démographie

à la place du quotient familial, un permis de procréer

François Hollande souhaiterait remplacer le quotient familial* – qui offre un avantage fiscal croissant en fonction du nombre d’enfants et du niveau de revenu – par un crédit d’impôt. « Abroger le quotient familial aurait des conséquences absolument dramatiques pour la politique familiale de la France », a osé Sarkozy. Mais le candidat socialiste avait pourtant assuré que s’il était élu à l’Elysée, il « n’enlèverait pas un euro à la politique familiale ». La mesure reviendrait simplement à ce que les 50 % les plus riches reversent 3,5 milliards d’euros aux 50 % les plus pauvres. Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, défend un système « qui a permis à la France d’avoir le meilleur taux de natalité en Europe ». Cette réforme était même évoquée par le Haut conseil à la famille. Donc tout le monde est d’avis de conserver l’aide aux naissances nombreuses ! La politique gouvernementale de droite comme de gauche est nataliste, antimalthusienne.

Dans mon programme politique pour 2012, je dirai au contraire que l’empreinte écologique des français est telle que nous ne pouvons pas généraliser notre mode de vie et multiplier nos enfants. Que nos citoyens comprennent enfin que n’avons pas trois ou quatre planètes à notre disposition ! Il faut donc construire à la fois une décroissance économique par la limitation de nos besoins et une décroissance démographique grâce à la neutralité de l’Etat en matière d’allocations familiales et de quotient familial (qui seraient donc supprimés) : pas de prime à des enfants surnuméraires. Dans l’éducation nationale, il sera mis en place une éducation à être ou non futurs parents. L’éducation sexuelle ne sera pas limitée à la présentation des moyens de contraception, mais à la responsabilité des couples par rapport aux limites de la planète. Face à une crise systémique, écologique et financière, il nous faut une éducation  systémique.

J’instaure un permis de procréer. Est-il un secteur de la vie humaine où il importe davantage d’avoir affaire à des personnes irréprochables que dans celui de la mise en existence d’une nouvelle créature ? Il n’est pas acceptable que des individus deviennent parents sans posséder un bagage équivalent à celui d’un spécialiste de la psychologie infantile. Notons qu’il existe déjà pour les candidats à l’adoption une très officielle Procédure d’Agrément. Le législateur exige en France de « s’assurer que ceux et celles qui désirent adopter offrent les capacités familiales, éducatives et psychologiques nécessaires à l’accueil d’un enfant déjà né ». Pourquoi pas la même chose pour le désir d’enfanter ?

* LEMONDE.FR avec AFP | 10.01.12 | Quotient familial : Hollande ne veut pas le supprimer mais « le rendre juste »

arrêt des migrations et ressources vitales

Malek Boutih était un ancien président de Sos-Racisme. Dans un rapport tenu secret1 par le Parti socialiste, le secrétaire national chargé des questions de société proposait une politique de l’immigration rigoureuse : « Il faut sortir d’un simple rapport humanitaire et charitable avec l’immigration. » Il proposait l’établissement d’une politique de quotas, la suppression de la bi-nationalité et un serment « au respect des lois de la République, de la laïcité et de l’égalité homme-femme » pour les titres de séjour valable dix ans. Les restrictions aux migrations ne sont donc pas le fait exclusif du Front National ou de Sarkozy-Guéant singeant le FN. Le problème paraît plus profond.

Depuis toujours, le PS est mal à l’aise avec le sujet « immigration », car constamment tiraillé entre pragmatisme et humanisme. C’est sous François Mitterrand qu’a été légalisée et organisée en 1981 la rétention administrative. C’est Paul Quilès aussi, en tant que ministre de l’intérieur, qui a fait passer dans la loi en 1992 le système des zones d’attente. Quand les crises économiques se succèdent, quand le chômage devient structurel et insoluble, les pays riches se ferment aux mouvements migratoires. En France, le nouveau projet de loi sur l’immigration débattu à l’Assemblée nationale en septembre 2011 renforçait les facilités d’expulsion des étrangers en situation irrégulière. A la question « Faut-il régulariser massivement les sans-papiers ? »2, tous les candidats à la primaire socialiste du 9 octobre 2011 étaient « contre » et défendaient le « cas par cas » avec seulement quelques nuances : normes de « vie de famille », de travail et d’années de présence ou preuves d’« intégration », comme la maîtrise du français jusqu’aux « reconduites à la frontière ».

Dans les décennies à venir, les conflits d’espace vital et de ressources auront des effets encore plus radicaux sur l’humanisme occidental et l’esprit d’ouverture. Comme l’exprime d’André Lebeau3, « Le découpage de l’espace terrestre en territoires nationaux est achevé. A l’enfermement planétaire qui pèse sur l’humanité s’ajoute un confinement territorial qui fait de la notion d’expansion un synonyme de guerre de conquête. » Comme l’analyse Harald Welzer4 : « Les ressources vitales s’épuisent, il y aura de plus en plus d’hommes qui disposeront de moins en moins de bases pour assurer leur survie. Le XXIe siècle verra non seulement des migrations massives, mais des solutions violentes aux problèmes de réfugiés. Des processus sociaux comme l’holocauste ne doivent pas être compris comme une « rupture de civilisation » ou une « rechute dans la barbarie », mais comme la conséquence logique de tentatives modernes pour établir l’ordre et résoudre les problèmes majeurs ressentis par des sociétés. Les hommes changent dans leurs perceptions et leurs valeurs, en même temps que leur environnement et sans s’en rendre  compte : c’est le phénomène des shifting baselines. »

Le dernier rapport de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) indique que « la mobilité humaine est sans précédent par le passé »5. Nous cumulons 214 millions de migrants internationaux et près de 1 milliard en comptant les migrations internes. Cela s’accompagne de perception anxiogène et d’image négative des migrants, de manifestation de xénophobie et d’attitudes discriminatoires, d’une percée électorale de l’extrême droite et des partis nationalistes. Nous sommes dans une sorte de spirale avec des manifestations de peur, de rejet et de violences un peu partout dans le monde. L’écologie, la protection des milieux et la stabilité sociale ne font donc pas bon ménage avec les migrations. Comme l’écrivait déjà Malthus il y a deux siècles, « L’émigration, en supposant qu’on en pût faire un libre usage, est une ressource qui ne peut être de longue durée. ».

1. Les inrockuptibles (4 au 10 mai 2005)

2. LE MONDE du 30 septembre 2011

3. L’enfermement planétaire (Gallimard, 2008)

4. Les guerres du climat (Gallimard, 2009)

5. LE MONDE du 7 décembre 2011, La crise ne freine pas les flux migratoires mais accroît les manifestations de rejet

démographie et énergie, le couple infernal

Avec notre passage à 7 milliards d’habitants début octobre, beaucoup a été écrit sur l’eau, l’alimentation, l’éducation et tous les risques de conflits, mais presque rien sur les scénarios énergétiques. Or tout ramène à l’énergie. On peut en théorie dessaler l’eau de mer, mais il faut de l’énergie. L’alimentation dépend de la répartition des terres entre cultures vivrières et agrocarburants. Dans des villages en Inde, on lance l’unique générateur d’électricité pour que les élèves puissent faire leurs devoirs le soir. La natalité aussi est affaire d’énergie. Une femme qui accouche sans aide médicale aura consommé quelque 90 kWh en neuf mois. Une femme occidentalisée, après des visites médicales régulières, des échographies, un accouchement en maternité, consomme l’équivalent énergétique d’environ 4 000 kWh.

Pour Jacques Foos et Yves de Saint Jacob*, l‘avenir souhaitable est que toutes les femmes du monde bénéficient de 4000 kWh. Pour eux, l’évolution de la population mondiale va « – et doit – » se traduire par une augmentation considérable de la consommation en énergie plus importante que la croissance démographique : « Comment penser que le monde va consommer l’énergie à un rythme inférieur à celui du XXe siècle… Notre discours n’est en aucun cas catastrophiste… La science et les techniques vont progresser. Les besoins futurs rendent irresponsables ceux qui s’opposent par idéologie à certaines énergies, qu’il s’agisse du nucléaire ou des gaz de schistes. »

Oh que c’est marrant ces idéologues qui, par idéologie, font acte de foi en la technique et la multiplication des besoins !Ces idéologues vivent sur le passé et traitent les autres d’idéologues ! Ils militent pour la croissance de la production énergétique sans concevoir que nous buttons contre les limites géophysiques de la planète. Yves Cochet nous paraît plus réaliste : « C’est la disponibilité à bon marché des énergies fossiles qui a permis à l’humanité de vivre au-dessus de la capacité de charge de la planète. C’est-à-dire avec un si grand nombre d’humains pour un niveau de vie moyen. Cette époque s’achève avec l’arrivée du pic de pétrole, et vers 2025, du pic énergétique général. Il existe une corrélation historique entre la quantité totale d’énergie dans le monde et le niveau démographique lié au niveau de vie. Cette corrélation est si forte qu’on peut émettre l’hypothèse d’une causalité : moins il y aura d’énergie disponible, moins la planète pourra accueillir d’individus à un certain niveau de vie. Si cette hypothèse est vraie, comme je le crois, le nombre maximal d’humains sur terre, au niveau de vie moyen actuel, déclinera d’environ 7 milliards vers 2025 à environ 5 milliards en 2050, puis 2 à 3 milliards en 2100. En résumant, dans l’expression « niveau de vie moyen » sur la Terre, le rapport entre la consommation d’énergie par personne et la population, on pourrait énoncer que plus le niveau de vie est élevé, moins la planète peut accueillir de personnes. »

En conséquence nous estimons sur ce blog pouvoir dire avec une certitude très probable que jamais toutes les femmes de la planète ne bénéficieront d’une échographie. Pour Jacques Foos et Yves de Saint Jacob, il s’agit en fait de préserver le niveau de confort d’une oligarchie mondiale en faisant croire que le nucléaire va sauver les plus pauvres « dans le futur ». Cela nous paraît plus qu’irresponsable, plus que mensonger, dégueulasse !

* Démographie et énergie, un couple indissociable, Point de vue | LEMONDE.FR | 10.11.11 |

** Antimanuel d’écologie d’Yves Cochet (Bréal, 2009)

NB : Comme c’est bizarre, le Professeur Jacques Foos a été titulaire pendant 25 ans de la chaire de sciences nucléaires du Conservatoire National des Arts et Métiers. Son livre co-écrit avec Yves de Saint Jacob « Peut-on sortir du nucléaire ? Après Fukushima, les scénarios énergétiques de 2050 » conclut comme par hasard que nous ne pourrons pas nous passer du nucléaire dans l’avenir…

démographie et énergie, le couple infernal

Avec notre passage à 7 milliards d’habitants début octobre, beaucoup a été écrit sur l’eau, l’alimentation, l’éducation et tous les risques de conflits, mais presque rien sur les scénarios énergétiques. Or tout ramène à l’énergie. On peut en théorie dessaler l’eau de mer, mais il faut de l’énergie. L’alimentation dépend de la répartition des terres entre cultures vivrières et agrocarburants. Dans des villages en Inde, on lance l’unique générateur d’électricité pour que les élèves puissent faire leurs devoirs le soir. La natalité aussi est affaire d’énergie. Une femme qui accouche sans aide médicale aura consommé quelque 90 kWh en neuf mois. Une femme occidentalisée, après des visites médicales régulières, des échographies, un accouchement en maternité, consomme l’équivalent énergétique d’environ 4 000 kWh.

Pour Jacques Foos et Yves de Saint Jacob*, l‘avenir souhaitable est que toutes les femmes du monde bénéficient de 4000 kWh. Pour eux, l’évolution de la population mondiale va « – et doit – » se traduire par une augmentation considérable de la consommation en énergie plus importante que la croissance démographique : « Comment penser que le monde va consommer l’énergie à un rythme inférieur à celui du XXe siècle… Notre discours n’est en aucun cas catastrophiste… La science et les techniques vont progresser. Les besoins futurs rendent irresponsables ceux qui s’opposent par idéologie à certaines énergies, qu’il s’agisse du nucléaire ou des gaz de schistes. »

Oh que c’est marrant ces idéologues qui, par idéologie, font acte de foi en la technique et la multiplication des besoins !Ces idéologues vivent sur le passé et traitent les autres d’idéologues ! Ils militent pour la croissance de la production énergétique sans concevoir que nous buttons contre les limites géophysiques de la planète. Yves Cochet nous paraît plus réaliste : « C’est la disponibilité à bon marché des énergies fossiles qui a permis à l’humanité de vivre au-dessus de la capacité de charge de la planète. C’est-à-dire avec un si grand nombre d’humains pour un niveau de vie moyen. Cette époque s’achève avec l’arrivée du pic de pétrole, et vers 2025, du pic énergétique général. Il existe une corrélation historique entre la quantité totale d’énergie dans le monde et le niveau démographique lié au niveau de vie. Cette corrélation est si forte qu’on peut émettre l’hypothèse d’une causalité : moins il y aura d’énergie disponible, moins la planète pourra accueillir d’individus à un certain niveau de vie. Si cette hypothèse est vraie, comme je le crois, le nombre maximal d’humains sur terre, au niveau de vie moyen actuel, déclinera d’environ 7 milliards vers 2025 à environ 5 milliards en 2050, puis 2 à 3 milliards en 2100. En résumant, dans l’expression « niveau de vie moyen » sur la Terre, le rapport entre la consommation d’énergie par personne et la population, on pourrait énoncer que plus le niveau de vie est élevé, moins la planète peut accueillir de personnes. »

En conséquence nous estimons sur ce blog pouvoir dire avec une certitude très probable que jamais toutes les femmes de la planète ne bénéficieront d’une échographie. Pour Jacques Foos et Yves de Saint Jacob, il s’agit en fait de préserver le niveau de confort d’une oligarchie mondiale en faisant croire que le nucléaire va sauver les plus pauvres « dans le futur ». Cela nous paraît plus qu’irresponsable, plus que mensonger, dégueulasse !

* Démographie et énergie, un couple indissociable, Point de vue | LEMONDE.FR | 10.11.11 |

** Antimanuel d’écologie d’Yves Cochet (Bréal, 2009)

NB : Comme c’est bizarre, le Professeur Jacques Foos a été titulaire pendant 25 ans de la chaire de sciences nucléaires du Conservatoire National des Arts et Métiers. Son livre co-écrit avec Yves de Saint Jacob « Peut-on sortir du nucléaire ? Après Fukushima, les scénarios énergétiques de 2050 » conclut comme par hasard que nous ne pourrons pas nous passer du nucléaire dans l’avenir…

contagion virale, un risque élevé pour l’humanité

Contagion, le film de Steven Soderbergh, cartographie la propagation mondiale d’un virus qui tue rapidement ses victimes*. Très réaliste, trop ! En juin 1918, 70 % de la population madrilène fut contaminée en l’espace de trois jours par la grippe espagnole. De 1918 à 1919, ce virus de type H1N1 a fait mondialement entre 30 millions et 100 millions de morts. Or les pandémies se multiplient aujourd’hui. Un universitaire d’Atlanta a listé les facteurs favorisant les risques : augmentation des transports autour de la planète, l’urbanisation croissante, réchauffement climatique (migrations des moustiques…), vieillissement de la population, concentrations dans les élevages en batterie. Marc Danzon, directeur de l’OMS (organisation mondiale de la santé) pour l’Europe en est sûr : « Aucun expert n’a laissé espéré que la pandémie aviaire n’arrivera pas un jour. L’incertitude porte sur le degré de sévérité qu’elle revêtira. Dans les dix ans à venir, il y aura une pandémie due à un virus qui se sera échappé du règne animal. »

Au cours des trois dernières décennies, 35 nouvelles maladies ont été recensées, dont 26 virales. L’épidémie de fièvre hémorragique aiguë due au virus de Marburg tue périodiquement en Angola, jusqu’à 90 % des personnes contaminées. En 2003 les Pays-Bas ont connu une épizootie de la variante H7N7 entraînant des contaminations humaines. Fin 2004, on recensait 6247 virus et les taxinomistes pensent que ce nombre n’équivaut qu’à 1 % de l’ensemble. En 2005, un échantillon du virus de la grippe H2N2 qui a fait cinq millions de morts en 1957, avait été envoyé à 3 747 labos de 18 pays différents ; erreur humaine vite réparée par une destruction dès réception ! La même année, on a pour la première fois observé que l’une des variantes de la grippe aviaire H5N1 avait acquis la propriété de pouvoir passer chez les humains. Alan Weisman envisage l’hypothèse qu’homo sapiens devienne « Homo disparitus » grâce à un virus mutant qui balayerait la population humaine de la surface de la Terre ? Ce serait alors la fin de l’anthropocène, un mal pour un bien ?

Certains qui paraissent cyniques décrivent l’espèce humaine comme le cancer de la Terre. La prolifération humaine rencontrant sur sa route la régulation naturelle ne serait que justice. Comme si la contamination virale naturelle ne suffisait pas, James Howard Kunstler** envisage que des régimes submergés par les pressions démographiques utilisent des virus « fabriqués «  contre les populations (après avoir bien sûr  vacciné une élite présélectionnée !)**. L’idée peut paraître insensée, mais pas plus que le massacre des koulaks par Staline, les carnages de Pol Pot au Cambodge, le génocide des Tutsis au Rwanda, la famine orchestrée des Nord-coréens sous Kim Jong Il. La machinerie de la Shoah a recouru à la technologie industrielle la plus avancée de l’époque, et a été réalisée par le pays le plus instruit de l’Europe. C’est pourquoi la menace des virus donne à réfléchir ! On se contente d’en faire un film…

* LE MONDE du 9 novembre 2011, Une mise en scène sobre et froide pour glacer le sang.

** La fin du pétrole (le vrai défi du XXIe siècle) de James Howard Kunstler

les Amish de mes Amish ne sont pas mes Amish

Les Amish, communauté anabaptiste surtout implantée en Ohio et Pennsylvanie, vivent en autarcie et de façon simple. Leur première règle, plutôt sympa, est : « Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure ». Les Amish ont conservé, contre vents et marées, le mode de vie et la langue qui les a vu naître en Suisse allemande sous la férule de Jacob Amman (d’où le sobriquet d’Amish) à la fin du XVIIe siècle. Les Amish, non soluble dans la modernité, ont même fini par obtenir de ne plus être imposables car ils ne coûtent quasiment rien à l’État : pas d’eau courante, pas de raccordement électrique, pas de sécurité sociale, pas de recours à la justice… Le rapprochement avec les militants de la décroissance est évidemment facile. On y retrouve une même critique des possessions matérielles, le refus du consumérisme et des dépendances techniques, une prééminence des valeurs de partage : « moins de biens plus de liens ». Les deux démarches sont en tout cas anti-progressistes, quasiment médiévale pour les uns, postindustrielle pour les autres.

Si les Amish ne nous ont pas attendus pour inventer la décroissance à la lettre, cela s’accompagne d’une doctrine invasive de progénitures. L’effectif des Amish, de 120.000 en 1992, a plus que doublé en moins de 20 ans ! De 1900 à 2008 la population Amish était déjà passée de 5.000 à 227.000 (+ 4440 %) ! Ce dynamisme démographique, proche de la génération spontanée, est celui d’une hyper natalité puisque la famille nombreuse est de rigueur, avec une moyenne de huit enfants par couple. Je comprends mal comment on peut en appeler à une décroissance économique sans sous-tendre conjointement l’idée d’un pacte dénataliste.  L’écologisme dénataliste est un urgentisme : des ressources en voies épuisement, les derniers restes des énergies fossiles, des sols biologiquement morts, une planète chauve et en déliquescence, des mers vidées de leur contenu, une première phase d’extinction massive des espèces provoquée par l’homme, une crise écosystémique qui ne fait que commencer…

J’ajoute que les Amish vivent en phallocratie niaise et triomphante.

Michel Tarrier, Écologue, écosophe, polémiste.

http://www.facebook.com/groups/ecoresistance/

fête des morts ; où les enterrer ?

Quand la crise économique rencontre le souci écologique, ça donne une tendance do it yourself très américaine. Hélène Crié-Wiesner* a vu grandir ces dernières années aux USA la vogue des green burials (enterrements verts). L’augmentation fulgurante du chômage a généré le retour à une pratique ancienne : l’enterrement dans le jardin ou, au minimum, le traitement familial intégral des gestes et cérémonies consécutives à un décès. Dans le jardin ? Oui, aux Etats-Unis, c’est permis la plupart du temps en zone rurale ou semi-rurale. En France il est aussi possible de se faire enterrer dans une propriété privée, à condition qu’elle se trouve en dehors d’une zone urbaine et à plus de 35 mètres des autres habitations. Il faut au préalable une enquête hydrogéologique ainsi que l’autorisation du préfet de département.

Il est facile de trouver aux USA des cercueils très simples, conçus « pour le jardin », biodégradables. Les cercueils en carton arrivent aussi en France, plus « écologiques » que leurs ancêtres en chêne ou en sapin. Il s’agit de papier recyclé, dans lequel on injecte des fibres naturelles et de l’amidon de maïs pour le solidifier. Un cercueil en carton pèse environ sept kilos, et peut supporter un poids de 250 kilos. Mais nous avons rencontré beaucoup plus radical de la part de commentateurs sur lemonde.fr :

–          Pour ma part, je me fous de tout ça, je ne veux pas de cercueil, un trou, qu’on me balance à même cette terre sur laquelle je suis né.

–          Il existe d’autres solutions, au sein de ma lignée il est de tradition de mourir en mer ; croyez bien que, même si vous viviez à 300 km de la plus proche côte, l’Etat ne viendra pas fourrer son nez dans vos affaires.

* American Ecolo d’Hélène Crié-Wiesner (delachaux et niestlé, 2011)

fête des morts ; où les enterrer ?

Quand la crise économique rencontre le souci écologique, ça donne une tendance do it yourself très américaine. Hélène Crié-Wiesner* a vu grandir ces dernières années aux USA la vogue des green burials (enterrements verts). L’augmentation fulgurante du chômage a généré le retour à une pratique ancienne : l’enterrement dans le jardin ou, au minimum, le traitement familial intégral des gestes et cérémonies consécutives à un décès. Dans le jardin ? Oui, aux Etats-Unis, c’est permis la plupart du temps en zone rurale ou semi-rurale. En France il est aussi possible de se faire enterrer dans une propriété privée, à condition qu’elle se trouve en dehors d’une zone urbaine et à plus de 35 mètres des autres habitations. Il faut au préalable une enquête hydrogéologique ainsi que l’autorisation du préfet de département.

Il est facile de trouver aux USA des cercueils très simples, conçus « pour le jardin », biodégradables. Les cercueils en carton arrivent aussi en France, plus « écologiques » que leurs ancêtres en chêne ou en sapin. Il s’agit de papier recyclé, dans lequel on injecte des fibres naturelles et de l’amidon de maïs pour le solidifier. Un cercueil en carton pèse environ sept kilos, et peut supporter un poids de 250 kilos. Mais nous avons rencontré beaucoup plus radical de la part de commentateurs sur lemonde.fr :

–          Pour ma part, je me fous de tout ça, je ne veux pas de cercueil, un trou, qu’on me balance à même cette terre sur laquelle je suis né.

–          Il existe d’autres solutions, au sein de ma lignée il est de tradition de mourir en mer ; croyez bien que, même si vous viviez à 300 km de la plus proche côte, l’Etat ne viendra pas fourrer son nez dans vos affaires.

* American Ecolo d’Hélène Crié-Wiesner (delachaux et niestlé, 2011)

7 milliards d’humains, changeons nos habitudes culturelles

Nous avons franchi fin octobre le seuil des 7 milliards d’êtres humains, entraînant une pression croissante sur les écosystèmes et les ressources mondiales. A l’heure où nous voulons contrôler la planète dans la plupart de ses déterminants, cela ne paraît pas très sérieux de procréer sans y penser : l’être humain entre en interaction avec son environnement de façon plus intense que les autres espèces, il utilise une grande quantité de carbone, de nitrogène, d’eau et d’autres ressources ; nous sommes sur le chemin non seulement de changer le climat mondial et d’épuiser les ressources naturelles, mais aussi d’éliminer des milliers de plantes et d’espèces animales au cours des prochaines décennies. Pourtant bien des obstacles s’opposent encore à une maîtrise de notre fécondité.

Les pays nordiques connaissent un taux faible d’IVG grâce à une information très tôt à la sexualité. Au contraire  dans les pays Anglo-Saxons la sexualité n’est jamais évoquée et les taux de grossesse chez les mineures sont les plus élevés du monde occidental. En France, la sexualité comme la contraception sont des sujets dont on parle peu en famille, et avec gêne dans le cadre scolaire. A l’occasion de la dernière Journée mondiale de la contraception, le 26 septembre 2011, le Planning familial a publié un communiqué s’alarmant du fait que « la sexualité, dans notre société, est toujours taboue » et que « le manque d’informations, les difficultés d’accès, les coûts et les idées reçues restent des freins majeurs à la maîtrise de la fécondité ». En zone rurale, l’accès à une contraception gratuite et anonyme est encore difficile pour beaucoup de mineurs. Les jeunes filles ont les mêmes craintes, les mêmes problèmes qu’il y a vingt ans, mais amplifiés par Internet et la pornographie*. En Inde, cela ne peut aller mieux. Tout ce qui touche à la sexualité et à la contraception reste tabou dans les campagnes, en particulier chez les garçons. Plus de la moitié des femmes sont mariées avant l’âge légal de 18 ans et la belle-famille fait pression pour qu’elles fassent rapidement des enfants… de sexe mâle de préférence. Mais près de 50 % des couples utilisent une méthode contraceptive et le taux moyen de fertilité est de 2,7 naissances pas femme**.

LE MONDE se contente de constater, que disent les politiques de la question démographique ? Rien, même quand la population augmente de 1 milliards de personnes en douze ans. En France les seules interventions politiques, qu’elles soient de gauche ou de droite, sont pour s’inquiéter du paiement des retraites payable par les générations futures… Alors écoutons Worldwatch qui recommande deux approches principales afin d’atténuer les impacts de la croissance démographique humaine :

Permettre aux femmes de prendre leurs propres décisions quant à la maternité.

Consommer moins de ressources et gaspiller moins de nourriture.

* LE MONDE du 25 octobre 2011, La contraception toujours taboue chez les jeunes

** LE MONDE du 30-31 octobre 2011, En Inde, le difficile accès au planning familial

Pierre Fournier et la décroissance démographique

Un rassemblement pour fêter les 7 milliards d’êtres humains aura lieu le dimanche 30 octobre 2011 à partir de 10 h, place Igor Stravinsky dans le 4ème arrondissement à Paris. Pierre Fournier y aurait assisté, mais il est mort à 35 ans en février 1973. En souvenir de lui :

Un fou à diplômes, qui se croit raisonnable, comme tous les fous, explique à ses étudiants, car il est professeur d’économie politique, comme beaucoup de fous, que le seul et unique problème actuel est celui de la croissance démographique. Or, c’est un fait d’expérience, le taux de natalité ne diminue qu’à partir d’un certain niveau de vie. Lequel niveau de vie ne peut ne peut être atteint que par l’industrialisation à outrance.  Laquelle industrialisation exige une main-d’œuvre abondante et donc un taux de natalité élevé. Le seul moyen de résoudre à long terme le problème de la surpopulation, c’est donc d’encourager (dans un « premier » temps) la surnatalité. CQFD. (Pierre Fournier, Charlie Hebdo du 12 février 1973)

Malthus, paraît-il, s’est trompé en prédisant la famine décimerait le genre humain : c’est oublier que chaque jour, déjà, 10 000 personnes meurent de « malnutrition » – pudique euphémisme – et qu’il s’agit là du tout début d’une tendance. 6 % des hommes accaparent 45 % des ressources mondiales. L’américain moyen consomme et pollue 100 fois plus que l’indien moyen. (Pierre Fournier, La Gueule ouverte, février 1973)

source : Pierre Fournier, précurseur de l’écologie (éditions Les Cahiers dessinés, 2011)

Pierre Fournier et la décroissance démographique

Un rassemblement pour fêter les 7 milliards d’êtres humains aura lieu le dimanche 30 octobre 2011 à partir de 10 h, place Igor Stravinsky dans le 4ème arrondissement à Paris. Pierre Fournier y aurait assisté, mais il est mort à 35 ans en février 1973. En souvenir de lui :

Un fou à diplômes, qui se croit raisonnable, comme tous les fous, explique à ses étudiants, car il est professeur d’économie politique, comme beaucoup de fous, que le seul et unique problème actuel est celui de la croissance démographique. Or, c’est un fait d’expérience, le taux de natalité ne diminue qu’à partir d’un certain niveau de vie. Lequel niveau de vie ne peut ne peut être atteint que par l’industrialisation à outrance.  Laquelle industrialisation exige une main-d’œuvre abondante et donc un taux de natalité élevé. Le seul moyen de résoudre à long terme le problème de la surpopulation, c’est donc d’encourager (dans un « premier » temps) la surnatalité. CQFD. (Pierre Fournier, Charlie Hebdo du 12 février 1973)

Malthus, paraît-il, s’est trompé en prédisant la famine décimerait le genre humain : c’est oublier que chaque jour, déjà, 10 000 personnes meurent de « malnutrition » – pudique euphémisme – et qu’il s’agit là du tout début d’une tendance. 6 % des hommes accaparent 45 % des ressources mondiales. L’américain moyen consomme et pollue 100 fois plus que l’indien moyen. (Pierre Fournier, La Gueule ouverte, février 1973)

source : Pierre Fournier, précurseur de l’écologie (éditions Les Cahiers dessinés, 2011)

démographie mondiale et capacité de charge planétaire

Nous nous multiplions comme des lapins sans chasseurs. Quelques chiffres à retenir de la population mondiale : 1 milliard en 1804, 2 milliards en 1927, 3 milliards en 1960, 4 milliards en 1974, 5 milliards en 1987, 6 milliards en 1999, 7 milliards en 2011 et 15 milliards prévus en 2100. Selon les calculs de l’ONU, la population mondiale doit dépasser le seuil symbolique des 7 milliards le 31 octobre 2011. Un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) prédit que le nombre d’êtres humains sur Terre pourrait dépasser les 15 milliards d’ici 2100 si les taux de fertilité se révélaient à peine plus élevés que les prévisions actuelles. Alors, combien de gens notre planète peut-elle supporter ?

Aujourd’hui l’emploi vient déjà à manquer, c’est l’explication première du « printemps arabe ». Les mégalopoles continuent de s’étendre, de plus en plus de gens y vivant de façon infra-humaine. Les mouvements migratoires souvent forcés déséquilibrent les territoires. Le stress hydrique s’amplifie, on prévoit un déficit de 40 % entre demande et ressources disponibles en eau d’ici 2030. Il faut actuellement dix-huit mois à la Terre pour régénérer les ressources naturelles utilisées en une seule année, le jour du dépassement, c’était le 27 septembre dernier. Déjà plus d’un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim. N’oublions pas les autres formes de vie dont l’expansion humaine limite la niche écologique ; nous créons une extinction importante des espèces. La planète est de moins en moins agréable à vivre pour tous, 7 milliards c’est déjà trop !

Dans son Antimanuel d’écologie, Yves Cochet pense que la disponibilité à bon marché des énergies fossiles a permis à l’humanité de vivre au-dessus de la capacité de charge de la planète. Cette époque s’achève avec l’arrivée du pic de pétrole, et vers 2025, du pic énergétique général. Il existe en effet une corrélation historique entre la quantité totale d’énergie dans le monde et, d’un autre, le niveau démographique et le niveau de vie. Cette corrélation est si forte qu’on peut émettre l’hypothèse d’une causalité : moins il y aura d’énergie disponible, moins la planète pourra accueillir d’individus à un certain niveau de vie. En résumant dans l’expression « niveau de vie moyen » de la Terre le rapport entre la consommation d’énergie par personne et le nombre de la population, on pourrait énoncer que plus le niveau de vie est élevé, moins la planète peut accueillir de personnes. Si cette hypothèse est vraie, le nombre maximal d’humains sur terre, au niveau de vie moyen actuel, déclinera d’environ 7 milliards à environ 5 milliards en 2050, puis 2 à 3 milliards en 2100.

démographie mondiale et capacité de charge planétaire

Nous nous multiplions comme des lapins sans chasseurs. Quelques chiffres à retenir de la population mondiale : 1 milliard en 1804, 2 milliards en 1927, 3 milliards en 1960, 4 milliards en 1974, 5 milliards en 1987, 6 milliards en 1999, 7 milliards en 2011 et 15 milliards prévus en 2100. Selon les calculs de l’ONU, la population mondiale doit dépasser le seuil symbolique des 7 milliards le 31 octobre 2011. Un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) prédit que le nombre d’êtres humains sur Terre pourrait dépasser les 15 milliards d’ici 2100 si les taux de fertilité se révélaient à peine plus élevés que les prévisions actuelles. Alors, combien de gens notre planète peut-elle supporter ?

Aujourd’hui l’emploi vient déjà à manquer, c’est l’explication première du « printemps arabe ». Les mégalopoles continuent de s’étendre, de plus en plus de gens y vivant de façon infra-humaine. Les mouvements migratoires souvent forcés déséquilibrent les territoires. Le stress hydrique s’amplifie, on prévoit un déficit de 40 % entre demande et ressources disponibles en eau d’ici 2030. Il faut actuellement dix-huit mois à la Terre pour régénérer les ressources naturelles utilisées en une seule année, le jour du dépassement, c’était le 27 septembre dernier. Déjà plus d’un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim. N’oublions pas les autres formes de vie dont l’expansion humaine limite la niche écologique ; nous créons une extinction importante des espèces. La planète est de moins en moins agréable à vivre pour tous, 7 milliards c’est déjà trop !

Dans son Antimanuel d’écologie, Yves Cochet pense que la disponibilité à bon marché des énergies fossiles a permis à l’humanité de vivre au-dessus de la capacité de charge de la planète. Cette époque s’achève avec l’arrivée du pic de pétrole, et vers 2025, du pic énergétique général. Il existe en effet une corrélation historique entre la quantité totale d’énergie dans le monde et, d’un autre, le niveau démographique et le niveau de vie. Cette corrélation est si forte qu’on peut émettre l’hypothèse d’une causalité : moins il y aura d’énergie disponible, moins la planète pourra accueillir d’individus à un certain niveau de vie. En résumant dans l’expression « niveau de vie moyen » de la Terre le rapport entre la consommation d’énergie par personne et le nombre de la population, on pourrait énoncer que plus le niveau de vie est élevé, moins la planète peut accueillir de personnes. Si cette hypothèse est vraie, le nombre maximal d’humains sur terre, au niveau de vie moyen actuel, déclinera d’environ 7 milliards à environ 5 milliards en 2050, puis 2 à 3 milliards en 2100.

Nous sommes 7 milliards, Ariel Sharon est de trop

Ariel Sharon survit depuis le 4 janvier 2006 sous respiration artificielle, à la suite d’un grave accident cérébral *. Ariel Sharon est un patient qui coûte cher : 1,5 millions de shekels (296.000 euros) par an. Ariel Sharon est-il de trop ?

Ariel Sharon a été un facteur important du conflit entre Palestiniens et Israéliens. Le 16 et 17 septembre 1982, dans un secteur « sécurisé » par le ministre israélien de la défense Ariel Sharon, eut lieu un génocide dans deux camps de réfugiés palestiniens (Sabra et Chatila). Le 26 septembre 2000, Ariel Sharon annonce son intention de se rendre sur l’esplanade des mosquées… il déclenche volontairement la deuxième Intifada. Le 6 juin 2004, Ariel Sharon fait adopter un plan de désengagement des colonies de la bande de Gaza… pour mieux poursuivre la colonisation en Cisjordanie. Pourtant les juifs ne sont pas chez eux en Palestine ! En 1880, il n’y avait là que 20 000 juifs installés de longue date. Depuis les immigrations successives ont changé la donne, et la colonisation de la Cisjordanie demeure dans la continuité du sionisme. Dans ces conditions, le conflit israélo-palestinien ne peut que perdurer et les violences dévaster les esprits, les corps et les territoires. Ariel Sharon aurait mieux fait de défendre la décision de l’Assemblée générale des Nations-Unies du 29 novembre 1947 qui recommandait l’établissement d’un Etat juif, mais aussi d’un Etat arabe. Il en est donc d’Ariel Sharon comme d’Hitler, ils auraient mieux fait de ne pas naître. Mais on ne peut revivre le passé.

Par contre on peut débrancher Ariel Sharon ! Le judaïsme reste intransigeant sur le thème de la défense de la vie « jusqu’à son terme naturel ». Mais Ariel Sharon n’était pas du tout religieux (dans un Etat juif !). Ariel Sharon pourrait donc être débranché. Et qu’appelle-t-on « naturel » ? La Knesset a voté à la mi-décembre 2005 un texte qui assouplit la loi religieuse juive. Ce texte autorise non pas l’euthanasie – le mot n’est pas prononcé -, mais l’arrêt des soins qui prolongeraient inutilement la vie humaine. Ariel Sharon pourrait donc être débranché. Autrefois, c’était la mort du corps qui avait de la valeur, aujourd’hui c’est la mort du cerveau. En France, la première déclaration d’un code sémiologique de la mort chez des personnes souffrant d’atteintes neurologiques sévères a été faite dès 1966. Comme tout fait social, la mort n’est qu’un problème de définition.  Et les définitions peuvent se modifier selon notre perception de ce qu’est le sens de l’existence humaine. Il nous faut sans doute accepter de laisser mourir dans la dignité, surtout si nous avons eu une vie indigne.

A l’heure où l’espèce humaine va dépasser 7 milliards de représentants sur une planète qu’elle a dévastée, l’arrêt des machines qui maintiennent artificiellement en vie Ariel Sharon aux frais des contribuables serait une bonne chose.

* LE MONDE du 23 octobre 2011, La dernière guerre d’Ariel Sharon

Nous sommes 7 milliards, un communiqué de Worldwatch

Alors que la population mondiale dépassera les 7 milliards d’individus aux alentours de la fin du mois d’Octobre, relever les défis associés à une population mondiale en constante croissance nécessite une réponse en deux temps, selon les experts de l’Institut de Worldwatch*. Les mesures combinées octroyant aux femmes la possibilité de décider par elles-mêmes de la maternité ainsi que la réduction de façon significative de la consommation mondiale d’énergie et des ressources naturelles rapprocheront plutôt qu’éloigneront l’humanité vers une société durable au niveau environnemental répondant aux besoins de l’Homme.

Environ 4.5 milliards de personnes se sont ajoutés à la population mondiale au cours des 60 dernières années, selon les estimations des Nations Unies, entraînant une pression croissante sur les écosystèmes et les ressources mondiales. En raison du fait que l’être humain entre en interaction avec son environnement de façon plus intense que les autres espèces, et qu’il utilise une grande quantité de carbone, de nitrogène, d’eau et d’autres ressources, nous sommes sur le chemin non seulement de changer le climat mondial et d’épuiser les ressources d’énergie essentielles et autres ressources naturelles, mais aussi d’éliminer des milliers de plantes et d’espèces animales au cours des prochaines décennies. Dans une certaine mesure, ces conséquences sont à présent inévitables ; nous devons nous y adapter. Cependant afin de réduire la probabilité d’une catastrophe, nous devons travailler simultanément afin d’influer sur l’évolution future de la population et d’examiner les impacts environnementaux et sociaux de la croissance de la population.

« C’est précisément parce que la population humaine est tellement importante, et s’accroit aussi rapidement, que nous devons prendre soin en tant qu’individu, et en tant que nation, du manque de synchronisation face aux capacités environnementales, » dit Robert Engelman, Président du Worldwatch , un expert en population mondiale. « Le défi devient plus important encore à chaque génération, mais heureusement, il existe des moyens permettant de réduire de façon pratique et humaine la croissance de la population et réduire les impacts liés à cette croissance produite. » En début d’année, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a lancé 7 milliards d’actions, une campagne mettant l’accent sur des actions positives réalisées par des individus et des organisations faisant face à des défis liés au développement. En partageant ces innovations sur un forum ouvert, cette campagne à l’intention d’assurer la communication et la collaboration alors que la planète devient de plus en plus peuplée et interdépendante.

« Faire face à la croissance mondiale de la population n’est pas la même chose que ‘contrôler la population’ », déclare Engelman. « Le moyen le plus direct et immédiat afin de réduire le taux de natalité est de s’assurer que les grossesses dans leur plus grande proportion soit désirée, et de garantir que la femme soit en mesure de faire ses propres choix à savoir si elle désire ou non porter un enfant. Dans le même temps, nous avons besoin de rapidement transformer notre consommation d’énergie, d’eau et de matériaux grâce à une meilleure utilisation de conservation, d’efficacité et de technologies écologiques. Nous ne devons pas considérer ceci comme des efforts séquentiels,—-concernant tout d’abord la consommation, dans l’attente de changements liés à la dynamique démographique—-mais plutôt comme des tâches simultanées à réaliser sur des fronts multiples. »

Worldwatch recommande deux approches principales afin d’atténuer les impacts de la population globale en augmentation :

–          Permettre aux femmes de prendre leurs propres décisions quant à la maternité. Plus de deux grossesses sur cinq à travers le monde est involontaire par la femme la subissant, et la moitié ou plus, des grossesses entraine des naissances provoquant une croissance continue de la population. Engelman a calculé que si toutes les femmes avaient la capacité de décider par elles-mêmes du moment où elles désirent tomber enceinte, la moyenne mondiale de grossesse tomberait immédiatement sous la valeur de « fertilité de renouvellement » fixé à un peu plus de deux enfants par femme. La population prendrait alors un chemin menant vers un pic suivi d’un déclin graduel, probablement bien avant 2050. Les femmes doivent être en  mesure de prendre leurs propres décisions sur la liberté de grossesse, sans crainte ni coercition ou pression de la part de leurs partenaires, famille, et société. Elles doivent avoir un accès facilité à l’éventail de méthodes de contraception sûres, efficaces et abordables ainsi qu’à l’information et les conseils nécessaires concernant leur utilisation.

–          Consommer moins de ressources et gaspiller moins de nourriture. Les Hommes s’approprient partout entre 24 et près de 40 pourcents des productions photosynthétiques de la planète pour les besoins en  nourriture et autres motifs, en plus de la moitié des ressources accessibles en eaux de ruissellement  renouvelables de la planète. En plus du fait d’abuser des ressources limitées, les Hommes gaspillent de grandes quantités de nourriture chaque année. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, les pays industrialisés gaspillent 222 millions de tonnes de nourriture chaque année. Si moins de ressources et moins de nourriture étaient gaspillées, le monde serait en mesure de nourrir plus de personnes et utiliser moins de ressources. Avec près d’1 milliard de personnes souffrant de la faim à travers le monde, gaspiller moins de nourriture signifierait aussi l’utilisation des ressources existantes—-pas de nouvelles—-pour les nourrir.

Afin de poser des questions à Robert Engelman ou à d’autres chercheurs du Worldwatch, contactez Supriya Kumar sur skumar@worldwatch.org.

* Worldwatch est une organisation de recherche indépendante basée à Washington, D.C., travaillant sur les problèmes d’énergie, de ressource et de l’environnement. Le rapport de l’Etat du Monde de l’Institut est publié tous les ans dans plus de 20 langues. Pour de plus amples informations, visitez le site www.worldwatch.org.

le nucléaire, Waechter et 7 milliards d’êtres humains

L’association démographie responsable  manifeste* à Paris pour notre passage aux 7 milliards ! Sur son site, une interview d’Antoine Waechter, un des rares leaders écologistes à s’exprimer ouvertement sur la question démographique :

Monde & Vie: Quelle solution peut-on alors envisager pour se passer du nucléaire ?

Antoine Waechter : La meilleure énergie est toujours celle que l’on ne consomme pas. Si nous voulons nous passer progressivement du nucléaire, la seule possibilité consiste à réduire notre consommation et pour cela nous ne pouvons jouer que sur un paramètre: la diminution de la population mondiale, qui atteindra bientôt 9 milliards d’êtres humains. Pour y parvenir, les pays industrialisés doivent cesser de valoriser la croissance démographique, de saluer en termes positifs l’accroissement démographique lors des recensements et de développer des politiques d’incitation à la natalité. Dans les pays en voie de développement, il faudra privilégier l’émancipation des femmes, développer la scolarisation et mettre en place une assurance vieillesse : la population diminuera alors naturellement.

M & V : Une société qui porte un regard négatif sur l’enfant glisse vite dans l’individualisme et l’égoïsme, sans parler des Etats qui adoptent des mesures coercitives pour empêcher les citoyens d’avoir de grandes familles.

A.W. : On ne peut pas approuver ces mesures coercitives et il ne s’agit pas de porter sur l’enfant un regard négatif, mais revalorisé. Quand les gens ont beaucoup d’enfants, ils ne portent pas sur eux un regard valorisé : n’y a-t-il pas là une forme d’égoïsme? Quand on a deux enfants, ce qui est devenu la norme dans nos sociétés, on peut leur consacrer plus de temps… Je suis moi-même issu d’une famille de six enfants et il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les familles nombreuses, ni d’empêcher les gens qui veulent des enfants d’en avoir. Mais je constate que nous allons vers une catastrophe. Si nous voulons assurer un avenir à nos enfants, la seule solution consiste à s’adapter aux limites de la planète.

Les gens feront spontanément moins d’enfants lorsqu’on cessera de leur dire qu’il est bon d’en faire beaucoup. Les écologistes refusent de s’en remettre à la régulation par la catastrophe, à travers le triptyque habituel : famines-guerres-épidémies, auquel on se condamne lorsque la population excède les capacités de la planète.

Source : magazine monde&vie

* Le rassemblement aura lieu le dimanche 30 octobre 2011 à 10 h, place Igor Stravinsky dans le 4ème arrondissement à Paris (près du centre Georges Pompidou, côté Sud).

 

manif le 30 octobre à l’occasion des 7 milliards d’êtres humains

Une manif à Paris pour notre passage aux 7 milliards ! Le rassemblement aura lieu le dimanche 30 octobre 2011 de 10 h à 17 heures, place Igor Stravinsky dans le 4ème arrondissement à Paris (près du centre Georges Pompidou, côté Sud). Selon l’association organisatrice démographie responsable  l’explosion démographique n’est pas une fatalité. Un ensemble de mesures est à même d’enrayer la marche vers l’abîme en Afrique ou ailleurs : éducation des jeunes filles, généralisation de la planification familiale (comprenant le libre accès à la contraception) et enfin diffusion de messages adaptés afin d’inciter à la modération de la procréation. En France, pays férocement antimalthusien, une manif sur la question démographique mérite d’être soutenue.

Même la journaliste Laurence Caramel* s’inquiète, le monde est passé de 6 à 7 milliards en douze ans seulement : « La démographie est une donnée première pour l’avenir des hommes »… « Le spectre de la surpopulation refait surface » … « La planète pourrait alors avoir à supporter 10 à 11 milliards en 2050 » … « La course aux ressources naturelles n’a jamais été aussi féroce » … « Surexploitation croissante des ressources » … « Sera-t-on en mesure de satisfaire les besoins vitaux de ces nouvelles générations ? »

Mais il nous paraît improbable que « pour les dirigeants africains, la question du développement restera intrinsèquement liée à celle de la maîtrise démographique ». Que ce soit à l’Est ou à l’Ouest, au Nord ou au Sud, la question démographique tout le monde s’en fout sauf exception bienvenue comme en Chine. Ah, l’article 25 de la Constitution chinoise ! Nous laissons méditer Laurence Caramel qui rêve de « partage plus équitable des richesses », sur ce jugement d’Hélène Crié-Wiesner** : « Qui a envie de vivre dans un confort et une aisance moindres ? Le partage n’est pas naturel à l’échelle planétaire. Quand on a en effet beaucoup à partager, cela veut dire qu’on a aussi beaucoup à perdre ». Raison de plus pour manifester avec démographie responsable contre l’égoïsme généralisé…

* American Ecolo d’Hélène Crié-Wiesner (delachaux et niestlé, octobre 2011)

** LE MONDE du 21 octobre 2011, Fin octobre, le monde comptera 7 milliards d’humains

bientôt 7 milliards d’humains, la Terre souffre de l’homme

Enfin une phrase forte dans LE MONDE* : « la Terre souffre de l’homme. » Manger va devenir hors de prix si, comme il est probable, priorité est donnée à la croissance économique et au bien-être immédiat des hommes. On multiplie les gaspillages alimentaires (40 % de l’alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée chaque année) et les agrocarburants entrent en concurrence avec les cultures alimentaires. Habiter en ville va promouvoir les bidonvilles et dévorer jour après jour de nouveaux espaces agricoles. Sans compter que les villes ponctionnent déjà 75 % de la consommation mondiale d’énergie. La santé, l’école, tous les indicateurs virent au rouge. Les maladies cardiovasculaires arrivent en tête des causes de mortalité dans le monde, le  cancer progresse, le sida ne recule pas… Les deux tiers environ des enfants non scolarisés vivent dans des pays en conflit. Bien des pays en développement dépensent plus pour leur armée que pour l’enseignement primaire Depuis le jour du dépassement (27 septembre 2011), nous avons outrepassé le niveau des ressources naturelles que peut générer la Terre en un an sans compromettre leur renouvellement. La croissance démographique pèse de plus en plus sur nos ressources naturelles, rendant leur accès de plus en plus conflictuel et destructeur.

Mais cet article, descriptif, n’aborde pas vraiment le problème de la pression démographique. Avec 7 milliards d’humains dès le 31 octobre prochain, la situation de l’homme sur terre est devenue désespérée. Avec 9 milliards bientôt en 2050, le sombre diagnostic de Malthus sera validé : puisque nous ne voulons pas maîtriser notre expansion démographique, la guerre, les épidémies et les famines serviront de régulateur naturel. De la question démographique il n’est pas question dans le discours des présidentiables en France, même « verts »…

* LE MONDE du 21 octobre 2011, Face aux périls écologiques, les urgences d’une planète surpeuplée

bientôt 7 milliards d’humains, la Terre souffre de l’homme

Enfin une phrase forte dans LE MONDE* : « la Terre souffre de l’homme. » Manger va devenir hors de prix si, comme il est probable, priorité est donnée à la croissance économique et au bien-être immédiat des hommes. On multiplie les gaspillages alimentaires (40 % de l’alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée chaque année) et les agrocarburants entrent en concurrence avec les cultures alimentaires. Habiter en ville va promouvoir les bidonvilles et dévorer jour après jour de nouveaux espaces agricoles. Sans compter que les villes ponctionnent déjà 75 % de la consommation mondiale d’énergie. La santé, l’école, tous les indicateurs virent au rouge. Les maladies cardiovasculaires arrivent en tête des causes de mortalité dans le monde, le  cancer progresse, le sida ne recule pas… Les deux tiers environ des enfants non scolarisés vivent dans des pays en conflit. Bien des pays en développement dépensent plus pour leur armée que pour l’enseignement primaire Depuis le jour du dépassement (27 septembre 2011), nous avons outrepassé le niveau des ressources naturelles que peut générer la Terre en un an sans compromettre leur renouvellement. La croissance démographique pèse de plus en plus sur nos ressources naturelles, rendant leur accès de plus en plus conflictuel et destructeur.

Mais cet article, descriptif, n’aborde pas vraiment le problème de la pression démographique. Avec 7 milliards d’humains dès le 31 octobre prochain, la situation de l’homme sur terre est devenue désespérée. Avec 9 milliards bientôt en 2050, le sombre diagnostic de Malthus sera validé : puisque nous ne voulons pas maîtriser notre expansion démographique, la guerre, les épidémies et les famines serviront de régulateur naturel. De la question démographique il n’est pas question dans le discours des présidentiables en France, même « verts »…

* LE MONDE du 21 octobre 2011, Face aux périls écologiques, les urgences d’une planète surpeuplée

Malthus à la mode écolo

Ils sont du côté des patrons, du côté des machos, aux côtés des nationalistes, pour le pillage de la planète. Ils veulent la baisse des salaires, les corps usés par les grossesses, de la chair à canon, la perte de biodiversité. Qui sont-ils ?

Ce sont les natalistes, les repopulateurs, en bref les anti-malthusiens ! Malheureusement ils se disent aussi souvent socialistes. Pour eux, il suffirait de faire une société plus juste et tout le monde mangerait à sa faim. Le parti socialiste français veut encore une natalité vigoureuse pour la grandeur de la France et le paiement des retraites. Il oublie que c’est le nationalisme (et non l’internationalisme) qui accompagne la volonté de puissance. Il oublie que le problème actuel des retraites résulte du baby-boom d’après-guerre et qu’une fécondité forte aujourd’hui reporte encore plus de charges sur les générations futures. La droite et les capitalistes se frottent les mains, la gauche est du côté des traditions religieuses et de ses propres conceptions démographiques. Les malthusiens se retrouvent bien seuls ! Comme l’exprime Georges Minois*, « Face à cette coalition hétéroclite des populationnistes de tout bord, regroupant toutes les autorités morales, religieuses et politiques, détenant tous les leviers de la propagande et de la législation, la voix des néomalthusiens a bien du mal à se faire entendre ».

Mais la biosphère va donner raison aux malthusiens. La maîtrise de la fécondité devrait être valorisée à l’heure des grandes interrogations écologiques. Le raisonnement fondateur de Malthus sur la course entre croissance géométrique de la population (si rien ne l’arrête) et croissance seulement arithmétique des ressources alimentaires (à cause des rendements décroissants de l’agriculture) redevient d’actualité. L’agriculture intensive, basée sur l’énergie fossile et les méthodes mécanisées de l’industrie, n’est pas durable. De plus, nous comprenons mieux la nécessité de vivre en équilibre avec un écosystème, nous savons le poids des crises systémiques que forment le réchauffement climatique, le pic pétrolier, la sixième extinction des espèces, etc.

L’écologie donne raison à Malthus. Si le parti socialiste a complètement écarté la question démographique de ses interrogations actuelles c’est bien qu’il n’est pas encore écolo…

* Le poids du nombre de Georges Minois  (éditions Perrin, 2011)