effet de serre

CLIMAT, pourquoi pas une grève de la faim ?

Le 28 octobre 2020, l’eurodéputé Pierre Larrouturou avait annoncé qu’il entamait une grève de la faim à Bruxelles dans les locaux du Parlement européen. Sa revendication : obtenir un renforcement du budget de l’Union en faveur du climat, de la santé et de l’emploi. Au terme de trois semaines de jeûne, il avait annoncé samedi 14 novembre en fin de journée mettre un terme à cette initiative. Mais d’autres citoyens reconduisent sa démarche. Près de 70 personnes, en France et en Europe, sont engagées dans une grève de la faim collective avec, pour échéance, le prochain Sommet Européen des 10 et 11 décembre. Certains approchent de leur quatrième semaine de grève de la faim.

« Nous réclamons des dirigeants européens un vrai plan de relance « climat-santé-emploi » pour affronter les crises qui viennent . Des centaines de milliards d’euros sont disponibles, il suffit juste d’avoir le courage politique d’aller les chercher : nous exigeons une taxation immédiate et conséquente de l’ensemble de la spéculation financière. Une taxe de 0,1% permettrait de récupérer plus de 50 milliards d’euros chaque année: qu’est-ce qu’on attend ? La spéculation n’a aucune utilité économique, elle ne produit rien et ne fait que déstabiliser les marchés. Nul ne devrait la défendre. Nous, anonymes, refusons d’accepter que nos dirigeants protègent le parasitisme financier organisé au lieu de préparer nos sociétés à surmonter les chocs à venir. »

 Nous comptons sur les médias pour informer le public de notre engagement ; nous voulons que tous ceux qui pourraient nous rejoindre pour faire pression sur les dirigeants européens le puissent.
A votre service pour plus d’infos à grevedelafaimclimat@free.fr

CLIMAT, les politiques jugées par des juges

Le Haut Conseil pour le climat (HCC) avait estimé en juillet 2020 que la France n’est pas sur la bonne trajectoire pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. En novembre c’est le Conseil d’État qui donne trois mois à l’exécutif pour « justifier que la trajectoire de réduction à horizon 2030 pourra être respectée ». A l’issue des trois mois, le CE demandera au gouvernement de se justifier à la barre sur l’efficacité de ses politiques publiques. Si la haute juridiction administrative n’est pas satisfaite des réponses, « elle pourra enjoindre à l’Etat de prendre des mesures relevant du champ réglementaire pour rectifier la trajectoire. » Le CE considère que l’article 2 de l’accord de Paris, qui limite notamment le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C et si possible 1,5 °C, n’a pas d’effet direct sur le droit français, mais qu’il doit être pris en considération dans l’interprétation de ce dernier. Cette décision est qualifiée d’« historique » par les associations de défense de l’environnement : on passe à une obligation de résultats en matière de lutte contre le changement climatique. Des commentateurs sur lemonde.fr montrent que si on veut vraiment lutter contre les émissions de gaz à effet de serre tout le monde est concerné :

Paco : Et après avoir enjoint le gouvernement ,s’il ne s’est rien passé, celui-ci aura un mauvais point. Au bout de 10 mauvais points, le CE fera un rappel à l’ordre et au bout de 10 rappels à l’ordre….zut, on sera en 2062.
G. Delaurens : Que pourrait faire l’Etat francais, de plus que de nous condamner à vivre dans un air pollué ?
Cartesien @delaurens. Vous mettre une contravention si votre véhicule pollue trop, si vous êtes seul et avez un gros véhicule inutilement, si vous prenez plus d’une fois tous les 5 ans l’avion pour les vacances, si vous achetez des produits fabriqués à l’autre bout du monde, si vous êtes connecté à internet plus d’une heure par jour pour les loisirs, si vous prenez une douche par jour, si vous chauffez à plus de 19 degré, etc. Il y a beaucoup de mesures concrètes à prendre pour la planète. Le seul problème est l’acceptation sociale et on l’a vu avec l’augmentation de 10ct (10cts !) des carburants pour faire évoluer les comportements. Ça a rendu les ronds points populaires 😉
Max Moritz : Beaucoup se réjouissent de ce que le gouvernement ait maintenant « une obligation de résultats »! Fort bien, mais ce n’est pas le gouvernement qui produit du CO2, c’est nous tous. Donc nous tous avons maintenant une obligation de résultats. On commence demain matin? Tous à pied? Puis extinction des tv, smartphones, pc etc… Puis…..
Un passant bien paisible : Il y a quelques mesures de bon sens qui permettraient sinon d’y arriver, du moins de se rapprocher des objectifs : 1/ interdire sauf impérieuse nécessité toute circulation automobile entre 21h et 6h du matin (en plus ce serait bénéfique pour la lutte anti-covid) 2/ arrêter immédiatement toutes les centrales utilisant de l’énergie fossile. Procéder à des délestages si nécessaire. 3/ fermer tous les parkings des grandes surfaces et des zones commerciales, et obliger les gens à aller faire leurs courses à pied. 4/ taxer lourdement toute personne utilisant une énergie fossile pour son chauffage 5/ interdire avec effet immédiat tout chauffage au bois. 6/ limiter le chauffage dans les logements à 17° et permettre à la maréchaussée d’intervenir dans les logements pour verbaliser lourdement tout contrevenant. Valable également pour les 2 points précédents.
NG : Les gilets jaunes sont le produit de telles mesures… Alors que ce sont les riches qui contribuent en majeure partie aux émissions, c’est là qu’il faut attaquer.
Un passant bien paisible @NG, votre idée selon laquelle ce sont les riches qui contribuent en majeure partie aux émissions est très intéressante. Pouvez vous nous préciser quelles sont ces émissions majoritairement effectuées par les riches, et quelles solutions vous préconisez pour y remédier !
Alex Viroth : Le modèle de la grande surface occasionne moins de déplacements au total (fournisseur + clients) que le petit commerce. Taxer les personnages utilisant une énergie fossile pour se chauffer revient à augmenter le coût du chauffage. Quant à limiter le chauffage dans les logements, c’est comique…
Un passant bien paisible @Alex, indépendamment de la difficulté à mettre en place, le problème du chauffage devra être traité de toute manière. Et il faudra bien trouver d’une façon ou d’une autre un moyen de « pénaliser » jusqu’à le réduire à néant le sur-chauffage actuel.
Adrien H : Le bon sens en 2020 : obliger, taxer, interdire, verbaliser, et ceci jusque dans vos logements bien entendu. Assurément, un parti politique avec ce programme susciterait une telle adhésion qu’il remporterait sans difficulté toutes les élections pour les 50 prochaines années.
Un passant bien paisible @ AdrienH : j’avais encore d’autres mesures phares en stock comme notamment l’instauration d’une écotaxe pour les poids-lourd avec mise en place de portiques sur les réseaux routiers et autoroutiers…

CLIMAT, l’Etat condamné à agir vraiment !

Le Conseil d’Etat avait été saisi en janvier 2019 par la commune de Grande-Synthe, dont le maire écolo Damien Carême estimait que sa ville, située sur le littoral du Nord, était menacée de submersion par « l’inaction climatique » du gouvernement.

Le 19 novembre 2020, la justice française a donné trois mois à l’État pour justifier de ses actions en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, une décision « historique » pour les défenseurs de l’environnement. Il s’agit du premier contentieux climatique à arriver devant la plus haute juridiction administrative française. Les juges n’ont pas tranché sur le fond, mais estimé que l’Etat – qui avait argumenté par écrit pour un rejet pur et simple de la demande – devait justifier que ses actions étaient bien compatibles avec les objectifs qu’il a lui-même fixés à la France en matière de limitation des émissions responsables du réchauffement climatique. Ils ont notamment relevé que l’Etat s’était fixé une baisse de 40% des émissions en 2030 par rapport à leur niveau de 1990, dans ses « stratégies nationales bas carbone » (SNBC, dont la dernière remonte à avril 2020).

Des objectifs pour mettre en œuvre l’accord de Paris de 2015 visant à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l’ère pré-industriellle, conclu sous l’égide de la France. Or les « budgets carbone » d’émissions des SNBC successives ont toujours été dépassés, comme l’ont notamment montré les rapports du Haut Conseil pour le Climat, dont les juges rappellent qu’il a « souligné les insuffisances des politiques menées pour atteindre les objectifs fixés ». L’Etat a d’ailleurs en conséquence revu ses objectifs à la baisse, rappellent les juges. Fort de ces constats, le Conseil d’Etat demande au gouvernement de justifier la « compatibilité avec la trajectoire de réduction des gaz à effet de serre » de son objectif pour 2030. Les juges ont ainsi suivi les recommandations du rapporteur public, qui estimait lors de l’audience du 9 novembre qu’au vu de « l’urgence climatique », les législations ne pouvaient avoir « un objectif uniquement programmatique, mais bien contraignant ».
« Renvoyer les requérants à 2030 ou 2050 pour voir si les objectifs sont atteints vous conduirait à participer à cette tragédie » climatique, car « le risque existe que tout retard soit irréversible », avait-il argumenté. L’Etat va devoir rendre des comptes, les lois de programmation ne sont pas seulement pour la galerie.

Le gouvernement « prend acte », a réagi le ministère de la Transition écologique, « qui répondra évidemment à cette demande, qui n’est pas un jugement sur le fond mais une demande de preuves d’action ». Et de défendre sa « politique offensive » contre le réchauffement, citant notamment les « 30 milliards » du plan de relance affectés à la « relance verte », ou la future loi traduisant la Convention citoyenne pour le climat, qui « doivent permettre à la France d’atteindre les objectifs climatiques fixés ».

Joe Biden, un anti-Trump climatique ?

Depuis le 4 novembre 2020, les États-Unis ont quitté l’accord de Paris sur le climat. Le négationniste du climat Donald Trump avait réussi son pari ! Cet accord étant entré en vigueur le 4 novembre 2016, Washington devait attendre trois ans avant de pouvoir notifier un retrait, avec un préavis supplémentaire d’un an. Joe Biden a réagi sur Twitter puisqu’on gouverne maintenant en messages de moins de 280 caractères : « Aujourd’hui, l’administration Trump a officiellement quitté l’accord de Paris sur le climat. Et dans exactement soixante-dix-sept jours, l’administration Biden le rejoindra ». Biden promet d’atteindre zéro émission carbone d’ici à 2035 dans la production d’électricité. « Plus de subventions à l’industrie des énergies fossiles ; plus de forages sur les terres fédérales ; plus de forages, y compris offshore », a-t-il répété pendant la primaire. MAIS il a précisé qu’il n’interdirait pas l’exploration par fracturation hydraulique. Il promet une taxe carbone aux frontières « sur les produits à forte intensité de carbone provenant de pays qui ne respectent pas leurs obligations », afin que « les travailleurs américains… ne soient pas désavantagés par rapport à la concurrence ». MAIS l’entourage de Biden a laissé entendre qu’en cas de crise économique grave, l’instauration de la taxe carbone – pénalisant le pouvoir d’achat des Américains modestes – ne serait pas mise en place. Joe Biden a qualifié le changement climatique de « menace existentielle », il s’est engagé à faire adopter un objectif de neutralité carbone des Etats-Unis d’ici à 2050. Sur la scène internationale, les États-Unis pourraient jouer un rôle-clé dans la diplomatie climatique … les États-Unis pourraient faire entendre dès 2021, au cours du G7 et du G20Les Américains pourraient également aider les pays en développement à augmenter leurs efforts. Avec Joe Biden, nous aurions une chance, si nous travaillons ensemble, d’éviter les pires impacts du changement climatique. C’est ce qu’on trouve dans les médias aujourd’hui.

Tout cela est bien restrictif, soumis à condition, écrit au conditionnel. Pire, on sait que l’accord de Paris de 2015 était déjà un faux semblant. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient et les politiques ne croient en rien de stable et de fiable. Pourtant les faits sont avérés, les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique bouleversent le climat. Rappelons quelques dates-clés.

1985 : La conférence internationale sur le climat tenue à Villach conclut que les émissions de CO2 conduiraient dans la première moitié du XXIe siècle à une température que les hommes n’ont jamais connue. Des courbes sur 160 000 ans sont publiées le 1er octobre 1987 dans Nature.
1988 : James Hansen, directeur du laboratoire d’étude du climat de la NASA annonce devant le Sénat que l’ampleur des événements climatiques aux USA excède la variabilité naturelle du climat et que la Terre est entrée dans une phase de réchauffement dû aux activités humaines.
1990 : Premier rapport scientifique du GIEC (groupe Intergouvernemental d’experts sur le climat)
1992 : Le sommet de la Terre à Rio marque la prise de conscience politique de la nécessité d’instaurer un cadre international pour répondre à la crise climatique.
1995, première COP (conférence des parties) à Berlin. Elle prépare l’adoption, deux ans plus tard, du protocole de Kyoto,
1997, protocole de Kyoto : premier traité juridiquement contraignant destiné à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce texte ne fixe des objectifs contraignants qu’à 55 pays industrialisés, représentant 55 % des émissions globales de CO2 en 1990.

Quand la COP21 a eu lieu à Paris en décembre 2015, il y avait vingt et une années de parlottes ininterrompues pour un résultat négatif : les émissions de gaz à effet de serre n’ont cessé d’augmenter. La COP20 s’était achevé le 12 décembre 2014 à Lima sur ce constat : « La COP est entrée dans l’épais brouillard qui est devenu sa marque de fabrique. » Le texte préparatoire à la conférence mondiale sur le climat de Paris (COP21) avait été adopté à Bonn le 23 octobre 2015 : « Manque de lisibilité, version amputée de propositions clés, mise à l’écart de certains pays, peu d’avancées sur le financement des pays du sud par les pays du nord… » En fait il s’agit politiquement de faire semblant de régler les problèmes, cela démobilise les citoyens qui ne se sentent pas concernés. L’élection de Biden ne changera rien à la donne, nos générations futures vont souffrir d’une planète transformée en étuve, et ils n’auront plus de ressources naturelles suffisantes pour faire face aux besoins de base de 9 à 10 milliards d’humains. Bienvenüe dans le monde réel qui n’est pas celui des fake news, informations mensongères dont Trump était l’un des thuriféraires.

Youpi, effondrement du marché automobile

Automobile : la grande peur d’un nouvel effondrement (titre du journal LE MONDE) : Les ventes de voitures neuves ont baissé de 9,5 % en octobre. Avec le retour du confinement, des reculs supérieurs à 30 % en novembre et décembre sont à craindre. Les commentateurs sur lemonde.fr sautent de joie, vive le dévoiturage :

Michel SOURROUILLE : Le réchauffement climatique et la déplétion pétrolière imposent de sortir le plus vite possible de la voiture individuelle, mais cela l’article n’en dit mot.
Les médias et les mécanismes de marché ne considèrent que le court terme sans se préoccuper de préparer l’avenir pour nos générations futures… Le Covid-19 aurait pu permettre aux politiques de se saisir de l’idée de sobriété partagée, il n’en est rien, on ne parle que de business as usual, et si c’est pas aujourd’hui ce sera demain. Après-demain ce sera l’effondrement de la société thermo-industrielle…

Varna73 @Michel SOURROUILLE : tout à fait de votre avis, d’un côté on nous rabâche le réchauffement climatique, de l’autre les pubs de bagnoles défilent du matin au soir à la télé et pas pour des petites !

Alimonosou : C’est les cyclistes et les écologistes qui sont contents.

Gilles SPAIER : Je trouve curieux qu’il n’y ait aucun lien entre les articles de la section « planète » et ceux de la section « économie » du Monde. On a l’impression que les auteurs écrivent dans deux journaux différents. Ceci étant, juste avant le confinement, la longueur total des bouchons atteignait 400 km juste en Île de France. La moindre grande surface en province a un parking d’une surface triple de celle du magasin. La baisse du nombre des immatriculations est donc bénéfique pour notre société, qui doit s’adapter. Cessons de construire les logements à 40 km des entreprises. Multiplions pistes cyclables et transports en commun, arrêtons les zones commerciales hideuses à 10km des centre ville. Un dernier mot. Lors du dernier confinement, les parisiens ont redécouvert que le ciel peut être bleu. Faisons en sorte que cela ne soit plus conjoncturel. Nos enfants et nos petits enfants nous en saurons gré.

LWa @ Gilles : Complètement d’accord. Il est plus que temps que l’économie ne soit plus celle qui parle du PIB et des bourses. L’économie devrait devenir science et politique de la diminution des pollutions et des gaz à effet de serre.

Patou : Chacun sait que la bagnole est un problème environnemental, que l’industrie automobile est sous perfusion depuis longtemps (primes reconversion, électriques, fiscalité gasoil…). Tiens, on en vend un peu moins, et ça râle encore plus. Et ben on va encore réclamer des subsides, sûr que ça va marcher !

J.Duboisset : L’automobile, ce véhicule non occupé 95 % d’y temps, aimant à bouchon et extrêmement cher en entretien, assurance, essence/location batterie. Et pourtant toute l’industrie est dopée aux subventions publiques entre l’achat et la rénovation des routes, on met un pognon de dingue en tant que collectivité et on se retrouve avec pollution et morts…

Ça m isole : L’automobile se vend moins ? Et alors est-ce vraiment si grave quand on connaît le coût environnementale exorbitant de cette industrie ?

El Mayorqui : Existent-ils des lecteurs du Monde non autophobes ?

MLBRLyon : Il doit bien y en avoir quelques uns, mais il est surtout salutaire de constater que l’esprit critique existe sur un article aussi déconnecté de la réalité brutale infligée par l’automobile particulière à nos villes, enfants et modes de vie. Même si la forme est contestable pour certains, le refus de plus en plus massif de ce modèle sera salvateur.

Écologie, le patron de Renault déconne grave

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, répond n’importe quoi aux questions du MONDE. Il rend même ridicule l’idée de « capitalisme responsable » aux yeux des commentateurs du monde.fr.

LE MONDE : N’y a-t-il pas un manque de cohérence de la part de l’État entre son plan de soutien à l’automobile et l’application des préconisations de la convention citoyenne pour le climat avec notamment la taxe sur le poids des véhicules ?

Jean-Dominique Senard : Je considère que la taxe sur le poids est complètement inutile. La demande se porte sur des véhicules plus gros. Or, le client est roi. Je ne vois pas pourquoi on devrait le culpabiliser ainsi. En France, la voiture est déjà taxée 20 % de plus qu’en Allemagne. On veut préserver les emplois dans la filière automobile ? Commençons par alléger la fiscalité sur la mobilité. Nous nous retrouvons brutalement dans une situation où il faut régler des questions sociales sans avoir pu les anticiper. On a le droit de nous demander d’évoluer, de restructurer, d’innover, mais il faut aussi nous donner les moyens d’anticiper.

Pm42 : Hilarant : « Or, le client est roi. Je ne vois pas pourquoi on devrait le culpabiliser ainsi ». Un trafiquant de drogue pourrait tenir le même discours en forçant à peine le trait.
Mais en restant dans le domaine de la voiture, je ne vois pas pourquoi il y a des taxes sur les émissions de CO2 non plus : « le client est roi ». Et la planète, on s’en fout.

Imprécateur : Le client est roi certes, mais on lui fait acheter n’importe quoi ! Bourré par la pub, la mode… je doute qu’il est encore le sens critique et le discernement ! La première motivation d’achat est la suivante :  » T’as vu mon auto, hein ! » Le problème est que lorsqu’il en descend il est un peu plus con qu’en y montant car il a cru chatouiller les étoiles !

Acropora : Jean-Dominique Senard ne se rend pas compte combien il est ridicule de tenir des propos comme « le client est roi ». Un vrai dinosaure inconscient de sa prochaine disparition…Tous les voyants sont au rouge et il continue de vivre dans l’ancien monde. Que va-t-il nous proposer pour pallier le réchauffement climatique: augmenter la taille de la climatisation dans ses SUV? Son projet de société (comme celui des compagnies aériennes) est clair: laissez-nous (entreprises privées) continuer nos profits et que l’état prenne à sa charge les dégâts que nous causons. Juste lamentable!

Emmanuel Lazard : Fabuleux ! Les conséquences de l’augmentation de CO2 sont connues depuis le début du XXe siècle (Arrhenius). Dès les années 1980, on s’inquiète (création du GIEC en 1988). Cela fait 20-30 ans que les chercheurs alertent régulièrement sur cette catastrophe annoncées. La société civile se joint à eux depuis quelques années.
Mais Renault n’a pas pu « anticiper » les changements législatifs !

Bergeist : Je trouve hallucinant que le patron d’un grand groupe automobile affirme qu’ils n’ont pas pu anticiper la changement en cours. Il était auparavant patron de Michelin et ne vivait pas dans une yourte en Mongolie profonde. De fait, il avait pleinement connaissance, si ce n’est conscience, de la vague de fond qui arrivait : dieselgate, contraintes environnementales, contraintes de circulation. Si cette méconnaissance de sa part sur ces évolution visible à l’œil nu est vraie, c’est qu’une fois de plus, les teams de direction des entreprises édulcorent les messages négatifs et finissent par croire à leur propre chimère. Ce fut le cas de Bull à une époque… et on a vu où ils sont allés… La pire cécité, c’est la volonté de ne pas voir – on aurait espéré mieux de ce monsieur.

domlyon :J’ai beau tourner le pb ds tous les sens, l’idée de « carte de rationnement » reste de loin la meilleure, la plus efficace et a l’avantage de ne pas « stigmatiser » les possesseurs de grosses berlines et SUV. Carte à x litres/an depassement =10 €/l ou plus) L’idée : quand on prend sa bagnole, c’est qu’on en a vraiment besoin.

LE MONDE : Vous militez pour l’émergence d’un capitalisme responsable. Quelle sera sa nature dans un contexte où les entreprises doivent lutter pour leur survie ?

Jean-Dominique Senard : La question n’est pas de savoir s’il faut faire des profits, il faut en faire. Mais si l’on ne
fait que cela, on condamne le capitalisme à un rejet profond. L’enjeu porte sur l’éthique, la manière dont nous faisons ce profit, en prenant en compte les questions sociales et environnementales. C’est cela qui va distinguer le capitalisme européen du
reste du monde.

zut alors : « La demande se porte sur des véhicules plus gros. Or, le client est roi. Je ne vois pas pourquoi on devrait le culpabiliser ainsi. » Peut être pour essayer de sauver ce qui reste de notre planète… Capitalisme responsable ? Il n’en n’est visiblement pas un échantillon !

J.François : Le capitalisme n’est pas responsable. Ce n’est pas très difficile à constater sur les dernières décennies. Vu que le capitalisme n’est pas responsable, il est du rôle de l’Etat de le réguler. Et c’est la qu’est le problème, puisque tout Etat tentant de le réguler se voit menacer de délocalisation, fuites de capitaux, récession etc. Face à l’écologie, chaque secteur défend son bout de gras pour ne pas être touché. En résulte un bel immobilisme. C’est ça le capitalisme responsable.

C. du Lac : Un capitalisme responsable n’existe pas. Il faut tenir les dirigeants personnellement responsables pour l’effet néfaste de leurs entreprises sur la société. Une réelle possibilité d’une peine de prison, c’est motivant.

Crever les pneus des SUV, trop difficile ?

Un peu d’imagination doit permettre aux activistes climatiques de neutraliser facilement certains dispositifs émetteurs de CO2. Dans son livre « Comment saboter un pipeline », Andreas Malm nous explique comment dégonfler les pneus d’un SUV tout en mettant l’explication suivante sur le pare-brise du Volvo XC90 ou du Hummer  : « Ne le prenez pas pour vous, c’est votre SUV qu’on n’aime pas. Vous avez conscience de la quantité d’essence qu’il consomme, mais ce que vous semblez ignorer, c’est que vos émissions de gaz à effet de serre ont des conséquences dévastatrices pour d’autres. C’est pourquoi nous avons désarmé temporairement votre SUV... » Les Sport Utility Vehicle on conquis les marchés automobiles avec des conséquences stupéfiantes pour la planète. Fin 2019, l’Agence internationale de l’énergie rapportait que c’était le deuxième facteur le plus important de l’augmentation mondiales des émissions de CO2 depuis 2010. Si les conducteurs de SUV étaient une nation, elle aurait été à la septième place pour les émissions de gaz à effet de serre. Et encore, l’AIE n’incluait pas les quantités prodigieuses d’énergie nécessaires à leur fabrication, sans quoi la destructivité climatique aurait été plus nette.

Cette histoire de pneus nous rappelle un fait divers. Dans une banlieue très arabisée d’une ville moyenne, des femmes venaient au centre de loisirs pratiquer la danse orientale. Cela déplaisait aux loubards du coin, on envahissait leur territoire. Ils ont crevé le flanc des quatre pneus de chaque voiture, les immobilisant sans réparation possible. Ils n’ont pas mis de mot sur le pare-brise, c’était une sorte de terrorisme « doux » qui se comprenait par lui-même : pas besoin de meufs occidentales chez nous. L’histoire s’arrête là. Mais crever de même (pour la bonne cause climatique) les 4 pneus d’un SUV, le propriétaire en fera une maladie, les médias prendront sa défense et la police interviendra… même si on explique clairement que c’est pour « sauver le climat ». Le simple dégonflage relaté par Andreas Malm a donné lieu à des menaces de mort sur son blog des « indiens de l’asphalte » !

Il y a une immense difficulté de l’action pour le climat, l’intoxication d’une majorité de la population aux délices de la civilisation thermo-industrielle et de ses plus ou moins grosses bagnole. Pour la mentalité commune, rouler sans contraintes est bien plus important actuellement que le réchauffement climatique dont les effets sont encore diffus. L’acceptabilité des actions de destruction contre des biens nuisibles à l’environnement n’existe pas actuellement, et pire, les fervents adeptes de la non-violence absolue se mettront aussi du côté des conducteurs d’automobiles. Imaginez que les activistes climatiques commencent à crever systématiquement les pneus des SUV un peu partout sur la planète, on votera des lois encore plus répressives pour endiguer ce dangereux « terrorisme » des « ayatollahs de l’écologie » qui veulent retourner au vélo sans pédales.

Mais puisque le monde est en feu, un jour ou l’autre l’assentiment de l’opinion publique à la destruction des biens qui causent l’incendie augmentera. Maintenir le statu quo et le business as usual nous condamne en effet à aller vers une planète invivable. Détruire du matériel qui condamne notre avenir sur une planète surchauffée et à bout de souffle n’est en fait qu’un acte d’autodéfense, un acte de dénonciation d’une société ultra-violente qui en arrive même à dérégler les mécanismes de régulation automatique de la biosphère. Crever des pneus en 20120 apparaîtra un jour comme un mouvement d’avant-garde et les conducteurs de SUV passeront au tribunal de l’histoire pour crime écologique. Détruire des biens néfastes n’est pas du terrorisme, c’est aimer le présent, c’est sauver bien des vies humaines dans l’avenir, c’est le contraire de la violence. Le plus étonnant aujourd’hui, c’est de constater que l’usage de la contre-violence est rarissime alors que les périls se révèlent apocalyptiques.

Les SUV agressent violemment le climat

Avec une multiplication par sept des ventes de voitures neuves entre 2008 et 2019, les « Sport Utility Vehicle » plus lourds et plus gourmands sont devenus « la deuxième source de hausse des émissions de GES énergétiques en France de 2008 à 2018, juste derrière le secteur aérien », pointe l’ONG WWF. Cette croissance rapide des SUV dans le parc automobile est « incompatible » avec le respect des engagements français de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). La voiture individuelle représente déjà 16 % des émissions françaises. Or, les SUV émettent « en moyenne 20 % de GES de plus que le reste des voitures ». L’ONG qualifie l’éventuel développement des SUV électriques de « fausse bonne solution », car leur empreinte carbone est, « sur l’ensemble du cycle vie, de 34 % plus importante que celle des citadines électriques… On voit clairement qu’on va dans le mur. » Paradoxalement, contre ces chiffres percutants, les commentateurs sur le monde.fr prennent la défense des SUV :

Branly : Une étude complètement bidon de plus sur le sujet. Merci les escrologistes !!!

Cathy Penflam : Le WWF voudrait que tout le monde roule en panda ?

MD : Donc, aujourd’hui, le climat se dégrade à cause des SUV. Que d’inepties ! Je ne suis pas prêt de vendre ma Porsche…

Ana : l’impact « écrasant » des SUV, faut pas exagérer. De plus comparer la consommation des SUV par rapport à des voiturettes électriques!!! Pourquoi pas par rapport à des trottinettes? ou à des chaussures de joggeurs?

El Mayorqui : Mon SUV Peugeot 2008 consomme moins que mon ancienne Peugeot 405. Ces gens écrivent donc des sottises.

blok lerec : On voit beaucoup de femmes dans des SUV, les femmes aiment les grosses…voitures.

Yves25 : Tout à fait d’accord pour qu’il y ait moins de SUV. Mais… quand les journalistes qui relaient l’étude auront mon âge, il s’apercevront que s’extraire d’une voiture basse devient un exploit. Si aujourd’hui, j’ai un crossover, c’est parce que s’asseoir et se lever est plus facile.

bout du monde : Et les camping-cars qui roulent tous au diesel, il faut les interdire également ?

Michel SOURROUILLE : Nous n’avons pas le temps attendre que les gens arrêtent par eux-mêmes de rouler en SUV, nous sommes confrontés à des déséquilibres planétaires qui rentrent dans le domaine de l’irréversible. C’est pourquoi selon Andreas Malm l’atteinte contre les biens qui causent notre perte paraît compréhensible. Ainsi pour les gros SUV, on a toute une palette d’actions possibles. Voici ce qui se passait… en 2005 : « L’usage des SUV incarne une américanisation du mode de vie occidental, c’est devenu une forme d’arrogance, si ce n’est de provocation. Des SUV ont été incendiés en Pennsylvanie, des vitres brisées dans l’Etat de Washington et des slogans « no blood for oil » tagués sur leurs carrosseries dans le Massachusetts. Mais que faire d’autre contre la bêtise humaine : deux tiers des américains préfèrent embrasser leur voiture plutôt que leur mère ! » Quinze ans après, on constate que trop de commentaires sur lemonde.fr prennent la défense des SUV ! Ils aiment le Réchauffement Climatique !!

Munstead à Michel S : Bravo pour les encouragements à la violence, aux dégradations, aux atteintes aux biens d’autrui, au nom de votre idéologie. Et vous pensez qu’un Hummer américain peut-être comparé à un SUV Peugeot qui consomme 5/6/l aux 100 ?

Tourisme de masse et écologie, incompatibles

Le tourisme au long cours s’éloigne définitivement de nos projets d’avenir, du moins faut-il l’espérer. La pandémie a entraîné un changement de perception des ménages, le prochain blocage énergétique fera le reste. Nous allons rapidement vers un tourisme lent, de proximité, qui rejettera l’avion et les fantasmes de vacances paradisiaques. Tout le système publicitaire nous  dit encore le contraire et cultive la psychologie du « plus vite, plus loin, plus souvent et toujours moins cher ». La reprise économique après le confinement passera par le tourisme, disent les gouvernements du monde entier. Une tribune dans LE MONDE réagit : « La transition écologique est incompatible avec la massification des voyages ». Les auteurs, quatre universitaires, estiment avec raison que l’industrie touristique figure parmi les mauvais élèves en matière de rejets de gaz à effet de serre et de polluants. Le tourisme de masse met sous tension les ressources, déséquilibre les écosystèmes locaux et met en péril les sites naturels et patrimoniaux. La révélation du « vrai prix des choses » aurait l’avantage d’amener les consommateurs à prendre conscience de leur empreinte écologique d’une part, et d’autre part à effectuer des arbitrages de consommation salutaires. Adopter une telle démarche demanderait de rompre avec la vision stratégique gouvernementale qui a érigé en objectif prioritaire l’accueil de 100 millions de visiteurs étrangers par an. Cela implique une remise en cause du programme de soutien de 1,3 milliard d’euros annoncé par le premier ministre Edouard Philippe, qui ne fait que répercuter les logiques d’aménagements portés par France Tourisme Ingénierie…

Rappelons un texte de 1937 qui pourrait être écrit aujourd’hui : « Le touriste n’a plus rien d’humain. Il est né d’un sentiment authentique qui est devenu social. Or le « social » est entre les mains de la publicité. Les affiches publicitaires insistent sur le caractère d’évasion du voyage. Une publicité intense a dirigé les foules vers certains points aménagés de la montagne .L’agence Havas provoque les mouvements des masses bourgeoises qui, selon les saisons, montent à la montagne pour faire du ski ou descendent vers la mer pour se baigner. Il y a des foules plus effroyables que celles qui s’entassent à heures fixes dans les métros, ce sont les foules de nos grandes plages. Ce sont des masses qui voyagent et prennent des bains. Le hasard des intérêts financiers et des lignes de transports accumule les touristes à certains endroits. Comme la classe bourgeoise est hiérarchisée, il existera toute une échelle de stations balnéaires, la station chic, la station sportive, le trou à instituteurs. Décrire la civilisation actuelle sans tenir compte du tourisme, c’est commettre une grave erreur parce que, dans bien des pays ou régions, il joue un rôle plus important que l’industrie lourde. Il s’agit maintenant d’énormes organisations et de milliards de capitaux. La forme la plus caractéristique du tourisme c’est aujourd’hui la croisière. Le développement subit des croisières maritimes depuis 1930 s’explique par la publicité souvent subtile des compagnies de navigation qui répondent parfaitement à la conception bourgeoise de la vie : évasion et vie en société ; tout bourgeois est un solitaire affilié au yacht Club. La croisière répond parfaitement à ses désirs ; il n’a pas à s’inquiéter d’un choix, le programme est établi à l’avance selon quelques standard : visitez le Maroc – un palmier, la Norvège – un fjord pâle. Le bourgeois étendu sur un canapé agonise d’un ravissant coucher de soleil – « Ah, voir Naples et mourir ! » Certains, qui se disent révolutionnaires, songent pourtant à ce spectacle avec plaisir, ils s’indignent seulement que ces « loisirs » soient réservés aux bourgeois. Prisonniers de la civilisation, marxistes ou fascistes ne les imagent que sous une forme bourgeoise. Il faut que le peuple à son tour puisse voyager en croisière. Les partis sont bien d’accord là-dessus ; les loisirs doivent être organisés, il n’y aura qu’à transformer les grandes agences privées de tourisme en trusts d’Etat. » (Extraits d’un article paru en juin 1937) »

Pour en savoir plus grâce à notre réseau de documentation biosphere :

7 juillet 2019, Le Canard enchaîné, tout contre le tourisme

20 juin 2019, Beaucoup trop de touristes de trop

7 avril 2019, Faire « tourisme et découvertes » sans prendre l’avion

9 octobre 2018, Surtourisme : 1,3 milliard de déplacements inutiles

13 mai 2018, L’imbécillité écologique du tourisme mondial

14 janvier 2018,Le summum du tourisme débile… en 21 jours

3 août 2017, Barcelone ou ailleurs, trop de tourisme tue le tourisme

13 juillet 2017, Il faut en finir avec la bougeotte touristique

6 novembre 2014, Le tourisme spatial en deuil, juste retour des choses

27 août 2014, Tourisme, Le pire du pire aux journées d’été de l’écologie politique

11 février 2010, tourisme et goût du risque

28 juillet 2008, lunette théoriques sur le tourisme

à lire 1935-1937 Nous sommes des révolutionnaires malgré nous (le tourisme selon Bernard Charbonneau et Jacques Ellul)

à ne pas lire, Que serait le tourisme sans pétrole d’Isabelle Babou et Philippe Callot (2012

CLIMAT, faut-il saboter les pipelines ?

Comment lutter sur une planète qui brûle ? Contre le réchauffement climatique, nous bloquons, nous nous enchaînons aux grilles, nous nous collons au bitume, nous manifestons à nouveau le lendemain. Nous sommes toujours parfaitement, impeccablement pacifiques. Nous sommes plus nombreux, toujours plus nombreux. Et pourtant, les affaires continuent tout à fait comme avant – business as usual. « À quel moment nous déciderons-nous à passer au stade supérieur ? Comment cesser d’être à ce point inoffensif ? », s’interroge Andreas Malm*. A son avis le mouvement pour le climat devrait s’attaquer directement aux biens de consommation les plus néfastes en termes d’émissions. Il rêve d’actions nocturnes pour dégonfler les pneus des SUV en ville. Il veut forcer le mouvement écologiste à se poser des questions plus radicales : « Le problème, bien sûr, c’est que faire sauter un pipeline dans un monde à six degrés de plus, ce serait agir un peu tard. Doit-on attendre un assentiment quasi général ? Celui de la majorité ? D’une importante minorité ? »

Confrontant l’histoire des luttes à l’immense défi du réchauffement climatique, Andreas Malm interroge un précepte tenace du mouvement pour le climat : la non-violence et le respect de la propriété privée. La violence comporte des périls, mais le statu quo nous condamne. Il ravive une longue tradition de sabotage des infrastructures. Sur ce blog biosphere, nous préférons cette expression lumineuse, « contre-violence » au débat biaisé « violence ou non-violence ?». Il faut lutter contre la violence de la société thermo-industrielle en détruisant ses moyens, champs d’OGM, pipelines, panneaux publicitaires, voitures arrogantes, etc. Car endommager du matériel qui condamne notre avenir sur une planète surchauffée n’est qu’un acte d’autodéfense. Est-ce vraiment incompréhensible de lutter contre un système prédateur pour sauvegarder les générations futures tout en épargnant les personnes présentes  ? L’insurrection climatique devrait paraître une évidence pour les militants écologistes.

Il faut se rappeler les propos de Françoise d’Eaubonne au début des années 1970, le jour où elle fut scandalisée d’entendre un ami lui dire : « Le problème de la révolution passe au second plan devant l’urgence écologique. Le prochain acte réellement révolutionnaire sera l’attentat contre une centrale nucléaire en construction. Le Capital en est au stade du suicide, mais il tuera tout le monde avec lui ». Il lui aura fallu plus d’un an pour assimiler la profondeur de cette vérité. Au nom de la « contre-violence », Françoise d’Eaubonne participera à la lutte contre l’énergie nucléaire en commettant avec d’autres un attentat à l’explosif le 3 mai 1975 contre la centrale de Fessenheim, retardant de quelques mois son lancement. Elle a assumé cette position radicale jusqu’au bout puisque dans ses derniers tomes de mémoires elle écrit encore : « La contre-violence semble très indiquée comme retournement de l’arme de l’ennemi contre lui-même ; il va de soi que les attentats ne visent que des points de rupture précis du front ennemi, économisant au maximum les vies humaines, n’employant la prise d’otages qu’à bon escient et jamais avec n’importe qui, utilisant les moyens destructifs pour supprimer les coupables les plus évidents ou instruire le plus grand nombre possible d’abusés du sens de cette guérilla urbaine. »

Voici quelques exemples de ce débat sur lemonde.fr :

le sceptique : Déloger les « nombreuses personnes » de leur propriété privée et interdire leurs préférences? L’histoire du 20e siècle est claire avec les issues de ce raisonnement : fascisme, nazisme, communisme, intégrisme religieux et autres régimes où l’Etat prive les citoyens de leurs libertés.

François C.H. : Encore une fois de trop nombreuses personnes font passer leurs valeurs (respect absolu de la propriété privé) et leur désirs (on n’entravera pas ma liberté de consommer et vivre comme je l’entends) avant les réalités physiques du système Terre. Andreas Malm pose une question pourtant essentielle : puisque les COP sont des échecs, puisque les manifestations ne servent à rien, regardons comment eurent lieu les grandes avancées sociales et politiques de l’Histoire humaine. L’argument démocratique ne tient pas une seule seconde par ailleurs, le choix de la majorité n’a heureusement jamais été une raison éthique pour fermer sa gueule.

Novi : La réalité physique de la Terre, c’est un enfer pour l’homme. L’homme doit déployer un travail immense pour se nourrir, se vêtir pour se protéger du froid qui règne partout. Il a fallu s’asseoir sur le dos d’un cheval pendant des dizaines de milliers d’années pour enfin disposer ne serait ce que d’un vélo électrique. Imaginez la somme d’efforts que l’homme a du faire pour en arriver au vélo et au vélo électrique. Cette Terre est redoutable, il faut la dompter, la creuser, dominer son climat, dominer ses océans, vaincre son atmosphère et sa pesanteur. Et face à ça, des ahuris qui vivent pépère s’amusent à crever des tuyaux. Risible.

DMA : « On anticipe plus de souffrance à être pauvres qu’à avoir chaud ». Soyons optimistes, le changement climatique, est généreux, il nous donnera très probablement l’opportunité d’expérimenter les 2.

Pouch : Dans la même veine que le livre Comment saboter un pipeline, mais en roman débridé et jouissif, je recommande ‘Le Gang de la clef à molette‘ d’Edward Abbey

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

16 octobre 2019, Quelle critique faire à Extinction Rebellion ?

20 mars 2019, Un hymne à la violence des GJ dans LE MONDE

13 juillet 2018, Deep Green Resistance, ne nous trompons pas d’ennemi

12 juillet 2018, Faut-il casser des vitrines pour manger moins de viande ?

26 mai 2018, Nous serons des millions, pas une poignée de radicaux

21 mai 2018, NDDL, la violence symbolique de l’écologie politique

6 décembre 2012, Où sont les écoguerriers ? Partout et près de vous !

24 avril 2007, le code de l’écoguerrier

* Comment saboter un pipeline, de Andréas Malm. Traduit de l’anglais par Etienne Dobenesque, éd. La Fabrique, 216 pages, 14 euros.

Pas d’alternative, nous manquerons d’eau

Pour ne pas manquer d’eau l’été, certaines nappes phréatiques peuvent être rechargées artificiellement. Une technique simpl(ist)e pour faire face au réchauffement climatique, stocker l’eau qu’il y a l’hiver en abondance pour l’utiliser l’été quand le temps est plus sec. C’est là un des points du plan B en video du MONDE, les commentateurs rétorquent que ce n’est pas si simple :

Raymond : « certaines nappes phréatiques peuvent être rechargées artificiellement  » : Tout à fait, mécaniser le plus de processus naturels possibles, la planète fonctionnera mieux sous notre contrôle.

ChrisL : Pour faire cette recharge de nappe, il faut un cours d’eau qui n’a de problème de débit. Or il y a de plus en plus de cours d’eau qui connaissent des étiages sévères, notamment à l’amont de la Seine (ou du Rhône et de la Loire), d’ailleurs il y a des arrêtés sécheresse dans ces régions. Sans parler que la Seine étant un fleuve navigable, elle doit garder un certain niveau et qu’une rivière naît généralement de la résurgence d’une nappe et que les nappes sableuses à proximité des cours d’eau sont généralement les nappes d’accompagnement de ces cours d’eau et donc ont des échanges avec (en hiver la rivière recharge la nappe, en été c’est l’inverse).

PPF : A 45 km. au sud de Toulouse, à 40° au moment où je rédige ces lignes, je suis entouré de champs de maïs arrosés pendant la journée. L’eau ruisselle et les fossés sont pleins. Tout ça pour faire de la barbaque. Mais chuuuut, ne dites rien, les « agris » sont des gens très susceptibles. Les « barbaqueux « aussi.

Michel SOURROUILLE : On retrouve là les errements de nos sociétés thermo-industrielles, s’adapter pour ne rien changer à nos habitudes de combustion des énergies fossiles. Or pour inverser l’ordre naturel de circulation des eaux, il faut de l’énergie, et l’énergie en abondance, il n’y en aura plus quand les poches pétrolières et gazières s’épuiseront, sans compter la fermeture prochaine des centrales nucléaires. On préfère faire confiance aux mirages de la technique qui sauve plutôt que de prendre réellement les choses en main et pratiquer la sobriété énergétique. Mais chuuuuuut il ne faut pas le dire, les politiciens n’attendent qu’une chose, le moment de leur réélection. Ils ne pratiquent ni la taxe carbone, encore moins la carte carbone, seules solutions pour faire face à l’urgence écologique. Nos générations futures auront donc la canicule extrême et l’impuissance de se procurer de l’eau, ce qui commence d’ailleurs à arriver ici et là sur cette planète à bout de souffle.

Alain Hervé : L’écologie n’est pas un luxe, le souci des petits oiseaux… c’est la gestion globale du monde vivant dont nous faisons partie. Difficile à admettre. Mais nous allons y être aidés par la nature elle-même qui va prendre des décisions pour nous. Elles seront sans appel. Elles seront dramatiques. Le réchauffement climatique, l’effondrement des nappes phréatiques, l’avancée des déserts… ne sont pas des données négociables. Ce n’est pas la planète qui est en danger. C’est l’animal humain qui s’agite à la surface qui se suicide.

Pour en savoir plus sur les nappes phréatiques grâce à notre blog biosphere :

22 mars 2019, Journée mondiale de l’eau, un constat de pénurie

29 juillet 2018, Un futur sans eau potable, très probable

11 mai 2018, Mourir de faim ou de soif, le résultat est le même

21 février 2018, On interdit l’avortement, donc nous manquons d’eau

23 mars 2014, Eau et énergie, nous croyons l’impossible réalisable

24 janvier 2008, eau virtuelle à Almeira

Carte carbone, bientôt généralisée à tous

Le gel de la taxe carbone par Macron en 2018 était catastrophique, la France se cantonne désormais dans l’écologie déclarative. Le Haut Conseil pour le climat considère le sujet comme seulement optionnel. La convention citoyenne a reporté à plus tard toute décision sur ce point. Les priorités d’action rappelées par la convention citoyenne, comme la rénovation énergétique des bâtiments va buter sur les questions de financement. La chute actuelle du prix du pétrole aggrave les perspectives pour les générations futures. Il nous faudra donc attendre d’avoir les pieds dans l’eau et la sécheresse partout ailleurs pour réagir politiquement au réchauffement climatique… par une carte carbone qui organisera le rationnement de l’énergie. Voici sur notre blog biosphere le long historique de l’émergence d’une carte carbone :

10 avril 2020, post-Covid, une société sans pétrole ?

24 janvier 2020, Code minier et carte carbone, aux oubliettes

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

11 mars 2019, Neutralité carbone en 2050, la volonté de ne rien faire

12 février 2019, Yves Cochet : carte carbone mieux que taxe carbone

7 décembre 2018, Victoire des gilets jaunes, la taxe carbone est morte

5 décembre 2018, Malheur, les Gilets jaunes enterrent la taxe carbone

4 décembre 2018, Moratoire sur la taxe carbone, une grave régression

15 novembre 2018, Yannick JADOT : « La taxe carbone est utile SI… »

26 octobre 2018, Fiscalité carbone inepte, carte carbone inéluctable

24 septembre 2018, taxe carbone, un vrai serpent de mer

29 août 2017, Le rationnement, outil convivial (selon Mathilde Szuba)

15 juin 2017, Augmenter le prix du carbone, le serpent de mer

7 mars 2016, Une taxe carbone, passage obligé vers une société sobre

26 août 2015, carte carbone, des quotas individuels de CO2

11 octobre 2014, Ségolène Royal supprime l’écotaxe, c’est n’importe quoi

6 avril 2014, Ecotaxe sur le gaz et CCE, la parole aux contribuables

5 avril 2014, Ségolène Royal contre l’écotaxe, une grossière erreur

16 novembre 2013, la fuite éperdue des politiques devant la taxe carbone

19 avril 2013, du marché carbone au rationnement carbone, l’inéluctable

27 mars 2013, facture énergétique, bientôt la carte carbone !

9 septembre 2010, Sarkozy a-t-il pensé à la carte carbone ?

6 juin 2010, volontarisme ou rationnement carbone ?

8 janvier 2010, l’illusion de la compensation carbone

13 septembre 2009, après la taxe, la carte carbone

4 septembre 2009, une taxe carbone au rabais

12 juillet 2009, rationnement carbone

10 avril 2009, carte carbone ou taxe ?

11 février 2009, taxe carbone généralisée

5 janvier 2009, carte carbone

2 février 2008, compensation carbone ?

Récemment un article du MONDE compare d’une part une proposition de loi de Delphine Batho et François Ruffin visant à instaurer des quotas individuels d’utilisation du transport aérien et d’autre part une carte carbone universelle. Pour les deux députés, toute personne disposerait d’un quota carbone individuel de transport aérien, calculé en fonction des distances parcourues, de la « catégorie de confort » du service aérien concerné et de sa performance énergétique. Pour être « acceptable », le schéma proposé par les députés se retrouve perclus d’exceptions. Restent ainsi autorisés les déplacements professionnels, ceux à destination des régions éloignées de la métropole et ceux « strictement nécessaires » à un besoin familial ou sanitaire. L’Etat s’arrogerait le droit de déterminer ce qui relève de l’important et de l’accessoire ! Il faut donc mettre en place un autre système, universel, qui puisse respecter les choix de vie de chacun. Il pourrait prendre la forme d’une carte carbone applicable à tous les types de consommation, couplée à un système d’échange entre individus. Chaque personne disposerait d’un quota annuel global d’émission qu’elle pourrait dépenser librement. Ceux souhaitant dépasser la limite allouée pourraient racheter à d’autres leurs droits, assurant ainsi une certaine flexibilité sans remettre en cause l’objectif global d’un plafonnement des émissions, ce qui permettrait même d’assurer une redistribution entre les plus et les moins fortunés. A minima, plutôt que de nous lancer dans de grandes interdictions, taxons tout de suite le kérosène des avions… Qu’en pensent les Gilets jaunes ?

CLIMAT et décisions, il est urgent d’attendre

Comme d’habitude l’urgence écologique attendra devant les impératifs économiques du court terme. Une réunion au ministère de la transition écologique le 29 juillet 2020 a mis les « 150 » membres de la convention citoyenne pour le climat face à face avec les députés. La route jusqu’à la discussion au Parlement, annoncée pour janvier 2021, d’un projet de loi « pour le climat » est encore longue : phase d’écriture, d’échange avec les parlementaires, de débat parlementaire, de suivi du texte qui sera voté… Barbara Pompili, la ministre  de la transition écologique: « Ce n’est qu’une étape dans un processus qui va durer encore longtemps..».

Les citoyens ont donc touché du doigt la complexité des futurs travaux. Ils ont découvert que des réserves apparaissaient çà et là dès que la discussion devenait plus concrète. Avec Elisabeth Borne, ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion, et avec Bruno Le Maire, ministre de l’économie, des finances et de la relance, les conventionnels ont bien compris que certaines de leurs propositions avaient peu de chance d’être reprises telles quelles. Et il y aura aussi l’avis du ministre de l’agriculture, sans compter les « arbitrages » du premier ministre, les diktats du patronat et les revendications corporatistes. Ainsi le Medef a tenu à mettre en garde conventionnels sur l’interdiction de la publicité pour les produits les plus polluants, évoquant « la liberté de choix » des citoyens. Bruno Le Maire a cité le modèle de la Peugeot 3008 hybride, « un SUV produit à Sochaux, qui émet peu de CO2 par kilomètre ». Il se demande si « ce n’est pas la facilité que d’interdire la publicité des SUV » Idem pour le moratoire demandé par les citoyens sur la construction des plates-formes logistiques pour l’e-commerce. « Les entrepôts Amazon, cela ne représente que 0,5 % de l’artificialisation des sols, alors que les maisons individuelles en représentent 48 %. », a avancé M. Le Maire.Sur la demande des citoyens de deux repas végétariens dans les cantines scolaires à partir de 2025, ou sur les menus bio, le maire (Les Républicains) de Reims se rebelle : « La production française de bio est insuffisante …Les jeunes enfants ont besoin de manger de la viande ».

Macron se veut le maître de l’illusion en organisant des débats qui n’ont que le seul intérêt (médiatique) de faire semblant d’agir. Autrefois les politiques créaient des commissions qui se réunissaient pour arriver à la même destination préétablie, la poubelle. Pour en savoir plus, lire sur notre blog biosphere :

2 juin 2020, Convention citoyenne CLIMAT, pschittt…

9 mars 2020, acte 6, sauver le climat avec 150 citoyens ?

12 février 2020, Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5

19 janvier 2020, CLIMAT, convention citoyenne et décisions

15 janvier 2020, Emmanuel Macron devant 150 citoyens

24 novembre 2019, 150 citoyens tirés au sort, et moi et moi émoi

3 septembre 2019, Convention citoyenne sur le climat, mascarade ?

Barbari Pompili bientôt à l’épreuve du réel

« L’écologie n’est pas une option. Accélérer, c’est au cœur des priorités que le président m’a chargé de mettre en œuvre », a confirmé le nouveau premier ministre, Jean Castex. Pourtant selon le HCC « le gouvernement ne fait pas suffisamment de suivi des politiques climatiques qu’il annonce » et son « pilotage manque de fermeté ». Les grandes lois d’orientation (Egalim, ELAN, LOM), n’ont pas été évaluées au regard de leur impact sur les émissions, contrairement aux promesses du gouvernement. Surtout, la stratégie nationale bas carbone (SNBC), l’outil de pilotage de la politique climatique du pays n’est toujours pas « le cadre de référence de l’action collective. »Le gouvernement, faute d’être parvenu à respecter ses objectifs pour la période 2015-2018, a relevé les budgets carbone − les plafonds d’émissions − pour la période 2019-2023. Pour ne pas prendre la température, on casse le thermomètre !

Les solutions pour mener une véritable relance verte sont pourtant connues depuis plus de dix ans, rappelle le Haut Conseil pour le climat. Il propose soit de relancer la croissance de la taxe carbone – gelée après le mouvement des « gilets jaunes » – mais en corrigeant ses effets inégalitaires, soit de renforcer les mesures réglementaires (par exemple les normes d’émissions de CO2 pour l’automobile). Le troisième projet de loi de finance rectificative en cours de discussion à l’Assemblée nationale permettra de fixer la ligne du nouveau gouvernement sur le point crucial de la conditionnalité des aides accordées aux secteurs polluants. Plusieurs amendements seront débattus pour obliger les grandes entreprises récipiendaires de l’aide publique à baisser leurs émissions dès l’année prochaine. Une position défendue par la député Barbara Pompili lors de l’examen en commission des finances, contre l’avis du gouvernement. Reste à savoir si la position de la nouvelle ministre de la transition écologique et solidaire est inchangée.

Les commentaires sur lemonde.fr montrent que la France est partagée en deux, ceux qui estiment qu’il est urgent de ne rien faire (les imbéciles) et les écologistes réalistes :

untel : « La France n’est toujours pas à la hauteur des enjeux climatiques ». C’est encore heureux !!! Si nous l’étions nous serions des climato-dupes : ceux qui font les efforts que les autres ne font pas et qui, du coup, perdent en compétitivité par rapports à ces derniers… sans que cela ne change rien du climat. Vous vouliez la limitation du réchauffement ? Vous aurez le réchauffement et la faillite.

Davemoz : Untel, ce que vous nous proposez c’est de vivre dans un monde pollué, mais avec des sous sur notre compte en banque ? En espérant que cet équilibre débile dure encore quelques dizaines d’année sans doute. Vous me faites rêver mon cher Untel. Mes enfants certainement beaucoup moins.

jea.vie : Les visions purement françaises des émissions de gaz à effet de serre n’ont qu’un intérêt anecdotique à l’échelle de la planète. Nous sommes a peine 1% de la population et avec le nucléaire l’un des pays développés les plus vertueux en la matière. Nous émettons 2 fois moins de CO2 par habitant que les Allemands. Alors certes on adore se culpabiliser en France, mais pendant ce temps là, la Chine construit 150 GWatt de centrales à charbon…

DLB @ jea-vie : Reprenons votre raisonnement : Imaginons que vous soyez obèse et que votre médecin vous recommandeun régime draconien pour ne pas mourir prématurément. Vous, vous lui répondriez : « oui mais mon voisin est plus obèse que moi, c’est à lui de faire un régime, pas à moi ! » Collectivement nos sociétés ont encore des réflexes d’adolescent immature quand il s’agit de faire des efforts.

Philipp69 : Y en a marre de ces ayatollahs de l’écologie voulant que les Français sacrifient leurs emplois et leur niveau de vie simplement pour avoir bonne conscience. Rappelons-le une énième fois, la France c’est 0,9% de la population du monde, 2,5% du PIB mondial et 1% des gaz à effet de serre du monde. Et on voudrait qu’elle fasse des efforts considérables! Pourquoi? Pour donner l’exemple? Qui peut croire que la France va entraîner la Russie, la Chine, les E-U, le Nigeria, le Brésil ou l’Inde dans son sillage ? Quelle attitude présomptueuse que de croire que le monde nous regarde et qu’il va se sentir coupable s’il ne prend pas modèle sur nous! Bref, ces objectifs de réduction de la part dans la France dans la production mondiale de GES est à la fois irréaliste et pathologique, c’est un désir névrotique d’expiation, une haine de soi en tant qu’occidental développé et libéral.

DLB :On demande juste au gouvernement de respecter ses propres engagements, fruits d’une concertation internationale. Chaque pays peut trouver des prétextes comme les vôtres, Philipp, pour ne rien faire et dans ce cas on va dans le mur. Lisez le rapport du GIEC puisque vous avez l’air d’aimer les chiffres.

Or : Il est important de rappeler que si la France a baissé de 20% ses émissions nationales depuis 30ans, l’empreinte carbone des français n’a pas cesser pour autant d’augmenter et reste très élevée. En effet nous avons délocalisé notre production polluante en Chine mais nous avons continué d’acheter des produits polluants. Une solution, la décroissance : consommer moins mais mieux (donc augmentation des prix pour pouvoir acheter des choses produites en France selon des procédés vertueux), meilleure répartition des richesses (=forte taxation du capital) pour que la décroissance soit socialement acceptable et ne touche pas que les plus démunis et pour ça il faut un état stratège, interventionniste et protectionniste (n’ayons plus peur d’utiliser ces mots)

Thibaut : Je vous rejoins entièrement. Il faut ajouter que ce n’est pas un choix idéologique, mais purement rationnel, qui découle d’une réalité géophysique. On peut s’aveugler, s’obstiner et le retarder, mais on finira immanquablement par y venir. Plus ce sera tard, plus ce sera humainement coûteux.

Tundra Cotton : Tant que l’on ne verra pas une baisse de la population mondiale et donc du nombre de consommateurs-pollueurs, ces efforts ne servent pas à grand chose. Mais les divisions politiques, et la volonté des humains à vouloir faire des gamins, rendent une telle tendance impossible. Le facteur limitant sera donc malheureusement l’épuisement des ressources mondiales, et surtout l’accès à l’eau.

Biosphere-Info, un consensus sur le climat

Notre synthèse « Biosphere-Info » paraît le premier de chaque mois. Pour la recevoir gratuitement par mail, il suffit de contacter biosphere@ouvaton.org

Bilan de la CONVENTION CITOYENNE

Durant neuf mois, 150 citoyen.e.s ont réfléchi dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Nous avons suivi attentivement leurs travaux. Voici d’abord la synthèse de leur rapport de 600 pages présentées par les citoyens et citoyennes réunis dans cet exerce salutaire de démocratie participative. En résumé : « Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique… La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. » Suivent des extraits de nos articles antérieurs sur le blog biosphere. Merci de votre attention, bonne lecture.

Validité de la convention (en introduction) : « Citoyennes et citoyens de toutes origines et professions, nous sommes représentatifs de la société ; nous avons été sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans nous être portés volontaires préalablement. Nous ne sommes pas des experts, la convention citoyenne reconnaît la capacité des citoyens moyens de s’exprimer sur un sujet d’avenir majeur. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre [(GES)] d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Si nous ne rattrapons pas le retard pris, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables, du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides. C’est une question de vie ou de mort ! »

Rupture civilisationnelle (en conclusion) : « Nous ne sommes pas en compétition avec les élus ou les autres acteurs de la société française : nous devons tous changer nos comportements en profondeur pour laisser à nos enfants et petits-enfants une planète viable. L’urgence climatique nous impose des décisions difficiles mais indispensables . Il apparaît inévitable de revoir nos modes de vie, nos manières de consommer, de produire et de travailler, de nous déplacer, de nous loger et de nous nourrir. Nous, les 150 citoyennes et citoyens, sommes conscients que les mesures que nous préconisons peuvent être difficiles à comprendre et parfois à accepter pour tous ceux qui verront leur métier disparaître et devront se réorienter, et qu’elles impliquent de nouvelles contraintes pour tous les Français. La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. Pour autant, il est vraisemblable qu’elles soient encore insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduction de 40 % des émissions de GES et maintenir l’augmentation de la température de la terre en deçà de 2 degrés. Nous pensons donc important que nos concitoyennes et concitoyens se saisissent de tous les sujets que nous avons travaillés pendant neuf mois avec le souci constant de l’intérêt commun..

Nous considérons que la réussite de cette convention dépendra en grande partie du respect par l’exécutif de son engagement à transmettre nos propositions « sans filtre », c’est-à-dire dire sans être reformulées ni adaptées, mais également de leur prise en compte par le pouvoir législatif. Nous attendons des pouvoirs publics une prise en compte immédiate de nos propositions permettant une accélération de la transition écologique, notamment en faisant du climat la priorité des politiques publiques, en évaluant les résultats et en sanctionnant les écarts. Nous invitons les acteurs économiques à mener une action plus volontariste en faveur de la transition écologique, repensant en profondeur nos modes de production et de consommation, et favoriser une meilleure distribution des richesses. Les référendums sur la Constitution et la reconnaissance du crime d’écocide que nous demandons permettront à tous les Français de prendre conscience, comme nous l’avons fait, des enjeux et des dangers du réchauffement climatique, et d’une sixième extinction de masse, de débattre et de s’approprier la transformation de la société qu’impliquent nos mesures. »

Articles antérieurs

30 juin 2020, Macron répond à la Convention pour le Climat

Macron : « Vous (la convention citoyenne) proposez un projet humaniste et tout ce que nous (le gouvernement) sommes en train de faire pour l’environnement, c’est non pas parce que nous mettons la nature au-dessus de nous, mais parce que nous considérons que défendre les droits de la nature est un de nos devoirs en tant qu’homme au sens générique du terme. C’est pourquoi il est essentiel de le mettre au bon niveau, mais de ne pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains parce que je crois que ce n’est pas cohérent avec le projet et la philosophie des Lumières qui portent notre République…« 

29 juin 2020, Le colibri inspire la convention citoyenne

La convention citoyenne pour le climat vient de rendre publiques ses propositions. Aucune ne prône le maintien du statu quo thermo-industriel, voici quelques propositions iconoclastes qu’ils ont votées : « réduire la vitesse sur les autoroutes de 130 à 110 km/h, limiter les déplacements des salariés et des fonctionnaires. renforcer l’écocontribution kilométrique du transport aérien, interdire les terrasses chauffées,et l’éclairage des magasins la nuit,interdire la construction de nouveaux aéroports et l’extension de ceux existants, obliger le changement des chaudières au fioul et à charbon d’ici à 2030, renoncer à la climatisation en deçà de 30 °C, tous les produits manufacturés vendus en France devront pouvoir être réparés, plastiques à usage unique supprimés dès 2023, deux repas végétariens par semaine dans la restauration collective à partir de 2025, légiférer sur le crime d’écocide. »…

22 juin 2020, Climat, pour ou contre la Convention des 150

Editorial du MONDE, en bref : « La conclusion des travaux de la convention citoyenne sur le climat apparaît prometteuse. Il n’était pas écrit d’avance que 150 citoyens tirés au sort parviennent à formuler des propositions précises visant à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 « dans un esprit de justice sociale ». La démocratie participative peut être l’une des réponses convaincantes à la crise de la représentativité, à condition que la réponse du président de la République soit, maintenant, à la hauteur. En 2007, le Grenelle de l’environnement avait soulevé un grand espoir avant d’accoucher d’une souris après la crise de 2008. Cette fois, il n’y a plus le choix : l’urgence climatique est telle qu’il faut agir vite et fort. Mais deux sujets essentiels ont été éludés, le sort de la taxe carbone et la part du nucléaire dans le mix énergétique... »

15 juin 2020, Une démocratie véritable par tirage au sort

Il est possible d’impliquer des citoyens ordinaires sur des enjeux politiques complexes à un niveau national, c’est ce que démontre la convention citoyenne pour le climat. Le recours à des panels de citoyens désignés par le hasard fait un retour significatif dans les démocraties libérales. Cette démarche rompt avec une théorie politique fondée sur l’élection comme mode de désignation légitime des représentants. Elle s’inscrit dans une ancienne tradition. Au IVe siècle avant J.-C.  était selon la formule d’Aristote « considéré comme démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort et comme oligarchique qu’elles soient électives »…

2 juin 2020 Convention citoyenne CLIMAT, pschittt…

Les 150 tirés au sort de la convention citoyenne pour le climat ont longuement débattu en visioconférence les 30 mai et 31 mai 2020 : près de 150 propositions visant à « changer en profondeur la société ». Il n’était pas facile de se mettre d’accord ! Alors on vote, on élague, et on oublie toute virulence. Les 19, 20 et 21 juin, cette convention présentera à l’exécutif un document final dont on connaît déjà le résultat final : tout ce qu’ils diront a déjà été dit et presque jamais mis en application…

9 mars 2020, acte 6, sauver le climat avec 150 citoyens ?

150 Français tirés au sort ont débattu du 6 au 8 mars 2020 de cent cinquante propositions destinées à « changer en profondeur la société ». Ces lycéens, médecins, sapeurs-pompiers ou agriculteurs, âgés de 16 à 81 ans et originaires de toutes les régions françaises, ont auditionné plus d’un centaine d’experts, lu des dizaines de rapports, et poursuivi leurs travaux entre les sessions, en participant à des webinaires (« séminaires par Internet »). Les antagonismes ont été particulièrement vifs sur la question de la réduction de la vitesse sur les autoroutes, de l’évolution des régimes alimentaires, de la taxation des entreprises…

12 février 2020, Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5

Cinquième week-end de travail des 150 membres de la Convention citoyenne pour la transition écologique*. Voici quelques les propositions des groupes de travail thématiques (30 personnes) : 1) se loger, lutter contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain, rénover énergétiquement tout le parc immobilier, inciter à ne pas dépasser une température de 19 °C dans les bâtiments… 2) se déplacer, limiter les émissions polluantes du secteur aérien et l’impact carbone du numérique, encourager l’usage du vélo et des transports en commun, covoiturage pour les trajets domicile-travail… 3) se nourrir, ne pas ratifier le CETA en l’état… 4) consommer, éviter le suremballage, interdire les terrasses chauffées et l’éclairage des magasins la nuit après leur fermeture… 5) produire-travailler, limiter la consommation d’énergie dans les lieux publics…

1er février 2020, Biosphere-Info, les conférences de consensus

Députés et sénateurs, rentrez chez vous, on n’a plus besoin de vous. Les conférences de citoyen vont vous remplacer à meilleur résultat et moindre frais. C’est ce que pourrait démontrer les conférences de citoyens tirés au sort. Voici quelques éléments pour mieux comprendre cette procédure démocratique à la recherche d’un consensus…

19 janvier 2020, CLIMAT, convention citoyenne et décisions

Le site de la convention citoyenne pour le climat vaut le détour. Pratiquer les recommandations qui en émergent mériteraient d’entrer en application tout de suite. Exemples : Faire une commission de citoyens tirés au sort qui déciderait de la commercialisation ou non des produits que les entreprises souhaitent vendre, selon leur impact pour la société ; Faire calculer à tous les élèves de primaire le bilan carbone de leurs parents et le comparer aux objectifs de 2030 afin de les sensibiliser ; Inverser la politique actuelle d’allocations familiales en n’ouvrant des allocations qu’au premier enfant ; Interdire de vendre les produits qui nécessitent de brûler de la forêt (exemple cité : soja) ; Obliger la vente à emporter de ne vendre que des boissons à verser dans des gourdes ; Apprendre aux élèves de l’école primaire à bricoler et réparer les objets ; Faire un quota d’achat d’1kg de vêtements neufs par an ; Produire soi-même sa nourriture…

15 janvier 2020, Emmanuel Macron devant 150 citoyens

Devant les 150 citoyens qui bossent pour lui, Emmanuel Macron a présenté trois scénarios suite à leurs propositions sur le climat. Dans le premier cas de figure, le chef de l’Etat n’est pas d’accord : « Je n’ai pas fait cet exercice pour en arriver là. » Deuxième possibilité, « le texte que vous avez se tient, et on y va sans filtre … Les propositions trouveront leur cheminement par voie réglementaire, par voie législative ou par référendum ».Troisième option, la proposition n’est pas assez précise et le chef de l’État s’engage à la « finaliser » avec les citoyens…

24 novembre 2019, 150 citoyens tirés au sort, et moi et moi émoi

Emmanuel Macron annonçait le 25 avril 2019, sur les décombres de la taxe carbone, la création d’une convention citoyenne pour le climat. 150 citoyens tentent de résoudre ce que les élus de la nation ne sont pas parvenus à faire. L’objectif est fondamental : définir une série de mesures permettant de réduire d’« au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, dans un esprit de justice sociale »…

8 octobre 2019, Écologie populaire et médiatisations

D’un côté 150 Français tirés au sort, rassemblés dans une convention citoyenne pour le climat, ont commencé à se pencher sur les mesures à prendre lutter contre le dérèglement climatique. Le premier ministre a assuré que cette convention a « vocation à inventer une écologie populaire dans tout ce que ce terme a de plus glorieux ». En fait il s’agit là d’une démagogie démocratique surréaliste, car la question qui est posée, nous savons déjà comment y répondre. Sous Macron la bavardage écolo tient lieu de politique, quand Emmanuel est devenu président il a su imposer une réforme du code du travail sans faire intervenir les citoyens. De l’autre côté les militants du mouvement Extinction Rebellion (XR) ont lancé quinze jours de désobéissance civile à travers la planète visant à dénoncer l’inaction « criminelle » des gouvernements face au changement climatique…

3 septembre 2019, Convention citoyenne sur le climat, mascarade ?

Les conférences de consensus (ou de citoyens) sont un mécanisme qui devrait être mis en avant par les écologistes car c’est une nouvelle forme d’exercice démocratique alliant citoyen de base, tirage au sort et réflexion collective sur nos problèmes contemporains. Voici quelques éléments de présentation de ce système mis en place… par Macron ! Voici aussi nos critiques…

14 août 2019, La volonté du peuple exprimée grâce au tirage au sort

Le nombre de personnes pour représenter le peuple en réflexion est trop grand ; plus il y a de personnes, plus le nombre d’interrelations se multiplie et bloque l’expression d’une intelligence collective. Une Conférence de consensus avec une vingtaine de participants suffit. Notons d’ailleurs que nos députés n’ont pas de compétence particulière, si ce n’est l’art et la manière de se faire élire, ce qui ne prédispose en rien à être représentatif d’autrui…

30 avril 2019, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

Le 25 avril, il aura fallu attendre près de quarante minutes de discours avant qu’Emmanuel Macron n’aborde la question de l’urgence écologique. Et le Grand Débat National se traduit par… une nouvelle consultation. Une convention citoyenne, avec 150 membres tirés au sort, aurait l’impossible tâche de définir les mesures permettant de traiter de l’urgence climatique ! Macron a également annoncé la création d’un Conseil de défense écologique… alors qu’il a lui-même créé, il y a quelques mois, un Haut-Conseil pour le Climat, dont il n’y a rien à attendre. Au-delà de l’aspect climatique, on ne peut que regretter l’impasse faite sur la transition énergétique, la biodiversité, la pollution, la transition agro-alimentaire… autant de sujets éminemment liés, qui restent sans réponse. L’augmentation de la taxe carbone qui avait mis le feu aux poudres en novembre 2018 n’a même pas été évoquée. De toute façon il y a absence totale d’annonces concrètes…

Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Le passage au 80 km/h sur les routes voulu par le 1er ministre Édouard Philippe était une limitation de notre démesure, le président Emmanuel Macron n’en veut pas pour les autoroutes : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Ce serait profondément injuste que tout votre travail (celui de la convention citoyenne) soit résumé à cette proposition. Je vous le dis très sincèrement : pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens. Il ne faut pas les diviser. Il faut réussir à les embarquer tous ensemble. Si on fait ça, je vous l’écris, nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés, qui parfois mettent tous les jours 45 minutes, une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, qui ont besoin pour retrouver leur famille de les utiliser, dont la vie s’organise par ces transports, ils vont dire : « OK, leur projet est un projet où il n’y a pas de place pour moi, c’est un projet d’urbains, il n’existe pas. » Ce n’est pas la réponse que vous voulez apporter. Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas la caricature. Je pense qu’il faut faire maturer ce débat dans la société, celui de la vitesse. Ne donnons jamais le sentiment à certains de nos concitoyens qu’on les culpabilise. Et donc je propose de repousser ce débat. Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi, c’est à dire avoir des mois de travail qui s’abîment dans une polémique. »

Noun : Pour le 110 il a évidemment raison, ça nous promettait une deuxième saison du feuilleton gilets jaunes, et c’est pas le moment !

Hil92 : La plupart des mesures proposées ont un coût économique plus ou moins important. Mais il y en a UNE qui ne coûte quasiment rien, c’est le passage de 130 à 110km/h max sur les autoroutes. Et on sait que c’est très efficace. Et, qui sera étonné ?, c’est la première qui est abandonnée… Courage, fuyons !

StephaneB : Humm…il n’est pas interdit de chercher à comprendre la fin de non-recevoir soulevée par Emmanuel Macron avec un peu de bonne foi…parce qu’on peut raisonnablement admettre que notre President n’ignore rien des effets positifs d’une réduction de vitesse sur toute… Il se trouve juste qu’à l’hiver 2019, une grosse majorité de Français a eu la glorieuse et lumineuse idée de soutenir la jacquerie des Gilets Jaunes, qui, sous couvert d’un prétentieux projet de réforme sociale, n’avait en réalité pour autre dessein que d’être à nouveau autorisé à rouler à 160 km sur départementale, et d’obtenir un coup d’pouce financier pour rembourser l’emprunt sur l »ecran plat acheté à la rentrée… Bien…en tant que politique, il a donc bien le droit de se prémunir contre la bêtise des français !

-Alazon- : Cela coûte du temps, qui est un bien précieux. On passe deux ans par an dans une voiture en moyenne, 10% de réduction des vitesses c’est deux mois de plus. La mesure touche principalement les gens en zone rurale, déjà pénalisés par le 80 km/h. Ces mesures sans effet sérieux sur le climat sont défendues par des urbains nantis qui veulent les imposer aux autres.

Démocrate @ Alazon : au collège, on a dû vous apprendre que l’énergie cinétique est égale à 1/2 x masse x vitesse AU CARRE. Donc rouler à 110 km/h c’est 8% plus lent, mais environ 16% plus économe en énergie (donc aussi moins cher et moins dangereux en cas d’accident). Sans compter le temps gagné en réduisant les effets d’accordéons, générateurs de bouchons. En revanche là où vous avez raison, c’est qu’en allant très très très vite, le temps s’écoulera plus lentement pour vous que pour les autres, mais je ne suis pas certain que votre véhicule puisse s’approcher assez de la vitesse de la lumière pour que ce soit notable. Si c’est le cas cependant, vous ne risquez pas l’amende : les flashs des radars ne pourrons pas vous rattraper, inutile donc de les vandaliser. Et toc pour les urbains nantis!

Teknofan : Notre hyperprésident refuse le 110 km/h ! Dommage car rouler à 110 plutôt qu’à 130 permet de diminuer la consommation de 25 % (c’est pas moi qui le dit, mais un site de fana de l’automobile qui a fait l’essai). Que tout ceux qui croient encore notre président soucieux de l’écologie se rassurent ; il s’en fout. Il veut se faire réélire, point !

ChP 2 : Pour faire simple, dans ce domaine de vitesse, la principale force de résistance à l’avancement d’un véhicule est la traînée aérodynamique, Fx,q ui est proportionnelle au carré de la vitesse. L’énergie dépensée, la consommation donc, est proportionnelle à Fx et à la distance parcourue (C’est pour cela qu’elle s’exprime en l/100 km). Si l’on passe de 130 km/h à 110 km/h, on va donc économiser dans le rapport (110/130) au carré soit 72 %. C’est bien sûr un résultat du 1er ordre. La vérité n’est pas très loin.

Don Lope : Malheureusement ce quinquennat comme celui qui l’ont précédé, montre que si on veut de décisions écologiste, il faut… un pouvoir écologiste. Pour tous jusqu’à aujourd’hui, gauche, droite, ou LREM, l’écologie a toujours été un faire-valoir et aucune décision difficile en faveur de la préservation de l’environnement n’a été prise au détriment des intérêts économiques. Si les industries et in fine le consommateur devait payer le vrai coût environnemental évidemment ça changerait beaucoup de choses. <l’environnement appartient à tous et pourtant personne ne s’en soucie.

Michel SOURROUILLE : Passer aux 110 km/h va donc dans le bon sens, comme cela s’est fait pour le 80 km/h sur routes. Les automobilistes conscients des limites de la biosphère devraient se rendre compte que ce n’est là qu’une étape vers le dévoiturage, c’est-à-dire l’abandon à moyen terme de la voiture individuelle comme moyen de déplacement. Nous devons nous préparer à cet événement géo-physique inéluctable, quand il n’y aura presque plus de pétrole, essence ou gas-oil seront à des tarifs dissuasifs. Des évolutions favorables qui limitent notre usage de la voiture sont déjà en cours, le covoiturage, les ralentisseurs qui se multiplient, le recours aux transports collectif. Le bridage des moteurs à 110 km/h serait le nec plus ultra.

Macron répond à la Convention pour le Climat

Sans commentaire de notre part et en attendant les vôtres, voici les principaux extraits du discours du président Macron : « Vous proposez de réécrire le préambule de la Constitution en plaçant l’environnement au-dessus de nos valeurs, de nos autres valeurs fondamentales. Tel que proposé, la rédaction pour le préambule menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques, au-dessus même de nos règles démocratiques. Et c’est pourquoi je ne souhaite pas reprendre cette proposition parce que je considère qu’elle serait contraire à l’esprit de nos valeurs. Vous proposez un projet humaniste et tout ce que nous sommes en train de faire pour l’environnement, c’est non pas parce que nous mettons la nature au-dessus de nous, mais parce que nous considérons que défendre les droits de la nature est un de nos devoirs en tant qu’homme au sens générique du terme. C’est pourquoi il est essentiel de le mettre au bon niveau, mais de ne pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains parce que je crois que ce n’est pas cohérent avec le projet et la philosophie des Lumières qui portent notre République… La planète pourrait être sur une trajectoire de plus 7 degrés d’ici 2100, la biodiversité continue de se dégrader. Ce que vous (les 150citoyens) proposez c’est un projet cohérent pour mieux vivre, un projet humaniste auquel j’adhère. Notre société a besoin d’une transformation profonde qui nous permette de faire notre part, nous Français, pour lutter contre le réchauffement climatique et pour lutter pour la biodiversité. Il y a quatre principes que je partage avec vous.

Le premier, c’est de placer l’écologie au cœur du modèle économique en faisant le pari de l’investissement dans les transports, les énergies, les technologies de demain. Il y a un autre choix possible qui est de continuer à dire le cœur de notre modèle économique, c’est de produire sans se soucier de l’écologie. . Ce n’est plus possible ! Nous sommes aux limites du système. Le deuxième choix auquel vous tournez le dos aussi, c’est celui qu’on appelle le modèle de la décroissance. Si nous disions que, pour réussir ce défi écologique, il faut moins travailler, moins produire, je vous dirais : si nous produisons moins nous travaillons, moins nous ne pourrons plus financer le modèle social qui est le nôtre. Vous voulez comme moi qu’on produise pour servir un modèle humaniste. Un modèle de décroissance, c’est un modèle de décroissance aussi de notre modèle social. Une économie quasiment à l’arrêt n’a réduit que de 8 % les émissions de gaz à effet de serre, on voit bien que le choix de décroissance n’est pas une réponse au défi climatique. Je crois à la croissance de notre économie, je crois à un modèle qui innove. Nos entreprises ont besoin d’innover. Elles ont donc besoin d’attirer des capitaux, français et étrangers, sur notre sol.

Le second principe de cette transformation, c’est un principe de justice sociale. Faire en sorte que cette transition écologique ne laisse personne au bord du chemin. Et sur ce sujet, vous avez beaucoup de propositions fortes que je souhaite toutes voir reprises : proposer des chèques alimentaires pour permettre aux plus modestes d’acheter des produits de qualité de cette agriculture que vous voulez transformer, de cette agroécologie dont vous voulez accélérer la promotion, et vous avez raison ; proposer des aides renforcées pour que les plus modestes puissent acquérir des véhicules propres.

Le troisième principe d’une écologisation de notre société est de réussir l’aménagement de notre territoire. Il faut pouvoir articuler un aménagement harmonieux et réduire les trajectoires par avion qui ne sont plus utiles quand on peut se déplacer en TGV à moins de deux heures et demies. Jamais, me semble-t-il, la transition écologique ne doit se faire au détriment des communes, des régions qui sont les plus enclavées. Et c’est pour cela que je crois qu’il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés mettent parfois tous les jours 45 minutes, une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, ils ont besoin de retrouver rapidement leur famille. Par contre la division par 2 des surfaces urbanisables, la sanctuarisation des espaces agricoles naturels, forestiers, toutes les mesures que vous préconisez entrent en échos pour moi. Vous préconisez d’instaurer un moratoire sur les nouvelles zones commerciales en périphérie des villes, allons-y ! Allons-y, agissons !

Et puis, le quatrième et dernier principe, c’est celui de la responsabilité de chacun. Ce changement de modèle, ce n’est pas l’affaire du Gouvernement, du Parlement, ce n’est pas l’affaire de textes, c’est l’engagement de toute une nation dans toutes ses composantes. L’État, les collectivités locales, bien sûr, doivent agir avec le courage de bousculer le système. Mais seul, ils ne peuvent rien, car la réussite passe par la conversion des regards, le changement des comportements de chacun. »

Climat, l’Affaire du siècle, inertie politique

Article

Selon une requête déposée devant le tribunal administratif en mars 2019, dite« L’Affaire du siècle », l’Etat méconnaîtrait « ses obligations générales de lutte contre le changement climatique et ses obligations spécifiques en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique résultant de l’accord de Paris, de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, du droit de l’Union européenne et du droit national ». Cette action demande aux juges d’enjoindre au gouvernement de « prendre toutes les mesures » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le ministère de l’écologie a pris son temps, seize mois, pour rédiger sa réponse aux quatre ONG. Le ministère réplique que l’Etat a respecté l’accord de Paris dans la mesure où celui-ci ne crée « pas de droit dont les particuliers pourraient directement se prévaloir »… Il précise que le préjudice écologique n’a jamais été appliqué devant la juridiction administrative… Il botte en touche : « La France représente environ 1 % de la population mondiale et émet chaque année environ 1 % des gaz à effet de serre de la planète ». Le mémoire martèle que l’Etat n’est pas en capacité d’empêcher l’intégralité des émissions de gaz à effet de serre sur son territoire car « une part substantielle de cette pollution procède d’activités industrielles et agricoles », mais aussi de « choix et décisions individuelles sur lesquels il n’est pas toujours possible d’influer ». La décision du tribunal administratif pourrait intervenir courant 2021 et devrait faire l’objet d’un appel devant le Conseil d’Etat.

« Le gouvernement ne semble pas enclin à saisir les opportunités qui se présentent à lui pour rectifier la trajectoire de son inaction », ont déploré les quatre associations dans un communiqué, le 25 juin. En mettant en avant les « choix individuels », le gouvernement omet de mentionner son rôle de régulateur et d’investisseur. Il conteste l’existence d’une obligation générale de lutte contre le changement climatique. Il liste des mesures politiques récentes, dont il ne démontre pas les effets sur la réduction d’émissions de gaz à effet de serre dans la période applicable au recours. Certaines ont d’ailleurs été adoptées après le dépôt du recours. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 janvier 2019, Deux millions de signatures pour l’Affaire du Siècle

extraits : Nous attendons désormais du Premier ministre une réponse à la hauteur de l’urgence climatique. La même semaine que le lancement de l’Affaire du Siècle, Météo France annonçait que 2018 avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée en France depuis le début des relevés météorologiques en 1900, avec une séquence de 9 mois consécutifs au-dessus des normales. Pourtant le ministre de l’écologie François de Rugy a esquivé le cœur du sujet…

29 décembre 2018, Signez la pétition pour le climat s’il vous plaît

Aujourd’hui 29 décembre à midi, nous sommes déjà 1 903 700 à soutenir l’action en justice contre l’État pour le climat. Voici le texte intégral de « L’AFFAIRE DU SIÈCLE » :

extraits : Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’État français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits.

Référendum climat, que va en faire Macron ?

Trouver une place dans la Constitution pour la lutte contre le réchauffement climatique, vaste débat. Dès septembre 2017, Nicolas Hulot avait échangé avec l’association WWF de cette possibilité. En mars 2018, Nicolas Hulot avouait en discuter depuis plusieurs mois avec Emmanuel Macron. Fin juin 2018, Nicolas Hulot obtient de l’exécutif que les mots « environnement, climat et biodiversité » figurent dans l’article premier de la Constitution ; c’est une avancée car cet article consacre le fait que « le peuple affirme le caractère fondamental de… ». Et puis plus rien, Macron a d’autres chats à fouetter. Aujourd’hui les 150 citoyens reprennent le flambeau hulotiste et souhaitent que le préambule de la Constitution précise que « la conciliation des droits, libertés et principes ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité ». Ils veulent également ajouter à l’article premier que « la République garantit la préservation de la biodiversité, de l’environnement et lutte contre le dérèglement climatique ».

L’hypothèse du référendum prend chaque jour plus de consistance à l’Elysée, mais depuis le « non » au traité constitutionnel européen de 2005 aucun président de la République ne s’y est risqué. En 1969 de Gaulle avait proposé d’accroître le pouvoir des régions et d’élargir la représentativité du Sénat par voie référendaire. La campagne référendaire devint un vote pour ou contre le Général, qui, désavoué par les électeurs, quitta aussitôt le pouvoir. Les Français ont pris l’habitude de ne pas répondre à une question qui leur est posée pour faire du simple « dégagisme ». Rappelons que l’article 89 de la Constitution permet au président de la République de soumettre au peuple français un projet de révision de la Constitution, mais il faudrait qu’un vote identique de l’Assemblée nationale et du Sénat valide le projet de référendum… et les deux assemblées ne sont pas de la même couleur politique ! Aussi Emmanuel Macron envisage-t-il sans rire un référendum simplement consultatif : « Ça ne s’est jamais fait, mais je suis prêt à aller dans cette direction, on peut innover démocratiquement. » 265 parlementaires de la majorité envisagent récemment« l’organisation possible d’un référendum à choix multiples pour garantir que la majorité des Français soutient l’ambition climatique du président ».

Disons clairement qu’un QCM (questionnaire à choix multiples) ne représentera rien de ce qu’il faudrait mettre en œuvre, une écologie de rupture. La disparition totale de la taxe carbone à cause de quelques Gilets jaunes à des ronds-points est un exemple de l’incapacité du « peuple » à vouloir lutter contre le réchauffement climatique. La proposition des 150 citoyens d’une « limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute » aurait toutes les chances d’être rejetée par une majorité des hommautos : « On croit fabriquer des automobiles, on fabrique une société. » Emmanuel Macron a prévu de recevoir le 29 juin les 150 pour leur apporter de « premières réponses ». Cette réception confirmera sans doute qu’il faut prendre Macron pour ce qu’il est, un « progressiste » qui nous mène en bateau. Il s’est assis avec le plus parfait mépris sur les milliers de cahiers de doléances du Grand Monologue, pardon du « Grand Débat ». Il fera de même avec les 150 propositions citoyennes.

Notons pour conclure que l’écologie est déjà présente dans la Constitution. Le 28 février 2005, la Charte de l’environnement était approuvée par les parlementaires français réunis en Congrès pour lui donner une valeur constitutionnelle : « Aux côtés des droits de l’homme de 1789 et des droits sociaux de 1946, et au même niveau, nous allons reconnaître les principes fondamentaux d’une écologie soucieuse du devenir de l’homme.» … ». Mais ce n’est pas parce que c’est dans un texte, même jugé « fondamental », que les humains l’appliquent. La preuve, il suffit de regarder l’état de la planète et sa constante dégradation.

les leçons à tirer de la Convention Climat

« Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique… La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. ». Durant neuf mois, 150 citoyen.e.s ont réfléchi dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Voici quelques extraits de leur rapport de 600 pages  :

Validité de la convention en introduction : « Citoyennes et citoyens de toutes origines et professions, nous sommes représentatifs de la société ; nous avons été sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans nous être portés volontaires préalablement. Nous ne sommes pas des experts, la convention citoyenne reconnaît la capacité des citoyens moyens de s’exprimer sur un sujet d’avenir majeur. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre [(GES)] d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Si nous ne rattrapons pas le retard pris, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables, du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides. C’est une question de vie ou de mort ! »

Rupture civilisationnelle en conclusion : « Nous ne sommes pas en compétition avec les élus ou les autres acteurs de la société française : nous devons tous changer nos comportements en profondeur pour laisser à nos enfants et petits-enfants une planète viable. L’urgence climatique nous impose des décisions difficiles mais indispensables . Il apparaît inévitable de revoir nos modes de vie, nos manières de consommer, de produire et de travailler, de nous déplacer, de nous loger et de nous nourrir. Nous, les 150 citoyennes et citoyens, sommes conscients que les mesures que nous préconisons peuvent être difficiles à comprendre et parfois à accepter pour tous ceux qui verront leur métier disparaître et devront se réorienter, et qu’elles impliquent de nouvelles contraintes pour tous les Français. La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. Pour autant, il est vraisemblable qu’elles soient encore insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduction de 40 % des émissions de GES et maintenir l’augmentation de la température de la terre en deçà de 2 degrés. Nous pensons donc important que nos concitoyennes et concitoyens se saisissent de tous les sujets que nous avons travaillés pendant neuf mois avec le souci constant de l’intérêt commun..

Nous considérons que la réussite de cette convention dépendra en grande partie du respect par l’exécutif de son engagement à transmettre nos propositions « sans filtre », c’est-à-dire dire sans être reformulées ni adaptées, mais également de leur prise en compte par le pouvoir législatif. Nous attendons des pouvoirs publics une prise en compte immédiate de nos propositions permettant une accélération de la transition écologique, notamment en faisant du climat la priorité des politiques publiques, en évaluant les résultats et en sanctionnant les écarts. Nous invitons les acteurs économiques à mener une action plus volontariste en faveur de la transition écologique, repensant en profondeur nos modes de production et de consommation, et favoriser une meilleure distribution des richesses. Les référendums sur la Constitution et la reconnaissance du crime d’écocide que nous demandons permettront à tous les Français de prendre conscience, comme nous l’avons fait, des enjeux et des dangers du réchauffement climatique, et d’une sixième extinction de masse, de débattre et de s’approprier la transformation de la société qu’impliquent nos mesures. »