dette écologique

L’UE fait plus ou moins bien face aux défis environnementaux. Dans sa chronique du 5 décembre, Th. Ferenczi relate que « les Européens ne sont pas encore réellement sortis de dilemme compétitivité ou environnement », en particulier en matière climatique (dont les Etats-membres débattent actuellement). Pourtant nous devons d’urgence sortir de cette contradiction, d’abord parce que la planète considère avec un désintérêt total la teneur de nos bavardages diplomatique ; elle se contente d’enregistrer l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère.

Ensuite parce que les pays émergents n’agiront que dans la mesure où les pays du Nord limiteront leurs émissions de gaz à effet de serre. La position de l’Inde est la même que celle de la Chine et du G77 : « Nous ne sommes pas les coupables, mais les victimes du changement climatique. Nous sommes préparés à agir, mais nous voudrions vous voir d’abord faire ce que vous êtes supposés faire. » La spécialiste indienne des questions écologiques rajoute qu’il est temps que vous (les pays riches) agissiez, sinon nous sommes sur la route de l’enfer commun. En effet la Biosphère sanctionnera le non-agir.

Quelques précisions complémentaires. Au Sommet de la Terre qui s’était tenu à Rio en 1992, la plupart des pays pauvres de la planète avaient signé la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Cette convention prenait l’année 1990 comme « année zéro », autrement dit cela signifiait que l’on ne ferait aucune reconstitution du patrimoine des réserves mondiales de combustibles fossiles pillées auparavant depuis des décennies. Donc, d’un trait de plume, on effaçait la dette écologique des pays riches. Pourtant, du point de vue de la logique et de l’équité, le fait de puiser davantage que sa part de ressources naturelles au sein d’un écosystème à l’équilibre délicat crée une dette écologique. Rien que pour donner la mesure des inégalités actuelles, rappelons qu’entre le repas du soir pour le Nouvel An et le 2 janvier, une famille américaine aura déjà consommé, par personne, l’équivalent en combustible fossiles des besoins d’une famille tanzanienne pour toute l’année !

Selon Andrew Simms, un des directeurs de la New economics foundation de Londres, « à moins que les riches ne s’acquittent de leur dette écologique, il ne s’écoulera guère de temps avant que les huissiers du climat ne frappent à toutes nos portes. »

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