démographie

Féminisme, birth control et surpopulation

Né en Angleterre au XIXe siècle, le combat néo-malthusien (Birth Control (BC) – contrôle des naissances) est mené surtout par des féministes. La Hollande possède sa Ligue néo-malthusienne dès 1882. Aux Etats-Unis Margaret Sanger fonde en 1914 la revue La femme rebelle prônant l’émancipation de la femme et le contrôle des naissances. En 1916 elle ouvre la première clinique de BC des USA. La Ligue américaine de BC est fondée en 1921. Quels sont leurs principes directeurs ? Il faut que les enfants soient : 1° conçus dans l’amour ; 2° naissent d’une mère qui les désire ; 3° soient engendrés dans des conditions qui leur assurent les meilleures chances de santé et d’éducation. Pour atteindre ces buts, il est nécessaire que chaque femme possède la liberté de restreindre le nombre des naissances, sauf lorsque les conditions de vie sont satisfaisantes. Ces ligues ont pour objet : 1° de répandre l’idée que la paternité et la maternité doivent être volontaires et que seuls les gens aptes devraient être autorisés à avoir des enfants ; 2° de lutter pour faire admettre officiellement le “birth-control”, en provoquant l’abolition des lois qui s’opposent à sa diffusion. En Angleterre le mouvement est conduit par Marie Stopes qui fonde en 1921 les Cliniques maternelles pour un BC constructif ; une multitude d’autres suivront, comme les Centres de bien-être féminin fondés par la Ligue malthusienne d’Annie Besant. En U.R.S.S., le néo-malthusianisme reçoit un encouragement officiel en 1923. En 1926 la Chambre des Lords autorise l’enseignement du BC. L’église d’Angleterre (anglicane) avait déjà parlé en sa faveur en 1923. L’union des diverses associations prend le nom d’Association de Planning Familial en 1939. En Italie en revanche, la loi de 1926 interdit toute propagande. En Suisse les cantons catholiques s’y opposent, mais les cantons protestants l’admettent. En Belgique une loi de 1922 la réprime, et en France la loi du 31 juillet 1920 l’interdit totalement.

Après 1945, la préoccupation première est d’endiguer l’“explosion démographique”. En 1948, William Vogt, directeur de la commission pour la reconstitution des sols de l’ONU, lance un cri d’alarme dans son livre La faim du monde. Il prédit une catastrophe si un plan n’est pas mis en œuvre. Son axiome fondamental est que l’élévation du niveau de vie ne peut se faire que par réduction de la population. Vogt estime que le développement démographique est dû à la cessation de la sélection naturelle, du fait des découvertes en hygiène et en médecine : « L’homme trouvait à sa portée des moyens de lutter contre une longue suite de maladies, et le plus efficace instrument de limitation des populations commença à disparaître. » En 1952, John D. Rockefeller III fonde le Conseil de la Population. Dans Enrichir la Vie il explique : « À mon avis la stabilisation de la population n’est pas un frein mis au développement de l’humanité, mais tout au contraire un soulagement qui, en multipliant les chances de chacun, rend l’homme libre de conquérir sa dignité naturelle et de développer toutes ses possibilités ». En juin 1965, le président Johnson déclare devant les Nations Unies : « Agissons en tenant compte du fait que moins de 5 dollars investis dans le contrôle de la population, équivaut à 100 dollars investis dans le développement économique ». En 1969, le général Draper  lance la formule qui fera fortune de “croissance zéro” (Zero Population Growth, d’où le nom de zegistes). En 1972 paraissent de nombreux rapports : le Mémoire à usage interne sur le rôle de l’Europe dans un monde en danger de Sicco Mansholt, vice-président de la Communauté Economique Européenne,; le rapport Meadows du Massachussets Institute of Technology (MIT), intitulé « Les limites de la croissance ». René Dumont écrit dans l’Utopie ou la mort : « Il n’est plus possible de s’en remettre à la seule planification familiale car elle se contente d’empêcher la venue au monde des enfants non désirés. La survie de l’humanité ne peut plus être confiée au bon vouloir d’un nombre aussi élevé de procréateurs plus ou moins irresponsables. (…) Des mesures autoritaires de contrôle de la natalité vont donc devenir de plus en plus nécessaires, mais elles ne seront acceptables que si elles commencent par les pays riches et par l’éducation des autres. (…) L’abandon des petites filles dans les familles chinoises pauvres (…) ou au Japon, peuvent être considérés comme comportant une certaine sagesse. (…) En France, en Europe (…) on commencera par supprimer tous les avantages (fiscalité, logements) et surtout les allocations familiales au delà du deuxième enfant. Aux États-Unis, il faudrait aller plus loin, taxer les familles nombreuses de plus en plus lourdement avant d’en arriver à des quotas autoritaires  »

Vingt ans plus tard, le représentant des U.S.A. à la Conférence sur la Population et le Développement du Caire, qui se tient du 5 au 13 septembre 1994, déclarera : « Le Président Clinton est profondément engagé à placer la population au premier rang des priorités internationales de l’Amérique. (…) Le gouvernement des USA croit que la Conférence du Caire manquera à ses devoirs si elle ne développe pas des recommandations et des lignes de conduites concernant l’avortement. Notre position consiste à appuyer le choix reproductif, y compris l’accès à l’avortement. ».

source : https://fsspx.news/fr/eugenisme-hier-et-aujourdhui-9%E2%80%AF-le-courant-neo-malthusien-59160

NB : le plus étonnant c’est que cette étude historique bien documentée provienne de la fsspx (= Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X), une mouvance catholique intégriste.

Bien trop d’humains sur une petite planète

L’idée d’une surpopulation humaine commence à faire son chemin dans les mentalités. Ainsi ces commentaires sur lemonde.fr à propos d’un article intitulé « Sommes-nous trop nombreux ? » :

jmv56 : La surpopulation est une évidence et c’est ce qui explique les migrations, la faim dans émonde, la détérioration de l’environnement……Il est indispensable que tous les pays régulent leur population pour leur propre sécurité et celle du monde

Camtaoij : Je ne comprends pas qu’on se pose encore la question de savoir si oui ou non nous sommes trop nombreux. Nous épuisons notre planète à grande vitesse. La France n’est pratiquement qu’un immense champ qu’on recouvre de pesticides. Même les forêts ne sont que des champs de bois. Avec 1 milliard d’humains, la Terre ne serait pas dépeuplée, vide ou triste : elle serait simplement à son niveau des années 1800. Il y aurait alors de la place pour tous, sans devoir s’agglutiner dans de minuscules appartements, dans d’immenses tours. On pourrait produire de façon durable tout ce dont on a besoin. Il y aurait aussi de la place pour la nature, pour que des écosystèmes aujourd’hui complètement anthropisés se reconstruisent et retrouvent leurs équilibres. Alors oui, la planète peut sans doute nourrir 10 milliards de personnes. Mais pour cela il faut finir de la transformer en immense usine d’êtres humains. Qui veut vraiment de ça ?

Ritalu : Sommes-nous capables d’assurer une vie décente aux 8 milliards d’humains? NON alors arrêtons avec le slogan biblique « croissez et multipliez vous ». Maintenant la question est de savoir quels politiciens veulent vraiment une vie décente pour chacun quand 1% de la population détourne 15% de la production pour autrefois construire des cathédrales et pour vivre aujourd’hui dans une opulence à vomir.

Francis.C : Il faut être clair : si les ressources de la planète ne sont pas encore épuisées (même si on s’en rapproche), c’est parce que la majorité des humains est très pauvre et donc consomme peu. Pas de quoi se réjouir, quelle que soit la façon dont on envisage le problème. Quand axu modèles démographiques qui ne prennent pas en compte le fait que la croissance (population et/ou niveau de vie) sera sous contrainte biophysique, ils ne valent pas grand chose.

SyM : Plus les ressources énergétiques d’une population sont abondantes, plus elle croît, et vice versa. Donc pour l’humanité, quand on aura tout épuisé, et c’est bien enclenché puisque la quantité de pétrole disponible atteint son pic et que les autres ressources naturelles s’épuisent à une vitesse de plus en plus folle, la population s’effondrera. Dans quelles conditions ? C’est à cette question abyssale que les écologistes essayent de sensibiliser, car ils ont trop peur de connaître la réponse… Et oui, l’écologie c’est aussi une science.

Grand Enfant : Quand l’humain est entouré de beaucoup d’araignées, il dit qu’il y a trop d’araignées. On peut remplacer araignées par moustiques, mouches, lapins, sangliers, méduses, etc. Mais non, les humains ne sont pas nombreux, eux dont la biomasse, associée à leurs animaux domestiques, dépasse, que dis-je, écrase celles de tous les autres mammifères sauvages (il n’en était pas ainsi il y a 10000 ans). L’humain est cause de disparitions d’espèces, de diminution d’espaces sauvages, de pollution des cours d’eau et des terres, de raréfaction de réchauffement climatique. Un élève de CM2 comprend très bien pourquoi une population divisée par 10 polluera son environnement 10 fois moins, toutes choses étant égales par ailleurs. Une population limitée (volontairement), c’est un niveau de vie préservé.

jean-claude meyer : Cela est une évidence que la population d’êtres humains est bien trop élevée. Des études montrent que nous sommes déjà 3 milliards de trop. Cela entraîne une pauvreté grandissante et surtout la mise à sac de la planète, déjà affectée par le réchauffement climatique. Les batailles pour l’eau ont déjà commencé, celles pour la nourriture vont crescendo.

mon pseudo : Petit rappel, il n’existe aucun modèle démographique stable, soit la population explose, soit elle chute. Quand une population de nénuphars double tous les jours dans sa mare, la régulation change bien avant le dernier jour, car faute de place ou de nourriture la croissance exponentielle s’effondre. Ainsi va la nature, une période de croissance, une de décroissance, c’est cyclique. Les Cassandre n’ont pas tort, lorsque quelque élément vital commencera à manquer la population humaine baissera nécessairement.

Arbacèles : Pour faire simple, si nous mettons le monde entier au niveau de vie de la France, nous consommerions 2,7 fois la capacité de renouvellement de notre planète… nous sommes donc (suivant ces paramètres) 2,7 fois trop nombreux.

Lllk : Vous avez raison Arbacèles, mais avec deux degrés de plus, la capacité de ‘renouvellement’ de la Terre sera sûrement affectée et il est fort probable que le facteur 2,7 soit sous estimé !

Félix 86 : C’est une évidence. Ça ne sert pas à grand chose de réduire nos émissions de gaz à effet de serre si la population continue d’augmenter à ce rythme. Plus 100 millions d’humains chaque année, c’est comme vouloir arrêter la marée montante avec une serpillière !

Pour en savoir plus il suffit de lire la rubrique démographie sur notre blog biosphere.

Gisèle Halimi, maternité n’est pas obligée

Le dernier message de Gisèle Halimi, morte à 93 ans le 28 juillet : « Je ne crois pas en une « nature » féminine pas plus qu’en une « nature » masculine. Je ne crois pas en « l’éternel féminin », cette aimable plaisanterie inventée par des machistes pour mieux nous circonscrire. Les théories essentialistes ne sont pas ma tasse de thé. J’ajoute : refusez l’injonction millénaire de faire à tout prix des enfants. Elle est insupportable et réduit les femmes à un ventre. Dépossédées de tout pouvoir, elles n’ont longtemps eu droit qu’à ce destin : perpétuer l’humanité. Et malheur aux femmes stériles (qu’on ne se privait pas de répudier) ou au choix de la « nullipare » : il était incompréhensible, sinon répréhensible. La « mère » était souveraine. La littérature, les conventions sociales, la publicité, les lois en ont créé un stéréotype, que l’on assoit sur un trône, auréolé de son abnégation et de son oubli d’elle-même. On méprise la femme, mais on vénère la mère, dont l’enfant devient l’ornement.

J’ai moi-même enfanté. Par trois fois. Ce n’était ni par conformisme ni par besoin de substitut. Mais par curiosité. Une curiosité insatiable, trait fondamental de mon caractère. Une curiosité féministe : je voulais savoir ce que grossesse et accouchement provoqueraient dans mon corps et dans ma vie de femme. Aurais-je encore envie de lire des nuits entières ? De faire l’amour ? D’écouter de la musique ? Pourrais-je travailler, plaider, interférer avec les autres ? Porter et mettre au monde un enfant me semblait l’ultime expérience de mon destin biologique. Il fallait que je le vive plutôt que de le lire pour le théoriser. Et puis je l’avoue, je désirais une fille. Chaque fois. De toute mon âme. C’eût été si intéressant ! Quel défi pour une féministe ! Élever une fille dans un monde régi et pensé par les hommes. L’éveiller à ses dons, lui révéler sa force et lui donner confiance. Incarner la femme libre qu’elle aurait été plus tard. Lui offrir en somme tout ce dont ma mère Fritna m’avait privée. Fritna qui roucoulait : « Mon fils, mon fils ! » mais me refusait toute étreinte et le moindre baiser…

Eh bien j’affirme que la maternité ne doit pas être l’unique horizon. Et que l’instinct maternel est un immense bobard à jeter aux poubelles de l’histoire. Je n’y ai jamais cru. La vie n’a fait que confirmer mes intuitions. Alors j’insiste : soyez libres ! La maternité n’est ni un devoir ni l’unique moyen d’accomplissement d’une femme. Elle mérite réflexion, considération, sans aucune autocensure : pourquoi faire un enfant ? Sauver le monde ? Se reproduire ? Laisser une trace ? Ce doit être une décision prise en liberté, et en responsabilité, hors pressions bibliques ou conditionnement social. Un engagement réfléchi et lucide. »*

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

8 mars 2020, Écoféminisme et question démographique

29 décembre 2018, Faire moins d’enfants, c’est le geste écolo primordial

28 février 2018, Nullipares, childfree, les personnes sans enfants

22 décembre 2017, Le tabou de la contraception en France et en Afrique

29 décembre 2016, Féminisme, sensibilité écologique et refus de maternité

28 octobre 2016, Je regrette vraiment d`avoir eu un enfant

31 mai 2014, Démographie et Ecologie, un sujet extrêmement tabou

20 février 2014, Est-ce vraiment rétrograde que d’accepter sa stérilité ?

30 octobre 2013, Surpopulation, la faute aux machos et autres sexistes

8 mars 2012, sombrer dans le chaos par surpopulite aiguë

16 mai 2010, liberté contraceptive ou planification ?

29 juin 2008, accepter sa stérilité

* extraits du dernier livre de Gisèle Halimi, « Une farouche liberté », reproduits par LE MONDE papier du 13.08.2020

Pas de soutien aux familles nombreuses !

Le soutien à la natalité en France a d’abord résulté d’initiatives privées, telles que les « sursalaires » versés dans des entreprises de type paternaliste à la fin du XIXe siècle dans un contexte de concurrence démographique exacerbée entre les nations européennes : le nombre de soldats fait les force des armées ! L’effort de la Nation en faveur de la natalité a été formalisé en 1932 dans la loi « Landry » qui généralise le principe des sursalaires familiaux pour tous les salariés de l’industrie et du commerce ayant au moins deux enfants. Ce natalisme politique est complété par un décret-loi du 12 novembre 1938 créant des allocations familiales indépendantes des salaires ou des entreprises. Cette politique du nombre, intensifiée sous le gouvernement de Vichy, s’est traduite par l’intégration de la politique familiale au sein de la Sécurité sociale dans l’ordonnance du 4 octobre 1945. Il s’agit aujourd’hui d’une politique visant une redistribution horizontale des ménages sans enfants vers des familles avec enfants, même les familles aisée sont aidées ! Dans le débat public, gauche et droite confondus, nulle remise en cause de cette pratique expansionniste. On se contente de se demander s’il faut supprimer les allocations familiales pour les foyers les plus aisés et donner davantage aux familles modestes ! Mais quand on a un faible niveau de revenu, on n’a pas besoin de faire des enfants, prévision de leur avenir oblige. Ainsi parlerait un malthusien. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, inverse les données : « Quand on a un niveau de revenu élevé, on n’a pas forcément besoin des allocations familiales ».

Le système pro-fécondité a été réformé sous le quinquennat de François Hollande ; il a mis un terme à l’universalité totale qui prévalait jusqu’alors en abaissant les allocations des plus aisés. Ainsi, depuis 2015, les allocations familiales, qui sont versées seulement à partir de la naissance du deuxième enfant, sont modulées en fonction des revenus du ménage.

Mais à l’heure de la surpopulation généralisée, peut-on accepter en France que les childless soutiennent les mères pondeuses ? Dans la récente proposition de loi de la députée Nathalie Elimas sur la réforme des Allocations familiales, il y a certes une allocation « pour le premier enfant », mais malheureusement un maintien du système progressif actuel (plus on a d’enfants, plus on gagne) avec la volonté affichée d’augmenter la natalité « pour absorber les coûts sociaux et de santé des plus âgés ». Comme si les jeunes et les chômeurs n’étaient pas eux aussi des personnes à charge. La France reste résolument nataliste dans ses politiques publiques… et notons que Madame Elimas est maintenant Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et des Sports, chargée de l’Éducation prioritaire. Comment penser malthusien ?

Le MEI (Mouvement des écologistes indépendants) s’est prononcé pour une réorientation des allocations familiales. Voici en résumé leurs positions : « La poursuite d’une politique volontariste en faveur de la natalité peut être mise en cause du triple point de vue écologique, moral et économique. Écologique d’abord, car la planète ne supporte plus nos effectifs… Problème moral ensuite, les allocations familiales sont d’abord des prélèvements qui touchent ceux qui, par leur relative retenue démographique se comportent de la façon la plus responsable et la plus écologique… Économique enfin, car quelle est la logique de ce soutien inconditionnel à la natalité ? On nous dit souvent qu’il faut préserver l’avenir. C’est une triste plaisanterie… Peut-on sérieusement compter sur une société qui, pour notamment financer les retraites, exigerait que chaque génération soit plus nombreuse que la précédente ? … On ne financera pas les retraites avec les chômeurs… » Le MEI propose une allocation de 100 euros dès le premier enfant (au lieu de 0 actuellement) et de garder le même montant quel que soit le nombre d’enfants. Nous pensons de notre côté que l’Etat n’a pas à intervenir financièrement dans le  choix du nombre d’enfants par les familles : il ne donne rien. Par contre la formation des enfants (et des parents) doit porter aussi sur la capacité de charge de la planète : à chaque couple d’en tirer les conséquences et d’assumer ses propres choix.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

16 juillet 2020, Abandon du natalisme et politique migratoire

21 mars 2018, Supprimer le quotient familial, une très bonne idée !

19 octobre 2017, Pour une politique familiale sans allocations natalistes

23 octobre 2014, La politique familiale entre natalisme et malthusianisme

13 mars 2013, une politique familiale sans allocations familiales ?

12 janvier 2012, à la place du quotient familial, un permis de procréer

19 avril 2008, rien aux familles, pas d’allocations familiales !

Les êtres humains sont-ils trop nombreux ?

Bruno Tertrais est un illusionniste qui veut en finir avec le catastrophisme des écolos. Son copain Alain Frachon, éditorialiste au MONDE, soutient son dernier ouvrage, « Le Choc démographique », qui n’apporte absolument rien à la compréhension de la rupture écologique en cours : «  En 2050, la transition démographique sera en voie d’achèvement, au niveau juste nécessaire au remplacement des générations… L’humanité entre « dans l’âge adulte »». Les commentateurs sur lemonde.fr taillent en pièce cette idée d’une arrivée miraculeuse à une démographie « juste nécessaire » :

PierreC21 : L’article réussit l’exploit de ne pas aborder une seule seconde la question de la soutenabilité pour la planète d’une population d’environ 10 Mds d’habitants aspirant tous au même niveau de vie que l’Occident. Indépendamment de la trajectoire démographique, les écologistes font simplement remarquer à juste titre que les ressources naturelles sont déjà extraordinairement sous tension avec « seulement » 7,7 Mds d’êtres humains. Le Monde devrait laisser de telles questions à ses spécialistes du sujet plutôt qu’à M. Frachon, qui ne le maîtrise manifestement, et semble laisser entendre que le problème de la surpopulation va se résoudre de lui-même…

Michel SOURROUILLE : L’année de ma naissance en 1947, la population mondiale était de 2,3 milliards, de façon développée 2 300 000 000 personnes. Ce chiffre me semble déjà vertigineux. Mais si je vivais centenaire, les statistiques pour 2047 de l’ONU prévoient 9,3 milliards d’êtres humains, soit une multiplication par 4 au cours de mon existence. Insupportable. Comment nourrir suffisamment et loger décemment 7 milliards de personnes de plus au cours d’un seul siècle ? N’importe lequel d’entre nous devrait être terrifié par l’ampleur de cette marée humaine. Arrêtons de faire trop de gosses, devenons malthusiens ! Malheureusement les politiciens en France et ailleurs veulent toujours plus de chair à canon pour affirmer leur « puissance », les chefs d’entreprise veulent de la main d’œuvre surnuméraire pour baisser les salaires, et même certains écologistes se veulent anti-malthusiens !! Alors une décroissance volontaire de la population mondiale, je n’y crois pas du tout !!!

Coolektif : Chacun doit donc dire, « oui, je suis trop nombreux!.. ». Se compter dans ce surnombre démographique est la moindre des choses. Pourquoi ce sont « LES AUTRES » qui seraient trop nombreux ? Question bien embarrassante !

Iphigenie : Un rapport de l’ONU nous explique qu’il va y avoir 500 millions de personne en plus dans le Sahel dans les 30 prochaines années. Les rapports du GIEC, qui émanent de l’ONU, nous expliquent que le semi-désert du Sahel va se transformer en désert total dans les 30 prochaines années. Tant qu’on fait des rapports dans son coin en ne regardant qu’une variable, c’est inutile et idiot

Ced5999 : C’est comique de dire que la « bombe démographique » n’a pas lieu …. Alors que si la planète se porte aussi mal actuellement c’est justement à cause d’un accroissement de la population massif qui n’a jamais eu lieu dans toute l’histoire humaine. Cet accroissement est tellement spectaculaire et rapide qu’il engendre toute une série de phénomènes de dégradation de notre environnement qui n’auraient pas eu lieu si l’on était pas presque 8 milliards d’habitants actuellement. Et la recherche de modernité et de confort a laquelle aspire n’importe quel humain sur cette planète entraîne une dégradation de l’environnement sans doute irréversible pour des milliers d’années. Mais c’est sans doute plus simple de dire que tout va se réguler tout seul …

Bobby Videau : Je crois que ce sujet a été réglé depuis un moment : il faut de la croissance économique dans les pays les plus pauvres afin qu’ils améliorent leur niveau de vie et accèdent aux services de base (éducation, santé), ce qui conduira à une baisse du taux de fécondité et à une stabilisation de leur population. En revanche il faut de la décroissance économique dans les pays riches (Europe, USA, Canada, Australie, Japon, une partie de la Chine…) afin de limiter la catastrophe écologique en cours. Ca c’est dans un monde idéal, mais dans la réalité je doute que cela se passe de cette manière.

Lustukru : La nature échoue, pour le moment, à mettre fin à l’existence de cette engeance maléfique qui n’a d’autre but que la destruction ou l’esclavage de toute autre espèce vivante. L’humain est un virus mortel pour toute forme de vie, on souhaite, pour le reste de la Galaxie, qu’il reste confiné sur sa planète pour finir par s’auto-dévorer.

-Alazon- : L’idéal de l’écologiste c’est une nature sans hommes, ou à l’extrême limite avec quelques chasseurs-cueilleurs.

He jean Passe : Personne ne parviendra à faire croire aux terriens qu’à 9 ou 10 milliards ils vivront mieux qu’à 2 ou 4 milliards d’humains. Les seuls pays où l’on vit bien sont ceux (tels les pays scandinaves) où la population et sa densité sont faibles. On sait que l’humanité consomme plus de ressources que la planète ne peut en régénérer et produire. Notre avenir ressemblera soit à « soleil vert » soit, au mieux, à celui d’humains vivant dans un environnement appauvri et dégradé, condamnés à vivre par écran interposé avec un revenu minimum en attendant de laisser un peu de place aux suivants. La démographie est une bombe qui est devenue désormais quasi incontrôlable, les religieux et les marxistes en sont responsables.

ParisGapExpress : Bien que discrédité par la plupart des économistes qui ne savent penser qu’en termes de ressources infinies, Malthus avait raison.

gbouvier : Cet article me laisse perplexe. Dans un autre domaine (le « climat », par exemple), si quelques chercheurs se permettaient d’aller contre le courant ultramajoritaire, ils seraient disqualifiés voire ostracisés. On parle ici d’une poignée de démographo-sceptiques, inventant les hypothèses ad hoc pour qu’une stabilisation de la population mondiale se produise assez vite. Alors que la communauté des démographes s’accorde pour estimer un ralentissement de la croissance, mais doute d’une stabilisation à horizon 2100. Il semble que l’on a décidé une fois pour toutes que Malthus est méchant (voire de droite). Il s’en suit un aveuglement idéologique inquiétant quant aux conséquences néfastes de la surpopulation. On y ajoute le couplet bien pensant des vertus de l’immigration (hors sujet, les migrations déplacent les gens, sans effet sur le total) et celui du dynamisme de l’Afrique (la repentance ?) qui va enfin se concrétiser (ça se dit depuis 50 ans …) pour aboutir à ce gloubi-boulga

le sceptique : A. Frachon n’est probablement pas familier de ces débats. Une croissance démographique jusqu’à 9-10 milliards d’humains, couplée à une croissance économique permettant de converger vers le niveau de vie de l’Occidental moyen, c’est à peu près la réalisation (et non réfutation) du cauchemar des nombre d’écologistes. En fait, il y a une écologie des limites physique affirmant « on ne s’en sortira pas » (celle-là peut éventuellement être mise en défaut par l’innovation depuis Malthus) et il y a une écologie de protection de la nature affirmant « on s’en sortira peut-être mais au prix d’une dégradation du climat et du vivant actuels, qui va imprimer sa marque pendant des millions d’années sur Terre ». Or, la seconde prédiction est probablement vraie, en fait elle est déjà un constat.

César Bistruk : Cet article de Frachon pose problème en des termes inappropriés, et donc apporte de mauvaises réponses. La population supportable par la planète est celle ramenant le jour de l' »Earth Overshoot Day » au 31 déc., moyennant des conditions modernes de vie comparables à celles de la classe moyenne européenne, admettons. Cette population idéale, la cible, doit déterminer les politiques démographiques. À la louche, elle semble être bien inférieure à la moitié de la population humaine actuelle. En 2019, ce jour du dépassement tombait en juillet.

Pour en savoir plus il suffit de lire la rubrique démographie sur notre blog biosphere.++++

Mourir de faim, un choix volontaire

690 millions de personnes, soit 8,9 % de la population mondiale, sont sous-alimentées selon les données de 2019. C’est le constat du Rapport annuel sur « L’état de la sécurité alimentaire dans le monde » (baptisé rapport SOFI). En élargissant à la notion plus vaste d’insécurité alimentaire, qui désigne les difficultés d’accéder de façon régulière à une nourriture saine, équilibrée et nutritive, les Nations unies calculent que 2 milliards de personnes, soit plus d’un quart de la population, étaient touchées en 2019. L’émaciation, caractérisée par un faible poids par rapport à la taille de l’enfant, touche notamment 340 millions d’enfants, soit 6,9 % des enfants de moins 5 ans. Maximo Torero, économiste en chef à la FAO, mentionne l’aide aux populations vulnérables et des mesures de régulation de l’industrie agroalimentaire, il ne dit rien sur l’analyse malthusienne qui montre que famine et surpopulation sont intiment liées. Heureusement les commentateurs sur lemonde.fr compensent cet oubli trop fréquent :

lecteur assidu : Le titre du MONDE devrait être «  la natalité continue à progresser dans le monde » au lieu de « La faim dans le monde en progression lente mais continue » … Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.

Hum : La surnatalité est le problème.

Jean Pense Pamoins : Cher Hum, vous avez raison, « surnatalité = dépassement des capacités d’éducation = Ignorance = saccages des ressources comme déforestation et perte de la terre nourricière. Ignorance = prévalence des coutumes et des religions. Ignorance = rôle traditionnel des femmes soumises aux hommes = surnatalité. » La boucle est bouclée.

FOJ : Trop d’humains et des ressources limitées, mais chute, parler démographie est toujours tabou… Avec le réchauffement climatique, la montée des eaux qui l’accompagne et le pic du pétrole que nous avons déjà passé, croire que le problème de la faim dans le monde va se résorber est au mieux naïf. L’explosion démographique est la cause de tous nos maux. Quand le pétrole sera rare la nature se chargera de réduire drastiquement la population humaine à notre place. De toute façon nous autres humains sommes tellement irrationnels sur toutes ces questions qu’il ne fait aucun doute que le pire est à venir.

Paris13 : Je n’ai jamais compris pourquoi des gens mal nourris, vivant dans des conditions précaires et insalubres, faisaient autant d’enfants dont, bien sûr, la vie sera aussi, sinon plus, difficile que celle de leurs géniteurs ??

Georges : La malnutrition vient souvent d une trop forte population : rappelons que la Chine a réussi à contrôler sa population alors que connaissant des famines, ce que l’Afrique peut entreprendre aussi. Rétrospectivement, la générosité européenne et US d’aider l’Afrique en vaccinant sa population ne l’aura peut être pas aidé, entraînant une surpopulation et un saccage de ses ressources naturelles. Aider des pays sous développés est parfois contre productif pour eux, il me semble.

Rabino : Cette idée de l’ONU qui doit intervenir et aider les pays pauvres est néfaste et dépassée. C’est à chaque pays et à chaque État de s’organiser pour équilibrer production et consommation selon les habitudes alimentaires et les possibilités du terrain. Là où les ressources ne sont pas suffisantes pratiquer un contrôle des naissances rigoureux. C’est irresponsable de laisser une démographie

galopa : LA PLANÈTE NE PRODUIT PAS ASSEZ OU LE TIERS-MONDE ENFANTE TROP ? Les pauvres ont beau défricher l’Amazonie ou l’Asie à grande vitesse et pratiquer l’agriculture la plus intensive, il n’y a pas assez de tomates. Faisons des lâchers de préservatifs sur le TIERS-MONDE.

Éric42600 : Pas terrible votre réponse, Galopa. Les comportements humains ne sont pas différents de ceux des animaux : ont fait davantage d’enfants en situation d’insécurité alimentaire afin qu’au moins un ou deux arrivent à l’âge adulte. Quant aux lâcher de préservatifs on vous attend avec impatience dans les campagnes africaines.

In varietate concordia : « Je voudrais rassurer les peuples qui meurent de faim dans le monde : ici, on mange pour vous. » – Coluche

9,7 milliards, la population mondiale en 2064

Selon une étude publiée par la revue médicale The Lancet, la population mondiale pourrait atteindre son pic en 2064, à 9,7 milliards d’individus, et entamer alors un déclin pour redescendre à 8,8 milliards de Terriens à la fin du siècle. Les chercheurs anticipent une baisse globale du nombre de naissances par femme, en raison d’un meilleur accès aux moyens de contraception et d’un niveau d’éducation des filles plus élevé, qui retarderait l’âge de la première naissance. Selon le démographe Gilles Pison, le scénario de convergence des pays vers un taux de fécondité plus bas que celui estimé par l’ONU reste « une hypothèse spéculative ». Ces données diffèrent des projections effectuées tous les deux ans par les Nations unies (ONU) qui prédisent un pic de la population mondiale à la fin du siècle (à 10,8 milliards), mais n’ont jusqu’alors pas anticipé de décrue au cours du XXIe siècle.

Les experts de l’ONU s’appuient sur l’évolution passée des indicateurs de mortalité et de fécondité. L’équipe de l’IHME a anticipé que les décisions politiques, notamment en matière d’éducation et de santé, pouvaient influer la fécondité. Les commentateurs sur lemonde.fr mettent en pièces cette étude de sociologie prédictive :

ROBIN C. : Toutes les projections démographiques effectuées ces dernières décennies se sont trompées en surestimant la baisse de la natalité et donc en sous-estimant la croissance de la population.

Thymie : Bien peur que ce soit une chimère. Les mesures souhaitables sont connues (émancipation des filles et femmes dans les pays à explosion démographique, avec accès à contraception, voire IVG, partage moins mauvais de la richesse mondiale). Mais la nature humaine a horreur de la raison à long terme, et préfère la jouissance à court terme, depuis… Adam et Eve.

Nawak : Peut-on sérieusement croire que dans les pays du Sahel ou en Égypte les politiques mettent à disposition des femmes des moyens de contraception alors que l’augmentation de leur population est justement un objectif politique ?

François Sibeins : comment croire qu’un pays comme l’Italie ou l’Espagne perdrait la moitié de ses habitants d’ici 2100 ? Idem la Chine?

Nicéphore Phocas : Passer d’un indicateur de fécondité de 7 enfants par femme à moins de 2 au Niger, je demande à voir (enfin non, je ne serai plus là pour vérifier)

Gotgot : L’Inde au 3ème rang mondial pour le PIB/habitant ? Je pense que le « /habitant » est de trop, sachant qu’aujourd’hui ils ne sont pas au 7ème rang /habitant, mais loin, très loin de là…

Le Dingue : On parle de décroissance après un pic alors que le chiffre mentionné à l’issue de cette décroissance est supérieur à celui d’aujourd’hui. Bonjour le problème.

Démographie Responsable : De toute façon, la planète est déjà largement surpeuplée et les 8,8 milliards annoncés par cette étude pour 2100, c’est évidemment encore beaucoup trop pour une planète qui ne peut en accueillir correctement qu’à peine la moitié.

Olivier75 : Avec le réchauffement climatique que nous n’endiguerons pas, ça va baisser plus vite et plus tôt (malnutrition, maladie)…

Abandon du natalisme et politique migratoire

Abandon du natalisme : La France ne manque pas d’habitants, bien au contraire. La politique nataliste menée depuis la Libération n’a aujourd’hui d’autre finalité que d’accompagner la logique de croissance du système économique, en dopant la consommation et en équilibrant la pyramide des âges de façon à financer les retraites. Elle aggrave notre empreinte écologique et rend la vie quotidienne de chacun plus difficile. Nul ne sait vraiment aujourd’hui combien d’habitants pourraient être nourris par la seule production agricole du territoire national, avec une agriculture sans pétrole, sans engrais azotés et sans pesticides, soucieuse de la condition animale et de la biodiversité, dans un pays où 99 % de la population n’a pas de formation agricole, où les terres arables sont abîmées par la pratique de l’agriculture intensive et où il ne subsiste que 15 000 chevaux de trait. En revanche, il ressort des données de l’ONG Global Footprint Network que la France a une empreinte écologique 1,85 fois égale à sa bio-capacité, ce qui veut dire qu’à son niveau actuel de consommation, la population française utilise des ressources naturelles et produit des déchets pour une valeur supérieure de 85 % à la capacité physique du territoire à produire des ressources renouvelables et à absorber des déchets. Pour que l’empreinte écologique du pays ne dépasse pas sa bio-capacité, c’est-à-dire qu’elle respecte les capacités de renouvellement des ressources naturelles du territoire, il faudrait :

  • soit diviser le niveau de la consommation moyenne par 1,85 ce qui donnerait un smic brut mensuel de 822 € (4) à population et à répartition des revenus inchangées ;
  • soit réduire la population dans une proportion de 1,85 ce qui correspondrait à une France de 36,2 millions d’habitants (5) à consommation moyenne inchangée ;
  • soit encore réduire la consommation et la population dans une proportion cumulée de 1,85.

Régulation de l’immigration : Avec plus de 255 000 nouveaux titres de séjour délivrés en 2018 et au moins 100 000 entrées irrégulières sur le territoire national (6), l’immigration de personnes non communautaires représente, très loin devant le solde positif des naissances sur les décès, le principal facteur de l’augmentation de la population globale. Une politique de décroissance démographique ne peut ignorer l’incidence majeure des phénomènes migratoires. Elle doit comporter un volet de réduction de l’immigration légale dans ses deux composantes principales : l’accueil des étudiants étrangers et le regroupement familial. Concernant l’immigration clandestine, l’action préventive visant à empêcher l’entrée illégale des étrangers sur le territoire doit être privilégiée par rapport aux mesures ostentatoires mais coûteuses et peu efficaces de reconduites à la frontière. Propositrions

– Supprimer les allocations familiales au-delà du deuxième enfant.

– Reculer de trois ans l’âge légal du départ à la retraite pour répondre au déséquilibre financier résultant du vieillissement de la population.

– Réduire l’immigration légale en limitant les conditions de délivrance des titres de séjour, en matière d’accueil des étudiants étrangers et de regroupement familial.

– Réduire l’immigration illégale, d’une part en révisant les accords de Schengen, d’autre part en renforçant les capacités de Frontex et de la police aux frontières.

– Stabiliser la population française en dessous de 70 millions d’habitants vers 2030 et amorcer ensuite sa diminution.

(Extrait d’un texte proposé comme base de réflexion programmatique aux journées d’été de 2019 du Mouvement Écologiste Indépendant. Il n’engage que son auteur, Gilles Lacan (10/08/2019))

notes (4) En pouvoir d’achat mensuel, l’équivalent du smic en 1973 (avec la semaine de 40 heures).

(5) Soit 35 millions d’habitants en métropole, correspondant à la population française en 1842.

(6) La grande majorité des personnes entrées irrégulièrement forment une demande d’asile, ce qui permet d’en connaître approximativement le nombre.

source : http://economiedurable.over-blog.com/2020/06/pour-une-ecologie-de-la-resilience-6.html

11 juillet, Journée mondiale de la population

De : Population Matters Updates : you’ll know that we’re literally counting down the days to World Population Day this Saturday, 11 July ! Cette Journée mondiale de la population a pour objet d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions démographiques. Le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a en effet recommandé, en 1989, de faire du 11 juillet cette Journée mondiale en référence à la Journée des cinq milliards, nombre d’humains atteint le 11 juillet 1987.

Les prévisions nous annoncent 10 milliards d’être humains en 2050 soit un doublement en 23 ans seulement et nous sommes déjà 7,8 milliards aujourd’hui. Une telle progression, vertigineuse, ne peut se faire qu’au détriment de toutes les autres espèces vivantes, au prix de la détérioration des sols, avec la fin programmée de toutes les ressources non renouvelables, la progression du stress hydrique, l’épuisement des ressources halieutiques, et le réchauffement climatique en prime. Le fait que l’humanité ne prête aucune attention à son nombre et laisse libre cours à l’évolution exponentielle de sa population nous amène donc nécessairement à des famines récurrentes, des guerres incessantes et même des épidémies facilitées par notre densité urbaine. Face à cette situation, il est urgent de devenir malthusien comme nous y incite l’association Population Matters au Royaume Uni et Démographie responsable en France. Pour connaître leurs objectifs :

About Population Matters : « All our environmental problems become easier to solve with fewer people, and harder – and ultimately impossible – to solve with ever more people. » (Sir David Attenborough, Population Matters patron) Our vision is of a future with decent living standards for all, on a healthy, biodiverse planet. Through our campaigning, advocacy and education work we influence policymakers, communities and individuals to make positive changes for a sustainable human population.

Le projet de Démographie Responsable : En incitant à l’autolimitation de la natalité, notre association a pour objet d’œuvrer pour la stabilisation de la population humaine et sa diminution sur le long terme. Excluant tout ce qui ne respecterait pas les droits humains ou qui remettrait en cause la liberté de procréer, notre démarche passe par l’information sur les conséquences de la pression démographique pour les générations futures, les autres espèces et l’environnement. En parallèle à cette information, nous nous donnons entre autre pour mission de soutenir toutes les initiatives en faveur de l’instruction, condition nécessaire à la compréhension par tout être humain des dangers écologiques liés à la surpopulation.

limitation des naissances à une par femme

« Le président des États-Unis, le Secrétaire général du parti communiste chinois, le Président russe… ont annoncé ce jour la création d’une Organisation mondiale qui aura vocation à réguler tout phénomène économique, social ou environnemental qui, de par ses causes ou ses conséquences, dépasse le cadre des frontières étatiques et ne peut qu’être abordé au niveau mondial dans l’intérêt général de l’Humanité. Ses principaux objectifs seront la maîtrise démographique et la réduction des inégalités, la construction d’une économie mondiale saine, l’entretien de systèmes soutenables en termes de ressources naturelles, de terres, d’énergie, de biodiversité, et enfin la régulation du climat. Face à l’urgence , des mesures s’imposent à tous dès le 1er septembre de cette année, notamment la limitation stricte des naissances à une par femme dans le monde entier, une taxation mondiale sur les gaz à effet de serre, tant pour les entreprises que pour les particuliers, une interdiction de la production et de la consommation de viande rouge, une interdiction de l’abattage des arbres sauf dans les zones strictement délimitées, un couvre-feu mondial à 22h30 pour économiser l’énergie dans les zones non équipées en énergies renouvelables .» (Dans Un monde pour Stella de Gilles Boyer… qui a été directeur de campagne du présidentiable Alain Juppé et conseiller politique d’Édouard Philippe, premier ministre de Macron)

Gilles Boyer poursuivait : « Ces mesures peuvent sembler autoritaires et brutales. Elles nous sont imposées par notre laisser-aller collectif depuis des décennies. Toutes ont en commun la recherche de l’intérêt général du genre humain. Leur application sera assurée par une force de police, reconnaissables par leurs casques verts, et qui auront tout pouvoir pour signaler et réprimer les manquements constatés. La Déclaration universelle des droits de l’Homme sera refondée pour y inclure des devoirs… »

Sur ce blog biosphere, nous pensons dorénavant de même ; une réponse aux crises écologiques ne peut advenir qu’au plus haut niveau et de façon imposée. Si les dysfonctionnements de la nature impactent la pensée collective, si les idées précèdent toujours les incarnations, aucune instance actuelle ne peut à elle seule assumer une rupture avec la société thermo-industrielle. La simplicité volontaire ne peut agréger qu’une infime partie d’une population aliénée par la société de consommation. Il existe certes des leaders temporaires, José Bové par exemple, ou les défenseurs des causes indigènes, ou les associations qui luttent pour défendre tel ou tel morceau de la planète… mais il n’y a pas de cohérence globale dans ces luttes. De plus nous avons toujours été déçu par ceux qui on voulu incarner médiatiquement l’urgence écologique. Avec nos faibles moyens, nous avons soutenu régulièrement diverses personnalités politiques. Ainsi nous avons relayé périodiquement les faits et gestes de Nicolas Hulot, actif aussi bien dans les médias que dans le milieu politique ; mais il a été obligé de démissionner de son poste de ministre de l’écologie. Nous avons salué l’avancée médiatique de Yannick Jadot qui a remplacé avantageusement Cécile Duflot en termes de notoriété ; mais il a abandonné son statut de présidentiable pour se jeter dans les bras de Benoît Hamon. Nous avouons avoir eu à une époque déjà lointaine un faible pour Arnaud Montebourg, qui nous paraissait pouvoir devenir le Jaurès de l’écologie ; mais il s’agit d’un velléitaire. Yves Cochet reste à notre avis le seul politique qui compte quant à l’incarnation de la cause écologique au niveau politique et livresque : mais il est complètement marginalisé dans son propre parti et maintenant reclus dans sa maison de campagne. Nous nous souvenons encore avec émotion de René Dumont, l’initiateur de l’écologie politique au moment de la présidentielle 1974 ; mais qui se souvient encore aujourd’hui de son nom ? Faute de candidat écolo consensuel, on en est encore réduit à encenser des figures symboliques comme Greta Thunberg.

Alors il faut attendre que la planète flambe un peu plus, que des catastrophes fassent des millions de victimes, que la famine gronde ici et là, que la guerre de tous contre tous se généralise et que des peuples se révoltent en ordre dispersé. Alors on fera à ce moment-là ce que Gilles Boyer envisageait dans son livre.

Pour une France de 30 millions d’habitants

La France ne peut nourrir que 30 millions de personnes « sobres » alors que ce pays compte déjà actuellement 67 millions d’habitants et qu’on arrive à 7,8 milliards d’humains sur la planète qui aimeraient bien vivre en France. ll faudrait en arriver à quelques conclusions déplaisantes… si on est logique ! Voici ce que dit l’article de Jean-Marc Tagliaferri qui justifie ce chiffre de 30 millions :

Quelle est la population maximum que peut théoriquement accepter la France, avec ses propres ressources et au niveau de vie que l’on estime comme minimum décent (manger, se loger, se chauffer, s’éduquer, se soigner)… tout en préservant les écosystèmes qui nous fournissent tout cela ? Cette question fondamentale n’est jamais posée. Voici quelques éléments de réponse. Aux deux dernières périodes « sans pétrole »  c’est à dire  avant 1900 et entre 1941 et 1944, le sol français abritait entre 39 et 40 millions de personnes, qui se nourrissaient dans le premier cas et qui survivaient à peine dans le second (on estime que l’Allemagne pompait en France de quoi nourrir 10 à 15 millions de personnes) SAUF :

1°) qu’à la première période la France possédait plusieurs millions de chevaux de trait (on les a encore utilisés en 1914 voire en 1940), des boeufs de labour,  des ânes et des mulets. Tout cela a disparu. Donc sans énergie fossile, la productivité des champs sera moindre, à la fois parce qu’ils ne seront pas désherbés et qu’ils ne seront pas fumés ! Quand à la permaculture, certes ça peut très bien marcher, mais ça ne s’improvise pas du jour au lendemain (et mon copain permaculteur passe 10 heures par jour dans ses 1000m2, rien à voir avec le jardin d’Eden où on tend la main de son hamac quand on a faim!

 2°) qu’à l’époque les sols français étaient vivants, épais, riches en humus, les entreprises chimiques n’ayant pas encore eu à écouler leurs surplus d’explosifs comme engrais et la majorité des exploitations fumant les sols avec les déjections animales et humaines !

 3°) qu’en outre la plupart des français ne mangeait pas de la viande ou du poisson à tous les repas comme une bonne partie le fait maintenant, ce qui diminuait la demande globale.

 4°) qu’un certain nombre d’infrastructures ne sont plus disponibles, par exemple les petits canaux d’irrigation qu’on a laissé se dégrader et qui pour la plupart ne sont plus alimentés par des rivières qui s’assèchent grâce aux « aménagements » dont elles ont bénéficié. Certes il y a de grands ouvrages qui survivront au post-pétrole (barrages, grands canaux) mais pour la plupart ils nécessitent des systèmes de pompage , des tuyaux et des arroseurs et l’énergie pour les faire fonctionner. Ajoutons que le 1/3 des terres agricoles de l’époque sont parties en forêt ou en urbanisation, autoroutes, TGV, etc. Donc mon pronostic est que le territoire français actuel pourrait nourrir durablement peut-être 30 millions de personnes « sobres » s’il venait à être privé d’engrais et de pétrole pour les machines agricoles, si on trouvait une dizaine de millions de bras pour aller remplacer les machines et si on adoptait des pratiques culturales aptes à sauver les sols.

 En réalité ceux qui veulent des immigrants supplémentaires se trompent quand ils croient que nous allons économiquement bénéficier de la présence des dentistes et écrivains du Moyen-Orient.  Pour être très cynique, les seuls immigrants « utiles » désormais sont ceux qui savent survivre en grattouillant une terre hostile, mais j’ai l’impression que c’est en train de devenir une denrée rare, car il n’y a pas qu’en France que l’éducation des jeunes est catastrophique du point de vue pratique : combien de jeunes africains qui survivent dans les bidonvilles de cités millionnaires  sauraient-ils cultiver un jardin ? Je ne pose même pas la question pour les jeunes français, j’ai déjà eu la réponse avec mon neveu et mes nièces:-

(Article de Jean-Marc Tagliaferri, envoyé pour notre blog biosphere le 24 septembre 2017 et qui méritait rediffusion)

Migrant·e·s, pour un accueil inconditionnel

La position de la commission « immigration » d’EELV peut être caractérisée par cette phrase ,« Pro-migrant·e·s : la rationalité de l’accueil inconditionnel ». Selon cette commission, la solidarité voudrait l’accueil inconditionnel, celui qui fait qu’une dynamique de concertation entre les présents et arrivants peut advenir… et des cultures nouvelles naître pour le bénéfice collectif. Voici quelques éléments sur la position officielle du parti EELV pour « le devoir d’accueil et la solidarité active aux réfugié·e·s politiques, économiques et environnementaux » telle que posée par la charte des valeurs et principes fondamentaux du mouvement, d’une part, en faveur d’une « politique d’accueil efficiente » pour répondre à la « crise de l’accueil » telle que votée par le conseil fédéral. On va s’efforcer de « quitter le terrain de la morale et de l’émotivité » pour « déplacer le débat sur le terrain des faits » : elles ne sont pas toujours là où la rhétorique de l’appel d’air, du grand remplacement et autres fantasmes malheureusement plus répandus qu’on croit dans le spectre politique.

1. Flux migratoires et empreinte écologique : D’abord, de combien de personnes parle-t-on ? Le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) estime à 740 millions le nombre de migrant·e·s internes dans le monde, contre 200 millions de déplacés pour les migrations internationales. On parle de 3 % de la population mondiale, un pourcentage resté stable ces cinquante dernières années. 37 % des migrations ont lieu d’un pays en développement vers un pays développé, seulement, 60 % se déplaçant entre pays développés ou entre pays en développement. 7 % des migrant·e·s (15 millions de personnes) sont des réfugié·e·s dont la plupart vit à proximité du pays qu’ils ont fui : j’ai coutume de citer le chiffre de 1 réfugié·e pour 6 libanais·e·s contre 1/300 français·e·s. Enfin, on estimait à 50 millions le nombre de réfugié·e·s environnementaux·ales en 2010 et 200 millions d’ici 2050. Dans ces conditions, j’avoue m’interroger sur l’analyse qui consiste à acter qu’un·e Français·e a une empreinte écologique respectivement 9 fois supérieure à celle d’un·e Érythréen·ne et presque trois fois supérieure à celle d’un·e Malien·ne pour arriver à la conclusion que « ce type d’immigration est donc néfaste sur un plan écologique ». En revanche, il y a une corrélation claire entre empreinte écologique française et déplacements forcés de populations pour raisons environnementales. Quant à ceux qui imputeraient malthusiennement à « une plus grande fertilité des femmes immigrées » l’empreinte écologique supplémentaire, les chiffres les plus récents montrent que, si la fécondité des immigrées est plus élevée que celle du reste des femmes : le surcroît de fécondité des immigrées ne pèse guère dans la moyenne nationale (il la fait passer seulement de 1,65 à 1,72, soit 0,07 enfant) ce qui est peu. En outre, il·elle·s « évacuent le problème général » de l’accès aux soins et – plus spécifiquement féministe – de l’accès aux soins, à la santé sexuelle et à la contraception dans une situation de cumul de vulnérabilités (femme, racisée, en situation de précarité administrative, etc.).

2. Accueil inconditionnel et domination néocolonialiste : Là encore, je m’interroge sur une approche qui consiste à imputer exclusivement au états du continent africain et, par extension, aux ressortissant·e·s de ces états, la responsabilité d’inégalités mondiales héritées justement d’une situation de domination coloniale, puis néocolonialiste qui perdure. L’exploitation par la France de l’uranium nigérien en est un triste exemple : même en simplifiant les causes des conflits à la seule question des ressources, leur exploitation étant globalisée, on ne peut éluder les responsabilités occidentales dans les conflits (pas seulement africains, d’ailleurs). L’accueil inconditionnel ne résout pas les causes de départ des pays d’origine, certes, mais il n’en est pas responsable et, surtout, il n’est pas incompatible avec le changement de comportements économiques prédateurs qui les favorisent. Si l’émigration sert de soupape à quelque chose, c’est bien plutôt à ces causes dont la « pression démographique » est la résultante. Je ne reviens pas sur l’accès à la santé qui illustre les inégalités sanitaires à un niveau mondial, cette fois : « investir dans l’éducation et améliorer le statut des femmes pourrait provoquer une « révolution contraceptive » dont les bénéfices couvriraient d’ailleurs de larges domaines de la santé, bien au-delà de la limitation des naissances, » disait Henri Léridon de l’INED. Toute la question est de savoir si cela est possible dans un contexte de dette pour grande partie coloniale et de réduction austéritaire de l’aide publique au développement. À titre de comparaison, elle représentait 135,2 Md$ en 2014, contre 554 Md$ en 2019 pour les transferts de fonds privés : difficile d’affirmer dans ces conditions que « ces pays ont besoin de ces émigré·e·s sur place et non de l’argent qu’il·elle·s envoient au pays, » d’autant plus au vu de l’impact très négatif de la crise sanitaire sur ces transferts de fonds vitaux pour les pays d’origine.

3. Éthique, humanisme et rationalité… parlons-en : Il est du devoir de l’État de faire droit à l’hébergement inconditionnel, c’est-à-dire quelle que soit la situation administrative des personnes en situation de rue. Cette situation de crise de l’accueil est la résultante d’une défaillance organisée de l’accueil par la puissance publique au prétexte de maîtrise de la dépense publique (mettons de côté la rhétorique de l’appel d’air qui consiste à considérer comme tellement attractif d’ouvrir un point d’eau potable au milieu d’un campement de rue, sic.). Or, le coût d’une politique de non accueil, voire de répression systématique de l’immigration, interroge lui aussi sur le bon emploi des fonds publics : dès 2009, la cour des comptes (institution pas tout à fait no border, guidée par la morale et l’émotivité) estimait en 2008 à environ 190,5 millions d’euros le coût de la rétention administrative en France, soit 5 550 euros par retenu·e (je ne sais pas combien vous payez de loyer mais ça paraît tout de même un brin exorbitant pour enfermer quelqu’un·e). Ceci sans compter qu’à 58,3 % des retenu·e·s ne seront finalement pas expulsé·e·s, la question de l’efficacité d’une telle politique au regard de ses objectifs mérite d’être posée. Je vous laisse imaginer le coût budgétaire et écologique d’une politique d’expulsion par avion, au profit de compagnies privées. Enfin, le coût de l’externalisation de la gestion des frontières de l’UE à la Turquie et à la Libye (avec au passage des marchés d’esclaves à ciel ouvert) se compte en milliards d’euros d’argent public. Je ne sais pas vous mais encore une fois à titre personnel, j’apprécierais que l’argent de mes impôts serve à accueillir et inclure, plutôt qu’à une maltraitance absurde de personnes à raison de leur origine, disons-le xénophobe d’État.

Pour ce qui est de considérer que la majorité des Français·e·s « subissent l’immigration plutôt qu’il·elle·s ne l’approuvent, » c’est aller un peu vite. Déjà, d’après une enquête Elabe d’octobre 2019, seul·e·s 10 % des Français·e·s estiment correctement la proportion de la population immigrée dans la société (en partant sur les estimations du ministère de l’Intérieur, pas particulièrement connu pour être gauchiste, on parle de 0,57 % maximum de la population française en réalité). Par ailleurs 2/3 Français·e·s se disent favorables à l’accueil des réfugié·e·s, selon la même étude. Il y a quelque chose de l’ordre du serpent qui se mord la queue entre une grosse partie de la classe politique persuadée que la population attend d’elle un rejet xénophobe et une opinion publique qui reçoit à longueur de journée des discours de cette partie de la classe politique à base d' »appel d’air », de « vagues ou crises migratoires » : le « grand remplacement » brandi comme un chiffon rouge par certain prendrait quelque siècles, sans doute l’argent dépensé à réprimer le serait mieux à accueillir.

Toutefois et si vous n’êtes toujours pas convaincu·e·s à ce stade, la seule Méditerranée a fait d’après le Missing Migrants Project depuis le 1e janvier 2020, environ un·e mort·e toutes les 11 heures et 37 minutes. J’ai coutume de parler d’une « horloge macabre, » on peut aussi s’interroger sur le coût de ces pertes humaines. Je l’écrivais déjà aux côtés d’Éva Sas et de Claire Grover, « refusons le populisme migratoire » : il tord la réalité, est aussi coûteux qu’inefficace et, enfin, tue. Je laisse le soin de compléter en tant que de besoin. Avec humanisme et réalisme, j’espère vous avoir convaincu·e·s que les deux n’étaient pas incompatibles…

Problème, anti-migrants ou anti-immigration ?

Problématique : J’ai plusieurs amis qui accueillent chez eux des migrants et j’ai beaucoup de sympathie pour leur engagement. Dois-je renoncer à convaincre mes amis d’adhérer à l’association  « Démographie Responsable » si elle est en désaccord ?

Analyse : La question n’est pas si l’on est « anti-migrants »car qui pourrait être insensible à la misère des migrants venus du tiers monde ? La question est plutôt de savoir si l’on est  » anti-immigration « . La réponse à cette question est difficile et doit être nuancée. Malheureusement, les interlocuteurs  » pro-migrants » ne veulent pas quitter le terrain de la morale et de l’émotivité et évacuent le problème général des flux migratoires avec des slogans de type « l’accueil d’abord « . Comme ils reprochent , souvent implicitement, à leur contradicteurs d’être des égoïstes qui ne veulent pas partager leur confort, il faut déplacer le débat sur le terrain des faits :

1. L’empreinte écologique. Celle d’un habitant d’Érythrée est de 0,5 gha, celle d’un Malien de 1,6 gha, et celle d’un Français métropolitain de 4,5 gha ( en 2016). En s’installant en France un immigré venu du tiers monde multiplie son empreinte écologique personnelle et augmente l’empreinte générale de la France et de la terre . Cet effet est encore renforcé, à terme, par la plus grande fertilité des femmes immigrées. Ce type d’immigration est donc néfaste sur un plan écologique. Les accueillants qui sont souvent des écologistes devraient être sensibles à cet aspect. Mais cela ne semble pas être le cas.

2. pression démographique et colonialisme. Même l’accueil le plus vaste ne change rien au problème démographique qui est à la base des flux migratoires, même si la cause immédiate sont souvent des conflits armés pour les ressources que doivent se partager une population toujours plus grande : même si l’Europe accueillait 100 millions Africains, cela ne baisserait que marginalement la pression démographique en Afrique dont la population de 1 350 000 000 habitants en 2019 est prévue de passer à 2 450 000 000 en 2050 ! Je rappelle que , contrairement à une idée reçue, l’Afrique est déjà en déficit écologique lequel augmente d’année en année. Pire, l’accueil sans discernement aggrave les problèmes des pays d’origine. D’une part, l’émigration sert de soupape de sûreté à la pression démographique et retarde par cela la prise de conscience que la solution ne peut venir que des pays concernés eux-mêmes. C’est un principe bien connu en psychiatrie : pour guérir, le malade doit être conscient qu’il est malade et cette prise de conscience passe souvent par la souffrance. Le malade ne peut pas guérir par des anti-douleurs. Pourtant, la soit-disant aide au développement des occidentaux consiste à donner des anti-douleurs. De l’autre, ce sont souvent les forces vives qui émigrent, les plus pauvres n’en ont pas les moyens. Or, ces pays ont besoin de ces émigrés sur place et non de l’argent qu’ils envoient au pays, rendant ainsi ces pays encore plus dépendant de l’extérieur. On estime à 1000 le nombre des médecins syriens qui soignent les seniors allemands au lieu de la population restée sur place. C’est une forme de colonialisme !

3. Ethique et humanisme. En dernier lieu je voudrais mentionner un aspect qui n’est pas en rapport direct avec la démographie mais qui me paraît important pour la clarté du débat. En général, les « pro-migrants » hébergent les immigrés le temps de régulariser leur situation administrative, souvent à force de pression médiatique. Ensuite ils les remettent aux bons soins de l’État français,c’est-à-dire l’ensemble des Français qui, au demeurant, dans leur majorité subissent cette immigration plutôt qu’ils ne l’approuvent. Sur un plan éthique, les accueillants exercent donc une sorte charité au frais d’autrui. Ce type de miséricorde, à bon prix, n’est prévue ni par la bible ni par la pensée humaniste. La conviction, et parfois la fierté, des accueillants d’être « bon », et les autres « mauvais », n’est pas justifiée. Ils agissent, pour reprendre la fameuse distinction de Max Weber, selon une éthique de conviction et non selon une éthique de responsabilité laquelle prend en compte tous les effets d’une action et pas seulement les effets immédiats qui dans le cas présent, donnent la bonne conscience à certains mais s’avèrent, à plus long terme, négatifs pour tous.

Martin Rott

Démographie Responsable et immigrations

L’association Démographie Responsable mérite d’être connue, c’est une des rares instances officielles qui aborde de front la question démographique. Cela n’empêche pas les débats internes, voici un échange significatif sur la question migratoire :

IY : J’ai plusieurs couples d’amis qui accueillent chez eux des migrants et j’ai beaucoup de sympathie pour leur engagement. Démographie Responsable défend-elle une position anti-migrants ? Dois-je renoncer à convaincre mes amis d’adhérer à notre association ?

GD, responsable de l’association DR : Démographie Responsable est une association et non un parti politique. Elle n’a donc pas vocation à s’exprimer sur tous les sujets de société qui peuvent régulièrement apparaître (PMA, GPA, Gilets Jaunes, retraites, racisme et j’en passe). Il n’empêche, lorsqu’un de ces sujets a une influence évidente sur la démographie, nous nous sommes inévitablement amenés à nous exprimer.Concernant l’immigration et en dehors de tout aspect moral ou humain du sujet, il me semble que la position de DR est assez bien contenue dans la pétition intitulée « La population française ne doit pas dépasser 70 millions d’habitants » où il est écrit ceci : « Chaque habitant supplémentaire ajoute en effet à la pression sur la nature et sur les écosystèmes aggravant ainsi notre empreinte écologique. Il ne faut plus inciter les couples à avoir plus de deux enfants, via les allocations et le quotient familial, et faire en sorte que le solde migratoire tende vers zéro.» Pour être plus précis, cela signifie que puisqu’un nombre assez significatif de français partent s’installer à l’étranger nous ne sommes pas opposés à ce qu’un nombre équivalent d’étrangers puissent venir s’installer en France. Au-delà, heureusement, chacun est libre individuellement d’avoir un avis sur la question des migrations et de l’exprimer. Un exemple assez marqué vient d’un de nos plus éminents membres d’honneur, à savoir Yves Cochet, qui se prononce ouvertement dans les médias sur ce sujet en déclarant ceci « la limitation des naissances nous permettrait de mieux accueillir les migrants qui frappent à nos portes ». La question démographique est suffisamment difficile à porter pour éviter de se cliver sur chaque sujet de société. Il faut donc se rassembler autour de ce qui nous unit.

MS : À ma connaissance, Démographie Responsable n’a pas de position de groupe par rapport aux migrations, il suffit de taper le mot « migrant » sur le moteur de recherche de notre site DR pour s’en rendre compte. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas réfléchir collectivement sur ces questions migratoires, l’évolution démographique inclut nécessairement les faits de natalité, mais aussi la mortalité et les mouvements migratoires. Si la France ne peut nourrir que 30 millions de personnes « sobres » alors qu’elle compte pourtant actuellement 67 millions d’habitants et qu’on arrive à 7,8 milliards d’humains sur la planète qui voudraient bien vivre en France, il faut en arriver à quelques conclusions déplaisantes… si on est logique ! Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas secourir les migrants à titre personnel, ma femme s’occupe de l’apprentissage du Français par des migrants et j’ai beaucoup d’amis issus de l’immigration, mais il faut comme en toutes choses savoir instaurer politiquement une régulation globale.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

2 mars 2018, Organisation mondiale pour une démographie responsable

13 décembre 2016, Le point de vue de « Démographie Responsable »

3 octobre 2016, Pour que la démographie soit évoquée à la COP 22

31 mai 2014, Démographie et Ecologie, un sujet extrêmement tabou

17 septembre 2012, Agir avec l’association « Démographie responsable »

3 septembre 2010, démographie responsable

Covid-19, choisir la sélection naturelle ?

Il y avait deux stratégies en présence pour enrayer les contaminations, l’immunité collective ou la distanciation sociale. Aux dernières nouvelles, le virus SARS-CoV-2 entraîne bien une immunité protectrice. L’infection suscite la production d’anticorps et ceux-ci possèdent une action neutralisante contre ce coronavirus encore présente six semaines après l’apparition des symptômes. Maintenant on s’interroge sur l’efficacité du confinement généralisé en France et ailleurs. Le choix de l’immunité commence à être analysé ; la Suède est-elle un modèle à suivre ?

L’immunité avait été choisie dans un premier temps par la Grande Bretagne. Patrick Vallance, conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, l’avait exprimé clairement : « Il n’est pas possible d’éviter que tout le monde attrape le virus. Et ce n’est pas non plus souhaitable car il faut que la population acquière une certaine immunité. » Toujours selon M. Vallance, il faudrait qu’environ 60 % de la population britannique contracte le virus pour qu’elle développe cette immunité collective permettant d’éviter de futures épidémies. M. Johnson a donc alerté les Britanniques sur le fait qu’ils devaient « se préparer à perdre bien davantage d’êtres aimés« . De même en Suède, seuls les rassemblements de plus de 500 personnes avaient été interdits, ainsi que les visites dans les maisons de retraite. Le reste n’était que recommandation : se laver les mains, ne pas sortir de chez soi en cas de symptômes grippaux, renoncer aux interactions sociales pour les plus de 70 ans et les personnes à risque. Un confinement sélectif pour personnes à risque. Cafés et restaurants restent ouverts. L’argument ? Les conséquences du remède (le confinement) ne doivent pas être pires que celles de l’épidémie. Dimanche 22 mars 2020, le discours du premier ministre, Stefan Löfven n’avait duré que cinq minutes : « Beaucoup allaient devoir dire adieu à un être cher » ; il n’avait annoncé aucune nouvelle mesure, se contentant d’appeler au civisme et à la responsabilité individuelle. Un discours accueilli positivement, tant par les commentateurs que par ses adversaires politiques, jouant la carte de l’unité nationale.

L’autre méthode, le confinement, est la voie choisie par la France et la plupart du pays,. On met en œuvre la distanciation sociale, entre autres le fait de demeurer à au moins un mètre d’autrui ; cela fait partie des gestes “barrière” recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des mesures policières empêchent le déplacement des personnes et les rassemblements. Lidée est d’aplatir la courbe représentant le nombre de contaminés en fonction du temps. Plutôt que de laisser le virus se répandre rapidement dans la population, saturant les systèmes de santé, l’idée est de faire en sorte qu’il se propage sur une plus longue période. Il s’agit donc en arrêtant une grande partie de l’activité économique, de s’assurer que les systèmes de santé pourront faire face à tous les cas nécessitant une hospitalisation, et seront ainsi en mesure de limiter le nombre de décès. En termes philosophiques, il s’agit de choisir entre se soumettre presque totalement aux mécanismes de la sélection naturelle, ou bien d’essayer d’enrayer par contraintes multiples la propagation du virus.

Un des fondateurs de l’écologie politique, Alain Hervé, avait un discours très loin de la voie choisie par Macron : « Nous échappons aux régulations naturelles comme les épidémies. Pasteur a conjuré la mortalité infantile naturelle. Il ne savait pas qu’il contribuait ainsi à rompre l’équilibre démographique. Maintenant le milliard d’hommes qui naissent et meurent affamés n’accède plus vraiment à l’état humain, il en reste à un état infra-animal. On peut me traiter d’antihumaniste ; le politiquement correct est devenu une peste intellectuelle… » Nous acceptons toujours actuellement que la famine, les guerres et les automobiles entraînent la mort d’une partie de la population mondiale, pourquoi les épidémies devraient-elle être nécessairement éradiquées ? Il y avait cependant une méthode intermédiaire qui pouvait faire la synthèse, minimiser le nombre de morts tout en acceptant nos faiblesses. Avec une mise en quarantaine ciblée, on aurait imposé un confinement strict de toutes les populations à risques (grand âge et personnes ayant une pathologie) ; ce serait l’équivalent de la protection des « enfants bulle ». Le reste de la population serait soumise au processus d’immunité collective. C’est la voie choisie par le déconfinement !

Surpopulation, la télé en parle… très mal

Trop de monde sur Terre ? (Magazine « Terra Terre » sur Public Senat le 26 mai 2020 à 23h). Nous avons regardé l’émission malgré son heure très tardive, c’était super-nul. Dans une ambiance bistro où les gens n’écoutaient pas ce qui se disait de la démographie, on passait à toute vitesse d’un thème à l’autre sans s’arrêter sur aucun, capacité de charge, migration, transition démographique, statut des réfugiés climatiques, Nicolas Sarkozy a dit, on n’est plus dans une croissance exponentielle, ah mais il y a aussi le vieillissement de la population, et que pense donc les décroissants qui de toutes façon ne s’intéressent pas à la question démographique, etc. Malthus est envoyé en un mot aux oubliettes, qui ne sait pas que « malthusien » est dans le dictionnaire n’en saura pas plus, mais il y aura eu un reportage sur la spiruline : demain pas de problème alimentaire, on mangera des algues « si riches en protéines »… Mieux vaut adhérer à l’association Démographique Responsable que perdre son temps devant la télé. Mieux vaut lire ce blog pour en savoir plus, ainsi des discours de Sarko :

– Nicolas Sarkozy en 2016 : « Nous sommes 7 milliards d’habitants. En 2100, nous serons 11,5 milliards. La question des conséquences de cette démographie est donc centrale pour les grands équilibres de la planète ». Il souhaite que « la communauté internationale prenne en main le premier problème de la planète, qui est celui de la démographie mondiale ». Il préconisait « une conférence mondiale sur la démographie ». À son avis, le sujet doit « faire l’objet, chaque année, d’une conférence comparable à celle sur le climat».*

– Nicolas Sarkozy en septembre 2019 devant le MEDE :« Quand je suis né en 1955, il n’y avait pas si longtemps, il y avait 2,5 milliards d’habitants. Sur moins de la durée de vie d’un homme, la population mondiale été multipliée par trois. C’est incroyable ! Dans 30 ans nous serons 9 milliards, à la fin du siècle 11 milliards. C’est fait, quoi que nous décidions. Les dérèglements climatiques, le monde en a connu, mais le plus grand choc est démographique. Un choc comme celui-là, le monde ne l’a jamais connu. Dans 30 ans le Nigeria aura plus d’habitants que les USA. On va passer de 1,2 milliards d’Africains à 2,5 milliards. La crise démographique n’a pas encore commencé, elle est à venir. On peut refuser cela, mais promouvoir le développement durable sans se poser la question de l’explosion démographique, cela n’a pas de sens. Le sujet démographique est un sujet monumental, tectonique et il n’y a pas un seul organisme international qui aide à réfléchir sur l’évolution démographique mondiale alors qu’en agriculture il y en a une dizaine. La question, c’est combien d’êtres humains peuvent vivre en même temps sur cette planète. J’entends bien la difficulté, le désir d’avoir des enfants, ce que cela représente. Mais est-ce qu’on ne voit pas que toutes les espèces ont vocation à disparaître par surpopulation ou par appauvrissement des ressources. Et on pense que cela ne se passera pas pour nous les humains ? Je suis assez fasciné de voir les multiples discussions sur le climat et la gêne quand on discute d’évolution de la démographiemondiale. » **

* http://www.lejdd.fr/Politique/Sarkozy-preconise-une-conference-mondiale-sur-la-demographie-783501

** https://www.youtube.com/watch?v=VuwncVRV4Iw&feature=youtu.be

Le coût de l’espérance de vie « augmentée »

Certains organismes vivants se reproduisent par simple duplication (bactéries, amibes…) et sont de ce fait immortels. Pour les autres le corps, une fois fourni l’effort nécessaire à la reproduction, va lentement décliner jusqu’à la mort : la mouche va vivre 17 jours en moyenne, le rat 6 années et le séquoia géant 6 000 ans. Ces différences sont inscrites dans les gènes qui donnent à une espèce une durée de vie maximale. Comme les autres espèces, les humains sont programmés pour mourir, mais ils modifient leur environnement pour mieux résister au processus de vieillissement. Ainsi la réduction de la mortalité infantile, les progrès de l’hygiène publique et privée et la lutte contre les infections ont fait passer l’espérance de vie moyenne à la naissance en France de 25 ans en 1750 à 45 ans en 1900 et 83 ans en 2017. On a même pu calculer que sept années de vie supplémentaire découlaient de traitements médicaux ou chirurgicaux très coûteux. Les dépenses de santé sont en constante augmentation et représentent actuellement près de 11 % du PIB, soit environ 271 milliards d’euros annuels. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Certains technophiles veulent agir contre les processus de vieillissement, faire de la télomérase, lutter contre les radicaux libres, encombrer les centres de soins palliatifs. Le transhumaniste Laurent Alexandre vise même à « euthanasier la mort » pour vivre mille ans. Il suffirait selon lui de modifier notre nature humaine par des interventions technologiques en utilisant la puissance des NBIC (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives) : « La demande de vivre plus longtemps est insatiable… La fixation des limites dans la modification de l’espèce humaine conduira très certainement à des oppositions violentes entre bioconservateurs et transhumanistes. » Quel est le point de vue possible des écologistes face à l’hubris transhumaniste et trop coûteux de l’homme « augmenté » ? Soulignons d’abord que si les inconvénients du système technico-médical commencent à prendre le pas sur les bénéfices qu’ils nous ont apporté, c’est pour des raisons globales. Les gains en termes d’espérance de vie n’augmentent plus en proportion des dépenses par la faute des maladies de civilisation ! L’inactivité physique et la malnutrition jouent un rôle majeur, ainsi que l’exposition à la pollution, aux stress de la vie socioprofessionnelle, aux pesticides, à la consommation de sodas, aux produits ultra-transformés, etc. La prévalence croissante de l’obésité, de la stéatose hépatique, du diabète, de l’hypertension artérielle, des maladies chroniques cardio-vasculaires, respiratoires, rénales… et les cancers deviennent des maladies chroniques largement liée à notre mode de vie. Les maladies de civilisation pèsent désormais plus lourd dans la mortalité que les maladies naturelles. L’espérance de vie en bonne santé commence à régresser dans bon nombre de pays. La mortalité par Covid-19 ne fait donc que se rajouter à un tableau clinique peu encourageant.

Il est donc utile de se demander si cela est durable de perfectionner sans cesse nos moyens d’assistance sanitaire au prix d’un épuisement de nos ressources fossiles (non renouvelables), si c’est respecter les cycles vitaux que de s’attarder sur la planète et prendre un peu de l’espace vital à toutes les autres espèces, si c’est écologique de lutter indéfiniment contre notre mort inéluctable, si c’est bien vivre que de vivre centenaire. Enfin noublions pas qu’une part importante de l’accroissement de la population mondiale vient de l’allongement de l’espérance de vie : si nous en étions restés au niveau de l’espérance de vie en 1900, nous serions quelques milliards de moins. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 mai 2020, espérance de vie et équivalent pétrole

11 spetembre 2017, Sans pétrole, nous nous baladerons dehors et tout nu (Jean- Marc Jancovici)

4 janvier 2017, longévité, intelligence…. tout commence à décroître

14 mars 2015, Mainmise de l’industrie sur nos repas : trop de sucre

6 juin 2013, Le fantasme de l’immortalité, une perte de sens

Le confinement généralisé, une grave erreur

Plutôt qu’un confinement généralisé, nos gouvernants auraient mieux fait de dire : « les jeunes restent à l’école et les travailleurs au boulot, l’immunité collective est un passage obligé ». Par contre toutes les personnes à risque (comorbidité, âge avancé) restent confinées chez elles si elle ne veulent pas attraper le virus au vol. A chacun de prendre ses responsabilités. Le risque de mourir est peu élevé. Parmi les individus infectés, 3,6 % seulement ont été hospitalisés et 0,7 % sont morts. Le taux de létalité varie de 0,001 % chez les moins de 20 ans, à 10,1 % chez les plus de 80 ans.

De toute façon il suffit d’attendre, le virus perdra de sa virulence. La grippe espagnole de 1918 ou la grippe de Hongkong de 1968 se sont éloignées au bout de deux années sans qu’on fasse quoi que ce soit de spécial. C’est dû à la recombinaison génétique qui préside à l’évolution des espèces. Les changements du génome du virus (ARN) sont issues des erreurs d’association des bases dans la chaîne de la molécule au sein de la cellule hôte. Ces erreurs sont faites au hasard, il n’y a pas de déterminisme préétabli. La virulence des virus change pendant sa réplication dans chaque personne et continue en sautant d’une personne à l’autre. Au bout d’un certain temps de contagion, il existe des souches différentes avec des virulences différentes. Les souches virulentes vont continuer à provoquer des malades jusqu’à ce que la virulence cesse. Le temps pour la perte de la virulence n’est pas un facteur en lui même mais il est relié à la réplication et à la transmission. Il suffit donc d’attendre passivement le temps nécessaire à la modification du génome et à la perte de sa virulence du virus. Pour le Sars-cov-2, personne ne connaît encore la période nécessaire puisqu’il est nouveau mais il semble qu’il s’affaiblisse au bout de 3 mois. La seule motivation du confinement généralisé reposait sur le fait de ne pas encombrer les services hospitaliers. Mais là il suffit de faire du triage médical, sélection de qui doit vivre et qui doit mourir, méthode absolument nécessaire en période de crise sanitaires aiguës et qui a été effectivement utilisée par les soignants avec le SARS-CoV-2. Beaucoup de commentateurs sur lemonde.fr préfèrent l’immunité collective plutôt que le confinement :

Joan Alcover : Tout cela suggère que la « contagiosité » de la maladie est faible ; et elle l’est aussi dans les pays qui n’ont pas confiné ou ont confiné de façon moins exigeante que la France. Par ailleurs, il est maintenant acquis que la « létalité » de l’infection est très faible, sauf pour les personnes âgées. Alors, pourquoi a-t-on confiné tout le monde y compris les « actifs » (non « âgés ») qui ne courraient aucun risque et pas seulement ceux qui courraient un risque réel : les personnes âgées, qui ne font plus partie de la population active ? On aurait pu éviter ou fortement mitiger le désastre économique qui nous attend.

GERONIMO : Faudrait savoir : C’est le confinement ou l’immunité collective que l’on recherchait ? Parce que l’un EMPÊCHE l’autre. Donc si vous voulez prouver qu’en plus de toutes les omissions et de tous les mensonges, on nous a AUSSI mené en barque au sujet du confinement, vous marquez sûrement des points.

Le Renard Masqué : Avez-vous regardé la forme de la courbe au moment où le confinement a été mis en place? Sans confinement, la dynamique de l’épidémie aurait été exponentielle. Le nombre de morts (y compris chez les plus jeunes) aurait lui aussi atteint des hauteurs stratosphériques. Et les personnes âgées confinées auraient été plus contaminées car le reste de la population ne l’aurait pas été, à suivre vos préconisations qui font frémir…

Joan Alcover @ Le Renard Masqué : j’ai bien regardé « la forme de la courbe » en France et aussi dans les pays qui n’ont pas pratiqué le confinement « à la française » ; je vous invite à en faire autant. Vous observerez qu’il n’y a pas de différences significatives dans les formes de ces différentes courbes. La notion d’exponentielle qui monte jusqu’au ciel est un concept mathématique rarement observé dans les phénomènes naturels (la fission nucléaire n’étant pas, pour moi, un phénomène « naturel »).

Athanagore porphryrogenete : Le chiffre qui manque c’est la fraction de la population infectable. On n’en sait rien mais ce qui est sûr c’est que c’est pas 100%. Par exemple on sait que les femmes ont moins de récepteurs du virus que les hommes et ont donc moins de chance de le contracter, pareil pour les jeunes. Si 60% de la population a, pour une raison ou une autre, une protection significative, alors l’immunité collective est la.

PL : J’ai du mal à comprendre qu’on parle d’un « objectif » d’immunité collective à 65 % comme s’il était atteignable et marquerait la fin de l’épidémie. Si on compte une létalité de 0,7 %, et qu’on veut que 65 % d’un pays de 60 millions d’habitants soient contaminés, cela amène à 273 000 morts. C’est beaucoup. Il est donc vraisemblable, ou en tout cas souhaitable, qu’on n’atteigne jamais ce chiffre, c’est d’ailleurs le but de la stratégie du confinement.

Syfre @ PL : la létalité n’est pas la même sur toutes les tranches d’age, si vous laissez le virus se propager par exemple sur la tranche < 45 ans, vous aurez une létalité bien plus faible et vous couvrirez un % important de la population (autour de 50% je crois). Maintenant si dans cette tranche vous excluez les personnes avec des risques aggravants, en les surprotégeant par exemple, la létalité sera encore bien plus faible. Le problème c’est de raisonner sur des moyennes, idem pour le taux de couverture.

Fouilla : Syfre, on peut effectivement rechercher une immunité collective « partielle » en confinant les personnes à risque (mettons 30% de la population) en attendant que les autres soient immunisées à 70%. Le problème c’est que si à ce moment vous « lâchez » les personnes à risque, vous sortez de l’immunité collective, puisqu’au total seules environ 50% des personnes seront immunisées. Ce serait donc perpète pour les personnes à risque? Inacceptable.

Michel SOURROUILLE @ Fouilla il faut bien mourir un jour, mais autant que ce soit en bonne santé. Alors, que ce soit quelques semaines ou quelques mois de plus ou de moins en sursis pour une personne en fin de vie, cela ne semble pas très grave…S’accrocher à quelques lambeaux de vie au détriment de beaucoup de choses vitales, c’est cela qui est inacceptable !

Fep : « Le nouveau coronavirus pourrait « ne jamais disparaître » et devenir une maladie avec laquelle l’humanité devra apprendre à vivre, a averti l’Organisation mondiale de la santé » (OMS) dans un article de ce jour. Caramba, encore raté!

Çaosetout : Fondamentalement le sujet est surtout idéologique : surtout ne pas penser à l’immunité collective, horresco referens. Ceserait un concept barbare digne d’un suédois, ennemi de la Vie à Tout Prix. On a confiné, on reconfinera au besoin (enfin, peut-être pas, cela pourrait mal se passer…), en tout cas vous allez rester socialement distancés, masqués, hydroalcooliqués, fliqués, surveillés, limités, bien gentils, bien sages, jusqu’au Vaccin et au Traitement. On Sauve Des Vies. Sauf que le virus il finira par circuler partout, il ressurgit en Corée, en Chine, etc. Les médecins ont voulu jouer aux plus fins, mais ils vont vite comprendre qui est le plus fort. Et franchement ce sera une bonne leçon. Et oui il y aura des caisses en bois. Et alors, c’est la vie… 95 % de plus de 60 ans… et en mauvaise santé

tiède : 0,001 % de létalité pour les moins de 20 ans ? À comparer au 0,0016% à 0,002 % de mortalité en termes d’accidents domestiques (en temps normal càd hors confinement qui fait plus que double le temps passé à la maison !) pour les moins de 18 ans. Conclusion : les enfants sont plus en sécurité à l’école à jouer entre eux qu’à la maison. Et pourtant on empêche une partie de ces enfants de retourner à l’école à cause de normes sanitaires à la limite de l’absurde. On peut aussi comparer ces chiffres avec la mortalité infantile : 0,38% des enfants meurent avant leur premier anniversaire.

le sceptique : On se retrouve donc après 2 mois de confinement, 27 000 morts, 6 points de PIB envolés et 12 millions de chômeurs partiels à dire : on n’est pas pour autant immunisé et on aura une vague 2. A quand un débat de fond sur le principe de précaution ?

Albane Delipovać : Moins de 0,001% de létalité chez les moins de 20 ans… Ouvrez les universités, les plages, les jardins, les bars, puis libérez ces jeunes ! Puis les moins jeunes, puis les trentenaires, etc. Jusqu’à ce que les 65% soient atteints (60% de la population à moins de 50 ans).

Jean Claude Grange : Oui, mais pour cela il faut du courage politique…

EFG, Epidémie, Famines, Guerres… normal

Malthus avait tout prévu dès 1798, l’épidémie, la famine, les guerres. Dans son « Essai sur le principe de population », il ramenait les causes multiples de ces dysfonctionnements à une cause principale, la non maîtrise de sa fécondité par l’espèce humaine. Dans une note, Malthus précisera son idée de fond : « A ce qu’il me semble personnellement, celui qui indique le moyen d’atteindre un mieux relatif est un bien plus grand bienfaiteur de l’humanité que celui qui se contente de discourir sur les tares de la société actuelle et la beauté d’une société différente, sans indiquer une méthode concrète pour accélérer notre progression de l’une vers l’autre. » A son avis, il était donc nécessaire de réguler l’évolution de la population à un niveau compatible avec les ressources alimentaires. Qu’en penser aujourd’hui alors que la révolution agricole depuis 200 ans a multiplié les ressources et accompagné l’explosion démographique ? Avant la crise sanitaire actuelle, les indicateurs de la malnutrition étaient déjà au rouge, 820 millions de personnes souffrent déjà de la faim, un Terrien sur neuf. Selon la FAO*, la pandémie de Covid-19 pourrait ajouter avec la récession économique 15 à 80 millions de personnes. L’objectif « faim zéro  d’ici à 2030 » que s’est fixé la communauté internationale semble de moins en moins atteignable. Il est vrai que les médias, les experts et les politiques insistent toujours sur l’alimentation, les gaspillages des riches, les inégalités de distribution de nourriture… mais n’abordent quasiment jamais la nécessaire régulation des naissances. Erreur funeste.

Nous connaissons aujourd’hui avec la contamination virale le vertige des exponentielles. Si tu es porteur du virus et que tu contamines deux personnes, ces deux personnes vont transmettre à leur tour le Covid-19 à quatre personnes, puis à 8, etc. Cela apparaît au début peu inquiétant, mais au bout de dix transmissions, une seule personne en a rendu malade 1 027 ; au bout de 20 transmissions il y a plus d’un million de personnes infectées. Ce schéma théorique est proche de la vitesse de diffusion du coronavirus. La courbe épidémique chinoise semble montrer un « R0 » de 2,2. Le R0 correspond au nombre moyen de personnes qu’un individu infecté peut contaminer en six jours. La multiplication humaine suit le même schéma d’une génération à l’autre. Même avec un taux réduit d’accroissement naturel actuellement à un peu plus de 1 %, les humains doublent leur nombre tous les 70 ans, et cela se compte dorénavant en milliards ! La deuxième leçon à tirer de l’épisode SARS-CoV-2, c’est qu’arrêter la diffusion exponentielle du virus est extrêmement difficile, même après un confinement généralisé de deux mois. Les comportement sociaux ne suivent pas forcément les directives médicales de distanciation sociale. Il en serait de même de la démographie humaine, il suffit de voir les bagarres homériques à propos de l’avortement ou même de la contraception. De toute façon presque aucun gouvernement, sauf le repoussoir que constitue la Chine pour certains, n’a programmé de politique malthusienne. Ajoutons le lien direct entre pandémie et densité humaine. Wuhan était peuplée de 11 millions d’habitants, les grandes villes concentrées sont les plus touchées par le virus, et métros et stades de foot sont vecteurs privilégié de la contamination. Combattre la surpopulation devrait aller de pair avec les objectifs de sobriété partagée.

Un article du MONDE estime que « le confinement imposé à une partie de la planète laisse présager une aggravation de la famine ». Il n’y est jamais question de démographie, seuls quelque commentateurs sur lemonde.fr mettent les pieds dans le préservatif :

Agnès: Attention aux fausses évidences. La famine a toujours existé quelle que soit la population. De nos jours, la production alimentaire est très supérieure aux besoins. C’est un problème de répartition et de gaspillage auquel s’ajoute maintenant le blocage par la pandémie des circuits économiques qui l’aggrave. L’explosion démographique est cependant réelle, avec toutes sortes de problèmes, mais pas celui de l’insuffisance alimentaire globale pour l’instant.

Démographie Responsable : Bon, d’un autre côté, nous ne sommes que 7,8 milliards d’humains aujourd’hui et les ONG et autres FAO affirment depuis des lustres que la planète peut nourrir plus de 12 millards d’individus. Il ne s’agit donc que d’une mauvaise organisation et ça n’est pas comme si nous étions en surpopulation..

gaston : PLUS ONT EST NOMBREUX PLUS LA PART DU GÂTEAU EST PETITE..

Gabuzo : Je n’ai jamais compris pourquoi les thèses de Malthus faisaient l’objet d’un tel dédain, à part du fait d’un aveuglement propre à l’homme, persuadé qu’il y a aura toujours des ressources à l’infini ou une innovation technologique miraculeuse pour le sauver. La politique de l’enfant unique en Chine était d’une grande violence, mais sans elle il y aurait 300 à 400 millions de Chinois en plus à éduquer, loger, nourrir. La population de l’Afrique devrait doubler en 2050 (scoop : ce n’est pas le cas des ressources agricoles). Est-ce que l’humanité va attendre d’être au pied du mur et regarder les gens crever de faim, de pollution et de tous les autres maux de la surpopulation ou est-ce qu’on est capable, pour une fois, d’anticiper ?

LEONCE : Allez donc vous même essayer d’expliquer aux Africains et autres de ne plus faire d’enfants. L’ONU a mis en place partout des bureaux de « planning familial » qui sont aussi inefficaces que coûteux.

Régis : Les thèses démographiques de Malthus sont plutôt bien considérées, certains de ses remèdes, comme cesser l’aide économique aux pauvres, beaucoup moins.

Pascalou : Avec une population mondiale hors de contrôle mais des ressources alimentaires forcément limitées car nous vivons dans un monde fini, il fallait bien que cela arrive un jour. Regardez par exemple la courbe de la l’évolution de cette population depuis 2000 ans. Elle est tout simplement effrayante quand on voit son emballement récent. Cela posera tôt où tard la question de l’autorisation de procréer, que cela plaise ou non.

* http://www.fao.org/3/ca8800en/ca8800en.pdf

espérance de vie et équivalent pétrole

Denis Cheynet : « Alors qu’elle était de moins de 30 ans en 1800, l’espérance de vie mondiale moyenne est aujourd’hui de plus de 72 ans. Mais ce « progrès » ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur l’énergie que nous sommes prêts à mobiliser pour améliorer une espérance de vie que nulle autre civilisation sur Terre n’avait jamais ne serait-ce qu’approché. La corrélation entre la quantité d’énergie mobilisée par chaque être humain et l’espérance de vie est frappante. Malgré de très fortes inégalités, ce chiffre global n’a cessé d’augmenter. Aurait-ce était possible si notre consommation d’énergie primaire moyenne par habitant n’avait pas été multipliée par trois en 200 ans. On pourrait même mettre un chiffre sur l’année d’espérance de vie : environ 25 litres de pétrole et par an. Notre espérance de vie moyenne se puise sous terre sous forme de charbon et de pétrole. Parce que cette énergie abondante et bon marché est une anomalie de l’histoire humaine, on peut en déduire que notre espérance de vie l’est aussi. La France dépense un peu plus de 11 % de son PIB dans le domaine de la santé, c’est-à-dire plus de 200 milliards d’euros. Nous aimerions faire perdurer cette opulence coûte que coûte, mais en oubliant que la vie se nourrit de la mort, comme les plantes se nourrissent de l’humus. Certains comme Jean-Luc Mélenchon aimeraient pourtant vaincre la mort, ce qui signifierait purement et simplement refuser de laisser de la place pour les générations suivantes. Accepter le finitude de nos existences, savoir tirer notre révérence et laisser quelques ressources énergétiques aux suivants, cela fait aussi partie du mouvement de la décroissance. »*

Serge Latouche : « La montée en puissance du refus de la mort qui s’est manifestée dans le fantasme de guerres zéro morts et se révèle aussi dans les recherches chimériques des transhumanistes transparaît dans la complicité implicite entre le pouvoir médical, la puissance gouvernementale et l’opinion publique. Je crains que certains en soient encore à la position infantile d’une illimitation de leurs désirs et de leur egos qui me semble le principal fondement de la foi dans la Croissance. Faire envisager une absence de maladie dans le monde idyllique qu’on nous promettait est une forme de messianisme qui me fait peur. Les dépenses de santé sont rentrées dans une logique exponentielle immaîtrisable de médecine de pointe. Il est tout à fait remarquable qu’on ait régressé de « l’économie coûte que coûte » à « la santé coûte que coûte ». Le curseur s’est déplacé, il faut échapper à la mort quel que soit le prix à payer en terme de renoncement aux libertés, et même s’il faut quelque peu sacrifier l’économie et à plus forte raison l’écologie. Il y a quelque chose de pathétique dans la course mondiale de masques de protection dont la fabrication ne nécessite ni terres rares, ni haute technologie… »**

sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

18 avril 2020, Covid, regardons sans ciller la mort en face

15 avril 2020, Covid-19, le droit à la vie et à la mort

24 février 2020, Covid-19, bientôt 5 millions de morts ?

14 février 2020, Aux mains des « labo de la mort »

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

* La décroissance, mai 2020, L’espérance de vie ? C’est du pétrole ! (extraits)

** La décroissance, mai 2020, coronavirus et décroissance (extraits)