Covid, regardons sans ciller la mort en face

« Lors d’une maladie virale, il arrive parfois que les hôtes réagissent de façon excessive. Avec le coronavirus actuel, il y a parfois un emballement du système immunitaire de l’hôte, il se produit ce que l’on nomme un « orage cytokinique », un envoi massif de médiateurs inflammatoires, appelés « cytokines ».! D’où la nécessité à ce moment de mettre en place une respiration artificielle alors que l’organisme est responsable de sa propre maladie. Pourquoi chercher à empêcher la prolifération du virus dès lors que la maladie n’est plus infectieuse à proprement parler, mais est devenue une maladie inflammatoire évoluant pour son propre compte ? C’est un suicide de l’organisme. Profitons de ce moment de réclusion pour réfléchir à cette dépendance inouïe de l’homme envers la médecine, que dénonçait déjà Ivan Illich. Cette emprise a grandi à un tel point qu’elle est aujourd’hui capable d’arrêter le cours du monde. Tâchons de devenir plus indépendants vis-à-vis de ce biopouvoir. »* Doit-on emprunter aux stoïciens leurs exercices de fermeté d’âme, et se convaincre de quitter le banquet sans regret, sobrement ? Quelques réactions sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : En clair ces médecins disent qu’on en fait trop actuellement pour soigner des gens dont le corps se suicide par orage cytokinique  : « Tâchons de devenir plus indépendants vis-à-vis de ce biopouvoir » lls se réfèrent à Ivan Illich qui dénonçait la dépendance inouïe de l’homme envers la médecine. Rappelons ses propos : « le traitement précoce de maladies incurables a pour seul effet d’aggraver la condition des patients qui, en l’absence de tout diagnostic et de tout traitement, demeureraient bien portants les deux tiers du temps qu’il leur reste à vivre. » Comme l’écrivait André Gorz, « il est devenu choquant d’affirmer qu’il est naturel de mourir, que les maladies mortelles ne sont pas un dérèglement accidentel et évitable mais la forme contingente que prend la nécessité de la mort ».

Saamir : Je crois que c’est justement la réflexion à laquelle ils invitent, la mainmise de la santé sur tous les aspects de la vie. Au même titre que ce n’est pas le virus qui tue mais le système de défense du corps qui se retourne contre lui-même, ce n’est pas le Covid 19 qui paralyse la société, mais la manière dont la société réagit. J’espère ne pas mal interpréter. Si je les suis, en mettant en perspective le nombre de morts du COVID 19 avec celui des morts par malnutrition, paludisme, cancers… je ne peux m’empêcher de penser que cette crise est effectivement avant tout politique.

alain sager : Solenn de Royer rappelait qu’en 1968-1970 la grippe de Hong-Kong avait fait plus de 30 000 morts en France ! J’avais 18-20 ans à cette époque, et je ne m’en souviens absolument pas… Quant à l’idée de confinement, de masques, de barrière distancée, ou autres, n’en parlons même pas. On en vient à se demander si les efforts surhumains déployés en ce moment ne vont pas aboutir à un résultat qu’on aurait tout aussi bien obtenu en ne faisant strictement rien. Il faut dire aussi qu’à l’époque on n’égrenait pas, cas par cas, et au jour le jour, le nombre de décès… On ne parlait pas d' »épidémie foudroyante » pour une dizaine d’infections simultanées. Un abîme sépare le fatalisme de jadis du cataclysme actuel. Personne n’aurait songé il y a seulement cinquante ans à reprocher à l’Etat un manque de prévoyance ou de réaction appropriée ! En réalité, on est devenus hypersensibles et hyper-réactifs à la moindre alerte. Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Je vous laisse juges.

Bullbh : « A force d’avoir encouragé la quête infinie de santé et de sécurité, nous avons, paradoxalement, rendu la vie (sociale ?), extrêmement fragile » écrivent ces médecins. Une civilisation ancrée dans la croyance que « tout serait possible » pourrait-elle dire « non, finalement, tout n’est pas possible ». Hé, oui, on peut mourir. Ça fait d’autant plus mal qu’on nous l’avait caché. Qui ça ? La médecine et ses promesses de vie éternelle,.

Roribak : Il faut quand même noter que ce que nous vivons est assez extraordinaire: on a enfermé plus de la moitié de l’humanité, mis l’économie mondiale à l’arrêt et forcé le monde à vivre sur ses réserves (limitée) pour sauver une très petite proportion de personnes et « protéger le système de santé » . C’est plutôt positif, mais ce n’est pas très cohérent: on accepte sans ciller des « taux de pertes » beaucoup plus importants dans d’autres domaines écologiques, sociaux, économiques et bien entendu militaires…

Ivan Illich, message posthume : En 1974, quand j’écrivais Némésis médicale, je pouvais parler de « médicalisation » de la mort. Les traditions occidentales régissant le fait de mourir sa propre mort avaient cédé à l’attente de soins terminaux garantis. Je forgeai alors le mot « amortalité » pour désigner le résultat de la liturgie médicale entourant le « stade terminal ». Par le terme contre-productif, je désignais en 1975 la logique paradoxale par laquelle toutes les grandes institutions de services éloignent la majorité de leurs clients des objectifs pour lesquels elles avaient été conçues. Par exemple, les écoles empêchent d’apprendre ; les transports s’évertuent à rendre les pieds superfétatoires ; les communications faussent la conversation. Dans la tradition galénique, les médecins étaient formés à reconnaître l’expression du visage indiquant que le patient était entré dans l’atrium de la mort. A ce seuil, le retrait était la meilleure aide qu’un médecin pût apporter à la bonne mort de son patient. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle qu’apparaît le docteur en blouse blanche aux prises avec la mort, qui arrache le patient à l’étreinte de l’homme-squelette. Jusque là, la discrimination entre état curable et incurable faisait partie intégrante des études de médecine en Amérique. Le rapport Flexner* de 1910 a donné le feu vert à la montée en flèche des coûts des soins terminaux, au misérable prolongement de « patients » plongés dans un coma irréversible. La médecine m’apparaît comme le paradigme d’une mégatechnique visant à vider la condition humaine du sens de la tragédie.

pour en savoir plus sur Ivan Illich

1973 La convivialité

1973 Énergie et équité

1992 postface à Némésis médicale

2004 La perte des sens (recueil posthume de textes d’Ivan ILLICH)

* Eric Caumes et Mathurin Maillet, médecins à la Pitié-Salpêtrière

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9 réflexions sur “Covid, regardons sans ciller la mort en face”

  1. Aux Etats-Unis, on estime que pour surmonter la maladie, près d’un million d’Américains pourraient avoir besoin d’un respirateur artificiel. Or, le pays ne dispose que d’environ 180 000 machines de ce genre. Les médecins sont donc contraints de se familiariser avec la médecine de catastrophe. Ils doivent déterminer quels patients doivent être soignés, placés sous respiration artificielle, ou réanimés en priorité et, à l’inverse, qui ne bénéficiera pas de tels soins. Ces décisions insoutenables font de ces médecins les héritiers du baron Dominique-Jean Larrey (1766-1842), le chirurgien en chef de la garde impériale de Napoléon qui développa en 1792 le principe du « triage » afin de décider quels soldats blessés devaient être soignés et lesquels ne pouvaient plus être sauvés. Avec la Covid-19, les patients dans le coma, qui ne réagissent plus à la douleur ou à la parole, sont jugés moins prioritaires. Certains patients seront même exclus, notamment ceux dont le cancer ou l’Alzheimer ont atteint un stade avancé. Certains voient les commissions hospitalières chargées du tri comme des death panels, des « comités de la mort » [expression popularisée par la droite ultraconservatrice]. Habituellement, avant d’entreprendre les procédures, les médecins prennent le temps de parler avec le patient et sa famille pour savoir s’ils souhaitent signer un « ordre de ne pas réanimer ».
    Mais plusieurs familles veulent aujourd’hui que tout soit fait pour sauver leurs proches, même s’ils ont très peu de chances de survie. Les médecins s’exposent donc à des poursuites s’ils ne tentent pas de réanimer un patient. (Robert Klitzman, du comité d’éthique de l’hôpital presbytérien de New York)

  2. Sélection naturelle ? Dans le cas de l’infection par le SARS-CoV-2, il existe des cas rares de formes graves, allant dans certains cas jusqu’au décès, chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte bien portant et relativement jeune. Ces malades ne présentent aucun des deux grands facteurs de risque connus, le grand âge et une maladie chronique. L’hypothèse est que ces malades relativement jeunes et auparavant bien portants ont une prédisposition génétique qui reste silencieuse jusqu’à la première rencontre avec le virus, puis se manifeste alors sous la forme d’une maladie grave, qui conduit le patient dans un service de réanimation.
    Dans cette hypothèse, c’est au moment de la rencontre avec l’agent infectieux que le phénotype se manifeste, c’est-à-dire que votre génotype, la vulnérabilité portée par vos gènes face à cet agent infectieux, est révélé.
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/16/jean-laurent-casanova-les-cas-graves-inexpliques-suggerent-l-existence-de-facteurs-genetiques_6036776_3244.html

  3. En lisant cet article se référant à Ivan Illich, cela me rappelle un concept que j’ai élaboré à partir de mon asthme. Si la médecine ne m’avait pas soigné je serais mort avant de procréer et la sélection naturelle aurait ainsi éliminer une impasse biologique. Or la médecine lutte contre ce cours naturel et a pour effet de maintenir en vie des organismes peu apte à survivre. Ces organismes comme moi concurrence des êtres humains sains et entraînent donc une dégénérescence d’ Homo sapiens. Le résultat sera à terme un amenuisement des capacités d’homo sapiens à vivre dans de bonnes conditions, a s’adapter aux changements de l’environnement, à limiter son taux d’évolution adaptative, le propre des espèces en extinction.
    Donc la médecine peut avoir un effet pervers à long terme. Je ne sais pas si c’est la théorie d’Ivan Illich Mais si c’est le cas cela semble logique.

    1. Les anthropologues pensent que la médecine a précédé les religions. Depuis plusieurs millénaires Homo Sapiens pratique diverses médecines, Néandertal utilisait des plantes pour se soigner. Les singes aussi, mais là peut-on parler de médecine ? L’homme, conscient de la mort, fait donc ce qu’il peut pour l’éviter, pour la faire reculer. Malgré que je sois incapable de la définir, on pourrait dire que c’est dans sa nature. Après c’est comme pour beaucoup de choses, une question de juste mesure, autrement dit de sagesse. Or, Sapiens n’en a que le nom.

    2. Thierry ST, la sélection naturelle n’est pas la conception d’Illich, celui-ci s’intéresse surtout à la médicalisation de la mort et au franchissement des limites. Il trouve qu’on va trop loin dans le refus de la mort naturelle ; lui-même, atteint d’un cancer, a refusé de se soigner. Mais tu poses un problème à la fois collectif et individuel : faut-il accepter la mort pour satisfaire aux besoins de la sélection naturelle ?
      Sur l’orientation médiatique face à la mort, la controverse est ouverte. Un seul mort par terrorisme fait déjà « la Une » des médias pendant des jours et des jours, à plus forte raison avec quelques milliers de morts par épidémie. Les médias cultivent le sensationnalisme, pas la réalité des faits comparatifs. Si on dénombre toutes les guerres avec plus de 500 000 morts à chaque fois depuis 1945, on s’apercevrait qu’elles sont innombrables, mais on les a déjà oubliées. Au niveau des choix politiques, et dans le cas spécifique de la Covid-19, le mieux pour préserver la sélection naturelle aurait été la politique d’immunité collective ; on laisse la contamination s’opérer et ceux qui peuvent résister survivent, ce qui accroît la résistance de notre espèce. La GB avait au début de la pandémie semblé faire ce choix, la Suède suit toujours grosso modo cette voie. Le déconfinement dans les autres pays a été surtout été décidé pour ne pas engorger les hôpitaux, mais là aussi on avait le choix de faire un triage médical, mettre sous respiration artificielle uniquement ceux qui pouvaient s’en sortir. Ce triage a de toute façon été fait, mais de façon modérée. Comme globalement prédomine une politique de prise en charge des humains du berceau à la tombe, la sélection naturelle est devenue socialement inacceptable, jusqu’au jour où on pensera qu’elle était incontournable. Nous sommes sur cette voie. On admet actuellement l’IVG pour convenance personnelle, mais on pratique aussi le tri des embryons et on tente d’éradiquer démocratiquement par avortement le mongolisme…
      Au niveau individuel, nous ne sommes pas à la naissance responsables du choix de faire en sorte que nous sommes mort-né par IVG ou survivant médicalement assisté. Donc il faut prendre la vie tel qu’on nous l’a donné pour en faire le meilleur usage possible. De toute façon la prédisposition à l’asthme dans le génome ne va pas obligatoirement devenir un héritage familial.

  4. Dès le début le Professeur Raoult a dit que cette pandémie ne se verrait pas sur les courbes de mortalité. C’est comme lorsque nous observons la courbe de la population mondiale, il faut une bonne loupe pour voir l’incidence des 2 guerres mondiales. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille banaliser les guerres et/ou les pandémies et autres calamités. Et qu’il ne fallait rien faire pour essayer de limiter les dégâts de cette pandémie. En tous cas, cette fois on ne pourra pas dire qu’il n’y a pas eu de réaction, on ne pourra pas dire qu’on n’en a pas parlé, ni même qu’on l’a sous-estimée, du moins bien longtemps.
    En tous cas pas comme en 1968 avec la grippe de Hong Kong. (Wikipedia : «L’épidémie est largement minimisée par les médias en France et sous estimée par les autorités sanitaires […] il faut attendre 2003 avec les recherches de l’épidémiologiste Antoine Flahault pour connaitre le nombre de victimes en France: 31.226 morts en deux mois.»)
    Si nous comparons ces 2 pandémies nous voyons que nous passons d’un extrême à l’autre. Là encore, entre les deux n’y aurait-il pas une juste mesure ? Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer, ne serait-ce que depuis 1968 ? Serait-ce notre rapport à la mort ?

    Il me semble évident que de nos jours, la mort, mais aussi la vieillesse, dérangent énormément. Et particulièrement chez nous, dans nos sociétés dites modernes, civilisées, développées etc. De nos jours et chez nous, les vieux… pour commencer on refuse de les nommer, on les appelle séniors, troisième, quatrième âge etc. ensuite on les planque dans les Ehpad. Et à la fin on les met dans une boîte, qu’on enterre ou qu’on brûle ou autre, peu importe. Mais d’un autre côté, qui ne voit pas que tout ça fait le bonheur de certains ? Le bonheur de ce sacro-saint Business, qui lui ne s’embarrasse pas avec ce genre de réflexions. De nos jours et chez nous, on dirait que les vieux n’ont d’intérêt que parce qu’ils ont du pognon.
    De nos jours et chez nous, la mort est devenue inacceptable. Sauf bien sûr pour les croque-morts (habillés désormais de vert, mode oblige, déjà dit). Même à la guerre, la mort est inacceptable. Désormais on privilégie la «guerre propre ». Faut dire que de nos jours la propreté est à la mode, et en même temps nous n’avons jamais été aussi dégueulasses. De nos jours, de la même manière qu’en cas de pépin on porte plainte contre l’accompagnateur en montagne, ou contre le moniteur de voile ou autre, de nos jours les parents du gamin qui s’est fait dézinguer en Opex portent plainte contre la Grande Muette. On dirait que la guerre, les armées, les flingues, les morts, n’ont d’intérêt que parce qu’ils permettent de se faire un max de pognon.
    De nos jours et chez nous, on veut aussi la perfection. Comme chez les stars qu’on voit dans les magasines et à la télé. Aujourd’hui tous les gamins se doivent d’avoir les dents bien droites, bien alignées. De nos jours tout se redresse, les dents, le dos, le nez, les nichons, la voix, l’écriture etc. Le redressage est un business. Mieux que le redressage, l’échange standard. Fini le temps où on tapait sur une aile de bagnole pour la redresser, aujourd’hui on la change. On jette le vieux, au mieux on le recycle, et on change. D’ailleurs là encore de nos jours et chez nous tout ou presque se change. Comme on peut changer une roue crevée, demain on pourra se faire changer n’importe quel organe a bout de souffle, ce sera formidable. Bref, seraient-là des signes de progrès, ou bien de déclin ?

    1. «  » pour commencer on refuse de les nommer, on les appelle séniors, troisième, quatrième âge etc. ensuite on les planque dans les Ehpad. «  »

      —> Pourquoi Planquer ? Tu sais, notre famille on a fait au mieux pour maintenir le plus longtemps possible nos parents dans leur maison, mais au bout d’un moment ça devient intenable impossible. Mon père Parkinson et mère Azeihmer, c’est moi qui m’attelait à rester à la maison pour m’occuper d’eux, mais au fil du temps, ça devient intenable, entre les démences et les fugues, j’étais contraint de rester 24/24 h pour gérer ça, le problème je ne pouvais absolument plus sortir pour faire les courses et mes démarches…. Donc oui l’Ephad on n’y fait pas appel par gaité de cœur, mais ça devient indispensable pour que les parents puissent rester en milieux sécurisé et pouvoir continuer de vivre…. Après en Ephad, je m’y rends deux à trois fois par semaine, en plus des autres visites de la famille, donc ils avaient de la visite et sorties quasiment tous les jours….

      Les Ephad sont indispensables, après ce sont aux familles de ne pas abandonner leurs parents, des familles ça se passe bien d’autres pas, mais c’est une question de responsabilités individuelles (pour individuelles, je raisonne en unité de familles et non d’individus), mais ce sont pas les Ephad qui sont en cause.

      1. Il ne s’agit pas de condamner ceux qui placent leurs vieux parents en Ehpad, ni ceux qui mettent leurs gamins de 2 mois dans des crèches, il s’agit de faire remarquer qu’il en était autrement il y a encore 50 ans. Maintenant je suis d’accord avec toi, dans la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui, les Ehpad sont devenus indispensables. Comme le sont les crèches, la bagnole (ou les deux lorsque les deux travaillent), comme internet etc. etc. Sur ce point je fais juste remarquer que tout ça alimente un business bien juteux, que tout ça participe au sacro-saint PIB.
        D’autre part j’estime que c’est la moindre des choses que de rendre visite régulièrement à ses vieux (parents ou grands parents), en Ehpad ou pas. Hélas force est de constater ce qui se passe dans la réalité. Pour mémoire, la canicule de l’été 2003 a fait entre 15 et 20.000 morts en France, surtout des vieux, oubliés (avec ou sans guillemets) par leurs enfants. Mais bien sûr, tu pourras penser que ce drame nous aura permis de porter un autre regard sur nos vieux, et que 17 ans plus tard, sur ce point nous avons évolué. Sur Google tu tapes : «Cachez ces vieux que je ne saurais voir».
        Donc oui, je confirme que les vieux dérangent, font peur, qu’on préfère les oublier, les planquer. Et qu’ils n’ont d’intérêt que tant qu’ils ont du pognon.

  5. Didier BARTHES

    Oui, il est très juste de rappeler que finalement, quel que soit le niveau de la médecine, il y a toujours 100 % de mortalité et que les dernières années de vie par lesquelles elle prolonge notre existence ne sont pas les meilleures.
    Il faut aussi rappeler que si la médecine a souvent des effet extraordinaires sur l’individu (une fracture aujourd’hui ne met plus la vie en danger, et bien des petits handicaps sont surmontés) elle a sans doute pour l’espèce un effet tout à fait délétère et que nous ne savons pas ce que deviendrait notre santé en cas d’effondrement de nos sociétés alors que beaucoup d’entre nous sont dépendants de moult soins et médicaments

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