politique

Tiers-absents !

Le suffrage universel est un conquête récente qui s’est progressivement élargi à de multiples acteurs, ce qui a permis d’approfondir la démocratie. Au début, il s’agissait d’un corps électoral restreint par le suffrage censitaire à 246 000 hommes. Après une première tentative avortée en 1793, la France a été le premier pays du monde à adopter le suffrage universel et direct en 1848 : brutalement les votants sont devenus 9 millions, mais il ne s’agissait que des hommes, alphabétisés ou non ; les femmes, les militaires et les colonisés étaient encore exclus. Il faudra attendre 1944 pour que l’universalité s’étende aux femmes, 1945 pour que les miliaires deviennent électeurs ou éligibles et 1956 pour la reconnaissance d’une citoyenneté de plein droit aux indigènes des colonies françaises.

 

On pourrait aller encore plus loin. Ce serait élargir l’universalité bien plus fondamentalement que le droit de vote à 18 ans si on pouvait inclure dans la participation électorale les générations futures. De plus il y a des entités qui ne sont jamais invitées lors des palabres humaines, les êtres vivants non humains, le milieu naturel. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents, les tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Une telle délibération, sans élargir sa pensée dans l’espace et dans le temps ne peut qu’entraîner de mauvaises décisions.

 

Tu n’es jamais unique, tu es aussi les autres nés et à naître, tu es accompagné des petites bactéries et des grands mammifères, tu n’es que partie de la Biosphère, tes décisions sont contraintes. Un jour notre bulletin de vote ira à un candidat aux élections qui prendra en compte l’existence des tiers-absents. Ce jour-là, la démocratie aura fait un pas de géant, au delà de son anthropocentrisme ordinaire. 

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révolu-techno

Il semble que pendant les prochaines décennies le système techno-industriel subira des tensions sévères en raison des problèmes économiques et environnementaux ainsi qu’en raison des problèmes de comportement humain (aliénation, rébellion, hostilité, diverses difficultés sociales et psychologiques). Nous espérons que les tensions par lesquelles le système va probablement passer causeront son effondrement, ou au moins l’affaibliront suffisamment pour qu’une révolution se produise et soit couronnée de succès. Les gens ont tendance à supposer que, parce qu’une révolution implique un changement beaucoup plus grand qu’une réforme, elle est plus difficile à provoquer que la réforme. En réalité, dans certaines circonstances une révolution est beaucoup plus facile qu’une réforme. La raison en est qu’un mouvement révolutionnaire peut inspirer une intensité d’engagement qu’un mouvement de réforme ne peut pas inspirer. Un mouvement de réforme offre simplement de résoudre un problème social particulier. Un mouvement révolutionnaire offre de résoudre tous les problèmes d’un coup et de créer un monde entièrement nouveau; il fournit une sorte d’idéal pour lequel les gens prendront de grands risques et feront de grands sacrifices. Pour ces raisons il serait beaucoup plus facile de renverser le système technologique en entier que de mettre des contraintes efficaces et permanentes sur le développement d’applications de n’importe quel segment de la technologie.

 

Les écologistes radicaux tiennent déjà une idéologie qui glorifie la nature et s’oppose à la technologie. L’idéal positif est la Nature, c’est-à-dire la nature sauvage , ces aspects du fonctionnement de la Terre et de ses êtres vivants qui sont indépendants de la gestion humaine et libres d’interférence humaine. La Nature s’occupe d’elle même, c’est une création spontanée qui a existé longtemps avant toute société humaine et pendant des siècles innombrables. Pour soulager la pression sur la Nature, il n’est pas nécessaire de créer un type spécial de système social, il est seulement nécessaire de se débarrasser de la société industrielle. (extraits du Manifeste de Théodore Kaczynski) 

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manger ou rouler !

Pour nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050, il faudra doubler la production alimentaire alors que les terres disponibles se raréfient. Les biocarburants vont de plus en plus cruellement faire concurrence à l’alimentation. Pour remplir le réservoir d’un 4×4 avec 94,5 litres d’éthanol pur, il faut environ 204 kilos de maïs, soit suffisamment de calories pour nourrir une personne pendant un an (étude parue dans la  revue Foreign Affairs de mai 2007). Le boom des biocarburants provoquera une flambée des cours, avec toutes les conséquences prévisibles sur les familles à bas revenu. Un conseiller du président brésilien, grand planteur de canne à sucre pour remplir les réservoirs des voitures américaines, croit que le problème de la planète n’est pas une pénurie de vivres, mais de revenus. Pourtant on sait déjà à qui les revenus vont échoir, toujours les mêmes !

 La recherche sur les biocarburants porte donc sur l’utilisation des résidus non comestibles, mais la terre a besoin d’un retour de la décomposition des végétaux pour garder sa fertilité. A ne rien vouloir comprendre du fonctionnement cyclique de la Biosphère, les humains vont bientôt se mordre les doigts au lieu de manger à leur faim.

savane amazonienne

Les queimadas, ces énormes brûlis dus à l’avancée des humains en Amazonie place le Brésil au 4e rang mondial des émetteurs de dioxyde de carbone et représente 75 % des gaz à effet de serre du Brésil. Au rythme actuel, la couverture forestière passerait de 5,3 millions de km2 à 3,2 millions en 2050. Le programme d’accélération de la croissance du président Lula da Silva mise en effet sur le transport routier et la transformation de l’Amazonie en plantation de soja. Bonjour les dégâts : un rapport du ministère brésilien de l’environnement indiquait que la hausse des températures en Amazonie pourrait atteindre 8 degrés en 2100 : en conséquence, la plus grande forêt tropicale du monde se transformerait en savane ! 

Pourtant le président brésilien ne se sent  pas du tout concerné par les normes de lutte contre la déforestation puisqu’il est vrai que les pays riches ont prêché le mauvais exemple : l’Institut brésilien de recherche agronomique a démontré que l’Europe a conservé seulement 0,3 % de ses forêts existant il y a huit mille ans, contre 69 % qui subsiste encore au Brésil. Aux pays déjà développés d’agir contre le réchauffement climatique ! Brasilia devrait donc pouvoir pendant quelques années encore valoriser la production de biocarburants : G.Bush est d’ailleurs tout à fait d’accord !!!

 Puisque certains pays ont pratiqué à grande échelle le crime environnemental, d’autre estiment pouvoir continuer à assassiner la Biosphère sans aucun problème de conscience. Il y a quelque chose d’incompréhensible dans les raisonnements des humains…

commerce écolo ?

Le gouvernement français avait émis l’idée d’une taxation des importations venant de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto limitant l’émission de gaz à effet de serre. Cela paraît contraire aux règles de l’OMC qui soutient ardemment le libre-échange. Mais il y a concurrence déloyale si les USA vendent des produits aux Chinois sans avoir signé le protocole de Kyoto, ou quand la Chine se dispense de mesures de protection de l’air et de l’eau au contraire de la pratique américaine. De plus l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), dont l’OMC reprend les fondements, autorise les Etats à prendre des mesures « nécessaires à la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou à la préservation des végétaux ». Ainsi les Etats-Unis ont-ils pu interdire à partir de 1998 l’importation de crevettes de quatre pays d’Asie qui pêchaient ces crustacés avec des filets dangereux pour les tortues. Réciproquement le fait que les USA se dispensent de réduire leurs gaz à effet de serre fait bénéficier les sidérurgistes américains d’un avantage de 60 dollars par tonne d’acier sur leurs  concurrents européens. Comme ne pas payer les dégâts infligés à l’environnement ressemble à une subvention à l’industrie, l’Europe serait alors fondée à taxer de 60 dollars la  tonne (10 % du prix) l’acier d’outre-Atlantique.

 Des mesures protectionnistes paraissent fondées. De toute façon il y a une telle hétérogénéité des écosystèmes que chacun doit ré-apprendre à échanger avec son biotope particulier (agir local). La mondialisation (penser global) doit rester une pensée, pas se concrétiser dans un mode de vie où les voitures d’un pays s’échangent contre les voitures d’un autre pays.

Libre-échange et écologie

Pascal Lamy est un ancien commissaire européen chargé du commerce international (1999-2004). C’est surtout depuis 2005 le directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Dans le contexte de la mondialisation libérale, ses propos (le Nouvel Observateur du 14 décembre 2006, « la Terre en danger ») nous font rêver :

« L’histoire nous a donné une leçon, quand il y a perception du danger, les hommes s’organisent pour y faire face. De ce point de vue, le mouvement écologique a apporté sa contribution à la perception de ces dangers.  Cette conscience est plus forte qu’hier et elle progresse. L’Europe est à l’origine de la plupart des législations environnementale que les pays appliquent aujourd’hui. Dans ses principes, l’OMC prévoit que le développement des échanges doit contribuer au développement durable. Vous avez le droit, au nom de la protection de l’environnement, d’instituer certains obstacles aux échanges. C’est parfaitement légal dans le système de l’OMC. Même si, comme partout en politique, il y a des arbitrages à faire entre les différentes urgences, entre la liberté et la sécurité, entre la pauvreté et le développement, entre l’environnement et la croissance (…) Il y a deux manières de changer l’ordre international : la guerre ou la négociation. La priorité, c’est la négociation, pas la guerre ! Mais les pays émergents ne peuvent aboutir à un accord que si les uns et les autres font des compromis. C’est compliqué et difficile. Mais nécessaire si on veut que cette planète préserve elle-même son intégrité, notamment environnementale. »

 Des hommes au plus haut niveau pensent à l’intérêt de la Biosphère, que ce soit Pascal Lamy ou Al Gore. Mais leur impuissance à mettre leurs pensées en acte montre la difficulté d’enrayer une anthropisation forcenée de la planète.

Histoire de la Biosphère

Plutarque, voyant Diogène manger du poulpe cru, résumera la philosophie du cynisme par l’expressions « ensauvager la vie ». Il est vrai que Diogène voulait renverser les valeurs dominantes pour transformer la prétention humaine en humilité. Selon sa conception de la vie, l’animal qui ne se crée pas de besoins était supérieur à l’homme prisonnier de ses désirs et de ses angoisses. Le bonheur résiderait donc dans la simplicité totale et l’autarcie, se suffire à soi-même. Bien plus tard, le courant transcendantaliste, fondé par l’américain Ralph Waldo Emerson dans son manifeste « La nature » édité en 1836, appelle à réveiller sa sensibilité pour communier avec une nature dont l’homme fait partie et pouvoir ainsi affronter le conformisme. Ernst Haeckel définit pour la première fois en 1866  l’écologie comme « la science des relations des organismes avec le monde environnant, c’est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d’existence ». Rudolf Steiner (1861-1925) créé l’anthroposophie qui vise à recréer l’harmonie entre l’homme et l’univers. Sa philosophie se traduit notamment par l’agriculture bio-dynamique qui prend en compte l’ensemble des cycles de la vie biologique. En 1875 le géologue Eduard Suess invente le terme biosphère, regroupement de l’atmosphère, de l’hydrosphère et de la lithosphère. En 1935, l’écologiste Arthur Tansley définit comme écosystème le système interactif qui s’établit entre la biocénose et le biotope.

             Mais le temps passe vite, la réalité dépasse maintenant l’approche philosophique et scientifique. Depuis quelques années l’action humaine a fait disparaître à toute allure la biodiversité, perturbe profondément le climat et dilapide avec prodigalité les ressources. Comme dit Al Gore  (Urgence planète Terre), « notre seule source d’espérance réside dans une changement de la manière dont les hommes et les femmes de base perçoivent l’environnement. Il nous faudra chercher ardemment une nouvelle façon de penser le rapport de notre civilisation à la Terre. »

Bulbe ou fluo ?

Les ampoules à bulbe avec filament ne transforment en lumière que 5 % de l’énergie consommée, le reste sert à chauffer la pièce ! Les lampes à décharge dites fluo-compactes sont trois à cinq fois moins gourmandes en énergie et six à huit fois plus durable. Même si leur lumière est pour l’instant moins visible, même si le prix est dix fois plus cher en moyenne, ce serait rentable pour le consommateur dès la première année grâce aux économies d’énergie. Le gouvernement australien a donc annoncé en février 2007 son intention d’interdire les ampoules à bulbe d’ici à 2010 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’Union européenne envisage cette interdiction des lampes à filament pour les foyers privés en 2009, la Californie veut se doter d’une loi similaire pour une interdiction d’ici à 2010. Pourtant les lampes fluo-compactes contiennent jusqu’à 25 milligrammes de mercure (soyons honnêtes, les plus récentes 3 milligrammes, c’est-à-dire beaucoup trop). Car c’est là le drame : le mercure est très volatil et très polluant, difficile à recycler dans la Biosphère.

 La solution finale n’est pas technique, s’activer hors la lumière solaire n’est pas une nécessité absolue. Alors que l’Australie envisage de construire des centrales nucléaires, alors que les centrales thermiques se multiplient dans le monde, l’objectif premier devrait être la sobriété, pas la foi en la solution technique. Sinon ce qui économisé ici sera dilapidé ailleurs (effet rebond).

155 ans de chrabon !

L’effet de serre augmente à cause des émissions de gaz carbonique, mais on a besoin d’énergie… On va donc réagir en brûlant du charbon qui va émettre encore plus de CO2… On va donc capturer ce CO2 et l’enfouir dans le sol !!!

Le colloque tenu au Havre les 8 et 9 mars 2007 (Charbon propre, mythe ou réalité ?) a vigoureusement dénoncé cette technique. Trois grands procédés de capture existent : précombustion, par laquelle le carbone est enlevé du combustible à l’entrée de la centrale thermique ; postcombustion, car le gaz carbonique est extrait des fumées issues de la combustion ; oxycombustion, dans laquelle on brûle le charbon avec de l’oxygène pur, ce qui a pour effet de concentrer le CO2. Mais aucune de ces voies n’est mûre ni préférable aux autres. Chaque procédé a un coût non négligeable et diminue le rendement énergétique de la centrale. De toute façon, une fois capté, il faut bien se débarrasser du gaz carbonique. Or l’enfouissement d’un gaz acide perturbe le milieu dans lequel il va être injecté et rien ne confirme qu’il ne retournera pas dans l’atmosphère au bout de quelques années !

 Les pays riches n’ont pas besoin d’énergie supplémentaire, ils peuvent réguler leur consommation, ils savent le faire, il suffit de le vouloir dans l’intérêt de la Biosphère. De toute façon les réserves de charbon sont estimées à 155 ans au rythme actuel de consommation… De gré ou de force, il faudra donc bien un jour se passer de cette ressource fossile… Ah ! Si les générations futures avaient un droit de vote dès aujourd’hui, pétrole et charbon deviendraient tabous, intouchables !

schizophrénie à l’UE

            Le Parlement européen a adopté de nouvelles normes antipollution pour réduire les émissions de fines particules, ainsi que les monoxydes et dioxydes d’azote générés par les moteurs diesels. Ces polluants sont responsables de graves affections respiratoires, voire de cancers. Mais les objectifs d’une réduction de 80 % d’ici à 2009 se heurte à une autre circulaire de la Commission européenne, celle de baisser de 25 % entre 1998 et 2008 les rejets de CO2 des véhicules pour atteindre une moyenne (par constructeur) de 140 grammes par kilomètre parcouru. Les suies sont en effet éliminées grâce à un système d’auto inflammation provoqué par l’injection de carburant : l’opération entraîne une surconsommation de 5 à 6 %, et donc autant de CO2 supplémentaire. Donc les filtres à particule augmentent la consommation de carburant alors que pour réduire les gaz à effet de serre, il faudrait la baisser. De toute façon aucun constructeur ne maîtrise aujourd’hui la technologie pour atteindre les seuils de dioxyde d’azote votés par le Parlement. La protection de l’environnement a de quoi rendre schizophrène !

 Nous connaissons déjà tant de choses, l’origine de l’univers et les composantes de la matière, continuons à tester nos hypothèses plutôt que d’en chercher des applications inutiles. La science devrait s’accompagner de l’art de la contemplation, pas de la technique et de la détérioration de la Biosphère.

la technique est le problème, pas la solution

Deux infos si différentes dans le journal Le Monde du 17.03.2007, mais oh combien similaires !1) « Le CEA prépare les réacteurs nucléaires des années 2040 » Il s’agit des réacteurs à fission dits de 4ème génération, c’est-à-dire des projets expérimentaux dont la filière des neutrons rapides, privilégié par la France, a déjà connu un fiasco technologique avec le surgénérateur Superphénix ! Le gros problème, c’est que la technoscience veut nous faire croire qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir, demain l’innovation va trouver : la preuve, elle cherche !! Un réacteur de recherche serait peut-être mis en place en 2014, un prototype à neutrons rapides pourrait être mis en service en 2020 !!!2)  « La construction d’ITER, un chantier pharaonique »Il s’agit d’un réacteur à fusion dont l’objectif est de combiner des noyaux lourds, ce qui libère une énergie similaire à celle produite par notre Soleil. On fait miroiter au présent la manne financière distribuée autour de Cadarache, on oublie de dire que la vocation d’ITER n’est pas de produire de l’électricité, mais d’établir la faisabilité scientifique et technique de la fusion thermonucléaire. Le gros problème, c’est que la technoscience veut nous faire croire qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir, demain l’innovation va trouver : la preuve, elle cherche !! Entre 2025 et 2035 pourrait être construit un prototype électrogène. Et ce n’est pas avant 2050, avec la première génération de réacteurs industriels, que l’on saura si le rêve n’était pas un cauchemar !! La Biosphère n’a pas besoin qu’on tripatouille ses atomes. L’espèce homo sapiens ferait mieux de lancer une grande campagne de méditation sur la vanité de la société thermo-industrielle.

Donnez-nous notre pain quotidien !

Dans son documentaire sans commentaire, Notre pain quotidien, le réalisateur Nikolaus Geyrhalter pose le problème du mode d’alimentation d’un habitant des pays dits développés. Il n’y a dans ce film coup de poing aucun discours didactique ni témoignages indignés, il n’y a que des images organisées, uniquement la froide réalité d’un cauchemar grandeur nature vécu dans une gigantesque serre ou lors de l’équarrissage des porcs. Les combinaisons high-tech frôlent les chairs à nu, on ne tue qu’en blouse blanche et scientifiquement. Un homme descend l’interminable allée d’un poulailler industriel en farfouillant dans les cages, et ce n’est que plus tard qu’on comprend qu’il en enlève les poulets qui meurent chaque jour de la promiscuité. Cette froideur met en évidence  que la qualité d’être vivant est retirée aux animaux quand il y a production de masse, la mécanique finit par envahir tout l’écran, les machines semblent se mouvoir toutes seules, les travailleurs accomplissent des gestes automatiques calibrés par le travail à la chaîne. Les hommes et les femmes au travail apparaissent donc eux aussi comme des éléments interchangeables, au service de la machinerie de l’agriculture moderne. La vie est sacrifiée sur l’autel de la consommation.

 En bout de cette fabrication industrielle, il y a notre pain quotidien, il y a notre estomac, il y a nos repas qui apparaissent pour ce qu’ils sont devenus, l’aboutissement ultime de la marchandisation de la Biosphère. Cela n’a pas d’avenir durable…

toxicité du maïs transgénique

Le traitement statistique de l’étude des effets de ce maïs par son inventeur et distributeur, la firme Monsanto, a été publié en août 2005 par Food et Chemical Toxicology. Mais les données expérimentales brutes, plus d’un millier de pages, avaient été tenues confidentielles par la firme agrochimique jusqu’à ce que Greenpeace en obtienne publicité grâce à la Cour d’appel de Münster. Le Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique) a ainsi pu les examiner en détail. Autorisé à la mise sur le marché en Europe, la consommation de cet OGM perturberait de nombreux paramètres biologiques chez le rat : poids des reins et du foie, taux des jeunes globules rouges, triglycérides… Monsanto avait jugé que ces écarts entraient dans le cadre de la variabilité naturelle des paramètres mesurés ! Le Criigen soupçonne au contraire une véritable toxicité. Comme dit un spécialiste, en matière hormonale les perturbations peuvent être plus que proportionnelles à la dose ; un autre  indique que les paramètres bougent beaucoup dans les expérimentations, ce qui empêche toute conclusion stable. Mais ce qu’il faut souligner, c’est que les travaux du Criigen ont été financés par Carrefour et Greenpeace alors qu’il n’existe par de budget public pour mener ce genre d’étude scientifique. Il faudrait financer des tests au-delà de 90 jours, et sur d’autres espèces que le rat (in journal Le Monde du 14/03/2007), mais notre sort est aux mains des multinationales de la semence.

 Ne mangez pas des produits trans-naturels, ils posent sans doute un problème potentiel de santé, ils n’ont pas meilleur goût, ils ne sont pas moins chers pour les consommateurs et c’est un coût supplémentaire pour l’agriculteur ! Les seuls avantages sont pour les multinationales. Faisons confiance à la Nature et mangeons bio.

ségolène ou ségolène ?

Etude comparative des professions de foi

(source : l’hebdo des socialistes du 14 octobre 2006)

Laurent Fabius, candidat du projet socialiste pour faire gagner la gauche

L’élection présidentielle ne ressemblera pas aux précédentes, le contexte est inédit : …(et) la planète à sauver du réchauffement climatique.

J’ai pris 7 engagements (dont) une loi programme fixant nos objectifs précis pour la protection de l’environnement et la nomination d’un vice premier-ministre chargé du développement durable.

Je veux être le candidat du rassemblement de la gauche et des Verts. Mes combats sont ceux de la gauche rassemblée : …(et) la social-écologie.

Ségolène Royal, devoir de victoire

Ministre de l’environnement, j’ai agi avec fermeté contre les lobbies (loi sur l’eau et sur les déchets), mené des négociations âpres, notamment au Sommet de la Terre de Rio, et  déjà soutenu les énergies renouvelables. Je retiendrai des perspectives exigeantes :

– Pour l’emploi, en choisissant résolument l’excellence environnementale, riche d’activité et de métiers nouveaux ;

– Pour l’excellence environnementale : je veux faire de la France un pays exemplaire en Europe et dans le monde dans la lutte contre le réchauffement de la planète, la gestion de l’eau, la priorité aux énergies renouvelables, le développement des transports propres, le traitement des déchets et la mise en place d’une véritable fiscalité écologique.

Dominique Strauss-Kahn, social et démocrate !

Je veux que nous nous saisissions aussi des questions du futur. La révolution énergétique de l’après-pétrole est devant nous.

Pour la Biosphère, pas de doute, il faut voter Ségolène !

valeur de la vie ?

Il y a des vies humaines qui servent à quelque chose, et des barbaries qui pèsent trop sur la surface de la planète.

Lemonde pousserait-il au terrorisme ?

Cher homo sapiens,

Un dessin en page 2 du quotidien Le Monde (14 septembre) mettait en scène les événements du 11 septembre et la destruction des 2 tours jumelles. Il présentait ensuite la politique de Bush (sécurité ici = guerre là-bas), puis la reconstruction de 4 tours qui sont à leur tour attaquées par des avions de ligne. Doit-on prendre cette BD au premier degré et trouver que la politique américaine pousse au terrorisme ?

Mais alors, le pillage par le mode de vie américain des ressources de la planète ne doit-il pas entraîner le même type de réaction, une violence destructrice de ce mode de vie : pneus de 4×4 crevés, stockages de pétroles incendiés… ? Bien entendu, il ne s’agit là que d’une analyse comparable à celle du journal Le Monde !!!

Pour en savoir plus, http://www.biosphere.ouvaton.org/

Benoît XVI encense Dieu et non la Biosphère

                A Munich, Benoît 16 a prononcé une homélie musclée, destinée à une Eglise allemande trop préoccupée de questions sociales et pas assez de sa mission de défense de la religion. Il attribue les mécanismes de la violence et de la destruction au rejet de Dieu et à la suprématie de la technique. Pour lui, « c’est une insulte au sacré qu’on abaisse au rang d’une simple liberté ». Il ajoute : « Nous ne réussissons plus à entendre Dieu, parce que les fréquences que nos oreilles reçoivent sont encombrées. » Benoît 16 exige même que l’enseignement du respect de la religion soit généralisé dans les écoles.

En fait, dans le discours précédent , vous remplacez « Dieu »  et « religion » par « Biosphère », et vous aurez non seulement une approche beaucoup plus saine des réalités de la planète, mais aussi des modes d’action plus constructifs…

Pour en savoir plus,  notre réseau de documentation

Homo sapiens, obscur phylum !

L’homme est apparu comme un ver dans le fruit, comme une mite dans une balle de laine et a rongé son habitat, en sécrétant des théories pour justifier son action. Nous semblons vivre dans un univers absurde pour avoir tourné certaines lois qui s’appliquent à l’ensemble d’un monde dans lequel notre lignée s’est trouvée émergeant d’un obscur phylum de petites mammifères sans prétentions.

Quelle que soit la position métaphysique adoptée et la place accordée à l’espèce humaine, l’homme n’a pas le droit de détruire une espèce de plante ou d’animal sous prétexte qu’elle ne sert à rien. Nous n’avons pas le droit d’exterminer ce que nous n’avons pas créé. Un humble végétal, un insecte minuscule contiennent plus de splendeurs et de mystères que la plus merveilleuse de nos constructions. Il est temps que domine à nouveau l’Homo sapiens, celui qui sait que seul un juste équilibre avec la nature tout entière peut lui assurer sa légitime substance, et en définitive le bonheur spirituel et matériel auquel il aspire.

Pour en savoir plus, http://www.biosphere.ouvaton.org/

Le Monde censure

Cher homo sapiens

On voit bien dans l’édition du 13 septembre où va la curiosité du quotidien « Le Monde ». Un tiers de page de publicité pour la firme Total qui nous raconte mensongèrement que « Pour vous, notre énergie est inépuisable » alors que les réserves de pétrole ont une durée de vie de seulement 40 ans. Sur la même page, un article conséquent sur la redécouverte d’une tombe gaulois, annonce dont l’intérêt est proche du néant. Et caché à côté dans un minuscule entrefilet, l’adoption par le sénat du « droit à l’eau » dans la loi, une eau de plus en plus disputée. Même si c’est de façon inconsciente, mon quotidien préféré prépare pour la Biosphère un avenir non durable.

Pour en savoir plus, http://www.biosphere.ouvaton.org

l’espoir fait vivre

Le jour de ma mort, notre planète continuera à tourner. Le jour de la fin de l’espèce homo sapiens, la Terre continuera à tourner. Le jour de la fin de la Terre, l’univers continuera à jeter des bribes de vie ici ou là : je trouve tout cela très réconfortant… La Biosphère se reconstituera ailleurs.

En attendant, vivons en harmonie avec ce qui vit aujourd’hui !