effet de serre

impuissance politique

Page 1, titre principal : le réchauffement climatique aura de lourdes conséquences en France.

Page 2, Times Square : les chefs d’Etat parlent de « catastrophe irréversible » à propos du  réchauffement climatique. Mais mille feux clignotent à Times Square. Comment les  responsables politiques peuvent-ils parler de catastrophe irréversible et faire comme si les feux de Times Square ne devaient jamais s’éteindre ?

Page 4, un rapport  indique que la France peut s’attendre  à un impact globalement négatif du changement climatique au cours de ce siècle.

Page 8, tout un éventail de défis comme la menace du changement climatique ne sont pas réellement pris en compte par le système politique, à droite comme à gauche (dixit Joschka Fischer).

Page 10, la taxe carbone n’est pas un problème d’opposition droite-gauche. C’est un problème d’explication. (dixit Michel Rocard)

Page 12, Obama a affirmé que le sommet de Copenhague, en décembre, ne permettra pas de signer le traité final sur le réchauffement climatique.

Page finale, un dernier coup d’œil à l’horloge diabolique de la dette publique mondiale : 35118,911 milliards de dollars. Les dirigeants du G20 sont intraitables sur l’accessoire et muets sur l’essentiel.

 (LeMonde du 27-28 septembre)

la fin de l’avion plus lourd que l’air

« Le transport aérien n’est pas prêt de décoller ».  C’est le point de vue de Breakingsviews (LeMonde du 19 septembre). En fait on se contente de pleurer sur le recul des voyages d’affaires dans un contexte de crise financière. Dans le même temps, les compagnies européennes continuent d’étendre leur flotte ! Ce paradoxe marque l’irréalisme des transporteurs aériens qui se croient encore exonérés de la lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant, pour la période 2002-2050, le poids des transports aériens dans le réchauffement climatique devrait passer de 3,5 % à environ 10 %. Les climatologues rappellent aussi qu’à consommation égale un avion a un impact climatique qui vaut plusieurs fois celle d’un transport routier, en raison des émissions de gaz à haute altitude. Avec un transport aérien qui connaît une croissance annuelle de 10 % et qui représente une source majeure de pollution au CO2, certains veulent donc limiter les déplacements en avion. L’Association Flight Pledge prône une telle mesure, notamment pour les vols de loisirs de courtes distances et les courts séjours, rendus récurrents depuis l’avènement du low cost et qui sont aujourd’hui une tendance forte.

La dérive mortifère de tous ceux qui prennent l’avion à volonté pour passer quelques jours au soleil ou en voyage d’affaires est inquiétante. L’amour du « déracinement » de la classe globale et son mépris des vidéoconférences n’est pas loin d’être un crime contre ce bien commun qu’est la stabilité climatique, contre cette régulation qui devrait rester naturelle, c’est-à-dire non appropriée par quiconque. Le concept de « classe globale » concerne les groupes sociaux qui présentent un peu partout sur la planète des aspirations calquées sur le modèle économique occidental actuel au moment même où ce dernier accuse ses limites et où il convient de le redéfinir. La difficulté de convaincre cette classe globale de la nuisance de son mode de consommation réside dans le fait qu’elle aspire à une mobilité sans restriction, alors qu’il faudrait qu’elle prenne conscience des conséquences de son comportement. Le climat de la Biosphère n’est pas près de s’améliorer tant que le kérosène sera détaxé. Mais de toute façon la classe globale devra, après le pic pétrolier, ne plus prendre l’avion pour un oui ou pour un non comme elle se passera un jour de sa voiture individuelle.

tartufferie médiatique

Sarko assure avoir peu de temps à perdre avec la polémique sur le racisme présumé de Brice Hortefeux. La gauche ne désarme pas, la gauche perd son temps. En effet Hortefeux avait déclaré : « Quand il y en a un (d’origine arabe), ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ». Quoi de plus réaliste ! Quand il n’y a qu’un con, c’est supportable, quand il y en a plusieurs ensemble, cela devient intenable. Quand il n’y a qu’un supporter de foot, ça va. Quand ils sont tous réunis, attention les dégâts. Quand il n’y a qu’un soldat, ça va. Quand c’est toute une armée, cela fait une boucherie. Etc. Etc.

Je ne m’attache donc pas à l’écume des jours. La première page du Monde (13-14 septembre) me semble d’ailleurs insipide. « Les Etats-Unis et l’Iran vont amorcer un dialogue » ? Ce n’est que la antépénultième tentative ! « New York se mobilise pour la mode » ? N’importe quoi ! Grippe A ??? Ce qui m’interpelle, c’est le fait que le socialiste Alain Rousset prenne fait et cause pour une autoroute nouvelle. Ce qui m’interpelle, c’est le fait que le socialiste Jean-Marc Ayrault veuille construire un nouveau aéroport. Tous les spécialistes énergie-climat nous disent que nous n’avons plus le temps de perdre notre temps à construire les derniers vestiges de la société thermo-industrielle. Nous n’avons plus le temps de faire semblant de lutter contre les perturbations climatiques. Nous n’avons plus le temps de nous intéresser aux petites phrases, à l’Iran ou à la mode. Le compte à rebours a commencé, bientôt le seuil de 2°C de réchauffement sera dépassé…

après la taxe, la carte carbone

Après le marché (les permis de droits à polluer), maintenant la taxation carbone et bientôt une nécessaire coercition ? Un courrier des lecteurs (LeMonde du 12 septembre) m’a interpellé. On y parlait du Domestic Tradable Quotas Act, une carte carbone comme un permis à points. Je ne connaissais pas. Mais je savais déjà qu’une carte carbone succédera à la taxe carbone, les contraintes de la planète sont inéluctables. Chaque citoyen se verrait doter d’une carte (à puce ?) sur laquelle un crédit de points CO2 serait attribué. Puis en fonction de ses consommations (voyages, transports, chauffage…), des points seraient débités de cette carte nous apprenant ainsi à surveiller nos propres émissions de gaz à effet de serre. Cette méthode de rationnement me semble en effet beaucoup plus égalitaire et efficace qu’une taxation à géométrie variable. Pour conforter ta réflexion, quelques informations supplémentaires :

La Grande-Bretagne réfléchit aux quotas de CO2 personnels

D’ici une dizaine d’années, tous les résidents britanniques pourraient se voir doter d’une carte de « crédit personnel de carbone », l’équivalent d’un « permis à points » de droits d’émission de gaz à effet de serre. Formulée pour la première fois en 1996, le principe des « domestic tradable quotas » – quotas domestiques négociables (DTQs) – consiste à attribuer à chaque habitant du Royaume-Uni une quantité identique de droit d’émission de gaz à effet de serre ou d’équivalent carbone. Ce plafond individuel, matérialisé par une carte de paiement, valable un an et fractionnée en unités carbone (chacune égale à 1 kg de gaz carbonique), est ensuite dépensé au quotidien. En fonction des achats et consommations d’énergies contribuant à l’effet de serre : plein de carburant, facture d’électricité ou de gaz, billets d’avion, etc… on retire de la carte un certain nombre de points.

Budget carbone

Le calcul de l’allocation repose sur un « budget carbone » annuel. Un plan-cadre fixé à (très) long terme – pour les 20 ans à venir – et bâti à partir des réductions d’émissions décidées lors des réunions internationales. Tous les ans, ce montant, converti en unités carbone, est ensuite réparti entre les organisations (industries, hôpitaux, collectivités…) et les résidents du pays, selon la part des ménages dans la consommation d’énergie nationale. Si besoin, pour acheter de nouveaux points ou vendre leurs surplus, les petits porteurs de carbone ont accès à une place boursière. Ce marché des droits d’émission serait similaire à ceux existants pour les industries (déjà en activité à Londres et en Europe) où les titres et unités individuelles se négocieraient au cours du jour, d’après les lois de l’offre et de la demande. Bien plus égalitaire et responsabilisante qu’une « taxe carbone » imposée – qui en augmentant les prix frapperait surtout les faibles revenus, la solution des DTQs s‘avère sur le papier particulièrement flexible. A chacun de s’organiser pour respecter ou non son quota. L’initiative individuelle est préservée. L’intervention de l’Etat est limitée à la distribution des unités carbone, même si d’une année à l’autre, les quotas seraient en principe progressivement revus à la baisse.

Côté logistique, le suivi de ces transactions continuelles suppose la création d’une gigantesque base de données. Une comptabilité informatique, chargée de suivre, débiter, enregistrer, en temps réel, l’ensemble des unités carbones dépensées ou échangées par les détenteurs de cartes. Les défenseurs de la protection de vie privée soulignent le risque de dérive liberticide d’un tel système, capable de pister les comportements économiques de l’intégralité de la population, résidents temporaires inclus. D’autres dénoncent un scénario de rationnement énergétique irréaliste, difficile à mettre en pratique. Comment par exemple, outre le chauffage et les transports, décompter précisément la valeur carbone du panier de la ménagère ? L’exercice n’est pourtant pas impossible. En 2003, l’ingénieur consultant Jean-Marc Jancovici a, par exemple, fait son bilan personnel, estimant les émissions de CO2 de sa maisonnée à 6 tonnes par an, dont 234 kg d’équivalent carbone liés aux fruits et légumes, 134 aux yaourts et 400 aux déchets de sa poubelle.

Un projet qui pourrait se concrétiser

Depuis peu, ce qui n’était au départ qu’une recommandation d’experts est devenu une affaire politique. Après un projet de loi – The Domestic Tradable Quotas Act – déposé en juillet 2004 par le député travailliste Collin Challen, puis un débat à la chambre des communes, l’influente Commission Développement Durable a recommandé à son tour, cet été, à l’exécutif anglais de « considérer sérieusement » une mesure de ce type. « Les allocations personnelles de carbone sont une idée intellectuellement très séduisante » a déclaré Elliot Morley, le ministre de l’environnement du gouvernement Blair. Interrogé par la presse britannique, il a confirmé qu’un plan était bien à l’étude, mais à un stade très préliminaire. « La mise en place sera potentiellement très coûteuse, mais cela ne doit pas nous nous empêcher d’en évaluer les bénéfices. (…) Il faudra sans doute 10 ans de débat avant d’arriver à quelque chose. »

 http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/climat/la_grande_bretagne_reflechit_quotas_co2_personnels/95410.jsp

aucune alternative possible

Confronté à la taxe carbone, Istvan Felkaï suppose dans la page Débats du Monde (9 septembre) que «  changer de comportement, donc orienter les consommateurs vers un autre choix de consommation, suppose une alternative ». Le citoyen devrait pouvoir choisir entre véhicules à carburants fossiles et véhicules propres (électriques, hydrogène…). Or il n’y a pas d’alternative possible. L’électricité n’est pas une source primaire d’énergie, le bilan énergétique de l’hydrogène n’est pas très favorable, nous n’avons rien dans les cartons pour remplacer le travail de la biosphère pendant des millions d’années passées à accumuler les ressources fossiles. Il faut reconnaître que notre civilisation thermo-industrielle s’est trompée de chemin en choisissant de piller la planète pour adopter la voie de la facilité. Il n’aurait jamais fallu remplacer les diligences et éloigner lieu de travail et lieu d’habitat, la division du travail n’aurait jamais du être poussée à l’extrême et nous rendre complètement dépendant d’un système totalitaire dans lequel nous ne sommes plus qu’un simple rouage, il n’aurait jamais fallu commercialiser la Fort T.             

Il n’y a pas d’alternative technologique aux carburants fossiles permettant de garder le niveau de vie de la classe globale, celle qui a cru qu’on pouvait posséder personnellement un véhicule. Les usagers ne sont captifs de leurs modes actuels de locomotion et de chauffage polluants que parce que le système capitaliste libéral ne nous permet pas de voir plus loin que la logique commerciale à court terme et le dernier modèle de comportement vanté par la publicité. Nous sommes tous à la fois victime et complice ; il est temps de nous réveiller.

Maintenant il nous faut savoir que construire la civilisation de l’après-pétrole, ce n’est pas un chemin bordé de roses. Cela va être difficile d’échapper à la pression du confort, mais il n’y a pas d’autres alternatives que la sobriété volontaire ou forcée. Parfois même, il n’y a d’autres alternatives que la guerre, la famine et la mort. Ne soyons pas marchand d’illusions comme Istvan Felkaï.

aucune alternative possible

Confronté à la taxe carbone, Istvan Felkaï suppose dans la page Débats du Monde (9 septembre) que «  changer de comportement, donc orienter les consommateurs vers un autre choix de consommation, suppose une alternative ». Le citoyen devrait pouvoir choisir entre véhicules à carburants fossiles et véhicules propres (électriques, hydrogène…). Or il n’y a pas d’alternative possible. L’électricité n’est pas une source primaire d’énergie, le bilan énergétique de l’hydrogène n’est pas très favorable, nous n’avons rien dans les cartons pour remplacer le travail de la biosphère pendant des millions d’années passées à accumuler les ressources fossiles. Il faut reconnaître que notre civilisation thermo-industrielle s’est trompée de chemin en choisissant de piller la planète pour adopter la voie de la facilité. Il n’aurait jamais fallu remplacer les diligences et éloigner lieu de travail et lieu d’habitat, la division du travail n’aurait jamais du être poussée à l’extrême et nous rendre complètement dépendant d’un système totalitaire dans lequel nous ne sommes plus qu’un simple rouage, il n’aurait jamais fallu commercialiser la Fort T.             

Il n’y a pas d’alternative technologique aux carburants fossiles permettant de garder le niveau de vie de la classe globale, celle qui a cru qu’on pouvait posséder personnellement un véhicule. Les usagers ne sont captifs de leurs modes actuels de locomotion et de chauffage polluants que parce que le système capitaliste libéral ne nous permet pas de voir plus loin que la logique commerciale à court terme et le dernier modèle de comportement vanté par la publicité. Nous sommes tous à la fois victime et complice ; il est temps de nous réveiller.

Maintenant il nous faut savoir que construire la civilisation de l’après-pétrole, ce n’est pas un chemin bordé de roses. Cela va être difficile d’échapper à la pression du confort, mais il n’y a pas d’autres alternatives que la sobriété volontaire ou forcée. Parfois même, il n’y a d’autres alternatives que la guerre, la famine et la mort. Ne soyons pas marchand d’illusions comme Istvan Felkaï.

une taxe carbone au rabais

La taxe carbone est déjà un échec avant même de se mettre en place. Le PS dira non à la taxe carbone puisqu’il n’est pas au gouvernement. Les syndicats seront contre, il ne faut pas toucher au pouvoir d’achat. Les citoyens sont aux deux-tiers opposés. Le gouvernement français, par la voix du Premier ministre, promet que cette taxe ne modifiera rien, pas de hausse des prélèvements, tout au contraire compensations et mesures d’accompagnements. Cela m’étonnerait que les affamés de pétrole que nous sommes changent de comportement. Fillon fixe même le prix du carbone à un prix ridicule, 14 euros la tonne. Rappelons que la TIPP sur l’essence, à 0,61 €/litre, représente 265 € par tonne de CO2 émise.

            Alors contre les perturbations climatiques, des technocrates envisagent déjà la géo-ingénierie : « A défaut de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, la géo-ingénierie sera la seule option pour limiter l’augmentation des températures (LeMonde du 4 septembre). Mais les méthodes qui présentent le moins de risques sont les moins efficaces et celles qui sont techniquement réalisables comportent le plus de risques. Personne de censé ne devrait pouvoir mettre en place une géo-ingénierie qui aurait des effets indésirables pour certaines populations et certains écosystèmes. Mais qui décide, les ingénieurs, les entreprises ou l’Etat ?

Puisqu’il y a état d’urgence (nous avons fait la guerre à la planète, la planète nous fait la guerre), le gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche, doit expliquer les choses du long terme à la population et décider une diminution drastique de la consommation de ressources fossiles (division par quatre ou cinq des GES). Mais les politiques ne sont pas courageux quant tous leurs électeurs sont accros au pétrole. Alors la vigne sera vendangée au mois de juillet, si elle résiste !

rationnement carbone

Hier le marché des droits d’émission, aujourd’hui la contribution climat-énergie, demain  le rationnement !

– En 2006,  Jean-Marc Jancovici dans « Le plein s’il vous plaît » envisageait la taxe carbone : « Le changement de mode de vie porte déjà un nom : un prix de l’énergie toujours croissant. C’est si simple, il suffit juste de le vouloir ! Votez pour le premier candidat qui proposera d’augmenter progressivement et indéfiniment la fiscalité sur les énergies fossiles ! »

– En 2009, Yves Cochet dans « Antimanuel d’écologie » parle de rationnement : « Si nous voulons conserver les valeurs cardinales de l’Europe que sont la paix, la démocratie et la solidarité, la transition vers la société de sobriété passe par la planification concertée et aux quotas, notamment en matières énergétique et alimentaire. »

– Des  chercheurs de l’université de Princeton aux Etats-Unis confirment les propos d’Yves Cochet ; ils proposent de fixer un quota individuel d’émissions de CO2 (LeMonde du 11 juillet 2009). Cela présuppose de contrôler les super-émetteurs qui se déplacent en avion, possèdent plusieurs voitures et vivent dans des habitations confortablement chauffées ou climatisées selon la saison.

terrorisme public

Emile Henry (1872-1894) voyait juste :

– J’aime tous les hommes dans leur humanité et pour ce qu’ils devraient être, mais je les méprise pour ce qu’ils sont ;

– La classe moyenne, masse bête et prétentieuse, se range toujours du côté du plus fort ;

– Seuls les cyniques et les rampants peuvent se faire une bonne place au banquet.

Mais il a été guillotiné à 22 ans pour avoir choisi d’assassiner au hasard dans plusieurs attentats terroristes (LeMonde des livres du 10 juillet). Les moyens utilisés n’ont pas été à la hauteur des enjeux.

Le G8 voit juste pour la première fois, il reconnaît que l’accroissement de la température globale moyenne ne devrait pas dépasser les niveaux préindustriels de plus de 2°C. Mais les moyens préconisés ne sont pas à la hauteur des enjeux :

– aucune précision d’une année de référence pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (1990 ou après !) ;

– aucune entente sur les objectifs pour 2020 en matière de GES ;

– aucune mention chiffrée du financement des actions pour aider les pays pauvres.

Mais contrairement au cas d’Emile Henry, il n’existe pas encore de tribunal pour sanctionner les crimes contre la planète. D’ailleurs, qui juger, nos dirigeants ? La classe moyenne qui roule en automobile privée ?

ça chauffe

LeMonde du 3 juillet nous prépare à l’arrivée inéluctable de la taxe carbone, qui pourrait d’ailleurs s’appeler « Contribution climat-énergie » pour pouvoir ajouter aux énergies fossiles toutes les autres sources d’énergie, et particulièrement le nucléaire. Le Parti socialiste parle déjà de CCEU, « Universelle ».

De toute façon, il faut faire très vite, ça chauffe : les experts scientifiques (dont Jouzel, Hansen, etc.) qui se sont réunis récemment à Copenhague, en sont revenus livides. Les prévisions scientifiques seraient bien plus pessimistes depuis le 4ème rapport du GIEC, il ne faudrait plus diviser les émissions mondiales par deux d’ici 2050, mais plutôt par trois. On murmure même ici ou là que des points de basculement comme la fonte du permafrost pourraient déjà avoir été franchis.

Mais le problème, c’est que le rythme du débat politique est bien plus lent qu’un emballement climatique. Alors beaucoup de monde va avoir les pieds dans l’eau sans l’avoir demandé.

Bonnes vacances à toi, pas très loin de chez toi !

le (for)fait accompli

Le groupe pétrolier Total a reçu l’autorisation le 28 mai de lancer un projet pilote de captage et de stockage géologique de CO2 (CSC) à Lacq (LeMonde du 30 mai). L’association FNE (France nature environnement) n’est pas d’accord :

La CSC est énergivore car elle utilise en effet de l’énergie pour les opérations de capture, de transport et d’injection souterraine.

La CSC est polluante car cette technologie a pour raison première Ie développement des centrales thermiques au charbon

La CSC présente des risques, aucune expertise indépendante et contradictoire n’a été financée à ce sujet.

La CSC est tardive, les industriels eux-mêmes rappellent que la CSC ne sera pas opérationnelle avant 2030.

La CSC n’est pas viable, les cavités géologiques adéquates et non exposées à un risque sismique sont rares.

 La CSC est fondée sur un mensonge, elle ne permet pas de réduire mais juste d’ enfouir nos émissions de gaz à effet de serre

Le principe pollué/payeur, le contribuable sera mis à contribution.

Le responsable c’est l’Etat qui assurera la surveillance du site et prendra donc en charge les éventuels problèmes

CONCLUSION : Restaurer une démocratie écologique. Les associations demandent un moratoire sur tout projet de CSC, l’organisation d’un débat public par la Commission nationale du débat public, l’organisation d’un débat parlementaire sur Ie cadre juridique applicable et une expertise réellement indépendante des risques.

climatique emballement

Y’a de quoi s’inquiéter ! Quelques brèves se recoupent dans LeMonde du 18 avril. Page 4, on nous informe qu’au-delà d’une hausse des températures de 2,5 °C, les forêts pourraient libérer de grandes quantités de carbone et ainsi inverser leur rôle de « puits de carbone ». Page 16, on nous informe qu’une hausse brutale du niveau de la mer, largement supérieure aux 18 à 60 cm d’ici à la fin du siècle prévus par le GIEC, n’est pas exclue.

Pourtant, ce n’est pas l’annonce de ces potentiels désastres qui m’inquiètent, c’est le fait que ces informations capitales ne soient pas mises en évidence dans mon quotidien préféré. Celui-ci donne six fois plus d’espace en page 23 à « l’art de l’ingénierie astucieuse », c’est-à-dire à un reportage sur la Formule 1. La compétition automobile est le véhicule privilégié de l’aspiration à la vitesse et le promoteur infatigable du gaspillage de CO2. Si un quotidien de référence valorise ainsi l’émission de gaz à effet de serre, il me semble évident que les perspectives d’emballement du processus du réchauffement et la hausse conséquente d’augmentation du niveau des mers vont se réaliser.

Je rappelle qu’un Premier ministre avait décrété le 30 novembre 1973 l’interdiction du sport automobile sur le sol national suite au premier choc pétrolier. J’attends instamment que le Premier ministre François Fillon (ou sa doublure Sarko) édicte la même interdiction pour lutter contre le réchauffement climatique. En effet, on ne peut pas attendre des médias qu’ils fassent mieux que les politiques, seuls à même de prendre les décisions. Mais on ne peut pas attendre des politiques qu’ils pensent autrement que les téléspectateurs qui bavent devant la ronde infernale de la F1 sur TF1. Car on ne peut pas attendre des citoyens qu’ils raisonnent différemment de ce que leur montrent les médias…

carte carbone ou taxe ?

Ne nous leurrons pas, les informations qui nous parviennent  sont toujours en retrait sur ce qu’il faudrait faire. A l’heure actuelle la lutte contre le réchauffement climatique repose sur le marché des droits à polluer. Rien à cirer, c’est un soutien des politiques aux entreprises pollueuses et le pouvoir de compromission s’arrangea toujours pour que le prix du carbone soit le plus bas possible, ou qu’il y ait des exemptions, etc. Le Monde  du 9 avril aborde quand même la taxe carbone dont Sarko a un peu parlé en 2008, et les USA y réfléchissent. Mais il s’agit d’une taxe aux frontières, il s’agit d’abord de se protéger de la « concurrence déloyale », pas directement d’économiser l’énergie.

            Alors certains rêvent d’une taxe « contribution climat-énergie » sur l’ensemble des  consommations. Très bien, mais c’est  déjà insuffisant, la planète chauffe. Plutôt qu’une action par les prix (la taxe carbone agit sur les prix, donc sur les comportements), il faudrait déjà préparer activement l’action sur les quantités, la carte carbone. Ce système de carte de rationnement a été proposé fin juin 2005 en Angleterre par le ministre de l’environnement. Les points carbone de la carte seraient débités chaque fois que son détenteur achèterait des combustibles fossiles, que ce soit pour se chauffer, pour cuisiner, pour se déplacer, pour acheter des engrais… Il est en effet malheureusement évident qu’un système du type « simplicité volontaire » est illusoire collectivement, il faudra une dose de coercition. J’attends avec impatience le premier politique qui présentera le programme carte carbone / rationnement : il aurait raison, mais il est sûr d’être hué ! Déjà Europe-écologie commence à parler de social plutôt que d’écologie !!

Alors, pour terminer quand même en beauté, une petite citation : « Pour que les rapports sociaux soient placés sous le signe de l’équité, il faut qu’une société limite d’elle-même la consommation d’énergie de ses plus puissants citoyens. (Ivan Illich, énergie et équité, 1973)

les négationnistes du climat

Sur la même page du Monde (14 mars), rencontre climatique tumultueuse. D’un côté un conglomérat de scientifiques, mais aussi de politiciens et d’économistes, dénonçaient du 8 au 10 mars le protocole de Kyoto à New York. En ouvrant le débat, le président tchèque Vaclav Klaus se contente d’un procès d’intention : «  Le véritable projet de l’alarmisme environnementaliste est de ramener l’humanité des siècles en arrière ». Mais son propre ministre de l’environnement regrettait deux jours après « l’amateurisme et les positions bizarres » de son Président. Il est clair que la plupart des intervenants de ce colloque ignoble sont au service des lobbies, ils sont d’ailleurs rémunérés, chose rare pour les conférences scientifiques. Quelques-uns affirment aussi sans savoir, il y en a comme ça un peut partout autour de nous !

De l’autre côté 2000 scientifiques, parmi lesquels les plus éminents climatologues mondiaux, préparaient du 10 au 12 mars la prochaine conférence de Copenhague où les gouvernements devront décider en toute connaissance de cause. Le comité scientifique de la conférence affirme : « Les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos économies se sont construites ». L’irréversibilité qui va ramener l’humanité des siècles en arrière est sans doute en cours, un spécialiste prédit en effet : «  La capacité de stockage du gaz carbonique par les écosystèmes devrait culminer vers 2050, avant que, fragilisés par le réchauffement, ils ne se mettent à leur tour à relâcher du CO2 dans l’atmosphère, aggravant ainsi le phénomène ».

Vaclav Klaus veut notre perte, il devrait être dénoncé par tous les médias. C’est un négationniste climatique dont nous avons malheureusement trop d’exemplaires (cf. mes articles du 8 octobre 2008, 11 et 15 février 2009). J’ai même un membre de ma famille qui s’est permis le raisonnement suivant : « Au secours, ça chauffe ! Le climat se réchauffe, vous avez fauté alors la nature se venge. Vous bougez trop alors les catastrophes se multiplient, mais oui, regardez vous avez les preuves sous les yeux, le soleil est trop chaud, il pleut, le vent souffle, les tempêtes, les raz de marée se multiplient, l’hiver est trop froid, l’été trop chaud, vous voyez, vous avez la preuve de votre pollution calorifique. Vous pétez trop fort, vous faites tourner votre moteur, vous réchauffez la planète. Si ! Touchez le pot d’échappement de votre monstre mécanique, il est brûlant, les gaz qu’il rejette sont chauds, mettez-vous un doigt dans le cul, c’est chaud, voila la preuve ! » Le même rajoute : « L’emploi du mot négationniste est un procédé assez dangereux et détestable car il fait un lien direct à la négation de l’élimination du peuple juif pendant la seconde guerre mondiale qui est un génocide bien sûr condamnable. Il s’agit donc là de l’emploi d’un mot qui tente de discréditer un contradicteur. Ce type d’argument se retourne immédiatement contre son auteur pour peu que l’on dénonce la rhétorique. »

C’est vrai, « négationniste », en matière de climat, le terme n’est pas assez fort ; ce n’est pas un peuple particulier qu’on agresse, c’est la Biosphère tout entière.

 

ça va être dur

Dans son discours définissant concrètement la politique qu’il entend mener, Barack Obama ne mentionne la question écologique qu’en passant et en la réduisant au changement climatique. Le nouveau Président n’a même pas dit à ses concitoyens, premiers émetteurs au monde de GES, qu’il fallait réduire considérablement leur consommation d’énergie (dixit Hervé Kempf, LeMonde du 1-2 mars). Il est vrai que mon quotidien de référence reste le plus souvent assez timide en matière de chocs écologiques. Dans sa présentation du livre de Jean Marc Jancovici, Le changement climatique expliqué à ma fille, Antoine Todorov (LeMonde du 28 février) se lance dans des circonvolutions invraisemblables : « Nous pouvons peut-être néanmoins encore lutter contre ces évènements, même s’ils paraissent inévitables ».

Non, monsieur Todorov, aucun évènement causé par l’homme n’est inévitable. La guerre n’est jamais inévitable quand nous devenons tous objecteurs de conscience. Le réchauffement climatique et autres crises écologiques ne sont pas inévitables si nous devenons tous objecteurs de croissance. Monsieur Todorov, la force d’un journaliste est de proclamer sans hésiter ces vérités premières comme le fait Hervé dans le même journal que vous. Encore faudrait-il, Monsieur Todorov, que vous ayez vraiment lu Jancovici, il ne s’agit pas de simples petits changements comme vous l’affirmez. Jean-Marc dit explicitement à sa fille :

« Nous avons quarante ans pour changer, il va falloir mettre les choses en mouvement à très grande échelle… Cela implique de ne pas faire des études longues à la fac, mais de devenir agriculteur ou menuisier… De dire tout de suite je me lève une demi-heure plus tôt pour aller travailler même si c’est dur… D’accepter dès maintenant que nous n’aurons pas toujours plus en travaillant de moins en moins, mais bien l’inverse, pour préserver la paix et un minimum de joie de vivre… En somme il faut tout repenser. »

bonus à la con

            Il y a bonus et bonus. La Lloyds s’apprête à verser pour 120 millions de livres de primes. Il paraît que les cadres bancaires d’un secteur en quasi-faillite touchent des bonus puisque « aucune économie moderne ne peut  fonctionner sans les banques » et que « occuper un poste de direction dans ce secteur n’est ni très facile, ni très gratifiant ». La rubrique pourrie Breakingviews.com donne la parole à Christopher Hughes (les Anglais ne doivent pas mettre tous les bonus dans le même sac). Cet analyste n’a vraiment pas le sens de la dignité des poor workers.

Le même numéro de mon quotidien préféré (LeMonde du 18 février) donne une autre approche des bonus, mais c’est aussi pourri. Le plan de relance allemand appelle « bonus écologique » une simple prime à la casse ; les conditions écologiques pour l’achat d’une nouvelle voiture ne sont même pas restrictives. Une somme de 1,5 milliards d’euros consacrée à l’industrie automobile veut bien dire que le plan-climat n’était que poudre aux yeux. 

Le bonus, c’est pour le niveau des émissions de CO2 dans l’atmosphère qui est plus élevé que ne le prévoyaient les scénarios les plus pessimistes des experts du climat (+ 3,5 % par an depuis 2000, contre 0,9 % dans les années 1990) et les milliardaires continuent de sabler la champagne. La fête est finie, mais l’espèce humaine ne le sait pas encore…

négationnisme climatique

Il y a des négationnistes partout, même dans l’Eglise catholique. Mais les négationnistes les plus dangereux pour l’avenir de nos enfants, ce sont les négationnistes du climat. Ainsi une brève du Monde (11 février) parle de Sammy Wilson, ministre nord-irlandais de l’environnement, qui a interdit une publicité appelant à réduire la consommation d’énergie et donc l’émission de CO2. Mais LeMonde ne dénonce pas M. Wilson qui nie l’origine humaine du réchauffement climatique. Pourquoi ce négationnisme assumé et fier de l’être ?

Dans la rubrique Vu&commenté du Monde du 20 mai 2008, le faux écolo Claude Allègre ne croyait pas lui aussi à un réchauffement climatique d’origine anthropique. Il parlait même d’une escroquerie scientifique menée par des centaines de spécialistes du climat dans le cadre du GIEC. Pourquoi donc LeMonde a-t-il donné tant de fois la parole à cet égocentrique cultivant une notoriété malfaisante grâce à ses jugements personnels à l’emporte-pièce ? Pourquoi LeMonde a-t-il cultivé un sensationnalisme inutile ?

Dans le même numéro, ce négationnisme journalistique s’affichait de manière indirecte avec une pleine page du Monde &vous consacrée à la décapotable de BMW (149 à 224 g/km de Co2) et à une belle Ferrari rouge en photo, dont le texte se gardait bien de présenter le bilan carbone du moteur V8 à injection directe développant 460 chevaux et « passant de 0 à 100 km/h en moins de quatre secondes ». Pourquoi LeMonde verse-t-il dans ce négationnisme climatique non affirmé ? Parce qu’il vit de la publicité et que l’automobile, ça rapporte !

Il est donc évident que si un ministre, environnementaliste de surcroît, peut se permettre encore un négationnisme climatique, c’est qu’il se sent soutenu à la fois par des scientifiques dévoyés par l’appât du gain ou de l’esbroufe, et par des médias au service d’une société tout entière vouée au dieu Hydrocarbure. Quel politique aura le courage de prôner la taxe carbone généralisée ?

taxe carbone généralisée

L’étiquetage carbone devrait se généraliser dans les prochaines années.  Un pack de jus d’oranges entraîne l’émission de 1,7 kg de CO2, un litre d’essence brûlé en voiture 2,3 kg, mais une simple recherche Internet avec google déjà 0,02 gramme (LeMonde du 10 février). Tout se paye en termes d’effet de serre quand on analyse le cycle de vie d’un produit, depuis l’extraction de matières premières au recyclage, en passant par sa transformation  et sa distribution. Mais il ne suffit pas de constater.

Puisque tous les produits sont susceptibles d’un bilan carbone, pourquoi ne pas remplacer la TVA par une taxe carbone ? Le gouvernement s’est servi d’une combinaison de taxes et de campagnes pédagogiques pour  convaincre des millions de gens de cesser de fumer, et il doit consentir le même effort pour amener l’économie à cesser de fumer du gaz carbonique et d’engloutir de l’essence. Un système de taxes est préférable à un régime de crédits d’émission. Plus simple, plus transparent et plus facile à calculer, il s’applique à tous les secteurs de l’économie et il est facilement ajustable pour alléger la charge pesant sur les travailleurs aux plus bas revenus. Au-delà de la complexité des crédits d’émissions, ce qui me gêne, c’est que leur but est de masquer artificiellement la douleur et à faire comme si l’on n’imposait aucune taxation.

Le signal-prix de la taxe carbone vise au contraire à transformer notre perception de la place de notre pays et de l’espèce humaine dans le monde. Plusieurs pays européens, notamment le Danemark et la Norvège, pratiquent depuis longtemps les taxes sur le CO2. Le Danemark est le premier exportateur mondial de turbines éoliennes et connaît un taux de chômage de 2 % – en partie parce que son mode de taxation de l’énergie a contribué à stimuler une toute nouvelle industrie des technologies propres. Enfin, si la France devait appliquer une taxe carbone sans que la Chine, par exemple, ne l’imite, notre parlement ne tarderait pas à imposer un « droit de douane carbone » aux exportations chinoises fabriquées grâce à des combustibles fossiles.

moraliser le capitalisme ?

« Moraliser le capitalisme », titre Pierre-Antoine Delhommais dans LeMonde du 8-9 février, pour conclure : « Ce n’est pas gagné ». Les Français ne sont pas choqués que le footballeur Thierry Henry puisse obtenir en 2006 1183 années de SMIC avec un salaire de 14 millions d’euros : ils aiment le foot. Google ne s’y trompe pas, dans les pages France du moteur de recherche, « thierry henry » fait 454 000 entrées alors que le mot générique « biosphere » n’en fait que 213 000. Les Français ne sont pas choqués que Dany Boon ait empoché 15 millions d’euros avec ses Ch’tis, ils ont bien rigolé.

L’inégalité des revenus n’a aucun justification. Selon Adam Smith, « Dans une profession où vingt personnes échouent pour une qui réussit, celle-ci doit gagner tout ce qui aurait pu être gagné par les vingt qui échouent ». Or les vingt qui ont échoué n’ont rien gagné, le gain potentiel des perdants n’est pas un gain réel. Par contre la réduction des inégalités a un fondement objectif, très bien analysé par Hervé Kempf dans son livre, Comment les riches détruisent la planète : « Nous limiterions notre gaspillage, nous chercherions à changer notre mode de vie, tandis que les gros, là-haut, continueraient à se goberger dans leurs 4×4 climatisés et leurs villas avec piscine ? Non. La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d’énergie, c’est que la consommation matérielle, donc le revenu, de l’oligarchie soit sévèrement réduite. En soi pour des raisons d’équité, et plus encore, en suivant la leçon de Veblen, pour changer les standards culturels de la consommation ostentatoire. Puisque la classe de loisir établit le modèle de consommation de la société, si son niveau est abaissé, le niveau général de consommation diminuera. Nous consommerons moins, la planète ira mieux, et nous serons moins frustrés par le manque de ce que nous n’avons pas. »

Comme le disait un jour le spécialiste du réchauffement climatique, Pierre Radanne : Les mesures à prendre peuvent se décliner en cinq phases : « Prendre conscience des menaces, mesurer nos émissions de GES, détailler les solutions techniques, organisationnelles et comportementales, les inscrire dans un calendrier effectif, et enfin préserver l’équité »  La Biosphère approuve, bien qu’au mot équité je préfère celui d’égalité : Thierry Henry n’aurait jamais du gagner plus que moi…

spéculation carbonique

Je ne crois pas au marché du carbone, il a été inventé au début des négociations sur le réchauffement climatique par les Américains pour qu’on ne prenne pas de mesures contraignantes. Je ne crois pas au marché du carbone, le premier fonds spéculatif va être lancé fin du mois à Londres (LeMonde du 7 janvier). Quand on sait que les USA, après avoir obtenu toutes les compromissions qu’ils voulaient (marchandisation de l’effet de serre, bluff des puits de carbone…) ont abandonné le protocole de Kyoto dès qu’il s’agissait de signer. Quand on sait que les fonds spéculatifs sont ceux qui nous ont mis dans la merde du tsunami financier, je ne crois plus aux marchés. Le fonds spéculatif qui va jouer sur la valeur du carbone vise une rémunération annuelle de 20 %. Cela me fait penser aux fonds Madoff qui promettait la même rémunération. La création d’un hedge fund n’est pas les signe d’une maturation du marché du carbone, il est le signal que les obligations pourries infectent tout ce qu’elles touchent. Le CF Carbon Fund sera administré par la banque Fortis, c’est fort du café, c’est la banque qui vient d’être sauvée de la faillite à l’automne 2008. 

Je ne suis pas rassuré par le fait que le marché du carbone ne représente en un an que quelques minutes des transactions du marché financier, il progresse rapidement, le carbone est contenu dans tous nos achats. Je ne suis pas rassuré par l’inertie politique. Le gouvernement Sarkozy devait soumettre un rapport au Parlement avant la fin 2008 pour une taxe carbone (LeMonde du 6 mai 2008) ; mais il s’agissait d’une taxe à l’importation et on attend toujours le rapport.

Que les citoyens mettent les gouvernants en face de leurs responsabilités ! Que ceux qui placent leur argent sachent qu’un jour ou l’autre il faudra pendre les spéculateurs qui ne se pendent pas eux-mêmes ! Que les consommateurs acceptent l’idée d’un rationnement prochain de notre consommation de carbone ; cette consommation est une destruction de ressources fossiles limitées, irremplaçables, non renouvelables et non recyclables à court terme. Que le dieu de la Biosphère me préserve du marché carbone et de la folie humaine. 

Pour la petite histoire : A l’initiative de Jean Launay, les 6 députés du Pôle écologique du PS avaient déposé un amendement au projet de budget 2009 visant à créer une taxe carbone. Mme Christine Lagarde, ministre de l’économie, avait répondu : « Monsieur Launay, vous avez eu raison de souligner que l’un de nos objectifs était de modifier les comportements, en les orientant davantage vers le respect de l’environnement. J’ai été particulièrement sensible à la manière dont vous avez présenté vos réflexions sur ce point, et j’espère qu’il donnera lieu, entre nous, à des échanges riches. Comme vous, nous souhaitons infléchir les comportements de manière progressive. » Blabla, Blabla, Blabla.