crise des engrais, crise de l’agriculture industrielle

L’azote et le phosphore, les deux engrais les plus utilisés dans le monde, sont à la fois trop consommés par endroits et faisant cruellement défaut dans les régions les plus pauvres. Depuis les années 1960, l’usage des engrais azotés a ainsi été multiplié par 9, tandis que ceux au phosphore ont triplé. Le PNUE* estime que ces engrais aident la moitié des 7 milliards d’êtres humains à manger et vont contribuer à assurer la sécurité alimentaire au cours du XXIe siècle. Mais « Il est de plus en plus évident que l’altération des cycles de l’azote et du phosphore représente pour la planète un défi majeur qui n’a pas encore reçu assez d’attention », écrit l’équipe d’une cinquantaine de scientifiques issus de 14 pays.

Ce rapport est bien en dessous de la vérité. Il ne s’intéresse qu’au gaspillage d’engrais, à la pollution aux nitrates ou aux gaz à effet de serre. Or qui dit cycle dit renouvellement. Ce n’est pas le cas de l’agriculture intensive, utilisant des engrais de façon non durable. Le pic mondial du phosphore, ce qui veut dire baisse de la production, devrait avoir lieu au milieu des années 2030. Le pic de l’azote est relié à celui du gaz naturel : les engrais minéraux azotés sont pour la plupart produits à partir de l’Ammoniac obtenu par synthèse de l’azote de l’air et de l’hydrogène (H) du gaz naturel. Ce processus utilise 1 % de l’énergie consommée par les humains. Ce processus  va s’enrayer par manque d’énergie fossile. Ne nous leurrons pas, l’agriculture du passé sera notre avenir. Place aux phosphates des os, à l’azote des fumures animales et humaines, au potassium des cendres de bois. Place aux légumineuses qui enrichissent naturellement le sol en azote. Place au fumier qui rend durable l’humus du sol.

* Programme pour l’environnement des Nations unies (PNUE) dans son dernier rapport Our Nutrient World

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