Claude Allègre n’est qu’un saltimbanque

Claude Allègre va encore râler, lui qui est à classer parmi les négationnistes (négateurs) du réchauffement. En effet, depuis environ un siècle et demi que les températures sont régulièrement relevées, aucun décennie ne s’est révélée plus chaude que 2000-2009. Et l’année 2010 pourrait battre tous les records malgré un soleil en faible activité (LeMonde du 29 décembre). Pourtant Allègre se permettait de dire dans le Figaro magazine du 28 novembre que les climatologues, gens « scientifiquement pas sérieux », se consacrent à la modélisation « sans aucune considération pour l’observation » et qu’« il faudrait un grand plan spatial pour améliorer nos connaissances sur l’atmosphère et l’océan, car il n’y a plus de grandes missions sur le climat depuis vingt ans ».

Un démenti cinglant lui ait apporté par Jacques Blamont, conseiller du président du CNES (centre national d’études spatiales) dans le Figaro magazine du 24 décembre : « De nombreux instruments portés par des satellites fournissent quotidiennement les bases de la discussion en cours sur le climat. La constellation de cinq satellites A-Train (2004) étudie els nuages et les aérosols ; les glaces polaires sont connues grâce aux images de EOS, Envist et DMSP, et aux mesures de gravité de Grace et Goce ; le niveau des mers par Topex-Posédion, Jason I et II ; les variations spatio-temporelles des émissions des gaz par Iasi, OCO et Gosat ; la salinité de la surface océanique par Smos, lancé il y a peu. Le cycle de l’eau sous les tropiques sera étudié par Megha, et j’en oublie. A partir des données recueillies s’élaborent des modèles qui tentent de traduire la complexité des phénomènes. Contrairement à ce qu’affirme l’ex-ministre (qui, lorsqu’il était au gouvernement, a diminué les crédits du CNES deux années de suite), la communauté scientifique et ses agences spatiales assurent aujourd’hui le programme mondial de recherches climatiques qu’exige la situation. Il est constitué d’une quantité de missions, déjà fort coûteuses, loin de l’idée d’une « grande mission », bonne pour les tréteaux médiatiques. »

Malgré la qualité de cette intervention, Le Figaro magazine donne la parole à Jacques Blamont uniquement dans le « courrier des lecteurs ». Et Claude Allègre conserve les faveurs du Figaro, média qu’on peut donc classer parmi les climato-sceptiques. En effet, dans ce même numéro du 24 décembre, le dossier «  2000-2010, Dix révolutions qui ont changé notre vie », privilégie encore Allègre sous la rubrique « L’éveil de la conscience verte » : 

Nicolas Hulot est qualifié de « très alarmiste sur le réchauffement climatique », et dénigré sciemment : « On lui reproche le mélange des genres et un certain affairisme ». Al Gore, n’est que « l’ex-vice-président de Bill Clinton », qui « milite activement contre le réchauffement climatique », mais « à contre-courant de l’opinion américaine » ! Par contre Allègre est entièrement valorisé : « Ancien directeur de l’institut de physique du globe, Claude Allègre est à ranger dans le camp des climato-sceptiques. Pourfendeur des théories d’Al Gore, il dénonce sans relâche la menace d’une dictature des khmers verts. L’imposture climatique  sera le titre de son prochain ouvrage. »

 Qui se ressemble s’assemble, Figaro-Allègre même combat contre la planète !

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17 réflexions sur “Claude Allègre n’est qu’un saltimbanque”

  1. Pour ceux qui croient encore que les sceptiques sont payés par le lobby pétrolier et par Exxon Mobil en particulier, je conseille la lecture suivante :
    http://newsoftomorrow.org/spip.php?article6985

    Et puis je leur conseille de se renseigner sur les intérêts que Monsieur Al Gore a dans une bourse de droits d’émission de carbone.

    Monsieur Biosphère fait partie de la foule des grands naïfs qui accordent confiance aux articles de la maison « Foucart, Huet, Bouvard et Pécuchet, Farces et Attrapes, Mensonges en gros et au détail. »

  2. Branque aurais été en effet plus correct en fait pour qualifier Allègre et ses groupies (comme M.Courtillot, qui fait rigoler bien du monde tant son incapacité à analyser n’avait d’égale que çà capacité à inventer des données qui l’arrangeait, sans bien sur le moindre modèle).
    Incapables de développer le début du commencement d’une théorie… quand ils s’y essaient çà donne çà :
    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/02/soleil-et-clima.html
    extrait :
    « L’explication détaillée par Vincent Courtillot de l’histoire de ces erreurs est instructive puisqu’elle suppose que Kossobokov, encadré par rien moins que l’actuel et un ancien directeur de l’IPGP, aurait été incapable de se procurer une courbe des températures moyennes du globe et une courbe d’irradiance solaire. Il aurait donc bricolé à partir de données incomplètes… mais en prétendant qu’elles l’étaient avec des titres erronés.  »
    Bref : quand ces branques auront des modèles au lieu de faire du bricolage, ils pourront peut-être être pris au sérieux.
    Evidement, çà, çà passe au-dessus de la tête des supporters de base.

  3. En leurs temps Galilée, Darwin, Wegener et Einstein ont du aussi être traités de saltimbanques ….

  4. Nous recevons des commentaires humoristiques du comité de défense de Claude Allègre dont nous vous récapitulons l’essentiel :

    Alexandre : Vite un buchet ! Mais que fait l’inquisition !!! (…) Dans le monde parfait des talibans verts, toutes les informations seraient contrôlées et seules celles conformes au dogme seraient publiées.

    Sharp : L’auteur de ce blog est sans aucun doute devait sévir jadis a la Pravda.

    Teddy : Vous ironisez sur le terme de “khmers verts”. Avant de vous lire, je trouvais également l’expression exagérée. Elle est finalement bien choisie.

    Laurent Berthod : Monsieur Biosphère démontre son absolue incompétence scientifique. Outre un Khmer vert c’est un zéro.

    Voici notre réponse : Traiter ses adversaires conceptuels d’inquisiteurs (le bûcher), de talibans verts, de staliniens (la Pravda), de khmers verts, etc. manifeste la faiblesse argumentaire des négationnistes (ou négateurs, ou climato-sceptiques) du réchauffement.

    Quel est donc l’intérêt poursuivi par ce groupe de personnes qui attaquent de façon concerté sur ce blog les résultats du GIEC ? Sont-ils au service de Claude Allègre, des lobbies pétroliers, ou des deux à la fois ?

    Nous rappelons les propos de Corinne Lepage : « La cupidité des climato-sceptiques, l’esprit de rentier, et pour certains le simple ego, l’emportent sur tout, y compris leur simple intérêt d’être humain, responsable, ne serait-ce qu’à l’égard de leur propre famille. »

  5. « Finalement les mentalités n’ont pas tellement évoluées depuis Galilée. »
    Mais Galilée lui au moins il avait des arguments à faire valoir.
    Il n’arrivait en disant : je m’appelle Galilée, ce que vous dites c’est du caca.
    Comme le fait Claude Allègre régulièrement…

  6. Un commentateur nous demande :
    « De grâce, cesser d’utiliser le mot “négationniste” il a un sens précis qui n’est pas celui que vous lui donnez. »

    Nous répondons à cette demande :
    On pourrait dire que l’emploi du mot « négationniste » est un procédé détestable car il renvoie au fait de nier l’élimination du peuple juif pendant la seconde guerre mondiale. Il s’agirait donc là de l’emploi d’un mot qui tente de discréditer injustement un contradicteur. Pourtant, en matière de climat, le terme « négationniste » n’est pas assez fort car ce n’est pas un peuple particulier qu’on agresse, c’est la Biosphère tout entière, tous les êtres vivants, les humains compris bien sûr (nous nous ferons des « guerres climatiques »).

  7. Donc on peut penser ce qu’on veut sur le réchauffement climatique, mais il ne faut rien en dire et surtout ne pas en parler dans les média.
    Dans le monde parfait des talibans verts, toutes les informations seraient contrôlées et seules celles conformes au dogme seraient publiées.
    Et ceux qui ont le toupet de dire ce qu’ils pensent ?
    On va les enfermer ?
    On va les faire abjurer ?
    Finalement les mentalités n’ont pas tellement évoluées depuis Galilée.

  8. L’accident climatique
    Il a été constaté que le moyen age a été une période précurseur d’une évolution naturelle et cyclique d’un des nombreux réchauffements climatiques que notre terre a connu.
    Le constat a été fait à cette période de l’accès au nord du continent américain par les peuples du nord de la Norvège et du continent asiatique grâce aux passages créés par ce réchauffement.
    Le climat actuel n’est que le rétablissement d’un palier naturel du réchauffement suite à un palier constaté entre le 16ème et le 18ème siècle qui peut être considéré comme une mini glaciation.
    Les émissions de co2 restent exceptionnelles pour le 19ème et de 20éme mais sont elles l’origine d’une accélération et une composante supplémentaire ? Il reste que ce paramètre n’est pas encore établi car il y a eu plus d’émissions de co2 dans le passé et la corrélation avec le climat n’a pas pu être établi.

  9. Evidement un type « qui ne pense pas comme les autres » c’est séduisant.
    Sauf que M.Allègre ne pense pas mais alors pas du tout.
    Il agit par réflexe et surtout surtout n’a strictement aucune compétence en climatologie,
    Au fait quels sont ses arguments ? A part se présenter étant contre, j’entends.

  10. Il y a des scientifiques qui ne pensent pas comme les autres. Et c’est très bien.
    Et il y a des politiques qui se font passer pour des scientifiques. Et c’est moins bien.
    C’est le cas de Claude Allègre, grand démagogue s’il en est. Si son fameux « on voudrait prévoir le climat à 50 ans mais on ne le connait même pas à 10 jours » vous paraît « intelligent », alors tant pis pour vous. La stupidité absolue et intégrale de cette réplique ne peut convaincre qu’un public du même niveau. Pour ceux qui hésiteraient encore, exemples : en janvier 2060, il fera à Paris plus froid qu’en juin 2060. Je le sais, même si j’ignore quel temps il fera alors. En 1750, il faisait plus froid qu’aujourd’hui en moyenne, mais ça ne signifie pas que je suis capable de dire s’il pleuvait ou neigeait s’il faisait froid le 29 décembre 1750. etc. La météo à 5 jours n’est pas l’évolution du climat à plusieurs années, et s’enraciner dans la croyance du contraire est assez inquiétant.

  11. Les références scientifiques de Monsieur Biosphère sont les articles des journalistes du monde ! Il démontre par là son absolue incompétence scientifique. Outre un Khmer vert c’est un zéro.

    Stéphane Foucart, intoxiqueur d’opinion publique N°1, de la maison « Foucart, Huet, Bouvard et Pécuchet, farces et attrapes ».

  12. Le livre de « réflexions » sur le réchauffement climatique de Serge Galam était éreinté par Le Monde du 8 octobre 2008 : « Ce physicien décrétait dans une tribune du Monde l’absence de certitude scientifique quant à la responsabilité humaine dans le changement climatique, fondant l’essentiel de son raisonnement sur des idées banales et des faits erronés. D’autres bévues demeurent dans le livre. De telles fautes trahissent une ignorance à peu près complète du sujet. Aucune référence scientifique précise n’est citée. La faiblesse rhétorique voisine avec l’outrance des commentaires. »

    Ce pseudo-spécialiste fait partie de ce qu’André Lebeau (in L’enfermement planétaire, 2008) appelle les négationnistes, ceux qui tendent à empêcher la prise en compte de la menace. Les négationnistes-scientifiques ont en commun deux caractéristiques : ils n’appartiennent pas à la communauté des climatologues, ce sont des spécialistes d’autres disciplines, et ils s’expriment non dans la littérature scientifique, mais directement dans les mass media, quotidiens en mal de lecteurs ou chaînes de télévision en quête d’Audimat.

  13. Heureux d’apprendre qu’à défaut d’être en mesure de contrôler les consciences, vous admettez qu’il puisse y avoir des convictions différentes des vôtres, pourvu qu’on leur interdise de s’exprimer.

    Vous ironisez sur le terme de « khmers verts ». Avant de vous lire, je trouvais également l’expression exagérée. Elle est finalement bien choisie.

    S’en remettre aux journaux pour éviter une querelle « sémantique » entre scientifiques ?
    La querelle n’est pas sémantique, elle est scientifique. Elle a lieu ailleurs. La presse ne fait que la relater.

    Et de grâce, cesser d’utiliser le mot « négationniste » il a un sens précis qui n’est pas celui que vous lui donnez.

  14. La lecture de ce blog est un veritable regal. Son auteur sans aucun doute devait sevir jadis a la Pravda. Quand on ne partage pas ses idees, forcement, on est un negationniste.

  15. La liberté d’expression personnelle des négationnistes n’est pas en cause, chacun peut croire ce qu’il veut du moment que cela reste dans la sphère privée.

    L’expression publique, par contre, est normalement contrôlée par les responsables de la médiatisation, livres, journaux, télévisions. Un comité de lecture ou un comité de rédaction fait un choix entre toutes les informations qui lui parviennent, il trie selon la pertinence de l’information. Mais le poids des lobbies de l’énergie, le goût du sensationnel, la lubie de croire qu’on doit donner la même importance à deux avis contradictoires et le choix politique d’une droite libérale par certains médias permet aux négationnistes d’avoir plus que la place qu’ils méritent, à savoir une simple brève ou un « courrier des lecteurs ».

    Dans une démocratie consciente, les responsables doivent savoir user d’un « droit de veto » quand les risques écologiques deviennent prépondérants. Mais comme il ne doit pas y avoir d’atteinte à la liberté de la presse, c’est aux journalistes d’user de leur capacité à trier l’information. S’ils ne le font pas, adieu la question écologique… car nous resterons enfermés dans des querelles sémantiques (« penser, croire ou laisser dire en discutant du pourquoi du comment », etc.).

  16. Bigre un scientifique qui ne pense pas comme les autres !
    Vite un buchet !
    Quel scandale que des journaux français le laisse s’exprimer.
    Mais que fait l’inquisition !!!

  17. A votre commenteur « biosphérique », pourfendeur de Mr Allègre, traduisant par sa note qu’une fois de plus le ridicule ne tue plus, je soumets à sa profonde méditation ce bon mot de Chateaubriand, je cite :
    « Il ne faut dépenser le mépris qu’avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux »

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