croissance zéro et début de la sagesse

Victoire, croissance zéro de l’économie française : 0 % au deuxième trimestre 2011 selon l’Insee*. Bravo, le coup d’arrêt de la croissance va compliquer la préparation du budget 2012. Enfin les politiques vont devoir raisonner autrement, comme Maurizio Pallante** :

« Une économie qui ne croît pas est considérée comme un poisson qui ne nage pas. Une contradiction en soi. Un cauchemar dont on ne peut parler que par périphrase. Et donc, on continue… L’optique de la décroissance signifie au contraire réduire la quantité de marchandises dans sa vie. On choisit de ne pas avoir la  télévision parce qu’on n’accepte pas de passer son temps de manière idiote et qu’on a des choses plus intéressantes à faire. On choisit de ne pas se soumettre aux comportements standardisés par la publicité. On ne renonce à rien.

Le mouvement pour la décroissance heureuse se propose de promouvoir la substitution la plus vaste possible des marchandises produites industriellement et acquises dans les circuits commerciaux par l’autoproduction de biens. Ce choix entraîne une diminution du PIB, mais améliore la vie industrielle et collective et les conditions environnementales. Plus importante est la quantité de biens qui peuvent être autoproduits, moindre est la quantité de marchandises qu’il faut acheter, moins il faut d’argent pour vivre. Cette perspective implique que dans les pays industrialisé, on redécouvre et on valorise certains styles de vie du passé, abandonnés de façon irresponsable au nom d’une conception du progrès mal interprétée.

Pour adhérer au mouvement pour la décroissance heureuse, il suffit :

–          d’autoproduire le yaourt ou n’importe quel autre bien primaire : le coulis de tomate, la confiture, le pain, les tartes, l’énergie thermique ou électrique, des objets ou des outils ;

–          d’offrir gratuitement des services à la personne qui se font en général contre paiement : assistance aux enfants dans les premières années, aux personnes âgées, aux mourants. »

* LE MONDE du 13 août, le gouvernement face à la stagnation de l’économie

** La décroissance heureuse (la qualité de la vie ne dépend pas du PIB) de Maurizio Pallante

2 réflexions sur “croissance zéro et début de la sagesse”

  1. Le culte de la croissance économique, de l’innovation et du progrès unit tous les partis de droite et de gauche. S’ils sont au gouvernement et que le PIB croît, ils sonnent le clairon et en attribuent le mérite aux choix de leur politique économique.

    Si, par contre, la croissance ralentit ou, pire, est égale à zéro, ou pis encore, est négative, les partis d’opposition se déchaînent accusant leurs adversaires d’être incapables de gouverner.
    Extrait de « La décroissance heureuse (la qualité de la vie ne dépend pas du PIB) » de Maurizio Pallante

  2. Martine Aubry

    Martine Aubry, une virago de la croissance :
    « La vérité est que la politique actuelle est une impasse. Sans croissance, dette et déficit en se réduiront pas… Je propose trois décisions qui pourraient relancer la croissance tout en réduisant les déficits… C’est en agissant rapidement sur l’investissement et l’emploi que nous rétablirons la croissance…. C’est par une croissance durable que nous réduirons dette et déficits…. Oui, il faudra assumer que certaine politiques essentielles pour la croissance reçoivent des moyens nouveaux… (Avec moi) le pays renouera avec la croissance, l’emploi et le progrès… Il est temps de passer aux actes pour réduire les déficits et soutenir la croissance… »

    Martine Aubry n’a pas encore compris que la volonté de croissance nous mène droit dans le mur !

    LE MONDE du 13 août 2011, Contre la dette, pour l’emploi (discours de Martine Aubry)

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