exponentielle, qui, selon la légende, a ruiné un empereur. Ce derniers, croyant attribuer une modique récompense à l’inventeur du jeu d’échecs, accepta l’accord consistant à doubler le nombre de grains de riz sur chaque case d’un échiquier. Il y a 64 cases. Même partant d’un seul grain, à la fin le total sur la 62e est d’environ des milliards de milliards de grains dépasserait de loin la production mondiale actuelle. En épidémiologie le taux de reproduction, baptisée R0, est parmi la première que les statisticiens essaient d’évaluer ; il varie dans le cas du Covid-19 entre 2,39 et 2,58. Ce paramètre permet de comprendre l’intérêt d’un confinement.

Réduire les contacts diminue le taux de reproduction, et donc la flambée épidémique. Au pic, le nombre de nouveaux cas chute car le taux de reproduction devient inférieur à 1 : une personne contamine moins d’une nouvelle personne. Au moment du pic, le pourcentage de la population touchée est d’environ « 1 – 1/R0 », ce qui correspond au pourcentage à atteindre pour immuniser le groupe. Si R0 vaut 2, c’est 50 %. Si R0 vaut 3, c’est 66 % environ. Il permet aussi d’estimer rapidement le pourcentage total de personnes infectées (un R0 de 2 donne environ 80 %). Mais après une période de confinement, un rebond de l’épidémie est attendu en raison du grand nombre de personnes susceptibles d’être encore infectés. La croissance exponentielle de l’épidémie pourrait donc repartir. Les épidémies sont différées, cela pourrait même tourner autour du globe comme pour les grippes saisonnières. Une deuxième vague de contamination en Europe pourrait aussi venir de l’Afrique, c’est très probable, et si les échanges aériens reprennent, c’est certain. Nous n’allons pas sortir rapidement de l’épidémie ! Il nous faudra des masques et des tests pendant un certain temps.

* https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/03/30/comment-l-epidemiologie-tente-de-cerner-l-epidemie-due-au-nouveau-coronavirus_6034947_1650684.html

Covid-19, le « droit à la vie » est relatif

« En France, les personnes âgées  sont plusieurs millions et les plus exposées au risque de mourir du coronavirus. Une immense hécatombe menace, se résigner à cette issue est humainement inacceptable, et les moyens de lutter efficacement existent. C’est pourquoi nous rappelons le principe éthique du droit à la vie de toute personne humaine. Que chaque personne âgée prenne en toute liberté la décision de donner la priorité aux plus jeunes, libre à elle ! Mais que l’État le fasse est une perspective insupportable. Il faut s’assurer de la distribution effective d’équipements de protection individuelle aux soignants, donner des tests de dépistage, que les soins palliatifs soient pleinement assurés... » (tribune collective dans LE MONDE*, Pascal Bruckner, Axel Kahn, etc.)

Commentaire : cette très courte tribune parle du « droit à la vie »  comme un droit absolu alors que sa perception varie selon l’époque et le lieu. A l’origine, c’est une simple réprobation générale de l’homicide qui se résumer au « Tu ne tueras point » du décalogue ; elle été reprise dans la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Si ce principe avait été bien respecté, il n’y aurait aucune guerre, tout le monde serait objecteur de conscience (pour le droit de ne tuer personne et de ne pas être tué). Par la suite, le « droit à la vie » a été invoqué en matière de peine de mort, ce qui ne dit rien du respect des personnes en fin de vie ni du droit des victimes. Le « droit à la vie » est aussi invoqué paradoxalement pour promouvoir l’euthanasie, le droit de mourir certes, mais seulement si c’est une vie digne d’être vécue n’est plus possible. Le « droit à la vie » est aussi utilisé comme droit à naître, il est particulièrement, utilisé par les opposants à l’avortement ; c’est l’opposition pro-vie contre pro-choix. En clair, les signataires de cette tribune ne justifient nullement leur position de principe, garder nos vieux le plus longtemps possible. Autre manque flagrant à la rigueur intellectuelle, ces signataires du haut de leurs gradins partent du présupposé que les moyens de soigner actuellement nos innombrables contaminés, jeunes ou vieux, sont accessibles, « il suffit de demander ». Ils n’ont donc jamais lu un seul article sur le manque criant de personnel et de matériel (masques, respirateur artificiel…). Y’a qu’à, faucon., c’est pas une analyse, c’est une prière. Bruckner, Kahn et consorts devraient savoir que nous vivons une médecine de guerre, tout n’est pas possible dans de telles circonstances. On a mis en place parce qu’on ne pouvait faire autrement un triage médical, on détermine concrètement un score de fragilité, que le patient soit jeune ou moins jeune. Quelques commentaires complémentaires sur lemonde.fr :

F. P. : Les malades seraient tous soignés, tous ne pourront être sauvés. Faute de moyens. Comment décidera-t-on ? Dans le tourment d’avoir à le faire, les médecins le disent, c’est-à-dire d’avoir à choisir. Selon quels critères ? L’âge en sera un, c’est incontestable. Est-ce barbare ? Donnons un exemple. Il se trouve que ma mère vit dans l’un de ces EHPAD. Vendredi dernier, elle a déclaré une fièvre assez forte pour qu’elle soit testée, ce dont mon frère, médecin généraliste retraité, m’a informé, non sans me rappeler que si elle était testée positive, elle ne serait pas hospitalisée. Est-ce barbare ? Eu égard à son grand âge, 94 ans, il ne nous l’a pas semblé.

Philippe Rizzo : Je tente de lever le masque sur ce qui sous-tend la théorie du « Herd Immunity » chère aux anti-vax et aux demi-malins, à savoir laisser mourir les personnes faible pour que le reste de la population soit immunisée. Elle n’est ni plus ni moins que le vieil eugénisme si cher aux nazis.

nicoca nicola : Les signataires sont tous éminents et fort sympathiques mais ils sont en moyenne bien plus proches de l’Ephad que de la maternelle. Nous sommes en crise et il faut faire des choix : faisons le choix de l’avenir, pourquoi sacrifier notre belle jeunesse et l’empêcher de vivre pour préserver les petits vieux et leur permettre de continuer à regarder BFM TV 15 heures par jour ?

Pessicart : les signataires, Agid, 80 ans, Cyrulnick 83 ans, Bruckner 72 ans, Pol droit 71 ans, Jeandel 66 ans, Kahn 76 ans, Sicard 82 ans, Tiercelin 67 ans… ils ont peur qu’on les euthanasie ?

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/25/coronavirus-combattre-cette-barbarie-insidieuse-qui-porte-a-s-imaginer-que-les-plus-vieux-seraient-moins-a-defendre_6034421_3232.html

Le Covid-19 s’attaquera-t-il à l’Afrique ?

« Le meilleur conseil pour l’Afrique est de se préparer au pire et de se préparer dès aujourd’hui », a lancé le 18 mars le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’Afrique compte 1,3 milliard d’habitants, contre 640 millions en 1990, sa population a doublé en un quart de siècle. Covid-19 va-t-il faire office de régulation démographique ? L’agence onusienne s’inquiète du risque élevé de saturation des centres de santé qui devraient rapidement être submergés en cas de propagation massive du virus. Sur le plan sanitaire, les conditions d’accès à l’eau et aux produits d’hygiène de base restent encore problématiques, puisque 63 % des Africains établis dans les centres urbains ne peuvent pas se laver les mains avec du savon. Ce qui pourrait considérablement entraver la lutte contre le Covid-19. Des experts attribuent le faible nombre de cas confirmés de contamination au coronavirus aux ratés des systèmes de détection africains. Même en Afrique du Sud, où les systèmes de santé public et privé sont parmi les plus développés du continent, ce sera un défi ; il y a trop peu de lits dans les hôpitaux africains. En République démocratique du Congo (RDC), pour l’instant tous les cas identifiés l’ont été à Kinshasa, ville-province de près de 15 millions d’habitants, où, comme dans le reste du pays, les centres de santé public sont dans un état de délabrement avancé . Ce constat peut se transposer à la plupart des autres mégapoles du continent, qu’il s’agisse de Lagos ou du Caire, où l’extrême densité de la population conjuguée à des systèmes de santé défaillants et à des pénuries probables de médicaments et de vivres, sont extrêmement préoccupants. D’autant que les économies africaines, particulièrement dépendantes des marchés internationaux, subissent de plein fouet la crise dans laquelle le virus plonge brutalement le monde. Selon des virologues africains, la situation continentale pourrait se dégrader très rapidement. Ce qui inquiète aussi, c’est de se retrouver seuls pour gérer l’épidémie. Les partenaires économiques européens sont durement touchés par le coronavirus, leur priorité ne sera pas d’aider l’Afrique.

Pour le moment tout va bien. La quasi-totalité des cas de Covid-19 détectés en Afrique sont des cas d’importation, principalement en raison des mouvements de personnes. Pourtant l’Afrique avait été pointée du doigt comme le plus grand foyer à risque de propagation de la maladie. Pourtant, malgré de nombreuses alertes, l’épidémie ne semble pas jusque-là se développer sur le seul continent où les écoles et les universités étaient toujours ouvertes. 

La RDC (République démocratique du Congo) est un exemple particulièrement effrayant. La dixième – et deuxième plus meurtrière – épidémie de fièvre hémorragique (2 264 morts en dix-neuf mois) touchait à peine à sa fin. « Avec le coronavirus, nous aurons certainement un taux de mortalité qui avoisinera les 10 % [contre plus de 60 % lors de la dernière épidémie d’Ebola] et un taux d’infection du personnel médical assez effrayant », redoute le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe Tanfum, codécouvreur du virus Ebola en 1976. Sur Twitter, les internautes congolais s’amusent : « L’histoire retiendra qu’en RDC , il y a eu passation pacifique et civilisée entre coronavirus et Ebola. L’alternance épidémiologique. » Tous les rassemblements, réunions, célébration de plus de vingt personnes sur les lieux publics sont interdits. Les écoles et les universités sont fermées pour une durée d’un mois à dater de ce jeudi. Le Nigeria est le pays le plus peuplé du continent avec 200 millions d’habitants. Près de trois semaines après le premier cas de coronavirus fin février, les autorités nigérianes réfléchissent seulement à « injecter des liquidités dans l’économie du pays pour faire face aux conséquences de l’épidémie du Covid-19 ». De toute façon le pays est complètement désorganisée, l’État est déjà en faillite. Pendant des années les gouvernements successifs avaient privatisé nombre de services publics, plus personne n’a les moyens de payer des fonctionnaires. Le secteur informel explose, mais ne nourrit pas son monde. Les classes intermédiaires sont déclassées, les zones périurbaines se transforment en bidonvilles, les égouts sont bouchés et des montagnes d’ordures s’étendent sur des centaines de mètres. Dans certains quartiers, les conflits communautaires tuent en silence, blancs contre arabes, arabes contre noirs, l’apparence des gens est source de conflits infinis. Dans ce contexte, le Covid-19 pourrait passer inaperçu !

Plusieurs pays africains avaient décidé le dimanche 15 mars de fermer leurs frontières et de suspendre les vols en provenance de pays où des cas de Covid-19 ont été confirmés. Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique avec quelque 100 millions d’habitants, l’Éthiopiea suspendu lundi pour quinze jours l’enseignement dans les universités, les grands rassemblements et les compétitions sportives ; des étrangers ont été attaqués avec des pierres, d’autres se sont vu refuser l’accès à des transports publics, sse sont fait cracher dessus, ou poursuivis dans la rue. Le président sud-africain a déclaré l’état de catastrophe nationale et l’interdiction des voyages en provenance de pays comme l’Italie, l’Allemagne, la Chine et les Etats-Unis. Le Ghana vient d’interdire l’entrée sur son territoire à toute personne s’étant rendue dans un pays où plus de deux cents cas d’infection sont avérés, à l’exception des citoyens ghanéens. Le Tchad ferme aussi sa frontière aux vols internationaux pour se prévenir contre le coronavirus à partir du 19 mars. Dans un communiqué, le gouvernement tchadien affirme qu’il n’y a aucun cas de Covid-19 mais appelle la population à respecter plusieurs mesures de sécurité. Les autorités de Côte d’Ivoire ont annoncé que tous les cultes publics ainsi que les activités sportives dans les stades et autres lieux de regroupement sont également suspendues. Discothèques, bars, cafés et restaurant ne peuvent pas non plus ouvrir jusqu’à nouvel ordre…

lecture complémentaire, lemonde.fr du 20 mars 2020, Coronavirus : « Mortalité possible de 10 % et infection effrayante des soignants » en Afrique

Lemonde.fr du 20 mars 2020, Coronavirus : incidents en Ethiopie, le premier ministre appelle à la tolérance)

Covid-19, droit de vivre ou de mourir (suite)

La Grande guerre de 14-18 a fait environ 18,6 millions de morts au niveau mondial, la Grande grippe de 1918-1919 beaucoup plus, autour de 50 millions de morts. Entre 30 % et 50 % de la population mondiale a été contaminée par le virus dont il ne fallait pas parler, état de guerre (militaire) oblige. La pandémie a touché la France pendant un an, d’avril 1918 à mai 1919. On penche pour 240 000 morts de cette grippe en France. Quand, au printemps 1919, la troisième vague de la maladie arrive, beaucoup de gens sont déjà immunisés. Il y a clairement eu dans les années qui ont suivi un choix de ne pas commémorer cette grippe. Par contre à partir du début des années 1920, on commence à construire le souvenir de la Der des Der : moment des monuments aux morts, célébration des poilus, etc. Ce sont les États qui fabriquent la mémoire de leurs peuples. L’idée de mourir pour la patrie fait encore des émules, sauf qu’il s’agit aujourd’hui d’être tué au Mali. Mais laissons aux commémorations leurs choix bellicistes pour envisager la façon de percevoir les solutions à la pandémie virale actuelle. Faut-il accepter ou non qu’il y ait un peu, beaucoup ou énormément de victimes du coronavirus ? C’est un choix politique, comme celui de faire ou non une guerre armée.

La stratégie actuelle de lutte des Pays-Bas contre le Covid-19, sans confinement, fait polémique. Le pays s’en tient à cette théorie de l’immunité collective. Il faut laisser le virus se diffuser dans la population, en protégeant cependant les groupes les plus vulnérables. Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, défend l’option qu’une fois qu’une partie importante de la population a été atteinte par l’agent infectieux, elle sera immunisée. Alors qu’un confinement empêcherait, au contraire, l’immunisation et favoriserait le retour, plus tard dans l’année, du virus. Les pays voisins s’inquiètent. Les spécialistes belges estiment que l’approche néerlandaise met en péril les efforts déployés dans l’Union européenne en général. L’épidémiologiste Yves Coppietersne nie pas que le confinement peut limiter l’immunité naturelle, mais il souligne qu’il permet au moins que les systèmes hospitaliers puissent gérer au mieux les cas les plus difficiles. La comparaison des contaminations et des décès ne permet pas, à l’heure actuelle, de trancher en faveur des approches « confinement » ou « immunité ». Tentant avec difficulté de favoriser des approches communes, la Commission de Bruxelles a créé… un comité d’experts scientifiques. Voici quelques commentaires trouvés sur lemonde.fr* :

Comparateur : Quelques petites précisions qui donneront un éclairage, peut-être, du pourquoi le gouvernement néerlandais n’agit pas comme les autres. En premier il faut savoir que les pays bas ont un système de santé qui ne rechigne pas à aller à contre courant : accouchement à domicile, euthanasie etc..Depuis toujours à l’hôpital vous êtes en chambre à 4 ou 6 …. et surtout depuis une dizaine d’années le système de santé est calqué sur les États-Unis… hôpitaux privés, reste à charge important. Ce sont peut être des éléments qui ont pesé dans les choix…

GGir @ Comparateur : Le système n’a l’air qu’en apparence calqué sur les USA. Les cliniques privés n’existent quasiment pas aux pays-bas, et les hôpitaux ont interdiction de faire du profit. La gestion de l’assurance santé a été délégué aux mutuelles, mais le système de santé est en fait massivement financé par les impôts. Les visites chez le généraliste sont remboursés à 100%, les jours de carence n’existent pas, etc … L’image de pays ultra-libéral est un gros cliché qu’on ne reconnaît pas en pratique.

Soteria : Si confiner ne fait que repousser le pic, ça donne au moins plus de temps pour commander des respirateurs, former des personnels aux soins intensifs, etc. Donc c’est nécessairement mieux que de ne pas confiner, non ?

Sapiens : L’homme est un animal mortel et il faudrait l’accepter Nous n’avons aucune approche sérieuse et chiffrée des conséquences de ce virus et nous allons nous terrer comme des rats pour un pic de mortalité sur lequel on ne peut rien faire… on dirait un éléphant qui va saute d’une falaise parce qu’il a vu une souris.

Ulysse : Ne pas confiner c’est laisser le virus éliminer les plus faibles et garder ceux qui ont résisté naturellement, la sélection naturel brute. Et c’est vrai que confiner ceux qui sont capable de résister c’est les affaiblir parce que leur corps ne va pas apprendre le nouveau virus.

* lemonde.fr du 19 mars 2020, Coronavirus : la stratégie de lutte des Pays-Bas, sans confinement, fait polémique

Covid-19, le droit de vivre ou de mourir

Bien sûr nous ne souhaitons à personne de mourir un jour, mais c’est ainsi, notre destin est scellé, il nous faudra tous obligatoirement en passer par là. Mais autant que ce soit en bonne santé ! Les événements actuels reposent la question fondamentale, qui a le droit de vivre et qui a le droit de mourir. Cela se pose dès l’origine de la vie quand on se pose la question d’une interruption volontaire de grossesses Cela se pose à la fin de sa vie quand on refuse l’acharnement thérapeutique. La société se refusait à donner des règles collectives en la matière, elle donnant un cadre général et à chacun d’user de son autonomie décisionnelle. Avec le Covid-19, la société a décidé d’intervenir directement, cela s’appelle le « score de fragilité ». Nous avions sur ce blog traité cette option le 11 mars dernier sous le nom de « triage médical ». Le document actuel vise à aider les médecins à opérer des choix dans l’éventualité d’une saturation des lits de réanimation pour les patients Covid-19. Il s’intitule « Priorisation de l’accès aux soins critiques dans un contexte de pandémie ». On classe les patients selon leur état de santé préalable à la maladie, en clair on fait une sélection. L’objectif est que le patient survive dans de bonnes conditions et ressorte avec une autonomie et une qualité de vie raisonnables. Si au terme d’un séjour en réanimation, le patient ne récupère pas et reste grabataire, c’est un échec. Or la période d’hospitalisation en réanimation pour les patients Covid-19 peut aller jusqu’à trois semaines. Les patients seront donc priorisés selon leur capacité à récupérer. « Il est hors de question que, en France, on refuse de réanimer des patients qui en ont besoin. On trouvera des moyens. Je ne sais pas comment, mais on trouvera… », veut pour sa part croire Jean-Michel Constantin, secrétaire général adjoint de la société française de réanimation. Voici quelques commentaires sur lemonde.fr* :

Pelayo Decovadonga : « Il est hors de question que, en France, on refuse de réanimer des patients qui en ont besoin. On trouvera des moyens. Je ne sais pas comment, mais on trouvera…  » . Le yaka fokon de la part de ce médecin n’est pas rassurant.

Mc : Vouloir sauver tout le monde n’a aucun sens. Il faut évidement calculer le bénéfice/risque dans ce type de situation. Si c’est pour s’acharner sur un patient dont la qualité de vie est compromise par une grabatisation ou des troubles cognitifs, autant donner une chance à un autre patient. Les réanimateurs ne sont pas des surhommes et ne doivent pas contrer la sélection naturelle et se prendre pour des dieux. Il faut faire preuve d’empathie: qu’est ce qui est le mieux pour le patient ? Dans quelle condition poursuivre notre vie ? Pas d’acharnement inconsidéré comme le stipule la loi Clays Leonetti.

Jean Rouergue : Pourquoi nier l’évidence : le cap est en franchi, certains hôpitaux ne peuvent plus déjà répondre à la demande… Voyons les plus de 80 ans atteints par le virus. Bénéficieront-ils du midazolan pour terminer leur vie en douceur, éloignés de toute famille pour cause de pandémie ?

Ana : Au moins les choses sont claires: dans 8 ou 15j , quand les services de réa seront saturés, si vous avez plus de 80 piges, pas la peine d’aller à l’hosto, autant crever chez soi.

Chanski @ Ana : Pourrait-on leur administrer,si ça ne revient pas trop cher bien sûr,une injection létale afin de leur éviter de mourir étouffés?

César Bistruk : Quand on en arrivera là, j’espère qu’ils seront suffisamment bien pourvus en morphine. Plutôt cela qu’une mort par étouffement.

Jb.d : L’établissement du pronostic fait partie du quotidien du métier de réanimateur. même avant le COVID19. On n’admet en réanimation que les patients qui ont suffisamment de chances de supporter l’épreuve et de s’en sortir. Le COVID actualise des questions qui existent déjà au quotidien. Cet épisode pourrait être l’occasion d’éclairer le public sur ces difficiles décisions qui sont prises tous les jours de l’année : malheureusement c’est raté !

* Lemonde.fr du 18 mars 2020, Coronavirus : les hôpitaux se préparent à la « priorisation » de l’accès aux soins en cas de saturation des services

Quand le Covid-19 s’attaquera à l’Inde

Sur une population de 1,35 milliard d’habitants, le nombre de cas de COVID-19 en Inde est passé à 137 le mardi 17 mars. Le Taj Mahal, monument emblématique de l’amour en Inde, a été fermé en raison de l’angoisse provoquée par le coronavirus. La faiblesse des chiffres officiels s’explique par le nombre encore très réduit de dépistages : 6 000 à ce stade en Inde, contre 200 000 en Corée du Sud. Les médias locaux persiflent, « absence de preuve n’est pas preuve d’absence ». Le gouvernement dirigé par le nationaliste hindou Narendra Modi montre du doigt les étrangers ; à compter du 18 mars, l’ensemble des ressortissants européens sont persona non grata. On ne compte que 1,3 lit d’hôpital pour mille habitants, en France il y en a 6. Le premier ministre indien a lancé un concours d’idées sur Twitter faisant miroiter une récompense de 100 000 roupies (1 210 euros) à celui qui trouvera une « solution technologique » pour éviter le Covid-19. Boire de l’urine de vache va-t-il protéger les Hindous du coronavirus ? Quelques commentaires à savourer sur le monde.fr* :

iphigenie : J’ai fait une balade en bateau sur le Gange, les gens se baignaient, se lavaient et faisaient leurs besoins… au même endroit. A 5 mètres il y avait une chèvre crevée qui flottait. La notion d’hygiène n’est pas la même que la nôtre. A Bombay, il y avait 1 humain tous les mètres sur 15 kilomètres entre le centre et l’aéroport. A Delhi, c’est pareil. La densité humaine est incroyable et la fatalité fait partie de la culture. Je vois mal comment le sous-continent peut échapper à l’hécatombe.

Bg83lrem : Les conditions d’hygiène sont telles, que ces gens sont vaccinés contre toutes mes menaces. On peut imaginer qu’ils pourraient même servir de vaccin au reste de l’humanité.

Fer : Normalement, les Indiens ont des anticorps à toute épreuve. Espérons qu’ils soient à la hauteur du coronavirus. Parce que sinon, c’est une bombe potentielle, ce pays, avec l’Afrique.

Pff… : Très très inquiet pour ce pays et ses habitants, si aucun traitement n’est trouvé dans les semaines qui viennent les morts se compteront en 6 voire 7 chiffres.

VincentB : Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Inde vont pouvoir mesurer l’efficacité de leurs gouvernements populistes respectifs qui semblent, comme la Chine, apprécier le déni.

* lemonde.fr du 17 mars 2020, L’Inde, une « bombe à retardement », cherche à gagner du temps face au coronavirus

Trop d’humains pour la planète ? OUI

Le meilleur moyen de protéger la planète n’est-il pas d’être moins nombreux ? En 2017, 15 300 scientifiques de plus de 180 pays alertaient sur l’état de la planète. La question démographique figurait en bonne place dans leur manifeste. Parmi les signataires en effet, beaucoup sont des écologues découragés par l’ampleur des destructions et les montagnes de déchets générées par l’humanité : « En échouant à limiter adéquatement la croissance de la population, à réévaluer le rôle d’une économie fondée sur la croissance, à restaurer les écosystèmes, à enrayer la pollution, à stopper la défaunation et à limiter la propagation des espèces exotiques envahissantes, l’humanité omet de prendre les mesures urgentes indispensables pour préserver notre biosphère en danger. » Yves Cochet aime à répéter qu’il est temps d’inverser le principe de la politique familiale à la française : les allocations devraient venir en aide lors de la première naissance, diminuer à la deuxième et être supprimée à la troisième : « Les jeunes générations pleurent quand je leur donne mon point de vue, mais c’est ainsi : avoir un enfant n’est plus une affaire privée, c’est un choix politique. » Après les pays anglo-saxons, apparaissent des associations comme Démographie responsable, qui plaide pour que le nombre d’habitants n’y dépasse pas en France 70 millions, puis tende à diminuer*. Les commentaires sur lemonde.fr sont plutôt malthusiens :

Hilare : Dans une équation à plusieurs variables il est vain de chercher la solution en ne prenant en compte qu’une seule variable, la démographie !

Eljulio @ Hilare : Cette équation a été posée (équation de Kaya). Afin d’être en adéquation avec les limites physiques de notre planète, il est possible d’influer sur la population,sur les gains d’efficacité (technologie) ou sur la production de richesse (sobriété). Etre en adéquation avec les limites physiques signifie diviser par 3 notre impact. Or les gains d’efficacité déclinent et nous cherchons constamment à accroître la production de richesse. La population sera donc la variable d’ajustement de gré ou de force.

Chris : Rappelons qu’avant l’Homme, jamais dans l’histoire de la planète une espèce de grand vertébré terrestre n’a atteint un tel niveau de population et de densité. Rien que cela devrait alerter. Et quand il nous faut plusieurs planètes pour subvenir à l’ensemble de nos besoins, ne venez pas me raconter qu’il n’y a pas surpopulation.

Julien B : La haine des riches va jusqu’à vouloir empêcher les pauvres d’exister.
Et si on changeait de paradigme dans la vision utilitariste que les riches revendiquent eux mêmes, mais pour les autres : supprimer seulement les 1 % les plus riches, avec leur gabegie, leur haine et leur arrogance, suffirait à sauver la planète.

Planether : Les 1% …ils sont pratiques ceux-là. Le problème c’est surtout les 15 % qui suivent et dont vous faites partie. Eux organisent la production et vous la justifiez. Cessez de manger de la viande, déséquipez vous, renoncez à la voiture et vous pourrez parler des pauvres.

Noodlefr : Prenez un pauvre et transformez le en riche et vous retrouverez vite la même voracité. Ce n’est pas un problème de riche ou de pauvre, c’est un problème lié à l’espèce humaine dans son écrasante majorité : nous sommes une espèce ultra vorace et immature qui nuit à tout ce qu’elle touche ou presque. Les quelques peuplades humaines qui avaient appris à vivre en harmonie avec leur environnement ont en général été balayées ou exterminées par celles qui ont appris à accumuler et à surexploiter.

Alloc : Il existe de nombreux processus naturels de régulation des populations : épidémies, famines, guerres… n’oublions pas ces possibilités

LeBret @ Alloc : À l’échelle d’un pays ou d’un continent, oui. Mais pas à l’échelle d’une planète. Regardez les courbes démographiques mondiales du XXème siècle : malgré 2 guerres mondiales, des dizaines de millions de morts dus aux famines, des génocides par douzaines… la population mondiale n’a JAMAIS diminuée.

Lotus : Le Sida et Monseigneur Ebola n’ont pas répondu aux espoirs mis en eux.

Gaia ? Une épidémie mondiale serait dramatique pour les humains mais la planète s’en porterait mieux… Gaia va-t-elle faire muter les virus dans un geste désespéré d’auto défense ?

* LE MONDE du 16 février 2019, Trop d’humains pour la planète ? (article de Martine Valo)