démographie

L’euthanasie en Belgique, facile ?

En Belgique, 2 357 demandes officielles d’euthanasie – dont 2,4 % pour troubles mentaux ou du comportement – ont été introduites en 2018. La loi sur la fin de vie adoptée par la Belgique en 2002 prévoit qu’une souffrance psychologique jugée incurable et irréversible peut être admise comme une raison valable pour une euthanasie, si une série de conditions et de procédures sont respectées. L’ordre des médecins prône, quant à lui, le maintien du droit des personnes à « l’autodétermination ». Une cour d’assises a acquitté, le 31 janvier 2020, deux médecins et une psychiatre qui étaient poursuivis pour l’euthanasie, en 2010, d’une femme de 38 ans ; elle souffrait de graves troubles psychiatriques.* L’euthanasie pourrait-elle devenir « une industrie » en Belgique ? Les sollicitations venues de France ont fortement augmenté. On exige une première consultation en Belgique, l’avis du médecin traitant en France et, même si la loi belge ne le prévoit pas, l’information des proches. Pour être pris en charge, un patient français doit obligatoirement faire état de souffrances physiques ou psychiques inapaisables causées par une affection grave et incurable. Obtenir une euthanasie en Belgique relève souvent du « parcours du combattant », prévient-on à l’ADMD. Les médecins belges acceptant de répondre à des demandes d’euthanasie de patients étrangers ne sont pas nombreux. N’est-ce pas déresponsabiliser la France que de prendre en charge ce problème ?**

La France est un pays très arriéré en matière de fin de vie. La maladie ignore les frontières et les inégalités, tout le monde n’a pas forcément les moyens d’aller ailleurs chercher ailleurs ce dont le prive en France une coalition des médecins, des religieux et des politiciens. Le suicide assisté est aussi accordé en Suisse. Mais cela coûte encore plus cher qu’en Belgique. La mort est déjà une industrie via les pompes funèbres, il y a « industrie » partout où l’investissement est rentable, y compris dans les maisons de retraite, la production de médicaments, etc. Rien de choquant donc à bénéficier d’un service médicamenteux pour sa fin de vie. L’euthanasie est une décision personnelle qui ne concerne que celles et ceux qui désirent mettre un terme apaisé à leur vie, afin que leurs proches gardent d’eux une image sereine et non pas douloureuse, rongée par la dépendance. Chacun devrait pouvoir, dans un cadre de son choix, se donner personnellement la mort afin de pas donner à ses proches l’image de sa propre déchéance. Il s’agit d’actes volontaires, une personne est censée être libre de disposer de son corps. Pourtant, en France, même la loi sur la sédation profonde n’est pas appliquée par les services de soins palliatifs. Un chien peut être euthanasié mais pas un être humain ! Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

18 janvier 2020, Fin de vie à domicile, la galère

8 janvier 2020, Fin de vie, prendre du midazolam ?

12 juillet 2019, le cas Vincent Lambert, suite et fin

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

26 avril 2019, L’affaire Vincent Lambert, l’euthanasie en suspens

6 juillet 2018, ADMD, pour le droit de mourir dans la dignité

13 mars 2018, Le suicide assisté, atteinte à la liberté individuelle ?

3 mars 2018, Quelle liberté pour une mort dans la dignité ?

8 septembre 2017, Anne Bert décide dignement de son dernier voyage

9 avril 2017, Les présidentiables et le droit de mourir dans la dignité

7 mars 2017, Sédation profonde ou droit de mourir dans la dignité ?

25 septembre 2016, Euthanasie, un mot en vogue pour la mort douce

29 janvier 2016, Ni euthanasie, ni suicide assisté, une molle décision !

13 mars 2015, Mourir dans la dignité, un débat qui n’en finit pas

9 mars 2015, Une mort digne d’être vécue n’est pas chose impossible

14 décembre 2014, Fin de vie, encore une mesurette de François Hollande

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

10 mars 2009, euthanasie, le droit ultime

6 juin 2007, croisade obscurantiste des religions sur l’euthanasie

* LE MONDE du 19 février 2020, En Belgique, un procès a ravivé les fractures entre défenseurs et opposants de la loi sur l’euthanasie

** LE MONDE du 19 février 2020, De plus en plus de Français demandent l’euthanasie en Belgique

Bill Gates veut réduire la population mondiale

Bill Gates a participé à une conférence TED en 2010, dans laquelle il évoque les défis climatiques et son travail à la fondation. Voici ce qu’il a dit : « Le monde compte aujourd’hui 6,8 milliards de personnes. On devrait atteindre 9 milliards. Avec de très bons résultats sur les nouveaux vaccins, les soins de santé, le contrôle des naissances, on pourrait le réduire de peut-être, 10 ou 15 %, mais on gardera un facteur d’augmentation d’environ 1,3. » Attention, ce n’est pas la population que Bill Gates espère réduire de 10 à 15 %, mais son accroissement, qui est actuellement très rapide (le facteur de 1,3 correspond à une hausse de 30 % annuellement qu’il espère voir ralentir). Lors d’un entretien à CNN en 2011, Bill Gates avait déclaré que « les vaccins étaient la meilleure solution pour faire baisser la population ». Il ne s’agit pas d’utiliser les vaccins pour « tuer » ou « stériliser » la population, bien au contraire. M. Gates estime que la réduction de la mortalité infantile par le développement de la vaccination peut freiner la croissance démographique dans le monde. Il considère que ce progrès conduira, à terme, les parents à concevoir moins d’enfants, s’ils savent qu’ils vivront longtemps et en pleine santé. A terme, cela réduirait donc l’accroissement de la population mondiale. Il a développé ce raisonnement à plusieurs reprises. Aujourd’hui avec le coronavirus, Bill Gates est la cible de rumeurs et infox. Voici l’analyse des décodeurs du MONDE :

« Le centre Johns Hopkins « travaille à protéger la santé des populations face aux épidémies ». Elle mène des études financées des mécènes privés, comme la fondation de Bill et Melinda Gates. Face aux infox, le centre a publié un communiqué de presse le 25 janvier. Il confirme qu’un exercice de simulation de pandémie appelé « Event 201 », a été mené en octobre 2019 en partenariat avec la Fondation. Le scénario, tel qu’il avait été imaginé, prévoyait une épidémie dont l’épicentre se trouvait dans une porcherie au Brésil et qui allait causer beaucoup de morts. Il s’agissait d’une simulation et non d’une anticipation. L’ONG ajoute que « les données utilisées pour modéliser l’impact potentiel de ce virus fictif ne sont pas similaires au nCoV-2019 » ». (LE MONDE du 6 février 2019)

Commentaire biosphèrique : Vaccination ou pas, simulation ou anticipation, la problématique des épidémies dans un monde surpeuplé se pose. Un coronavirus qui met en quarantaine toute une ville (Wuhan, 14 millions d’habitants, devrait inciter nos dirigeants à (re)lire Malthus ! Si nous ne diminuons pas la concentration humaine, il y aura des guerres, des famines et des épidémies écrivait-il en 1798. Aujourd’hui en 2020 c’est une réalité. Mardi 4 février, trois autres villes, Taizhou (6 millions d’habitants), une partie de Hangzhou (10 millions d’habitants), et Ningbo (8 millions d’habitants) ont à leur tour pris des dispositions drastiques. Et apparemment ce n’est qu’un début, bientôt toute la Chine en quarantaine ? Pour en savoir plus, lire sur notre blog biosphere :

27 janvier 2020, Tout savoir sur le coronavirus 2019-nCoV

21 janvier 2020, Pandémies mortelles, SRAS, H5N1, H7N9

16 août 2017, Si les humains préfèrent famine, guerre et épidémies !

Tout savoir sur le coronavirus 2019-nCoV

Depuis un mois, le coronavirus apparu à Wuhan en Chine a contaminé près de 1 300 personnes, 237 sont dans un état critique. Parce qu’il est transmissible par simple contact entre humains, il inquiète les autorités du monde entier. Les coronavirus forment un groupe de virus dont les premiers représentants ont été identifiés au milieu des années 1960. Leur nom provient des prolongements en forme de couronne situés à leur surface. Ils provoquent des infections respiratoires. Selon le type de virus, ces infections sont d’une gravité très variable puisqu’elles vont du simple rhume à des syndromes provoquant une détresse respiratoire et la mort. Quelques réactions sur lemonde.fr qui montrent la complexité d’une pandémie :

Agnès Buzyn, ministre de la santé : « Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source » et la « circonscrire le plus vite possible » ; « Nous aurons probablement d’autres cas. »

Pierre Robes : « Face à la situation grave d’une épidémie qui s’accélère (…) il est nécessaire de renforcer la direction centralisée et unifiée du Comité central du Parti », a affirmé samedi le président Xi Jinping : on dirait Staline dans le texte !

soyez le premier à réagir @robes : heureusement qu’ils ont un régime centralisé « fort ». On imagine la même chose en Europe, c’est la débandade.

daniel georges : En France 8000 morts l’année dernière. Le coronovirus, non la grippe !

Loriot : Rappelons une chose, toute simple, hélas. Les pneumonies « ordinaires » tuent toutes les 40 secondes un enfant, essentiellement dans les pays pauvres, donc près d’un million de morts CHAQUE ANNEE (chiffres officiels de l’OMS pour la dernière année connue : 2015).

CDU : La grippe espagnole a été fatal pour 2,5 à 5% de la population mondiale de l’époque.

dilivier7 : Nulle part je n’ai lu s’il y avait un traitement contre cette maladie. Quelqu’un a t’il une réponse à cette question ?

Catherine R. : Comme la grippe. Antipyrétique, sérum phy pour laver le nez. Et attendre que ça passe.

Woudi Kherenc  : Pour des personnes en bonen santé, seul le système immunitaire est capable d’éliminer totalement un virus. Les traitements éventuels ne servent qu’à ralentir l’infection ou à soulager les symptômes. La meilleure arme serait un vaccin, mais ça ne peut pas se faire du jour au lendemain…

Robert Corel : Les masques chirurgicaux ne servent qu’à éviter de contaminer quelqu’un, mais en aucun cas ils vous protègent. S’il faut porter un masque alors vérifiez qu’il ait la norme ffp2 et même mieux ffp3. Et désinfectons-nous les mains, un masque ne nous servira à rien si nous portons nos mains souillées à la bouche ou nous grattons le nez.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere, Pandémies mortelles, SRAS, H5N1, H7N9 (21 janvier 2020)

* LE MONDE du 26-27 janvier 2020, Coronavirus : la situation est « grave » et l’épidémie « s’accélère », affirme Xi Jinping

Pandémies mortelles, SRAS, H5N1, H7N9

Contagion, le film de Steven Soderbergh, cartographie la propagation mondiale d’un virus qui tue rapidement ses victimes*. Très réaliste, trop ! En juin 1918, 70 % de la population madrilène fut contaminée en l’espace de trois jours par la grippe espagnole. De 1918 à 1919, ce virus de type H1N1 a fait mondialement entre 30 millions et 100 millions de morts. Comme si la contamination virale naturelle ne suffisait pas, James Howard Kunstler envisage que des régimes submergés par les pressions démographiques utilisent des virus « fabriqués »  contre les populations (après avoir bien sûr vacciné une élite présélectionnée !). C’est tout-à-fait dans l’ordre des possibles, une série d’expérimentations a cherché à rendre contagieux des virus grippaux mortels. Les deux pathogènes soumis à expérience, le H5N1 et le H7N9, sont extraordinairement meurtriers. Les malades, après une brutale poussée de fièvre, développent généralement une pneumonie, puis une grave détresse respiratoire à l’issue souvent fatale. Ces grippes ne parviennent pas encore à passer d’un homme à un autre. Mais quelques mutations suffisent pour que ces virus grippaux deviennent transmissibles par « aérosolisation », voyageant dans les gouttelettes émises par la toux et les éternuements entre humains.

La réalité dépasse la fiction. La Chine vient d’annoncer le 20 janvier un troisième mort et près de 140 nouveaux cas du mystérieux virus, analogue au SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère ou pneumonie)**. A Wuhan, 11 millions d’habitant, 136 nouveaux cas ont été répertoriés durant le week-end. S’y ajoutent des nouveaux cas à Pékin, en Thaïlande, au Japon. Les déplacements de population multiplient les risques de contagion. Et l’épidémie survient à l’approche des festivités du Nouvel An chinois, période durant laquelle des centaines de millions de personnes profitent de l’occasion pour voyager, dans le pays et à l’étranger.

La fin des épidémies explique pour une part l’explosion démographique, mais la surpopulation implique des risques croissants d’épidémies. C’est ce qu’on appelle une causalité circulaire. Wuhan, 11 millions d’habitants, la folie. La Chine, 350 millions de porcs tués pour juguler une épidémie de peste porcine. L’élevage en batterie des humains et des animaux ne présagent rien de bon… La concentration humaine accentue les risques de contamination. « Quand l’épidémie de peste noire éclata en 1347, on vit disparaître les deux tiers de la population européenne. La cause apparente, ce sont les rats qui ont transporté le bacille. Mais en y regardant de plus près on s’aperçoit que dans les deux siècles qui précédent l’épidémie, une expansion fantastique des villes avait eu lieu sans que soient préservées les nécessités hygiéniques minimales dans un espace au peuplement dense. Le bacille de la peste trouva ainsi un terrain favorable dans une situation de saturation urbaine. L’événement « rats » fut l’effet de seuil qui déclencha la catastrophe. Or on se réjouit de nos jours d’une population urbaine qui atteindrait bientôt plus de 80% sur l’ensemble de la planète, avec des mégalopoles de plus de 20 millions d’habitants. Ne peut-on penser que nous sommes, au niveau mondial, dans une situation assez proche de celle du XIVe siècle en Europe ? »***

* La fin du pétrole (le vrai défi du XXIe siècle) de James Howard Kunstler (2005)

** LE MONDE du 21 janvier 2020, En Chine, la mystérieuse pneumonie fait un troisième mort

*** Moins nombreux, plus heureux (livre collectif aux éditons Sang de la Terre, 2014)

Fin de vie à domicile, la galère

Journaliste, Catherine Vincent a répondu cet été au souhait de sa mère, qui demandait à mourir simplement à la maison. Elle témoigne personnellement dans un article du MONDE* des difficultés rencontrées pour exaucer cette dernière volonté : « Autrefois on mourait « de vieillesse », chez soi, dans son lit, entouré des siens, de plus en plus faible jusqu’à ce que la mort nous prenne. La différence avec cette époque, c’est que la médecine a maintenant des moyens simples et efficaces pour apaiser à domicile, dans la plupart des cas, les souffrances morales ou physiques. C’est leur mise en œuvre, politiquement voulue, correctement financée et à grande échelle, qui fait défaut. Mais qui le sait ? Qui en débat ?

J’ai découvert que rien n’est véritablement fait dans notre pays, pas même dans notre capitale pourtant dotée de moyens privilégiés, pour favoriser la mort à domicile. Il s’en faudrait pourtant de peu, m’a-t-il semblé, pour que tout fonctionne mieux. Mais le peu manque à l’appel, notamment par manque d’information. (… après moultes mésaventures et impossibilité de dialogue avec différentes autorités sanitaires), un ami, médecin généraliste rompu aux situations délicates et connaissant bien ma famille, est encore à Paris. Lui saura me conseiller. Il fait bien plus : il me sauve. A peine lui ai-je expliqué le contexte qu’il me propose de le rejoindre à son cabinet. Une demi-heure plus tard, il me remet une enveloppe contenant quelques dosettes d’Oramorph – une solution buvable à libération immédiate de morphine. Ajoute quelques mini-flacons de scopolamine, destinés à pallier l’éventuelle survenue de râles agoniques. M’explique qu’en soins palliatifs il suffit en général de disposer de trois types de molécules : un anxiolytique (le Lexomil que nous avons déjà fera l’affaire), un opioïde contre la douleur (morphine ou dérivés), un anticholinergique contre la détresse respiratoire aiguë (la scopolamine). C’est tout ? C’est tout. Et encore, toutes ces substances ne sont pas forcément nécessaires. La preuve : jusqu’à la fin, la scopolamine restera dans son enveloppe. Et ce que fait mon ami en me donnant ces produits, est-ce légal ? Il sourit, ne répond pas.

Mon principal problème réside dans la posologie des « bonbons qui font du bien » – c’est ainsi que j’ai surnommé la cuillère d’eau gélifiée dans laquelle je glisse, à heures régulières, quelques gouttes d’Oramorph et un peu de Lexomil dissous. Je crains sans cesse d’en donner trop à ma mère – est-ce pour cela qu’elle somnole tant ? A moins que ce ne soit pas assez – est-ce pour cela qu’elle s’agite, gémit et tient par moments des propos délirants ?…………………

Complément d’analyse sur notre blog biosphere :

8 janvier 2020, Fin de vie, prendre du midazolam ?

21 août 2018, Hans Jonas confronté au problème de l’euthanasie

25 septembre 2016, Euthanasie, un mot en vogue pour la mort douce

29 janvier 2016, Ni euthanasie, ni suicide assisté, une molle décision !

14 décembre 2014, Fin de vie, encore une mesurette de François Hollande

5 novembre 2014, L’engagement 21 de François Hollande sur la fin de vie

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

16 janvier 2014, Vincent Lambert, qui peut décider de sa fin de vie ?

* LE MONDE du 11 janvier 2020, Fin de vie : « Je n’avais pas prévu qu’aider ma mère à mourir chez elle serait une épreuve si solitaire »

Il est interdit d’avoir plus de deux enfants

– La loi interdit aux fonctionnaires d’avoir plus de deux enfants. Au-delà, ils encourent des sanctions. C’est déjà une réalité dans certaines régions de l’Inde, comme au Rajasthan. Ummed Singh Rathore l’a appris à ses dépens, alors qu’il cherchait du travail. « J’ai été embauché pour être gardien à l’Assemblée du Rajasthan. Plus tard, le directeur m’a convoqué et m’a dit que mon embauche était annulée », explique-t-il. « Pourquoi le gouvernement interfère dans nos vies privées ? » La raison de l’annulation de son embauche ? Ummed Singh a trois filles, et donc la loi l’empêche d’accéder à un poste de fonctionnaire. « J’ai trois enfants, mais je n’ai rien fait de mal. Pourquoi le gouvernement interfère dans nos vies privées ? Il est censé nous aider, au contraire », déplore-t-il. L’Inde est en état de surpopulation avec presque 1,4 milliard d’habitants. Le pays va bientôt dépasser la Chine. Face à ces défis, les autorités cherchent des solutions. (JT de 20 heures le 13 janvier 2020)*

– La population de l´Etat du Gujarat, en Inde, est en constante augmentation. Selon les données du recensement qui vient d´être réalisé, l´État compte 50,5 millions d´habitants. Dix millions de plus qu´en 1991. Les nationalistes hindous, au pouvoir dans cette région, proposent d´interdire aux couples d´avoir plus de deux enfants. L´Église catholique s´oppose résolument à ce projet. L´évêque de Ahmedabad a déclaré qu´il s´agit d´une « violation des droits humains élémentaires ». Le père Cedric Prakash a déclaré que le chemin à suivre pour faire face à la croissance démographique est celui de l´éducation « des femmes et des catégories les moins privilégiés ». L´Église, a-t-il souligné, encourage les « méthodes naturelles » de planification familiale. (ROME, lundi 27 août 2001)**

– Deux enfants par couple, c’est possible dans un pays où le divorce est interdit… ou impossible. La loi indienne permet le divorce par consentement mutuel ou pour sévices physiques. Dans la réalité, la plupart des femmes indiennes préféreront subir la violence de maris ivrognes plutôt que d’encourir le rejet de leur entourage. Alors mieux vaudrait dire deux enfant maximum par femme. Et si on va jusqu’au bout de la logique de l’intérêt collectif face aux menaces de surpopulation, de réchauffement climatique, d’épuisement des terres, de stress hydrique, d’extinction de la biodiversité… mieux vaudrait une loi mondiale imposant de façon progressive l’idée d’un seul enfant par femme. Sensibilisation éducative, consentement des populations et écologie punitive sont absolument complémentaires. Et ce n’est pas parce que certains sont contre les radars au bord des routes qu’on ne doit pas sanctionner pour excès de vitesse. Pourquoi faire une différence avec l’excès de fécondité ?

* https://www.francetvinfo.fr/monde/inde/inde-vers-une-limitation-du-nombre-d-enfants_3783485.html

** https://fr.zenit.org/articles/inde-l-eglise-s-oppose-au-plan-imposant-un-maximum-de-deux-enfants-par-couple/

Fin de vie, prendre du midazolam ?

Le midazolam et célèbre, on en a parlé devant la Cour suprême américaine à propos de la peine de mort. Il revient en France sur le devant de la scène à propos de la fin de vie. Jean Méheut-Ferron, un médecin généraliste titulaire d’un diplôme universitaire de soins palliatifs, est sous le coup d’une « interdiction totale » d’exercer après avoir été mis en examen pour « administration de substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner à une personne vulnérable ». La justice lui reproche d’avoir donné à plusieurs patients du midazolam (distribué sous le nom d’Hypnovel), un puissant sédatif exclusivement délivré par les pharmacies hospitalières et recommandé par la Haute Autorité de santé (HAS) pour mettre en place les sédations profondes et continues jusqu’au décès. Dans le cadre de l’enquête, les corps de sept anciens patients ont été exhumés. Des traces de midazolam ont été trouvées chez cinq d’entre eux.Jean Méheut-Ferron assure qu’il n’était pas question d’euthanasie : « Il ne s’agissait ni d’accélérer la mort ni de prolonger inutilement le patient. Il s’agissait vraiment, au sens strict, d’un accompagnement. » La mise en cause du praticien par la justice a relancé le débat sur l’accompagnement de la fin de vie à domicile. Cette information du MONDE* est largement commentée sur lemonde.fr :

Jean Rouergue : Quand je vois mes vieux oncles en EPHAD, j’ai pas envie d’y aller, je préfère choisir ma mort plutôt que de finir légumes. Vois ceux qui nous sont chers transformés en légumes est douloureux. Vous me direz vous ne pensez qu’à votre confort personnel. Non, car ils nous disent aussi,  » le temps est long »… dans un éphémère éclair de lucidité. Personnellement je préférerais pour voir disposer de midazolam plutôt que d’une corde ou d’une balle, par respect pour ceux qui passeront la porte. Une majorité de français est favorable à une mort digne.

Kotelk : Je viens de relire l’article. Nulle part il est fait mention de l’accord du malade, et aucune contribution n’y fait allusion. Il n’est question que du courageux médecin qui a bien voulu permettre à des patients de mourir. Mais toutes ces personnes à qui il a été généreusement donné la mort le voulaient-elles ? C’est la seule question et je suis très étonnée qu’elle ne soit pas abordée. Si c’est le vrai désir du patient alors, oui il faut l’aider. Si c’est l’initiative d’un praticien, c’est tout simplement une mise à mort et personne n’a le droit de tuer, même avec un diplôme de médecine. Seul le malade doit avoir le droit de décider et sa décision doit être respectée.

Ana : Vous avez mal lu l’article: il ne s’agit pas de donner la mort mais d’aider une fin de vie. Quand j’ai vu ma mère en unité de soins palliatifs, j’aurais préféré qu’elle puisse vivre ses derniers jours chez elle.

J.C.M : Attention à cette situation particulière. Le problème n’est pas l’utilisation du MIDAZOLAM que nous pouvons nous procurer de façon assez simple (HAD/ Réseau), mais la nécessité d’une procédure collégiale. On ne peut accepter que le médecin décide seul d’une sédation terminale, sans concertation, sans procédure collégiale, ni à l’hôpital ni à domicile. On peut être médecin généraliste, c’est déjà bien, mais pas « Dieu le père ».

Antoine Martin : Profondément anormal ce qui arrive à ce collègue manifestement à l’écoute de ses patients et de leurs familles. On marche sur la tête et il n’y a eu aucune plainte de celles-ci mais on a été déterrer les corps pour faire des recherches toxicologiques !!! On a tous aidé des patients à mourir et l’Hypnovel endort mais ne tue pas ; il ne s’agit pas de Kcl (clorure de portassium) intraveineux ! On utilisait très volontiers l’association Dolosal/Phenergan/Largactil il y a une vingtaine d’années.

PATIN Claude : je suis médecin rural dans le Jura et avec l’aide du service hospitalisation a domicile, j’ai accès à la pose d’un pouce seringue d’imidazolan quand je le décide (contexte de fin de vie) et en accord à l’avance avec le médecin du service HAD et c’est une infirmière formée à cette tâche qui vient au domicile le poser !!!!

Sam D : S’il y a bien un médicament qui n’est utilisé dans le cadre des soins palliatifs que parce que le laboratoire a su se placer, c’est le midazolam. Il faudrait qu’on m’explique l’intérêt d’une benzodiazépine ayant une demi-vie courte pour des patients dont les problèmes nécessitent généralement une solution agissant de façon prolongée…

doc : Manifestement Sam D ignore les soins palliatifs en général et les dispositifs de perfusion continue automatisées et réglables en particulier…On a les outils pour aider à la fin de vie, manque la volonté politique…

Ricardo Uztarroz : Puisque ces jours-ci le mot « consentement » est à la mode, au nom de quoi peut-on interdire à quelqu’un de mettre fin à sa vie si celle-ci lui est devenue insupportable ? Selon Albert Camus, la seule question philosophique qui méritait considération était celle du suicide.

Charles Condamines : Souffrant d’un cancer du poumon inguérissable, j’ai toujours manifesté le désir de demander l’heure venue, la dite sédation. Pendant plus d’un an tous les soignants qui m’entourent m’ont fait croire que ce serait possible à mon domicile ; ce n’est qu’après mes demandes réitérées de plus de précision qu »une réunion au sommet a finalement conclu que non, ce ne sera pas possible. Je parle d’une réunion au sommet parce ce qu’ils sont venus à 7 m’annoncer la nouvelle à mon domicile.

* 3 janvier 2020, Fin de vie : le débat sur le rôle des médecins généralistes relancé par une affaire judiciaire

La population mondiale au 1er janvier 2020

La Terre héberge environ 7,7 milliards d’habitants en ce 1er janvier 2020. Le taux de croissance annuel (+,1,1 %) reste élevé au regard de l’Histoire et conduit à une augmentation de 80 millions de personnes chaque année (soit près de 220 000 personnes chaque jour). 

Projection mondiale  pour 2100 (ONU) : 10,9 milliards

Signalons la signature, en novembre dernier, par 11 000 scientifiques d’un appel sur la crise climatique faisant clairement référence au facteur démographique.

Source : http://economiedurable.over-blog.com/2019/12/la-population-mondiale-au-1er-janvier-2020.html

Tout savoir sur la démographie et même plus

Sur ce blog biosphere, nous classons les articles par thème, rubrique « Catégories ». Voici pour 2019 le récapitulatif sur la démographie. Pour nous l’étude des populations ce n’est pas une simple description de l’accroissement naturel et des mouvements migratoires, c’est un vaste domaine qui inclut aussi bien le sens de la vie que nos conceptions de la mort, notre rapport à la biodiversité et notre souci des générations futures, et bien entendu notre approche de la sexualité, le tout selon le point de vue des écologistes, varié comme de bien entendu… il suffit de lire les commentaires postés par les internautes. Vous avez toujours la possibilité de nous envoyer un article de votre cru, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org. A vous de nous lire selon vos centres d’intérêt.

22 novembre 2019, Conférence internationale sur la population (Nairobi)

16 novembre 2019, COP25 et la sinistre réalité somalienne (le haut commissariat aux réfugiés)

11 novembre 2019, Transformer notre corps en humus, le pied

10 novembre 2019, La guerre des natalistes contre le clitoris

9 novembre 2019, Pierre Fournier (1937-1973), malthusien sans le dire

8 novembre 2019, Terre inhabitable, chute démographique

25 octobre 2019, discuter PMA, c’est interdit par les LGBT

23 octobre 2019, Faut pas rêver de devenir maman ! Pacte, « pas d’avenir pas d’enfant »

26 septembre 2019, La mono-procréation, un homo-sexisme

24 septembre 2019, PMA, qui voudrait vivre sans père ?

24 août 2019, Écologie et politique démographique (Gilles Lacan)

11 août 2019, Naissance de l’eugénisme… dans la lignée de Darwin

10 août 2019, Il y a cinq milliards d’hommes en trop sur Terre (Jean-Michel et Jean-Claude HERMANS)

9 août 2019, Ah, si la population française diminuait !

8 août 2019, La démographie fait polémique au sein des décroissants (Alain Adriaens)

7 août 2019, Que sais-je sur la décroissance… démographique ! (Serge Latouche)

6 août 2019, Des chasseurs-cueilleurs moins prolifiques

5 août 2019, Les limites à la croissance démographique (rapport au Club de Rome 1972)

4 août 2019, Faire un enfant quand tout est foutu (Marianne Durano, l’écologie intégrale)

3 août 2019, Ethologie, économie et démographie (Pierre Jouventin et Serge latouche)

18 juillet 2019, Les enfants face à l’effondrement global (Pablo Servigne…)

17 juillet 2019, Malthus avait raison, la faim existe !

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

29 juin 2019, Bidonvilisation démentielle de la planète

3 juin 2019, Les pro-malthusiens face à la saturation de l’espace (Philippe Bihouix)

2 juin 2019, Conférence-débat sur la Décroissance démographique (organisé par Démographie Responsable))

21 mai 2019, L’acharnement à maintenir « en vie » à tout prix (le cas Vincent Lambert)

26 avril 2019, L’affaire Vincent Lambert, l’euthanasie en suspens

25 avril 2019, Plus de garçons que de filles, que du bonheur

5 avril 2019, Insécurité alimentaire aiguë et insouciance politique

18 février 2019, Trop nombreux pour la planète, vive la démographie verte

17 février 2019, Un site à connaître, QQF, qu’est-ce qu’on fait ?! (Michel Sourrouille)

28 janvier 2019, Serions-nous plus heureux si nous étions moins nombreux

17 janvier 2019, Cocorico, vive la baisse de la fécondité française (1,87 enfant par femme)

10 janvier 2019, Ne disons plus de conneries sur la fécondité humaine (Jane Goodall)

COP25 et la sinistre réalité somalienne

Nous disons aux grévistes français qui veulent s’assurer un bonne retraite, heureusement que nous n’êtes pas né Somalien ! Nous disons aux négociateurs de la COP25, vous avez joué avec le feu ! Regardez la Somalie. Tous les fonctionnaires, agents administratifs, enseignants, personnels communaux, perdirent leurs emplois en janvier 1991, date ou l’État somalien s’est effondré à cause de la guerre civile. De toute façon les salaires n’étaient plus versés depuis plusieurs mois. Les centres des impôts, les mairies, ou autres bâtiments administratifs furent fermés, puis, généralement pillés. Sur les routes sévissent des bandits encadrés par des chefs de guerre. Depuis 1991, il n’y a plus d’État pour encadrer le système éducatif, l’université de Mogadiscio ne fonctionne plus. Les écoles publiques sont fermées depuis cette époque. La compagnie nationale d’électricité avait déjà cessé son activité en 1990.

Comme si la malédiction humaine ne suffisait pas, les perturbations climatiques font des dégâts en Somalie. L’été dernier, une nouvelle fois, aucune goutte d’eau n’est tombée durant des mois, entraînant la perte des cultures et du bétail. Le pays a été frappée à nouveau, à la fin du mois d’octobre, par les pires inondations qu’elle ait connues depuis des années. La famine s’installe, des centaines de milliers de Somaliens sont contraints de quitter leurs foyers en quête d’eau et de nourriture. La Somalie compte déjà l’une des plus importantes populations de déplacés internes du monde – plus de 2,6 millions de personnes –, et près de 750 000 réfugiés dans les pays voisins, soit 25 % de la population. Filippo Grandi occupe la fonction de Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés depuis 2016. Il s’épanche :

« Nous constatons chaque jour l’impact croissant du changement climatique. Les communautés hôtes font face à une pression croissante. Du fait de sa rareté, l’utilisation du bois de chauffage peut faire naître des tensions avec les locaux, sans compter l’épuisement des ressources et la dégradation de l’environnement. Un petit nombre de pays, dont presque tous sont à revenu faible ou intermédiaire, est touché de façon disproportionnée. Terres d’accueil de millions de réfugiés, ces pays ont besoin de notre aide. Je lancerai un ambitieux défi pour une énergie propre lors du Forum mondial sur les réfugiés, qui se tiendra les 17 et 18 décembre à Genève. L’objectif est que tous les camps de réfugiés et les communautés hôtes qui les entourent puissent avoir accès à une énergie abordable, fiable et durable d’ici à 2030. J’ai confiance que les gouvernements, les entreprises et les agences de développement s’engageront avec nous dans cette direction. Ensemble, nous devons placer l’énergie durable au cœur de notre réponse aux besoins des ménages, en matière d’éclairage public, d’éducation, d’accès à la santé et de ressources en eau... »*

Filippo Grandi rêve, il ne semble pas savoir que la COP25 a échoué et que les pays pauvres ne peuvent rien attendre de pays riches qui jugent qu’il est urgent de ne rien faire. Si le réchauffement climatique n’attire depuis 25 ans aucune attention de la part des dominants, ce n’est pas un « Forum mondial sur les réfugiés » qui va changer la donne. Rappelons l’irréalisme du pacte mondial sur les réfugiés né il y a juste un an ; ses quatre objectifs sont les suivants : a) alléger la charge reposant sur les pays d’accueil ; b) renforcer l’autonomie des réfugiés ; c) élargir l’accès aux solutions dans des pays tiers ; et d) améliorer les conditions dans les pays d’origine pour rendre possible les retours en toute sécurité et dignité. Des mots, des mots, comme lors des COP. Chirac en 2002, lors d’un Sommet de la Terre, s’exclamait : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». L’aveuglement subsiste, vive le concours Miss France, la démission de Jean-Paul Delevoye, la grève dans les transports, vive le présent au détriment de l’avenir…

* LE MONDE du 17 octobre 2019, « Les mouvements de population de grande ampleur ont un impact environnemental »

Conférence internationale sur la population

Les conférences des Nations unies sur la population sont-elles vouées à l’échec ? Les polémiques qui ont précédé celle du Caire en 1994 amènent à le penser, comme l’histoire des deux précédentes, en 1974 et 1984. Le Saint-Siège refuse tout ce qui pourrait paraître  » légaliser  » l’avortement et accuse le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), organisateur de la conférence, de  » détruire la famille  » et de  » promouvoir une culture hédoniste et permissive  » (le Monde du 19 août 1994). A Bucarest en 1974, les représentants du Vatican avaient aussi bataillé pour le  » droit à la vie « , et  » le caractère sacré de la famille  » mis en exergue par le pape d’alors, Paul VI. A Mexico, en 1984, la liberté d’avorter avait été encore remis en question par Jean-Paul II qui avait personnellement pris contact avec les gouvernements représentés à la conférence. De plus les représentants du  » tiers-monde  » avaient usé du slogan :  » Le meilleur contraceptif, c’est le développement.  » Les États-Unis, dans le droit fil de la  » révolution conservatrice  » portée par Ronald Reagan, mettaient mettaient en préalable à toute politique démographique le rétablissement de la liberté économique. Conformément aux convictions de la  » majorité morale « , ils s’opposaient à tout recours à l’avortement pour le contrôle des naissances ; ils exigeaient que le FNUAP n’accorde aucune aide à des programmes qui l’utilisaient. C’est la  » cabale des dévots ». En 1994, les responsables du FNUAP ont donc souhaité choisir comme axe stratégique le soutien des besoins des individus et surtout  » une politique de promotion générale de la femme « , renforçant notamment les investissements dans les domaines de l’éducation et de la santé (maternelle et infantile en particulier).

Il faut attendre ensuite novembre 2019 pour qu’une nouvelle conférence internationale ait lieu (à Nairobi). Il s’agissait de marquer le 25e anniversaire de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) qui s’était tenue au Caire. Elle a eu lieu dans la plus stricte confidentialité. Pourtant 10 000 participants de plus de 170 pays, ce n’était pas rien. Comme une litanie on a continué d’exposer les violences faites aux femmes grossesses non désirées, violences sexuelles, mariages forcés, mutilations génitales… La réduction du taux de mortalité maternelle, qui était une des grandes ambitions du Caire, n’atteint pas les trois quarts comme promis. L’avortement reste, dans de nombreux pays, traité comme un crime. Le défi du contrôle de la démographie est un sujet qui crispe certains responsables. Ainsi Macharia Kamau, principal secrétaire du ministère kényan des affaires étrangères, s’est écriée : « Qui sont les 11 000 scientifiques qui ont lancé un appel à contrôler nos populations ? Sont-ils africains ? Le changement climatique n’a rien à voir avec le nombre de gens. Ceux qui ont besoin de contrôler leur population sont ceux dont le mode de vie a créé les ravages qui frappent notre continent. »*

La deuxième partie de cette phrase est partiellement vraie, un bébé de plus dans un pays développé est un désastre climatique. C’est ce que disait déjà René Dumont en 1974 dans son programme de présidentiable écolo : « Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à New York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à Michel Debré est une absurdité. » Mais la lutte contre la politique nataliste de la France ne devrait pas empêcher les pays en surchauffe démographique de proposer aux femmes les services d’un planning familial efficace. D’autre part nier la variable démographique dans le réchauffement climatique est une grossière erreur, Macharia Kamau devrait apprendre l’équation de Kaya.

Pour en savoir plus avec notre blog biosphere : Nicolas Sarkozy plaide : « Nous sommes 7 milliards d’habitants. En 2100, nous serons 11,5 milliards. La question des conséquences de cette démographie est donc centrale pour les grands équilibres de la planète ». Il souhaite qu’enfin « la communauté internationale prenne en main le premier problème de la planète, qui est celui de la démographie mondiale ». Il préconise « une conférence mondiale sur la démographie ». A son avis, le sujet doit « faire l’objet, chaque année, d’une conférence comparable à celle sur le climat ». Encore un coup d’épée dans l’eau…

* LE MONDE du 17-18 novembre 2019, L’accès à la contraception progresse dans le monde

La guerre de l’oignon se poursuit

« Au XXIe siècle il y aura la guerre des terres, comme il y aura les guerres du pétrole, les guerres de l’eau, les guerres du climat, les guerres civiles, les guerres aux frontières…et les guerres de l’oignon. La flambée des prix alimentaires mondiaux avaient provoqué en 2008 des émeutes de la faim dans plusieurs pays. Ce n’est pas seulement la faute des catastrophes naturelles et des spéculateurs, c’est aussi la conséquence de la surpopulation mondiale. La pénurie n’est plus conjoncturelle. Nous sommes six milliards d’humains et on en dénombrera 3 milliards de plus en 2050. Pour protéger leur souveraineté alimentaire, l’Inde vient d’interdire l’exportation de l’oignon national. » C’était là le tout début de notre article de janvier 2011, faim du monde, fin du libre-échange.

Aujourd’hui en 2019, après une mousson tardive qui a endommagé sa production, l’Inde vient à nouveau d’interdire l’exportation d’oignons, entraînant une flambée des prix au Bangladesh voisin et provoquant la colère d’une population qui utilise largement cette herbacée dans la cuisine. Le kilogramme de ce légume de base est passé de 32 centimes d’euros à près de 2,78 euros dans un pays où le PIB par habitant est de 4,4 euros par jour. A Dacca, la capitale qui compte 9 millions d’habitants, seuls quelques milliers de personnes ont pu bénéficier d’oignons à prix subventionné. Les trafiquants stockent les oignons pour faire monter les prix, le marché noir se développe, on se croirait revenus aux temps de l’occupation allemande en France. L’histoire est un éternel recommencement.

Sauf que la période qui s’annonce va être particulièrement dramatique, comment nourrir durablement au Bangladesh une population urbaine de 9 millions d’habitants à Dacca (ou 18 millions ?) dans un pays déjà très pauvre de 165 millions d’habitants, avec une densité de 1144 habitants au kilomètre carré, plus de 11 habitants sur un carré de 100 mètres de côté. Comment ne pas voir que cette histoire conjoncturelle d’oignons n’est qu’un signe parmi d’autres des catastrophes qui s’amoncellent au niveau planétaire ? Quand j’envisage l’avenir sur une planète surpeuplée, sur-polluée, surchauffée et sous-alimentée, se faisant la guerre pour un oui ou pour un non, élisant des Trump et Bolosonaro, je suis terrifié. Quand les anti-malthusiens en France veulent ignorer la problématique démographique, je suis terrifié. Quand les Gilets jaunes en France manifestent contre l’augmentation du prix de l’essence, je suis terrifié. Heureusement, comme il est écrit dans LE MONDE*, « La saveur de la ciboulette est proche de celle de l’oignon ». Pour s’adapter, ça on va s’adapter, contraints et forcés !

* LE MONDE du 21.11.2019, Face à la pénurie d’oignons au Bangladesh, un pont aérien, un prix subventionné et des mesures antitrafic

Transformer notre corps en humus, le pied

Je ne suis que poussière et j’y retournerai (la bible). Ce qui est terre retournera à la terre (Église d’Angleterre). En termes écolo, mieux vaut après notre mort se transformer en bon humus pour perpétuer le cycle de la vie. L’État de Washington a adopté un texte permettant de transformer le corps de défunts en compost. Sur le site Humusation.org, la fondation Métamorphose pour mourir… décrit ainsi le processus d’humusation : « Il s’agit d’un processus contrôlé de transformation des corps par les micro-organismes dans un compost composé de broyats de bois d’élagage, qui transforme, en douze mois, les dépouilles mortelles en humus sain et fertile. La transformation se fera hors sol, le corps étant déposé dans un compost et recouvert d’une couche de matières végétales broyées. En une année, l’humusation (…) produira plus ou moins 1,5 m³ de super-compost ». Que du bonheur, pas de cercueil, pas de frais de concession dans un cimetière, pas de frais de pierre tombale, ni de caveau, pas de frais d’embaumement, ni l’ajout de produits chimiques nocifs… C’est une bonne solution pour réduire l’impact environnemental de la mort, mais ce n’est pas encore entré dans les mœurs ! La question a été abordée en 2016 lors d’une séance de questions au gouvernement français par une sénatrice : « La législation actuelle permet seulement l’inhumation et la crémation. Un certain nombre de Français, dont des habitants du département du Rhône, souhaitent pouvoir bénéficier de l’humusation ». Le ministère de l’intérieur a rappelé que « l’humusation est actuellement interdite. » Il y a cinquante ans, l’incinération paraissait répugnante, l’humusation s’imposera dans cinquante ans, respect des cycles naturels oblige. Il n’y a aucun caractère sacré de la dépouille humaine, les momies égyptiennes et leur pyramides étaient réservé à l’élite extrême, le bon peuple n’a laissé de traces ni dans des sépultures, ni même par leurs maisons.

LE MONDE du 1er-2 novembre nous propose une autre innovation, la forêt funéraire écologique.Une expérimentation menée avec la municipalité d’Arbas va permettre aux familles endeuillées d’enfouir les cendres des défunts au pied des arbres. Pour l’urne, même si le phénomène de décomposition est assez rapide, un certain nombre de matériaux ont été proscrits : les contenants en plastique ou bois traité, de même que l’amidon de maïs qui attirerait sangliers et chevreuils. Ce sont donc des urnes en bois, tissu ou feutre, qui sont proposées. Ces cimetières naturels sont pleine expansion en Allemagne. Dans le bois de Nuthetal-Parforceheide par exemple, 23 hectares au sud de Berlin, il n’y a ni stèle ni tombeau, et pas une seule épitaphe en marbre à la ronde. Sur le tronc des arbres choisis, une discrète plaque en aluminium porte le nom des défunts. Tout autre ornement funéraire est proscrit. La forêt conserve son caractère naturel. La différence de prix considérable entre une inhumation en forêt et un enterrement classique explique le succès de cette pratique, mais selon notre point de vue l’argument écologique doit toujours l’emporter sur l’argument économique. Et tant mieux si les deux considérations se complètent !

Rappelons que pour augmenter la capacité d’accueil de votre caveau familial, vous pouvez recourir à la réduction de corps de vos défunts. Leurs ossements seront alors réunis dans un même reliquaire. Mais la poudre d’os peut être aussi utilisé comme engrais. Pour d’autres aspects des funérailles écolos, lire sur notre blog biosphere :

9 juillet 2019, écolo pour l’éternité… au cimetière

27 octobre 2014, Tout écologique, même au moment de notre enterrement

La guerre des natalistes contre le clitoris

JMG : Le clitoris est dédié exclusivement au plaisir. Les hommes tellement jaloux n’ont pas trouvé mieux que l’excision pour EMPECHER les femmes d’avoir du plaisir. Le clitoridectomie a été pratiquée en Occident jusqu’à l’époque contemporaine. Un crime qu’on appelle excision qui perdure encore dans certaines contrées du monde. Ce que ne supportent les bonshommes c’est que le plaisir clitoridien dépasse de loin le plaisir vaginal.

LAWRENCE BOHME : Quand j’étais encore puceau, ma première nuit à 17 ans avec une jeune femme a été un échec foudroyant. C’était en 1959 à New York. Un ami d’origine italienne m’a pris expliqué qu’il fallait commencer, avec certaines filles par ce qu’il nommait dans son argot personnel, « the clit ».

Clitoridectomie, l’ablation du plaisir féminin. Pendant longtemps le clitoris n’est pas identifié en tant que tel dans la littérature savante. C’est seulement en 1560 qu’un médecin italien le décrit de la façon suivant : « Si tu frottes à cet endroit avec le membre, ou mieux encore avec un doigt, même le plus minuscule, la semence coulera aussi vite que la brise, qu’elles éprouvent du plaisir ou même malgré elles. Si tu le touches, tu te rendras compte qu’il se durcit et s’allonge, présentant la même apparence d’une sorte de membre viril. » En 1575, Ambroise Paré est le premier Français à utiliser le mot « cleitorus », mais sans faire allusion au plaisir ! Au milieu du 18e siècle, un mouvement d’origine religieuse va décrier la masturbation qui devient une « pratique funeste ». Au XIXe siècle en Allemagne, les jeunes filles en train de se masturber subissent l’excision. En 1880 on va comprendre que le clitoris ne sert à rien dans la procréation, et il commence à être attaqué. Le grand exciseur psychique en Occident est Sigmund Freud qui explique en 1905 que la petite fille se touchait le clitoris parce qu’elle était dans une sexualité inorganisée, asociale. La petite fille «remarque le grand pénis bien visible d’un frère ou d’un camarade de jeu, le reconnaît tout de suite comme la réplique supérieure de son propre petit organe caché et, dès lors, est victime de l’envie du pénis», décrit Freud dans Introduction à la psychanalyse (1922). «Humiliée», «dégoûtée», la petite fille doit abandonner son clitoris pour se tourner vers son vagin et par là, «vers de nouvelles voies qui conduisent au développement de la féminité», reproductive. Il invente à cet effet le terme « orgasme vaginal » et accompagne dans sa démarche les mouvements natalistes qui s’étendent après-guerre à tout l’occident. La découverte du processus de la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde sonnera définitivement le glas pour le clitoris: il est décrété inutile pour la procréation et perd donc tout intérêt. Par la suite, le présentation du clitoris disparaît des ouvrages scientifiques et médicaux. Dans les années 1960, il a même disparu des dictionnaires. Jean-Claude Piquard, sexologue à la faculté de médecine, témoigne dans son livre « La fabuleuse histoire du clitoris », qu’à sa grande surprise pendant ses études de sexologue clinicien on ne lui a jamais parlé du clitoris. Plus de 50 % des jeunes filles ignorent posséder ce fameux « bouton de rose ». Et seulement 16 % d’entre elles connaissent sa fonction érogène.

C’est seulement en 1998 qu’une urologue australienne redécouvre que le clitoris externe et les bulbes clitoridiens internes ne font qu’un seul et même organe. Odile Fillod a réalisé, en 2016, le premier clitoris « imprimé en 3D à taille réelle » (soit, tout de même, 10 cm de long), et mis le fichier de fabrication en accès libre sur Internet. L’ensemble a la même origine embryologique que le pénis, fonctionne exactement de la même manière (sa congestion constitue la composante principale de l’excitation sexuelle) et joue le même rôle dans le plaisir sexuel.

Pierre Fournier, malthusien sans le dire

Un fou à diplômes explique à ses étudiants : « C’est un fait d’expérience, le taux de natalité ne diminue qu’à partir d’un certain niveau de vie. Lequel niveau de vie ne peut être atteint que par l’industrialisation à outrance. Laquelle industrialisation exige une main d’œuvre abondante et donc un taux de natalité élevé. Le seul moyen de résoudre à long terme le problème de la surpopulation, c’est donc d’encourager la surnatalité. CQFD. » Or ce fou, notez-le bien, n’est pas unique en son genre et au moins, lui est presque inoffensif puisqu’il ne fait rien d’autre que parler. Mais tous les dirigeants du tiers-monde raisonnent comme lui ; et même, disons, tous les dirigeants du monde. J’ai bossé dans une administration. Les avantages de carrière d’un administrateur s’évaluent au nombre d’employés sous ses ordres. Si toutes les bureaucraties sont pléthoriques, c’est pas par hasard. La puissance engendre le nombre, car le nombre fait la puissance. Le Japon surpeuplé, surpollué, coincé renonce aux mesures antinatalistes pour donner un coup de fouet à sa croissance industrielle. Il est pas encore assez gros. Il le sera jamais assez. Un rapport du MIT démontre très bien que pour amener les pays du tiers-monde au niveau de vie occidental (théoriquement nécessaire pour que la natalité s’effondre d’elle-même) il faudrait polluer la planète au point d’y détruire toute vie, et que d’ailleurs c’est impossible parce que les trois quarts des ressources indispensable à cette croissance sont déjà monopolisées par le monde riche. (Charlie Hebdo – 2 février 1973)

– Il est facile de transformer les Chinois en robots parce qu’ils sont nombreux et bien tassés. La pollution par le nombre et la pollution fondamentale, celle qui tue l’initiative et qui tue la pensée.

– Pour parler à des milliers de mecs, faut des slogans, faut un podium, un micro et une grande gueule, faut être Hitler.

Extraits de « Fournier, face à l’avenir » de Diane Veyrat (Les cahiers dessinés, 2019)

Terre inhabitable, chute démographique

Plus de 11 000 scientifiques, climatologues mais aussi biologistes, physiciens, chimistes ou agronomes, issus de 153 pays, préviennent que les humains risquent des « souffrances indescriptibles » liées à l’urgence climatique*. Les décès, les maladies augmentent déjà rapidement ; des industries et des économies entières sont menacées, en particulier dans les régions les plus pauvres du monde. Pour éviter de « rendre de grandes parties de la Terre inhabitables », ces scientifiques exposent des solutions que plus personne n’ignore, sortir des énergies fossiles, fixer un prix du carbone élevé, baisser la consommation de viande, protéger les zones humides, etc. La nouveauté, c’est que ces scientifiques osent s’aventurer dans le domaine démographique : il faudrait stabiliser, et « idéalement », réduire la population en promouvant l’accès de tous, et en particulier des filles, à l’éducation et à la contraception. Cette proposition relative à la maîtrise de la démographie a alimenté la verve de certains critiques, pour eux les pays du Sud ne sont pas responsables de la gabegie d’émissions de gaz à effet de serre par ceux qui vivent au Nord. Comme l’écrit Bruno Clémentin, «  On l’a déjà dit, on va le répéter : il n’y a pas trop de monde sur notre planète, il y a trop d’automobilistes (et de motards) »**.

On l’a déjà dit et on va le répéter, Biosphere connaît les auteurs de ce genre d’affirmation gratuite. Pour avoir directement « dialogué » avec Bruno Clémentin, Vincent Cheynet ou Clément Wittmann, nous savons qu’on ne peut pas discuter avec ce genre d’anti-malthusiens assujettis à leurs préjugés. Ils sont comme les inquisiteurs face à Galilée, refusant de regarder dans la lunette qui prouvait l’héliocentrisme. Opposons au constat partiel des natalistes une réalité incontestable : le nombre d’automobiles est lié au nombre de conducteurs de façon absolument interdépendante. Nous avons dépassé les 7 milliards d »automobilistes en puissance, et il y plus d’un milliard d’automobiles en circulation. Un niveau de vie motorisé basé sur les ressources fossiles est un multiplicateur des menaces, mais le nombre de personnes qui accèdent à l’automobile (à la moto et au camion) est réciproquement un multiplicateur des effets de serre entraînés par l’automobile. Bruno, Vincent, Clément et les autres devraient regarder de plus près en ajustant leurs lunettes l’équation de Kaya. Elle met en relation l’influence et le poids de l’activité humaine en termes d’émissions de gaz à effet de serre :

CO2 = (CO2 : KWh)  x (KWh : dollars) x (dollars : Population) x Population = CO2

Notons d’abord que tous les éléments de cette équation sont des multiplicateurs des autres paramètres. On y trouve d’abord le contenu carbone d’une unité d’énergie, ensuite la quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire, puis la richesse par personne et finalement la taille de la population. Le premier terme de l’équation appelle à réduire les émissions de carbone dans notre production d’énergie. L’indicateur suivant reflète cette réalité : au niveau mondial, une augmentation globale de la richesse par habitant aura mécaniquement – considérant les autres paramètres constants – une conséquence à la hausse sur les émissions de gaz à effet de serre. Il faut donc faire en sorte que la réduction de notre niveau de vie empêche la possession d’une voiture individuelle, riches compris pour des raisons d’équité. La question éthique percute aussi le dernier paramètre de l’équation, la population.  Mais Dennis Meadows nous met devant le véritable enjeu de la problématique malthusienne : « Il n’y a que deux manières de réduire la croissance de la population : la réduction du taux de natalité ou l’accroissement du taux de mortalité. Laquelle préférez-vous ?  » En résumé, pour sortir de l’impasse où nous mène la civilisation thermo-industrielle, la sobriété partagée doit s’accompagner d’une décroissance démographique. Les Gilets jaunes et les chauffeurs routiers auront du mal à comprendre la première solution au réchauffement climatique, les natalistes auront du mal à comprendre la seconde.

* LE MONDE du 8 novembre 2019, Crise climatique : l’appel de 11 000 scientifiques pour éviter des « souffrances indescriptibles »

** éditorial du mensuel La décroissance de novembre 2019

discuter PMA, c’est interdit par les LGBT

Une conférence sur «L’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique» de la philosophe Sylviane Agacinski, connue pour son opposition à la GPA, a été annulée. La direction de l’établissement a estimé que «face à des menaces violentes», elle ne pouvait «assurer pleinement la sécurité des biens et des personnes, ni les conditions d’un débat vif mais respectueux». À l’origine de cette agression contre Sylviane Agacinski, un communiqué des associations GRRR, Riposte trans, Mauvais Genre-s et WakeUp! : « L’université Bordeaux Montaigne invite une homophobe notoire pour parler PMA/GPA», mettre tout en œuvre afin que cette conférence n’ait pas lieu».

Les organisateurs de ce cycle de conférence réagissent : «Des groupes ont décidé d’empêcher la tenue d’un échange légitime sur ces questions d’ordre éthique dans le contexte des débats actuels sur la PMA et la GPA. Cette manifestation de censure constitue une atteinte excessivement violente à la confrontation des idées à laquelle notre université est attachée. Empêcher la discussion au sein d’une communauté participe d’une dérive liberticide».

https://amp.lefigaro.fr/actualite-france/sylviane-agacinski-annule-une-conference-sur-la-gpa-en-raison-de-menaces-20191024

Notons que l’homosexualité était pourchassée à une époque, qu’elle a droit de cité de nos jours, et que des homosexuels inversent l’ostracisme en faisant preuve aujourd’hui de ce dont ils ont souffert autrefois. Il y en a qui n’ont aucun sens des limites… D’autant plus que discuter PMA n’a rien à voir avec l’homophobie ! Rappelons que d’autres LGBT ont brûlé cet été le journal La Décroissance parce qu’il tient à peu près le même discours qu’Agacinski.

Faut pas rêver de devenir maman !

Sophie Arseneault, 18 ans, fait partie des plus de 3400 signataires du pacte « Pas d’avenir, pas d’enfant » : « Si nous (notre génération) avons des enfants , ils n’auront pas la sécurité. Nous nous demandons à quel point c’est raisonnable, c’est réaliste, d’avoir des enfants dans un environnement bien pire que présentement... »

Emma Lim, 18 ans : « Je fais face à un futur inévitable d’instabilité économique, de pénuries alimentaires et de météo extrême. Je dois abandonner mes chances de bâtir une famille parce que je ne peux me permettre d’avoir des enfants dans un monde aussi instable… »

Sara Montpetit : « Je veux que mes enfants puissent voire la beauté du monde qu’il nous reste encore. Pourquoi mettre au monde la vie si je ne sais même plus, à ce jour, ce qu’il va nous en rester ? » »

Naia Lee, 16 ans : « Ce n’est pas que je ne veux pas avoir d’enfant, mais je ne lui souhaiterais pas une vie d’attaques d’écoanxiété... »

On voit de plus en plus de collectifs de jeunes s’engager dans l’action climatique parce qu’agir est le meilleur moyen de combattre l’anxiété. Ce mouvement au Canada rejoint la tendance internationale child free (en français nullipares) pour des motivations écologiques. De toute façon la grève du ventre est un moyen structurellement plus efficace qu’une grève scolaire pour lutter contre les maux de la société thermo-industrielle. Yves Cochet avait rappelé que la « grève du troisième ventre », lancé par Marie Huot en 1890, était un mouvement libertaire ayant pour objectif de s’opposer aux politiques natalistes belliqueuses du gouvernement en place. Le natalisme est une doctrine qui accompagne tous les régimes potentiellement fascistes. Ces mouvements pour l’ordre moral sont sous-tendus par une idéologie nationaliste (plus de chair à canon) tout en préservant la paix sociale (plus d’enfants, c’est la crainte du chômage et l’acceptation d’un régime autoritaire). A brandir le malthusianisme hors de tout contexte, on veut faire oublier que les avocats de la natalité ne se retrouvent pas du côté des humanistes.

Aujourd’hui le natalisme ajoute à ces méfaits le réchauffement climatique ; tout future mère devrait connaître l’équation de Kaya avant de se faire engrosser… en toute connaissance de cause !

Les anti-PMA sont-ils décroissants ?

Sept ans après les grandes mobilisations contre le mariage pour tous, les opposants ont défilé le dimanche 6 octobre contre la procréation médicalement assistée (PMA). La motivation, résumées par le slogan « Contre la PMA sans père et la GPA [gestation pour autrui] », sont identiques à celles de La Manif pour tous : défendre la famille traditionnelle. Mais l’issue du débat parlementaire sur la loi « bioéthique » ne fait plus de doute, le mariage pour tous est entré dans les mœurs avec une rapidité fulgurante : le peuple est habitué à accepter l’inacceptable du moment que le matraquage médiatique va dans le sens de l’appareil techno-industriel. Le premier ministre [Edouard Philippe] disait encore en 2013 : “Jamais la PMA, car elle conduira à la GPA.” Il soutient aujourd’hui la PMA pour les femmes, lesbiennes ou seules. Rare sont les articles contre la PMA, le mensuel LA DÉCROISSANCE, « 1er journal d’écologie politique », fait exception. Ainsi cet appel pour l’abolition de toute reproduction artificielle de l’humain (par Pièces et main d’œuvre et resistenze al nanomondo)* :

« Le droit au désir d’enfants d’individus frappés de stérilité accidentelle (hétérosexuels) ou réfractaires à tout rapport sexuel avec des membres de l’autre sexe ne peut l’emporter sur le droit de l’immense majorité des humains, ni sur le droit de l’espèce elle-même, à se perpétuer comme ils le font depuis des millions d’années et comme l’ont fait les mammifères avant nous. Nous exigeons que soit qualifié de crimes contre l’espèce toute reproduction artificielle de l’humain, toute sélection et modification génétique de l’humain. Nous exigeons l’arrêt de toute prise en charge de production infantile par la sécurité sociale et la fermeture de toutes les banques de gamètes. L’argent de la sécurité sociale doit aider les vrais malades des milieux populaires, et non pas satisfaire les désirs narcissiques de stériles volontaires ou involontaires. » Dans un autre article du même journal, « la liberté c’est la dépendance »** :

« Le donné biologique peut être plié à notre volonté. Grâce à l’industrie, l’être humain sera le maître de lui-même, se construisant et se déconstruisant à volonté : procréation (PMA, utérus artificiel, changement de sexe), cyborg (organes mécanique ou électronique augmentant le corps), chimères génétiques. Comment les anciennes idées de liberté pourraient-elles perdurer lorsqu’elles sont confondes avec la dépendance à l’égard de l’appareil industriel ? » Pour en savoir plus sur la position du journal « LA DÉCROISSANCE » :

Décroissance, ne pas nier la différence des sexes (LA DÉCROISSANCE, décembre 2017)

La Décroissance, c’est simplement le sens des limites (LA DÉCROISSANCE, novembre 2014)

Quelles limites à la procréation médicalement assistée ? (LA DÉCROISSANCE, avril 2014)

Le « mariage pour tous », produit de la croissance libérale (Vincent Cheynet, rédacteur en chef de la LA DÉCROISSANCE )

* LA DECROISSANCE d’octobre 2019, « Contre l’eugénisme et l’anthropocide » p. 3 et 4 (extraits)

** LA DECROISSANCE d’octobre 2019, « Pourquoi tant de haine ? p. 11 (extrait)

La mono-procréation, un homo-sexisme

Désir de maternité des couples de lesbiennes et des femmes célibataires !? L’Académie nationale de médecine estime que « la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure » et n’est « pas sans risques » pour son « développement psychologique » et son « épanouissement » (rapport officiel du 21 septembre 2019). Pour l’Église catholique, ouvrir l’insémination artificielle avec donneur (IAD) aux couples de femmes et aux femmes célibataires constitue un saut « anthropologique » ; elle estime que l’insémination est une violation inacceptable de la « loi naturelle ». Décidément, ça se corse… L’Eglise catholique rejointe par l’Académie de médecine, de l’autre côté tous les lobbies LBGT soutenu par le politiquement correct. Choisir son camp va nécessiter la prise de Doliprane.

L’insémination artificielle a effectivement fait franchir une frontière « anthropologique », mais ce saut s’est produit à la fin du XVIIIe siècle, lorsque Lazzaro Spallanzani en 1780 a remplacer (sur une chienne) le rapport sexuel par un artifice technique. Longtemps assimilée à l’adultère, l’insémination artificielle avec donneur a été de nos jours présentée comme un traitement médical afin de la rendre moralement acceptable. Mais l’IAD n’est pas pour autant un acte thérapeutique, la femme n’a pas de problème de fertilité. Les gamètes des donneurs ne sont en rien des médicaments. A l’ambition de lutter contre l’« infertilité médicale » se substituerait un combat déraisonnable contre l’« infertilité sociale » des femmes homosexuelles ou célibataires. La « PMA pour toutes » pervertirait, selon La Manif pour tous, le sens de l’insémination artificielle avec donneur : ce geste destiné à aider les couples hétérosexuels servirait désormais les « caprices » des femmes homosexuelles ou célibataires. Le sperme devient un matériau de reproduction anonyme manipulé par des blouses blanches dans des hôpitaux. Notons la brutalité de ce changement sociologique, il y a 25 ans on parlait plutôt de l’importance du père et des « pères absents. Notons aussi que la PMA ne peut être mise en œuvre actuellement pour des couples que si la procréation est impossible (infertilité médicalement diagnostiquée) ou dangereuse (risque de transmission d’une maladie grave à l’enfant ou au partenaire). Le projet de loi en discussion à l’Assemblée prévoit de supprimer le critère d’infertilité.

Puisque l’insémination affranchit la reproduction des rapports hétérosexuels, il devient possible de procréer en dehors des schémas familiaux traditionnels. Ce n’est justifié que par l’individualisme poussé à ses extrêmes. Si on autorise la PMA pour toutes, il n’y a aucune raison d’interdire la GPA pour tous. Car si l’enfant devient un droit, les citoyens de sexe masculin seuls ou en couple pourraient le réclamer. Alors que les homosexuels nous demande à juste titre que le monde respecte leur mode vie, ils doivent aussi assumer le fait que leur mode vie ne permet pas d’enfanter : l’être humain n’a pas comme mode de reproduction la parthénogenèse comme les pucerons et il n’est pas hermaphrodite comme l’escargot. S’ils désirent quand même être parent, ils leur restent l’adoption, il y a beaucoup d’enfant en manque d’amour. Alors, quelle légitimité au désir d’enfant sans père ou sans femme ? Et si nous arrêtions de nous reproduire à outrance !