écologie appliquée

Marx productiviste

La libération des forces productives se confond avec la libération de l’homme : est-là un mot d’ordre révolutionnaire ou celui de l’économie politique elle-même ? Les deux, sans aucun doute ! Personne n’a douté de cette « évidence », surtout  par Marx pour qui « le premier acte par lequel les hommes se distinguent des animaux n’est pas qu’ils pensent, mais qu’ils se mettent à produire leurs moyens d’existence ». Marx fit sans doute une critique radicale de l’économie politique, mais il la fait toujours dans la forme de l’économie politique : la pensée critique du mode de production ne touche pas au principe de la production. En sous-entendant l’axiome de l’économique, la critique marxiste déchiffre peut-être le fonctionnement du système de l’économie politique, mais elle travaille du même coup à le reproduire comme modèle. Il n’est rien qui ne soit produit selon un travail, c’est la vérité du capital et de l’économie politique qui est tout entière reprise à son compte par la révolution communiste. Ce n’est que dans le miroir de la production et de l’histoire, sous le double principe d’accumulation indéfinie (la production) et de continuité dialectique (l’histoire), ce n’est que par l’arbitraire de ce code que notre culture occidentale peut se réfléchir comme moment privilégié de la vérité (la science) ou de la révolution (le matérialisme historique). Par rapport à la situation créée par l’industrialisation massive, la discipline concentrationnaire, le dressage horaire de générations d’artisans et de paysans depuis le début du XIXe siècle, par rapport à la situation de déstructuration et de révolte ainsi créée, la théorie marxiste et l’organisation ouvrière ont accompli un certain type d’élaboration secondaire : valorisation du travail comme source de richesse sociale, valorisation du procès de développement rationnel des forces productives, ce procès étant confondu avec le projet révolutionnaire. Le respect de la machine, la sauvegarde de l’instrument du travail, impliquant l’appropriation future des moyens de production, institue la classe ouvrière dans une vocation productiviste qui relaie la vocation historique de la bourgeoisie. Sous couvert de matérialisme historique, c’est l’idéalisme de la production qui finit par donner une définition positive à la classe révolutionnaire. (in Jean Baudrillard, le miroir de la production -1973)

 Les marxistes deviennent ainsi les alliés objectifs du capitalisme industriel. La radicalité de la révolte impliquait autre chose qu’une dialectique des forces, autre chose que l’idée de plus-value et l’exploitation de la force de travail. Il fallait l’irruption d’une différence radicale, l’écologie profonde est donc la philosophie qui pourrait correspondre aux vœux de Baudrillard.

morceaux choisis

Nicolas Hulot (Le Monde du 5 mai 2007) : Pour moi, l’enjeu écologique, c’est-à-dire le choix d’avenir que l’humanité doit faire si elle veut encore s’épanouir dans un monde vivable, se situe politiquement au-delà du champ traditionnel de l’affrontement droite-gauche. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy présentent deux projets de société, mais ils présentent le même objectif : intensifier la croissance des productions, des consommations et de ses déplacements sans s’interroger sur leur contenu. Or la mutation écologique est incompatible avec cette approche quantitative. L’ardente nécessité de préserver les équilibres et les ressources naturelles nous contraint à imaginer d’autres façons de produire, de consommer, de se nourrir, de se déplacer, de se loger, de travailler, de commercer, d’innover technologiquement, de comptabiliser la richesse.

Bruno Latour (Le Monde du 5 mai 2007) : Jusqu’ici la radicalité en politique voulait dire qu’on allait révolutionner, renverser le système économique. Or la crise écologique nous oblige à une transformation si profonde qu’elle fait pâlir par comparaison tous les rêves de « changer de société ». La prise du pouvoir est une fioriture à côté de la modification radicale de notre « train de vie ». Ceux que j’appelle les ayatollahs du Wall Street Journal sont aussi démunis que les marxistes de gauche devant l’ampleur des transformations qu’il va falloir faire subir à la totalité des commensaux de la planète. Il s’agit de transformer minutieusement chaque mode de vie, chaque rivière, chaque maison, chaque moyen de transport, chaque produit, chaque entreprise, chaque marché, chaque geste.. J’ai l’impression que l’époque demande des modifications de l’intellect qui dépassent de très loin les pâles utopies de nos éminents prédécesseurs.

Edgar Morin (Le Monde2, 5 mai 2007) : Aujourd’hui on progresse tous les jours. Nos portables progressent, nos voitures progressent…mais ils le font hors de tout projet. Ils progressent parce que ceux qui les fabriquent sont condamnés à progresser ou à disparaître : dans l’univers mondialisé et concurrentiel, la question de la finalité s’est complètement obscurcie. Les adultes s’intéressent à leurs enfants, mais de manière individualisée. Le souci du futur existe pour les siens, mais il se volatilise lorsqu’il s’agit de la collectivité, des générations futures. Les politiques ne font rien pour nous inciter à penser au futur, à penser le futur. Dénoncer comme le fait l’extrême gauche (nos vies valent mieux que leurs profits) est stérile si on est incapable d’énoncer. J’ai rencontré des altermondialistes au forum social de Porto Alegre en 2004. Leurs analyses étaient souvent délirantes, sauf sur le constat général : le monde nous échappe. L’altermondialisme n’accède pas à l’idée de Terre-patrie.

Luc Ferry (en écho à E.Morin, même numéro) : le seul ressort sur lequel on peut s’appuyer, c’est le rapport aux générations futures. C’est le seul qui puisse aider à faire comprendre qu’il y a du sens à entreprendre des sacrifices.

 Du point de vue de la Biosphère, nous avons là l’essentiel, l’idée de Terre-patrie : une seule patrie, plus de nationalismes, une pensée tournée vers la Terre-mère dans laquelle nous devons reconnaître que nous avons fait un peu n’importe quoi… Donc nous allons nous tourner vers le sacrifice, voulu ou subi !

élection/révolution

Souvent les lendemains d’élection déchantent. En effet on ne vote pas pour des idées, mais pour une personne qui une fois élue en fera selon sa libre inspiration : adieu le programme, bonjour le pragmatisme ! Ainsi en 1995 le présidentiable français Jacques Chirac avait bâti toute sa stratégie de persuasion des électeurs sur la fracture sociale et le besoin de solidarité, une fois élu il s’est comme par hasard aperçu qu’il y avait une telle fracture financière qu’il fallait mettre les restrictions à l’ordre du jour. Pourtant on a parfois des surprises agréables. Le présidentiable Nicolas Sarkozy avait un discours environnementaliste réduit à la portion congrue, il parlait plutôt de croissance et d’identité nationale. Une fois élu président de la France, il met Alain Juppé en charge de l’écologie et le dote du titre de ministre d’Etat, le seul du gouvernement. Alain Juppé, numéro 2 du gouvernement, obtient aussi un périmètre ministériel considérablement élargi, énergie, transports, aménagement du territoire… Enfin A.Juppé présente un profil très différent de ses prédécesseurs  à l’écologie : il a un poids politique fort, il n’ignore rien des enjeux internationaux, du fonctionnement de l’Etat et des rapports de force politiques. La lutte contre le réchauffement climatique va-t-elle devenir une priorité ? Le doute s’installe, c’est quand même la droite qui est au pouvoir, soutenue par Bolloré et autres financiers !

 

La révélation écologique de Juppé au Canada ne peut certainement pas lui permettre de comprendre les textes de Théodore Kaczynski. Il ne pensera que fugacement aux tiers-absents (les générations futures, mais aussi les autres espèces de la Biosphère). La sauvegarde de la biodiversité restera un discours, un tel gouvernement est d’abord là pour satisfaire les lobbies…

 

Mais la gauche ferait-elle mieux ?

Casseurs de pub contre Sarko

Tu es en droit de pas être d’accord avec le texte suivant, mais je vois pas ce que tu peux retorquer :

Dix bonnes raisons pour les casseurs de pub et les objecteurs de croissance de ne pas voter Sarkozy !
Le sarkozysme représente en effet le programme anti-décroissance par excellence. Premièrement, parce que Nicolas Sarkozy ne nous aime pas. Nous serions des malthusiens mais aussi des gauchistes recyclés. Tout en estimant légitimes les inquiétudes suscitées par le progrès scientifique, il s’en prend « aux orphelins de la pensée marxiste-léniniste qui se seraient engouffrés dans la brèche ». La convention de l’UMP sur l’écologie commence ainsi par une mise en garde solennelle : « Contre les chantres d’un nouveau malthusianisme : la protection de l’environnement n’implique pas de passer à la croissance zéro. » Plus incisif encore, Nicolas Sarkozy ajoute : « Je veux dire aux sectaires idéologiques que nous avons tout à perdre de la décroissance. »

Deuxièmement parce que Sarkozy c’est la religion de la croissance. La croissance serait, selon lui, le remède aux méfaits de la croissance : « Le projet de développement durable, c’est un projet qui n’oppose pas la croissance, l’écologie et les défis sociaux. » La convention de l’UMP l’affirme : « Au-delà d’un certain seuil de revenu par habitant, la croissance conduit à une amélioration de la qualité de l ‘environnement. » Autrement dit, on guérira le mal par le mal : un peu de croissance économique serait nuisible mais beaucoup serait salutaire.

Troisièmement parce que Sarkozy c’est le culte de la consommation. Son principe du « travailler plus pour gagner plus » est totalement anti-décroissant. C’est une façon de maintenir les gens dans l’illusion du « toujours plus » et donc dans l’indigence. L’un ne va en effet jamais sans l’autre puisqu’un bon consommateur est toujours un être frustré. Pas question pour Sarkozy de protéger les consommateurs de l’agression publicitaire, pas question non plus de démanteler les centres commerciaux qui défigurent nos existences, pas question de remettre en cause l’uniformisation de nos modes de vie par les transnationales.

Mais aussi parce que Sarkozy aime les riches bien plus que les pauvres. Philippe Manière, le directeur de l’institut Montaigne qui nourrit tant le programme de l’UMP, le dit sans fausse pudeur : « Les riches d’abord nous font vivre. Gagnant plus que les autres, ils consomment plus que les autres. Or la consommation des uns, c’est le revenu des autres (…). Plus on est riche, plus on dépense donc plus on fait vivre le reste de la population (…). Chérissons donc les riches et défendons leurs intérêts contre l’État »… C’est pourquoi Sarkozy veut que cette France riche puisse se reconnaître en lui au travers de mesures à forte valeur symbolique comme la franchise sur les droits de succession.

Vous êtes encouragés à reproduire ce texte en indiquant sa source : www.casseursdepub.org

Collectif des déboulonneurs

L’espace public est le lieu de toutes les expressions : si la pub veut faire sa pub, qu’elle accepte donc les phrases des anti-pub. C’est ça la démocratie, l’expression de tous et pas uniquement celle des marchands. En janvier 2007, sept membres du Collectif des déboulonneurs ont pourtant comparu devant le tribunal correctionnel pour inscription de slogans anti-publicitaires sur des panneaux d’affichage. En mars, le verdict tombe : un euro d’amende, alors que 500 euros étaient requis ! Les faits ont en effet été requalifiés en « dégradation légère ». Ces barbouillages d’affiches, réalisés au grand jour, avaient d’ailleurs pour objectif de pouvoir s’expliquer devant la justice pour se faire entendre des médias et du public ; on suivait la même logique de désobéissance civile que les faucheurs volontaires d’OGM. Les anti-pub ont aussi proposé aux présidentiables français de se prononcer sur une réduction des formats d’affichage avec une taille maximum de 50×70 centimètres, une taille suffisante pour qu’on ne voit presque plus les affiches. La Biosphère commence à se défendre par ses propres moyens, mais les dégâts provoqués par l’activisme humain sont déjà immenses. Alors, devenez militants écologistes, soyez éco-citoyens, casseurs de pub, faucheurs volontaires d’OGM, objecteurs de croissance… Comme dirait sans doute José Bové, mieux vaut être en prison et libre que prisonnier de la société marchande.

le code de l’écoguerrier

L’avertissement d’Edward Abbey en préface de son roman, « Le retour du gang de la clef à molette » (Gallmeister, 2007) vaut déjà le détour : « Quiconque prendra ce livre au sérieux sera immédiatement abattu. Quiconque ne le prendra pas au sérieux sera enterré vivant par un bulldozer Mitsubishi ». Il faut dire qu’Edward, mort en 1989, avait un tempérament plutôt très très radical. Voici son code de l’écoguerrier, tel qu’on peut le reconstituer (page 148 à 154) :Règle n° 1 : Ne fais pas de mal à personne. Personne. Y compris à toi-même.Règle n° 2 : Ne te fais jamais prendre.

Règle n° 3 : Si jamais tu te fais prendre, tu es tout seul. Personne ne paie ta caution. Personne ne te paie ton avocat. Personne ne paie tes amendes.

 

Et ça ne s’arrête pas là, il y a beaucoup d’autres règles. L’écoguerrier travaille seul, ou avec un ou deux camarades de confiance qu’il connaît depuis des années, un micro-groupe de conspirateurs voués à commettre des délits non criminels contre la sphère de l’Ordnung techno-industrielle. Le but de son militantisme est de faire augmenter les coûts de l’Ennemi, de le pousser au déficit, de le forcer à mettre un terme à l’invasion de nos terres publiques, de nos dernières terres sauvages. L’écoguerrier doit travailler sans espoir de gloire ou de célébrité, ou même de reconnaissance publique, pour le présent au moins. Il doit au contraire subir l’opprobre et la vindicte populaires, essuyer les injures et les insultes. Par exemple, mettons que tu sectionnes une ligne électrique quelque part, que tu sabotes une flotte de camions, que tu saccages à coups de clef à molette un terminal d’ordinateur, eh bien tu dois t’attendre à ce qu’un certain nombre des membres de la structure de pouvoir éprouvent quelque ressentiment à ton égard.

 L’écoguerrier est donc un guérillero en guerre contre un ennemi doté d’un équipement high-tech, un ennemi financé par l’Etat, qui bénéficie de la protection des médias, qui est supérieur en nombre et qui a la police secrète ou non dans son camp, et aussi la police des communications et la police de la pensée. L’écoguerrier doit se battre contre tout ça sans porter la moindre arme. Son Code de l’Honneur le lui interdit. En effet l’écoguerrier ne se bat pas contre des hommes, il se bat contre une institution, l’Empire planétaire de la Croissance et de la Cupidité. Il ne se bat pas contre des êtres humains mais contre une mégamachine monstrueuse, contre une technologie en cavale, hors de contrôle, une entité vorace qui se nourrit des hommes, de tous les choses vivantes, et même des minéraux, des métaux, des roches, du sol, de l’assise rocheuse de toute vie terrestre !

action directe aux USA

John Muir (1838-1914) est aux Etats-Unis le père fondateur en matière de protection de la nature sauvage. Pour lui, « la route la plus claire dans l’univers passe au plus profond d’une forêt sauvage ». Témoin critique de la conquête de l’Ouest, officiellement achevée en 1890, il fonde en 1892 le Sierra Club, la première association environnementaliste de la côte ouest des USA. Pendant 10 ans, il s’escrima en vain contre l’endiguement de la rivière du parc national de Yosemite, la première réserve « naturelle » des USA. Il avait en effet face à lui tous ceux qui se préoccupaient de la conservation de la Nature uniquement pour le développement des activités humaines.

 Presque un siècle plus tard, Dave Foreman fonde aux USA en 1980 l’association Earth First! dont le slogan résume l’objectif : « Pas de compromis dans la défense de la Terre Mère ». Le mouvement a élaboré cette ambition quand il a pris conscience qu’il était temps d’arrêter de parler de la façon dont les choses avaient mal tourné et qu’il fallait commencer à changer les choses. Dave partait du principe que la protection de la nature sauvage est un problème éthique qui ne peut se réduire à la défense de l’intérêt personnel ou même à la préoccupation de la survie de l’humanité. Pour lui la société humaine est tellement immorale qu’elle peut se croire investi de la liberté d’inventer n’importe quoi et de l’appliquer aux humains comme aux non-humains. A ce moment là il faut protéger l’homme contre lui-même et casser la machine qui empoisonne à la fois la mentalité humaine et l’environnement. Le FBI en a donc fait un terroriste ! En 1989, Dave Foreman était arrêté pour avoir soi-disant voulu saboter des lignes haute tension dans le but de déclencher une fusion nucléaire !!! Pour Dave, quand l’humanité croit que les ressources sont inépuisables et à son seul service, quand l’humanité espère que la technique trouvera toujours une solution aux problèmes que la technique a créés, il faudrait dire : « Ce sont pures insanités et folles divagations ». La société humaine n’a aucun mandat naturel ou divin pour goudronner et exploiter chaque centimètre carré de cette planète, seulement le droit que s’arroge le fort au détriment des faibles : « Un bulldozer qui détruit la Terre n’est qu’une partie de la terre, fait de minerai de fer et consommant son énergie, c’est la Terre métamorphosée en monstre qui s’autodétruit : ce bulldozer doit être arrêté. » L’évolution de la législation ou les procédures judiciaires peuvent jouer un rôle dans la défense de la Biosphère, mais l’action directe non violente paraît aussi absolument nécessaire. Pour Dave, il faut enrayer les rouages de la méga-machine et saboter tous les projets qui tendent à accroître l’anthropisation de la planète. Une campagne de résistance peut être efficace contre l’abattage des arbres, la construction des routes, l’exploitation minière, l’édification de barrages ou de lignes haute tension, l’utilisation de véhicules tout-terrains, le développement de zones de ski, l’expansion des zones résidentielles, l’artificialisation des terres. De telles tactiques réclament un degré supérieur d’engagement personnel et souvent un grand courage. Il y a toujours un risque personnel quand on s’interpose entre la machine et la terre sauvage. Mais dans les pays où la nature sauvage à presque complètement disparue, le combat est encore plus rude car les cibles existent à tous les coins de rue !

la conscience des limites

Le quotidien français Le Monde a dorénavant une rubrique « Environnement & Sciences ». Cela semble présumer d’une  crise environnementale qui trouverait sa solution dans l’innovation technoscientifique. Par exemple on aborde (numéro du 7 mars 2007) la construction de la plus grande centrale à vagues du monde sur les rivages de l’Ecosse. Mais les deux articles de fond abordent aussi le fait que nos sociétés ont atteint la limites acceptables. Ainsi un tribunal administratif a annulé pour « vice de procédure substantielle » une décision ministérielle de mai 2004 entérinant le projet du grand contournement de Bordeaux, une rocade à deux voies et péage. D’autres recours ont lieu contre un tracé qui traverse des vignobles célèbres et des zones protégées. Un autre article                aborde la limitation de la fertilisation azotée en Bretagne : neuf bassins versants sont concernés par une directive européenne de 1975 fixant un plafond de 50 mg de nitrates par litres au-delà duquel les collectivités ne peuvent plus effectuer de prélèvements dans les eaux superficielles destinées à l’alimentation humaine. D’un côté on commence à mettre en place la limitation des transports par la condamnation d’infrastructures supplémentaires, de l’autre on commence à limiter le productivisme agricole.

 Encore faut-il que le gel de la construction d’autoroutes obtienne le soutien des élus et des socioprofessionnels,  encore faut-il que la réduction volontaire du cheptel obtienne le soutien des agriculteurs ! L’espèce homo sapiens ne pourra retrouver un équilibre avec son biotope qu’au prix d’une sévère limitation de ses activités, donc de ses déplacements et de sa production.

Dans l’avenir il n’y aura plus la droite et la gauche, mais ceux qui ont conscience des limites et ceux qui n’ont aucune conscience.

votez PPLD…

Voici  les objectifs du Parti Pour La Décroissance, qui présente une douzaine de candidats aux législative françaises de 2007 :

1 – Démantèlement des agences de publicité, véritable organe de propagande de la société de consommation.

2 – Sortie de l’habitat pavillonnaire. Ce style d’habitat est un véritable fléau environnemental et social.

3 – Sortie progressive de l’automobile et de sa civilisation.

4 – Sortie progressive des énergies fossiles au profit de la sobriété énergétique.

5 – Relocalisation progressive de l’économie.

6 – Démantèlement progressif des multinationales, développement des petites entités économiques pour favoriser l’emploi local.

7 – Instauration progressive d’un Revenu maximum autorisé à hauteur de trois fois le SMIC.

 8 – Interdiction de posséder plus de deux logements.

 9 – Mise sous tutelle démocratique de la recherche pour la réorienter vers des objectifs écologiques.

10 –Sortie du sport professionnel au profit des sports amateurs et interdiction des sports et loisirs motorisés.

Bien entendu, un tel programme reçoit l’approbation pleine et entière de la Biosphère…

Voter le 22 avril, quel dilemme !

Ne rêvons pas, il n’y aura pas de priorité écologique de la part des présidentiables lors des élections françaises du 22 avril 2007. La verte Dominique Voynet s’agite bien un peu dans ce qui fait son fonds de commerce, mais elle n’a aucun impact médiatique et électoral. En effet pour la première fois une élection présidentielle en France n’est plus le domaine réservé des environnementalistes patentés, tout le monde a déjà signé le pacte écologique de Nicolas Hulot !

 

Pourtant, sur six priorités exprimées par le libéral Nicolas Sarkozy qui croit bientôt être Président, aucune n’est reliée à la question majeure de l’avenir de la planète. Le centriste Nicolas Bayrou voudrait, s’il était élu, une session extraordinaire du Parlement dans quatre directions dont aucune ne va dans le sens de la protection de l’environnement. La socialiste Ségolène Royal, peut-être la première femme qui accéderait au pouvoir suprême de la petite région appelée « France », propose 100 mesures, mais l’excellence environnementale n’existe que de la 60ème à la 68ème proposition, avec des objectifs aussi vague que « Préparer l’après-pétrole » ou « Lutter contre le changement climatique ». Les unes et les autres ont pour priorité essentielle de stimuler et distribuer les fruits d’une croissance matérielle improbable qui, de toute façon, détériorera encore plus les fragiles équilibres de la Biosphère. La gravité de la crise écologique n’est perçue par personne !

 

Comme, de l’extrême gauche à l’extrême droite, il n’y a aucun candidat aux présidentielles qui prône la joie de vivre par la décroissance de la consommation d’énergie et de biens matériels, à toi électeur de choisir entre Charybde et Scylla : au pays des aveugles, les borgnes sont roi ou reine. Mais dans l’avenir proche il n’y aura plus ni droite, ni gauche;  il y aura ceux qui auront conscience des limites, et ceux qui n’ont aucune conscience.

la folle histoire du monde

De même que la socionévrose phobique des civilisations agricoles sédentaires avait participé à la conservation du système militaro-ecclésiastique, la socionévrose obsessionnelle a été le plus ferme soutien du capitalisme pendant plusieurs siècles. Elle a donné à chacun le goût de l’ordre, de l’économie, de la contrainte et de l’autocensure. Elle a favorisé l’épargne, la discipline individuelle et le respect de la propriété, toutes vertus qui ont contribué à l’organisation capitaliste et à la soumission ouvrière.

L’époque moderne, qui a commencé il y a un peu plus d’un siècle, a donné lieu à une socionévrose un peu particulière, celle de l’hystérie. Aujourd’hui le sujet vivant n’est plus combattu en soi comme un abcès honteux, il est entièrement occulté, nié, ignoré. Dans la société industrielle marchande, le producteur de biens est séparé de son produit dans le moment même de son activité créatrice. Le produit fini ne lui appartient pas, c’est le résultat de la division technique et de la division sociale du travail poussée à l’extrême. Le travailleur est donc nié en tant que sujet par le système de production, et en se soumettant à un tel système, c’est une négation de soi-même qui constitue le fondement de l’hystérie.

 L’histoire de l’humanité n’est donc pas seulement celle de son développement technique, ni même celle de ses institutions et de ses révolutions. Elle est aussi et surtout l’histoire de ses folies collectives, de ses différentes névroses qui ont marqué sa rupture de plus en plus importante avec la Nature. Qui achèterait des aliments là où chacun pourrait cueillir, ramasser et chasser à sa guise ? Qui s’emploierait dans des activités rébarbatives en échange de biens qu’il posséderait en abondance ?

STOP au bituminage !

Protégeons notre planète en disant « stop »
au « bitumage » de notre pays et au massacre de l’environnement

Manifestations, le samedi 24 mars, dans toute la France

Le 24 mars prochain, des dizaines d’associations se mobilisent à nouveau à travers notre pays pour dénoncer les projets locaux de constructions de voies rapides ou tronçons d’autoroutes, inutiles et portant des atteintes inacceptables à notre environnement et favorisant tous, de manière irresponsable, le « tout camion ».

Voici la liste définitive des lieux de manifestations :

à Auxerre, contre le Cont. Sud d’Auxerre et la A26
à Bordeaux, contre le Contournement de Bordeaux
à Dijon, contre la Rocade de Dijon
au viaduc des Egratz (chamonix), pour le respect du site du Mont Blanc
à Lahontan, contre la gravière
à La Rochelle, contre la A831 dans le Marais Poitevin
à Lyon, contre la A89, la A45 et le Contournement Ouest Lyonnais
à Metz, contre la A32 en Lorraine
à Mont de Marsan contre la A65, RN10 et l’élargissement de l’A63 dans les Landes
à Nontron, contre un circuit automobile dans le Parc Naturel Régional Périgord Limousin
à Orléans, contre le Grand Contournement d’Orléans
à Poitiers, contre le projet de mise à 2×2 voies de la RN147
à Villefranche/Saône, contre la A45
à Toulouse, contre une liaison du Sud Est qui ‘attaque au Canal du Midi
à Tours, contre le contournement de Tours
à Ville-au-Val contre la A32 en Lorraine
et en Belgique, contre la A24

ONUE

« L’humanité est en train de détruire, à une vitesse effrayante, les ressources et les équilibres qui ont permis son développement et qui déterminent son avenir. Nous sommes parvenus au seuil de l’irréversible, de l’irréparable, nous devons prendre des mesures qui s’imposent pour conjurer les périls qui menacent la survie même de l’humanité ». On croirait entendre le discours d’un tenant de l’apocalypse, c’est en fait la conclusion, signée par 46 pays, lors de la conférence internationale pour une gouvernance écologiques mondiale (Paris, les 2 et 3 février 2007).

 L’appel de Paris recommande la formulation d’une « Déclaration universelle des droits et devoirs environnementaux » et la transformation du Programme des Nations unies pour l’environnement en Organisation mondial de l’environnement rattachée à l’ONU. Mais ni les Etats-Unis, ni la Chine, ni l’Inde ne sont au nombre des signataires. Le représentant russe à la conférence a même déclaré : « la Russie a certains doutes sur l’actualité d’une telle démarche ». Cette initiative du Président français Jacques Chirac a même de fortes chances de ne pas être ardemment soutenu par son successeur. La Biosphère contemple impassible les mesquines contradictions de l’espèce homo sapiens.

 

 Conclusion : Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Les amoureux de la Nature et les objecteurs de croissance ont donc un objectif commun, prendre la défense des intérêts de la Biosphère et dénoncer avec force cette société de prédation.

Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :

http://www.biosphere.ouvaton.org/

 

Sauver la planète est révolutionnaire !

« Le temps est à la révolution. La révolution des consciences. La révolution de l’économie. La révolution de l’action politique. La planète souffre, la nature souffre, nous sommes au seuil de l’irréversible. Je me bats pour faire entendre l’urgence environnementale, l’urgence gouvernementale. » Ainsi s’exprime le président français Jacques Chirac en ouvrant le 2 février 2007 la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale. Pour réussir la révolution culturelle, il propose d’adopter une « déclaration universelle des droits et devoirs environnementaux ». La révolution économique passera par une transformation radicale de nos modes de production et de consommation grâce, par exemple, à l’intégration de la qualité environnementale dans le calcul de la richesse. S’il n’y a pas gouvernance mondiale de l’environnement, ce sera la guerre écologique. Il faut donc transformer le programme des Nations unies pour l’environnement et le développement (PNUED) en organisation à part entière. Mais les autorités indiennes n’accordent qu’une attention polie à cette initiative. Les dirigeants chinois savent déjà qu’un programme d’action environnementale, même national, se heurtera toujours aux féodalités locales. Et le président Bush s’en fout éperdument.

 Comment faire en sorte que les individus pensent global et agissent local dans l’intérêt de la Biosphère ? C’est une longue marche vers l’écologie profonde qui mettra des centaines d’années et traversera beaucoup d’éprouves avant d’aboutir. Mais il n’est pas nécessaire d’apercevoir le bout du chemin pour commencer à marcher.

 

 Conclusion : Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Les amoureux de la Nature et les objecteurs de croissance ont donc un objectif commun, prendre la défense des intérêts de la Biosphère et dénoncer avec force cette société de prédation.

Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :

http://www.biosphere.ouvaton.org/

Greenwashing !

Les publicitaires mélangent développement durable et amour de la nature avec délectation. Au point que l’Alliance pour la planète, une coalition des principales associations françaises de défense de l’environnement, lance début décembre 2006 une campagne intitulée «  la publicité peut nuire gravement à l’environnement ». Ainsi elle a mis en ligne sur son site (http://www.lalliance.fr/) trente exemples de publicité pratiquant le blanchiment écologique (greenwashing). Le groupe pétrolier Total fait ainsi indûment étalage d’éoliennes, le nucléaire Areva promet un avenir sans CO2 mais occulte complètement les problèmes environnementaux liés aux déchets radioactifs. De son côté le BVP (bureau de vérification de la publicité) affirme que toute référence à l’environnement doit présenter avec précision les actions entreprises en faveur du respect de la nature, et proscrire toute déclaration de nature à tromper le consommateur. Mais ce n’est qu’une déclaration d’intention et toutes les campagnes diffusées en 2006 « seront contrôlées au début de l’année suivante » !

        

     L’association « Casseurs de pub » agit depuis longtemps contre l’endoctrinement publicitaire, mais c’était une goutte de pureté au milieu d’une montagne d’intérêts financiers croisés et malveillants. La Biosphère attend avec impatience que toute publicité commerciale soit interdite définitivement.

 

 Conclusion : Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Les amoureux de la Nature et les objecteurs de croissance ont donc un objectif commun, prendre la défense des intérêts de la Biosphère et dénoncer avec force cette société de prédation.

Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :

http://www.biosphere.ouvaton.org/

Amis de la Terre

Les Amis de la Terre déposèrent leurs statuts à la préfecture de Paris le 11 juillet 1970. Les principaux fondateurs étaient Edwin Matthews, un avocat américain résidant à Paris, et Alain Hervé, un poète, navigateur et reporter. Le Comité de parrainage comprenait Jean Dorst, Pierre Gascar, Claude Lévi-Strauss, Théodore Monod et Jean Rostand ; il ne s’agissait donc pas d’un club de tourisme ! Alain Hervé donne quelques précisions dans l’Ecologiste n° 21 : « Gary Soucie me raconta à New York en mars 1970 le vécu d’une association créée en 1969 par David Brower, Friends  of the Earth, dont le journal était intitulé « Not man apart ». David Brower avait été licencié de son poste de directeur exécutif du Sierra Club en 1969 alors qu’il avait voulu donner une dimension beaucoup plus politique, polémique et militante à la philosophie de la protection des grands espaces sauvages aux Etats-Unis. Lors de sa venue à Paris en novembre1970, David développa son thème principal, celui de la vie sur la petite planète Terre et les destructions perpétuées par l’homme au détriment de cette vie depuis le début de l’ère industrielle. Il s’en prenait au désordre démographique de l’espèce, au gaspillage des ressources naturelles pour promouvoir des modes de vie insoutenables. Je me suis toujours demandé pourquoi je fus aussi disponible à recevoir une remise en cause aussi radicale de la religion du progrès. En effet à l’époque, la formule idiote des Trente Glorieuses n’avait pas encore fait fortune. Aujourd’hui nous devrions les rebaptiser les Trente Désastreuses ; trente ans dont nos descendants mettront des centaines ou des milliers d’années à réparer les dégâts sur la Biosphère. Le premier numéro du Courrier de la Baleine est paru dès 1971. Dès cette époque, on y retrouve ce qui fait encore l’actualité aujourd’hui, l’amiante, le bétonnage, la destruction de l’agriculture vivrière au profit de l’agriculture industrielle, la critique des pesticides de synthèse, l’urbanisme centré sur l’usage de l’automobile. En 1974, nous soutînmes la campagne de René Dumont pour les présidentielles… »La Biosphère remercie tous les amis de la Terre, Américains, Français, Anglais, et tous les autres… Pour joindre « les amis de la Terre », mailto:france@amisdelaterre.org.

Trop d’informations tue l’information !

La nouvelle société de l’information masque efficacement la société de la pollution. Par exemple la pollution de l’air qui faisait encore scandale dans les années 1970, quand elle était dissimulée, n’est plus qu’un fait divers expédié en cinq lignes dans le journal. Le fait que la qualité de l’air passe à une heure de grande écoute montre en fait qu’elle a pris un caractère inéluctable, elle devient une fatalité à laquelle il faudra bien s’habituer et chercher à s’adapter. Tous ces chiffres, liés aux pollutions dont nous ne savons plus le degré de dangerosité, s’organisent comme un bruit de fond, tel le bruit des voitures en ville qui nous font oublier jusqu’au souvenir du silence. Même les informations sur la toxicité deviennent une routine, le danger est explicité, mais il ne sera pas pris en compte. Quelque part, la presse et Internet se transforment en bouclier et en bonne conscience de la puissance publique : il suffit de mettre à disposition la vérité, mais trop de sales vérités en même temps tue la vérité. Lorsqu’un journaliste veut faire un article sur une quelconque pollution, la première tentation du rédacteur en chef est de répondre : « Encore ? Mais on le sait déjà ! » (texte déduit du livre « L’horreur écologique » de CM.Vadrot). Plus généralement, la banalisation du discours sur les catastrophes à venir est largement plus anesthésiant que le rituel ancien du secret d’Etat.

 Jamais une réglementation, aussi transparente soit-elle, qui oblige à signaler sur l’étiquette un produit chimique pas très bon pour la santé, qui oblige à avertir du niveau de pollution des rivières, jamais une information qui annonce à tous le réchauffement climatique, ne pourra remplacer l’interdiction de la plupart des activités productives d’une société thermo-industrielle. Dans une Biosphère limitée, il faut savoir définir les limites de l’économie. 

           Conclusion : Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Les amoureux de la Nature et les objecteurs de croissance ont donc un objectif commun, prendre la défense des intérêts de la Biosphère et dénoncer avec force cette société de prédation.

Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :

http://www.biosphere.ouvaton.org/

Les coulisses du commerce équitable

 En Europe 75 % du commerce équitable est sous le contrôle de Max Havelaar. Cette entreprise, fondée en 1988 par un prêtre hollandais, est attaquée par un livre de Christian Jacquiau, les coulisses du commerce équitable (mensonges et vérités sur un petit business qui monte). D’abord  ce symbole de rapports améliorés entre le Nord et le  Sud ne peut s’autoproclamer « label du commerce équitable », car ce n’est en fait qu’une marque commerciale. Un label suppose au contraire la définition d’un cahier des charges, la mise en place de contrôles indépendants, le recours à un organisme de certification lui-même indépendant et agréé par les pouvoirs publics. Chez Max Havelaar, dont l’objet est de mettre en contact des producteurs du Sud avec des industriels, rien de tout cela : les normes sont maison et les contrôles aussi, laissant place à des dérives dont C.Jacquiau ne manque pas de fournir des exemples. Max Havelaar représente  donc une tentative réussie, grâce à une intense propagande, de revaloriser l’image des multinationales et de la grande distribution. Max Havelaar culpabilise le consommateur et donne en même temps les moyens de se confectionner une bonne conscience en buvant du café avec de l’éthique sur l’étiquette. La pause-café équitable dans les pays riches semble source de satisfaction pour tous, mais cela implique un soutien des cultures d’exportation dans les pays pauvres au détriment des cultures vivrières.Buvez local, mangez local, la Biosphère s’en portera mieux ! Conclusion : Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Les amoureux de la Nature et les objecteurs de croissance ont donc un objectif commun, prendre la défense des intérêts de la Biosphère et dénoncer avec force cette société de prédation. Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :http://www.biosphere.ouvaton.org/

Fitoussi

L’analyse de JP Fitoussi (Le Monde du 27 septembre 2006) repose sur l’hypothèse de la substitution toujours possible des facteurs de production : du capital et du travail (connaissances, innovation, investissement) pourra remplacer un manque de ressources naturelles. Et si notre croissance économique était au contraire absolument complémentaire de la disponibilité de l’environnement, en particulier les énergies fossiles ? Alors JPB Fitoussi serait à mettre au rang des rêveurs comme ceux qui ont dit que la grande crise de 1929 ne pouvait durer ou ceux qui ont pensé que la deuxième guerre mondiale n’allait pas arriver…

Une telle pensée, ce que Nicholas Georgescu-Roegen appelle « le sophisme de la substitution perpétuelle », n’est pas sérieuse. Il faut en effet avoir une vue bien erronée du processus économique pour ne pas remarquer qu’il n’existe pas de facteur matériel autres que les ressources naturelles. Plus que l’impact du progrès technique sur la consommation de ressources par unité de PIB, ce qui doit attirer notre attention, c’est l’accroissement du taux d’épuisement des ressources comme effet de ce progrès.