Covid-19, le droit à la vie et à la mort

Le droit à la vie est relatif, c’est ce que nous avions écrit dans un post précédent. En fait nous vivons une médecine de guerre en temps de paix qui nous oblige à un triage médical entre ceux qui doivent être sauvés et ceux qui ont le droit de mourir ; on établit un « score de fragilité » pour en décider et les spécialistes ne diront pas le contraire. Exemple :

Mathias Wargon, chef des urgences à l’hôpital Delafontaine : « Aux urgences en temps habituel, on décide très fréquemment de ne pas envoyer tel ou tel patient en réanimation selon un critère principal : l’autonomie de la personne. Ce n’est pas une décision que l’on prend seul, c’est une décision collégiale. Si la personne est grabataire ou avec une démence très évoluée, on ne va pas la placer en réanimation car on sait qu’elle n’en sortira pas mieux. C’est pour ça que les personnes en Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes], sans autonomie, on ne les réanime pas. Avec le coronavirus s’est ajoutée la médecine de catastrophe où on ne peut pas dilapider des ressources de plus en plus rares. On n’essaie pas de réanimer un patient qui nécessite trop de moyens. Et tous ces gens qui ne vont pas en réanimation, notre objectif n’est pas de les tuer plus vite, mais qu’ils ne meurent pas en souffrant. C’est bien la moindre des choses. On ne va pas les étouffer avec un coussin ! Comme il commence à y avoir une pénurie de morphine et de midazolam (un sédatif), on utilise le Rivotril pour soulager la souffrance et l’anxiété de patients en train d’étouffer. »*

Frédérique Leichter-Flack, spécialiste de l’éthique : « Faudra-t-il choisir qui tenter de soigner et qui laisser mourir ? Cette question du tri et du rationnement va nous accompagner durablement. L’accès à la ventilation mécanique n’est que la pointe émergée d’un continuum du rationnement des chances face à l’épidémie : en amont, des hôpitaux chroniquement sous-dotés ; une pénurie des moyens de protection face au risque (masques) ; un premier tri téléphonique opéré par la régulation du 15, qui envoie ou n’envoie pas à l’hôpital ; et, en aval, pour la suite, une réflexion à mener sur l’ordre de priorité de la distribution des médicaments et vaccins au fur et à mesure de leur production, quand ils seront trouvés… Le tri a  été inventé, en médecine d’urgence comme en médecine de guerre, pour remettre de la justice, de l’efficacité et du sens là où ne régnait que l’aléa du fléau – pour reprendre le contrôle du destin de la collectivité menacée de destruction. Le médecin trieur n’est pas là pour jouer à Dieu et dire qui aura ou non droit à la vie, mais pour sauver le plus de vies possibles. Le tri, en pénurie, opère le basculement d’une médecine individuelle à une médecine collective, qui oblige le sauveteur à prendre en compte, à côté de la victime en face de lui, les besoins de tous les autres au regard du stock de ressources disponibles. Plus le décalage entre ressources et besoins est grand, plus on aura tendance à basculer dans des pratiques de tri dégradées. Un afflux non maîtrisé de patients jeunes soulèverait d’autres dilemmes plus graves encore si les critères médicaux de pronostic et d’espérance de vie se révélaient insuffisamment pertinents pour opérer le tri. »**

Sennepy sur lemonde.fr : Dans les Ephad, on occupe des lits avec des gens en état végétatif qui lorsqu’ils étaient en bonne santé souhaitaient mourir dans la dignité, mais que l’accident ou la maladie ne leur ont pas laissé le temps de spécifier qu’ils voudraient être « débranchés ». Où est l’éthique ?

Thibaut  : J’hallucine qu’on en soit rendu à débattre de ça ! Trions qui survivra puisque l’impéritie de nos premiers de cordée nous y contraint désormais. Mais trions aussi les dirigeants en débranchant ceux qui soignent les prochains résultats trimestriels du CAC40. Et trions aussi les organisations sociales qui envisagent une sobriété conviviale, soutenable à long terme, en débranchant celles qui exaltent la concurrence de chacun contre les autres.

charles condamines : Même en temps « normal », les besoins dépassant les capacités disponibles, il y a du tri… sur le marché du travail, des logements sociaux, des places en crèche… Dans tous les cas, la question décisive est celle des critères réellement en œuvre dans le processus de sélection; chacun peut en effet se rendre compte que les critères affichés et les critères appliqués ne coïncident pas et que le processus de tri est faussé. Aux USA, c’est souvent l’argent qui fait le tri entre ceux qui ont le droit d’être soignés et ceux qui n’ ont pas ce droit.

* https://www.lemonde.fr/journal-blouses-blanches/article/2020/04/04/journal-de-crise-des-blouses-blanches-la-reanimation-c-est-un-choc-violent-a-l-issue-incertaine_6035589_6033712.html

** https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/16/coronavirus-la-question-du-tri-des-malades-est-un-enjeu-ethique-et-democratique-majeur_6033323_3232.html

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7 réflexions sur “Covid-19, le droit à la vie et à la mort”

  1. Le SARS-CoV-2 est-il une création de laboratoire ou s’en serait-il échappé ? Réputé pour ses recherches sur les virus de chauve-souris, le WIV (Wuhan Institute of Virology) est équipé d’un laboratoire de haute sécurité dit « P4 », construit avec l’aide de la France, où sont étudiés les virus les plus dangereux. Selon le Washington Post, l’ambassade des Etats-Unis à Pékin avait alerté Washington, il y a deux ans, sur la nécessité d’aider le Wuhan Institute of Virology (WIV) à renforcer ses mesures de sécurité.
    Très rares, les contaminations accidentelles font partie du champ des possibles dans tout laboratoire. « Il suffit qu’un chercheur renverse un flacon. Malgré la hotte aspirante, un aérosol se forme et il est infecté sans s’en rendre compte. A la fin de la journée, il quitte le laboratoire, et contamine toute sa famille et ceux qu’il croise », imagine Frédéric Tangy, chercheur à l’Institut Pasteur.
    En revanche, l’hypothèse d’une origine synthétique du SARS-CoV-2 est écartée. S’il est bien possible de créer de toutes pièces des virus, tous les indices convergent ici vers une origine naturelle de ce nouvel agent infectieux. Dans le cas du SARS-CoV-2, aucun emprunt génétique suspect – notamment au virus du VIH comme certaines théories complotistes, relayées entre autres par le professeur Luc Montagnier, le suggèrent – ne permet de dire qu’il y aurait eu intervention humaine.

  2. Mourir du Covid ou souffrir de la réanimation ?
    Le problème, c’est les 5% de patients qui vont en réanimation ; ces patients vont avoir non seulement des séquelles pulmonaires dues à l’infection au coronavirus, mais aussi des séquelles de la réanimation. On peut avoir de la fibrose pulmonaire, c’est-à-dire une réaction inflammatoire du poumon qui mène à une diminution des capacités respiratoires. On peut avoir en conséquence un manque d’oxygénation du sang sur le long terme, avec besoin d’oxygène ou de ventilation. La réponse immunitaire trop forte peut endommager les poumons, mais aussi le cœur, les reins, le foie ou le cerveau. Le manque d’oxygénation du cerveau entraîne la mort des neurones.Le fait d’être intubé, ventilé, sédaté, provoque un hyper-métabolisme du corps, qui fait donc qu’on consomme trop de calories ; donc les muscles fondent, avec complications de retour à la marche. Il y a aussi toutes les autres complications de la réanimation, les problèmes d’insuffisance rénale qui peuvent se mettent en place, des problèmes de thrombose vasculaire.
    Le retour à la maison immédiatement après la réanimation, c’est relativement exceptionnel.

  3. Parfaitement d’accord avec Thibaut. Moi aussi j’hallucine qu’on en soit rendu à débattre de ça ! D’ailleurs il ne s’agit pas là de débat, mais de bourrage de mou. Répéter, répéter, la technique est bien connue («à force de répétitions et à l’aide d’une bonne connaissance du psychisme des personnes concernées, il devrait être tout à fait possible de prouver qu’un carré est en fait un cercle», dixit Joseph Goebbels). Autre commentateur qui semble avoir vu l’arnaque, charles condamines. Sennepy n’est qu’un perroquet.
    Le droit à la vie serait donc relatif, ben voyons. Ainsi la vie d’un jeune, plein d’avenir, vaudrait bien plus que celle d’un vieux, qui lui aurait suffisamment vécu, et bien profité, et bien pollué etc. (salauds de vieux, va !) Ainsi, s’il faut choisir, s’il faut trier… il est parfaitement NORMAL de réanimer le jeune, et de laisser mourir le vieux. À quel âge est-on vieux ? Réponse, quand on n’a plus de jus. Tous les jeunes sont-ils égaux devant le droit à la vie ? Réponse, euh…. là n’est pas le sujet ! Est-il normal (ou pas) que nos hôpitaux manquent autant de moyens de base ? Réponse, là n’est pas non plus le sujet ! C’est c’là oui. Mon dieu quelle hypocrisie ! Or je suis désolé, le critère de tri ce n’est pas l’âge, là encore ce n’est que le Pognon. Bien sûr la vieillesse fait peur, elle ressemble trop à la mort, BRRR !!! Mais tant que la vieillesse permet aux requins de se baffrer, là elle représente un évident intérêt, là elle est utile, là elle sert à quelque chose. Bref, là elle a le droit de vivre. Disons plutôt de consommer et/ou de raquer.
    Or comme par hasard, il se trouve que les vieux, nos vieux, euh pardon nos séniors, ont du pognon. Oh pas tous bien sûr, et bien sûr cette drôle de situation ne durera pas comme les impôts. D’ailleurs leur pouvoir d’achat est comme leur vieille carcasse, il se ratatine. En attendant, si les vieux ne participaient pas à aider financièrement leurs enfants et petits-enfants il y a belle lurette que toute cette piétaille se serait révoltée, pour de vrai.
    En attendant, aujourd’hui les vieux ont encore du jus. Et comme on sait, les citrons il faut les presser jusqu’à la dernière goutte. Ainsi le Marché s’applique à plaire à cette juteuse clientèle, gadgets en tous genres spécialement pensés pour les séniors, clubs de sports et voyages pour troisième-âge etc. etc. Merci oh Sacro-Saint Business pour tant de bienveillance. Après la pluie vient le beau temps, après l’effort le réconfort, et vice versa, les meilleures choses ont toujours une fin, rien ne se perd tout se transforme, et patati et patata. Maisons de retraites, EHPAD, funérailles. Aujourd’hui le top en la matière c’est le compostage. Demain peut-être, ça sera Soleil Vert.
    Comme on sait le bourrage de crâne commence très tôt, dès le berceau, dès la maternelle.
    Tiens-toi droit, écoute ton maître, finis ton assiette, mange ta soup… euh pardon, ton papi… traverse dans les clous, regarde la télé, pense modérément etc. etc. Misère misère !

    1. La vie est faite de choix individuels et collectifs, naître pour le meilleur (ou le pire) ou bien décéder prématurément par IVG, finir sa vie bardé de tuyaux ou mourir de mort naturelle, etc. On peut aussi évoquer les choix dramatiques qui s’imposent aux médecins en services de soins intensifs, entre qui intuber et qui laisser mourir. Avec la Covid-19, les dilemmes sont nombreux : arrêter les productions au risque d’un effondrement économique, ou les maintenir en sacrifiant des vies humaines ? Vaut-il mourir de la maladie ou de la récession ? Choisir le confinement et faire l’impasse de l’immunité collective en sachant qu’on s’attend à ce que soit 60 % de la population sera de toute façon contaminée ?
      Aujourd’hui Emmanuel Macron prend le risque de libérer prochainement dans la nature tous nos enfants très souvent asymptotiques sans s’appuyer sur l’avis de la communauté scientifique pour justifier cette décision. La réouverture progressive des écoles et des lycées est assumée de façon très politique en mettant en avant la question sociale : « Trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes, sont privés d’école sans avoir accès au numérique », a-t-il fait valoir. Pourtant la fin de l’épidémie est très loin d’être acquise. Qui peut avec toutes ses considérations dire qui a tort ou qui a raison entre laisser vivre ou laisser mourir ?

      1. Bien sûr, la vie est faite de choix individuels et collectifs. Je rajouterais, et de paris. Macron a donc fait un pari, comme Boris Johnson en avait fait un, en misant sur l’immunité de groupe, avant de faire machine arrière, etc. etc. Personne n’a de boule de cristal, nous sommes d’accord, mais pour moi le problème n’est pas là.
        Le problème pour moi, c’est de définir ce qu’est ce fameux «essentiel», dont Macron a parlé, dont les uns et les autres ont parlé…. J’avais dit qu’on n’avait pas fini d’en parler, de l’essentiel, voire de l’Essentiel.
        Tout le monde s’accordera pour dire que l’essentiel c’est déjà tout ce qui sert à satisfaire nos besoins de bases (eau, nourriture, air pur, toit, etc.) Or, comme il se trouve que l’homme vit en société, que seul il n’est rien, que seul il ne peut rien, l’essentiel se retrouve donc dans tout ce qui sert à faire tourner la machine sensée assurer ces besoins de base. Et les assurer à tous autant que possible, pas seulement à certains selon tel(s) ou tel(s) critère(s).
        Seulement, l’Essentiel ne peut pas se définir seulement en terme de service rendu, d’utilité, de valeur… Sauf que si justement, l’Essentiel c’est aussi des valeurs. Bien sûr, ces valeurs ne se mesurent pas en euros ou en dollars, ni même en watts ou en joules. Parce ce que si c’était aussi simple que ça, alors il suffirait de transformer les humains en robots. Et ça on sait faire, du moins on en prend le chemin. Dans un monde de machines, finis les dilemmes, finis ces choix aujourd’hui si difficiles, ce seraient les algorithmes qui s’occuperaient des paris (Le meilleur des mondes).
        Pour moi, ce sont ces valeurs qui doivent servir à tracer les plans de ce monde qui reste à imaginer, avant de pouvoir le construire.

  4. Mao Tsé Tong déclare à Alain Peyrefitte (Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera) que les 50 millions de morts dus à la Révolution et au Grand Bond en Avant peuvent pour des Européens, mais qu’au regard du milliard d’habitants que compte la Chine, ce bilan est tout à fait cohérent et acceptable !
    Fake news ? On a l’impression aujourd’hui que Xi Jinping a pour ligne de conduite d’imposer la Chine à la place qui est maintenant presque la sienne, la première puissance mondiale à qui seraient inféodées toutes les autres. Il vient donc logiquement à l’esprit, selon tous ces paramètres, que les Chinois sont parfaitement capables d’avoir instillé plus ou moins sciemment à leur propre population le tout nouveau covid 19, soit-disant muté depuis le pangolin, mais étant apparu à Wuhan où se trouve précisément un laboratoire biologique « au-dessus de tout soupçon » de recherche militaire. Le but de la manœuvre serait, moyennant quelques dizaines, voire centaines de milliers de morts indigènes, de se mettre à l’abri de tout soupçon international, tout en laissant la pandémie se répandre via les liaisons mondialisées, avec pour résultat la mise à genoux d’une économie occidentale déjà vacillante, que la Chine bienveillante de Xi Jinping se fait fort de secourir. Ce n’est évidemment qu’une hypothèse, mais tout se passe comme si…

    1. Ce qui plaide en la faveur d’une guerre microbiologique, ce n’est pas la présence d’un laboratoire à Wuhan, ce qui voudrait dire qu’il s’est échappé par erreur, mais le fait que ce Coronavirus du rhume soit très stable depuis des milliers d’années et réputé comme tel par les scientifiques et que nous avons d’un coup 3 mutants en 2002 (sars-covid), 2012 ( mers) et 2019 (Sars-cov-2). Cela qui me rend perplexe !

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