COP24, une mascarade sur le climat, un échec avéré

Le constat : il est possible que nos sociétés industrielles, suite au déséquilibre des écosystèmes, se dégradent beaucoup plus rapidement que l’empire romain. Notre système socio-économique a en effet la caractéristique d’avoir tout interconnecté de manière rapide et homogène (la globalisation), ce qui accélère les dynamiques de ruptures catastrophiques. Il y a effets en chaîne, des cercles vicieux. Or les engagements pris lors de la COP21 en 2015 sont insuffisants, puisqu’ils mettaient la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3,2 °C – d’autant que les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont en hausse en 2018. Lors de la COP24, qui s’est tenue du 2 au 15 décembre, les 196 pays ne sont pas parvenus à s’entendre sur les règles d’application de l’accord de Paris conclu en 2015. Les discussions, très techniques, ont été freinées par une succession de confrontations et de blocages. On a « insisté sur l’urgence d’une ambition accrue »* sans donner de calendrier ! On fait comme si les conclusions catastrophistes du rapport du GIEC n’existaient pas.

Les solutions selon le collapsologue Pablo Servigne :  « Le problème est que si tous s’accordent sur les faits (climat, biodiversité, etc.), chacun a ensuite sa petite idée sur quoi faire… et tout le monde se chamaille.Certains voudront faire du lobbying en direction de l’Europe, d’autres s’engager dans une ZAD [zone à défendre], d’autres créer des groupes d’écoute, d’autres créer un journal, aller manifester à la COP [conférence des parties], etc. L’action est possible à toutes les échelles (personnelle, familiale, municipale, régionale, nationale, européenne, internationale, humaine, biosphère) ! Ce serait bien présomptueux de ma part de dire aux gens ce qu’ils doivent faire. Personnellement, je n’aime pas trop les grandes échelles (au-delà de la région), car elles ouvrent la porte aux pouvoirs et aux rapports de domination (aux abus). Elles nécessitent une trop grande complexité, ce qui peut décevoir. Je pense qu’il ne faut pas tout miser sur le rôle (sauveur) de l’Etat. L’enjeu, aujourd’hui, est de s’accorder sur un récit (ou plusieurs), et de le co-construire ensemble. Si vous êtes convaincu que la décroissance (ou tout autre mot : récit, concept…) sera grande et belle, et donnera du sens à votre monde, alors vous vous mettrez en action, et personne ne vous arrêtera… Mais les récits se font ensemble, et c’est là que ça se corse ! Il faut arriver à faire “communauté de destin”, comme dirait Edgar Morin. Je pense que notre époque est devenue un grand champ de bataille des récits (conscients) et des mythes (inconscients), et bien malin qui arrivera à deviner celui qui l’emportera…Pour conclure, il faut aussi dire que cette question climatique est un grand chantier qui ne fait que commencer. »**

La conclusion de Mohamed Nashreed, ex-président des Maldives : « Les émissions de CO2 continent d’augmenter, augmenter, augmenter. Et tout ce que nous semblons capable de faire, c’est parler, parler, parler… »

* lemonde.fr du 15 décembre 2018, Climat : la COP24 adopte les règles d’application de l’accord de Paris

** lemonde.fr du 14 décembre 2018, Pablo Servigne : « Il est possible que nos sociétés se dégradent beaucoup plus rapidement que les anciennes civilisations »

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2 réflexions sur “COP24, une mascarade sur le climat, un échec avéré”

  1. Mascarade, pantalonnade, Barnum… les mots ne manquent pas.
    Cela me fait penser à ce passage au tout début du film Mad Max 2 (1981), lorsque sur des images d’archives en noir et blanc le narrateur raconte comment le monde en est arrivé là :
     » Les chefs parlèrent, et parlèrent… et parlèrent encore… Mais rien ne pouvait endiguer le désastre… leur monde s’écroula.  »
    https://www.youtube.com/watch?v=prNW1F4cqXI

  2. Mascarade, pantalonnade, Barnum… les mots ne manquent pas.
    Cela me fait penser à ce passage au tout début du film Mad Max 2 (1981), lorsque sur des images d’archives en noir et blanc le narrateur raconte comment le monde en est arrivé là :
     » Les chefs parlèrent, et parlèrent… et parlèrent encore… Mais rien ne pouvait endiguer le désastre… leur monde s’écroula.  »
    https://www.youtube.com/watch?v=prNW1F4cqXI

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