politique

Emmanuel Macron en panne d’écologie

« Fin progressive des spectacles d’animaux sauvages ou de l’élevage de visons », le 1er ministre Castex s’en tient aux petites intentions symboliques en matière d’écologie. Car Macron ne sait plus à quels démons se vouer : néonicotinoïde reprogrammé, déclaration pro-5G et anti-amish, convention citoyenne embourbées, rien ne va plus. Jupiter est « écartelé » entre sa (soi-disant) ambition écologique et la volonté de faire redémarrer l’économie française frappée par le Covid. Alors l’écologisme superficiel invente de nouveaux éléments de langage, « progressisme vert  et écoloproductivisme » pour garder dans ses filets la frange la plus « raisonnable » des électeurs. Des commentateurs sur lemonde.fr ne sont pas dupes :

Thibaut : L’article ne parle que de stratégie électorale, à aucun moment de stratégie environnementale. C’est pourtant l’essentiel : comment notre Président compte-t-il engager la transition ? Il reste moins de 30 ans pour parvenir à la neutralité carbone. La tambouille pour se faire réélire en 2022 n’est pas le sujet prioritaire…

Ours Bleu : Notre président, Génie du Ruissellement et de la Communication, perd toute crédibilité. Un grand show de com sur les animaux de cirque, ne fera pas passer la pilule, même si on apprécie. Quand aux ruissellement des financiers? Il faut vraiment nous prendre pour des poires.
Perspicace : À qui profite le crime des neonicotinidés ? Aux financiers bien sûrs, actionnaires de l’industrie sucrière dont les bénéfices proviennent de l’Exportation de sucre et non pas aux 46000 employés de cette industrie. Une conversion aidée vers le bio aurait recasé sans difficulté les 46000 emplois et aurait bénéficié à ces travailleurs et à notre société.

DMA : La chose ennuyeuse pour Macron, c’est que le climat et la biodiversité, sont assez peu sensibles aux effets d’annonce et aux mesures cosmétiques contrairement aux marchés financiers. Le président est l’héritier de plusieurs décennies de procrastination sur le sujet (voire pire) qui ont hypothéqués les chances d’une transition en douceur. Resterait donc à nous organiser pour tenter d’encaisser les chocs à venir (voir à ce propos le travail en cours du Shift Project). Mais même cela demanderait des changements importants voire radicaux, une action cohérente, une volonté d’anticipation et surtout une compréhension des enjeux par une majorité de la population, le tout en un temps record. Bref, c’est pas gagné.

Pour en savoir plus, lire notre dernier bilan sur le macronisme :

Biosphere-Info, Emmanuel Macron l’anti-écolo

Une convention climat qui n’a servi à rien

Convention citoyenne pour le climat : « J’irai au bout du contrat moral qui nous lie », affirmait Emmanuel Macron. Mais sur les 149 mesures évoquées, des « jokers » sont avancés les uns après les autres. D’abord le 21 juin 2020, trois refus directs du président, suivi d’abandon successifs  :

1. Taxer de 4 % les dividendes dans les entreprises qui en distribuent plus de 10 millions annuels pour financer la transition écologique. Joker, « Ce serait réduire notre chance d’attirer des investissements supplémentaires ».

2. Modification du préambule de la constitution souhaitée par la convention. Joker, « Elle menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques. Ce serait contraire à notre texte constitutionnel, à l’esprit de nos valeurs ».

3. Passage de la vitesse sur autoroute de 130 à 110 km/h : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens, ll ne faut pas les diviser. Et donc je propose de repousser ce débat. Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi, c’est à dire avoir des mois de travail qui s’abîment dans une polémique. »

4. Le moratoire sur la 5G ? Joker, « je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine » assène Macron.

5. Une trajectoire progressive sur la fiscalité du kérosène ? Balayée d’un revers de la main, lors d’une émission matinale diffusée sur LCI, par le ministre des transports.

6. Composante poids sur le bonus-malus auto, pour favoriser la vente des véhicules les plus légers ? Joker de Bercy, qui refuse de l’inscrire dans le projet de loi de finances.

7. Régulation de la publicité ? Joker ! Le ministre de l’économie n’y croit pas, la ministre de l’écologie attend « la fin des consultations en cours ».

En matière de démocratie participative, on fait mieux ! il n’y a rien de pire que de consulter les 150 citoyens de la Convention sans tenir compte de leur avis. Notez aussi que l’exécutif ne propose jamais des mesures alternatives pour atteindre l’objectif fixé : « définir un projet global permettant de diminuer de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 ». Quelques réactions sur le monde.fr :

François C.H. : Certes, on a envie de taper du pied et s’énerver, mais finalement, il n’y a la rien de surprenant. La transition ne se fera pas, car elle demande de faire entrer en décroissance non pas l’économie dans son ensemble, mais tout du moins un certain nombre de secteur d’activités, et c’est incompatible avec le système libéral actuel, incompatible aussi plus largement avec le tissu économique et industriel qui est le nôtre, incompatible avec le maintien des emplois la ou ils sont. On est dans l’impasse, prisonnier de notre niveau de vie et de nos richesses, qui seront la tombe de nos sociétés. La transition vers le zéro carbone va demander d’énormes sacrifices, mais des sacrifices bien moins importants que ce que devront supporter les générations futures. Seule une bonne série de baffes climatiques dans la tronche pourront nous faire accepter ces sacrifices. Espérons que ça vienne vite. Tant que ça roule, on roulera.

Heru : Le candidat Macron donnait le plaisant sentiment d’une voie médiane entre khmers verts et irresponsables suicidaires. Maintenant que le Président a trahi le candidat, je crains qu’il nous faille choisie entre les khmers et le sacrifice de nos enfants et petits-enfants.
le sceptique : Cela fait aussi 25 COP que les choses avancent très doucement, mais ce n’est pas la faute à Macron. Gagnez une élection et imposez vos mesures : on verra l’état de la paix civile quand un grand nombre de travailleurs, consommateurs, contribuables découvriront la somme de contraintes, restrictions, interdits, inflations et taxes que forme un programme de transition écologique à la sauce Orphelin-Piolle.

Boltzmann : Essayez une seconde de trouver un scénario crédible qui aboutisse à réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici 2030, importations comprises. Quelques heures passées à s’informer et réfléchir, et on se rend compte que c’est extrêmement dur, et que oui ça passe par moins rouler dans des boites en métal de 2 tonnes propulsée au pétrole.

Bolzano : L’avenir sera frugal non par choix mais par nécessité, les gazogènes ou les cyclecars n’étaient pas des modes mais imposés par les conditions économiques. Ceux qui n’auront plus les moyens de leur SUV iront en vélo ou en ZOE d’occasion, refuseront d’acheter du sucre de betterave et feront ce que le bon sens et les 150 disaient, sans attendre le gouvernement.

Gauthier F : J’ai le regret de penser que la révolution écologique absolument nécessaire pour sauver ce qu’il reste à sauver sera dictatoriale ou ne sera pas. J en suis profondément triste.

Thibaut : Je vous rejoins. En tout cas, elle ne passera pas par cette démocratie représentative qui a été dévoyée, bien trop faible confrontée aux intérêts économiques de court terme.

Biosphere-Info, Emmanuel Macron l’anti-écolo

Notre synthèse « Biosphere-Info » paraît le premier de chaque mois sur notre blog biosphere. Pour la recevoir gratuitement par mail, il suffit de contacter biosphere@ouvaton.org

Emmanuel Macron, plutôt droite, parfois gauche, toujours anti-écolo… Voici la chronique d’un homme qui a osé « Make Our Planet Great Again » le 1er juin 2017 et qui a fait tout le contraire depuis son accession à la présidence ! Lors de son allocution « déconfinement » le 14 juin 2020, aucune allusion aux nombreuses analyses selon laquelle la période post-covid devrait être fondamentalement différente du « business as usual ». Plutôt que la lampe à huile il a récemment choisi la 5G, l’idée de sobriété partagée n’est pas dans son logiciel. Quelques extraits de notre blog biosphere pour mieux cerner le macronisme :

17 septembre 2020, Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

La demande d’un moratoire sur la 5G faisait partie des 149 mesures proposées par les citoyens de la convention climat que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Pourtant Macron montre son incompétence écologique. « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a lancé Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préféreraient « le modèle amish » et le « retour à la lampe à huile »…..

11 août 2020,Macron, le magicien de l’écologie politique

Entrez, entrez, mesdames et messieurs, le spectacle va commencer ! L’écologie politique a trouvé son Grand Illusionniste, il s’appelle Emmanuel Macron. Ce qui sort de son chapeau s’appelle relance verte, 7 tours de magie font croire que l’on fait quelque chose. – Tour n°1 : réinventer la démocratie participative…..

30 juin 2020, Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Le passage au 80 km/h sur les routes voulu par le 1er ministre Édouard Philippe était une limitation de notre démesure, le président Emmanuel Macron n’en veut pas pour les autoroutes : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Ce serait profondément injuste que tout votre travail (celui de la convention citoyenne) soit résumé à cette proposition. Je vous le dis très sincèrement : pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens. Il ne faut pas les diviser…..

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques) alors que les automobilistes sont taxés sur le carburant. La ministre des transports, Elisabeth Borne, botte en touche : « Il faut qu’on ait cette réflexion sur la taxation du transport aérien à l’échelle européenne. »  Elle a aussi jugé « possible que le transport aérien puisse aller vers des avions zéro carbone ». L’amendement visant à interdire les vols intérieurs qui ne font pas économiser plus de temps par rapport à un même trajet en train seraient selon la ministre « contraires à la liberté d’entreprendre et à la liberté d’aller et venir ». Les députés ont aussi rejeté un amendement suggérant l’application, sur les billets, d’une taxe d’empreinte carbone aérienne, en cas d’alternative ferroviaire comparable à l’avion. La ministre a mis en garde contre les « distorsions de concurrence » et les risques de « dumping écologique et social »…..

30 avril 2019, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

Le 25 avril, il aura fallu attendre près de quarante minutes de discours avant qu’Emmanuel Macron n’aborde la question de l’urgence écologique. Et le Grand Débat National se traduit par… une nouvelle consultation. Une convention citoyenne, avec 150 membres tirés au sort, aurait l’impossible tâche de définir les mesures permettant de traiter de l’urgence climatique ! Macron a également annoncé la création d’un Conseil de défense écologique… alors qu’il a lui-même créé, il y a quelques mois, un Haut-Conseil pour le Climat, dont il n’y a rien à attendre…..

16 janvier 2019, Macron : le débat écolo a avorté avant de commencer

La transition écologique, un des quatre thèmes du grand débat national, un débat déjà sans avenir. Les anti-écolos s’agitent : le syndicat agricole FNSEA a demandé que l’on revienne sur l’interdiction du glyphosate, tout comme la CGT voudrait un « moratoire » sur la fermeture des centrales à charbon. Dans sa lettre, Emmanuel Macron ne se montre guère précis, il ne parle même pas de la taxe carbone. Sur les problématiques de transport, de chauffage ou d’alimentation, le chef de l’État évoque des solutions locales sans autre précision. Sur la biodiversité, il livre une phrase cryptées car le débat est cadré dans son aspect le plus technocratique…..

13 janvier 2019, Macron, un bilan écologique globalement négatif

Pour savoir si Emmanuel Macron est un « Champion de la Terre », les Décodeurs du MONDE ont établi un bilan écologique globalement négatif : « Objectifs climatiques : une trajectoire inquiétante… Energie, confiance renouvelée au nucléaire… Doute sur le chiffre de 500 000 rénovations énergétique des bâtiments annuelles promises par le gouvernement… Refus d’entreprendre une action ambitieuse contre l’huile de palme… Glyphosate, qui a gagné un sursis jusqu’au moins 2020… Aval à une réglementation européenne plutôt laxiste sur les perturbateurs endocriniens… Quasi-suppression des aides au maintien en bio… Peu de progrès sur la biodiversité et la condition animale… Soutien affiché à plusieurs grands projets d’infrastructures… Des gâteries pour le lobby des chasseurs… Des mesures sur les déchets remis à plus tard… Allégement de la fiscalité écologique sur les carburants… Etc….

8 décembre 2018, Peuple et dirigeants ont un problème avec l’écologie

Écoutons la réponse d’un vieux sage qui, à la question du MONDE (Le président français Emmanuel Macron s’est engagé à agir en faveur de l’environnement. Peut-il réussir ?), répondait ainsi : « Non. Il n’est pas différent des autres. Les problèmes engendrés par le changement climatique et la pollution exigent de déployer des mesures extrêmement coûteuses à court terme mais dont les effets ne se mesureront pas avant des décennies. Aucun homme politique ou parti ne remportera une élection avec un tel programme. C’est la limite de la démocratie, qui a échoué à traiter le problème environnemental – même si elle reste le meilleur régime que nous connaissions… Mais les politiques peuvent bien faire ce qu’ils veulent : les contraintes naturelles détermineront notre futur, pas eux. » (LE MONDE du 3 décembre 2018, Dennis Meadows : « La démocratie a échoué à traiter le problème environnemental ») ….

10 septembre 2018, Les ennemis de l’écologie qui se disent écologistes

Nicolas Hulot a démissionné fin août de son poste de ministre de l’écologie. Il avait essayé de faire bouger les lignes en rentrant au gouvernement. Il savait pourtant que sa force était à l’extérieur, parce qu’il pouvait mobiliser l’opinion, parce qu’il pouvait dialoguer avec les politiques et les mettre face à leurs contradictions. Mais il a eu l’espoir que sa présence en tant que ministre pouvait faire bouger la situation utilement et non pas simplement symboliquement. Il a constaté au bout de 14 mois « au pouvoir » que sa volonté de mettre en place une écologie de rupture avec le système dominant se heurtait à des résistances trop fortes. Nicolas pose clairement le problème de fond : « Quel compromis peut-on trouver entre notre idéal et le monde tel qu’il est, avec son inertie, sa résistance et sa dynamique fulgurante. Si notre combat était partagé par le plus grand nombre, nous l’aurions déjà mis en chantier… Il n’y aura pas de sortie de la myopie démocratique si les citoyens ne sont pas eux-mêmes les défenseurs d’une conscience élargie du monde dans le temps et dans l’espace. » ….

31 août 2018, Alain Hervé : « Le roi (Macron) est nu »

La présence d’un lobbyiste pro-chasse lors la réunion sur la chasse à l’Élysée le lundi 27 août 2018 a fait comprendre à Nicolas Hulot les limites de ce qu’il pouvait entreprendre à son poste de ministre. Il a cru pendant quatorze mois pouvoir être utile à l’écologie. Mais l’incompréhension fondamentale de Macron sur l’évolution d’une société engagée dans une démarche suicidaire collective devient flagrante. Démarche suicidaire résultant de l’explosion démographique et de la course en sac économique à laquelle elle se livre. Une petite démagogie électorale, en vue des Européennes, auprès de 1 200 000 chasseurs lui est apparue plus urgente…..

5 mai 2017, L’écologie n’était pas à la fête avec Macron et Le Pen

Il n’a jamais été question d’écologie mercredi soir pendant les 2h30 qu’a duré le débat d’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. C’est bien sûr d’abord la faute des deux accompagnateurs de ce pugilat, journalistes qui se sont cantonnée des traditionnelles questions générales types « emploi » ou « terrorisme ». C’est aussi la faute d’une candidate de l’extrême droite dont on connaît la répulsion vis-à-vis des questions écologiques. C’est plus surprenant de la part du candidat ni droite ni gauche qui avait su attirer des personnalités issues de l’écologie politique de droite, de gauche et du centre…..

24 avril 2017, Macron président, quelles perspectives écologistes ?

Sur ce blog biosphere, exprimons d’abord notre déception à la lecture du programme de Macron qui nous était envoyé par la poste. Sur les six chantiers, éducation, travail, économie, sécurité, démocratie et international, rien d’explicitement environnementaliste alors que l’urgence écologique est un fait scientifiquement avéré. Croire qu’un « nouveau modèle de croissance » peut réconcilier « transition écolo, industrie du futur et agriculture de demain » est le fourre-tout habituel des promesses plus vagues tu meurs…..

10 octobre 2016, Emmanuel Macron, un programme écologique pervers

Nous nous sommes penchés sur les positions d’Emmanuel Macron en matière d’écologie quand il était encore ministre de François Hollande. Il est pronucléaire sans sourciller : « Le réchauffement climatique est d’une actualité pressante. Grâce à utilisation de l’énergie nucléaire, la France est parmi les pays les plus décarbonés des pays développés. » Il fait une confiance absolue à la croissance : « La France dispose de grande marges de progression dans le domaine l’efficacité énergétique, c’est l’objet de la loi sur la transition énergétique et la croissance verte ainsi que 4 des 9 solutions industrielles qui composent la Nouvelle France Industrielle. » Il adopte le mythe contemporain du progrès technique in(dé)fini : « Le moteur de la transition, c’est l’innovation industrielle autant que l’innovation des business model. Toutes ces innovations (ndlr : non précisées) impliquent des créations d’entreprises et des emplois. Les start-up ont une bannière, la French Tech. Et un objectif : inventer l’économie française de demain qui sera nécessairement positive. » Il est pour l’impossible perpétuation du mode de vie actuel : « Devons-nous réduire nos déplacements ? Non, au contraire ! Il faut imaginer des véhicules individuels plus sobres, comme les véhicules électriques. » …..

2 février 2015, Loi Macron, l’écologie tenue pour quantité négligeable

Jusqu’à présent les soi-disant impératifs de l’économie l’emportent largement sur les nécessités écologiques. Le projet de loi Macron ne fait pas exception. L’article 28 proposait de confier au gouvernement le pouvoir de décider lui-même par ordonnance « des projets publics et privés ayant des incidences sur l’environnement »…..

La force de l’écologie aux législatives 2022

Yannick Jadot veut prouver sa crédibilité de présidentiable, il s’attarde sur les idées concernant les sujets régaliens : contre l’insécurité, «une conférence du respect et de la confiance entre la police et la société» ; La laïcité, « le burkini, ça n’a rien à faire dans une piscine!» ; Les questions internationales, «Il faut parler avec Vladimir Poutine. Mais pas à Brégançon et jamais avec complaisance. C’est l’Europe qui doit parler face à Poutine. Même chose face à Trump ou au Liban. »

Yannick Jadot aime contredire d’autres Verts. Jacques Boutault, l’ancien maire EELV du 2e arrondissement de Paris : « Ils (les Français) restent dans leur canapé à rêver à des exploits de types hyper-dopés qui ne gagnent que parce qu’ils se font changer leur sang voire une autre forme de dopage… »… Yannick Jadot, eurodéputé EELV : « Je suis fatigué de ces prises de paroles. Je ne supporte pas ce mépris, cette façon d’insulter les Français et les classes populaires. Quand j’étais gamin j’y allais au Tour de France, j’y ai amené mes enfants et je le regarde régulièrement sur mon canapé, un peu avachi. Je souhaite une écologie qui inspire plutôt qu’une écologie qui repousse. »

LE MONDE soutient Yannick Jadot : Le député européen est celui qui, chez les Verts, prône l’alliance la plus large possible, de la gauche jusqu’au centre. Il est l’élu qui clame qu’il n’a pas peur du « compromis » et dit se méfier de « la radicalité ». Il est celui qui ose assister à l’université d’été du Medef et reconnaître que « le modèle social européen est le plus protecteur du monde ». Il est le Picard qui déclare « adorer le Tour » de France quand le maire de Lyon, Grégory Doucet, juge l’événement « machiste et polluant ». (Françoise Fressoz, Éditorialiste)

Conclusion de Biosphere : Yannick Jadot ne peut pas être un présidentiable crédible, trop de démagogie de sa part pour plaire aux électeurs, trop de contradictions internes au sein des Verts. Le WE dernier le Conseil fédéral EELV a (par 75 %) invalidé l’idée de Yannick Jadot d’une désignation d’un présidentiable écolo avant fin 2020 afin que les Verts (c’est-à-dire Yannick Jadot) occupent sans tarder l’espace présidentiel. C’était une mauvaise stratégie que de vouloir désigner en 2022 un présidentiable au sein d’une primaire d’origine EELV. En effet l’insoumis Mélenchon se voit encore sur le podium, la socialo-centriste Hidalgo pointe le bout du nez, les deux s’affichent en vert. Les possibles présidentiables qui se voudront écolos en 2022 sont innombrables : Emmanuel Macron, Édouard Philippe, François Ruffin, Eric Piolle et Jean Passe. Trop de concurrence, tout le monde (même Marine) devient écolo. L’élection en 2022 se présente donc sous des jours complètement nouveaux, l’écologie est devenu un paradigme politique très (trop) partagé. Un candidat estampillé EELV n’est plus qu’un grain de poussière dans un tourbillon. Autrement dit mieux vaut qu’EELV se prépare directement pour les législatives 2022 sans vouloir de présidentiable spécifique. Voici quelques conseils donnés à EELV pour justifier un positionnement « législatives d’abord » :

1) Nous (EELV) évitons un combat fratricide en notre sein pour désigner un présidentiable.

2) Sans présidentiable spécifique, l’écologie politique portée par EELV se retrouve au niveau médiatique en position d’arbitre, décernant bons et mauvais points sur les prétendants.

3) Nous pourrons consacrer tout notre temps à préparer les législatives, élection dont les paramètres dans chaque circonscription sont extrêmement complexes.

4) Si nous sommes bien organisés pour les législatives, un président nouvellement élu (à vocation écolo) aura besoin de nous comme force d’appoint, il nous le fera savoir, et nous pourrions alors obtenir un groupe parlementaire.

5) Si le nouveau président élu n’a pas de sensibilité écolo, dans chaque circonscription nous nous positionnerons comme parti d’opposition pour le quinquennat à venir, et nous pourrions alors obtenir un groupe parlementaire.

Pour en savoir plus, Connaître Yannick Jadot, présidentiable 2022

Anne Hidalgo, présidente en 2022 ?

A un an et demi de la prochaine élection présidentielle, Anne Hidalgo ne paraît désormais plus écarter la possibilité de se présenter à l’Elysée… Elle ouvre le jeu avec précaution : « Il ne faut pas brûler les étapes. Définissons d’abord le projet que les sociaux-démocrates et les écologistes doivent bâtir… Devant l’émiettement à gauche, je ne crois pas que les échéances de 2021 et 2022 se feront à partir des partis. Cela se jouera dans quelque chose de plus large, comme nous l’avons construit avec Paris en commun.. .»

Les partisans d’une telle candidature peuvent s’appuyer sur trois arguments majeurs. L’expérience acquise à la tête d’une très grande ville, d’abord, c’est un bon tremplin. La crédibilité, ensuite. A 61 ans, la maire de Paris fait partie des personnalités de gauche qui ont gardé la meilleure cote dans l’opinion. Elle arrive même en tête des figures jugées les plus à même de faire gagner la gauche en 2022. Sa force enfin : elle bénéficie d’un soutien aussi net chez les sympathisants écologistes que chez ceux de La France insoumise ou du Parti socialiste. Elle pourrait ainsi rassembler plus facilement que d’autres. (LE MONDE du 18/09/2020)

Commentaire de tokolosh sur lemonde.fr : L’hypothèse peut paraître farfelue… mais qui aurait parié sur un Macron président de la République en septembre 2015 ? L’article met bien en avant les forces et faiblesses d’AH – la principale de ces dernières étant son statut de « Parisienne ». Cela dit, n’oublions pas que le ticket d’entrée au second tour sera assez bas, dans les 19 à 22 % sans doute. Les 24 % de Macron en 2017, seront amputés d’une bonne moitié, celle venue de la gauche à l’époque et dont les yeux se sont décillés depuis, et qui ne sera pas compensée par un électorat de droite accro à la sécurité, au terroir et à l’anti-européanisme pour certains. AH est la seule à gauche à pouvoir partiellement assécher Mélenchon, principal obstacle à l’accès d’un.e candidat.e de gauche au second tour. « Et en même temps » elle gère une métropole mondiale, a affronté le terrorisme en première ligne, a un réseau national et international, un parti, une équipe solide et expérimentée (comme elle). Entre Jadot et Hidalgo, y’a pas photo.

Alors, Anne Hidlago, symbole de l’émergence en 2022 d’un parti social-écologique digne de gouverner la France ?

CLIMAT, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ?

Pablo Servigne, collapsologue : Je répondrais comme Théodore Monod lorsqu’on lui demandait pourquoi il manifestait et à quoi ça servait. « Oui, je sais, disait-il, cela ne sert à rien, mais je ne peux pas ne pas être là. » Manifester, cela montre que l’on n’est pas seul, que la question pour laquelle on marche est importante, c’est le début de quelque chose.

Arthur Keller, expert des stratégies de résilience : Faire des marches pour le climat ce n’est pas inutile, mais ça ne suffit pas. L’approche n’est pas suffisamment systémique. Admettons que 2,4 millions de personnes se mobilisent, que feraient-ils ? Elles réclameraient un changement. Lequel ! N’entretenons pas d’idées naïves sur les conditions de faisabilité d’une bascule sociétale. Il faut se mobiliser pour de bon, s’impliquer physiquement. Je pense à une Résistance en référence ouverte aux mouvements clandestins qui se sont opposés à l’occupation allemande durant la seconde guerre mondiale. Ce n’était pas des démarches violentes, mais au contraire des réactions face à un système d’une violence physique, idéologique et socio-économique inouïe.

Yves Cochet, politicien et effondriste : Je suis prêt à aller jusqu’à la désobéissance civile tant qu’elle n’augmente pas la souffrance des personnes et des êtres vivants. J’ai fait Mai 68, alors user du matériel inanimé sur lequel je peux, par exemple, avoir une action négative, pourquoi pas. Les barricades, je connais.

Nicolas Hulot, lanceur d’alerte : Je ne sais pas jusqu’où je suis prêt à aller, j’ai l’impression d’avoir déjà tout essayé. J’ai souvent cette tentation de me dire que j’ai fait ma part et que maintenant je peux m’occuper de ma famille. Avec ma fondation j’aide les gens sur des projets locaux. Mais je n’ai plus l’énergie nécessaire pour prendre la tête d’un grand projet. Et peut-être que je n’ai pas la force parce que je me dis que c’est trop tard.

Jean Jouzel, climatologue et membre du GIEC : Mon engagement personnel de scientifique reste un engagement de chercheur. La judiciarisation est une voie à suivre, une manière de maintenir la pression. Je ne suis pas pour l’action violente.

Isabelle Attard, anarchiste et écolo : Pour combattre les responsable du désastre, je suis prête à aller jusqu’au sabotage, bloquer une usine… mais en faisant en sorte de n’atteindre ni les hommes ni les animaux. Il faut nommer, dénoncer les responsables et combattre. Je veux édifier un collectif tel que le conçoit l’idéologie du municipalisme libertaire de Murray Bookchin.

Derrick Jensen, activiste écologiste : J’ai voué ma vie à sauver ce qui peut l’être encore. J’y pense constamment, j’y travaille, j’agis. Jusqu’où je suis prêt à aller ? Apparemment, je suis prêt à détruire ma carrière, qui aurait pu être bien différente. A chacun de mes nouveaux livres, je détruis ma réputation. Je m’en moque, ma loyauté est avec la vérité, la planète. J’ai aidé à créer une organisation, Deep Green Resistance, dont l’objectif est le démantèlement de la civilisation.

Source : « L’effondrement de l’empire humain », édition rue de l’échiquier, août 2020

L’écologie politique, parti de gouvernement ?

Ce qui peut permettre le succès de ceux qui posent l’écologie comme pierre angulaire de toute politique, ce sont les urgences environnementales. Une prise de conscience réelle qui n’a qu’un an à peine. On votait Vert depuis la présidentielle de 1974 comme aiguillon pour faire avancer la cause écologique, aujourd’hui cela devient un vote de conviction. Voter Écolo, un vote utile, c’est nouveau et mobilisateur. L’attachement des populations à leur pays et à leur territoire sera une force considérable pour protéger ce qui peut encore l’être des désastres qui s’annoncent. Mais l’ampleur des mesures à prendre, qui doivent témoigner d’une rupture radicale avec la société de croissance, seront difficiles à prendre. Il suffit de se rappeler que les manifestations des Gilets jaunes pendant des mois et des mois avaient pour point de départ un refus de la taxe carbone, mesure pourtant indispensable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Toutes les mesures jugées punitives et technocratiques visant à une transition autoritaire seraient largement rejetées. Il était facile d’agréger les votes sur « je suis le parti du climat et de l’avenir, on doit agir pour nos enfants ». Il sera beaucoup plus difficile de rassembler sur « on doit sortir du système productiviste, de la croissance économique, de la société de consommation, de la défense du pouvoir d’achat, et lourdement taxer les produits polluants du panier de la ménagère et du budget du conducteur ». D’autre part l’électeur peut rattacher un certain nombre de domaines à l’écologie, santé, Agriculture, Politique de l’énergie et du logement etc… Mais comment l’écologie politique peut-elle aborder d’autres facettes du pouvoir, la politique éducative, la Défense nationale, les Affaires Étrangères, les flux migratoires ?

Qui peut imaginer que le défi écologique pourra se relever seulement à la marge ? Chaque ministère traditionnel devrait avoir une optique écologique explicite dans son périmètre d’action. Par exemple, le ministère de la Jeunesse, qui actuellement ne s’intéresse qu’aux jeunes d’aujourd’hui, sera également celui des Générations futures. Nous voulons un gouvernement qui considère que l’écologie est un problème transversal, qui doit être traité en synergie par tous les ministres sans exception :

  1. ministre de l’Économie biophysique et des Flux financiers
  2. ministre de l’Énergie durable en adéquation avec les besoins
  3. ministre de l’Équilibre entre population et alimentation
  4. ministre du Travail et du Temps partagé
  5. ministre de la Protection civile des populations
  6. ministre de la Relocalisation et de la mobilité
  7. ministre des techniques douces et appropriées
  8. ministre de l’Espérance de vie en bonne santé
  9. ministre de la Sobriété partagée et de la Lutte contre les inégalités
  10. ministre de la Jeunesse et des Générations futures
  11. ministre de la Nature et de la Biodiversité
  12. ministre de la Subsidiarité entre territoires

Dans son livre « L’écologie à l’épreuve du pouvoir » (2016), Michel Sourrouille détaille le programme de chacun de ces ministères en montrant que l’écologie est la matrice dans laquelle doit se former tous les autres paramètres : un politique performant est d’abord un bon écologiste.

http://biosphere.ouvaton.org/bibliotheque-2014-et/3147-2016-l-ecologie-a-l-epreuve-du-pouvoir-un-avenir-peint-en-vert-pour-la-france-de-michel-sourrouille

Petites manœuvres entre Hamon et Duflot

Les éliminés de la dernière présidentielle veulent revenir sous les feux de la rampe. Les relations entre Génération.s de Hamon et Europe Ecologie-Les Verts (Bayou/Duflot) sont aujourd’hui au beau fixe. Ils organiseront ensemble les journées d’été d’EELV. Les autres « coorganisateurs » (Génération écologie, CAP 21, Alliance écologiste indépendante, Mouvement des progressistes) ne sont là que pour sauver les apparences d’une ligne « l’écologie d’abord ». On croit créer une « dynamique unitaire » préparatoire à la présidentielle et aux législatives de 2022. On croit encore à une « maison commune » des écologistes « de gauche ». Eric Piolle, le maire de Grenoble, ne cache plus ses ambitions élyséennes. Dans son duel à distance avec Yannick Jadot, l’apport des militants de Génération.s pourrait être décisif, surtout en cas de désignation du candidat vert par une primaire. Les commentateurs sur lemonde.fr s’en donnent à cœur joie :

Chouette96 : Ouh là…. belle erreur stratégique… Hamon est un looser .. il ne pèse rien… il a juste quelques potes dans les médias qui lui donnent la parole on se demande pourquoi… ça y est les verts s’autodétruisent… C’est Manu qui va être content !!

Maryse Chevasseau : La taxation des robots, le revenu universel et la légalisation de la drogue sont en effet des apports formidables susceptibles de mobiliser les électeurs. Laissez-moi rire!

lila : C’est donc cela qui nous est promis: une lutte fratricide au sein d EELV entre Jadot et les ex-Macron compatibles et Piolle et les « vraie- gauche -gauche-on pourrait même s’allier avec LFI s’ils ne rêvaient pas de nous bouffer tout cru ». Ça promet son lot de psychodrames.

Super Sara : Claire Monod, femme d’Yves Contassot, qui a quitté les verts car il n’a pas pu être réinvesti aux municipales pour cause de cumul des mandats dans le temps, essaye de revenir à la soupe via une alliance d’un parti minuscule et d’un courant socialiste devenu parti. Cette analyse a la faiblesse de masquer le véritable enjeu : assurer au courant duflotiste, qui n’est pas complètement majoritaire, de fusionner avec toutes les cartes d’Hamon pour empêcher que la mère Duflot se prendne une veste face à Jadot en cas de primaire.

Ricardo Uztarroz : En clair, on se rassemble pour mieux se diviser après. Ce rassemblement a tout l’air d’un front anti-Jadot. Or, pour l’instant, c’est bien lui le candidat légitime puisqu’il a été l’artisan du succès des Verts, sur liste propre, aux Européennes. Les municipales sont un trompe-l’œil. Les maires écolos doivent leur élection non pas aux mérites de l’écologie mais une alliance de circonstance qui forcément ne résistera pas à l’attrait d’une candidature à la présidentielle. La preuve le combat de coqs Piolle-Jadot a commencé sans vraiment round d’observation.

JNE journalistes pour la nature et l’écologie

Pour mieux connaître cette association fondée en 1969, deux années avant la création du ministère de l’Environnement (intervenue le 2 janvier 1971), voici quelques témoignages écrits par des membres des JNE, journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie, ordonnée selon la date de leur adhésion à cette association :

1969, Jean-Claude Chantelat : Mon adhésion aux JNE, ou plus exactement à l’époque « Association des Journalistes et Écrivains pour la Protection de la Nature et de l’Environnement », s’est faite tout naturellement quand Pierre Pellerin a créé l’association en 1969. Je connaissais alors Pierre et collaborais régulièrement à Bêtes et Nature, la revue animalière dont il était rédacteur-en-chef… J’ai effectivement été un chasseur dans l’âme, passionné mais, je crois, mesuré. J’ai abandonné aujourd’hui toute activité cynégétique, après avoir déjà démissionné il y a bien longtemps de mes fonctions de responsable de revues de chasse, jugeant alors qu’il ne m’était plus possible de défendre les chasseurs dans leur grande majorité. A l’heure actuelle, je ne me reconnais plus dans la majorité de ces personnages vêtus de couleurs vives et ignorant tout pour la plupart de cette Nature qui les entoure.

1969, Claude-Marie Vadrot : j’ai rejoint l’association, alors en cours de formation, à la demande de la Fédération Nationale des Sociétés de Protection de nature (devenue plus tard France-Nature-Environnement), pour me sentir moins seul dans ma préoccupation personnelle et journalistique pour l’écologie. J’étais alors, et suis resté, grand reporter spécialisé dans la couverture des conflits et des événements internationaux. Tout en bataillant, au sein d’un quotidien, pour obtenir en plus un « petit coin » de mon journal pour la nature et l’environnement. Un rôle double que j’ai assumé dans toutes les rédactions desquelles j’ai été salarié. Devenu président des JNE en 1995, j’ai souhaité et obtenu que notre association rompe ses liens institutionnels avec France-Nature-Environnement. Nous ne pouvions être à la fois juge et partie, même si nous restions des journalistes non pas militants mais « concernés ». Nuance qui nous a toujours caractérisés.


1971, Marc Ambroise-Rendu : J’ai rédigé mon premier papier sur les périls de la pollution de l’air à Paris dès 1958. J’ai adhéré aux JNE en 1971, deux ans après leur création par Pierre Pellerin, Jean Carlier et une poignée de collègues. J’aurais pu faire carrière. Impossible  : la fièvre environnementaliste montait dans les villes et les campagnes. Une époque effervescente. 1970-1980 les dix glorieuses de l’écologie ! Les alarmes arrivaient de partout  : de Jean Dorst au Muséum, de Pompidou à Chicago, de Rachel Carson dans le middle-west, du Club de Rome, de Robert Poujade au ministère, de Bernard Laponche au Commissariat à l’énergie atomique. Mais aussi de nos confrères Pierre de la Garde qui crie «  Chefs d’oeuvres en péril  !  », de Louis Bériot dénonçant ceux qui «  défigurent la France  », d’Alain de Swarte qui traque les démembreurs de nos campagnes, de Jean Carlier dont le micro fustige les promoteurs sur la Vanoise. Moi qui suis né au cul des vaches dans le Sud-Ouest mais dans une famille d’artistes, je souffre personnellement de ces multiples agressions.

1971, Alain Hervé : En complet désaccord avec la politique agricole de la FAO à Rome, je démissionne en 1968 du Ceres. En 1971 je crée les Amis de la Terre et le Courrier de la Baleine. En 1973, création et direction du Sauvage (jusqu’en 1981). Mais les intellectuels dominants ont vu dans l’écologie une menace électorale pour la gauche et ses vieilles bastilles. Le public était ivre des délices de la modernité, une menace pour son tout neuf paradis de la consommation. Je me suis inscrit en 1971 à l’association de l’ami Pierre Pellerin l’AJEPN (devenue les JNE) de 1971 à 1995 pour rencontrer tous ceux qui chacun à sa manière commençaient à exprimer les mêmes convictions. Je me suis réinscrit aux JNE en 2008, pour rencontrer ces phénomènes qui ont mieux compris ce qui se passait, que toute notre classe politique bouchée à l’émeri à propos de l’écologie. (ndlr, Alain Hervé nous a quitté le 8 mai 2019)

1974, Jean-Philippe Beau-Douëzy : Je deviens membre des J.N.E. avant la présidentielle de 74. René Dumont y porte la parole écologique. Les J.N.E sont un lieu d’intenses débats entre conservationnistes et « écologistes politiques ». Nous menons de belles campagnes sur les préceptes du Cdt Cousteau : « on ne peut protéger que ce que l’on n’aime, on ne peut aimer que ce que l’on connait ». Les JNE évoluent. Ils sont toujours pour moi un espace unique dans lequel la communication, le journalisme, l’activisme, le militantisme, « écologique », sont liés dans un vortex humaniste insufflé par ses fondateurs dont Pierre Pellerin.

1983, Roger Cans : Après six ans au département Éducation du journal Le Monde, je peux enfin reprendre la rubrique Environnement en 1983, qu’abandonne alors Marc Ambroise-Rendu. Je ne connais pas encore les associations, ni de protection de la nature, ni de journalistes. Au printemps 1983, je reçois une invitation d’EDF pour un voyage de presse à la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly. Bien entendu, j’y participe car je ne connais encore rien en la matière. Lorsque je monte dans le car qui nous y emmène, quelqu’un me dit : « Tu n’as pas payé ta cotisation ». Stupeur de ma part, car j’ignore alors qu’il s’agit d’un voyage de presse conjoint EDF et JNE. Une fois renseigné sur cette association de journalistes, je fais mon chèque d’adhésion dans le car. Pour moi, ancien journaliste gâté d’un grand quotidien, je suis resté reconnaissant à cette association qui mélange tout le monde, aussi bien des journalistes en carte que des pigistes, des illustrateurs, des photographes ou des écrivains. (ndlr, Roger Cans nous a quitté le 27 novembre 2018)

Olivier Nouaillas : Après presque 40 ans de journalisme à l’hebdomadaire La Vie, dont la moitié à la rubrique «.environnement.» et dix ans comme vice-président des JNE, l’heure est – peut-être – venue d’un premier bilan. D’abord celui d’une prise de conscience du jeune étudiant que j’étais avec la campagne présidentielle de René Dumont en 1974 et bien sûr la lecture de «La Gueule Ouverte», dont le sous-titre était déjà «le journal qui annonce la fin du monde». A rappeler (avec humour) à certains collapsologues qui – pas tous  ! – nous abreuvent aujourd’hui de prédictions plus apocalyptiques les unes que les autres. Ce que j’ai appris justement en 40 ans de métier c’est que l’histoire n’est jamais écrite .C’est pour cette raison qu’il faut continuer à se battre pour chaque dixième de degré en moins, chaque ver de terre, coquelicot, hirondelle préservés… Les sociétés qui s’effondrent donnent souvent naissance – hélas, on l’a vu dans l’histoire – à la barbarie et au règne du chacun pour soi. Après 40 ans de journalisme, je préfère continuer à agir pacifiquement à travers ce que j’aime le plus  : l’information, c’est-à-dire les faits et les mots. De préférence ceux qui introduisent la complexité, la nuance, la modération, le questionnement. Bref tout ce qui manque de plus en plus dans un monde où les réseaux dits sociaux et les tweets de 140 signes (dont ceux de Donald Trump, le climato-sceptique en chef) tiennent lieu d’arguments et nous entraînent chaque jour un peu plus vers l’ignorance et le chaos. C’est aussi à cela qu’il faut résister.

Macron, le magicien de l’écologie politique

Entrez, entrez, mesdames et messieurs, le spectacle va commencer ! L’écologie politique a trouvé son Grand Illusionniste, il s’appelle Emmanuel Macron. Ce qui sort de son chapeau s’appelle relance verte, 7 tours de magie font croire que l’on fait quelque chose.

– Tour n°1 : réinventer le démocratie participative. Fort d’avoir entendu les Gilets jaunes, Macron lance bien après le grand débat national, une CCC qui travaillera 9 mois pour présenter une série de propositions dont quasiment toutes avaient déjà été élaborées par des ONG, collectifs, scientifiques, députés ou partis à vocation écologique. La démocratie pour gagner du temps !

– Tour n°2 : entretenir le flou. Un bon exemple, le nucléaire, grand absent des analyses de la CCC. Au delà de la fermeture de Fessenheim décidée par son prédécesseur, impossible de distinguer les intentions profondes du Président sur l’avenir du nucléaire, le renouvellement des centrales existantes, l’évolution de la structure d’EDF et les enjeux des EPR. Il annonce un nouveau mix énergétique mais lequel exactement ?

– Tour n°3 : faire mine de découvrir ce qui existe déjà. Exemple n°1, l’objectif ZAN (Zéro artificialisation nette) que l’on promet d’atteindre alors qu’il existe déjà dans le plan biodiversité de 2018. Exemple n°2, le plan vélo qui figure dans la loi d’Orientation des Mobilités (LOM). Exemple n°3, l’extension des ZFE (Zones à faibles émissions) interdisant les centres-villes aux véhicules les plus polluants. Sauf que celles annoncées auparavant n’ont pas toutes été réalisées, donnant lieu à pression du Conseil d’Etat et amende de la Commission européenne.

– Tour n°4 : jouer habilement de l’échelle de temps, en allongeant les délais de mise en oeuvre. La transition écologique, nous dit le Président, est un chantier de longue haleine. Ainsi le calendrier de mise en oeuvre des 146 propositions acceptées de la CCC est déjà repoussé, un texte devant être présenté à la concertation à l’automne pour être examiné en 2021. Quant à la nécessaire réforme de la fiscalité écologique, elle est remise à 2022, c’est à dire à la prochaine mandature.

– Tour n°5 : promouvoir la compensation carbone. Un joli subterfuge consistant à compenser les émissions de carbone issues des énergies fossiles par des plantations d’arbres. Un droit d’investir dans le marron, du moment que l’on investit dans le vert, neutralisant ainsi le bilan carbone. Compenser c’est un peu comme si on donnait un permis de chasse pour certaines espèces tout en faisant promettre au chasseur de bichonner les autres espèces. Compenser c’est plus facile qu’éviter ou réduire. Et la compensation est trop mise en avant par les entreprises (cf Air France) pour être tout à fait honnête.

– Tour n°6 : se déguiser en champion de l’Europe. Le Président nous rappelle à juste titre que de nombreuses propositions de la CCC sont de niveau européen : taxer l’empreinte carbone aux frontières, faire évoluer les accords commerciaux et renégocier le CETA, réviser la PAC en faveur de l’agroécologie et d’une production autonome de protéines végétales. On pourra compter sur lui pour porter haut ces revendications ! Le problème est que l’évaluation du CETA qu’il prétend exiger à Bruxelles a déjà été effectuée par la commission Schubert en 2017 et que son rapport concluait à l’absence de cohérence du CETA avec l’Accord de Paris. Le problème, plus généralement, est qu’il doit composer des alliances avec d’autres chefs d’Etats et de gouvernements et donc s’aligner sur un plus petit dénominateur commun négocié dans le temps long. Toutes choses que notre Magicien sait pertinemment.

– Tour n°7 : placer le ministère de l’écologie tout en haut de l’affiche, au n°3 du gouvernement. Un affichage de volontarisme écologique qui ne franchira pas le seuil de l’action. Car pour agir, il fallait ajouter les compétences « énergie » ainsi qu' »alimentation et agriculture » au portefeuille de la nouvelle ministre, ce que Total et la FNSEA bien entendu n’auraient pas accepté. Il fallait également s’assurer d’un rapport de force équilibré entre ministres de l’écologie et de l’économie, ce qui ne sera pas le cas, Bruno Lemaire étant puissant car bien installé dans sa fonction.

Pendant que le Grand Magicien officie, l’horloge carbone continue à tourner, inexorablement. Me viennent alors des pensées attendries pour Barbara, Dany, François, Pascal et la floppée de pseudo-écolos Macron-compatibles qui ont su préserver leur âme d’enfant et ne demandent qu’à croire et croire encore aux tours de magie.

Texte de Patrick Salez déjà paru dans le cadre de la coopérative écologique. Pour télécharger leur lettre en format pdf : https://coop.eelv.fr/files/2020/07/INFOLETTRE-DU-MOIS-DE-JUILLET-2020.pdf

EELV, sa face désirable et celle plus obscure

JDE, Journée d’été des écologistes. On vous attend nombreuses et nombreux à « La cité fertile » de Pantin les 20, 21 et 22 août prochain. Ce rendez-vous sera inédit  à plus d’un titre. Premièrement parce que nous comptons bien avoir un certain nombre de victoires aux municipales à célébre . Deuxièmement parce que cette 36ème édition sera la première à être co-organisée avec nos collègues des autres formations politiques écologistes. Corinne Lepage (Cap21), Delphine Batho (Génération Ecologie), Jean-Marc Governatori (Alliance écologique indépendante) seront en effet présents, ainsi que les militants de leurs formations respectives, venant ainsi compléter la liste des partenaires écologistes traditionnels de nos Journées d’été (Délégations des député écologistes à Bruxelles, FEVE, Jeunes Ecologistes, Fondation de l’Ecologie politique, Fondation Heinrich Boll, etc). Cette 36ème édition sera également la première à se dérouler en état d’urgence sanitaire. Nous avons entrepris de « déconfiner », nous les ouvrirons au public sous réserve que les règles sanitaires en vigueur le permette. Mais tout sera également diffusé en direct sur 3 chaînes de webTV éphémères ! Les gestes barrières seront de rigueur mais ils n’empêcheront pas « l’esprit JDE » de vous gagner (concerts, cours de danse/yoga…). Côté programme, les commissions et parlementaires EELV, ainsi que les partenaires de l’événement, vous réservent un condensé de formation et d’entretiens, sous forme d’émissions de télé, qui seront enregistrées en public dans des studios télé prévus pour pouvoir accueillir beaucoup de monde. On évoquera bien sûr les mandats municipaux qui s’ouvrent, pour outiller nos nouveaux élus. Il faudra également préparer les séquences électorales à venir: les départementales, les régionales et la séquence présidentielles-législatives de 2022, le tout dans un contexte « post-covid » qui apparaî comme un moteur inédit de changement… mais jusqu’à quel point ? (Marine Tondelier)

Les Verts ont « vitriolé » l’écologie. Ni positive, ni punitive, l’écologie est d’abord une discipline scientifique, pratiquée par des écologues, alors que les écologistes (qui ne sont pas forcement des scientifiques) tentent de mettre en pratique une politique en tenant compte des enseignements de l’écologie Science. Ce que semble omettre EELV. Par ses combinaisons d’accord politiciens parfois « contre-nature » avec des partis de gauche traditionnel, réputés pour leur conservatisme idéologique productiviste et une conception économique et sociale d’un autre temps, aujourd’hui EELV est un parti de gauche qui s’éloigne toujours plus de l’écologie. Dernier acte avec les municipales, intercommunalités et métropoles, dans 9 cas sur 10, EELV confirme son alliance avec la gauche. Si un accord avec les partis de gauche peut parfois s’avérer nécessaire, en faire une règle absolue au niveau national par une organisation se réclamant de l’écologie, avec des opérations de « tambouille politicienne » des plus détestables, est une faute grave qui envoie à tort une très mauvaise image de tous les écologistes… Bon courage pour une lecture approfondie sur Agoravox, certain(e)s n’apprécieront pas forcément… (Daniel Martin)

Démonstration par l’exemple : Alexis Braud, personnage éminent d’EELV, a pourtant été suspendu par son groupe local car il trouvait dommageable l’alliance pour les municipales avec l’ex ministre Stéphane Le Foll, maire sortant au Mans. Pour mieux connaître celui avec qui on veut partager le plat de lentilles : Stéphane Le Foll pendant le quinquennat de François Hollande avait été nommé « ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire », cela témoignait clairement de la dérive productiviste de ce gouvernement de gauche. Car qui dit « agroalimentaire » dit agro-business. Jamais encore le mot « agroalimentaire » n’avait été utilisé pour le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture, de la Pêche… Selon le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, les limites fixées voilà trente ans par la directive de 1991 (sur les nitrates) « doivent être renégociées à l’échelle européenne » (c’est-à-dire assouplies)… Stéphane Le Foll a aussi adressé une lettre de près de quatre pages pour inciter à ne pas voter l’interdiction totale des néonicotinoïdes ; pourtant Le Foll reconnaissait la neurotoxicité prouvée des sept molécules de cette catégorie de pesticides. Stéphane Le Foll se disait également favorable au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La conception globale de cette figure de la gauche  : « Je ne suis pas pour la sobriété mais pour une croissance sûre qui porte le progrès. Ce n’est pas l’écologie comportementale individuelle en ne prenant plus l’avion ou en ne mangeant plus de viande qui va régler la question du réchauffement, mais des investissements dans l’efficacité énergétique. »

Quelle stratégie pour l’écologie en 2022 ?

Depuis 1974 l’écologie politique aux présidentielles n’étaient que des candidatures de témoignage, ne dépassant jamais 5 % (sauf Noël Mamère en 2002). Or l’écologie c’est notre destinée, de plus en plus de monde le ressent. Il faut donc dépasser le blocage électoral pour qu’un mouvement social-écologique devienne un parti de gouvernement en 2022. Comment faire ? Dans ses multiples facettes l’écologie constitue en soi tout un programme, à la fois de comportement individuel, de gestion des territoires, de place de la France dans le monde et même d’avenir pour la planète. L’usage et le mésusage des ressources naturelle de la Terre ne connaît pas de frontières. Dans ce contexte, voici quelques caractéristiques d’un positionnement de l’écologie politique qui se voudrait gagnant lors de la présidentielle 2022.

1) Nouveau créneau électoral. L’abandon en rase campagne de Yannick Jadot en 2017 était apparemment une erreur, l’écologie perdait son porte-voix. Mais son ralliement au PS apparaît a posteriori comme un tournant, l’écologie devenait incontournable pour l’ensemble des partis. Aux dernières municipales, même la droite est devenue écolo. L’écologie est maintenant un paramètre omniprésent aux yeux des médias et de la population. Encore faut-il une personnalité qui rassemble au-delà des étiquettes partisanes habituelles, qu’elle soit de droite, de gauche… ou d’ailleurs. L’idée écologique est par définition trans-partisane, nous avons tous intérêt en tant que citoyen à préserver des conditions d’existence durables tant pour les générations présentes que futures. Un tel positionnement, l’écologie comme fondement premier du système socio-économique, ne peut que rassembler un jour ou l’autre une majorité d’électeurs autour de l’idée que nous portons. La présidentielle se gagne « au centre », avec les électeurs sans étiquette stable qui font basculer l’élection d’un côté ou de l’autre.

2) Leadership. Dans une démocratie de masse où il faut entraîner à sa suite des millions d’électeurs lors d’une présidentielle, il est nécessaire d’avoir un leadership par lequel se faire reconnaître. Il était significatif que trois des quatre mouvements politiques qui sont arrivés en tête à la présidentielle française de 2017 étaient animés par une personnalité charismatique autoproclamée, Macron, Le Pen et Mélenchon. Le CF devrait réfléchir dès à présent à l’incarnation que nous voulons pour l’écologie politique en 2022 en tenant compte du point précédent : la candidature écolo est par essence trans-partisane.

3) Principe de notoriété. L’électorat vote pour une personnalité plus que pour un parti, et la connaissance de cette personne découle de son accès aux médias. La victoire de Macron, un type inconnu qui a démarré sans parti et sans programme, n’a été qu’un accident de parcours, une construction médiatique résultant des multiples erreurs de François Fillon et de la déconsidération des partis actuels. Il faut une dimension de plus si on veut conquérir le pouvoir au moment de la présidentielle, il faut une notoriété pré-existante et surtout une notoriété « politique », pas simplement un effet d’image comme avec Nicolas Hulot.

4) Exigence de compétence. Dans des conditions normales, tous ceux qui deviennent président de la république ont avant l’élection un long passé de responsabilités gouvernementales et/ou un parcours de premier plan en politique. La notoriété politique se crée sur plusieurs années ; en 1981, basculement historique de la droite vers la gauche, Mitterrand se présentait pour la troisième fois. Si on veut dépasser la candidature dite « de témoignage », il ne semble pas que le parti EELV (ou plus généralement l’écologie politique) ait en son sein une personnalité suffisamment expérimentée pour une présidentielle.

6) Unité introuvable. Jamais nous n’arriverons à bâtir d’ici 2022 une quelconque « fédération de tous les partis écologistes » ou un « archipel de l’écologie et des solidarités ». C’est tâche impossible, les variantes de l’écologisme sont innombrables, les débats sans fin, la concrétisation dans une structure impossible. On tente d’y parvenir depuis plusieurs années, on ne pourra pas y arriver en deux ans. D’où la nécessité d’une personnalité représentative pré-existante qui va fédérer sur son nom. C’est d’ailleurs une caractéristique première d’une présidentielle, la cristallisation sur une seule personne qui va personnifier la France aux yeux des électeurs.

7) Programme commun illusoire. Les programmes pour la période post-covid ont envahi les tribunes des médias, mais on ne peut accéder au rassemblement sur des bases aussi hétérogènes. Historiquement il faut des conditions institutionnelles spécifiques pour y arriver, comme « l’Union de la gauche sur la base d’un programme commun de gouvernement » en 1972 qui permettra à François Mitterrand de se présenter comme « candidat de la gauche » lors de la présidentielle 1974. L’expérience d’une présidentielle habituelle montre au contraire que le projet politique de ce type d’élection nationale, c’est uniquement celui du candidat à la présidentielle. Ce n’est pas celui de son parti d’origine ou de n’importe quelle autre instance délibérative. D’ailleurs peu importe au fond le programme, l’image remplace le contenu dans une démocratie de masse où il s’agit de voter pour celui ou celle qui va « représenter la France ».

5) Primaire peu fiable. EELV a toujours été erratique quant à la désignation de son représentant : sac d’embrouilles Mamère/Lipietz en 2002, refus du médiatique Nicolas Hulot en 2012, valse-hésitation autour de Mélenchon en 2017. Même la droite regrette amèrement cette procédure d’une primaire ouverte instaurée pour elle en 2017, sans compter le fiasco Hamon issu des rangs de la primaire PS. De toute façon les prétendants jouent le jeu des médias en dehors des partis ; les mérdias connaissent déjà deux présidentiables autoproclamés, Eric Piolle et Yannick Jadot. Delphine Batho est aussi sur les rangs, exigeant une “primaire ouverte” après constitution d’une fédération de tous les partis écologistes. Si on persiste dans ces déchirements internes, si l’écologie ne trouve pas une candidature externe, c’est le massacre électoral assuré.

8) Parti ex post plutôt qu’ex ante. La présidentielle 2017 a montré qu’on peut créer un nouveau parti avec la dynamique porté par un(e) présidentiabl(e). Cela relativise complètement l’idée qu’il faut obligatoirement qu’un parti déjà institutionnalisé désigne un candidat de son choix. Bien plus 2017 a relativisé l’existence même des partis traditionnels.

9) Législatives, confirmation de la présidentielle. A cause de l’inversion de calendrier voulu par Jospin, les législatives ne font que confirmer le choix de la présidentielle. Dans l’état de déliquescence dans lequel se trouve les partis, il s’agira pour EELV d’accompagner dès le début la candidature d’une personne ayant à la fois notoriété, compétence… et programme résolument écolo. Ainsi peut-on obtenir un groupe parlementaire écolo de meilleure façon que par d’obscures tractations comme avec le PS en 2011. On peut même envisager un miracle : au nom d’un rassemblement très large autour d’une personnalité dépassant le cadre restrictif de l’axe vert-rose, on pourrait voir en 2022 la naissance d’un Mouvement Social-Écologique digne de gouverner face à une droite anti-écolo et contre les populismes.

10) Positionnellement d’EELV pour le premier tour. Dans le cadre donné par les points précédents, il n’y a plus lieu pour EELV de présenter un ou une candidat(e), mais d’être prêt à soutenir la personne ayant à la fois notoriété, compétence… et programme résolument écolo. Au niveau médiatique, cela peut donner à l’écologie politique un statut d’arbitre pour la présidentielle 2022. Attendre et voir venir, c’est souvent une bonne stratégie. D’autant plus qu’un tel positionnement nous économise les frais d’une campagne de présidentiable ; si un ou une candidate issu(e) de l’écologie politique se lançait par ses propres moyens, à lui ou à elle d’assumer.

11) valorisation des législatives : Libéré des conflits sans fin en notre sein pour une candidature autonome de présidentiable (ou autour d’une alliance improbable avec un autre parti), nous pourrons consacrer tout notre temps à préparer les législatives, élection dont les paramètres fluctuent pour chaque circonscription. Soit il existera un présidentiable suffisamment écolo et les candidats du mouvement écologique se présenteront aux législatives comme force d’appoint, soit le président élu après le second tour ne le sera pas et dans chaque circonscription des candidats écolos se présenteront comme parti d’opposition pour le quinquennat à venir.

NB : cette analyse de Michel Sourrouille était en ligne sur le site des JNE (association des journalistes-écrivant pour la nature et l’écologie),

Faut-il abattre les écologistes activistes ?

Pierre Rigaux : « Un homme est venu chez moi, il m’a montré une balle en me disant que si je continuais à parler de chasse, je la recevrai entre les deux yeux. Pendant le confinement, j’étais à pied au bord de la route quand deux chasseurs se sont arrêtés pour me menacer… »

Les actes d’intimidation minent le combat des défenseurs de l’environnement. Le documentariste Jean-Michel Bertrand s’est vu adresser plusieurs menaces de mort, après la sortie de son film Marche avec les loups. Des lettres de menaces, l’Association de protection des animaux sauvages (Aspas) en reçoit aussi régulièrement. « Tous les moyens seront utilisés pour mettre les amis des loups hors d’état de nuire : saccage des locaux, sabotage des voitures, matraquage si nécessaire… » En février par exemple, la FDSEA s’en est pris au siège de FNE Midi-Pyrénées en taguant la façade, pour protester contre l’instauration de zones de non-traitement aux pesticides à proximité des habitations .Pour les associations environnementales,, la création de la cellule Déméter en octobre 2019 a marqué un tournant. Cette cellule cible toutes les atteintes au monde agricole, y compris des actes militants comme les vidéos filmées dans des élevages.

Le débat entre écolos et anti-écolos n’est pas tendre sur le monde.fr :

Erwann Le Meur : Pour qui a connu la violence et l’impunité constantes depuis 50 ans des actions revendicatives de FNSEA et JA, leurs destructions des matériels et locaux publics, les ciblages, menaces et intimidations individuels de leurs opposants ou même de fonctionnaires faisant leur travail, la création de la cellule Demeter est une vraie forfaiture.

claupi : Article du MONDE courageux. Il met le doigt là où ça fait mal. Les militants de l’environnement sont menacés partout dans le monde. Menaces et assassinats sont orchestrés par ceux qui détruisent impunément notre planète. mais ils ne bénéficient d’aucune protection. La France qui devrait être un modèle en matière de liberté d’expression ne donne pas l’exemple. Car le fond du problème, ce n’est pas d’être pour ou contre l’ours, un barrage, ou la chasse. Peu importe. Le problème c’est que ceux qui dénoncent n’ont pas le droit de le dire, de l’exprimer dans les médias, d’organiser une manif, une réunion. Comment appelle t-on un Etat qui empêche la Liberté d’Expression avec Demeter ?

Vieux : C’est exactement ça. La FNSEA tout comme les syndicats de policiers suit une stratégie maximaliste : présenter la critique comme une négation de la profession et de son activité. Autrement dit, disqualifier par avance toute critique.

untel : Il est nécessaire d’avoir un arbitrage indépendant, via la gendarmerie, pour surveiller les tentatives intimidation des écolos sur certains citoyens, afin de leur faire adopter un comportement différent, et les tentatives d’intimidation des citoyens sur certains écolos, pour leur faire adopter d’autres méthodes d’action. On est ici dans un phénomène de parfait miroir. Personne ne sera surpris que la Page Planète ne voit que d’un seul côté.

ThreeRavens : Non. Aucun « effet miroir ». Les causes sont différentes et différemment exprimées. Et l’Etat affiche officiellement son soutien, sans discernement, au monde de la chasse et de l’élevage. Je n’ai pas entendu parler d’une cellule d’investigation sur les violences, verbales et physiques, de certains éleveurs et du milieu de la chasse, alors qu’elles sont légion. Le sentiment d’impunité justifie les agressions. Pour certains d’entre eux, le seul fait de révéler leur pratique au public (nommer, photographier, filmer) constitue une menace. Le fait de filmer une chasse à courre serait plus violent que la pratique elle-même. On croit rêver. La divulgation, le débat, font peur. Il me semble que, du côté des associations écologistes et environnementales, c’est plutôt le contraire.

Jean Bonblanc : Arrêtez de présenter les activistes écolos comme des victimes, alors que ce sont des excités qui veulent imposer leur vision de la société et non discuter pour trouver des réponses à des questions qui peuvent se poser.

JMBEGUE : parce que les fabricants et les marchands de pesticides, les créateurs d’usines à viande, les destructeurs de l’environnement ne sont pas des activistes voulant et ayant imposé leur vision de la société et sont des modèles de dialogue???

Dance Fly : Face à la prise de conscience des enjeux environnementaux constatés dans toutes les couches de la société, c’est tout un monde professionnel qui tente de s’accrocher à ses privilèges: depuis la centaine de milliers de tonnes de pesticides déversés dans la nature chaque année jusqu’aux traditions débiles de chasse à courre. Ce vieux monde, représentés par les lobbies de l’agrobusiness, de la chasse ou encore de la malbouffe a de plus en plus de mal à ouvrir les portes des hautes sphères du pouvoir. Reste la menace exercée sur les acteurs de terrain; au Brésil ou aux Philippines les menaces se seraient déjà traduites en assassinats de militants écolos.

JPMart : Des militants écologistes sont tués par centaines dans le monde. Des chasseurs par milliers… Mais eux par d’autres chasseurs…

jea.vie : Et quand des militants ecolo s introduisent dans les centrales nucléaires en affichant une volonté de sabotage, c est pas pareil ? C est moins grave qu un renard mort sur un capot de voiture ?

Néo2020 : Où voyez vous la tentative de sabotage ? Ils ne rentrent dans les Centrales que pour prouver leur manque de sécurité. Après l’intelligence ne sied pas aux chasseurs ou destructeurs de Nature

Biosphere-ouvaton, parlez-en autour de vous

Quelques milliers de personnes reçoivent par mail un mensuel gratuit « Biosphere-Info » ; il paraît aussi le 1er de chaque mois sur ce blog. Nous vous devons quelques précisions. Cet envoi est issu de notre réseau de documentation des écologistes « biosphere ». Biosphere est une association loi 1901 ayant pour raison d’être de défendre les intérêts de la biosphère, un espace-temps dans lequel chacun de nous n’est qu’une maille dans la trame du vivant. Michel SOURROUILLE en est le président-fondateur. La première tâche de l’association a été de mettre à disposition de tous sur Internet en 2005 une base de documentation des écologistes, http://biosphere.ouvaton.org/.Grâce à ce support, vous pouvez consulter une bibliothèque (résumés de livres), parcourir un lexique, prendre connaissance de quelques repères institutionnels, etc.

Très rapidement le site s’est accompagné d’un blog http://biosphere.ouvaton.org/blog/ qui émet quotidiennement 365 jours sur 365 un article, le plus souvent sur l’actualité immédiate, mais qui propose aussi compte-rendu d’un livre, synthèse thématique, controverses idéologiques, évolution de l’écologie politique, etc. En voici quelques principes : « Ce blog existe depuis le 13 janvier 2005, il était à l’origine hébergé par le groupe de presse LE MONDE jusqu’au 13 mai 2019. Ressuscité grâce à l’hébergeur ouvaton de notre site, il propose toujours une analyse du « point de vue des écologistes ». Comme l’écologie est multiple, chaque article est soumis aux commentaires des lecteurs. Vous pouvez aussi proposer un texte, il suffit de l’envoyer à biosphere@ouvaton.org. »

Cliquez pour en savoir plus sur le site de documentation, participez aux commentaires sur le blog , cela contribuera à la formation d’un peuple écolo. Faites-le connaître autour de vous si vous y trouvez avantage, merci.

Gilles Lacan définit l’écologie résiliente

 Ce texte s’inscrit dans la conjecture d’une incapacité de la société industrielle mondialisée à poursuivre sa course technologique sans détruire de manière irréversible, à l’horizon d’une génération, les équilibres systémiques planétaires qui ont permis et accompagné depuis quelque dix mille ans l’avènement de l’humanité. Il porte un projet, limité à la France, de décroissance économique et démographique, dans le contexte, sans doute subi, d’une contraction du commerce international et d’une relocalisation de la production. Dans ce contexte, l’Etat et les autorités décentralisées, aux ressources amoindries, auront pour première mission d’assurer la protection physique et la sécurité alimentaire de la population, ainsi que de veiller aux conditions générales de la santé publique. 

I : Protectionnisme / Economie de marché / Dette : L’un des enjeux majeurs d’un projet écologiste doit être de relocaliser la production des biens agricoles et industriels, de manière à les rapprocher de leurs lieux de consommation, tout en assurant la résilience du pays et de ses territoires en cas de rupture des approvisionnements ou de pénurie énergétique (1). Le mode de production qui s’est avéré le plus efficace dans l’allocation des ressources est celui de la libre entreprise, en ce qu’il est fondé sur la responsabilisation des agents économiques sur des critères économiques. C’est aussi historiquement le seul qui se soit montré compatible avec une société de liberté, la liberté politique étant logiquement tributaire de la liberté économique. Cependant, la puissance publique doit garder la capacité de réguler l’activité des entreprises de manière à protéger les écosystèmes ; d’assurer les missions régaliennes de l’Etat : défense, sécurité intérieure, état de droit, recherche ; de fournir des services, en matière de santé et d’éducation, financés par l’impôt. La dette, publique et privée, entretient artificiellement la croissance et l’emploi dans une économie qui n’est plus en mesure de répondre, sans importations massives, aux besoins élémentaires de la population. Elle rend la France dépendante de ses prêteurs, limitant sa souveraineté (2). La doctrine officielle est que la dette ne peut être résorbée que par la croissance économique, censée générer les ressources nécessaires à son propre remboursement, mais la réalité est qu’elle n’a cessé d’augmenter depuis 40 ans malgré une croissance économique à peu près constante. Elle devra désormais être remboursée dans une trajectoire de décroissance, ce qui rendra cette résorption plus difficile.

  1. Rétablir des droits de douane, aux frontières extérieures et intérieures de l’Europe, pour protéger la production nationale dans l’agriculture et l’industrie.
  2. Réduire le volume des importations en pourcentage de celui du Pib.
  3. Garantir la liberté d’entreprendre, mais dans un cadre régulé par des normes contraignantes et des prélèvements obligatoires, destinés à protéger les écosystèmes, à assurer le fonctionnement des services publics et à maintenir les équilibres sociaux.
  4. Réduire la dépense publique, par la baisse des transferts sociaux (3), des effectifs de la fonction publique et des subventions aux entreprises ou aux associations, de manière à réduire la dette publique à moins de 60 % du Pib.
  5. Réduire l’endettement privé, en limitant l’offre de crédit et en augmentant le niveau obligatoire des fonds propres des banques commerciales.
  6. Orienter l’économie vers une déflation limitée.

II : Démographie / Immigration (déjà paru sur notre blog biosphere )

III : Transports / Tourisme : Le droit d’aller et de venir est fondamental dans une société de liberté. Mais il ne doit pas être assimilé à un droit à la mobilité qui consisterait à mettre à la disposition de chaque humain les moyens matériels et financiers de parcourir le monde selon ses envies. L’extension des déplacements aériens, générateurs d’émission de gaz à effet de serre (GES), aggrave les conditions de vie sur la planète. Leur restriction risque de pénaliser la France, première destination touristique mondiale (7), mais elle est indispensable.

De la même manière, les transports routiers de marchandises sur de longues distances comme les déplacements quotidiens en véhicules individuels motorisés contribuent au réchauffement climatique et à la pollution de l’air. Il est donc souhaitable de favoriser des alternatives fondées, pour le transport des marchandises, sur le raccourcissement des circuits de distribution et le ferroutage, et pour les déplacements de personnes, sur la promotion des transports collectifs et des mobilités douces.

  1. Instaurer une taxe aéroportuaire significative (8) sur l’ensemble des vols à l’arrivée et au départ des aéroports français.
  2. Supprimer les vols intérieurs, si les villes desservies sont reliées par train en moins de 3 heures.
  3. Instaurer une écotaxe intérieure sur les transports routiers de marchandises.
  4. Augmenter le prix des carburants et des péages routiers, et décréter un moratoire immédiat sur la construction d’autoroutes.
  5. Ne plus conditionner à l’achat d’un nouveau véhicule l’allocation de la prime à la casse.
  6. Brider la vitesse des automobiles immatriculées en France à 160 km/h dès 2023.
  7. Interdire l’accès des navires de croisière aux ports et eaux territoriales français.
  8. Renoncer à l’organisation à Paris des Jeux Olympiques de 2024, quel que soit le montant des pénalités de forfait.

IV : Energie / Logements et bâtiments publics / Exode urbain : La résilience énergétique consiste principalement en la réduction de la consommation d’énergie. Elle devrait conduire à l’abandon des énergies fossiles : pétrole, charbon, gaz. A terme, l’énergie utilisée ne devra pas dépasser les capacités offertes par la force humaine et la traction animale, par l’usage du vent et des courants marins et fluviaux, par l’énergie solaire et, de cet abandon des énergies fossiles ne peut être que progressif et ne sera rendu possible qu’à la suite de modifications importantes de nos comportements en matière de transports et de chauffage urbain, comme de nos méthodes de production dans l’agriculture et dans l’industrie. Au contraire, l’énergie nucléaire, largement décarbonée (9), devrait demeurer pour plusieurs décennies l’une des composantes importantes de notre production d’électricité, de manière à accompagner la transition et la rendre socialement plus supportable. Un tel choix implique toutefois que les normes de sécurité soient renforcées et strictement appliquées. Malgré cette contrainte, le nucléaire est en mesure de produire de l’électricité à un coût moins élevé que celui de l’éolien ou du photovoltaïque, avec surtout une souplesse d’utilisation bien supérieure. Enfin, l’abandon du nucléaire civil pourrait préjudicier à la nécessaire modernisation de notre force de dissuasion. Une autre cause majeure du réchauffement climatique est l’émission de GES générée par le chauffage des bâtiments une grande partie de l’année et par leur rafraîchissement durant l’été. La part importante du nucléaire dans le mix énergétique contribue à la limitation de ces émissions mais ne peut tenir lieu de panacée. Il est nécessaire de faire baisser la consommation d’énergie, en isolant les locaux de bureaux et d’habitation et en réduisant les dépenses de confort : l’Etat et les collectivités locales doivent donner l’exemple en imposant des économies d’énergie aux services placés sous leur autorité. Enfin la métropolisation, forme urbaine de la mondialisation, corrélée à l’installation d’un lourd réseau d’infrastructures de transports, accroît l’empreinte écologique globale et participe à la destruction de l’environnement. Dès à présent, les pouvoirs publics doivent inscrire la gestion spatiale du territoire dans la perspective d’un inéluctable exode urbain.

  1. Augmenter le prix de l’énergie (fuel, carburants, gaz, électricité) payés par les particuliers et les entreprises.
  2. Sécuriser et moderniser la filière nucléaire.
  3. Baser la réduction des émissions de GES sur la baisse de la consommation d’énergie plutôt que sur le recours massif aux ENR.
  4. Geler la construction nette de logements dans les aires métropolitaines de plus de 500 000 habitants (10).
  5. Isoler progressivement l’ensemble des bâtiments publics existants et interdire la construction de nouveaux bâtiments par l’Etat ou les collectivités locales qui ne soient pas à énergie positive.
  6. Interdire progressivement aux bailleurs sociaux et privés de donner à bail des locaux non isolés.
  7. Interdire le chauffage des bâtiments publics comme des établissements et commerces ouverts au public, hors hôpitaux et maisons de retraite, au-dessus de 18°C ainsi que leur climatisation en dessous de 30°C.

V : Biodiversité / Condition animale / Santé publique : Chaque année, 60 000 ha de terres agricoles sont transformés en logements, bureaux, routes, parkings, carrières, aires commerciales et de loisirs, jardins individuels. Cela représente plus d’un millième du territoire national et plus de deux millièmes de la surface agricole du pays. Au bout de dix années, c’est la superficie moyenne d’un département français qui est ainsi perdue, en réalité de deux départements si l’on rapporte cette perte à la surface agricole utile (SAU). Une telle hémorragie, en augmentation depuis les années 2000, compromet notre souveraineté alimentaire et, réduisant les espaces naturels, contribue à l’effondrement de la biodiversité. Elle se double de ce que l’on a nommé la déforestation importée, qui consiste en la consommation de produits importés – soja transgénique pour l’alimentation du bétail, huile de palme utilisée comme agrocarburant ou pour l’alimentation humaine – issus de la déforestation massive au Brésil, en Indonésie et en Malaisie (11). Les vidéos des établissements dans lesquels sont élevés et abattus les animaux destinés à la consommation humaine : bovins, porcs, volailles, en contradiction avec les prescriptions du code rural (12), ont sensibilisé l’opinion à la maltraitance animale. Celle-ci résulte moins d’actes individuels de cruauté que de l’organisation méthodique d’un système qui traite les animaux comme des marchandises, sans considération de leur souffrance : l’élevage intensif. L’interdiction de cette forme d’élevage ne peut être immédiate car elle ruinerait un grand nombre d’exploitations de la filière agro-industrielle, mais elle doit être progressive et engagée sans délai. Pour cela, il faut obliger les éleveurs à se conformer aux impératifs biologiques des espèces dont ils ont la garde, tout en protégeant leurs exploitations de la concurrence des pays qui pratiquent les méthodes de l’élevage intensif. La pollution de l’air et des sols n’est pas due à l’incivisme ou à la négligence de telle ou telle catégorie d’agents, elle est la conséquence mécanique des modes de production, de distribution et de consommation des sociétés dans lesquelles nous vivons. La santé publique est devenue la variable d’ajustement d’un système économique, tourné prioritairement vers la productivité et la compétitivité. Il appartient aux responsables politiques d’inverser ces priorités et d’imposer des choix principalement dictés par la santé de la population, l’économie devant être mise au service des hommes et non l’inverse.

  1. Etablir des plans départementaux d’arrêt progressif et chiffré de l’artificialisation des sols, avec l’objectif d’aboutir à une artificialisation nulle dans l’ensemble du territoire en 2030.
  2. Décréter un moratoire immédiat de toute aide publique à la création de parcs de loisir.
  3. Interdire l’importation de produits issus de la déforestation : soja transgénique et huile de palme.
  4. Adopter des normes en matière d’élevage conformes aux impératifs biologiques des différentes espèces, conduisant à l’abandon progressif et accompagné de l’élevage intensif.
  5. Imposer l’obligation d’étourdissement dans les abattoirs.
  6. Interdire l’importation d’animaux et d’aliments d’origine animale provenant de pays ne respectant pas ces règles d’élevage ou d’abattage.
  7. Interdire immédiatement l’épandage des pesticides au-delà d’une zone tampon de 50 mètres en bordure des habitations ; interdire totalement les pesticides en 2025.
  8. Interdire la commercialisation des voitures et fourgons à moteur diesel (neufs et d’occasion) dès 2025.
  9. Protéger les eaux souterraines et de surface contre la pollution d’origine agricole, par l’application effective de la directive « nitrates » du 12 décembre 1991, notamment en Bretagne et en Picardie-Nord-Pas-de-Calais.

VI : Institutions : A l’heure de la décroissance et de l’exode urbain, il est souhaitable que les lieux de la décision politique soient les plus proches possible des citoyens afin d’accompagner, au niveau des institutions, le mouvement de relocalisation de l’économie. Il convient donc de transformer les relations entre l’Etat et les collectivités territoriales en renforçant les compétences de celles-ci, et en particulier des régions, de préférence dans leurs limites d’avant la réforme de 2015.

  1. Doter les régions de compétences propres, exclusives de celles de l’Etat.
  2. Leur conférer une partie du pouvoir législatif dans leur sphère de compétence, incluant le droit de lever l’impôt, ainsi que la tutelle des collectivités locales sises sur leur territoire.
  3. Leur attribuer la gestion des principaux services publics – santé, éducation, police, justice – par application du principe de subsidiarité.
  4. Maintenir à l’Etat, par application du même principe, la défense du territoire et la diplomatie, la monnaie continuant à relever de la BCE.

VII : Défense / Europe / International : Avec 551 000 km², la France métropolitaine représente 0,37 % des terres émergées de la planète (13). Les 67 millions d’habitants qui vivent sur son territoire, y compris les dom-tom, ne représentent plus que 0,86 % de la population mondiale. Sans profondeur géographique, avec une population de taille modeste et devant néanmoins assurer la protection de la deuxième plus grande zone maritime du monde, la France est devenue plus vulnérable dans un contexte de montée des tensions géopolitiques et des migrations, marqué par un réarmement généralisé des grandes puissances (14). Le traité de Rome (1957) puis l’Acte unique (1986) prévoient la création d’un marché intérieur européen fondé sur les « quatre libertés » : liberté de circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes. Depuis l’instauration effective de ce marché, au début des années 1990, la Commission européenne a fait le choix d’une politique libre-échangiste à l’égard des pays tiers, par une sorte d’osmose entre les relations commerciales intérieures et celles extérieures de l’Union. Sous couvert de supprimer les obstacles « non tarifaires » aux échanges internationaux, les traités négociés par la Commission ont remis en cause différentes normes protectrices, européennes ou nationales, en matière de santé publique et d’environnement.

Par ailleurs, le système institutionnel issu des traités et du droit dérivé tend à s’affranchir de l’imperium traditionnellement attaché au vote populaire. Les règles de droit et les lois du marché non seulement priment sur la souveraineté des Etats, mais encore sont hors d’atteinte du vote démocratique des peuples (15). Enfin, la politique de commerce international de Commission, fondée sur la théorie ricardienne de l’avantage comparatif, accentue la division internationale du travail et l’intégration des pays européens dans l’économie globalisée, sans que soient pris en compte les graves dommages environnementaux générés par la mondialisation. Les alliances entre les nations sont moins déterminées par des considérations idéologiques que par la géographie et par l’histoire. L’Europe ne peut construire son avenir contre la Russie, ni même sans la Russie, héritière de l’empire byzantin et d’une civilisation chrétienne remontant au IXe siècle, dotée d’un immense territoire et de la deuxième armée du monde. Sans rien céder sur la philosophie des Lumières et le respect des droits de l’homme, qui sont une part constitutive de la culture européenne, il est temps de mettre fin à l’affrontement avec la Russie, préjudiciable pour tous, et de construire ensemble le partenariat stratégique de la Grande Europe de Lisbonne à Vladivostok.

  1. Maintenir la capacité opérationnelle actualisée des forces armées française, y compris dans leur composante de dissuasion nucléaire, et porter le budget de la défense à 3 % du Pib d’ici à 2030.
  2. Orienter la construction européenne vers une confédération, régie par le principe de subsidiarité, dans laquelle les Etats recouvrent la majeure partie de leur souveraineté.
  3. Promouvoir une conférence réunissant la Russie, le Royaume-Uni, l’Union Européenne et les autres Etats du continent pour jeter les bases d’un avenir commun et d’une défense commune de la Grande Europe.

Conclusion : La décroissance ne sera possible qu’avec une baisse substantielle du niveau de consommation et des services publics (16). Elle s’accompagnera d’un exode urbain qu’il faudra réguler. Toutes les classes sociales seront atteintes, sans que par un effet de magie les inégalités, qui ne se sont pas réduites durant des siècles de « progrès », disparaissent d’un seul coup. La décroissance créera des emplois dans une agriculture respectueuse de la nature et dans une industrie relocalisée, mais en fera disparaître d’autres, en plus grand nombre au début, dans les services et dans l’administration, faute de demande solvable de la société civile et de ressources suffisantes de l’Etat et des autorités publiques. La sobriété heureuse, comme la croissance verte, est un paradigme illusoire, inspiré des solutions « gagnant-gagnant » de la pensée néo-libérale. Pour sauver l’essentiel, notre survie en tant que peuple, nous devons entrer, avec les restrictions que cela implique, dans une économie de guerre.

(Ce texte a été proposé comme base de réflexion programmatique aux journées d’été de 2019 du Mouvement Écologiste Indépendant. Il ne fait naturellement pas référence à l’épidémie de Covid-19. Il n’engage que son auteur, Gilles Lacan (10/08/2019))

Notes

1. Le volume des importations rapporté à celui du Pib est passé de 12 % en 1962 à 32,1 % en 2018. Source : Banque Mondiale.

2. La dette publique française était de 2 359 milliards d’euros au premier trimestre 2019, soit 99,6 % du Pib. Elle était de 58,6 % du Pib au premier trimestre 2002. Source : JDN.

3. Les dépenses de protection sociale s’élevaient à 775 Mds € en 2017, soit 34 % du Pib, ce qui classe la France au premier rang en Europe. 46 % de ces sommes sont consacrées à la vieillesse, 35 % à la santé. Source : ministère des solidarités et de la santé.

4. En pouvoir d’achat mensuel, l’équivalent du smic en 1973 (avec la semaine de 40 heures).

5. Soit 35 millions d’habitants en métropole, correspondant à la population française en 1842.

6. La grande majorité des personnes entrées irrégulièrement forment une demande d’asile, ce qui permet d’en connaître approximativement le nombre.

7. La France a accueilli 90 millions de touristes étrangers en 2018. Le secteur du tourisme (450 millions de nuitées par an) représente plus de 7 % du Pib. Source : ministère de l’économie.

8. Comme ordre de grandeur, cette taxe pourrait être de 60 € pour les vols nationaux, de 100 € pour les vols européens et de 150 € pour les vols internationaux.

9. La production d’énergie électrique par les centrales nucléaires est consommatrice de pétrole, ne serait-ce que pour l’extraction et le transport de l’uranium ou la construction de la centrale elle-même. Mais l’émission globale de GES nécessaire à la production d’1 MW d’électricité par une centrale nucléaire est bien plus faible que celle nécessaire à la même production par une centrale thermique. En 2016, les émissions de GES étaient de 11,4 tonnes d’équivalent CO2 par habitant en Allemagne et de 7,1 tonnes en France. Source : Eurostat.

10. Paris, Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice.

11. Les forêts constituant le deuxième puits de carbone après les océans, la déforestation accélère le réchauffement climatique.

12. « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. » Art. L. 214-1 du code rural et de la pêche maritime.

13. La Russie représente 11,48 %, les Etats-Unis 6,60 % et la Chine 6,44 % des terres émergées.

14. Entre 2000 et 2016, le budget militaire de la France a augmenté de 13 %, celui des Etats-Unis de 43 %, celui de la Russie de 239 % et celui de la Chine de 423 %. En termes de dépenses militaires, la France est passée durant la même période de la 2e à la 5e place mondiale. Source : SIPRI.

15. « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, dans une interview au Figaro, le 28 janvier 2015.

16. Les seuls pays ayant significativement diminué leur empreinte écologique sont l’URSS et les pays du Comecon, après l’effondrement de leur appareil industriel et de leur bureaucratie au début des années 1990, ainsi que Cuba à la même période, après l’arrêt de l’aide soviétique. Il faut y ajouter la Grèce, lors du plan d’austérité mis en œuvre entre 2008 et 2013. Source : Global Footprint Network.

http://economiedurable.over-blog.com/2020/06/pour-une-ecologie-de-la-resilience-6.html

Barbara Pompili , sa déclaration d’intentions

La ministre de la transition écologique a présenté son projet le 27 juillet. Son interview est clair, il est urgent d’attendre : «  On ne va malheureusement pas empêcher les glaciers de fondre, parce que c’est déjà trop tard… Pour les propositions de la convention citoyenne pour le climat, je préfère qu’on prenne le temps de co-élaborer la préparation de ce projet de loi plutôt que de vouloir aller trop vite… Pour les secteurs polluants comme l’aérien et l’automobile, il y a des engagements qsur le développement d’un avion plus vert, ou encore en faveur de la recherche sur les biocarburants… Pour les choix énergétiques pour la France les décisions ne seront prises que lors du quinquennat prochain… Nous obligerons à partir de janvier 2022, à remplacer les chaudières au fuel ou au charbon qui sont en panne… Nous mettrons en place une obligation de fermer les portes pour tous les bâtiments ouverts au public... »

Quelques réactions sur lemonde.fr :

ACHILLE031 : Le premier acte de la dame fût de donner son feu vert à la liquidation de 17000 tourterelles des bois. Oiseaux à la population extrêmement fragile. Jugez-moi sur les actes qu’elle disait.

Captainbeagle : Rien sur la biodiversité, la transition agricole, la qualité de l’eau, de l’air, la gestion de l’eau, des transports, etc. On a droit au ministère du chauffage au fioul, de la laine de verre et du double vitrage… Un horizon qui s’arrête à 600 jours, le temps d’une ré-élection.

Ricardo Uztarroz : Des avions verts. Ben ça alors, c’est du comique sans frontière. Des biocarburants? Y a pas plus anti-écologique. J’ai connu le Brésil des voitures roulant à l’alcool de canne (j’en ai eu une). Ce fut un désastre environnemental dont les conséquences se font sentir encore aujourd’hui (épuisement des sols). La bagnole électrique : la bonne blague. Avec quoi fait-on les batteries, comment les recycle-t-on, et surtout comment produit-on l’électricité? L’objectif de 50% de nucléaire. Tiens donc, comment y parvient-on? En fermant des centrales ou mécaniquement par augmentation de la consommation énergétique. Or l’urgence est de réduire celle-ci. Un mot n’est jamais prononcé, décroissance. Sans celle-ci il n’y a pas de transition écologique crédible.

Louis B. : Combien de tonnes de CO2 seront-elles économisées par an en raison de l’interdiction du chauffage des terrasses de café ?

Yves PERNAUDAT : Nous aurons la crise écologique car nous – moi, chacun à son niveau, chaque pays, le monde – ne sommes pas capables de faire de manière raisonnée les efforts nécessaires à temps. Seule la catastrophe nous fera réagir lorsque notre survie sera en jeu. Et là, il ne sera plus question de sortir les bonnets rouges ou les gilets jaunes pour protester, mais de regretter les jours heureux qui sont déjà derrière nous où il était temps de changer de modèle…

Dupapont : C’est un peu désespérant de voir qu’on continue à faire de l’écologie non pas pour éviter le dépassement des points de bascule – et donc la catastrophe – mais seulement pour faire croire aux électeurs que l’on fait quelque chose. Les dernières publications indiquent que le solde carbone pour enclencher ces boucles irréversibles est presque dépassé – il l’est peut-être déjà disent les scientifiques. Autrement dit, il ne s’agit pratiquement plus de diminuer les émissions de Co2 (et de méthane) mais de diminuer la quantité de gaz à effet de serre présente dans l’atmosphère.

Electron : Si réellement on veut sauver le climat, il faut d’ici 2050 avoir réduit nos émissions par quatre. Le problème n’est pas de fermer des centrales nucléaires, mais les raffineries, les stations service, de couper le gaz, de fermer l’aéronautique en grand (lignes intérieures = 0,8% de nos émissions), etc… En gros, au mieux, avoir diviser d’ici là notre PIB par 2, sinon plus. Que vont dire les Gilets Jaunes ?

Bakounine :  » la recherche sur les biocarburants » Pour le moment ce que l’on appelle « bio carburant » sont des agro-carburants fait à partir de plant transgéniques bourrées de chimie et qui débouche sur de la déforestation et baisse des culture vivrières. Quant au véhicule électrique ce n’est pas avec des éoliennes qu’ils seront alimentés. Il n’y a pas de solution, seulement des pis aller. 8 milliards d’hommes sur terre, c’est impossible à gérer. A quand la fin du pétrole, puis du gaz? Quelles seront les conséquences? Guerre ou famine, car sans pétrole ni gaz, plus d’agriculture capable de nous nourrir…

Digi : Mme Pompili a de bonnes intentions qui vont se fracasser sur les murs des ministères de l’industrie et surtout de l’agriculture. Aucun changement de modèle annoncé. On prend les mêmes et on met de la peinture verte.

EELV, l’écologie au cœur de la politique

Le Conseil fédéral d’EELV a acté le 11 juillet une stratégie d’autonomie contractuelle. Dans la séquence électorale qui s’achève, les écologistes se sont montrés capables de nouer des alliances victorieuses : d’abord, on rassemble son camp pour être le plus lisible possible, et ensuite on ouvre. Fini, les vaches maigres et les combats nobles mais solitaires : l’écologie politique peut désormais parler d’égal à égal avec les autres forces politiques, notamment le Parti socialiste (PS). « Le temps où nous sommes derrière les autres est fini. Nous avons la volonté de présenter un projet dont le cœur est le paradigme écolo. Aux autres forces politiques de déterminer s’ils nous rejoignent ou pas », appuie Sandra Regol, numéro 2 d’EELV. Premier objectif, le scrutin régional programmé pour 2021. Cette étape est indispensable pour asseoir la « centralité » de l’écologie comme projet politique. Viendra ensuite le temps de la présidentielle, en 2022. Devant les piques échangées par Yannick Jadot, candidat déclaré, et Eric Piolle, le maire de Grenoble, qui ne cache plus ses envies, le secrétaire national a rappelé que le choix de leur candidat passerait par une primaire, dont les modalités seront discutées par les adhérents. Le cap est donc fixé, il faut le tenir sans se précipiter dans les coalitions et les initiatives qui rappellent trop la gauche plurielle, a fait comprendre la direction.

David Cormand  d’EELV: « Le débat politique des temps qui viennent est et sera la question écologique. L’objet à construire n’est pas « le rassemblement », l’objet politique à construire est un imaginaire, un récit et un projet nouveau qui a vocation à structurer les grands débats de l’époque. Ce n’est qu’à partir de ce paradigme que le rassemblement peut se structurer à son tour. Commencer par l’injonction unitaire, c’est à mon avis passer à coter de l’essentiel.Il y a visiblement une majorité d’EELV qui considère que l’écologie politique est centrale, qu’elle n’a vocation ni à se « normaliser » dans une dérive centriste, ni à se diluer dans un gloubiboulga de « Gauche ». Qu’une partie de la Gauche « S’écologise »… Selon la nouvelle expression à la mode, fort bien… D’abord cela reste à démontrer… Depuis toujours, nous autres écologistes, avons été suspect aux yeux de cette Gauche là de n’être pas assez « sociaux », pas assez proches du peuples… Procès instruit par les mêmes qui ont trahis la cause sociale quand ils ont été au pouvoir ses 40 dernières années Nous sommes écologistes. Notre audience nouvelle et inédite ne nous donne aucun droit, juste des devoirs. un devoir d’assumer ce que nous sommes. Avec bienveillance, sans hégémonie, mais avec détermination. Sur l’hégémonie, il faudrait d’ailleurs s’entendre sur ce que nous y mettons… Est-ce l’hégémonie Gramscienne, dans le sens de « majorité culturelle »? Ou bien l’hégémonie dominatrice partisane? Dans le premier cas, nous revendiquons effectivement de construire une majorité culturelle… En revanche, nous refusons la pratique hégémonique du pouvoir… il n’y a pas d’arrogance à prétendre assumer un projet spécifique différent des cosmogonies politiques jusqu’alors dominantes. »

Anti-Pollueurs sur lemonde.fr  :Il est en effet temps que les Ecologistes prennent le pouvoir pour enfin protéger notre santé et celle de nos enfants. Les socialistes ont été très décevants sur la protection de l’environnement (M Le Foll protecteur des phytos ou Mme Royale et sa méthode non punitive, non contraignante qui au final nous a fait perdre un temps précieux). Les dirigeants de droite semblent avoir cinquante ans de retard et paraissent encore s’extasier devant les cheminées qui fument. Quant à Macron, il nous aura bien roulé dans la farine avec ses discours sur les campagnes silencieuses. Il semble que sa priorité soit la bonne santé des grosses entreprises et des banques, pas la notre.
PMF : Si les Verts, comme ils le prétendent (ou du moins certains d’entre eux), veulent dépasser le clivage gauche/droite, ils devront s’affranchir en premier lieu de leurs démons nés du gauchisme le plus lourdingue. C’est pas fait. Les thématiques sociétales (cannabis, migrants, PMA, LGBT…) peuvent gentiment aider à faire illusion. Mais quand il va falloir s’atteler à des sujets autrement plus sérieux, l’amateurisme reprendra le dessus.

Lappreciateur: Nous vivons une époque comparable à la Renaissance. Et les dinosaures des diverses espèces politiques qui ont survécus, complètement discrédités les uns après les autres, cherchent à nous faire croire qu’ils sont les plus aptes et sont en train (ou vont d’un moment à l’autre) prendre les mesures urgentes qui s’imposent. Alors que point par point ils ne font pas que laisser la situation en l’état, ils l’aggravent. Faut-il refaire la liste ici : pollution de l’air, de l’eau, des terres, guerres endémiques et risques d’explosion mondiale du fait d’un fou de Dieu ou d’un dictateur mégalo, dégradation de la Santé : famine, malnutrition, malbouffe, Consommation déséquilibrée, de pesticides dont des perturbateurs endocriniens et des cancérigènes. Alors entre une issue EELV difficile à mettre en œuvre et la poursuite du désastre je choisis EELV.

Brouhaha médiatique et démocratie réelle

Grâce à un cerveau surdimensionné, nous sommes la mesure de toutes choses, mais notre objectivité n’est que la somme de nos subjectivités humaines. Notre cortex préfrontal permet en effet de synthétiser non seulement notre propre expérience concrète, mais aussi toutes les considérations formulées par d’illustres ancêtres et des parents proches, de doctes ignorants ou des ignorants enseignants, et bien d’autres sources de connaissance qui nous apportent leurs croyances sous forme de vérités. En conséquence, nous avons beaucoup de mal à distinguer le vrai du faux, le mensonge en toute bonne foi et la foi qui trompe, l’apparence de la réalité et la réalité des apparences. D’où la difficulté d’avoir un consensus même sur des faits aussi avérés que le réchauffement climatique d’origine anthropique. D’où l’inertie politique qui se contente depuis plus de 25 ans de conférences internationales (COP1, 23…, 25, 26) sur le climat pour en déduire qu’il est urgent de ne rien faire. En France la convention des 150 citoyens tirés au sort arrive pourtant à des résultats tangibles, il suffisait de leur donner de bonne informations et de les faire travailler sérieusement. C’est ce que démontre Stéphane Foucart : « Les 150 citoyens ont bénéficié de présentations d’experts, ils ont été mis en contact avec des opinions différentes, ils ont cherché à vérifier par eux-mêmes. C’est ce qui devrait se produire dans la société, mais le brouhaha médiatique finit toujours par transformer les faits les plus raisonnables en constructions idéologiques. Il faut bien sûr ne jamais renoncer à débattre, mais contester à tort la réalité d’un problème permet d’éviter de jamais débattre de ses solutions ! »  

Les commentateurs sur lemonde.fr confirment ce diagnostic :

Michel Lepesant : Excellente analyse qui a de surcroît le mérite de relier la question écologique à la question démocratique. A contrario, il est évident que pour les partisans de l’économie punitive (celle de l’idéologie inégalitaire, propriétariste et méritocratique), un peu de démocratie c’est déjà trop.

Sennepy : Le problème de fond dans notre société c’est que la connaissance est tout autant dévalorisée que le politique, en cela l’école a failli, n’a pas été capable de former des jeunes pouvant chercher la bonne information dans le fatras de ce qui circule sur internet. Et cela est malheureusement parachevé par les réseaux sociaux qui n’ont qu’un objectif, faire du fric, du coup les mauvaises informations habillées d’un grand nombre d’avis positifs deviennent réalité et empêchent la réflexion du citoyen, ajoutez quelques populistes qui déversent leur bile et leur hargne et vous arrivez au blocage complet.

dmg : Ainsi donc, prenez un panel de Français au hasard ; confrontez-les pendant 6 mois à des spécialistes incontestables et incontestés sur des sujets compliqués et polémiques ; au final, vous aurez un consensus intelligent. Ne pourrait-on pas faire la même chose avec les journalistes ? A part quelques rares, dont l’auteur de cette chronique, ils tournent en rond sur les sujets compliqués et les montent en polémiques avec des postures dogmatiques, traités sur des modes catastrophiques, à l’opposé d’une éthique journalistique digne de ce nom, parce que ça fait vendre, construisant ainsi une opinion déboussolée, à la merci des discours extrémistes.

Frog : Bien vu. Il n’y a aucun doute sur le fait que le manque d’intérêt vis-à-vis de l’environnement vient d’un manque de connaissances claires.

Bv34 : Est-ce que ce constat, au demeurant fort juste, n’est pas un terrible acte d’accusation contre nos média ? Qui d’autres qu’eux, en effet, peut faire en sorte que les faits l’emportent auprès du public, sur l’idéologie ou les intérêts ? Il ne faut pas compter sur nos politiques, qui ont décidé une fois pour toutes, semble t-il, que les français étaient trop immatures pour leur dire la vérité…

Pessicart : On peut aussi conclure qu’un citoyen moyen n’est pas au niveau pour juger un problème d’envergure nationale. Cela pose un problème d’envergure puisque chaque citoyen pèse autant que les autres dans les élections et que la masse des électeurs n’est pas capable de comprendre les sujets en profondeur. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des populistes au pouvoir, leurs idées simples attirent les électeurs simples. S’en remettre à des experts comme dans cette convention c’est donner un porte voix à ces experts ; pour paraphraser une phrase célèbre, ces citoyens nous ont donné l’heure avec la montre des experts.

Sherlock06 : La réussite de ce débat ne vient pas selon moi de la mise en évidence de base factuelle. Cette base factuelle existe pour tout le monde. Et n’est pas nouvelle. Elle vient selon moi de deux choses : 1) cette convention citoyenne a travaillé à l’abri des lobbys (ce qui n’est pas le cas de nos parlementaires ou responsables politiques qui sont en permanence sous influences intéressées) 2) ces citoyens ont pensé au bien commun et n’ont pas cherché à privilégier « leur élection ou leur réélection » à court terme. A partir de là, des débats plus sains ont pu avoir lieu et le bien commun à long terme a pu être analysé.

Sarah Py : C’est le jeu de l’opinion qui doit interroger et sa faiblesse intrinsèque. Nous vivons le règne de l’opinion, expression de l’émotion, du préjugé, de l’esprit de contradiction et du baratin. Imaginons le contributeur ‘’ le sceptique ‘’ choisi pour cette convention. Avec une responsabilité et des obligations, serait-il toujours pourfendeur des khmers verts ?

le sceptique @ Sarah Py : je refuse le principe qu’un comité de 150 prenne en quelques jours à peine de travail utile des mesures impactant la vie de leurs concitoyens, surtout celles qui iront directement en normes par voie réglementaire (un scandale anti-démocratique). Je supporte déjà mal le jacobinisme et le centralisme des élus, alors celui des tirés aux sorts, non merci.

Michel SOURROUILLE : Alors que nos activités humaines rentrent en interférence avec les cycles vitaux de la biosphère et engagent ainsi la survie des générations futures, nous faisons comme si seul l’instant présent avait de la valeur. Comme l’animal qui se contente de son environnement immédiat, nous préférons nous satisfaire d’une vision restreint,e avec un état d’esprit limité par nos sens abusés et conditionné par la société du moment. Contrairement à l’animal cependant, nous pouvons percevoir que notre perception n’est que construction sociale, que tout est relatif et compliqué, que l’apparence n’est pas gage de réalité. La Convention citoyenne, panel à l’image d’une opinion collective bien informée, démontre que nous pouvons par cet intermédiaire essayer de percevoir le monde tel qu’il faudrait le voir s’améliorer mieux que ne le fait la démocratie dite « représentative » et ses élus souvent désinformés, soumis au jeux du pouvoir et simple relais de ce que disent les dirigeants de leur parti…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

15 novembre 2019, Sans écologisme, la démocratie part en vrille

7 octobre 2019, L’écologie sera-t-elle fasciste ?

24 mai 2019, Quelle démocratie en période d’urgence écologique ? (synthèse)

13 avril 2019, Quelle démocratie en situation d’urgence écologique ?

6 janvier 2019, Climat 2019, la démocratie à l’épreuve de l’écologie

11 juillet 2010, démocratie et écologie

9 janvier 2010, démocratie Internet et écologie

Barbara Pompili fera-t-elle mieux que Hulot ?

Le 6 juillet 2020, Barbara Pompili est nommée ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Jean Castex. Elle avait adhéré aux Verts en 2000, elle était chargée des relations avec la presse pendant la campagne présidentielle de 2002 de Noël Mamère, candidat de écologie politique. Barbara a une vertu première, elle a été longtemps proche du plus radical de nos institutionnels écolos, Yves Cochet. Durant cinq années, elle travaille avec lui en tant qu’assistante parlementaire, fonction qu’elle définit comme son métier. Elle le soutient lors de la primaire présidentielle écologiste française de 2006 et le présente comme son « père politique ». Voici ce que nous avons déjà dit de Barbara Pompili sur notre blog biosphere :

– La députée Barbara Pompili avait posé en 2012 une question écrite au ministre de l’Éducation nationale sur la pratique de l’espéranto : « L’usage de cette langue est reconnu pour son intérêt dans les échanges entre les peuples et son action en faveur de l’amitié transnationale. L’apprentissage de l’espéranto est également considéré comme relativement aisé, notamment pour les jeunes. C’est pourquoi je demande s’il est envisagé que l’espéranto puisse devenir une option facultative au baccalauréat. » Le ridicule de la réponse officielle qui laisse penser à une infériorité de l’espéranto sur le bambara laisse pantois. Notre mère la Terre a pourtant besoin de l’élaboration d’un langage commun aux humains.

– Le jeudi 23 janvier 2014 les débats de l’assemblée nationale sont consacrés à la « niche » des écolodéputés, seul jour dans l’année où le groupe peut présenter ses propres propositions de loi en séance. Barbara Pompili, avec Eva Sas et François de Rugy soutienent la modification de la loi organique relative à la programmation et à la gouvernance des finances publiques visant à la prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse

– Yannick Jadot ne digère pas que Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili et Emmanuelle Cosse quittent EELV le 11 février 2016 pour devenir ministres, les accusant d’« instrumentaliser l’écologie politique à des fins d’ambition personnelle ». François Hollande suit le préceptes de son mentor François Mitterrand en son temps, diviser les écologistes pour mieux régner. Sont nommés les transfuges suivant, ceux qui passent à l’ennemi, ceux qui rejoignent un gouvernement socialiste qui a amplement démontré depuis quatre années son penchant anti-écolo : Ministre du Logement et de l’Habitat durable : Emmanuelle Cosse, ex-patronne d’EELV ! Secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat et de la Simplification : Jean-Vincent Placé, ex-président du groupe EELV au Sénat. Secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité : Barbara Pompili, ex-porte parole d’EELV à l’Assemblée nationale

Début 2016 la toute nouvelle secrétaire d’Etat à la biodiversité, l’ex EELV Barbara Pompili, s’est crue obligée de défendre un amendement gouvernemental mettant en pièces le principe du pollueur-payeur. A lire l’exposé des motifs de l’amendement, le but de l’exécutif était clair : éviter, est-il écrit, « un risque juridique excessif » pour les milieux économiques. Un quasi copié-collé de la position du Medef, qui lors de l’examen au Sénat disait craindre « des risques juridiques pour les entreprises ». Tout est dit, le gouvernement socialiste de François Hollande est à la botte de l’appareil productif.

– 16 mai 2017, lendemains de la présidentielle. Pendant les cinq années à venir, l’enjeu est de pouvoir coopérer avec le nouveau président de la République . Macron a été déjà rejoint par beaucoup d’écologistes, de gauche, de droite ou du centre, Jean-Paul Besset, Barbara Pompili, Corinne Lepage, Serge Lepeltier, etc. Leur raisonnement est de faire avancer la cause écologiste à l’intérieur du parti dominant. Ce point de vue est respectable, surtout à l’heure où l’écologie diffuse dans tous les partis. L’ensemble des citoyens de ce monde est censé être ou devenir écologiste puisqu’il s’agit d’envisager les moyens de vivre en équilibre durable avec les possibilités de la biosphère.

₋ législatives de juin 2017, EELV paie ses divisions et est balayé un seul de leur candidat est en passe d’être élu … il n’avait pas à affronter un candidat d’En marche ! Le symbole de cette hécatombe est la défaite de Cécile Duflot dans la sixième circonscription de Paris, arrivée en troisième position. Seuls surnagent les écologistes qui ont apporté leur soutien à Emmanuel Macron. François de Rugy a obtenu 45,34 % des voix et Barbara Pompili arrive aussi en tête avec 40,70 % des voix.

– juillet 2019. Sous le poids des affaires, François de Rugy vient de démissionner de son poste de ministre de la social-écologie. Barbara Pompili, l’une des parlementaires LREM les plus proches de François de Rugy, avec qui elle avait été élue sous les couleurs d’Europe Ecologie-Les Verts en 2012 : « Je ne peux pas comprendre cette légèreté dans la gestion des moyens publics destinés à l’exercice du mandat parlementaire ».

2022, Macron n’ira pas au second tour

En cette période de changement de gouvernement, faisons le point. La présidentielle 2017 était centrée sur le dégagisme porté par le Front national de Marine et les Insoumis de Mélenchon, « à mort les élites, le peuple vaincra ». C’est le nouveau venu Emmanuel Macron qui a remporté la mise avec le slogan « dépassons la droite et la gauche, votez pour moi, EM, En Marche ». Une fois élu, Macron jubile : « Vous n’avez qu’un opposant sur le terrain : c’est le Front national », mot d’ordre adressé aux députés de La République en marche (LRM) le 16 septembre 2019. Neuf mois plus tard, la poussée d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) au second tour des élections municipales change la donne : 28 juin, la vague verte submerge la Macronie. Désormais, le chef de l’état est attaqué sur deux fronts, à son extrême droite le Rassemblement National, et de tous les côtés les Verts. L’émergence brutale des thèses environnementales dans la perspective de l’élection présidentielle menace directement l’accession de M. Macron au second tour. Deux lignes principales de défense ont émergé. D’un côté, certains élus préconisent de verdir le programme pour capter une part de l’électorat aujourd’hui attiré par EELV. Dès le lendemain du scrutin municipal, Macron a présenté un plan pour l’environnement lors de la réception des membres de la convention citoyenne sur le climat. A l’inverse, certains députés de son aile droite préconisent de s’opposer frontalement aux représentants d’EELV, qu’il convient de caricaturer en « pastèques » – verts à l’extérieur, rouges à l’intérieur –, afin de les décrédibiliser. Hors de question pour eux de travailler avec des élus « d’extrême gauche ». La jeune députée Aurore Bergé croit bon d’alerter Macron sur un supposé péril vert, en assimilant EELV à « des gens qui sont contre les vaccins », « contre l’extension de la 5G » et « qui vont dans des manifestations indigénistes ». Face à ce dilemme stratégique entre deux voix contradictoires, le patron de LRM, Stanislas Guerini, plaide pour une voie médiane : « Contrairement à EELV, nous ne voulons pas nous contenter d’une écologie de l’incantation, mais mettre en œuvre une écologie concrète, non punitive, qui s’appuie sur la science et l’innovation, qui mobilise les entreprises, et ne renie pas les libertés individuelles. »

Quelques réactions sur lemonde.fr  à l’article « Comment Emmanuel Macron veut contrer la poussée écologiste » :

PL : Ce qui est assez effrayant dans ce genre d’article, c’est qu’il considère comme acquis que le seul souci de Macron est sa réélection et la façon dont son parti doit communiquer, et aucunement le souci de l’intérêt général. C’est un travers, grave, et qui devrait être présenté comme tel, et pas comme une façon naturelle de faire de la politique… Je trouve inquiétant de voir les journalistes banaliser de plus en plus le carriérisme et l’irresponsabilité des politiciens (Macron ou d’autres d’ailleurs).

Françoise B. : En somme, il s’agit d’avoir l’air « vert » pour contrer ceux qui le sont vraiment, afin d’être réélu. Calcul peu digne. Cela semble confirmer qu’un Président se fiche des soucis des électeurs, mais cherche à les manipuler pour rester au pouvoir.

Isto : Accablant que la seule chose qui semble les préoccuper avec l’écologie, ce sont les voix qu’elles risquent de capter. De l’écologie pro-business !

In varietate concordia : Face à l’urgence climatique – et écologique de façon générale, la réponse du gouvernement : lutter contre les écolos. Bravo. C’est parfait. De bons petits soldats au service des grands patrons pollueurs.

Francis C : « le message (de Macron) n’est pas bien passé… » Mais si, au contraire il est très bien passé : rien à faire de l’environnement, à part quelques symboles qui ne coûtent pas grand chose. La fermeture de Fessenheim comme bilan sur l’environnement…

nihaho : Ils pleurnichent que ça imprime pas. Mais si mais si, ça imprime très bien : le glyphosate tjs là, le merveilleux libre échange grâce auquel je pourrai acheter du steak canadien, les emballages plastiques interdit en …. 2040, le plan vélo doté d’une somme dérisoire, un ministre de l’agriculture contre l’introduction d’un repas végétarien dans les écoles…

Marcus : Manu n’est pas content, c’est ce qu’il redoutait: le renouvellement d’une force crédible à gauche. Lui qui s’est maladroitement évertué à faire croire que le choix politique était restreint au « progressisme » (sic) dont il serait le valeureux représentant (re sic) versus le « populisme » d’extrême-droite. IL s’est vraiment démené pour maintenir cette fiction. Hélas, ceci n’est fort heureusement plus crédible. Ses plans s’écroulent: il ne pourra plus invoquer (comme il nous l’a déjà fait en 2017) comme seul argument piteux et anti-démocratique: « moi ou le chaos ». C’est terminé et ceci est une extrêmement bonne nouvelle pour nous. Quant au si soudain engouement de Macron pour l’écologie….ouarf, no comment.

Gilles Roger : La palme d’or pour le palmipède qui cette semaine titre : « Le virage écolo de Macron : un vert à moitié vide ou un vide à moitié vert ? »