effet de serre

Décarboner, c’est rompre avec les libertés

Frédérique Laget : Le nœud du problème pour décarboner est triple : d’abord, il faudrait prendre des mesures extrêmement dures, voire liberticides ; ensuite, un pays ne peut agir seul, il faut nécessairement une coordination à l’échelle mondiale ; enfin, il faut lutter contre l’atomisation croissante des sociétés, où les intérêts particuliers tendent à empiéter sur l’intérêt commun. Les mesures à prendre concerneraient la vie quotidienne : interdiction de construction de nouvelles maisons individuelles (toute construction neuve étant réservée à l’habitat collectif), mise en place d’un couvre-feu thermique dès 2025, interdiction des voitures thermiques dans les centres urbains dès 2024 (les villes devenant dédiées au vélo et aux transports en commun), limitation généralisée des températures dans les logements et les bureaux, obligation pour toute parcelle de jardin de devenir productive, fin de l’artificialisation des sols, interdiction de tout vol aérien non justifié, division par trois du flux vidéo consommé (moins de vidéos et de éseaux sociaux), limitation à 1 kg par an le nombre de vêtements neufs par personne (contre 40 kg en 2017), limitation drastique de la consommation de viande, instauration de quotas sur les produits importés (chocolat, café, thé…). Il faudrait que des mesures similaires soient prises partout sinon l’impact de la France sur le climat serait quasi nul, et les sacrifices engagés par la population ne pourraient se justifier. Le changement de mode de vie serait piloté par l’État, assorti de contrôle et de surveillance des populations. Car, sans cela, comment s’assurer que les jardins particuliers ont bien tous un potager, et que personne n’a pu se procurer plus de vêtements ou de café qu’autorisé ? Entre la liberté individuelle et le besoin d’un Etat fort, qu’allons-nous choisir ? Je n’ai pas la réponse.

Pas moins de 150 contributions en 13 heures seulement sur lemonde.fr, extraits :

Pol50 : MERCI, Madame Laget. Enfin, nous sommes mis au pied de l’Everest. Je n’évoquerais que le sujet que je connais le mieux, la politique énergétique : le défi sera de vivre avec une énergie au moins 3 fois plus chère (j’écris 3 car je n’ose pas écrire 10), alors que notre progrès économique a été bâti sur une énergie bon marché.

Doudoudodudor : Exposé de Fédérique concis et clair des enjeux. Mais en l’état actuel, c’est infaisable sans rééduquer la population pour qu’elle « accepte » routes ces restrictions de liberté à côté desquelles le passe sanitaire est une douce plaisanterie. L’augmentation de quelques centimes des taxes sur le gasoil ont mis des milliers de personnes sur les ronds-points. On imagine que le programme de décarbonisation nécessaire pourrait faire en France surtout si les autres pays ne suivent pas.

LionHeart : Le ton et la conclusion de cet tribune sont très gênants : ils laissent le sentiment que l’auteure partage le point de vue des « Kmers verts » mais n’ose pas l’assumer. Privons les individus de liberté la plus basique ( se vêtir, se nourrir..), au nom de « la Cause ».

Gabbagabbahey @ LionHeart : Le problème, c’est que le point de vue opposé ( la croissance verte je suppose? ) n’existe pas. Dans le sens où son scénario (continuer à augmenter notre consommation d’énergie (sans énergie, aucun de nos conforts n’existeraient) en diminuant nos émissions de g.e.s est une impossibilité physique.

Dilemme de À à Z : Les citoyens acceptent ( plus ou moins … et en tous cas en majorité …) les contraintes et les privations de liberté si il y a des contreparties immédiates et tangibles … l’impôt est accepté car il y a les écoles , le système de santé , les routes , etc… les contrôles et vigipirate et les fichages pour gérer la menace terroriste… la ceinture de sécurité pour éviter de mourir en voiture … la vaccination pour éviter le covid … Mais les contreparties à la nécessaire transformation de nos habitudes n’existeront qu’en 2100 … d’ici là nous aurons… tempêtes ouragans et canicules …alors je doute de l’acceptation par la population des mesures permettant de décarboner nos vies … donc l’auteure a raison et moi aussi je n’ai pas la solution …

SEM : L’auteure exprime avec clarté ce que je pense. Si on se risque à une prospective, je dirais que nos démocraties vont être prises en tenaille. D’un coté les écologistes revendiqueront le bien être a long terme du peuple, contre les libertés individuelles. D’un autre les nationalistes voudront nous protéger des réfugiés que le dérèglement climatique fera migrer vers les pays, riches, qui ont les moyens de s’adapter.

Gaston : Pour une adhésion a une « dictature » verte il faut un minimum de soutiens dans la population. Sur quel paradigme la fonder ? Sainte Gaïa ? quels intérêts aurons-nous à moins consommer?

Marc B @ Gaston : Et bien si ça permet a mes enfants de vivre dans un monde « décent », pour ma part ces sacrifices je les ferais sans hésitations. On touche la un point faible de la démocratie, les voix des futures générations n’ont aucun poids et il faut attendre de se prendre le mur avant que l’on commence à agir, souvent beaucoup trop tard.

Robertpointu : Mes droits sont infiniment supérieurs à tous genres de prévalence naturelle. L’humanité s’adaptera ou elle périra. Dans l’un ou l’autre cas, où est le problème ?

Michel SOURROUILLE : Je croyais à la pédagogie de la catastrophe dès le début des années 2000 avec le pic pétrolier qui avait provoqué la crise de 2008. Désabusé par l’inertie sociale, j’ai alors pensé, grâce aux conséquences du réchauffement climatique, que la catastrophe servirait de pédagogie. Aujourd’hui je suis désespéré, la sensibilité écologique a progressé mais les politiques économiques restent suicidaires. Les avertissements multiples des différentes branches de la science sur l’imminence des catastrophes écologiques et démographiques n’ont entraîné que quelques brèves dans quelques médias sans rien changer au modèle croissanciste soutenu par les politiciens de tous bords. Merci à Frédérique Laget de montrer qu’il nous faut entrer dans une économie de guerre. Merci au MONDE de publier cette tribune. Merci à la pandémie de nous avoir montré que des mesures « liberticides » pour nous indiquer le chemin de la sobriété, c’est possible même en régime démocratique.

L’équation de KAYA et la question démographique

Il est politiquement absurde d’ignorer la variable démographique et de se polariser sur la décroissance économique. La solution au réchauffement climatique passe obligatoirement par ces deux axes, réduire la fécondité humaine ET agir pour une sobriété partagée. L’équation de KAYA présente les causes du réchauffement climatique ; elle met en relation l’influence et le poids de l’activité humaine en termes d’émission direct de gaz à effet de serre :


CO2 =
(CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP => CO2
(CO2 : TEP) : contenu carbone d’une unité d’énergie (qui peut s’exprimer en TEP, tonnes d’équivalent pétrole)
Cela correspond à un choix de ressources naturelles, charbon ou gaz, électricité, énergie renouvelable ou non, nucléaire
(
TEP : PIB) : quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire (qui peut correspondre au PIB)
C’est l’intensité énergétique de l’économie ou inverse de l’efficacité énergétique (qui serait PIB : TEP)
(PIB : POP) : production par personne ou niveau de vie moyen
POP : nombre d’habitants.

Tout est interdépendant, on ne peut agir sur un des termes sans considérer ce qui se passe ailleurs.
–  si on divise par 3 les émissions de gaz à effet de serre, il faut aussi que l’ensemble des autres éléments soit divisés par trois. Peu importe mathématiquement ce qui est réduit. Cette division par 3 au niveau mondial est une approximation liée à un seuil (politiquement décidé) de 2°C de réchauffement. Les dernières indications scientifiques montrent qu’il ne faudrait pas dépasser le seuil de 1,5°C d’ici 2050, soit une division par 4 (c’est-à-dire – 75%). Ce facteur 4 était envisagé par la premier ministre Raffarin dès 2003 !

Jean-Marc Jancovici : « Quand Bush a annoncé qu’il allait diminuer l’intensité énergétique de l’économie américaine de 18% en 10 ans, il est facile de voir que cela ne porte que sur l’un des termes de cette égalité (TEP/PIB). Et le reste ? Si la production économique par personne (PIB/POP) augmente de 25% dans le même temps (ce qui représente une croissance de 2,5% par an, soit un objectif conservateur pour n’importe quel gouvernement), avec une population (POP) qui augmente de quelques % dans le même temps (simple prolongation des tendances aux USA), et un contenu en carbone qui reste constant (assertion raisonnable compte tenu des tendances actuelles aux USA), le résultat sera une hausse des émissions de CO2, pas une diminution ! »

la tendance moyenne d’augmentation démographique est de 30 % d’ici 2050, soit un peu plus de 9 milliards d’habitants. Il faudrait donc diviser les autres indicateurs par 4, ce qui veut dire par beaucoup plus que 4 pour les pays les plus émetteurs. On mesure les efforts à demander à la population, gigantesque, sachant qu’on ne peut agir dans le court terme sur l’évolution démographique étant donné son inertie.

Hypothèse d’une croissance annuelle moyenne du PIB de 2 % (2,3 % est atteint en 2012 et 2013) sur 40 ans, soir une multiplication de 2,2. La population serait multipliée par 1,33. Il faudrait donc diviser les autres indicateurs par 9. Or le « contenu en gaz carbonique de l’énergie » a juste diminué de 10 % sur les 40 dernières années. D’autre part le découplage entre TEP et PIB se heurte à l’effet rebond.

Étant donné ce qui précède, nous sommes forcément voués à une décroissance à la fois économique (récession, dépression…) ET démographique (épidémies, guerres et famine). Il nous faudrait devenir malthusien, mais nous ne nous en rendrons collectivement compte que quand il sera trop tard.

Loi climat définitivement adoptée, bof

La loi climat est définitivement adoptée ce  mardi 20 juillet 2021. Le texte comprend environ 320 articles. Des membres de la convention citoyenne et les ONG environnementales pointent le « détricotage » de leurs propositions. Le Haut Conseil pour le climat et le Conseil d’Etat ont émis de sérieux doutes quant à la capacité de l’Etat de respecter les engagements pris lors de l’accord de Paris de 2015. A droite, les élus Les Républicains se sont inquiétés de la multiplication des « taxes » ou d’une « judiciarisation » des enjeux environnementaux. Quelques mesures emblématiques de la loi :

  • Interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles… c’est le moins disant en matière d’intoxication publicitaire.
  • interdiction des vols aériens… quand il existe une alternative en train !!!
  • encadrement du loyer des logements dits « passoires thermiques »possiblement interdits plus tard à la location.
  • Généralisation d’un menu végétarien hebdomadaire dans les cantines…viande obligatoire le reste du temps !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

30 juin 2021, Loi climat, édulcorée par les sénateurs

Torrents de boue en ville, mea maxima culpa

Le climatologue Jean-Pascal van Ypersele : « Des villages effondrés, des torrents de boue qui emportent tout sur leur passage, des glissements de terrain ! Le bilan des pluies diluviennes et des inondations qui ont frappé l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg ne cesse de s’aggraver… Je vais citer John Holdren, pour qui on a trois choix : l’atténuation [la limitation des émissions de gaz à effet de serre], l’adaptation ou la souffrance. Il disait que l’on va connaître un peu des trois, mais que la question réside dans le dosage. Si on continue à faire bien trop peu d’atténuation, il y aura besoin de beaucoup d’adaptation et il y aura beaucoup de souffrance… On avance dans une seule direction : l’augmentation de la température, qui nous fait battre de nouveaux records chaque année et qui entraîne la multiplication des événements extrêmes… Il faut d’urgence commencer à limiter nos émissions de gaz à effet de serre, en décarbonant les économies : sortir du charbon, arrêter le déboisement, réduire notre consommation d’énergie, développer massivement les énergies renouvelables, réorienter les flux financiers… Il y a une urgence absolue à réduire nos émissions immédiatement. Le climat ne connaît pas les discours ou les propositions, il ne connaît que les facteurs physiques qu’on lui impose… Depuis près de vingt ans, on n’a pas encore suffisamment compris ce qu’il faut faire. »

Quelques commentaires sur lemonde.fr , parfois houleux :

Michel SOURROUILLE : Nous les écolos, au début ils nous ont ignoré, on était si peu nombreux. Et puis nous avons parlé déplétion pétrolière et choc climatique, ils nous ont ri au nez, foutaises, retour à la chandelle. On était encore peu nombreux. Les scientifiques ont parlé pour nous, les ruptures biophysiques devenaient évidente, alors ils ont parlé d’adaptation et nous sommes devenus plus nombreux. Aujourd’hui même les journaux de référence nous donnent la parole, tout le monde est devenu écolo, surtout les politiques au moment des élections. Le discours environnementaliste est en train de se constituer comme fait social total, c’est-à-dire comment il est en mesure de mobiliser à la fois les individus et les institutions afin de réguler les comportements. c‘est le mythe fondateur du XXIe siècle, ce qui va modifier nos normes et nos valeurs ! Encore faut-il que chaque citoyen devienne réellement écolo dans son mode de vie, et ça c’est le plus difficile… pas ou peu de viande, pas de voiture ni de boulot fossile, etc.

Makaevitch : On notera qu’en Allemagne, la ville la plus touchée s’appelle Schuld que l’on peut traduire par « culpabilité » et qu’à Liège, le quartier le plus affecté, s’appelle Purgatoire. Si ce n’est pas un signe du tout Puissant

gul : Personnellement je m’en fous car il me reste statistiquement 25 ans d’espérance de vie. Les jeunes payent ma retraite, je me roule les pouces en regardant Netflix. Un peu comme beaucoup beaucoup de mes compatriotes, alors le réchauffement……

pierre marie 22 : Allègre a écrit des choses fort censées sur les « supercalculateurs » et ces modèles mathématiques un tantinet coupés du réel… Le CIEC est une structure complexe… Il y a des scientifiques authentiques, spécialisés dans leur domaine. Mais le résumé (50 pages pour résumer 3000 pages) du rapport final est adopté par des représentants des états, sans compétence aucune. Dont des militants notoires de l’écologisme. Cela trouble un tantinet le débat.

Chan Chouch : Et pm 22 de citer Allègre… oui ça c’est effarant !

Giloubee : c’est navrant de constater le nombre de réactions de climatosceptiques. Cela relève de la psychiatrie, un besoin d’exister. Les scientifiques modélisent le climat depuis 50 ans, utilisent les super calculateurs les plus puissants au monde. Des milliers se consacrent à ce sujet, publient des articles dans des revues scientifiques vérifiés par leurs pairs. L’élévation des températures partout dans le monde, la multiplicité des catastrophes climatiques extrêmes,… tout cela est ramené par ces scientifiques autoproclamés de pacotille à des évènements singuliers ne relevant que de la météo. L’humanité est vraiment mal barrée entre la suffisance de certains et le modèle capitaliste de nos sociétés qui ne voudront jamais rompre avec leur idéal de croissance.

Francois M : Comme pour la religion en son temps, les débats sur l’écologie deviennent de plus en plus violents.

VincentB : Pendant que le ciel tombe sur la tête des belges et des allemands, chez nous les campagnes électorales n’explorent que deux thèmes : l’immigration et l’insécurité. Dormez, braves gens.

Antidem : Maintenant l’actualité est ponctuée de records, d’évènement météorologiques extrêmes, etc. Ceux qui ne veulent pas voir diront qu’il s’agit de phénomènes normaux, que c’est déjà arrivé, alors que les évènements s’enchaînent depuis quelques années… Petite précision : on en en est qu’au tout début du changement climatique (ça met un peu de temps à démarrer) alors accrochez vous !

Dance Fly : De nombreux commentaires sont une belle illustration du déni climatique. Cela montre que la lutte contre le RC doit être considérée dans toutes ses dimensions: scientifique et économique bien sûr mais aussi socio-éducative et psychologique ; de ce point de vue l’éducation des jeunes générations aux sciences de la vie et de la terre est un élément clé afin que celles-ci adhèrent pleinement, le moment venu, aux politiques en train de se développer en lieu et place du productivisme du siècle passé.

Steph_ : Si l’on parle de CO2, de gaz à effet de serre, d’évolution climatique, le premier facteur aggravant n’est il pas simplement l’accroissement de la population mondiale entraînant l’accroissement des besoins individuels en énergie ? 7,8 milliards en mars 2020, 7,0 milliards au 31 octobre 2011, 6,1 milliards en 2000, 1,6 milliard en 1900 !

jamaiscontent : Ok pour regarder la démographie, mais alors il faut considérer deux données au minimum pour être honnête : émission de GES/habitant d’abord. Et là, qui sont les plus gros émetteurs : les monarchies pétrolières du golfe persique, et les États unis, c’est à dire des pays pas vraiment en situation d’explosion démographique. Mais qui ont choisi un mode de développement non soutenable. Donc, l’autre facteur a considérer est ce mode de développement : alimentation toujours plus carnée, déplacements toujours plus intensifs, invasion des clim (explosion en cours en Inde, je vous laisse imaginer le résultat à venir), bilan dramatique de la production vestimentaire et de la mode etc etc… Tout cela est à revoir et pas nécessairement lié à la démographie.

Droits à polluer pour les jeunes d’aujourd’hui

Lutter contre le changement climatique aujourd’hui impose des coûts élevés aux générations présentes, alors que les bénéfices attendus concernent les générations futures. D’un autre côté, si peu est fait maintenant (au bénéfice si l’on peut dire des générations présentes), les coûts du changement climatique seront supportés par les générations futures, jusqu’à récemment silencieuses car absentes. Comme donner la parole aux acteurs absents, en l’occurence les génération futures ?

Deux économistes patentés, Nicolas Clootens et Dominique Henriet : « Attribuons gratuitement à une partie de la jeunesse des permis d’émission de CO2. Les entreprises européennes des secteurs les plus polluants sont aujourd’hui tenues de couvrir leurs émissions de gaz à effet de serre à un niveau inférieur à un certain quota qui leur est octroyé. Si elles dépassent ce quota, elles doivent alors acheter sur le marché européen les permis d’émission sans quoi elles s’exposent à de lourdes sanctions financières. En distribuant une partie des quotas aux jeunes, ces derniers pourraient alors faire le choix de vendre ou non leurs permis aux entreprises. En quelque sorte, nous proposons ici de donner des « droits de propriété » sur le climat à ceux qui sont exposés aux effets du changement climatique, plutôt qu’aux entreprises comme c’est le cas aujourd’hui. Bien sûr l’efficacité de ce schéma repose grandement sur la politique de fixation du quota global d’émission autorisée dans l’Union européenne. »

Quelques contributions sur lemonde.fr :

Sarah Py : Dans le genre compliqué, l’on peut difficilement faire mieux. Et plus préoccupant, face à une question culturelle (passer d’une société de gaspillage à une société de sobriété), on pose une béquille monétaire et marchande : quand est-ce que les économistes cesseront de penser économie face à des sujets qui les dépassent. Passons du bricolage à l’organisation progressive de cette société de sobriété, d’abord par des mesures visant à ne plus promouvoir les consommations superflues, puis une carte carbone pour chaque citoyen selon des critères à préciser. M. Très riche étant à égalité avec M. Très pauvre, ça, c’est révolutionnaire. Des économistes proposent de pouvoir monétiser ces quotas. C’est un point de fracture, il y a rupture d’égalité.

Michel SOURROUILLE : Il y a une expression que mériterait d’être diffusée médiatiquement, « acteurs absents » : Acteur qui ne peut prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations. EXEMPLE : milieu naturel, êtres vivants non humains, générations futures. (Dictionnaire du développement durable, AFNOR 2004). Cette tribune est un premier pas pour donner la parole aux jeunes, mais les manifestations des jeunes pour le climat sont beaucoup plus parlantes qu’une mesure technocratique. Merci Greta Thunberg. De toute façon les quotas globaux sont une vaste fumisterie, un reste inefficace d’un marché carbone à la dérive. Comme la taxe carbone a du mal à passer pour les génération présentes, avides de confort et de déplacements inutiles, nous arriverons forcément un jour ou l’autre à une carte carbone, un quota certes, mais au niveau de chaque consommateur de gaz à effet de serre. Acteurs absents et carte carbone sont deux mots d’ordre à diffuser, à vous de jouer.

Slab : La symbolique est vraiment étonnante: les générations actuelles principales responsables des émissions de CO2 octroyant aux générations futures un permis à polluer, qui seraient le support de l’alternative : renoncer à une aide financière pour faire sa part de préservation du climat, ou prendre l’aide financière, mais ne plus se plaindre des conséquences climatiques. C’est un brin cynique et hypocrite de la part de générations ayant creusé la dette climatique sans en assumer les conséquences.

CellO : Excellente idée ? Comme seuls les plus modestes des jeunes seront contraints de vendre leurs droits pour vivre, ça leur permettra de mieux comprendre qu’ils sont les vrais responsables de la pollution ! Les plus aisés, quant à eux, pourront continuer à consommer en exhibant leurs droits invendus comme preuve de leur engagement pour le climat.

le sceptique : Ce n’est pas avec ce genre d’usine à gaz qu’on va faire avancer le schmilblick. Le mal français: chercher des trucs complexes qui fascinent quelques fonctionnaires. Si on veut un changement de comportement partout, pour tous et tout le temps, sans être en capacité de faire un interdit (l’énergie donc le carbone est dans tous nos actes et tous nos biens), le signal simple, universel et efficace s’appelle le prix. Donc la taxe carbone. L’alliance des démagos de gauche et des conservateurs de droite retarde cela depuis 20 ans.

Sarah Py @ le sceptique :Vos arguments sont justes. Sauf que vous évoquez, vous, le rationnement par le prix. Donc comment aller vers une sobriété carbone de manière équitable et efficace ? Le prix ne l’est pas, le quota carbone peut l’être avec des aménagements qu’il convient que les économistes structurent et perfectionnent. Mais ils sont où les économistes à poser les questions essentielles? Qui a lu dans ce journal une tribune pour poser clairement les enjeux ? Il est où Piketty pour organiser cette société de sobriété ?

Des avions qui volent au colza, foutaises

La Commission européenne présente bientôt son initiative RefuelEU Aviation imposant des taux d’incorporation de biocarburants au kérosène. Le ministre délégué aux transports, Alexandre Djebarri : « Pendant que Greenpeace fait de la peinture, Airbus et Safran font de l’écologie. Cette année, ils vont faire voler un avion avec 100 % de biocarburants. 0 % de kérosène ». Réplique de Greenpeace : « Airbus et Safran pourront bien faire voler tous les avions verts qu’ils veulent, cela ne suffira pas pour que le secteur soit aligné sur l’accord de Paris. Il faut réduire le trafic aérien ».

Voici quelques commentaires sur le monde.fr :

Michel SOURROUILLE : Le terme biocarburant est un abus de langage, un verdissement uniquement littéraire. Il s’agit plutôt d’agrocarburants issus d’activités industrielles, donc plutôt des nécro-carburants en concurrence avec d’autre usages, y compris alimentaires. Par exemple, pour remplir le réservoir d’un 4×4 avec 94,5 litres d’éthanol pur, il faut environ 204 kilos de maïs, soit suffisamment de calories pour nourrir une personne pendant un an. Rappelons que L’Union européenne avait en 2012 pris ses distances avec les agrocarburants. Un projet de directive plafonnait à 5 % la part des carburants d’origine végétale dits de première génération, produits à partir du blé, maïs, betteraves, palme ou encore colza…

NTF451 : Le tweet de Djebarri est affligeant… Laisser penser que les bio-carburants sont une solution écologique relève soit de la malhonnêteté intellectuelle, soit de la bêtise (je sais pas ce qui est le pire). 1. bio-carburant ou kérosène, la combustion émet des GES. 2. les bio-carburants utilisent pour leur grande majorité (notamment à l’étranger comme la Malaisie, Brésil, Afriques) des surfaces de forêt primaire ou des terres agricoles utilisable pour l’alimentaire… Comme pour la production électrique, la solution n’est pas dans la technologie alternative, la solution est la SOBRIETE…

Sarah Py : Dans un monde aux richesses limitées, choisir d’utiliser cette richesse à l’avion est obligatoirement ne pas en accorder à d’autres. Donc l’avion est-il une nécessité première dans cette logique de rationnement ? Il est évident que ce n’est pas le cas et que c’est le prix qui jouera un rôle de régulateur. Pour éviter cela, avec T. Piketty comme inspirateur, je propose donc un crédit carbone par individu, égal pour chacun et non négociable ( c’est plus de gauche). Donc celui qui choisit un vol en avion devra accepter de réduire sa douche. Et plus sérieusement, voilà une vraie idée d’égalité et de réponse aux inquiétudes d’une taxe carbone.

le sceptique : On va essayer de gagner du temps dans le débat public : un militant écologiste ne trouvera *jamais* qu’une solution est écologique. Son idéal est qu’on ne touche plus une seule brindille de la planète, de sorte que toute alternative technologique à une technologie posera un problème, car on ne fait que déplacer un impact, et lui il veut zéro impact (zéro pollution, zéro artificialisation zéro perte de biodiversité etc.).

Nicola @le sceptique 2 : Quelle est la pertinence de votre commentaire avec le contenu de l’article ? Ne pensez-vous pas que Greenpeace a raison de dire que même si les acteurs du secteur réussissent à réduire les émissions de CO2 par passager, l’augmentation prévue du traffic aérien ne va pas suffire à réduire les émissions en absolu ?

AdAPT @le sceptique : oui les militants écolos sont parfois dogmatiques et ridicules, je suis d’accord avec vous, mais croire que le seul progrès technique nous sauvera du changement climatique relève du fantasme religieux le plus pur. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre, mais de réaliser que malgré toutes les avancées technologiques possibles (sont nous avons besoin et qui vont bien sûr nous aider) nous n’arriverons jamais à gagner la bataille du changement climatique sans une réduction drastique de la consommation d’énergie et de matières premières.

Vert de Terre : Mon idéal est simplement que le réchauffement climatique soit inférieur à deux degrés. Les projections actuelles sont plutôt de l’ordre de 4 degrés. Ce constat ne vient pas de militants écolos extrémistes mais de la communauté scientifique. Le GIEC vient de publier un pré-rapport très alarmiste, que proposez-vous, Sceptique, pour répondre à cette menace ? Il est facile de critiquer les écolos mais la vraie question de la crise écologique n’est pas une lubie d’écolo mais une réalité. Donc plutôt que de critiquer, utiliser votre intelligence pour chercher des solutions.

Mathilde Damgé : La neutralité carbone impliquerait de remplacer des vols domestiques par des trajets en train, de limiter le trafic aérien mondial au niveau de 2019 pour les long-courriers (y compris en augmentant les prix des billets), et de monter à 45 % de biocarburants, selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie. Alors que les frontières rouvrent les unes après les autres, l’heure semble être à la reprise des vieilles habitudes. Le 16 juin, 212 185 vols ont été relevés par la plate-forme Flightradar24. C’est la première fois que le nombre de vols remonte au-dessus de 200 000 depuis décembre 2019.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

21 octobre 2021, Enfin la vérité sur les « biocarburants » ! (synthèse)

Le cataclysme est pour bientôt selon le GIEC

Les experts du climat de l’ONU constatent que les impacts dévastateurs du dérèglement climatique vont s’accélérer, et devenir douloureusement palpables bien avant 2050. : effets en cascade et « points de bascule », sécheresse et cyclone, pénurie d’eau et vagues-submersion plus fréquentes, exode et malnutrition, extinction d’espèces… « Les niveaux actuels d’adaptation seront insuffisants pour répondre aux futurs risques climatiques… Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre », affirme le GIEC. Les êtres vivants – humains ou non – les moins à blâmer pour ces émissions sont ceux qui en souffriront le plus ; générations futures et biodiversité sont malheureusement des acteurs absents de nos délibérations actuelles… « Nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation », plaide le rapport.

Notons que l’idée de cataclysme à venir commence à hanter les colonnes des médias, les commentateurs sur le monde.fr approuvent :

GERARDC27 : Les chercheurs qui ont toujours une génération d’avance sur les gouvernements sont de plus en plus déprimés, et on les comprend. On se moquait déjà largement de l’agronome René Dumont visionnaire dans les années 70; pendant que Giscard nous donnait de l’accordéon.

Noleb : « Nous avons besoin d’une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux : individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement », plaide le rapport. « Nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation. » Si c’est ça qu’il faut faire alors on peut le dire autrement : on est foutus.

Ana :  » ton apocalyptique » cela me rappelle le film tourné vers la fin des années 90 par Greenpeace annonçant dans les 10 ans à venir des chaleurs épouvantables au point de jouer au foot avec des tenues de pompiers. Et 20 ans après, les tenues sont toujours au vestiaire.

Hareebel : La messe est dite. Finalement ça me repose. Ce modèle occidental est tellement débile : avidité, cupidité, individualisme, narcissisme et pollution Une petite vague de chaleur pour faire table rase !

Thibaut : … et dimanche prochain, des bataillons de retraités viendront en SUV voter pour les partis anti-éoliennes. C’est cuit, mes bien chers frères, désolé de vous le dire mais c’est cuit !

Unavis : Pendant ce temps là notre ministre de l’Economie continue d’affirmer que le 21ème siècle sera celui de la data.

Cécile : Et pendant ce temps les pays de la zone arctique se frottent les mains de la fonte des glaces qui leur permettrait de naviguer et polluer encore plus et plus vite… et nous font des doigts d’honneur lors de leurs réunions, arguant que ce ne sont pas nos affaires !

Gauchiste décomplexé : Piketty, Malthus, et décroissance, vite !!! Sinon…

Choux rave : Le modèle capitaliste basé sur une croissance infinie n’est plus possible. La croissance verte est une illusion qui repose sur des supposées technologies de rupture qui n’existent pas. Il va enfin falloir parler de décroissance. La décroissance, cela ne signifie pas vivre comme des amish ou revenir au Moyen-Âge : nous n’allons pas détruire ce que nous avons bâti, cela signifie des trains plutôt que des avions, du matériel médical plutôt que des smartphones, des légumineuses plutôt que de la viande…

Octogénaire : APOCALYPSE !
Jadis, les prophètes prêchaient
Une prochaine fin du monde :
« Les hommes sont dans le péché
Et la colère de Dieu gronde… »


Maintenant, ce sont des savants
Qui prévoient un futur funeste :
« La catastrophe est là devant
Si nous ne faisons pas un geste ! »
Se peut-il que l’humanité,


Sans trop l’avouer, se complaise,
À l’idée que tout va péter,
Dans l’inquiétude et le malaise ?
D’accord, il faut rester prudent,


Mais indécrottable optimiste,
Je pense que nos descendants
Sont loin du dernier tour de piste…

énergie/climat, l’AIE et les Gilets jaunes

L’Agence internationale de l’énergie a été créée dans les années 1970 pour défendre les intérêts des pays importateurs de pétrole… elle appelle désormais à cesser les investissements dans les nouvelles installations fossiles.. un virage à 180 degrés ! Le 26 mai 2021, l’AIE a publié un rapport pour parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050 et ainsi limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C.

Le scénario décrit un système énergétique dominé par le photovoltaïque et dans lequel 90 % de l’électricité est issue de sources renouvelables. L’AIE dit même qu’il faut moins prendre l’avion, c’est historique !!  L’éternel directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, observe avec satisfaction l’onde de choc provoquée par cette publication. Les stratégies des compagnies pétrolières sont en train de changer, les décisions des banques centrales sont en train de changer, les décisions prises par les gouvernements sont en train de changer.

Mais cela faisait plusieurs années que les experts du climat et de l’énergie lui demandaient de reconnaître que les nouveaux investissements fossiles ne sont pas compatibles avec l’accord de Paris …

Mais c’est un rapport après mille autres rapports, il y a loin de l’objectif à la réalité. Les principaux pays exportateurs de pétrole ont balayé d’un revers de main le scénario de l’AIE. Jamais la part des fossiles dans la consommation d’énergie mondiale n’a été aussi élevée (plus de 80 %). Début juin, un rapport de Global Energy Monitor recensait 432 projets de développement de mines de charbon. De toute façon les propositions de l’AIE ne font que conforter les infrastructures existantes, on veut remplacer une énergie carbonée par une autre sans rien changer à notre mode de vie gaspilleur d’énergie. Il aura fallu des décennies pour comprendre que les énergies fossiles étaient une impasse. Combien de temps faudra-t-il encore pour comprendre que ni le nucléaire, ni les ENR ne remplaceront 80% de l’énergie mondiale avec une économie basée sur toujours plus de croissance ?

Soyons très réalistes. Sauf à faire en sorte que l’opinion publique pense désormais qu’il faut faire l’inverse de ce qu’on a fait jusqu’à présent, une suppression des services rendus par le fossile fabriquera du déclassé, du chômeur et de l’émeutier. Voici ce que Xavier Gorce pense des Gilets Jaunes : « Le mouvement des Gilets Jaunes m’est apparu dès le début très antipathique car porteur, dans ses revendications comme dans son expression, de dérives potentiellement fascisantes : stratégie du coup de force, antiparlementarisme, anti-élitisme. On m’ alors accusé de pratiquer le mépris de classe, voir d’être un chien de garde des puissants : un mouvement des laissés-pour-compte, victime du système, ne pouvait être que soutenu… Le dessin libre que je pratique questionne tous les travers de la société. Tous les travers. Même ceux du peule, qui n’est pas moins faillible que ses élites (Tracts Gallimard n°28, mai 2021) ». En France le vote Le Pen émerge mêmes dans des élections locales, et une extrême droite anti-écolo a déjà pris le pouvoir dans plusieurs pays. Que faire ?

Pour en savoir plus, notre synthèse :

23 juin 2020, l’infernal triangle emploi/climat/croissance

Pour en savoir plus sur Fatih Birol :

14 novembre 2013, Fatih Birol, prévisionniste déjanté d’un infini pétrole

14 novembre 2012, Fatih Birol et l’AIE contre la démarche Négawatt

COP26, en route pour le désastre climatique

Après l’échec de la COP25 à Madrid, 25 années à tourner en rond sans mesures efficaces pour lutter contre nos émission de gaz à effet de serre, les délégués de 197 États ont achevé le 17 juin 2021 trois semaines de discussions pour préparer la COP26 qui devrait se tenir en novembre à Glasgow (Ecosse). Les générations futures vont avoir les pieds dans l’eau et le corps trop chaud, voici pourquoi :

– Les négociations n’ont débouché que sur des notes informelles.

– Le cadre de transparence, qui permettrait de vérifier que les pays respectent leurs promesses de l’accord de Paris, est au point mort.

– Les marchés carbone, sujet laissé en suspens aux COP24 et COP25 faute d’accord, le sera aussi à la COP26.

– Le financement climat (100 milliards de dollars par an) pour aider les pays en développement à faire face au dérèglement climatique n’est pas et ne sera pas respecté.

Les pertes et préjudices, c’est-à-dire les dégâts irréversibles – pertes humaines ou économiques – causés par les dérèglements du climat ne mobilisent pas les foules.

– Plusieurs réunions ont été interdites aux observateurs de la société civile (ONG, scientifiques, journalistes, etc.) sous la pression de la Chine et de l’Arabie saoudite.

Les émissions de CO2 vont donc continuer d’augmenter, on brûlera jusqu’à la lie la dernière goutte de pétrole. Pour en savoir plus de cette descente aux enfers, voici notre récapitulatif antérieur :

13 décembre 2020, Après la COP21, la (dé)route vers la COP26

GIEC et IPBES sont dans un bateau…

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et la plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) montent dans le même bateau pour la première fois : « Plus le monde se réchauffe, moins il y a de nourriture ou d’eau potable dans de nombreuses régions. Les changements de biodiversité, à leur tour, affectent le climat, en particulier par le biais d’impacts sur les cycles du carbone et de l’eau. »

50 spécialistes mondiaux appellent donc à une lutte commune alors que les deux aspects sont traités séparément. La COP15 sur la biodiversité est prévue en Chine cette année ou au plus tard en 2022 et la COP26 sur le climat sera organisée en Écosse. Mais GIEC et IPBES sont montés dans un bateau qui prend déjà l’eau de toutes parts. Le réchauffement climatique causé par nos émissions de gaz à effet de serre et l’extinction de la biodiversité entraînée par la surpopulation humaine continuent de plus belle. Les 50 scientifiques ne peuvent que lister de bonnes intentions, évidentes : stopper la destruction des écosystèmes, restaurer les écosystèmes dégradés, limiter l’érosion des sols, augmenter la superficie des aires protégées, limiter les bioénergies, réduire notre consommation de protéines animales, etc.

Sur ce blog biosphere, nous montrons régulièrement que nous ne faisons politiquement et économiquement rien d’efficace pour limiter les dégâts multiples et profonds que nous infligeons à la planète, le bateau va couler. Mais vous, pour sauver le climat, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ? Pour sauver la biodiversité, que faites-vous ? Face à la catastrophe annoncée, nous pouvons toujours apprendre à nager… individuellement en pratiquant la simplicité volontaire et en devenant Colibri, associativement en adhérant à Greenpeace, France Nature Environnement, Démographie Responsable, Casseurs de pub… la liste est longue, heureusement car c’est le seul espoir, faire ensemble ou chacun dans son coin une insurrection active.

Pour en savoir plus :

22 mai 2021, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

10 mars 2021, CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag (en France)

8 mai 2020, Post-Covid, nous allons mourir de chaleur

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

1er janvier 2020, Biosphere-Info, l’échec renouvelé des COP

5 décembre 2019, L’historique du fiasco climatique

29 septembre 2019, Sur terre et sous l’eau, le désastre

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

11 octobre 2018, GIEC et politique, l’incompatibilité demeure

avec Greta Thunberg, le bien affronte le mal

Greta Thunberg ne dit que des choses banales : « La situation climatique est plus terrible et plus urgente que ce que je croyais… Cette crise affecte plus durement les plus vulnérables, et ceux qui ont le moins pollué… On ne peut pas demander les mêmes efforts à tous, on doit cibler les principaux émetteurs… Les promesses de net zéro émissions de gaz à effet de serre en 2050 se transforment en excuses pour ne pas agir maintenant… Les pays pétroliers commencent à paniquer, ils commencent à comprendre que l’on va quitter l’ère des énergies fossiles… Le mouvement Fridays for Future, cest une pression énorme sur mes épaules d’adolescente, mais je suis bien plus heureuse dans ma vie lorsque je me sens utile. »

Greta n’est qu’une caisse de résonance médiatique de l’inquiétude des dirigeants de la planète qui ne veulent pas assumer directement le message des scientifiques du climat. Greta n’est que l’icône dont nous avons besoin. Le véritable problème, c’est qu’un certain nombre de commentateurs, même sur lemonde.fr , s’acharnent à dénigrer Mlle Thunberg pour ne pas avoir à écouter son message, Ce sont des criminels qui veulent la détérioration des conditions de vie sur Terre de nos générations futures. Il serait intéressant de voir ce que deviendrait le nombre de ces négationnistes du climat si l’anonymat des commentaires était interdit. Greta parle à visage découvert, elle mériterait la réciproque. Quelques exemples de ce faux débat entre le bien et le mal :

Las Vegas : « Les gens ne veulent plus entendre de mauvaises nouvelles sur la crise climatique »! Pas sûr, je pense surtout que les gens ne veulent plus entendre Greta Thunberg

Obéron : On peut comprendre, devant cette jeune femme qui cumule l’intelligence, la maturité et l’empathie, la frustration de ceux qui ont passé leur vie à chercher des boucs émissaires à leurs échecs, à fuir la réalité trop complexe, à se laisser manipuler par les premiers venus sur des slogans de rejet ou de haine.

Médiéviste : Il est possible d’œuvrer pour l’écologie sans haine et sans enfoncer les portes ouvertes. Ce n’est pas le discours de cette jeune fille apparemment manipulée par son entourage et les médias.
Être n’est pas paraître….

noli : Le jour où vous subirez à titre personnel, comme de nombreux compatriotes déjà, inondations, sécheresse, assèchement et modification des sols, fissures de maison, etc, vous vous rendrez peut-être compte du problème et changerez d’avis.

Ginkgo_Biloba : N’importe qui aujourd’hui peut se parer du titre de »lanceur d’alerte » ; cela ne lui le légitime pas pour autant. Les gens ne veulent plus entendre Mlle Thunberg qui n’a ni compétence scientifique ni aptitude au compromis ce qui l’essence de la délibération démocratique.

ROTZ : Quand on ne peut pas contester les propos, on s’attaque à celui ou celle qui les tient. C’est une vieille technique qui, comme celles et ceux qui l’utilisent dans les commentaires ici, a fait son temps. Allez, encore un peu de patience, ils débarrasseront bientôt le plancher et nous pourrons enfin commencer à réparer les dégâts qu’il ont créés pendant leur passage sur Terre.

Trompe-la-Mort : « Les gens ne veulent plus entendre de mauvaises nouvelles sur la crise climatique » Ni de la basse propagande mal orchestrée qui consiste à nous faire croire qu’une gamine qui ne sait ni lire ni écrire peut changer quoi que ce soit à la situation dans laquelle nous nous trouvons. A pardon, elle vient en bateau et prend la tesla de schwarzenegger pour fendre les routes des US. Ridicule, du Hollywood comme on en mange depuis 60 ans.

Mathieu Vincennes : N’est-il pas surprenant qu’une jeune fille puisse énerver tant de monde, susciter tant de haine et d’insultes de la part d’adultes dans le monde entier, alors qu’elle ne fait que tenir un discours réaliste et que son combat, qui doit être celui de tous, est plus que légitime? Merci à Greta de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, d’inspirer de nombreuses personnes à sa suite et d’énerver tant de monde dont une bonne partie finira par se remettre en cause, nolens, volens.

Andin du Pérou : Avec son permis et son bac, elle va pouvoir s’offrir la vieille voiture diesel des rêves de ses parents et polluer à son tour elle même!

San-San : À voir les réactions de nombreux contributeurs, effectivement Greta Thunberg dérange. Trop de dormeurs qui ne veulent surtout pas qu’on les réveille dans leurs rêves de croissance infinie. Gardez vos yeux grand fermés braves gens !

Pour savoir ce que Greta répond à tous les empêcheurs de penser juste:

25 juin 2019, CLIMAT, Greta Thunberg s’explique

Joe Biden en flagrant délit de tromperie

Préparez-vous au réchauffement climatique, camarades, il n’y a pas d’autres alternatives : Joe Biden défend un forage pétrolier géant en Alaska ! D’un côté un projet à 6 milliards de dollars, 160 000 barils de pétrole par jour pendant trente ans et 2 000 emplois créés, de l’autre la migration des caribous, la chasse et la pêche de subsistance des Inuits et les émissions de gaz à effet de serre. Devinez vers où la balance penche ?

Ne soyons pas naïfs, tous les présidents américains sans exception ont défendu le niveau de vie des Américains, et celui-ci passe obligatoirement par la manne pétrolière. La réserve nationale pétrolière de l’Alaska fut instaurée en 1923 par le président Harding pour alimenter (éventuellement) en carburant la Navy. Les forages exploratoires avaient eu lieu sous Barack Obama en 2016, les découvertes avaient été annoncées en 2017, les permis d’exploitation octroyés à ConocoPhillips par Donald Trump en octobre 2020, et aujourd’hui confirmé par Joe Biden en 2021… qui dit pourtant avoir fait de la lutte contre le réchauffement climatique un de ses objectifs majeurs. Ben oui, l’économie sera toujours plus forte que le souci environnemental.

La conseillère pour le climat de Biden a fait savoir « que l’administration ne combat pas les producteurs de pétrole et de gaz, mais se bat pour créer des emplois syndiqués, déployer des technologies visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, renforcer l’industrie manufacturière américaine et servir de carburant à l’économie américaine ». On ne peut pas être plus clair… En fait le démocrate Joe Biden reste sur la même ligne que la républicaine Sarah Palin, ex-gouverneur de l’Alaska et ancienne candidate à la vie-présidence des Etats-Unis : « Drill, baby, drill » !

Les géants du pétrole, amoureux des arbres !

Petit calcul sur la compensation carbone. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a décidé de planter des acacias sur les plateaux Batéké en République du Congo. Cette forêt de 40 000 hectares piégera 10 millions de tonnes de CO2 sur une vingtaine d’années, soit environ 1370 tonnes par jour. Quelque 2 000 kilomètres plus à l’est, la compagnie va lancer sur les bords du lac Albert un des plus grands projets pétroliers au monde pour pomper chaque jour 230 000 barils de brut. Mais un baril de pétrole pèse 136 kg et le taux de pollution au carbone du pétrole brut est de 400 kg de CO2 par baril. Le groupe pétrolier va donc émettre chaque jour avec ce projet de pompage 92 000 tonnes de CO2. D’un côté 1370 tonnes pour compensation, de l’autre 92 000 tonnes supplémentaires émises. On est loin de la neutralité carbone, un objectif de toute façon insuffisant pour sauver le climat. Les multinationales du pétrole veulent nous faire croire que le pétrole est propre, il suffit de planter des arbres et leurs méfaits environnementaux seront oubliés.

Nous pensons bien mieux que Jean-Michel Bezat : Planter des arbres et des éoliennes, c’est une illusion ; fermer des puits, c’est absolument nécessaire… Car ce journaliste du MONDE, le cul entre trois chaises, ne sait plus quoi privilégier entre son amour du pétrole, la défense du business as usual et les impacts climatiques des gaz à effet de serre :

« Patrick Pouyanné assume ses choix : porter la production quotidienne d’hydrocarbures de trois à quatre millions de barils en 2030 pour répondre à la demande ; compenser en partie ses émissions de CO2 et multiplier par cinq ses investissements dans les énergies renouvelables d’ici à 2025. Avec un objectif « zéro carbone » au milieu du siècle. Le vert et le noir… La coalition d’investisseurs Climate Action 100+, qui regroupe des entreprises pesant 54 000 milliards de dollars d’actifs, vient d’admettre que les engagements de 95 % de ses entreprises adhérentes, toutes très émettrices de gaz à effet de serre, ne permettront pas de respecter l’accord de Paris… En 2016, lasse du refus d’ExxonMobil de « verdir » ses activités et ulcérée par son négationnisme climatique, la famille Rockefeller s’était débarrassée de ses actions. Tout un symbole, puisque la révolte venait des héritiers de John D. Rockefeller, fondateur de la Standard Oil… Activiste à sa façon, Bill Gates invite à tarir le carbone « à la source », la seule façon de passer de 51 milliards de tonnes de CO2 rejetés aujourd’hui à zéro au milieu du siècle… Planter des arbres et des éoliennes, c’est bien ; fermer des puits, c’est mieux. »

Il est vrai que demander à des actionnaires enrichis par les énergies fossiles de militer pour le zéro carbone c’est comme demander au renard de manger de la salade pour préserver les lapins. Mais si on est logique et précis, la main mise de Total sur les ressources congolaises est une catastrophe à la fois sociale et écologique. Bien sûr dans la région du Lac Albert, mais aussi sur le plateau Batéké. Car là bas, ce seront 40 000 hectares qui vont être enlevés à des populations qui les occupaient et les géraient depuis la nuit des temps. Ces reboisements « greenwashing » sont de véritables dépossessions. Ces terres que les intérêts étrangers acquièrent pour se donner le droit de polluer ailleurs ne sont JAMAIS vides et inoccupées. Ce sont des jachères (donc intégrées à un important système de régénération de la fertilité), des parcours pour les animaux, des zones de chasse, pour la récolte du bois mort, des réserves de terres pour les générations suivantes, … Ce sont aussi des terres très importantes pour le respect du culte des ancêtres. C’est une nouvelle dépossession à grande échelle qui est orchestrée par Total avec la complicité des autorités !

Sur le monde.fr, Izy n’y va pas par 4 chemins : « Le totalitarisme actionnarial doit être combattu. Si les gouvernements ne s’emploient pas à le réduire, ce sont les simples citoyens qui le feront en passant à l’action pour s’occuper directement de détruire les infrastructures permettant qu’il prospère. » Cela veut dire qu’on peut considérer la destruction de biens nuisibles à environnement comme légitime, c’est une défense du droit des générations futures à recevoir en héritage une planète vivable et durable. La non-violence, ce n’est pas se contenter de manifester dans la rue, c’est prendre les moyens de son objectif, réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

Agence internationale de l’énergie, un leurre

Créée à la suite du choc pétrolier de 1973 par les pays riches de l’OCDE, l’Agence internationale de l’énergie était surtout destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays membres afin de soutenir la croissance économique. De plus l’AIE avait toujours minimisé le danger d’une pénurie de pétrole afin de ne pas générer un mouvement de panique. Mais les temps changent, la contrainte climatique commence à faire ses effets. Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE : « Il y a un énorme fossé entre la rhétorique et la réalité, constate. Cette année 2021devrait encore être l’une des pires en matière d’émissions de CO2. Nous avons réalisé un rapport pour montrer aux décideurs que le secteur de l’énergie doit réaliser une transformation totale d’ici à 2050. Car jusqu’ici, beaucoup d’entre eux l’ont mal compris. »

Pourtant l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport du 18 mai 2021 reste foncièrement optimiste. Dans le scénario « zéro émission nette », la demande globale en énergie d’ici à 2050 a diminué de 8 %, malgré les deux milliards de Terriens supplémentaires. La demande d’électricité a doublé et la part de renouvelables a été multipliée par huit, passant de 29 % de la production totale d’électricité en 2020 à 90 % trente ans plus tard. En 2030 60 % des voitures vendues seront des véhicules électriques, en 2040 la moitié des bâtiments auront été rénovés de façon efficiente, en 2050 des panneaux photovoltaïques sont installés sur 240 millions de toits. Le recours au charbon a chuté de 90 %, au pétrole de 75 %. La part du nucléaire a doublé, la demande en hydrogène a été multipliée par six, etc. L’AIE se met à rêver, mais on en reste toujours sur les bonnes intentions : « Au-delà des projets déjà approuvés, aucun investissement dans de nouvelles installations pétrolières ou gazières ni dans de nouvelles centrales à charbon sans solution de capture ou de stockage du carbone ne devrait être réalisé. » Les commentaires sur lemonde.fr ne sont pas dupes :

Dance Fly : Voir L’AIE tournait le dos aux hydrocarbures est une avancée considérable en soi. Bon, reste à convaincre Total, Exxon & Co qui n’ont évidemment pas l’intention de renoncer aux combustibles fossiles (tant qu’il y en aura à exploiter). Pour ce faire ces compagnies (dont on peut dire aujourd’hui qu’elles représentent à elles seules la principale force d’inertie à une accélération de la transition) sont prêtes à employer les pires méthodes de communication (à l’instar de l’agrobusiness ou de l’industrie du tabac): voir par exemple un papier passionnant qui vient de sortir dans One Earth: « Rhetoric and frame analysis of ExxonMobil’s climate change communications » .

Hilare : Convaincre  » Total, Exxon & Co » n’est sans doute pas le plus difficile, il s’agit de convaincre des milliards de citoyens d’accepter changer de comportement et modifier leurs achats. Ne nous faisons aucune inquiétude  » Total, Exxon & Co » suivront…

Ulysse : Il faut consommer moins d’énergie, interdire de vente les appareillages énergétivores, quel que soit le secteur, chauffage, voitures, climatisation ect… On attend toujours des mesures à la hauteur du problème.

Sarah Py : Voilà au moins une feuille de route qui fait prospective. Voilà enfin une base de discussion à partir de données et de chiffres. Sauf et encore une fois, la temporalité n’entre pas assez en ligne de compte. Le déploiement des énergies renouvelables qui sont très décentrées ( combien de temps pour un champ éolien) la mise en réalisation active d’innovations technologiques, des décennies, le changement des comportements humains trop volatiles et bien d’autres raisons, tout cela signifie que 8 ans, et près de trente ans sont des délais trop longs. En si peu de temps, changer radicalement ne peut se faire qu’avec plus de contraintes et de choix forcés par les États.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

16 mai 2013, L’AIE, une officine des basses œuvres pétrolières

12 août 2010, la date du pic pétrolier (signalé par l’AIE en 2006)

16 décembre 2007, en panne d’énergie (Dans son rapport World Energy Outlook 2007, l’AIE commence enfin à s’affoler : « Une crise de l’offre, avant 2015, s’accompagnerait d’une envolée des cours pétroliers » et «  Il sera extrêmement difficile d’assurer des approvisionnements fiables à des prix abordables »…)

Léonore Moncond’huy, seule contre les avions

Un tollé général de l’ensemble de l’éventail politique face aux propos de la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy : « L’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants. »  On extrait de son analyse sur le climat un minuscule fragment pour en faire un drame national et ne pas avoir à réfléchir. Les réactions sont brutales, y compris en provenance des amis écolos de Léonore :

Yannick Jadot d’EELV : « Je pense que les rêves, c’est l’intimité. J’ai pu découvrir une partie de la beauté du monde grâce à l’avion. »

L’insoumis Jean-Luc Mélenchon sur Twitter : « Coucou Poitiers! Les rêves restent toujours libres, signé Icare. »

L’ancien pilote de ligne, Jean-Baptiste Djebbari : « Des élucubrations autoritaires et moribondes ».

Maud Bregeon, porte-parole de La République en marche : « Des mots dogmatiques, cyniques, et tristes. »

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national : « Interdire, punir, faire payer, freiner l’innovation, vouloir détruire les filières d’excellence industrielle comme le nucléaire et l’aéronautique, s’en prendre aux rêves des enfants: voilà le vrai visage de ces ‘verts’ qui n’ont rien d’écologiste. »

Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a qualifié les propos de la maire écologiste de Poitiers de « totalement stupides ». Il dénonce « une folie révoltante et dangereuse ».

Tous ces gens nous mènent au désastre du réchauffement climatique puisque pour eux, les rêves des enfants ne doivent pas oublier l’avion. Précisons les termes exacts de l’enjeu. Lors du conseil municipal de Poitiers qui s’est déroulé le 29 mars 2021, Léonore Moncond’huy justifiait son « choix difficile » de ne plus subventionner les aéroclubs de Poitiers pour « protéger l’avenir des enfants ». Elle répondait à l’opposition qui mettait en avant le rôle « éducatif » de ces structures, en ajoutant : « C’était mon rêve d’enfant de prendre l’avion pour aller à l’autre bout du monde. Mais je pense que vous ne vous rendez pas compte des rêves dont on doit préserver les enfants. L’aérien, c’est triste à dire, mais cela ne doit plus faire partie des rêves d’enfants aujourd’hui. » Elle pointant ainsi du doigt la participation de l’association des Chevaliers du ciel au programme «Rêve de gosse» qui permet à des enfants handicapés de faire un tour en avion. La propagande pour l’avion n’a pas de limites. Léonore évoque enfin un signal de responsabilité : « Compte-tenu du fait que cela ne menace par la survie de l’association, aujourd’hui, nous considérons que l’argent public ne doit plus financer les sports fondés sur la consommation de ressources épuisables, a-t-elle notamment expliqué lors du conseil municipal, ajoutant : « c’est aussi pour ces décisions, qui requestionnent nos politiques au filtre du changement climatique, que nous avons été élus. »

Est-il totalement stupide de penser que tous les fanatiques de l’avion contribuent à la destruction de « la beauté du monde » grâce à leurs voyages dans des plus lourds que l’air qui ont besoin de kérosène ? Le trafic aérien représente, en dehors du temps de pandémie, presque 2 % des émissions mondiales de CO2. «Le futur des enfants dans une France avec 5 et 6 degrés de plus sera bouleversé et leurs rêves aussi», a précisé sur Twitter Léonore Moncond’huy. Elle aspire à «un nouvel imaginaire» et à «de nouveaux rêves» que le XXIe siècle doit inventer pour les « enfants d’aujourd’hui ». Cette approche devrait être partagée par tous les politiciens sans exception, de l’extrême gauche à l’extrême droite ; l’urgence écologique devrait faire consensus absolu. Mais cette unanimité contre la maire de Poitiers montre qu’il est inutile de faire de grandes phrases sur le climat quand on se complaît dans une ambiance délétère qui n’a pour seul objectif que marquer quelques misérables points de « notoriété » dans la joute électorale. Tant que l’art de convaincre des écologistes se heurtera à la libre expression des politiques, surtout quand elle est débile, il n’y aura pas de véritable démocratie possible, c’est-à-dire un système qui repose sur le choix éclairé des électeurs de base et leurs rêves d’un avenir vivable et durable.

Planification publique et carte carbone

Il ne suffit pas de définir un objectif de neutralité carbone à atteindre en 2050, encore faut-il s’en donner les moyens. Réapparition du « haut-commissaire au plan » en France, Plan Biden aux Etats-Unis, Green New Deal en Europe… lidée de « planification » de l’économie par la puissance publique fait son chemin après des décennies de règne de la « loi du marché ». Du point de vue des écologistes, planifier semble nécessaire pour définir une politique globale visant à la décarbonation de l’économie. En effet la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre ne peut pas s’en tenir à la libre volonté des agents économiques.

Un opuscule* fait le tour du problème. Il pointe l’ampleur de la tâche à accomplir pour que les mentalités acceptent les changements majeurs nécessaires, à savoir une vraie rupture écologique. Il en va ainsi de la reconversion des cohortes de travailleurs des industries de l’énergie, de l’automobile ou de l’aéronautique, en passant par l’abandon par les économistes des canons libéraux. Le mythe selon lequel tout pourrait se régler par le « signal prix », l’État restant neutre face aux choix technologiques, nous mène à l’impasse et les générations futures au désastre. Personne actuellement ne connaît la stratégie nationale bas carbone (SNBC) édictée en 2015 et censée diriger depuis toutes les politiques publiques. Il nous faut un marqueur fort, la mise en place planifiée d’une carte carbone nous semble la voie la plus prometteuse.

Voici notre référence la plus ancienne sur la question : « Les chercheurs londoniens de la Royal Society for Encouragement of arts, manufactures & commerce (RSA) étudient la mise en place de cartes-carbones. On verserait à chaque citoyen un quota annuel d’émission de gaz à effet de serre sur un compte individuel, une unité représentant 1 kilo de CO2 (sachant que chaque Britannique en produit déjà annuellement 9,3 tonnes). Tout citoyen disposerait du même droit à polluer, les plus vertueux pourraient revendre leurs unités-carbone non utilisées. La mise en œuvre est envisageable puisque la technologie existe et que le coût serait inférieur à d’autres projets moins urgents comme la nouvelle carte d’identité. Cette mise en œuvre est d’autant plus nécessaire que le changement climatique constitue une vraie menace. Ce projet d’encadrement des pratiques personnelles est fondé puisque plus de 50 % des émissions de gaz carbonique en Europe proviennent de la consommation individuelle d’énergie, essentiellement le transport automobile et aérien, l’électricité et le chauffage domestique. Cela veut dire aussi que ce projet ne devrait pas être réservé aux Anglais, d’autres citoyens comme les Américains sont de gros pollueurs. A la mi-juillet, le secrétaire britannique à l’environnement a qualifié cette perspective de « passionnante expérience de pensée ». La Biosphère estime que ces cartes carbone devraient devenir une réalité internationale non d’ici 2020, mais l’année prochaine ! (écrit le 18.09.2006 par Michel Sourrouille) »

Pour en savoir plus, lire notre synthèse, Carte carbone, bientôt généralisée à tous

* « La planification, une idée d’avenir », « L’Economie politique », n° 89, janvier 2021, 12 euros.

Le monde d’après Covid, avec ou sans avions ?

Jean-Michel Bezat, le cul entre trois chaises : « Dans le monde d’après, les hommes s’envoleront à nouveau pour aller au bout de la Terre, sans honte. Passé les violentes turbulences liées au Covid-19, le trafic aérien devrait retrouver son rythme de croisière… (Mais) un voyageur Paris-New York-Paris émet deux tonnes de CO2 – le quota annuel qu’il faudrait attribuer à chaque enfant né aujourd’hui, durant sa vie, pour maintenir la hausse de la température du globe à 2 °C … (Mais) chaque avion de nouvelle génération consomme entre 15 % et 20 % de carburant en moins, grâce à des moteurs plus sobres. Ces progrès technologiques ne s’arrêteront pas, avion propulsé à 100 % par des biocarburants pour la fin de la décennie, court-courrier brûlant de l’hydrogène dans ses réacteurs pour 2035. Objectif : attirer les touristes en mal de destinations exotiques, en attendant un hypothétique retour des hommes d’affaires… (Mais) on peut se battre pour un grand soir écologique. Il suffit d’imposer au transport aérien des taxes environnementales si lourdes qu’il deviendrait inaccessible… (Mais) ce serait revenir aux débuts des vols commerciaux, réservés à une élite fortunée. Et tuer une industrie majeure pour les pays développés, la France en tête. Le ciel sera plus « vert » dans vingt ans, et le rêve d’Icare sauvé. »

Jean-Michel Bezat ménage la chèvre et le chou, mais surtout le Lobby des Avionneurs Irresponsables. Les commentateurs sur lemonde.fr deviennent de plus en plus critiques :

Artemis purple : Le rêve d’Icare n’était pas de faire voler 4,5 milliards de passagers dans une seule année ! Comme tout, c’est l’industrie de masse qui tue l’environnement.

Frédérique Hervé S. : Hormis le fait amusant que cet article base ses prédictions sur celles de l’IATA (donc sur les avionneurs), il est assez frappant que personne, ni l’auteur ni aucun commentateurs, ne se souvienne plus d’un aéronef nommé Concorde. Il y a dix ans encore, peu avant son arrêt, les mêmes avionneurs annonçaient TOUS avoir des plans et des développements pour les appareils transcontinentaux supersoniques du futur. C’était évident. Si je me réfère au destin de Concorde, dans dix ans, on aura sans doute oublié pas mal des bêtises écrites par JM Bezat…

Fouilla : D’abord « chaque avion de nouvelle génération consomme entre 15 % et 20 % de carburant en moins », puis plus loin, « Une nouvelle guerre des prix se profile ». Conclusion, les gains en carburant seront compensés par une baisse des prix et il y aura au moins autant d’émissions CO2, ça s’appelle l’effet rebond. Quand à l’avion à hydrogène pour des vols commerciaux dans moins de 15 ans, qui peut croire une seconde une telle fadaise?

The GonZo Man : Dans le monde d’après on voyagera dans d’immenses soucoupes volantes, et la scène centrale sera occupée par des spectacles pour permettre aux voyageurs de patienter.

Raphou : Pas une seule fois dans toute l’ère industrielle l’amélioration du rendement énergétique n’a entraîné une baisse de la consommation de ressources et donc de l’émission de C02. Si les avions du futurs consomment 50% de kérosène de moins, il s’en produira mécaniquement 50 % de plus, ne serait-ce que pour rembourser les frais de R&D dépensés dans la conception d’un avion mois polluant. Dire que le problème va être résolu avec un avion plus efficace énergétiquement est donc un mensonge flagrant.

Happytaxpayer : l’avion de masse a standardisé le voyage… les mêmes galeries commerciales se retrouve ntdans toutes les villes du monde avec les mêmes produits…. le néant. C’est plus dépaysant fe séjourner en Aveyron qu’à l’île Maurice.

Danmer : C est incroyable au vu des contributions, le nombre de personnes apeurées par le futur. C est par le haut et les progrès scientifiques que la vie sur terre s améliorent. Pas par un retour à l ère préhistorique

Transition_necessaire @ Danmer: La vie sur Terre ne s’améliorera pas avec un réchauffement non contrôlé et les éventuels emballements si l’on dépasse certains seuils. Vous n’avez pas peur, tant mieux pour vous.

Pangeran : Le transport aérien est une cible facile pour les critiques alors que l’impact de l’utilisation intensive d’internet a un impact nettement plus important. Mais on ne peut pas s’en passer. Le monde qu’on nous promet sera sans avion et sans internet ? Allons voyons soyons sérieux.

Stéphane Savoie @ Pangeran : Oui, nous volerons sans doute plus de plus en plus, de moins en moins cher dans une guerre commerciale sans fin, bercés par la douce musique réconfortante des progrès technologiques qui ne lèveront jamais le coût énergétique forcément énorme de défier la gravité… Et alors nous nous crasherons, dans un cataclysme environnemental à l’échelle de notre démesure. Enfin, peut être, nous accepterons la mesure et apprendrons qu’elle n’empêche pas de rêver, de défier la connaissance.. Mais avec respect, douceur et partage.

F.a. : Dans le monde d’après, qui sera comme le monde d’avant en pire, les hommes – et les femmes – rouleront aussi encore en SUV, en 4X4, des grosses voitures prétentieuses, la clim à fond parce qu’il fera « un peu chaud », vite, vite, vite, sur des autoroutes flambant neuves, sans savoir pourquoi, sans honte et sans vergogne et sans but, parce que c’est comme ça, et que le voisin fait pareil, et que sinon c’est la honte.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

22 mai 2020, L’aviation au banc des accusés, coupable ! (synthèse)

21 juin 2019, Mettre à terre le lobby aérien

25 juillet 2015, Limiter le trafic aérien, réduire les gaz à effet de serre

25 septembre 2011, Jean-Michel Bezat occulte la fin du pétrole

Écologie punitive et tragédie de l’horizon

« Écologie punitive » est un élément de langage utilisé par la droite anti-écolo pour éviter d’aborder la nécessaire rupture écologique. Mais si nos décideurs devenaient responsables et ouverts au sort des générations futures, ils devraient mettre en place une réglementation très stricte contre tout ce qui détériore le climat mondial, et donc peser principalement sur les investissements en matières d’énergie fossile. L’exigence du long terme devrait l’emporter sur les préoccupations de court terme.

Gabrielle Siry : « 80 % des émissions de gaz à effet de serre sont issues de la combustion des énergies fossiles. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié fin 2020 un premier rapport sur les politiques de « sortie du charbon ». L’Union européenne a commencé à développer une « taxonomie verte » (classification) des activités durables, destinée à flécher les investissements en faveur de la transition vers une économie sans carbone. Des mesures doivent être prises afin de faire baisser de manière drastique les financements de ces énergies, qui polluent et causent près de 100 000 morts prématurées par an en France. Si écologie punitive il doit y avoir, c’est à l’encontre de ces financements. Il ne sera plus possible d’adopter une vision restrictive des émissions carbone, pratique que dénoncent régulièrement les ONG : les émissions indirectes (issues de l’utilisation des produits fabriqués, par exemple l’utilisation d’une voiture) seront obligatoirement comptabilisées, au même titre que les émissions directes (issues du processus de fabrication de la voiture). Il doit coûter plus cher de réaliser un investissement nuisible pour le climat qu’un investissement bénéfique à la transition écologique. C’est le sens de la proposition de « facteur de pénalisation brun » : plus l’actif est nuisible pour le climat ou la biodiversité, plus le montant du capital immobilisé par la banque – destiné à couvrir le risque lié à cet investissement et à prévenir le risque de faillite – devrait être élevé. »

La « tragédie de l’horizon» reste pourtant d’actualité , les investissements fossiles sont maintenus à des fins de pure rentabilité immédiate, et prennent le pas sur les risques climatiques qui pèsent à moyen terme sur l’investisseur lui-même. Cette myopie temporelle fait référence à des risques catastrophiques susceptibles de se manifester bien au-delà de l’horizon des décideurs économiques et politiques actuels. Quant aux citoyens, leur dépendance au fonctionnement de marché leur enlève toute incitation à assumer les coûts de la prévention de pertes présumées frapper les générations d’un futur lointain. Il nous faut donc jeter un pont entre le présent et l’avenir. Or le marché financier, même s’il est efficient pour synthétiser l’information présente, est en revanche incapable de fournir une boussole pour s’orienter vers le futur. Il revient donc aux acteurs politiques de déterminer une vision du long terme. Notons aussi que des investisseurs responsables comprendraient que les tendances lourdes qui dégradent la vie des sociétés ont des conséquences néfastes à long terme sur le rendement financier du capital et peuvent aboutir à des pertes importantes.

Pour en savoir plus, Un bon financier est avant tout un bon écologiste

extraits : les marchés ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel – sur la raréfaction ou la disponibilité d’une ressource naturelle par exemple. Ils sont non seulement devenus myopes mais aussi « fumigènes ». Ils brouillent, ils occultent la réalité. Normalement, plus une ressource se raréfie, moins elle est accessible, plus son prix augmente… ce qui hiérarchise les priorités, flèche les investissements et forge nos représentations du monde. Mais lorsque les indicateurs boursiers ne s’affolent pas, c’est qu’il ne se passe rien. C’est l’une des raisons de l’extraordinaire surdité des dirigeants politiques devant « la multiplicité des menaces scientifiquement avérées » qui pèsent sur les sociétés… La Grande dépression qui a suivi le krach boursier de 1929 n’a pu se résoudre que par l’irruption d’une guerre mondiale… Depuis 2012, une ONG baptisée 350.org a lancé une coalition intitulée Divest-Invest (désinvestissez-Investissez). Le mouvement avait été bien suivi, plus de 200 institutions ont déjà décidé de désinvestir du secteur pétrolier en transférant  50 milliards de dollars vers d’autres domaines. ..

L’adieu au charbon sera long, trop long

Le charbon en France ne représente que 2 % de la production électrique, mais 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Le 31 mars 2021, la centrale à charbon du Havre ferme, les deux dernières centrales thermiques en Moselle et en Loire-Atlantique devraient l’être en 2022. Mais dans le monde la demande d’électricité devrait croître de 10 % en Inde et exploser en Chine où la moitié des centrales ont moins de dix ans. Le charbon sert aussi à la fabrication de l’acier et du ciment. La lutte contre le réchauffement climatique est vouée à l’échec face à omnipotente du charbon, du pétrole et du gaz dans nos manières de produire et de vivre actuelles. La vérité est qu’aujourd’hui rien n’est sous contrôle. L’homme qui reste un peu honnête avec lui-même a l’impression de se retrouver dans un piège abominable dont il ne voit pas comment sortir. Voici quel

On sait que le charbon doit rester sous terre pour limiter le réchauffement climatique. Mais à force de croire que demain sera comme aujourd’hui, avec une abondance énergétique extraordinaire mais non renouvelable, nos lendemains seront terribles car nous ne sommes pas préparés collectivement, ni en France, ni ailleurs, à affronter la descente énergétique. Nous étions en train de brûler nos forêts, (mal)heureusement nous avons exploité le charbon. Pour ne pas qu’il s’épuise trop vite, nous avons utilisé le pétrole, le gaz, la fission atomique et même le photovoltaïque… aujourd’hui on veut en revenir au bois ! C’est le signe de l’impuissance collective actuelle à nous mener sur les voies d’un futur acceptable. #EndCoal, enfin un hashtag sur Twitter qui nous parle, des panneaux qui s’enflamment lors d’une manifestation de Greenpeace. Dérisoire symbolqiue. Le 8 janvier 2018, l’église Saint-Lambert du village d’Immerath en Allemagne a été rasée, pour laisser place à une mine de charbon. Le système thermo-industriel résiste, mais ce sont ses derniers souffles avant qu’un choc pétrolier/charbonnier nous amène inéluctablement à la déroute finale.

Bientôt le pic charbonnier. Après son livre de 2003 sur le pic pétrolier, Richard Heinberg s’était consacré au pic charbonnier : la production de charbon suit la même courbe que la production de pétrole. Elle aussi commence par augmenter, atteint un maximum, puis décline inexorablement au fur et à mesure que les gisements s’épuisent. Les chiffres officiels ignorent généralement les différentes qualités de charbon ou les présentent d’une manière exagérément simplifiée, ce qui donne une fausse impression d’abondance. Il n’empêche que le pic charbonnier chinois aura lieu entre 2015 et 2032, aux USA entre 2025 et 2040 … Heinberg conclut que le charbon est suffisamment abondant pour avoir un impact conséquent sur le climat mais ne l’est pas assez pour remplacer durablement les autres énergies fossiles une fois qu’elles auront commencées à décliner.

Que faire ? Empêcher d’une manière ou d’une autre une centrale thermique à charbon de fonctionner peut être considéré comme une œuvre de salut public. On sait en effet que le charbon doit rester sous terre, sinon nous allons droit vers un chaos climatique qui multipliera les réfugiés climatiques, endommagera le rendement des récoltes, produira la famine, détériorera l’ensemble de la trame du vivant, exacerbera les violences, produira des guerres, etc. Mais si je dis maintenant aujourd’hui clairement que je trouve tout-à-fait juste et légitime de saboter une centrale à charbon, c’est moi qui sera poursuivi devant les tribunaux pour incitation au sabotage. Personne n’accusera les promoteurs des centrales à charbon. Beaucoup parleront même à mon égard de terrorisme vert alors que le véritable responsable de la détérioration écologique et socio-économique est la centrale à charbon. Il est plus que temps de définir juridiquement la notion du crime écologique et de traiter l’action de sabotage à sa juste valeur ! Quand pendant la seconde guerre mondiale des cheminots sabotaient les lignes de chemin de fer pour agir contre le nazisme, ils risquaient la mort mais ils avaient raison .Dans le futur proche il nous faudra apprendre à vivre dans un nouveau contexte de catastrophes à répétition qui, inévitablement, porteront atteinte à nos libertés, sans d’ailleurs pour autant que cela résolve les problèmes de pénurie de ressources naturelles. La récession actuellement en cours avec la pandémie nous donne un avant-goût des révisions douloureuses à accomplir. L’avenir passera par des mécanismes administratifs de rationnement ainsi qu’une baisse drastique de nos revenus

En guise de conclusion, nous vous conseillons de lire d’urgence Lewis Mumford : « L’exploitation minière est la métaphore de toute la civilisation moderne. Le travail de la mine est avant tout  destructeur : son produit est un amas sans forme et sans vie,  ce qui est extrait ne peut être remplacé. La mine passe d’une phase de richesse à l’épuisement, avant d’être définitivement abandonnée – souvent en quelques générations seulement. La mine est à l’image de tout ce qu’il peut y avoir de précaire dans la présence humaine, rendue fiévreuse par l’appas du gain, le lendemain épuisée et sans forces. En revanche, l’agriculture traditionnelle favorise l’établissement d’un heureux équilibre entre les éléments naturels et les besoins de la communauté humaine. Ce que l’homme prélève  à la terre lui est délibérément restitué ; le champ labouré, le verger, les planches à  légumes, les terres à blé, les massifs de fleurs – tous témoignent d’un ordre formel, d’un cycle de croissance.»

Pour en savoir plus sur le point de vue des écologistes :

21 octobre 2015, Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat

14 mars 2014, La fin du charbon au Royaume-Uni, un air d’apocalypse

27 avril 2012, les dangers du charbon (1/3)

6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !

28 septembre 2010, des mineurs bientôt sans charbon

26 juillet 2010, l’impasse charbonnière

9 février 2008, charbon de terre

5 avril 2007, bientôt une Chine sans charbon !

Loi climat, les commerçants à l’attaque

Il est question dans le projet de loi sur le climat de soumettre à la prérogative des maires les dispositifs publicitaires lumineux au sein des vitrines de magasins. Ces écrans pourraient être soumis à « des prescriptions en matière d’emplacement, de surface, de hauteur et, le cas échéant d’économies d’énergie et de prévention des nuisances lumineuses », définit le texte.

Le point de vue des commerçants : Les commerçants considèrent que la limite de l’action publique s’arrête à la porte de leur devanture qu’ils qualifient « d’outil de communication principal du point de vente » à l’heure où les commerces sont déjà en difficulté. Pour eux, la mesure s’apparente à « régir la couleur des rideaux aux fenêtres de nos appartements » ou « la page d’accueil d’un site Internet ». « Supprimons aussi les illuminations à Noël, et les animations musicales, s’agace Jean-Pierre Lehmann, président de la fédération nationale des centres-villes. Ce n’est pas en enlevant les écrans de nos boutiques qu’on va sauver la planète. » Les agents immobiliers pestent, ils seront « contraints de revenir au papier pour afficher leurs annonces de logements en vitrine sachant que la filière bois est aussi en danger ».

Le point de vue des commentateurs sur lemonde.fr :

Vert de Terre : J’ai beaucoup aimé la phrase « Les commerçants considèrent que la limite de l’action publique s’arrête à la porte de leur devanture ». En cette période où l’état soutient massivement, et à juste titre, les commerçants, je trouve cela osé. Il serait souhaitable de regarder un peu plus loin que le bout de son nez. Le réchauffement climatique va nous appauvrir massivement et ça ne va pas être bon pour le commerce.

F.3368 : Ces écrans devraient tous être interdits dès lors qu’ils donnent sur la voie publique. Une balade urbaine ou autre ne devrait pas être interrompue par de vulgaires publicités !

JohannG : Le sujet de ce projet n’est pas l’économie d’énergie engendrée par l’arrêt de ces écrans mais la publicité intrusive qu’ils imposent. C’est sûr que les agences de voyages ont envie de continuer à mettre en avant les voyages qu’elles proposent avec des vidéos sur des écrans de 2mx3m. Mais à continuer à vendre un modèle de société ultra-consumériste et non soutenable, on n’aide personne à changer ses habitudes et ses envies.

Vincent N : En gros le message c’est « laissez moi la liberté de polluer visuellement », y compris la nuit à 1h du matin… Car quand on voit toutes ces vitrines allumées en plein milieu de la nuit, on se demande bien qui les regarde et l’impact sur les ventes.

pierre marie 22 : Il est temps, mes frères, de se vêtir de noir. Temps de manger du quinoa bio, acheté en vrac. Temps d’avoir des toilettes sèches. Temps de subventionner la permaculture urbaine. Temps de résilier. Gaïa est grande et Greta est sa prophète.