Douze idées fausses sur la surpopulation

Douze des principales idées niant l’idée de surpopulation sont réfutées aux Pays Bas, overpopulationwareness :

Idée fausse nº 1 Il y a suffisamment d’aliments pour tous les habitants de la Terre, c’est vrai aujourd’hui et dans le futur. Le problème, c’est la répartition inégale. Dans les pays riches, il y a abondance, dans les pays pauvres, pénurie.

Réaction. Par définition, la surpopulation est une situation dans laquelle une région ne peut pas répondre aux besoins de ses habitants. Selon cette définition, les pays riches et les pays pauvres peuvent être surpeuplés : les pays riches parce qu’ils importent des produits alimentaires de l’étranger, et les pays pauvres par manque d’opportunités de créer leurs moyens de subsistance pour leurs habitants. Le transport de produits alimentaires entraîne des émissions considérables de dioxyde de carbone ce qui contribue par conséquent au changement climatique, avec les problèmes agricoles croissants qui en découlent. Une répartition plus équitable des aliments sur la planète impliquerait plus de transport et donc plus de consommation d’énergie.

Idée fausse nº 2 Les habitants des pays pauvres consomment moins et créent bien moins de pollution que ceux des pays riches. L’appauvrissement des sols et le changement climatique dû aux gaz à effet de serre sont la conséquence de la surconsommation des pays riches. Les pays pauvres ne sont en aucun cas responsables de cela. Le véritable problème ne devrait pas s’appeler surpopulation, mais surconsommation.

Réaction. Si les pays riches consommaient et polluaient bien moins, cela résoudrait certes de nombreux problèmes. Mais les pays émergents comme la Chine et l’Inde évoluent vers le même modèle de consommation que les pays riches. En bref, moins il y aurait de personnes qui vivraient ici, mieux ce serait. Et également, moins il y aurait de personnes qui vivraient là-bas, mieux ce serait.

Idée fausse nº 3 Nous avons besoin de plus de jeunes pour éviter que notre population ne vieillisse. Qui d’autre maintiendrait l’économie en marche et paierait nos retraites ? Et qui d’autre prendrait soin des personnes âgées ?

Réaction. On peut avancer plusieurs arguments contre les avantages de soutenir les taux de natalité ou attirer les jeunes migrants. En premier lieu, ces mesures ne feront que déplacer le problème : ces jeunes vieilliront également et qui prendra alors soin d’eux ? En second lieu, même si la population actuelle vieillit, il y aura toujours une capacité de travail en plus. De nombreuses personnes travaillent à temps partiel ou cherchent du travail. Enfin, les dépenses supplémentaires liées aux personnes âgées seront économisées sur les coûts liés aux jeunes et aux chômeurs.

Idée fausse nº 4 La surpopulation n’est pas la cause de la pénurie alimentaire dans de nombreux pays d’Afrique et du Moyen-Orient, c’est plutôt la guerre et la pauvreté. Peu importe si les habitants sont plus ou moins nombreux à un endroit. Si vous avez la malchance d’y habiter, vous souffrirez de famine.

Réaction. La guerre et la pauvreté sont plus la conséquence de la surpopulation qu’une cause de pénurie alimentaire. Dans pratiquement toutes les zones de conflit au Moyen-Orient (en Syrie, au Yémen) et en Afrique (Somalie, Érythrée) la pénurie alimentaire est due au manque d’eau, de pâturages et de terres arables par rapport à une population trop nombreuse. Si les autres ont plus que vous et ne veulent pas partager, vous irez vous servir vous-mêmes, et une guerre éclatera.

Idée fausse nº 5 C’est un droit fondamental et un choix individuel d’avoir des enfants. Le Gouvernement ne peut pas interférer avec cela. Après tout, nous n’habitons pas en Chine.

Réaction. L’article 16 de la déclaration universelle des droits de l’Homme précise que les hommes et les femmes ont le droit de se marier et de fonder une famille. Toutefois, si ce droit est exercé sans restriction, cela peut entraîner la violation d’autres droits de l’Homme en raison de la surpopulation comme par exemple le droit à un niveau de vie spécifique (article 25), lorsque les enfants issus de familles nombreuses se trouvent dans des situations de pénurie. En outre, le Gouvernement interfère déjà de puis longtemps avec les niveaux de reproduction sous la forme d’allocations familiales, d’avantages fiscaux pour les familles ou de réduction des impôts sur les frais de garde.

Idée fausse nº 6 Les scénarios catastrophe prévus, de pénurie alimentaire en raison de la surpopulation, ne se sont pas réalisés. Malthus et le Club de Rome se sont trompés. La technologie dans l’agriculture a toujours trouvé des solutions : la Révolution verte du siècle dernier et à présent les cultures génétiquement modifiées.

Réaction. Nous entrons dans un cercle vicieux : une production alimentaire supérieure évite les famines. Plus de personnes restent donc en vie, ils se reproduisent et ont besoin d’une production alimentaire supérieure en vue de nourrir un nombre croissant de bouches affamées. Ce cercle vicieux sera rompu de manière très violente dès que la production alimentaire ne pourra plus répondre aux besoins d’une population croissante. C’est déjà le cas dans de nombreuses régions. 10 % de la population mondiale est encore sous-alimentée.

Idée fausse nº 7 Dès qu’on parle de contrôle des naissances, cela est toujours associé aux pays en développement. Les habitants de ces pays doivent limiter le nombre d’enfants qu’ils ont comme le demandent les pays riches. Cela m’a tout l’air de propos racistes.

Réaction. De nombreuses femmes des pays en développement ont besoin de planification familiale mais elles ne peuvent pas y recourir vu la culture ambiante sexiste et pro-natalité. Trop souvent les jeunes femmes sont mariées très tôt et le mari décide du nombre d’enfants. Il s’agit pas de racisme quand on veut la libération de la femme par sa maîtrise de sa fécondité.

Idée fausse nº 8 À l’échelle de la planète, le nombre de naissances par femme baisse sans cesse. On se limite à deux enfants, le seuil de renouvellement des générations.  La population mondiale se stabilisera donc à dix milliards d’habitants d’ici à la fin du siècle et elle diminuera même après cela.

Réaction. Ce n’est qu’une hypothèse. Si les taux de fertilité des années 2005 – 2010 persistent, nous terminerons avec 27 milliards de personnes. Mais même si les prévisions moyennes s’avèrent, le nombre d’habitants sera trop élevé par rapport aux ressources globales disponibles. On a calculé que la population mondiale actuelle d’environ 7,5 milliards de personnes pourrait vivre durablement au niveau de prospérité que nous connaissions dans les années 50. Cela signifierait soit un énorme pas en arrière pour les pays riches, soit une réduction importante du nombre des habitants.

Idée fausse nº 9 Le fait d’insister sur le contrôle des naissances constitue une manière d’opprimer les femmes. On considère qu’une grossesse n’est pas souhaitée uniquement parce que cela limite leur disponibilité pour accéder au marché du travail. Cela va à l’encontre du désir d’épanouissement des femmes.

Réaction. En principe, les femmes sont libres de céder à leur désir d’avoir des enfants. La loi doit les protéger pour qu’elles puissent avoir des enfants comme elles le souhaitent. Toutefois, dans la situation actuelle de surpopulation, le soutien de la natalité par le Gouvernement n’est pas souhaitable. Le Gouvernement ne devrait pas discriminer les personnes qui n’ont pas d’enfants par rapport à ceux qui en ont.

Idée fausse nº 10 Les migrations et la surpopulation sont deux problèmes différents. Les migrants sont déjà là. Ils se déplacent mais leur nombre reste le même. Ils devraient bénéficier de la liberté de choisir leur lieu de résidence dans le monde.

Réaction. Dans la situation actuelle de surconsommation dans les pays riches, avec des conséquences désastreuses sur l’environnement, le nombre de personnes qui acquièrent ce niveau de vie devrait être considérablement réduit par le contrôle des naissances et par l’arrêt de l’immigration. Les pays riches peuvent accueillir des migrants uniquement après avoir réduit drastiquement leur propre population et leur niveau de consommation.

Idée fausse nº 11 La surpopulation ne peut pas être un problème grave car le Gouvernement n’en parle pas.

Réaction. La question malthusienne est taboue. Les partis chrétiens considèrent que les grandes familles sont essentielles pour la société, les partis de gauche estiment que la procréation est un droit fondamental de l’Homme, et les néolibéraux considèrent avant tout les personnes comme des consommateurs et une force de travail. À droite, on s’oppose à l’immigration mais pas en raison de la croissance de la population.

Idée fausse nº 12 L’histoire nous a montré que la technologie permet de résoudre toute une série de problèmes. Pourquoi ne serait-ce pas également  le cas de la surpopulation ?

Réaction. Avec la technologie, on peut penser à la production alimentaire, au génie génétique et à la gestion de l’eau. Mais remarquons que la technologie a de fait résolu tous les problèmes dès le siècle dernier : l’invention des modes de contraceptions modernes offre la possibilité aux personnes d’avoir des relations sexuelles sans avoir d’enfants et d’ajuster leur nombre en fonction de leur situation.

En France le site de Démographie Responsable fait des analyses similaires (en 30 points) sur sa page « éléments du débat autour des questions les plus fréquentes » :

https://www.demographie-responsable.org/component/pagebuilderck/page.html?id=15
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16 réflexions sur “Douze idées fausses sur la surpopulation”

  1. Didier BARTHES

    Oui tout à fait Michel C, la démographie touche également à quelque chose d’intime, notre reproduction, l’amour de nos enfants et toute intervention sur ce sujet est délicate, c’est une des difficultés du débat, j’en suis bien conscient et l’affronte régulièrement dans le cadre de mon militantisme sur la question.

  2. Oui, allez voir le site de Démographie Responsable il y a un argumentaire très complet en trente points sur tous ces sujets.

    1. Bonsoir Didier Barthès. J’ai lu sur votre site les réponses à ces questions les plus fréquentes. Je trouve déjà vos réponses bien plus argumentées que les «réactions» à ces «idées fausses» que nous lisons en intégralité sur le site de la fondation néerlandaise CVTM. Contrairement à vos confrères (ou amis ?) néerlandais, vous vous limitez à répondre à des questions, posées par des gens qui a priori ne sont pas d’accord avec vos idées. Bien sûr vous ne manquez pas l’occasion de souligner certaines erreurs (ou «erreurs») de logique dans l’argumentaire adverse, on dira que c’est de bonne guerre (on peut en pointer aussi de votre côté), mais je trouve que vous le faites bien. C’est donc un compliment. En effet je n’ai pas vu cette posture, qui pour moi empêche tout véritable débat (surtout de ce genre), l’attitude de ces gens qui prétendent détenir la vérité.

      1. (suite) Bien sûr le problème démographique existe et bien sûr il n’est pas question de le nier.
        Question 22 au sujet des religions, vous dites : «La question des religions est délicate car elle touche à quelque chose d’intime sur laquelle les réactions peuvent être épidermiques aussi bien chez les croyants que chez les athées.»
        Bien que vous oubliez les agnostiques (blagounette), je vous donne raison. Pour moi la question démographique est tout aussi délicate. Elle aussi touche à l’intime, elle touche à ces valeurs qui font de nous des humains.

  3. « Réaction. Par définition, la surpopulation est une situation dans laquelle une région ne peut pas répondre aux besoins de ses habitants. Selon cette définition, les pays riches et les pays pauvres peuvent être surpeuplés : les pays riches parce qu’ils importent des produits alimentaires de l’étranger,  »

    Si l’Europe est surpeuplée selon cette définition, alors pourquoi importe-t-on des migrants en Europe pour faire croître la population sur notre sol ? Parce que si l’Europe est surpeuplée, ce n’est certainement pas par excès de naissance de la part des européens ! Ça fait plus de 50 ans que le taux de natalité des européens ont baissé, et sont inférieurs à 2 (en 2017 Allemagne 1,57 , Italie 1,34; France 1,92 )

    1. Et encore, nos chiffres européens seraient beaucoup plus bas sans les migrants, c’est à dire que les taux des autochtones européens sont inférieurs à ces chiffres énoncés ci-dessus ! Dans tous les cas, nos taux sont inférieurs au seuil de renouvellement. Bref, il n’y a plus lieu à accueillir des migrants dans ces conditions.

  4. Quand je lis cet article, je me dis que les Hollandais ne croient pas au réchauffement climatique pour publier une telle liste d’affirmations creuses. On n’arrête pas de me dire que le réchauffement climatique risque d’augmenter le niveau des mers de 52 mètres à cause de la fonte des glaces; et à priori les hollandais n’ont pas l’air inquiet de voir leur pays disparaître par une telle élévation du niveau des océans ?

    Parce que l’effet est quand même mécanique, Croissance de population = Croissance de consommation = Croissance de production = Croissance de Co2 dans l’atmosphère = Croissance de température = Croissance de fonte des glaces = Croissance du niveau des océans et des mers = Croissance de pays et villes qui vont couler sous le niveau de la mer.

    Mais si les hollandais affirment qu’on peut encore croître au niveau mondial (tant en population et en production), alors c’est qu’ils ne croient pas au réchauffement climatique !

  5. « Idée fausse nº 12 L’histoire nous a montré que la technologie permet de résoudre toute une série de problèmes. Pourquoi ne serait-ce pas également le cas de la surpopulation ? »

    Toujours pareil, pas d’arguments que des mots creux ! Peut-on avoir la liste des technologies que l’auteur et les Pays Bas se fondent ? A part dire « grâce aux technologies » je ne vois rien qui ne puissent attester cette affirmation.

    Ben oui hein, parce que souvent, lorsqu’on gratte chacune des technologies, on y voit l’envers du décor, donc l’auteur a sciemment tu et fait silence sur ces dites technologies, il a préféré ne pas donner le détail. Parce que comme dit Jancovici, souvent quand on règle un problème par la technologie, c’est en créant un autre problème beaucoup plus gros que le problème initial qu’on a voulu résoudre, bref on déplace les problèmes tout en les amplifiant.

  6. « Idée fausse nº 1 Il y a suffisamment d’aliments pour tous les habitants de la Terre, c’est vrai aujourd’hui et dans le futur. Le problème, c’est la répartition inégale. Dans les pays riches, il y a abondance, dans les pays pauvres, pénurie. »

    Ouh là ! Sur le futur ? Cet article est pauvre en arguments ! Il n’y a que des déclarations brutes. MAIS, est ce que la décroissance de pétrole est prise en compte ? Est ce que la déplétion des réserves de phosphates est prise en compte ? Est ce que la pêche intensive au point de prélever les poissons plus vite qu’ils n’aient le temps de se renouveler est prise en compte ? Est ce que asséchement de zones aquifères par la production agricole devenue impossible (comme aux Usa) est pris en compte ?

    D’ailleurs par qui est écrit cet article ? Un croissantiste ? Sur quelles données se fonde-t-il pour prévoir les possibilités futures ?

    1. – « Ouh là ! […] Cet article est pauvre en arguments ! Il n’y a que des déclarations brutes. […] D’ailleurs par qui est écrit cet article ? Un croissantiste ? »
      Comme quoi déjà tu ne comprends pas grand chose à ce que tu lis. Ce que tu prends pour «cet article» n’est que cette «idée fausse n°1». Autrement dit cet argument selon lequel il y a suffisamment d’aliments pour tous les habitants de la Terre… et que c’est vrai aujourd’hui et dans le futur… et que le problème, c’est la répartition inégale. (sic)
      Bien évidemment il y a une connerie là dedans, mais ce n’est pas pour autant que l’intégralité de l’idée n°1 est fausse. Trop difficile à comprendre ?

      1. Ben même par la répartition ce n’est pas durable, car qui dit répartition plus étendue sur le territoire pour étendre la répartition sur une plus grande population, cela veut dire augmentation du trafic routier ! Soit plus de routes, soit plus de goudron, soit plus de camions, soit plus de consommation de pétrole ! Or dans un monde qui a déjà passer son pic de pétrole conventionnel, ce qui implique qu’on va rentrer en décroissance pétrolière, je ne vois pas comment augmenter le trafic de camions dans ces conditions !

        1. OR selon moi, chaque zone du monde, chaque région, chaque pays du monde, est sensé produire la nourriture sur son territoire ! Il est sensé y avoir une autonomie alimentaire dans tous les pays du monde ! (y compris la France, et l’Europe). Or je ne vois pas pourquoi on vient me culpabilisé moi français, parce que des pays ont augmenté leur population sans augmenter la production alimentaire au niveau local ! En plus de ça, des pays veulent continuer de faire croître leur population alors qu’ils ne parviennent pas à la nourrir, et derrière ça on vient me culpabiliser ? Il ne faut pas se payer la tête du monde !

  7. Déjà pour commencer, je pense qu’au lieu de parler d’idées fausses, il vaudrait mieux parler d’idées reçues. Une idée reçue peut être fausse comme elle peut être vraie. Seulement il ne s‘agit pas ici de débattre, de dialoguer, en vue de tirer le vrai du faux, non il s’agit comme d’habitude d’un combat en vue de convaincre (ou con vaincre) celui qui pense autrement. La Fondation Club Van Tien Miljoen (CVTM) prétend vouloir accroître la sensibilisation au problème de la surpopulation dans le monde, et notamment aux Pays-Bas, inciter le citoyen néerlandais à adopter un comportement responsable… et fait appel au gouvernement néerlandais, etc. (sic, lu sur leur site)
    Cette «idée fausse n°1» m’amène donc à réagir par cette question : Sachant que les Pays Bas comptent 17,2 millions d’habitants et qu’un quart de leur territoire se trouve au-dessous du niveau de la mer, quel est alors le nombre idéal de néerlandais ?

    1. Par rapport à cette «idée fausse n°2», la réaction biosphérique ne peut évidemment pas démontrer que l’impact écologique des habitants des pays pauvres pose autant de problèmes que celui des petits bourgeois occidentaux. Elle ne peut pas non plus nier que le Problème reste finalement ce modèle qui fait saliver aussi les plus pauvres. Bref, on attend toujours la démonstration que l’idée n°2 est fausse.
      Partant de là tout le reste s’enchaîne comme d’habitude, ce sont toujours les mêmes arguments qui sont avancés par les uns et les autres. Et quel que soit le point de vue où l’on se place, ce sera toujours le même combat, toujours les mêmes stratégies pour tenter de démontrer ou de «démontrer» que l’autre a tout faux. La réaction à l’idée n°4 est un exemple de ces débats stériles visant à «démontrer» qui de la poule et de l’œuf est la cause ou la conséquence de l’autre.

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