effet de serre

La justice climatique, notre affaire à tous

Le titre de l’éditorial du MONDE* est fort mal choisi, « la justice climatique, une affaire d’État ». Lancée par quatre OGM environnementales, dont la bien-nommée « Notre affaire à tous » (avec la fondation de Nicolas Hulot FNH, Greenpeace et Oxfam), une pétition soutient l’action en justice contre l’État pour « carence fautive s’il n’apporte pas la preuve, dans les deux mois, qu’il met effectivement en œuvre ses engagements en matière de lutte contre le changement climatique ». Avec 1,8 million de signataires en quelques jours, cette pétition surpasse de loin toutes les initiatives comparables.

Mais la justice climatique est notre affaire à tous car quand nous faisons brûler des combustibles fossiles, avec notre bagnole, notre chauffage, nos activités énergivores, nous sommes co-responsables des émissions de gaz à effet de serre. Si le sous-titre du MONDE est parlant, « Le plus dur est à venir… Dans une société divisée entre gilets jaunes et gilets verts, les choix gouvernementaux vont devenir extrêmement difficiles… », il n’empêche que le quotidien fait seulement référence à la diplomatie climatique et à la co-responsabilité des Etats. Un vœu pieux tant que nous ne nous sentirons pas tous personnellement concernés par la réalité de plus en plus brûlante des perturbations climatiques.

Terminons par ce commentaire judicieux de « Suicidé par Congénères » sur lemonde.fr : « J’ai fini par signer la pétition. Pas « contre » ce gouvernement . Mais pour faire force. Même en sachant que c’est déjà trop tard. Les réseaux sociaux peuvent servir pour des idioties comme les Gilets Jaunes. Mais peuvent aussi faire prendre conscience du suicide collectif que l’égoïsme de nos congénères nous fait subir. »

* LE MONDE du 28 décembre 2018, La justice climatique, une affaire d’État

L’inertie de l’État en matière climatique

La pétition pour une action en justice contre l’inertie en matière climatique de l’État a recueilli 1,7 million de signatures, un record, bien au dessus de la pétition des “gilets jaunes” ». Le ministre de la transition écologique, François de Rugy, se dit « heureux que les citoyens s’expriment pour lutter contre le dérèglement climatique ». Ça mange pas de pain ! Il ménage la chèvre et le chou : « Une pétition pour le climat, oui, je signe. Une pétition pour attaquer l’Etat, non. » Il estime aussi que « Ce n’est pas à des juges de forcer le gouvernement à prendre une loi »… il botte en touche. Alors qu’il a lui-même acté la suppression de la taxe carbone, il pousse un cocorico : « Les mesures prises dès le début du quinquennat commencent à porter leurs fruits. » Les commentateurs sur lemonde.fr restent sur leur faim :

Hivers rigoureux : Les Gilets Jaunes ont obtenu 10 milliards. Les 1,7 millions de pétitionnaires ont obtenu de belles paroles d’une girouette de haut vol.

PHILÉMON FROG 2 : Ce ministre feint-il de ne pas comprendre ? La taxe écologique est un impératif et on ne peut pas être solidaire des gilets jaunes sur ce point quand on est écologiste.

C’est déjà trop tard : Comme quoi, foutre le bordel par quelques milliers d’abrutis paye plus que signer des pétitions par des millions de gens conscients, eux.

Fabrice : Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut commencer par détruire les ronds-points.

Vert ! : Bobos verts contre prolos jaunes… Cette fois la guerre est bien déclarée.

Fratern : Si on répond au niveau @Verts!, on peut dire que les gilets jaunes sont eux sous l’influence des bobos rouges-bruns : Mélenchon, Ruffin, Le Pen et autres bourges bien nantis du même acabit.

OBdx : Pas d’amour, sans preuves d’amour. Donc, à l’action !!! Et en expliquant clairement cette action. Et là on verra si le pouvoir est conscient des enjeux et convaincu de la politique à mener pour agir sur les émissions de gaz à effet de serre.

Pierre Castaing : Quoi de plus simple ou même d’irresponsable que de cocher une case ? Une véritable action citoyenne doit correspondre à un minimum d’effort personnel. Ne serait-ce qu’un euro, ou tout ou partie de ce que le gouvernement demandait.

Fratern : Il semblerait que le principal frein aux mesures pour le climat ne soit pas le gouvernement, mais les Français.

Climat et pétrole devraient gâcher la fête de Noël

Qui dit augmentation de la combustion de pétrole pour les fêtes de fin d’année dit aussi augmentation des émissions de gaz à effet de serre… Le Manuel de Transition (publié en 2010) nous décrit ainsi cette interdépendance : « Changement climatique et pic pétrolier sont les jumeaux de l’hydrocarbure. Ces deux questions sont tellement interreliées que si on les considère isolément, une grande partie du problème nous échappe. Sans pétrole à bon marché, vous ne seriez pas en train de lire ces lignes en ce moment. Quand vous vous mettez vraiment à y penser, ce n’est pas seulement ce livre qui n’existerait pas. La plupart des choses qui vous entourent dépendent du pétrole à bon marché pour leur fabrication et leur transport. Ce n’est pas pour rien qu’on parle des carburants fossiles comme d’une très vieille lumière solaire ; ils ont une incroyable densité énergétique. On estime que 40 litres d’essence contiennent l’équivalent énergétique de 4 ans de labeur manuel humain. Nous pouvons appeler « Intervalle du pétrole » le bref interlude de 200 ans où nous aurons extrait du sol la totalité de cette extraordinaire substance et l’aurons brûlée… Le climat planétaire est nettement en train de se réchauffer ; il n’est plus permis d’en douter. Jusqu’où est-il réaliste de permettre à la température de monter ? La réponse est qu’idéalement, nous devrions mettre un terme à toutes nos émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui même, mais ce n’est manifestement pas ce qui va se passer... »

En effet nous voulons toujours plus de pétrole alors que laisser une majorité du pétrole accessible sous terre pour limiter le réchauffement climatique est déjà une nécessité. Les « gilets jaunes » qui ne veulent pas de la taxe carbone et la multinationale Total, qui leur fournit leur dope, vont dans la même direction, droit dans le mur. Nous sommes vraiment en train de soutirer les dernières gouttes de pétrole, ainsi en Angola*. On profite de la dépendance de ce pays envers la merde du diable ; l’or noir représentant 95 % de ses exportations et assure 40 % de la production du pays, soit environ 15 % du PIB. Les zones les plus accessibles, d’abord à terre, ont d’abord été épuisées. A l’orée des années 1980, le gisement (bloc 3) était situé à quelques encablures des côtes angolaises et à une profondeur d’une centaine de mètres. On a ensuite foré à 700 mètres, puis on est descendu de plus en plus au fil du temps. On utilise techniquement des FPSO (Floating Production Storage and Offloading) pour exploiter le offshore profond [« deep offshore »], qui représente 20 % de la production de la compagnie. Aujourd’hui le bloc 17 produit de l’« huile » enfouie à 1 600 mètres sous la surface de la mer à une distance moyenne de 200 kilomètres des terres. Plus loin encore, il y a le bloc 32, à 260 kilomètres des terres. Il faut chercher le pétrole à une profondeur d’eau d’environ 2 000 mètres, à laquelle il faut ajouter une perforation de la couche terrestre qui peut atteindre 1 500 mètres (soit une distance totale de 3 500 mètres sous la coque de la FPSO). Mais la folie humaine n’a pas de limites. Le bloc 48 est situé dans des eaux ultra-profondes, à 400 kilomètres de Luanda. Il y a une profondeur de 3 600 mètres d’eau et il s’agira du puits d’exploration le plus profond jamais réalisé. Autant dire qu’une telle démesure technologique accroît énormément les risques d’une marée noire.

Les jumeaux hydrocarbures (pic pétrolier et réchauffement climatique) nous imposent une descente énergétique.Refuser cet état des faits, c’est vouloir accélérer l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle. Il ne s’agit pas de faire du catastrophisme, mais de constater une réalité biophysique. Ça va finir mal, on le sait, mais Total, gouvernement angolais et gilets jaunes se tiennent par la main. L’échec de la COP21 nous montre encore une fois que nous ne faisons rien collectivement pour éviter les drames présents et à venir. Tant que nos concitoyens auront besoin de carburant pour aller au travail… l’écologie et les générations futures seront bien oubliées.

* LE MONDE économie du 14 décembre 2018, En Angola, la quête périlleuse du pétrole en haute mer

Climat, un débat bête et souvent trop méchant

La jeune Greta Thunberg, qui mène une « grève scolaire » pour le climat tous les vendredis, a été le visage de la COP24. Elle a réussi à porter son message jusque dans les assemblées de la 24e conférence mondiale sur le climat : «  Nous sommes à court d’excuses et de temps. Nous sommes venus ici pour vous informer que le changement s’annonce, que cela vous plaise ou non », a prévenu la jeune fille. Les réactions sur lemonde.fr* montrent que nous sommes encore loin d’un discours commun sur l’action climatique à mener. L’anti-écologisme est omniprésent :

Untel : Les écolos ont échoué à convaincre les adultes; ils essaient maintenant avec un public moins sceptique. Arrheu

Claude Hutin : La culpabilisation est le degré zéro de l’argumentation, même sous forme de soupe écolo ânonnée par une gamine. Les gens meurent de faim dans le monde et vous ne faites rien ? Il y a une guerre au Yemen et vous ne faites rien ?La culpabilisation ne fait pas une politique.

nicopra : Greta Thunberg est loin d’être une gamine instrumentalisée juste pour la COP. Et à 15 ans, on est plus une enfant mais bien une jeune adulte qui pense même si ça dérange certains. J’espère que ces messieurs Untel, Hutin, … ne sont pas de vieux c… mais encore assez jeunes pour être là quand les conséquences du réchauffement nous frapperont de plein fouet.

Untel : Supposons qu’un pays soit dirigé un jour par un écolo décroissant. Vous verrez alors, si vous êtes assez jeune, que les pays dirigés par des sceptiques s’en sortiront mieux vis-à-vis du réchauffement que le pays dirigé par un écolo.

décroissant au beurre : Instrumentaliser une gamine c’est pas beau! A t-elle un prix Nobel ou récite t-elle son catéchisme écolo? Laissons le marché innover et s’occuper de ça. Le reste c’est juste de l’idéologie.

ERIC TENU : @ décroissant: Je connais pire qu’une instrumentalisation de gamine, vous concernant. De la mauvaise foi : le fameux marché ne convient plus à la planète et est lui-même en cause. C’est ce que dit la science de l’écologie. C’est à distinguer d’une opinion, comme d’un mouvement politique.

Gilet Vert : Mon fils de 9 ans s’est écroulé en larmes devant le dernier « RV en Terre Inconnue », quand les Indiens Kogis suppliaient les « petits frères » (les occidentaux) de respecter la « terre mère » dont il ne faut pas oublier qu’elle nous donne tout. Ému aux larmes par le mal et la pollution que l’on génère ! Du coup cela m’a aussi bouleversé !

Claude Hutin : Pfff. Les indiens Kogis c’est une sorte de Corée du Nord arriérée et autarcique, ça ne fait pas rêver tout le monde, mais vous pouvez y partir, on ne vous retient pas. Vous pourriez avant de partir suggérer à votre fils quelques reportages sur le paludisme, pour lequel on espère de grandes avancées, sur les développements de l’IA et sur la révolution génétique.

le sceptique : L’écologisme correspond à la définition totalitaire chez une partie de ses partisans : persuadés que c’est l’alpha et l’oméga, la clé expliquant le tout qui doit être repensé par là, que l’Etat doit devenir autoritaire si le peuple ne comprend pas, que chaque geste de la vie privée est un enjeu politique, que la nature est référent et norme non discutables, etc. Il y a des fanas de toute idéologie, le danger vient surtout de l’appel au pouvoir fort.

JEAN PIERRE PEYRARD @ le sceptique : En l’occurrence, il s’agit de savoir comment on répond aux prévisions apparemment fondées des climatologues. Il ne s’agit donc pas d’écologisme mais, au bout du compte, de la (sur)vie de l’humanité. L’état de la planète n’est pas le fait du hasard ou de la malchance, mais d’un fonctionnement propre à notre espèce qui met en route des processus avant de se poser les questions de leurs effets.

ARMAND DANCER : Il y a bien eu les jeunesses communistes, les gardes rouges, les jeunesses hitlériennes, les Opera Nazionale Balilla, les JEC, les JOC, etc… pourquoi n’aurait-on pas les « jeunesses écologistes »… avec le même enthousiasme imbécile et le même manque de réflexion ?

Dance Fly : C’est vrai que vous quand on lit vos messages on se dit tout suite que côté réflexion vous êtes au dessus de la moyenne hein ?

CHRISTOPHE NICOLAS : Le 4×4 ou le vélo…la bourse ou la vie ? Pas sûr que cela soit si simple L’écologie c’est la préservation de notre milieu naturel mais pour beaucoup d’entre nous qui sont nés dans les villes le retour à un mode de vie rural est un non-sens.

Thierry Oiseau : Gandhi nous le rabâche, vivre tous simplement pour que tous puissions simplement vivre. Notre maison est unique et fragile, nous devons en prendre soin, économie, partage, justice, de toute urgence nous devons guérir avec Gaïa.

Tagadatsointsoin : est il possible de lutter contre le déréglement climatique dans le système économique actuel ? La mondialisation sans aucune règle met les pays en concurrence, et en concurrence par tous les moyens ou alors on n’est plus compétitif, on perd des emplois et c’est le chômage. C’est donc la surenchère mondiale au moins disant social, fiscal (il faut attirer les entreprises et Starbuck paie moins d’impôts que le café du coin …)

* lemonde.fr du 17.12.2018, « Nous sommes à court d’excuses »

COP24, une mascarade sur le climat, un échec avéré

Le constat : il est possible que nos sociétés industrielles, suite au déséquilibre des écosystèmes, se dégradent beaucoup plus rapidement que l’empire romain. Notre système socio-économique a en effet la caractéristique d’avoir tout interconnecté de manière rapide et homogène (la globalisation), ce qui accélère les dynamiques de ruptures catastrophiques. Il y a effets en chaîne, des cercles vicieux. Or les engagements pris lors de la COP21 en 2015 sont insuffisants, puisqu’ils mettaient la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3,2 °C – d’autant que les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont en hausse en 2018. Lors de la COP24, qui s’est tenue du 2 au 15 décembre, les 196 pays ne sont pas parvenus à s’entendre sur les règles d’application de l’accord de Paris conclu en 2015. Les discussions, très techniques, ont été freinées par une succession de confrontations et de blocages. On a « insisté sur l’urgence d’une ambition accrue »* sans donner de calendrier ! On fait comme si les conclusions catastrophistes du rapport du GIEC n’existaient pas.

Les solutions selon le collapsologue Pablo Servigne :  « Le problème est que si tous s’accordent sur les faits (climat, biodiversité, etc.), chacun a ensuite sa petite idée sur quoi faire… et tout le monde se chamaille.Certains voudront faire du lobbying en direction de l’Europe, d’autres s’engager dans une ZAD [zone à défendre], d’autres créer des groupes d’écoute, d’autres créer un journal, aller manifester à la COP [conférence des parties], etc. L’action est possible à toutes les échelles (personnelle, familiale, municipale, régionale, nationale, européenne, internationale, humaine, biosphère) ! Ce serait bien présomptueux de ma part de dire aux gens ce qu’ils doivent faire. Personnellement, je n’aime pas trop les grandes échelles (au-delà de la région), car elles ouvrent la porte aux pouvoirs et aux rapports de domination (aux abus). Elles nécessitent une trop grande complexité, ce qui peut décevoir. Je pense qu’il ne faut pas tout miser sur le rôle (sauveur) de l’Etat. L’enjeu, aujourd’hui, est de s’accorder sur un récit (ou plusieurs), et de le co-construire ensemble. Si vous êtes convaincu que la décroissance (ou tout autre mot : récit, concept…) sera grande et belle, et donnera du sens à votre monde, alors vous vous mettrez en action, et personne ne vous arrêtera… Mais les récits se font ensemble, et c’est là que ça se corse ! Il faut arriver à faire “communauté de destin”, comme dirait Edgar Morin. Je pense que notre époque est devenue un grand champ de bataille des récits (conscients) et des mythes (inconscients), et bien malin qui arrivera à deviner celui qui l’emportera…Pour conclure, il faut aussi dire que cette question climatique est un grand chantier qui ne fait que commencer. »**

La conclusion de Mohamed Nashreed, ex-président des Maldives : « Les émissions de CO2 continent d’augmenter, augmenter, augmenter. Et tout ce que nous semblons capable de faire, c’est parler, parler, parler… »

* lemonde.fr du 15 décembre 2018, Climat : la COP24 adopte les règles d’application de l’accord de Paris

** lemonde.fr du 14 décembre 2018, Pablo Servigne : « Il est possible que nos sociétés se dégradent beaucoup plus rapidement que les anciennes civilisations »

L’illusion technologique confrontée au climat

Bertrand Piccard croit au miracle : « Grâce aux progrès technologiques, la lutte contre le réchauffement climatique n’est plus une contrainte. Nous pouvons parvenir à une croissance propre et qualitative. Saviez-vous que les bâtiments peuvent maintenant être si bien isolés qu’ils sont neutres sur le plan énergétique ? Ou que l’énergie nécessaire au chauffage peut être divisée par quatre et celle nécessaire à l’éclairage public et privé par dix ? Nous sommes même capables aujourd’hui de dessaler l’eau de mer avec l’énergie solaire. Le plastique biodégradable peut être produit à partir de protéines de lait. Les émissions de méthane de vache peuvent être réduites de 30 % avec un simple additif alimentaire. Ce ne sont là que quelques exemples de technologies propres. Je suis convaincu que nous pouvons décarboner nos économies bien avant 2050. Mieux encore, nous avons l’opportunité d’une transition vers une croissance durable à l’échelle mondiale. Les solutions technologiques d’aujourd’hui sont logiques autant qu’elles sont écologiques. »*

Trop beau pour être vrai cet exercice de technophilie. Prenons les rots et pets des vaches. Une étude de 2015 voulait démontrer que des bovins émettaient 30 % de méthane en moins grâce à un complément alimentaire. Mais les différentes molécules testées tardent à sortir des stations de recherche. En cause notamment, des impacts potentiels sur la santé de l’animal. Reste la question du coût d’une telle molécule ; les éleveurs laitiers sont dans une telle situation qu’ils ne peuvent pas se payer un inhibiteur de méthane. De toute façon l’efficacité énergétique dans les autres domaines indiqués par Piccard a non seulement un coût en énergie et en métaux rares, mais des innovations ponctuelles ne sont pas à l’échelle de la division nécessaire par quatre ou cinq de nos émissions de gaz à effet de serre. Par leur optimisme sans preuve et leur discours hors sol, Piccard et consorts empêchent que notre société aborde de front la véritable transition énergétique qui peut se résumer ainsi : réduire nos besoins, recycler, relocaliser, mais aussi démondialiser, désurbaniser, dévoiturer, mais aussi miser sur les technologies douces adaptées aux hommes et à la planète, ce qui exclut toute technique complexe et gourmande en ressources naturelles. Quelques compléments d’analyse avec les commentateurs sur lemonde.fr :

ALAIN LE COMTE : C’est beau l’optimisme !! …Ma grand-mère, à moins que ça ne soit Einstein, disait « la technologie ne peut pas réparer les dégâts de la technologie » !!

ChP : C’est noël. Il nous ont sorti le ravi Helvète, qui s’esbaudit et lève les bras au ciel,dès qu’il entend innovation, croissance verte ou durable. Réjouissez vous mes frères, la lutte contre le réchauffement climatique n’est plus une contrainte mais une joie. Le Grand Technologue nous a envoyé son messager dans son avion aux grandes ailes blanches. Prions, car Satan a réuni ses pires serviteurs à Katowice ! Le beau rêve risque de s’effondrer, la belle promesse va s’évanouir dans les vapeurs du réchauffement.

Balzamine : J’espère que les « groupes de pression » (pro pétrole, pro charbon, pronucléaire, j’en passe et des pires) ne feront pas obstacle à la circulation et au développement de ces innovations technologiques que nous promet M. Piccard !

le sceptique @ Balzamine : Comment cela pourrait être le cas ? Ce qui marche se diffuse. Cela fait 20 ans que je lis de ci de là des propos vaguement complotistes comme quoi on aurait des sources d’énergie ou des machines énergétiques super-efficaces mais que ces inventions seraient brimées par les magnats du pétrole (ou autres). Le problème : c’est juste faux, après examen, les trucs « super » ont un gros défaut, genre ne savent pas stocker une énergie fatale, coûtent 2 fois plus cher que leur équivalent thermique, etc. Par ailleurs, déposer un brevet sur une bonne idée et ne pas l’exploiter est parfaitement stupide si l’idée est plus rentable que son propre business. La propriété intellectuelle peut retarder parfois des démocratisations d’invention, mais depuis deux siècles qu’elle existe, il faudrait être assez aveugle pour prétendre que l’innovation technologique a été ralentie !

* LE MONDE du 5 décembre 2018, Bertrand Piccard : « Grâce aux technologies, la lutte contre le réchauffement n’est plus une contrainte »

Incompatibilités entre « gilets jaunes » et écolos

Ce blog n’a pas appelé à la marche pour le climat ce Samedi 8 décembre* car on n’y voit aucune complémentarité avec les manifestations des Gilets jaunes le même jour. L’origine est similaire, mouvements horizontaux nés sur Facebook, mais les objectifs sont complètement contradictoires. Cela va entretenir la confusion dans les esprits. Laissons la parole aux commentateurs sur le monde.fr* :

PIERRE DUMONT : D’emblée de jeu et sans aller plus loin, les mouvements horizontaux non structurés et animés par la colère ou le ressentiment ne mènent à rien

DR : Difficile d’imaginer la convergence d’un mouvement pour le bien commun et la planète d’un côté, et un autre centré sur les biens personnels et nihilistes. Déjà voir Mélenchon et Le Pen main dans la main s’est étonnant mais là ce serait la cohabitation de la glace et du feu…

JS : L’alliance des gilets-jaunes avec les écologistes ? Quelle bonne blague… les gilets-jaunes dans leur immense majorité haïssent les écologistes, les « bobos » parisiens, les néos-ruraux illuminés, le bio et les végétariens. Cette convergence est un fantasme de l’extrême gauche qui a paralysé « Les Verts » pendant des années et décrédibilisé le mouvement écologiste.

PATRICK ROSA : Un mouvement contre le réchauffement climatique qui voudrait fusionner avec les gilets jaunes? C’est-à-dire le mouvement limite insurrectionnel dans la droite lignée des bonnets rouges qui nous avait coûté à l’époque l’instauration de l’écotaxe et qui nous coûte maintenant le relèvement du prix des carburants??? C’est pas la carpe et le poisson là, c’est le mammifère et le dinosaure qu’on essaie de marier.

JS : Après l’alliance Le Pen – Mélenchon – Dupont Faignant -Wauquiez… voilà l’alliance de ceux qui s’opposent à la taxe carbone, la limitation de vitesse, le diesel et le contrôle technique avec ceux qui défendent la taxe carbone, les limitations de vitesse, la fin du diesel et le contrôle anti-pollution des véhicules. Les français sont-ils devenus fous ???

GILLES SPAIER : Le monde publie plein d’articles sur l’écologie, le réchauffement qui nous menace et « en même temps » a maintenant une rubrique consommation directement liée à amazon qui vante les trucs « high tech » fabriqués en Chine. Vous commandez, demain c’est vous par avion. Bonjour l’empreinte carbone!. Le Monde est de plus en plus schizophrène.

TROPTARD : Les démarches sont antinomiques. La démarche des gilets jaunes c’est poursuivre la société de consommation, pouvoir consommer comme avant… La démarche des mains rouges c’est réduire le PIB et s’orienter vers la décroissance… La décroissance, c’est diminuer le travail, réduire les revenus, le périmètre de vie… Il faut comprendre que de toutes façons c’est perdu et que le seul moyen de s’en sortir c’est le survivalisme…

* LE MONDE du 8 décembre 2018, La mobilisation citoyenne pour le climat prend racine

Victoire des gilets jaunes, la taxe carbone est morte

Pour lutter contre le réchauffement climatique nous sommes passés du marché à la taxe carbone, demain nous aurons la carte carbone. Dans une tribune*, Christian Brodhag acte l’échec avéré du marché des permis d’émission, compromis boiteux entre décisions des entreprises et quotas de CO2 fixés par l’administration. Aujourd’hui on a voulu fixer le prix du carbone avec une progressivité dans le temps qui donne de la prévisibilité aux investisseurs et aux ménages. Mais ce système a deux défauts fondamentaux. Le concept d’une tarification identique du carbone en tous lieux et pour toutes les familles ne tient pas compte des inégalités sociales. Il est d’autant plus difficile à justifier que des secteurs comme les transports aérien et maritime y échappent. Il faut aussi considérer l’usage de la rente fiscale. Or l’objectif de Macron est de taxer l’environnement pour alléger le coût du travail. Ce raisonnement strictement économique ne peut justifier la captation de la taxe carbone par le budget général de l’État. En effet le gilet jaune ne voit là qu’un impôt supplémentaire et nullement une transition énergétique en œuvre. Mais on ne voit pas précisément ce que Brodhag voudrait faire de l’argent tiré de la taxation de l’essence : « Une approche institutionnelle de la régulation du climat, promouvant des solutions concrètes répondant aux situations réelles, doit être construite avec tous les acteurs, notamment les citoyens…Il faut mobiliser toutes les innovations techniques, sociales et organisationnelles… » Langue de bois sans impact concret sur les consciences.

Par contre la taxe carbone, si elle avait été bien expliquée et mise en œuvre progressivement depuis plusieurs années, aurait permis aux gens de comprendre les fondements biophysiques de leur niveau de vie. Dans son programme lors de la présidentielle 1974, l’écolo René Dumont écrivait : « Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie. Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle. Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… On peut penser dès à présent à réorienter l’industrie automobile vers la production d’isolants pour logements ou des systèmes d’énergie solaire ou éolienne. » De tels objectifs, confirmés par la hausse constante du carburant, aurait changé les comportements, approché lieux de vie et travail, appris à se passer le plus souvent de la voiture, généralisé le covoiturage et le vélo, etc. Si l’essence était à trois euros aujourd’hui, nous serions vraiment entrés dans une société en lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas le cas, et les résistances des gilets jaunes à quelques centimes de plus sur le carburant montre que nous sommes collectivement dans un cul-de-sac. L’impasse est d’autant plus tragique que Macron a décidé de supprimer pour une année la taxe carbone mais sans remettre en place le symbolique ISF. Aux yeux des gilets jaunes, tout pour les riches, rien pour l’écologie. La taxe carbone à laquelle ont résisté tous les gouvernements français depuis des années n’est donc plus d’actualité.

Alors que devraient proposer les gilets jaunes à la place de fantasmes comme la démission de Macron ou « les lycées aux lycéens » ? La mise en place d’une carte carbone. Chaque citoyen se verrait doter d’une carte à puce (une de plus !) sur laquelle un crédit de points CO2 serait attribué. Puis en fonction de ses consommations (voyages, transports, chauffage…), des points seraient débités de cette carte, nous apprenant ainsi à surveiller nos propres émissions de gaz à effet de serre. Le calcul de l’allocation reposerait sur un « budget carbone » annuel. Un plan-cadre fixé à (très) long terme – pour les 20 ans à venir – est bâti à partir des réductions d’émissions décidées politiquement avec l’aide des experts du GIEC. Tous les ans, ce montant, converti en unités carbone, est ensuite réparti entre les organisations (industries, hôpitaux, collectivités…) et les résidents du pays, selon la part des ménages dans la consommation d’énergie nationale. Cette méthode de rationnement est effectivement beaucoup plus égalitaire et efficace qu’une taxation à géométrie variable. En France, le rationnement fait presque immédiatement penser aux heures sombres de la Seconde guerre mondiale. Mais si le rationnement a été une période difficile en temps de guerre, il a été aussi l’un des principaux instruments grâce auxquels la démocratie a pu s’organiser pour transcender les souffrances. Le rationnement doit sa mauvaise réputation à son association à l’idée de pénurie… alors qu’il est une réponse à la pénurie, et non sa cause. En fait le rationnement présente deux aspects qui, tout en étant liés, sont bien distincts : d’une part  la garantie d’un minimum de partage, et d’autre part la limitation de ce que les gens sont autorisés à consommer. Beaucoup d’entre nous rejetons le second, mais en temps de pénurie nous exigerons le premier !

* LE MONDE du 8 décembre 2018, « La taxation du carbone n’a pas fait l’objet d’une réelle analyse critique »

Les gilets jaunes dans les lycées, c’est n’importe quoi

La « recherche de l’indéfinissable » par lequel on peut résumer le mouvement des « gilets jaunes » fait écho chez les lycéens. Plusieurs dizaines de lycées ont été perturbés depuis le début de la semaine (188 établissements lundi) et les adeptes du revendiquer pour revendiquer disent tout et n’importe, ce qui ne change guère, les mouvements de lycéens sont récurrents. Un commentaire sur lemonde.fr n’y va pas avec le dos de la cuillère : « C’est la fabrique des crétins dans l’éducation nationale depuis 1981, « BAC pour tous », des gamins formatés par le consumérisme (portables et fringues de marque) qui s’enfoncent dans le fainéantisme ! » Soyons plus modérés, notre société du spectacle et de la consommation ne fait rien pour élever le niveau d’intelligence de sa jeunesse. Manifester aujourd’hui à l’école contre la taxe carbone alors que le réchauffement climatique et la pénurie de ressources va impacter nos enfants tout au cours de leur existence future montre qu’il n’y a plus de repères.

Si les étudiants veulent vraiment se mettre en grève scolaire, ils devraient pour être crédible le faire comme Greta Thunberg, pour le climat. À quinze ans, l’adolescente avait décidé de se mobiliser pour l’écologie et a pris pour cela une mesure radicale : celle de faire la grève de l’école afin d’alerter sur l’urgence climatique. Elle a commencé par effectuer un sit-in devant le Parlement suédois tous les jours entre 8 h 30 et 15 h 30 avec sa petite pancarte en carton qui disait : « grève scolaire pour le climat » . Elle a tenu jusqu’aux élections législatives du 9 septembre dernier. Elle voulait envoyer un message aux candidats, dont elle estimait qu’aucun de leurs programmes ne permettrait de préserver la planète des effets du changement climatique. « La Suède n’est pas un paradis vert, le pays a l’une des plus grosses empreintes carbones », déclarait-elle pour expliquer sa démarche. Greta affirme : « Puisque les adultes se fichent de notre futur, et bien moi aussi. Les faits n’ont plus d’importance aujourd’hui, les politiques n’écoutent plus les scientifiques, alors pourquoi devrais-je apprendre ? ». Cette information est reprise par LE MONDE* :

Greta Thunberg interpelle les adultes : « Votre silence est presque pire que tout. Le futur des générations qui viennent repose sur vos épaules. Ceux d’entre nous qui sont encore des enfants ne pourront pas changer vos actions actuelles quand nous serons suffisamment âgés pour faire quelque chose. » Elle ne comprend pas qu’on ne traite pas le réchauffement pour ce qu’il est, « la plus grosse crise à laquelle l’humanité ait à faire face ». Lundi 3 décembre, la jeune Suédoise de 15 ans devait rencontrer Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, après avoir inspiré des milliers de jeunes dans le monde avec sa grève scolaire. Ses parents écrivent dans un livre : « La crise climatique, les inégalités économiques ainsi que l’augmentation des maladies liées au stress et la mauvaise santé psychologique sont tous des symptômes d’une crise urgente du développement durable qui menace au plus haut degré notre survie. » Sa mère, chanteuse d’opéra, a sacrifié pour partie sa carrière internationale en annonçant qu’elle ne prendrait plus l’avion. Ah, si tous les lycéens et tous les parents pouvaient suivre l’exemple de cette famille suédoise !

* LE MONDE du 4 décembre 2018, Greta Thunberg, 15 ans, en « grève scolaire » pour le climat

Moratoire sur la taxe carbone, une grave régression

Face au pouvoir d’achat en berne, c’est l’écologie qui trinque. Trop rare sont les commentaires médiatisés qui désapprouvent le recul du gouvernement sur les carburants, sauf à dire que ce n’est pas suffisant ! C’est pourquoi le COMMUNIQUE DE PRESSE de FNE de ce jour nous paraît important à connaître :

« Le Premier ministre vient d’annoncer un moratoire sur la fiscalité sur les carburants dans l’espoir d’apaiser les gilets jaunes. Pour France Nature Environnement, le Gouvernement commet une grave erreur : il abdique le combat pour sauver la planète, sans pour autant répondre de manière pertinente à la colère exprimée. Emmanuel Macron, paradoxalement nommé « champion de la Terre », semble avoir oublié ses grandes déclarations et son « Make our planet great again ». La COP 24, conférence pour mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le Climat, ne figure ni à son agenda, ni à celui de son Premier ministre. Et son Gouvernement, comme les autres partis politiques qui ont relayé cette demande, en renonçant à la hausse programmée de la taxe carbone, au réalignement de la fiscalité entre le gazole et l’essence ou encore à la hausse de la fiscalité sur le gazole non routier, renonce à des outils clé pour la transition. Ce, sans pour autant apporter de réelle réponse à la détresse exprimée. Renoncer à la taxe carbone ne permettra pourtant pas de résoudre durablement les fins de mois difficiles des Français ! Que faire ?

Rendre la transition plus solidaire

Pour France Nature Environnement, la transition écologique doit nécessairement être solidaire. Des mesures fortes d’accompagnement doivent impérativement être mises en place :

  • Pour la mobilité, il faut donner à tous les Français une alternative à l’auto-solo : transports en commun, covoiturage, vélo… Pour les Français les plus démunis, un chèque mobilité doit être mis en place. L’aménagement du territoire doit également être repensé pour rapprocher les services publics et les commerces des citoyens.
  • Concernant le logement et le chauffage, il est temps d’investir massivement dans la rénovation pour éradiquer la précarité énergétique. Les aides à la rénovation doivent être renforcées et simplifiées pour que progressivement, aucun logement ne reste une passoire énergétique.

Rendre la transition plus juste

Pour répondre au sentiment d’injustice exprimé par les gilets jaunes, il est nécessaire d’appliquer le principe pollueur-payeur de la même façon pour tous. Actuellement, les entreprises notamment du transport routier de marchandise sont partiellement exonérées de la taxe carbone. Pour que la taxation soit acceptable elle doit être juste : France Nature Environnement demande la taxation du transport routier, du transport aérien (la convention internationale qui l’interdit doit être renégociée) et des navires les plus polluants. La fédération appelle donc à rejoindre les marches pour le climat, organisées partout en France ce samedi 8 décembre.

Voir ce communiqué en ligne

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 71 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr

Nous allons à la catastrophe, c’est décrit par l’ONU

Les engagements des Etats, à supposer qu’ils soient tenus, mettent la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3,2 °C d’ici à la fin du siècle. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en 2017, elles ont atteint le record historique de 53,5 milliards de tonnes (gigatonnes ou Gt) équivalent CO2. La situation est chaque année plus alarmante, dans la mesure où la « fenêtre » durant laquelle il est encore possible de réagir se réduit inexorablement.Le constat est sans appel : pour ne pas dépasser 2 °C de réchauffement, les pays doivent tripler le niveau de leur effort. Et le multiplier par cinq pour ne pas aller au-delà de 1,5 °C. C’est à cette condition, et à elle seule, que l’humanité ne courra pas à la catastrophe. C’est ce que fait apparaître le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). La directrice exécutive du PNUE, la Tanzanienne Joyce Msuya, alerte avec cette métaphore : «Notre rapport constitue une enquête sur un incendie criminel. »*

Quelques réactions significatives sur lemonde.fr :

Il Faut Savoir : Pouvez vous adresser ce message aux gilets jaunes ?

Lysistrata : J’ai essayé de parler à une gilet jaune. Quand j’ai évoqué le réchauffement climatique, elle a rigolé et montré qu’elle s’en fichait complètement. C’est absolument effrayant, mais c’est le résultat de décennies de déni aussi bien au niveau des hommes politiques que des médias. On a les électeurs qu’on mérite…

le sceptique : La Chine est devenue l’usine du monde où chacun a délocalisé des productions « sales ». Maintenant, elle prend des mesures sociales-environnementales, alors cela va se déplacer en Inde ou en Afrique. Cela souligne l’hypocrisie de notre époque. La Chine a développé l’équivalent phénoménal de 600 EPR au charbon (1000+ GW de centrales thermiques en place, encore là pour un certain temps selon l’AIE). La globalisation et la croissance décarbonées, on ne sait pas toujours faire à bonne échelle. Point.

BENJAMIN BOURGEOIS : L’effondrement est inéluctable,le discours très contrôlé par les pouvoirs à travers le GIEC et autres COP à répétition dissimule cela. Les études utilisées in fine par le GIEC, études triées, cachent que nous sommes déjà à 1.2 degré. Cette augmentation est due à l’accumulation des gaz à effet de serre du début de l’ère indus jusqu’aux aux années 70/80 maxi. Il y a un effet bombe à retardement de 30/40 ans. Les 30 ans à venir ont déjà été écrits par notre activité de 80 et aujourd’hui.

le sceptique : La prédiction d’apocalypse n’est pas une prédiction physique. Ce sont les mêmes disciplines qui ne savent pas aujourd’hui prédire efficacement une récession, un krach, une guerre, une épidémie, un état d’écosystème dans 20 ans après changement un paramètre qui engagent des avis concernant des effets complexes d’interaction du climat avec des phénomènes économiques, sociaux, environnementaux dans 50, 100 ou 200 ans. Refuser de douter est curieux, vu le peu de crédit de l’exercice.

Chris @ le sceptique : oui, mais inversement, douter en permanence, abuser du scepticisme, remettre en cause les protocoles de chaque étude dès lors que ces conclusions ne s’orientent pas dans le sens voulu, empêche le consensus et la prise de décision en entretenant le doute et en jouant sur les idéologies et le manque de connaissances scientifiques.

Thierry Oiseau : C’est l’Odyssée de l’espèce… Nous vivons dans une époque extraordinaire, c’est la charnière du temps, le milieu du grand livre de la Vie sur Terre. Cela peut aussi en être la fin. En somme c’est le Grand « bac-à-lauréats » pour l’humanité entière. Ça passe ou ça casse. Plus ou moins… Faudrait choisir si on veut vivre mieux que survivre !!! Alors désolé, mais je ne comprends pas comment les dirigeants font pour ne pas être éclairés sur la question ?!! Là il y a mystification.

Yellow  : Ben… Ils prennent déjà une claque quand ils augmentent le pétrole de 4cts pas litre, alors…

Jul @ Thierry : éclairés ils le sont les politiques… mais tant que personne ne bouge… eux non plus… où sont les gens qui manifestent pour une taxe carbone?

Étienne Lhomet : Comment faire en France sans entraîner une révolte populaire ? En partageant mieux les richesses produites. Passagers de première classe, renoncez au champagne, le navire est en train de couler.

le sceptique : Ce qui est « criminel », c’est ce qui tue les gens. La pauvreté tue davantage que le climat, depuis longtemps et pour longtemps. La Tanzanienne Joyce Msuya ferait mieux de travailler à développer son économie misérable (22e rang de mortalité infantile, 70% de paysans pauvres en population active) au lieu de donner des leçons de morale climatique. Elle verrait qu’un peu de carbone aide à produire de la richesse, à diminuer les souffrances et incapacités des gens.

Droit dans le mur : Sauf que le climat tuera surtout ceux qui sont pauvre et vulnérable.

PIERRE DUMONT : Il y a des gens qui sont assez idiots pour ne pas voir que la sécheresse détruit les récoltes, tue le bétail et jette les populations sur les routes ou dans la guerre. Nous-mêmes avons commencé à être touchés (même si on ne le vois pas partout et sûrement pas à Paris). Mais quand même ont assez de cynisme et d’outrecuidance pour donner des leçons aux autres…

Nawak : Si on veut moins polluer, il faut moins consommer. Donc il faut réduire les revenus.

Jub : Qui consomme la production de la Chine?

* LE MONDE du 29 novembre 2018, Climat : selon l’ONU, il faudrait tripler les efforts pour ne pas dépasser 2 °C de réchauffement

Manifester le 17 novembre, une hérésie anti-climat

Le blocage national du 17 novembre approche à grand pas. A moins de quelques jours des manifestations « spontanées », les « gilets jaunes » maintiennent plus que jamais leur colère face à l’augmentation du carburant. L’heure est désormais à l’organisation du ras-le-bol fiscal, opérations escargots et autres blocages routiers se tiendront partout en France. Le gouvernement s’affole, opération déminage, cadeau chèque-énergie, défiscalisation de l’aide aux transports, prime à la conversion… 400 à 500 millions d’aide contre 300 millions d’euros rapportés par la taxe carbone cette année! C’est un contre-sens total, anti-écolo : il faudrait limiter le recours aux déplacements motorisés, on les subventionne !

Des marches pour le climat, démarches pour presque rien. Mais quand l’écologie devient punitive, touche le porte-feuille, le « peuple » se soulève en masse. Le routier Eric Drouet, vu à la télé : « Moi qui suis en contact avec tous les groupes, je peux vous dire que ça va bouger de partout, du tunnel du Mont-Blanc au pont de Tancarville. Ça va être du jamais-vu… BFM a prévu de n’être que sur ça tout le week-end ». D’autant plus que la fiscalité écologique est utilisé pour baisser les charges pour les entreprises, pas pour favoriser la transition énergétique. Ne comptons pas sur le ministre de l’écologie F. de Rugy pour expliquer ce qu’il faudrait penser, il est aux abonnements absents. Pourtant c’est simple, il faut nous préparer à un pétrole hors de prix avec l’épuisement des ressources fossiles, un stock non renouvelable. Il est donc nécessaire de voir le prix du carburant et du fuel augmenter tout le temps pour l’économiser, réduire nos besoins, se rapprocher de son lieu de travail, se déplacer autrement, se chauffer à minima, modifier les infrastructures routières et le système de production. Cela ne peut se faire d’un coup de baguette magique. Manifester comme les « gilets jaunes » contre cette inéluctable évolution, c’est faire le malheur des générations futures qui se retrouveront un jour au pied du mur, en détresse à la fois climatique et énergétique. On se refuse encore à envisager la carte carbone, un système de rationnement égalitariste où les riches ne pourront plus se payer des vacances lointaines, où l’utilisation de l’avion deviendra rarissime, où il n’y aura plus de gadgets motorisés du type 4×4, SUV, quads, hydrojet. Alors c’est encore les plus pauvres qui seront les plus touchés par la pénurie énergétique à venir. Comme complément d’analyse, les commentateurs sur le monde.fr à un article* sur les « gilets jaunes » :

Fouilla : Les automobilistes bloquent… les automobilistes. C’est d’une rare imbécillité.

rire jaune : Allez les jaunes, vive le diesel, les cancers et les pesticides. On ne va quand même pas prendre le TER ou le vélo pour aller au supermarché acheter des cadeaux de noël Made in China à nos enfants et des produits alimentaires bourrés de glyphosate. On tient à nos libertés et à nos SUV !

Ha : Si le litre était à 3 €, on prendrait sa voiture au minimum (trajets indispensables) et on réfléchirait avant d’aller à 1km acheter le pain ou accompagner les enfants en voiture là où on marchait ou prenait son vélo au même âge. Et la prolifération des pavillons n’aide pas.

Rockrol : Rappel: une heure de SMIC achète 6 litres d’essence contre 3 en 1974 avec des voitures consommant moitié moins. L’essence est si peu chère qu’on utilise sa voiture polluante beaucoup trop et que le nombre de voitures en circulation a explosé. Ce modèle nous conduit à étouffer collectivement dans des embouteillages quasi-permanents avec une explosion des maladies respiratoires et allergiques. Le ras le bol fiscal ne justifie pas tout !

* LE MONDE du 13 novembre 2018, « Clairement, l’objectif des “gilets jaunes”, c’est de monter sur l’Elysée »

Manifester le 17 novembre, une hérésie anti-climat

Le blocage national du 17 novembre approche à grand pas. A moins de quelques jours des manifestations « spontanées », les « gilets jaunes » maintiennent plus que jamais leur colère face à l’augmentation du carburant. L’heure est désormais à l’organisation du ras-le-bol fiscal, opérations escargots et autres blocages routiers se tiendront partout en France. Le gouvernement s’affole, opération déminage, cadeau chèque-énergie, défiscalisation de l’aide aux transports, prime à la conversion… 400 à 500 millions d’aide contre 300 millions d’euros rapportés par la taxe carbone cette année! C’est un contre-sens total, anti-écolo : il faudrait limiter le recours aux déplacements motorisés, on les subventionne !

Des marches pour le climat, démarches pour presque rien. Mais quand l’écologie devient punitive, touche le porte-feuille, le « peuple » se soulève en masse. Le routier Eric Drouet, vu à la télé : « Moi qui suis en contact avec tous les groupes, je peux vous dire que ça va bouger de partout, du tunnel du Mont-Blanc au pont de Tancarville. Ça va être du jamais-vu… BFM a prévu de n’être que sur ça tout le week-end ». D’autant plus que la fiscalité écologique est utilisé pour baisser les charges pour les entreprises, pas pour favoriser la transition énergétique. Ne comptons pas sur le ministre de l’écologie F. de Rugy pour expliquer ce qu’il faudrait penser, il est aux abonnements absents. Pourtant c’est simple, il faut nous préparer à un pétrole hors de prix avec l’épuisement des ressources fossiles, un stock non renouvelable. Il est donc nécessaire de voir le prix du carburant et du fuel augmenter tout le temps pour l’économiser, réduire nos besoins, se rapprocher de son lieu de travail, se déplacer autrement, se chauffer à minima, modifier les infrastructures routières et le système de production. Cela ne peut se faire d’un coup de baguette magique. Manifester comme les « gilets jaunes » contre cette inéluctable évolution, c’est faire le malheur des générations futures qui se retrouveront un jour au pied du mur, en détresse à la fois climatique et énergétique. On se refuse encore à envisager la carte carbone, un système de rationnement égalitariste où les riches ne pourront plus se payer des vacances lointaines, où l’utilisation de l’avion deviendra rarissime, où il n’y aura plus de gadgets motorisés du type 4×4, SUV, quads, hydrojet. Alors c’est encore les plus pauvres qui seront les plus touchés par la pénurie énergétique à venir. Comme complément d’analyse, les commentateurs sur le monde.fr à un article* sur les « gilets jaunes » :

Fouilla : Les automobilistes bloquent… les automobilistes. C’est d’une rare imbécillité.

rire jaune : Allez les jaunes, vive le diesel, les cancers et les pesticides. On ne va quand même pas prendre le TER ou le vélo pour aller au supermarché acheter des cadeaux de noël Made in China à nos enfants et des produits alimentaires bourrés de glyphosate. On tient à nos libertés et à nos SUV !

Ha : Si le litre était à 3 €, on prendrait sa voiture au minimum (trajets indispensables) et on réfléchirait avant d’aller à 1km acheter le pain ou accompagner les enfants en voiture là où on marchait ou prenait son vélo au même âge. Et la prolifération des pavillons n’aide pas.

Rockrol : Rappel: une heure de SMIC achète 6 litres d’essence contre 3 en 1974 avec des voitures consommant moitié moins. L’essence est si peu chère qu’on utilise sa voiture polluante beaucoup trop et que le nombre de voitures en circulation a explosé. Ce modèle nous conduit à étouffer collectivement dans des embouteillages quasi-permanents avec une explosion des maladies respiratoires et allergiques. Le ras le bol fiscal ne justifie pas tout !

* LE MONDE du 13 novembre 2018, « Clairement, l’objectif des “gilets jaunes”, c’est de monter sur l’Elysée »

Dire la vérité, c’est augmenter le prix du carburant

« Conduire pollue, et cette pollution tue, et tuera pour plusieurs siècles en ce qui concerne le gaz carbonique. La levée de boucliers concernant la hausse du prix du carburant constitue un moment de vérité écologique. Le principe pollueur-payeur justifie que ces dommages soient intégrés au prix des carburants à la pompe. Ce principe a cette vertu qu’il incite les pollueurs à intégrer dans leurs décisions les dommages générés par leur émission de gaz carbonique comme s’ils en étaient eux-mêmes les victimes…  Les doutes d’une partie de la population sur la légitimité du pouvoir à garder le contrôle de ses choix budgétaires est une mauvaise nouvelle pour notre démocratie. Le gouvernement sera-t-il capable de résister au court-termisme de nombre de nos concitoyens, plus attachés à la défense de leur pouvoir d’achat qu’à leurs responsabilités envers les générations futures ? »

Ces paroles éclairées de Christian Gollier*, président de l’Association européenne des économistes de l’environnement (EAERE), montrent que même des économistes peuvent raisonner autrement que business as usual et intempérance pétrolière. Le prix élevé de l’essence va modifier les habitudes de consommation et le choix de la résidence. En termes de lutte contre la pauvreté, l’abandon de nos ambitions climatiques serait catastrophique, puisqu’on sait que ce seront les plus démunis sur cette planète qui seront aussi les plus vulnérables aux aléas climatiques. Voici quelques avis complémentaires sur lemonde.fr :

le sceptique : Christian Gollier dit : « sacrifier un petit peu de notre bien-être actuel pour éviter de faire porter aux générations futures des dommages climatiques sévères »… a) comment sacrifier seulement « un petit peu » en divisant rapidement par 4 les émissions de gaz à effet de serre ? ; b) quel effet sur le climat et les émissions mondiale, quand on a dépassé cette année les 100 millions de barils/jour de pétrole, et qu’il se vend 80 millions de voitures par an, 2 fois plus que dans la décennie 90 ?

JB : Les voitures représentent 15 % environ du C02 émis en France. On entend jamais parler des mesures à prendre ou prises pour les autres 85%.

F.P. : Un plein par semaine, 2000 litres de fuel par an. Le chauffage d’une maison individuelle, de 2 à 4000 litres du même carburant suivant le niveau de chauffage et le degré de vétusté de l’installation. Quand pourrons-nous voir des photos de CHAUDIERES pour illustrer des articles sur la survie de la planète ?

Moa : Le transport représente 33% du CO2 émis en France, le chauffage 22%

Arguments pseudo rationnels : Pendant ce temps, le gouvernement claironne l’objectif de faire croitre jusqu’à 100 millions par an le nombre de touristes venant chaque année en France, et ce ne serait qu’un début. Sachant que le tourisme est parmi les activités les plus polluantes en termes de CO2, comment peut-on intellectuellement, concilier cet objectif avec celui de baisser les émissions de ce gaz ? Des contradictions comme celle là, on peut en trouver des centaines. Pour ce gouvernement, l’écologie n’est qu’un prétexte…

HA : Pas mieux. Le tourisme est une plaie pour le climat et une manne pour l’économie, les armes sont une plaie pour les populations sur qui on les utilise mais rapportent des centaines de milliards. Le « en même temps » a bon dos. Il va falloir choisir un jour. On ne peut pas vendre des EPR et des Airbus et espérer préserver la planète. Construire des véhicules (même moins polluants ) et éviter les maladies respiratoires, consommer des biens importés du bout du monde et limiter le réchauffement..

syfre : L’inertie du climat est d’au moins 40 ans, donc pour 2038 c’est déjà plié depuis longtemps, je dirais que c’est même plié pour au moins jusqu’en 2120. Les profs d’économie devraient prendre des cours de physique.

* LE MONDE du 10 novembre 2018, « Le prix élevé de l’essence modifie les habitudes de consommation et le choix des constructeurs à long terme »

Dire la vérité, c’est augmenter le prix du carburant

« Conduire pollue, et cette pollution tue, et tuera pour plusieurs siècles en ce qui concerne le gaz carbonique. La levée de boucliers concernant la hausse du prix du carburant constitue un moment de vérité écologique. Le principe pollueur-payeur justifie que ces dommages soient intégrés au prix des carburants à la pompe. Ce principe a cette vertu qu’il incite les pollueurs à intégrer dans leurs décisions les dommages générés par leur émission de gaz carbonique comme s’ils en étaient eux-mêmes les victimes…  Les doutes d’une partie de la population sur la légitimité du pouvoir à garder le contrôle de ses choix budgétaires est une mauvaise nouvelle pour notre démocratie. Le gouvernement sera-t-il capable de résister au court-termisme de nombre de nos concitoyens, plus attachés à la défense de leur pouvoir d’achat qu’à leurs responsabilités envers les générations futures ? »

Ces paroles éclairées de Christian Gollier*, président de l’Association européenne des économistes de l’environnement (EAERE), montrent que même des économistes peuvent raisonner autrement que business as usual et intempérance pétrolière. Le prix élevé de l’essence va modifier les habitudes de consommation et le choix de la résidence. En termes de lutte contre la pauvreté, l’abandon de nos ambitions climatiques serait catastrophique, puisqu’on sait que ce seront les plus démunis sur cette planète qui seront aussi les plus vulnérables aux aléas climatiques. Voici quelques avis complémentaires sur lemonde.fr :

le sceptique : Christian Gollier dit : « sacrifier un petit peu de notre bien-être actuel pour éviter de faire porter aux générations futures des dommages climatiques sévères »… a) comment sacrifier seulement « un petit peu » en divisant rapidement par 4 les émissions de gaz à effet de serre ? ; b) quel effet sur le climat et les émissions mondiale, quand on a dépassé cette année les 100 millions de barils/jour de pétrole, et qu’il se vend 80 millions de voitures par an, 2 fois plus que dans la décennie 90 ?

JB : Les voitures représentent 15 % environ du C02 émis en France. On entend jamais parler des mesures à prendre ou prises pour les autres 85%.

F.P. : Un plein par semaine, 2000 litres de fuel par an. Le chauffage d’une maison individuelle, de 2 à 4000 litres du même carburant suivant le niveau de chauffage et le degré de vétusté de l’installation. Quand pourrons-nous voir des photos de CHAUDIERES pour illustrer des articles sur la survie de la planète ?

Moa : Le transport représente 33% du CO2 émis en France, le chauffage 22%

Arguments pseudo rationnels : Pendant ce temps, le gouvernement claironne l’objectif de faire croitre jusqu’à 100 millions par an le nombre de touristes venant chaque année en France, et ce ne serait qu’un début. Sachant que le tourisme est parmi les activités les plus polluantes en termes de CO2, comment peut-on intellectuellement, concilier cet objectif avec celui de baisser les émissions de ce gaz ? Des contradictions comme celle là, on peut en trouver des centaines. Pour ce gouvernement, l’écologie n’est qu’un prétexte…

HA : Pas mieux. Le tourisme est une plaie pour le climat et une manne pour l’économie, les armes sont une plaie pour les populations sur qui on les utilise mais rapportent des centaines de milliards. Le « en même temps » a bon dos. Il va falloir choisir un jour. On ne peut pas vendre des EPR et des Airbus et espérer préserver la planète. Construire des véhicules (même moins polluants ) et éviter les maladies respiratoires, consommer des biens importés du bout du monde et limiter le réchauffement..

syfre : L’inertie du climat est d’au moins 40 ans, donc pour 2038 c’est déjà plié depuis longtemps, je dirais que c’est même plié pour au moins jusqu’en 2120. Les profs d’économie devraient prendre des cours de physique.

* LE MONDE du 10 novembre 2018, « Le prix élevé de l’essence modifie les habitudes de consommation et le choix des constructeurs à long terme »

Fiscalité carbone inepte, carte carbone inéluctable

La taxe carbone a été introduite en 2014, sous forme d’une composante incorporée dans les accises énergétiques (taxes sur les volumes d’énergie consommés), au prorata de leurs contenus respectifs en CO2. Entre 2014 et 2017, le taux de cette taxe a augmenté, mais son impact sur les énergies fossiles a été moindre que celui de la baisse de leurs prix hors taxe résultant de l’affaiblissement des cours mondiaux. Pour les ménages, le renchérissement de la taxe a donc été indolore. Mais en 2017, le cours du brent était voisin de 40 dollars le baril. Pour discuter du projet de loi de finances pour le budget 2019, il cotait à plus de 80 dollars*. La hausse du carburant devient cette fois visible, les consommateurs poussent des hauts cris. Alors le gouvernement opte pour des rustines, pour des mesures financières d’accompagnement, par exemple le chèque énergie, en fait un « bon d’achat » qui facilite l’abaissement des factures pour les seuls usages du chauffage. Ou bien une prime à la casse ou, abomination, l’aide à l’achat d’un véhicule électrique. « Il faut faire une bonne alliance entre la protection de la planète et la protection du porte-monnaie. Quand on fait des économies d’énergie, on pollue moins et on dépense moins », a déclaré M. de Rugy, le ministre de la transition écologique et solidaire**.

Or l’objectif des taxes « vertes » est d’abord de changer le comportement des Français. La fiscalité écologique est la seule composante de la fiscalité du budget de l’État qui ait une justification autre que celle de procurer des recettes. Il s’agit d’inciter les Français par un signal prix à réduire l’utilisation des énergies fossiles et donc les émissions de gaz à effet de serre : rouler moins, utiliser le vélo, améliorer l’isolation de son logement, etc. Toute hausse de 10 % du prix des carburants et combustibles fossiles entraîne une baisse d’environ 5 % de leur consommation***. Faut-il utiliser les recettes de la taxe carbone pour modifier les comportements, lutter contre la précarité énergétique, financer l’achat des hybrides, réduire le déficit public ou baisser d’autres impôts ? Faux dilemme puisqu’on envisage une transition énergétique indolore. Le signal prix amoindri par la distribution de prébendes ne change ni la diminution des ressources fossiles en voie de disparation, ni le réchauffement climatique en voie de dépasser 3°C.

Un gouvernement responsable de notre avenir commun mettrait en place un système directement égalitaire et non relié à la question budgétaire : la carte carbone. Malheureusement les gouvernements ne basculeront vers ce système de rationnement que contraint et forcé, juste après le prochain choc pétrolier ressenti comme tel. La dernière goutte de pétrole ira sans doute à un véhicule militaire… hybride !

* LE MONDE éco du 24 octobre 2018, « Pour la fiscalité carbone, c’est l’heure de vérité »

** LE MONDE du 19 octobre 2018, Fiscalité verte : le gouvernement annonce des coups de pouce pour les plus modestes

*** LE MONDE éco du 24 octobre 2018, « Il ne faut pas blâmer la fiscalité écologique »

Climat, TRUMP se trompe un peu, beaucoup, pas du tout

En novembre 2012, Donald Trump avait qualifié les changements climatiques de canular lorsqu’il avait envoyé un tweet dans lequel il déclarait : « Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre le secteur manufacturier américain non compétitif. » Il a prétendu plus tard qu’il plaisantait, mais depuis des années il n’a cessé de qualifier le réchauffement climatique de canular.

Dans une interview diffusée lors de l’émission « 60 Minutes », de CBS, dimanche 14 octobre, le président Donald Trump a commencé à virer sa cuti : « Je crois qu’il se passe quelque chose. Quelque chose est en train de changer et ça va changer à nouveau, » dit-il. « Je ne pense pas que ce soit un canular. Je pense qu’il y a probablement une différence. Mais je ne sais pas si c’est fait par l’homme. Je dirai ceci : « Je ne veux pas donner des milliards et des milliards de dollars. Je ne veux pas perdre des millions et des millions d’emplois. » Il poursuit : « Je ne nie pas le changement climatique. Mais ça pourrait très bien revenir en arrière. On parle de plus de millions d’années. » (LE MONDE du 16 octobre 2018, Donald Trump ne nie plus le changement climatique, mais espère un retour à la normale). Voici quelques commentaires adaptés au TRUMPisme sur lemonde.fr  :

WTF : Coluche aurait pu dire ça… Et ça nous aurait fait rire, mais là…

martin : Peut-on espérer que lui aussi « revienne à la normale » ?

Jacofee : C’est impossible ! Il est dans son état normal.

Ulysse : On progresse, reste plus qu’à le convaincre qu’il va perdre des milliards de dollars et des millions d’emplois s’il ne fait rien pour améliorer le climat.

Jerome : Ces climatosceptiques ne savent vraiment pas sur quel pied danser. D’abord, le réchauffement n’existe pas. Puis si, mais c’est pas à cause de l’homme, puis en fait c’est peut-être pas si mauvais, et puis il y a la période glaciaire qui s’annonce dans 2/3000 ans et dans quelques millions d’années on rira de tout ça.

Ki : Comme tous les politiques, il sait parfaitement que le réchauffement est réel et causé par l’homme. Et comme tous les politiques, il pense que les conséquences sérieuses ne se verront que dans plusieurs d’années. En attendant, il peut continuer à faire du fric pour lui-même et tous les patrons de son pays. C’est juste un mélange de lâcheté et de cupidité. Très humain finalement.

le sceptique : Ces joutes verbales sont marginales, cela ne représente rien par rapport aux choix concrets des gouvernements, des entreprises, des ménages. Même Obama pouvait prendre quelques mesures périphériques, il n’a pas pour autant bridé le boom du gaz et du pétrole non conventionnels et n’a surtout nullement remis en question l’American Way of Life. On prend juste des photos avec DiCaprio qui saute dans son jet privé pour aller dire à ses amis du show biz que le réchauffement est un problème…

SARAH PY : L’ été 2018 va rester dans l’ Histoire comme celui de la prise de conscience de l’ensemble de la planète contre les changements climatiques … la tendance des médias à la dramatisation a ici du bon, c’est bien parti, enfin.

Climat, faut-il être optimiste ou pessimiste ?

Le journaliste du Monde Stéphane Foucart* est clairement passé du côté des pessimistes. En résumé : « Il est parfaitement illusoire de demeurer sous le seuil des 1,5 °C. Le Rapport Charney, commandé par l’administration Carter avait été rendu en 1979. Il ne laissait que peu de doutes sur ce qui devait se produire : « Si le dioxyde de carbone continue à s’accumuler [dans l’atmosphère], le groupe d’experts ne voit aucune raison de douter que des changements du climat en résulteront ni aucune raison de penser qu’ils seront négligeables. » La phrase la plus frappante du rapport : vu l’inertie du système climatique, si l’on attend de pouvoir observer les changements avant d’agir – en 1979, le climat ne montrait pas encore de signes mesurables de réchauffement –, alors il faut se résoudre à ce qu’il soit impossible d’éviter leurs principaux désagréments. « Attendre pour voir avant d’agir signifie attendre qu’il soit trop tard », écrivaient les chercheurs. Sur le terrain des lois de la physique, il est encore aujourd’hui possible de rester sous le seuil de 1,5 °C, mais il faudrait, pour faire décroître au rythme exigé les émissions de gaz à effet de serre, qu’un régime autoritaire global tienne d’une poigne de fer l’économie mondiale jusqu’au milieu du siècle, sans jamais avoir à se soucier des prochaines élections. Les démocraties de marché ne sont pas adaptées aux transitions radicales. Dans le monde réel, la moindre mesure, si minuscule soit-elle, destinée à lutter contre le changement climatique, se heurte immanquablement à une farouche opposition. L’exigence de vérité impose d’admettre qu’une part importante de la bataille est aujourd’hui perdue. Les scientifiques ont jusqu’à présent évité de trop le dire, axant leurs discours autour d’une rhétorique de l’alerte et de l’espérance : c’est plus séduisant que de miser sur l’énergie du désespoir. Mais est-ce plus efficace ? »

Un commentateur sur lemonde.fr réagit : « Très bon article, mais serait-il possible de le tourner plus positivement ? Un tel titre est une raison de plus de ne rien faire, malheureusement ! » (Bourtourault Guillaume 14/10/2018 – 23h15). Thierry Ehrmann dans un autre article**, reste résolument confiant : « L’homme est tordu, c’est la tare dégénérée du monde animal. Mais je suis malgré tout optimiste car je crois au génie humain. A chaque fois que nous nous sommes retrouvés au pied du mur, nous avons été capables d’un sursaut. C’est ce qui va se passer avec le ­réchauffement planétaire. » On pourrait ajouter que l’optimisme ambiant, qui condamne l’écologie « punitive », nous empêche d’être réaliste. La collapsologie ne dit rien de l’optimisme, elle nous incite au réalisme. Nous pourrions clore le débat avec Nicolas Hulot  : « L’optimisme et le pessimisme expriment sous des formes différentes la même capitulation face au futur ; car tous les deux le traitent comme une fatalité et non comme un choix. » Nous préférons préciser que notre action, même si elle n’a pas d’effets immédiats probants dans la volonté de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, permet de montrer aux générations futures que certains ont quand même essayé de faire quelque chose et que c’est cela qui compte : faire ce que nous devons même si nous sommes marginalisés par le croissancisme actuel. Il faut se rappeler le livre « Vivre sans pétrole » de Jean-Albert Grégoire, publié en 1979, qui relatait le discours politique de Jimmy Carter en avril 1977 et ses conséquences  :

« Le président Carter à la télévision : « Ce que je vous demande est l’équivalent d’une guerre. Il s’agit bel et bien de préparer un monde différent pour nos enfants et nos petits-enfants. » Puis il énumère les mesures d’économie. La revue Newsweek chiffre le gaspillage moyen d’énergie qu’il veut supprimer à plus de la moitié de la consommation totale. C’est une douche froide pour ce peuple si sûr de sa richesse et de ses immenses ressources. Sans largeur de vue, sans générosité, tous ceux qui sentent leur intérêt et même leur simple confort menacé se mettent à hurler. Le royaume automobile de Détroit, dont les experts comprennent pourtant la nécessité du projet, déclare la guerre au président Carter. Les syndicats de l’automobile suivent, le peuple suit, bien entendu. Carter ne perd pas quinze points de popularité, mais trente-cinq ; sa cote passe de 70 à 35 au début de 1978. Aucun gouvernement n’imposera les cruels sacrifices de la pénurie sans le consentement du peuple. Le peuple américain n’est pas mobilisable pour des sacrifices dont il ne voit pas la nécessité en un âge ou la technologie – et non l’austérité – lui paraît constituer la solution à tous les problèmes du monde moderne. On retrouve là les illusions fondamentales des penseurs du XIXe siècle. La science toute-puissante : erreur. Les réserves de matières premières inépuisables : erreur. Le progrès indéfini : erreur. La crise va se terminer : erreur. Car non seulement ce qu’on appelle crise va devenir l’état normal de l’humanité mais cet état imposera l’austérité. »

Belle illustration des propos de Stéphane Foucart sur la « démocratie de marché » ! Ce n’est pas simplement le capitalisme qu’il faut combattre, mais le goût du confort qui s’est installé dans nos têtes…

* LE MONDE du 14-15 octobre 2018, C’était quand, « la dernière chance ? »

** LE MONDE l’époque du 14-15 octobre 2018, Thierry Ehrmann : « L’information est pour moi comme un suppositoire cocaïné »

Pour éviter le chaos climatique et financier

Comme Premier ministre, Michel Rocard avait empêché l’exploitation des ressources minérales de l’Antarctique et obtenu pour ce continent,  jusqu’en 2048 au moins, le statut de « réserve naturelle consacrée à la paix et à la science ». Sa dédicace du livre « Pour éviter le chaos climatique et financier* » m’avait donc réchauffé le cœur car il est bon de rappeler que notre pays a été, pour une fois, leader mondial en écologie.

Due à la plume de Jean Jouzel, paléo-climatologue du CEA qui fut vice-président du GIEC, la première moitié de ce livre traite du changement climatique en cours. Il décrit surtout ses conséquences physiques comme l’élévation des températures atmosphériques et océaniques ou la fonte des banquises polaires et des glaciers, mais il évoque aussi les conséquences biologiques comme la sixième extinction de la biodiversité ou humaines comme l’aggravation des inégalités sociales, bref toutes ces menaces qui ne sont plus des cauchemars de misanthrope mais des réalités en devenir, rares étant les gens informés qui ne sont pas convaincus aujourd’hui de leur réalité et de leur cause anthropique, de ce côté de l’Atlantique tout au moins !

Après cette fracassante entrée en matière, Pierre Larrouturou propose dans un style percutant ‘une solution scandaleusement simple’ :  « Pour sauver les banques, on a mis 1.000 milliards. Pourquoi ne pas mettre 1.000 milliards pour sauver le climat ? ». Cet ingénieur agronome et diplômé de Sciences Po, bien connu dans les milieux politiques, prend le relais dans cette deuxième partie du livre pour décrire les problèmes financiers et proposer un plan de bataille économique : « Nous avons besoin non pas d’un ‘Plan Marshall’ car le monde a bien changé depuis 1945 et, à court terme, il n’y a pas grand-chose à attendre des Etats-Unis mais d’un vrai Pacte finance-climat, qui permette de financer une transition énergétique accélérée. »

Le livre bénéficiait d’une préface enthousiaste de Nicolas Hulot, ex-ministre de l’Ecologie, qui avait déjà proposé de taxer les émissions de CO2 pour obéir au principe du pollueur-payeur. Ce n’est plus seulement au niveau de la France que ce projet de transition énergétique financé par la création monétaire de la BCE est présenté mais à celui de l’Europe avec la création d’un impôt global sur les bénéfices. Le Président Macron est souvent invoqué et nous passons de la science à la politique car les deux sont indissociables quand il s’agit de diviser par 4 nos émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre. Les auteurs ont ainsi converti le plomb en or : de l’énorme menace du changement climatique, nous sommes passés à un programme qui renouvelle la politique européenne et lui donne un sens.

Notre pays lourdement endetté aurait-il le pouvoir de convaincre les autres pays européens, et en particulier l’Allemagne qui n’a pas l’intention de payer l’ardoise ? Même si l’Europe instituait cette taxe carbone, les USA et la Chine deviendraient-ils quantité négligeable dans le réchauffement planétaire et ne seraient-ils pas avantagés dans la compétition économique ? N’est-ce pas une fuite en avant qui escamote les autres menaces sur l’avenir comme le dilemme nucléaire et la démographie mondiale pudiquement oubliés, quand la biomasse humaine est devenue le principal facteur d’accroissement de l’effet de serre (une citation, p. 284, rappelle toutefois que la population de l’Afrique va passer de 1,2 milliards en 2017 à 2,5 en 2050, l’humanité augmentant d’un tiers) ? Ce projet est-il trop ambitieux, ainsi qu’aurait jugé Ségolène Royal abandonnant l’écotaxe ou Nicolas Sarkozy s’écriant « L’environnement, ça commence à bien faire ! » ? Ou est-il trop limité comme l’estimeraient Pierre Rabhi, les Décroissants, les agriculteurs et éleveurs ‘bio’ qui se passent de plus en plus de supermarchés et d’agro-industrie, bref ceux qui critiquent ‘le capitalisme vert’ ? Je suis incapable de répondre n’étant qu’un écologue.

Recension de Pierre Jouventin, auteur du livre « L’homme cet animal raté »

* Pour éviter le chaos climatique et financier par Jean Jouzel et Pierre Larrouturou (éditions Odile Jacob, 419 pages, Décembre 2017, 22€)

Des journalistes du MONDE s’expriment sur le climat

Le principal bilan des échanges sur Internet à propos du GIEC, c’est qu’on n’entend plus s’exprimer les négationnistes du climat comme à une certaine époque. Ils avaient instillé le doute dans la population et reculé la prise de conscience globale. Ils sont donc pour partie coupable du fait qu’on n’a pratiquement plus le temps de réagir comme il le faudrait en limitant nos besoins en énergie fossile. Les journalistes du MONDE, Pierre Le Hir et Stéphane Foucart, ont répondu aux questions des Internautes sur le dernier rapport du GIEC. Synthèse, avec ajout démographique :

Pierre Le Hir : La priorité des priorités est de réduire drastiquement la consommation d’énergies fossiles – à commencer par le charbon – qui sont responsables de près de 90 % des émissions mondiales de CO₂… Le message vaut aussi pour les “peuples”, qui devront accepter de modifier en profondeur leurs modes de vie… De nombreux gestes du quotidien (la consommation de viande, les transports aériens, l’achat de produits agricoles d’importation, la consommation énergétique en général…) sont sources d’émissions de gaz à effets de serre. Iil devient de plus en plus évident que l’addition de quelques bonnes volontés et la modification à la marge des habitudes de consommation ne suffiront pas à endiguer la dérive climatique. Seule une volonté politique forte, au niveau international, pourra éventuellement infléchir le cours des choses… Il n’y a rien à espérer de Donald Trump, Mais on peut compter sur l’engagement de certaines villes et États américains. La Chine continue de construire des centrales à charbon à grande échelle. Quant à l’Inde, elle continue à promouvoir les énergies fossiles pour soutenir son développement économique… Au niveau mondial, le nucléaire représente moins de 5 % de la consommation d’énergie primaire. Sauf à construire de nouveaux réacteurs en série, il s’agit donc d’une question marginale par rapport au défi climatique. La situation est, il est vrai, différente en France, qui tire 75 % de son électricité du nucléaire. Mais, même dans l’Hexagone, l’atome ne représente qu’environ un quart des besoins énergétiques totaux. Le nucléaire n’est donc pas la réponse au réchauffement climatique.

Stéphane Foucart : Plusieurs phénomènes peuvent être anticipés : élévation des océans qui pourrait atteindre en moyenne 80 cm à 1 mètre à la fin du siècle, augmentation de la fréquence des canicules, modifications profondes des régimes de précipitations… Les économistes ne sont pas absents du processus d’expertise animé par le GIEC, mais la notion de croissance économique n’est pas remise frontalement en cause. Il est techniquement difficile de dissocier développement économique et sobriété énergétique : c’est le nœud du problème… Il n’existe aucune juridiction susceptible d’instruire des plaintes contre les dirigeants pour mise en danger et inaction. Pour autant, les litiges se multiplient…

Démographie Responsable : On aurait aussi aimé une alerte du type : « Contenir le réchauffement suppose un changement radical de la croissance de la population mondiale« , c’est-à-dire sa stabilisation rapide puis sa décroissance sur le long terme. Car il est bien évident que les 3,5 milliards d’habitants supplémentaires annoncés pour 2100 auront forcément un impact important sur le climat, sans même parler de l’impact de l’augmentation du niveau de vie des 2/3 de l’humanité actuelle. Mais bon, sujet encore tabou…