démographie

Le Covid-19 s’attaquera-t-il à l’Afrique ?

« Le meilleur conseil pour l’Afrique est de se préparer au pire et de se préparer dès aujourd’hui », a lancé le 18 mars le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’Afrique compte 1,3 milliard d’habitants, contre 640 millions en 1990, sa population a doublé en un quart de siècle. Covid-19 va-t-il faire office de régulation démographique ? L’agence onusienne s’inquiète du risque élevé de saturation des centres de santé qui devraient rapidement être submergés en cas de propagation massive du virus. Sur le plan sanitaire, les conditions d’accès à l’eau et aux produits d’hygiène de base restent encore problématiques, puisque 63 % des Africains établis dans les centres urbains ne peuvent pas se laver les mains avec du savon. Ce qui pourrait considérablement entraver la lutte contre le Covid-19. Des experts attribuent le faible nombre de cas confirmés de contamination au coronavirus aux ratés des systèmes de détection africains. Même en Afrique du Sud, où les systèmes de santé public et privé sont parmi les plus développés du continent, ce sera un défi ; il y a trop peu de lits dans les hôpitaux africains. En République démocratique du Congo (RDC), pour l’instant tous les cas identifiés l’ont été à Kinshasa, ville-province de près de 15 millions d’habitants, où, comme dans le reste du pays, les centres de santé public sont dans un état de délabrement avancé . Ce constat peut se transposer à la plupart des autres mégapoles du continent, qu’il s’agisse de Lagos ou du Caire, où l’extrême densité de la population conjuguée à des systèmes de santé défaillants et à des pénuries probables de médicaments et de vivres, sont extrêmement préoccupants. D’autant que les économies africaines, particulièrement dépendantes des marchés internationaux, subissent de plein fouet la crise dans laquelle le virus plonge brutalement le monde. Selon des virologues africains, la situation continentale pourrait se dégrader très rapidement. Ce qui inquiète aussi, c’est de se retrouver seuls pour gérer l’épidémie. Les partenaires économiques européens sont durement touchés par le coronavirus, leur priorité ne sera pas d’aider l’Afrique.

Pour le moment tout va bien. La quasi-totalité des cas de Covid-19 détectés en Afrique sont des cas d’importation, principalement en raison des mouvements de personnes. Pourtant l’Afrique avait été pointée du doigt comme le plus grand foyer à risque de propagation de la maladie. Pourtant, malgré de nombreuses alertes, l’épidémie ne semble pas jusque-là se développer sur le seul continent où les écoles et les universités étaient toujours ouvertes. 

La RDC (République démocratique du Congo) est un exemple particulièrement effrayant. La dixième – et deuxième plus meurtrière – épidémie de fièvre hémorragique (2 264 morts en dix-neuf mois) touchait à peine à sa fin. « Avec le coronavirus, nous aurons certainement un taux de mortalité qui avoisinera les 10 % [contre plus de 60 % lors de la dernière épidémie d’Ebola] et un taux d’infection du personnel médical assez effrayant », redoute le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe Tanfum, codécouvreur du virus Ebola en 1976. Sur Twitter, les internautes congolais s’amusent : « L’histoire retiendra qu’en RDC , il y a eu passation pacifique et civilisée entre coronavirus et Ebola. L’alternance épidémiologique. » Tous les rassemblements, réunions, célébration de plus de vingt personnes sur les lieux publics sont interdits. Les écoles et les universités sont fermées pour une durée d’un mois à dater de ce jeudi. Le Nigeria est le pays le plus peuplé du continent avec 200 millions d’habitants. Près de trois semaines après le premier cas de coronavirus fin février, les autorités nigérianes réfléchissent seulement à « injecter des liquidités dans l’économie du pays pour faire face aux conséquences de l’épidémie du Covid-19 ». De toute façon le pays est complètement désorganisée, l’État est déjà en faillite. Pendant des années les gouvernements successifs avaient privatisé nombre de services publics, plus personne n’a les moyens de payer des fonctionnaires. Le secteur informel explose, mais ne nourrit pas son monde. Les classes intermédiaires sont déclassées, les zones périurbaines se transforment en bidonvilles, les égouts sont bouchés et des montagnes d’ordures s’étendent sur des centaines de mètres. Dans certains quartiers, les conflits communautaires tuent en silence, blancs contre arabes, arabes contre noirs, l’apparence des gens est source de conflits infinis. Dans ce contexte, le Covid-19 pourrait passer inaperçu !

Plusieurs pays africains avaient décidé le dimanche 15 mars de fermer leurs frontières et de suspendre les vols en provenance de pays où des cas de Covid-19 ont été confirmés. Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique avec quelque 100 millions d’habitants, l’Éthiopiea suspendu lundi pour quinze jours l’enseignement dans les universités, les grands rassemblements et les compétitions sportives ; des étrangers ont été attaqués avec des pierres, d’autres se sont vu refuser l’accès à des transports publics, sse sont fait cracher dessus, ou poursuivis dans la rue. Le président sud-africain a déclaré l’état de catastrophe nationale et l’interdiction des voyages en provenance de pays comme l’Italie, l’Allemagne, la Chine et les Etats-Unis. Le Ghana vient d’interdire l’entrée sur son territoire à toute personne s’étant rendue dans un pays où plus de deux cents cas d’infection sont avérés, à l’exception des citoyens ghanéens. Le Tchad ferme aussi sa frontière aux vols internationaux pour se prévenir contre le coronavirus à partir du 19 mars. Dans un communiqué, le gouvernement tchadien affirme qu’il n’y a aucun cas de Covid-19 mais appelle la population à respecter plusieurs mesures de sécurité. Les autorités de Côte d’Ivoire ont annoncé que tous les cultes publics ainsi que les activités sportives dans les stades et autres lieux de regroupement sont également suspendues. Discothèques, bars, cafés et restaurant ne peuvent pas non plus ouvrir jusqu’à nouvel ordre…

lecture complémentaire, lemonde.fr du 20 mars 2020, Coronavirus : « Mortalité possible de 10 % et infection effrayante des soignants » en Afrique

Lemonde.fr du 20 mars 2020, Coronavirus : incidents en Ethiopie, le premier ministre appelle à la tolérance)

Covid-19, droit de vivre ou de mourir (suite)

La Grande guerre de 14-18 a fait environ 18,6 millions de morts au niveau mondial, la Grande grippe de 1918-1919 beaucoup plus, autour de 50 millions de morts. Entre 30 % et 50 % de la population mondiale a été contaminée par le virus dont il ne fallait pas parler, état de guerre (militaire) oblige. La pandémie a touché la France pendant un an, d’avril 1918 à mai 1919. On penche pour 240 000 morts de cette grippe en France. Quand, au printemps 1919, la troisième vague de la maladie arrive, beaucoup de gens sont déjà immunisés. Il y a clairement eu dans les années qui ont suivi un choix de ne pas commémorer cette grippe. Par contre à partir du début des années 1920, on commence à construire le souvenir de la Der des Der : moment des monuments aux morts, célébration des poilus, etc. Ce sont les États qui fabriquent la mémoire de leurs peuples. L’idée de mourir pour la patrie fait encore des émules, sauf qu’il s’agit aujourd’hui d’être tué au Mali. Mais laissons aux commémorations leurs choix bellicistes pour envisager la façon de percevoir les solutions à la pandémie virale actuelle. Faut-il accepter ou non qu’il y ait un peu, beaucoup ou énormément de victimes du coronavirus ? C’est un choix politique, comme celui de faire ou non une guerre armée.

La stratégie actuelle de lutte des Pays-Bas contre le Covid-19, sans confinement, fait polémique. Le pays s’en tient à cette théorie de l’immunité collective. Il faut laisser le virus se diffuser dans la population, en protégeant cependant les groupes les plus vulnérables. Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, défend l’option qu’une fois qu’une partie importante de la population a été atteinte par l’agent infectieux, elle sera immunisée. Alors qu’un confinement empêcherait, au contraire, l’immunisation et favoriserait le retour, plus tard dans l’année, du virus. Les pays voisins s’inquiètent. Les spécialistes belges estiment que l’approche néerlandaise met en péril les efforts déployés dans l’Union européenne en général. L’épidémiologiste Yves Coppietersne nie pas que le confinement peut limiter l’immunité naturelle, mais il souligne qu’il permet au moins que les systèmes hospitaliers puissent gérer au mieux les cas les plus difficiles. La comparaison des contaminations et des décès ne permet pas, à l’heure actuelle, de trancher en faveur des approches « confinement » ou « immunité ». Tentant avec difficulté de favoriser des approches communes, la Commission de Bruxelles a créé… un comité d’experts scientifiques. Voici quelques commentaires trouvés sur lemonde.fr* :

Comparateur : Quelques petites précisions qui donneront un éclairage, peut-être, du pourquoi le gouvernement néerlandais n’agit pas comme les autres. En premier il faut savoir que les pays bas ont un système de santé qui ne rechigne pas à aller à contre courant : accouchement à domicile, euthanasie etc..Depuis toujours à l’hôpital vous êtes en chambre à 4 ou 6 …. et surtout depuis une dizaine d’années le système de santé est calqué sur les États-Unis… hôpitaux privés, reste à charge important. Ce sont peut être des éléments qui ont pesé dans les choix…

GGir @ Comparateur : Le système n’a l’air qu’en apparence calqué sur les USA. Les cliniques privés n’existent quasiment pas aux pays-bas, et les hôpitaux ont interdiction de faire du profit. La gestion de l’assurance santé a été délégué aux mutuelles, mais le système de santé est en fait massivement financé par les impôts. Les visites chez le généraliste sont remboursés à 100%, les jours de carence n’existent pas, etc … L’image de pays ultra-libéral est un gros cliché qu’on ne reconnaît pas en pratique.

Soteria : Si confiner ne fait que repousser le pic, ça donne au moins plus de temps pour commander des respirateurs, former des personnels aux soins intensifs, etc. Donc c’est nécessairement mieux que de ne pas confiner, non ?

Sapiens : L’homme est un animal mortel et il faudrait l’accepter Nous n’avons aucune approche sérieuse et chiffrée des conséquences de ce virus et nous allons nous terrer comme des rats pour un pic de mortalité sur lequel on ne peut rien faire… on dirait un éléphant qui va saute d’une falaise parce qu’il a vu une souris.

Ulysse : Ne pas confiner c’est laisser le virus éliminer les plus faibles et garder ceux qui ont résisté naturellement, la sélection naturel brute. Et c’est vrai que confiner ceux qui sont capable de résister c’est les affaiblir parce que leur corps ne va pas apprendre le nouveau virus.

* lemonde.fr du 19 mars 2020, Coronavirus : la stratégie de lutte des Pays-Bas, sans confinement, fait polémique

Covid-19, le droit de vivre ou de mourir

Bien sûr nous ne souhaitons à personne de mourir un jour, mais c’est ainsi, notre destin est scellé, il nous faudra tous obligatoirement en passer par là. Mais autant que ce soit en bonne santé ! Les événements actuels reposent la question fondamentale, qui a le droit de vivre et qui a le droit de mourir. Cela se pose dès l’origine de la vie quand on se pose la question d’une interruption volontaire de grossesses Cela se pose à la fin de sa vie quand on refuse l’acharnement thérapeutique. La société se refusait à donner des règles collectives en la matière, elle donnant un cadre général et à chacun d’user de son autonomie décisionnelle. Avec le Covid-19, la société a décidé d’intervenir directement, cela s’appelle le « score de fragilité ». Nous avions sur ce blog traité cette option le 11 mars dernier sous le nom de « triage médical ». Le document actuel vise à aider les médecins à opérer des choix dans l’éventualité d’une saturation des lits de réanimation pour les patients Covid-19. Il s’intitule « Priorisation de l’accès aux soins critiques dans un contexte de pandémie ». On classe les patients selon leur état de santé préalable à la maladie, en clair on fait une sélection. L’objectif est que le patient survive dans de bonnes conditions et ressorte avec une autonomie et une qualité de vie raisonnables. Si au terme d’un séjour en réanimation, le patient ne récupère pas et reste grabataire, c’est un échec. Or la période d’hospitalisation en réanimation pour les patients Covid-19 peut aller jusqu’à trois semaines. Les patients seront donc priorisés selon leur capacité à récupérer. « Il est hors de question que, en France, on refuse de réanimer des patients qui en ont besoin. On trouvera des moyens. Je ne sais pas comment, mais on trouvera… », veut pour sa part croire Jean-Michel Constantin, secrétaire général adjoint de la société française de réanimation. Voici quelques commentaires sur lemonde.fr* :

Pelayo Decovadonga : « Il est hors de question que, en France, on refuse de réanimer des patients qui en ont besoin. On trouvera des moyens. Je ne sais pas comment, mais on trouvera…  » . Le yaka fokon de la part de ce médecin n’est pas rassurant.

Mc : Vouloir sauver tout le monde n’a aucun sens. Il faut évidement calculer le bénéfice/risque dans ce type de situation. Si c’est pour s’acharner sur un patient dont la qualité de vie est compromise par une grabatisation ou des troubles cognitifs, autant donner une chance à un autre patient. Les réanimateurs ne sont pas des surhommes et ne doivent pas contrer la sélection naturelle et se prendre pour des dieux. Il faut faire preuve d’empathie: qu’est ce qui est le mieux pour le patient ? Dans quelle condition poursuivre notre vie ? Pas d’acharnement inconsidéré comme le stipule la loi Clays Leonetti.

Jean Rouergue : Pourquoi nier l’évidence : le cap est en franchi, certains hôpitaux ne peuvent plus déjà répondre à la demande… Voyons les plus de 80 ans atteints par le virus. Bénéficieront-ils du midazolan pour terminer leur vie en douceur, éloignés de toute famille pour cause de pandémie ?

Ana : Au moins les choses sont claires: dans 8 ou 15j , quand les services de réa seront saturés, si vous avez plus de 80 piges, pas la peine d’aller à l’hosto, autant crever chez soi.

Chanski @ Ana : Pourrait-on leur administrer,si ça ne revient pas trop cher bien sûr,une injection létale afin de leur éviter de mourir étouffés?

César Bistruk : Quand on en arrivera là, j’espère qu’ils seront suffisamment bien pourvus en morphine. Plutôt cela qu’une mort par étouffement.

Jb.d : L’établissement du pronostic fait partie du quotidien du métier de réanimateur. même avant le COVID19. On n’admet en réanimation que les patients qui ont suffisamment de chances de supporter l’épreuve et de s’en sortir. Le COVID actualise des questions qui existent déjà au quotidien. Cet épisode pourrait être l’occasion d’éclairer le public sur ces difficiles décisions qui sont prises tous les jours de l’année : malheureusement c’est raté !

* Lemonde.fr du 18 mars 2020, Coronavirus : les hôpitaux se préparent à la « priorisation » de l’accès aux soins en cas de saturation des services

Quand le Covid-19 s’attaquera à l’Inde

Sur une population de 1,35 milliard d’habitants, le nombre de cas de COVID-19 en Inde est passé à 137 le mardi 17 mars. Le Taj Mahal, monument emblématique de l’amour en Inde, a été fermé en raison de l’angoisse provoquée par le coronavirus. La faiblesse des chiffres officiels s’explique par le nombre encore très réduit de dépistages : 6 000 à ce stade en Inde, contre 200 000 en Corée du Sud. Les médias locaux persiflent, « absence de preuve n’est pas preuve d’absence ». Le gouvernement dirigé par le nationaliste hindou Narendra Modi montre du doigt les étrangers ; à compter du 18 mars, l’ensemble des ressortissants européens sont persona non grata. On ne compte que 1,3 lit d’hôpital pour mille habitants, en France il y en a 6. Le premier ministre indien a lancé un concours d’idées sur Twitter faisant miroiter une récompense de 100 000 roupies (1 210 euros) à celui qui trouvera une « solution technologique » pour éviter le Covid-19. Boire de l’urine de vache va-t-il protéger les Hindous du coronavirus ? Quelques commentaires à savourer sur le monde.fr* :

iphigenie : J’ai fait une balade en bateau sur le Gange, les gens se baignaient, se lavaient et faisaient leurs besoins… au même endroit. A 5 mètres il y avait une chèvre crevée qui flottait. La notion d’hygiène n’est pas la même que la nôtre. A Bombay, il y avait 1 humain tous les mètres sur 15 kilomètres entre le centre et l’aéroport. A Delhi, c’est pareil. La densité humaine est incroyable et la fatalité fait partie de la culture. Je vois mal comment le sous-continent peut échapper à l’hécatombe.

Bg83lrem : Les conditions d’hygiène sont telles, que ces gens sont vaccinés contre toutes mes menaces. On peut imaginer qu’ils pourraient même servir de vaccin au reste de l’humanité.

Fer : Normalement, les Indiens ont des anticorps à toute épreuve. Espérons qu’ils soient à la hauteur du coronavirus. Parce que sinon, c’est une bombe potentielle, ce pays, avec l’Afrique.

Pff… : Très très inquiet pour ce pays et ses habitants, si aucun traitement n’est trouvé dans les semaines qui viennent les morts se compteront en 6 voire 7 chiffres.

VincentB : Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Inde vont pouvoir mesurer l’efficacité de leurs gouvernements populistes respectifs qui semblent, comme la Chine, apprécier le déni.

* lemonde.fr du 17 mars 2020, L’Inde, une « bombe à retardement », cherche à gagner du temps face au coronavirus

Trop d’humains pour la planète ? OUI

Le meilleur moyen de protéger la planète n’est-il pas d’être moins nombreux ? En 2017, 15 300 scientifiques de plus de 180 pays alertaient sur l’état de la planète. La question démographique figurait en bonne place dans leur manifeste. Parmi les signataires en effet, beaucoup sont des écologues découragés par l’ampleur des destructions et les montagnes de déchets générées par l’humanité : « En échouant à limiter adéquatement la croissance de la population, à réévaluer le rôle d’une économie fondée sur la croissance, à restaurer les écosystèmes, à enrayer la pollution, à stopper la défaunation et à limiter la propagation des espèces exotiques envahissantes, l’humanité omet de prendre les mesures urgentes indispensables pour préserver notre biosphère en danger. » Yves Cochet aime à répéter qu’il est temps d’inverser le principe de la politique familiale à la française : les allocations devraient venir en aide lors de la première naissance, diminuer à la deuxième et être supprimée à la troisième : « Les jeunes générations pleurent quand je leur donne mon point de vue, mais c’est ainsi : avoir un enfant n’est plus une affaire privée, c’est un choix politique. » Après les pays anglo-saxons, apparaissent des associations comme Démographie responsable, qui plaide pour que le nombre d’habitants n’y dépasse pas en France 70 millions, puis tende à diminuer*. Les commentaires sur lemonde.fr sont plutôt malthusiens :

Hilare : Dans une équation à plusieurs variables il est vain de chercher la solution en ne prenant en compte qu’une seule variable, la démographie !

Eljulio @ Hilare : Cette équation a été posée (équation de Kaya). Afin d’être en adéquation avec les limites physiques de notre planète, il est possible d’influer sur la population,sur les gains d’efficacité (technologie) ou sur la production de richesse (sobriété). Etre en adéquation avec les limites physiques signifie diviser par 3 notre impact. Or les gains d’efficacité déclinent et nous cherchons constamment à accroître la production de richesse. La population sera donc la variable d’ajustement de gré ou de force.

Chris : Rappelons qu’avant l’Homme, jamais dans l’histoire de la planète une espèce de grand vertébré terrestre n’a atteint un tel niveau de population et de densité. Rien que cela devrait alerter. Et quand il nous faut plusieurs planètes pour subvenir à l’ensemble de nos besoins, ne venez pas me raconter qu’il n’y a pas surpopulation.

Julien B : La haine des riches va jusqu’à vouloir empêcher les pauvres d’exister.
Et si on changeait de paradigme dans la vision utilitariste que les riches revendiquent eux mêmes, mais pour les autres : supprimer seulement les 1 % les plus riches, avec leur gabegie, leur haine et leur arrogance, suffirait à sauver la planète.

Planether : Les 1% …ils sont pratiques ceux-là. Le problème c’est surtout les 15 % qui suivent et dont vous faites partie. Eux organisent la production et vous la justifiez. Cessez de manger de la viande, déséquipez vous, renoncez à la voiture et vous pourrez parler des pauvres.

Noodlefr : Prenez un pauvre et transformez le en riche et vous retrouverez vite la même voracité. Ce n’est pas un problème de riche ou de pauvre, c’est un problème lié à l’espèce humaine dans son écrasante majorité : nous sommes une espèce ultra vorace et immature qui nuit à tout ce qu’elle touche ou presque. Les quelques peuplades humaines qui avaient appris à vivre en harmonie avec leur environnement ont en général été balayées ou exterminées par celles qui ont appris à accumuler et à surexploiter.

Alloc : Il existe de nombreux processus naturels de régulation des populations : épidémies, famines, guerres… n’oublions pas ces possibilités

LeBret @ Alloc : À l’échelle d’un pays ou d’un continent, oui. Mais pas à l’échelle d’une planète. Regardez les courbes démographiques mondiales du XXème siècle : malgré 2 guerres mondiales, des dizaines de millions de morts dus aux famines, des génocides par douzaines… la population mondiale n’a JAMAIS diminuée.

Lotus : Le Sida et Monseigneur Ebola n’ont pas répondu aux espoirs mis en eux.

Gaia ? Une épidémie mondiale serait dramatique pour les humains mais la planète s’en porterait mieux… Gaia va-t-elle faire muter les virus dans un geste désespéré d’auto défense ?

* LE MONDE du 16 février 2019, Trop d’humains pour la planète ? (article de Martine Valo)

Pandémie Covid-19, la faute à la surpopulation

On dit aujourd’hui que la pauvreté est la première cause de mort des victimes des pandémies. Oui la pauvreté aggrave une pandémie. Et l’eau mouille. Et le feu brûle. Mais les causes premières sont ailleurs ; la pauvreté elle-même est due principalement à la surpopulation. C’est une conséquence : trop d’enfants, d’où pauvreté, ce qui veut dire encore plus d’enfants, donc toujours plus de miséreux. C’est ce que l’on appelle une causalité circulaire. Selon qu’on s’intéresse à un moment ou un autre de la boucle, on privilégiera telle ou telle cause en vain. Autre enchaînement de circonstances, la fin des épidémies explique pour une part l’explosion démographique, mais la surpopulation implique des risques croissants d’épidémie. En effet la concentration humaine accentue les risques de contamination. L’épicentre du coronavirus actuel, la ville de Wuhan, a été obligé à mettre en quarantaine 11 millions d’habitants. Comment croire qu’avec une telle masse de gens, le syndrome respiratoire aigu (SRAS) n’allait pas se répandre sur toute la planète et toucher d’autres concentrations humaines. Quelques précisions :

Le Covid-19, dont on dénombre déjà plus de 100 000 cas confirmés et plus de 3 200 décès dans le monde, se présente comme un syndrome grippal. La grippe saisonnière fait globalement plus de morts (jusqu’à 650 000 décès par an) car elle touche bien plus d’individus. Mais le virus n’a pas dit son dernier mot. L’épidémie de grippe espagnole, en 1918-1919, tua de 30 à 100 millions de personnes dans le monde. Les plus grandes pertes ont touché les pays par ordre de surpopulation décroissante : l’Inde (18,5 millions de morts, soit 6 % de la population), la Chine (4 à 9,5 millions de morts selon les estimations, soit 0,8 à 2 % de la population) et l’Europe (2,3 millions de morts, soit 0,5 % de la population). Sa morbidité (la proportion de la population infectée) était exceptionnelle, dépassant couramment 20 % de la population, avec des records à 80 %. Cependant le taux de reproduction de base ou « R0 », n’est pas une valeur constante et les mesures de distanciation sociale et de quarantaine ont un impact sur la chaîne de transmission. Ce sont les armées en campagne qui ont propagé le virus de la grippe espagnole, ce sont les facilités de déplacement par les trains et avions qui facilitent la propagation actuelle du Covid-19. La létalité en 1918-1919 (la proportion de décès parmi les malades) dépassait souvent 3 % dans les groupes les plus touchés. Dans le cas du Covid-19, les variations sont comprises entre 2 % et 4 %, selon les régions. Le Covid-19, comme la grippe, est une infection respiratoire transmise par le biais de gouttelettes émises par une personne infectée, inhalées, et en portant à son visage sa main après contact avec le virus. Nous échappons à une transmission aérienne sous forme d’aérosol comme cela existe pour la rougeole, ce qui entraînerait une véritable hécatombe.

Nous évitons aujourd’hui une mortalité importante grâce à tous nos moyens de communication et d’organisation complétés parle savoir-faire de nos services de santé et d’hygiène. Pourtant chaque jour, 30 000 enfants de moins de cinq ans meurent de maladies et près de la moitié des habitants de la planète (soit 3,4 milliards d’individus)sont confrontée à de grandes difficultés pour satisfaire leurs besoins élémentaires. Pour l’avenir, les perspectives sont encore plus sombres car la surpopulation a pour corollaire une surexploitation des ressources, ce qui va entraîner la pénurie, d’où une décroissance forcée de nos sociétés thermo-industrielles. La sobriété imposée sera associée à des situations de limitations de soins et d’augmentations des risques. Nous avons refusé pendant plus de deux siècles d’écouter le message de Malthus appelant à une maîtrise de notre fécondité. Épidémies, guerres et famine se chargent de nous rappeler aux réalités bio-physiques de la planète : toute espèce même humaine ne peut dépasser impunément par son nombre les capacités de son milieu de vie.

Pour en savoir plus, https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/05/quelles-differences-entre-le-coronavirus-et-la-grippe_6031939_3244.html

Écoféminisme et question démographique

8 mars, Journée internationale des femmes depuis 1977… Ont-elles un rôle particulier à jouer en matière de maîtrise de la fécondité ? C’est ce que pense Gwennyn Tanguy, conférencière spécialisée sur les questions de transition énergétique, d’effondrement, de régulation démographique et d’écoféminisme. Son discours :

« Admettons que pour certains.es lecteur.lectrices, le calvaire de l’épilation, la torture de la chirurgie esthétique et l’astreinte quotidienne du maquillage/coiffage/habillement soient des épiphénomènes sans importance, et traitons à présent d’un sujet fondamental pour l’ensemble des êtres vivants : la reproduction.

Face aux catastrophes écologiques en cours, nombre de scientifiques ont récemment invité à réguler la démographie mondiale. Afin qu’il n’y ait aucun malentendu, rappelons que la dégradation catastrophique de la biosphère est essentiellement due à la surconsommation des pays développés. L’urgence et la gravité de la situation sont telles qu’il faut agir, à l’échelle mondiale, sur deux tableaux en parallèle : la réduction démographique et le plafonnement du niveau de consommation par personne à un niveau inférieur à la moyenne de celui, par exemple, des Français. La régulation de la population humaine mondiale est un des principaux leviers pour préserver la biosphère. Deux moyens d’atteindre cet objectif sont mis en avant : donner accès à tout.tes aux études et à la contraception. Je rajouterai volontiers un troisième moyen, applicables dans les pays où les deux précédentes mesures sont déjà en place : sortir de la culture nataliste. C’est-à-dire cesser de mettre la pression sur les femmes pour qu’elles fassent un premier enfant, puis un deuxième, puis un troisième. Comme tant d’autres, je peux témoigner du harcèlement subi lorsqu’une personne (a fortiori la femme) envisage de s’épanouir sans devenir parent. Et, alors que la loi est de leur côté, la pose d’un stérilet pour une nullipare, la ligature des trompes ou la vasectomie sont vécues comme des parcours du combattant.e (parfois non couronné de succès) pour celles et ceux qui souhaitent en bénéficier.

Il est grand temps d’oser affronter la question démographique en faisant preuve de tout l’humanisme requis. Permettre à chacun.e d’étudier, d’accéder à la contraception et à l’avortement, ainsi que respecter pleinement le choix individuel d’avoir peu ou pas d’enfants, sont de toute évidence des actions hautement salutaires, tant pour la biosphère que pour les femmes. »

source : Collapsus, ouvrage collectif, chapitre 32 (Femmes, démographie, écoféminisme… Quelles responsabilité des rapports de domination dans l’effondrement?) p.265-266, Femmes (Albin Michel, mars 2020)

l’écoféminisme sur notre blog biosphere :

11 févier 2019, Françoise d’Eaubonne, une icône de l’écoféminisme

8 mars 2019, 8 mars, Journée internationale des droits des femmes

17 juillet 2018, Le combat démographique analysé par une écoféministe

1er novembre 2017, Biosphere-info, féminisme et écologie (synthèse)

29 décembre 2016, Féminisme, sensibilité écologique et refus de maternité

18 décembre 2016, Féminisme et maîtrise de la fécondité sont inséparables (Paul Robin)

Planète surpeuplée, monde invivable

La procréation, par nature, peut être exponentielle, alors que les ressources terrestres ne le sont pas. C’est ce que disait déjà Malthus, dont certains pensent qu’il n’a jamais eu que le tort d’avoir raison trop tôt. Aujourd’hui, y a-t-il péril en la demeure ?

Alain de Benoist : Vers 1700, on comptait moins de 700 millions d’habitants sur Terre. En 1900, on en était à 1,6 milliard. Aujourd’hui, avec plus de 250.000 naissances par jour, on a dépassé les 7,7 milliards. Pour la fin du siècle, les estimations moyennes tournent autour de douze milliards, les estimations hautes autour de seize milliards. Bien entendu, on peut discuter à perte de vue sur le nombre de bipèdes qui peuvent vivre sur cette planète. La seule chose qui est sûre, c’est qu’il y a une limite. Malheureusement, nous sommes à une époque qui ne supporte pas les limites. La surpopulation aggrave mécaniquement tous les problèmes en les rendant insolubles. Elle est belligène, elle accélère l’épuisement des réserves naturelles, elle favorise les migrations de masse, elle aggrave les effets de la surconsommation, de l’épuisement des sols… Plus de 90 % de toute la biomasse produite annuellement dans le monde sont d’ores et déjà exploités. À quoi bon parler de sauvegarde de la diversité si l’espace laissé aux espèces sauvages est appelé à disparaître ? À quoi bon vouloir limiter les émissions de gaz à effet de serre si on ne limite pas aussi la population ? Avec des bidonvilles de plus de vingt millions d’habitants et des mégapoles de plus de cent millions d’habitants, c’est un monde proprement invivable qui se dessine.*

« Croissez et multipliez », lit-on dans la Genèse, adresse qui vaut tout autant pour les chrétiens que pour les musulmans et les juifs. Cet axiome religieux vous paraît-il toujours d’actualité ?

Alain de Benoist : À une époque où la plus grande partie du monde était inhabitée, le « croissez et multipliez » était parfaitement justifié. Le problème commence lorsqu’on soutient qu’un principe valable dans telles ou telles circonstances est à considérer comme un dogme valable en tous temps et en tous lieux. Au nom de l’« accueil de la vie » et de la critique du « malthusianisme », on préfère se mettre un bandeau sur les yeux. Or, le laisser-faire nataliste est aujourd’hui irresponsable. Quelle est, alors, la solution ? L’émigration de masse vers d’autres planètes relève de la science-fiction. Que reste-t-il, alors ? Les épidémies, peut-être !*

Remarque biosphèrique : Alain de Benoist sent le souffre, il est classé d’extrême droite ! Mais si l’on ne relaie pas les propos de tel ou tel parce qu’ils ont une image particulière, on s’intéresse au messager, pas au message. Nous n’avons pas à juger ce journaliste et philosophe sur son appartenance idéologique. En 1961, à 18 ans, il apportait son soutien à l’Algérie française. A la présidentielle de 2017, il a appelé à soutenir Mélenchon. Ça le regarde, il a même le droit de changer d’avis. Que dit aujourd’hui Alain de Benoist ? Ce que dit aussi l’association Démographie responsable, exemple : « Il y a une limite : pas plus qu’il ne peut y avoir de croissance matérielle infinie dans un espace fini, la population ne peut s’accroître indéfiniment sur une étendue limitée… Il est révélateur que la plupart des écologistes autoproclamés se comportent comme si la démographie et l’environnement étaient des sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés… » Bravo. Une critique cependant, sa dernière phrase est un raccourci inopportun : «  Que reste-t-il comme solution au surpeuplement  ? Les épidémies, peut-être ! » Comme si la maîtrise de la fécondité ne passait pas par des tas d’autres choses !! Méprisons ceux qui critiquent le messager sans vouloir prendre connaissance du message…Il s’agit là de personnes terriblement anti-démocratiques, contre la liberté d’expression.

Pour aller plus loin, un ouvrage d’Alain de Benoist en 2007« Demain la décroissance (penser l’écologie jusqu’au bout) ». Il ne sépare pas comme le font aujourd’hui certains décroissants bornés la décroissance économique et la décroissance démographique.

* Alain de Benoist, extraits de « Avec la surpopulation, c’est un monde invivable qui se dessine… »

La bombe démographique en Egypte explose

L’Égypte comptait 21 millions d’habitants en 1950, quelque 90 millions en 2013, elle vient de dépasser les cent millions et progresse d’un million supplémentaire tous les six mois (un doublement en moins de quarante ans). L´extrême jeunesse de la population égyptienne (30 % des égyptiens ont moins de 15 ans !) explique pour partie cette explosion. Cette croissance exponentielle intervient de surcroît sur une étroite bande de terre fertile, limitée à la vallée du Nil et à son delta et représentant moins de 5% de la superficie d’un pays largement désertique. Ramené à la « superficie agricole utile », la densité de peuplement égyptienne approche 2 000 habitants au kilomètre carré ; avec une telle densité la France accueillerait près d´un milliard d´habitants. Ne pouvant produire suffisamment de denrées alimentaires. l’Égypte les importe et subit directement toute élévation des cours mondiaux.

Le taux de fécondité avait chuté de 5,3 enfants par femme en 1980 à 3 en 2008, il est remonté à 3,5 enfants par femme en 2014. On peut qualifier ce phénomène de « contre-transition démographique » qui s’explique d’abord par le recul de la part des femmes sur le marché du travail. Le marché du travail ne peut faire face à la pression du nombre. Force est de constater aussi qu’en Egypte, la dictature de l’ex-maréchal Sissi s’est appuyé sur une forme très agressive d’ordre moral, qui permettait d’acheter la paix sociale dans un pays taraudé par une pauvreté grandissante ; entre 2016 et 2018, la proportion d’Egyptiens vivant en-dessous du seuil de pauvreté, fixé à moins d’1,5 euro par jour, est passée de 28 à 33 %. Le budget de l’éducation est loin d’être une priorité face aux formidables dépenses militaires et aux 45 milliards de dollars alloués au chantier pharaonique d’une nouvelle capitale. Les 10 millions des Egyptiens les plus pauvres, délaissés par l’aide publique, continuent de miser sur une nombreuse progéniture pour assurer leur quotidien, voire leur avenir.

Ce n’est que récemment que Sissi a pris conscience de la menace que représente la bombe démographique pour la stabilité de l’Egypte, désormais placée sur le même plan que le défi « terroriste ». Les campagnes de contrôle des naissances, enfin lancées avec l’aval des imams d’Etat, peinent à produire des résultats tangibles. Les allocations familiales ne sont désormais plus accordées au-delà du deuxième enfant. Egypte et l’humanité dans son ensemble ne s’investissent clairement  dans une politique malthusienne, les révoltes au Maghreb et ailleurs en annoncent d’autres, qui risquent d’être saignantes. Notre article antérieur sur ce blog biosphere :

1er février 2011, l’Egypte, victime de sa démographie

* https://www.lemonde.fr/blog/filiu/2020/03/01/la-bombe-a-retardement-de-la-population-egyptienne/

Covid-19, bientôt 5 millions de morts ?

1) Le nouveau coronavirus apparu en Chine, le « SRAS-CoV-2 » ou « Covid-19 », a officiellement causé plus de décès que le coronavirus du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait frappé entre novembre 2002 et l’été 2003. Il atteint désormais 2 000 morts. Pour le SRAS, 774 morts, au moment du bilan définitif.*

2) L’épidémie de pneumonie s’accélère à travers le globe. Au total, quelque 78 000 personnes ont été contaminées à travers le monde, dans une trentaine de pays et territoires. Face au rythme de contagion, le président sud-coréen Moon Jae-in a proclamé dimanche l’état d’alerte maximale.L’irruption du coronavirus en Iran a été rapide et meurtrière. En moins de quarante-huit heures, l’Italie est devenue le pays le plus touché en Europe ; ce pays compte désormais 219 personnes contaminées. La France se prépare de son côté à une possible épidémie.

3) La plupart des experts s’accordent à dire que chaque personne infectée transmettrait le virus à environ 2,5 autres individus, ce qui équivaut à un « taux d’attaque » de 60 à 80 %. Une inquiétude partagée par le professeur Gabriel Leung, épidémiologiste hongkongais spécialiste du 2019-nCoV. Selon lui, le virus pourrait toucher près de 60 % de la population mondiale. Même si le taux de mortalité du coronavirus stagne autour de 1 % – il s’établissait ce lundi à 2,4 % –, le nombre de décès serait massif. Cinq millions de morts ? Quelques réactions sur lemonde.fr :

FT2 : Les infections virales deviennent en général pandémiques quand elles ne sont pas très mortelles. Si le taux de moralité est trop élevé, comme pour Ebola, il n’y a pas extension du virus car il tue trop vite son hôte. Le Corona est intermédiaire, il tue plus que la grippe saisonnière (très pandémique) et moins que le SRAS dont l’épidémie est restée très circonscrite. Rappelons que les virus ne survivent PAS en dehors de leur hôte. Rappelons aussi que ces virus proviennent d’animaux qu’ils infectent sans les tuer, ni même les rendre malades, et qui représentent donc des réservoirs extrêmement efficaces pour leur propagation.

Thomas : Si on regarde les courbes* du SRAS, la moitié des infectés (4288) a lieu à J+71 et la moitié des décès (417) à J+80. Ce qui donne bien le taux de mortalité de 10%, il y a un délai moyen de 9 jours entre la prise en charge et le décès. Aujourd’hui à J+36 du 2019-nCov on déplore 493 morts alors qu’on dénombrait 4473 infectés il y a 9 jours (J+27), cela voudrait dire un taux de mortalité de 11%… Cette épidémie pourrait faire des millions de morts.

Doc Doc : Exactement! Après rien ne vaut une vrai étude prospective pour estimer le vrai taux de mortalité mais le chiffre de 2% donné par l’OMS ne peut que être sous-estimé.

yeux ouverts : Il est temps que la courbe s’infléchisse rapidement comme pour le SRAS… Actuellement une courbe exponentielle corrèle très bien l’évolution des décès (R² = 0,94 pour les statisticiens) et aboutit à 416 000 décès dans 30 jours… 32 millions dans 50 jours. On est effectivement face à quelque chose de très sérieux

Pascalou : … et 8 milliards dans 3 mois?

ISADOL : Il faut garder en tête que les chiffres communiqués des cas confirmés ne sont que des indicateurs car de nombreuses personnes se baladent dans toute l’Asie en étant porteuse du virus mais de façon asymptomatique ou alors malades mais de façon discrète. Par exemple un pays comme la Malaisie qui concentre une importante population chinoise qui a beaucoup circulé pendant les fêtes du nouvel an ne répertorie que 12 cas, ce n’est pas vraisemblable. Un seul cas au Népal et pas un seul en Afrique, cela pose vraiment question sur les infos communiquées.

Frogeater : La planète aurait bien besoin de revenir à 3-4 milliard d’êtres humains au lieu des 8 milliards actuels pour ne pas se faire piller et détruire… Malheureusement ni le SRAS ni ce coronavirus ne feront plus de quelques dizaines de milliers de victimes en grande majorité parmi les populations de 70 ans et plus (comme notre bonne vieille grippe saisonnière quoi).

Chou-fleur @ Frogeater : Pour y remédier, vous pourriez peut-être donner l’exemple, non ?

* EN UN GRAPHIQUE. L’épidémie a fait plus de 2 000 morts, et a infecté plus de 75 000 personnes, selon les derniers chiffres disponibles. Décodeurs, article du MONDE mis à jour le 24 février 2020.

** LE MONDE du 25 février 2020, Coronavirus : en Italie, en Corée du Sud, en Iran… la propagation s’accélère

*** https://www.lepoint.fr/sante/coronavirus-l-epidemie-pourrait-toucher-60-de-la-population-mondiale-11-02-2020-2362070_40.php

L’euthanasie en Belgique, facile ?

En Belgique, 2 357 demandes officielles d’euthanasie – dont 2,4 % pour troubles mentaux ou du comportement – ont été introduites en 2018. La loi sur la fin de vie adoptée par la Belgique en 2002 prévoit qu’une souffrance psychologique jugée incurable et irréversible peut être admise comme une raison valable pour une euthanasie, si une série de conditions et de procédures sont respectées. L’ordre des médecins prône, quant à lui, le maintien du droit des personnes à « l’autodétermination ». Une cour d’assises a acquitté, le 31 janvier 2020, deux médecins et une psychiatre qui étaient poursuivis pour l’euthanasie, en 2010, d’une femme de 38 ans ; elle souffrait de graves troubles psychiatriques.* L’euthanasie pourrait-elle devenir « une industrie » en Belgique ? Les sollicitations venues de France ont fortement augmenté. On exige une première consultation en Belgique, l’avis du médecin traitant en France et, même si la loi belge ne le prévoit pas, l’information des proches. Pour être pris en charge, un patient français doit obligatoirement faire état de souffrances physiques ou psychiques inapaisables causées par une affection grave et incurable. Obtenir une euthanasie en Belgique relève souvent du « parcours du combattant », prévient-on à l’ADMD. Les médecins belges acceptant de répondre à des demandes d’euthanasie de patients étrangers ne sont pas nombreux. N’est-ce pas déresponsabiliser la France que de prendre en charge ce problème ?**

La France est un pays très arriéré en matière de fin de vie. La maladie ignore les frontières et les inégalités, tout le monde n’a pas forcément les moyens d’aller ailleurs chercher ailleurs ce dont le prive en France une coalition des médecins, des religieux et des politiciens. Le suicide assisté est aussi accordé en Suisse. Mais cela coûte encore plus cher qu’en Belgique. La mort est déjà une industrie via les pompes funèbres, il y a « industrie » partout où l’investissement est rentable, y compris dans les maisons de retraite, la production de médicaments, etc. Rien de choquant donc à bénéficier d’un service médicamenteux pour sa fin de vie. L’euthanasie est une décision personnelle qui ne concerne que celles et ceux qui désirent mettre un terme apaisé à leur vie, afin que leurs proches gardent d’eux une image sereine et non pas douloureuse, rongée par la dépendance. Chacun devrait pouvoir, dans un cadre de son choix, se donner personnellement la mort afin de pas donner à ses proches l’image de sa propre déchéance. Il s’agit d’actes volontaires, une personne est censée être libre de disposer de son corps. Pourtant, en France, même la loi sur la sédation profonde n’est pas appliquée par les services de soins palliatifs. Un chien peut être euthanasié mais pas un être humain ! Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

18 janvier 2020, Fin de vie à domicile, la galère

8 janvier 2020, Fin de vie, prendre du midazolam ?

12 juillet 2019, le cas Vincent Lambert, suite et fin

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

26 avril 2019, L’affaire Vincent Lambert, l’euthanasie en suspens

6 juillet 2018, ADMD, pour le droit de mourir dans la dignité

13 mars 2018, Le suicide assisté, atteinte à la liberté individuelle ?

3 mars 2018, Quelle liberté pour une mort dans la dignité ?

8 septembre 2017, Anne Bert décide dignement de son dernier voyage

9 avril 2017, Les présidentiables et le droit de mourir dans la dignité

7 mars 2017, Sédation profonde ou droit de mourir dans la dignité ?

25 septembre 2016, Euthanasie, un mot en vogue pour la mort douce

29 janvier 2016, Ni euthanasie, ni suicide assisté, une molle décision !

13 mars 2015, Mourir dans la dignité, un débat qui n’en finit pas

9 mars 2015, Une mort digne d’être vécue n’est pas chose impossible

14 décembre 2014, Fin de vie, encore une mesurette de François Hollande

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

10 mars 2009, euthanasie, le droit ultime

6 juin 2007, croisade obscurantiste des religions sur l’euthanasie

* LE MONDE du 19 février 2020, En Belgique, un procès a ravivé les fractures entre défenseurs et opposants de la loi sur l’euthanasie

** LE MONDE du 19 février 2020, De plus en plus de Français demandent l’euthanasie en Belgique

Bill Gates veut réduire la population mondiale

Bill Gates a participé à une conférence TED en 2010, dans laquelle il évoque les défis climatiques et son travail à la fondation. Voici ce qu’il a dit : « Le monde compte aujourd’hui 6,8 milliards de personnes. On devrait atteindre 9 milliards. Avec de très bons résultats sur les nouveaux vaccins, les soins de santé, le contrôle des naissances, on pourrait le réduire de peut-être, 10 ou 15 %, mais on gardera un facteur d’augmentation d’environ 1,3. » Attention, ce n’est pas la population que Bill Gates espère réduire de 10 à 15 %, mais son accroissement, qui est actuellement très rapide (le facteur de 1,3 correspond à une hausse de 30 % annuellement qu’il espère voir ralentir). Lors d’un entretien à CNN en 2011, Bill Gates avait déclaré que « les vaccins étaient la meilleure solution pour faire baisser la population ». Il ne s’agit pas d’utiliser les vaccins pour « tuer » ou « stériliser » la population, bien au contraire. M. Gates estime que la réduction de la mortalité infantile par le développement de la vaccination peut freiner la croissance démographique dans le monde. Il considère que ce progrès conduira, à terme, les parents à concevoir moins d’enfants, s’ils savent qu’ils vivront longtemps et en pleine santé. A terme, cela réduirait donc l’accroissement de la population mondiale. Il a développé ce raisonnement à plusieurs reprises. Aujourd’hui avec le coronavirus, Bill Gates est la cible de rumeurs et infox. Voici l’analyse des décodeurs du MONDE :

« Le centre Johns Hopkins « travaille à protéger la santé des populations face aux épidémies ». Elle mène des études financées des mécènes privés, comme la fondation de Bill et Melinda Gates. Face aux infox, le centre a publié un communiqué de presse le 25 janvier. Il confirme qu’un exercice de simulation de pandémie appelé « Event 201 », a été mené en octobre 2019 en partenariat avec la Fondation. Le scénario, tel qu’il avait été imaginé, prévoyait une épidémie dont l’épicentre se trouvait dans une porcherie au Brésil et qui allait causer beaucoup de morts. Il s’agissait d’une simulation et non d’une anticipation. L’ONG ajoute que « les données utilisées pour modéliser l’impact potentiel de ce virus fictif ne sont pas similaires au nCoV-2019 » ». (LE MONDE du 6 février 2019)

Commentaire biosphèrique : Vaccination ou pas, simulation ou anticipation, la problématique des épidémies dans un monde surpeuplé se pose. Un coronavirus qui met en quarantaine toute une ville (Wuhan, 14 millions d’habitants, devrait inciter nos dirigeants à (re)lire Malthus ! Si nous ne diminuons pas la concentration humaine, il y aura des guerres, des famines et des épidémies écrivait-il en 1798. Aujourd’hui en 2020 c’est une réalité. Mardi 4 février, trois autres villes, Taizhou (6 millions d’habitants), une partie de Hangzhou (10 millions d’habitants), et Ningbo (8 millions d’habitants) ont à leur tour pris des dispositions drastiques. Et apparemment ce n’est qu’un début, bientôt toute la Chine en quarantaine ? Pour en savoir plus, lire sur notre blog biosphere :

27 janvier 2020, Tout savoir sur le coronavirus 2019-nCoV

21 janvier 2020, Pandémies mortelles, SRAS, H5N1, H7N9

16 août 2017, Si les humains préfèrent famine, guerre et épidémies !

Tout savoir sur le coronavirus 2019-nCoV

Depuis un mois, le coronavirus apparu à Wuhan en Chine a contaminé près de 1 300 personnes, 237 sont dans un état critique. Parce qu’il est transmissible par simple contact entre humains, il inquiète les autorités du monde entier. Les coronavirus forment un groupe de virus dont les premiers représentants ont été identifiés au milieu des années 1960. Leur nom provient des prolongements en forme de couronne situés à leur surface. Ils provoquent des infections respiratoires. Selon le type de virus, ces infections sont d’une gravité très variable puisqu’elles vont du simple rhume à des syndromes provoquant une détresse respiratoire et la mort. Quelques réactions sur lemonde.fr qui montrent la complexité d’une pandémie :

Agnès Buzyn, ministre de la santé : « Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source » et la « circonscrire le plus vite possible » ; « Nous aurons probablement d’autres cas. »

Pierre Robes : « Face à la situation grave d’une épidémie qui s’accélère (…) il est nécessaire de renforcer la direction centralisée et unifiée du Comité central du Parti », a affirmé samedi le président Xi Jinping : on dirait Staline dans le texte !

soyez le premier à réagir @robes : heureusement qu’ils ont un régime centralisé « fort ». On imagine la même chose en Europe, c’est la débandade.

daniel georges : En France 8000 morts l’année dernière. Le coronovirus, non la grippe !

Loriot : Rappelons une chose, toute simple, hélas. Les pneumonies « ordinaires » tuent toutes les 40 secondes un enfant, essentiellement dans les pays pauvres, donc près d’un million de morts CHAQUE ANNEE (chiffres officiels de l’OMS pour la dernière année connue : 2015).

CDU : La grippe espagnole a été fatal pour 2,5 à 5% de la population mondiale de l’époque.

dilivier7 : Nulle part je n’ai lu s’il y avait un traitement contre cette maladie. Quelqu’un a t’il une réponse à cette question ?

Catherine R. : Comme la grippe. Antipyrétique, sérum phy pour laver le nez. Et attendre que ça passe.

Woudi Kherenc  : Pour des personnes en bonen santé, seul le système immunitaire est capable d’éliminer totalement un virus. Les traitements éventuels ne servent qu’à ralentir l’infection ou à soulager les symptômes. La meilleure arme serait un vaccin, mais ça ne peut pas se faire du jour au lendemain…

Robert Corel : Les masques chirurgicaux ne servent qu’à éviter de contaminer quelqu’un, mais en aucun cas ils vous protègent. S’il faut porter un masque alors vérifiez qu’il ait la norme ffp2 et même mieux ffp3. Et désinfectons-nous les mains, un masque ne nous servira à rien si nous portons nos mains souillées à la bouche ou nous grattons le nez.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere, Pandémies mortelles, SRAS, H5N1, H7N9 (21 janvier 2020)

* LE MONDE du 26-27 janvier 2020, Coronavirus : la situation est « grave » et l’épidémie « s’accélère », affirme Xi Jinping

Pandémies mortelles, SRAS, H5N1, H7N9

Contagion, le film de Steven Soderbergh, cartographie la propagation mondiale d’un virus qui tue rapidement ses victimes*. Très réaliste, trop ! En juin 1918, 70 % de la population madrilène fut contaminée en l’espace de trois jours par la grippe espagnole. De 1918 à 1919, ce virus de type H1N1 a fait mondialement entre 30 millions et 100 millions de morts. Comme si la contamination virale naturelle ne suffisait pas, James Howard Kunstler envisage que des régimes submergés par les pressions démographiques utilisent des virus « fabriqués »  contre les populations (après avoir bien sûr vacciné une élite présélectionnée !). C’est tout-à-fait dans l’ordre des possibles, une série d’expérimentations a cherché à rendre contagieux des virus grippaux mortels. Les deux pathogènes soumis à expérience, le H5N1 et le H7N9, sont extraordinairement meurtriers. Les malades, après une brutale poussée de fièvre, développent généralement une pneumonie, puis une grave détresse respiratoire à l’issue souvent fatale. Ces grippes ne parviennent pas encore à passer d’un homme à un autre. Mais quelques mutations suffisent pour que ces virus grippaux deviennent transmissibles par « aérosolisation », voyageant dans les gouttelettes émises par la toux et les éternuements entre humains.

La réalité dépasse la fiction. La Chine vient d’annoncer le 20 janvier un troisième mort et près de 140 nouveaux cas du mystérieux virus, analogue au SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère ou pneumonie)**. A Wuhan, 11 millions d’habitant, 136 nouveaux cas ont été répertoriés durant le week-end. S’y ajoutent des nouveaux cas à Pékin, en Thaïlande, au Japon. Les déplacements de population multiplient les risques de contagion. Et l’épidémie survient à l’approche des festivités du Nouvel An chinois, période durant laquelle des centaines de millions de personnes profitent de l’occasion pour voyager, dans le pays et à l’étranger.

La fin des épidémies explique pour une part l’explosion démographique, mais la surpopulation implique des risques croissants d’épidémies. C’est ce qu’on appelle une causalité circulaire. Wuhan, 11 millions d’habitants, la folie. La Chine, 350 millions de porcs tués pour juguler une épidémie de peste porcine. L’élevage en batterie des humains et des animaux ne présagent rien de bon… La concentration humaine accentue les risques de contamination. « Quand l’épidémie de peste noire éclata en 1347, on vit disparaître les deux tiers de la population européenne. La cause apparente, ce sont les rats qui ont transporté le bacille. Mais en y regardant de plus près on s’aperçoit que dans les deux siècles qui précédent l’épidémie, une expansion fantastique des villes avait eu lieu sans que soient préservées les nécessités hygiéniques minimales dans un espace au peuplement dense. Le bacille de la peste trouva ainsi un terrain favorable dans une situation de saturation urbaine. L’événement « rats » fut l’effet de seuil qui déclencha la catastrophe. Or on se réjouit de nos jours d’une population urbaine qui atteindrait bientôt plus de 80% sur l’ensemble de la planète, avec des mégalopoles de plus de 20 millions d’habitants. Ne peut-on penser que nous sommes, au niveau mondial, dans une situation assez proche de celle du XIVe siècle en Europe ? »***

* La fin du pétrole (le vrai défi du XXIe siècle) de James Howard Kunstler (2005)

** LE MONDE du 21 janvier 2020, En Chine, la mystérieuse pneumonie fait un troisième mort

*** Moins nombreux, plus heureux (livre collectif aux éditons Sang de la Terre, 2014)

Fin de vie à domicile, la galère

Journaliste, Catherine Vincent a répondu cet été au souhait de sa mère, qui demandait à mourir simplement à la maison. Elle témoigne personnellement dans un article du MONDE* des difficultés rencontrées pour exaucer cette dernière volonté : « Autrefois on mourait « de vieillesse », chez soi, dans son lit, entouré des siens, de plus en plus faible jusqu’à ce que la mort nous prenne. La différence avec cette époque, c’est que la médecine a maintenant des moyens simples et efficaces pour apaiser à domicile, dans la plupart des cas, les souffrances morales ou physiques. C’est leur mise en œuvre, politiquement voulue, correctement financée et à grande échelle, qui fait défaut. Mais qui le sait ? Qui en débat ?

J’ai découvert que rien n’est véritablement fait dans notre pays, pas même dans notre capitale pourtant dotée de moyens privilégiés, pour favoriser la mort à domicile. Il s’en faudrait pourtant de peu, m’a-t-il semblé, pour que tout fonctionne mieux. Mais le peu manque à l’appel, notamment par manque d’information. (… après moultes mésaventures et impossibilité de dialogue avec différentes autorités sanitaires), un ami, médecin généraliste rompu aux situations délicates et connaissant bien ma famille, est encore à Paris. Lui saura me conseiller. Il fait bien plus : il me sauve. A peine lui ai-je expliqué le contexte qu’il me propose de le rejoindre à son cabinet. Une demi-heure plus tard, il me remet une enveloppe contenant quelques dosettes d’Oramorph – une solution buvable à libération immédiate de morphine. Ajoute quelques mini-flacons de scopolamine, destinés à pallier l’éventuelle survenue de râles agoniques. M’explique qu’en soins palliatifs il suffit en général de disposer de trois types de molécules : un anxiolytique (le Lexomil que nous avons déjà fera l’affaire), un opioïde contre la douleur (morphine ou dérivés), un anticholinergique contre la détresse respiratoire aiguë (la scopolamine). C’est tout ? C’est tout. Et encore, toutes ces substances ne sont pas forcément nécessaires. La preuve : jusqu’à la fin, la scopolamine restera dans son enveloppe. Et ce que fait mon ami en me donnant ces produits, est-ce légal ? Il sourit, ne répond pas.

Mon principal problème réside dans la posologie des « bonbons qui font du bien » – c’est ainsi que j’ai surnommé la cuillère d’eau gélifiée dans laquelle je glisse, à heures régulières, quelques gouttes d’Oramorph et un peu de Lexomil dissous. Je crains sans cesse d’en donner trop à ma mère – est-ce pour cela qu’elle somnole tant ? A moins que ce ne soit pas assez – est-ce pour cela qu’elle s’agite, gémit et tient par moments des propos délirants ?…………………

Complément d’analyse sur notre blog biosphere :

8 janvier 2020, Fin de vie, prendre du midazolam ?

21 août 2018, Hans Jonas confronté au problème de l’euthanasie

25 septembre 2016, Euthanasie, un mot en vogue pour la mort douce

29 janvier 2016, Ni euthanasie, ni suicide assisté, une molle décision !

14 décembre 2014, Fin de vie, encore une mesurette de François Hollande

5 novembre 2014, L’engagement 21 de François Hollande sur la fin de vie

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

16 janvier 2014, Vincent Lambert, qui peut décider de sa fin de vie ?

* LE MONDE du 11 janvier 2020, Fin de vie : « Je n’avais pas prévu qu’aider ma mère à mourir chez elle serait une épreuve si solitaire »

Il est interdit d’avoir plus de deux enfants

– La loi interdit aux fonctionnaires d’avoir plus de deux enfants. Au-delà, ils encourent des sanctions. C’est déjà une réalité dans certaines régions de l’Inde, comme au Rajasthan. Ummed Singh Rathore l’a appris à ses dépens, alors qu’il cherchait du travail. « J’ai été embauché pour être gardien à l’Assemblée du Rajasthan. Plus tard, le directeur m’a convoqué et m’a dit que mon embauche était annulée », explique-t-il. « Pourquoi le gouvernement interfère dans nos vies privées ? » La raison de l’annulation de son embauche ? Ummed Singh a trois filles, et donc la loi l’empêche d’accéder à un poste de fonctionnaire. « J’ai trois enfants, mais je n’ai rien fait de mal. Pourquoi le gouvernement interfère dans nos vies privées ? Il est censé nous aider, au contraire », déplore-t-il. L’Inde est en état de surpopulation avec presque 1,4 milliard d’habitants. Le pays va bientôt dépasser la Chine. Face à ces défis, les autorités cherchent des solutions. (JT de 20 heures le 13 janvier 2020)*

– La population de l´Etat du Gujarat, en Inde, est en constante augmentation. Selon les données du recensement qui vient d´être réalisé, l´État compte 50,5 millions d´habitants. Dix millions de plus qu´en 1991. Les nationalistes hindous, au pouvoir dans cette région, proposent d´interdire aux couples d´avoir plus de deux enfants. L´Église catholique s´oppose résolument à ce projet. L´évêque de Ahmedabad a déclaré qu´il s´agit d´une « violation des droits humains élémentaires ». Le père Cedric Prakash a déclaré que le chemin à suivre pour faire face à la croissance démographique est celui de l´éducation « des femmes et des catégories les moins privilégiés ». L´Église, a-t-il souligné, encourage les « méthodes naturelles » de planification familiale. (ROME, lundi 27 août 2001)**

– Deux enfants par couple, c’est possible dans un pays où le divorce est interdit… ou impossible. La loi indienne permet le divorce par consentement mutuel ou pour sévices physiques. Dans la réalité, la plupart des femmes indiennes préféreront subir la violence de maris ivrognes plutôt que d’encourir le rejet de leur entourage. Alors mieux vaudrait dire deux enfant maximum par femme. Et si on va jusqu’au bout de la logique de l’intérêt collectif face aux menaces de surpopulation, de réchauffement climatique, d’épuisement des terres, de stress hydrique, d’extinction de la biodiversité… mieux vaudrait une loi mondiale imposant de façon progressive l’idée d’un seul enfant par femme. Sensibilisation éducative, consentement des populations et écologie punitive sont absolument complémentaires. Et ce n’est pas parce que certains sont contre les radars au bord des routes qu’on ne doit pas sanctionner pour excès de vitesse. Pourquoi faire une différence avec l’excès de fécondité ?

* https://www.francetvinfo.fr/monde/inde/inde-vers-une-limitation-du-nombre-d-enfants_3783485.html

** https://fr.zenit.org/articles/inde-l-eglise-s-oppose-au-plan-imposant-un-maximum-de-deux-enfants-par-couple/

Fin de vie, prendre du midazolam ?

Le midazolam et célèbre, on en a parlé devant la Cour suprême américaine à propos de la peine de mort. Il revient en France sur le devant de la scène à propos de la fin de vie. Jean Méheut-Ferron, un médecin généraliste titulaire d’un diplôme universitaire de soins palliatifs, est sous le coup d’une « interdiction totale » d’exercer après avoir été mis en examen pour « administration de substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner à une personne vulnérable ». La justice lui reproche d’avoir donné à plusieurs patients du midazolam (distribué sous le nom d’Hypnovel), un puissant sédatif exclusivement délivré par les pharmacies hospitalières et recommandé par la Haute Autorité de santé (HAS) pour mettre en place les sédations profondes et continues jusqu’au décès. Dans le cadre de l’enquête, les corps de sept anciens patients ont été exhumés. Des traces de midazolam ont été trouvées chez cinq d’entre eux.Jean Méheut-Ferron assure qu’il n’était pas question d’euthanasie : « Il ne s’agissait ni d’accélérer la mort ni de prolonger inutilement le patient. Il s’agissait vraiment, au sens strict, d’un accompagnement. » La mise en cause du praticien par la justice a relancé le débat sur l’accompagnement de la fin de vie à domicile. Cette information du MONDE* est largement commentée sur lemonde.fr :

Jean Rouergue : Quand je vois mes vieux oncles en EPHAD, j’ai pas envie d’y aller, je préfère choisir ma mort plutôt que de finir légumes. Vois ceux qui nous sont chers transformés en légumes est douloureux. Vous me direz vous ne pensez qu’à votre confort personnel. Non, car ils nous disent aussi,  » le temps est long »… dans un éphémère éclair de lucidité. Personnellement je préférerais pour voir disposer de midazolam plutôt que d’une corde ou d’une balle, par respect pour ceux qui passeront la porte. Une majorité de français est favorable à une mort digne.

Kotelk : Je viens de relire l’article. Nulle part il est fait mention de l’accord du malade, et aucune contribution n’y fait allusion. Il n’est question que du courageux médecin qui a bien voulu permettre à des patients de mourir. Mais toutes ces personnes à qui il a été généreusement donné la mort le voulaient-elles ? C’est la seule question et je suis très étonnée qu’elle ne soit pas abordée. Si c’est le vrai désir du patient alors, oui il faut l’aider. Si c’est l’initiative d’un praticien, c’est tout simplement une mise à mort et personne n’a le droit de tuer, même avec un diplôme de médecine. Seul le malade doit avoir le droit de décider et sa décision doit être respectée.

Ana : Vous avez mal lu l’article: il ne s’agit pas de donner la mort mais d’aider une fin de vie. Quand j’ai vu ma mère en unité de soins palliatifs, j’aurais préféré qu’elle puisse vivre ses derniers jours chez elle.

J.C.M : Attention à cette situation particulière. Le problème n’est pas l’utilisation du MIDAZOLAM que nous pouvons nous procurer de façon assez simple (HAD/ Réseau), mais la nécessité d’une procédure collégiale. On ne peut accepter que le médecin décide seul d’une sédation terminale, sans concertation, sans procédure collégiale, ni à l’hôpital ni à domicile. On peut être médecin généraliste, c’est déjà bien, mais pas « Dieu le père ».

Antoine Martin : Profondément anormal ce qui arrive à ce collègue manifestement à l’écoute de ses patients et de leurs familles. On marche sur la tête et il n’y a eu aucune plainte de celles-ci mais on a été déterrer les corps pour faire des recherches toxicologiques !!! On a tous aidé des patients à mourir et l’Hypnovel endort mais ne tue pas ; il ne s’agit pas de Kcl (clorure de portassium) intraveineux ! On utilisait très volontiers l’association Dolosal/Phenergan/Largactil il y a une vingtaine d’années.

PATIN Claude : je suis médecin rural dans le Jura et avec l’aide du service hospitalisation a domicile, j’ai accès à la pose d’un pouce seringue d’imidazolan quand je le décide (contexte de fin de vie) et en accord à l’avance avec le médecin du service HAD et c’est une infirmière formée à cette tâche qui vient au domicile le poser !!!!

Sam D : S’il y a bien un médicament qui n’est utilisé dans le cadre des soins palliatifs que parce que le laboratoire a su se placer, c’est le midazolam. Il faudrait qu’on m’explique l’intérêt d’une benzodiazépine ayant une demi-vie courte pour des patients dont les problèmes nécessitent généralement une solution agissant de façon prolongée…

doc : Manifestement Sam D ignore les soins palliatifs en général et les dispositifs de perfusion continue automatisées et réglables en particulier…On a les outils pour aider à la fin de vie, manque la volonté politique…

Ricardo Uztarroz : Puisque ces jours-ci le mot « consentement » est à la mode, au nom de quoi peut-on interdire à quelqu’un de mettre fin à sa vie si celle-ci lui est devenue insupportable ? Selon Albert Camus, la seule question philosophique qui méritait considération était celle du suicide.

Charles Condamines : Souffrant d’un cancer du poumon inguérissable, j’ai toujours manifesté le désir de demander l’heure venue, la dite sédation. Pendant plus d’un an tous les soignants qui m’entourent m’ont fait croire que ce serait possible à mon domicile ; ce n’est qu’après mes demandes réitérées de plus de précision qu »une réunion au sommet a finalement conclu que non, ce ne sera pas possible. Je parle d’une réunion au sommet parce ce qu’ils sont venus à 7 m’annoncer la nouvelle à mon domicile.

* 3 janvier 2020, Fin de vie : le débat sur le rôle des médecins généralistes relancé par une affaire judiciaire

La population mondiale au 1er janvier 2020

La Terre héberge environ 7,7 milliards d’habitants en ce 1er janvier 2020. Le taux de croissance annuel (+,1,1 %) reste élevé au regard de l’Histoire et conduit à une augmentation de 80 millions de personnes chaque année (soit près de 220 000 personnes chaque jour). 

Projection mondiale  pour 2100 (ONU) : 10,9 milliards

Signalons la signature, en novembre dernier, par 11 000 scientifiques d’un appel sur la crise climatique faisant clairement référence au facteur démographique.

Source : http://economiedurable.over-blog.com/2019/12/la-population-mondiale-au-1er-janvier-2020.html

Tout savoir sur la démographie et même plus

Sur ce blog biosphere, nous classons les articles par thème, rubrique « Catégories ». Voici pour 2019 le récapitulatif sur la démographie. Pour nous l’étude des populations ce n’est pas une simple description de l’accroissement naturel et des mouvements migratoires, c’est un vaste domaine qui inclut aussi bien le sens de la vie que nos conceptions de la mort, notre rapport à la biodiversité et notre souci des générations futures, et bien entendu notre approche de la sexualité, le tout selon le point de vue des écologistes, varié comme de bien entendu… il suffit de lire les commentaires postés par les internautes. Vous avez toujours la possibilité de nous envoyer un article de votre cru, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org. A vous de nous lire selon vos centres d’intérêt.

22 novembre 2019, Conférence internationale sur la population (Nairobi)

16 novembre 2019, COP25 et la sinistre réalité somalienne (le haut commissariat aux réfugiés)

11 novembre 2019, Transformer notre corps en humus, le pied

10 novembre 2019, La guerre des natalistes contre le clitoris

9 novembre 2019, Pierre Fournier (1937-1973), malthusien sans le dire

8 novembre 2019, Terre inhabitable, chute démographique

25 octobre 2019, discuter PMA, c’est interdit par les LGBT

23 octobre 2019, Faut pas rêver de devenir maman ! Pacte, « pas d’avenir pas d’enfant »

26 septembre 2019, La mono-procréation, un homo-sexisme

24 septembre 2019, PMA, qui voudrait vivre sans père ?

24 août 2019, Écologie et politique démographique (Gilles Lacan)

11 août 2019, Naissance de l’eugénisme… dans la lignée de Darwin

10 août 2019, Il y a cinq milliards d’hommes en trop sur Terre (Jean-Michel et Jean-Claude HERMANS)

9 août 2019, Ah, si la population française diminuait !

8 août 2019, La démographie fait polémique au sein des décroissants (Alain Adriaens)

7 août 2019, Que sais-je sur la décroissance… démographique ! (Serge Latouche)

6 août 2019, Des chasseurs-cueilleurs moins prolifiques

5 août 2019, Les limites à la croissance démographique (rapport au Club de Rome 1972)

4 août 2019, Faire un enfant quand tout est foutu (Marianne Durano, l’écologie intégrale)

3 août 2019, Ethologie, économie et démographie (Pierre Jouventin et Serge latouche)

18 juillet 2019, Les enfants face à l’effondrement global (Pablo Servigne…)

17 juillet 2019, Malthus avait raison, la faim existe !

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

29 juin 2019, Bidonvilisation démentielle de la planète

3 juin 2019, Les pro-malthusiens face à la saturation de l’espace (Philippe Bihouix)

2 juin 2019, Conférence-débat sur la Décroissance démographique (organisé par Démographie Responsable))

21 mai 2019, L’acharnement à maintenir « en vie » à tout prix (le cas Vincent Lambert)

26 avril 2019, L’affaire Vincent Lambert, l’euthanasie en suspens

25 avril 2019, Plus de garçons que de filles, que du bonheur

5 avril 2019, Insécurité alimentaire aiguë et insouciance politique

18 février 2019, Trop nombreux pour la planète, vive la démographie verte

17 février 2019, Un site à connaître, QQF, qu’est-ce qu’on fait ?! (Michel Sourrouille)

28 janvier 2019, Serions-nous plus heureux si nous étions moins nombreux

17 janvier 2019, Cocorico, vive la baisse de la fécondité française (1,87 enfant par femme)

10 janvier 2019, Ne disons plus de conneries sur la fécondité humaine (Jane Goodall)

COP25 et la sinistre réalité somalienne

Nous disons aux grévistes français qui veulent s’assurer un bonne retraite, heureusement que nous n’êtes pas né Somalien ! Nous disons aux négociateurs de la COP25, vous avez joué avec le feu ! Regardez la Somalie. Tous les fonctionnaires, agents administratifs, enseignants, personnels communaux, perdirent leurs emplois en janvier 1991, date ou l’État somalien s’est effondré à cause de la guerre civile. De toute façon les salaires n’étaient plus versés depuis plusieurs mois. Les centres des impôts, les mairies, ou autres bâtiments administratifs furent fermés, puis, généralement pillés. Sur les routes sévissent des bandits encadrés par des chefs de guerre. Depuis 1991, il n’y a plus d’État pour encadrer le système éducatif, l’université de Mogadiscio ne fonctionne plus. Les écoles publiques sont fermées depuis cette époque. La compagnie nationale d’électricité avait déjà cessé son activité en 1990.

Comme si la malédiction humaine ne suffisait pas, les perturbations climatiques font des dégâts en Somalie. L’été dernier, une nouvelle fois, aucune goutte d’eau n’est tombée durant des mois, entraînant la perte des cultures et du bétail. Le pays a été frappée à nouveau, à la fin du mois d’octobre, par les pires inondations qu’elle ait connues depuis des années. La famine s’installe, des centaines de milliers de Somaliens sont contraints de quitter leurs foyers en quête d’eau et de nourriture. La Somalie compte déjà l’une des plus importantes populations de déplacés internes du monde – plus de 2,6 millions de personnes –, et près de 750 000 réfugiés dans les pays voisins, soit 25 % de la population. Filippo Grandi occupe la fonction de Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés depuis 2016. Il s’épanche :

« Nous constatons chaque jour l’impact croissant du changement climatique. Les communautés hôtes font face à une pression croissante. Du fait de sa rareté, l’utilisation du bois de chauffage peut faire naître des tensions avec les locaux, sans compter l’épuisement des ressources et la dégradation de l’environnement. Un petit nombre de pays, dont presque tous sont à revenu faible ou intermédiaire, est touché de façon disproportionnée. Terres d’accueil de millions de réfugiés, ces pays ont besoin de notre aide. Je lancerai un ambitieux défi pour une énergie propre lors du Forum mondial sur les réfugiés, qui se tiendra les 17 et 18 décembre à Genève. L’objectif est que tous les camps de réfugiés et les communautés hôtes qui les entourent puissent avoir accès à une énergie abordable, fiable et durable d’ici à 2030. J’ai confiance que les gouvernements, les entreprises et les agences de développement s’engageront avec nous dans cette direction. Ensemble, nous devons placer l’énergie durable au cœur de notre réponse aux besoins des ménages, en matière d’éclairage public, d’éducation, d’accès à la santé et de ressources en eau... »*

Filippo Grandi rêve, il ne semble pas savoir que la COP25 a échoué et que les pays pauvres ne peuvent rien attendre de pays riches qui jugent qu’il est urgent de ne rien faire. Si le réchauffement climatique n’attire depuis 25 ans aucune attention de la part des dominants, ce n’est pas un « Forum mondial sur les réfugiés » qui va changer la donne. Rappelons l’irréalisme du pacte mondial sur les réfugiés né il y a juste un an ; ses quatre objectifs sont les suivants : a) alléger la charge reposant sur les pays d’accueil ; b) renforcer l’autonomie des réfugiés ; c) élargir l’accès aux solutions dans des pays tiers ; et d) améliorer les conditions dans les pays d’origine pour rendre possible les retours en toute sécurité et dignité. Des mots, des mots, comme lors des COP. Chirac en 2002, lors d’un Sommet de la Terre, s’exclamait : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». L’aveuglement subsiste, vive le concours Miss France, la démission de Jean-Paul Delevoye, la grève dans les transports, vive le présent au détriment de l’avenir…

* LE MONDE du 17 octobre 2019, « Les mouvements de population de grande ampleur ont un impact environnemental »