énergie

BIOSPHERE-INFO, tout savoir sur le nucléaire

Pour recevoir gratuitement le mensuel BIOSPHERE-INFO,

il suffit d’envoyer un mail à biosphere@ouvaton.com

sortie du nucléaire, 4 articles sur l’essentiel à savoir

24 mars 2019, Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

18 mars 2019, Le nucléaire, on n’en a ni les moyens, ni le besoin

17 mars 2019, Nucléaire, des risques sans alternative nucléaire

16 mars 2019, Le nucléaire a-t-il un avenir ? Certainement pas !

(une analyse du cycle de vie = de la construction aux déchets)

Articles antérieurs sur notre blog biosphere

25 mars 2009, Nucléaire, danger immédiat !

3 février 2019, La crise mondiale des déchets nucléaires

25 novembre 2018, Protéger l’emploi, dans le nucléaire ou l’agriculture ?

14 novembre 2018, Déchets nucléaires : ça commence à cogner à Bure

2 juin 2018, Violer une centrale nucléaire, une très bonne action ?

1er juin 2018, BIOSPHERE-INFO, le débat sur les déchets nucléaires

24 mai 2017, Sortir du nucléaire va demander des efforts aux Suisses

17 avril 2017, Les présidentiables et leur avis sur le nucléaire civil

25 mars 2016, Un impossible démantèlement des centrales nucléaires

12 février 2014, Diminution du nucléaire veut dire pour Hollande maintien !

14 avril 2013, Nucléaire, une nécessité pour éviter des morts ?

29 mars 2013, Nucléaire, scénario catastrophe ou apocalypse vraie ?

8 février 2013, Des déchets nucléaires enfouis à Bure pour l’éternité…

8 décembre 2012, L’EPR et l’électronucléaire n’ont aucun avenir (Philippe Lebreton)

13 novembre 2012, la conférence sur l’énergie, version nucléaire avec Batho

26 juillet 2012, Contradictions du parti socialiste sur le nucléaire (congrès du PS)

15 mai 2012, Pic de l’uranium, la fin du nucléaire

6 janvier 2012, EDF, CGT, ministres…, des menteurs au service du nucléaire

7 décembre 2011, Greenpeace attaque des centrales nucléaires

18 novembre 2011, Sortir du MOX, sortir du nucléaire

15 novembre 2011, HOLLANDE et SARKOZY, main dans la main nucléaire

23 juillet 2011, les socialistes sont pro-nucléaires (René Hamm)

24 juin 2011, pourquoi et comment sortir du nucléaire (Yves Cochet)

18 avril 2011, Nicolas Hulot devient antinucléaire

1er avril 2011, Laurent Samuel et l’information nucléaire

23 mars 2011, CGT, pronucléaire ! L’aliénation syndicale…

20 juin 2010, démocratie nucléaire à la suédoise !

17 décembre 2007, plaisanterie nucléaire (Louis Armand en 1957)

Notre plus vieux numéro de Biosphere-Info sur le nucléaire (24 octobre 2005)

Biosphere-hebdo numéro 8, spécial nucléaire

Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Pour un membre de Biosphere (association loi-1901 dont l’objectif est de défendre les intérêts de la Biosphère), il faut donc dénoncer avec force cette société de prédateurs. Voici quelques analyses de ce qu’il paraissait important à dire cette semaine sur les événements du monde des humains et des non-humains : 

23.10.2005 Nobel nucléaire

L’agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) met autant d’ardeur dans sa croisade contre la prolifération des bombes atomiques que de vivacité à vanter les mérites de l’atome « propre ». Pourtant cet organisme a reçu le prix Nobel de la paix 2005 pour récompenser ses « efforts visant à empêcher que l’énergie nucléaire soit utilisée à des fins militaires ». Pourtant tout réacteur civil est une source de dissémination de matériels fissiles, délice des terroristes amateurs. Pourtant la volonté affichée par l’AIEA de ne pas tolérer l’émergence de nouveaux pays nucléaires n’empêche pas les cinq puissances nucléaires officielles de choyer ses armes de destruction massive et les officieux (Israël, Inde et Pakistan) de conserver quelques bombes. L’Iran, sur lequel l’AIEA enquête depuis trois ans, estime de son côté que l’attribution du Nobel est une décision politique dirigée contre son programme nucléaire national (et civil ?) ».

La Biosphère constate que les humains aiment faire joujou avec des jouets de plus en plus dangereux pour tout le monde, humains et non humains, et préfèrent donner des médailles à ceux qui fabriquent, utilisent ou « contrôlent » ces jouets. Pourtant le Nobel aurait été beaucoup plus symbolique s’il avait été décerné aux rescapés des explosions atomiques des 6 et 9 août 1945, il y a maintenant 60 ans.

23.10.2005 Des déchets nucléaires pour les générations futures

Pour F.Loos, ministre délégué à l’industrie, un projet de loi sur les déchets nucléaires sera examiné par le Parlement dès le 2ème trimestre 2006. Selon lui, la faisabilité du stockage réversible en couche géologique profonde est établie et il attend une unanimité parlementaire sur cette question comme lors de la loi Bataille du 30 décembre 1991 : celle-ci prévoyait de ne pas discuter des déchets puisqu’on en reparlerait 15 ans après, en 2006 donc ! Contre cet optimisme béat, il faut noter que l’entreposage de longue durée en surface ne pourra être poursuivi très longtemps d’une part, que séparation et transmutation nécessitent encore quelques décennies de recherche pour un résultat incertain d’autre part. Reste l’enfouissement dans de l’argile à Bure, site dont l’évaluation officielle n’est pas encore terminée… Alors le gouvernement cache son impuissance derrière un prétendu « débat public » qui a débuté en septembre 2005 pour s’achever le 13 janvier 2006. Dans ce contexte défavorable à la poursuite du nucléaire civil, EDF et le gouvernement ont pourtant décidé de la prochaine construction d’un réacteur EPR : le lobbying pro-nucléaire continue d’imposer ses choix « réalistes » qui vont aggraver un niveau de radiation perturbateur de la vie terrestre pendant des siècles et des siècles.

Alors que la question des déchets nucléaires n’est pas encore résolue, la Biosphère juge cette attitude irresponsable.

22.10.2005 La fin du nucléaire militaire ?

Le président iranien M. Ahmadinejad s’exprimait en septembre dernier devant l’Assemblé générale des Etats-Unis. Le fait qu’il soit le premier président laïc depuis un quart de siècle ne l’a pas empêché de dire des énormités du genre « L’énergie nucléaire est un don de Dieu » ou « Notre religion nous interdit d’avoir des armes nucléaires ». Il n’empêche que c’est la première fois qu’on disait aux grandes puissances de ce monde qu’elles exagéraient : « L’ironie de la situation et que ceux qui ont utilisé des armes nucléaires, qui continuent à en produire et à en accumuler, qui ont utilisé des bombes à uranium appauvri contre des centaines de milliers d’Irakiens, que ceux qui n’ont pas signé le traité d’interdiction complète des essais nucléaires et qui ont armé le régime sioniste en armes de destructions massive s’efforcent d’empêcher les autre pays d’acquérir la technologie pour pouvoir produire de l’énergie nucléaire ». Pourtant, même si l’Iran se propose de revendre le combustible nucléaire 30 % moins cher que le prix imposé par les grandes puissances, Dieu n’exprime rien car il n’est que le paravent de la bêtise humaine.

La Biosphère constate que les plus riches veulent imposer leur loi aux autres pays, mais seul un miracle peut combattre cet état de fait quand les pays pauvres désirent la même chose que les pays riches. Pour donner au monde l’envie d’un désarmement nucléaire complet, à la fois militaire et civil, n’y a-t-il que l’attente du miracle, un attentat terroriste de type nucléaire ?

21.10.2005 Relance du nucléaire ?

La groupe français Areva a créé une société commune avec la compagnie d’électricité américaine Constellation dans le but explicite de construire aux USA quatre réacteurs nucléaire EPR. Depuis 1978, aucune tranche n’avait été commandé aux USA. En effet l’opinion publique avait été marquée par l’accident dans la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie) en mars 1979 et par la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986. De toute façon le pays possède déjà un parc de 104 réacteur assurant 21 % de sa production électrique, mais G.Bush veut maintenant aller au-delà et plaide : « Plus d’énergie nucléaire rendra notre nation plus sûre et moins polluante. Il est temps pour ce pays de commencer à nouveau à construire des centrales nucléaires (discours du 22 juin 2005) ».

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, pourtant les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

20.10.2005 Criirad (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité)

En France, la dernière mine d’uranium a fermé ses portes en 2001. L’extraction de ce minerai consiste à remonter en surface des millions de tonnes de roche, par exemple 57 millions de tonnes rien que pour le Limousin. Ces roches sont systématiquement triées au compteur Geiger pour les mettre de côté quand la teneur en uranium est faible. Malheureusement la radioactivité de ces « stériles » peut être dix à cent fois plus élevé que celle des sols naturels : en Limousin, 100 fois l’activité moyenne de l’écorce terrestre et 20 fois celle d’un granite. Ces stériles amoncelées en verses posent problème dans la mesure où les eaux de ruissellement se chargent en uranium, à plus forte raison quand elle sont utilisées comme remblais ou même base de loisirs. L’Unscear estimait en 1993 qu’à l’échelle mondiale, l’extraction de l’uranium représentait 47 % de la dose collective de radiations liée à l’ensemble de la filière de production d’énergie électronucléaire.

Ce n’est pas parce qu’on extrait maintenant l’uranium dans des pays éloignés comme le Niger que l’activisme français doit ignorer les risques de l’énergie nucléaire : d’ailleurs dans la Biosphère, il n’y a pas normalement besoin d’électricité !

Courriel : contact@criirad.org

19.10.2005 Sortir du nucléaire (n° 28) fusionnel

Ainsi parlait le physicien et ancien ministre français de l’éducation Cl.Allègre : « Les hommes politiques, fiers, ignorants et naïfs, sont persuadés qu’Iter (International thermonuclear ractor) va leur apporter richesse, prospérité et prestige ! Malheureusement rien de tout cela ne se produira : Iter saignera à blanc les collectivités locales et affaiblira un peu plus le budget de la recherche française. Iter est encore un de ces projets de prestige qui ont, dans le passé, épuisé les finances de notre recherche : ce fut d’abord la télévision haute définition, ensuite la construction du grand accélérateur d’ions lourds, puis les vols habités dans l’espace et enfin, la Station spatiale internationale. Résultats pour la science ? Rien ou presque. Si on sait réaliser la fusion de manière explosive, on ne sait pas la contrôler et, depuis quarante ans, on tourne en rond. Des projets comme Iter, on en a installé à Princeton, puis en Grande-Bretagne, mais on n’a jamais vraiment progressé : Iter n’est qu’un engin destiné à la recherche fondamentale ».

La Biosphère en a marre de toutes ces inventions humaine réalisées ou en projet qui veulent donner aux humains toujours plus de puissance alors qu’ils savent si mal maîtriser celles qu’ils ont déjà libéré !

18.10.2005 Renaissance du nucléaire ?

Depuis la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, on n’avait plus construit de réacteur nucléaire. Aujourd’hui on a oublié l’expérience du passé (l’expérience, une lanterne que les humains ont dans le dos et qui n’éclaire que leur passé), et on croit (la foi, autre caractéristique du cerveau humain), qu’il est absolument indispensable de lutter contre l’effet de serre en construisant de nouvelles centrales. Le premier pays à se lancer dans l’aventure est la Finlande qui a officiellement mis en chantier un EPR (European pressurized reactor) le 12 septembre dernier (mise en service en 2009). Dans trois ans ce sera au tour de la France de commencer à construire un EPR à Flamanville. Pourtant le parlement finlandais avait repoussé en 1993 toute idée d’un cinquième réacteur nucléaire, il ne l’a accepté en 2002 que par 107 voix « pour » et 92 « contre », soit une majorité de 54 % seulement. Pourtant en France, selon le comité des sages issu du débat national sur l’énergie, l’urgence d’une nouvelle construction de réacteur n’était pas clairement démontrée.

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

17.10.2005 Con-fusion

Avant que la fusion ne puisse devenir une source industrielle d’énergie, trois problèmes doivent être résolus : stabilité du plasma de deutérium et de tritium ; tenue des matériaux de couverture aux neutrons extrêmement énergétiques produits dans un réacteur de fusion ; production de tritium in situ pour un fonctionnement en continu. En fait ITER n’étudiera que le premier problème, la stabilité du plasma. Or la question des matériaux est cruciale alors que personne ne sait comment le résoudre. Quant au tritium, il n’existe pas dans la nature, il faut le produire en quantités industrielles, ce qui ne pourra être démontré que par le successeur d’Iter (Demo, déjà nommé !), pas avant vingt ou trente ans au minimum.

La fission nucléaire a été découverte en 1938 et en décembre 1942, le premier réacteur divergeait déjà, mais en 2005 les Français ne savent toujours pas quoi faire de leurs déchets radioactifs. Maintenant les humains se précipitent vers des univers encore plus fantasmagoriques. L’idée de fusion nucléaire est là depuis cinquante et la maîtrise des problèmes de la fusion ne pourra pas être résolue avant au moins cinquante autres années, s’il l’est un jour ! Mais dans cette perspective imaginaire savamment entretenue, nul besoin pour les citoyens de faire des économies d’énergie, la seule issue qui vaille…

17.10.2005 L’origine de la bombe

Le physicien américain Robert Oppenheimer (1904-1967) peut être considéré comme le père de la bombe atomique puisqu’il a dirigé le projet Manhattan qui a conduit à la première explosion le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique et, grandeur nature, sur Hiroshima le 6 août suivant. Mais on ne peut accuser Robert de nationalisme, il a flirté dans les années 1930 avec les idéaux communistes ; mais la situation de guerre emporte la plupart des idéaux sur son passage. Ce n’est qu’à la fin de la seconde guerre mondiale que Robert a pu approfondir sa réflexion au sein d’une nouvelle structure, l’Atomic Energy Commission, et à s’interroger sur la course aux armements nucléaires et son contrôle. Très vite il s’oppose alors au développement de la bombe H, ce qui lui vaut l’hostilité de certains scientifiques et des politiques qui l’accusent dorénavant d’être un danger pour la sécurité nationale. En 1953, Robert est suspendu de ses fonctions par le président Eisenhower et sommé de s’expliquer.

Les humains marchent sur la tête, ce sont les militaires et les politiques qui les soutiennent qui auraient du être sommé d’abandonner des recherches non seulement dangereuses pour l’équilibre de la Biosphère mais aussi illusoires quant à la protection des équilibres socio-politiques : les Américains auraient du mettre plus d’ardeur à défendre les interventions pacifiantes de l’ONU plutôt que d’envisager de nourrir tous les conflits qui jalonnent le monde de morts et les écosystèmes de cicatrices.

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24 mars 2019, Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

18 mars 2019, Le nucléaire, on n’en a ni les moyens, ni le besoin

17 mars 2019, Nucléaire, des risques sans alternative nucléaire

16 mars 2019, Le nucléaire a-t-il un avenir ? Certainement pas !

(une analyse du cycle de vie = de la construction aux déchets)

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25 mars 2009, Nucléaire, danger immédiat !

3 février 2019, La crise mondiale des déchets nucléaires

25 novembre 2018, Protéger l’emploi, dans le nucléaire ou l’agriculture ?

14 novembre 2018, Déchets nucléaires : ça commence à cogner à Bure

2 juin 2018, Violer une centrale nucléaire, une très bonne action ?

1er juin 2018, BIOSPHERE-INFO, le débat sur les déchets nucléaires

24 mai 2017, Sortir du nucléaire va demander des efforts aux Suisses

17 avril 2017, Les présidentiables et leur avis sur le nucléaire civil

25 mars 2016, Un impossible démantèlement des centrales nucléaires

12 février 2014, Diminution du nucléaire veut dire pour Hollande maintien !

14 avril 2013, Nucléaire, une nécessité pour éviter des morts ?

29 mars 2013, Nucléaire, scénario catastrophe ou apocalypse vraie ?

8 février 2013, Des déchets nucléaires enfouis à Bure pour l’éternité…

8 décembre 2012, L’EPR et l’électronucléaire n’ont aucun avenir (Philippe Lebreton)

13 novembre 2012, la conférence sur l’énergie, version nucléaire avec Batho

26 juillet 2012, Contradictions du parti socialiste sur le nucléaire (congrès du PS)

15 mai 2012, Pic de l’uranium, la fin du nucléaire

6 janvier 2012, EDF, CGT, ministres…, des menteurs au service du nucléaire

7 décembre 2011, Greenpeace attaque des centrales nucléaires

18 novembre 2011, Sortir du MOX, sortir du nucléaire

15 novembre 2011, HOLLANDE et SARKOZY, main dans la main nucléaire

23 juillet 2011, les socialistes sont pro-nucléaires (René Hamm)

24 juin 2011, pourquoi et comment sortir du nucléaire (Yves Cochet)

18 avril 2011, Nicolas Hulot devient antinucléaire

1er avril 2011, Laurent Samuel et l’information nucléaire

23 mars 2011, CGT, pronucléaire ! L’aliénation syndicale…

20 juin 2010, démocratie nucléaire à la suédoise !

17 décembre 2007, plaisanterie nucléaire (Louis Armand en 1957)

Notre plus vieux numéro de Biosphere-Info sur le nucléaire (24 octobre 2005)

Biosphere-hebdo numéro 8, spécial nucléaire

Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Pour un membre de Biosphere (association loi-1901 dont l’objectif est de défendre les intérêts de la Biosphère), il faut donc dénoncer avec force cette société de prédateurs. Voici quelques analyses de ce qu’il paraissait important à dire cette semaine sur les événements du monde des humains et des non-humains : 

23.10.2005 Nobel nucléaire

L’agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) met autant d’ardeur dans sa croisade contre la prolifération des bombes atomiques que de vivacité à vanter les mérites de l’atome « propre ». Pourtant cet organisme a reçu le prix Nobel de la paix 2005 pour récompenser ses « efforts visant à empêcher que l’énergie nucléaire soit utilisée à des fins militaires ». Pourtant tout réacteur civil est une source de dissémination de matériels fissiles, délice des terroristes amateurs. Pourtant la volonté affichée par l’AIEA de ne pas tolérer l’émergence de nouveaux pays nucléaires n’empêche pas les cinq puissances nucléaires officielles de choyer ses armes de destruction massive et les officieux (Israël, Inde et Pakistan) de conserver quelques bombes. L’Iran, sur lequel l’AIEA enquête depuis trois ans, estime de son côté que l’attribution du Nobel est une décision politique dirigée contre son programme nucléaire national (et civil ?) ».

La Biosphère constate que les humains aiment faire joujou avec des jouets de plus en plus dangereux pour tout le monde, humains et non humains, et préfèrent donner des médailles à ceux qui fabriquent, utilisent ou « contrôlent » ces jouets. Pourtant le Nobel aurait été beaucoup plus symbolique s’il avait été décerné aux rescapés des explosions atomiques des 6 et 9 août 1945, il y a maintenant 60 ans.

23.10.2005 Des déchets nucléaires pour les générations futures

Pour F.Loos, ministre délégué à l’industrie, un projet de loi sur les déchets nucléaires sera examiné par le Parlement dès le 2ème trimestre 2006. Selon lui, la faisabilité du stockage réversible en couche géologique profonde est établie et il attend une unanimité parlementaire sur cette question comme lors de la loi Bataille du 30 décembre 1991 : celle-ci prévoyait de ne pas discuter des déchets puisqu’on en reparlerait 15 ans après, en 2006 donc ! Contre cet optimisme béat, il faut noter que l’entreposage de longue durée en surface ne pourra être poursuivi très longtemps d’une part, que séparation et transmutation nécessitent encore quelques décennies de recherche pour un résultat incertain d’autre part. Reste l’enfouissement dans de l’argile à Bure, site dont l’évaluation officielle n’est pas encore terminée… Alors le gouvernement cache son impuissance derrière un prétendu « débat public » qui a débuté en septembre 2005 pour s’achever le 13 janvier 2006. Dans ce contexte défavorable à la poursuite du nucléaire civil, EDF et le gouvernement ont pourtant décidé de la prochaine construction d’un réacteur EPR : le lobbying pro-nucléaire continue d’imposer ses choix « réalistes » qui vont aggraver un niveau de radiation perturbateur de la vie terrestre pendant des siècles et des siècles.

Alors que la question des déchets nucléaires n’est pas encore résolue, la Biosphère juge cette attitude irresponsable.

22.10.2005 La fin du nucléaire militaire ?

Le président iranien M. Ahmadinejad s’exprimait en septembre dernier devant l’Assemblé générale des Etats-Unis. Le fait qu’il soit le premier président laïc depuis un quart de siècle ne l’a pas empêché de dire des énormités du genre « L’énergie nucléaire est un don de Dieu » ou « Notre religion nous interdit d’avoir des armes nucléaires ». Il n’empêche que c’est la première fois qu’on disait aux grandes puissances de ce monde qu’elles exagéraient : « L’ironie de la situation et que ceux qui ont utilisé des armes nucléaires, qui continuent à en produire et à en accumuler, qui ont utilisé des bombes à uranium appauvri contre des centaines de milliers d’Irakiens, que ceux qui n’ont pas signé le traité d’interdiction complète des essais nucléaires et qui ont armé le régime sioniste en armes de destructions massive s’efforcent d’empêcher les autre pays d’acquérir la technologie pour pouvoir produire de l’énergie nucléaire ». Pourtant, même si l’Iran se propose de revendre le combustible nucléaire 30 % moins cher que le prix imposé par les grandes puissances, Dieu n’exprime rien car il n’est que le paravent de la bêtise humaine.

La Biosphère constate que les plus riches veulent imposer leur loi aux autres pays, mais seul un miracle peut combattre cet état de fait quand les pays pauvres désirent la même chose que les pays riches. Pour donner au monde l’envie d’un désarmement nucléaire complet, à la fois militaire et civil, n’y a-t-il que l’attente du miracle, un attentat terroriste de type nucléaire ?

21.10.2005 Relance du nucléaire ?

La groupe français Areva a créé une société commune avec la compagnie d’électricité américaine Constellation dans le but explicite de construire aux USA quatre réacteurs nucléaire EPR. Depuis 1978, aucune tranche n’avait été commandé aux USA. En effet l’opinion publique avait été marquée par l’accident dans la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie) en mars 1979 et par la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986. De toute façon le pays possède déjà un parc de 104 réacteur assurant 21 % de sa production électrique, mais G.Bush veut maintenant aller au-delà et plaide : « Plus d’énergie nucléaire rendra notre nation plus sûre et moins polluante. Il est temps pour ce pays de commencer à nouveau à construire des centrales nucléaires (discours du 22 juin 2005) ».

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, pourtant les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

20.10.2005 Criirad (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité)

En France, la dernière mine d’uranium a fermé ses portes en 2001. L’extraction de ce minerai consiste à remonter en surface des millions de tonnes de roche, par exemple 57 millions de tonnes rien que pour le Limousin. Ces roches sont systématiquement triées au compteur Geiger pour les mettre de côté quand la teneur en uranium est faible. Malheureusement la radioactivité de ces « stériles » peut être dix à cent fois plus élevé que celle des sols naturels : en Limousin, 100 fois l’activité moyenne de l’écorce terrestre et 20 fois celle d’un granite. Ces stériles amoncelées en verses posent problème dans la mesure où les eaux de ruissellement se chargent en uranium, à plus forte raison quand elle sont utilisées comme remblais ou même base de loisirs. L’Unscear estimait en 1993 qu’à l’échelle mondiale, l’extraction de l’uranium représentait 47 % de la dose collective de radiations liée à l’ensemble de la filière de production d’énergie électronucléaire.

Ce n’est pas parce qu’on extrait maintenant l’uranium dans des pays éloignés comme le Niger que l’activisme français doit ignorer les risques de l’énergie nucléaire : d’ailleurs dans la Biosphère, il n’y a pas normalement besoin d’électricité !

Courriel : contact@criirad.org

19.10.2005 Sortir du nucléaire (n° 28) fusionnel

Ainsi parlait le physicien et ancien ministre français de l’éducation Cl.Allègre : « Les hommes politiques, fiers, ignorants et naïfs, sont persuadés qu’Iter (International thermonuclear ractor) va leur apporter richesse, prospérité et prestige ! Malheureusement rien de tout cela ne se produira : Iter saignera à blanc les collectivités locales et affaiblira un peu plus le budget de la recherche française. Iter est encore un de ces projets de prestige qui ont, dans le passé, épuisé les finances de notre recherche : ce fut d’abord la télévision haute définition, ensuite la construction du grand accélérateur d’ions lourds, puis les vols habités dans l’espace et enfin, la Station spatiale internationale. Résultats pour la science ? Rien ou presque. Si on sait réaliser la fusion de manière explosive, on ne sait pas la contrôler et, depuis quarante ans, on tourne en rond. Des projets comme Iter, on en a installé à Princeton, puis en Grande-Bretagne, mais on n’a jamais vraiment progressé : Iter n’est qu’un engin destiné à la recherche fondamentale ».

La Biosphère en a marre de toutes ces inventions humaine réalisées ou en projet qui veulent donner aux humains toujours plus de puissance alors qu’ils savent si mal maîtriser celles qu’ils ont déjà libéré !

18.10.2005 Renaissance du nucléaire ?

Depuis la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, on n’avait plus construit de réacteur nucléaire. Aujourd’hui on a oublié l’expérience du passé (l’expérience, une lanterne que les humains ont dans le dos et qui n’éclaire que leur passé), et on croit (la foi, autre caractéristique du cerveau humain), qu’il est absolument indispensable de lutter contre l’effet de serre en construisant de nouvelles centrales. Le premier pays à se lancer dans l’aventure est la Finlande qui a officiellement mis en chantier un EPR (European pressurized reactor) le 12 septembre dernier (mise en service en 2009). Dans trois ans ce sera au tour de la France de commencer à construire un EPR à Flamanville. Pourtant le parlement finlandais avait repoussé en 1993 toute idée d’un cinquième réacteur nucléaire, il ne l’a accepté en 2002 que par 107 voix « pour » et 92 « contre », soit une majorité de 54 % seulement. Pourtant en France, selon le comité des sages issu du débat national sur l’énergie, l’urgence d’une nouvelle construction de réacteur n’était pas clairement démontrée.

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

17.10.2005 Con-fusion

Avant que la fusion ne puisse devenir une source industrielle d’énergie, trois problèmes doivent être résolus : stabilité du plasma de deutérium et de tritium ; tenue des matériaux de couverture aux neutrons extrêmement énergétiques produits dans un réacteur de fusion ; production de tritium in situ pour un fonctionnement en continu. En fait ITER n’étudiera que le premier problème, la stabilité du plasma. Or la question des matériaux est cruciale alors que personne ne sait comment le résoudre. Quant au tritium, il n’existe pas dans la nature, il faut le produire en quantités industrielles, ce qui ne pourra être démontré que par le successeur d’Iter (Demo, déjà nommé !), pas avant vingt ou trente ans au minimum.

La fission nucléaire a été découverte en 1938 et en décembre 1942, le premier réacteur divergeait déjà, mais en 2005 les Français ne savent toujours pas quoi faire de leurs déchets radioactifs. Maintenant les humains se précipitent vers des univers encore plus fantasmagoriques. L’idée de fusion nucléaire est là depuis cinquante et la maîtrise des problèmes de la fusion ne pourra pas être résolue avant au moins cinquante autres années, s’il l’est un jour ! Mais dans cette perspective imaginaire savamment entretenue, nul besoin pour les citoyens de faire des économies d’énergie, la seule issue qui vaille…

17.10.2005 L’origine de la bombe

Le physicien américain Robert Oppenheimer (1904-1967) peut être considéré comme le père de la bombe atomique puisqu’il a dirigé le projet Manhattan qui a conduit à la première explosion le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique et, grandeur nature, sur Hiroshima le 6 août suivant. Mais on ne peut accuser Robert de nationalisme, il a flirté dans les années 1930 avec les idéaux communistes ; mais la situation de guerre emporte la plupart des idéaux sur son passage. Ce n’est qu’à la fin de la seconde guerre mondiale que Robert a pu approfondir sa réflexion au sein d’une nouvelle structure, l’Atomic Energy Commission, et à s’interroger sur la course aux armements nucléaires et son contrôle. Très vite il s’oppose alors au développement de la bombe H, ce qui lui vaut l’hostilité de certains scientifiques et des politiques qui l’accusent dorénavant d’être un danger pour la sécurité nationale. En 1953, Robert est suspendu de ses fonctions par le président Eisenhower et sommé de s’expliquer.

Les humains marchent sur la tête, ce sont les militaires et les politiques qui les soutiennent qui auraient du être sommé d’abandonner des recherches non seulement dangereuses pour l’équilibre de la Biosphère mais aussi illusoires quant à la protection des équilibres socio-politiques : les Américains auraient du mettre plus d’ardeur à défendre les interventions pacifiantes de l’ONU plutôt que d’envisager de nourrir tous les conflits qui jalonnent le monde de morts et les écosystèmes de cicatrices.

En 2005, voici ce qu’on disait du nucléaire

Notre numéro de Biosphere-Info paru en octobre 2005 était daté n° 8. Nous faisions l’introduction suivante qui nous semble toujours pertinente en 2019 : Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Pour un membre de Biosphere (association loi-1901 dont l’objectif est de défendre les intérêts de la Biosphère), il faut donc dénoncer avec force cette société de prédateurs. Voici quelques analyses de ce qu’il paraissait important à dire cette semaine sur les événements du monde des humains et des non-humains. Cette semaine la question nucléaire : 

Nobel nucléaire. L’agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) met autant d’ardeur dans sa croisade contre la prolifération des bombes atomiques que de vivacité à vanter les mérites de l’atome « propre ». Pourtant cet organisme a reçu le prix Nobel de la paix 2005 pour récompenser ses « efforts visant à empêcher que l’énergie nucléaire soit utilisée à des fins militaires ». Pourtant tout réacteur civil est une source de dissémination de matériels fissiles, délice des terroristes amateurs. Pourtant la volonté affichée par l’AIEA de ne pas tolérer l’émergence de nouveaux pays nucléaires n’empêche pas les cinq puissances nucléaires officielles de choyer ses armes de destruction massive et les officieux (Israël, Inde et Pakistan) de conserver quelques bombes. L’Iran, sur lequel l’AIEA enquête depuis trois ans, estime de son côté que l’attribution du Nobel est une décision politique dirigée contre son programme nucléaire national (et civil ?) ».

La Biosphère constate que les humains aiment faire joujou avec des jouets de plus en plus dangereux pour tout le monde, humains et non humains, et préfèrent donner des médailles à ceux qui fabriquent, utilisent ou « contrôlent » ces jouets. Pourtant le Nobel aurait été beaucoup plus symbolique s’il avait été décerné aux rescapés des explosions atomiques des 6 et 9 août 1945, il y a maintenant 60 ans.

Des déchets nucléaires pour les générations futures. Pour F.Loos, ministre délégué à l’industrie, un projet de loi sur les déchets nucléaires sera examiné par le Parlement dès le 2ème trimestre 2006. Selon lui, la faisabilité du stockage réversible en couche géologique profonde est établie et il attend une unanimité parlementaire sur cette question comme lors de la loi Bataille du 30 décembre 1991 : celle-ci prévoyait de ne pas discuter des déchets puisqu’on en reparlerait 15 ans après, en 2006 donc ! Contre cet optimisme béat, il faut noter que l’entreposage de longue durée en surface ne pourra être poursuivi très longtemps d’une part, que séparation et transmutation nécessitent encore quelques décennies de recherche pour un résultat incertain d’autre part. Reste l’enfouissement dans de l’argile à Bure, site dont l’évaluation officielle n’est pas encore terminée… Alors le gouvernement cache son impuissance derrière un prétendu « débat public » qui a débuté en septembre 2005 pour s’achever le 13 janvier 2006. Dans ce contexte défavorable à la poursuite du nucléaire civil, EDF et le gouvernement ont pourtant décidé de la prochaine construction d’un réacteur EPR : le lobbying pro-nucléaire continue d’imposer ses choix « réalistes » qui vont aggraver un niveau de radiation perturbateur de la vie terrestre pendant des siècles et des siècles.

Alors que la question des déchets nucléaires n’est pas encore résolue, la Biosphère juge cette attitude irresponsable.

La fin du nucléaire militaire ? Le président iranien M. Ahmadinejad s’exprimait en septembre dernier devant l’Assemblé générale des Etats-Unis. Le fait qu’il soit le premier président laïc depuis un quart de siècle ne l’a pas empêché de dire des énormités du genre « L’énergie nucléaire est un don de Dieu » ou « Notre religion nous interdit d’avoir des armes nucléaires ». Il n’empêche que c’est la première fois qu’on disait aux grandes puissances de ce monde qu’elles exagéraient : « L’ironie de la situation et que ceux qui ont utilisé des armes nucléaires, qui continuent à en produire et à en accumuler, qui ont utilisé des bombes à uranium appauvri contre des centaines de milliers d’Irakiens, que ceux qui n’ont pas signé le traité d’interdiction complète des essais nucléaires et qui ont armé le régime sioniste en armes de destructions massive s’efforcent d’empêcher les autre pays d’acquérir la technologie pour pouvoir produire de l’énergie nucléaire ». Pourtant, même si l’Iran se propose de revendre le combustible nucléaire 30 % moins cher que le prix imposé par les grandes puissances, Dieu n’exprime rien car il n’est que le paravent de la bêtise humaine.

La Biosphère constate que les plus riches veulent imposer leur loi aux autres pays, mais seul un miracle peut combattre cet état de fait quand les pays pauvres désirent la même chose que les pays riches. Pour donner au monde l’envie d’un désarmement nucléaire complet, à la fois militaire et civil, n’y a-t-il que l’attente du miracle, un attentat terroriste de type nucléaire ?

Relance du nucléaire ? Le groupe français Areva a créé une société commune avec la compagnie d’électricité américaine Constellation dans le but explicite de construire aux USA quatre réacteurs nucléaire EPR. Depuis 1978, aucune tranche n’avait été commandé aux USA. En effet l’opinion publique avait été marquée par l’accident dans la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie) en mars 1979 et par la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986. De toute façon le pays possède déjà un parc de 104 réacteur assurant 21 % de sa production électrique, mais G.Bush veut maintenant aller au-delà et plaide : « Plus d’énergie nucléaire rendra notre nation plus sûre et moins polluante. Il est temps pour ce pays de commencer à nouveau à construire des centrales nucléaires (discours du 22 juin 2005) ».

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, pourtant les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

Criirad (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) En France, la dernière mine d’uranium a fermé ses portes en 2001. L’extraction de ce minerai consiste à remonter en surface des millions de tonnes de roche, par exemple 57 millions de tonnes rien que pour le Limousin. Ces roches sont systématiquement triées au compteur Geiger pour les mettre de côté quand la teneur en uranium est faible. Malheureusement la radioactivité de ces « stériles » peut être dix à cent fois plus élevé que celle des sols naturels : en Limousin, 100 fois l’activité moyenne de l’écorce terrestre et 20 fois celle d’un granite. Ces stériles amoncelées en verses posent problème dans la mesure où les eaux de ruissellement se chargent en uranium, à plus forte raison quand elle sont utilisées comme remblais ou même base de loisirs. L’Unscear estimait en 1993 qu’à l’échelle mondiale, l’extraction de l’uranium représentait 47 % de la dose collective de radiations liée à l’ensemble de la filière de production d’énergie électronucléaire.

Ce n’est pas parce qu’on extrait maintenant l’uranium dans des pays éloignés comme le Niger que l’activisme français doit ignorer les risques de l’énergie nucléaire : d’ailleurs dans la Biosphère, il n’y a pas normalement besoin d’électricité !

Courriel : contact@criirad.org

Sortir du nucléaire (n° 28) fusionnel. Ainsi parlait le physicien et ancien ministre français de l’éducation Cl.Allègre : « Les hommes politiques, fiers, ignorants et naïfs, sont persuadés qu’Iter (International thermonuclear ractor) va leur apporter richesse, prospérité et prestige ! Malheureusement rien de tout cela ne se produira : Iter saignera à blanc les collectivités locales et affaiblira un peu plus le budget de la recherche française. Iter est encore un de ces projets de prestige qui ont, dans le passé, épuisé les finances de notre recherche : ce fut d’abord la télévision haute définition, ensuite la construction du grand accélérateur d’ions lourds, puis les vols habités dans l’espace et enfin, la Station spatiale internationale. Résultats pour la science ? Rien ou presque. Si on sait réaliser la fusion de manière explosive, on ne sait pas la contrôler et, depuis quarante ans, on tourne en rond. Des projets comme Iter, on en a installé à Princeton, puis en Grande-Bretagne, mais on n’a jamais vraiment progressé : Iter n’est qu’un engin destiné à la recherche fondamentale ».

La Biosphère en a marre de toutes ces inventions humaine réalisées ou en projet qui veulent donner aux humains toujours plus de puissance alors qu’ils savent si mal maîtriser celles qu’ils ont déjà libéré !

Renaissance du nucléaire ? Depuis la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, on n’avait plus construit de réacteur nucléaire. Aujourd’hui on a oublié l’expérience du passé (l’expérience, une lanterne que les humains ont dans le dos et qui n’éclaire que leur passé), et on croit (la foi, autre caractéristique du cerveau humain), qu’il est absolument indispensable de lutter contre l’effet de serre en construisant de nouvelles centrales. Le premier pays à se lancer dans l’aventure est la Finlande qui a officiellement mis en chantier un EPR (European pressurized reactor) le 12 septembre dernier (mise en service en 2009). Dans trois ans ce sera au tour de la France de commencer à construire un EPR à Flamanville. Pourtant le parlement finlandais avait repoussé en 1993 toute idée d’un cinquième réacteur nucléaire, il ne l’a accepté en 2002 que par 107 voix « pour » et 92 « contre », soit une majorité de 54 % seulement. Pourtant en France, selon le comité des sages issu du débat national sur l’énergie, l’urgence d’une nouvelle construction de réacteur n’était pas clairement démontrée.

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

Con-fusion. Avant que la fusion ne puisse devenir une source industrielle d’énergie, trois problèmes doivent être résolus : stabilité du plasma de deutérium et de tritium ; tenue des matériaux de couverture aux neutrons extrêmement énergétiques produits dans un réacteur de fusion ; production de tritium in situ pour un fonctionnement en continu. En fait ITER n’étudiera que le premier problème, la stabilité du plasma. Or la question des matériaux est cruciale alors que personne ne sait comment le résoudre. Quant au tritium, il n’existe pas dans la nature, il faut le produire en quantités industrielles, ce qui ne pourra être démontré que par le successeur d’Iter (Demo, déjà nommé !), pas avant vingt ou trente ans au minimum.

La fission nucléaire a été découverte en 1938 et en décembre 1942, le premier réacteur divergeait déjà, mais en 2005 les Français ne savent toujours pas quoi faire de leurs déchets radioactifs. Maintenant les humains se précipitent vers des univers encore plus fantasmagoriques. L’idée de fusion nucléaire est là depuis cinquante et la maîtrise des problèmes de la fusion ne pourra pas être résolue avant au moins cinquante autres années, s’il l’est un jour ! Mais dans cette perspective imaginaire savamment entretenue, nul besoin pour les citoyens de faire des économies d’énergie, la seule issue qui vaille…

L’origine de la bombe. Le physicien américain Robert Oppenheimer (1904-1967) peut être considéré comme le père de la bombe atomique puisqu’il a dirigé le projet Manhattan qui a conduit à la première explosion le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique et, grandeur nature, sur Hiroshima le 6 août suivant. Mais on ne peut accuser Robert de nationalisme, il a flirté dans les années 1930 avec les idéaux communistes ; mais la situation de guerre emporte la plupart des idéaux sur son passage. Ce n’est qu’à la fin de la seconde guerre mondiale que Robert a pu approfondir sa réflexion au sein d’une nouvelle structure, l’Atomic Energy Commission, et à s’interroger sur la course aux armements nucléaires et son contrôle. Très vite il s’oppose alors au développement de la bombe H, ce qui lui vaut l’hostilité de certains scientifiques et des politiques qui l’accusent dorénavant d’être un danger pour la sécurité nationale. En 1953, Robert est suspendu de ses fonctions par le président Eisenhower et sommé de s’expliquer.

Les humains marchent sur la tête, ce sont les militaires et les politiques qui les soutiennent qui auraient du être sommé d’abandonner des recherches non seulement dangereuses pour l’équilibre de la Biosphère mais aussi illusoires quant à la protection des équilibres socio-politiques : les Américains auraient du mettre plus d’ardeur à défendre les interventions pacifiantes de l’ONU plutôt que d’envisager de nourrir tous les conflits qui jalonnent le monde de morts et les écosystèmes de cicatrices.

PS : Aujourd’hui Biosphere-Info est devenu un mensuel. Il paraît tous les 1er de chaque mois sur ce blog biosphere.

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Nucléaire, danger immédiat !

Quelques éléments clés du livre* « Nucléaire, danger immédiat » :

– Le nucléaire civil est la fille du nucléaire militaire. La France s’est lancé dans l’opération qui sépare l’uranium des radionucléides comme le plutonium. Il fallait trouver dans les années 1950 un moyen de fabriquer du plutonium qui n’existe pas à l’état naturel ; c’est un produit de l’irradiation de l’uranium. En 1953, pour rendre le nucléaire acceptable par la population, le général Eisenhower résume en une phrase : « Atom for peace ». Les applications du nucléaire sont bonnes pour tout le monde…

– En 1973 le gouvernement Messmer définit le grand plan d’équipement en centrales nucléaires civiles. Début décembre 1973, le secrétaire général à l’énergie téléphone à Marcel Boiteux (patron d’EDF de 1967 à 1987) : « Il est neuf heures du matin, j’ai besoin de savoir avant midi quel est le nombre maximum de tranches nucléaires qu’EDF s’estime capable d’engager chaque année. » A midi Marcel Boiteux rappelait Couture et bluffait : « pas plus de six ou 7 tranches par an… quatre sans doute ». Les 51 réacteurs sous licence Westinghouse ont été construits en treize ans, de 1971 à 1984. La France prenait des décisions structurantes sans se préoccuper ni de leurs coûts, ni de leur utilité économique. Le parc nucléaire s’est trouvé surdimensionné dès l’origine. Le raisonnement était simpliste, on croyait que la consommation d’électricité allait doubler tous les dix ans ! Pour justifier l’obésité atomique, la solution fut de développer le chauffage électrique de manière massive.

– Le choix des sites des centrales n’a pas été réalisé en fonction de l’analyse des risques potentiels, mais en fonction des facilités d’expropriation.

– Fessenheim a fêté ses quarante ans en 2018. D’ici 2028, 48 réacteurs sur 58 atteindront la limite des quarante ans d’exploitation, limite déterminée par Framatome (devenue Areva) lors de la fabrication des éléments essentiels.

– Dix cuves (510 tonnes, 11 m de hauteur) de nos centrales sont fragilisées par des fissures et 3 atteignent déjà les limites de sûreté. L’accident devient probable.

– L’ASN étudie la question de la prolongation au-delà de quarante ans : elle ne cesse de repousser la décision, attendue maintenant pour 2021.

– Quelques accidents nucléaires graves : en 1979, Three Mile Island aux États-Unis : en 1986, Tchernobyl en URSS ; en 2011, Fukushima au Japon. La centrale française de Saint-Laurent-des Eaux a déjà connu un incident inquiétant en 1980, il faudra trois ans pour remettre le réacteur en état. En décembre 1999, la centrale du Blayais a échappé de peu à un accident nucléaire majeur lors d’une tempête cyclonique qui avait commencé à noyer les installations.

– La radioactivité étant inodore et invisible, il est facile pour les pronucléaires d’exposer faussement qu’il n’y a aucun risque pour la santé. Entre le moment où vous êtes exposés à la radioactivité et le moment où vous pouvez développer un cancer, il peut se passer plus d’une dizaine d’années. D’ailleurs Tchernobyl n’a pas fait de victimes directes. Mais parmi les liquidateurs il y a eu une cinquantaine de morts dans les jours qui ont suivi.

– Lors de son entrée sur le marché en 2005 , le cours de l’action EDF était de 32 euros. En novembre 2017, il est tombé à 10 euros.

– Fin 2014, le groupe AREVA est contraint d’appeler l’État à l’aide. Sa perte nette atteint plus de 4 milliards pour un chiffre d’affaires de 8,3 milliards. Sa dette financière s’élève déjà à 6,8 milliards. Une entreprise privée aurait alors déposé le bilan.

– C’est à partir de 2008 qu’EDF est obligé de s’endetter en permanence pour payer ses factures. Fin juin 2017, l’endettement financier d’EDF s’élevait à 61 milliards d’euros. L’État aide cette entreprise au moment même où le gouvernement coupait dans les dépenses publiques pour respecter le fameux 3 % maximum de déficit budgétaire.

– Pour concrétiser la filière à dite à neutron rapide qui peut utiliser du plutonium, on construit le surgénérateur Superphénix à la fin des années 1970. Cette technologie n’a jamais été maîtrisée en France et on a frôlé la catastrophe en 1986 ; plusieurs tonnes de sodium, produit extrêmement inflammable, se sont renversées dans le bâtiment. Creys-Malville a été définitivement fermé en 1998, il est toujours en cours de démantèlement.

– Le contrat signé avec l’électricien finlandais TVO est léonin. Les délais de construction de l’EPR sont impossibles à tenir : alors que le contrat est signé en décembre 2003, il est prévu que le réacteur soit livré en 2009. Six ans, beaucoup trop court alors qu’il s’agit d’une tête de série. (ndlr : en 2018, la mise en service est repoussée à fin 2019)

– L’EPR en construction à Flamanville était annoncé pour 3,5 milliards lors du lancement du chantier en 2007, en 2018 la facture s’élevait déjà à 10,5 milliard.

– EDF n’a jamais montré de compétences particulières pour démanteler ses anciennes installation, ni pour gérer se propres déchets. Dasn le cas de Brennilis (une petite centrale de 70 MW), trente-deux ans après son arrêt le démantèlement du bâtiment réacteur reste un cauchemar. Pour les six réacteurs UNGG (uranium naturel graphite gaz), l’opération de démantèlement est reportée entre 2050 et 2100 ! Pour l’ensemble du parc REP (réacteur à eau pressurisée) français, le démantèlement pourrait atteindre une facture de 72,5 milliards.

– La facture du projet de site d’enfouissement en grande profondeur (Cigéo à Bure) est passé de 14 milliards d’euros en 2010 à 40 milliards en 2016 selon le calcul de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire). Ségolène Royal a fait chiffrer à seulement 24 milliards, il faut bien que le provisionnement de ce coût soit politiquement acceptable !

– L’entreprise EDF est si intrinsèquement pronucléaire que chacun au sein du groupe a intériorisé cette matrice organique comme allant de soi. Pour eux les énergies renouvelables ne sont que des « énergies intermittentes subventionnées ».

– Le 19 septembre 2017, lors d’un séminaire réservé à la presse au siège social d’EDF, Antoine Cahuzac, le patron d’EDF énergies nouvelles, mit en pièce la ligne pronucléaire de la maison : l’éolien et le photovoltaïque sont aussi compétitifs que le parc nucléaire en exploitation et bien moins chers que l’EPR.

– Pourquoi faut-il toujours que des projets d’installation d’énergies renouvelables soient attaqués par des particuliers ou des associations « anti » ?

* « Nucléaire, danger immédiat », un livre de Thierry Gadault et Hugues Demeude (Flammarion 2018, 21 euros)

Nucléaire, danger immédiat !

Quelques éléments clés du livre* « Nucléaire, danger immédiat » :

– Le nucléaire civil est la fille du nucléaire militaire. La France s’est lancé dans l’opération qui sépare l’uranium des radionucléides comme le plutonium. Il fallait trouver dans les années 1950 un moyen de fabriquer du plutonium qui n’existe pas à l’état naturel ; c’est un produit de l’irradiation de l’uranium. En 1953, pour rendre le nucléaire acceptable par la population, le général Eisenhower résume en une phrase : « Atom for peace ». Les applications du nucléaire sont bonnes pour tout le monde…

– En 1973 le gouvernement Messmer définit le grand plan d’équipement en centrales nucléaires civiles. Début décembre 1973, le secrétaire général à l’énergie téléphone à Marcel Boiteux (patron d’EDF de 1967 à 1987) : « Il est neuf heures du matin, j’ai besoin de savoir avant midi quel est le nombre maximum de tranches nucléaires qu’EDF s’estime capable d’engager chaque année. » A midi Marcel Boiteux rappelait Couture et bluffait : « pas plus de six ou 7 tranches par an… quatre sans doute ». Les 51 réacteurs sous licence Westinghouse ont été construits en treize ans, de 1971 à 1984. La France prenait des décisions structurantes sans se préoccuper ni de leurs coûts, ni de leur utilité économique. Le parc nucléaire s’est trouvé surdimensionné dès l’origine. Le raisonnement était simpliste, on croyait que la consommation d’électricité allait doubler tous les dix ans ! Pour justifier l’obésité atomique, la solution fut de développer le chauffage électrique de manière massive.

– Le choix des sites des centrales n’a pas été réalisé en fonction de l’analyse des risques potentiels, mais en fonction des facilités d’expropriation.

– Fessenheim a fêté ses quarante ans en 2018. D’ici 2028, 48 réacteurs sur 58 atteindront la limite des quarante ans d’exploitation, limite déterminée par Framatome (devenue Areva) lors de la fabrication des éléments essentiels.

– Dix cuves (510 tonnes, 11 m de hauteur) de nos centrales sont fragilisées par des fissures et 3 atteignent déjà les limites de sûreté. L’accident devient probable.

– L’ASN étudie la question de la prolongation au-delà de quarante ans : elle ne cesse de repousser la décision, attendue maintenant pour 2021.

– Quelques accidents nucléaires graves : en 1979, Three Mile Island aux États-Unis : en 1986, Tchernobyl en URSS ; en 2011, Fukushima au Japon. La centrale française de Saint-Laurent-des Eaux a déjà connu un incident inquiétant en 1980, il faudra trois ans pour remettre le réacteur en état. En décembre 1999, la centrale du Blayais a échappé de peu à un accident nucléaire majeur lors d’une tempête cyclonique qui avait commencé à noyer les installations.

– La radioactivité étant inodore et invisible, il est facile pour les pronucléaires d’exposer faussement qu’il n’y a aucun risque pour la santé. Entre le moment où vous êtes exposés à la radioactivité et le moment où vous pouvez développer un cancer, il peut se passer plus d’une dizaine d’années. D’ailleurs Tchernobyl n’a pas fait de victimes directes. Mais parmi les liquidateurs il y a eu une cinquantaine de morts dans les jours qui ont suivi.

– Lors de son entrée sur le marché en 2005 , le cours de l’action EDF était de 32 euros. En novembre 2017, il est tombé à 10 euros.

– Fin 2014, le groupe AREVA est contraint d’appeler l’État à l’aide. Sa perte nette atteint plus de 4 milliards pour un chiffre d’affaires de 8,3 milliards. Sa dette financière s’élève déjà à 6,8 milliards. Une entreprise privée aurait alors déposé le bilan.

– C’est à partir de 2008 qu’EDF est obligé de s’endetter en permanence pour payer ses factures. Fin juin 2017, l’endettement financier d’EDF s’élevait à 61 milliards d’euros. L’État aide cette entreprise au moment même où le gouvernement coupait dans les dépenses publiques pour respecter le fameux 3 % maximum de déficit budgétaire.

– Pour concrétiser la filière à dite à neutron rapide qui peut utiliser du plutonium, on construit le surgénérateur Superphénix à la fin des années 1970. Cette technologie n’a jamais été maîtrisée en France et on a frôlé la catastrophe en 1986 ; plusieurs tonnes de sodium, produit extrêmement inflammable, se sont renversées dans le bâtiment. Creys-Malville a été définitivement fermé en 1998, il est toujours en cours de démantèlement.

– Le contrat signé avec l’électricien finlandais TVO est léonin. Les délais de construction de l’EPR sont impossibles à tenir : alors que le contrat est signé en décembre 2003, il est prévu que le réacteur soit livré en 2009. Six ans, beaucoup trop court alors qu’il s’agit d’une tête de série. (ndlr : en 2018, la mise en service est repoussée à fin 2019)

– L’EPR en construction à Flamanville était annoncé pour 3,5 milliards lors du lancement du chantier en 2007, en 2018 la facture s’élevait déjà à 10,5 milliard.

– EDF n’a jamais montré de compétences particulières pour démanteler ses anciennes installation, ni pour gérer se propres déchets. Dasn le cas de Brennilis (une petite centrale de 70 MW), trente-deux ans après son arrêt le démantèlement du bâtiment réacteur reste un cauchemar. Pour les six réacteurs UNGG (uranium naturel graphite gaz), l’opération de démantèlement est reportée entre 2050 et 2100 ! Pour l’ensemble du parc REP (réacteur à eau pressurisée) français, le démantèlement pourrait atteindre une facture de 72,5 milliards.

– La facture du projet de site d’enfouissement en grande profondeur (Cigéo à Bure) est passé de 14 milliards d’euros en 2010 à 40 milliards en 2016 selon le calcul de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire). Ségolène Royal a fait chiffrer à seulement 24 milliards, il faut bien que le provisionnement de ce coût soit politiquement acceptable !

– L’entreprise EDF est si intrinsèquement pronucléaire que chacun au sein du groupe a intériorisé cette matrice organique comme allant de soi. Pour eux les énergies renouvelables ne sont que des « énergies intermittentes subventionnées ».

– Le 19 septembre 2017, lors d’un séminaire réservé à la presse au siège social d’EDF, Antoine Cahuzac, le patron d’EDF énergies nouvelles, mit en pièce la ligne pronucléaire de la maison : l’éolien et le photovoltaïque sont aussi compétitifs que le parc nucléaire en exploitation et bien moins chers que l’EPR.

– Pourquoi faut-il toujours que des projets d’installation d’énergies renouvelables soient attaqués par des particuliers ou des associations « anti » ?

* « Nucléaire, danger immédiat », un livre de Thierry Gadault et Hugues Demeude (Flammarion 2018, 21 euros)

Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

Dès l’origine, le nucléaire civil étant l’enfant reconnu du nucléaire militaire, la construction de réacteurs relevait d’un système dirigiste et non d’un système démocratique. En 2007, juste après la première intrusion de Greenpeace dans une centrale, le gouvernement avait mis en place deux premières unités du PSPG (Peloton spécialisé de protection de la gendarmerie nationale). Nous aurions aujourd’hui 20 unités soit 740 militaire. Dès le 18 octobre 1945, Charles de Gaulle crée le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA). Cet organisme est destiné à poursuivre des « recherches scientifiques et techniques en vue de l’utilisation de l’énergie nucléaire dans les domaines de la science, de l’industrie et de la défense nationale ». La France s’est lancé dans l’opération qui sépare l’uranium des radionucléides comme le plutonium. Il fallait trouver dans les années 1950 un moyen de fabriquer du plutonium qui n’existe pas à l’état naturel ; c’est un produit de l’irradiation de l’uranium. En 1953, pour rendre le nucléaire acceptable par la population, le général Eisenhower résume en une phrase : « Atom for peace ». Les applications du nucléaire sont bonnes pour tout le monde… L’annonce de la conférence de Stockholm (1er sommet de la Terre) en juin 1972 a laissé le président Pompidou de marbre ; la veille de la conférence, une campagne d’essais de la bombe H française avait été lancée sur un atoll polynésien.

En 1973, EDF propose de construire des réacteurs en série. En proie à des douleurs crucifiantes, le président Pompidou laisse Messmer conduire l’affaire. Début décembre 1973, le secrétaire général à l’énergie téléphone à Marcel Boiteux (patron d’EDF de 1967 à 1987) : « Il est neuf heures du matin, j’ai besoin de savoir avant midi quel est le nombre maximum de tranches nucléaires qu’EDF s’estime capable d’engager chaque année. » A midi Marcel Boiteux rappelait Couture et bluffait : « pas plus de six ou 7 tranches par an… quatre sans doute ». Les 51 réacteurs sous licence Westinghouse ont été construits en treize ans, de 1971 à 1984. La France prenait des décisions structurantes sans se préoccuper ni de leurs coûts, ni de leur utilité économique. Le parc nucléaire s’est trouvé surdimensionné dès l’origine. Le raisonnement était simpliste, on croyait que la consommation d’électricité allait doubler tous les dix ans ! Pour justifier l’obésité atomique, la solution fut de développer le chauffage électrique de manière massive. Le choix des sites des centrales n’a pas été réalisé en fonction de l’analyse des risques potentiels, mais en fonction des facilités d’expropriation. Le Conseil des ministres avalise une première tranche de 13 réacteurs. C’est le « plan Messmer ». L’Assemblée nationale n’est même pas consultée. Dès le mois de juin 1975, un conseil des ministres de Valéry Giscard d’Estaing programme, pour les quatre années suivantes, le lancement de 29 réacteurs supplémentaires. Pourtant Giscard n’a jamais vu une centrale nucléaire, il ira à Gravelines seulement en octobre 1979. Ces monstres de puissance sont pilotés par une poignée de techniciens auxquels on fait confiance aveugle. Les électeurs n’ont jamais été appelés à se prononcer pour ou contre le nucléaire en France. On évite la question nucléaire dans les débats nationaux. Dans les années 1970, la tâche des journalistes spécialisés en nature et environnement qui souhaitaient informer sur le nucléaire civil était à la fois simple et redoutablement difficile : face au black-out quasi-total de l’information, il leur fallait d’abord dénicher des données critiques, souvent apportées par des associations comme l’APRI (Association pour la protection contre les rayonnements ionisants). En 1986, le Pr Pellerin avait tenté de nous faire croire que le nuage de Tchernobyl avait contourné la France !

Droite et gauche vont la main dans la main, toujours pro-nucléaire (et anti-écolo). Dans les 110 propositions pour la France de 1981, François Mitterrand promettait : « Le programme nucléaire sera limité aux centrales en cours de construction en attendant que le pays puisse se prononcer par référendum. » Nous attendons toujours le référendum…Au cours de ces deux septennats, Mitterrand va inaugurer 38 réacteurs sur les 58 en fonctionnement aujourd’hui. Au fond de lui-même, Mitterrand assimile la technologie nucléaire au progrès. Jacques Chirac entre à l’Élysée le 17 mai 1995. Cette même année, Chirac donnait l’ordre de reprendre les essais nucléaires dans le Pacifique ! En 2004, la construction d’un EPR à Flamanville est annoncée. Elle apparaît dans la loi sur l’énergie de juillet 2005. Ce n’est qu’après, que le débat public obligatoire est organisé ! Quant à l’enquête publique, elle est réalisée en plein été 2006. Les mouvements de protestation ont beau se multiplier, le décret autorisant EDF à construire l’EPR est publié juste avant la présidentielle de 2007. Quelques mois plus tard, Nicolas Sarkozy lance le Grenelle de l’Environnement et exclut d’office des débats la question du nucléaire. En janvier 2009, il annonce la création d’un deuxième EPR (à Penly, près de Dieppe) sans aucune concertation non plus. La décision a été prise à l’Elysée par le chef de l’Etat lui-même…après discussion avec les représentants du lobby nucléaire. Nicolas Sarkozy a mis le nucléaire « hors-Grenelle de l’environnement ». Sarkozy poursuit la politique de ses prédécesseurs, glorification des centrales nucléaires « civiles » et soutien inconditionnel à « l’assurance-vie » d’une nation que constituerait la dissuasion nucléaire.

Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme. Fin juin 2018, 100 parlementaires LRM signaient une tribune dans Le Monde pour demander que la PPE soit examinée à l’Assemblée. Le gouvernement y a opposé une fin de non-recevoir. Les citoyens ont été mis devant le fait accompli. Comment défendre un projet nucléaire qui n’a aucune assise démocratique ?

Le nucléaire, on n’en a ni les moyens, ni le besoin

1) la problématique financière

Le cœur du problème nucléaire est financier, les investissements privés ne misent pas sur le nucléaire. Un réacteur nucléaire coûte une dizaine de milliards d’euros et prend une dizaine d’années à construire. Pendant ce temps-là, les investisseurs prennent de gros risques – retard de construction, surcoûts… – et ne touchent pas un centime en retour. Il faut donc soit d’énormes fonds propres, soit d’énormes subventions pour accepter de construire une centrale nucléaire : en 2018 9 centrales couplées au réseau, 7 chinoises et 2 russes). Le nucléaire n’est à l’aise qu’en système dictatorial !

Financement en France

Lors de son entrée sur le marché en 2005 , le cours de l’action EDF était de 32 euros. En novembre 2017, il est tombé à 10 euros. C’est à partir de 2008 qu’EDF est obligé de s’endetter en permanence pour payer ses factures. « Au 1er janvier 2010, l’endettement d’EDF s’élevait à 42,5 milliards d’€ (= 280 milliards de F, séquelle du premier programme), pour un résultat brut d’exploitation de 17,5 milliards d’€ », (Nouvel Observateur, 2 juin 2011), soit un taux d’endettement de 243 %, à comparer à celui de la France, égal à « seulement » 90 %, tous deux d’ailleurs à la charge du consommateur et/ou du contribuable. Fin juin 2017, l’endettement financier d’EDF s’élevait à 61 milliards d’euros. L’État aide cette entreprise au moment même où le gouvernement coupait dans les dépenses publiques pour respecter le fameux 3 % maximum de déficit budgétaire. Où trouver le financement d’une deuxième génération électro-nucléaire fondée sur des EPR dont les prix ne cessent de dériver à la hausse, si ce n’est par l’augmentation de 30 % (dans un premier temps) du prix du kWh ? Fin 2014, le groupe AREVA est contraint d’appeler l’État à l’aide. Sa perte nette atteint plus de 4 milliards pour un chiffre d’affaires de 8,3 milliards. Sa dette financière s’élève déjà à 6,8 milliards. Une entreprise privée aurait alors déposé le bilan. L’EPR en construction à Flamanville était annoncé pour 3,5 milliards lors du lancement du chantier en 2007, en 2018 la facture s’élevait déjà à 10,5 milliard.

Financement à l’étranger

EDF avait signé un contrat hors normes avec l’Etat britannique pour construire la centrale d’Hinkley Point C, dans le Somerset. L’électricien français prend tous les risques de construction. En échange, l’Etat lui garantit pendant trente-cinq ans un prix de vente de son électricité pour plus du double du prix du marché actuel. Le prix de vente négocié avec le gouvernement britannique dépasse 100 euros. Un tel deal ne peut être reconduit. Le contrat signé avec l’électricien finlandais TVO est léonin. Les délais de construction de l’EPR sont impossibles à tenir : alors que le contrat est signé en décembre 2003, il est prévu que le réacteur soit livré en 2009. Six ans, beaucoup trop court alors qu’il s’agit d’une tête de série. (ndlr : en 2018, la mise en service est repoussée à fin 2019). Les derniers appels d’offres ont fait chuter les prix entre 50 et 60 euros le mégawattheure (MWh) pour le solaire photovoltaïque, et à 65 euros pour l’éolien terrestre. Soit des niveaux comparables à ceux de l’électricité sur le marché de gros. Le prix de l’électricité qui proviendra de l’EPR de Flamanville a été chiffré en 2012 par la Cour des comptes « entre 70 et 90 euros le MWh ».

2) le niveau des besoins

Le seul élément fiable de la PPE mais non mis en évidence, c’est l’idée d’une « diminution de la consommation d’énergie », c’est-à-dire le passage d’une politique d’offre d’énergie à une politique de la demande. C’est le sens du mot négaWatt, l’énergie qu’il nous faut ne pas consommer. La démarche négaWatt se décline en trois temps : sobriété, efficacité, renouvelables. La notion de sobriété nous invite à nous interroger personnellement sur nos besoins, sur leur importance réelle ou supposée, ainsi que sur les priorités que nous pouvons établir entre eux. Nous pouvons définir une hiérarchie qui passe des besoins vitaux aux essentiels, puis indispensables, utiles, convenables, accessoires, futiles, extravagants et inacceptables. Chacun peut se livrer à l’exercice pour lui-même, en famille ou au travail, de façon à prendre conscience de l’impact de tel ou tel achat ou comportement. Rien ne sera possible sans une adhésion pleine et entière de tous nos concitoyens. Il s’agit de faire jouer à plein ce qui est la contre-partie indissociable de notre liberté : notre responsabilité ! Prenons l’exemple de nos besoins de mobilité individuelle. Ai-je vraiment besoin de me déplacer ? Quels sont les déplacements de loisirs et les déplacement contraints ? Le principe de sobriété nous incite à les réduire en essayant de nous rapprocher de notre lieu de travail. Nous pouvons aussi recourir à un mode doux de déplacement, marche, vélo, rollers, trottinette… La sobriété dimensionnelle nous incite à éviter toute surpuissance inutile dans le choix d’un véhicule. La sobriété coopérative repose sur la mise en commun pour réduire les besoins : mutualisation des équipements, autopartage, co-voiturage, auto-stop. La sobriété d’usage consiste à limiter le niveau et la durée d’utilisation d’un appareil, conduite douce par exemple.

Lors d’une votation (référendum) qui s’est tenue le 21 mai 2017, les Suisses se sont prononcés à 58,2 % pour une sortie progressive du nucléaire. Il ne s’agissait plus de sortir du nucléaire comme par enchantement, il s’agissait de faire des efforts, de réduire les besoins en électricité : « S’agissant de la consommation énergétique moyenne par personne et par année, il convient de viser, par rapport au niveau de l’an 2000, une réduction de 16 % d’ici à 2020, et de 43 % d’ici à 2035. »

Nucléaire, des risques sans alternative nucléaire

1) la probabilité de risques majeurs (aucune compagnie d’assurance ne couvre le risque nucléaire)

– La radioactivité étant inodore et invisible, il est facile pour les pronucléaires d’exposer faussement qu’il n’y a aucun risque pour la santé. Entre le moment où vous êtes exposés à la radioactivité et le moment où vous pouvez développer un cancer, il peut se passer plus d’une dizaine d’années. D’ailleurs Tchernobyl n’a pas fait de victimes directes. Mais parmi les liquidateurs il y a eu une cinquantaine de morts dans les jours qui ont suivi. Le charbon tue beaucoup plus de gens que le nucléaire, dit-on ! Mais si le nucléaire connaît très peu d’accidents de personnes comparés par exemple aux mines de charbon, l’irradiation d’une zone par dysfonctionnement d’une centrale oblige à un déplacement forcé de population.

– Les autorités chargées de contrôler le nucléaire ont jusqu’à présent adopté des raisonnements de type probabiliste. Quand un événement avait peu de chances de se produire, on ne le prenait pas en compte sur le plan des contraintes de sécurité. Pourtant quatre accidents majeurs de réacteurs se sont produits au cours des 30 dernières années sur un parc mondial de 450 réacteurs. Le calcul des probabilités officiel n’en imaginait que 0,014 sur la même période ! Même Henri Proglio (EDF) a décidé d’écarter la notion de probabilité et d’intégrer l’improbable dans les scénarios. Tchernobyl et Fukushima ont démontré définitivement que le risque zéro n’existe pas car les circonstances sont rarement celles auxquelles on pense. Faire passer la durée de vie des centrales de 40 ans à 50 ans, voire 60 ans, c’est accroître les risques d’accident dans un pays où les centrales nucléaires sont toujours à proximité de bassins de vie très peuplés. Greenpeace par intrusion dans des centrales nucléaires a apporté plusieurs fois la preuve de leur vulnérabilité. Ce sont des « stress tests » gratuits pour le gouvernement !

– Quelques accidents nucléaires graves : en 1979, Three Mile Island aux États-Unis : en 1986, Tchernobyl en URSS ; en 2011, Fukushima au Japon. La centrale française de Saint-Laurent-des Eaux a déjà connu un incident inquiétant en 1980, il faudra trois ans pour remettre le réacteur en état. En décembre 1999, la centrale du Blayais a échappé de peu à un accident nucléaire majeur lors d’une tempête cyclonique qui avait commencé à noyer les installations. Le nucléaire est à la limite des possibilités d’une société riche et bien policée, inaccessibles pour presque tous les pays.

En 2013, l ’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire avait estimé la facture d’un éventuel accident nucléaire majeur pour la France à plus de 400 milliards d’euros.

2) Un nucléaire alternatif impossible

Pour concrétiser la filière dite à neutron rapide (qui peut utiliser du plutonium), on avait construit le surgénérateur Superphénix à la fin des années 1970. Cette technologie n’a jamais été maîtrisée en France et on a frôlé la catastrophe en 1986 ; plusieurs tonnes de sodium, produit extrêmement inflammable, se sont renversées dans le bâtiment. Creys-Malville a été définitivement fermé en 1998, il est toujours en cours de démantèlement et c’est pas simple !

En France on misait sur ASTRID, Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration. Le groupe nucléaire Areva et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) avaient signé un accord de collaboration portant sur les premières études de conception du prototype de ce réacteur de 4ème génération. Il serait construit à Marcoule à partir de 2017. ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) est un réacteur de recherche civil à fusion (et non à fission comme les réacteurs actuels) dont l’objectif est de combiner des noyaux lourds, ce qui libère une énergie similaire à celle produite par notre Soleil. Chantier pharaonique en cours à Cadarache, on oublie volontiers de dire que la vocation d’ITER n’est pas de produire de l’électricité, mais d’établir la faisabilité scientifique et technique de la fusion thermonucléaire. La technoscience veut nous faire croire qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour notre avenir énergétique, demain l’innovation va trouver : la preuve, elle cherche !! Le « premier plasma » n’est plus attendu qu’en 2025 au lieu de 2020, et les expérience à pleine puissance en 2035 au lieu de 2023. De plus l’investissement nécessaire sera à la mesure de notre démesure. Le budget du projet passé de 5 à 19 milliards d’euros… pour un réacteur de recherche pure. Les négociation européenne discutent un moratoire/arrêt  concernant les surgénérateurs de la 4ème génération (fin du projet ASTRID) et l’arrêt du projet de réacteur thermonucléaire expérimental ITER sur la fusion nucléaire.

3) Le potentiel des énergies renouvelables

La filière nucléaire n’est pas neutre en carbone. Si l’on considère l’ensemble de son cycle de vie, elle génère en moyenne 66 grammes. Si le bilan carbone du KWH nucléaire est très largement inférieur à celui du charbon (820 grammes) et du gaz (490 grammes), il est plus élevé que le solaire photovoltaïque (45 grammes), l’hydroélectricité (24 grammes), et l’éolien terrestre ou offshore (11 à 12 grammes). Pourtant l’entreprise EDF est si intrinsèquement pronucléaire que chacun au sein du groupe, à commencer par le syndicat CGT, a intériorisé cette matrice organique comme allant de soi. Pour eux les énergies renouvelables ne sont que des « énergies intermittentes subventionnées ». Le 19 septembre 2017, lors d’un séminaire réservé à la presse au siège social d’EDF, Antoine Cahuzac, le patron d’EDF énergies nouvelles, mit en pièce la ligne pronucléaire de la maison : l’éolien et le photovoltaïque sont aussi compétitifs que le parc nucléaire en exploitation et bien moins chers que l’EPR.

La principale condition pour la réussite du plan gouvernemental (50 % de la part du nucléaire dans la production de l’électricité au lieu de 75%) est que la croissance des énergies renouvelables soit à la hauteur des enjeux ; l’argent économisé dans le programme électro-nucléaire doit donc être entièrement basculé vers les énergies renouvelables. Mais pourquoi faut-il toujours que des projets d’installation d’énergies renouvelables soient attaqués par des particuliers ou des associations « anti » ? Le lobby pro-nucléaire agit en sous-main…

Le nucléaire a-t-il un avenir ? Certainement pas !

Nous avons le choix entre la fermeture des centrales au bout de 40 ans, allongement de la durée de vie des centrales existantes ou la construction de nouvelles centrales EPR. Je vais montrer que la sortie du nucléaire doit se faire le plus rapidement possible. Au niveau national, l’électricité représente en énergie finale (= chez l’utilisateur), 22 % de l’énergie totale consommée, dont 75 % d’origine nucléaire ; consécutivement, la part de l’électronucléaire dans le bilan énergétique français, égale au produit des deux termes, vaut moins de 17 %, au demeurant record mondial. Au niveau international, les 453 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans trente pays ne fournissent qu’un peu plus de 2 % de la consommation d’énergie finale de l’humanité. Rapportée à la seule production d’électricité, leur part ne dépasse pas 10 %. Doubler d’ici 2050 l’électro-nucléarisation de la planète n’amènerait qu’à moins de 5 % sa part dans le budget énergétique mondial, tout en nécessitant la mise en chantier de deux réacteurs par semaine.

La question nucléaire souffre trop souvent d’une simplification, on ne met en avant qu’un des aspects mais pas l’ensemble. Ainsi certains parlent du nucléaire comme non émetteur de CO2, d’autres du problème des déchets à Bure, d’autres de Fukushima, etc. Pour avoir une vue globale, mieux vaut analyser d’abord tout le cycle de vie du produit (ACV). Pour réduire l’impact sur l’environnement du nucléaire, il faut considérer non seulement l’extraction de l’uranium, construction mais aussi durée de vie des centrales, le processus de démantèlement et la gestion des déchets radioactifs.

1) extraction de l’uranium et matières fissiles

Il ne sort plus un seul kilo d’uranium du sol français. Depuis 1989, la consommation mondiale d’uranium est supérieure à la production. La consommation d’uranium est de 67.000 tonnes par an, la production est de 42.000 tonnes. La différence de 25.000 tonnes provient des stocks civils et militaires qui seront épuisés en 2015. Selon d’autres sources, les réserves prouvées d’uranium sont de 2,5 millions de tonnes, la production annuelle de 54 000 tonnes, nous aurions donc pour 46 ans seulement de réserves. Comme certains prévoient un doublement des capacités électronucléaires, le délai de pénurie se raccourcit d’autant ; les ressources seront entièrement consommées d’ici à 2035. Aucune découverte récente n’a été réalisée en dehors de l’extension de gisements déjà connus ; comme les teneurs en uranium sont de plus en plus faible, il faut de l’énergie, beaucoup d’énergie pour en produire. Or le pic pétrolier est dépassé, l’énergie sera un autre facteur limitant.

Dépendant des importations d’uranium, il faudrait aussi parler des conditions de production dans les pays pauvres ! Le Niger, un peuple pillé, une région menacée. Le sort des quatre employés d’AREVA capturés au Niger par AQMI en 2011 ne plaide pas en faveur de la sécurité de nos approvisionnements.

2) construction mais aussi durée de vie des centrales

En combien de temps une centrale nucléaire « rembourse-t-elle » ce qu’elle a coûté en énergie pour sa construction? En matière d’énergie grise le photovoltaïque ou l’éolien consomment 0,11 kWh pour mettre à disposition 1 kWh, alors que le nucléaire consomme 4 kWh, soit 36 fois plus !

Les travaux pour l’EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville, seul projet en cours en France, ont débuté en 2007, pas achevés en 2018. Les EPR ne sont que des réacteurs Westinghouse sophistiqués. Leur mise en œuvre sur divers chantiers s’est montrée plus que laborieuse, accumulant arrêts et retards, aussi bien en Finlande qu’en France. Où trouver le financement d’une deuxième génération électro-nucléaire fondée sur des EPR dont les prix ne cessent de dériver à la hausse, si ce n’est par l’augmentation du prix du kWh ?

La barrière des 40 ans est la durée de vie prévue des centrales anciennes lors de leur construction. Fessenheim a fêté ses quarante ans en 2018. D’ici 2028, 48 réacteurs sur 58 atteindront la limite des quarante ans d’exploitation, limite déterminée par Framatome (devenue Areva) lors de la fabrication des éléments essentiels. Dans un avis de novembre 2011, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) estimait qu’« il n’est pas possible d’évaluer avec un degré de confiance suffisant » la robustesse des réacteurs pour des niveaux d’aléas supérieurs à ceux pris en compte lors de leur conception. Dix cuves (510 tonnes, 11 m de hauteur) de nos centrales sont fragilisées par des fissures et 3 atteignent déjà les limites de sûreté. L’accident devient probable. L’ASN étudie la question de la prolongation au-delà de quarante ans : elle ne cesse de repousser la décision, attendue maintenant pour 2021.

3) processus de démantèlement

Sur le démantèlement règne le « secret d’Etat », l’absence de transparence. La déconstruction complète du réacteur de Brennilis (mis en service en 1967, arrêté en 1985) n’a été envisagée qu’à partir de 2013. Des incertitudes subsistent encore quant à la marche à suivre. Aucune solution pérenne pour le cœur du réacteur ne serait mise en place avant…2025. Un réacteur fonctionne donc beaucoup moins d’années qu’il n’en faut pour essayer de le démolir ! Notons qu’il s’agit seulement d’une petite unité de 70 MW. Pour les six réacteurs UNGG (uranium naturel graphite gaz), l’opération de démantèlement est reportée entre 2050 et 2100 ! Pour l’ensemble du parc REP (réacteur à eau pressurisée) français, le démantèlement pourrait atteindre une facture de 72,5 milliards. La mise à l’arrêt définitif de Superphénix a été prononcée par décret du 30 décembre 1998. Aujourd’hui, en 2010,  les 5500 tonnes de sodium, dont la majorité est irradiée, ne sont pas encore traitées. Les ateliers nécessaires n’avaient pas été prévus à la construction de la centrale ! Le sodium primaire est donc maintenu depuis douze ans à la température de 180 °C pour rester à l’état liquide. Or le sodium liquide s’enflamme au contact de l’air et explose au contact de l’eau.

Les coûts du démantèlement sont sous-évalués et qui paiera quand EDF n’aura plus ses recettes du nucléaire pour y pourvoir ? Pour Philippe Bihouix, on ne démantèlera pas les centrales nucléaires : « Même si le « provisionnement », l’argent mis de côté pour le démantèlement de nos centrales nucléaires, est correct – ce qui fait largement débat -, cela n’a pas de réalité matérielle. Ce n’est qu’un droit de tirage sur les ressources matérielles et humaines futures. Je fais donc le pari que nous ne démantèlerons rien du tout. Tout au plus bricolerons-nous quelque peu les premières années, puis, avec la paupérisation en ressources de notre société, les centrales seront finalement laissées en place, devenant de futurs territoires tabous. »

4) gestion des déchets radioactifs

C’est en 1973 qu’un Conseil des ministres avalisera la construction d’une première tranche de 13 réacteurs nucléaires sans savoir ce qu’on ferait des déchets nucléaires. Chaque année, un Français produit, en volume de déchets radioactifs, l’équivalent d’une demi-brique de lait. Sur cette quantité, une cuillerée à café est composée de produits de haute activité ou à vie longue. Mais les images ont peu à voir avec la préparation d’un café au lait. Fin 2016, la France était à la tête d’un stock de 1,54 million de mètres cubes de déchets radioactifs, soit 85 000 m3 de plus que fin 2015. Au terme du fonctionnement et du démantèlement du parc actuel, le volume des déchets radioactifs aura été multiplié par trois ou par quatre.

Après la flambée des prix du carburant en octobre 1973, le gouvernement Messmer avait décidé unilatéralement la mise en route d’une filière électronucléaire. Mais on n’a commencé à s’intéresser aux déchets qu’en 1991 (loi Bataille). On devait tester trois axes, la transmutation, l’entreposage de longue durée en sub-surface et le stockage en profondeur. La transmutation reste du domaine des utopies technologiques. La loi du 28 juin 2006 « relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs » considère que le stockage réversible en couche géologique profonde est la panacée, les autres solutions reposant sur des prouesses technologiques incertaines. Au début de l’année 2006, le président de l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) avait envoyé aux députés français le « dossier 2005 Argile » (qui traite du centre d’enfouissement à Bure) en reconnaissant qu’il n’a pas été produit de seconde version du « dossier 2005 Granite » (centre de stockage dans le granite, projet qui a été abandonné). Il faut attendre juin 2008 pour que le ministère de l’écologie lance un appel à candidatures « afin d’identifier les sites volontaires » pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs

Le centre industriel de stockage géologique (Cigeo à Bure) sera un gigantesque cimetière nucléaire de 15 km2 de galeries et d’alvéole. La facture du projet est passé de 14 milliards d’euros en 2010 à 40 milliards en 2016 selon le calcul de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire). Ségolène Royal a fait chiffrer à seulement 24 milliards, il faut bien que le provisionnement de ce coût soit politiquement acceptable ! Les déchets les plus radioactifs (HA) sont incorporés dans une matrice de verre qui piège les radioéléments, puis enfermés dans des conteneurs en acier spécial, eux-mêmes placés dans des surconteneurs, lesquels sont disposés dans des ouvrages de protection scellés (alvéoles), creusés dans la roche et revêtus d’un chemisage métallique. Un stockage en profondeur, complique infiniment toute forme d’intrusion humaine. C’est là un avantage décisif par rapport à l’entreposage en subsurface qui impose un engagement permanent de nos descendants pour la surveillance et la maintenance des installations abritant les déchets reçus en « héritage ». Les déchets resteront létaux pendant des centaines de milliers d’années. La radioactivité du neptumium 237 diminue de moitié au bout de deux millions d’années. En 2030, le volume des déchets à haute activité atteindra 5300 m3.

On sait que les sociétés humaines sont essentiellement fragiles sur le long terme. En un siècle passé, qu’a déjà connu la France ? Deux guerres mondiales, plusieurs chocs pétroliers, des crises financières… Comment répondre de la sécurité du Cigéo dans le siècle qui vient ? En permettant de ne pas intégrer dans le coût du nucléaire cette incertitude sur l’avenir, on crée une distorsion insupportable avec le coût des énergies renouvelables, lesquelles coûtent cher à l’investissement mais quasiment rien en fin de vie.

Conclusions

Notre volonté de confier notre destin à la fée électricité sans penser en termes d’économie circulaire (zéro déchets du berceau à la tombe) est le signe évident de l’impuissance française à nous mener sur les voies d’un futur acceptable… Il faudrait faire en sorte que la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) soit non seulement discuté en Assemblée nationale (ce qui ne sera pas le cas), mais fasse l’objet de plusieurs émissions de télévision à des heures de grande écoute.

Le problème de fond, c’est que la génération actuelle a toujours vécu dans un contexte d’abondance énergétique. Toutes les sources d’énergies possibles (nucléaire, charbon, gaz, hydraulique, éolien, etc.) se cumulent actuellement : un mix énergétique de rêve ! Cette génération n’est donc pas préparée à envisager, encore moins à subir un choc énergétique. Si elle était écolo-compatible, elle demanderait par exemple l’arrêt des voyages en avion et de la fabrication de bagnoles individuelles… C’est dans un tel contexte social, énergétiquement boulimique, que Nicolas Hulot avait été amené à parler de fin du moteur thermique pour les voitures, ce qui veut dire pour les citoyens passage aux automobiles électriques… et construction de nouvelles centrale nucléaires ! C’est dans ce contexte que les « gilets jaunes » on pu largement occuper le créneau médiatique.

Restons simple, on peut sortir du nucléaire, il suffit de consommer moins d’électricité…

Fermeture des centrales à charbon et effondrement

« S’ils ferment la centrale de Gardanne, on va mettre le département à feu et à sang ». Ce discours inacceptable a été tenu par Nicolas Casoni, délégué CGT, et relayé par un article du MONDE*. Le président de la république française s’est engagé à fermer les quatre dernières centrales à charbon en 2022. On rappelle ministère de la transition écologique et solidaire que ces quatre centrales émettent en CO2 l’équivalent annuel de 4 millions de voitures. Mais la CGT réclame toujours un « moratoire » sur la fermeture des centrales. En misant sur l’incapacité du gouvernement à mettre en œuvre la promesse d’Emmanel Macron**. Le refus à Gardanne de la descente énergétique est très soutenu au niveau local. « Ici, le charbon fait partie de notre identité depuis toujours », résume Roger Meï, le maire communiste de Gardanne, 83 ans, élu depuis 1977. C’est faux, le charbon n’aura été qu’une parenthèse historique. La centrale thermique de Provence, construite dans les années 1950 par les Charbonnages de France, doit en effet fermer ses portes un jour ou l’autre. On sait que le charbon doit rester sous terre pour limiter le réchauffement climatique. Le discours de Nicolas Casoni n’est que forfanterie : « On ne laissera pas faire ça,  on ne peut que gagner. » Il n’y a pas de solution alternative, convertir une tranche charbon en unité biomasse veut dire importer du bois d’autres pays. Et le nucléaire n’est ni une énergie renouvelable, ni un choix sensé. Quand au pétrole, son surnom de merde du diable est bien trouvé.

Le constat est sans appel. Nos sources d’énergie se tarissent, inéluctablement. Les collapsologues le disent, nous connaîtrons l’effondrement. Pour savoir comment cela se passe, il suffit d’aller au Venezuela** ces jours-ci. Le pays affronte depuis le 7 mars la plus grande panne d’électricité de son histoire. Sans avions, ni pompes à essence, ni banques, ni écoles, le pays reste largement paralysé. Il faut jeter tout ce qu’il y a dans les congélateurs, des centaines de tonnes d’aliments vont pourrir.Le gouvernement a décrété la fermeture des établissements éducatifs et des administrations publiques. Les hôpitaux ont vécu des heures dramatiques. Les bébés en couveuses sont maintenus en vie par des respirateurs manuels. Plusieurs hôpitaux ont été contraints de fermer les portes de leur service d’urgences. De plus en plus de personnes meurent devant la porte de l’hôpital.  Le métro a cessé de fonctionner et l’immense majorité des bus sont restés au garage. A Caracas, les rues sont vides. Les gens restent terrés chez eux par peur des voleurs et des pilleurs. Faute de connexion à Internet, les distributeurs automatiques ne délivraient plus de liquide et les transactions électroniques ont été suspendues. Or dans un pays où l’inflation dépasse 3,5 % par jour, personne ne conservait chez soi d’argent liquide. Sans télévision, ni Internet, ni téléphone portable, les Vénézuéliens ne savent plus quoi faire. Ils ont gaspillé avec Chavez la manne pétrolière, on croyait qu’on pouvait gagner de l’argent sans travailler et que cela serait durable.

La maison brûle et nous regardons ailleurs ! Notre planète va être à feu et à sang, et cela Nicolas Casoni ne sait pas encore ce que cela signifie. A force de croire que demain sera comme aujourd’hui, avec une abondance énergétique extraordinaire mais non renouvelable, nos lendemains seront terribles car nous ne sommes pas préparés collectivement à affronter la descente énergétique. Pour mieux comprendre ce que nous voulons dire, lisez sur ce blog biosphere l’article qui suit « Il ne faut plus se mentir ».

* LE MONDE des 10-11 mars 2019, A Gardanne : « S’ils arrêtent le charbon, on met le feu au département »

** LE MONDE des 10-11 mars 2019, Charbon : pourquoi Macron ne pourra pas tenir sa promesse

*** LE MONDE du 10 mars 2019, Victime d’une panne électrique historique, la situation du Venezuela s’assombrit encore

La crise mondiale des déchets nucléaires

Déchets nucléaires, « leur toxicité est de loin supérieure à celle de n’importe quel matériau industriel. » Greenpeace a mis cette expression en exergue d’un rapport présenté mercredi 30 janvier à l’échelle internationale*. On passe en revue les politiques menées dans sept pays (Belgique, États-Unis, Finlande, France, Japon, Royaume-Uni et Suède) en matière de gestion des déchets radioactifs. Le stock mondial des combustibles usés, hautement radioactifs et à vie longue, est aujourd’hui estimé à 250 000 tonnes : « aucune solution, nulle part », n’a été trouvée pour la gestion à long terme de ces déchets. On envisage de les enfouir dans le sous-sol, à plusieurs centaines de mètres de profondeur, mais aucun pays n’a encore mis en œuvre cette solution. Aux Etats-Unis, le projet de stockage de Yucca Mountain (Nevada) a été stoppé. En Allemagne, l’idée de les confiner dans un dôme de sel souterrain à Gorleben a été abandonnée. Au Royaume-Uni, le gouvernement est en quête d’un site d’enfouissement à l’horizon 2040 seulement. Les pays les plus avancés sont la Finlande (avec un projet de stockage souterrain dans le granite à Olkiluoto) et la Suède (sur le site d’Osthammar). En France le stockage géologique à Bure (projet Cigéo, centre industriel de stockage géologique) « ne peut que conduire à une impasse ». Le rapport préconise, au lieu de l’enfouissement, l’entreposage de longue durée des déchets les plus radioactifs, avec l’espoir que les scientifiques trouvent un jour une solution plus satisfaisante ! De plus la gestion des déchets à haute activité s’accompagne d’une « escalade des coûts  » – 25 milliards d’euros pour Cigéo –. Reste que les déchets radioactifs sont déjà là !! Sur ce blog biosphere, nous avons déjà fait une synthèse du débat sur la gestion des déchets :

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2018/06/01/biosphere-info-le-debat-sur-les-dechets-nucleaires/

Pour le démantèlement dont il faudra aussi gérer les déchets, Bernard Doroszczuk est un nom à connaître. A la tête de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il estime qu’il y a « trop de retards et de changements [dans le traitement] de déchets anciens et le démantèlement d’installations. » EDF a ainsi décidé de changer de méthode pour démanteler les six réacteurs de la première génération du parc français, à uranium naturel graphite-gaz : de ce fait, la fin de leur démantèlement a été repoussée au début du siècle prochain. C’est loin ! Tapez « Brennilis » sur votre moteur de recherche. Vous verrez comment EDF démantèle: On enlève tout ce qui n’est pas nucléaire (les bureaux, en gros). On laisse le cœur en attendant que la radioactivité diminue. Cela fait déjà 20 ou 30 ans qu’il n’a pas bougé… Du coup, que des avantages: 1) y a pas à s’en occuper. 2) si on voulait faire, de toute manière on saurait peut-être pas. 3) ça coûte rien, de toutes manières y a déjà trop de dettes chez EDF…

En 2014, nous reproduisions sur ce blog un texte de Philippe Bihouix qui peut aussi bien concerner le démantèlement que la gestions des déchets à vie longue : « Même si le « provisionnement » (l’argent mis de côté) est correct – ce qui fait largement débat -, cela n’a pas de réalité matérielle. Il s’agit de chiffres comptables et d’octets sur un disque dur. Ce n’est qu’un droit de tirage sur les ressources matérielles et humaines futures. S’il n’est pas utilisé immédiatement, et il ne le sera pas puisque tel n’est pas son but, il reste donc virtuel. Il faudra, au moment où l’on aura effectivement besoin pour réaliser les travaux de démantèlement, que la société tout entière ait les moyens matériels de les réaliser : en ressources (métaux, ciment, énergie abondante), en technologie (robotique, moyens de transports et de déplacements), en travailleurs motivés pour recevoir quelques radiations, si possible dans les limites dûment autorisées. Il faudra que l’ensemble du macro-système se soit maintenu, à l’horizon de plusieurs décennies, voire de siècles. Rien n’est moins sûr. Je fais donc le pari (facile, vous ne viendrez pas me chercher) que nous ne démantèlerons rien du tout. Tout au plus bricolerons-nous quelque peu les premières années, puis, au fur et à mesure de la paupérisation en ressources de notre société, des mesures plus simples, d’abord « provisoires », seront prises, puis les centrales seront finalement laissées en place, devenant de futurs territoires tabous. »*** Notre société thermo-industrielle s’occupe uniquement de son taux de croissance dans le présent, pas du tout de ce qu’on laissera aux générations futures : une planète dévastée et ingérable. Et il y a encore des irresponsables qui préconisent un développement du nucléaire !!!

* LE MONDE du 31 janvier 2019, Greenpeace alerte sur la « crise mondiale » des déchets nucléaires

** LE MONDE du 30 janvier 2019, « L’état des installations nucléaires est un vrai sujet de préoccupation », selon le président de l’Autorité de sûreté nucléaire

*** L’âge des low tech (éditions du Seuil 2014, collection anthropocène, 338 pages, 19.50 euros)

Climat : les journaux doivent montrer l’exemple

Politiken, le grand journal de gauche danois, a annoncé une série de mesures destinées à réduire son empreinte carbone : suppression des vols intérieurs pour les journalistes, compensation de l’empreinte carbone pour chaque vol international et refonte de ses pages « voyage ». Le quotidien ne pouvait rester inactif face à la crise climatique. Le cahier « voyage » du week-end sera supprimé « pour ne pas donner l’impression d’inciter les lecteurs à sauter dans un avion le vendredi soir pour quelques jours à l’étranger ». Priorité sera donnée aux pays nordiques, avec un seul article par semaine sur une destination lointaine.*

Belle et saine initiative ! Le Monde est-il prêt à suivre cet exemple ? La promotion dans les pages du Monde des city-break inenvisageables en un week-end sans l’avion est déplorable. Ce type d’articles est une extension des pubs des compagnies lowcost déconnectées des problèmes environnementaux. Le quotidien français de référence doit se montrer responsable sur ce type de sujet. Il faudrait obliger chaque structure économique ou sociale à présenter un plan de réduction de son impact écologique. Je prends le pari : dans 15 ans on regardera celui qui prend l’avion 4 fois par an comme on regarde un ennemi du bien public.

Plus globalement cet article pose le problème de l’exemplarité. Gandhi n’a cessé de le répéter, « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Un discours climatique n’a de portée que s’il s’appuie sur des réalisations concrètes. Il ne faut pas dire aux autres de faire et ne pas faire ce qu’on dit. La grave détérioration actuelle de la planète ne laisse pas le choix, il nous faut changer de mode de vie et sorti d’une civilisation des énergies fossiles. Cela demandera bien des efforts de la part des institutions, médias trop dépendants de la publicité, entreprises qui vivent du carbone, etc. Cela demandera bien des efforts à chacun de nous, des efforts pour échapper à la pression du confort. L’idée-clé de l’écologie politique, c’est la conscience aiguë que nous avons déjà dépassé les limites de la biosphère.

Il ne faut pas attendre d’en haut ce qu’on peut déjà faire par soi-même. Arne Naess écrivait dans Ecologie, communauté et style de vie : « En définitive, toutes nos actions et toutes nos pensées, même les plus privées, ont une importance politique. Si j’utilise une feuille de thé, un peu de sucre et de l’eau bouillante, puis que j’en bois le produit, je soutiens le prix du thé et du sucre et, plus indirectement, j’interfère dans les conditions de travail au sein des plantations de sucre et de thé dans les pays en voie de développement. Pour chauffer l’eau, j’ai probablement utilisé du bois ou de l’électricité ou un autre type d’énergie, et ce faisant, je prends part à la grande controverse concernant l’utilisation de l’énergie. J’utilise de l’eau et prends aussi part à une myriade de problèmes politiquement brûlants qui concernent les réserves d’eau. J’ai donc une influence politique quotidienne. Je peux par exemple penser que les pays en voie de développement ne doivent pas exporter le thé, mais plutôt produire plus de nourriture… » Et à ceux qui lui demandaient comment sortir de la crise, l’écologiste Teddy Goldsmith répondait en souriant : « Faire l’exact contraire de ce que nous faisons aujourd’hui, et ce en tous les domaines. »

* LE MONDE du 17 janvier 2019, Pour lutter contre le réchauffement climatique, les journalistes de « Politiken » prendront moins l’avion

Biosphere-Info, les « gilets jaunes » au scalpel

Pour recevoir gratuitement le mensuel BIOSPHERE-INFO,

il suffit d’envoyer un mail à biosphere@ouvaton.com

Biosphere-Info retrace en ce début d’année 2019 les différentes analyses de ce blog biosphere sur le mouvement des « gilets »jaunes ». Notons que la notoriété des gilets jaunes ne tient pas à la profondeur de leurs discours, mais à l’exubérance des réseaux sociaux et au climat médiatique qui a relayé complaisamment les faits et gestes d’individualités. Il n’y plus de profondeur dans l’analyse par le « quatrième pouvoir » des événements, il y a la dictature des faits divers et du buzz pour faire audience…

Mais puisqu’on n’accepte pas socialement les contraintes nécessaires pour traiter l’urgence écologique, à commencer par la taxe carbone, la planète brûlera ! A chacun de prendre ses responsabilités, le climat est aussi notre affaire à tous.

13 novembre 2018, Manifester le 17 novembre, une hérésie anti-climat

…Le blocage national du 17 novembre approche à grand pas. A moins de quelques jours des manifestations « spontanées », les « gilets jaunes » maintiennent plus que jamais leur colère face à l’augmentation du carburant. Des marches pour le climat, démarches pour presque rien. Mais quand l’écologie devient punitive, touche le porte-feuille, le « peuple » se soulève en masse…

15 novembre 2017, Yannick JADOT : « La taxe carbone est utile SI… »

…La taxe carbone est utile si elle sert à des politiques écologiques. Aujourd’hui, seulement 19 % de la fiscalité carbone est destinée à financer la transition énergétique. C’est du vol pur et simple. De plus la sauvegarde du climat est un impératif catégorique qui ne peut être poursuivi que dans la justice sociale. C’est encore les plus pauvres qui seront les plus touchés par la pénurie énergétique à venir…

16 novembre 2018, Ne prenez pas la bagnole le 17 novembre, ça va chauffer

…Des centaines de collectifs ont appelé à une journée de blocage des routes pour protester contre la hausse du prix des carburants. La manifestation a reçu le soutien de Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Nicolas Dupont-Aignan et même Jean-Luc Mélenchon. D’un côté c’est réjouissant que la base dite silencieuse et apolitique s’exprime dans le mouvement des gilets jaunes. De l’autre, nous sommes effarés du sujet choisi : l’augmentation des taxes sur les carburants…

25 novembre 2018, Le saccage des Champs-Élysées, aveuglement passéiste

…Les gilets jaunes qui s’accrochent de façon aveugle à la bagnole dans une période de réchauffement climatique et d’épuisement des nappes pétrolières. Ils n’ont aucun argument de fond mais saccagent les Champs-Élysées (créer un contexte où on arrive à ce résultat, c’est déjà être complice)…

29 novembre 2018, Les gilets jaunes commandent le président Macron

…Lors de sa prestation sur la PPE (Programmation pluri-annuelle sur l’énergie), Macron a semblé obsédé par quelques rond-points qui ont été épisodiquement peints en jaune : « Une grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale associerales représentants des gilets jaunes… Fin du monde et fin du mois, nous allons traiter les deux et nous devons traiter les deux… »…

4 décembre 2018, Moratoire sur la taxe carbone, une grave régression

…Le Premier ministre vient d’annoncer un moratoire sur la fiscalité sur les carburants dans l’espoir d’apaiser les gilets jaunes. Pour France Nature Environnement, le Gouvernement commet une grave erreur : il abdique le combat pour sauver la planète, sans pour autant répondre de manière pertinente à la colère exprimée…

5 décembre 2018, Malheur, les Gilets jaunes enterrent la taxe carbone

…Matignon annonce un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants. Comme si céder à quelques agités disséminés en France allait calmer les esprits ! Nous sommes sur le Titanic et nous voulons aller encore plus vite…

6 décembre 2018, Les gilets jaunes dans les lycées, c’est n’importe quoi

…La « recherche de l’indéfinissable » par lequel on peut résumer le mouvement des « gilets jaunes » fait écho chez les lycéens. Plusieurs dizaines de lycées ont été perturbés. Manifester aujourd’hui à l’école contre la taxe carbone alors que le réchauffement climatique et la pénurie de ressources va impacter nos enfants tout au cours de leur existence future montre qu’il n’y a plus de repères. Greta Thunberg montre la voie du salut…

7 décembre 2018, Victoire des gilets jaunes, la taxe carbone est morte

…Pour lutter contre le réchauffement climatique nous sommes passés du marché à la taxe carbone, demain nous aurons la carte carbone. Les résistances des gilets jaunes à quelques centimes de plus sur le carburant montre que nous sommes collectivement dans un cul-de-sac quant à la taxation. D’où une rationnement inéluctable par la carte carbone qui doit sa mauvaise réputation à son association à l’idée de pénurie… alors qu’elle est une réponse à la pénurie, et non sa cause…

7 décembre 2018, Gilets jaunes, vecteurs d’un totalitarisme en marche

…Nous sommes déjà entrés dans une dynamique d’effondrement de la civilisation thermo-industrielle dont les actions des casseurs au milieu des gilets jaunes sont les prémices. Dans ce contexte qui a mené autrefois Hitler au pouvoir, l’extrême droite et la recherche d’un leader progressent aujourd’hui dans tous les pays : la dictature est en marche. Pourquoi ce schéma de l’autoritarisme au pouvoir a-t-il une très forte probabilité d’advenir ? Parce qu’il y a une forte propension du peuple à préférer le présent et à sauver ce qui restera du « pouvoir d’achat »…

8 décembre 2018, Incompatibilités entre « gilets jaunes » et écolos

…Notre blog biosphere n’a pas appelé à la marche pour le climat ce samedi 8 décembre car on n’y voit aucune complémentarité avec les manifestations des Gilets jaunes le même jour. L’origine est similaire, mouvements horizontaux nés sur Facebook, mais les objectifs sont complètement contradictoires. Leur promiscuité va entretenir la confusion dans les esprits…

8 décembre 2018, Peuple et dirigeants ont un problème avec l’écologie

…La population n’a pas du tout la fibre écologiste, surtout quand il s’agit du prix de l’essence. Ainsi du mouvement des gilets jaunes qui a dégénéré au nom de la « démocratie ». Marine Le Pen caresse le peuple dans le sens du poil : « Il faut immédiatement que Macron annonce la suppression de l’augmentation des taxes sur l’essence, la baisse des prix de l’électricité et du gaz, l’augmentation des salaires minimum et retraites minimum. » Mais les politiques peuvent bien dire ce qu’ils veulent : les contraintes naturelles détermineront notre futur, pas eux…

10 décembre 2018, Ni Ruffin, ni Leclerc ! A bas le pouvoir d’achat !

…« Trop de taxes », « trop de pauvres », « trop de riches », « rendez l’argent »… sur les gilets jaunes et les banderoles, les slogans de ces dernières semaines tournent tous, lancinants, autour de la question du pouvoir d’achat… Emmanuel Macron a fait le pari de libéraliser l’économie française pour favoriser le retour de la croissance sur le long terme. Mais sans répondre à l’impatience d’une France qui ne croit plus aux promesses. Pour préserver le pouvoir d’achat, le gouvernement Macron en est même arrivé à supprimer la taxe carbone… qui aurait pu modifier nos comportements et éviter le krach climatique…

14 décembre 2018, Fin du pétrole, les gilets jaunes n’en savaient rien

…Que dire aujourd’hui de l’imminence du pic pétrolier, c’est-à-dire d’une possible cure de sevrage forcée de notre première source d’énergie ? Sans le shale oil (pétrole de schiste), et sans la résurgence du pétrole en Irak (au terme de près de quarante ans de guerres, la production mondiale de brut aurait effectivement atteint depuis 2005 un pic, ou plus exactement un plateau ondulant. Cette stagnation de la somme des extractions des principaux pays pétroliers mondiaux se produit en dépit du fait que les dépenses d’investissement (les « Capex ») dans le développement de la production d’hydrocarbures ont plus que doublé entre-temps…

15 décembre 2018, Les décroissants contre les « gilets jaunes »

…Quant au mode d’action adopté pour exprimer la révolte des gilets jaunes, il a de quoi réjouir les vélorutionnaires que nous sommes : bloquer des ronds-points, des rocades, des autoroutes, des accès aux centre commerciaux, mais aussi des dépôts pétroliers, ça a tout de même plus d’impact que les habituelles manifs-balade. Mais si les gilets jaunes posent des questions essentielles, il n’en reste pas moins que la défense de l’automobile et du style de vie consumériste qui va avec est au cœur de leur lutte. C’est leur intraveineuse de pétrole que les dépendants du volant réclament au meilleur marché. Malgré l’hypocrisie de la taxe carbone, nous soutenons, à l’opposé des gilets jaunes, que les carburants ne sont pas assez chers, vu les ravage qu’ils provoquent…

20 décembre 2018, Les « gilets jaunes », conséquence de la vie à crédit

Nous avions déjà suggéré sur ce blog, avant les reniements de l’Etat macroniste, le virement des recettes de la taxe carbone au remboursement de la dette publique. Mais la logique financière n’existe plus dans les pays riches où l’endettement sert d’exutoire aux colères sociales…

21 décembre 2018, Le président Macron s’aplatit devant Priscillia Ludosky

Près de deux mois après la création d’une pétition « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! », le président Emmanuel Macron s’est résolu jeudi 20 décembre à répondre aux plus de 1,15 million de signataires : « Vous avez subi de plein fouet la hausse des prix du carburant, votre message, je l’ai entendu. Je vous réponds directement : vous avez raison »…

Biosphere-Info, les « gilets jaunes » au scalpel

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Biosphere-Info retrace en ce début d’année 2019 les différentes analyses de ce blog biosphere sur le mouvement des « gilets »jaunes ». Notons que la notoriété des gilets jaunes ne tient pas à la profondeur de leurs discours, mais à l’exubérance des réseaux sociaux et au climat médiatique qui a relayé complaisamment les faits et gestes d’individualités. Il n’y plus de profondeur dans l’analyse par le « quatrième pouvoir » des événements, il y a la dictature des faits divers et du buzz pour faire audience…

Mais puisqu’on n’accepte pas socialement les contraintes nécessaires pour traiter l’urgence écologique, à commencer par la taxe carbone, la planète brûlera ! A chacun de prendre ses responsabilités, le climat est aussi notre affaire à tous.

13 novembre 2018, Manifester le 17 novembre, une hérésie anti-climat

…Le blocage national du 17 novembre approche à grand pas. A moins de quelques jours des manifestations « spontanées », les « gilets jaunes » maintiennent plus que jamais leur colère face à l’augmentation du carburant. Des marches pour le climat, démarches pour presque rien. Mais quand l’écologie devient punitive, touche le porte-feuille, le « peuple » se soulève en masse…

15 novembre 2017, Yannick JADOT : « La taxe carbone est utile SI… »

…La taxe carbone est utile si elle sert à des politiques écologiques. Aujourd’hui, seulement 19 % de la fiscalité carbone est destinée à financer la transition énergétique. C’est du vol pur et simple. De plus la sauvegarde du climat est un impératif catégorique qui ne peut être poursuivi que dans la justice sociale. C’est encore les plus pauvres qui seront les plus touchés par la pénurie énergétique à venir…

16 novembre 2018, Ne prenez pas la bagnole le 17 novembre, ça va chauffer

…Des centaines de collectifs ont appelé à une journée de blocage des routes pour protester contre la hausse du prix des carburants. La manifestation a reçu le soutien de Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Nicolas Dupont-Aignan et même Jean-Luc Mélenchon. D’un côté c’est réjouissant que la base dite silencieuse et apolitique s’exprime dans le mouvement des gilets jaunes. De l’autre, nous sommes effarés du sujet choisi : l’augmentation des taxes sur les carburants…

25 novembre 2018, Le saccage des Champs-Élysées, aveuglement passéiste

…Les gilets jaunes qui s’accrochent de façon aveugle à la bagnole dans une période de réchauffement climatique et d’épuisement des nappes pétrolières. Ils n’ont aucun argument de fond mais saccagent les Champs-Élysées (créer un contexte où on arrive à ce résultat, c’est déjà être complice)…

29 novembre 2018, Les gilets jaunes commandent le président Macron

…Lors de sa prestation sur la PPE (Programmation pluri-annuelle sur l’énergie), Macron a semblé obsédé par quelques rond-points qui ont été épisodiquement peints en jaune : « Une grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale associerales représentants des gilets jaunes… Fin du monde et fin du mois, nous allons traiter les deux et nous devons traiter les deux… »…

4 décembre 2018, Moratoire sur la taxe carbone, une grave régression

…Le Premier ministre vient d’annoncer un moratoire sur la fiscalité sur les carburants dans l’espoir d’apaiser les gilets jaunes. Pour France Nature Environnement, le Gouvernement commet une grave erreur : il abdique le combat pour sauver la planète, sans pour autant répondre de manière pertinente à la colère exprimée…

5 décembre 2018, Malheur, les Gilets jaunes enterrent la taxe carbone

…Matignon annonce un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants. Comme si céder à quelques agités disséminés en France allait calmer les esprits ! Nous sommes sur le Titanic et nous voulons aller encore plus vite…

6 décembre 2018, Les gilets jaunes dans les lycées, c’est n’importe quoi

…La « recherche de l’indéfinissable » par lequel on peut résumer le mouvement des « gilets jaunes » fait écho chez les lycéens. Plusieurs dizaines de lycées ont été perturbés. Manifester aujourd’hui à l’école contre la taxe carbone alors que le réchauffement climatique et la pénurie de ressources va impacter nos enfants tout au cours de leur existence future montre qu’il n’y a plus de repères. Greta Thunberg montre la voie du salut…

7 décembre 2018, Victoire des gilets jaunes, la taxe carbone est morte

…Pour lutter contre le réchauffement climatique nous sommes passés du marché à la taxe carbone, demain nous aurons la carte carbone. Les résistances des gilets jaunes à quelques centimes de plus sur le carburant montre que nous sommes collectivement dans un cul-de-sac quant à la taxation. D’où une rationnement inéluctable par la carte carbone qui doit sa mauvaise réputation à son association à l’idée de pénurie… alors qu’elle est une réponse à la pénurie, et non sa cause…

7 décembre 2018, Gilets jaunes, vecteurs d’un totalitarisme en marche

…Nous sommes déjà entrés dans une dynamique d’effondrement de la civilisation thermo-industrielle dont les actions des casseurs au milieu des gilets jaunes sont les prémices. Dans ce contexte qui a mené autrefois Hitler au pouvoir, l’extrême droite et la recherche d’un leader progressent aujourd’hui dans tous les pays : la dictature est en marche. Pourquoi ce schéma de l’autoritarisme au pouvoir a-t-il une très forte probabilité d’advenir ? Parce qu’il y a une forte propension du peuple à préférer le présent et à sauver ce qui restera du « pouvoir d’achat »…

8 décembre 2018, Incompatibilités entre « gilets jaunes » et écolos

…Notre blog biosphere n’a pas appelé à la marche pour le climat ce samedi 8 décembre car on n’y voit aucune complémentarité avec les manifestations des Gilets jaunes le même jour. L’origine est similaire, mouvements horizontaux nés sur Facebook, mais les objectifs sont complètement contradictoires. Leur promiscuité va entretenir la confusion dans les esprits…

8 décembre 2018, Peuple et dirigeants ont un problème avec l’écologie

…La population n’a pas du tout la fibre écologiste, surtout quand il s’agit du prix de l’essence. Ainsi du mouvement des gilets jaunes qui a dégénéré au nom de la « démocratie ». Marine Le Pen caresse le peuple dans le sens du poil : « Il faut immédiatement que Macron annonce la suppression de l’augmentation des taxes sur l’essence, la baisse des prix de l’électricité et du gaz, l’augmentation des salaires minimum et retraites minimum. » Mais les politiques peuvent bien dire ce qu’ils veulent : les contraintes naturelles détermineront notre futur, pas eux…

10 décembre 2018, Ni Ruffin, ni Leclerc ! A bas le pouvoir d’achat !

…« Trop de taxes », « trop de pauvres », « trop de riches », « rendez l’argent »… sur les gilets jaunes et les banderoles, les slogans de ces dernières semaines tournent tous, lancinants, autour de la question du pouvoir d’achat… Emmanuel Macron a fait le pari de libéraliser l’économie française pour favoriser le retour de la croissance sur le long terme. Mais sans répondre à l’impatience d’une France qui ne croit plus aux promesses. Pour préserver le pouvoir d’achat, le gouvernement Macron en est même arrivé à supprimer la taxe carbone… qui aurait pu modifier nos comportements et éviter le krach climatique…

14 décembre 2018, Fin du pétrole, les gilets jaunes n’en savaient rien

…Que dire aujourd’hui de l’imminence du pic pétrolier, c’est-à-dire d’une possible cure de sevrage forcée de notre première source d’énergie ? Sans le shale oil (pétrole de schiste), et sans la résurgence du pétrole en Irak (au terme de près de quarante ans de guerres, la production mondiale de brut aurait effectivement atteint depuis 2005 un pic, ou plus exactement un plateau ondulant. Cette stagnation de la somme des extractions des principaux pays pétroliers mondiaux se produit en dépit du fait que les dépenses d’investissement (les « Capex ») dans le développement de la production d’hydrocarbures ont plus que doublé entre-temps…

15 décembre 2018, Les décroissants contre les « gilets jaunes »

…Quant au mode d’action adopté pour exprimer la révolte des gilets jaunes, il a de quoi réjouir les vélorutionnaires que nous sommes : bloquer des ronds-points, des rocades, des autoroutes, des accès aux centre commerciaux, mais aussi des dépôts pétroliers, ça a tout de même plus d’impact que les habituelles manifs-balade. Mais si les gilets jaunes posent des questions essentielles, il n’en reste pas moins que la défense de l’automobile et du style de vie consumériste qui va avec est au cœur de leur lutte. C’est leur intraveineuse de pétrole que les dépendants du volant réclament au meilleur marché. Malgré l’hypocrisie de la taxe carbone, nous soutenons, à l’opposé des gilets jaunes, que les carburants ne sont pas assez chers, vu les ravage qu’ils provoquent…

20 décembre 2018, Les « gilets jaunes », conséquence de la vie à crédit

Nous avions déjà suggéré sur ce blog, avant les reniements de l’Etat macroniste, le virement des recettes de la taxe carbone au remboursement de la dette publique. Mais la logique financière n’existe plus dans les pays riches où l’endettement sert d’exutoire aux colères sociales…

21 décembre 2018, Le président Macron s’aplatit devant Priscillia Ludosky

Près de deux mois après la création d’une pétition « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! », le président Emmanuel Macron s’est résolu jeudi 20 décembre à répondre aux plus de 1,15 million de signataires : « Vous avez subi de plein fouet la hausse des prix du carburant, votre message, je l’ai entendu. Je vous réponds directement : vous avez raison »…

Marc Fontecave, un pronucléaire en plein délire

Dans une récente tribune au « Monde », le professeur au Collège de France et membre de l’Académie des sciences Marc Fontecave juge ainsi la pétition « L’Affaire du siècle » : « Attaquer la France en justice est à la fois injuste, idiot et inopérant ». Il a un seul argument : « l’Hexagone, grâce à l’énergie nucléaire, est un leader mondial en matière de limitation des gaz à effet de serre. » Voici quelques commentaires sur lemonde.fr :

PIERRE-ALAIN D. : Il aurait été préférable que LE MONDE signale aux lecteurs l’appartenance de M. Fontecave au conseil scientifique d’EDF.

Phil : Fontecave, des arguments spécieux d’une grande paresse intellectuelle, donneuse de leçons qui plus est. Pauvre collège de France… La France a pris des engagements internationaux qu’elle ne respecte pas; l’attaque en droit est parfaitement justifiée. Quant aux considérations sur le nucléaire elles sont affligeantes, mais qui mordrait la main de celui qui le nourrit ?

Dance Fly : La tribune de M. Fontecave est à la ramasse: il réagit comme si le nucléaire était menacé. Ce n’est pas le cas. Je crois que nous sommes tous à peu près d’accord sur l’objectif : se débarrasser le plus vite possible des énergies fossiles.

ALAIN PANNETIER : Belle preuve supplémentaire d’autisme de l’establishment scientifique français. L’électricité, c’est 25% seulement de notre consommation d’énergie. Ce sur quoi on attend une démarche volontaire du gouvernement c’est sur les 75% restants (transports et chauffage). Et là le bilan est moins reluisant. Comparée au reste des pays de l’OCDE, la France est clairement dans l’immobilisme.

le sceptique : Le rapport GIEC 2018 écrit : « Nuclear power increases its share in most 1.5°C pathways » (p.131). Les trajectoires avec moins de nucléaire sont minoritaires. On peut choisir de les privilégier pour éviter d’être trop dépendant du nucléaire, mais il faut chiffrer et débattre du coût public.

Moaurf : Fontecave : « personne ne semble trouver choquant que des citoyens français attaquent leur propre pays en justice« . C’est quoi ce présupposé ? Bah non, ça se fait ailleurs, et ici sur d’autres sujets. Fort heureusement les Etats peuvent être poursuivis, sinon quoi, on admettrait, en d’autres circonstances, les dérives totalitaires d’un régime? Un Etat est aussi victime de ses représentants.

Fact Man : Cher Mr Fontecave, il semble que ce sont plutôt vos positions qui demanderont un temps long (sic) pour bouger. Vous dites que la France représente peu : les Accords de Paris devaient unir les pays, on en voit – ou plutôt pas – le résultat. Vous dites que le nucléaire nous dédouane d’efforts poussés sur les énergies : 24000 ans pour perdre juste la moitié de sa radioactivité, au plutonium de nos centrales. En même temps : 2MW français en éolien offshore, 5355MW en Allemagne… Voilà un chemin.

Jamaiscontent : M. Fontecave décrète qu’il est impossible de produire notre électricité & énergie pour les transports à partir des seules EnR. Peut-être, mais si j’en attends une démo, je vais attendre longtemps. Il le sait, point. D’autre part, utiliser le nucléaire ne fait en rien de nous des exemples en matière d’environnement, qui est loin de se limiter au seul CO2: pollutions autour des anciennes ou actuelles mines d’U, question des déchets, et Bolsonaro raserait bien une réserve de l’Amazonie pour de l’U.

ALAIN PANNETIER : Le week-end se termine. Les cyber-rhéteurs ont débattu. Plus de 400 commentaires. Nettement moins de 400 arguments. Argument massue d’après les immobilistes : « La pétition est inutile, stupide, et même contre-productive. Car il n’y a pas de solution. Nous sommes les meilleurs de la classe. Les pollueurs sont les autres. Cocorico. » Sauf que… le sens de la pétition est tout autre. Les « anti » feignent d’ignorer que le problème n’est pas l’électricité mais tout le reste. Les transports, le chauffage.

* LE MONDE du 31 décembre 2018, Pétition « L’Affaire du siècle » : « Attaquer la France en justice est à la fois injuste, idiot et inopérant »

Marc Fontecave, un pronucléaire en plein délire

Dans une récente tribune au « Monde », le professeur au Collège de France et membre de l’Académie des sciences Marc Fontecave juge ainsi la pétition « L’Affaire du siècle » : « Attaquer la France en justice est à la fois injuste, idiot et inopérant ». Il a un seul argument : « l’Hexagone, grâce à l’énergie nucléaire, est un leader mondial en matière de limitation des gaz à effet de serre. » Voici quelques commentaires sur lemonde.fr :

PIERRE-ALAIN D. : Il aurait été préférable que LE MONDE signale aux lecteurs l’appartenance de M. Fontecave au conseil scientifique d’EDF.

Phil : Fontecave, des arguments spécieux d’une grande paresse intellectuelle, donneuse de leçons qui plus est. Pauvre collège de France… La France a pris des engagements internationaux qu’elle ne respecte pas; l’attaque en droit est parfaitement justifiée. Quant aux considérations sur le nucléaire elles sont affligeantes, mais qui mordrait la main de celui qui le nourrit ?

Dance Fly : La tribune de M. Fontecave est à la ramasse: il réagit comme si le nucléaire était menacé. Ce n’est pas le cas. Je crois que nous sommes tous à peu près d’accord sur l’objectif : se débarrasser le plus vite possible des énergies fossiles.

ALAIN PANNETIER : Belle preuve supplémentaire d’autisme de l’establishment scientifique français. L’électricité, c’est 25% seulement de notre consommation d’énergie. Ce sur quoi on attend une démarche volontaire du gouvernement c’est sur les 75% restants (transports et chauffage). Et là le bilan est moins reluisant. Comparée au reste des pays de l’OCDE, la France est clairement dans l’immobilisme.

le sceptique : Le rapport GIEC 2018 écrit : « Nuclear power increases its share in most 1.5°C pathways » (p.131). Les trajectoires avec moins de nucléaire sont minoritaires. On peut choisir de les privilégier pour éviter d’être trop dépendant du nucléaire, mais il faut chiffrer et débattre du coût public.

Moaurf : Fontecave : « personne ne semble trouver choquant que des citoyens français attaquent leur propre pays en justice« . C’est quoi ce présupposé ? Bah non, ça se fait ailleurs, et ici sur d’autres sujets. Fort heureusement les Etats peuvent être poursuivis, sinon quoi, on admettrait, en d’autres circonstances, les dérives totalitaires d’un régime? Un Etat est aussi victime de ses représentants.

Fact Man : Cher Mr Fontecave, il semble que ce sont plutôt vos positions qui demanderont un temps long (sic) pour bouger. Vous dites que la France représente peu : les Accords de Paris devaient unir les pays, on en voit – ou plutôt pas – le résultat. Vous dites que le nucléaire nous dédouane d’efforts poussés sur les énergies : 24000 ans pour perdre juste la moitié de sa radioactivité, au plutonium de nos centrales. En même temps : 2MW français en éolien offshore, 5355MW en Allemagne… Voilà un chemin.

Jamaiscontent : M. Fontecave décrète qu’il est impossible de produire notre électricité & énergie pour les transports à partir des seules EnR. Peut-être, mais si j’en attends une démo, je vais attendre longtemps. Il le sait, point. D’autre part, utiliser le nucléaire ne fait en rien de nous des exemples en matière d’environnement, qui est loin de se limiter au seul CO2: pollutions autour des anciennes ou actuelles mines d’U, question des déchets, et Bolsonaro raserait bien une réserve de l’Amazonie pour de l’U.

ALAIN PANNETIER : Le week-end se termine. Les cyber-rhéteurs ont débattu. Plus de 400 commentaires. Nettement moins de 400 arguments. Argument massue d’après les immobilistes : « La pétition est inutile, stupide, et même contre-productive. Car il n’y a pas de solution. Nous sommes les meilleurs de la classe. Les pollueurs sont les autres. Cocorico. » Sauf que… le sens de la pétition est tout autre. Les « anti » feignent d’ignorer que le problème n’est pas l’électricité mais tout le reste. Les transports, le chauffage.

* LE MONDE du 31 décembre 2018, Pétition « L’Affaire du siècle » : « Attaquer la France en justice est à la fois injuste, idiot et inopérant »

Climat et pétrole devraient gâcher la fête de Noël

Qui dit augmentation de la combustion de pétrole pour les fêtes de fin d’année dit aussi augmentation des émissions de gaz à effet de serre… Le Manuel de Transition (publié en 2010) nous décrit ainsi cette interdépendance : « Changement climatique et pic pétrolier sont les jumeaux de l’hydrocarbure. Ces deux questions sont tellement interreliées que si on les considère isolément, une grande partie du problème nous échappe. Sans pétrole à bon marché, vous ne seriez pas en train de lire ces lignes en ce moment. Quand vous vous mettez vraiment à y penser, ce n’est pas seulement ce livre qui n’existerait pas. La plupart des choses qui vous entourent dépendent du pétrole à bon marché pour leur fabrication et leur transport. Ce n’est pas pour rien qu’on parle des carburants fossiles comme d’une très vieille lumière solaire ; ils ont une incroyable densité énergétique. On estime que 40 litres d’essence contiennent l’équivalent énergétique de 4 ans de labeur manuel humain. Nous pouvons appeler « Intervalle du pétrole » le bref interlude de 200 ans où nous aurons extrait du sol la totalité de cette extraordinaire substance et l’aurons brûlée… Le climat planétaire est nettement en train de se réchauffer ; il n’est plus permis d’en douter. Jusqu’où est-il réaliste de permettre à la température de monter ? La réponse est qu’idéalement, nous devrions mettre un terme à toutes nos émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui même, mais ce n’est manifestement pas ce qui va se passer... »

En effet nous voulons toujours plus de pétrole alors que laisser une majorité du pétrole accessible sous terre pour limiter le réchauffement climatique est déjà une nécessité. Les « gilets jaunes » qui ne veulent pas de la taxe carbone et la multinationale Total, qui leur fournit leur dope, vont dans la même direction, droit dans le mur. Nous sommes vraiment en train de soutirer les dernières gouttes de pétrole, ainsi en Angola*. On profite de la dépendance de ce pays envers la merde du diable ; l’or noir représentant 95 % de ses exportations et assure 40 % de la production du pays, soit environ 15 % du PIB. Les zones les plus accessibles, d’abord à terre, ont d’abord été épuisées. A l’orée des années 1980, le gisement (bloc 3) était situé à quelques encablures des côtes angolaises et à une profondeur d’une centaine de mètres. On a ensuite foré à 700 mètres, puis on est descendu de plus en plus au fil du temps. On utilise techniquement des FPSO (Floating Production Storage and Offloading) pour exploiter le offshore profond [« deep offshore »], qui représente 20 % de la production de la compagnie. Aujourd’hui le bloc 17 produit de l’« huile » enfouie à 1 600 mètres sous la surface de la mer à une distance moyenne de 200 kilomètres des terres. Plus loin encore, il y a le bloc 32, à 260 kilomètres des terres. Il faut chercher le pétrole à une profondeur d’eau d’environ 2 000 mètres, à laquelle il faut ajouter une perforation de la couche terrestre qui peut atteindre 1 500 mètres (soit une distance totale de 3 500 mètres sous la coque de la FPSO). Mais la folie humaine n’a pas de limites. Le bloc 48 est situé dans des eaux ultra-profondes, à 400 kilomètres de Luanda. Il y a une profondeur de 3 600 mètres d’eau et il s’agira du puits d’exploration le plus profond jamais réalisé. Autant dire qu’une telle démesure technologique accroît énormément les risques d’une marée noire.

Les jumeaux hydrocarbures (pic pétrolier et réchauffement climatique) nous imposent une descente énergétique.Refuser cet état des faits, c’est vouloir accélérer l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle. Il ne s’agit pas de faire du catastrophisme, mais de constater une réalité biophysique. Ça va finir mal, on le sait, mais Total, gouvernement angolais et gilets jaunes se tiennent par la main. L’échec de la COP21 nous montre encore une fois que nous ne faisons rien collectivement pour éviter les drames présents et à venir. Tant que nos concitoyens auront besoin de carburant pour aller au travail… l’écologie et les générations futures seront bien oubliées.

* LE MONDE économie du 14 décembre 2018, En Angola, la quête périlleuse du pétrole en haute mer

CLIMAT, les gilets verts à l’assaut de Macron

Occupons les ronds-points, bloquons les raffineries, ouvrons les barrières de péages, rentrons sur les pistes d’aéroport, fermons les centrales à charbon, et tant pis s’il y a quelques violences… Pourquoi se gêner, c’est la seule méthode pour que Macron se mette à l’écoute du peuple. Car l’heure est grave, le réchauffement climatique s’accélère et pourtant notre président a favorisé toutes les sources d’énergie fossile. L’Etat est d’ailleurs poursuivi devant la justice par des ONG pour inaction climatique. Elles réclament la réparation des préjudices moral et écologique subis, et la mise en œuvre des mesures permettant d’atteindre les objectifs fixés. « Malgré de nombreuses annonces, expliquent-elles dans leur recours, la France ne respecte quasiment aucun des objectifs et engagements qu’elle s’est elle-même fixés a minima et se contente de repousser l’effort sur les années à venir. »

Elles appellent au soutien de leur action par le biais d’une pétition accessible sur le site www.laffairedusiecle.net. Déjà plus de 1 million 400 000 signatures en quelques jours atteint ce samedi 22 décembre. Le mouvement de révolte contre l’État et son inaction en matière climatique se généralise. On dépasse en nombre la pétition des gilets jaunes qui avaient mis Macron dans tous ses états. Il vit maintenant reclus, conspué, menacé alors qu’il avait condamné la taxe carbone pour faire plaisir aux GJ et signé un chèque énorme pour augmenter le pouvoir d’achat (et donc rouler plus souvent en bagnole !).

Au Royaume-Uni, le mouvement Extinction Rebellion* mène des actions chocs pour alerter sur le changement climatique. Il prône des actions fortes et pacifistes. En octobre, une centaine d’universitaires du pays ont signé un texte de soutien. 6 000 personnes ont bloqué les ponts de la capitale anglaise. Le samedi 17 novembre. Les jours précédents, d’autres avaient été arrêtés pour avoir interrompu le trafic, peint des slogans (lavables à l’eau) et s’être enchaînés devant le 10 Downing Street ou avoir obstrué l’entrée du ministère de l’énergie. On prévoyait d’occuper les studios de la BBC le 21 décembre. Leur symbole est noir, « Rebel for Life », un sablier à l’intérieur du cercle de la Terre : le temps nous est compté. En France, l’écologiste « radicale » Corinne Morel-Darleux, reprend le flambeau : « Cette désobéissance civile qui s’inscrit dans la durée, partout dans le pays, permet de sortir de la culture du nombre : pas la peine d’acheminer des cars vers la capitale pour une manifestation monstre, quelques personnes menant des actions locales sont efficaces. Et cela transforme les arrestations en victoire. » Il faut tenter l’impossible pour éviter l’impensable, endossons des gilets verts.

* LE MONDE du 22 décembre 2018, Au Royaume-Uni, le mouvement Extinction Rebellion mène des actions chocs pour alerter sur le changement climatique

Les décroissants contre les « gilets jaunes »

Un mois que l’insurrection des gilets jaunes a débuté, le mensuel « La Décroissance »* avait porté un regard critique qui nous semble pertinent.

Fièvre jaune : Bravo Nostra Decroissanssus ! Ce jour du 17 novembre 2018 est à marquer d’une pierre « jaune » ! Depuis dix ans que je te lis, tu nous a toujours prédit le scénario d’une France « imbécile » manifestant pour « plus de fric, de pétrole, de bagnoles et autres bimbeloteries inutiles », se révoltant et bloquant un système consumériste qu’elle idolâtre. La bêtise absolue s’est emparée d’une France dont le gilet « jaune » lui va si bien, tous unis dans l’absurde, quel spectacle pitoyable ! (Serge Wallpott, lecteur de La Décroissance)

Autoroutes cyclables : Je pensais naïvement que, vu les cataclysmes dus au réchauffement climatique qui se sont abattus ces derniers mois sur notre planète, les gens aillaient être volontaires pour changer de mode de vie ! Eh bien non, ils protestent parce que le prix des carburants ont augmenté de quelques centimes alors que le prix de l’essence devrait au minimum être doublé. Il est inadmissible que se déplacer en voiture coûte moins cher que de prendre le train. (Jean-Claude Tosan, lecteur)

A bout de souffle : Je ne suis pas fan des gilets jaunes. La classe moyenne qui étale son exaspération sur la place publique et revendique son pouvoir d’achat a bien été séduite, d’abord, par les sirènes de la consommation permanente érigée en art de vivre. L’accumulation de bien matériels a créé un édifice instable, prêt à s’écrouler dès qu’un imprévu apparaît (ici hausse du carburant). Lorsque surgira une vraie crise, il y aura bien des réveils douloureux. (Pierre Marthouret, lecteur)

Le piège se referme : Quant au mode d’action adopté pour exprimer la révolte des gilets jaunes, il a de quoi réjouir les vélorutionnaires que nous sommes : bloquer des ronds-points, des rocades, des autoroutes, des accès aux centre commerciaux, mais aussi des dépôts pétroliers, ça a tout de même plus d’impact que les habituelles manifs-balades… Profitons-en pour balayer un lieu commun utilisé par les adversaires de la décroissance afin de nous discréditer : « Comment osez-vous parler de décroissance alors que des gens n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois ? » Rappelons-le, la décroissance a pour premiers impératifs l’auto-limitation et le partage, c’est un combat égalitaire qui s’en prend aux modes de vie les plus prédateurs. Ceci posé, on ne va tout de même pas railler la défense du veau de tôle de notre civilisation, la sacro-sainte bagnole. Car même si les gilets jaunes posent des questions essentielles, il n’en reste pas moins que la défense de l’automobile et du style de vie consumériste qui va avec est au cœur de leur lutte. C’est leur intraveineuse de pétrole que les dépendants du volant réclament au meilleur marché… Et évidemment il ne faut pas croire une seconde ce gouvernement quand il jure mordicus de vouloir sauver la planète avec sa petite taxe carbone : s’il se piquait d’écologie, il mettrait fin au déploiement des infrastructures routières. Comme le disait Nicolas Sarkozy lors de la crise économique de 2008, « l’État est prêt à tout pour sauver l’industrie automobile »… Malgré l’hypocrisie de la taxe carbone, nous soutenons, à l’opposé des gilets jaunes, que les carburants ne sont pas assez chers, vu les ravage qu’ils provoquent. (Pierre Thiesset, journaliste)

* extraits de « La Décroissance », décembre 2018-janvier 2019

Fin du pétrole, les gilets jaunes n’en savaient rien !

Journaliste du MONDE* : « En 2010, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) annonçait que le pic de production du pétrole avait été atteint en 2006. Et pourtant, huit ans plus tard, la production continue à augmenter et le prix du baril est aujourd’hui loin du record atteint en 2008. Donner une date pour la fin du pétrole semble donc particulièrement difficile. » L’article reste vague, ce que ne fait pas le blog de Matthieu Auzanneau, un spécialiste qui a écrit une monumentale histoire du pétrole, Or noir. Résumé de son article Minuit et quart :

Oilman : Mes pires craintes sont en train de se réaliser. Les signes du changement climatique deviennent évidents à qui veut bien les voir. Mais qu’advient-il de l’autre grand péril qui menace nos sociétés techniques, et qui est lui aussi engendré par notre consommation d’énergie ? Que dire aujourd’hui de l’imminence du pic pétrolier, c’est-à-dire d’une possible cure de sevrage forcée de notre première source d’énergie ? Sans le shale oil (pétrole de schiste), et sans la résurgence du pétrole en Irak (au terme de près de quarante ans de guerres, la production mondiale de brut aurait effectivement atteint depuis 2005 un pic, ou plus exactement un plateau ondulant. Cette stagnation de la somme des extractions des principaux pays pétroliers mondiaux se produit en dépit du fait que les dépenses d’investissement (les « Capex ») dans le développement de la production d’hydrocarbures ont plus que doublé entre-temps. Autre élément persistant du diagnostic : les découvertes de pétrole conventionnel ont atteint un nouveau point bas en 2017 ; elles n’ont jamais été aussi rares et faibles depuis les années 1940, en dépit des efforts d’investissements et des quelque progrès techniques accomplis depuis plus d’un demi-siècle. Bref, les limites physiques à la croissance économique, telle qu’elle est alimentée depuis 150 ans par le pétrole, me paraissent se dessiner de plus en plus nettement.

Il serait judicieux d’être prudent, et prévoyant, et consistant, mais non…La France n’est pas à la hauteur de l’accord de Paris sur le climat. Une chose encore : la Syrie et le Yemenle Venezuela et peut-être même le Mexique démontrent aujourd’hui avec quelle soudaineté et quelle cruauté peuvent s’effondrer des nations à la suite (à cause ?) d’un déclin de leurs ressources énergétiques. Un historien russo-américain, Peter Turchin, a démontré de façon convaincante l’existence de cycles historiques de croissance et d’effondrement des sociétés liés à la capacité – ou à l’incapacité – des ressources naturelles à perpétuer le développement de ces sociétés. A travers les exemples de l’empire romain, de la France du Moyen Age, ou encore de la Russie impériale, on y voit les sociétés d’abord croître sans développement des inégalités entre le peuple et les élites, puis la population et les revenus des classes populaires passer par un maximum, permettant aux élites de proliférer grâce à la captation d’une rente abondante comme jamais. Puis : les guerres, les famines, longtemps…

La sobriété que je souhaite n’est pas juste une somme de choix individuels. Il est question de la sobriété des grands systèmes complexes qui nous permettent de vivre, d’une réorganisation favorisant systématiquement la simplicité et la robustesse de nos modes de production et de nos modes de vie. Ceci réclame une conversation collective historique, adulte et raisonnable. Nous sommes de plus en plus nombreux à percevoir clairement cela. Faisons-le savoir, et vite.

* LE MONDE du 14 décembre 2018, Quand commencera-t-on à manquer de pétrole ?