Des médicaments à dose homéopathique

Quarante-cinq députés de tout bord disent « non au déremboursement de l’homéopathie » dans une tribune publiée par Le Journal du dimanche du 21 juillet 2019. La commission santé d’EELV va dans le même sens : « Déremboursement de l’homéopathie : il y a danger ! » Pourtant la décision de déremboursement est déjà prise. Qui a raison ? Pour les uns l’effet placebo est psychologiquement efficace, pour les autres c’est scientifiquement sans effet mesurable. Les deux discours ont chacun leur cohérence et on voit bien qu’il n’y pas consensus possible. Il faut donc dépasser le dualisme si on veut prendre une décision politiquement fondée. Voici les questions qu’il faudrait se poser :

– L’homéopathie est-elle un cas particulier ou un simple aspect des médicaments ayant un faible Service médical rendu (SMR) ?

– Faut-il médicaliser tous les aspects de notre existence ?

– Pour être plus proche des rythmes naturels, ne faudrait-il pas le plus possible permettre à son corps de se soigner par ses propres moyens ?

– En démocratie, le citoyen doit-il s’attendre à une aide de l’État dans tous les domaines ou doit-il prendre ses responsabilités ?

– Comment agir pour lutter contre le déficit structurel de la Sécurité sociale ?

– Si l’écologie politique recherche la sobriété partagée, combien de médicaments méritent une prise en charge collective ?

– Si l’écologie politique était au gouvernement, quelle serait sa défense de l’intérêt commun ?

– Comme on doit justifier sa décision, quelle serait l’explication donnée aux citoyens ?

– L’écologie politique revendique-t-elle plus d’État ou moins d’État ?

– L’écologie politique repose-t-elle sur une démarche scientifique ou est-elle de l’ordre de la croyance ?

Nous demandons à nos fidèles commentateurs de répondre à une ou plusieurs de ces questions… Merci. Pour quelques données supplémentaires, lire sur notre blog biosphere :

5 juillet 2019, L’homéopathie est-elle écolo ?

2 octobre 2009, trop de médicaments ?

5 septembre 2008, médicaments sans pub

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6 réflexions sur “Des médicaments à dose homéopathique”

  1. Quelques connaissances historiques pour montrer que l’homéopathie n’est qu’un exemple particulier :
    En 2003, l’abaissement du remboursement de 617 médicaments de 65 à 35 % suscite de vives réactions. Les médicaments concernés ont été estimés ayant un « Service médical rendu (SMR) faible ou modéré ».
    En 2005, une commission de la transparence en France a évalué 1100 médicaments ordinaires ; un quart n’avait pas fait la preuve de son efficacité.
    En 2008, 80 % des Français interrogés considèrent qu’une consultation ne doit pas forcément se terminer par la délivrance de médicaments : on attend du praticien qu’il explique ce dont on souffre, qu’il fasse preuve d’une bonne écoute et donne des conseils utiles. Si beaucoup de médecins croient que le patient attend des médicaments, c’est parce qu’ils ont été formés au curatif au détriment du préventif, parce qu’il ont été formatés par l’industrie pharmaceutique à prescrire le remède miracle.
    En 2010, baisse prévue du taux de remboursement de 35 à 15 % d’une quarantaine de médicaments au service médical rendu faible ainsi que la limitation du coût global de l’utilisation de médicaments onéreux à l’hôpital. Il s’agit ni plus ni moins d’un enjeu de civilisation : où situer la limite acceptable dans la consommation de médicaments ?

    1. Nous devons en effet nous interroger sur « la limite acceptable » dans la consommation de médicaments. Comme pour tout le reste. Nous devons donc réfléchir globalement, « penser global ». En attendant, ce que nous observons, c’est que toutes ces nouvelles mesures (« réformes ») vont toujours dans le même sens. On bricole, ci et là, mais on ne veut surtout pas remettre en question le Système, le Business as usual, l’Ordre Établi. Établi par qui, au fait ?

  2. Didier Barthès

    Question 1 (homéopathie)
    C’est un médicament à faible effet (voire pas du tout) reposant entièrement sur l’effet placebo.

    Question 2 (médicalisation de tous les aspects de notre existence
    Non il ne faut pas médicaliser tous les aspects de notre existence

    Question 3 : Rythmes naturels
    Oui dans la mesure du possible nous devons agir nous même pour notre santé

    Question 4 (responsabilité individuelle ou attente de l’Etat)
    Non le citoyen doit prendre ses responsabilité, cette emprise toujours plus envahissante de l’état nous déresponsabilise et nous conduira à une impasse financière

    Question 5 déficit de la sécurité sociale
    Sortir du domaine de la sécurité sociale les petits soins très nombreux pour lesquels les couts de gestions valent les coûts de soins proprement dit.. Un adulte normalement constitué qui va une à deux fois par an chez le médecin et payent chaque année 50 ou 100 € de médicament pourrait les prendre en charge lui même (de toute façon ils les payent via des prélèvements obligatoires qui deviennent infernaux)

    Question 6 Combien de médicaments à dérembourser
    Beaucoup sans doute, ceux qui font double usage et les médicaments de soins léger qui pourraient être pris en charge par les patients eux mêmes (là aussi ils le sont de fait par leurs impôts

    Question 7 le rôle de l’écologie politique
    L’écologie politique aurait pour rôle de s’occuper de la préservation de la nature (je tiens à ce retour aux sources et non à une généralisation des domaines de compétences, reproche que je fais à moult partis écologistes).

    Question 8 justification
    On a pas le choix, sinon on va à la catastrophe

    Question 9 (plus ou moins d’état pour l’écologie politique)
    Elle devrait en demander moins mais il me semble que concrètement elle en demande plus en chargeant l’état d’un ensemble de fonctions, le positionnement politique global des mouvements écologiques y est pour quelques chose.

    Question 10 (croyance ou démarche scientifique)
    Elle est de l’ordre du choix d’une société plus durable et plus respectueuses, c’est un choix voulu et assumé auquel on adhère par sentiment donc pour une part une croyance qui s’appuie aussi sur des éléments scientifiques (la disparition bien chiffrée des animaux par exemple)

    Remarques générales
    Nous devons être prêts à sacrifier le détail pour protéger l’essentiel, c’est à dire que la société vous soigne quand vraiment cela coûte très cher et est hors de porté d’actions individuelles

    1. Bonjour Didier Barthès.
      Au sujet du déficit de la Sécurité sociale (question 5) je pense que nous devrions d’abord nous préoccuper se son financement. C’est comme pour les retraites, les robots ne cotisent pas. On nous rabat les oreilles (d’ânes), on nous amuse, on nous gonfle avec les déficits, avec les fameux « trous » (1,2 milliard d’euros en 2018 pour le régime général et le fonds de solidarité vieillesse, et combien vont nous coûter les JO de 2024 ?) alors que ce n’est pas le pognon qui manque. Et c’est toujours dans la même direction que l’on voit la « solution » ! (Plus ça rate, plus on a de chances de réussir !) Et vous, vous voudriez que des gens « normalement constitués », paient de leur poche leurs soins annuels, les visites et les médocs qui vont avec.
      Je vous pose une question : Combien de gens se privent de soins (notamment pour les dents et les lunettes, des « détails » me direz-vous), combien vont bosser alors qu’ils sont malades (au risque de contaminer les autres) ? Et tout ça pour de simples raisons financières !

      1. Didier Barthès

        A Michel C
        Comme vous je suis tout à fait effaré par le coût des Jeux Olympiques et je pense que nous devrions tout simplement pas les organiser. Que d’économie à faire de ce côté !

        Non je ne vous dirais pas que dents et lunettes sont des détails, certains soins dentaires sont très coûteux et ce n’est pas eux que je visais, je voulais juste préserver la sécurité sociale en la recentrant sur le plus important
        Par contre, si, l’argent (les ressources) manque (nt). Concrètement les prélèvements obligatoires sont de plus en plus importants et l’on ne peut pas les augmenter encore

  3. BIOSPHERE demande aux « fidèles commentateurs de répondre à une ou plusieurs de ces [ses] questions » . Et ceci je suppose, sans dépasser le quota de mots alloués, dont je ne me souviens plus du chiffre… Décidément je me fous des limites, de la juste mesure, je sais c’est pas bien 🙂

    Le 8 juillet 2019 à 20:08 j’ai dit que le déremboursement de l’homéopathie n’était qu’une farce, un truc pour nous amuser alors que la collectivité finance des tas de véritables saloperies et engraisse des tas de gros industriels et de gros actionnaires.
    En 2017 le remboursement de l’homéopathie a représenté 130 millions d’euros sur un total de 20 milliards pour l’ensemble des médicaments remboursés. L’an dernier c’était 126,8 millions, sur un total d’encore 20 milliards. Maintenant c’est sûr 126.8 ou 130 millions d’euros c’est une somme.

    « C’est le coût d’embauche de 6.000 infirmières », de « 8.250 aides-soignantes » et cela permettrait « de réduire d’un tiers le déficit des hôpitaux de France », a calculé le collectif Fakemed très favorable au déremboursement des petites granules.
    130 millions c’est également le coût de la construction de 20 km d’autoroutes, et encore, en moyenne. Ce n’est même pas la moitié du coût d’un grand stade (Officiellement, le coût du stade de Lille s’élève à 324 millions d’euros). 130 millions d’euros ce sont des clopinettes comparé à ce que vont coûter les JO de Paris en 2024. Et j’arrête là mes comparaisons.
    Mais bien sûr on dira que les autoroutes permettent les échanges, participent à désenclaver des territoires, permettent de gagner du temps, donc de l’argent… que les stades sont de magnifiques lieux de communion (de célébration du culte de la Compétition), que les JO auront des retombées économiques, et patati et patata.

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