sciences et techniques

Danger pour les uns, risque pour d’autres

Notre protection contre l’industrie chimique repose sur des termes inaccessibles au commun des mortels : phtalate, bisphénol A, parabens, éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés, composés perfluorés (PFC), Chrome VI, HAP (hydrocarbure aromatique polycyclique) aux effets cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques et perturbateurs endocriniens. Les polluants sont présents dans tous les objets du quotidien. Même les institutions censées prendre en charge notre protection se révèlent dépassées par la complexité des problèmes. A Bruxelles, la nouvelle stratégie du Green Deal vise un « environnement sans substances toxiques » à l’horizon 2030. A l’échelle de l’Union européenne (UE), environ 300 millions de tonnes de substances chimiques sont produites chaque année et la grande majorité (74 %) est considérée comme « dangereuse pour la santé ou l’environnement » par l’Agence européenne pour l’environnement. La direction générale chargée du marché intérieur et de l’industrie a pesé de tout son poids pour freiner cet élan réformateur. La chimie, quatrième secteur industriel en Europe (28 000 sociétés, dont les géants Bayer et BASF, un million d’emplois), est aussi un enjeu dans la bataille économique mondiale. Plus surprenant, la direction générale de la santé et de la sécurité sanitaire (DG Santé) s’oppose également au projet porté par la DG Environnement.

La DG Santé se dit « préoccupée » de « l’extension de l’approche fondée sur le danger dans la gestion des produits chimiques », proposée par la DG Environnement. Derrière ce jargon technique se cache une question fondamentale : l’approche fondée sur le danger (hazard based) consiste à réglementer un produit selon ses propriétés intrinsèques (par exemple cancérogène, reprotoxique, perturbateur endocrinien, etc.). La DG Santé, elle, dit préférer une approche fondée sur le risque (risk based) : dans ce cas, une molécule peut être utilisée, indépendamment de ses propriétés, si les évaluateurs du risque estiment que l’exposition de la population y sera très faible. Les commentateurs sur lemonde.fr nous éclairent :

Jean Jouet : Lla présentation du débat ‘approche DANGER , versus RISQUE’ interpelle. En sécurité, on identifie les dangers et on analyse les risques : si on se fie seulement au danger, alors on arrête tout travaux en industrie, mais on arrête aussi le ski de piste, l’alpinisme, la moto , etc… Pour la chimie : quid des médicaments ? à ce que je sache, la plupart si pas tous ont des dangers , parfois très graves. C’est pourquoi on analyse les risques et définit une posologie. Et pour les plus dangereux, on ne peut les acheter sans avis médical. Distinguer DANGER et RISQUE, c’est aussi faire une balance coût / bénéfice , et on doit être capable de prononcer ces deux mots sans y voir de suite la main du libéralisme débridé, mais simplement la traduction de ce que nous faisons tous les jours en tant qu’humain avant de décider.

Izy : Traduisons la novlangue orwellienne. La DG Santé est en fait la DG Maladie, la maladie étant son filon d’exploitation. Cela est conforme au fait que n’importe quel citoyen peut constater : l’industrie de la maladie a remplacé la politique de la santé.

Le sceptique : Aujourd’hui, on parle d’un environnement sans substances toxiques à l’horizon 2030. Hier, on parlait de mettre fin à l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2030. Avant hier, quelques avait sûrement dû lancer qu’on pouvait stopper le réchauffement climatique à l’horizon 2030. Pourquoi l’environnement est-il un thème où l’on trouve normal d’énoncer des objectifs absurdes? En santé, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de maladies en 2030. En économie, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de chômage ou de crise en 2030. En diplomatie, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de guerre en 2030. Je trouve que cela indique une certaine immaturité démocratique du thème de l’environnement. Soit c’est resté le truc superficiel où le technocrate se dit : « tiens, je dois combler un vide, pourquoi pas une grande promesse en l’air? ». Soit c’est un thème qui bloque une partie de la raison et conduit à des pensées sans recul.

Camille Pol @ le sceptique : Il demeure néanmoins plus réaliste de mettre en place une réglementation européenne interdisant les produits toxiques (et y parvenant) que de mettre en place une politique publique visant à supprimer le chômage ou la guerre (et y parvenant). Votre commentaire est effectivement révélateur d’une certaine immaturité démocratique du thème de l’environnement. Vous nous avez au moins épargné un argument de tendance néolibérale du type “Ces activités créent des emplois” (en se focalisant sur ceux qui permettent à des capitalistes de s’enrichir) sans prendre en compte les coûts supportés par la collectivité en terme de santé, bien évidemment !

Izy : À la décharge du sceptique, il faut noter que, pour paraître prévoyant et rationnel sans avoir la moindre volonté de l’être, le baratin technocratique ambiant fixe d’autant plus d’objectifs qu’il reste incapable de mettre en œuvre quelque moyen que ce soit pour les atteindre.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Chimiquement contaminé… et il n’y a pas de solution

4 mars 2018, Néocotinoïdes, le gourdin d’une agriculture chimique

15 décembre 2016, La pollution chimique imprègne nos corps et nos esprits

10 mars 2016, Collusion éhontée des pouvoirs avec l’industrie chimique

14 juin 2013, le point de non-retour grâce aux produits chimiques !

8 novembre 2011, Nanotechnologies, l’industrie passe avant la santé

Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Être ingénieur et écologiste est une nécessité, une nouvelle génération de jeunes s’engage dans les grandes écoles. Mais que peut-elle faire ?

Benoît, 22 ans, aux Mines de Paris et à Polytechnique : « A raison de dix à vingt heures par semaine, avec l’équipe du Manifeste pour une transition écologique, je m’engage à faire pression sur les dirigeants d’entreprise avec l’objectif de révolutionner leur modèle économique.  Loin d’être antinomique, je suis convaincu qu’être ingénieur et écologiste est devenu une nécessité.»
Hugo, 22 ans, étudiant à l’école d’ingénieurs de Mines ParisTech: « Ce qui a déclenché mon sursaut écologique, c’est un cours sur l’énergie de Jean-Marc Jancovici ; il nous a enseigné que l’économie est très dépendante des énergies fossiles et qu’on ne peut pas les substituer en ayant la même énergétique. Il faut donc faire preuve de sobriété. J’ai donc rejoint le collectif Pour un réveil écologique, qui a pour but d’encourager les écoles et les universités à intégrer les enjeux environnementaux dans les programmes scolaires, mais aussi de mettre au défi les entreprises en analysant leurs politiques environnementales. »
Alexandrine, 20 ans, étudiante à CentraleSupélec : « J’ai adhéré à une association étudiante Forum Ingénieurs responsables. Le Forum aura lieu le 18 février 2021, réunira des entreprises engagées dans la transition écologique qui proposeront des stages ou des emplois aux étudiants. Pour moi, être ingénieure et engagée dans la cause écologique, c’est l’avenir. Ce que j’aimerais faire plus tard : utiliser ma technique pour contribuer à résoudre des problèmes mondiaux. »
Caroline, 23 ans, ingénierie du développement durable à l’INP de Toulouse : « Mes recherches étaient axées sur le côté environnemental pur, l’étude des phytosanitaires, les problèmes de nappes phréatiques… mais il n’y a personne qui me donne la possibilité d’agir efficacement face aux enjeux environnementaux. Dans notre cursus, on nous répète que 90 % des emplois qu’on occupera n’existent pas encore, que c’est à nous d’agir. En réalité, ce n’est pas nous, avec nos petits bras, qui allons tout changer. »

Commentaire de biosphere : Ce ne sont pas 4 clairvoyants qui peuvent s’opposer à leurs condisciples qui préfèrent le commerce et la finance. Mais les temps changent. Autrefois leurs aînés ayant fait les mêmes cursus montraient une même foi à réformer la société et à guider le peuple vers le bonheur, sauf que cette foi était techno-productiviste alors que la leur est écologiste. On ne connaissait pas à l’époque le mot sobriété et l’écologisme était considéré comme obscène. Le problème, c’est que la presque totalité des emplois offerts aux ingénieurs sont issus de cet ancien temps croissanciste, ils sont plutôt nocifs pour la planète et/ou la vie humaine. L’idéal, c’est que le tout nouveau diplômé ingénieur retourne à la terre ou à l’artisanat local. Certains super-diplômés font déjà cette démarche.. .Pour compléter cette analyse, lire sur notre blog biosphere :
22 avril 2019, Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

21 avril 2019, Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

9 novembre 2017, Les Écoles d’ingénieurs au service des entreprises

Les Écoles d’ingénieurs au service des entreprises

18 octobre 2018, Appel à démissionner de tous les métiers inutiles

Covid, vacciner beaucoup ou pas du tout ?

L’écolo Yannick JADOT a dit de façon elliptique que le vaccin devra être obligatoire. Face à cette position, l’écolo Antoine Waechter rétorque qu’il ne soutiendra pas la candidature Jadot à la présidentielle. Mon voisin a été plus précis, il estime qu’il n’y a pas besoin d’obligation, les gens sont assez concernés pour se vacciner si le vaccin est bon, efficace et sans effets contraires. Le député LFI Alexis Corbière plaide pour un vaccin « universel et gratuit », mais sans dimension obligatoire. Dans l’électorat du Rassemblement national, 56 % ne se feraient pas vacciner, contre 22 % dans l’électorat macroniste. Alors un vaccin obligatoire seulement pour un nombre limité de cas ? La question du consentement au vaccin est fondamentale et attire plus de 100 commentaires sur le monde.fr, extraits  :

Pelayo Decovadonga : « Le consentement au vaccin contre le Covid-19, un sujet inflammable » ? C’est le drame de la démocratie libérale, où les ânes ont voix au chapitre. En Chine, personne ne demande l’avis des antivaccins. Résultat, le pays à récupéré son rythme d’avant l’épidémie.
P.coryn : Même si certaines personnes le refusent, il me semble probable que l’acceptation du vaccin sera large et au-dessus des 60 %, permettant une immunité collective. Par contre il serait souhaitable que le vaccin soit exigé pour travailler usuellement avec un public, ainsi que pour le personnel soignant.
Super-dupont93 : débat ridicule. Les enfants doivent obligatoirement être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite pour être inscrits dans une école française. Conditionnez le consentement au vaccin à la garde des enfants et aux allocations et vous verrez que le taux de vaccination va être proche de 100%.
Letaxa : Contrairement au refus de respecter les mesures sanitaires (dont distanciation, masque, pas de rassemblement), le refus du vaccin ne mettra en danger que la vie de ceux qui le pratiqueront. C’est leur problème, c’est seulement leurs propres vie et santé qu’ils mettront en danger.
Gilab63 : D’accord avec ceux qui sont contre les vaccins ! A une condition : signer un document de refus officiel, de sorte que s’ils sont infectés par le covid 19, que tous les frais de la sécurité sociale leurs soient facturés………..!
Eloha : n’importe quoi Gilab !! Ou alors on fait preuve de cohérence : les fumeurs signent un papier acceptant de ne pas être soignés en cas de cancer du poumon ! On pourrait parler aussi de ceux qui mangent très riche… on nous l’a pourtant dit : manger équilibré et du sport, du coup les obèses signeront un papier aussi en cas de maladie liée à l’hygiène de vie par exemple… idée de génie non !
AMARI : Naguère, on ne demandait pas l’opinion des gens pour les mobiliser en cas de conflits. Là, on est en conflit avec un virus, donc, quand on sait qu’on a une arme efficace sur le virus, on fait tous ce qui doit être fait. Marre qu’on donne une mégaphone aux gens non qualifiés qui n’ont rien à apporter au débat.
Georges-Henri : Si une loi venait décider pour moi ce que je dois faire de mon corps, ce serait l’équivalent d’une mobilisation générale et je serais alors objecteur de conscience. Je sais qu’actuellement le bétail a à son oreille une étiquette jaune obligatoire, mais justement, je ne suis pas du bétail. Avec tout le respect que j’ai pour le bétail en question.
Stéphane : Il faut aussi comprendre les craintes d’effets secondaires potentiels, pour un vaccin dont on a pas de recul, contre un virus sur lequel on ne sait pas tout, loin de là. Il me semble légitime de se questionner. Et je dis ça en tant que médecin profondément pro-vaccination, et qui se fera vacciner contre le COVID quand il le pourra. Réduire ce questionnement aux anti-vax pro-gaïa, c’est plus que caricatural…
In varietate concordia : un côté obligatoire va vachement donner envie. Il suffit de voir comment les Français réagissent à ce qui est obligatoire depuis le début de la pandémie (voire depuis les gilets jaunes, mais on ne va pas revenir sur les sujets qui fâchent, hein). Souvent, laisser le choix est plus productif, ça laisse l’illusion au citoyen qu’il a encore quelques libertés. On fait plus facilement avancer un âne avec une carotte qu’en tirant sur son licou.
Adrien : La balance risque bénéfice ne justifie absolument pas d’imposer ce vaxin. C’est d’ailleurs pour ca que le vaxin de la grippe n’est recommandé que pour les personnes fragiles.
Ne rien lâcher : Il faut laisser les antivax libres de mourir du Covid 19,faut toujours laisser sa chance à la sélection naturelle… C’est écologique.
pour conclure, une référence sur notre blog biosphere :

La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

Désolé, notre serveur est tombé en panne

Notre site et notre blog « biosphere » sont hébergés par une coopérative. Le serveur « Ouvaton.coop » a été Hors-Service du mardi 27 novembre au samedi 31 novembre inclus en raison d’une panne : deux disques du Filer (serveur de fichiers) sont tombés en panne simultanément. Nous avons attendu patiemment de pouvoir à nouveau administrer notre blog.

Cet incident montre la fragilité de notre système actuel de communication basé sur l’électricité en continu et une machinerie informatique qui est devenu d’autant plus fragile qu’elle est devenu trop complexe et trop impoante pour être durablement maîtrisable. Nous tenons ce blog biosphere dans la perspective de plus en plus probable de l’effondrement de la société thermo-industrielle. Cela ne veut pas dire que nous sommes technophobes, il y a toute une palette de techniques plus ou moins appropriées entre la bougie et la centrale nucléaire. Et nous utilisons Internet pour dénoncer la démesure technologique actuelle, au moins la cyber-poubelle sert un tout petit peu à quelque chose !

Nous rappelons que notre blog biosphere présente chaque jour, 365 sur 365 (sauf panne indépendante de notre volonté), une analyse de l’actualité « du point de vue des écologistes ». Nous remercions visiteurs et commentateurs de leur fidélité…

« Tech for good », un écran de fumée

L’entreprise ne va pas sauver le monde : Véritable virus sémantique, le « good » se répand aujourd’hui à une vitesse accélérée. Le good, c’est rien moins que le Bien transformé en biens marchands. Le good, c’est un nouveau mot d’ordre positif qui communique plus d’énergie qu’un terme poussiéreux comme Responsabilité sociale des entreprises [RSE]. Ce nouveau phare lexical capte rapidement l’attention et détrône le terme « disruption » au firmament du psittacisme*. Au temps des bullshit jobs, il répond opportunément à un désir de sens de plus en plus manifeste. Après avoir affiné leur purpose (en gros, ce qu’ils proposent), les entrepreneurs français qui se reconnaissent dans ce mouvement peuvent se ranger sous la bannière de la Tech for Good, puissante organisation professionnelle ayant ses entrées dans les plus hautes sphères du pouvoir. Avant, soit on faisait de l’argent, soit on faisait le bien. Puis on s’est aperçu qu’on pouvait faire les deux, d’où le développement de ce que l’on nomme l’impact investing. Truffé d’anglicismes, le jargon de cet entreprenariat éthique fait parfois penser au champ lexical de Jean-Claude Van Damme.

Un des nombreux problèmes du good, c’est qu’il repose sur une idée du bien commun très fluctuante dans le temps et dont la concrétisation peut potentiellement générer des effets négatifs inattendus. Prenez par exemple ceux qui ont commercialisé les pesticides : au départ, ils étaient persuadés d’être dans le vrai, de lutter contre la faim en augmentant les rendements. On a vu la suite. Qui peut dire aujourd’hui ce qui est vraiment « good »? Les mots sont-ils devenus à ce point vides de sens ?

Le discours sur la “tech for good” est un écran de fumée : si les Français se montraient héroïques dans leurs comportements quotidiens, il en résulterait une baisse maximale de 25 % de leurs émissions de CO2. La tech for good, c’est l’équivalent de ces écogestes, juste un moyen de se donner bonne conscience. Même si certaines de ces initiatives peuvent avoir un impact positif, leur poids global dans la lutte contre les grands problèmes tels que le réchauffement restera marginal.Mais ce discours sur la tech for good, porté notamment par les pouvoirs publics, fonctionne comme un écran de fumée qui permet de masquer le manque d’action nécessaire à une échelle systémique, structurelle. On l’a vu avec le gouvernement Macron et ses nombreuses reculades en matière écologique. Au lieu de remettre en question le dogme de la croissance, qui est irréconciliable avec la sauvegarde de la planète,on reste dans le régime du progrès qui s’est installé au XIXe siècle, en déléguant aux entreprises la résolution des grands problèmes de société !

Le « goodwashing » lave plus blanc que blanc : Quand la multinationale Total lutte, avec son réseau de stations-service, contre le gaspillage alimentaire en partenariat avec la start-up Too Good To Go, on se dit que la ficelle éthique est pour le coup un peu trop grosse. Chaque repas « sauvé » est transformé en équivalent CO2 et laisse penser que l’on lutte vertueusement pour le bilan carbone de la planète. Anecdotique, voire cocasse, pour un groupe dont le modèle repose sur la dilapidation des énergies fossiles. Mais peut-être sommes-nous un peu trop dogmatiques ?

* psittacisme : Répétition mécanique (comme par un perroquet) de phrases que la personne qui les dit ne comprend pas.

Croire au progrès, un vrai obscurantisme

Emmanuel Macron veut faire passer en force le passage à la 5G. Au lieu d’argumenter, il ironise sur ceux qui préféreraient « le modèle Amish » et le « retour à la lampe à huile » au modèle français incarné par « les Lumières » et « l’innovation ». Mais son « haro sur les écolos » révèle une crainte devant l’émergence d’une alternative à la société thermo-industrielle et à son croissancisme effréné. Loin d’être totalitaire,l’écologie politique est totalisante, elle repense la totalité de l’existence, mettant en évidence nos multiples interdépendances avec le vivant, avec les écosystèmes, avec la planète. Nous sommes Terriens bien avant d’être des humains. L’écologie devient la religion du XXIe siècle, une religion ancrée dans le réel biophysique et non une croyance en un dieu abstrait et invisible, une religion éclairée par l’écologie scientifique qui ne repose pas sur des arguments d’autorité, une religion qui relie et qui rassemble au sens profond du mot « religion ». L’écologie est une alternative au récit bien plus productiviste que progressiste qui a structuré aussi bien le libéralisme que le socialisme. Emmanuel Macron reproche à certains écologistes d’être obscurantistes, anti-Lumières et de prôner un retour en arrière. Mais la religion du progrès s’est transformée en croyance aveugle, tout ce qu’on peut faire techniquement doit être réalisé, peu importe les conséquences. Toute hésitation sur une avancée technologique relèverait d’une tentation nostalgique, toute interrogation sur une technique est vue comme une régression de Khmers verts et autres ayatollahs de l’écologie.

Or qu’est-ce que les Lumières, sinon la définition qu’en donnait Emmanuel Kant en 1784 : « Ose savoir ! » Questionner la pertinence d’une technique, c’est s’inscrire dans l’héritage des Lumières qui prônaient un usage de la raison critique. Les politiciens, toujours en retard d’une guerre à l’image de Macron, montrent leur vrai visage d’obscurantistes patentés : « On ne pourra pas avoir de transition écologique ni rester compétitif sans utiliser les technologies et notamment les objets connectés qui s’appuient sur la 5G » (Laure de La Raudiere, Agir ensemble) ; « On ne met pas assez dans la balance ce que la 5G va représenter en termes d’économies au-delà de l’amélioration des services » (Eric Bothorel, LRM). Les obscurantistes vont de l’avant, les premières enchères pour l’attribution des fréquences 5G débutent dès le 29 septembre avant toute analyse sérieuse avantage/coût de cette technologie.

Au sens des technophiles, si vous n’allez pas tout droit, vous ne pouvez que « revenir en arrière », ce qui veut dire à leur avis « régresser ». Que cet argument soit encore considéré comme imparable, au moment même où le monde brûle parce que le « train du progrès » nous a menés au désastre, a quelque chose de désespérant. Le président Macron et ses sbires feraient bien de se renseigner un peu sur « le modèle amish » qu’on a cru bon de ridiculiser, car lui au moins a l’avantage de faire discuter la communauté concernée sur l’ajout ou non de telle ou telle innovation. L’écologie, c’est la méfiance informée à propos de décisions politiques ou techno-économiques prétendument irréversibles. Faudrait-il cesser de vouloir apprendre ? Faudrait-il s’aveugler volontairement ? Tout se passe comme si les tenants du cliché progressiste ne voyaient derrière eux que le vide et devant eux qu’un mirage. Et c’est vrai qu’ils ont fait le vide en pillant la planète. Comme l’exprimait Jacques Chirac devant l’assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre le 2 septembre 2002 à Johannesburg, « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Comment ignorer les faits au moment même de l’année la plus chaude jamais enregistrée à cause d’un réchauffement climatique provoqué par les techniques humaines. A force de continuer comme si le train du progrès n’avait qu’une seule voie, comme l’exprime Bruno Latour, ces gens-là vont finir par nous faire vivre pour de vrai dans des caves éclairées à la bougie… c’est alors que nous regretterons « le modèle amish » autant que « la lampe à huile ».

Pour en savoir plus sur les techniques appropriées face au techniques délétères :

8 octobre 2007, techniques douces

23 décembre 2008, techniques douces contre techniques dures

1er novembre 2019, synthèse : Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

principe innovation / principe de précaution

Dans le livre « Les Gardiens de la raison », on explore les nouvelles stratégies des firmes pour instrumentaliser le savoir. L’usage de l’autorité scientifique est vital au maintien de pans entiers de l’industrie : c’est donc la possibilité même de la diffusion de la vérité scientifique auprès du plus grand nombre qui se trouve attaquée. Les années 2000 ont été vouées au lobbying des “marchands de doute” et de leurs études sponsorisées dissimulant les dangers de leurs activités. Aujourd’hui les arguments de l’industrie se dissimulent sous les atours de la science comme recherche du bien commun. Critiquer les pesticides, les biotechnologies ou le nucléaire, c’est être “contre la science”, c’est verser dans l“obscurantisme”. L’idéal de vérité est perverti. Des associations “à but non lucratif”, en fait financées par l’industrie, mettent en selle des citoyens “ordinaires” qui demandent à leurs députés de prendre leurs décisions politiques sur la base de preuves scientifiques. Référencé comme journaliste, « biosphere » a reçu une illustration parfaite des propos de ce livre sur le thème « Pour le bien commun, vive la 5G » :

La 5G est en marche, la « Révolution du Soigner » avec la Télémédecine c’est maintenant ! Si la 5G succède à la 4G, nous aurons une couverture optimale sur l’ensemble du territoire, un débit plus important, une rapidité d’exécution, et la possibilité d’échanger un plus grand nombre de données sans engorgement du réseau…Ce serait une erreur historique de ne pas considérer et inclure la Télémédecine dans cette avancée majeure… La Télémédecine se doit de prendre part au projet de la 5G avec autant d’audace que de prudence (Communiqué de Presse de l’« Institut de France – Académie de Télémédecine et eSanté <communique@pressonly.info>)

Les politiciens au pouvoir en France soutiennent cette tendance technophile, il faut dit Macron ne pas en rester à la lampe à huile. Le gouvenement veut mettre en place un centre officiel fournisseur de matière scientifique prête‑à‑l’emploi pour les journalistes. Si nous n’avons pas encore atteint le stade orwellien d’un ministère unifié de la Vérité, voilà déjà les brigades du Vrai qui entrent en action. Le projet de loi de programmation de la recherche (LPR) pour les années 2021 à 2030, présenté lundi 21 septembre 2020 à l’Assemblée nationale, prévoit la création d’une « Maison de la science et des médias ». A l’instar de Science Media Centres (SMC) au Royaume-Uni, cet organisme aurait pour vocation de « permettre la mise en contact rapide entre journalistes et chercheurs, favoriser l’accès des citoyens à une information scientifique fiable, et accroître l’apport d’éclairages scientifiques dans les débats publics sur les grands sujets actuels… A l’heure où la société française est traversée par des courants d’irrationalité et de doutes sur les progrès et les connaissances, le gouvernement fait le choix d’inverser résolument la tendance », expose le projet de loi. Et ce, afin de « replacer la science et la rationalité scientifique au cœur du pacte social et du développement économique du pays ».

Aucun des trois groupes de travail ayant nourri le projet de loi ne suggère la création d’un SMC « à la française ». Ce n’est que le fruit d’une volonté du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ! Sollicité, le cabinet de la ministre n’a pas répondu aux questions du MONDE. En fait il s’agit d’un action concertée par les lobbyistes du complexe thermo-industriel pour soutenir le « principe d’innovation » contre le principe de précaution. Voici quelques articles complémentaires sur notre blog biosphere :

22 janvier 2020, SDHi et le principe de précaution bafoué

1er mai 2017, BIOSPHERE-INFO, le principe de précaution

7 octobre 2014, Principe de précaution, de prévention et de responsabilité

4 octobre 2013, le principe de précaution et ses adversaires

24 juin 2010, principe de précaution ou principe d’irresponsabilité ? (à propos du chlordécone)

5G, les humains aiment trop la bagarre

D’un côté la fonte de la calotte glacière du Groenland semble irrémédiable, de l’autre Trump relance la prospection pétrolière en Alaska. La schizophrénie de notre société est mise en pages 6 et 7 du MONDE du 19 août 2020. Il s’agit d’un conflit dramatique entre les effets biophysiques de notre activité thermo-industrielle sur la nature et une volonté féroce de jouer à l’apprenti sorcier. En page 8, nous sommes à nouveau en présence de deux camps d’irréductibles, les croyants au progrès et les méfiants envers la 5G. D’un côté la convention citoyenne pour le climat souhaitait un moratoire pour pouvoir déterminer les risques de cette nouvelle technologie. Emmanuel Macron maintient le calendrier prévu initialement pour une première version fin 2020-début 2021.Voici au travers des commentaires sur lemonde.fr cette désespérante impossibilité d’arriver à un consensus :

Pierre HUBU : Il y avait déjà eu la révolte des Canuts, puis la grève des bûcherons canadiens contre la tronçonneuse, suivies des diatribes anti-chemins de fer (« on ne pourra pas respirer ») et de la fronde contre le plus-lourd-que-l’air (« les avions tomberont tous »)… Maintenant, il y a le rejet des ondes, du compteur Linky et de la 5G. Avec des visionnaires aussi myopes, on aurait même pas autorisé l’usage de la roue (« ça fait tomber ») et du feu (« ça brûle »), et nous serions tous à geler dans les cavernes en dégustant un morceau d’aurochs sanguinolent agrémenté de rutabaga terreux. Pourtant le progrès est comme la langue d’Ésope : tout dépend de ce que l’on en fait.

Jeanpasse : De très nombreux ingénieurs (y compris telecom) s’opposent à la gabegie énergétique, à l’obsolescence accrue des équipements et à l’augmentation tconsidérable de la pollution électromagnétique. Tout ceci pour des usages indoor déjà possible avec le wifi et ou le RFID et des usages outdoor soit inutiles soit dangereux. Mêmes les véhicules autonomes n’ont pas besoin de la 5 g. C »est juste un projet de la high tech pour forcer au renouvellement des terminaux et des opérateurs pour vendre un pseudo progrès aux clients. On veut faire la 6G, la 7G… mais on aura tous cramés avant.

Margy : Comme toujours on nous raconte une belle fable. Les OGM vont éradiquer la faim dans le monde.. .mais on ne le fait PAS. Pour la 5G, je vois le côté de hyper-gadget rendant encore plus passif et dépendant le citoyen et une hyper délocalisation virtuelle qui va accentuer le chômage et creuser les inégalités. Car pour le partage des richesses on est déjà revenu au Moyen Age ! Des nantis ultra-connectés et des gueux déconnectés : ca suffit.

Rico : Comme dit François Ruffin, « Grosso modo, la 5G, c’est pour permettre de regarder des films pornos en HD, même quand vous êtes dans votre ascenseur. » Moi je dis que comme argument pour la 5G, ça suffit amplement !

le sceptique : La 5 G ? Pfff, regarder du porno dans un ascenseur, c’est nul. La 4 G ? Pfff, regarder du porno dans un taxi, c’est nul. La 3G ? Pfff, regarder du porno chez soi, c’est nul.

Cyclable : Vu mon âge, pour en avoir un paquet autour de moi, je suis toujours surpris par le côté « esclave heureux » des geeks et autres « amoureux du progrès ». En même temps, pouvoir dire que l’on contrôle son frigo connecté et sa cafetière, tout en regardant youtube et en postant un like sur Facebook, le tout de son smartphone en terrasse de troquet, c’est sur que là, ça en jette !

Peace : Les opposants à la 5G et à la technologie en général manient de jolis mots, mais pourront-ils empêcher les États-Unis, l’Allemagne ou la Chine d’avancer? Quand la France sera (encore une fois) dépassée de partout on viendra pleurer mais pourquoi sommes nous en retard ?
Tubal : La réalité s’impose : les « écolos » sont de sinistres sectaires anti progrès.… Les victoires municipales de juin préparent la déroute de l’écologisme fou.

XY : Demander un débat public c’est un être un sinistre sectaire maintenant, ça vous situe. Essayer de comprendre les enjeux c’est interdit au quidam? Il ne s’agit pas d’interdire, mais de s’informer et réfléchir collectivement aux usages positifs ou néfastes de la 5G. Ça changera des choix technologiques imposés sans débat sous la houlette des industriels du secteur. Faites un effort pour argumenter plutôt que de cracher ces borborygmes haineux.

Joe : Le principal changement avec la 5G est la très faible latence, qui permettra l’exploitation de parcs de véhicules autonomes ou la réalisation d’opérations chirurgicales à distance.

Observateur : Plus je lis les contributions des « progressistes », plus je réalise qu’ils ne savent pas ce qu’est un réseau de téléphonie et notamment, l’infrastructure du cour de réseau.
Par ailleurs, les usages mis en avant sont : 1. la télémedecine, qui n’a besoin que d’un réseau fibre d’hôpital à l’hôpital (existe déjà) 2. la voiture autonome, qui si elle existe un jour, ne présente le moindre intérêt sociétal justifiant un tel investissement financier et matériel. Mais ces mots clés sont répétés a l’envi par les technophiles, aveuglés par leur foi.

Pelayo Decovadonga : Anti-vaccins, anti-Linky, anti-5G…. l’obscurantisme de la Peste Verte va vraiment ruiner ce pays.

Amusé @ Vadonga ! Puisque vous aimez visiblement les débats polarisés et binaires, entre la peste verte et le choléra capitaliste, il faudra bien un jour choisir.

Jean Bonblanc : Que ceux qui ne veulent pas de la 5G laissent les autres en disposer s’ils la veulent. Qu’est-ce-que c’est que cette mentalité qui consiste à interdire ? Heureusement, ce qui peut se faire en terme de développement technique se fera inévitablement.

Halpi : Il ne faut pas être contre le progrès, dit-on. Mais nos esprits et nos institutions ne sont pas toujours bien préparés à faire face aux dérives et délinquances issues de ces innovations techniques galopantes. Il est à craindre que la 5G ne donne des pouvoirs démesurés (comme déjà la 4G et Internet ) à des voyous de bas et de haut vols, dont les États ou les GAFA. Force est de constater que le numérique complique déjà la vie de bien des gens.

S.urban : Il y a des raisons objectives à s opposer à cette course technologique frénétique! Tous les progrès n ameliorent pas notre quotidien et participent au contraire à degrader la planète. Ce monde hyper connecté nous enferme plus qu’il nous rend heureux

Sérotonine : Quel intérêt d’être heureux quand tout le monde est enfermé ? Je préfère m’enfermer dans la technologie plutôt que de devoir supporter mes semblables.

Ironique : Le bon sens est la chose la mieux partagée… sauf au pays de Descartes. Il y a des mouvements anti-5g, anti-linky, anti-eoliennes, mais tout le monde trouve normal d’être déjà tracé via les téléphones mobiles, filmé par les caméras de surveillance des municipalités, d’exposer son intimité sur les réseaux sociaux.

Elie Arié : Vivement, le retour de la demoiselle des téléphones qui n’arrivait pas à vous passer le 22 à Asnières, l’homéopathie a la place des vaccins, les diligences qui remplaceront le train, tout le village au travail pour remplacer une moissonneuse-batteuse à conducteur unique, etc… jusqu’au jour où les nouveaux PDG Chinois prendront enfin la main.

Mobydick : Non ce n’est pas toujours le même refrain, non on ne peut pas dire que les écolos sont anti-technos ! Ils veulent une autre techno et surtout un vrai débat ! Quel renoncement de la part de tous ces commentateurs qui se vouent corps et âme à la …techno. Ils croient au souci de notre bonheur de la part des firmes techno ! Huawei ou Google qui veulent notre bonheur? Ahahahahah ! La 5G c’est avant tout une latence supérieure ( et non des débits !) ce qui permet les objets connectés. Avez-vous vu un seul débat sur les objets connectés ? On fait comme pour l’amiante, les pesticides, le nucléaire, circulez y’a rien à voir…

Tout savoir sur la perversité des pro-OGM

Les arguments favorables aux “OGM” sont soumis à très peu d’esprit critique ». En 2001, deux scientifiques assuraient avoir détecté, dans certaines variétés de maïs traditionnels mexicains, des traces de contamination génétique dues aux cultures américaines de maïs transgénique, à plusieurs centaines de kilomètres au nord. Un déluge d’indignation s’abattit sur ce constat, les auteurs étaient des militants écologistes déguisés, leur méthode était défectueuse, leurs résultats étaient pourris, etc. Cette bronca était-elle si spontanée ? En novembre 2002, une chronique du Guardian, a raconté comment une campagne de dénigrement avait été lancée contre M. Chapela et M. Quist par une officine dont l’un des clients était une firme agrochimique bien connue. Cet exemple — parmi de nombreux autres — montre l’extraordinaire capacité des industriels à influencer le débat sur « les OGM ». Plaider pour les biotechs, ce serait ainsi toujours se placer du côté de « la science », tandis que faire preuve de scepticisme à leur endroit serait toujours se placer du côté de l’irrationalité, de l’idéologie, de l’activisme vert, etc. Le résultat est que les arguments favorables aux OGM y sont soumis à très peu d’esprit critique, ce qui n’épargne personne, y compris l’auteur de ces lignes.

J’ai ainsi affirmé qu’en Inde, le coton transgénique Bt avait eu des résultats positifs en termes d’augmentation des rendements. Cette affirmation est probablement fausse et il n’est jamais trop tard pour manger son chapeau. En mars 2020, la revue Nature Plants a publié l’étude la plus exhaustive sur les effets de deux décennies de culture du coton transgénique Bt en Inde. L’introduction du coton Bt s’est bien accompagnée d’une réduction de l’utilisation des pesticides, mais celle-ci n’a été qu’« éphémère ». Avec l’apparition de résistances à la toxine Bt chez certains insectes et la prolifération de ravageurs secondaires non ciblés, « les agriculteurs dépensent aujourd’hui plus en pesticides qu’avant l’introduction du Bt ». Ce n’est pas fini. Certaines courbes fièrement exhibées par les promoteurs des biotechs semblent montrer un lien entre l’arrivée du coton transgénique Bt et l’augmentation des rendements. Vraiment ? « L’adoption du coton Bt s’avère être un mauvais indicateur de l’évolution des rendements », expliquent les deux chercheurs. « Les augmentations de rendement correspondent plutôt à des évolutions dans l’usage des engrais et d’autres intrants », précisent les auteurs de l’étude. (Chronique de Stéphane Foucart)

Pour tout savoir sur les OGM grâce à notre blog biosphere :

10 janvier 2017, équivalence en substance des OGM, manipulation du réel

6 mars 2013, à qui profitent les OGM ? Débat entre Deshayes et Testart

5 mars 2013, à qui profitent les OGM ? Un livre de Jacques Testart

7 novembre 2012, la souffrance des agriculteurs confrontés aux OGM

24 septembre 2012, OGM, non aux chimères génétiques chimériques

23 septembre 2012, OGM, le débat pour ou contre peut nous éclairer

20 septembre 2012, Les OGM et Monsanto sur le banc des accusés

2 décembre 2011, dialogue avec un partisan des OGM, membre de l’AFBV

4 octobre 2011, fauchage des OGM, obscurantisme ou démocratie ?

18 avril 2009, impuissance OGM

21 mai 2008, pro ou anti-OGM ?

5 février 2007, Cent millions d’hectares OGM !

Frydman, promoteur infatigable de la PMA

René Frydman, promoteur infatigable de la PMA (procréation médicalement assistée) : «  Il faut dépasser les diktats idéologiques et religieux d’un groupe qui veut imposer ses croyances à tous sans faire appel à la méthode scientifique. »* En d’autres termes les partisans d’une procréation naturelle ne doivent rien opposer aux techniciens de la fécondité artificielle. Pourtant Frydman reconnaît les inconvénients de la PMA : « Le problème principal, c’est le faible taux de réussite puisque, in fine, 40 % des couples n’auront pas l’enfant désiré. Environ 60 % des embryons obtenus après PMA in vitro ne sont pas aptes à se développer, et ce pourcentage atteint 80 % chez les patientes âgées de 40 ans et plus. Vouloir améliorer les taux de succès est une problématique médicale. Le prélèvement d’une cellule embryonnaire, ou diagnostic préimplantatoire permet l’analyse des chromosomes, mais, à la différence de la plupart des pays européens, cela demeure interdit en France. Il faudrait donc que la loi l’ autorise. Le diagnostic de sexe de l’embryon ou d’autres caractéristiques non médicales ne doit pas être autorisé car seule nous intéresse de reconnaître les embryons qui n’ont aucun potentiel de développement. Pour les femmes, l’épuisement physique des femmes et les faux espoirs dévastateurs seront ainsi amoindris. »

La PMA est une technologie systémique, cloisonnée, réalisable uniquement dans une société complexe. Elle n’est pas durable parce qu’elle repose sur des moyens médicaux importants, liés à un taux d’échec non négligeable, et donc seulement à la portée de couples riches ou pris en charge par le reste d’une société très développée. Ce n’est pas ce type de société que l’écologie désire, la PMA ne devrait pas être à l’ordre du jour d’une société consciente des limites de la technique et de la convivialité nécessaire entre ses membres. Une autre manière de se reproduire est à la portée de tout un chacun, faire l’amour tout simplement, en usant de la différenciation des sexes. Une technique simple qui n’a pas besoin de l’assistance de « médecins » pour porter ses fruits.

En toutes choses, il faut savoir raison garder, c’est-à-dire respecter les limites que nous donnent la nature. Sur ce blog, nous nous interrogeons aux événements en tant qu’ils relèvent de la nature et de l’écologie. Or toutes nos activités humaines utilisent une quantité plus ou moins grande de ressources terrestres. Par exemple le sommeil et la méditation sont les activités les plus sobres qu’on puisse pratiquer, et donc les plus écologiques. On peut alors classer les techniques selon leur intensité croissante en ressources mesurées en termes d’énergie. C’est une première méthode. Rester au plus simple dans notre demande d’énergie exosomatique, c’est alléger notre trace sur la planète. Médicaliser la procréation nécessite des spécialistes alors que la fonction de reproduction n’a pas normalement besoin de porteur de chandelles. La possibilité de voir à l’intérieur de l’œuf et d’intervenir au stade le plus précoce, avec la possibilité de modifier les enfants à naître, c’est la voie vers un nouvel eugénisme. Vouloir contourner la sélection naturelle qui a donné la fécondité aux uns et la stérilité à d’autres relève d’une volonté de toute puissance de l’homme, l’hubris, liberté de faire tout et n’importe quoi au nom du « désir individuel » pour le plus grand profit du système capitaliste libéral et de ses spécialistes comme Frydman.

Pour en savoir plus sur Frydman, nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

14 avril 2018, Jacques Testard, une victime de la techno-science (Testard contre Frydman)

21 mars 2016, Marre de la PMA, marre des marchands d’enfants

5 février 2013, Un technologue face à la procréation médicale assistée

20 décembre 2012, Mariés ou pas, non à la procréation médicale assistée (Testard contre Frydman)

7 octobre 2010, non à la fécondation in vitro

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/06/rene-frydman-il-faut-depasser-les-diktats-ideologiques-et-religieux-d-un-groupe-qui-veut-imposer-ses-croyances-a-tous_6045302_3232.html

5G, technolâtres contre techno-réalistes

Les décodeurs du MONDE sont des dévots de la 5G : « Des voix de quelques scientifiques et de certains militants se font entendre. Comme la 4G avant elle et les ondes téléphoniques en général, la 5G comporterait des risques pour la santé. Sauf que ces accusations reposent sur des argumentaires bien fragiles, voire fallacieux, et illustrent le phénomène du cherry picking. » Pour compléter notre propre analyse sur L’obsolescence programmée par la 5G, voici quelques commentaires sur lemonde.fr qui montrent la virulence du débat entre les écologistes qui estiment que la société doit définir des limites à la techno-science (les techno-réalistes) et les dévots du progrès technique (les imbéciles) qui disent « amen » à toute nouveauté.

Untel : Merci au MONDE pour un vrai décodage. On n’avait pas l’habitude d’en rencontrer, sauf de nom. Les adversaires de la 5G vivront ce qu’avant eux ont vécu les adversaires de la 4G et avant eux encore les adversaires des chemins de fer.

Le Renard Masqué : Mais avant tout: avons nous besoin de la 5G? Au moins posons nous la question comme nos amis helvètes… Pour que Facebook aille plus vite sur nos telephone ? Youtube ? Des milliards de truc connectés pour faire de la pub ?

Zoee : Mauvaise question. La 5G est inévitable puisqu’ elle est internationale, la France est piégée.

The Ad : Il y a à peine 25 ans, on vivait très bien sans 1G. Et on n’avait pas perpétuellement le stress du maximum d’infos et de data au plus vite.

Chemin : Il fallait, s’en douter, après la 4G et les compteurs Linky et bien d’autres choses les casse-pieds sont encore à l’action. Quand, la presse va-t-elle arrêter de relayer ces âneries qui ne font peur qu’à ceux qui n’ont pas la chance de faire la part des choses?

XX : Je n’ai pas de compétence particulière concernant la 5 G mais ma confiance dans ces agences officielles qui sont plus au service des industriels que du public est assez limitée. Elles ont toujours 3 temps de retard sur les lanceurs d’alerte. La question par ailleurs n’est pas seulement sanitaire ou industrielle. Je ne veux pas de frigo, de lave-linge, de porte de garage connectés, autant de portes d’entrées à des intrusions dans ma vie privée, des piratages et à un asservissement croissant à des oligopoles sur lesquels nous n’avons aucun contrôle. Quant aux arguments du type tiers-monde, le jour où ces technologies seront dysfonctionnelles, c’est carrément à la préhistoire que nous retournerons si nous mettons tous nos œufs dans le même panier. Où est le débat démocratique sur ces questions ?

RLap : Les militants anti-rayonnement et quelques scientifiques militant s’opposent à tout ce qui est nouveau en mettant en avant le principe de précaution, merci Chirac. Quelques personnes, souvent âgées,sont contre toute connexion mais elles vont bientôt se retrouver bien démunis car le travail mais aussi les loisirs, les services , la consommation, etc. passeront par internet et tous les autres modes de e-connexion. Il n’y a aucun complot derrière cela, simplement un progrès extraordinaire avec quelques inconvénients qui seront éliminés lorsqu’ils apparaîtront et d’immenses avantages qui d’ailleurs ridiculisent ceux qui croient encore que la terre ne peut donner que ce qu’elle a ! Alors que l’homme et la femme! peuvent créer, produire, sans terre et s’adapter en fonction des réalités qu’ils rencontreront.

Réponse à RLap : Avec la 5G bienvenue au piratage en temps réel. La ville intelligente sans électricité et où brutalement plus rien ne fonctionne, on a eu un petit aperçu en Ukraine mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend. Et toujours les messages caricaturaux: entre « être contre toute connexion » et être un béat de la connexion tous azimuts sous la houlette des GAFA. Il y a une autre voie. J’aime beaucoup le « nul ne pourra s’y soustraire ». Pas besoin de critiquer la Chine. La surveillance et la notation généralisées se font là-bas de façon autoritaire sous le houlette du PC, et ici sous la houlette d’industriels avec une com plus élaborée et sous couvert de modernité obligatoire.

Giloup : Le Monde nous sert une information très orientée dans le sens « circulez y’a rien à voir »…  Comme si les experts à conflit d’intérêt qui peuplent les agences d’évaluation n’étaient pas militants de leurs financeurs. On pourra affirmer quelque chose de tangible quand des études sérieuses et indépendantes auront été réalisées ce qui n’est pas le cas. La meilleure façon de ne rien trouver est de ne pas chercher jusqu’à ce qu’une catastrophe sanitaire nous explose à la figure et dans ce cas les industriels se défilent et c’est la collectivité qui prend en charge les dégâts. 171 scientifiques, issus de 37 pays ont réclamé un moratoire sur le déploiement de la 5G, en attendant que les risques potentiels sur la santé humaine et l’environnement aient été pleinement étudiés par des scientifiques indépendants du secteur. Vu les enjeux cela paraît raisonnable. Dans l’immédiat il y a des hypothèques à lever. Ex Simon Green, « Hundreds of bees drop dead around ‘5G towers’ in California »Dailystar.co.uk, 2 août 2019

Pour en savoir plus sur la question technologique grâce à notre blog biosphere :

1er novembre 2019, Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

Références bibliographiques

1954, Jacques Ellul, démesure de la société technicienne

1956, Mumford, l’embrigadement technologique

1973, Ivan Illich et l’outil convivial

1988, Ellul et le bluff technologique

2008, Kaczynski contre la technologie cloisonnée

2014, Bihouix, Low tech contre High tech

2015, Mumford contre les techniques autoritaires

L’obsolescence programmée par la 5G

Il en est du rasoir électrique comme de la 5G. Comme l’exprime Nicholas Georgescu-Roegen : « Il faut nous guérir du circumdrome du rasoir électrique, qui consiste à se raser plus vite afin d’avoir plus de temps pour travailler à un appareil qui rase plus vite encore, et ainsi de suite à l’infini… Il est important que les consommateurs se rééduquent eux-mêmes dans le mépris de la mode. »  Autour de nous, toute chose s’oxyde, se casse se disperse, etc. N’en rajoutons pas inutilement avec des lames jetables ou rechargeables, ne rajoutons pas à la 3G, la 4G, puis la 5G, l’obsolescence programmée. On peut distinguer l’obsolescence technique, c’est-à-dire la perte de valeur des équipements du fait de l’apparition de nouveaux modèles imposés par l’innovation. Il y a aussi l’obsolescence symbolique, ou déclassement prématuré des objets par la publicité et la mode. Il y a enfin l’obsolescence programmée, c’est-à-dire l’introduction à dessein d’une défaillance dans les appareils. L’exemple de la 5G montre que nous créons par un nouvel appareillage technologisé plus de problèmes que nous en résolvons.

Le gouvernement a identifié la 5G comme un enjeu stratégique pour la France, mais l’utilité réelle de la 5G pour le quotidien des citoyen.ne.s n’a pas été clairement établie. D’un point de vue environnemental tout d’abord, la consommation énergétique liée aux usages numérique ne cesse de progresser, les études montrent que les gains attendus par la “dématérialisation” n’existent pas. C’est dans ce contexte qu’arrive la technologie 5G, conçue pour permettre des débits 10 fois supérieurs à la 4G qui va multiplier les occasions de collecte des données personnelles des usagers, via les nombreux gadgets “connectés” qui seront proposés à la vente. Dans cette perspective, l’obésité des données transportées par la 5G impactent d’autant l’ensemble des usages. Ce n’est pas moins de 2% d’augmentation de la consommation électrique à l’échelle nationale qui est évoquée, une fois la 5G déployée en France. Les conséquences écologiques de la 5G sont loin d’être négligeables: poursuite de l’épuisement des ressources non renouvelables, accumulation de déchets électroniques polluants et peu recyclés. Le véritable critère de mesure d’impact environnemental est l’AVC, ou “Analyse de Cycle de Vie” donnent le plus souvent un rapport d’impact de 3⁄4 de la totalité d’impact pour la fabrication de l’infrastructure et du matériel et de 1⁄4 pour son seul usage. Enfin, le fait que les opérateurs aient systématiquement bridé les anciennes technologies à chaque arrivée d’une nouvelle est aujourd’hui bien documenté, créant de fait une obsolescence programmée massive. La 5G va exiger un renouvellement complet des smartphones mais aussi d’éléments importants de l’infrastructure réseau des entreprises et des industries. La portée des fréquences de la 5G étant moins importantes, le manque de rentabilité du déploiement des antennes favorisera le développement de la couverture urbaine et exclura de fait les zones rurales, creusant ainsi encore plus la fracture numérique territoriale. Dans son rapport d’octobre 2019 sur la 5G, l’ANSES affirme d’ailleurs avoir “mis en évidence un manque important, voire une absence de données, relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels” de la nouvelle technologie. Il y aurait aujourd’hui entre 600 000 et 3 millions de personnes électrosensibles en France, bien que les estimations soient délicates au vu de la diversité des symptômes signalés.

Ni technophobe ni “techno-béat”, tel est le point de vue des écologistes. A l’heure de l’urgence écologique et sociale, on doit refuser une technologie de substitution qui augmente la consommation d’énergie et épuise un peu plus les ressources. La loi votée en juillet 2015 punit l’obsolescence programmée qui devient un délit. Une telle loi devrait permettre d’empêcher la mise en place de la 5G par le gouvernement. Pour en savoir plus grâce à notre réseau de documentation biosphere :

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

26 novembre 2017, Pour résister au Black Friday, il fallait être bien armé

21 septembre 2017, Déconsommation rime avec Décroissance et Écologie

2 septembre 2014, L’obsolescence programmée bientôt punie par la loi ?

25 mars 2014, agir contre l’obsolescence programmée, enfin une loi ?

22 février 2014, Autonomie de la technique, obligation du téléphone portable

à lire, Bon pour la casse (les déraisons de l’obsolescence programmée) de Serge Latouche … (2012)

à lire, 2009 Casseurs de pub, 10 ans (collectif) (2009)

Décroissance de la logistique commerciale

Toi qui me lis, tu es sans doute esclave d’une logistique. « Nos modes de consommation repose sur l’approvisionnement en continu de points de vente ou de livraison à partir de grandes plates-formes logistiques, en clair de vulgaires entrepôts. Que ce soit pas le biais des supermarchés, des magasins de prêt à porter, ou avec le e-commerce, la très grande majorité de ce que nous consommons transitent par ces plate-formes. Le confinement sanitaire a démontré que nous avons absolument besoin des entrepôts puisque nos modes de vie sont dépendants de ces circuits logistiques. La circulation, et non plus tellement la production, est devenue un élément central des économies libérales. Un quart des ouvriers travaille dans la logistique contre seulement 15 % autrefois. Les salariés ne disent pas les robots nous remplacent, mais nous ne sommes que des robots.On a besoin des cargos et des conteneurs, des ports et des aéroports, des camions et des avions, des routes et autoroutes Plusieurs éléments expliquent cette nouvelle structuration. D’abord la phase de délocalisation des activités manufacturières ; on produit dans les pays à bas coût, on les consomme chez nous. De plus, depuis le début des années 1980, les multinationales ont découpé leurs activités par externalisation.Un smartphone transite par des dizaines de sites industriels avant d’arriver sur un point de vente ou directement à domicile. Le hors-sol à bas prix devient possible, le local est décrédibilisé. Sortir de ce système est un chantier monumental. En effet la dépendance des consommateurs s’est accru pendant la période de pandémie, le e-commerce, les livraisons à domicile, ou l’usage des drives ont gagné en légitimité en se portant garant d’une continuité d’approvisionnement. Pourtant cette structure logistique consomme des quantités phénoménales d’énergies fossiles et rejettent massivement du CO2 par le bais des transports multimodaux. » (propos de David Gaborieau, sociologue des « usines à colis », interrogé par le mensuel La Décroissance, juin 2020)

Pourtant l’avenir est clair, sans énergie fossile il n’y a plus de logistique possible. Citons James Howard Kunstler : « D’abord l’essence devint rare et chère, et maintenant il n’y en a plus. L’âge de l’automobile est terminé. L’électricité aussi. Aucun ordinateur ne fonctionne. Les grandes entreprises n’existent plus. L’argent papier ne vaut plus rien. Des villes ont été détruites. Il n’y a plus de gouvernement… » Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

11 mai 2020, post-Covid, l’espoir ténu de l’autosuffisance

19 avril 2020, post-covid, pour une écologie de rupture

Le coût de l’espérance de vie « augmentée »

Certains organismes vivants se reproduisent par simple duplication (bactéries, amibes…) et sont de ce fait immortels. Pour les autres le corps, une fois fourni l’effort nécessaire à la reproduction, va lentement décliner jusqu’à la mort : la mouche va vivre 17 jours en moyenne, le rat 6 années et le séquoia géant 6 000 ans. Ces différences sont inscrites dans les gènes qui donnent à une espèce une durée de vie maximale. Comme les autres espèces, les humains sont programmés pour mourir, mais ils modifient leur environnement pour mieux résister au processus de vieillissement. Ainsi la réduction de la mortalité infantile, les progrès de l’hygiène publique et privée et la lutte contre les infections ont fait passer l’espérance de vie moyenne à la naissance en France de 25 ans en 1750 à 45 ans en 1900 et 83 ans en 2017. On a même pu calculer que sept années de vie supplémentaire découlaient de traitements médicaux ou chirurgicaux très coûteux. Les dépenses de santé sont en constante augmentation et représentent actuellement près de 11 % du PIB, soit environ 271 milliards d’euros annuels. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Certains technophiles veulent agir contre les processus de vieillissement, faire de la télomérase, lutter contre les radicaux libres, encombrer les centres de soins palliatifs. Le transhumaniste Laurent Alexandre vise même à « euthanasier la mort » pour vivre mille ans. Il suffirait selon lui de modifier notre nature humaine par des interventions technologiques en utilisant la puissance des NBIC (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives) : « La demande de vivre plus longtemps est insatiable… La fixation des limites dans la modification de l’espèce humaine conduira très certainement à des oppositions violentes entre bioconservateurs et transhumanistes. » Quel est le point de vue possible des écologistes face à l’hubris transhumaniste et trop coûteux de l’homme « augmenté » ? Soulignons d’abord que si les inconvénients du système technico-médical commencent à prendre le pas sur les bénéfices qu’ils nous ont apporté, c’est pour des raisons globales. Les gains en termes d’espérance de vie n’augmentent plus en proportion des dépenses par la faute des maladies de civilisation ! L’inactivité physique et la malnutrition jouent un rôle majeur, ainsi que l’exposition à la pollution, aux stress de la vie socioprofessionnelle, aux pesticides, à la consommation de sodas, aux produits ultra-transformés, etc. La prévalence croissante de l’obésité, de la stéatose hépatique, du diabète, de l’hypertension artérielle, des maladies chroniques cardio-vasculaires, respiratoires, rénales… et les cancers deviennent des maladies chroniques largement liée à notre mode de vie. Les maladies de civilisation pèsent désormais plus lourd dans la mortalité que les maladies naturelles. L’espérance de vie en bonne santé commence à régresser dans bon nombre de pays. La mortalité par Covid-19 ne fait donc que se rajouter à un tableau clinique peu encourageant.

Il est donc utile de se demander si cela est durable de perfectionner sans cesse nos moyens d’assistance sanitaire au prix d’un épuisement de nos ressources fossiles (non renouvelables), si c’est respecter les cycles vitaux que de s’attarder sur la planète et prendre un peu de l’espace vital à toutes les autres espèces, si c’est écologique de lutter indéfiniment contre notre mort inéluctable, si c’est bien vivre que de vivre centenaire. Enfin noublions pas qu’une part importante de l’accroissement de la population mondiale vient de l’allongement de l’espérance de vie : si nous en étions restés au niveau de l’espérance de vie en 1900, nous serions quelques milliards de moins. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 mai 2020, espérance de vie et équivalent pétrole

11 spetembre 2017, Sans pétrole, nous nous baladerons dehors et tout nu (Jean- Marc Jancovici)

4 janvier 2017, longévité, intelligence…. tout commence à décroître

14 mars 2015, Mainmise de l’industrie sur nos repas : trop de sucre

6 juin 2013, Le fantasme de l’immortalité, une perte de sens

Plutôt mourir du coronavirus plutôt qu’intubé

Des contaminés qui arrivent à l’hôpital déjà cyanosés, crachant une mousse sanguinolente. Des gens atteints d’œdème pulmonaire aigu, dont l’état se dégrade à toute vitesse et que l’on intube à même les couloirs. Nous sommes en 1968-1970, la grippe de Hongkong frappe une partie de la planète ; le virus H3N2 fera au moins 1 million de mort, en France sans doute plus de 30 000 morts. Au 13 mai 2020, la Covi-19 a fait moins de 300 000 morts au niveau mondial, moins de 30 000 morts en France. En 1968, on minimise : «  La symptomatologie de cette grippe parait bénigne et, si l’on prévoit l’extension rapide et très large de cette épidémie, il ne semble pas cependant qu’elle doive prendre un caractère de quelconque gravité (LE MONDE du 11 novembre 1968). » En 2020 on confine la presque totalité des habitants de la planète. La mise en scène par les médias actuels d’une pandémie comme il y en a eu bien d’autres exacerbe les réactions socio-politiques. On passe d’une dramatisation à une autre, hier les attentats terroristes, aujourd’hui la pandémie, demain ce sera autre chose. La particularité de la société thermo-industrielle, c’est l’hubris, la démesure anti-nature qu’il nous faut combattre. Prenons l’exemple du passé.

Le 17 décembre 1969, une note au directeur général de la santé informe que le département du Tarn, très touché, enregistre 25 % de malades dans les familles, 30 % d’absents dans les écoles, 20 % dans les administrations, 17 % dans l’industrie, 18 % dans les autres secteurs d’activité. « L’épidémie de grippe qui s’étend, comme chaque année, sur l’Europe n’est ni grave ni nouvelle »*, lit-on pourtant dans Le Monde du 18 décembre 1969. L’État n’entreprend rien pour freiner l’épidémie, la grippe, c’est ce que tout le monde attrape. Personne ne connaît le nombre exact de victimes, on ne disposait à l’époque d’aucun outil de surveillance épidémique en temps réel. De toute façon la plupart des gens en 1968 considéraient qu’il était normal de mourir de quelque chose. Les accidents de la route et le tabac faisaient un carnage sans que la population s’en émeuve. Aujourd’hui le rapport à la mort a changé, il devient intolérable de mourir de façon naturelle, on pratique l’acharnement thérapeutique, les transhumanistes rêvent de nous voir vivre 1000 ans et les militaires veulent pratiquer la guerre zéro morts. Les progrès techno-scientifiques nous ont fait perdre tout sens de la limite. De toute façon il faut bien mourir un jour, autant que ce soit en bonne santé et non pas transpercés par des tuyaux reliés à des machineries.

Acceptons la mort qui vient au nom de la sélection naturelle, et sur nos directives anticipées rajoutons le refus de l’intubation et de la ventilation artificielle. Mieux aurait valu politiquement miser sur l’immunité collective et ne pas se lancer dans des confinements à répétition. Il faut à un moment et à d’autres donner des limites à la mainmise de la techno-science sur nos existences. Voici quelques lectures complémentaires sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

24 avril 2020, Soyons courageux, attrapons le SARS-CoV-2

7 avril 2020, Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

7 avril 2020, objectif du confinement, l’immunité collective

3 avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

26 mars 2020, Covid-19, le « droit à la vie » est relatif

14 mars 2020, Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

25 février 2020, Coronavirus : pandémie et sélection naturelle

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

* https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/11/qui-se-souvient-encore-de-la-grippe-de-hongkong_6039258_3224.html

La face cachée du coronavirus chinois

Un peu de publicité pour une association très informée sur les technologies et leurs critiques, pièces et main d’œuvre. Voici leur dernière livraison :

« Depuis le début officiel de l’épidémie, au lendemain des élections municipales, nous voyons une ruée sur les enquêtes que nous avions publiées au début des années 2000 à propos des laboratoires de la guerre au vivant. Soudain on se souvient. Dix mille personnes meurent chaque année en France de la grippe saisonnière – et 150 000 du cancer. Trente mille meurent entre décembre 1969 – année érotique – et janvier 1970 de la « grippe de Hong Kong ». Seuls les médecins l’ont su. Ce n’est qu’ensuite que les autorités sanitaires ont enjoint aux vieux de se faire vacciner.
C’est également 30 000 personnes qui vont mourir du virus cette année. Jusqu’à ce qu’on vende un nouveau vaccin et qu’on oublie. Ce qu’il y a de nouveau cette fois, c’est que les autorités ont décidé d’en faire un événement. L’événement s’oubliera, laissant des traces telles que la numérisation de nos vies (cyber-école, télémédecine, télétravail, etc) et la traque électronique : retour à l’anormal. Pour mémoire et pour nos lecteurs du futur – lors de la prochaine pandémie-, voici trois points d’acquis :
– L’Etat français a vendu à l’Etat chinois des laboratoires et des technologies de cauchemar, dont le laboratoire P4 de Wuhan.
– Ces laboratoires et ces technologies permettent – entre autres – de manipuler des virus naturels et d’accroître leur dangerosité.
– De tels laboratoires sont de plus en plus nombreux dans le monde. Des virus s’en échappent constamment. Nous vivons un état de contamination virale perpétuel (saviez-vous que le H1N1 était devenu notre grippe saisonnière ?), ponctué de pics dont n’importe lequel pourrait emporter une partie de l’humanité.
Pour en savoir plus :

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/le_virus_a_venir.pdf

post-covid, vivre sans taux d’intérêt !

Bga80 : Le barrage ultime contre l’écologie, c’est simple c’est la création monétaire par la voie de crédit. Je vous explique, lorsqu’on emprunte l’argent auprès d’un banquier il va vous demander des intérêts, donc partons du principe que l’on veut emprunter 1000 euros avec un taux de 10 %, je prends des chiffres théoriques tout rond pour faciliter les calculs. Alors à partir de ce principe vous devrez rendre 1100 euros au banquier. Ensuite, vous allez devoir travailler pour produire des richesses avec un surplus de travail de création de richesse pour donner une part du gâteau à la banque. Ensuite, pour créer ces richesses vous allez devoir produire des biens ou services correspond à ce montant, et ça va rentrer dans le Pib. En l’occurrence vous êtes contraint de rentabiliser votre entreprise ou affaire de création de richesses pour pouvoir rembourser ce crédit. MAIS, et ça là que ça devient intéressant. Ce système de crédit qui implique mécaniquement et automatiquement le profit pour le rembourser, ne peut pas s’appliquer à tous les secteurs d’activité pourtant nécessaire…. Imaginons une « marée noire », et la compagnie pétrolière ne voudra rien faire pour réparer les dégâts écologique…. Le problème, c’est que vous êtes alors dans l’incapacité de rentabiliser une entreprise de nettoyage afin de rembourser les intérêts pour le banquier, puisque c’est impossible d’obtenir un profit pour payer les intérêts…. Ce n’est pas rentable de réparer les dégâts dans une logique de profit et de croissance. Ce sont des frais à perte pour tenter de remettre du mieux possible l’environnement à l’état initial…. Et c’est pour cette raison que l’environnement se fait dégrader en toute impunité. Bref, il faut trouver des bénévoles pour ramasser la merde, mais ces bénévoles ne vont pas souscrire un crédit pour acheter un matériel adapté pour nettoyer plus efficacement la plage et l’océan…

Michel C. @ Bga : Je n’ai pas tout lu, mais je crois que ce que tu pointes là c’est l’usure. L’usure, qu’on entend comme taux d’intérêt abusif, ou qu’on peut entendre aussi comme intérêt tout court. Cette réflexion est très ancienne, elle remonte au moins à Aristote. Elle est bien sûr au cœur de la pensée économique (donc écologique), elle est bien sûr liée à la monnaie, à l’argent. Certains en effet voient dans l’usure la racine du mal, le cœur du Problème. Je vois bien qu’il y en a un problème dans le fait que l’argent puisse «faire des petits». Remarquons là encore, que de leur côté la plupart des gens n’y voient aucun problème, ils pensent que c’est tout simplement comme ça. Et d’ailleurs certains s’en frottent les mains. Bref, c’est donc de ça dont nous discutions, longuement, pour essayer de dire si l’usure était, ou pas, le Problème N°1.

Didier Barthès : Mais comment imaginer des crédits sans intérêt ? Si on a aucun intérêt à prêter son argent personne ne prendra le risque de le faire ? D’autre part des crédits il en faut bien sinon peu de choses pourraient être entreprises.

Michel C. @ Barthès : C’est en effet une question d’imagination. Comme je le disais à BGA c’est même un très un vieux débat. Nous ne sommes donc pas les premiers à nous poser ce genre de questions. Par exemples… quel intérêt aurais-je à vous prêter ma bagnole, ou ma brouette, voire ma femme ? Quel risque prendrais-je à vous les prêter ? Quel intérêt ou quel risque aurais-je à vous les donner, même si je n’en ai plus besoin ? Quel intérêt ou quel risque aurais-je à vous donner l’heure, ou mon opinion, ou un conseil ? Ne trouvez-vous pas qu’il y a quand même là matière à réfléchir, à imaginer ?

Didier Barthès @ Michel C : Vous prenez là des exemples de nature fort diverses (l’heure est gratuite et je ne me permettrais pas de vous demander de me prêter votre épouse). Mais pour l’argent si j’ai une certaine somme je ne vais pas prendre le risque de la perdre en la prêtant si cela ne me rapporte rien, il est bien plus logique que je la garde pour moi. Il ne me semble pas logique que ce que les économistes appellent « la préférence pour le présent » (avoir son argent maintenant plutôt que plus tard au moment du remboursement) ne soit pas rémunéré, car après tout, le prêteur pourrait aussi investir par lui même et gagner de l’argent. D’autre part le risque aussi doit être rémunéré, ce n’est pas rien de perdre ses économies, Donc je trouve l’intérêt tout à fait normal,. L’usure, c’est à dire un taux d’intérêt excessif ruinant l’emprunteur, c’est autre chose, mais cela doit être encadré par la loi.

Synthèse de Biosphere : Le taux d’intérêt ne représente réellement que le coût qu’implique le fonctionnement centralisé du système monétaire. Il se résume concrètement aux coûts bancaires de paiement de la main d’œuvre nécessaire et du matériel utilisé, c’est-à-dire le coût de transaction. Pas besoin de l’argent des rentiers, la banque peut créer de l’argent ex nihilo, c’est d’ailleurs son rôle principal. Pas besoins de prime de risques, on ne fait pas crédit aux personnes non solvables. Quant au fait de rémunérer celui qui renonce temporairement par le prêt à l’usage de son propre argent, laissez-nous rigoler. Toute accumulation de fric résulte de l’exploitation d’autres personnes dont on a retiré des subsides illégitimes. L’appropriation privée du capital financier est une absurdité, il n’y a aucune explication raisonnable au fait de retirer un bénéfice de la monnaie. Mais l’invention de la monnaie et la monétisation de l’existence marchande lui a permis d’exister sans se soucier des contraintes biophysiques. Dans le manuel d’économie de Raymond Barre dans les années 1970, on trouvait : « L’économiste n’a pas pour sa part à résoudre le problème de la moralité de l’intérêt : il constate l’existence de l’intérêt et sa tâche est d’en fournir l’explication ». Les écologistes montrent que le taux d’intérêt est idéologiquement orienté vers une société croissanciste. Quand l’économie fonctionne à crédit, il faut rembourser capital et intérêt. Or le taux d’intérêt nécessite la croissance future pour trouver les moyens d’avoir un surplus de monnaie permettant de rembourser sa dette ; il y a un effet boule de neige. Ce mécanisme est voué à s’enrayer (cf. les cycles économiques et les crises) car il n’est pas possible de continuer l’expansion dans un monde fini. Ceux qui pensent autrement sont soit des fous, soit des économistes. C’est à cause de cet endettement à crédit qu’il existe une financiarisation de l’économie depuis plusieurs années et des mouvements spéculatifs hors sol, la crise des subprimes de 2008 n’étant que le dernier des nombreux krachs boursiers. Rappelons que la bourse n’a presque plus rien à voir avec la valeur réelle des entreprises, c’est un jeu d’argent comme cela se pratique dans un casino, ce qui est gagné par les uns est perdu par les autres. En résumé, Bga avait raison.

Pour en savoir plus, dématérialisation, histoire de la catastrophe monétaire

Covid, regardons sans ciller la mort en face

« Lors d’une maladie virale, il arrive parfois que les hôtes réagissent de façon excessive. Avec le coronavirus actuel, il y a parfois un emballement du système immunitaire de l’hôte, il se produit ce que l’on nomme un « orage cytokinique », un envoi massif de médiateurs inflammatoires, appelés « cytokines ».! D’où la nécessité à ce moment de mettre en place une respiration artificielle alors que l’organisme est responsable de sa propre maladie. Pourquoi chercher à empêcher la prolifération du virus dès lors que la maladie n’est plus infectieuse à proprement parler, mais est devenue une maladie inflammatoire évoluant pour son propre compte ? C’est un suicide de l’organisme. Profitons de ce moment de réclusion pour réfléchir à cette dépendance inouïe de l’homme envers la médecine, que dénonçait déjà Ivan Illich. Cette emprise a grandi à un tel point qu’elle est aujourd’hui capable d’arrêter le cours du monde. Tâchons de devenir plus indépendants vis-à-vis de ce biopouvoir. »* Doit-on emprunter aux stoïciens leurs exercices de fermeté d’âme, et se convaincre de quitter le banquet sans regret, sobrement ? Quelques réactions sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : En clair ces médecins disent qu’on en fait trop actuellement pour soigner des gens dont le corps se suicide par orage cytokinique  : « Tâchons de devenir plus indépendants vis-à-vis de ce biopouvoir » lls se réfèrent à Ivan Illich qui dénonçait la dépendance inouïe de l’homme envers la médecine. Rappelons ses propos : « le traitement précoce de maladies incurables a pour seul effet d’aggraver la condition des patients qui, en l’absence de tout diagnostic et de tout traitement, demeureraient bien portants les deux tiers du temps qu’il leur reste à vivre. » Comme l’écrivait André Gorz, « il est devenu choquant d’affirmer qu’il est naturel de mourir, que les maladies mortelles ne sont pas un dérèglement accidentel et évitable mais la forme contingente que prend la nécessité de la mort ».

Saamir : Je crois que c’est justement la réflexion à laquelle ils invitent, la mainmise de la santé sur tous les aspects de la vie. Au même titre que ce n’est pas le virus qui tue mais le système de défense du corps qui se retourne contre lui-même, ce n’est pas le Covid 19 qui paralyse la société, mais la manière dont la société réagit. J’espère ne pas mal interpréter. Si je les suis, en mettant en perspective le nombre de morts du COVID 19 avec celui des morts par malnutrition, paludisme, cancers… je ne peux m’empêcher de penser que cette crise est effectivement avant tout politique.

alain sager : Solenn de Royer rappelait qu’en 1968-1970 la grippe de Hong-Kong avait fait plus de 30 000 morts en France ! J’avais 18-20 ans à cette époque, et je ne m’en souviens absolument pas… Quant à l’idée de confinement, de masques, de barrière distancée, ou autres, n’en parlons même pas. On en vient à se demander si les efforts surhumains déployés en ce moment ne vont pas aboutir à un résultat qu’on aurait tout aussi bien obtenu en ne faisant strictement rien. Il faut dire aussi qu’à l’époque on n’égrenait pas, cas par cas, et au jour le jour, le nombre de décès… On ne parlait pas d' »épidémie foudroyante » pour une dizaine d’infections simultanées. Un abîme sépare le fatalisme de jadis du cataclysme actuel. Personne n’aurait songé il y a seulement cinquante ans à reprocher à l’Etat un manque de prévoyance ou de réaction appropriée ! En réalité, on est devenus hypersensibles et hyper-réactifs à la moindre alerte. Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Je vous laisse juges.

Bullbh : « A force d’avoir encouragé la quête infinie de santé et de sécurité, nous avons, paradoxalement, rendu la vie (sociale ?), extrêmement fragile » écrivent ces médecins. Une civilisation ancrée dans la croyance que « tout serait possible » pourrait-elle dire « non, finalement, tout n’est pas possible ». Hé, oui, on peut mourir. Ça fait d’autant plus mal qu’on nous l’avait caché. Qui ça ? La médecine et ses promesses de vie éternelle,.

Roribak : Il faut quand même noter que ce que nous vivons est assez extraordinaire: on a enfermé plus de la moitié de l’humanité, mis l’économie mondiale à l’arrêt et forcé le monde à vivre sur ses réserves (limitée) pour sauver une très petite proportion de personnes et « protéger le système de santé » . C’est plutôt positif, mais ce n’est pas très cohérent: on accepte sans ciller des « taux de pertes » beaucoup plus importants dans d’autres domaines écologiques, sociaux, économiques et bien entendu militaires…

Ivan Illich, message posthume : En 1974, quand j’écrivais Némésis médicale, je pouvais parler de « médicalisation » de la mort. Les traditions occidentales régissant le fait de mourir sa propre mort avaient cédé à l’attente de soins terminaux garantis. Je forgeai alors le mot « amortalité » pour désigner le résultat de la liturgie médicale entourant le « stade terminal ». Par le terme contre-productif, je désignais en 1975 la logique paradoxale par laquelle toutes les grandes institutions de services éloignent la majorité de leurs clients des objectifs pour lesquels elles avaient été conçues. Par exemple, les écoles empêchent d’apprendre ; les transports s’évertuent à rendre les pieds superfétatoires ; les communications faussent la conversation. Dans la tradition galénique, les médecins étaient formés à reconnaître l’expression du visage indiquant que le patient était entré dans l’atrium de la mort. A ce seuil, le retrait était la meilleure aide qu’un médecin pût apporter à la bonne mort de son patient. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle qu’apparaît le docteur en blouse blanche aux prises avec la mort, qui arrache le patient à l’étreinte de l’homme-squelette. Jusque là, la discrimination entre état curable et incurable faisait partie intégrante des études de médecine en Amérique. Le rapport Flexner* de 1910 a donné le feu vert à la montée en flèche des coûts des soins terminaux, au misérable prolongement de « patients » plongés dans un coma irréversible. La médecine m’apparaît comme le paradigme d’une mégatechnique visant à vider la condition humaine du sens de la tragédie.

pour en savoir plus sur Ivan Illich

1973 La convivialité

1973 Énergie et équité

1992 postface à Némésis médicale

2004 La perte des sens (recueil posthume de textes d’Ivan ILLICH)

* Eric Caumes et Mathurin Maillet, médecins à la Pitié-Salpêtrière

Covid-19, évitons la guerre bactériologique

Comme si la contamination virale naturelle ne suffisait pas, James Howard Kunstler envisageait en 2005 que des régimes submergés par les pressions démographiques utilisent des virus « fabriqués »  contre les populations (après avoir bien sûr vacciné une élite présélectionnée !)… C’est plus qu’une hypothèse, l’audition en 1998, devant le Sénat américain, de Ken Alibek, Russe exfiltré qui fut pendant plusieurs années le directeur adjoint de Biopreparat (le programme de l’Union soviétique destiné à la guerre biologique), « a glacé de peur tous ceux qui l’ont entendue ». En 1972, Moscou ratifie le traité d’interdiction des armes biologiques, en 1973, l’URSS crée le laboratoire Biopreparat. Sa mission principale était de concevoir et de produire des armes à partir des virus, des toxines et des bactéries les plus dangereux que nous connaissions. Au plus fort de leur programme stratégique d’armement bactériologique, les chercheurs américains s’interdirent de développer des armes qui ne pouvaient être contrées par des antibiotiques ou des vaccins, le gouvernement soviétique décida au contraire que les meilleurs agents pathogènes étaient ceux auxquels on ne connaissait aucun remède. Ken Alibek raconte :

« A la mi-avril 1988, je reçus un coup de fil. Ustinov qui était à la tête d’une équipe de recherche sur le virus hémorragique de Marburg, s’est injecté le virus Marburg dans le pouce… Le quinzième jour, les petites ecchymoses qui étaient apparues assez rapidement sur tout son corps avaient viré au bleu foncé, et la peau d’Ustinov était aussi fine que du papier parcheminé. Le sang qui s’accumulait sous la peau commençait à suinter. Il lui coulait par le nez, la bouche, les organes génitaux ; le virus empêche le sang de coaguler, en tuant les plaquettes responsables de ce processus. Tandis qu’il se répand dans le corps de sa victime, les organes internes se mettent littéralement à fondre. Les filovirus étaient en train de se multiplier par milliards, suçant les substances nutritives dont ils avaient besoin pour se reproduire. Chaque particule virale, ou virion, forme une sorte de brique qui force les parois de la cellule pour la faire éclater. Puis la cellule se dote d’antennes tremblotantes semblables à des poils, qui se dirigent vers la prochaine cible, où le processus de forage et de destruction se répète aveuglément… Ustinov est mort. Comme un virus qui est né en laboratoire a toutes les chances de devenir plus virulent quand il transite par l’incubateur naturel que constitue le corps d’un animal ou d’un être humain, personne ne fut surpris quand des échantillons de Marburg, prélevés dans les organes d’Ustinov,montrèrent que la nouvelle variété était beaucoup plus puissante et beaucoup plus stable. Immédiatement, on reçut l’ordre de remplacer l’ancienne souche par la nouvelle. On lui donna un nom qu’Ustinov, avec son sens de l’humour, aurait apprécié : la « variante U »… »*

La menace d’une attaque bactériologique s’est accrue quand la technologie développée dans nos laboratoires est passée entre les mains de régimes dévoyés et de groupes terroristes. Les armes bactériologiques ne coûtent pas cher, elles sont faciles à fabriquer et à utiliser. Dans les années qui viennent, elles joueront un rôle de plus en plus important dans notre existence. Voici deux aricle aténrierus de notre blog biospehre sur cette problématique hallucinante :

24 octobre 2014, Le moment où la technoscience devient insupportable !

Des expérimentations actuelles consistent à modifier le génome de certains virus pour leur faire acquérir des « fonctions » nouvelles, mais délétères – par exemple les rendre transmissibles, virulents, résistants à certains médicaments ou encore capables d’échapper au système immunitaire humain. Autrement dit fabriquer des « Frankenvirus ». Nous avons déjà traité sur ce blog le fait de rendre contagieux entre mammifères un virus grippal exceptionnellement meurtrier pour l’homme, le H5N1. Depuis lors, une demi-douzaine de nouvelles expériences de GOF (Gain of Function) ont été publiées dans les principales revues scientifiques mondiales, impliquant d’autres virus tout aussi meurtriers. Pour les défenseurs de l’« acquisition de fonction », il est essentiel d’étudier comment des virus dangereux mutent et deviennent pandémiques. Pourquoi ne se sont-ils pas contentés d’étudier l’expansion du virus Ebola ?

13 mars 2014, Le virus qui éradiquera le surplus de population humaine

Le sens des limites n’existent pas parmi les scientifiques impliqués dans l’atome ou dans la biotechnologie. C’est pourtant deux domaines où il ne faudrait pas faire ce que nous savons faire. L’exemple des virus mutants pourrait faire cas d’école. Voici en résumé ce qu’en dit LE MONDE : Une série d’expériences visent à rendre contagieux des virus grippaux mortels. Les deux pathogènes soumis à expérience, le H5N1 et le H7N9, sont des virus extraordinairement meurtriers. Les malades, après une brutale poussée de fièvre, développent généralement une pneumonie, puis une grave détresse respiratoire à l’issue souvent fatale…

* https://www.lemonde.fr/archives/article/2001/10/28/les-terribles-secrets-du-docteur-alibekov_4215872_1819218.html

Pour sortir des pièges de la technologie

Les technologies ont envahi notre quotidien, et grignotent à grande vitesse nos modes de vie et libertés. Elles font de nous leurs complices à travers ces objets-pièges, ces objets-espions, ces objets-doudous que nous utilisons chaque jour : téléphones mobiles, ordinateurs, gadgets électroniques… Mais le climat change, les espèces disparaissent, les emplois sûrs et de longue durée sont remplacés par de petits boulots stressants et mal payés : sur Internet, dans les centres d’appel, les Uber, Deliveroo… Le piège se referme, mais nous pouvons lui échapper. Voici une dizaine d’actions légales et sans risque faciles à mettre en œuvre pour affirmer notre singularité face aux GAFA-Microsoft-BATX, qui commandent aujourd’hui aux États, et même au marché :

  • continuer à lire des livres et des journaux papier
  • continuer à envoyer lettres et cartes par la poste
  • continuer à payer par chèque ou en espèces, fuir le sans-contact
  • boycotter les caisses électroniques pour régler nos achats en magasin (et expliquer que passer par elles, c’est justifier le licenciement de personnel)
  • limiter notre utilisation du smartphone, de l’ordinateur, et le temps passé sur Internet (réseaux-sociaux…)
  • réduire nos achats (surtout lointains par Internet) et conserver nos matériels dans la durée (voiture, électro-ménager, high-tech)
  • ne pas donner son avis après un achat ou évaluer une prestation de service
  • refuser la 5 G
  • privilégier les transports en commun (bus, car, train), le vélo ou la marche pour se déplacer
  • restreindre notre consommation de viande et compenser par celle des légumineuses (riz, lentilles, pois chiches, haricots…)
  • en règle générale, fuir puces électroniques, RFID, implants, interconnexion des données ; éviter robots et assistants

Il n’est pas interdit, enfin, d’aller un peu plus loin en se regroupant, pétitionnant ou écrivant aux élus, pour réclamer un véritable « droit à la non-connexion » des personnes qui ne souhaitent pas utiliser Internet pour effectuer les démarches administratives ou payer les impôts.

Olivier Gabriel (association TECHNOlogos)… pour en savoir plus sur ce blog biosphere :

14 septembre 2017, Technologos contre la numérisation de l’éducation

1er octobre 2017, BIOSPHERE-INFO présente l’association TECHNOlogos

1er octobre 2016, BIOSPHERE-INFO, sur la « science sans conscience »

27 juin 2015, Technologos : résistons à la démesure technicienne

10 octobre 2014, Résilience, un passage nécessaire par les low tech

3 septembre 2014, Colloque TECHNOlogos, discours critique sur la technique

25 novembre 2012, Esclaves de la technique, nous glorifions notre maître