dictature verte ?

L’éditorial du Monde (18.08.2008) proclame qu’il « faut tâcher de diminuer l’utilisation des engrais et des produits phytosanitaires… mais la consommation de nitrates et de phosphates devrait augmenter partout dans les monde hors Europe de l’Ouest ». Les eaux côtières vont continuer à mourir par eutrophisation.  En page 5 par manque d’eau, « Israël deviendra jaune et il faudra apprendre à nager dans des piscines vides… L’eau est un enjeu majeur des négociations entre Palestiniens et Israéliens ». La décroissance de nos consommations est donc en marche, mais il faut picorer ici et là dans mon quotidien pour s’en apercevoir.

 

Cependant le même numéro du Monde nous présente le philosophe qui a pensé les limites de notre système thermo-industriel, Hans Jonas. Dans son livre Le principe responsabilité : une éthique pour la civilisation technologique, Hans parle de l’époque d’exigences et de renoncements âpres qui nous attend, appelant à un « esprit de frugalité étranger à la société capitaliste ». Il avait compris dès 1979 que le Club de Rome (The limits to growth) avait raison et que si l’heuristique de la peur ne passait pas dans nos mentalités, les lendemains vont déchanter. Juste au moment du deuxième choc pétrolier, Hans pensait que le marxisme poursuivait les mêmes buts que le capitalisme, l’extension de la sphère marchande et la croissance économique, c’est-à-dire une « utopie » dangereuse. C’est pourquoi selon lui la Nature ne fait pas de différence entre le fait que l’attaque vienne de « droite » ou de « gauche ». Cependant Hans Jonas, qui écrivait avant la chute du mur de Berlin, se trompait lourdement sur l’efficacité d’un système centralisé. Selon ses dires, « Pour appliquer une nouvelle éthique, un système libertaire serait préférable pour des raisons morales, mais les systèmes moralement bons sont des systèmes précaires ; l’Etat peut seulement être aussi bon que le sont les citoyens. De plus l’homme politique peut supposer idéalement dans sa décision l’accord de ceux pour qui il décide en tant que leur chargé d’affaires, mais des générations futures on ne peut obtenir de facto un accord. Par conséquent La tyrannie communiste paraît mieux capable de réaliser nos buts inconfortables que le complexe capitaliste-démocratique-libéral. »

 Seul un parti social-écologiste qui prendrait démocratiquement en compte les limitations de l’activité humaine par les contraintes environnementales pourrait durablement gérer les pays et la planète. Un parti libéral, au service des entreprises et donc du pillage de la planète, au service du marché et donc du court terme, ne peut avoir un tel objectif. Non seulement il faudrait que les partis socialistes acquièrent cette fibre écologique qui leur manque tant, mais il reste encore à mettre en œuvre ce que Hans Jonas envisageait incidemment : « Naturellement il serait préférable qu’on puisse confier la cause de l’humanité à une conscience authentique qui se propagerait »

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1 réflexion sur “dictature verte ?”

  1. « La tyrannie communiste paraît mieux capable de réaliser nos buts inconfortables que le complexe capitaliste-démocratique-libéral. »
    Je réagis: Seul un régime totalitaire en est capable. C’est triste à dire mais la race humaine obéit aux principes darwiniens. Seul le confort compte. Sauf que l’homme est né avec un cerveau. Utilisons le bon sang!!!!!
    Vive la décroissance économique..et démographique

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