sciences et techniques

abengoa bioenergy

Dans LeMonde du 29.05.2008, une pleine page de publicité sur les biocarburants. La société Abengoa Bioenergy, premier producteur européen de bioéthanol, nous présente « l’information manipulée : Le bioéthanol est le principal responsable de la hausse des produits alimentaires ».
Quelques jours plus tard, dans LeMonde du 4.06.2008, une autre demi-page de publicité de la même société Abengoa Bioenergy, qui nous présente à nouveau « l’information manipulée : Les cultures dédiées à la production de bioéthanol se substituent aux cultures alimentaires ».
La semaine suivante, dans LeMonde du 11.06.2008, la même société Abengoa Bioenergy nous présente encore une demi-page de publicité: « l’information manipulée : Le bioéthanol produit plus d’émissions de gaz à effet de serre que les combustibles fossiles ».

Des publicistes payés par cette entreprise inventent des « informations propagées dans l’opinion publique » pour mieux les démolir et présenter « la vérité », celle de l’entreprise qui a acheté leurs services. Face à des contre-vérités complètement fabriquées, cette publicité estime qu’il est « primordial d’éclaircir la question ». Pourtant ce n’est pas d’un éclaircissement dont il s’agit, mais d’un conditionnement de l’opinion publique par une entreprise qui ne fait que défendre la source de ses profits. Les consommateurs que nous sommes ne peuvent se payer autant de plages de publicité pour rétablir les véritables enjeux des agrocarburants, le journal Le Monde ne peut refuser une publicité redondante étant donné l’état désastreux de ses finances.

Le lecteur ne peut plus savoir où est la véritable vérité, il a payé son journal pour constater que le fric peut se faire de la pub sans aucune contrainte.

cyborg ou sagesse ?

Plus s’accroissent les performances des machines, plus le corps humain paraît lent et son intellect dépassé. Pour certains, qui se proclament haut et fort « transhumanistes », l’organisme humain ne serait donc plus qu’un brouillon à rectifier. Usage des psychotropes pour fabriquer des états psychiques à la demande, recours à la chirurgie esthétique pour parfaire les apparences, interaction du fonctionnement biologique avec des ensembles électroniques. Les humains pourraient alors devenir cyborg (cybernetic organism), être hybride fait à la fois de chair et de puces de silicium. Après les pacemakers, les implants cochléaires et les seins en silicone, les humains  pourraient adopter des yeux artificiels et des microprocesseurs greffés sur leur système nerveux. Avec la maîtrise techno-scientifique des biologistes et des informaticiens, l’humanité a maintenant la possibilité de créer la symbiose du vivant et de l’inerte. C’est ce futur que nous concocte l’article « les espions volants de demain » (LeMonde du 26.05.2008). Titre prémonitoire ! L’humanité deviendra comme une armée d’insectes dans lesquels nous aurons incorporés des  connexions solides et stables entre tissus biologiques et tissus informatisés. Cette hybridation entre matières vivantes et technologiques ne peut que se terminer en cerveau-machine qui acceptera la soumission et les inégalités. Depuis le temps que l’humanité a essayé d’augmenter son contenu cérébral (bavarder, lire, s’interconnecter…), cela se saurait si nous avions réussi à faire quelque chose de mieux ! Au contraire nous continuons à nous entre-tuer et à bousiller la Biosphère.

 Ton corps ne doit pas devenir un accessoire de la machine dont le contenu te serait imposé pour des questions de rendement et de dépassement de soi. Percer son corps pour une boucle d’oreille, c’est pourtant déjà un premier dans l’engrenage. Il est dérisoire de modifier le corps légué par tes parents, libre tu nais, tu n’es libre qu’en refusant l’impérialisme de la technique.

pro ou anti-OGM ?

Limagrain, leader européen des semences de grandes cultures, renonce à expérimenter ses maïs transgéniques en France (LeMonde du 21.06.2008). La France prend ainsi du retard dans le domaine des biotechnologies, mais est-ce bon ou mauvais pour la France ? Voyons ce qu’en dit Jean-Paul Oury dans la page « Débats ». Selon son point de vue, la controverse n’est pas technique, elle oppose deux conceptions du rapport de l’homme et de la nature. D’un côté une vision naturaliste qui voit la nature comme un patrimoine à conserver (j’ai enlevé du discours de ce docteur en histoire tout ce qui était péjoratif, « conservatrice », « homme soumis », « manipulation suspecte »). De l’autre une vision « progressiste » qui part du principe que l’homme a depuis toujours modifié le vivant, condition même de sa survie.

Constatons d’abord que cet historien des sciences et technologies n’a pas voulu remonter à l’époque  de la chasse et de la cueillette au cours de laquelle l’homme ne modifiait pas son milieu. Insistons davantage sur les conditions de la survie : est-ce que la profusion technologique actuelle est faite pour assurer notre survie ou le profit des multinationales ? A-ton besoin du fordisme et de la bagnole à la chaîne pour assurer notre survie ? La combustion du pétrole, nécessaire aux transports des semences comme à presque tous les secteurs de notre civilisation, est-elle un avantage en soi ou un destructeur de climat ? Ne faudrait-il pas essayer de respecter l’équilibre avec la nature ou doit-on se lancer dans l’aventure de la reprogrammation du vivant ? L’auteur ne voit pas pourquoi on devrait s’interdire une technologie transgénique qui a fait ses preuves partout dans le monde.

 J’ai trouvé chez Claude Lévi-Strauss, pour qui il n’y a pas d’axe du temps humain dirigé vers le Bien, la dénonciation de l’entreprise de destruction menée par la civilisation occidentale à la fois à l’encontre des autres cultures et d’une nature qu’elle s’approprie par la technique. L’idéologie libérale répond pourtant par l’affirmative à cette question : Peut-on assurer notre survie par l’intermédiaire d’une destruction ? Je ne suis par sûr que la réponse de Jean-Paul Oury soit la bonne…surtout quand on sait que JP Oury appartient à Alternative libérale, « le parti pris de la liberté » (pour ceux qui cultivent des OGM) !

contre le désastre

La rubrique « le livre du jour » nous résume La stratégie du Choc de Noami Klein (LeMonde du 15.05.2008). Selon l’ultra-libéral Milton Friedman, le capitalisme doit profiter du choc créé dans l’opinion par un coup d’Etat, une guerre ou un tsunami pour imposer des réformes impopulaires, en fait réduire le rôle de l’Etat qui « croit qu’on peut faire le bien avec l’argent des autres ». Passons sur le fait que les capitalistes ne peuvent amasser de l’argent que sur le dos des travailleurs, en expropriant la plus-value. La catastrophe à venir va certainement prendre la figure d’une pétroapocalypse. Le capitalisme fordiste est la source de cette catastrophe, il ne devrait pas être celui qui en tirera profit.

Pourtant rien ne va dans le bon sens. Deux pages après avoir parlé de Noami Klein, LeMonde nous lance à la figure une énorme publicité en pleine page : « Les pauvres sont dégueulasses, ils polluent ». Il s’agit d’imposer à l’Etat une prime à la casse pour inciter les catégories modestes à acheter une voiture moins polluante que leurs vieux modèles. D’un côté les théoriciens du libéralisme vomissent l’Etat, de l’autre les constructeurs automobiles et les organismes financiers appellent l’Etat à l’aide.

 Ne soyons pas  dupes, Milton Friedman et les stratèges libéraux ne pensent qu’à une chose, faire en sorte que  les entreprises tirent profit des malheurs de l’humanité et de la planète. Soyons réalistes, descendons de notre voiture pour aller à pied. Sinon ce sont les capitalistes qui continueront à nous fournir le volant de notre esclavage.

non à la concurrence de l’ULC

La concurrence est le pilier de l’économie marchande. Contraint par la concurrence des autres marchands, aucune entreprise ne peut imposer le prix de vente et élargir ses profits. Mais quand tout le monde veut faire autant, sinon mieux que le concurrent, la planète court au désastre. A peine la voiture la moins chère du monde, la Nano, est-elle lancée sur le marché par le groupe indien Tata que Renault s’allie avec un autre groupe indien pour lancer l’ULC (Ultra Low Cost). LeMonde du 14.05.2008 nous indique que cette voiture sera au même prix que la Nano, soit 2500 dollars. Il faut conquérir l’Inde où seulement sept indiens sur mille possède une automobile et où les ventes progressent en moyenne annuelle de 15 %. Après les 4×4, les petites voitures s’ajoutent les unes aux autres, la Logan, la Nano, l’ULC en 2011, la voiture d’un groupe chinois bientôt, celle du japonais Toyota, de General Motors l’américain… Le désastre est à l’horizon, le réchauffement climatique ne pourra qu’être accéléré par ce surcroît de combustion du pétrole. Pourtant rien dans LeMonde sur ce contexte, si ce n’est un timide « Le moteur de l’ULC pourrait consommer moins de carburant que la Nano ».

On nous parle des générations futures, mais ce n’est qu’un slogan pour tous ces vendeurs de boîtes en métal qui préfèrent équiper les générations présentes. En fait la concurrence est le soutien de l’économie de marché, une recherche de l’équilibre par la rencontre de l’offre (les fabricants d’automobiles) et de la demande (cette classe globale qui veut posséder un moyen personnel de locomotion que quatre roues). Mais il ne s’agit que d’un équilibre à court terme, prolongeant la croissance du fordisme et la manipulation des besoins du consommateur. Ce libéralisme économique n’a aucune vison de l’équilibre à long terme qui devrait reposer sur l’harmonie entre l’activité humaine et les possibilités de la Biosphère.

 Alors, l’ULC en 2011 ? Alors qu’on nous cache de moins en moins que la révolution industrielle est confrontée au troisième choc pétrolier et que le réchauffement de la planète s’accélère !!! Mais qui donc est chargé de la prospective dans l’entreprise Renault- Nissan ?

luddite, je suis

DMC en cessation de paiements (LeMonde du 2.04.2008), quel avenir pour le textile ? Revenons sur le passé. On ne peut pas pleurer sur des entreprises qui n’ont pas vérifié la destination de leur production : le groupe DMC est issu d’un atelier créé en 1756 à Mulhouse pour produire des toiles indiennes utilisées comme monnaie d’échange pour la traite des esclaves en Afrique. Cas particulier, vas-tu me rétorquer ! Analysons alors le processus moderne de production de textiles.

En 1776, le pionnier du libéralisme Adam Smith constate que l’élimination du travail à domicile pour mettre à la place des manufactures est un avantage pour la richesse des nations. Le rôle de l’industrie textile dans la révolution industrielle est considéré comme décisif car le « factory system » a permis l’expérimentation de nouvelles formes de travail et diffusé un nouveau mode de consommation en faisant baisser fortement les prix. Mais à l’époque des grands progrès des métiers à tisser, à la fin du XVIIIe siècle, était-il plus efficace de multiplier la production de tissus de coton par dix en créant une société de miséreux, ou bien de laisser évoluer le tissage artisanal à petits cadres ? L’efficacité est une réponse purement idéologique qui correspond aux intérêts des puissants du moment. De plus la théorie suppose que le progrès technique supprime des emplois à brève échéance, mais les multiplie à long terme. La vérité est que cette théorie est fausse, ce sont les guerres, le  colonialisme et les dépenses publiques qui en ont créé de nouveaux. 

 Partout où ils se trouvent, les néo-luddites tentent de fait entendre ce constat : quels qu’en soient les avantages présumés en termes de rapidité, de commodité, de gain de richesse ou de puissance, la technologie industrielle a un prix ; dans le monde contemporain, ce prix ne cesse de s’élever et de se faire plus menaçant. Les néo-luddites (les objecteurs de croissance) ne sont pas opposés à toutes les machines, mais à « toutes les machines préjudiciables à la communauté », comme le dit déjà une lettre de mars 1812. Pour l’introduction d’une nouvelle technique, les critères suivants peuvent servir de guide : un nouvel outil devrait être moins cher, plus petit et plus efficace que celui qu’il remplace, avoir besoin de moins d’énergie et utiliser de l’énergie renouvelable, être réparable, provenir d’un petit magasin local et ne devrait pas faire obstacle à quelque chose de bien qui existe déjà, relations familiales et politiques incluses. Il faut ajouter bien entendu le respect de toutes les autres espèces, plantes et animaux, ainsi que les écosystèmes dont ils dépendent.

futurs incertains

       Le futur que nous concoctent nos techno-scientifiques n’est pas brillant. Ainsi LeMonde du 21.04.2008 nous annonce dans sa page Futurs la fin de l’enseignement présentiel, les professeurs  face à leur élèves. En effet les humains pourront être remplacés par Eve, ce professeur virtuel qui pourra même réagir aux réactions des élèves et, pourquoi pas, lui envoyer une décharge électrique s’il n’est pas assez attentif. D’ailleurs l’article suivant nous présente le soldat du futur sous haute surveillance, piloté à distance, truffé de capteurs, des électrodes disposés sur le thorax et même le bout des doigts. Pour quelle cause se battront ces soldats ?

La technologie n’a jamais été neutre puisqu’elle a pour ambition de transformer le monde. Les outils technologiques bouleversent davantage nos existences que la couleur du régime politique, elle façonne le milieu naturel et ses habitants, elle modifie nos modes de vie, nos rapports sociaux, notre perception du monde. Ce système techno-industriel s’auto-entretient et alimente la prospérité de nos maîtres, protégés par une arsenal sécuritaire informatisé. Aujourd’hui la mécanisation du monde se passe de l’avis des citoyens, un jour prédisent certains, le progrès se passera même des humains. Quand votre professeur, votre facteur, votre commerçant, votre bureau de vote et votre armée se transforment en bornes électroniques, quel genre d’humain devenez-vous ?

 Si la conscience des chercheurs n’était pas stérilisée par la cupidité et la vanité, ils se mettraient en grève illimitée contre les applications de leur recherche. Notre futur doit rester à l’échelle humaine et valoriser les rapports de proximité, pas risquer le grand plongeon dans un cirque médiatique entouré de bits.    

DD du CO2

Le quotidien Le Monde du 11.04.2008 présente une page entière de pub dont l’objectif est le suivant : « Comment concilier sportivité, plaisir et développement durable ? En adoptant les technologies Porsche ». Et le titre d’affirmer sous la photo d’une belle Porsche rouge : « Tous nos modèles développent un plaisir durable. » 

Cet exemple montre que le terme « développement durable » ne veut plus rien dire. Je trouve même scandaleux qu’une firme automobile puisse faire de la publicité pour un modèle émettant 300 g de CO2 au km alors que le même numéro du Monde indique que selon J.Hansen, la Terre pourrait déjà avoir dépassé le seuil dangereux de CO2.

techniques à petite échelle

Nous distinguons deux sortes de technologies, que nous appellerons technologie à petite échelle et technologie dépendant d’une organisation. La technologie à petite échelle est la technologie qui peut être utilisée par des communautés de petite dimension sans aide extérieure. La technologie dépendant d’une organisation est la technologie qui dépend de l’organisation sociale globale. Nous ne connaissons aucun cas significatif de régression dans la technologie à petite échelle. Mais la technologie dépendant d’une organisation régresse quand l’organisation sociale dont elle dépend s’écroule. Quand l’Empire romain a éclaté, la technologie à petite échelle des Romains a survécu parce que n’importe quel artisan de village pouvait construire, par exemple, une roue à eau, parce que n’importe quel forgeron habile pouvait faire de l’acier avec les méthodes traditionnelles, et ainsi de suite. Mais la technologie des Romains dépendant d’une organisation a régressé. Leurs aqueducs sont tombés en ruine et n’ont jamais été reconstruits ; leurs techniques de construction de routes ont été perdues ; le système romain d’assainissement urbain a été oublié, au point que jusqu’à assez récemment l’assainissement des villes européennes était inférieur à celui de la Rome Antique.

  Jusqu’à un siècle ou deux avant la Révolution Industrielle, la plus grande part de la technologie était une technologie à petite échelle. Mais depuis la Révolution Industrielle, la plus grande part de la technologie développée est la technologie dépendant d’une organisation. Vous avez besoin d’outils pour faire des outils pour faire des outils pour faire des outils. Prenez par exemple le réfrigérateur : sans pièces détachées produites en usine ou l’accès aux équipements d’un atelier d’usinage post-industriel il serait pratiquement impossible à une poignée d’artisans locaux de construire un réfrigérateur. Si par miracle ils arrivaient à en fabriquer un, il leur serait inutile sans une source fiable d’énergie électrique. Donc ils devraient endiguer un ruisseau et construire un générateur. Les générateurs exigent de grandes quantités de fil de cuivre. Imaginez vous essayant de faire ce fil sans machinerie moderne. Et où trouveraient-ils un gaz approprié pour la réfrigération ? Il serait beaucoup plus facile de construire une glacière ou de conserver la nourriture par séchage ou fermentation, comme on faisait avant l’invention du réfrigérateur. (extraits du Manifeste de Théodore Kaczynski)

Frédéric Lemaître lu par biosphere

L’éditorialiste Frédéric Lemaître, dans son analyse du déclin français (LeMonde du 27.02.2008) ne sort pas des sentiers battus.

1) « C’est parce qu’ils innovent peu que les exportateurs français subissent la hausse de l’euro ». Il n’est pas difficile de concevoir que l’innovation court après son ombre à une époque où la mondialisation des techniques est un fait établi. C’est la Chine qui sera d’abord l’initiateur de l’innovation, ou alors la Chine utilisera le rapport de force à son avantage comme elle a su le faire avec l’assemblage chez elle de certains Airbus ou l’achat de la licence de fabrication du nucléaire. Ce n’est pas l’innovation qui sauvera le marché français, c’est la relocalisation des activités de base, y compris dans l’industrie du jouet (en bois).

2) « Notre pays est trop peu présent dans les deux secteurs stratégiques pour l’avenir, les biotechnologies et les technologies de l’information. » Nous savons pourtant pertinemment que les OGM ne nourriront pas le monde. Les techniques d’avenir sont totalement autres,  décrites plus loin dans le décryptage p.17 : « Partout on voit baisser les rendements agricoles (…) Ce spécialiste en microbiologie développe une méthode au moment où sa discipline s’étiole ». Ce sont les microbes, champignons et vers de terre qui peuvent nourrir le monde, pas une agriculture innovante qui épuise les sols. Pour les technologies de l’information, ce n’est plus la 25e génération de mobile qui importe, mais le contenu de l’information qu’il faut revaloriser : apprenons à nous parler en face à face physique, pas à échanger des spams artificiels.

 3) « Le problème n’est pas que Mittal ferme son usine, mais que la Lorraine se montre incapable d’attirer des industries innovantes pour prendre le relais. » Encore une fois, Frédéric met en avant l’innovation, il n’a que ce mot comme vocabulaire de base. Pourtant les régions vont devoir fonctionner comme des bassins d’emploi, pas en attirant les investisseurs extérieurs, mais en réhabilitant les produits locaux et les échanges de proximité. Quand le baril sera à 300 dollars, vous verrez que nous irons au plus pressé sans nous soucier de techniques sophistiquées.

Sylvie Kauffmann lu par biosphere

Lettre ouverte à Sylvie Kauffmann

Dans ton post-scriptum (LeMonde du 26 février 2008) tu essayes de te dédouaner des critiques environnementalistes contre la Tata Nano en parlant de la voiture à moteur à air comprimé. Mais ni toi ni le constructeur Tata ne transforment la Nano en voiture propre en parlant d’autre chose. De toute façon, l’air comprimé ne vend que du vent.

Dans « Comment on va sauver la terre ! » (Science & Vie junior), on envisage déjà des idées pour se passer de pétrole, la voiture à air comprimé par exemple. Près de Nice, on peaufinait la MiniCat, une toute petite bagnole qui roule à l’air comprimé. Il suffit d’un grand réservoir contenant de l’air à une pression de 300 bars (300 fois la pression atmosphérique) qui, en sortant de la bonbonne, va se détendre avec violence et actionner les pistons. Selon son concepteur, l’automobile peut parcourir 150 kilomètres à 50 km/h de moyenne. Mais dès que vous l’utilisez dans des conditions normales de fonctionnement en faisant marcher essuie-glaces ou phares, l’autonomie est divisée par quatre. Un tel « optimisme » ne peut découler que d’une cuite collective parmi les concepteurs de ce numéro spécial d’avril 2006. L’édito indique quand même qu’une remise en cause de nos comportements n’était pas exclue.

 Le problème, c’est que l’excès d’optimisme empêche justement de modifier notre mode de vie puisque demain on aura trouvé une solution technique aux problèmes d’aujourd’hui : il suffirait d’une petite mise au point de toutes les inventions extraordinaires qui seraient étouffées par les grands monopoles. La Biosphère préfère le lock-down immédiat, cette forme de lutte liée à l’action directe non-violente qui consiste à faire le sacrifice (temporaire de préférence) de son corps en l’arrimant à un objet. Ainsi s’attacher à des rails pour empêcher un convoi nucléaire de passer. Mais on peut aussi s’attacher à un 4×4 au péage d’une autoroute. Ce serait l’expression du mécontentement de ceux qui ne se contentent pas de rêver que demain on roulera gratis !

responsabilité scientifique

Si on veut préserver les systèmes vivants, tout ce qu’il est possible de faire ne peut être réalisé. Or, c’est bien ce principe essentiel que les grandes sociétés de biotechnologie se proposent de violer.
L’échange de gènes entre individus se produit pour les êtres sexués lors de la fécondation ; il parait très difficile, pour un homme, de faire un bébé avec un poisson. En effet les échanges sont considérablement restreints dans leurs possibilités par des mécanismes actifs qui empêchent que tout et n’importe quoi ne se produise. Pourquoi de telles restrictions qui conditionnent l’émergence des espèces, si ce n’est pour respecter un principe essentiel qui permet l’organisation. On voit bien, dès lors, qu’une différence fondamentale existe entre l’échange des gènes qui se produit naturellement, processus restreint et historique permettant une évolution structurée du système, et la création d’OGM ou n’importe quel gène ou groupes de gènes est introduit dans n’importe quel génome, à n’importe quelle place, niant ainsi, par principe, la pertinence de l’historicité et de l’évolution ! Il est bien clair que de telles pratiques, si elles devenaient fréquentes et diverses, violeraient ce principe essentiel de restriction et engendreraient nécessairement une désorganisation du système vivant dans son ensemble. De là, certes, un autre système vivant émergerait sans doute, mais il est loin d’être sûr que l’espèce humaine serait encore du voyage.
Quelle que soit la conception philosophique qu’on puisse avoir de la réalité, le sens n’existe pas tel quel dans la nature. C’est bien là, en tant que source créatrice d’un sens, que le scientifique, même le moins technicien qui soit, participe à la forme de la société et de son devenir et, ipso facto, endosse nécessairement la responsabilité bien plus profonde que simplement morale ou juridique, de sa propre intentionnalité créatrice.
extraits de Frédéric Jacquemart, dossier de l’Ecologiste n° 5 (automne 2001), Sciences et techniques, les raisons de la contestation.

illusions technologiques

Trop tard ? G.Bush a eu une révélation pour son peuple, celle d’être « les gérants responsables de la Terre que le Tout-Puissant nous a confiée ». Dans son allocution du 28 septembre 2007, G.Bush affirmait donc la nécessité de « produire moins d’émissions de gaz à effet de serre ». Attention, certainement pas en réduisant la consommation d’énergie : « Dans ce nouveau siècle, le besoin d’énergie ne fera que croître ». Car Bush croit au miracle : « En développant de nouvelles technologies à basses émissions, nous pouvons satisfaire la demande croissante d’énergie et, en même temps, réduire la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre. »
M. Bush cite une série de techniques présentant deux caractéristiques : elles ne sont pas opérationnelles et leur succès n’est pas garanti. La première citée par M. Bush est la « technologie avancée du charbon propre » qui vise à enfouir en sous-sol le gaz carbonique produit par la combustion du charbon. Mais, d’une part, son efficacité reste à prouver, et d’autre part, en cas de succès, les premières centrales thermiques adaptées ne viendraient sur le marché qu’après 2020, si bien que toutes les centrales construites d’ici à cette date rejetteront leurs gaz dans l’atmosphère. Deuxième solution proposée : « La puissance nucléaire sûre ». George Bush se réfère à ce que les spécialistes appellent la quatrième génération des réacteurs nucléaires, présentant un risque minime d’accident, une faible production de déchets radioactifs et une conception empêchant de leur trouver une application militaire. Mais cette quatrième génération n’aboutirait, d’après les prévisions les plus optimistes, que vers 2040.
Les autres technologies citées – agrocarburants de deuxième génération, véhicules à hydrogène – souffrent du même défaut majeur : elles ne présentent pas, dans leur état de développement actuel, des performances suffisantes pour répondre aux problèmes d’aujourd’hui et des années à venir. On ne peut exclure totalement qu’elles y parviennent, mais pas avant 2040. Le problème de l’échéance est pourtant fondamental. Pourquoi ? Parce que le même rapport du GIEC évoqué par M. Bush conclut que ce n’est pas en 2040 ou en 2050 qu’il faudrait commencer à réduire nos émissions, mais dès maintenant.
Les climatologues redoutent que, si la concentration de gaz à effet de serre continue à augmenter, le réchauffement dépasse 2 degrés, seuil au-delà duquel un dérèglement incontrôlable du système climatique est envisageable. Dans une Biosphère en folie, les humains se rendront compte (trop tard ?) que leurs technologies n’étaient pas à l’égal du « dieu tout-puissant ».

sciences citoyennes

Dans l’hypothèse où la barbarie ne l’emporterait pas, notre monde devra survivre à la réduction de sa consommation en développant la frugalité, mais aussi des relations de coopération et de solidarité qui, seules, peuvent rendre la décroissance supportable. Dans ce paysage où nous vivrons bientôt, la recherche scientifique ne pourra pas poursuivre sa fonction actuelle, qui est essentiellement de rendre possible la consommation de nouveaux produits ou services pour le bénéfice principal de puissances financières. Cela ne veut pas dire que la recherche deviendrait interdite ou seulement superflue. Imaginer cette issue serait admettre que l’humanité dispose d’ores et déjà de toutes les technologies nécessaires à sa survie (…)

Mais ce qui paraît certain, c’est que le rôle et les orientations de la recherche, comme la gestion des innovations, devront de plus en plus être soumis aux attentes véritables de la société. Ouvrir la recherche pour mettre la science en démocratie, ces vœux qui justifient les combats de la fondation sciences citoyennes devraient devenir des évidences collectives et imposer une nouvelle gouvernance de la recherche scientifique, pour le refus des gaspillages, pour la veille vigilante sur un monde fragilisé. Pour élaborer ces règles de vie commune, on devra d’abord s’accorder sur le mode d’emploi de la démocratie : faut-il faire confiance aux spécialistes, ou glaner les avis bruts de la population, les deux solutions le plus souvent pratiquées pour décider du « progrès » ?

Mon opinion est qu’il faut, et qu’il faudra toujours, organiser des procédures combinant l’acquisition de savoirs avec la valorisation du « bon sens », c’est ce que peuvent et pourront faire, par exemple, les conférences de citoyens. Jean Rostand indiquait déjà que son inquiétude ne découlait pas de l’irruption de quelques savants fous, mais de la tranquille assurance de tous les autres pour fabriquer un avenir jamais évalué. Il restera plus aisé de surveiller en amont l’élaboration des possibles dans les laboratoires que de lâcher la police sur des contre-venants.

Entropia (revue d’étude théorique et politique de la décroissance) n°3, automne 2007 : Décroissance & technique

Résumé de l’article de Jacques Testard, Fabrique du vivant et décroissance p.130

cauchemar automobile

D’un coté les humains veulent bien mettre en œuvre le plus lentement possible le protocole de Kyoto, de l’autre ils accélèrent tout ce qui peut nuire au climat. La Tano, la voiture la moins chère du monde, a été présentée devant plus de 1200 journalistes, un nombre plus important que les simples lecteurs du site biosphere en dix jours. Mais quand les journalistes s’intéresseront enfin à la Biosphère, la face du monde en sera changé !

 

Après la Logan, la Tata Nano. L’Inde fait de la surenchère par rapport à Renault, le constructeur Tata veut commercialiser une voiture à 1700 euros dès septembre 2008. Produite dès 2005 en Roumanie (capacité de 150 000 véhicules) et commercialisée dans huit pays d’Europe de l’Est, la Logan à 5000 euros de Renault fut un succès avec 40 000 commandes en trois mois, le double des prévisions. Les classes moyenne émergentes, c’était un marché si prometteur ! L’Inde ne possède que 8 véhicules pour 1000 habitants. A quand le même taux d’équipement qu’en Allemagne, 450 pour 1000 habitants ? Le constructeur indien table aujourd’hui sur 250 000 ventes les premières années pour atteindre ensuite l’objectif annuel d’un million de véhicule. Le quotidien Lemonde (12.01.2008) envisage déjà les risques pour l’environnement. La vitesse moyenne d’un véhicule à New Delhi est passée de 27 km/h en 1997 à 15 km/h en 2002. Les embouteillages vont devenir un vrai casse-tête et les émissions de gaz à effet de serre vont exploser.

 

 L’Indien Rajendra Pachauri, président du GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur le climat) a même déclaré que la Tata Nano allait devenir un « cauchemar pour l’environnement ». Pourtant le succès du salon automobile de New Delhi, où a été présenté la Tano, confirme l’émergence de l’Inde comme constructeur automobile. C’est le  commencement de la fin…

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

Lemonde des futurs

Lemonde des futurs (27-28.01.2008) nous annonce souvent des lendemains qui déchantent. Ainsi, paraît-il, nous allons vivre une révolution inhumaine par insertion de notre réalité biologique dans la réalité technologique.  Dépassé par l’autonomie des machines que nous avons créé, nous allons tomber du sommet de notre petite pyramide humaniste. J’en tremble déjà !

 

Le premier problème du professeur interviouwé, c’est qu’il n’a pas un mot pour la Biosphère. Exit le support de toute vie. C’est la machine qui prend place dans « le processus normal de l’évolution ». Alors « L’humain de la condition inhumaine devient bien plus proche de la fourmi qu’il ne l’est de l’individu autonome ». Heureusement que la machine connaît déjà ses virus.

 

Le second problème de ce délire trans-humaniste se trouve dans la page 16 du même numéro : « Les supports sur lesquels est inscrite l’information numérique sont constamment rongés de l’intérieur par le temps » : en termes clairs, les machines vont perdre la mémoire !

 

C’est à ce moment-là que j’ouvre la fenêtre pour ressentir le temps qui passe dans l’air frais de cet hiver si doux…

Environnement & Sciences

Lemonde présente régulièrement sa récente rubrique  « Environnement & Sciences » : mieux vaut tard que jamais !

Mais la Biosphère n’aime pas le terme « Environnement », il renvoie trop à l’environnement humain et non à la nature ; les humains restent encore au centre, fiers de leur illusoires prérogatives. La Biosphère n’aime pas non plus le mot accolé « Sciences », il est trop généraliste, trop proche d’une approche technicienne de la nature. La Biosphère préfère le terme écologie, qui est une véritable sciences des écosystèmes. La nature est alors plus présente et « Environnement et Sciences » sont réunies en un seul mot.

Mais Lemonde est malin (édition 23.01.2008), il peut mettre dans cette rubriques des choses ultra-intéressantes, par exemple le plan climat européen, soumis à l’épreuve des intérêts particuliers.  Il ne s’agit plus de sciences, il s’agit de politique et d’économie, on parle des lobbies à visage découvert, on aborde un peu l’écologie politique, malmenée par ces luttes d’influence où les industriels énergivoraces ont toujours le dernier mot.

 La Biosphère n’en sort pas très rassurée, avec tous ces droits de (à ?) polluer fournis gratuitement par l’Etat.

LeMonde et la Tata Nano

à Sylvie Kaufmann 

Dans ton post-scriptum à Lettre d’Asie (Lemonde, 22.01.2008), tu dis avoir reçu des courriers alarmistes de lecteurs sur les effets environnementaux la Tata Nano. Mais tu consacres beaucoup plus de lignes à tous ceux qui pensent au confort de la voiture individuelle pour tous les habitants des pays émergents. Tu poses ainsi la contradiction flagrante entre la généralisation de notre modèle de vie occidental et la perturbation climatique. Il n’y a pas trente six solutions, il faut que toute la classe globale qui se permet de rouler en voiture individuelle arrête de massacrer la Biosphère. Les pauvres n’auront plus alors de modèle à imiter.  

Tu pense qu’une voiture populaire ET écologique pourrait être généralisée. Mais ce ne sont là que suppositions. Si on n’arrive pas à inventer la voiture propre, et cela fait longtemps qu’on s’y essaye, dans quel état sera la planète que nous léguerons aux générations futures ?

Joyon et la libération de la croissance

Lemonde du 20-21 janvier nous montre à la perfection les contradictions de notre système. D’un côté Francis Joyon se veut le maître des vents, à l’image des humains qui se croient les possesseurs de la Terre. Il maîtrise à lui tout seul un bateau de près de 30 mètres, cela coûte à la société 3 millions d’euros pas-un-centime-de-plus. Il est parti à la conquête de l’inutile sur eau, il a battu le record du tour du monde à la voile, qu’est-ce qu’on en a à foutre. Mais par ailleurs il se  refuse à utiliser une énergie fossile polluante, il reste farouchement à l’écoute de la planète et se réjouit de l’annulation du Dakar. C’est à n’y rien comprendre !

L’explication réside dans la page d’en face, les ambitions de la commission pour la libération de la croissance. En fait ce qui compte aujourd’hui, c’est la croissance pour la croissance : « Le monde change à très grande vitesse. Le monde est emporté par la plus forte vague. Cette croissance exige l’engagement de tous. » Notre objectif commun devrait être de continuer à faire comme c’était avant, du beau temps de nos 5 % de croissance annuelle du PIB.  Alors Joyon devient l’archétype de l’exemple à imiter, se dépasser toujours plus, aller plus loin, aller plus vite, coûter plus cher. Il faudrait continuer de faire comme si notre technologie nous permettait de faire n’importe quoi.

 Dans ce contexte, on peut bien envisager les problèmes de la Biosphère, mais  de façon marginale et inaudible. Alors Joyon et Attali nous montrent la meilleure façon d’aller dans le mur des limites de la planète, quand les vagues nous submergeront.

convivialité ?

Toujours d’actualité, le numéro 9 du mensuel la Gueule ouverte, le journal qui annonce la fin du monde (juillet 1973). Ivan Illich, de passage à Paris pour son prochain livre La convivialité, avait refusé de parler à la télé :

 

« Le discours télévisé est inévitablement démagogique. Un homme parle sur le petit écran, des millions d’hommes et de femmes l’écoutent. Dans le meilleur des cas, la réaction maximum du public ne peut être que bip bip je suis d’accord ou bip bip je ne suis pas d’accord. Aucun véritable échange n’est possible, mais je suis heureux de soumettre mon travail à la critique des lecteurs de La gueule ouverte, tous profondément préoccupés de ne se laisser enfermer dans aucun carcan idéologique. »

 

Ivan Illich développe ensuite ses thèmes de prédilection, dont le rôle de l’outil : « Je distingue deux sortes d’outils : ceux qui permettent à tout homme, plus ou moins quand il veut, de satisfaire les besoins qu’il éprouve, et ceux qui créent des besoins qu’eux seuls peuvent satisfaire. Le livre appartient à la première catégorie : qui veut lire le peut, n’importe où, quand il veut. L’automobile, par contre, crée un besoin (se déplacer rapidement) qu’elle seule peut satisfaire : elle appartient à la deuxième catégorie. De plus, pour l’utiliser, il faut une route, de l’essence, de l’argent, il faut une conquête de centaines de mètres d’espaces. Le besoin initial multiplie à l’infini les besoins secondaires. N’importe quel outil (y compris la médecine et l’école institutionnalisées) peut croître en efficacité jusqu’à franchir certains seuils au-delà desquels il détruit inévitablement toute possibilité de survie. Un outil peut croître jusqu’à priver les hommes d’une capacité naturelle. Dans ce cas il exerce un monopole naturel ; Los Angeles est construit autour de la voiture, ce qui rend impraticable la marche à pied.

 

Une société peut devenir si complexe que ses techniciens doivent passer plus de temps à étudier et se recycler qu’à exercer leur métier. J’appelle cela la surprogrammation. Enfin, plus on veut produire efficacement, plus il est nécessaire d’administrer de grands ensembles dans lesquels de moins en moins de personnes ont la possibilité de s’exprimer, de décider de la route à suivre. J’appelle cela polarisation par l’outil. Ainsi chaque outil, au-delà du seuil de tolérabilité, détruit le milieu physique par les pollutions, le milieu social par le monopole radical, le milieu psychologique par la surprogrammation et la polarisation par l’outil. Aujourd’hui l’homme est constamment modifié par son milieu alors qu’il devrait agir sur lui. L’outil industriel lui dénie ce pouvoir. A chacun de découvrir la puissance du renoncement, le véritable sens de la non-violence. »

 Devant la clarté du propos, la Biosphère n’a rien à ajouter… 

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