politique

Une ouverture à droite de l’écologisme ?

Pour marquer le rassemblement des écologistes, rendez-vous était donné lundi 8 juillet devant l’incinérateur d’Ivry-sur-Seine. On y voyait Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts), Delphine Batho (Génération Ecologie), Antoine Waechter (Mouvement écologiste indépendant), François Damerval (Cap 21), Jean-Marc Governatori (Alliance écologiste indépendante) et François Béchieau (Mouvement des progressistes). Manquait à l’appel le Parti animaliste. « Ils sont sur une ligne monothématique, mais nous allons les rencontrer dans les prochains jours », a indiqué M. Jadot*. Réunir les différentes chapelles écolos ? Jusqu’à présent l’écologie institutionnelle a tendance à se disperser plutôt qu’à se rassembler !

Le texte commun du 8 juillet : « Nous voulons préparer la conquête et l’exercice du pouvoir par un mouvement démocratique en rupture avec les anciens clivages partisans à l’égard desquels nous affirmons notre indépendance… L’écologie est la seule alternative à la barbarie et à la progression de l’extrême droite. » La grande absente est… la gauche. François Damerval estime que « ce rassemblement est important car il va au-delà du clivage droite-gauche ». Delphine Batho : « Tous ceux qui se définissent écolos sont les bienvenus, ils doivent quitter les anciens partis pollués ».Yannick Jadot : « Dans des municipalités où vous avez des maires qui sont sans étiquette ou divers droite, qui font du 100 % bio dans les cantines, des jardins partagés ou de la rénovation urbaine, qui appliquent ce que nous avons envie de faire, nous prendrons nos responsabilités. Surtout si on les compare à des socialistes qui sont dans des contournements routiers ou du 100 % Sodexo ! » Les gauchistes d’EELV sont ulcérés. Julien Bayou, porte-parole d’EELV : « On ne fera pas d’accord à droite ! » La sénatrice de Paris Esther Benbassa : « A qui m’interroge sur l’ouverture de Yannick Jadot à des accords avec des sans-étiquette ou divers droite, je réponds qu’il parle en son nom, pas au nom d’EELV ». David Cormand, secrétaire national d’EELV : « Ma ligne est assez simple : c’est celle qui a été votée à l’unanimité par le Conseil fédéral. Il n’y aura pas d’alliance avec la droite, qu’elle soit d’extrême droite, conservatrice ou libérale ».

Un commentaire du sceptique sur lemonde.fr : « Pauvre Jadot : il a compris que l’écolo-gauchisme majoritaire au conseil fédéral EELV est la garantie de végéter en marge de la vie politique, que le seul moyen d’en sortir est de casser le tabou en faisant des alliances locales même avec la droite écolo-compatible, comme le font les Grünen allemands, realos depuis 20 ans. Mais voilà : alors qu’on parle surtout du lepénisme, le gauchisme pourrit lui aussi la politique française depuis 40 ans. Nous devons être la dernière grande démocratie à avoir autant de chapelles marxistes, d’intellectuels anticapitalistes, de sachants révolutionnaires, de ratiocinations doctrinaires complètement décalées par rapport au monde tel qu’il évolue. Et comme ce gauchisme pourrit la politique par la voie gauche, l’écologie en est logiquement victime, avec ses fractions pures et jalouses. Cet état de fait plaît aux pollueurs, puisqu’il leur permet en France de dire « regardez, c’est nous ou la chienlit utopique anticapitaliste ». »

Sur notre blog biosphere, nous n’avons pas attendu ces derniers rebondissements pour clarifier le débat écologie/droite/gauche :

7 juin 2019, Yannick JADOT assume, ni droite ni gauche

16 avril 2018, L’écologie va-t-elle passer à droite, nature oblige ?

15 mai 2017, l’écologie politique, vision par-delà droite et gauche (l’écologie intégrale du pape François)

27 mars 2017, un parti social-écologiste ou bien ni droite ni gauche ?

22 août 2016, L’écologie est-elle de droite ou de gauche, ou d’ailleurs

23 avril 2016, L’écologie, ni gauche, ni droite, ni centre, mais supérieur

8 avril 2016, Le « ni droite ni gauche » va avoir le vent en poupe

20 février 2016. Deux manières de tuer l’affrontement droite/gauche (le FN et les Verts)

13 janvier 2016, Non à une primaire ligotant les écologistes à la gauche

19 décembre 2013, Droite ou gauche, comment situer l’écologie ?

17 mai 2013, l’écologie ou l’extrême droite, à toi de choisir !

28 septembre 2011, Manuel Valls, plus proche de la droite que des écologistes

17 mai 2011, plus à gauche et moins à droite, Nicolas Hulot

19 avril 2011, Nicolas Hulot, droite ou gauche?

12 février 2011, socialistes à droite, écologisme à droite (Dominique Strauss-Kahn)

26 février 2010, droite/gauche, un classement ringard

17 octobre 2009, l’écologie de droite (Chantal Jouannet)

6 juillet 2008, droite et gauche, même combat

3 mars 2008, l’écologie, de droite ou de gauche ?

* LE MONDE du 10 juillet 2019,  Yannick Jadot ou l’écologie « et de droite et de gauche »

Les pensées politiques d’Alain Hervé

Politique : La France vit avec une posture intellectuelle du XIXe siècle. J’ai eu du fait de ma profession l’occasion de bavarder avec quelques-uns de nos dirigeants. Je peux citer Jospin, Rocard, Guichard, Couve de Murville… Gauche, droite, je les ai tous trouvés parfaitement ignares en ce qui concerne les notions les plus élémentaires de l’écologie : les biotopes, la biodiversité, la chaîne alimentaire, les risques liés à l’énergie nucléaire, aux manipulations génétiques… Enfermé à vie dans un système de références appris à l’école (souvent à l’ENA) et dont ils étaient incapables de sortir. Et ça ne change pas avec les nouveaux venus. Je crains que droite ou de gauche nous n’élisions un Président Sisyphe. Le double langage a gangrené le discours politique. L’énergie nucléaire devient une énergie propre, le développement durable c’est la nouvelle justification de la poursuite de la croissance économique, l’aide au tiers-monde c’est un nouveau colonialisme encore plus destructeur que le précédent des fondements des sociétés et des civilisations non occidentales… Sauf exception, les intellectuels français se taisent. Les salons sartriens bourdonnent de leurs affaires du siècle passé.

L’écologie n’est pas un luxe, le souci des petits oiseaux… c’est la gestion globale du monde vivant dont nous faisons partie. Difficile à admettre. Mais nous allons y être aidés par la nature elle-même qui va prendre des décisions pour nous. Elles seront sans appel. Elles seront dramatiques. Le réchauffement climatique, l’effondrement des nappes phréatiques, l’avancée des déserts… ne sont pas des données négociables. Ce n’est pas la planète qui est en danger. C’est l’animal humain qui s’agite à la surface qui se suicide.

Politique écologique : L’écologie, c’est la politique de gestion de la biosphère prioritaire à toute autre décision politique, économique ou sociale.

– La politique écologique de la recherche scientifique n’est pas orientée vers la production de puissance militaire, vers la suprématie du marché économique… mais vers l’étude raffinée de tous les systèmes vivants et de leur protection.

– La politique écologique n’a pas pour objectif prioritaire d’exporter davantage que le voisin et n’importe quoi : des armes, des automobiles, des techniques agricoles inadaptés vers le tiers-monde… mais le développement d’une bioéconomie adaptée aux ressources minérales et aux besoins du pays.

– La politique écologique démographique ne consiste pas à saturer le territoire pour décourager le voisin d’y venir… mais à le peupler intelligemment en répartissant la population, en vidant progressivement les conurbations et en repeuplant les campagnes.

– La politique écologique agricole ne consiste pas à produire à grands frais énormément de produits standardisés sur des sols banalisés, saturés d’engrais chimique… mais à promouvoir une agriculture scientifique, c’est-à-dire finement adaptée au biotope et aux hommes.

– La politique écologique sociale ne consiste pas à prétendre sauvegarder à n’importe quel prix le plein-emploi, à faire courir le prolétariat derrière la carotte de l’augmentation de salaires… mais à donner à chacun la possibilité de savoir quels sont les problèmes auxquels la collectivité est confrontée et de prendre personnellement ses responsabilités pour qu’ils soient résolus.

Nicolas Hulot poussé à la démission

Le quotidien LE MONDE du 8 mai 2018 reste dubitatif sur le bilan écologique du gouvernement Macron après un an au pouvoir : « Recul de la baisse du nucléaire dans le mix énergétique, affaiblissement de la définition des perturbateurs endocriniens, interdiction limitée du glyphosate, influence très limitée dans les états généraux de l’alimentation : Nicolas Hulot n’a pas réussi à gagner ces arbitrages gouvernementaux… Le président Macron n’a pas encore donné d’impulsion claire pour ériger notre pays en modèle unanime de transition bas carbone… Une loi très symbolique sur la fin de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures en France n’a pas empêché la prolongation de plusieurs permis d’exploration… Quant à la fermeture des quatre dernières centrales à charbon de l’Hexagone, annoncée pour la fin du quinquennat, elle n’est toujours pas amorcée… Aucune mesure d’ampleur pour faire face à la crise de la biodiversité n’a encore été prise.» Le rythme de sénateur adopté par le gouvernement sur le front de l’environnement tranche avec le volontarisme affiché dans de nombreux autre secteurs : droit du travail, SNCF, université… Mais soyons clair sur les responsabilités partagées : il n’y a pas que le gouvernement qui importe, un ministre de l’écologie sans appui massif de l’opinion publique ne peut arriver à un bon résultat.

Nicolas Hulot s’interroge : « Si demain je devais parvenir au constat que j’ai atteint mon seuil d’efficacité, j’aviserais. Je n’exclus aucun hypothèse. » Le 16 mai 2018, il fait enfin explicitement pression sur le gouvernement. Invité de BFM-TV et RMC un an après son intronisation comme ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas a annoncé qu’il aura cet été « un moment de vérité » avec Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Pour une éventuelle démission il laisse planer le doute : « On fera le point avec le président et le premier ministre, on tracera les perspectives et on prendra ensemble des décisions sur l’avenir et les prochaines étapes. Si je sens qu’on n’avance pas, que les conditions ne sont pas remplies, voire éventuellement qu’on régresse, à ce moment-là, j’en tirerai les leçons. » A la question de savoir s’il est « satisfait » de cette première année au gouvernement, Nicolas a reconnu que c’était « difficile ». « Je vois surtout ce qu’il reste à faire. Là je suis en pleine action avec le plan d’innovation thermique, la programmation pluriannuelle de l’énergie… Jusqu’à l’été, j’ai la tête sous l’eau. Cette évaluation-là, je la ferai cet été. J’aurai suffisamment d’éléments pour pouvoir regarder si effectivement je participe à cette transformation sociétale. » Son départ du gouvernement aurait, de facto, un coût politique élevé, il faut le ménager. Mais la réalité est plus brutale. Convoqué le jour même par le Premier ministre, Nicolas se fait remonter le bretelles, non seulement pour avoir évoqué une éventuelle démission, mais pour avoir apporté son soutien à un amendement du député LRM Matthieu Orphelin dans le cadre du projet de loi Agriculture et Alimentation. Cet amendement visait à interdire le glyphosate le 1er mai 2012, soit dans le délai de trois ans fixé par Macron lui-même alors que Bruxelles a repoussé l’interdiction au mois de décembre 2022. Selon Édouard Philippe, « quand un amendement est rejeté, il est rejeté ! » Le même jour, dans le cadre du projet de loi Elan destiné à accélérer les procédures d’urbanisme, la commission des affaires économiques a adopté, avec l’avis « tout à fait favorable » du gouvernement, des amendements qui ouvrent des brèches dans la loi Littoral. Par exemple on pourra bétonner des espaces restés à l’état naturel entre des constructions existantes. Or Nicolas était signataire en janvier 2017 d’une pétition « Ne touchez pas à la loi Littoral ». Aujourd’hui ministre d’État, il est réduit au silence. Le 6 juin 2018, Nicolas doit faire preuve publiquement de ce qu’on appelle la solidarité gouvernementale…

Le 28 août 2018, Nicolas Hulot démissionne avec fracas.

Extraits du livre de Michel Sourrouille, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir »

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Nicolas Hulot, ex-ministre de l’écologie

NH a participé directement du pouvoir gouvernemental. Devenir ministre pour un écologiste est un passage périlleux qui met en déséquilibre ses idées théoriques et idéaliste face à une pratique qui oblige à des compromis incessants. La volonté de mettre en place une écologie de rupture avec le système dominant se heurte à des résistances de toutes sortes. Nicolas pose clairement le problème : « Quel compromis peut-on trouver entre notre idéal et le monde tel qu’il est, avec son inertie, sa résistance et sa dynamique fulgurante. Si notre combat était partagé par le plus grand nombre, nous l’aurions déjà mis en chantier. » Les difficultés d’une transition sont socio-politiques et tiennent à la question de l’acceptation par l’opinion des fortes contraintes que nécessite l’urgence écologique. Nicolas précisait : « Je ne prends pas l’opinion pour plus bête et égoïste qu’elle ne l’est, mais je n’ai pas non plus une vision angélique, surtout quand la psychologie des hordes se substitue à la psychologie individuelle. D’où le rôle des leaders d’opinion. Mais où sont passés nos intellectuels, nos artistes ou nos leaders religieux dans le discours écologique ? Le jour où les artistes, les intellectuels et les hommes politiques de tous bords se bougeront à l’unisson, alors la société civile pourra se faire entendre. Qu’ils nous incitent à passer d’une société épicurienne à une société plus raisonnable, à comprendre que notre plaisir et notre enchantement ne résident pas dans la possession. » L’opinion doit accepter des freins opposées à ses désirs (de déplacements sans limites, de puissance sans limites, de consommation sans limites). Ce discours réaliste sur les contraintes peut être interprété comme un discours malthusien ou castrateur. Le déni est très fort et il fait le lit des sceptiques démagogiques qui entretiennent par exemple la tentation de penser que la technique va nous « sauver ».

Comme l’exprime Nicolas Hulot, « il n’y aura pas de sortie de la myopie démocratique si les citoyens ne sont pas eux-mêmes les défenseurs d’une conscience élargie du monde dans le temps et dans l’espace. » Juste après la nomination de Nicolas comme ministre, le journaliste-écrivain Jean-François Noblet s’exclamait dans un message diffusé sur le net : « Mon cœur s’envole et mon espoir est immense. Je sais que personne n’est parfait, que cela ne sera pas facile mais nous disposons tous d’une considérable ouverture dans ce ciel mondial si menaçant. Aussi je vous invite à tout faire pour que Nicolas soit écouté, défendu, soutenu. Je sais, par expérience, qu’il aura grand besoin du monde associatif et de tous les citoyens pour réussir. » Sur le site du Sauvage, le cofondateur des Amis de la Terre Alain Hervé appelle lui aussi à le soutenir : « La nomination de Nicolas Hulot ministre est la plus grande innovation de ce nouveau règne républicain. Il est à porter au crédit d’Emmanuel Macron qui autorise soudain des positions radicales à s’exprimer. Hulot est détenteur d’une longue pratique et d’une profonde connaissance de l’écologie. Reste à voir comment il pourra exprimer ses convictions. Je ne pense pas qu’il soit réductible à une ligne « économiste » du gouvernement. Que tous les écologistes le soutiennent, qu’il s’agisse des militants, des philosophes ou des politiciens carriéristes. Nous assistons à une prodigieuse innovation dans la politique française. Bonne chance Nicolas. »

Un ministre de l’écologie a besoin de l’engagement de chacun d’entre nous, sinon il ne peut pas faire grand chose. Nicolas Hulot a fait tout ce qu’il pouvait au poste qu’il occupait, faisons ce qu’il est possible de faire à notre échelle. Puisse ce livre* contribuer à un engagement plus fort de la population. Nous sommes tous co-responsables face à l’urgence écologique. (à suivre)

* Extraits du livre de Michel Sourrouille, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir »

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Créez votre communauté résiliente

Depuis 1972, le rapport au club de Rome a dénoncé la course à la croissance en démontrant les limites de la planète. Depuis 1974 et le premier choc pétrolier, nous savons que notre civilisation dépend du pétrole.  Depuis 1990 et le premier rapport du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), nous savons que l’humanité va faire face à un réchauffement climatique. Nous savons aussi de façon scientifique que le choc des hydrocarbures n’est qu’une partie des dégradations écologiques qui menacent nos sociétés. Comment agir efficacement ? L’échec des conférences internationales et les inerties gouvernementales montre que cette voie est trop lente. Pratiquer à l’échelle personnelle la simplicité volontaire semble nécessaire mais insuffisant. Ce qui nous semble le plus pragmatique, c’est d’agir directement au sein de sa communauté d’appartenance pour en restaurer la résilience, la capacité de résister aux chocs.

Ce paradigme ou modèle de référence porte des noms différents : Communautés intentionnelles ou Ecovillages ou Agenda 21 local ou Towns transition ou Plan climat ou Cités jardins ou communautés de résilience … La profusion des termes montre la richesse de cette alternative à l’ère des combustibles fossiles. Il ne s’agit pas d’une nouvelle théorisation, mais d’une pratique applicable au Nord comme au Sud, par les gens de droite comme par les gens de gauche, par les urbains et les paysans, par les chefs d’entreprise et par les travailleurs. Tout le monde est concerné puisqu’il s’agit de rendre notre avenir durable.

 1) l’objectif : instaurer un territoire de résilience

– une démarche logique : Les jumeaux hydrocarbures (pic pétrolier et réchauffement climatique) nous imposent une descente énergétique. Il ne s’agit pas de catastrophisme, mais d’une réalité. Le meilleur moyen est de tendre localement à l’autonomie alimentaire et énergétique.

– une démarche non idéologique : il y a un intérêt commun à adopter une telle voie, quelle que soit l’appartenance politique des habitants d’un territoire. Agir ensemble sur son territoire implique décentralisation en acte, mais aussi soutien de l’Etat à ce mouvement.

– une démarche pragmatique : le territoire doit élaborer un plan d’action de descente énergétique (Pade), ce qui peut rejoindre des pratiques locales existantes (plan climat local, AMAP, SEL, MAB, Velocity, point info-énergie, jardins partagés…) pour une dynamique collective.

2) un changement technique : usage de techniques douces

– doux à la nature : application du principe du berceau au berceau, c’est-à-dire un nouveau modèle économique où la notion même de déchets est bannie au profit de cycles fermés. Il faut suivre l’exemple de la nature qui opère selon un métabolisme au sein duquel le déchet n’existe pas.

– doux à la société : utilisation d’une spécialisation limitée et d’appareillages simplifié ; renouveau de la paysannerie et de l’artisanat ; principe de coopération et non de concurrence.

– doux politiquement : il s’agit d’instaurer une démocratie locale, sachant que seul le local est durable. L’avènement d’un territoire de résilience ne peut se faire qu’avec la participation de tous.

 3) un changement culturel

– limitation des besoins : les limites de la planète, qui ne se mesurent pas seulement au gaspillage des ressources fossiles, imposent une sobriété joyeuse et l’abandon du culte de la croissance.

– changement de valeurs : pour une éthique de la Terre qui combine respect de la nature (de ses cycles, des  différentes formes du vivant…) et défense des intérêts des acteurs absents (générations futures, non-vivants, habitants des autres territoires)

les trois principaux ouvrages de référence sur les communautés de résilience

2006 Les Ecovillages de Jonathan Dawson

2010 Manuel de transition de Rob Hopkins

2011 comment sortir de la société de consommation (World Watch Institute)

Site Internet des Territoires de Transition

http://www.transitionfrance.fr/

Pour l’avion tous bords confondus

Pour confirmer les analyses de ce blog biosphere sur la distinction entre écologie superficielle et écologie d’approfondissement, cette tribune* signée par plusieurs sénateurs et députés de gauche, du Centre, de droite et macronistes, « Arrêtez de taper sur l’avion » . L’alliance de l’ancien monde économico-politique contre l’urgence écologique !

« Honte de prendre l’avion (‘flygskam’), amendement à la loi d’orientation des mobilités prévoyant d’augmenter la taxe sur le kérosène et le taux de TVA sur les billets d’avion, proposition de loi visant à interdire les vols ­domestiques lorsqu’il est possible de prendre le train avec un temps supplémentaire de deux heures et demie ou moins… Ces dernières semaines, nous assistons, interloqués, à une multiplication des attaques contre l’avion. Sans remettre en cause l’urgence écologique et la nécessité de ­réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, nous souhaitons mettre en garde contre des solutions démagogiques qui sacrifieraient les territoires les plus éloignés des métropoles. Les lignes aériennes interrégionales sont souvent le seul moyen de leur éviter un isolement mortifère. L’avion est indispensable pour permettre aux dirigeants et salariés de rencontrer rapidement leurs clients à Paris et à l’étranger. Nous avons conscience de l’importance de changer nos modes de transport et de consommation pour lutter contre le réchauffement climatique… mais privilégions l’écologie incitative plutôt que punitive. Aidons le secteur aérien à adopter une stratégie bas carbone en développant la recherche sur l’hydrogène et le biokérosène. L’avion nuit au climat, certes ; mais si on le compare à l’automobile, il consomme deux fois moins par passager. S’y attaquer sans ­discernement aggraverait considérablement la fracture territoriale et sociale de notre pays. »

Même s’il y a une « oscillation perpétuelle » des résultats électoraux de l’écologie politique, on sait de source sûre que la psychologie de l’électeur moyen s’est mis au vert et qu’une angoisse de l’avenir se fait ressentir de plus en plus ouvertement. Cette tribune de parlementaires tous bords confondus le confirme, la situation écologique est bien présente dans leurs propos. Se pose alors le type de stratégie électorale à mener pour les écologistes, ce que tranche actuellement les dirigeants d’EELV : «  Ce que nous ne voulons plus c’est utiliser des mots vides de sens pour masquer la réalité de la crise que nous vivons. Trop facile de se dire de gauche ou de droite et de ne pas agir pour l’intérêt général. » En d’autres termes les mots droite ou gauche, à plus forte raison « centre », sont des mots valises auxquels on peut donner le sens que l’on veut ; c’est la même chose que le mensonge statistique déjà abordé. La venue surprise de Macron au pouvoir c’est d’ailleurs joué sur une stratégie droite ET gauche ET centre, ce qui a contribué en à en finir électoralement avec cette vieille distinction qui date du siècle précédent. Aller chercher des voix nouvelles se résume dorénavant à tenir un discours simpliste comme l’extrême-droite OU BIEN montrer les interdépendances du vivant et les limites de la planète ; ce discours n’est ni de droite ni de gauche, c’est l’approche complexe de l’écologie politique. Bien entendu la majorité des urnes restera un moment encore à ceux qui soutiennent comme Macron le business as usual tout en faisant croire au peuple que c’est pour leur bien . Les tenants de l’alliance à gauche se gardent bien de définir la « gauche » dont il veulent l’appui. Nous rappelons que la gauche à une audience électorale proche de 6 % pour chacune de ses composantes, pas de quoi en faire une base électorale élargie. Rappelons aussi la difficulté d’une alliance entre ces différentes composantes malgré les tentatives de la présidentielle (triumvirat Hamon/Jadot/Mélenchon) et bien d’autres initiatives d’unification. Chaque gauche veut conserver son pré-carré et/ou son leader, le mot « gauche » ne veut plus rien dire. Mieux vaut utiliser directement le mot social qui est au-delà des étiquettes : tous les individus sans exception, même s’ils se croient d’extrême droite, ont intérêt à ce que nous mettions politiquement en place une stabilisation durable de cet environnement qui nous fait vivre. Seul le mot « écologie » peut politiquement rassembler.

Il faut s’appuyer sur une base sociale élargie, celle qui a compris que la somme des urgences impose une nouvelle radicalité. Une radicalité écologique donc, pas une resucée deS gaucheS historiques. C’est là où la stratégie électorale de l’écologie politique devient délicate. En effet l’urgence sociale-écologique impose de tenir un discours qui s’apparente à une écologie « punitive », il suffit de penser aux mésaventures de la taxe carbone avec les Gilets jaunes ou à cette tribune pro-avions de parlementaires. Il n’y aura plus distinction entre une écologie de gauche et une écologie du centre, il y aura opposition entre une écologie superficielle (croissance verte, nucléaire sans CO2, charbon propre, biokérosène, etc.) et une écologie approfondie, celle qui montre aux électeurs la vérité des réalités biophysiques : il faudra donc faire beaucoup d’efforts pour sortir de l’impasse dans laquelle nous a mené le business as usual… Les électeurs ont besoin de politiques qui montrent leur détermination dans une situation globale où on a oublié le sens des limites. Il ne va pas être facile d’inverser un électorat moyen bercé par la profusion de marchandises issus des Trente Glorieuses et des énergies fossile gracieusement données par la planète… à titre temporaire ! Il ne va pas être facile de montrer à des parlementaires que les vieux concepts comme « attractivité d’un territoire », « progrès technologique » ou « écologie punitive » perdent toutes leurs pertinences. Ce n’est pas facile, mais si on n’essaye pas, on ne changera rien au désastre en cours.

* https://www.lejdd.fr/Politique/arretez-de-taper-sur-lavion-la-tribune-de-93-elus-de-tous-bords-3906012

Quelle ligne politique pour EE-LV ?

Le clivage gauche/droite compte moins que la lutte pour le climat

Yannick Jadot est-il suffisamment « de gauche » aux yeux des militants d’EE-LV de la Vienne, où la liste a fait d’excellents scores aux européennes? On pensait que notre question était légitime, les militants nous l’ont renvoyée à la volée: « C’est quoi la gauche? La sociale démocratie qui a eu le pouvoir en Europe? Celle du quinquennat de François Hollande? Ou celle qui attend le « grand soir » pour agir pour le climat? » Autour de la table de l’interview, il y a des historiques, Robert Rochaud et Chantal Nocquet, un militant plus récent, Didier Dargère, et une jeune élue régionale, Léonore Moncond’huy. Des parcours différents, mais une réponse commune : le clivage politique gauche/droite compte moins, aujourd’hui, que la lutte contre le réchauffement climatique.

« Le clivage, il est entre les écolos, les libéraux et l’extrême droite »

« On se reconnaîtrait dans une gauche qui prendrait en compte la finitude de la planète », précise Robert Rochaud. « Mais pas dans celle dont l’horizon est borné par des lignes ferroviaires à grande vitesse et des voitures électriques, renchérit Léonore Moncond’huy. Ce n’est pas à Yannick Jadot qu’il faut demander des garanties sur tel ou tel positionnement. C’est à tous ceux qui s’affichent écologistes à gauche, mais qui ne veulent pas changer le système. » La ligne de Jadot, « dont l’engagement écologiste ne fait aucun doute », est donc la bonne, aux yeux des militants: « Les électeurs, en tout cas, ont été pragmatiques, ils savent que le groupe des Verts pèsera au Parlement européen. On a notamment rallié les suffrages de nombreux jeunes. A nous d’être ouverts à cette demande. A nous de les accueillir, de les former. » Pragmatiques, mais radicaux quand même. « On soutient les formes d’action des jeunes pour le climat, ou encore ceux qui décrochent les portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies », insistent-ils, histoire de tracer une frontière politique. « Le prochain clivage politique, c’est celui qui opposera un mouvement écologiste comme le nôtre, aux libéraux comme les macronistes, et à l’extrême droite », prophétise Robert Rochaud. Et le bon programme politique, désormais, « c’est celui qui proposera aux collectivités locales d’aller contre le système et de se mettre en situation d’être le plus autonomes possible en matière d’énergie, de nourriture, d’eau et de mobilités ». La résilience écologique est en marche.

Philippe Bonnet

https://www.centre-presse.fr/article-683732-ee-lv-prone-une-ligne-politique-pragmatique.html

Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

Hier nous considérions les propos de Canfin vantant les avantages d’une écologie « réaliste » sur ce blog biosphere. Aujourd’hui nous en analysons une application, c’est l’art de l’immobilisme. L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques) alors que les automobilistes sont taxés sur le carburant. La ministre des transports, Elisabeth Borne, botte en touche :

« Il faut qu’on ait cette réflexion sur la taxation du transport aérien à l’échelle européenne. »  Elle a aussi jugé « possible que le transport aérien puisse aller vers des avions zéro carbone ». L’amendement visant à interdire les vols intérieurs qui ne font pas économiser plus de temps par rapport à un même trajet en train seraient selon la ministre « contraires à la liberté d’entreprendre et à la liberté d’aller et venir ». Les députés ont aussi rejeté un amendement suggérant l’application, sur les billets, d’une taxe d’empreinte carbone aérienne, en cas d’alternative ferroviaire comparable à l’avion. La ministre a mis en garde contre les « distorsions de concurrence » et les risques de « dumping écologique et social ».

Il y a peu super Macron, par la voix d’Edouard Philippe, promettait une accélération sur l’écologie. Aujourd’hui on appuie sur le frein. « La question doit être réglée à un autre niveau » (par exemple l’UE) et « soyons confiant dans la capacité de la technique à apporter demain des solutions propres (plus tard, on peut rêver) sont les deux grandes argumentations des immobilistes. Le parler vrai aurait été de dire : on ne veut pas risquer de mettre en danger l’aéroport de Roissy, vaut mieux le privatiser. Quand on peut légiférer en France, on attend l’Europe. Quand l’Europe légifère, on crie au diktat européen… on n’est pas prêts de progresser. Quand la Ministre juge « possible que le transport aérien puisse aller vers des avions zéro carbone », on cauchemarde ! Construire puis faire voler des avions de plusieurs dizaines de tonnes sur des milliers de kilomètres avec un bilan = zéro carbone ! J’ai du mal à y croire ! Je n’y crois pas. L’immobilisme du gouvernement et de ses députés est en réalité un négationnisme de l’urgence écologique, et n’oublions pas que l’aspect climatique se double de l’aspect ressource/pic de production de pétrole. N’oublions pas que les avions, ce sont des hordes de touristes pour visiter en troupeau la Tour Eiffel, les plages paradisiaques ou les pyramides d’Égypte. A force de prôner la liberté de circuler et de faire n’importe quoi, c’est un régime dictatorial qui nous guette. Si on voulait avoir une chance même minimale de transitionner, il faudrait même avoir vraiment commencé depuis longtemps, depuis 1972 et le rapport sur les limites de la croissance. Alors que la planète suffoque, il est plus que jamais indispensable de prendre des mesures très radicales. Lire sur notre blog :

19 septembre 2009, la fin de l’avion plus lourd que l’air

8 octobre 2010, trop de touristes prennent l’avion

21 octobre 2014, Christophe de Margerie est mort, le kérosène l’a tué

10 août 2015, gaz à effet de serre de l’aéronautique, ça flambe

13 mai 2016, Compagnies aériennes, un jour le kérosène les tuera

13 mai 2018, L’imbécillité écologique du tourisme mondial

26 avril 2019, Prenez l’avion, c’est « bon » pour nos générations futures

Pascal Canfin, l’amoureux de Macron l’écolo

Pascal Canfin, tout nouveau député européen macroniste, cire les pompes de son nouveau maître : « L’écologie s’installe comme un des éléments-clés de l’ADN de la majorité présidentielle. Dans la vraie vie, il faut négocier, passer un compromis… Toutes les études montrent que plus de transition écologique, c’est plus d’emplois et plus de croissance. Nous n’avons pas à choisir entre écologie et emploi, ou entre écologie et pouvoir d’achat.C’est ce qui fédère les macronistes issus de la gauche et ceux qui viennent de la droite… Plus aucun parti n’a le monopole de l’écologie et c’est une excellente nouvelle… Si les Verts veulent être sur une logique d’écologie décroissante et anticapitaliste, je leur laisse, ça n’est pas la mienne… Quand le gouvernement a lancé le conseil de défense écologique, Yannick Jadot  a dit? « C’est du foutage de gueule. » Soit EELV est dans la critique permanente, soit ils adoptent une ligne plus réaliste… Aux Verts français de faire cette révolution culturelle… Certaines générations ont construit leur identité politique sur l’anticapitalisme, l’anticommunisme, l’antiracisme. Là, c’est le climat, et le président de la République l’a parfaitement compris… L’écologie réaliste, efficace et ambitieuse correspond à une attente croissante dans la société. Cet électorat-là sera indispensable au chef de l’Etat en 2022… »

Canfin, un clampin aux dents longues barbouillées de vert ! Es-tu l’homme de la « révolution culturelle », entouré de révolutionnaires écolos comme Edouard Philippe ou François de Rugy. Rappelons que c’est un ex- lobbyiste d’Areva qui promeut aujourd’hui l’écologie à l’Assemblée et au Sénat. Marre de tous ces opportunistes qui disent parler écologie et persévèrent dans le culte de la croissance et du marché. Rien de nouveau sous le soleil macroniste : une pseudo écologie soluble dans la chasse, le nucléaire, l’agriculture intensive et les glyphosates… Hulot avait tiré les conclusions de cette « écologie réaliste », il avait démissionné. Au moment même des grandes déclarations lyriques pendant les élections Européennes, des textes contraires, nocifs à l’environnement, étaient votés à l’Assemblée macroniste. Il faut arrêter de prendre les citoyens électeurs pour des imbéciles. Refusez donc le grand soir de l’écologie, M. Canfin, nous allons irréversiblement vers le « grand soir de la Terre » ; pas la fin du monde, certes, pas la mort de la Terre mais un bouleversement profond du Vivant et de tous les équilibres écosystèmiques. Continuez ainsi et nous irons vers la grande nuit de la Terre… Petite rétrospective sur notre blog biosphere à propos de Canfin :

27 mars 2019, Européennes : Pascal Canfin verdit la liste de Macron

extraits : Pascal Canfin, ex-membre d’EELV et ex-ministre–alibi écolo de François Hollande est propulsé numéro 2 de la liste « Nathalie Loiseau ». Il justifie naïvement son ralliement en assurant que l’écologie représentera le cœur du programme porté par la majorité aux européennes : « Les échanges que j’ai eus depuis dix jours avec le président de la République sur ce sujet m’ont apporté les assurances nécessaires… »

16 septembre 2014, Pascal Canfin : social-libéralisme contre social-écologie

extraits : A force de s’être éloigné des promesses de 2012, la base politique du gouvernement de Manuel Valls est extrêmement étroite et ne représente désormais qu’une seule partie du PS, dont on ne sait même pas si elle est vraiment majoritaire… Nous sommes désormais à gauche dans une bataille entre un modèle social-libéral, et un modèle social-écologique…

5 septembre 2014, « Imaginons », le livre sans imagination de Pascal Canfin

extraits : Canfin quitte Hollande et le gouvernement, il en fait aussitôt un livre. Ainsi va la médiatisation de la vie publique. Nous avons eu les gémissements de Valérie Trierweiler sur ses mois passés avec François Hollande, nous avons eu la charge violente contre François Hollande faite par sa ministre du logement EELV Cécile Duflot. L’ex-ministre du Développement EELV Pascal Canfin ne pouvait être en reste… Le problème, c’est qu’il n’y a pas beaucoup plus d’écologie chez Canfin qu’il n’y en avait dans le livre de Duflot…

* LE MONDE du 15 juin 2019, Pascal Canfin : « Aux Verts de faire leur révolution culturelle »

Édouard Philippe devient plus vert que vert

Quelques réactions au discours de politique générale d’un premier ministre qui annonce l’« accélération écologique » :

Jean-Patrick : « accélération sur l’écologie » déjà les termes choisis montrent que c’est mal parti. Pour l’écologie on a avant tout besoin de faire l’éloge de la lenteur : train (au lieu de l’avion), vélo et piétons (à la place des voitures), slow food.…

Jane : Une accélération verte de 80 à 90 km/heure ?

Gorgone : les promesses politique ne valent rien.Si ils ne font pas de lois, ca ne vaut même pas le papier sur lequel son discours est écrit.

Noodle : Bla bla bla… Il n’y aura aucune accélération en ce domaine et il faut être un sacré naïf ou un fieffé menteur pour le croire ou l’affirmer. Quelques mesurettes dans le bon sens feront office de spectacle pour amuser la galerie. Pas de normes strictes dans la construction, des aides limitées et surtout facultatives pour les déplacements travail maison… pas de projet d’ampleur sur le renouvelable, sur le ferroutage…rien pour corriger les échecs de la loi alimentation… bref de beaux discours creux et peu d’action réelle. En matière environnementale ce gouvernement procrastinateur n’est qu’une perte de temps… une de plus malheureusement. Mais comme c’est le cas dans de nombreux pays très pollueurs il vaut mieux expliquer au enfants et aux jeunes en général qu’ils vont sérieusement en baver et qu’ils doivent se préparer à un certainement forme d’attrition… et chercher des trèfles à 4 feuilles, on sait jamais.

Bibi de Bordeaux : J’ai beau chercher, je ne vois rien qui soit à la hauteur des menaces qui se profilent l’horizon. On nous annonce une extinction massive des espèces animales et végétales, une montée inéluctable des températures avec son cortège de catastrophes en tous genres et, alors qu’on attendrait un effort colossal pour isoler nos logements-passoires, inventer le moteur non polluant (hydrogène ?), mettre des millions de camions sur le rail, etc, on se contente de mesures cosmétiques alliées à un discours ronflant.
Bien entendu aussitôt salué par le ramasse-miettes de service, tout le monde aura reconnu de Rugy.

HK : Du vent une nouvelle fois ! On ne peut pas concilier croissance et écologie, espérons que les verts vont résister aux appels, il n’y aura que la compromission et la soumission au bout de la route si EELV va gouverner avec LREM.

Michel SOURROUILLE : en fait Edouard Philippe souffre de dissonance cognitive : il sait ce qu’il faudrait faire, une écologie radicale, mais il choisit la voie de la facilité, faire comme d’habitude. Il voudrait concilier l’inconciliable, « la force de la croissance » et l’impossibilité d’une croissance dans un monde fini dont on a déjà dépassé les limites. Il choisit donc le marché, c’est-à-dire la préférence pour le court terme. Il ne faut surtout pas envisager le dévoiturage, on préfère aider un million de familles à acheter un véhicule grâce à « la prime à la conversion pour l’achat d’un véhicule moins polluant ». On ne sort pas des oxymores « croissance verte » et « moteur propre ». A l’heure où la décision sur la montagne d’or en Guyane n’est pas encore tranché, il ose le lyrisme : « En finir avec un mode de consommation dans lequel les mines sont toujours plus profondes et les montagnes de déchets toujours plus haute ».

Trop malsaine, cette « démocratie » en berne

Un tour des infos du MONDE (numéro du 8 juin 2019) rendrait une personne normale complètement désespérée face aux jeux pernicieux des combines de la démocratie « représentative ».

– La démocratie anglaise à vau-l’eau : Boris Johnson est favori pour succéder à May. Spécialiste des Fake news qu’il émettait pour pousser au Brexit, son amateurisme en tant que chef de la diplomatie a fait le tour du monde. Le bagou, l’europhobie et le nationalisme tiennent lieu de passe-partout pour accéder aux postes de responsabilité. Les membres de la Chambre des communes ne voteront certes pas pour ses qualités, mais comme seul rempart qui paraisse « « crédible » au Parti du Brexit de Nigel Farage. Le choix entre Charybde et Scylla, comme en France Macron ou Le Pen aux européennes, exit l’importance de l’Union ! (page 3)

– « Comme il est généralement admis dans la société japonaise que porter des hauts tallons est nécessaire et approprié au travail », le ministre du travail Kanako Otsuji refuse de légiférer pour interdire aux entreprises d’obliger ses salariées à porter des chaussures à talon. Peu importe que cela nuise à la marche et entretienne des douleurs, la tradition est plus forte que la volonté des femmes ! (page 4)

– Au Kazakhstan, une élection de pure façade. Le successeur désigné de Nazarbaïev doit être élu sans surprise à la présidence. La seule interrogation, pourra-il obtenir les 97,5 % des voix qu’avait récolté celui-ci en 2015 ? Les clans oligarchiques continueront à se partager les richesses du pays (pétrole, gaz, uranium). (page 5)

– Il n’y a pas de démocratie mondiale, c’est chacun pour soi dans la défense de ses propres intérêts. L’enjeu, prendre le contrôle d’une organisation qui aura une influence sur les standards agricoles et alimentaires. Pour l’élection au poste de directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), la candidate française Catherine Geslain-Lanéelle défendra un « projet mondial incluant les intérêts américains. » Elle s’est engagée à « ne pas défendre les positions européennes sur la question des biotechnologies et des OGM ». Le candidat géorgien David Kirvalidze est partisan du libre-échange ; il se targue d’avoir « le soutien d’un grand nombre de pays en voie de développement ». Cette élection est phagocytée par la règle « un pays, un vote ». De son côté, la Chine travaille activement à faire élire son candidat, Qu Dongyu ; on n’hésite pas à sortir le carnet de chèques et à user de son influence pour obtenir les voix de pays ­africains. La lutte contre l’insécurité alimentaire , objectif premier de la FAO, passe clairement au second plan ! (page 6)

– La démocratie participative devient un véritable marché. Les entreprises du secteur dépendent pour beaucoup de leurs commanditaires, élus et administrations, qui ne font pas souvent la différence entre participation et communication. Pensons au Grand débat de Macron qui n’a pas respecté l’éthique de la participation équitable de tous : interventions répétées du président de la République, questions orientées et qui excluent des sujets comme l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune), commentaires désactivés sur la plate-forme en ligne… (page 16)

Comment voulez-vous que dans un contexte général aussi éloigné de l’intérêt public on puisse prendre des mesures radicales pour assurer la transition énergétique et écologique. D’ailleurs, aux dernières nouvelles, cette dénomination est devenue officiellement « France, finance verte » dans le code de l’environnement !!!

Relocalisations pour une décroissance

Faut-il diviser la France en petites communautés ? C’est le débat à trois voix du mensuel de juin « La décroissance ». Dommage que personne ne cite les communautés de résilience déjà mis en place au niveau international sous l’égide de Rob Hopkins. Mais l’essentiel est de faire avancer la cause écologique. Extraits :

Olivier Rey : Il va de soi que dans la situation actuelle, où les excroissances monstrueuses pullulent, le sens des proportions doit pousser à la réduction d’échelle. La taille appropriée ne doit pas seulement s’appliquer à l’exploitation des ressources, la taille des entités politiques est également concernée. On devrait se souvenir que « politique » vient de polis, la cité, qui précisément pour demeurer cité ne saurait croître indéfiniment. Aux yeux des Grecs, les Perses étaient des barbares parce que, vivant dans un empire, il ne pouvaient pleinement faire vivre la démocratie. Ce ne sont pas les individus qui constituent les unités de base de la société démocratique, mais les communautés se gouvernant elles-mêmes. La décroissance est une condition de la démocratie. L’inverse est également vrai : ce sont des communautés locales qui seraient à même de s’engager dans la voie de la décroissance. Leopold Kohr avait parfaitement compris que « la possibilité de trouver des solutions diminue au fur et à mesure que le processus d’union avance ». (ndlr, il suffit de constater les blocages constants de l’Union européenne)

Daniel Blanchard : Chez Bookchin, sa théorie du « municipalisme libertaire » s’est inspirées des vestiges de la démocratie directe de l’Amérique des premiers temps, en particulier au Vermont où il vivait. Des assemblées générales avaient lieu sur les commons : les habitants d’une localité se réunissaient périodiquement pour débattre des problèmes communs. Aujourd’hui il n’en reste plus grand-chose. Bookchin s’inspirait encore plus de l’idéal anarchiste de communautés locales autogérées et fédérées entre elles. Il développait l’idée d’une économie axée sur les ressources locales, instaurant une équilibre entre la communauté humaine et son milieu. Et petit à petit, en s’étendant de proche en proche, cette prise de pouvoir à la base viderait de son contenu l’emprise de l’État et du grand capital. Or, au courant écologiste libertaire, s’oppose la vision technocratique qui défend l’idée qu’on ne pourra résoudre les problèmes écologiques que par une espèce de gouvernement mondial, s’appuyant sur la raison et la science pour justifier un pouvoir dictatorial. Ce néo- totalitarisme déresponsabiliserait complètement les simples gens, alors que c’est précisément par leur responsabilisation qu’on peut espérer résoudre ces problèmes.

Tudi Kernalegenn : Historiquement, quand l’écologie politique apparaît dans les années 1970, elle a tout de suite un lien fort avec le régionalisme alors que la gauche était plutôt jacobine et défendait la puissance étatique. Bernard Charbonneau, Denis de Rougemont ou Ernst Friedrich Schumacher ont été parmi les penseurs de cet éco-régionalisme : small is beautiful. Leur éco-régionalisme n’a rien à voir avec une forme de nationalisme nostalgique et rejette toute idée de discrimination ou de concurrence entre territoire. Un des slogans de l’écologie politologique, dès ses débuts, « peser global, agir local », relève bien de cette vision. Avec l’aggravation des problèmes environnementaux, les conditions de vie se dégraderont et des « écofascistes » en appelleront à ce que de grandes organisations prennent des mesures autoritaires. Au contraire l’éco-régionalisme est une idéologie humaniste qui ne s’en remet pas à un État central. Il fait confiance à la capacité des habitants d’agir au quotidien. Ce qui n’empêche pas d’avoir des instances capables de faire respecter des normes communes qui dépassent le local.

Supprimons nos exportations d’armement

Il faut vraiment être tordu pour se réjouir des exportations françaises d’armement. Le « rapport annuel au Parlement sur les exportations d’armement » a été rendu public le 4 juin*. Avec 9,1 milliards d’euros en 2018, en augmentation de 30 % par rapport à 2017, les ventes à l’étranger de matériels de guerre français témoignent d’« excellents résultats », se félicite pourtant le gouvernement Macron. En la matière, la France vend de tout, sur tous les continents, s’appuyant sur une industrie nationale « très solide ». En 2018, 50 % des commandes ont émané du Moyen-Orient. Des armes contre du pétrole, les Gilets jaunes sont satisfaits. « Aujourd’hui 13 % des emplois industriels sont dans le secteur de l’armement », souligne la ministre des armées Florence Parly en préface du rapport. Des armes contre de l’emploi, les syndicats ne peuvent qu’être satisfaits. Et cette politique d’exportation « est également vitale pour notre diplomatie ». Les contrats et les livraisons avec des pays accusés de crimes de guerre (Arabie saoudite) ou de répression contre leur population (Egypte) atteignent des montants très élevés. Droits de l’homme s’abstenir !

Le marché de la mort est en pleine expansion. « C’est toujours ça de moins qu’auront les anglais, américains, chinois, russes… » disent les libre-échangistes. La vulgate libérale de la concurrence internationale a étouffé dans l’œuf toute contestation pacifiste. Des sous, des sous, des sous et du pétrole, est devenu le leitmotiv de nos gouvernants et des médias. C’est pourtant un exploit commercial qui donne envie de vomir. Le commerce impose sa loi à la conscience. Il existe aujourd’hui des dispositions mondiales régissant le commerce des os de dinosaures, mais pas celui des chars… c’est scandaleux. Arrêtons d’exporter des armes. Arrêtons d’en fabriquer. Arrêtons d’être plus bêtes que nos amies les bêtes qui, elles, ne se font pas la guerre.

Si ça amuse l’humanité de s’entre-tuer, la biosphère n’en a rien à cirer. Le problème, c’est que le conflit armé empêche les différentes ethnies qui se massacrent de construire la paix, ce qui se fait au détriment des équilibres des écosystèmes : on puise dans les ressources non renouvelables pour fabriquer les armes et payer les belligérants, on détériore les espaces naturels, on empêche les paysans de cultiver paisiblement la terre pour nourrir la paix. Attendre des autres qu’il soit fait un pas collectif dans le bon sens est une sinistre hypocrisie. Si j’étais président de la République française, j’arrêterai toute exportations d’armes vers d’autres pays, je mettrais fin à l’absurde dissuasion nucléaire, je ferai de la France un pays en pointe dans les économies d’énergie, je servirai d’exemple pour les autres pays qui, un jour ou l’autre, nous emboîteront le pas en se disant : mais pourquoi donc  n’ai-je pas ainsi agit ? J’ai bien peur de ne jamais connaître ce moment, moi à la place de Macron… dommage !!!

* LE MONDE du 14 juin 2019, La France a vendu des armes pour 9,1 milliards d’euros en 2018

Yannick JADOT assume, ni droite ni gauche

Le récent positionnement politique de Yannick Jadot clôt la parenthèse 1994-2019. En 1986, Antoine Waechter fixait ainsi la ligne politique des Verts : « l’écologie politique n’est pas à marier. » Le ni-ni (ni droite, ni gauche) domine, les Verts considèrent que l’écologie est un nouveau courant de pensée politique différent des partis productivistes. Mais lors de l’Assemblée générale des Verts à Lille en 1994, l’alliance à gauche de l’écologie politique est devenue la norme. La participation au gouvernement Jospin puis Hollande, la constitution de groupes parlementaires grâce au PS, le ralliement du présidentiable écolo Jadot en 2017 au PS d’Hamon… se sont terminés par un désastre électoral. Merci Macron d’avoir fait éclater le vieil antagonisme droite/gauche, c’est là votre seule victoire ! C’est pourquoi la proportionnelle aux Européennes 2019 ont redonné leur autonomie aux écolos et un succès électoral : troisième force politique après le rassemblement national et l’attrape-tout macroniste. Aujourd’hui Jadot acte clairement le fait qu’il se dissocie complètement des « vieux appareils » pour construire une vraie alternative aux simplismes de l’extrême-droite. Cela va dans le sens de l’histoire, une écologie qui sera la seule voie réaliste pour le XXIe siècle. Voici en résumé le discours de Yannick dans LE MONDE* :

« Ce n’est pas la question de la recomposition de la gauche qu’il faut se poser, mais celle de tout le champ politique pour faire face au plus grand défi auquel l’humanité ait été confrontée : sa survie. Notre mandat, c’est de sauver l’avenir, pas le passé, sauver le climat et pas les vieux appareils. Je ne participerai pas à un rafistolage du paysage politique du XXe siècle.Il n’y aura pas de société solidaire et démocratique si on n’échappe pas au chaos climatique et à l’anéantissement de la biodiversité. Pour les municipales, les jeunes ne nous ont pas donné mandat pour nous asseoir autour d’une table avec Olivier Faure, Benoît Hamon et Fabien Roussel [dirigeants du Parti socialiste, de Génération.s et du Parti communiste], mais pour agir concrètement sur le climat. Le deuxième tour se construira sur la base du programme écolo. Il est absurde qu’il y ait différents partis écolos qui se fassent concurrence. Il faut créer la structure qui va rassembler la liste Urgence écologie et le Parti animaliste. Génération.s ou La France insoumise ne sont pas des partis écologistes. Mais leurs militants sont les bienvenus s’ils souhaitent, avec nous, construire une société écologique et apaisée. Le populisme, c’est instrumentaliser les difficultés sans se donner les moyens d’y répondre. Nous avons la démarche inverse ; notre souhait est d’être dans le concret, pas dans les slogans. Notre écologie doit montrer qu’elle est sociale et positive, qu’elle est la vraie alternative à l’extrême droite. On doit donner cette espérance dans les zones qui se sentent abandonnées. L’écologie est une exigence concrète qui répond à des besoins quotidiens : chauffage, isolation, fuite d’eau. L’extrême droite se combat tous les jours en améliorant le quotidien. La seule façon de contrer la montée de l’extrême droite, c’est l’alternative écolo. L’écologie a deux pôles : le global et le local, l’Europe et les municipales. Je vais m’y investir pleinement. »

Le gros problème, c’est que la politique politicienne et l’arrivée d’opportunistes qui réclament des places d’élus fasse basculer le parti de Jadot du côté de l’écologie superficielle, apte à la langue de bois et aux mesurettes. Il reste à former les militants et les sympathisant à un discours cohérent et plus radical. Il faudrait que se diffuse dans la population un langage commun dont on pourrait définir les termes de façon suivante : Acteurs absents (démocratie), Biens communs (gouvernance), communauté résiliente (relocalisation), conférences de consensus (décisionnel), croissance maîtrisée (économie), écologie profonde (éthique), écocentrisme (valeur), Fécondité raisonnée (démographie), Monnaie locale (échange), Non-violence (relationnel), Revenu maximum (revenu), Sobriété partagée (consommation), Techniques douces (production). Cette réflexion complexe sous-tend le contenu de ce blog biosphere.

* LE MONDE du 6 juin 2019, Yannick Jadot : « Nous voulons conquérir et exercer le pouvoir »

Quel avenir pour un parti animaliste ?

Le parti animaliste est fondé en 2016 par sept personnes. Son but affiché n’est pas d’obtenir des élus mais de communiquer autour de la cause animale. Il obtient aux Européennes 2,2 % des voix, presque autant que les voix obtenues par le Parti communiste (2,5 %) et mieux que la liste Urgence écologie (1,8 %). Bizarre ! Car c’est la vision écologiste vu par le petit bout de la lorgnette ; la cause animale n’est qu’une partie des préoccupations liées à exploitation forcenée de la biosphère et pas seulement de ses animaux. Ce positionnement mono-thématique ignore la dimension européenne d’un scrutin généraliste. Mais cela fait mousser, une cinquantaine d’acteurs, animateurs et chanteurs – parmi lesquels bien entendu Brigitte Bardot, ont signé une tribune appelant à « prendre le parti des intérêts des êtres sensibles ». Et cela stimule quelques mémères amoureuses de son chien ou chat. En effet le programme affiché se résume à présenter une tête de chien aux européennes et un chat au législatives 2017. Nous sommes loin de la revendication profonde d’attribuer une valeur intrinsèque à toutes les formes du vivant. Les capacités humaines d’empathie s’exercent malheureusement assez peu envers les autres humains et de façon insignifiante envers les autres membres de la Biosphère, si ce n’est quelque animal domestique qu’on traîne à côté de soi. Voici quelques commentaires trouvés sur le lemonde.fr* :

Jean Louis Pérard : Il faut dire que le chien avait une bonne bouille. Cela compte …

le sceptique : Le choix d’un animal de compagnie plutôt qu’un animal sauvage dans leur communication est intéressant.

Ana : Quand on ne sait pas quoi voter, plutôt que de voter Blanc, on vote pour son chat.

Dominique Greusard : Il faut sans doute y voir la conséquence des alertes renouvelées quant aux risques pesants sur la biodiversité. Malheureusement, le mot biodiversité n’apparaît pas dans le programme du « Parti animaliste » ?

The Gonzo Man : Voici une manière cordiale d’exprimer son mépris pour les perroquets… professionnels de la politique. Il faut maintenant autoriser des animaux à être candidats… un chat, un chien, un organisme vivant tel la lèpre ou le choléra doivent pouvoir être candidat.

Untel : Se sont les populistes de demain ! Puisque résoudre les problèmes des humains se révèle de plus en plus difficile voire impossible pour les partis traditionnels, que les extrêmes se grilleront les ailes au pouvoir, il reste les animaux. Un parti politique où ceux pour qui l’on vote ont une façon de s’exprimer encore plus limitée qu’un électeur du Front National (si si c’est possible) c’est l’avenir de la politique !

ThreeRavens : « L’avenir de la politique », c’est aussi l’extension des droits sur le fondement d’une connaissance réflexive de nos pratiques, de nos traditions et de leurs effets. Ce sont plutôt les extrémistes du statu quo qui ont un répertoire limité.

Quelques compléments d’analyse sur notre blog biosphere :

8 octobre 2018, Aymeric Caron, supprimons tous les élevages !

24 août 2018, Jean-Pierre Digard, L’animalisme est un anti-humanisme

29 novembre 2016, Ecoterrorisme, les écologistes sont-ils coupables ?

24 août 2016, Antispéciste Aymeric Caron, la politique autrement

* LE MONDE du 28 mai 2019, Européennes 2019 : le Parti animaliste crée la surprise parmi les « petits »

De la génération 1968 à la génération climat

En mai 1968, la jeunesse se révoltait contre un passé minorant la place des jeunes. La majorité civile est passée de 21 ans à 18 ans seulement en juillet 1974. Un « enfant » n’avait pas accès au téléphone de la maison (quand il existait). Les parents rationnaient le passage devant une télévision où la couleur n’a commencé à se répandre qu’en octobre 1967. La jeunesse se révoltait contre la toute puissance du père, l’autorité parentale n’a été instituée qu’en juin 1970. Les mandarins régnaient sur l’université. La convention internationale des droits de l’enfant n’a été adoptée par les Nations unies qu’en 1989. En mai 2019, la jeunesse se révolte pour protéger son futur.

A la veille du scrutin européen du 26 mai, des jeunes étaient dans la rue avec leurs pancartes  : « Plus tard, je veux être vivant », « Je ferai mes devoirs quand vous ferez les vôtres ». « Nous sommes la première génération à subir les effets du ­changement climatique et la dernière à avoir une chance réaliste de prévenir une catastrophe », résume Linus Steinmetz, 15 ans*. Si les décideurs ne les écoutent pas les conséquences seront ­désastreuses : destruction de la biodiversité, raréfaction de l’eau et de la nourriture. Le mouvement « Fridays for future » cristallise l’engagement d’une Suédoise de 16 ans, Greta Thunberg, qui avait entamé une grève scolaire devant le Parlement de Stockholm en août 2018 ; la puissance des réseaux sociaux a transformé un combat solitaire en élan planétaire. Cette mobilisation contribue à la socialisation politique de la jeunesse, les débats dans les familles ne font que commencer. Les actions à venir risquent fort d’être spectaculaires, 90 % des jeunes acceptent les actions de désobéissance civile et entre 20 % et 30 % sont favorables à des dégradations de biens, notamment d’industries polluantes.Voici quelques réactions sur lemonde.fr :

Guillaume de Saluste du Bartas : C là que l’on se rend compte que l’on a pris un coup de vieux. Issus d’une génération qui a pu bénéficier de l’ascenseur socia , nous avons étudié, bataillé, bossé pour se faire une place au soleil. L’écologie était une notion nouvelle, étrange, excentrique. Elle devient maintenant une urgence. Nous les 50 ans et plus devrions remettre en question notre mode de vie …. L’avenir appartient aux jeunes : laissons-les prendre le pouvoir, mais que de résistances, de contre-attaques ….

Oh Boy : Ce sont les jeunes qui auraient mis en avant l’agenda climatique? On dirait que c’est Greta aux longues nattes qui a organisé la COP qui l’a invitée, créé le GIEC, fait la science, fondé les marches du carbone et développé des techonologies et stratégies de mitigation et d’adaptation: c’est nous les vieux.

Untel : J’espère ne pas être le seul à voir l’inconsistance du mouvement (comme avant lui Nuit Debout). Qu’est-ce ces grands mots comparés à la réalité de la mobilisation, qui s’essouffle à l’arrivée des examens et qui s’éteint pendant les grandes vacances. Mais vous rigolez ? L’absence de réelle motivation n’est pas compensée par le soutien indulgent des médias. Je pense que Lénine doit rigoler, là où il est, à la vision des révolutionnaires en culottes courtes (et cheveux tressés) du XXIe siècle.

le sceptique : Ces « générations » sont un concept un peu flou, surtout que chaque observateur voit ce qu’il a envie de voir parmi tout ce que fait une génération donnée. Qu’ont donné ou que donnent politiquement les générations 68, antiracistes, X, Y, Z…? Les jeunes pour le climat représentent combien de leur classe d’âge et en quoi est-ce très différent de l’engagement sur une thématique « progressiste » du moment, assez fréquent à l’adolescence ? Combien y a-t-il de jeunes qui sont dans le même temps aspirés vers les milieux identitaires-nationalistes, ou les milieux religieux tradi chez les 2e/3e génération de familles immigrées? Matériellement, quand viennent la vie active après papa-maman-bobo, puis le couple, puis l’enfant, cela donne quoi en bilan carbone, bilan matière première, bilan énergie ? Etc.

Michel SOURROUILLE : Aujourd’hui les jeunes savent que les glaces du pôle fondent et qu’une planète exsangue leur sera «  léguée » sans qu’ils puissent refuser l’héritage. Il est donc normal qu’ils fassent entendre leur voix au nom de l’avenir. De leur côté, les vieux, décideurs économiques et politiques, gilets jaunes, parents, restent accrochés aux vieilles lunes des Trente Glorieuses, la croissance à n’importe quel prix et le court-termisme de rigueur. Il semble donc que toutes les conditions soient réunies pour qu’un nouveau clash générationnel se fasse jour comme en 1968 ; cette grève scolaire de la génération climat n’en serait que le précurseur.

* LE MONDE du 24 mai 2019 ,« Plus tard, je veux être vivant » : la naissance d’une « génération climat »

Européennes 2019, bilan des listes écologistes

Avec 34 listes pour les Européennes, quel pouvait être le vote écolo ? Oublions tous les faux nez des partis gobe-tout qui n’avaient d’écologique que les transfuges venus des Verts. Il ne devrait jamais y avoir de vote sanction nationale, seulement une adhésion à un projet… européen. Malheureusement il y avait aussi deux listes explicitement écologistes, quel gâchis, faisons le point.

La liste Urgence écologique avait tout pour plaire. Sa figure marquante, Delphine Batho, avait tout compris du blocage du pouvoir politique. Elle a été ministre de l’écologie de François Hollande, elle a été virée, elle en a fait un livre en 2014, « Insoumise », dévoilant les coulisses du pouvoir. Sur son concept d’ « écologie intégrale », elle explique qu’il s’agit de faire de l’écologie un « objectif supérieur », avec une régulation écologique s’imposant à l’ensemble du système économique », et un « enjeu de sécurité nationale ». A son avis le clivage droite-gauche est obsolète ; il est en passe d’être remplacé par un nouveau clivage, avec d’un côté les Terriens (ceux qui défendent les ressources naturelles qui conditionnent notre existence) et de l’autre les Destructeurs (ceux qui choisissent de rester prisonniers du productivisme, par intérêt ou par cynisme). Dégoûtée par le PS, elle a pris la tête de Génération écologie, une survivance de l’époque Mitterrand. Le philosophe Dominique Bourg était tête de liste. Spécialiste des paradoxes du monde fini, il pouvait déjà dire en 2008  : « Nous sommes confrontés à un phénomène (réchauffement climatique et perte de biodiversité) qui peut nous faire retrouver le sens, et le sens du sens. Si nous ne ratons pas l’occasion. » En 2014, il avait supervisée une anthologie de la pensée écologique : il connaît tout sur la question. Si on pense que la détérioration de la planète est telle que cela dépasse largement les enjeux de pouvoir, il fallait voter écologie radicale, il fallait voter « Urgence écologique ». Le premier candidat de l’écologie politique à la présidentielle 1974, René Dumont, avait obtenu 1,32 % des voix, son message était trop radical pour l’époque. Si vous pensez que l’écologie n’a pas vraiment progressé politiquement depuis cette date, qu’il faut pratiquer l’écologie profonde, alors il fallait voter pour la liste « Urgence écologie ». Résultat, 1,8 % ! Les dépenses électorales ne seront même pas remboursées.

La liste Europe Ecologie, en d’autres termes Les Verts historiques, présentait comme tête de liste Yannick Jadot. Il commençait à être connu pour s‘être présenté au nom de l’écologie à la présidentielle 2017. Mais en février 2017 il s’est aligné sur Benoît Hamon, dissolvant les Verts dans un PS en perdition. Il mange aussi des tomates en hiver, mais à sa décharge il a été directeur de campagne à Greenpeace. Il n’est pas radical, il ne veut pas être le candidat de la fin du monde alors que c’est l’analyse portés par tous les scientifiques vu la raréfaction des ressources et l’explosion des pollutions. Mais son parcours de militant est exemplaire, encarté chez les Verts depuis les Européennes de 1999, il avait rejoint Greenpeace en 2002 pour en piloter les campagnes. Surtout il représente un parti bien connu des Français et ses colistiers ont une compétence certaine, plusieurs étant déjà député européens. Alors si vous pensez que l’intérêt de l’écologie politique c’est d’avoir des représentants de l’écologie superficielle au parlement européen, il fallait voter pour cette liste. Résultat dans les urnes, 13,1 %; soit treize députés européens. L’objectif est atteint.

N’oublions pas les apparentés écolos. Le parti animaliste a obtenu 2,2 %, soit au total pour la mouvance écolo environ 17 %. A ce décompte il faut ajouter la prime écolo qu’a donné à LRM les transfuges Pascal Canfin et Pascal Durant, ou le coup de pouce donné par Claire Nouvian au PS. L‘écologie deviendra-t-elle bientôt le premier parti politique de France ?

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Quelle démocratie en période d’urgence écologique ?

Introduction

La démocratie est le plus mauvais des systèmes… à l’exception de tous les autres. On ne trouve pas mieux, mais il y a des failles. Par exemple la formule du Rassemblement National aux Européennes, « Donnons le pouvoir au peuple », est pernicieuse. En apparence il s’agit de démocratie, « le pouvoir au peuple, par le peuple et pour le peuple », mais comme il s’agit de démocratie représentative cela veut dire en fait : « Donnez-nous le pouvoir et nous en ferons ce que nous voudrons puisque nous serons le peuple ». Je vais décrire les cinq caractéristiques de la démocratie pour montrer point par point que l’urgence écologique n’est pas compatible avec ces système. Dans une deuxième partie, je montrerais qu’il y a des alternatives à la conception actuelle de la démocratie qui favorisent la prise en compte des nécessités écologiques.

1) L’opposition Démocratie / Écologie en 5 caractéristiques

11) La démocratie est un lieu vide, sans références stables, puisqu’il s’agit de délibérer en groupe pour arriver à prendre une décision qui peut aller dans un sens ou en sens contraire selon les circonstances. Mais c’est mieux que l’autre procédure décisionnelle qui repose uniquement sur des arguments d’autorité formulés par une religion ou un leader plus ou moins charismatique (pharaon, roi, dictateur, etc.). Cependant l’écologie apporte une nouvelle dimension en remplissant ce lieu vide des découvertes de l’écologie scientifique. Les écologues décrivent des réalités biophysiques et leur effondrement probable (pic de tout, réchauffement climatique, stress hydrique, chute de la biodiversité, etc.). Tout le monde devrait savoir que le pétrole est une ressource non renouvelable et qu’il faudrait apprendre à s’en passer, par exemple en instituant une taxe carbone. Pas la peine d’en discuter davantage, seul le montant de la taxe et la destination des recettes est en débat.

12) Le lieu démocratique se remplit des désirs de ses membres. Or il y a dans notre société de consommation hédonisme des citoyens, recherche du toujours plus, pression du confort sur nos comportements. Comme disent les Américains, notre niveau de vie n’est pas négociable. En France on soutient toujours le pouvoir d’achat… Or dans un contexte écologique de raréfaction des ressources et de pollutions multiples, il faudrait au contraire une décroissance économique, la chute programmée du pouvoir d’achat, la sobriété partagée : le dire, c’est ne pas se faire élire, et c’est pourtant là un discours de réalité.

13) Le fonctionnement démocratique actuel se caractérise par une survalorisation du court terme. Dès une élection passée, un politique pense déjà à sa réélection. L’électeur pense de son côté à ses intérêts immédiats. Une politique écologique, c’est au contraire la gestion du long terme, il faut agir contre le réchauffement climatique, préserver le cycle du phosphore, penser énergies renouvelables et sobriété énergétique, etc.

14) Le nationalisme symbolise le fait que la démocratie repose sur une restriction dans l’espace. On en oublie que « son » député n’est pas représentatif d’une circonscription (c’est juste une modalité de vote), mais parle au nom de la nation. Or il y a mondialisation des problèmes et si les conférences internationales (COP 25 au Chili en novembre 2019) échouent, c’est parce que les intérêts nationaux l’emportent sur les exigences de sauvegarde de la planète.

15) Enfin, dans une situation de démocratie de masse, les procédures de prise de décision sont simplificatrices, sinon il y aurait blocage. Il n’y a pas démocratie directe mais représentative, il n’y a pas recherche du consensus mais poids de la majorité contre les minorités. Comment dans ce cadre envisager la complexité des interdépendances du vivant ? On voit la difficulté de passer de la connaissance scientifique du GIEC (groupe des experts en climatologie) à une décision politique de diminution drastique des gaz à effet de serre.

Nos difficultés socio-économiques augmentent et les populismes se généralisent au niveau européen et international. On arrive même à mettre en place des sortes de dictature qui pratiquent la voie du simplisme et la recherche de boucs émissaires (les immigrés, l’Europe, les ennemis extérieurs ou intérieurs…). On connaît les moyens de s’en sortir, mais il y a lenteur du changement alors qu’il y a parfois irréversibilité des tendances, par exemple sur le climat.

2) Recherche d’alternatives : procédures démocratique en situation de crise écologique

21) procédures politiques possibles

Conférence de consensus sur des problèmes difficiles à concevoir (Faut-il une taxe carbone ? Faut-il sortir du nucléaire ?)

Chambre du futur => amélioration du CESE (Conseil économique, social et environnemental) ou remplacement du Sénat.

– Arbitrages favorables d’un 1er ministre écolo sous la houlette… d’un président écolo !

– Libre-arbitre d’un élu… s’il est écolo compétent : cf l’article 27 de la Constitution («  Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du parlement est personnel »)

En clair, nous n’aurons un gouvernement écolo que si les différents décideurs en politique sont profondément écologistes. Cela implique la généralisation de la prise de conscience de l’urgence écologique puisque le fonctionnement politique et économique reflète l’état d’esprit de la population. Trump ou Bolsonaro tiennent leur pouvoir du peuple, les multinationales produisent ce que nous consommons !

22) formation d’un peuple écolo, une nécessité

– Il devrait y avoir intériorisation par chacun, élus ou non, de l’importance des acteurs absents, ceux qui ne participent pas à nos délibérations actuelles mais qui sont impactés par nos décisions présentes : les non humains (la biodiversité, une vision dans l’espace élargi ) et les générations futures (le souci du long terme), sinon une chambre du futur ne servirait à rien et l’arbitrage ministériel continuerait d’être défaillant. L’écologie est au-delà de la gauche et de la droite, nous avons tous pour tâche de nous occuper de l’équilibre durable de notre maison, la planète..

– Cela repose sur un engagement collectif dans un processus de formation centré sur l’urgence écologique, loin de l’intox des fakenews. Une modification de notre système scolaire et médiatique est indispensable. Nous devons oublier le croissancisme, nous devons changer de comportements, privilégier la sobriété partagée (simplicité volontaire et lutte contre les inégalités).

Conclusion

– Notre implication personnelle est nécessaire, que ce soit action individuelle, associative ou politique. Prendre un café est déjà un acte politique, il faut réfléchir à ce que cela entraîne, culture d’exportation, transports, énergie pour chauffer l’eau, problématique de l’eau, etc. Un écolo peut-il boire du café ? L’accélération de la prise de conscience peut suivre le mécanisme culpabilisation => culpabilité => simplicité volontaire (cf. dénonciation de ceux qui prennent l’avion en Suède)

– Les marches des jeunes pour le climat sont une lueur d’espoir, la grève scolaire initiée par Greta Thunberg peut être un événement déclencheur d’un mouvement international.

L’impératif écologique implique d’en finir avec l’anthropocentrisme dominant. Le XXIe siècle pourrait connaître l’émergence d’une nouvelle spiritualité qu’on peut symboliser par la notion de « Terre mère ».

Michel Sourrouille (Université populaire du Sud-Charente, conférence-débat du 9 mai 2019 à Nonac)

Affiches représentatives des partis aux européennes

Disons-le tout net, 34 listes pour les européennes ça n’intéresse que les plus convaincus : chacun votera pour son groupe de référence sans avoir jamais lu le programme ni même regarder les affiches électorales. Pourtant la visualisation des panneaux d’affichage officiels ouvre des perspectives. L’affiche qui a notre préférence, c’est celle d’Urgence écologie, une main verte sur fond de nuage menaçants. Pas de personnalisation de la présentation, juste la mention « votez pour le climat, votez pour le vivant, votez pour la jeunesse ». Une présentation de l’écologie radicale, contre les émissions de gaz à effet de serre, pour la préservation de la biodiversité, pour les générations futures ? Quant à l’affiche d’EELV, elle joue la notoriété nouvelle de sa tête de liste, Yannick Jadot, un peu trop seul en photo. Son slogan « ensemble nous pouvons tout changer » semble désuet.

L’affiche qui nous paraître redoutable, c’est celle du Rassemblement national. Il y a personnalisation d’une élection européenne, la tête de liste Jordan Barella est accompagnée de son mentor Marine Le Pen. Le slogan, « Donnons le pouvoir au peuple », est pernicieux. En apparence il s’agit de démocratie, « le pouvoir au peuple, par le peuple et pour le peuple », mais comme il s’agit de démocratie représentative cela veut dire en fait : « Donnez-nous le pouvoir et nous en ferons ce que nous voudrons puisque nous serons le peuple ». Aux dernières nouvelles le parti LREM assume lui aussi une présidentialisation forcenée de l’élection avec l’image grand format de Macron qui se retrouve partout. Sur l’affiche placardé, on présente six têtes « en marche », mais Nathalie Loiseau est mise en retrait par rapport à Pascal Canfin, ce transfuge des Verts qui sert d’alibi écologique à Macron. Leur slogan « en marche pour l’Europe, je vote renaissance », n’a aucun contenu réel, c’est du blabla ordinaire. Toujours dans cette démarche populiste de nationalisation des européennes, on trouve l’affiche de La France Insoumise : la jeune Manon Aubry est cornaquée par l’ex-présidentiable Jean-Luc Mélenchon. Le slogan « la voie de l’insoumission » a autant de crédit que « l’espoir revient » ; seuls les indignés par habitude s’y reconnaîtront. Après, c’est le discours convenu des vieilles lunes. Le PCF de Ian Brossat se veut « pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent ». Lutte ouvrière présente son dogmatisme traditionnel, « Contre le grand capital, le camp des travailleurs ». Le PS qui se rebaptise « social-écologique » mais aussi « citoyen « par perfusion avec Place Publique se dissout dans la personne de Raphaël Glucksman. Leur slogan « Envie d’Europe écologique et sociale », c’est du vent comme l’a démontré Hollande quand il a eu le pouvoir. Leur alibi écolo Claire Nouvian, c’est de la publicité mensongère : elle figure parmi les 7 noms affichés, mais elle est pourtant en positon inéligible, 78ème sur 79 candidats !

Passons rapidement sur « Le courage de défendre les Français, » « Ensemble pour le Frexit », « Refonder l’Europe, rétablir la France ». Tous ces gens n’ont pas encore compris que l’Union européenne, c’est un conglomérat de nations plutôt qu’une fusion réussie. Et nous n’avons pas à commenter toutes les listes qui n’ont même pas assez de moyens pour présenter une affiche officielle aux yeux des électeurs…