écologie appliquée

Trop d’informations tue l’information !

La nouvelle société de l’information masque efficacement la société de la pollution. Par exemple la pollution de l’air qui faisait encore scandale dans les années 1970, quand elle était dissimulée, n’est plus qu’un fait divers expédié en cinq lignes dans le journal. Le fait que la qualité de l’air passe à une heure de grande écoute montre en fait qu’elle a pris un caractère inéluctable, elle devient une fatalité à laquelle il faudra bien s’habituer et chercher à s’adapter. Tous ces chiffres, liés aux pollutions dont nous ne savons plus le degré de dangerosité, s’organisent comme un bruit de fond, tel le bruit des voitures en ville qui nous font oublier jusqu’au souvenir du silence. Même les informations sur la toxicité deviennent une routine, le danger est explicité, mais il ne sera pas pris en compte. Quelque part, la presse et Internet se transforment en bouclier et en bonne conscience de la puissance publique : il suffit de mettre à disposition la vérité, mais trop de sales vérités en même temps tue la vérité. Lorsqu’un journaliste veut faire un article sur une quelconque pollution, la première tentation du rédacteur en chef est de répondre : « Encore ? Mais on le sait déjà ! » (texte déduit du livre « L’horreur écologique » de CM.Vadrot). Plus généralement, la banalisation du discours sur les catastrophes à venir est largement plus anesthésiant que le rituel ancien du secret d’Etat.

 Jamais une réglementation, aussi transparente soit-elle, qui oblige à signaler sur l’étiquette un produit chimique pas très bon pour la santé, qui oblige à avertir du niveau de pollution des rivières, jamais une information qui annonce à tous le réchauffement climatique, ne pourra remplacer l’interdiction de la plupart des activités productives d’une société thermo-industrielle. Dans une Biosphère limitée, il faut savoir définir les limites de l’économie. 

           Conclusion : Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Les amoureux de la Nature et les objecteurs de croissance ont donc un objectif commun, prendre la défense des intérêts de la Biosphère et dénoncer avec force cette société de prédation.

Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :

http://www.biosphere.ouvaton.org/

Les coulisses du commerce équitable

 En Europe 75 % du commerce équitable est sous le contrôle de Max Havelaar. Cette entreprise, fondée en 1988 par un prêtre hollandais, est attaquée par un livre de Christian Jacquiau, les coulisses du commerce équitable (mensonges et vérités sur un petit business qui monte). D’abord  ce symbole de rapports améliorés entre le Nord et le  Sud ne peut s’autoproclamer « label du commerce équitable », car ce n’est en fait qu’une marque commerciale. Un label suppose au contraire la définition d’un cahier des charges, la mise en place de contrôles indépendants, le recours à un organisme de certification lui-même indépendant et agréé par les pouvoirs publics. Chez Max Havelaar, dont l’objet est de mettre en contact des producteurs du Sud avec des industriels, rien de tout cela : les normes sont maison et les contrôles aussi, laissant place à des dérives dont C.Jacquiau ne manque pas de fournir des exemples. Max Havelaar représente  donc une tentative réussie, grâce à une intense propagande, de revaloriser l’image des multinationales et de la grande distribution. Max Havelaar culpabilise le consommateur et donne en même temps les moyens de se confectionner une bonne conscience en buvant du café avec de l’éthique sur l’étiquette. La pause-café équitable dans les pays riches semble source de satisfaction pour tous, mais cela implique un soutien des cultures d’exportation dans les pays pauvres au détriment des cultures vivrières.Buvez local, mangez local, la Biosphère s’en portera mieux ! Conclusion : Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Les amoureux de la Nature et les objecteurs de croissance ont donc un objectif commun, prendre la défense des intérêts de la Biosphère et dénoncer avec force cette société de prédation. Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :http://www.biosphere.ouvaton.org/

Fitoussi

L’analyse de JP Fitoussi (Le Monde du 27 septembre 2006) repose sur l’hypothèse de la substitution toujours possible des facteurs de production : du capital et du travail (connaissances, innovation, investissement) pourra remplacer un manque de ressources naturelles. Et si notre croissance économique était au contraire absolument complémentaire de la disponibilité de l’environnement, en particulier les énergies fossiles ? Alors JPB Fitoussi serait à mettre au rang des rêveurs comme ceux qui ont dit que la grande crise de 1929 ne pouvait durer ou ceux qui ont pensé que la deuxième guerre mondiale n’allait pas arriver…

Une telle pensée, ce que Nicholas Georgescu-Roegen appelle « le sophisme de la substitution perpétuelle », n’est pas sérieuse. Il faut en effet avoir une vue bien erronée du processus économique pour ne pas remarquer qu’il n’existe pas de facteur matériel autres que les ressources naturelles. Plus que l’impact du progrès technique sur la consommation de ressources par unité de PIB, ce qui doit attirer notre attention, c’est l’accroissement du taux d’épuisement des ressources comme effet de ce progrès.