démocratie et écologie

Notre démocratie est en souffrance. Alors que les problèmes socio-écologiques prennent de l’ampleur, non seulement les décisions à prendre souffrent de la lenteur des procédures, mais aussi du poids des habitudes de confort et de l’omnipotence des contraintes économiques. Aujourd’hui nous voulons souligner un autre point, fondamental : les uns trouveront toujours la décision très insuffisante, et d’autres beaucoup trop fortes. Alors, quand les médias nous présentent le débat, on ne s’y retrouve plus. Ainsi du « verdissement » de la fiscalité qui pourrait pâtir de la lutte contre les déficits budgétaires : « Le ministère de l’écologie va présenter une liste de propositions qui ne font pas l’unanimité. » (LeMonde du 10 juillet)

Les uns veulent supprimer ou plafonner toutes les niches fiscales  écolos (crédit d’impôt développement durable), le député Gilles Carez (UMP) par exemple : « En 2009, le ministre prévoyait que ce dispositif coûterait 1,5 milliard d’euros, il a coûté 2,8 milliards. On ne peut continuer ainsi.» Pour d’autres comme Yannick Jadot, député européen d’Europe Ecologie, c’est le contraire : « Les avantages fiscaux actuellement visés constituent un des outils principaux de la transformation écologique de la France. » Comment s’y retrouver ? Si on suit l’idéologie de droite, c’est le marché qui doit trancher, l’Etat ne doit pas intervenir, toutes les subventions quelles qu’elles soient doivent être supprimées. Si l’Etat intervient, le débat démocratique sera sans fin, entre les subventions au montant plafonné (mais alors comment fixer le plafond ?), les choix énergétiques (favoriser plutôt l’éolien ou le photovoltaïque), le type de financement (national ou communautés territoriales), etc. Mais si l’Etat n’intervient pas, les plus pauvres seront touchés de plein fouet par les contraintes écologiques (comment se chauffer à bas prix, comment aller au boulot, etc.)

Nous pensons sur ce blog que le marché a orienté nos comportements et nos structures vers une impasse en privilégiant le profit à court terme et la facilité, en dilapidant par conséquent les ressources de notre biosphère (Les Français ont besoin de trois ou quatre planètes). Nous pensons que l’Etat a orienté nos comportements et nos structures vers une impasse en privilégiant le sentiment d’abondance énergétique (choix français du nucléaire, dépenses pour les infrastructures routières, aides à l’industrie automobile, soutien du tourisme…).

Alors que faire ? Nous laissons nos commentateurs faire des propositions…au nom de la démocratie.

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4 réflexions sur “démocratie et écologie”

  1. Réponse aux propositions de Wilbrod :
    Faire payer la nourriture à son juste prix est une nécessité. L’agriculture intensive, utilisatrice de pétrole à haute dose, devra être pénalisée, ne plus recevoir de subventions, coûter plus cher que le bio.

    L’écologie est une morale qui peut transcender le capitalisme, et pourquoi pas le supprimer.

  2. Les écolos réclament des subventions. La bio coute plus cher que le non biologique. L’écologie est le passe temps des nuls`En résumé.
    L’écologie est la nouvelle morale du capitalisme.

  3. Les écolos réclament des subventions. La bio coute plus cher que le non biologique. L’écologie est le passe temps des nuls`En résumé.
    L’écologie est la nouvelle morale du capitalisme.

  4. Les démocraties modernes sont-elles à même de prévenir les catastrophes annoncées ? Je suis persuadé qu’il n’y a pas d’incompatibilité intrinsèque entre les exigences de survie et l’assomption pleine et entière des valeurs de la modernité démocratique. Il me paraît hélas non moins clair que nos démocraties actuelles, écervelées par les médias, gouvernées par des élites incultes en matière scientifique et technique, ne sont pas prêtes. Le risque d’écofascisme est bien réel.

    Or il n’y a de liberté et d’autonomie que par et dans l’autolimitation. Nous ne pourrons trouver les ressources de celle-ci que dans notre seule volonté d’être libre.
    (de la part de Jean-Pierre Dupuy)

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