politique

Contre le secret des affaires, quelle législation ?

La transparence de l’information devrait être la règle dans tous les domaines. Mais il faut pour cela combattre le pouvoir de nuisance des lobbies industriel et la capacité des entreprises à étouffer la libre parole de leurs membres.

1er cas juridique : Les études confidentielles sur la toxicité du glyphosate doivent être rendues publiques. Ce jugement rendu par le tribunal de l’Union européenne (UE) jeudi 7 mars à Luxembourg marque une étape importante dans la transparence européenne. L’EFSA avait justifié son refus d’accès partiel aux études scientifiques en arguant que « la divulgation de ces informations pourrait porter sérieusement atteinte aux intérêts commerciaux et financiers des entreprises ». En annulant une décision de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), le tribunal a confirmé que « l’intérêt du public à accéder aux informations » en matière d’environnement était supérieur aux intérêts commerciaux. Le tribunal cite le règlement d’Aarhus sur l’accès à l’information en matière d’environnement. Cette convention (signée en 1998) impose la transparence sur les « émissions de polluants dans l’environnement » – un terme se rapportant autant aux émissions des véhicules qu’aux pesticides. (LE MONDE du 10-11 mars 2019, Glyphosate : la justice européenne impose la transparence)

2ème cas juridique : Une directive européenne sur la protection des lanceurs d’alerte devrait être adoptée malgré les réticences de la France. Les lanceurs d’alerte (« whistleblowers » en anglais), ce sont ces personnes qui, au sein d’une entreprise ou d’une administration, détiennent des informations concernant des activités illicites – corruption, fraude… – ou d’autres actes répréhensibles pouvant « causer un préjudice grave à l’intérêt public ». Les organisations mises en cause étant très souvent leurs employeurs, ces personnes s’exposent à de graves conséquences s’ils décident de les révéler. Les eurodéputés ont considéré qu’il appartenait au lanceur d’alerte de choisir la voie la plus appropriée pour ses révélations. Mais la France a souhaité rendre obligatoire le signalement en interne !!! En d’autres termes, la condition sine qua non pour pouvoir bénéficier du statut protecteur de lanceur d’alerte, serait d’avoir d’abord prévenu… les responsables des actes répréhensibles. Un non-sens…(LE MONDE du 10-11 mars 2019, L’Europe veut protéger les lanceurs d’alerte). Aucun secret en matière de choses publiques ne devrait exister dans une démocratie où citoyens et élus ne peuvent prendre les bonnes décisions qu’en toute connaissance de cause. Il ne devrait n’y avoir ni secret d’État, ni secret des affaires. Il y a un intérêt public à savoir comment agit le pouvoir et ce que l’on y fait en notre nom. Le gouvernement Macron s’aligne sur la position de la Fédération des associations patronales européennes, BusinessEurope. Il privilégie le pouvoir absolu des entreprises, il méprise le peuple.

Lire aussi sur ce blog biosphere :

Manning, Assange, Snowden, oui à la transparence totale

extraits : De notre point de vue, les citoyens doivent être considérés comme des personnes responsables à qui on peut et on doit tout dire. Nous ne pouvons pas construire un avenir durable (donc écolo) dans l’ombre des cabinets ministériels… Les lanceurs d’alerte, contre le secret d’État, contre le nucléaire, contre les OGM, contre les nanotechnologies, etc., renforcent la démocratie…

WikiLeaks, d’intérêt public

extraits : On accède à une qualité spéciale de compréhension lorsqu’on dispose d’un large éventail de sources, mais l’historien doit patienter vingt ou trente ans avant de pouvoir accéder aux archives diplomatiques. Avec WikiLeaks, c’est le rêve de l’historien et le cauchemar du diplomate…

Souffrance animale, un secret industriel qui fait mal

extraits :  Une douzaine d’Etats américains ont proposé ou adopté récemment des lois criminalisant la dénonciation de la cruauté dans les élevages et abattoirs. La plupart de ces projets de loi punissent non seulement les militants qui prennent des photos et des films, mais aussi les médias et les organisations de défense des droits des animaux qui diffusent les documents. Selon les représentants des firmes d’élevage, « ces tournages nuisent à la réputation de la filière »…

Écolo, moi vouloir être élu pour un plat de lentilles

Pascal Durand sur la liste LREM !!! Dans une élection, les individus sont des pions qui sont poussés ou sacrifiés au gré des circonstances socio-politiques. Avant les législatives 2017, Macron avait embauché Nicolas Hulot au poste de ministre de l’écologie, cela verdissait son image. Peu importe que Nicolas soit obligé de démissionner le 28 août 2018, n’ayant jamais pu vraiment verdir la politique jupitérienne. Mais Macron avait obtenu sa majorité parlementaire. Dans la préparation des européennes, le même jeu d’échecs se perpétue. La macronie redoute un score important de la liste portée par Europe Écologie-Les Verts puisque la question environnementale est de plus en plus prégnante dans l’opinion publique. Elle cherche donc à incarner davantage le combat écologiste, à reverdir la liste LREM. Pascal Durand, ex-secrétaire général d’EELV et actuellement eurodéputé EELV, sera donc candidat en position éligible, dans les premières places de la liste « Renaissance européenne ». N’oublions pas que le président Hollande n’avait pas hésité à débaucher sauvagement la secrétaire nationale d’EELV Emmanuelle Cosse pour en faire une ministre du logement ! Dans ce contexte politicien, les déclarations de Pascal Durand n’ont qu’une importance très relative, on peut toujours justifier ses actes : « Je m’engage pour un combat européen sur une liste où on ne me demande pas de renoncer à ce que je suis, écologiste. Mais vu l’état actuel de l’Europe, quelle capacité aurons-nous demain d’y faire progresser une vision humaniste, solidaire, écologiste ? Les principes fondateurs sont battus en brèche en Italie, en Hongrie, en Pologne, en Autriche, en Roumanie, et sont attaqués partout ailleurs… Mon choix, c’est celui de la position centrale, plutôt que de la marge. Et EELV a fait, en France, le choix tactique d’un repli identitaire plutôt que celui d’une liste ouverte. » Les membres d’EELV seraient mal venus de critiquer Pascal Durand. Ils avaient abandonné la candidature de Yannick Jadot à la présidentielle 2017 au profit du candidat PS Benoît Hamon, tout ça en croyant qu’ils allaient ainsi conserver leurs groupes parlementaires. Mauvais calcul tacticien, ils ont tout perdu.

Encore une fois aujourd’hui s’oppose une écologie pragmatique, pratiquée par beaucoup d’écologistes dans le but d’être élu, et une écologie radicale, en déphasage avec la psychologie conservatrice et consumériste de la majorité des gens. D’un côté on obtient une toute petite partie du pouvoir, de l’autre on reste marginalisé, si ce n’est tourné en ridicule. Mais ce n’est pas parce qu’on reste minoritaire qu’on a tort. Une des référence pour les écologistes, H.D.Thoreau, écrivait en 1848 dans « La désobéissance civile »  : « Peu importe qu’un début soit modeste : ce qui est bien fait au départ est fait pour toujours… Un homme qui a raison contre tous les autres constitue déjà une majorité d’une voix… Homme d’État et législateurs, si bien enfermés dans leurs institutions, parlent de changer la société, mais ils n’ont point de refuge hors d’elle… » Nous aimerions que les candidats EELV aient un discours à la mesure de l’impératif écologique, extrémiste car urgentiste, portant la parole des générations futures et des non-humains. Laissons aux pions qui croient avoir le pouvoir la bêtise de nous traiter de « prophètes de l’apocalypse ». Tous les indicateurs sont au rouge et le dernier résumé à l’usage des décideurs du GIEC est clair : la stabilité et la sécurité dans le monde sont menacés à moyenne échéance.

Nous ne reprochons pas à Pascal Durand d’être sur la liste de Macron, nous lui reprochons de ne pas tenir le même discours que celui qu’il avait eu en 2012 en tant que secrétaire national d’EELV, incisif, réaliste : « L’écologie ne peut s’inscrire dans les vieux moules de la gauche… La gauche actuelle, c’est d’abord la conquête de la nature par l’être humain… Nous devons sortir de la logique de l’homme dominant la nature… Si demain l’air, l’eau, la terre, le ciel et le vivant sont privatisés, notre civilisation sera derrière nous… Si, dans l’imaginaire collectif, la réussite reste la Rolex et la grosse bagnole, on va dans le mur… Tant que le PS cherchera une croissance qui n’existe plus, on n’y arrivera pas… La réussite ne consiste pas à avoir toujours plus, mais à avoir autrement… Si Jaurès était vivant, il serait écologiste… La nouvelle fraternité du XXIe siècle n’est plus réservée à la pensée humaine et aux seuls êtres humains, il faut y inclure le vivant et même, pourquoi pas, le minéral… »* Il avait alors perdu sa place de secrétaire, démis par la gauchisante Cécile Duflot : trop radical ! Mais il avait raison.

* http://www.liberation.fr/politiques/2012/08/12/si-jaures-etait-vivant-il-serait-ecologiste_839411

L’écologisme est-il soluble dans le marché ?

Yannick Jadot, candidat écologiste aux élections européennes ne ferme pas la porte à une alliance, au Parlement européen, avec la droite, les libéraux et les sociaux-démocrates après les élections de mai : « Si on nous propose un programme qui améliore substantiellement le fonctionnement de l’Union et les politiques européennes, alors, les Verts y apporteront leur soutien. »* Pas de quoi fouetter un chat ! Notons d’abord que le parlement européen fonctionne au consensus, synthèse entre positions diverse, alors que nos députés français agissent de façon clanique, opposants contre majorité au pouvoir. Notons aussi que l’écologie va au-delà des étiquette droite et gauche, tous les citoyens du monde ont un intérêt commun, vivre sur une planète habitable. Mais Jadot assume aussi être « pour l’économie de marché, pour la libre entreprise et l’innovation ». Alors là le débat devient complexe, d‘autant plus que la célébration de l’innovation va souvent à l’encontre du principe de précaution.

Dès l’origine du libéralisme économique, Adam Smith et Ricardo se sont placés du côté des chefs d’entreprise : soutien de la division exacerbée du travail, de l’expansion forcenée des manufactures, du libre-échange généralisé. Aucune approche scientifique dans leur propos si ce n’est de laisser croire que l’abondance productive allait permettre le bonheur des peuples. Deux siècles plus tard, on constate que la liberté des chefs d’entreprise et la soi-disant bonne indication par les prix (donnés par le jeu complètement faussé de l’offre et de la demande) n’a jamais entraîné un Bonheur National Brut. Au contraire, avec le déchaînement des forces productives, les conditions de vie se détériorent et l’état général de la biosphère est au plus mal. Le seul économiste du passé qui nous a donné en 1798 les moyens de décrire un futur bien compromis a été Malthus. Il a lié la sphère humaine (la démographie) et la sphère des ressources naturelles (la production agricole). Si nous avions écouté son enseignement et respecté le nécessaire équilibre entre l’expansion humaine et les limites biophysiques de la planète, nous n’en serions pas arrivés là où nous en sommes, proche du précipice.

Mais il ne faut pas dire que le seul système qui s’oppose à l’économie de marché est le dirigisme économique. On ne va pas refaire l’URSS de Staline (la planification impérative) même si on fait encore du Trumpisme (de l’anti-écologisme débridé). Ces deux idéologies foutent en l’air la nature et les relations sociales. Entre les décisions confiées à des individus (qui vont pour la plupart représenter de grandes structures) et la gouvernance par un Etat (dont les membres voudront en faire à leur aise), il y a les petites entreprises paysannes, artisanales et commerciales, il a la relocalisation de toutes les activités humaines, il y a des familles à ressouder, il y a des communautés de base à construire autour de l’idée d’autonomie politique, alimentaire et énergétique… Le Parlement européen est une tentative de centralisation qui est aussi soumis paradoxalement au principe de subsidiarité comme élément de rééquilibre entre le local et le global. Ce principe est inscrit officiellement dans le traité de Maastricht (1992) qui fonde l’Union européenne. Un système démocratique durable est d’autant mieux préservé si l’Etat central programme la mise en place d’une autonomie territoriale. Il n’y a de véritable démocratie que locale.

* LE MONDE du 7 mars 2019 , Elections européennes 2019 : Yannick Jadot accusé de prôner une « écologie de marché »

Grand débat national, ce sera la grande désillusion

Corinne Lepage, ex-ministre de l’écologie : « A l’heure qu’il est, nul ne sait, sauf peut-être le président de la République, comment s’achèvera le « grand débat national » et sur quelles sortes de propositions, qu’elles soient organisationnelles ou de fond, il débouchera. Mais le malheur veut que, « en même temps », tous les instruments du débat public soient progressivement déconstruits ou programmés pour l’être. Tout d’abord, la suppression des enquêtes publiques… Vient ensuite la réduction massive du champ de l’étude d’impact environnemental… S’ajoute l’objectif du conseil d’État qui vise à réduire au minimum la recevabilité des recours… La France est désormais un pays dans lequel il est quasiment impossible, quelles que soient les illégalités, de gagner un procès contre EDF, Total et quelques autres totems de notre système… Enfin, cerise sur le gâteau, il s’agit désormais de supprimer le seul sas de débat public qui existait réellement, celui de la Commission nationale du débat public (cf. mediapart)»* Place aux commentateurs perspicaces sur lemonde.fr :

Jean Nébavé : On peut ajouter la loi sur le « secret des affaires », on peut ajouter la récente tentative de perquisition à Médiapart…

Fourmaintraux Alain : La Commission Nationale du Débat Public ? Mais n’a t-elle pas été écartée après les révélations de Médiapart, précisément, sur la rémunération de sa présidente ?

HdA @ Fourmaintraux : Non. Sa présidente s’est mise de côté pour que son salaire ne perturbe pas le débat (elle a aussi proposé que son salaire soit débattu). La commission a été dessaisie par le gouvernement. Retournez dans les archives du journal.

Graphisto : Sur le dessaisissement de la Commission Nationale du Débat Public, Il faut lire l’article complet de Mediapart http://savons-ficelles.com/web/grand-debat-les-secrets-d-un-hold-article_788370.pdf pour voir que le gouvernement a tout fait pour saboter le potentiel débat, réduit maintenant à la Campagne Macron, + quelques thèmes bien choisis par lui. Une farce.

Lectrice 75 : La main-mise de l’Etat sur l’organisation et les suites éventuelles du grand débat suffit à justifier qu’on le boycotte.

Rajeu : La principale lacune de la CNDP se posera dans tous les types de débats au final : les gens s’en fichent. Qu’il s’agisse d’une enquête publique, ou d’une consultation ou d’un débat public, on peine à attirer des gens qui ne sont pas déjà fortement mobilisés pour ou contre un projet. A la limite c’est un peu mieux pour l’enquête publique en raison de la délimitation géographique plus stricte, mais même là, on peine à attirer des gens.

En fait le « Grand débat » imite le fonctionnement des groupes locaux de LRM tel qu’il existe depuis l’élection de Macron. On impose une grille de lecture d’un événement, on fait des petits groupes de travail pour en discuter, chacun y va de ses propres revendications, on réalise ensuite une simili-synthèse, ce qui débouche sur une vaste cacophonie. Ensuite on fait remonter vers le haut on ne sait pas trop quoi, on ne sait pas bien vers qui, et une proposition, oh miracle, aboutirait sur une prise de position du pouvoir central, c’est ce qu’on nous dit, et ce qui en même temps ne veut pas dire décision. Il y a bien mieux que ce grand débat, cela s’appelle conférence de consensus. Pour mieux comprendre le grand débat, les articles précédents de notre blog biosphere :

16 janvier 2019, Macron : le débat écolo a avorté avant de commencer

9 janvier 2019, Quelle démocratie pour une société écologisée ?

* LE MONDE du 19 février 2019, Corinne Lepage : « La question se pose de savoir si la France est encore un Etat de droit »

Nous, adultes, ferons la grève scolaire du 15 mars

En bref, cet appel que nous relayons : « Nous sommes des scientifiques et universitaires de diverses disciplines. Nous avons alerté mille fois l’opinion publique et les décideurs. Nous avons nourri le débat public, nous avons tout essayé. Et pourtant… le péril ne cesse de croître, et se dérobe même ce qui sauve ! Des effondrements de la civilisation thermo-industrielle sont probables par épuisement de nos ressources naturelles. Épouser et soutenir le mouvement d’une civilisation mortifère, c’est loin d’être neutre. A l’opposé des destructeurs se situent les lycéens et étudiants qui suivent le mot d’ordre de grève climatique de Greta Thunberg ; et au-delà la jeunesse de la planète entière. Nous comprenons un mouvement de désobéissance civile comme Extinction Rebellion, dont la radicalité relève du réflexe de survie. C’est un impératif moral et politique d’accompagner et d’encourager cette mobilisation pour ceux qui possèdent une parcelle de savoir. Nous ferons nous aussi la grève scolaire pour le climat le 15 mars.« 

Lecteurs, relayez dans vos réseaux ce message, faites en sorte que la mobilisation internationale fasse enfin réfléchir les décideurs, utilisez les possibilités d’Internet pour mieux préparer l’avenir tous ensemble, tous ensemble…

* LE MONDE papier du 21 février 2019, « Nous, scientifiques, ferons aussi la grève scolaire du 15 mars »

 

Que retenir de l’ex-secrétaire des Verts Cécile Duflot

Interviewé récemment, Cécile Duflot montre que l’exemplarité d’un militant écolo n’est pas son fort. Elle parle de tout et de rien, et à la fin de la rencontre on ne sait pas qu’elle a été un jour « représentative » du mouvement écolo. Il en était déjà de même dans son livre « Le grand virage ». Extraits de l’article du MONDE *:

Cécile Duflot ne trouve plus la photo. Elle fait défiler les images sur l’écran fissuré de son téléphone. « Comment c’est possible ? Il est passé où, ce papier peint ? Je comprends rien à ces trucs. » La photo disparue, celle que la nouvelle directrice d’Oxfam France cherche avec une certaine persévérance, est celle du revêtement qu’elle a choisi pour décorer sa chambre dans sa maison familiale des Landes. Devant son verre de bourgogne, Cécile Duflot raconte : « J’ai fait le réveillon du Nouvel An avec des potes de mon fils. C’est eux qui m’ont demandé si je voulais bien le passer avec eux – je me suis dit, “putain ! en fait, je suis cool comme nana”. » Du bon vin, de la bonne bouffe. « Qu’est-ce qu’on a mangé le 31 décembre ? Ah ben, oui, des côtes de bœuf au feu. On a aussi mangé du foie gras – faut pas l’écrire dans votre article. Mais on était dans les Landes ! C’est la mère du voisin qui le fait ! » Quant à la question démographique, cela n’a jamais été sa tasse de thé. Pour faire court : il y a les trois premiers enfants, Émile, Anémone et Bleuette, d’un premier mariage. Puis la benjamine, Térébentine, qu’elle a eue avec Xavier Cantat, qui lui-même a trois autres enfants. Puis les deux filles de son nouveau compagnon. C’est le moment enfants de l’apéro. Pour être exact, c’est l’un des moments enfants. Car Duflot, en « vieille guenon », raconte qu’elle est capable de prendre un nouveau-né dans ses bras pour sauver une mère en détresse dans le train. « J’adore l’odeur du lait caillé dans le cou. » Et encore : les caresses du doigt entre les sourcils, les ruses pour endormir Térébentine, les trois règles de la parentalité facile.

Pour l’incitation au végétarisme et à l’intérêt pour ce qui compte vraiment, on repassera. Dans une émission « Des paroles et des actes », notre démographie conquérante avait été deux fois évoquée, par Jacques Attali… et par Cécile Duflot. Elle fait un bon diagnostic sur la consommation exagérée de ressources, mais ne semble pas voir qu’une France de 80 millions consommera forcément plus d’espace/habitats et de ressources avec l’état actuel de nos modes de vie. Voici maintenant quelques repères sur notre blog biosphere pour mieux cerner le personnage :

6 avril 2018, Cécile Duflot quitte la politique, l’écologie respire

6 juin 2017, Erreurs tacticiennes de Cécile Duflot et mort d’EELV

21 mai 2017, Législatives, EELV est foutu, Cécile Duflot l’a voulu

23 septembre 2016, Cécile DUFLOT, en course pour la présidentielle 2017

22 septembre 2015, François de Rugy condamne le putsch de Cécile Duflot

15 juin 2015, Cécile Duflot, vers un fiasco aux présidentielles 2017

6 mars 2015, Nous voudrions faire confiance à Cécile Duflot, mais…

7 août 2014, Analyses (im)pertinentes du discours de Cécile Duflot

29 août 2014, Duflot : de l’intérieur (voyage au pays de la désillusion)

7 juin 2012, Dépénalisation du cannabis, Duflot pour, l’écologie contre

* LE MONDE du 17-18 février 2019, Un apéro avec Cécile Duflot : « Je n’ai pas quitté la politique pour vendre des yaourts »

L’écologisme contre le populisme, qui va gagner ?

Le populisme et l’écologisme sont deux axes de la pensée humaine incompatibles, si ce n’est complètement opposés. Le mouvement des « Gilets jaunes » en est un exemple frappant : mieux vaut épuiser le pétrole qu’accepter une taxe carbone. Précisons :

LE MONDE* expose des définitions simplistes du populisme : « idéologie peu substantielle qui considère que la société se divise en deux camps homogènes et antagonistes, le “peuple pur” et “l’élite corrompue” et qui affirme que la politique devrait être l’expression générale de la volonté du peuple »… « le populisme est une stratégie de construction de la frontière politique sur le mode “ceux d’en bas contre ceux d’en haut” ». Le populisme n’a pas de contenu programmatique spécifique, il s’agit de revendication diverses, pour le pouvoir d’achat et pour l’emploi, contre les immigrés, contre les élites, contre le « pouvoir ». Le populisme est en fait l’art de se servir des sentiments du peuple pour prendre le pouvoir, et de manière annexe le lui confisquer. En effet la colère est mauvaise conseillère, elle fait le jeu de quelques leaders autoproclamés. Si le mot « populisme » est souvent utilisé en politique pour disqualifier un adversaire, trop de dirigeants se révèlent populistes. Extrême droite et ultragauche se rejoignent. « Contre la droite du fric, la gauche du fric, je suis la candidate de la France du peuple », affirmait Marine Le Pen lors du lancement de sa campagne présidentielle de 2017. L’affiche électorale de Jean-Luc Mélenchon était du même tonneau : un portrait de lui-même surmonté du slogan « La force du peuple ». Ils disent qu’ils sont à l’écoute du peuple, ils vont le faire parler par l’intermédiaire d’un référendum ou de la démocratie participative, ils en reviennent toujours à leur point de départ, la voix du peuple s’expriment par leur propre bouche. Illusion, illusionnistes. Le « peuple » est en réalité un ensemble hétérogène de voix dissemblables et dissonantes, qui peut dire oui un jour et non le lendemain, qui cherche surtout à voter selon son propre intérêt, qui cherche le plus souvent à satisfaire ses avantages catégoriels et non à promouvoir le bien commun, qui soutient en fin de compte un dictateur. Au niveau international, les populistes profitent du malaise socio-économique pour se multiplier, Chavez/Maduro, Trump, Bolsonaro, etc.

Le populisme actuel des « Gilets jaunes » se nourrit à la fois du rejet des grandes vagues migratoires, ainsi que des bouleversements induits par la société thermo-industrielle, par exemple la nécessité de la bagnole. Les atteintes constamment portées aux règles en vigueur du langage public civilisé deviennent des sources de mobilisation chez ceux “d’en bas”. C’est une manière de se façonner une nouvelle identité, un nouveau sentiment du “nous”. Mais le désir de sortir du sentiment d’exclusion conduit en fin de compte à rechercher une contrainte imposée de l’extérieur par une instance autoritaire. Les leaders d’extrême droite ou d’extrême gauche inventent alors des coupables désignés, des boucs émissaires venus de l’étranger ou issus du capitalisme. Eux, ils vont « représenter » le peuple, le populisme a gagné contre l’écologisme. En agrégeant toutes les crises à un niveau inouï, en combinant inégalités des richesses et pénurie des ressources, le drame écologique a une capacité de nuisance sans précédent : celle de nous ramener au pire de l’homme et de la barbarie. On pourrait espérer qu’il en soit autrement car toute dictature, même exercée au nom du peuple ou de l’écologie, mène irrémédiablement au désastre : les manipulations des foules ne sont jamais porteurs de bonne nouvelle. Il reste donc à mettre en œuvre ce que Hans Jonas envisageait incidemment : « Naturellement il serait préférable qu’on puisse confier la cause de l’humanité à une conscience authentique qui se propagerait. »

Pour en savoir plus sur notre blog biosphere :

Le peuple n’existe pas, c’est une abstraction construite

Ochlocratie : les peuples contre la démocratie

Pourquoi l’inéluctable montée des populismes ?

BIOSPHERE-INFO, L’écologie sans dictature

LE MONDE du 13 février 2019, Des essais pour comprendre ce qu’est le populisme

Ochlocratie : les peuples contre la démocratie

Yascha Mounk a publié en août 2018 « Le Peuple contre la démocratie ». Il estime dans LE MONDE* que la démocratie est en passe de s’effondrer : « Les quatre « démocraties » les plus peuplées, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie et les Etats-Unis, sont gouvernées par des leaders qui proclament être la représentation exclusive du peuple, et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux y sont considérés comme des traîtres. Des gouvernements illibéraux comme ceux de la Turquie, de la Hongrie ou du Venezuela ont détruit des démocraties. La popularité des populistes grimpe partout. La logique du mouvement des « gilets jaunes » est très clairement celle des forces populistes. On le voit dans le rejet du système politique, dans l’affirmation de parler pour tout le peuple et le fait qu’ils ne reconnaissent aucune légitimité aux autres acteurs politiques – partis, syndicats, élus, gouvernement. Ce type de mouvement n’apporte pas de solution, il est inquiétant, il aura montré à quel point une grande partie des Français sont prêts à accorder leur confiance à un mouvement populiste. » C’est le règne de l’ochlocratie.

L’ochlocratie est un régime politique dans lequel la foule (okhlos) a le pouvoir d’imposer sa volonté. Pour les Grecs, l’okhlos, c’est ce qui est inférieur au dèmos. Ochlocratie n’est pas un synonyme de Démocratie au sens de « gouvernement par le peuple ». Le terme foule, non le terme peuple, est employé ː on suggère dans un sens péjoratif la foule en tant que masse manipulable ou passionnelle. On parle aussi de phénomènes de foule, souvent provoqués par la démagogie ou le populisme. La démocratie instituée dégénère en chaos politique, lutte entre les individus et finalement règne de la force. L’historien grec Polybe (vers 200 av. J.-C.) décrit un cycle politique en six phases qui fait basculer la monarchie dans la tyrannie, à laquelle fait suite l’aristocratie qui se dégrade en oligarchie, puis la démocratie qui entend remédier à l’oligarchie sombre, dans une sixième phase, dans le pire des régimes qui est l’ochlocratie, où il ne reste plus qu’à attendre l’homme providentiel qui reconduira à la monarchie. C’est le démocrate Macron qui devint Jupiter pour finalement laisser la place aux gilets jaunes… dans l’attente d’un leader (à nouveau) bien-aimé…

Sur ce blog biosphere, nous avons suffisamment analysé le mouvement des Gilets jaunes (lire notre synthèse), une radicalité protéiforme qui n’a en commun que son uniforme. Le seul lien qui pourrait nous unir politiquement, c’est un nouvel imaginaire collectif. Il faut s’interroger sur ce que nous avons vraiment en commun et qui pourrait construire un nouveau discours plus adapté à notre temps, une exigence qui tourne le dos aux petites revendications de pouvoir d’achat et d’impossible suppression des élites en système de démocratie de masse. Notre souhait est formulé de façon parfaite par Philippe Descola : « Le seul présent collectif, c’est celui de l’état de la planète, Aujourd’hui, tous les humains sont confrontés à la question de l’état du système Terre et donc de notre futur commun. Nous devons tous faire face au réchauffement climatique, à l’érosion de la biodiversité, à la pollution, à l’appauvrissement des sols arables. Bref, à la détérioration des conditions d’habitabilité de la terre. Mais malheureusement cette réalité-là n’a pas la même force, la même pertinence et la même urgence pour tout le monde. On voit alors surgir des mouvements populistes autoritaires qui s’opposent totalement à la sensibilité écologique. C’est un problème de temporalité, c’est la difficulté à se projeter dans un futur lointain. Les « sachants », notamment les scientifiques, ont une idée assez claire de ce qui va se passer, une catastrophe climatique et socio-économique ; une partie de la population est plus ou moins sensible à cette idée, mais celle-ci reste très abstraite ; sans oublier ceux qui pour des raisons politiques de très court terme choisissent de nier le réchauffement, et enfin les populations qui sont en première ligne mais ne comprennent pas toujours ce qui se passe. (passage supprimé sur LE MONDE papier : Nous sommes somnambules, certains moins que d’autres. Les mesures économiques qu’on peut envisager comme la carte carbone sont utiles, mais au fond, c’est le système général qui est fou. La croissance devenue une divinité, la consommation comme seule valeur, la production de richesses infinie… Le modèle est complètement épuisé mais on continue à y vivre.) Il nous faut une révolution mentale : les humains n’ont pas de droits sur la nature, c’est la nature qui a des droits sur eux. »**

Moralité : si nous ne devenons pas un peuple écolo, ce sont des leaders cinglés comme Trump, Bolsonaro, Madiro ou Mélenchon qui garderont ou prendront le pouvoir « au nom du peuple ».

* LE MONDE du 31 janvier 2019, « Le système de gouvernement des démocraties est aujourd’hui menacé »

** LE MONDE du 31 janvier 2019, « Il faut une révolution mentale », selon Philippe Descola

Macron : le débat écolo a avorté avant de commencer

La transition écologique, un des quatre thèmes du grand débat national, un débat déjà sans avenir. Les anti-écolos s’agitent : le syndicat agricole FNSEA a demandé que l’on revienne sur l’interdiction du glyphosate, tout comme la CGT voudrait un « moratoire » sur la fermeture des centrales à charbon. Dans sa lettre, Emmanuel Macron ne se montre guère précis, il ne parle même pas de la taxe carbone. Sur les problématiques de transport, de chauffage ou d’alimentation, le chef de l’État évoque des solutions locales sans autre précision. Sur la biodiversité, il livre une phrase cryptées car le débat est cadré dans son aspect le plus technocratique : « Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos agriculteurs et nos industriels ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ? » En creux, Macron admet que l’une des causes majeures de l’érosion de la biodiversité est l’utilisation des pesticides de synthèse en agriculture, mais il réduit la question à son aspect le plus insoluble : la difficulté à imposer aux autres États les choix de restreindre telle molécule de manière à ne pas desservir la compétitivité. Certains commentateurs sur le monde.fr* restent dubitatifs :

Parlons clair : Macron remet en cause la COP 21 et les suivantes….. mais pas surtout pas l’ISF ou la flat taxe !! La France a t-elle encore un Président ? !!!

SARAH PY : La question climatique et écologique est structurante, elle n’est pas un sujet parmi d’autres. Cela, M. Macron ne le pense pas, ne le dit pas dans sa lettre. C’est donc sans illusion sur sa capacité à être un homme d’Etat que s’engage ce débat sans vision, sans stratégie, indigne des défis qui nous attendent. La politique y perd ses lettres de noblesse pour être ravalée à son prurit démagogique.

Réaliste : notre système est basé sur la consommation sans limites donc c’est illusoire de croire que l’ont peut réduire notre consommation de carbone !! Idem pour tous les pays !! Surtout avec l’augmentation de la population dans certaines zones géographiques !! Après nous le déluge, mais avant l’étuve !!

Sur ce blog biosphere, nous pensons que l’écologie ne sortira pas grandie d’un débat national improvisé faisant intervenir des individualités (tout le monde a la parole) sans donner de cadre aux diverses discussions (les mairies?) ni d’assurances sur la prise en compte des résultats. Le Grenelle de l’environnement était organisé de façon beaucoup plus sérieuse, et pourtant il n’avait abouti au parlement qu’à concéder des miettes. Dans un entretien au MONDE**, Emmanuelle Wargon, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire et copilote du grand débat avec Sébastien Lecornu, montrait déjà que ce gouvernement était prêt à abandonner la taxe carbone : « La hausse de la taxe carbone ne peut pas reprendre en 2020 si elle ne fait pas l’objet d’un consensus… Faut-il une fiscalité sur les énergies fossiles ? Si oui, à quelles conditions sera-t-elle acceptable ? … Et s’il ressort que l’opinion ne veut définitivement pas de la taxe carbone, alors n’en faisons pas.» On sait déjà que le chaos imposé par le réchauffement climatique et la descente énergétique entraînera d’immenses régressions économiques et sociopolitiques. Pourtant Macron et les Gilets jaunes se contentent de blablater…

* LE MONDE du 15 janvier 2019, Lettre d’Emmanuel Macron : sur l’environnement, de grands principes mais peu de pistes

**LE MONDE du 11 janvier 2019, Emmanuelle Wargon : « Ouvrir le débat, c’est accepter d’aller en terrain inconnu »

L’écologie intégrale du pape… et de Delphine Batho

L’expression « écologie intégrale » est utilisé par le pape François dans son encyclique Laudato si’. Elle signifie qu’« il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux ». Il faudrait préserver l’intégrité de la Création : « L’homme aussi possède une nature qu’il doit respecter et qu’il ne peut manipuler à volonté. La nature est un don de Dieu, il faut la préserver, de la pollution. » En 2014, de jeunes traditionalistes publie un manifeste, Nos limites. Pour une écologie intégrale qui s’appuie sur le message papal. Aujourd’hui Delphine Batho laïcise l’écologie intégrale :

Interrogée sur le concept d' »écologie intégrale », Mme Batho explique qu’il s’agit de faire de l’écologie un « objectif supérieur », avec une régulation écologique s’imposant à l’ensemble du système économique », et un « enjeu de sécurité nationale ». Elle se dit favorable à la création d’un « impôt de solidarité écologique sur la fortune », une idée développée par le philosophe Dominique Bourg, qui s’est engagé politiquement auprès d’elle en novembre. Pour l’ancienne ministre de l’Écologie, le clivage droite-gauche est obsolète ; il est en passe d’être remplacé par un nouveau clivage, avec d’un côté les Terriens (ceux qui défendent les ressources naturelles qui conditionnent notre existence) et de l’autre les Destructeurs (ceux qui choisissent de rester prisonniers du productivisme, par intérêt ou par cynisme).*

Delphine Batho se lance maintenant dans les élections européennes avec le philosophe Dominique Bourg. Celui qui présidait jusqu’alors le conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot a annoncé : « Je vais m’engager au côté de Delphine Batho. On a une personnalité politique qui a été ministre de l’environnement, sous François Hollande, et qui a été congédiée – ce qui est un sceau d’authenticité absolument génial – tout simplement parce qu’elle croyait à la cause environnementale (…) Une des raisons pour lesquelles on ne réussit jamais, c’est que ça passe toujours au second plan ! » Delpĥine sera à la tête de ce combat, mais elle ne sera pas tête de liste. Ses candidats viendront concurrencer directement ceux d’Europe Ecologie Les Verts (EELV)… et bien sûr tous les autres partis traditionnels qui vont chanter en cœur : plus écolo que moi tu meurs ! Delphine vient de publier un livre intitulé « Écologie intégrale, le Manifeste ». Sur ce blog biosphere, nous avons déjà présenté l’écologie intégrale d’obédience catholique ainsi que la personne de Delphine Batho :

23.09.2013, L’écologie intégrale, la nouvelle foi des Chrétiens ?

05.05.2018, L’insoumise Delphine Batho devient Génération écologie

* http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/01/10/97001-20190110FILWWW00130-europeennes-batho-annonce-une-liste-de-generation-ecologie.php

L’écologie intégrale du pape… et de Delphine Batho

L’expression « écologie intégrale » est utilisé par le pape François dans son encyclique Laudato si’. Elle signifie qu’« il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux ». Il faudrait préserver l’intégrité de la Création : « L’homme aussi possède une nature qu’il doit respecter et qu’il ne peut manipuler à volonté. La nature est un don de Dieu, il faut la préserver, de la pollution. » En 2014, de jeunes traditionalistes publie un manifeste, Nos limites. Pour une écologie intégrale qui s’appuie sur le message papal. Aujourd’hui Delphine Batho laïcise l’écologie intégrale :

Interrogée sur le concept d' »écologie intégrale », Mme Batho explique qu’il s’agit de faire de l’écologie un « objectif supérieur », avec une régulation écologique s’imposant à l’ensemble du système économique », et un « enjeu de sécurité nationale ». Elle se dit favorable à la création d’un « impôt de solidarité écologique sur la fortune », une idée développée par le philosophe Dominique Bourg, qui s’est engagé politiquement auprès d’elle en novembre. Pour l’ancienne ministre de l’Écologie, le clivage droite-gauche est obsolète ; il est en passe d’être remplacé par un nouveau clivage, avec d’un côté les Terriens (ceux qui défendent les ressources naturelles qui conditionnent notre existence) et de l’autre les Destructeurs (ceux qui choisissent de rester prisonniers du productivisme, par intérêt ou par cynisme).*

Delphine Batho se lance maintenant dans les élections européennes avec le philosophe Dominique Bourg. Celui qui présidait jusqu’alors le conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot a annoncé : « Je vais m’engager au côté de Delphine Batho. On a une personnalité politique qui a été ministre de l’environnement, sous François Hollande, et qui a été congédiée – ce qui est un sceau d’authenticité absolument génial – tout simplement parce qu’elle croyait à la cause environnementale (…) Une des raisons pour lesquelles on ne réussit jamais, c’est que ça passe toujours au second plan ! » Delpĥine sera à la tête de ce combat, mais elle ne sera pas tête de liste. Ses candidats viendront concurrencer directement ceux d’Europe Ecologie Les Verts (EELV)… et bien sûr tous les autres partis traditionnels qui vont chanter en cœur : plus écolo que moi tu meurs ! Delphine vient de publier un livre intitulé « Écologie intégrale, le Manifeste ». Sur ce blog biosphere, nous avons déjà présenté l’écologie intégrale d’obédience catholique ainsi que la personne de Delphine Batho :

23.09.2013, L’écologie intégrale, la nouvelle foi des Chrétiens ?

05.05.2018, L’insoumise Delphine Batho devient Génération écologie

* http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/01/10/97001-20190110FILWWW00130-europeennes-batho-annonce-une-liste-de-generation-ecologie.php

Macron, un bilan écologique globalement négatif

Pour savoir si Emmanuel Macron est un « Champion de la Terre », les Décodeurs du MONDE ont établi un bilan écologique globalement négatif : « Objectifs climatiques : une trajectoire inquiétante… Energie, confiance renouvelée au nucléaire… Doute sur le chiffre de 500 000 rénovations énergétique des bâtiments annuelles promises par le gouvernement… Refus d’entreprendre une action ambitieuse contre l’huile de palme… Glyphosate, qui a gagné un sursis jusqu’au moins 2020… Aval à une réglementation européenne plutôt laxiste sur les perturbateurs endocriniens… Quasi-suppression des aides au maintien en bio… Peu de progrès sur la biodiversité et la condition animale… Soutien affiché à plusieurs grands projets d’infrastructures… Des gâteries pour le lobby des chasseurs… Des mesures sur les déchets remis à plus tard… Allégement de la fiscalité écologique sur les carburants… Etc.*

Notre société croissanciste est tellement formatée par le soutien à la sphère socio-économique contre les réalités biophysiques que Macron a révélé son impuissance. Voici par exemple ce qu’il faudrait supprimer, toutes les subventions directes et indirectes aux énergies fossiles. Il faut en finir avec des exonérations fiscales bénéficiant à certaines énergies (diesel) et certains secteurs (gazole poids lourds, kérosène, gazole non routier, taxis, etc.), qui ont coûté 7,8 milliards en 2017. Des structures dépendant de l’État investissent par ailleurs dans des projets d’énergies fossiles, comme EDF (détenue à plus de 80 % par l’État, elle investit 1 milliard par an dans les fossiles), l’Agence française de développement ou BPI Assurance Export (garanties publiques à l’exportation). La France soutient aussi des projets similaires dans le cadre des banques européennes d’investissement (BEI et BERD).

La France s’est engagée à réduire à néant son soutien aux fossiles à l’horizon 2020-2025 mais réduction ( de 0,1 %?, de 1 % ?, de 10 % ?) ne veut pas dire suppression ! De toute façon nous savons de source sûre qu’un engagement politique ne vaut strictement rien !

Pour en savoir plus, il suffit de lire le livre de Michel Sourrouille, «  la brûlure du pouvoir » (sortie en librairie le 4 octobre 2018), qui avait prévu la démission de Nicolas Hulot et qui montrait très précisément qu’au 28 août 2018 la politique de Macron était déjà aux mains des lobbies agro-économiques.

* LE MONDE du 11 janvier 2019, Macron et l’écologie : après 18 mois de pouvoir, un inventaire pas très vert

Macron, un bilan écologique globalement négatif

Pour savoir si Emmanuel Macron est un « Champion de la Terre », les Décodeurs du MONDE ont établi un bilan écologique globalement négatif : « Objectifs climatiques : une trajectoire inquiétante… Energie, confiance renouvelée au nucléaire… Doute sur le chiffre de 500 000 rénovations énergétique des bâtiments annuelles promises par le gouvernement… Refus d’entreprendre une action ambitieuse contre l’huile de palme… Glyphosate, qui a gagné un sursis jusqu’au moins 2020… Aval à une réglementation européenne plutôt laxiste sur les perturbateurs endocriniens… Quasi-suppression des aides au maintien en bio… Peu de progrès sur la biodiversité et la condition animale… Soutien affiché à plusieurs grands projets d’infrastructures… Des gâteries pour le lobby des chasseurs… Des mesures sur les déchets remis à plus tard… Allégement de la fiscalité écologique sur les carburants… Etc.*

Notre société croissanciste est tellement formatée par le soutien à la sphère socio-économique contre les réalités biophysiques que Macron a révélé son impuissance. Voici par exemple ce qu’il faudrait supprimer, toutes les subventions directes et indirectes aux énergies fossiles. Il faut en finir avec des exonérations fiscales bénéficiant à certaines énergies (diesel) et certains secteurs (gazole poids lourds, kérosène, gazole non routier, taxis, etc.), qui ont coûté 7,8 milliards en 2017. Des structures dépendant de l’État investissent par ailleurs dans des projets d’énergies fossiles, comme EDF (détenue à plus de 80 % par l’État, elle investit 1 milliard par an dans les fossiles), l’Agence française de développement ou BPI Assurance Export (garanties publiques à l’exportation). La France soutient aussi des projets similaires dans le cadre des banques européennes d’investissement (BEI et BERD).

La France s’est engagée à réduire à néant son soutien aux fossiles à l’horizon 2020-2025 mais réduction ( de 0,1 %?, de 1 % ?, de 10 % ?) ne veut pas dire suppression ! De toute façon nous savons de source sûre qu’un engagement politique ne vaut strictement rien !

Pour en savoir plus, il suffit de lire le livre de Michel Sourrouille, «  la brûlure du pouvoir » (sortie en librairie le 4 octobre 2018), qui avait prévu la démission de Nicolas Hulot et qui montrait très précisément qu’au 28 août 2018 la politique de Macron était déjà aux mains des lobbies agro-économiques.

* LE MONDE du 11 janvier 2019, Macron et l’écologie : après 18 mois de pouvoir, un inventaire pas très vert

Jair Bolsonaro, un des cinglés qui nous gouvernent

Le programme écologique du nouveau président brésilien était désolant, il n’y aurait plus de ministère de l’Environnement. Au cours de la campagne électorale, Jair Bolsonaro avait promis de l’abolir et de transférer ses fonctions au ministère de l’Agriculture. Or l’agriculture est entre les mains du « parti du bœuf », un groupe conservateur de parlementaires qui contrôlent environ un tiers du Congrès. Une nouvelle autoroute pavée serait lancée à travers l’Amazonie, il faut ouvrir les territoires autochtones à l’exploitation minière. Exprimant un point de vue commun dans le milieu militaire, il avait affirmé, sans preuve, que les droits fonciers autochtones faisaient partie d’un complot occidental visant à créer des États amazoniens séparatistes soutenus par l’ONU : « Tôt ou tard, nous aurons des douzaines de pays à l’intérieur du Brésil. Nous n’aurons pas de droit d’ingérence dans ces pays, le premier monde exploitera les Indiens, et il ne nous restera plus rien. » Les ONG internationales, telles que Greenpeace et WWF, pourraient être interdites dans le pays. En août 2018, Bolsonaro s’est même engagé à retirer le Brésil de l’Accord de Paris. Ainsi, le pays ne chercherait plus à réduire ses émissions, notamment celles dues à la déforestation de l’Amazonie, qui est pour le pays une source de gaz à effet de serre plus importante que la combustion des énergies fossiles. Bolsonaro reconnaît cependant que le climat change dangereusement. Mais quand Climate Home News l’a interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse en avril 2018, il a expliqué que la solution résidait dans un contrôle strict de la croissance de la population humaine. « Cette croissance démographique explosive conduit à la déforestation. Parce que vous ne cultiverez pas de soja sur la terrasse de votre immeuble ou n’élèverez pas de bétail dans la cour. Nous devons donc avoir une politique de planification familiale. Ainsi, vous commencez à réduire la pression de ce qui conduit, oui, à mon avis, au réchauffement de la planète, ce qui pourrait être la fin de l’espèce humaine. »

Élu président, le brésilien Jair Bolsonaro commence à mettre ses projets à exécution et s’entoure de ministres plus déjantés les uns que les autres. Quelques heures après avoir pris ses fonctions, Bolsonaro a signé une mesure provisoire afin de transférer le pouvoir de délimitation des terres indigènes de la Fondation nationale pour l’Indien vers le ministère de l’agriculture. Dit autrement, comme Jair Bolsonaro le promettait en campagne, « moi élu, plus un centimètre carré ne sera octroyé à l’Indien ». Pour ses vœux 2019, Bolsonaro place « le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous » dans un monde où Donald Trump prône « America first ». Avec son nouveau slogan, « Patria Amada Brasil » (« Brésil, patrie bien-aimée »), Bolsonaro entend incarner le passage « à une nouvelle ère » – celle où les idées qu’il prétend être de gauche n’auront plus leur place. A l’issue de son premier conseil des ministres le 3 janvier 2019, il a annoncé un « nettoyage » des contractuels employés dans l’administration publique pour débarrasser le Brésil « des idéologies socialiste et communiste ». Le chef du gouvernement, Onyx Lorenzoni affirme : « Ça n’a aucun sens de conserver dans un gouvernement ayant un profil comme le nôtre des gens qui défendent une autre logique, un autre système politique, une autre organisation de la société. »

Son ministre des Affaires étrangères, Ernesto Araújo, a une vision particulière du changement climatique. Il pense qu’il a été « capturé par la gauche », pour en faire un dogme pour augmenter le pouvoir de l’Etat et des institutions internationales. Le 12 octobre 2018, Araújo écrivait sur son blog : « Ce dogme a été utilisé pour justifier l’augmentation du pouvoir réglementaire des États sur l’économie et le pouvoir des institutions internationales sur les États-nations et leurs populations, ainsi que pour étouffer la croissance économique dans les pays capitalistes démocratiques et pour promouvoir la croissance de la Chine. » A l’éducation, Ricardo Vélez Rodriguez, apprécié du lobby évangélique, entend lutter contre le pseudo « marxisme » enseigné dans les écoles. « Attention, professeurs : vos élèves qui entameront la première année de lycée n’auront pas besoin de connaître le féminisme, d’autres langues que le portugais ou l’histoire vue par la gauche… » La nouvelle ministre de la femme, de la famille et des droits de l’homme, Damares Alves, a célébré sa nomination le poing levé, lançant un slogan coutumier des mouvements traditionalistes : « Attention, attention. C’est une nouvelle ère au Brésil : les garçons s’habillent en bleu et les filles en rose », y scande-t-elle, reprise par les gens qui l’entourent. 

Quelle démocratie pour une société écologisée ?

L’épisode des « gilets jaunes » en France ainsi que l’exubérance d’autres mouvements dans divers pays marquent la fin du système habituel de représentativité politique. L’éditorial du MONDE* dénonce la stratégie du désordre que poursuivent les plus radicaux des GJ. Mais il fait confiance au « grand débat national » qui va s’ouvrir mi-janvier et dont on sait déjà qu’il va s’enliser dans les sables mouvants des conciliabules sans conséquences. Place alors à l’horizontalité ? L’évolution technique (Web, microblogage, twitter, etc) a entraîné la disparition des corps intermédiaires en libérant l’expression individuelle. Avec l’avènement des réseaux sociaux, chacun se donne le droit d’exprimer son propre point de vue, mais il n’y a plus de cohérence. En termes informatique**, il faut alors réaliser un « algorithme de compression », qui transforme une grande quantité d’informations – la liste exhaustive des revendications des manifestants – en une petite – sa synthèse. Les GJ, par leur refus de représentants, refusent de construire cette synthèse et le gouvernement, en faisant une proposition à 10 milliards d’euros, ne pouvait de toute façon satisfaire des exigences toujours renouvelées et disparates. La démocratie représentative est déconsidérée alors que l’urgence écologique demanderait une action politique à la fois forte et consensuelle. Politiquement il n’y a plus d’algorithmes de compression (de synthèse) possibles. Comme l’écrit un commentateur sur lemonde.fr, « Quand l’un lève la tête, les autres lui tombent dessus. Alors ils se coagulent en cliques autour d’un fort ou d’une forte en gueule pour subsister ». Le terme ultime du manque de synthèse, c’est tout le pouvoir à un Trump qui gouverne par tweets au nom du peuple.

Il faut donc instituer un nouveau pouvoir qui pourrait se caractériser par sa capacité à tenir un discours complexe, celui de l’écologie en interrelations avec l’économique et le social. Comme tout citoyen a normalement pour but la sauvegarde de la planète pour lui et les générations futures, il est par définition un écologiste. Avec des objectifs commun, un grand récit collectif peut alors définir un mode de gouvernement capable d’interagir avec l’action de chaque citoyen. On sait déjà que ce paradigme reposera sur la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, la sobriété partagée, la maîtrise de la fécondité humaine, une agriculture respectueuse des cycles vitaux, la relocalisation des activités, etc. Reste à mettre en place les supports pour populariser un nouvel art de vivre ensemble. Dans « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir », un livre en librairie depuis le 4 octobre 2018, Michel Sourrouille présente ces avancées institutionnelles qui permettraient à tous les citoyens ordinaires de se sentir officiellement représentés sans avoir besoin de rechercher à la sauvette un improbable porte-parole qui pourrait assez vite prendre la figure du potentat. On peut penser à deux formes de délibération démocratique, les conférences de consensus et la Chambre du futur.

Conférences de consensus : Sur une thématique particulière, par exemple la taxe carbone, un comité d’organisation constitue un panel représentatif de la population ordinaire, c’est-à-dire non expert de la question étudiée. Les membres sont tirés au sort. Il faut lutter contre l’hyper-spécialisation contemporaine qui transforme les  individus en serviteurs d’une structure, par exemple une entreprise, un syndicat, un parti politique, etc. Il y a ensuite formation poussée de ce groupe de citoyen, avec audition d’experts, pas seulement scientifiques, mais aussi associatifs ou concernés. De cet apprentissage doit résulter la recherche par le groupe de la meilleure décision à prendre. A toutes les étapes de cette réflexion collective, la transparence sera requise grâce à la vidéo et à la publicité de la procédure. La démocratie aurait même tout à gagner à enfermer ce panel de citoyens entre quatre murs pour en faire une émission de télé-réalité qui, pour une fois, servirait à quelque chose. La démocratie en acte, c’est faire confiance aux citoyens ordinaires pour comprendre les discours contradictoires des experts et en tirer des conclusions d’intérêt général. La conférence aboutirait à un consensus public. Plutôt qu’un grand débat national fourre-tout, organisons des conférences de consensus sur tous les thèmes chauds de l’urgence écologique et sociale.

Chambre du futur : cette réforme institutionnelle était annoncée le 5 juillet 2017 par Macron : le Conseil économique, social et environnemental (CESE) deviendrait une « Chambre du futur ». C’est la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), ex-Fondation Nicolas Hulot, qui proposait antérieurement cette instance améliorée. Ce CESE nouvelle formule devrait être une véritable assemblée du long terme ayant le pouvoir d’imposer, dans la fabrication de la loi, la prise en compte des évolutions climatiques et écologiques. Pour la FNH, cette assemblée aurait même un pouvoir d’initiative spéciale sur les grands projets liés aux questions de long terme et un « droit de veto suspensif » vis-à-vis de projets de loi adoptés mais pas encore promulgués. Ce droit de veto contraindrait le Parlement à revoir sa copie. Dans le projet de la FNH, la Chambre du Futur serait composée de « deux collèges tirés au sort: un collège de scientifiques et de personnes reconnues pour leurs compétences environnementales et un collège de citoyens ». Aux côtés de cette « assemblée du long terme », des scientifiques assureraient une « veille scientifique ». EELV devrait avoir là un motif de satisfaction puisque ce serait la reprise de la proposition 56 du programme de Yannick Jadot pour la présidentielle 2017 : « Faire évoluer le mandat et la composition du Conseil économique, social et environnemental pour en faire une troisième chambre, aux côtés de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui aurait un droit de veto suspensif sur toute mesure législative qui mettrait en cause le long terme. »

* LE MONDE du 8 janvier 2019, Gilets jaunes : la violence ou le débat

** LE MONDE du 9 janvier 2019, L’algorithme manquant des « gilets jaunes »

Le président Macron s’aplatit devant Priscillia Ludosky

Macron a deux problèmes conceptuels : d’abord croire qu’en cédant aux gilets jaunes, il installe un pouvoir crédible. Ensuite croire que les problèmes de fin de mois ne s’opposent pas aux problèmes de fin d’un monde libéral et prédateur. Abandonner la taxe carbone et la hausse du prix de l’énergie est plus qu’une erreur, c’est une faute commise contre la planète et sa stabilité. Verbatim :

Près de deux mois après la création d’une pétition « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! », le président Emmanuel Macron s’est résolu jeudi 20 décembre à répondre aux plus de 1,15 million de signataires : « Chère Madame, chers tous, vous avez subi de plein fouet la hausse des prix du carburant, et avez décidé de réagir en signant cette pétition. Votre message, je l’ai entendu. Je vous réponds directement : vous avez raison », écrit le chef de l’Etat à Priscillia Ludosky, devenue une figure du mouvement des « gilets jaunes ». « L’action contre le réchauffement climatique est un combat nécessaire, mais il ne doit pas opposer les problèmes de fin du monde aux problèmes de fins de mois », répète le chef de l’État. Le chef de l’Etat récapitule les mesures d’urgences économiques et sociales prises par son gouvernement la semaine dernière, rappelant également « l’annulation de l’augmentation de la taxe sur le carburant » et « qu’aucune hausse des tarifs de gaz et d’électricité n’interviendrait pendant l’hiver ».(lemonde.fr avec AFP, 20 décembre 2017)

Macron est comme tous ces personnages, pures constructions médiatiques qui pètent plus haut qu’ils n’ont le cul, comme Ségolène Royal, Manuel Valls ou Cécile Duflot. Ségolène est restée aux pôles, Manuel se retire en Espagne et Cécile a atterri à Oxfam. Macron aboutira aussi dans une oubliette…

Ségolène Royal veut perturber les Européennes écolo

Il y a des opportunistes qui utilisent le label écolo uniquement comme faire-valoir de leur propre personne. Ségolène Royal est l’exemple type. Elle suggère aujourd’hui non pas de prendre la tête d’une liste « écolo » comme précédemment , mais d’être numéro deux sur une liste d’union qui serait conduite par l’écologiste Yannick Jadot*. La madone du Poitou a évoqué cette ambition au cours d’un petit-déjeuner au Sénat, en présence d’une trentaine de membres du Parti socialiste. Le hic, c’est que le parti écologiste EELV s’est montré jusqu’ici fermé à toute alliance avec des partenaires de gauche. Et l’entourage de M. Jadot affirme que cette stratégie n’a pas changé : « Cela fait un mois que Ségolène Royal essaie de joindre Yannick Jadot  😆

PC : C’est le loup Ségolène dans la bergerie de la gauche. Celle qui a tué l’éco-taxe sur les camions, celle qui a inventé la notion d’écologie punitive, celle qui a défendu les autoroutes et la bagnole, celle qui a proposé de faire coudre des drapeaux français aux filles dans les écoles, celle qui symbolise l’hypocrisie politique tout autant que Wauquiez… ne peut pas réunir la gauche européenne et écologiste. À la retraite ! Point…

arthur : Difficile de faire plus faux écolo que Ségolène, quelle comédienne !

Keops : « Ségolène Royal estime que l’aventure Glucksmann est terminée, alors elle reprend du poil de la bête », commente un fin connaisseur du Parti socialiste. En remontant tout le fil de ces informations, jusqu’à Twitter, il est facile de comprendre que cette journaliste n’est pas neutre, c’est une blogueuse du PS (elle n’écrit que sur ces sujets), voire une partisane tant ses capacités à réaliser des entretiens de personnalités du PS sont douteuses. Que vaut LE MONDE aujourd’hui en crédibilité ?

JS : Je suis écologiste et JAMAIS je ne voterai dans une liste qui accueillerait Royal. C’est une opportuniste qui a, à de nombreuses reprises, trahi la cause écologiste pour un plat de lentilles électorales !

Ezec : Il y a déjà près de 40 ans elle proposait spontanément ses services à Mitterrand : elle n’en finira jamais d’essayer de se mettre sous les feux de la rampe sous : allez ouste à l’EPHAD !

Olivier Morel : Reconnaissez au moins à cette dame une certaine constance dans ses convictions . Elle croit en elle. Même si elle est la seule. Elle se trouve merveilleuse. Elle est la seule.

Pop : Déprimant. Une blagounette de comptoir pour se remettre : quelle différence y a-t-il entre Ségolène Royal et une éolienne ? L’éolienne produit de l’énergie quand elle brasse de l’air.

* LE MONDE du 21 décembre 2018, Européennes : Ségolène Royal propose d’être numéro deux sur une liste écologiste menée par Yannick Jadot

Ségolène Royal veut perturber les Européennes écolo

Il y a des opportunistes qui utilisent le label écolo uniquement comme faire-valoir de leur propre personne. Ségolène Royal est l’exemple type. Elle suggère aujourd’hui non pas de prendre la tête d’une liste « écolo » comme précédemment , mais d’être numéro deux sur une liste d’union qui serait conduite par l’écologiste Yannick Jadot*. La madone du Poitou a évoqué cette ambition au cours d’un petit-déjeuner au Sénat, en présence d’une trentaine de membres du Parti socialiste. Le hic, c’est que le parti écologiste EELV s’est montré jusqu’ici fermé à toute alliance avec des partenaires de gauche. Et l’entourage de M. Jadot affirme que cette stratégie n’a pas changé : « Cela fait un mois que Ségolène Royal essaie de joindre Yannick Jadot  😆

PC : C’est le loup Ségolène dans la bergerie de la gauche. Celle qui a tué l’éco-taxe sur les camions, celle qui a inventé la notion d’écologie punitive, celle qui a défendu les autoroutes et la bagnole, celle qui a proposé de faire coudre des drapeaux français aux filles dans les écoles, celle qui symbolise l’hypocrisie politique tout autant que Wauquiez… ne peut pas réunir la gauche européenne et écologiste. À la retraite ! Point…

arthur : Difficile de faire plus faux écolo que Ségolène, quelle comédienne !

Keops : « Ségolène Royal estime que l’aventure Glucksmann est terminée, alors elle reprend du poil de la bête », commente un fin connaisseur du Parti socialiste. En remontant tout le fil de ces informations, jusqu’à Twitter, il est facile de comprendre que cette journaliste n’est pas neutre, c’est une blogueuse du PS (elle n’écrit que sur ces sujets), voire une partisane tant ses capacités à réaliser des entretiens de personnalités du PS sont douteuses. Que vaut LE MONDE aujourd’hui en crédibilité ?

JS : Je suis écologiste et JAMAIS je ne voterai dans une liste qui accueillerait Royal. C’est une opportuniste qui a, à de nombreuses reprises, trahi la cause écologiste pour un plat de lentilles électorales !

Ezec : Il y a déjà près de 40 ans elle proposait spontanément ses services à Mitterrand : elle n’en finira jamais d’essayer de se mettre sous les feux de la rampe sous : allez ouste à l’EPHAD !

Olivier Morel : Reconnaissez au moins à cette dame une certaine constance dans ses convictions . Elle croit en elle. Même si elle est la seule. Elle se trouve merveilleuse. Elle est la seule.

Pop : Déprimant. Une blagounette de comptoir pour se remettre : quelle différence y a-t-il entre Ségolène Royal et une éolienne ? L’éolienne produit de l’énergie quand elle brasse de l’air.

* LE MONDE du 21 décembre 2018, Européennes : Ségolène Royal propose d’être numéro deux sur une liste écologiste menée par Yannick Jadot

Nicolas Hulot confronté à la brûlure du pouvoir

Pour en savoir plus sur la démission de Nicolas Hulot, un livre de Michel Sourrouille est paru en octobre dernier, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir » aux éditions Kiwi. En voici une recension sur le blog des JNE (Journalistes pour la nature et l’écologie) :

« Bouclé » avant la démission fracassante de Nicolas Hulot à la fin du mois d’août, ce livre considérait cette issue comme « probable », car, comme l’indique son auteur dès les premières lignes de son préambule, « il y a trop d’écart entre les déterminants des politiques actuelles engluées dans le ‹ on fait comme d’habitude › et la rupture de civilisation qu’exige l’urgence écologique ». Cette « chronique d’une démission annoncée » se définit comme « un hommage qui se veut le plus objectif possible de l’action permanente, depuis quelques décennies, de Nicolas Hulot en faveur de la cause écologique ». 

Pour en faciliter la lecture, Michel Sourrouille, militant associatif depuis plus de 40 ans, et auteur de  « L’écologie à l’épreuve du pouvoir » (2016), a choisi de présenter son livre sous la forme d’un abécédaire, de A pour « (Auto)biographie, juste ce qu’il faut pour faire connaissance » à Z pour « Zoo, mettre fin à la captivité » en passant par D comme « Démographie, le poids du nombre sur l’environnement » ou encore H comme « Hulot bashing, ma résistance à l’épreuve ». Cet ouvrage patiemment tissé à partir de textes tirés de nombreux ouvrages écrits par l’ancien ministre présente la particularité de voir Nicolas Hulot s’exprimer à la première personne. L’objectif de Michel Sourrouille est de nous faire « mieux comprendre la difficulté de l’engagement écologique et la complexité de l’exercice du pouvoir politique ». Cet essai qui dresse le bilan de son action comme militant et comme ministre nous révèle aussi la richesse de la pensée de Nicolas Hulot, qui, si elle emprunte à de nombreux auteurs, n’en constitue pas moins une excellente synthèse de la réflexion écologiste en ce début de XXIe siècle. 

« Le livre que vous avez entre les mains, se voulait à l’origine plus qu’un hommage ; il avait l’objectif de mettre en œuvre un processus d’identification avec une personnalité dans laquelle on pouvait se reconnaître », écrit Michel Sourrouille dans son épilogue. « En d’autres termes, je ne suis pas Nicolas Hulot, et pourtant je suis aussi Nicolas Hulot, comme à une époque nous étions tous Charlie, par solidarité, animés d’un même mouvement. (…) Qu’il soit remercié pour son courage. Même si certains de ses actes sont à débattre, il n’a jamais personnellement changé d’avis sur les sujets essentiels. Il n’a été ni naïf, ni angélique. Il a été obligé d’avancer pas à pas, mais il n’a jamais reculé de son plein gré. Au fond j’admire Nicolas Hulot qui a persisté à jouer assez longtemps une partie perdue d’avance dans le contexte actuel. (…) Il avait clairement conscience que sa tâche au gouvernement paraissait impossible, mais que ce n’était pas une raison pour ne rien tenter

http://jne-asso.org/blogjne/2018/11/05/nicolas-hulot-la-brulure-du-pouvoir/

On peut aussi en lire une présentation sur ce blog biosphere :

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2018/10/01/biosphere-info-nicolas-hulot-et-la-brulure-du-pouvoir/

Peuple et dirigeants ont un problème avec l’écologie

Le problème actuel, c’est que la population n’a pas du tout la fibre écologiste, surtout quand il s’agit du prix de l’essence. Ainsi du mouvement des gilets jaunes qui a dégénéré au nom de la « démocratie ». 162 personnes ont été prises en charge dans neuf hôpitaux à la suite des incidents de samedi dernier. La crise des « gilets jaunes » s’est aussi invitée à l’Assemblée nationale, son président Richard Ferrand estimant que « la démocratie doit reprendre ses droits ». Marine Le Pen de son côté caresse le peuple dans le sens du poil : « Il faut immédiatement que Macron annonce la suppression de l’augmentation des taxes sur l’essence, la baisse des prix de l’électricité et du gaz, l’augmentation des salaires minimum et retraites minimum. » Dans ce contexte délétère, la fiscalité carbone est bien oubliée. La démocratie se révèle un amas de revendications multiples qu’on ne pourra jamais satisfaire car elles elles cultivent le slogan du « toujours plus » sur une planète exsangue. La politique écologique n’a pas l’assentiment d’agitateurs qui ne font aucune référence aux réalités biophysiques.

Écoutons maintenant la réponse d’un vieux sage qui, à la question du MONDE (Le président français Emmanuel Macron s’est engagé à agir en faveur de l’environnement. Peut-il réussir ?), répondait ainsi : « Non. Il n’est pas différent des autres. Les problèmes engendrés par le changement climatique et la pollution exigent de déployer des mesures extrêmement coûteuses à court terme mais dont les effets ne se mesureront pas avant des décennies. Aucun homme politique ou parti ne remportera une élection avec un tel programme. C’est la limite de la démocratie, qui a échoué à traiter le problème environnemental – même si elle reste le meilleur régime que nous connaissions… Mais les politiques peuvent bien faire ce qu’ils veulent : les contraintes naturelles détermineront notre futur, pas eux. » (LE MONDE du 3 décembre 2018, Dennis Meadows : « La démocratie a échoué à traiter le problème environnemental »)

Notons aussi qu’au niveau international, la COP24 sur le réchauffement climatique a de fortes chances de se terminer en eau de boudin… comme les précédentes. Aucun des dirigeants des États membres du G20 (qui regroupent 80 % des émissions mondiales) n’a inclus Katowice dans son agenda diplomatique en décembre. Il est d’ailleurs paradoxal de voir une conférence sur le climat s’établir au cœur de la région charbonnière de la Silésie. On espère l’adoption des règles de mise en œuvre de l’accord de Paris (COP21), autant dire déjà que cette conférence mondiale n’était qu’un leurre. Une hausse des engagements des États pour réduire leurs émissions et s’adapter aux effets du réchauffement dans un système où la « démocratie » consiste à faire plaisir au bon peuple est une impossibilité manifeste. On a discuté pour rien pendant 24 ans alors que les émissions de gaz à effet de serre atteignent des sommets.

Quant aux médias, il est significatif que LE MONDE refait sa page de présentation sur le net et que la rubrique planète n’arrive qu’après les rubriques « Live, sélection de la rédaction, Opinions, Les plus lus, Vidéos, International, Politique, les décodeurs, Société, M le mag, Pixel, Sport ». La rubrique Planète n’arrive donc à la lumière qu’après le sport, en treizième position. Où va la démocratie quand le contre-pouvoir médiatique ne joue plus son rôle ? A l’occasion du décès de Roger Cans dont LE MONDE fait la nécrologie, nous tirons des archives de notre blog biosphere le récit suivant : Quand Roger Cans reprend la rubrique environnement au MONDE en 1982, il se retrouve seul et isolé. Son chef de service lui dit carrément que l’important était la décentralisation et la régionalisation, qui devraient occuper 80 % de son temps. Le directeur de la rédaction d’alors, Daniel Vernet, le croise dans le couloir et lui demande « l’agriculture bio, combien de divisions ? ». Certains de ses articles passent à la trappe. Même avec des catastrophes écologiques, la rubrique environnement a du mal à s’imposer. L’affaire de Bhopal, cette fuite de gaz mortel qui tue ou blesse des milliers d’habitants d’une grande ville indienne en décembre 1984 ne donne lieu qu’à une brève le premier jour. Et le correspondant à New-Delhi n’ira à Bhopal que plusieurs mois après la catastrophe, lorsque l’affaire deviendra politique. Idem pour Tchernobyl, en avril 1986 : le correspondant à Moscou n’ira jamais enquêter sur place, la couverture de l’événement est donc minimale. L’écologie n’est toujours pas un service ni un département rédactionnel, l’environnement reste un problème technique. Et l’écologie politique reste considérée comme une nuisance puisqu’elle affaiblit la gauche lors des élections. Les colonnes du quotidien ne s’ouvrent véritablement à l’écologie qu’à partir du numéro du 23 septembre 2008 ; une page est consacrée à la Planète…