simplicité volontaire

Accouchement à domicile, un interdit ?

Accouchement à domicile, les poursuites en radiation et les difficultés de s’assurer ont éclairci les rangs de la profession. Il n’est pas recommandé de donner la vie de manière naturelle, sans péridurale ni ocytocine, cette hormone de synthèse qu’on injecte pour accélérer et renforcer les contractions. Les femmes sont minoritaires à aller à rebours des accouchements médicalisés, entre 1 000 et 3 000 actes par an pour 800 000 naissances annuelles en France. L’accouchement accompagné à domicile (AAD) ne s’est jamais vraiment remis de l’avènement de l’hôpital public, dans les années 1950 et 1960. Une nouvelle proposition périnatale s’offrait alors aux femmes : donner la vie dans des conditions sanitaires optimales, avec l’aide de personnels diplômés et sans débourser un centime. Des jours de repos étaient même payés par la Sécurité sociale : les parturientes auraient été stupides de ne pas plébisciter ce modèle. C’est ainsi que s’impose le « progrés technologique », en faisant miroiter des avancées et en pourchassant ceux qui veulent en rester aux méthodes traditionnelles. Place au  système fordiste, où les femmes sont standardisées, surveillées à distance depuis une salle de contrôle,soumises à des gestes médicaux, eux aussi standardisés.

Pourtant aucun texte n’interdit l’AAD en France, l’acte est remboursé au même tarif qu’un accouchement classique : 313,60 euros). Nous sommes des mammifères. Partout dans la nature, les femelles savent se comporter quand leur bébé arrive. La pratique est le plus souvent le « hands-off », une technique consistant à utiliser le moins possible les mains, afin de laisser la femme accoucher sans intervention extérieure – et renouer ainsi avec cette « fierté noble d’enfanter seule ». On attend au moins vingt minutes avant de clamper le cordon ombilical, afin de maintenir la circulation du sang entre le placenta et le nouveau-né, et non immédiatement comme le font généralement les maternités. Il y a toujours une part de risque dans tout accouchement, on ne peut pas en faire abstraction. Le transfert vers l’établissement de santé le plus proche froisse les gynécologues obstétriciens : « Un accouchement n’est pas un événement anodin. Si une femme commence à faire une hémorragie post-partum [HPP, l’une des principales causes de mortalité maternelle dans les pays industrialisés], je ne vois pas comment la sage-femme qui l’assiste va pouvoir contenir le saignement, le temps qu’arrive le SAMU ». Or l’ocytocine augmente le risque d’hémorragie grave, la technologisation alliée à la chimie comportent aussi leurs risques. Publiée en 2019 par la revue scientifique The Lancet, une enquête internationale conclut, sans ambiguïté : « Le risque de mortalité périnatale ou néonatale n’était pas différent quand l’accouchement était prévu à la maison ou à l’hôpital. »

Tous ces éléments de réflexion et bien d’autres sont proposées par l’article du MONDE, « Nous déplaisons à l’ordre établi » : ces sages-femmes qui pratiquent l’accouchement à domicile. Commentaires sur lemonde.fr
Batman98 : Nous avons accouché à la maison, un bonheur simple, tout a été parfait, pour tout le monde. ça n’a rien coûté à la société, empreinte carbone nulle, une arrivée dans la vie en douceur. Que les obstétriciens se désolent de perdre des parts de marché au détriment des familles est lamentable. Ce sont des spécialistes qui devraient jouer un rôle seulement en cas d’urgence. Si on veut traiter les femmes comme du bétail anonyme, c’est sûr que c’est plus facile et ça rapporte plus à l’hôpital et aux médecins. Du business.
Gédéon76 : Ceux qui parlent de « violence obstétricale » et de patriarcat devraient s’interroger sur le fait que la mortalité périnatale est 40 fois plus élevée en République Centrafricaine ou au Pakistan qu’en Finlande par exemple. Allez expliquer à une africaine ou une pakistanaise qui a perdu son enfant dans des conditions dramatiques que certaines femmes en occident ne jurent que par un accouchement comme au XVIII ème siècle ou comme les autres mammifères. A quand un papier glorifiant les parents qui refusent de vacciner leurs enfants ?
LaPalice : Gédéon a une opinion sur comment les femmes devraient vouloir accoucher car lui sait ce que c’est que la maltraitance obstétricale, l’intrusivité, l’accouchement à la chaîne et l’infantilisation des femmes. Aux pays bas, quasiment un tiers des femmes accouchent chez elles. Ça va, c’est assez blanc et riche comme pays pour que vous respectiez ces pratiques ?
Compléments d’analyse sur notre blog biosphere :

Violences obstétricales, médicalisation de l’accouchement

L’accouchement à domicile, c’est un choix de l’écologie

accouchement, désert médical ou société surmédicalisée ?

donner la vie n’est pas une maladie

bien naître, bien-être

19 novembre, la journée mondiale des WC

Chaque jour il nous faut uriner et déféquer, bref c’est un besoin vital. Souvent le lieu importe peu, c’est n’importe où, mais quand on est des milliards à se soulager, ça craint.

C’est pourquoi l’Organisation des Nations unies (ONU) a choisi le 19 novembre pour marquer la Journée mondiale des toilettes. Faire pipi-caca, c’est en effet le moyen d’aborder de nombreuses problématiques : comment économiser l’eau en tirant la chasse ? Comment récupérer l’urine qui peut faire un bon engrais ? Comment construire des toilettes pas cher et performantes ? Passant du PC au PQ, Bill Gates finance depuis longtemps un concours pour réinventer les toilettes, capables de fonctionner sans électricité ni système de tout-à-l’égout. Certains vont déjà dans le tout-techno, sièges chauffants, biocapteurs installés dans la cuvette permettant de mesurer le taux de sucre dans le sang, cuvette rotative qui retient les odeurs. D’autres pratiquent la simplicité éclairée, cela s’appelle les toilette sèches.

Les toilettes sèches, aussi appelées toilettes à compost ou TLB (toilettes à litière biomaîtrisée), permettent le contrôle de la réaction chimique de dégradation des urines et des fèces grâce à l’ajout de matière ligneuse (sciure de bois). Elle n’utilisent pas d’eau et peuvent être installées très facilement, pour un coût minimal. L’urine contient la majeure partie du phosphore excrété. Elle est récupérable par l’usage de toilettes séparées pour la miction et la défécation. Une fois compostés, les excréments fournissent un engrais gratuit et riche en phosphore et azote. Pas besoin de milliards, pas besoin d’assainissement. Nous n’avons pas à frémir ni fantasmer sur nos matières fécales : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… Même dans nos comportements les plus triviaux, nous devons nous considérer comme un élément des écosystèmes auto-organisés qui nous entourent. Si le phosphore manque, la production agricole chutera. Pisser dans des toilettes « hygiéniques » avec le « tout-à-l’égout » n’est pas le meilleur service à rendre à l’humanité… A lire sur notre blog biosphere, pisser dans la nature ou dans des toilettes (22 novembre 2012)

pisser dans la nature ou dans des toilettes ?

NB : Pour le plaisir des yeux et sans les odeurs, « Toilettes sans tabou » de Thierry Berrod (Fr., 2019, 52 min). A la demande sur Arte.tv jusqu’au 12 janvier 2021.

Les végans, soutien de l’agroalimentaire

Nous voyons débarquer dans les gondoles des « viandes végétales » et bientôt des « viandes cultivées » (in vitro). Des prouesses techniques mêlant génie génétique, biologie de synthèse, nanotechnologies, intelligence artificielle, gestion de données qui réjouissent les gourous du numérique. À la tête de ces entreprises, majoritairement des véganes militants, financés par des milliardaires du numérique (Gates, Thiel, …) rejoints par les grands industriels de la viande (Cargill,…), ceux-là même qui ont industrialisé l’élevage. En France, un patron du numérique, Xavier Niel participe via son fonds d’investissement Kima Ventures aux trois millions d’euros levés par l’entreprise Les Nouveaux fermiers (fausses viandes) et mise aussi sur 77 Foods (faux bacon). Aux véganes la dénonciation, aux industriels la solution, à la poubelle les paysans et les métiers de bouche ; cela participe de l’altération du réel. L’offensive vise à couper les liens entre nourriture et agriculture, à terme quelques grandes usines enverront des données pour imprimer de la nourriture en 3D. On flirte avec le transhumanisme et son humain augmenté : séparer les êtres humains de la nature… pour la sauver. (Gilles Luneau)

Pour en savoir plus sur le véganisme grâce à notre blog biosphere

13 octobre 2020 Le choix végan, discutable ou fiable ?

8 janvier 2019, Paul Ariès accuse les végans de mentir sciemment

02 juillet 2018, Les végans occultent notre rapport complexe à la mort

31 octobre 2017, Entrée du véganisme dans la collection « Que sais-je ? »

14 octobre 2017, Pour ou contre… la viande de substitution

12 octobre 2017, Le véganisme est-il contre les animaux domestiques ?

28 septembre 2017, Demain tous vegans ? Ce serait une catastrophe

28 août 2017, Végan, l’art de l’ersatz et de la confusion des valeurs

Reconfinement, allons à l’essentiel

« Petit papa Noël, est-ce que le virus respectera la fête de fin d’année pour recevoir mon jeu video Super Smash Bros ? » Cette période de reconfinement repose la question essentielle, « Qu’est-ce qui est essentiel ? Qui décide de ça ? ». Le gouvernement a tranché : tout achat réalisé dans un commerce dont les activités demeurent autorisées est considéré comme un achat de première nécessité. Le président Macron a annoncé la fermeture de tous les commerces « non essentiels » à l’exception d’une liste : alimentaire, tabac, garages, hôtels, équipement informatique, blanchisseries… On met la démocratie entre parenthèse, ni le peuple ni le parlement ne peuvent dire mots sur ce qui est permis et ce qui est interdit. Faisons le tour des injonctions et n’ayons pas peur des dispositions parfois contradictoires. Tout rassemblement dans l’espace public est interdit (mais) Les manifestations à caractère revendicatif déclarées en préfecture seront autorisées (mais) Il n’est pas possible d’aller chez des amis ou de recevoir de la famille à la maison. Il est aussi possible de sortir prendre l’air une heure par jour près de son domicile ou promener des animaux dans une limite d’un kilomètre. Les frontières restent ouvertes au sein de l’espace européen (mais) Les frontières extérieures de l’espace européen ne sont pas ouvertes. Les cérémonies religieuses sont interdites…

C’est comme pendant une guerre, nous avons connu le couvre-feu, nous devons maintenant avoir une autorisation de sortie, mais pas plus d’une heure dans la cour de la prison. Comme quoi tout est possible dans une société de marché dite libérale ; du jour au lendemain un président peut décréter l’arrêt de la plupart des activités. On ne pourra plus dire aux adeptes de la simplicité volontaires que c’est impossible de retourner à la bougie, on pourra même un jour nous couper l’électricité, cela se fait d’ailleurs dans d’autres pays. Cette période de reconfinement a cela de pédagogique qu’elle nous apprend de gré ou de force à distinguer activités vraiment utiles et activités superflues. Un jour ou l’autre on parlera aussi des activités nuisibles à l’environnement comme le fait de fumer, la possession d’un animal de compagnie, les voyages en avion, les séjours touristiques, l’automobile individuelle, le TGV, l’ordinateur personnel, la nourriture trop carnée, le bain tous les soirs, etc.

Comme il faut à la fois économiser l’énergie et éviter le réchauffement climatique, on n’avait pas attendu le Covid-19 pour demander de classifier les activités selon leur poids sur la planète. C’est la démarche du mouvement négaWatt, l’énergie qu’il nous faut ne pas consommer. La notion de sobriété nous invite à nous interroger personnellement sur nos besoins, sur leur importance réelle ou supposée, ainsi que sur les priorités que nous pouvons établir entre eux. Nous pouvons définir une hiérarchie qui passe des besoins vitaux aux essentiels, puis indispensables, utiles, convenables, accessoires, futiles, extravagants et inacceptables. Chacun peut se livrer à l’exercice pour lui-même, en famille ou au travail, de façon à prendre conscience de l’impact de tel ou tel achat ou comportement. Rien ne sera possible sans une adhésion pleine et entière de tous nos concitoyens. Il s’agit de faire jouer à plein ce qui est la contre-partie indissociable de notre liberté : notre responsabilité ! Prenons l’exemple de nos besoins de mobilité individuelle. Ai-je vraiment besoin de me déplacer ? Quels sont les déplacements de loisirs et les déplacement contraints ? Le principe de sobriété nous incite à les réduire en essayant de nous rapprocher de notre lieu de travail. Nous pouvons aussi recourir à un mode doux de déplacement, marche, vélo, rollers… La sobriété dimensionnelle nous incite à éviter toute surpuissance inutile dans le choix d’un véhicule. La sobriété coopérative repose sur la mise en commun pour réduire les besoins : mutualisation des équipements, autopartage, co-voiturage, auto-stop. La sobriété d’usage consiste à limiter le niveau et la durée d’utilisation d’un appareil, conduite douce par exemple. Rappelons aussi la tentative européenne d’une taxonomie verte, l’art de classer ce qui est bien ou mal. Il s’agit d’une classification des activités économiques en fonction de leur empreinte écologique ; il faut relever les entreprises mais pas à n’importe quelle condition, en gelant les subventions au secteur fossile par exemple. 

Merci le virus d’avoir permis un début de classification des activités humaine. Mais on va probablement pendant ce reconfinement assister à une révolte généralisée du type Gilets jaunes contre la sobriété forcée, cela a déjà commencé. Abandonner les pratiques de surconsommation et tourner le dos au confort d’une société basée sur les énergies fossiles ne va pas être facile… D’autant plus que la destruction d’emplois accompagne toute politique de sobriété partagée.

Inhumation, incinération ou humusation ?

Francis Busigny : L’humusation consiste à reproduire avec le corps humains ce qui se passe dans la nature où les matières naturelles sont transformées en humus grâce à la microfaune du sol. Il suffit d’ensevelir le défunt vêtu d’un simple linceul biodégradable directement sur le sol au milieu d’une butte de trois mètres cubes de terreau végétal gorgé d’eau. Le tout devient en douze mois 1,5 mètres cubes d’humus environ. Ce compost humain pourra fertiliser les arbres et régénérer les sols pauvres.e qui n’est absolument pas le cas pour enterrement et l’incération qui s’avèrent extrêmement polluants et privent à jamais les couches superficielles des sols des restes de ce qu’lles ont créé! Une inhumation équivaut en moyenne à 11 % des émission de gaz à effet de serre d’un Français sur une année, soit 4000 kilomètres en voiture transportant une personne. La crémation représenti de son côté 3 % des émissions. Dans le contexte actuel du déréglement climatique, légaliser l’humusation devient une urgence écologique. (La fin d’un tabou ? in Kaizen p.65, mars-avril 2020)

Pascaline Thiollère : L’inhumation empoisonne les sols de nos cimetières. La conservation des cadavres produit énormément de polluants, entre autres ceux utilisés par la thanatopraxie comme le formol. L’ide de l’humusation renvoie un message fort. On y trouve l’idée du cycle de vie qui traverse toutes les croyances, une sorte d’animisme contemporain, comme un retour à la simplicité associée préoccupations écologiques d’aujourd’hui. Elle règle également la question du manque d’espace dans les cimetières ainsi que celle du bilan énergétique en comparaison avec la crémation. L’humusation est légale dans l’État de Washington depuis mai 2019. En France la réflexion n’est spa aboutie et le lobbying de la marbrerie reste fort. (HUMUSATION in Kaizen p.64, mars-avril 2020)

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere (extraits) :

11 novembre 2019, Transformer notre corps en humus, le pied

Je ne suis que poussière et j’y retournerai (la bible). En termes écolo, mieux vaut après notre mort se transformer en bon humus pour perpétuer le cycle de la vie. L’État de Washington a adopté un texte permettant de transformer le corps de défunts en compost. Sur le site Humusation.org, la fondation Métamorphose pour mourir… décrit ainsi le processus d’humusation… 

9 juillet 2019, écolo pour l’éternité… au cimetière

Dès septembre 2019 à Paris, un premier espace funéraire écologique sera créé dans le cimetière d’Ivry. Objectif officiel : mettre en place « un lieu de recueillement et d’inhumation respectueux de l’environnement », afin de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses de « funérailles écologiques ». Sur 1 560 mètres carrés, on n’accueillera que des cercueils en carton, ou en bois local et les inhumations « auront lieu en pleine terre ». Pas de monument en surface, surtout pas de caveau en béton…

27 octobre 2014, Tout écologique, même au moment de notre enterrement

L’empreinte écologique de nos obsèques. La crémation génère 160 kg de CO2 contre 39 kg pour une inhumation. L’aquamation consiste à plonger la dépouille mortelle dans une eau alcaline pour dissoudre les tissus et ne conserver que les os a posteriori mis en poussière. Avec la promession, où on plonge le corps du défunt dans l’azote liquide pour le rendre friable, le tout sans émission de CO2 ni émanation de produit toxique…

26 décembre 2011, Mon testament écolo

Je soussigné désire un enterrement sans aucune cérémonie religieuse, sans fleurs ni couronnes ni aucune marque matérielle de condoléances.  Je veux être enterré de façon à minimiser mon empreinte écologique au maximum. Pas de crémation qui utilise une énergie extracorporelle devenue trop rare. Pas de cercueil qui mobilise des ressources naturelles. Pas de vêtements car nu je suis né, nu je veux mourir. Mon idéal est de participer sans rechigner au grand recyclage que la nature nous propose gratuitement. Pour faciliter la chose, Paris nous offre paraît-il un modèle que je recommande : la commune fournit aux personnes décédées (sans ressources ni famille) des caissons en béton étanche équipés d’un système d’introduction de l’air afin que les espèces qui aident au recyclage de l’organisme puissent accéder au festin. L’oxygène accélère le dessèchement du corps et l’évacuation des gaz de décomposition est assurée. Il n’y a aucune pollution et le caveau peut être récupéré à l’infini : tous les cinq ans, il est à nouveau disponible. Nous ne nous appuyons pas assez sur les compétences de la biosphère qui possède depuis des temps immémoriaux un sens pratique très développé en ce qui concerne l’équilibre dynamique et le recyclage performant.

2 novembre 2011, fête des morts ; où les enterrer ?

Aux USA, vogue des green burials (enterrements verts). L’augmentation fulgurante du chômage a généré le retour à une pratique ancienne : l’enterrement dans le jardin ou, au minimum, le traitement familial intégral des gestes et cérémonies consécutives à un décès. Dans le jardin ? Oui, aux Etats-Unis, c’est permis la plupart du temps en zone rurale ou semi-rurale. En France il est aussi possible de se faire enterrer dans une propriété privée, à condition qu’elle se trouve en dehors d’une zone urbaine et à plus de 35 mètres des autres habitations. Il faut au préalable une enquête hydrogéologique ainsi que l’autorisation du préfet de département…

7 novembre 2008, sépulture propre et verte

En France la loi de 1887 instituait la liberté de choix des funérailles, enterrement civil ou religieux, inhumation ou crémation. Depuis 1948 au Japon, la crémation est obligatoire en zone urbaine pour ne pas laisser l’espace de plus en plus rare envahi par les cimetières. De son côté le pouvoir chinois s’emploie à empêcher les sépultures en pleine terre dans les campagnes : dans un pays habité par le cinquième de la population mondiale, mais où 7 % seulement des terres sont arables, l’éparpillement des tombes pose en effet un problème d’occupation des sols…

Bientôt des bouchons de voitures propres

« Sans régulation, l’usage de la voiture augmentera, avec bientôt des bouchons de voitures propres… Yves Crozet écrit à propos de la mobilité : « Hier c’était plus vite, plus loin, moins longtemps. Demain sera plus lent et plus près ». Ajoutons : « Demain sera plus cher », sauf à renoncer à s’occuper sérieusement du réchauffement climatique en se contentant de gadgets et de fausses solutions. » (Jean Coldefy)

Ainsi on trouve aujourd’hui dans une tribune du MONDE le principe qui devrait déjà être généralisé et que nous développions en 2007 dans notre article « moins vite, moins loin » : « Plus vite, plus loin, plus souvent et moins cher  » est un vieux slogan, il sera remplacé par : « Moins vite, moins loin, moins souvent, et beaucoup plus cher ». Cette évolution est inéluctable, raréfaction des ressources pétrolières et réchauffement climatique l’exigent. Le tout-voiture a été une erreur fondamentale et remplacer les moteurs thermiques par des moteurs électriques ne change rien à l’affaire. Nous n’avons pas écouté Ivan Illich au début des années 1970, pourtant son analyse dite de la « vitesse généralisée » était imparable : rouler en voiture est bien moins rapide que pédaler sur son vélo. Un mode de transport n’est pas le simple rapport entre la distance parcourue et le temps du parcours. Il faut ajouter à ce temps de trajet le temps passé à gagner de quoi se payer l’usage du mode de transport.

« L’Américain moyen dépense 1600 heures chaque année pour parcourir 10 000 kilomètres ; cela représente à peine six kilomètres à l’heure. Car qu’on soit dans sa voiture en marche ou à l’arrêt, qu’on travaille pour payer le premier versement des traites ou l’essence, les péages, l’assurance, les impôts et les contraventions, l’Américain donne quatre heures chaque jour à sa voiture, qu’il l’utilise ou qu’il gagne les moyens de le faire. Passé un seuil critique, l’industrie du transport fait perdre plus de temps qu’elle n’en fait gagner. Ce seuil franchi, le transport fait de l’homme un éternel absent toujours éloigné de son lieu de destination, incapable de l’atteindre par ses propres moyens. Aujourd’hui les gens travaillent une bonne partie de la journée seulement pour gagner l’argent nécessaire pour aller travailler. Depuis deux générations (ndlr, nous sommes en 1973), la durée du trajet entre le logement et le lieu de travail dans les pays industrialisés a augmenté plus vite que n’a diminué, pour la même période, la durée de la journée de travail. L’utilité marginale d’un accroissement de la vitesse de quelques-uns est acquise au prix de la désutilité marginale croissante de cette accélération pour la majorité. En d’autres termes, chaque privilégié se transforme en voleur qui dérobe le temps d’autrui et dépouille la masse de la société. Dans un pays dépourvu d’industrie de la circulation, les gens atteignent la même vitesse, six kilomètres à l’heure, mais ils vont où ils veulent à pied, en y consacrant non plus 28 %, mais seulement de 3 à 8 % du budget temps social. » ( Énergie et équité » d’Ivan Illich – texte initialement publiée en mai 1973 par LE MONDE, mai 2018 pour la présente version, Arthaud poche pour 5,90 euros)

Pus tard en 2002, Jean-Pierre Dupuy a calculé que la vitesse généralisée d’un automobiliste est de 7 kilomètres à l’heure, soit un peu plus que celle d’un piéton. La contre-productivité des transports automobiles fut renforcée depuis cinquante ans par une politique d’urbanisme et d’aménagement du territoire conçue autour de l’automobile. La construction du mythe de la vie heureuse en pavillon avec jardin entraîna un étalement urbain beaucoup plus important que la simple croissance démographique. Si bien que dans les pays de l’OCDE, le temps passé entre le domicile et le travail n’a pas dominé depuis 1850, malgré la prétendue augmentation de la mobilité et de la vitesse de la modernité automobile. Le gain de vitesse des engins fut intégralement absorbé par l’étalement des faubourgs, l’éloignement géographique des lieux d’habitation et de travail, des écoles et des hypermarchés. (Pour un catastrophisme éclairé)

La question de la mobilité n’est donc pas un problème résolu par le moyen de se transporter, vélo, voiture électrique, etc. Il faut remettre en question les infrastructures mises en place autour du tout-voiture, les autoroutes et les périphériques, la distance entre domicile et lieu de travail, les lieux de scolarisation qu’on a éloigné des lieux de vie des élèves, les lignes à grande vitesse qui ne desservent que des métropoles boursouflées, le tourisme favorisé par l’avion, etc. Les méthodes pour changer les comportements et donc les structures sont connus, taxe carbone et taxe kérosène de plus en plus lourde d’années en année, interdiction de circuler avec une seule personne dans une voiture, obligation d’un tourisme de proximité, et bien sûr réduction drastique des inégalités de revenu pour faire passer la pilule… la sobriété doit être partagée.

Tout savoir sur la publicité qui nous dévore

Pour faire évoluer les comportements du consommateur dans un sens écoresponsable, nous (conférence citoyenne) voulons Interdire de manière efficace la publicité des produits les plus émetteurs de GES sur tous les supports publicitaires, réguler la publicité pour limiter fortement les incitations quotidiennes et non-choisies à la consommation, mettre en place des mentions pour inciter à moins consommer du type « En avez-vous vraiment besoin ? » ou «  La surconsommation nuit à la planète. »

Cette remise en cause de l’emprise publicitaire ne provient pas d’une mouvance anti-publicitaire, mais d’une représentation de la population française, la conférence citoyenne pour le climat. La lutte contre le dérèglement climatique est en effet incompatible avec le martellement marchand dont la fonction est l’incitation permanente à la consommation. Cette entreprise qui fait le vide dans nos cerveaux ne vend pas des produits mais un imaginaire, elle ne vend pas du savon mais de l’élégance, elle ne vend pas des voitures mais des solutions de mobilité… Le thème du bonheur est omniprésent dans les messages publicitaires. Pour les agences publicitaires, le bonheur, la beauté, le plaisir ne résultent que des pratiques consuméristes. Il y a un déséquilibre effroyable entre les trois à quatre messages qui nous incitent à la sobriété comparés aux 400 à 3 000 messages publicitaires faisant quotidiennement l’apologie de produits que nous subissons à notre insu de notre plein gré. Les commentateurs sur lemonde.fr en rajoutent :

LEFG : la responsabilité de la publicité mais aussi des films, des séries télévisuelles sur le comportement humain ont une influence certaine sur nos comportements et la hiérarchie des valeurs qui motivent nos actes. Cette incidence est vraisemblablement différente au regard du niveau de culture de la population concernée et de son pouvoir critique de l’information délivrée. Toutefois la rapidité et la masse de l’information délivrée, l’homogénéité des comportements représentés, la durée de notre exposition croissante passée devant les écrans laisse hélas présager un émoussement de notre pouvoir critique…

boomer :Tout le monde veut du gratuit, de wikipedia à la météo et aux sites people. Si vous obtenez quelque chose gratuitement, c’est que quelqu’un l’a payé pour vous et c’est pour cela que internet, la télé et les événements sportifs sont envahis de pub.

D accord : Si on supprime la publicité, il n’y a plus de secteur automobile, plus d’avions, plus de nouvel achat (car recyclage ou achat d’occasion ), plus de téléphonie mobile ou de télévision, plus d’ordinateurs autre que ceux qu’on a déjà… J’oubliais, pour la confection, pas d’importation, on réutilise les vêtements existant et au maximum une tenue / habitant.

LJ : On peut aussi se passer de résidence secondaire, de voiture, de smartphone car même si l’on peut se payer les fruits du progrès, la vraie question est : ce progrès-là a-t-il un sens ? Indubitablement, un smartphone fait du sens car je remplace cinq objets par un seul. Une voiture alors que je vis en ville, non. Une résidence secondaire, une crème antirides à cent balles non plus. Depuis quelques années je me passe complètement de vacances à l’autre bout du monde, voire de vacances tout court et je ne m’en porte que mieux… L’accumulation forcenée ne rend pas plus heureux…

Quart-Vittel : «un smartphone fait du sens car je remplace cinq objets par un seul.» Et même six quand on ajoute le cerveau de l’utilisateur !

Sarah Py : La publicité n’est pas de l’information mais de la séduction, voire de la manipulation, le fameux cerveau disponible. Cette constatation me semble l’évidence. Réguler dès lors la publicité devient logique. La réguler sans rupture, compter sur la maturité des individus qui contraint l’imagination des publicitaires, cercle vertueux qui ne résout pas la question de la place qu’occupe l’acte de consommer, de posséder, d’accumuler dans nos structures mentales.

Gaston : horreur, ne plus consommer à tire-larigot, mais que vont faire les femmes qui passent leur vies dans les magasins de fringues et de chaussures et les hommes devant les écrans a baver devant les voitures en ventes .…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

14 juin 2020, La publicité commerciale est indéfendable

13 juin 2020, La publicité dévore la planète et nous avec

4 mars 2020, L’urgence climatique interdite de publicité

12 décembre 2019, « Casseurs de pub » vingt ans après

7 janvier 2019, Damnation, les médias aux ordres des publicitaires !

23 mai 2018, publicité pour Nutella = disparition des orang-outan

2 février 2016, Faire disparaître les riches, l’innovation… et la publicité

18 janvier 2016, Un premier pas vers la fin de la publicité… pour enfant

30 décembre 2015, Ascèse ou désir, l’emprise de la publicité sur nos vies

26 novembre 2014, Action municipale contre la publicité, autres actions…

6 septembre 2014, Halte à la publicité sur les chaînes publiques et privées

3 décembre 2013, « déboulonneurs » de publicité, des publiphobes ?

4 septembre 2013, Publicité, désinformation et dévastation du monde

3 septembre 2013, Publicité, règne des marchands et de la propagande

2 septembre 2013, La publicité ne relève pas de la liberté d’expression

26 juin 2012, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

«  La sortie d’Emmanuel Macron sur la 5G et les Amish ». La demande d’un moratoire faisait partie des 149 mesures proposées par les citoyens de la convention climat que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Pourtant Macron montre son incompétence écologique. « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a lancé Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préféreraient « le modèle amish » et le « retour à la lampe à huile ». Les enchères pour l’attribution des fréquences débutent fin septembre 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ne rendra ses travaux sur les effets sanitaires qu’en mars 2021.

« Emmanuel Macron a fermé le débat avec arrogance et mépris » : le déploiement de la 5G électrise l’Assemblée nationale qui s’inquiète de l’absence de débat politique

Pour en savoir plus sur les Amish à mille lieux de la 5G :

Totalement autonomes, les Amish vivent en micro-autarcie. Pas un moteur dans ces fermes. Pas un tracteur, pas une automobile. Ni radio, ni télévision, ni téléphone, ni réfrigérateur, ni aspirateur, ni d’ailleurs d’électricité, de gaz ou d’eau courante. Seule source d’énergie en vue, un occasionnel moulin à vent. Samuel Beiler, un Amish : « Nous ne sommes pas contre l’instruction. Nous sommes contre celle qu’on donne dans vos écoles… Jamais de mémoire d’homme un Amish ne comparut devant un tribunal pour un délit autre que le refus d’envoyer ses enfants à l’école. » La Cour suprême américaine vient de donner officiellement le droit au Amish, en plein âge nucléaire, de continuer à vivre en un temps révolu et de le perpétuer à travers leurs enfants. Pour la Cour suprême, l’Etat du Wisconsin n’a pas prouvé que l’éducation d’une high school était indispensable pour faire un bon citoyen. Les attendus : « Une façon de vivre qui nous paraît étrange mais qui n’interfère pas avec les droits ou intérêts d’autrui ne saurait être condamnée parce qu’elle est différente, et rien ne nous permet de présumer que la majorité actuelle a raisons de vivre comme elle vit et que les Amish ont tort de mener leur vie comme ils la mènent… (article daté du 15 juin 1972)». L’Amish était en 1972 un objecteur de croissance, il le reste aujourd’hui en 2020.

Pour en savoir plus sur la 5G grâce à notre blog biosphere :

21 août 2020, 5G, les humains aiment trop la bagarre

4 juillet 2020, 5G, technolâtres contre techno-réalistes

3 juillet 2020, L’obsolescence programmée par la 5G

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

exemplarité des membres d’un parti écolo

Proposition à transmettre à tout parti qui se veut écolo : mettre le principe de sobriété personnelle comme ligne de conduite de ses adhérents. En effet un parti écolo a une grande supériorité sur les autres partis, ses membres peuvent montrer l’exemple de ce qu’il faut personnellement pratiquer, la sobriété personnelle. En effet l’expression de Gandhi, « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » s’applique parfaitement à l’objectif de militants écolos qui veulent que changent les comportements dans un contexte d’urgence écologique. Il est nécessaire d’établir une continuité entre la théorie et la pratique, entre les mots et les actes. Nous protégerons d’autant mieux la planète que nous auront pris soin de vivre personnellement comme il faudrait vivre pour protéger le sort des générations futures, la biodiversité et la pérennité des ressources terrestres. Un des fondateurs de l’écologie politique Arne Naess s’exprimait ainsi dans son livre de 1976, « Ecologie, communauté et  style de vie » :

« En définitive, toutes nos actions et toutes nos pensées, même les plus privées, ont une importance politique. Si j’utilise une feuille de thé, un peu de sucre et de l’eau bouillante, puis que j’en bois le produit, je soutiens le prix du thé et du sucre et, plus indirectement, j’interfère dans les conditions de travail au sein des plantations de sucre et de thé dans les pays en voie de développement. Pour chauffer l’eau, j’ai probablement utilisé du bois ou de l’électricité ou un autre type d’énergie, et ce faisant, je prends part à la grande controverse concernant l’utilisation de l’énergie. J’utilise de l’eau et prends aussi part à une myriade de problèmes politiquement brûlants qui concernent les réserves d’eau. J’ai donc une influence politique quotidienne. »

Nous, militants écologistes, nous mangeons de préférence bio et de proximité. Nous pratiquons au minimum le lundi végétarien et évitons les nourritures industriellement transformées. Nous refusons les mécanismes publicitaires et ceux de la mode, nous proscrivons l’achat inutile et le besoin artificiel. Nous sommes allergiques au tabac et au cannabis, abstinent quant aux vins et autres alcools. Nous faisons preuve de sobriété énergétique, ce qui implique de limiter au maximum nos déplacements dans des engins motorisés. Pour les plus avancés d’entre nous, nous n’avons ni télévision, ni carte bancaire, ni voiture, encore moins de smartphone. On peut vivre sans, il suffit de s’organiser autrement. Quand nous allons au bout de notre prise de conscience, nous cultivons aussi un lopin de terre et/ou plantons des arbres fruitiers. Cessons d’attendre que le système change, il ne changera pas sans nous.

Mais acquérir le sens des limites ne doit pas être réservé aux militants écolos. Nous attendons des autres qu’ils fassent de même. La sobriété doit être partagée. L’exemplarité de notre comportement devrait provoquer un effet boule de neige. Avec nous, tous nos concitoyens seront mieux à même de prendre conscience qu’on ne peut pas vivre sur une planète préservée si nous continuons à vouloir aller plus vite, plus loin, plus souvent et beaucoup moins cher. Nous ne restons impuissants devant la dégradation de notre biosphère que si nous le voulons bien.

Pieds nus pour renouer avec la Terre

Marcher pieds nus, c’est pratiquer le earthing ou « connexion à la terre ». La liste des bénéfices est longue, c’est un excellent anti-inflammatoire à condition d’y passer au moins une heure, cela régénère les tissus, fluidifie le sang, diminue la fatigue. D’un point de vue biomécanique, on renforce ses muscles, sa stabilité, et on s’assouplit parce qu’on déroule mieux le pied qu’avec une semelle. On s’offre ainsi une séance de réflexologie naturelle. Par ailleurs on se blesse finalement peu parce qu’on est plus attentif au terrain et que la peau sous le pied se renforce au fur et à mesure de la pratique. Ceux qui ont déjà l’habitude de marcher pieds nus peuvent s’essayer au barefoot, la courses sans chaussures. Il y a une section française du site Internet «barefoot Runners Society » fondée le 11 août 2011. Alors, débutants ou passionnés, nous devrions tous oser de temps en temps enlever nos chaussures et fouler le sol de nos pieds nus. Le plaisir viendra en plus ! (Kaizen juillet-août 2020, page 74 à 76).

Nous n’avons pas attendus cet article pour faire la promotion des pieds nus, des seins nus et de la nudité tout cours sur ce blog biosphere :

28 février 2020, Sexualité, seins nus et Cour de cassation

9 février 2020, Sport spectacle, pieds nus et tout nus

7 août 2018, Nudité ou burka sur les plages, à chacun son propre choix

10 mai 2018, Enfants coupés de la nature, civilisation sans âme

5 janvier 2015, Christiane Lecocq, la liberté d’être complètement à poil

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

Retour sur Terre, retour à la terre, survivre

« Retour sur Terre »*, trente-cinq mesures radicales pour réduire drastiquement notre empreinte carbone. Sept figures de l’écologie, emmenées par le philosophe Dominique Bourg, appelle ni plus ni moins à une « bascule de civilisation » pour maintenir l’habitabilité de la planète. Les auteurs appellent à « décélérer brutalement » nos consommations avec l’objectif de réduire l’empreinte écologique à moins d’une planète (contre 1,7 aujourd’hui) afin de ne pas consommer plus de ressources que la Terre ne peut en régénérer. Les Français se verraient attribuer des quotas individuels de consommation, décidés par référendum. « Chaque produit serait marqué d’un prix en énergie/matière, et chaque achat serait reporté sur un compte personnel », détaille le collectif. Le programme propose aussi de relocaliser au maximum l’activité « par un protectionnisme coordonné et coopératif au niveau international », de réduire les écarts de revenus, de supprimer les paradis fiscaux, de cesser les subventions aux énergies fossiles, d’effacer 70 % de la dette française ou encore de mettre fin à l’indépendance des banques centrales et de nationaliser totalement ou partiellement le secteur bancaire. Dans le domaine de l’agriculture, les auteurs veulent aller vers une « agroécologie décarbonée » et désirent « réempaysanner les terres ». Au niveau politique. Retour sur Terre envisage la création d’une chambre du futur, pour « représenter le temps long », aux côtés de l’Assemblée nationale.

Selon l’article du MONDE, «il paraît difficile d’imaginer les citoyens se priver drastiquement face à une menace climatique qui n’est pas encore aussi palpable que le Covid-19. » Selon « Retour sur Terre », ils décrivent un horizon propice à la mise en mouvement de la société. Selon notre blog biosphere, de toute façon un jour ou l’autre l’issue des crises socio-écologiques passera par une politique de rationnement comme dans une économie de guerre, avec production orientées dans le sens de la résilience et de l’autonomisation locale. On n’en est pas encore là, mais on commence à en causer ailleurs que sur ce blog. La notion de sobriété heureuse commence à faire son chemin et le gouvernement actuel ose employer le mot « décroissance » même si c’est pour le dénigrer aujourd’hui avant de l’adopter après-demain. Certains adeptes de la simplicité volontaire sont à l’avant-garde, les plus conscientisés pratiquent le retour à la terre pendant que les survivalistes s’enterrent.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

8 septembre 2019, la BAD, base autonome durable

6 septembre 2019, Survivalisme selon Piero San Giorgo

5 septembre 2019, Survivaliste à 8 ans, Yves Cochet a 73 ans

19 juillet 2019, Le survivalisme, pour résister à l’effondrement

26 mars 2018, Devenir survivaliste ou résilient en cas de catastrophe

9 novembre 2016, Etre ou ne pas être survivaliste face au chaos

14 décembre 2011, survivre à l’apocalypse, les survivalistes

3 septembre 2008, survivre aux survivalistes

* Retour sur Terre. 35 propositions, de Dominique Bourg, Gauthier Chapelle, Johann Chapoutot, Philippe Desbrosses, Xavier Ricard Lanata, Pablo Servigne et Sophie Swaton (PUF, 96 pages, 5 euros).

SVP, ne pas confondre culturel et élitisme

Le mot « culture » est polysémique, voici d’abord son sens sociologique : la culture constitue un ensemble complexe englobant les connaissances, les croyances, la morale, les lois et coutumes, tout ce qui est issu d’une socialisation qui permet à un individu de s’insérer dans une société en adoptant son langage. Si nos phrases ont en sens pour autrui, c’est qu’elles s’inscrivent dans un jeu de langage dont les règles sont connues de nos interlocuteurs. Bref, c’est l’appartenance à une même culture qui nous fait parler et vivre notre communauté. Mais dans le sens ordinaire du mot culture, il s’agit de formation de l’esprit où on étudie les œuvres d’art et écoute de la « grande » musique, tout ce qui fait l’esprit cultivé des sociétés bourgeoises. Les activités culturelles de ce type sont en France une priorité, c’est la politique de l’élitisme pour tous. De Malraux aux politiques de la ville, on démocratise l’accès à la culture, on veut atténuer la fracture sociale. Mais la politique de l’offre culturelle n’a pas crée de nouveaux publics, les classe populaires et modestes ne se reconnaissent pas dans cette culture qui reste le reflet des seules activités de la bourgeoisie. Pourtant c’est cette dernière conception que défend Michel Guerrin (Rédacteur en chef au « Monde ») :

« Jusqu’aux municipales 2020 on se souciait peu du programme culturel des écologistes. Mais ils ont pris Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Annecy, Poitiers, Tours… Comme les villes sont le premier financeur de la création, les milieux de l’art s’échauffent. Ils ont plus à perdre qu’à gagner. Les théâtres, musées et opéras, bâtiments imposants souvent plantés au centre-ville, se taillent la part du lion dans un budget culturel municipal. Autour de 80 % si on les met ensemble. Les écologistes estiment que ces institutions attirent surtout les élites et veulent mettre l’accent sur une culture populaire, participative. Autant dire que l’argent pourrait être distribué autrement. Le monde culturel de l’écologiste Eric Piolle, en place à Grenoble depuis 2014, c’est plutôt un modèle à fuir ; l’édile grenoblois a supprimé du jour au lendemain les 438 000 euros de subvention à la formation classique des Musiciens du Louvre, il a fermé la salle de concert Le Ciel, baissé de 100 000 euros la subvention à la prestigieuse Maison de la culture MC2 (à ne pas confondre avec une MJC). Le laboratoire grenoblois explique en grande partie l’extrême méfiance du monde culturel envers les écologistes. Un pays a besoin de théâtres, musées ou Opéras prestigieux… »*

Le choc des deux cultures se retrouve dans les commentaires sur lemonde.fr :

XX : Le Grenoble bashing en action ! Dans les milieux parisiens pas de pitié pour « les tueurs » des musiciens du Louvre ! Mais personne n’est allé voir de près pourquoi ! Un orchestre coûte cher, alors s’il ne remplit pas ses missions envers la mixité d’accès à l’excellence, aucune raison de maintenir un coût aussi élevé dans une ville qui paye encore les dérives financières de Carignon ! La culture subventionnée de ce pays profite aux plus aisés. De gros efforts sont faits certes mais il faut tenter d’autres approches. Alors cessons de considérer comme des crimes de lèse majesté toute alternative!

Souabe : Ancien vert dès la fin des années 70 je considère ce parti avec une incompréhension croissante. La culture n’a jamais été « démocratique, c’est obligatoirement le résultat du travail d’un individu qu’il s’agit d’un peintre, musicien ou autres. Inviter un maximum de gens à y participer et à partager oui, détruire l’opéra et autres lieux de culture c’est du barbarisme.

Nicolas84 : Les citoyens choisissent la culture qui leur convient. Faut-il rappeler que pendant le confinement le manque d’accès à la culture était cité en dernier, bien après les bars et les restaurants ?

Jfb : Vive le rap, le hip-hop, le street-art, etc… Adieu Mozart, Molière, Verdi, etc.

6russe de 5chameaux : Pas sur que le style de vie des rappeurs trouve grâce aux écolos……. Beaucoup trop de CO2 dans la virée en avion/ lambo avec les filles peu farouches et peu vetues. Ce sera danse tantrinque à la MJC avec WE randonnée et nuit dans une chevrerie bio du Vercors.

Marabbeh : Je suis ébahi que 80% des budgets soient consacrés à des lieux culturels qui n’intéressent pratiquement que 20% des habitants d’une ville. Je fais partie des autres, ceux qui n’aiment ni théâtres, ni musées encore moins opéras, et je me réjouis de la démocratisation de la culture.

Un commentateur français @ Marabbeh, Vous que n’aimez ni théâtres, ni musées, ni opéras, mais vous gavez de chips devant des séries Netflix, vous aurez la culture que vous demandez et que vous méritez : des soirées Harry Potter sur la place de l’Hôtel-de-Ville, des lectures de Guillaume Musso sur les quais, des rétrospectives Fort boyard ou Intervilles sur écran géant, des tournois de foot de rue à gogo… Tant pis pour une certaine idée de l’art, qui s’épanouit depuis la Renaissance et a donné tant de chefs-d’œuvre. Je pleure sur la médiocrité de mes contemporains.

Peps72 0 : Tremble culture officielle d’Etat nombriliste et élitiste, ça commence à se voir qu’il existe également une noblesse culturelle privilégiée qui ne représente plus personne. Perso j’aime beaucoup le réflexe idéologique du journaliste qui dans un article de taille moyenne traitant d’un sujet aussi vaste que la culture dans les villes en général descend à un niveau de détail tel qu’il nous signale que le metteur en scène grenoblois intervient dans les prisons… non mais quelle grosse ficelle idéologique (intervenir dans les prisons = faire du social = être quelqu’un de bien = mériter les subventions de la ville = victime de fascisme si on ose diminuer ou ré-allouer les budgets). D’ailleurs le terme « populisme » utilisé par ce metteur en scène en dit plus long sur son arrogance que sur l’édile censé être visé par cette insulte…

Cartesien : Vive la culture locale! On remplace les acteurs, les chanteurs traversant Europe ou la planète en avions par des artistes locaux. Ça favorisera la diversité et évitera l’homogénéisation planétaire de la culture. Meilleur bilan carbone et dépense moindre

Fontaine : Molière, Mozart, Verdi font partie de la culture populaire. Rappelez-vous par exemple qu’en Italie l’opéra a été longtemps un art populaire et que Molière a commencé par le théâtre de tréteau. Une élite se sont appropriés ces auteurs, il faut les rendre à tous maintenant.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 septembre 2018, Le show-biz se lance dans la bataille climatique

23 mai 2017, L’écologie ne semble pas inspirer les artistes

* L’expérience de Grenoble explique en grande partie l’extrême méfiance du monde culturel envers les écologistes

Le colibri, emblème de l’écologie en marche

« « Faire sa part » : c’est le mot d’ordre du mouvement Colibris, l’organisation créée en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi, chantre de l’agroécologie et de la sobriété heureuse. Or le changement climatique tient pour beaucoup au fonctionnement des grandes structures qui forment le socle de l’économie mondiale ; les productions énergétique et alimentaire sont fortement émettrices de gaz à effet de serre, ce qu’une modification des comportements individuels n’est pas en mesure de changer rapidement. Ainsi, « faire sa part » est incontestablement une belle idée, mais c’est aussi une idée dangereuse. Si le colibri se contente de chercher à éteindre seul l’incendie, la fin de la fable ne fait guère de doute : la forêt a brûlé et les animaux sont morts, et le colibri avec eux. Les tenants du marché libre trouvent aussi leur intérêt dans la diffusion de cette vulgate ; les idées des Colibris peuvent aussi être cuisinées à la sauce néolibérale. Puisque les prises de consciences individuelles feront évoluer la demande des consommateurs, les modes de production finiront par devenir eux aussi plus vertueux. De contraintes réglementaires, il n’est nul besoin : la loi du marché se charge de tout…  » (Stéphane Foucart)

Cette analyse ne dit rien de l’effet de masse recherché par l’exemplarité individuelle. La fable du colibri présente un minuscule oiseau qui essaie à lui seul d’éteindre un incendie pendant que les autres animaux fuient. Cela pose le principe de la responsabilité individuelle, « faire sa part » induit normalement que la modification du comportement individuel produise un changement collectif. Ne rien faire à titre individuel, c’est trop facile ; c’est toujours la faute des autres, des multinationales, des politiques, de l’Europe… Dans son livre No impact man, Colin Beavan pose clairement le problème. Les pratiquants de la simplicité volontaire espèrent une « réaction en chaîne » : plus nous serions nombreux à les imiter et à diminuer son empreinte écologique, plus la nécessité de limiter ses besoins se répandrait dans la société, plus les politiques se mettraient au diapason du comportement de leurs électeurs. Les multinationales du système thermo-industriel commencent à penser à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre parce que nous sommes de plus en plus nombreux à le vouloir et à l’exprimer. Nous agissons par mimétisme ou interaction spéculaire, en miroir : tu fais parce que je fais parce que nous faisons tous de même. Un seul individu « fait sa part », là où 7 milliards aujourd’hui sont appelés à faire la leur. Qui aurait parié un kopek sur Gandhi ou Mandela au démarrage de leur action, ou sur un général parlant aux Français à la radio depuis l’Angleterre…

Le mouvement Colibri, tout marginal qu’il soit encore, est plus proche d’une avant-garde éclairée que les armées de réacs ricanants, surconsommateurs décomplexés et autres imbéciles jemefoutistes qui éructent sur les Khmers verts et fantasment sur le retour à la bougie…

L’effet débond et la définition du suffisant

« Nous consommons trop, nous produisons trop, nous polluons trop, nous détruisons trop, collectivement. La décroissance doit être une décroissance des inégalités. Cette décroissance des inégalités ne doit en aucun cas se traduire par une augmentation du pouvoir d’achat global , cela ne saurait constituer un objectif raisonnable. Comment croire sérieusement qu’il ne faudra pas réduire aussi la production et, avec elle, faire baisser le revenu moyen ? Il nous faut abandonner le mécanisme d’ostentation, cette logique de « compétition positionnelle », cette volonté de vouloir dépasser les autres qui est un moteur de la croissance économique et qui devient un jeu à somme négative. Cette logique digne des Shadoks démontre l’incapacité à appréhender la question du suffisant … (Baptiste Mylondo) » 

Bien entendu certains commentateurs sur lemonde.fr y vont de leur méchanceté gratuite : « On a déjà essayé dans les pays communistes… Bienvenue en URSS… En général, définir le et limiter au suffisant aboutit à ce que le nécessaire ne soit pas produit… Ce rêve égalitaire de décroissance supposerait la fin des libertés pour tous… On a le cours du prof de philo, manque juste celui du prof de TP. Une paille… ça commence à devenir lassant ces tribunes du Monde qui disent la même chose… » Les commentaires du genre « bienvenue en URSS » me font franchement rire ! Ils ne voient pas qu’aujourd’hui, les producteurs et leurs publicitaires décident pour nous, ce qu’on appelle la filière inversée. Mais d’autres vont à l’essentiel : « Qui va définir ce qui est suffisant? Quel contenu mettre dans ce terme? Est-ce avoir un toit, trois repas par jour et un service de santé ? Y ajouterait-on la culture, mais là on entre dans une spirale infernale ? » Si on considère que la croissance est un choix de société, la décroissance pourrait en être un autre. Voici quelques modalités du suffisant rapportées par le livre qu’a supervisé Mylondo en 2009 :

Les stratégies de débond vont à l’opposé des stratégies de rebond. Il faut identifier les facteurs limitant : temps, monnaie, infrastructures, propriété, aliénation, inégalités. Des activités telles que le jardinage, la randonnée, les repas qui s’étirent en longueur, l’usage de la bicyclette réduisent le temps disponible pour d’autres activités polluantes ; elles créent un « débond temporel ». La baisse du temps de travail et le partage du travail est incontournable. Une période de crise est un moment privilégié pour passer par exemple à la semaine de trois jours. Il s’agit globalement d’allouer plus de temps à la rencontre humaine, à la relation avec la nature, plutôt qu’à produire et consommer. Limiter la monnaie, c’est réduire la capacité financière d’exploiter. Ce serait une politique de décroissance post-keynésienne, dans le sens où elle agirait sur le budget et la monnaie mais viserait à réduire la demande plutôt que de l’augmenter. Une autre piste consiste à remplacer les monnaies existantes par des monnaies alternatives locales. Les politiques de décroissance réduisent les infrastructures dédiées à la production et à la consommation, par exemple les infrastructures de transport. De manière très concrète, il faut diminuer les incinérateurs, les aéroports, les autoroutes, les lignes haute tension, les infrastructures touristiques, etc. Il s’agit de promouvoir des infrastructures basées sur le local.

Les droits de propriété sont des droits à exploiter. Il faudrait donc réduire les droits de propriété sur le biologique, le sol et les minéraux ainsi que la capacité à exploiter. Par ailleurs les droits de propriété sont des freins à la mutualisation de nombreux biens et donc à la satisfaction individuelle et collective des besoins. L’information sur l’effet rebond doit être diffusée ; cette sensibilisation peut en réduire l’ampleur. Favoriser une prise de conscience impliquerait évidemment d’imposer des restrictions à l’industrie de la publicité. Il s’agit globalement de promouvoir la communication et la compréhension mutuelle et de réduire la dépendance extrême au confort, la peur de la nature, la non-compréhension des conséquences de nos actions. Limiter l’incitation à la production et à la consommation liée aux inégalités nous invite à explorer les solutions telles que le revenu maximal, le revenu minimal inconditionnel, la remise en question du secret bancaire et fiscal. Bien sûr cela passe par l’exploration de toutes les possibilités liées à la réduction de l’échelle des salaires et à la valorisation du travail bénévole. (François Schneider) 

Payer en billets cash ou par carte bancaire ?

Damnation, la peur non fondée de la transmission du coronavirus par l’intermédiaire des pièces et billets a favorisé l’accélération des paiements digitaux. Cela facilite l’évolution mortifère vers une société sans argent liquide. Un tiers environ des billets en euros « partent à l’exportation », parce que l’euro, comme le dollar, constitue, en tant que monnaie stable, un instrument de thésaurisation, notamment en Afrique, en Russie, en Europe orientale ou au Moyen-Orient. Un autre tiers des billets imprimés est conservé sous le matelas en Europe. Enfin le dernier tiers sert à payer, mais cette part « évolue à la baisse ». Pour LE MONDE, « Il n’y aura pas de retour en arrière » : « Le cash était déjà sur une pente descendante. Au milieu des années 2000, les paiements en espèces soutenaient un cinquième du PIB, l’an prochain ce sera un septième. » L’innovation pour l’innovation se déchaîne, carte bancaire biométrique avec capteur d’empreintes digitales, cryptomonnaies et bitcoin, projet commercial Libra de Facebook, etc. Les afficionados du langage binaire suivent la mode. Mais l’argent liquide ne va pas disparaître brutalement, les populations fragiles n’ayant souvent pas d’autres moyens de paiement que le cash . La Banque de France a dû rappeler à des commerçants que les espèces bénéficiant du cours légal en France, elles ne pouvaient pas être refusées.

Nous n’avons pas besoin de carte bancaire. Comme le portable, c’est signe de l’informatisation forcenée de notre société. Les pièces et billets était un système qui avait atteint son degré de maturité. Les échanges étaient de fait plus limités, le capital et le travail ne pouvaient que difficilement s’exporter dans les pays étrangers. Avec le chèque, la dématérialisation de la monnaie était arrivée à un point tel qu’elle permettait déjà toutes les dérives financières. Les échanges étaient simplement indiqués dans des lignes de compte au niveau bancaire, non tangible pour l’utilisateur, non contrôlable. Les banques sont capables de créer de la monnaie ex nihilo, à partir de rien, de faire crédit à des entreprises insensées comme les placements pourris qui ont conduit à la crise des surprimes en 2008. Jetons nos cartes bancaires en 2021et gardons nos billets. Ce n’est pas revenir au troc, à l’or ou à l’argent, c’est revaloriser une monnaie fiduciaire en laquelle il fallait faire confiance, mais qui ne profitait pas aux marchés financiers !

Revenir aux années 1960, sans portable ni carte bancaire, c’est revenir à une époque où les États et les ménages ne croulaient pas sous les endettements… En tant qu’écologiste, il nous faut penser à l’ancienne, ni portable, ni GPS, ni carte bancaire. La simplicité volontaire contribue à la réduction de notre poids sur la planète. Mais l’exemplarité d’une minorité ne sera suivi que quand les gens y seront obligés… comme ils sont obligés aujourd’hui à ne pas se passer de carte bancaire. Il n’y a jamais d’évolution linéaire sur le long terme, il y a aussi des retours en arrière. En effet les gens seront inéluctablement obligés d’en revenir aux pièces et aux billets. La raréfaction des hydrocarbures et autres ressources naturelles montreront à tous dans l’avenir qu’il nous fallait ressentir les limites de la planète et l’exprimer dans notre mode de vie. On se passera d’électricité, du moins pour une très grande part, et les serveurs de nos monnaies électroniques dépériront en période de descente énergétique jusqu’à en mourir. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 mars 2017, La menue monnaie interdite par le tout électronique

14 juillet 2016, dématérialisation, histoire de la catastrophe monétaire

L’économie circulaire, une vraie entourloupe

« Une grosse partie des déchets n’est pas recyclable. Prenons une simple canette : il y en a en acier, en alu, d’autres qui ont la paroi en alu et le culot en alliage. En tant qu’ayant fondée une start-up de l’économie circulaire pour recyclage des canettes, La Boucle verte, je me suis rendu compte qui’il y avait une telle complexité des modes de consommation, des matériaux, des filières de tri, de revalorisation, que c’était impossible d’arriver à l’objectif utopique de tout recycler. Par exemple 22 % des canettes finissent comme sous-couche routière à l’issue de leur incinération. De plus la canette consommée à Marseille doit partir à Strasbourg pour être refondue, ce n’est pas viable. Quand on voit qu’on n’est même pas capable de recycler parfaitement un emballage aussi basique, et que cela nécessite des filières lourdes à forte empreinte écologique, on se demande comment ce serait possible pour tous les objets bien plus complexes qui nous entourent. Un téléphone est composé de dizaines de métaux et de différents plastiques. Le recyclage d’une quantité toujours plus grande de déchets est une équation qu’on ne peut pas résoudre. Il faut arrêter de se mentir en se disant qu’on va trouver une énième solution qui va sauver la planète. Vouloir résoudre un problème qui a trouvé sa source dans la technologie par une nouvelle technologie, c’est une complexification sans fin du système. On devra détechnologiser progressivement pour utiliser des techniques simples, déjà éprouvées, avec de faibles impacts sur l’environnement. Chacun devra faire des efforts, mais c’est vital. Sinon le confort, on le perdra quand on se prendre un effondrement écologique.J ’ai perdu la foi en une croissance verte, maintenant je suis partisan d’une décroissance choisie ; c’est la seule manière de faire de la vraie écologie. » (Charles Dauzet, interviewé par le mensuel La Décroissance de juin 2020, extraits)

Bibliographie

2010 2010 Quel futur pour les métaux ? Sous la direction de Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon

2011 Cradle to cradle (du berceau au berceau ou créer et recycler à l’infini) de William McDonough et Michael Braungart

2014 L’âge des Low tech (Philippe Bihouix)

Pour en savoir plus sur l’économie circulaire grâce à notre blog biosphere :

24 septembre 2013, économie circulaire, écologie industrielle, un leurre

Dans leur livre Cradle to cradle (du berceau au berceau ou créer et recycler à l’infini), les auteurs espèrent qu’un jour tout ce que l’humain peut produire pourra littéralement être mangé ou tout au moins digéré sous forme d’humus, éliminant ainsi jusqu’à la notion même de déchets. C’est l’économie circulaire de « l’écologie industrielle ». Notons pourtant que William McDonough et Michael Braungart définissent une éco-bénéficience sans jamais donner de moyens sérieux pour la réaliser… Ils travaillent pour les grandes entreprises et rêvent de moquettes et de pérennité de la voiture individuelle !

2 mars 2016, Pour une stratégie industrielle circulaire et fonctionnelle

Nicolas l’a dit : « En lieu et place d’une économie « linéaire » qui, d’un même mouvement épuise les ressources et accumule les déchets, c’est vers une économie « circulaire » (selon l’appellation germanique) qu’il faut s’orienter, en cherchant à rapprocher nos écosystèmes industriels du fonctionnement quasi cyclique des écosystèmes naturels. L’ambition industrielle s’inverse : elle ne consiste pas à produire pour produire, mais à réduire, récupérer, réutiliser, re-fabriquer et recycler les productions. Il y a transformation des déchets en ressources et les matières utilisées en matières premières. Il faut sortir de l’ère du jetable et du gâchis… Ouvrir ce chantier, l’encadrer, le planifier et le mener à son terme n’ira pas sans imposer des contraintes réglementaires. (Le pacte écologique de Nicolas Hulot, 2006 »

24 avril 2018, Économie circulaire, on en parle, on le fera peut-être

Nicolas Hulot l’a (presque) fait, douze ans plus tard ! C’est le premier ministre en personne, accompagné de Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’écologie Nicolas Hulot, qui a présenté la feuille de route de ce modèle économique qui veut rompre avec l’ère du « fabriquer, consommer, jeter ». Les cinquante mesures reprennent les anciennes, tendre vers 100 % de plastiques recyclés en 2025 », réduire de 30 % la consommation de ressources ou encore créer jusqu’à « 300 000 emplois supplémentaires » dans l’économie circulaire… JEROME GONSOLIN sur lemonde.fr : « Je vois mal comment ces mesures peuvent produire les objectifs affichés: « mieux informer », « valoriser les déchets », « simplifier les règles de tri »…, tout ça n’agit en rien sur le volume de déchets ! J’étais à McDo ce midi, pour un menu à 5,3 € on produit un emballage de hamburger, un gobelet avec couvercle+paille, un sachet pour frites, un set de table, et avec les divorces tous les parents qui ont la garde de leurs enfants et la flemme de faire à manger sont venus polluer… et moi aussi !« 

14 décembre 2009, Économie, l’art de réduire les dépenses

La fable de l’économie telle que l’expose la quasi-totalité des manuels de sciences économiques en fait un système circulaire d’échanges de valeurs entre la sphère des entreprises et la sphère des ménages. C’est un système conceptuellement clos, une sorte de machine intellectuelle réalisant le mouvement perpétuel à l’intérieur d’un grand parc aménagé pour la satisfaction à court terme des plus riches, et pour le plus grand malheur de tous à moyen terme. Mon petit Larousse me dit : «  Economie, Art de réduire les dépenses » ou « ce que l’on ne dépense pas ». Ce sens traditionnel a malheureusement  été bien oublié au profit d’une économie de croissance qui a épuisé la biosphère.

Ecolomaniak déconfine ses deux poules

Ma vie en période de confinement a été comme à l’ordinaire, bien employée et proche de la nature. J’aimerais que tout le monde puisse passer ses vieux jours dans les conditions qui sont les miennes, à la campagne, au milieu de ses poules, de ses fleurs, de ses arbres fruitiers et du potager d’où on peut contempler tout autour la forêt. Plus je vieillis, plus je pense que la ville est une invention du diable… et la pension de retraite une incitation à se mettre au rythme de la nature et au service de la collectivité. Je me lève assez tard, je l’avoue, pour un petit déjeuner eau/chicorée. Puis j’ouvre mon ordinateur pour plonger dans le télétravail. Participer à des associations écologistes et à un parti politique environnementaliste, ça occupe de longues heures. J’arrive au déjeuner, mes deux poules ont fourni l’essentiel du repas, leurs œufs. Et au dessert nos framboises sorties du congélateur (un luxe non durable), les dernières, les nouvelles arrivent mais pas en très bon état cette année. Je prépare la pâte à crêpe pour le soir, le lait est issu de la ferme d’à côté. Privilégions les circuits courts nous dit-on avec raison. mais tout le monde n’a pas le privilège de résider à la campagne…

Petite précision, hier j’ai déconfiné mes deux poules pondeuses. Je leur avais fabriqué un enclos de 30 m², elles ont maintenant le droit de circuler dans le verger, 2500 m². Elles ont l’air plus heureuse, moi aussi j’ai besoin d’espace pour parcourir la nature. Rappelons que le chiffre 3 sur une boîte d’œufs signifie un élevage en cage avec 18 poules au mètre carré. 18 poules ! J’ai pourtant lu qu’une poule a besoin au minimum de 0,5 mètre carré dans le dortoir et d’au moins 1 mètre carré dans la zone de promenade. Élevons des poules au grand air, tout le monde s’en portera mieux.

En début d’après-midi, je joue au piano, chacun à son passe-temps et mieux vaut martyriser un instrument de musique que taper sur sa femme en période de (dé)confinement. Ensuite c’est le travail au jardin, des cerises à ramasser en haut du cerisier de la vieille voisine, quelques plants de tomates à repiquer, la vie proche de la terre comble largement les vides de l’existence. En fin d’après-midi je me lance à bicyclette sur les chemins avec ma compagne, nous allons parcourir plus que les 4 à 8 km journaliers que nous nous étions imposés pour garder la forme ces deux derniers mois de mise en résidence surveillée. Personne dans les bois pour nous verbaliser alors que nous dépassions largement le kilomètre imparti pour les urbains… chut ne nous dénoncez pas. Le soir arrive, j’ouvre à nouveau mon ordinateur, militantisme écolo oblige pour un Ecolomaniak qui se respecte… c’est quand même mieux que s’affaler devant la télé !

NB : si vous voulez être publié, envoyez votre histoire d’Ecolomaniak à biosphere@ouvaton.org, merci. (3000 caractères maximum)

Plutôt mourir que donner du fric à Renault

Un prêt public bancaire de 5 milliards d’euros prévu pour Renault. Encore de l’argent gaspillé ! Pour obtenir l’aide de l’Etat, le constructeur automobile doit s’engager « dans trois directions : le véhicule électrique, le respect de leurs sous-traitants et la localisation en France de leurs activités technologiquement les plus avancées », dixit le ministre français de l’économie. Rien sur l’écologie ! Bruno Le Maire ajoute sans rire : « Toutes les aides que nous apportons aux entreprises doivent être orientées dans deux directions : la décarbonation de l’économie française et l’amélioration de sa compétitivité. » Déroutant oxymore ! Étonnant que les politiques ne parlent pas du nécessaire dévoiturage, l’abandon de la voiture individuelle qui épuise les ressources fossiles et nous procure un réchauffement climatique de moins en moins délicieux. Sauvegarder l’emploi n’est rien quand cela se fait au prix de la détérioration des conditions de vie sur cette petite Terre. La voiture électrique ne résout rien, l’électricité est une énergie qu’il faut fabriquer dans des conditions non durables pour permettre la voiture électrique pour tous. Nous dilapidons l’argent public pour la voiture, l’avion, des secteurs sans avenir. Notre système thermo-industriel a bien obligé les paysans à quitter la terre, pourquoi on ne convertirait pas les travailleurs de l’automobile en paysans  ? Une agriculture non industrialisée a besoin de bras, de beaucoup de bras…

Pour en savoir plus sur le dévoiturage, lire sur notre blog biosphere :

5 juin 2019, Nous n’en poumons plus, vite le dévoiturage !

Extrait : La loi d’orientation des mobilités (LOM) est discutée par nos députés depuis le 3 juin. Le projet inscrit dans la loi l’interdiction en 2040 de la vente des voitures utilisant des énergies fossiles (pétrole, essence, GPL, GNL)…

16 septembre 2019, Le salon de l’automobile en accusation

Entre 15 000 et 25 000 manifestants, la plupart en vélo, ont défilé samedi 14 septembre à Francfort à l’occasion du salon international l’automobile. Le slogan « des sous, des sous » est remplacé par des évidences, « On ne peut pas remplacer nos poumons », « Le salon de l’automobile représente le siècle passé », « On n’en veut plus de ces gros SUV  »..

22 février 2019, LE MONDE est l’otage des lobbies automobiles

Extrait : Normal de pleurer sur la fin de la civilisation automobile, LE MONDE est victime de la nécessité de recettes publicitaires dont une grande partie provient du lobby automobile. Dans le numéro de mardi dernier, la dernière page en son entier est un hymne à Peugeot, « Motion & émotion » ! Un tiers de la page 7 pour la Nouvelle classe C coupé (jusqu’à 228 g de CO2 au km !). Sans oublier la rubrique habituelle « Styles » consacrant toute la page à l’automobile, ici la Toyota hybride…

18 janvier 2019, La voiture demain, économique, propre, omniprésente ?

Extrait : Économique, connectée, propre, la voiture de demain sera au cœur de la vie quotidienne des citoyens de demain, estime Serge Clemente dans LE MONDE*. Un tel point de vue est si irréaliste qu’il en est comique. Il est vrai que pour quelqu’un dont le métier est de vivre de l’automobile, le point de vue est biaisé. Comme on disait dans les années1970, la bagnole ça pue, ça pollue et ça rend con…

18 octobre 2017, La chasse aux automobilistes est ouverte, feu à volonté

Extrait : Pour un écologiste, c’est à la déconstruction du monopole de la bagnole qu’il faut travailler, le dévoiturage doit être massif. Déjà en 1974, le candidat écolo à la présidentielle René Dumont s’exprimait ainsi : « Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde…

10 juillet 2017, Une société sans voitures à essence est-elle possible ?

Nicolas Hulot a présenté le 6 juillet 2017 un plan climat : « Ce n’est pas un sujet qui spontanément passe toujours au premier plan dans l’écran radar. Notre responsabilité, c’est de faire que ce sujet prime sur tous les autres. » Il annonce la fin de la commercialisation des voitures roulant à l’essence ou au gazole en France d’ici 2040. Un gouvernement adepte du dévoiturage, je demande à voir ! En fait il s’agit d’abord de relancer la machine à fabriquer encore plus d’automobiles…

9 mai 2017, Adieux à l’automobile, le dé-voiturage en marche

Extrait : Une fois encore, nos gouvernements font preuve de manque de vision ; on répare les infrastructures routières qui se détériorent, on cherche les moyens de diminuer les bouchons de circulation, on encourage le remplacement des moteurs à combustion par des moteurs électriques… Bien évidemment, avec la fin du pétrole bon marché, l’ère de l’automobile s’achève et il faut dès maintenant repenser notre civilisation sur un autre modèle…

29 février 2016, Dévoiturage : l’urgence de sortir du tout routier

Extrait : Moteur du dynamisme économique et de la mobilité individuelle, le trafic routier se présente en même temps comme une des causes principales du fameux effet de double ciseau : raréfaction de la ressource pétrolière d’une part et aggravation de l’effet de serre d’autre part…

27 avril 2015, Pourtant il faudra bien un jour se passer de voiture

Extrait : Pic de pollution en Ile-de-France*. Pourtant la ministre socialiste Ségolène Royal refuse des mesures de restriction du trafic routier contre l’avis des élus locaux : « Empêcher quelqu’un de prendre sa voiture, c’est une mesure privative de liberté (…). Personne ne peut ni imposer, ni vociférer, ni exiger »…

Plutôt mourir du coronavirus plutôt qu’intubé

Des contaminés qui arrivent à l’hôpital déjà cyanosés, crachant une mousse sanguinolente. Des gens atteints d’œdème pulmonaire aigu, dont l’état se dégrade à toute vitesse et que l’on intube à même les couloirs. Nous sommes en 1968-1970, la grippe de Hongkong frappe une partie de la planète ; le virus H3N2 fera au moins 1 million de mort, en France sans doute plus de 30 000 morts. Au 13 mai 2020, la Covi-19 a fait moins de 300 000 morts au niveau mondial, moins de 30 000 morts en France. En 1968, on minimise : «  La symptomatologie de cette grippe parait bénigne et, si l’on prévoit l’extension rapide et très large de cette épidémie, il ne semble pas cependant qu’elle doive prendre un caractère de quelconque gravité (LE MONDE du 11 novembre 1968). » En 2020 on confine la presque totalité des habitants de la planète. La mise en scène par les médias actuels d’une pandémie comme il y en a eu bien d’autres exacerbe les réactions socio-politiques. On passe d’une dramatisation à une autre, hier les attentats terroristes, aujourd’hui la pandémie, demain ce sera autre chose. La particularité de la société thermo-industrielle, c’est l’hubris, la démesure anti-nature qu’il nous faut combattre. Prenons l’exemple du passé.

Le 17 décembre 1969, une note au directeur général de la santé informe que le département du Tarn, très touché, enregistre 25 % de malades dans les familles, 30 % d’absents dans les écoles, 20 % dans les administrations, 17 % dans l’industrie, 18 % dans les autres secteurs d’activité. « L’épidémie de grippe qui s’étend, comme chaque année, sur l’Europe n’est ni grave ni nouvelle »*, lit-on pourtant dans Le Monde du 18 décembre 1969. L’État n’entreprend rien pour freiner l’épidémie, la grippe, c’est ce que tout le monde attrape. Personne ne connaît le nombre exact de victimes, on ne disposait à l’époque d’aucun outil de surveillance épidémique en temps réel. De toute façon la plupart des gens en 1968 considéraient qu’il était normal de mourir de quelque chose. Les accidents de la route et le tabac faisaient un carnage sans que la population s’en émeuve. Aujourd’hui le rapport à la mort a changé, il devient intolérable de mourir de façon naturelle, on pratique l’acharnement thérapeutique, les transhumanistes rêvent de nous voir vivre 1000 ans et les militaires veulent pratiquer la guerre zéro morts. Les progrès techno-scientifiques nous ont fait perdre tout sens de la limite. De toute façon il faut bien mourir un jour, autant que ce soit en bonne santé et non pas transpercés par des tuyaux reliés à des machineries.

Acceptons la mort qui vient au nom de la sélection naturelle, et sur nos directives anticipées rajoutons le refus de l’intubation et de la ventilation artificielle. Mieux aurait valu politiquement miser sur l’immunité collective et ne pas se lancer dans des confinements à répétition. Il faut à un moment et à d’autres donner des limites à la mainmise de la techno-science sur nos existences. Voici quelques lectures complémentaires sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

24 avril 2020, Soyons courageux, attrapons le SARS-CoV-2

7 avril 2020, Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

7 avril 2020, objectif du confinement, l’immunité collective

3 avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

26 mars 2020, Covid-19, le « droit à la vie » est relatif

14 mars 2020, Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

25 février 2020, Coronavirus : pandémie et sélection naturelle

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

* https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/11/qui-se-souvient-encore-de-la-grippe-de-hongkong_6039258_3224.html

Post-covid, pour une société sans école

La rentrée scolaire post-confinement va se dérouler en plusieurs phases, à partir du lundi 11 mai. Ni les modalités, ni les raison n’en sont claires. Emmanuel Macron dixit : « L’école des parents, c’est gentil, mais on ne peut pas continuer comme ça, sinon ça voudrait dire que les profs sont inutiles… Pour faire redémarrer le pays, on n’a pas le choix : l’économie ne peut repartir avec les seules personnes qui n’ont pas d’enfants. (Le Canard enchaîné du 29 avril 2020) » Edouard Philippe : « Chaque mois d’école perdu est un énorme problème social. Avec le déconfinement scolaire, il faut garantir la réussite éducative des élèves, notamment les plus vulnérables d’entre eux, dont la scolarité souffre terriblement du confinement. (LE MONDE du 30 avril 2020) »

Nos dirigeant ne saisissent pas la réalité. L’école des parents est essentielle dans la formation cérébrale, c’est elle qui formatera par la socialisation primaire des personnalités actives ou passives. L’école, attachant les élèves à leurs chaises pendant des années et des années, n’est qu’une création du système thermo-industriel qui a chassé les paysans de leurs terres et rendu l’école obligatoire pour trouver du travail ailleurs, « en sachant lire, écrire et compter ». Les profs ne sont utiles que pour la pérennité d’une orientation professionnelle qui trie les élèves vers les métiers annuels pour ceux qui ne sont pas jugés aptes aux études longues. Faire revenir les enfants des classes défavorisées à l’école ne règle pas du tout le problème des inégalités sociales, un enfant inadapté à enseignement à distance pendant le confinement restera inadapté à l’enseignement présentiel. L’enfumage gouvernemental révèle pourtant son argumentation première, séparer enfants et parents pour que la vie économique puisse repartir comme avant. Du point de vue des écologistes, la simplicité volontaire c’est refuser l’école car à quoi bon apprendre à lire et à écrire à des gens qui resteront soit passifs consommateurs gavés de pubs et de spectacles, soit adaptés à écraser leurs rivaux dans un système concurrentiel ? Un analyste subtil et profond de la société thermo-industrielle, Ivan Illich, a publié en 1971 un livre intitulé une société sans école : « Les sociétés attachées à la scolarisation universelle et obligatoire insistent sur une entreprise frustrante et toujours plus insidieuse qui multiple les ratés et les infirmes. L’institution tenue pour sacrée légitime un monde où la grande majorité des individus sont stigmatisés comme recalés tandis qu’une minorité seulement sortent de ces institutions avec en poche un diplôme qui certifie leur appartenance à une super-race qui a le droit de gouverner. L’apprentissage est vu comme le fruit d’un enseignement par des maîtres professionnels et comme un curriculum, littéralement une course. La scolarisation fait office de portier à l’entrée des boulots ; or le marché du travail disparaît. Une petite anecdote éclairera mon propos. Il y a vingt ans, quand j’écrivais les essais réunis dans Une société sans école, j’ai appris avec stupéfaction que la direction sanitaire de la ville de New York excluait les boueux qui n’avaient pas leur baccalauréat ! L’obsession de notre société qui oblige les enfants des bas quartiers (et du Tiers-monde) à fréquenter les écoles des bas quartiers est une cruauté absurde. » D’un côté les sur-diplômés, de l’autre les exclus. En France pour être instituteur dans les années 1960 on pouvait passer le concours à la fin de la troisième, puis on a exigé le baccalauréat, puis deux années de licence et maintenant une maîtrise, tout ça pour apprendre à des enfants à lire, écrire et compter.
Pour Marcel Gauche, il ne s’agit pas de bien vivre même si on est analphabète, mais de s’adapter à une société complexe et en compétition avec les autres sociétés  : « Le plus grave, c’est l’incapacité du système scolaire à assurer à tous l’acquisition des savoirs élémentaires. Le lire-écrire-compter est vital pour les enfants du XXIe siècle pris individuellement, mais aussi pour la cohésion de notre société et la compétitivité du pays.  (LE MONDE du 22 mars 2013) » Nous préférons l’analyse de Marie Duru-Bellat*, Pour une vision écologique de l’école : « Au début des années 70, Ivan Illich, théoricien de l’écologie politique, publiait « Une société sans école ». Il y poursuivait la construction d’une théorie critique de la société industrielle et de sa logique du « toujours plus ». Quarante ans plus tard, la pensée illichienne est plus que jamais d’actualité. Les questions d’éducation sont posées d’une manière qui reflète fidèlement le fonctionnement social et économique que l’écologie dénonce : plus, c’est forcément mieux, avec à la clé une « politique de l’indice » (50 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur par exemple) sans retour réflexif sur une mise en avant des bénéfices individuels… L’école est victime d’une logique de compétition. Rejetant cette dérive, une perspective écologique amène à repartir de la question élémentaire : pourquoi et à quoi éduquer? Or, en se limitant à l’insertion dans une vie qui n’est que professionnelle, l’école freine la compréhension transversale et multidimensionnelle des enjeux du long terme. L’école apprend-t-elle à travailler avec les autres, au-delà de leur niveau de réussite scolaire qui les transforme tous en concurrents ? L’école apprend-elle à se situer dans l’environnement, à mieux interagir avec le reste de la nature ? On y apprend qu’apprendre se fait par l’entremise de contenus abstraits dispensés par des adultes qui ne se définissent pas avant tout comme des éducateurs mais comme des spécialistes d’une discipline. Les enjeux écologiques ne doivent plus être traités de manière cloisonnée. Voici quelques directions à prendre :

–          Faire entrer à part entière l’enseignement de la coopération dans les matières enseignées.

–          Assurer des passerelles entre les formations et supprimer la hiérarchisation des métiers.

–          Placer les activités manuelles, indispensables à l’équilibre général des compétences, au cœur des programmes.

–          Mettre au cœur de l’enseignement des enfants, la connaissance, la compréhension, l’interaction avec la Nature.

–          Enseigner les cycles du vivant et la dépendance de l’être humain à la Nature.

–          Favoriser l’épanouissement des enfants, leur estime d’eux-mêmes et une véritable autonomie, gage de sécurité.

–          Former les enseignants aux savoirs-être et à la coopération.

–          Développer l’éducation à la parentalité, tout au long de la vie des parents.

–          Mettre en place un système d’évaluation progressif et favorisant l’estime d’eux-mêmes des élèves

* http://www.huffingtonpost.fr/marie-durubellat/ecole-ecologie_b_2867078.html