Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

Un décret du 28 mars 2020 autorise l’utilisation temporaire (aujourd’hui, jusqu’au 15 avril), dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire lié à l’épidémie de COVID-19, du Rivotril injectable (clonazepam) pour prendre en charge la dyspnée ou la détresse respiratoire chez les patients COVID-19 dont l’état clinique le justifie. Cette molécule est un sédatif (et non un produit létal) utilisé quand les malades souffrent d’une atteinte pulmonaire telle qu’il y a un risque de suffocation ; elle pourra être délivrée comme traitement de confort, pour l’apaisement. Habituellement, le midazolam (Hypnovel) est utilisé pour cela, mais des tensions sur les stocks de médicaments existent actuellement et font redouter un risque de pénurie. Dans ce cas, le décret permet d’utiliser le Rivotril pour assurer l’accompagnement des patients en soins palliatifs, confrontés à un état d’asphyxie, y compris en Ehpad. Pour les patients dont le pronostic vital est engagé à très court terme, cette molécule peut permettre une sédation profonde et continue.

« Administrer du Rivotril à un patient ne veut pas dire arrêter les soins. Il s’agit, au contraire, lorsque la situation se dégrade et dans certaines circonstances d’un accompagnement pour soulager sa souffrance en le plaçant dans une sédation lorsque la détresse respiratoire devient insupportable, mais il ne s’agit certainement pas, encore une fois d’un médicament destiné à pratiquer une euthanasie. L’asphyxie en fin de vie est inacceptable », indique le président de la Société française de gériatrie et gérontologie. Ce décret est une application de la loi du 2 février 2016, dite loi Claeys-Leonetti, qui, dans son article 3, permet « la sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès, associée à une analgésie ». Pour aller plus loin, voici la fiche-conseil publiée par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs à propos de la prise en charge des détresses respiratoires asphyxiques à domicile ou en Ehpad.

L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité rappelle son combat en faveur du droit de chacun à décider de sa propre fin de vie, y compris en bénéficiant d’une aide active à mourir avec administration d’un produit létal. Dans tous les cas, c’est le patient qui doit décider et il convient qu’il ait préalablement rédigé ses directives anticipées et désigné des personnes de confiance.

Communiqué de l’ADMD du 6 avril, COVID-19 : à propos de l’apaisement des souffrances par les équipes soignantes

https://www.admd.net/articles/decryptages/covid-19-propos-de-lapaisement-des-souffrances-par-les-equipes-soignantes.html?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=avril

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