concept de biodiversité

Le terme biological diversity est récent, il n’est employé par Thomas Lovejoy qu’en 1980. Peu après le père de la sociobiologie, Edward Osborn Wilson, publie à l’automne 1985 un article qui connaît un retentissement mondial : The Crisis of Biological Diversity. Il souligne les enjeux et les implications d’un appauvrissement de la diversité biologique dans le domaine animal, végétal et microbien. Dans la lignée de ce texte fondateur, le National Research Council (organisme dépendant de l’Académie des sciences américaine) organise à Washington, en 1986, le premier forum américain sur la diversité biologique. À l’issue du colloque, les responsables du NRC suggèrent, pour l’édition des actes, d’utiliser la contraction « biodiversité », qu’ils jugent plus efficace médiatiquement que « diversité biologique » ; E.O. Wilson accepte. Sa conception devrait rester gravée dans nos mémoires : « L’humanité ne se définit pas par ce qu’elle crée, mais par ce qu’elle choisit de ne pas détruire. »

 

            Mais le désastre est en marche. Dans Regards sur la Terre 2008 (sous la direction de Pierre Jacquet et Laurence Tubiana), on parle de la destruction de la biodiversité comme d’une crise silencieuse : « Des gènes aux écosystèmes en passant par les espèces, tous les éléments de la biodiversité se détériorent. Bien que brutale et rapide, cette détérioration sans précédent de notre environnement échappe pourtant largement à l’attention de l’humanité ». Les travaux scientifiques suggèrent pourtant que les dégâts engendrés seraient comparables à ceux liés au réchauffement climatique. Nous n’avons pas beaucoup de temps pour que la préoccupation des experts devienne enfin la préoccupation de tous. La biodiversité est un bien public global ; dans les pays les plus pauvres, le capital naturel représente en moyenne 25 % de la richesse d’un individu, moins de 1 % dans nos sociétés riches et urbanisées ; les pauvres sont menacés. L’ensemble de l’humanité devra faire beaucoup d’efforts en vue de la préservation de la nature, sinon les riches subiront la vengeance des pauvres

 

L’équilibre des écosystèmes est donc menacé. Quelle sera la résistance des écosystèmes aux interférences humaines ? Quelle sera la réaction de la biodiversité face aux changements climatiques ? Il faudra bientôt choisir entre le rapport à la nature d’un écologiste néo-zélandais ou américain, marqué par l’idée que l’homme est avant tout un prédateur indigne, ou celui d’un Européen, pour lequel l’homme à travers l’agriculture peut aussi façonner les paysages. Les Européens, les occidentaux, devront faire beaucoup d’efforts en vue de la préservation de la nature, sinon ils subiront la vengeance de la Biosphère.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

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